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 [Q] - Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie | Solo

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Sam 29 Aoû 2020, 17:35




Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie

Solo | Cal


Objectif : Cal découvre sa condition de Génie. Il se trouve un nom (oui ça lui prend 1800 mots, ne jugez pas les handicapés).
RP précédent : Je serai ton chaos (fiche).


Libérée, Oana goûtait toutes ses sensations avec une passion nouvelle. Ses yeux orageux défiaient le monde. Plus jamais elle ne serait l’esclave des Rêveurs : sans aucun remords, elle laissait ce rôle à celui qu’elle avait piégé. Une femme, vêtue d’une tenue qui soulignait ses courbes et accordait à ses mouvements toute la souplesse nécessaire, sortit d’une cabine et appela le disparu. Un sourire courut sur les lèvres de la trompeuse. Elle ne le retrouverait jamais. En l’état, il n’existait même plus dans sa réalité. Il s’était comme évaporé, telle une fumée de songes insaisissables. « Je suis là. » répondit-elle, avec cette voix qui n’était pas la sienne, mais que l’Alfar reconnut immédiatement. Tandis qu’elle s’approchait, son sourire s’élargit. La boussole glissait sur son torse, dans un mouvement de balancier impulsé par les déhanchements du navire. Elle devrait peut-être la jeter dans l’océan. Lui qui l’aimait tant, ne se plairait-il pas mieux dans ses abysses ténébreuses ?



C’était à la fois infiniment petit et infiniment grand. C’était à la fois indescriptible et terriblement clair. C’était comme être sur les flots et enfermé à la fois. Comme si le ciel et la mer pouvaient former une cage. L’homme leva les yeux. Il était étendu, le dos contre le pont du navire, le visage tourné vers les étoiles. Il se sentait d’une légèreté extrême. Pourtant, quelque chose le clouait au sol. Il ferma les paupières, et se sentit propulsé hors de lui-même. Comme un voyage. En mieux, et en pire. Tout défilait, tout accrochait. Il se déchirait ; et des stries sortaient des plaies. « Je veux qu’il souffre. Qu’il paie pour son crime au point de regretter de l’avoir commis. » La phrase résonnait, entre écho du passé et reflet de la réalité. Un profond remords lui labourait la poitrine. Néanmoins, il ne parvenait pas à l’identifier en totalité. Il lui échappait. Pourquoi ? C’était mille questions dans une. Sa mémoire se tortillait comme si elle cherchait à se soustraire à la poigne de sa réflexion. Des fragments de souvenirs virevoltaient. Ils composaient une identité lacunaire. Il se rappelait de quelque chose d’intense ; une souffrance. Et puis, plus rien.

Alors qu’il tentait de se relever, il fut projeté en avant et s’étala de tout son long sur ce qui devait être une vitre de verre. En contrebas, plusieurs individus patientaient, face à une femme à la chevelure étincelante. La surprise passée, les interrogations se succédèrent. « Où suis-je ? » chuchota-t-il, dans l’espoir vague de recevoir une réponse. Le silence l’auréola, puis un souffle balaya ses cheveux. Il avait le parfum de la mer et celui de la mort, inexplicablement. L’Alfar se retourna vivement. « Bienvenue chez les Génies. » La femme sourit. Elle ressemblait étrangement à celle du navire. Elle s’avança et tendit le bras pour caresser sa mâchoire. « Vous ! » Il recula si vivement qu’il chuta. « Moi ! » Elle le rattrapa par le bras et rit. Un sol apparut sous leurs pieds, les coupant de la cérémonie qui se jouait en-dessous d’eux. « Faites attention. Rien n’est ce qu’il paraît être, ici. » En quelques volutes de fumée, elle ne fut plus la même. C’était un homme, qu’il n’avait jamais vu. De longs cheveux mauves cascadaient jusqu’au bas de son dos nu. Un pagne blanc ceignait sa taille. Il ne portait rien d’autre. « Qu’est-ce que… » Le sourire de l’inconnu s’étendit. « Comment vous appelez-vous ? » Il ouvrit la bouche, mais rien ne sortit. Quelque chose lui serra la gorge, comme un instinct de survie bestial. Les yeux écarquillés tant de stupeur que d’horreur face à l’incompréhensible, il fixa l’autre, qui paraissait aussi serein que possible. « C’est bien. Vous n’êtes pas raté. Vous devriez survivre, ici. » - « Ici où ? » - « Je vous l’ai dit. Chez les Génies. » - « Les Génies ? » Il sourit encore un peu plus. Il avait l’air insolent de ceux qui savaient aux dépens des autres. Le navigateur l’aurait reconnu sur n’importe quel visage, car c’était celui qu’il avait souvent arboré. Dès qu’il n’était pas sien, il le haïssait.

