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 [A] - Le destin attend celui qui tente d'y échapper | Saphir & Devaraj

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Ezechyel
~ Ygdraë ~ Niveau IV ~

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◈ Parchemins usagés : 838
◈ YinYanisé(e) le : 27/08/2014
◈ Âme(s) Soeur(s) : Mircella Rumblee
◈ Activité : Stratège
Ezechyel
Sam 21 Avr 2018, 23:37


Catégorie de quête : A. Intrigue de race
Partenaires : Devaraj et Ezechyel
Intrigue : Après la fuite de Saphir de Melohorë, cette dernière trouve refuge dans un village de pêcheurs. Ezechyel est chargé par les hautes instances Ygdraënne de la ramener en lieu sûr, du fait de son statut de Löth. Cependant, un troisième protagoniste, envoyé par les Dieux, ne l'entend pas de cette oreille. Quoi qu'il en soit, les deux peuples se retrouvent liés par l'existence d'un Empire passé et par les secrets maintenus enfouis jusqu'ici.

_______________________

J’étais assis en tailleur sur la pelouse fraîche du jardin, parsemée d’une fine couche de rosée qui s’étendait au gré de la légère brise de l’aube. Le dos droit et les paupières closes, j’étais prisonnier au cœur d’une transe, semblant enraciné à même la terre sur laquelle je m’étais posé. Mon corps ne bougeait pas : il n’était même pas secoué par le moindre frémissement si ce n’était que le mouvement constant de ma poitrine qui se soulevait au rythme de ma respiration. Je ressemblais à une statue de pierre immobilisé au sein de cette nature paisible qui imprégnait ce lieu d’une sérénité presque irréelle au doux parfum floral. Peut-être n’était-ce qu’une impression renforcée par ma méditation qui me rapprochait de Phoebe, mais j’étais heureux de m’y perdre, humant la douce odeur de la rosée à chacun de mes souffles. Je me sentais léger, comme si j’étais enfin libéré de lourdes entraves qui m’avaient serré poings et chevilles depuis trop longtemps. La magie me faisait temporairement oublier les devoirs qui m’incombait les épaules, me donnant entièrement à l’art d’Earudien pour offrir un hommage à la création de la Déesse. Pourtant, à l’inverse de ce que mes pensées pouvaient laisser sous-entendre, je ne cherchais pas forcément à fuir mes responsabilités, mais simplement à m’y distancer, même si ce n’était que pour un instant éphémère. En réalité, ces moments étaient si rares que j’avais vite développé l’habitude d’en profiter avec ardeur, en les chérissant tout particulièrement. « Lève-toi ! » La voix avait tonné alors que le claquement des pas du Cyraliel résonnaient à mes oreilles. Ouvrant lentement les yeux, un soupir timide s’extirpa de mes lèvres sans que le nouvel arrivant s’en rende compte. Je me redressai, tombant presque face à face avec l’Ygdraë qui m’avait déjà rejoint.

« Quel est le problème ? » À chaque fois qu’il m’interpelait de la sorte, c’était toujours le cas. Sans compter que son visage était décomposé par une mine grave, dont les pupilles reflétaient un sentiment indéchiffrable. Il semblait à la fois contrarié et inquiet, mais en réalité, j’étais incapable de trancher. « Tu le sauras très bientôt. » Svën croisa les bras en se pinçant les lèvres. Pourtant, si son faciès ne le trahissait d’aucune manière, l’Elfe jubilait en son for intérieur. L’adrénaline se répandait dans son sang et ses veines, se mélangeant à une pointe d’appréhension qu’il ne parvenait pas à étouffer. En soi, la nouvelle qu’il désirait m’apprendre révélait de la plus haute importance. Néanmoins, les circonstances lui coinçaient encore au le fond de la gorge et il était très à cran face à l’ampleur des problèmes qu’elles avaient occasionnés. Il en avait un mal de tête atroce. « Tes services à mon égard seront temporairement suspendus. Je t’ai assigné à une autre mission qui passe en priorité. » - « La protection d’un Löth ? » C’était une simple question rhétorique. Il n’y avait qu’eux qui puisse être sujets à une si grande importance qu’elle en éclipsait même celle d’un Cyraliel. Le visage de mon interlocuteur se durcit. « Presque. À vrai dire, ça ne concerne pas n’importe lequel. Son cas est assez particulier si tu me suis. » Je demeurai muet. Plus que la surprise, j’avais enfin compris comment tout se liait ensemble à présent. Que ce soit la tension qui vibrait dans la voix de l’ancien Elfe ou le changement soudain de mon affiliation, les pièces s’assemblaient par elles-mêmes, poussées par une suite logique implacable. L’histoire n’avait échappé aux oreilles de personne tant son unicité avait choqué les esprits après tout. Une chose semblable ne s’était jamais vue auparavant et les hauts gradés n’avaient jamais été aussi à vif depuis qu’on leur avait reporté la fuite d’un Löth.

« Ta mission sera de retrouver cette Ygdraë nommée Saphir et de la ramener à Meholorë. L’échec ne saura pas tolérer, donc ça ne vaut pas la peine de revenir si c’est pour se présenter les mains vides. Me suis-je bien fait comprendre ? » J’hochai de la tête. « Bien. On a déjà pris certaines dispositions qui devraient faciliter ton travail. » En toute honnêteté, Svën avait hésité à lui accorder une requête aussi vitale, mais d’une autre part, il voulait m’offrir une occasion de faire mes preuves. En dépit de la primauté de cette mission, elle était en soi plutôt simple à exécuter dans le sens où presque l’intégralité de l’enquête avait déjà été menée. Il ne me restait qu’à me rendre sur les lieux, retrouver cette femme et revenir à Dhrosca pour réussir la tâche qui m’incombait. La Cité n’avait aucune utilité pour les incompétents. « Je te laisse une heure pour préparer tes affaires. Ne me déçois pas. »
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Ven 11 Mai 2018, 14:23

[A] - Le destin attend celui qui tente d'y échapper | Saphir & Devaraj Hr2g
Le destin attend celui qui tente d'y échapper



Le vent s’engouffra sous ma chemise. Mon angoisse ne m’avait pas quittée depuis que j’étais partie de Melohorë. Aussi, mes yeux dans le vague de l’horizon, mes mains vinrent se placer sur mes bras, frictionnant ma peau délicatement. Je n’avais pas froid. Le geste visait plus à me rassurer ; un essai infructueux. J’avais peur de ce qu’il pourrait advenir de moi si les Ygdraë me retrouvaient, peur de porter en moi un véritable Yggdrasil, peur de mourir et de contribuer à la perte des Elfes ; peut-être. Je n’en savais rien. J’étais légèrement inculte et n’avais pour ainsi dire jamais vécu auprès des miens avant la réunification. La méconnaissance du monde qui m’enserrait était un véritable handicap. Mes mains remontèrent pour se ficher sur mes épaules et ma tête se posa lentement sur l’une d’elle. De loin, sans doute semblais-je m’enlacer moi-même, ce qui était loin d’être faux. J’étais frêle et manquais cruellement de repères. Tout ce que la vie m’avait donnée demeurait à présent au cœur de la Cité des Elfes. Mes filles ne me seraient jamais rendues ; je le savais. Ma particularité de Löth les avait exclues de ma vie dès l’instant où le verdict était tombé. Que je sois libre ou emprisonnée, je ne pourrai plus jamais les serrer dans mes bras. Quant à leur père, j’essayais tant bien que mal de l’oublier. Il venait hanter mes cauchemars parfois, à l’instar des autres démons qui avaient bercé mon existence jusqu’ici. J’étais devenue d’autant plus craintive. Mon corps réagissait au moindre contact physique. J’essayais de me dérober du mieux que je pouvais, prise d’une panique qui ne semblait plus vouloir s’écarter de moi.

« Hé petite demoiselle ! Il est l’heure de rentrer ! ». La voix provenait de l’un des pêcheurs d’Okiko. Je l’aidais depuis mon arrivée ici. Ma tâche du jour avait consisté à démêler les filets. J’étais trop faible physiquement et moralement pour être bonne à quoi que ce soit d’autre qu’à de menus ouvrages. Mes doutes me tiraillaient. Parfois, je voulais rebrousser chemin et rentrer à Melohorë. Pourtant, l’aura de l’inconnue avait toujours un effet non négligeable sur moi. Elle ressemblait à une Æther, venue pour guider ma vie sur le bon chemin. Les informations qu’elle m’avait fournies me semblaient pourtant toujours aussi incompréhensibles. Je doutais avoir raison sur son essence. Une Divinité ne se serait probablement jamais donné cette peine ; pas pour moi. Je soupirai, portée par de sombres pensées, des pensées mélancoliques. J’avais déjà songé à mettre fin à mes jours, plusieurs fois durant ma vie. Je n’en avais jamais eu le courage. Les Dieux devaient se rire de moi. Pitoyable, je fis glisser mes yeux céruléens sur la pile de filets qu’il me restait à démêler. Le travail manuel avait le désavantage de pousser mon esprit à des réflexions aussi hasardeuses que douloureuses. Cependant, je n’avais pas le choix. Puisque je n’avais pas d’argent, mes services étaient la seule chose que j’avais pu proposer à cet homme. « J’arrive. » murmurai-je, comme si le vent se chargerait de porter mes paroles jusqu’aux oreilles de mon interlocuteur. La nuit tombait mais je savais déjà que j’aurai du mal à dormir après le dîner. Mon hôte essayait toujours de faire naître un sourire sur mon visage et si je consentais parfois à lui en fournir un, il s’apercevait parfaitement de la supercherie. Je faisais semblant sans grande motivation.

Quelques heures plus tard, je quittai mon lit afin de parcourir les herbes hautes. La lune était à son zénith et le calme de la nuit avait le mérite de m’apaiser légèrement. La nature avait des bienfaits sur la peine qui couvrait mon cœur. En chemise de nuit, il faisait bon. Les brindilles chatouillaient parfois ma plante de pied. Finalement, je m’arrêtai, proche de la plage et de l’Océan. Mon désespoir me rendait exempte de la peur des Ondins. La seule pensée qui s’imposait à moi c’est que si jamais une fille de l’eau venait à vouloir me tuer, je n’aurai plus besoin de ressasser l’hypothèse de mettre fin à mes jours. J’aurai préféré ne jamais être Löth. J’aurai préféré ne point avoir à subir cette réunification. J’avais cru, sans doute, que là serait l’occasion de retrouver mes racines et de me faire une place dans ma communauté mais, en réalité, les choses ne s’étaient pas passées ainsi. Tout en entortillant mes doigts dans ma longue chevelure, je me demandais ce que je devrais faire demain. Rester ? Partir ? Me renseigner sur ce qu’elle m’avait conté ?
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Ezechyel
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Ezechyel
Ven 15 Juin 2018, 02:01



Le ciel s’était teinté de rouge lorsque j’ordonnai à ma monture de s’arrêter. Le cheval hennit, labourant le sol de ses sabots robustes, et secoua légèrement sa crinière pour repousser les insectes qui s’agglutinaient autour de lui sans perdre une seule seconde. D’un bond agile, je débarquai du destrier, puis empoignai ses rênes d’une main solide. Distraitement, je caressai la nuque de l’animal tandis que mes yeux se rivaient vers l’étendue limpide de la mer qui bordait ce village reculé. Reflétant les couleurs qui s’amoncelaient sur la toile du firmament, l’eau semblait avoir pris feu dans une braise indomptable et malgré tout, sa surface était calme, imperturbable. Je pouvais percevoir distinctement le bruit des vagues s’abattre avec paresse sur le rivage sablonneux en faisant grincer les coques des bateaux de pêche qui y étaient amarrés. Ces embarcations tanguaient doucement, suivant le rythme de cette immense surface aqueuse aux notes sereines et apaisantes. Alors que mes poumons se gorgeaient d’air frais, j’humai l’odeur salée qui émanait de l’océan, m’arrachant un léger sourire. Cela faisait longtemps que je n’avais pas été si près de la mer. Les dernières années n’avaient pas été un havre de tranquillité, particulièrement à la nouvelle qui avait complètement bouleversé tout le peuple elfe : la réincarnation des Yggdrasils. Mes occupations m’avaient cloué à Melohorë sans que je n’aie pu y faire quoi que ce soit, désigné, bien avant qu’on m’ait attribué la protection de Svën, à l’étroite surveillance d’un Löth. Cela étant dit, je m’étais également juré de consacrer du temps à la famille que j’avais fondée avec Mircella, par égard à notre fils unique et à notre amour aveugle. Lorsque je songeais à toutes les fois où j'avais volontairement renoncé à quitter les terres ygdraënnes, il était tout simplement naturel, à mes yeux, de vouloir prendre un moment pour apprécier le nouvel air que je respirais. Elyot aurait sans doute été ravi de pouvoir contempler la mer lui aussi. Une brise glacée fouetta mon visage avec une force insoupçonnée qui me tira aussitôt de mes pensées, mordant même ma peau qui était, pourtant, dissimulée sous mes vêtements. Mon corps se raidit légèrement par instinct alors que je réajustai les tissus qui me recouvraient de ma main libre. Puis, tout en resserrant ma prise sur les rênes du cheval qui s’impatientait en retournant la terre, je repris ma route : l’océan et la plage s’éclipsèrent aussitôt de mon champ de vision, ne laissant que le bruit de ses vagues se porter à mes oreilles.

« Excusez-moi. » dis-je poliment en m’interposant devant une villageoise. À ma vue, cette dernière s’immobilisa et se mit à me dévisager de la tête aux pieds avant de glisser un regard en biais sur l’animal. « Vous n’êtes pas du coin apparemment. » J’hochai de la tête. Un sourire apparu aux coins des lèvres de la femme, chaleureux et bienveillant. « Je vous souhaite la bienvenue! Que puis-je faire pour vous aider? » - « Je cherche un endroit pour me reposer. Et lui aussi. » Je pointais l’étalon du menton. D’un geste de la main, la dame indiqua un large bâtiment d’apparence modeste un peu loin. « Là-bas. Vous y trouverez tout ce que vous voulez. » Après l’avoir remercié, je me dirigeai d’un pas rapide vers l’endroit désigné où je laissai ma monture dans une petite écurie avant de payer une chambre dans cette auberge qui faisait également office de taverne une fois la nuit tombée. Lorsque j’eus terminé de manger une part de mes provisions, la lune s’était déjà dressée haut dans le ciel, renvoyant ses lumières pâles à travers les fenêtres de la bâtisse qui, plus les heures du soir avaient progressé, s’était peu à peu remplie de pêcheurs exténués venant s’abreuver d’alcool. Malgré les maigres espoirs d’y apercevoir la Löth, je scrutai néanmoins la pièce de fond en comble. Évidemment, je ne trouvai aucune trace de sa présence.

Poussant un soupir, je m’avançai vers une table où deux hommes s’esclaffaient en buvant leurs chopes qui débordaient de bière.  Je les accostai calmement, prenant soin de bien décrire l’Ygdraë qui faisait l’objet de mes recherches d’un ton qui laissait sous-entendre l’empressement. Cette Saphir n'était pas originaire de ce village, et peu importe d'où on venait, l'arrivée d'un étranger se faisait toujours remarquer. Le cas était d'autant plus vrai dans une communauté aussi restreinte et de ce fait, si quelqu'un devait posséder des renseignements au sujet de l'Elfe, c'était bel et bien les habitants de cet endroit. Que ce soit grâce aux effets de l’alcool ou l’urgence qui transpirait de ma voix – voire un mélange des deux – les ivrognes délièrent rapidement la langue. « La gamine? Vous la trouv’rez pas ici, c’est sûr! » - « Elle est plutôt du genre à r’garder les étoiles au bord d’la mer plutôt que d’s’amuser un peu. » renchérit le second homme en ricanant. C’était tout ce que je demandais. Après les avoir remerciés, je sortis de la taverne en esquissant un sourire. Les informations fournies par le Cyraliel étaient au point : la Löth se trouvait bel et bien ici. Alors que je me dirigeai vers la plage à pas rapide, je m’interrogeais silencieusement sur la manière de gérer la suite des choses. La violence m’était totalement interdite pour ne pas la blesser, mais au fond, je désirais sincèrement que tout se passe pour le mieux, sans que le besoin de devoir me montrer brusque se fasse ressentir. Je voulais à tout prix éviter toutes complications, car en réalité, je ne faisais que compter sur sa compréhension pour mener à bien la mission qu’on m’avait confié.
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Sam 16 Juin 2018, 17:27

[A] - Le destin attend celui qui tente d'y échapper | Saphir & Devaraj Hr2g
Le destin attend celui qui tente d'y échapper



Alors que le vent balayait une nouvelle fois mes cheveux, je m’approchai de l’eau. Bientôt, les vagues vinrent caresser mes pieds nus dans un lent va-et-vient. Il me semblait que la marée descendait. À vrai dire, plus le temps passait plus j’avais envie de me laisser glisser dans les bras de l’océan. J’avais lu une fois le conte d’une jeune fille qui, faute d’avoir trouvé l’amour, s’était transformée en écume. Ce genre d’histoire était fréquent et, parfois, je me demandais comment se terminerait la mienne. Avait-elle au moins déjà commencé ? Qu’étais-je, si ce n’était rien ? Ou si peu ? Dans un soupir qui en disait long sur les pensées moroses qui me hantaient, je finis par m’accroupir dans l’objectif de ramasser quelques galets et coquillages. Je ne savais pas ce que j’en ferai mais la tâche m’occuperait sans doute assez pour faire fuir mes idées noires. Telle une enfant – et j’en avais sans doute l’apparence à bien des égards – je me mis à ramasser les plus beaux objets que je trouvais, me laissant guider par l’éclat que la lune reflétait sur ces derniers. J’aurai tant aimé être guidée par les Ætheri sur le chemin que je devais emprunter. Cependant, le silence était seul à répondre à mes interrogations. Les véritables Cyraliel ? Je ne comprenais pas ce que cette étrangère avait voulu dire par là. Ceux de la Cité de Melohorë étaient-ils faux ? J’en doutais. Et pourtant… pourtant, elle semblait si sûre d’elle que je m’en voulais de mettre sa parole en doute. Je n’étais pas faite pour tous ces mystères, pour toutes ces énigmes. J’étais faible et n’avais jamais rien cherché d’autre qu’une vie simple dans laquelle je pourrai être heureuse.

Revenant sur la plage avec mes trouvailles, je plaçai les coquillages et galets en cercle consciencieusement et finis par m’asseoir au milieu. Lorsque j’étais à l’orphelinat, j’avais inventé cette technique pour les enfants qui avaient peur. Nous prenions alors les objets que nous avions sous la main et nous placions au centre, comme si ces derniers avaient le pouvoir de nous protéger. D’un geste tranquille, je ramenai mes genoux contre ma poitrine, n’étant plus qu’une petite boule qui fixait l’horizon. Plaçant mes avant-bras devant moi, j’appuyai mon menton dessus. Où pouvais-je bien aller ? Je ne pouvais pas rester dans ce village de pêcheur toute ma vie. Les directions ne manquaient pas mais j’étais incapable de faire un choix. La possibilité que je sois, en réalité, plus importante que ce que je pensais m’effrayait.

Alors que j’allais me replonger dans ma ritournelle de tristes pensées, je crus percevoir quelque chose. Je me relevai si vite que je faillis en perdre l’équilibre. Je n’avais pas habitué mon corps à être très résistant et le moindre effort me rappelait mes failles. Debout, je passai ma main sur mon visage pour enlever les cheveux qui me brouillaient la vue. Il y avait quelqu’un qui s’avançait vers la plage. Je plissai les yeux, essayant de détailler l’individu, mes sens en alerte. Personne ne venait jamais ici de nuit, pas seul. Était-ce quelqu’un du village, venu pour me chercher ? J’en doutais. Je n’en savais rien. La seule chose qui était sûre résidait dans cet étrange sentiment qui s’emparait petit à petit de ma poitrine. Je ne voulais pas attendre d’en avoir le cœur net. Aussi, tel un animal apeuré, je me mis à courir dans le sens opposé à celui où se trouvait la silhouette, me disant que si l’individu n’était pas ici pour moi, au pire, il me trouverait simplement étrange avant de m’oublier et de passer à autre chose. Mes pieds s’enfoncèrent dans le sable. J’avais sans doute la chance d’être légère, ce qui limitait grandement les pièges de ce dernier, bien que la course fut difficile pour moi qui n’étais pas sportive. Sans regarder en arrière – je serai très certainement tombée sinon – je me précipitai vers la terre ferme. Je savais qu’il y avait un champ d’herbes folles et hautes et mon objectif était simple : m’y cacher et attendre. Si rien ne se produisait, j’aurai eu peur pour rien, j’en avais conscience.

Après quelques longues secondes, je finis par me lancer dans le champ, m’enfonçant à l’intérieur de ce dernier de quelques longs mètres avant de m’accroupir. Mon cœur, dans ma poitrine, battait à tout rompre et mes muscles avaient souffert de ma folie. Mes mollets me brûlaient, si bien que je dus me mettre à genoux. S’il s’agissait de quelqu’un du village, j’étais certaine que, demain, il n’y aurait quelques quolibets sur mon compte.
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Ezechyel
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Ezechyel
Mer 27 Juin 2018, 17:00



Je dépassai rapidement les petites infrastructures portières qui bordaient les côtes du village. Les quais et les cordages retenant les bateaux de pêche s’effacèrent de ma vue pour laisser place à une nature sereine, mais exempte d’artifices humaines. La plage s’étendait sur plusieurs kilomètres en touchant la ligne d’horizon, recouverte de son sable fin et doré qui crispait sous la semelle de mes bottes. Au creux de mes oreilles, j’entendais les vagues s’échouer sur la terre ferme dans une merveilleuse harmonie, bien plus forte qu’à mon arrivée quelques heures plus tôt. Je ne m’étais jamais rendu aussi près de l’océan depuis un temps qui me semblait incalculable et à présent, mes sens étaient envahis par tout ce que cette nature avait à offrir. L’odeur du sel était également bien imprégnée dans l’air que je respirais, incomparable au parfum que j’avais senti aux portes de ce village. Eoda était sans conteste la maîtresse qui dominait ces lieux et son influence divine s’étendait encore plus loin, plus loin que mes yeux étaient en mesure de percevoir. Et si la malchance se tenait à mes côtés, j’aurais peut-être l'occasion de croiser une Sirène avide de m’emporter au cœur des abysses. L’ombre d’un sourire s’esquissa sur la commissure de mes lèvres, sombre, dépourvu de joie. Ce n’était que des pensées funestes qui me traversaient l’esprit sans crier gare et pourtant, je ressentais pour la première fois un véritable sentiment de vulnérabilité. J’étais venu désarmer et ainsi, je me retrouvais entièrement à la merci des dangers qui pouvaient me guetter. J’étais parfaitement conscient de l’absurdité que j’avais de nourrir une telle crainte, mais après avoir vécu toutes ces années à protéger des individus au Destin incertain de maux inimaginables qui auraient pu survenir, cette paranoïa avait fini par s’ancrer profondément dans ma peau. Voilà bien longtemps que j’avais cessé de prendre des risques, troquant leurs incertitudes et leur adrénaline au profit de la vertueuse Prudence. J’avais rapidement appris qu’il valait mieux prévenir plutôt que de guérir dans le seul but de satisfaire adéquatement les attentes qui reposaient sur mes épaules. Et puis, accompagné par un tel silence de plomb, exclusivement entrecoupé par le son de la mer, j’étais d’autant plus exposé à mes sinistres divagations, légèrement tendu. Néanmoins, j’avais vécu assez d’expériences en tant que garde du corps pour pressentir un danger et en cet instant précis, il n’y en avait aucun.