Une salle fut créée de toutes pièces. Un grand miroir y trônait, posé sur un tapis pourpre. Des bibliothèques tapissaient les murs. Il n’y avait pas de fenêtres, pourtant, la luminosité ne manquait pas. « Il y a deux autres règles. En fait, il y en a beaucoup d’autres, mais je suis déjà bien magnanime de vous dévoiler celles-ci. Vous avez de la chance que je sois tombée sur vous. Certains sont livrés à eux-mêmes. » Il était redevenu une femme. De courts cheveux blonds caressaient son front et ses formes étaient soulignées par une robe noire portée près du corps. « La seconde règle découle de ce que vous venez d’expérimenter : il faudra vous choisir un nouveau nom. La troisième en est la réciproque : personne ne doit vous reconnaître. Il faudra modifier votre apparence. » Elle s’avança, souriante. « Ici, c’est facile. Vous avez juste à y penser. » Le nouveau Génie écoutait, trop hébété pour réagir. Il se dégageait d’elle quelque chose qui le tenait en respect et lui donnait envie de rester en sa présence, de boire ses paroles et de s’y conformer.

Elle le guida jusqu’au miroir. « Essayez. » Il demeura immobile devant la glace, silencieux. « Cherchez un visage dans vos souvenirs. De quoi vous rappelez-vous ? » Il chercha. Le remords demeurait. Sa raison ne se dévoilait pas. Quelque chose le fuyait. Tout lui échappait. « Je… Je ne sais pas. » L’inquiétude perçait dans sa voix. « Ne vous inquiétez pas, c’est normal. En tout cas, ça arrive. » Tranquillement, elle glissa un bras autour de ses épaules. Dans sa main libre, un Hagydz apparut. « Vous pouvez chercher l’inspiration là-dedans, si vous le souhaitez. » Elle le colla contre son torse, puis le lâcha pour s’écarter. Soudain, son regard se piqueta de curiosité et de satisfaction. « Ah… » Dans sa voix, on entendait son sourire. « Elle est là. » Un ongle piqua le creux de sa paume. « La trace. J’aime bien ces petites choses. » L’ancien Alfar, un bras tenant le jeu contre lui, observa la marque inscrite dans sa main avec étonnement. « Qu’est-ce que c’est ? » - « La trace. » - « Vous l’avez déjà dit. » - « Oui. » Elle sourit. Il eut envie de gribouiller son visage jusqu’à ce qu’il fût si raturé qu’on n’aurait pas pu la reconnaître. Quelque chose lui soufflait que cette entreprise eût été aussi inutile que périlleuse. Seuls ses yeux disaient ses envies – plus contradictoires encore que féroces.