Un soupir s’échappa de mes lèvres au moment même où mes yeux rencontrèrent la forme indistincte d’une silhouette. Mon corps se figea instantanément, mon esprit balayant rapidement mes pensées lugubres pour se concentrer uniquement sur ce que mes yeux lui renvoyaient. L’ombre semblait accroupie dans le sable, aussi immobile qu’une statue de pierre. Elle était petite, mais j’étais trop éloigné pour en être totalement sûr. C’est pourquoi j’accélérai légèrement ma cadence, me rapprochant assez près pour confirmer que, baignée ainsi sous la lumière lunaire, la forme était, en réalité, une femme. Cette dernière se releva brusquement lorsque sa tête pivota dans ma direction, avant de prendre ses jambes à son cou en abandonnant les coquillages et les galets qu’elle avait réunis. Abasourdi, je demeurai figé sur place quelques secondes. Était-ce Saphir? En vérité, je ne pris pas la peine de pousser ma réflexion plus loin, Si c’était bien elle, je n’avais pas de temps à perdre en restant debout. Pourquoi s’enfuyait-elle exactement, je n’en savais rien. Cependant, ce fut sans hésitation que je me lançai à sa poursuite. La course dans le sable ne se révéla pas être facile mais en dépit de tout, grâce à mon excellente condition physique notamment, je finis par gagner suffisamment de terrain pour m’assurer, sans l’ombre d’un doute, que cette femme était bel et bien la Löth que je recherchais. Couplé avec les informations qui m’avaient mené jusqu’ici, son apparence ne me trompait pas, même si j’étais incapable de voir son visage. Les lueurs projetées par l’astre de la nuit m’aidaient énormément à distinguer certains détails, comme ses longs cheveux argentés et ce, malgré la distance qui nous séparait. Puis, l’Ygdraë s’enfonça à travers un champ de hautes herbes qui bordaient la plage, s’extirpant brusquement à l’éclat rayonnant de la lune et, par ce fait même, à mon champ de vision. Je m’arrêtai lentement, reprenant avec aisance mon souffle alors que mes yeux – plissés – scrutaient la clairière qui s’étendait devant moi, guettant le moindre geste susceptible de la trahir. Je ne saisissais pas encore le raisonnement qui avait justifié une telle réaction de sa part et pourtant, j’hésitais à parler.

Elle avait eu peur, c’était indéniable. De moi? Sans doute également. Toutefois, je ne comprenais pas pourquoi exactement, car elle s’était mise à courir bien avant que je m'élance à sa poursuite. Cela étant dit, le mal était déjà fait. À présent, je ne pouvais compter que sur mes talents d’orateur pour la convaincre de quitter sa cachette et lui prouver que je ne représentais aucun danger. « Saphir ? » Prenant une voix douce, sereine, je m’efforçais de bien choisir mes mots pour éviter de la brusquer. Je n’avais droit qu’à une seule chance pour y arriver. « Je m’appelle Ezechyel. » Je marquai une courte pause, hésitant. « Je viens de Melohorë. J’ai été envoyé ici pour vous retrouver. » La sincérité était sans doute le moyen le plus sûr pour gagner sa confiance et apaiser ses craintes, mais il y avait toujours le risque que cela l’incite, au contraire, à demeurer hors de ma portée. D’un autre côté, l’Elfe devait être consciente des implications que contenait mes mots et donc, elle savait sûrement qu’il m’était interdit de lui faire du mal. « Cependant, je désire tout simplement vous parlez. » En guise de bonne foi, je m’immobilisai, plongeant le champ dans un silence complet. J'attendais.
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Mar 31 Juil 2018, 23:38

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Le destin attend celui qui tente d'y échapper


J’avais du mal à reprendre mon souffle mais j’essayais d’être la plus discrète possible, espérant que la brise dissimulerait les battements de mon cœur. Ma poitrine se soulevait et s’abaissait bien malgré moi. M’avait-il suivie ? Était-il en train de me tendre un piège ? Ou bien avais-je fui le vide ? Je n’étais sûre de rien et, dans le doute, je préférais être prudente. Il y avait bien trop de démons sur ces terres, trop de maléfiques avides de pouvoir et de domination. Quand bien même il s’agissait d’un bénéfique, je préférais être seule, même si la distance que je plaçais entre les individus et moi me faisait souvent passer pour une bête curieuse. Seulement, j’avais trop souffert pour faire confiance aveuglément. Je pinçai mes lèvres quand j’entendis mon prénom résonner dans la nuit. C’était un homme et il m’avait couru après. Pourquoi ? J’étais encore essoufflée mais mon corps s’était raidi et mes expirations et inspiration semblaient avoir disparu, un mince filet d’air s’échappant d’entre mes lèvres. Sa voix était calme, harmonieuse. J’aurais aimé pouvoir lui faire confiance mais combien de monstres se cachaient-ils sous les traits apaisants d’une créature faussement charmante ? Son prénom était celui du Dieu de la Mort. Venait-il me chercher pour m’emmener avec lui, pour toujours ? Je délirais sans doute un tantinet, mon imagination nourrie par la peur que je ressentais. Quand j’entendis le mot « Melohorë », étrangement, je me sentis rassurée. Personne d’extérieur au territoire ygdraëen n’aurait pu inventer cette histoire. Il savait que j’avais disparu, que je m’étais échappée. Seulement… J’hésitais à me redresser. S’il avait fait tout ce chemin, c’était sans aucun doute pour me ramener. Voulais-je rentrer ? Je n’en étais pas sûre. Devais-je rentrer ? Certainement pas. Elle, qui qu’elle soit, ne m’avait pas libérée pour que je sois replongée dans ma prison juste après. Néanmoins, je ne pouvais pas rester terrée ici pour toujours. Mes articulations étaient douloureuses, il savait que j’étais là et il pouvait attendre longtemps. Mes mains se crispèrent un instant sur mes vêtements. Je fermai les yeux, essayant de réfléchir en vain.

Au bout de quelques secondes, je pris une grande inspiration et me redressai, le haut de mon corps dépassant des herbes. Mes yeux cherchèrent la silhouette de l’homme et la captèrent sans grande difficulté. Je restai interdite un moment, parfaitement immobile. Le vent balaya mes cheveux, quelques mèches fines venant se placer sur mon visage. J’étais bien trop incertaine pour les repousser de ma main. Je me sentais un peu honteuse, comme si j’avais fait une bêtise en fuyant Melohorë. Seulement, elle ne serait pas venue me chercher si le destin n’avait pas des desseins me concernant, si ? J’avais peur d’être la cause de maux pour mon peuple d’un côté ; de l’autre, je trouvais l’idée que je puisse être un Yggdrasil parfaitement idiote. Cet Elfe aux cheveux blonds me paraissait bien plus fort que je l’étais. S’il voulait m’enlever, il aurait vite fait de m’assommer et de me placer sur l’une de ses épaules sans en être particulièrement éprouvé. Il ne me restait plus qu’à jouer la carte de la collectivité. « Je hum… Je veux bien discuter mais pas trop longtemps. J’ai rendez-vous avec… ». Avec qui ? À cette heure-là ? Si je disais un nom masculin, ça ferait très mauvais genre. « Avec la femme du pêcheur qui veut faire un point sur mon travail. ». Le mensonge me réussissait décidément bien mal. L’histoire était crédible mais mon ton était tout sauf assuré. Je pinçai mes lèvres, me disant que si, après ça, il ne m’enlevait pas pour me ramener à Melohorë, ce serait un véritable miracle. « Si j’approche, vous allez essayer de m’emmener avec vous ? » demandai-je alors. Au moins, s’il était honnête, il me le dirait. « Je ne pense pas qu’ils seraient d’accord ici. Je dois encore travailler… J’ai pris des engagements et les filets de pêche ne se démêlent pas facilement… ». En réalité, j’étais assez peu utile et j’étais certaine que ma disparition ne poserait pas de soucis. Les villageois se demanderaient ce qu’il m’était arrivé puis hausserait les épaules en se disant que j’avais dû partir. Je fis un pas dans sa direction, pour lui montrer que j’étais tout de même disposée à coopérer un minimum. C’était un Ygdraë et, en toute hypothèse, il éviterait de me faire du mal. Seulement, s’il était convaincu que je devais rentrer, pour mon bien et celui du peuple, je ne savais pas jusqu’où il pourrait aller.
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Ezechyel
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Ezechyel
Jeu 30 Aoû 2018, 03:56


Peu à peu, mes yeux s’accommodaient à la noirceur qui engloutissait le champ, balayant les hautes herbes de mon regard pour tenter de repérer la position exacte de l’Ygdraë. J’étais particulièrement attentif aux mouvements des pousses que j’essayais de trier entre les caprices du vent et les gestes d’un être vivant. Je guettais l’instant où la jeune femme commettrait une erreur en dévoilant sa cachette par inadvertance. Cependant, la proximité de l’endroit avec la mer rendait son climat imprévisible avec ses bourrasques frigorifiantes qui gagnaient en intensité à chaque seconde, brouillant tous indices de la présence de Saphir. De plus, la végétation était trop dense pour que le vent parvienne à révéler quoi que ce soit qui aurait pu m’être utile. Je poussai un soupir, qui alla se perdre dans un souffle de vent. Je réfléchissais à une alternative pour ramener la Löth si jamais la discussion cordiale échouait. Ça ne faisait que quelques minutes que je patientais, et quoi qu’elle puisse essayer pour s’échapper, elle se trahirait dans l’immédiat. L’Elfe était coincée et pourtant, je ne pouvais m’empêcher d’être légèrement tendu. Je ne la connaissais pas : je ne savais rien des dons ou des moyens qu’elle possédait ainsi que leur efficacité. Les circonstances derrière sa disparition étaient suspectes et la pensée populaire prétendait qu’elle avait reçu une aide extérieure pour fuir, car il était impensable qu’un Ygdraë ait pu commettre un délit aussi grave. Et si ce sauveur n’était pas loin? Je m'alarmais sans doute un peu trop pour mon propre bien, mais l’idée était déjà trop profondément marquée dans mon esprit pour que je me contente de l’ignorer.

L’Ygdraë finit par se redresser, sa silhouette brisant la symétrie créée par les brins d’herbe que l’air continuait de caresser. La fugitive semblait si fragile dans cette étendue de vert comme si, à tout moment, les rafales de vent risquaient de l’emporter. Elle était plus près de moi que je l’avais estimé. Je n’en avais pas eu conscience dans le feu de l’action, mais ma poursuite avait presque réussi à porter ses fruits : il me suffisait d’enjamber une centaine de mètre environ pour la rattraper. Toutefois, j’étais un homme de parole. Je lui avais volontairement donné le choix de converser plutôt que de l’enlever sur-le-champ, et elle venait d’accepter mon offre. Le moins que je pouvais faire était d’écouter ce qu’elle avait à dire puis tenter de la raisonner. Et si cette méthode n’aboutissait à rien, j’aviserais en temps et en heure. Je ne bronchai pas face aux excuses de ma congénère. Je savais qu’elle mentait, pour avoir clairement perçu le ton incertain dans sa voix. Inconsciemment, un sourire s'incrusta sur la commissure de mes lèvres. Le mensonge ne lui seyait sans doute pas aussi bien qu’elle le voulait, mais je choisis tout de même de jouer le jeu, répondant à ses inquiétudes d’une voix sereine, posée. « J’en suis navré, mais votre place est à Melohorë. ». Et nulle part ailleurs. Cependant, je ne me donnai pas la peine de le préciser, simplement parce que ça allait de soi. « Les engagements que vous avez pris ici ne comptent plus désormais. Votre vie est trop importante pour que je puisse me permettre de la risquer. Elle l’a suffisamment été. » Mon esprit était, en réalité, décidé depuis un moment déjà. Le choix ne m’appartenait pas, pas plus qu’à la femme aux cheveux argentés. Les enjeux étaient trop élevés. Nos opinions importaient peu finalement, puisque la conclusion était toute tracée d’avance. J’étais contraint de me plier aux ordres.

« Il est de mon devoir de vous ramener saine et sauve dans les plus brefs délais. », poursuivis-je en m’avançant d’un pas. « Cela ne dépend pas que de moi, mais de la volonté de notre peuple. Les enjeux sont beaucoup trop grands, mais cela, vous en avez déjà conscience. » Un sourire triste apparut brièvement sur mon visage avant de s’effacer comme s’il n’avait jamais été présent. Je savais que le destin des Löth était honorable à sa manière, mais il représentait à la fois un énorme fardeau que j’aurais souhaité à personne de porter. En vérité, je pouvais compatir avec son désir de rester loin de Melohorë, mais d’un autre côté, l’importance capitale que son statut possédait m’interdisait de tourner le dos à la mission qui m’avait été confié, pour les mêmes raisons qui justifiaient ma présence en ces lieux. « Je suppose que je vous ai fait une proposition injuste, car peu importe ce que vous me direz, la finalité ne changera pas. Vous savez tout comme moi que l’échec ne m’est pas permis. » Ce point, on me l'avait bien fait comprendre et j'en pesai parfaitement les conséquences. D'un pas assuré, je m'avançai davantage. « Mais si cela peut vous rassurer, j’étais sincère quand je vous ai promis que je ne vous ferais aucun mal. » Sur ces mots, je m’élançai vers elle à toute vitesse, rapprochant mon corps du sien pour l’empêcher de fuir. Posant la paume de ma main contre son front, je guidai la magie aux bouts de mes doigts pour tenter d'endormir l'Ygdraë. J’étais positionné de tel sorte que, si elle tombait, je la rattraperais aussitôt. « Je suis désolé. » Je le pensais sincèrement.
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Sam 22 Déc 2018, 00:42

[A] - Le destin attend celui qui tente d'y échapper | Saphir & Devaraj Hr2g
Le destin attend celui qui tente d'y échapper


Je savais pertinemment que ce qui sortait des lèvres de l’Ygdraë était vrai. Seulement je… Le sentiment était diffus, comme si, au fond, je ne pouvais me résoudre à simplement rentrer. Je le regardais donc s’approcher, me sentant de plus en plus confuse et prise au piège. Chaque seconde, j’hésitais à m’enfuir et chaque fois que j’y renonçais, je savais que mes chances s’envolaient, inévitablement. J’étais pourtant immobile, comme une marionnette sans maître. Peut-être qu’au fond, je souhaitais qu’il me ramène. Que faisais-je hors du territoire sécurisant de Melohorë, après tout ? Avais-je trouvé ce que je cherchais ? Je n’étais même pas sûre de savoir ce dont il s’agissait au juste. Je sentais le vent s’engouffrer dans mes vêtements et caresser ma peau. Peut-être était-il un signe des Dieux pour palier à ma folie ? Pour ramener les choses à leur ordre initial ? Pourtant… je savais qu’une personne normale n’aurait pu m’aider à m’échapper. Je ressentais de l’inquiétude et mon cœur se mit à battre de plus en plus fort au fur et à mesure qu’il s’avançait, mes lèvres se pinçant. J’étais comme la biche qui se sait perdue, tétanisée. Était-ce normal d’avoir peur de l’un de mes semblables ? Je levai vers lui des yeux apeurés, le fixant comme s’il allait intenter à mes jours, comme si je ne pouvais pas lui opposer une quelconque résistance. C’était sans doute vrai. Je voyais bien qu’il avait été formé pour le combat et que sa physionomie était de loin supérieure à la mienne. Lorsqu’il se mit à courir, je poussai un cri, essayant de fuir sans y parvenir. Une fois qu’il fut contre moi, mon premier réflexe fut d’user de mes bras pour le repousser, en vain. J’étais trop faible. « Non ! Vous ne comprenez pas ! » lançai-je à tout hasard. Moi-même ne comprenais pas tout. Le fait est que sa position par rapport à la mienne réveilla quelque chose qui ne cessait de hanter mes nuits, encore, et encore, et encore. Le fait qu’il me maintienne, que je ne puisse pas m’enfuir, me ramena à ce jour lointain où j’avais croisé le Diable. Comme une résurgence du passé, mon corps se tendit. Je me mis à paniquer, totalement. Mon esprit sortit du présent, déraillant vers un passé chaotique. J’avais l’impression que l’Ygdraë était le Monarque et je me mis à hurler, à supplier. Je me tordis d’horreur, le repoussant avec la force du désespoir, perdant toute notion de la réalité. « Lâchez-moi ! Non ! S’il vous plaît ! Je ne veux pas ! ». Je ne voulais pas qu’il me touche, épouvantée par sa présence et sa proximité. Ma main s’accrocha à la sienne pour l’ôter de ma peau. J’essayais de me recroqueviller, de me tordre, d’échapper à son emprise. Sa magie atténuait peu à peu mon malaise mais la situation ne devait pas l’aider à faire effet. J’étais faible mais l’horreur que j’avais vécu était assez prégnante pour mettre tous mes sens en alerte, pour réveiller mon instinct et ma combativité, aussi peu développée soit-elle. Mes yeux étaient remplis de larmes.

« Oh ! Il se passe quoi ici ? ». Toujours en plein délire, mes ongles vinrent légèrement griffer l’homme qui était apparu soudainement. Il avait tenté de nous séparer en posant des mains plutôt puissantes sur chacune de nos épaules. « Oh ! On se calme ! » fit-il d’une grosse voix. Je le regardai un instant sans vraiment le voir, avant de me rendre compte que je ne contrôlais plus ma propre personne depuis quelques minutes déjà. Aussi rapidement que l’inconnu s’était téléporté, sans doute à l’entente de mes cris, je sentis la honte m’envahir. Je culpabilisais. Je culpabilisais pour mon comportement précédent. Je culpabilisais d’avoir laissé le Vil faire. Je culpabilisais de l’avoir, peut-être, tenté malgré moi. Peut-être lui avais-je laissé penser que je le désirais à cause de mon ignorance ? Je me sentais soudain mal, comme si les effets de la magie fonctionnaient à rebours. Mes paupières se firent lourdes et je sentis distinctement les muscles, maigres, de mon corps se détendre, lâcher prise. « Je euh… ». Je ne savais que dire. Que j’étais désolée ? Que je me sentais sombrer ? J’avais conscience de ne pas courir les dangers du passé, actuellement, mais j’avais peur de m’endormir et de me réveiller à Melohorë sans jamais pouvoir en sortir. « Ce sont les Dieux qui… ». Je ne finis pas ma phrase, sans doute fruit d'un demi-rêve, sentant simplement mon corps devenir mou et le sol se dérober sous mes pieds.

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Dim 23 Déc 2018, 18:54


Le destin attend celui qui tente d'y échapper



"Ce sont les Dieux qui décident de notre Destin." Sortant de la brume nocturne et prenant forme dans un épais volute de fumée verdâtre, le chaman posa d'abord son regard sur l'elfe. Il portait une ample tunique écarlate qui laissait entrevoir ses tatouages luminescents le long de sa peau brune. Son dos le lançait, signe que le symbole de la Déesse de la Connaissance qui y était gravé réclamait son dû. Ses veines le brûlaient, prenant tout comme ses pupilles une teinte dorée qui brillait, colérique, comme la lave bouillonnante prête à sortir de son réceptacle. La métamorphose lui échappait, si bien que même en se montrant sous sa véritable apparence, Amshloumka prenait soin de lui rappeler sa nouvelle condition de prisonnier en lui imposant ces traits de créatures enflammées. Il était loin de l'Île, beaucoup trop loin. Son corps hurlait, privé des soins qu'apportaient les cristaux du volcan. Il n'avait que l'herbe âpre et forte dans sa pipe et les monstrueuses -ou jolies- illusions que la fumée produisait en se fondant dans l'air froid pour se consoler. Tirant une dernière bouffée du calumet qu'il tenait entre ses longs doigts, le chaman rajouta doucement après avoir entouré le blond de sa brume macabre. "Certainement pas vous."

Sans aucun doute son amour du spectacle s'était décuplé depuis qu'il était guéri de sa trop longue maladie. Le chaman rit légèrement. Son ton désintéressé et officieux ne s'accordaient pas avec son apparence et ne faisait qu'agrandir le malaise qu'il pouvait provoquer. Il n'était pas entièrement menaçant comme il n'était pas entièrement accueillant. Rien n'avait l'air réel, rien n'avait l'air faux. Tout était gris et lui, Fumeur Macabre se tenait en équilibre sur le fil, tantôt basculant d'un côté ou de l'autre de l'effrayante limite : telle était la définition de la Folie qu'il incarnait. Le chaman posa sa main sur l'épaule de l'inconnu qui avait cru bon d'intervenir dans la dispute. "Hum. Partez." siffla-t-il, crispé. Puis en s’adoucissant, il rajouta joyeusement. "S'il vous plait ?" Massacrer un innocent sans raison ? Pas dans son humeur actuelle. Il était devenu plus clément... ? Ou plutôt, beaucoup plus imprévisible. Le concerné ne demanda pas son reste. Il allait sans dire que d'autres rumeurs allaient bientôt s'ajouter à la longue liste des bavures du Suprême de l'Au-Delà. Cela le fit sourire. Sa popularité était la dernière chose qui l'intéressait... Lui et son peuple existaient pour les Aetheri, vouloir une gloire humaine était vain. Le chaman rattrapa la jeune femme. "Tenez ! Le sucre c'est bon pour la santé ! " Sortant une boite de chocolat de sa poche, il lui offrit le contenu. "Asseyez-vous et respirez, voilà, inspirez, expirez... Aha, croyez-moi j'en ai de l'expérience en crise d'angoisse." Fouillant dans sa poche en sifflotant, il en tira encore une sucette qui avait le don de rendre heureux, ainsi qu'une boite à musique et trois verres de vin chaud. "Voilà... Les Aetheri sont avec moi. Il ne vous arrivera rien de mal si vous ne vous éloignez pas." chuchota-t-il. Le volume de sa voix était aussi inconstant que son humeur.