« Arrêtez de poser des questions, et trouvez-vous un nom. » Indépendamment de la volonté du nouveau Génie, le plateau de Hagydz s’ouvrit, et des visages apparurent. Il en connaissait un grand nombre, sans forcément être capable de donner leur identité ou leur race. « C’est amusant. Certains sont en bas. » Les deux Chimères baissèrent les yeux vers le parquet. Il était redevenu transparent et laissait voir la salle rouge. « On pourrait vous appeler Adam, Daé, Dastan, Deccio, Dhavala… ou même Mancinia, si vous préférez être une femme. Je ne sais pas trop. Qu’avez-vous envie que votre nom évoque ? Un obsédé sexuel qui se lance en diplomatie, un Sorcier un peu trop candide pour son propre bien, un gamin bipolaire crasseux, insultant et incapable de voler, un Démon enquêteur qui aurait sans doute du mal à ramener en vie le chat de la mère Michelle, un gros tigre qui bave à la moindre odeur de chair fraîche ou une Humaine en pâmoison devant son Ange Gardien ? » Moqueuse, elle tournait en dérision chacun des participants, sans se soucier du tort qu’elle pourrait causer. Dans le Monde des Rêves, tout était plus complexe. Personne ne l’entendait, et si tel avait été le cas, tous les effets de ses mots auraient pu être oubliés dès le réveil. « Sinon, on peut se pencher sur les autres… » Elle passa par-dessus lui, comme si elle pouvait voler. Le corps en suspension, les jambes croisées en l’air et les avant-bras en appui sur de la matière invisible, elle se tapota le menton de l’index. « Hum… Je crois qu’elle, c’est Perce-Neige. Elle fait peut-être un peu peur, non ? Oui. Bon. C’est une Fae, et il ne faut pas juger sur les apparences… mais quand même. C’est mieux d’être attirant. Ça rend les choses plus faciles. » L’ex-Alfar se laissa choir, en tailleur. Il ne se sentait pas bien du tout. « Lui, là-bas… » - « Pourquoi êtes-vous là ? » - « Hum ? Oh, je venais participer à la Coupe des Nations. Enfin, ils vont faire des vœux, alors je vais sans doute en exaucer quelques-uns. Et puis, je suis tombée sur vous. » Il la dévisagea avec des yeux fatigués. « Vous ne me faites pas vraiment penser à un Génie. Vous avez une tête de déterré. » - « Ah oui ? Et à quoi est-ce que je vous fais penser ? » Elle haussa les épaules, souriante. « Je vous le dirai peut-être un jour. » Il s’apprêtait à riposter, mais elle se reconcentra sur les participants. « Donc, lui. C’est un enfant. Mais je crois qu’il est connu. Enfin, son père, peut-être. Oui, c’est ça, son père adoptif. Paiberym. Kaahl Paiberym. C’est rigolo parce qu’on peut le dériver de plein de manières. Kaahlin, Kaahlme, Kaahlorie, Kaahlfeutrer, Kaahl-porte, Kaahler, Kaahlleux… » - « Kaahlomnie ? » soupira-t-il. « Oui, c’est ça ! Je savais que ça vous parlerait. » Enthousiaste, elle roula sur le dos. La tête en arrière, les cheveux pendus dans les airs, elle le scrutait. « C’est un Magicien. Ça fait toujours bon genre, ces trucs-là. » Le Sylphe baissa les yeux sur le Hagydz. « C’est lui. Je l’ai déjà vu. » - « Ah ? » Il fronça les sourcils, comme s’il cherchait à extraire une information de sa mémoire. « Oui. La Coupe des Nations, aussi, mais chez… chez les Alfars. Chez moi. » Il releva brutalement la tête, souriant. Des pans de vie lui revenaient. « Hum… Quelle place a-t-il eu ? » - « Troisième. Le premier est un Ange. Katzuga ? Katzuka ? Katzuta ! Neah. » - « Le compagnon de Mancinia Leenhardt. » Elle coula un regard à la concernée. « Et le deuxième ? » - « Une Démone. Ássfriđr Dauði. » - « Bien, je vois que ça vous revient. » Durant quelques instants, il la considéra sans rien dire. « Comment est-ce que vous vous faites appeler ? » - « Tout dépend. En ce moment, Demeria. » Il s’inclina délicatement vers elle, dans une révérence. « Cal. C.A.L. Pour éviter les soucis de plagiat. » En tant qu’amateur d’art, il connaissait les problèmes que ceci pouvait engendrer. Amateur d’art. Tout lui revenait, par morceaux, comme des décombres qui chuteraient d’un promontoire, ou d’un piédestal.



Message unique – 1840 mots

Toutes mes excuses aux différents personnages évoqués, je ne regrette rien /sbam
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