Voyant l'incompréhension qu'il avait provoqué, Devaraj se releva après avoir offert un verre à chacun. Il vida le sien dans un silence lugubre avant de bien vouloir s’expliquer. "Raanu réclame cette enfant." souffla-t-il d'une voix trop douce pour être rassurante venant de sa part. Il était curieux. La situation était risible, pensa-t-il. Pourquoi les deux déesses l'envoyait lui, le Fou, récupérer celle qui reposait entre les mains des Ygdraë? Était-ce à lui d'ébranler la Sagesse probablement immense de ce peuple ? Il lui semblait impossible que les supérieurs de cet homme ne soient pas au courant de la véritable identité de Saphir, ni de sa nature. Mais puisqu'ils envoyaient quelqu'un entraver la course du Destin, ils ne devaient pas savoir que les chamans avaient aussi été conviés à la danse... Un vain sourire s'étira sur ses lèvres. De son côté, il était si compliqué de saisir toutes les pièces de l’immense puzzle qu'il préférait largement en ignorer l’entièreté et avancer en aveugle. Il n'aurait certainement pas survécu à l'éternelle frustration de la sensation que quelque chose lui échappait toujours. Une seule chose était certaine pour le moment : elle avait fuit et ce n'était pas un hasard. Aussi, il s'agissait d'une chance unique de pouvoir communiquer avec elle sans l'entrave de ses gardiens. "Circë Fëanturi Vairë a un Destin qui l'attend. Il serait malvenu de tenter d'y échapper ou de l'entraver..." Il avait l'air si calme, pourtant la tension était bien trop présente autour de lui. "Ce n'est pas en la gardant au chaud dans votre cité qu'elle pourra s'épanouir pleinement. Ce qui l'attend nous dépasse, vous comme moi..." Marquant un silence, il se mordit la lèvre, réprimant un sourire moqueur. "Je ne peux pas vous expliquer mes raisons : je n'en ai aucune. Mon rôle est de suivre la courbe du Destin et non pas de le comprendre."

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Ezechyel
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Jeu 03 Jan 2019, 23:04

La magie tardait à faire effet. Prise entre mes bras, l’Ygdraë se débattait avec une force désespérée en poussant des cris, effrayée. Les échos de sa voix étaient portés par les rafales du vent qui soulevaient les plis de nos vêtements en faisant bruyamment claquer leurs tissus. À travers ses hurlements et ses sanglots, j’essayais de lui parler, de la rassurer pour calmer la crise de panique qui la possédait, mais les mots que je lui soufflais ne faisaient que s’égarer dans ses oreilles devenues sourdes. Elle n’écoutait rien, et je doutais fortement qu’elle finisse par y porter attention dans son état actuel. La jeune femme ne semblait plus maîtresse de ses propres gestes, me griffant et me poussant comme un diable en furie alors que le vent amplifiait le vacarme, sans doute au-delà de l’enceinte du village. Je savais que cela viendrait me causer des ennuis plus tard, cependant, j’étais préoccupé par un travail plus important qu’une intervention de la part d’un groupe de pêcheurs. Bien que ma force fût largement supérieure à celle de la Löth, je craignais surtout de la voir se blesser si sa détresse ne s’apaisait pas bientôt. Je ne me pardonnerais jamais si mes actes conduisaient à une telle éventualité, tout comme je me refusais à employer la force brute pour y échapper avant qu’il ne soit trop tard. Peut-être me montrais-je trop conciliant envers elle en sachant que je connaissais plusieurs moyens d’assommer un individu sans le faire souffrir, mais l’Elfe semblait si jeune, si fragile, que je n’osais même pas mettre à profit ce savoir martial. Néanmoins, lorsque cet homme se téléporta entre nous pour intervenir, alerté par les cris de ma semblable, je fus contraint de reconsidérer mon plan d’action. Le sort faisait enfin effet sur la fugitive dont le corps, engourdi par le sommeil, glissait lentement vers le sol tapi par les hautes herbes. D’un brusque coup d’épaule, je me libérai de l’emprise du villageois pour tenter de rattraper Saphir. Cependant, mon geste marqua également le moment où il choisit d’apparaître, nimbé à l’intérieur d’un épais voile de fumée : le Suprême de l’Au-Delà en personne. Habillé d’une tunique, sa peau était gravée d’une série d’enchevêtrements dorés qui disparurent momentanément de ma vue lorsqu'il m’envoya l’exhalaison de son calumet au visage. Alors que j’écartai cette brume en me servant de l'air, je pus entendre le Souverain sommer à l’homme qui était intervenu de partir, ce qu’il accomplit sans hésiter. Clignant des yeux à quelques reprises pour chasser les dernières traces de fumée, je demeurai figé comme une statue de marbre en observant les mouvements du nouveau venu. Tous les muscles de mon corps s’étaient crispés en le voyant si près de l’Ygdraë, mais je n’intervins pas, conscient que les gestes du Roi ne lui portaient aucun préjudice en apparence. « Votre majesté. » dis-je simplement lorsque ce dernier se redressa. L’ambiance était tendue. En silence, j’attendais tout naturellement des explications de sa part. Les enjeux avaient soudainement changé, écartant la hâte et la frénésie de l’équation pour récupérer la jeune femme. Il ne me restait que la diplomatie à utiliser pour parer au désavantage de mon rapport de force qui s’était brusquement inversé. Les rumeurs disaient le Roi fou, mais surtout dangereux. Et imprévisible. Pouvait-on vraisemblablement raisonner avec un homme qu’on prétendait dément? Sans doute, mais il y avait quelque chose en lui qui ne cessait de renforcer mon malaise. Avais-je peur? Peut-être, pas vraiment : c’était un sentiment confus, difficile à cerner, mais c’était tout sauf rassurant. Seul un inconscient évitait de se montrer prudent en sa présence et de ce fait, j’acceptai son verre sans vraiment y réfléchir, demeurant néanmoins réticent à en boire son contenu.

J’écoutai le Hǫfðingi parler avec respect, avant de poser mon regard sur le visage de l’Elfe. « Vous avez raison à propos du Destin » commençai-je calmement quand le silence reprit ses droits. « Cela étant, je ne peux vous confiez Saphir sans une preuve que Raanu vous ait bel et bien désigné en émissaire de ses volontés.  » Ce n’était pas dans mes intentions de m’opposer aux desseins de l’Aether, quels qu’ils soient, et bien que j’eusse toutes les raisons de le faire, je ne remettais pas systématiquement en doute la parole du Chaman non plus. Il ne serait jamais intervenu si Saphir – ou Circë, comme il l’avait appelée – n’était qu’une simple fugitive désirant échapper à ses bourreaux sans une bonne raison. On le disait peut-être imprédictible, mais son intervention ne résultait sans doute pas du hasard. Il était inutile de chercher à engendrer un conflit toutefois, si la Déesse de la Connaissance l’avait choisi et qu’il m’en montrait le signe, je saurais le reconnaître et concéder à ses demandes. Pourtant, une part de moi restait partagée, méfiante, car j’étais incapable de me soustraire à l’importance du statut qui pesait sur la concernée. Cela étant, peu importe ce que j’accomplissais maintenant, je demeurais désavantagé sur de nombreux points et il n’allait pas sans dire que mes supérieurs risquaient de ne pas apprécier la conclusion de la mission qu’ils m’avaient confié. Après tout, ils n’avaient pas déployé autant d’efforts pour que la Löth file encore une fois entre leurs doigts mais visiblement, personne n’avait prévu que le Maître des Esprits vienne s’ingérer dans cette affaire, révélant une lacune dans l’enquête qu’ils avaient préalablement mené. Qui était réellement Saphir, ou Circë Fëanturi Vairë? Il me semblait impensable que Svën ne sache pas la réponse : il devait forcément en détenir une partie au moins, partie qu’il ne s’était pas cru bon de me divulguer.

Je souris, amer. La vérité était que j’ignorais sur quel pied danser en présence du Suprême de l’Au-Delà dont l’humeur semblait aussi instable qu’un Réprouvé. Néanmoins, tant et aussi longtemps qu’il n’userait pas de la force ou de la magie contre moi, je ne tenterais rien d’inconscient. Je n’avais pas envie de mener un combat perdu d’avance si je ne parvenais pas à ramener l’Ygdraë à Melohorë. Ça n’avancerait personne, surtout si un ordre divin était réellement au cœur de la danse. « Si je peux me le permettre, quel rôle peut bien jouer les Chamans dans la réalisation de son Destin ? » J’avais besoin d'éclaircissements, autant de la part de l’Elfe que du Roi lui-même.
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Sam 16 Fév 2019, 09:53


Le destin attend celui qui tente d'y échapper



«Quel rôle...» répéta le Suprême de l'Au-Delà d'un air sombre. Son regard se vida un instant de toute vie. Peut-être qu'il ferait mieux de dévorer un de ces esprits anciens habitants de l'Empire pour trouver une réponse à ses questions dans les souvenirs de sa victime, au lieu de débattre le néant avec un Ygdräe. Peut-être. «Honnêtement, j'espère que l'un de vous deux pourra me le dire. » Cela semblait peu probable. Saphir avait l'air sous le choc et ne disait mot. Devaraj la croyait consciente de son antique héritage mais cela n'avait pas l'air d'être le cas. Pourtant il ne pouvait se tromper de personne. Les Morts ne se trompent pas dans leurs révélations, encore moins les Conservateurs de l'Au-Delà. Il coula un regard dubitatif vers la jeune femme. Au moins ne s'était-elle pas évanouie... ?  Le Chaman délia une sacoche en cuir pendue à sa ceinture pour en faire apparaître un tipi dont l'intérieur réchauffé était recouvert de fourrures douces et molles. Au centre brûlait un éternel foyer et sur ce dernier, une théière qui ne se désemplissait jamais. Soulevant l'entrée d'un geste souple pour en dévoiler l'ambiance tamisée, Devaraj les invita à entrer et referma derrière eux. «Faîtes comme chez vous.» Ici le vent froid, la nuit et l'ensemble du monde extérieur semblait avoir disparus. Le Suprême de l'Au-Delà s'avachit en tailleur sur une épaisse fourrure blanche, commençant naturellement à fumer son calumet. «Je ne peux pas prouver ce que je ne m'explique pas à moi-même. Le symbole de l'Aether est gravé sur mon dos et brille jour et nuit alors que je n'ai jamais peint cette partie-là de ma peau. Plus en arrière dans le passé, Edel m'a secouru en songe et donné la tâche de vous retrouver et de vous redonner votre trône» Il marqua une pause, s'adressant tour à tour à l'Ygdräe puis à Saphir, souriant ironiquement. «Mais je suppose que cela n'a aucune valeur pour vous, les peintures et les songes» dit-il, expirant une longue bouffée dont la fumée monta fébrilement. Il n'avait pas pu s'empêcher de laisser paraître une sorte de dédain. Peut-être qu'il avait tord et que ces signes qui étaient capables de faire bouger toute sa nation seraient compris à leur juste valeur par un étranger. «Seulement, c'est ainsi que les Aetheri se confient à nous et je n'ai pas l'intention de vous révéler plus en détails les mystères de ces communications. Mais vous avez raison, ce sera plus simple de vous montrer en image.»

Sans prévenir, le Suprême de l'Au-Delà s'empara du bras de son interlocuteur. «Ce que je vais vous montrer fait parti du secret que mon peuple garde et devra rester entre moi, vous et votre souveraine, Ezechyel Valärunkar Rumblee, n'est-ce-pas ?» murmura-t-il en articulant avec malice et soutenant le regard de l'homme. Il renforça la pression sur ses doigts. Les pans de la tente se délièrent pour laisser place à une contrée brumeuse, froide, morte, fantomatique. La Vallée éthérée de l'Île Maudite n'avait du charme que dans ses formes spectrales, blanches ou bleues. «Comme vous le savez, peut-être, nous voyons de le Monde des Morts.» Devaraj laissa le temps à son interlocuteur de se remettre du choc de sa vue changée et agrandie à une nouvelle dimension. Il s'avança d'un pas sûr vers le flanc d'une montagne et descendit des escaliers s'y engouffrant. «Les pierres qui parsèment le paysage sont apparues après que j'ai retrouvé la trace de Saphir, accompagnées de ce Temple. Pour faire court, elles sont toutes gravées d'un savoir qui ne nous appartient pas et nous est presque indéchiffrable. Nous pensons qu'il s'agit de l'écriture d'un Empire qui régnait autrefois avec puissance sur Taelora. Il se trouve que j'ai retrouvé les ruines en Vie de cet Empire, que j'ai aussi vu ce à quoi il ressemblait dans la Mort afin de m'ôter tout doute possible. Au sein de la capitale se trouvait un Temple de Raanu, dont la copie exacte se trouve ici-bas sur mes terres sacrés, que la Déesse a révélé pour une raison qui m'échappe. Circë Fëanturi Vairë est la descendante de l'impératrice -un personnage détestable que vous n'avez pas envie de rencontrer, faîtes-moi confiance. Nous avons déjà déchiffré quelques unes des pierres et nous nous en sommes approprié l'écriture afin de sauvegarder notre propre culture, car il s'agit ici du cadeau que Raanu a fait à mon peuple. Pour le reste, les secrets de cet Empire se trouvent ici sur notre île et dans le Royaume des Morts, je ne sais ni les lire ni quoi en faire.» Le Chaman parût soudainement fatigué. «Je vous laisse visiter.» dit-il simplement, restant à l'entrée de la grotte. Lorsque Ezechyel ressortit, tout disparu brutalement et ils se retrouvèrent dans la tente, sans avoir bougé d'un pouce. «Je ne peux pas réellement vous amener là-bas, c'est une terre sacrée qui nous est réservée. Vous pourriez être une exception un jour peut-être. Peut-être pas.» Lâchant le bras d'Ezechyel, Devaraj se retourna vers Saphir. La chaleur et la douce lumière et tranquillité de la tente n'avait jamais changé pour elle. Elle n'avait rien vu de l'illusion créée car il avait eu peur de la choquer encore plus en lui mettant sous les yeux une montagne de choses inexplicables.  

«Écoutez. Je suis fou et probablement dangereux mais Edel a fait de moi votre protecteur, serviteur, que sais-je encore... Je vous expliquerai les détails si vous le voulez, plus tard. Vous avez une protection divine sur votre tête, c'est inviolable. Je suis le roi des Chamans, je ne peux pas me permettre de contredire un Aether. Je ne sais pas si vous savez que votre nom est Circë et que vous être héritière d'un Empire. Nous verrons cela plus tard si ce n'est pas le moment pour vous.» Cela n'avait pas l'air de l'être... «Ce que j'aimerai savoir de vous, c'est votre volonté immédiate. Commençons par le début, non ? Vous étiez en train de fuir avant que je n'arrive. Est-ce toujours d'actualité ?» Il ne savait pas capable d'un ton si doux et aimable. Calmement, il continuait de fumer. «Si la princesse ne veux pas retourner avec vous, je vais me voir dans l'obligation de faire tout mon possible pour l'aider. Hors mes possibilités sont nombreuses... Vous comprenez ? Je sais que ce n'est pas ce qu'on vous a ordonné de faire mais j'aimerai que vous ne vous y opposiez pas. Nous voulons tous les deux assurer sa sécurité et nous en sommes tous les deux capables, à la différence près que deux Aetheri attendent de moi des résultats concrets.» dit-il à Ezechyel. Ce n'était en rien une menace, mais simplement un constat de ce qui pourrait arriver. Tout en parlant, il se disait bien qu'il n'était pas fait pour la diplomatie et que cela ne fonctionnerait jamais. Il préféra alors ne pas imaginer ce qu'il pourrait déclencher comme conflit en voulant simplement faire ce que les dieux voulaient de lui. «Quoiqu'il arrive, j'aimerai que vous racontiez tout ce que vous avez vu et entendu, puis donniez ceci en main propre à votre reine afin que je puisse parler à distance avec elle. Je ne peux pas me permettre de vous accueillir chez moi pour le moment, et je crois qu'il en est de même pour votre cité.» Il lui tendit une petite boule en verre remplie de neige artificielle et dans laquelle était enfermée une miniature de lui-même.

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Ezechyel
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Ezechyel
Ven 22 Fév 2019, 13:27

« On m’a envoyé ici pour récupérer Saphir. Je ne sais rien de plus. » Un soupir franchit doucement mes lèvres. Le Chaman ne s’était probablement pas attendu à une autre réponse de ma part. En vérité, ces paroles s’adressaient surtout à moi-même, bien plus qu’elles ne l’étaient pour lui. J’admettais me sentir complètement dépassé par l’enchaînement brusque, trop rapide, des événements, et de fait, je n’avais pu retenir mon désir d’exprimer en mots toute l’ampleur de mon désarroi. Acceptant l’invitation de Devaraj sans poser de question, je pénétrai à l’intérieur de la tente, près du foyer. Mes yeux se rivèrent ensuite, instinctivement, sur la jeune Ygdraë. Tandis que je la dévisageais avec une pointe de curiosité, des interrogations surgissaient à profusion au sein de mon esprit. Que savait-elle exactement à propos des histoires du Suprême de l’Au-Delà liées supposément à son Destin ? Pourquoi paraissait-elle tout aussi déroutée que moi ? Inconsciemment, mon regard se fit plus insistant, plus intense, avant que je rompre abruptement notre contact visuel, gêné par mes propres impolitesses. Le Roi arriva néanmoins à point donné pour que je puisse reporter mon attention vers lui. « Je n’en serais pas aussi sûr si j’étais vous. » Rétorquai-je à son commentaire ironique. « Je sais que ces rêves ont une grande importance pour vous, et cela me suffit amplement. » En partie. Toutefois, j’étais conscient que ce n’était ni en mon droit ni en mon rôle de juger de la valeur sans doute inestimable de ces signes. Sans compter qu’il était assurément mieux placé que moi pour interpréter un message divin.

Le Souverain me laissa à peine une chance d’ouvrir à nouveau la bouche qu’il me saisissait brusquement l’avant-bras. Mon premier réflexe fut d’essayer de me soustraire à son emprise, mais en entendant mon nom se faire prononcer de ses lèvres, mon corps se tendit aussitôt. Je ne le quittais pas des yeux. « Très bien. » Finis-je par souffler, cédant à la légère tension créer par ses intonations peu rassurantes. « Je promets de garder le silence. » Ce n’étaient peut-être que des mots à ses oreilles, mais pour moi, ils représentaient bien plus que ça. J’étais un homme de parole : je mettais un point d’honneur à respecter mes promesses, et ce, peu importe à qui elles s’adressaient. Ceci dit, avant même que je puisse retenter de me dérober à la poigne de plus en plus solide du Fumeur Macabre, le décor se métamorphosa, sans crier gare, autour de nous. La Löth s’était volatilisée, tout comme la tente, nous laissant seuls – le Chaman et moi – au cœur d’une vallée lugubre, spectrale. La confusion se lisait sur mes traits avec une clarté presque aussi irréelle que la vue du paysage se dévoilant sous mon regard ahuri. Voir le Monde des Morts, disait-il ? Étrangement, je me surpris à le croire sur parole – sans doute à cause du choc. Néanmoins, mes pensées semblaient, pour le moment, incapables de concevoir d'autres idées pour le réfuter. Était-ce cela, le secret dont il avait fait mention ? « Je ne m’imaginais pas que cela soit possible. » Avouai-je, une fois mon esprit plus détendu. J’emboîtai par la suite le pas du Roi jusqu’à la montagne, demeurant muet tout au long de notre trajet. Alors que nous descendions un escalier conduisant au sous-sol, je tendais une oreille attentive aux mots que le Devaraj articulait sans interruption. Lancé à travers son monologue, il m’expliquait entre autres les origines de ce lieu, le rôle de Raanu – investigatrice de tous ces bouleversements – ainsi que de l’héritage d’un Empire appartenant à Saphir pour terminer sur les pierres aux écritures indéchiffrables. Décontenancé, je fis glisser mes doigts entre les mèches de mes cheveux, retenant un soupir au dernier instant. J’essayais tant bien de mal à digérer les informations que m’avait révélé le Chaman, sautant immédiatement sur sa proposition d’explorer le Temple pour remettre un peu ordre dans mes pensées en ébullition. Pourtant, il y avait tant de choses à observer parmi l’ensemble de salles que je fus incapable de me résoudre à ralentir totalement la cadence de mes réflexions. Mes iris scrutaient chaque recoin du monument religieux avec inquisition, en passant de son architecture unique jusqu’aux inscriptions gravées contre les murs. C’était celles-ci qui piquaient tout particulièrement mon intérêt, et de fait, je me servis des Savoirs Ancestraux pour tenter, malgré les dires du Suprême de l’Au-Delà, de les déchiffrer – sans succès. Rapidement, je me contentai de les mémoriser, notant les symboles qui se répétaient le plus souvent. Une fois le travail accompli, je retournai auprès de l’homme, m’arrêtant à l’embouchure du sous-terrain. « Si Saphir est bel et bien la descendante de cet Empire, il n’est pas trop crédule de ma part de supposer qu’il possède des liens avec les Ygdraë ? Dans ce cas, il se pourrait que cette écriture tienne sa souche de l’Hyriël, ou du moins, qu’elle en soit inspirée. Bien sûr, le temps a fait son œuvre, et le langage nous est à présent inconnu – sans doute à cause de mutations ou que sais-je encore – mais il y existe toujours la possibilité qu’en creusant du côté des archives de Melohorë, vous parviendrez à trouver quelque chose. » Ou pas. Il s’agissait que de spéculations après tout. En outre, avec toutes les tragédies ayant frappé la Cité d’Earudien combinées à l’ancienneté de mon peuple, il était possible que certains savoirs aient finis par se perdre au fil des Ères.

Je sortis finalement l’enceinte de la grotte, sentant l’épuisement tomber sur mes épaules. En quelques secondes, la vision du roc froid et menaçant s’effaça au profit du couvert chaleureux et rassurant de la tente, comme si rien ne s’était passé. L’Ygdraë n’avait même pas bougé, et moi non plus. Une illusion. Toutes ces images de la région montagneuse et du Temple mystérieux n’avaient été que des chimères. Par ailleurs, Devaraj ne tarda pas de me le confirmer. Alors que l’attention de ce dernier déviait vers la jeune femme, je me plongeai au cœur de mes interrogations. Je ne savais quoi en dire en réalité, parvenant à peine à démêler tous les éléments de contexte auquel on m’avait exposé. En dépit de tout, je tentais d’organiser mes prochaines actions en me servant des quelques certitudes que j’avais pu acquérir pour prendre la meilleure solution. De ce fait, lorsque le Chaman pointa ma position désavantageuse, ma décision était, en réalité, déjà prise. « Alors laissons Saphir décider de ce qui lui plaira. Je suis capable d’en accepter les conséquences, même si son vœu contrevient au succès de ma mission. Je trouverais bien un moyen de plaider à ma cause devant mes supérieurs. » En dépit de la condescendance des Cyraliel, il était toujours possible de raisonner avec eux, de les convaincre de la légitimité d’un fait qui, aux premiers abords, paraissait décevant. Par ailleurs, il m’apparaissait assez étrange que ceux-ci n’aient pas repérée la trace de Saphir plus tôt. Avec tous les moyens dont ils bénéficiaient, incluant le soutien probable de la royauté, j’étais sincèrement étonné que la jeune Elfe ait réussi ne serait-ce qu’à sortir du continent mystérieux : pire encore, de l’enceinte de Melohorë au nez des gardes, des Cyraliel – de tous. Forcément, elle avait dû recevoir de l’aide pour réaliser un tel exploit. Mais par qui? Un individu désirant servir les intérêts de cet Empire? Peut-être. Sûrement. Je n’en savais rien. Comment s’était-il pris pour déjouer la surveillance de la Capitale d’ailleurs? S’agissait-il d’un étranger ou d’un allié provenant de l’intérieur?  

« Je le ferai. » Affirmai-je en prenant la boule à neige tendue par le Souverain. « Ma Reine saura se montrer plus apte que moi à la diplomatie. » Puis, je me tournai en direction de la fugitive. « Tout d’abord, je tiens à vous présenter mes excuses. Je n’aurais pas dû bondir sur vous de cette manière. » Je marquai une pause. « Cela dit, il y a une chose que j’aimerais savoir, si vous me le permettez. Comment êtes-vous parvenue à fuir de nos Terres ? » Mon ton était doux, serein, pour éviter de la brusquer. « Vous avez reçu de l’aide, n’est-ce pas ? Qui était-ce ? » Avant l’intervention du Chaman, la jeune femme avait tenté de clamer quelque chose à propos des Dieux. À présent, je souhaitais lui donner une véritable chance de s’expliquer.

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Mer 27 Fév 2019, 13:06

[A] - Le destin attend celui qui tente d'y échapper | Saphir & Devaraj Hr2g
Le destin attend celui qui tente d'y échapper


Je ne saurai expliquer la situation mais, dans ce chaos généralisé, lorsque les deux hommes s’accordèrent pour reporter leur attention sur moi, je me sentis dévastée. Ils n’étaient pas hargneux, guère haineux. Leur voix était douce, leur intention sans doute tournée vers mon bien-être. Je ne saurai expliquer pourquoi, vraiment, mais je me mis juste à pleurer, au beau milieu de la tente, quand bien même l’odeur du thé était délicieuse, quand bien même les coussins donnaient un aspect intime à la scène. En réalité, ce spectacle me semblait à la fois terrible et magique. Magique parce que durant la totalité de ma vie, je m’étais développée dans la misère la plus absolue, auprès d’individus pour la plupart maléfiques, qui avaient concouru à mon mal-être. J’aurai tant aimé posséder cette tente et obtenir un peu de considération, des regards prévenants, sains. Alors je me sentais simplement émue, dans mon malheur, légèrement heureuse malgré moi. Car l’instant était également terrible. Je les écoutais, depuis tout à l’heure, ces deux hommes possédant une puissance bien supérieure à la mienne. Je comprenais ce qu’ils disaient, les arguments avancés mais… je n’arrivais pas à envisager les choses. Avoir cette considération, d’un coup, être la cause de leurs périples, sans être capable de savoir pourquoi moi, au juste, sans être capable de répondre à leurs interrogations, voilà qui créait une fracture dans ma poitrine. Alors je m’étais juste mise à pleurer, partagée entre bien-être et malaise. J’étais tellement démunie que je ne pouvais rien faire d’autre pour laisser sortir la boule qui s’était formée dans ma poitrine. Je savais pourtant que j’omettais quelque chose. Ce fut comme une révélation, à un moment donné. Le souvenir réapparut, comme sorti de nulle part.

Mes mains s’écartèrent doucement de mon visage et mes sanglots cessèrent. J’essuyai mes larmes lentement, me rappelant de ce qu’elle m’avait dit, de ce qu’elle m’avait donnée. « Vous l’activerez le moment venu, Circë. » avait-elle murmuré en me tendant un médaillon semblable à celui que je portais depuis ma naissance. Était-ce le moment ? Était-ce ce qu’elle avait souhaité me faire comprendre ? Et, surtout, comment l’activer ? « Je hum… ». Mes doigts se portèrent derrière ma nuque pour détacher l’artefact. Je le mis dans la paume de ma main avec la ferme intention de l’étudier. Cependant, je n’eus rien à faire. Une silhouette apparut entre nous. C’était elle, celle qui était venue me chercher à Melohorë, celle qui m’avait ouvert la voie. Je n’avais répondu à aucune de leurs questions mais, curieusement, je me dis qu’elle s’en chargerait pour moi. L’apparition n’était pas palpable. Elle n’était faite que de magie et montrait une jeune femme aux longs cheveux blonds et au regard émeraude. « Bien. Si vous avez utilisé le médaillon, Circë, c’est que je suis dans l’incapacité de me déplacer, actuellement. Je suppose également que le Suprême de l’Au-Delà doit être présent, ainsi qu’un ou plusieurs Ygdraë, venus vous récupérer. ». Elle sourit, posant une main sur son ventre arrondi. « J’ai trouvé le moyen de retarder quelque peu le châtiment de Sympan, au moins pour en connaître la teneur et prendre mes dispositions. ». L’enfant qu’elle portait ne méritait pas de disparaître pour les fautes qu’avait commises sa mère. Trouver un homme capable de la mettre enceinte n’avait pas été difficile. « Devaraj, sachez que la Vie n’est plus ce qu’elle était. Autrement dit, je ne suis plus Edel. La Justice est morte et la Vengeance risque de la supplanter. L’avenir m’effraie car la Mort ne peut connaître l’équilibre sans la Vie, la véritable. Ezechyel mettra le monde à feu et à sang, c’est une certitude. Si je ne puis vous dire quand, il est clair que pour venir à bout de l’Æther usurpatrice, il sera prêt à des extrémités rarement égalées qui pourront déstabiliser le Cycle entier. Jezekael a trouvé une piste de résolution, sans en être conscient, et si les probabilités sont de mon côté alors vous devriez le rencontrer à terme. Sachez que je ne peux plus voyager dans le futur. J’en suis interdite. Cela dit, j’ai toujours été une femme de stratégie et j’espère ne pas me tromper. Si j’arrive à m’échapper de la prison que Sympan a façonné pour moi – et j’y arriverai – il ne fait aucun doute que je ne voudrais pour rien au monde échanger de nouveau mon statut de Mortelle contre un statut Divin. C’est pourtant une obligation. Je vous supplie donc de me trouver et de me convaincre de reprendre mon office, d’une manière ou d’une autre. ». Elle marqua une pause. « Aussi, si jamais vous doutiez encore de vos origines à ce moment précis du Temps, j’aimerais que vous vous rendiez au sein du temple d’Edel et Ezechyel au creux de l’Au-Delà. Vous devriez comprendre. ». Elle sourit, changeant de sujet. « Concernant les Ygdraë qui seraient présents, sachez que Circë ne peut être enfermée dans vos terres et que vous avez de plus gros soucis à régler. Les usurpateurs sont partout et ceux que vous appelez à présent Cyraliel ne sont pas les figures originelles. Cela ne signifie pas qu’ils sont pour autant maléfiques, simplement qu’ils ont occulté une partie de l’Histoire de votre peuple et de son lien avec la Déesse de la Connaissance. Les Cyraliel véritables doivent se ranger derrière Circë. Comme vous l’aurez compris, Raanu a entrepris de lier Chamans et Ygdraë, mais pas seulement. Le secret des Omije, si chères aux Anges, avait été pleinement compris par ceux qui régnaient jadis, sur l’Empire. L’énergie de ces pierres renferme des possibilités gigantesques. Le futur de la Vallée de la Dame liera vos trois races et contribuera à la Mémoire. ». Elle passa doucement ses doigts dans ses cheveux. « Circë, vous devez évoluer. Votre Destin ne changera pas et il est de votre responsabilité de devenir plus forte car le futur de tout un Empire repose sur vos épaules. Vous ne serez pas seule mais vous devez tirer un trait sur votre existence passée. ». Je ne savais que faire. « Vous devez acquérir l’Éternité conférée par le Phœnix. Les Ygdraë ont raison de souhaiter vous protéger et en mes mots se trouve la solution pour apaiser les craintes. La Mort s’écartera de vous, ainsi. Rapprochez-vous de Raanu car elle seule pourra vous guider sur un chemin profitable. Nous nous reverrons, sans aucun doute, car vous faites partie de moi. Néanmoins, prenez les bonnes décisions car je ne pourrai plus vous aider à vous échapper de Melohorë, à l’avenir. ». Elle sourit puis disparut. J’étais confuse.

1093 mots

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Mer 27 Fév 2019, 16:54


Le destin attend celui qui tente d'y échapper


«Encore vous tiens donc. Je suis si surpris que ce soit vous la responsable, que ma mâchoire va en tomber, attention, un deux...» Trois. Devaraj la contempla d'un air blasé, préférant continuer de fumer. Il allait avoir besoin de fumer, très vite avant que cette créature se mette à s'expliquer. Le Chaman s'exila derrière un nuage de brume. Il n'avait pas besoin de la voir, il connaissait déjà son visage. Elle était dans ses songes, dans le Temple de l'Au-Delà, ce n'était plus un secret pour lui. Malgré tout il tressaillit un instant en écoutant les révélations. Fil d'Edel et d'Ezechyel ? Était-ce symbolique quand à son rôle dans la société ou bien fallait vraiment qu'il se vante d'avoir deux Aetheri en parents ? Parents qui ne l'avaient jamais élevé et qui n'étaient venus se révéler à lui qu'au moment de lui demander des services, bizarrement. Finalement ce n'était peut-être ni un cadeau ni un hommage mais plutôt une malédiction. «Hum. Et sinon, la fin de la farce c'est pour quand ?» Devaraj lui coupa la parole sans que cela n'arrête la blonde, et la regarda d'un air particulièrement... à la fois méchant et rieur. Oh pourtant, il avait du respect pour cette femme qui était toujours une déesse dans sa tête. Seulement que ce soit pour Jun ou elle, il était très, très, très las de la difficulté voir l'impossibilité complète des missions qu'ils lui donnaient, sans parler du manque complet d'informations révélées à chaque fois. «Retrouve une princesse d'une époque oubliée ; Va tuer une femme mais je ne citerai pas laquelle exactement ; Et là maintenant : Retrouve moi parmi tous les habitants de la terre entière» Devaraj poussa un soupir. Dans quelques minutes, son agacement passager aura disparu et il se contentera de faire ce qu'on lui demandait dans la plus grande neutralité. En attendant... Il avait besoin de purger un certain ressenti. Elle était déjà partie, en théorie, mais il parla quand même. «Dis donc, qui se rassemble s'assemble. Vous savez qu'il m'a demandé de vous tuer et que jusqu'à présent, c'est toujours d'actualité ? Je me demande bien auquel de vous deux je vais obéir, hm ?! Je suppose que vous savez parfaitement où vous vous trouvez en ce moment même mais que ce serait, oh oui, vraiment beaucoup trop simple de me le signaler. Bien sûr, c'est tout à fait logique. Oui c'est ça, logique. Vous avez raison de vous adresser à un fou ! En plus vous me dîtes que vous êtes ma mère. C'est clair que c'est le moment le plus opportun de ma vie pour me le signaler, oui, je confirme. Pour ça aussi, vous ressemblez beaucoup à votre soi-disant nemesis. Permettez moi de vous dire que baiser un bon coup ça vous calmerai bien tout le deux, au lieu de, hum, détruire le monde, ou je ne sais quoi d’exubérant.» prononça-t-il tout bas en s'adressant à la théière. Il ne savait même pas pourquoi il disait cela car elle ne devait probablement pas l'entendre. Quoiqu'elle en serait bien capable, mais il n'obtiendra aucune réponse de sa part. «C'est compliqué la vie de famille...» grogna-t-il après avoir haussé les épaules. Le Suprême de l'Au-Delà regarda Ezechyel. «Eh bien je vous souhaite très sincèrement bon courage pour faire maintenant parti de notre petit cercle, le Cercle de ceux qui ont un Destin autant inattendu qu'exécrable. Vous avez vos réponses, n'est-ce-pas ? Ne me posez pas plus de questions parce-que je sais déjà que je suis bien incapable d'y répondre. Par contre j'ai changé d'avis. Je ne suis pas du tout familier avec votre hiérarchie ni votre histoire. Je ne m'attendais pas à ce que... Hum. Ce ne sont pas mes affaires. Enfin, ne donnez pas la boule à neige à votre reine mais plutôt à celui ou celle que vous estimerez le plus digne de confiance, qui serait capable de me rejoindre avec des volontaires à sa suite. Peut-être qu'il s'agit de vous-même, si ça se trouve !» Il rit de sa propre blague qui n'en était pas une, jusqu'à en pleurer.

Le Chaman prit ensuite le temps de boire une tasse de thé. Comme si cela allait le calmer. Il avait tellement fumé qu'il n'était plus certain de pouvoir discerner la réalité du songe. «Quoiqu'il en soit votre souveraine pourra toujours trouver le moyen par elle-même pour me parler si elle le souhaite. » Il sentit déjà que ce ne sera pas une discussion agréable. Devaraj s'adressa à Saphir. «En attendant Circë, j'aimerai vous proposer de m'accompagner pendant un certain temps. Je vous apprendrai la magie puisqu'il s'agit de mon domaine de prédilection. Une de mes grandes amies sera sûrement volontaire pour vous apprendre les arts martiaux. Quant à l'histoire du monde et à la connaissance, hum, j'ai aussi ma petite idée. Vous serez en sécurité, aussi bizarre que cela puisse paraître, à mes côtés. Vos moindres volontés seront accomplies, j'ai crû comprendre que cela va drastiquement vous changer de votre vie précédente, hm ?» Il se demandait comment il allait faire pour expliquer tout ceci à son peuple. Peut-être qu'il ne l'expliquerait pas, oui, c'était plus simple. «Et si Raanu le veut, des Ygdräe viendront nous rejoindre et vous apprendre à leur tour leurs savoirs, n'est-ce-pas ? Vous voyez, je connais un endroit particulièrement joli qui a la particularité d'échapper au contrôle du Dieu de la Mort -qui, d'après ce que nous venons d'entendre, va bientôt refaire des siennes. M'enfin, on s'habitue à lui, sisi, je le jure ! Euh, j'en étais où. Oui ! Donc si vous souhaitez venir au Temple de Raanu, je peux vous accueillir parmi mon peuple, vous et ceux qui voudraient vous suivre. Mais si vous souhaitez un endroit plus libre, je peux vous amener là-bas et cela n'empêchera pas les Ygdräe de venir vous y protéger. En soit les deux sont complémentaires. Vous savez, je déteste les choix, c'est pour ça que j'ai sombré dans la Folie, entre autre. Alors. Hum. Quoi ? Oui. Je trouve toujours un moyen pour tout et rien choisir à la fois, ehe !» En plus ça tombait bien, c'était sur le territoire de Jezekael. Si Jezekael était bien Jezekael. Car ils avaient tous la fâcheuse manie de balancer des noms en pensant qu'il avait la science infuse pour reconnaître qui était qui. «En attendant.» Il bailla. «Vous m'excusez mais je ne me sens pas très bien. C'est très éprouvant pour moi, cette affaire. Prévenez moi quand vous aurez fait vos choix.» La voix pâteuse, il ferma les yeux et s'endormit.

Bonjour c'est le bordel 8D
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Ezechyel
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Ezechyel
Jeu 28 Fév 2019, 14:50

J’avais souhaité acquérir des certitudes, des réponses sans équivoque pour chasser les parts d’ombres qui ne cessaient d’envahir certains aspects de la situation – et par certains, je désirais sous-entendre la majorité. Toute cette incompréhension, cette confusion, semblait se faire équitablement partager entre nous trois, à des degrés manifestement distincts cependant, et de fait, je ne m’étais pas préparé à recevoir de quelconques formes d’éclaircissements des lèvres de la fugitive elle-même. J’avais vu son visage, lu son expression faciale pour corroborer à mon constat et pourtant, elle parvint tout de même à me surprendre, à me prendre de court, alors que la figure était soudainement apparue sous nos yeux. L’Aether de la Vie, Edel. C’était sous ce nom que la femme de la projection se présenta, s’exprimant avec une telle nonchalance au sujet de son identité que je me portai immédiatement à croire ses paroles, laissant les commentaires du Chaman – malgré leur nature inappropriée – justifier mes propres convictions. Les révélations se succédaient l’une après l’autre, présageant des heures troubles, sombres, causées par nul autre que son némésis éternel qui détenait la mainmise sur la Mort. Bien que, assurément, je ne sois pas le destinataire visé par le message, j’en retins néanmoins ses moindres détails. Je fronçai légèrement les sourcils aux mentions d’une Déesse usurpatrice, d’un Cycle et de Temples au sein de l’Au-Delà, mais je préférai ne rien commenter à ces propos, sachant que je n’oublierai jamais ces informations grâce aux Savoirs Ancestraux. Il y avait plusieurs interrogations qui foisonnaient au creux de mon esprit en ce moment-même, traitant de tout ce que mes oreilles percevaient. Cependant, je restai également conscient que questionner le monologue préenregistré d’une apparition ne me révélerait rien de plus pour espérer satisfaire de façon convenable ma soif de curiosité.

Cela dit, en dépit de ces enjeux m’étant complètement inconnus, je reçus toutefois la suite comme un coup de poing dans le ventre, choqué pour des raisons entièrement différentes. Les Cyraliel? Des imposteurs? Rapidement, j’effaçai le trouble qui transparaissait contre mes traits, mais le désarroi avait déjà traversé le réseau de mes pensées. Depuis l’abandon de la Cité d’Earudien, les avis concernant la nouvelle élite ygdraënne se cadraient principalement autour de termes tels que personnalité désagréable, voire insupportable, mais jamais usurpatrice. Je n’arrivais simplement pas à imaginer que les miens puissent, de manière volontaire, étouffer un savoir dans le but de le remanier comme bon leur semblait par la suite. Certes, il était vrai que, malgré les apparences de ces accusations, les intentions des Ygdraë ne se laissaient jamais guider par l’appel des vices. Néanmoins, il était tout à fait légitime de ma part de me poser quelques questions, de douter des acquis que je possédais depuis plus de dix ans. Quelles raisons avaient motivé le gouvernement de Melohorë à recourir à la suppression des connaissances sur les vrais Cyraliel? Par peur? Par jalousie du secret? Un soupir s’exhala de mes lèvres, contrarié et fatigué. Je devais retourner à Dhrosca : certains de ses habitants nécessitaient que je leur paie une visite. Étais-je furieux? Pas vraiment. Je désirais juste essayer de comprendre. Est-ce que Mircella était au courant de ces faits? Elle avait été Reine. Il m’apparaissait improbable qu’elle ne sache rien. Second soupir. Tout ceci était si compliqué. Je ne savais plus quoi en penser exactement, pour être sincère. Le Chaman avait parlé de confiance. Si je faisais abstraction de ses excentricités, je lui donnais parfaitement raison sur ce point. Actuellement, j’ignorais comment interpréter les agissements de mes supérieurs et, jusqu’à ce que ceux-ci daignent s’expliquer, il était autant préférable que je garde, en effet, la boule à neige en main propre, le temps que tout le chaos de cette affaire finisse par se démêler.

Lorsque le Roi finit par s’endormir, je poussai un troisième soupir. J’avais besoin – encore – de remettre de l’ordre dans ma tête, avant que la migraine s’y invite par simple opportunité. « Les Anges, les Chamans et les Ygraës, liés tous ensemble. » murmurai-je, m’adressant à moi-même. Puis, je me remis à toiser le faciès de Saphir – non, de Circë. Serait-elle seulement en mesure de porter le poids de toutes les responsabilités qui reposaient contre ses épaules? Les Aetheri ne lui donnaient pas vraiment le luxe du choix. Mais combien de temps espérait-elle réussir à supporter la pression? Son Destin était immuable selon les dires d’Edel, au point où même la Mort ne devait plus être un obstacle à l’encontre de ce dernier. « Comment vous sentez-vous ? » lançai-je en brisant le silence. En vérité, je me doutais de sa réponse. Pourtant, si je me comportais ainsi, c’était avant tout parce que je me souciais de son bien-être. Sans doute étais-je influencé par mes instincts paternels, mais je ressentais également une empathie sincère à son égard. Ces histoires, ça faisait beaucoup. Bien plus qu’une personne soit capable d’endurer seule. « Je sais que je vous ai déjà présenté mes excuses, mais je me sens en partie responsable de votre anxiété – et avec raison me direz-vous sûrement. Quoique le contexte actuel n’a sans doute pas aidé également. Cela dit, s’il y a quoi que ce soit que je puisse faire pour vous, ne vous gênez surtout pas. » Je souris. J’aurais apprécié parler de notre peuple, des Cyraliel et de leurs mensonges ainsi que ce lien existant entre nous, les Ailes Blanches et les Chamans, mais le moment ne s’y prêtait pas. Sans compter que, si je m’engageais à travers une telle conversation, je n’étais pas certain de réussir à m’arrêter. « Je sais qu’on vous impose de prendre des choix, des choix cruciaux pour l’avenir, mais sachez que j’ai conscience de la pression que cela doit exercer sur vous. Ce n’est pas dans mes intentions de vous influencez sur une soi-disant meilleure décision, car elle n’existe pas. Il s’agit de votre Destin et par conséquent, vous seule pouvez décider de la manière dont vous souhaitez le réaliser. Vous permettez ? » demandai-je, m’asseyant devant elle dans une pose de médiation. Quelques secondes plus tard, mes paumes s’illuminaient de lueurs aux éclats de jade. Usant du don d’Earudien, je laissai la Magie se diriger vers l’Ygdraë, propageant une sensation de bien-être non seulement à l’intérieur de son corps, mais aussi au creux de son cœur et de son esprit. J’espérais que l’apaisement qui découlerait de cette initiative permette à la jeune femme de mieux réfléchir sur ses prochaines décisions. Elle en aurait grandement besoin.

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