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 [Quête] - Les vilaines | Mertle

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Astriid
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Astriid
Sam 11 Déc 2021, 12:43

[Quête] - Les vilaines | Mertle Bu2k
Les vilaines
Mertle & Grendel


Partenaire : Mertle
Intrigue/Objectif : Grendel apprend des meilleurs.




Qu'il ne soit jamais dit qu'Amestris n'était pas une ville faite pour quelqu'un pour moi. Je m'épanouissais comme un poison dans une coupe de vin moelleux. Au sein de cette gigantesque bouche de noirceur, mes couleurs n'en étaient que ravivées, embellies. Il était difficile de me rater, petit lutin frétillant aux mille couleurs et braillard au milieu d'une Cité aux teintes si tristes que la larme me montait à l'oeil. Mais je brillais enfin ! Guillerette, j'exécutais une petite danse sur les pavés sous les regards désapprobateurs puis désintéressés des petits rats noirs. Ce nid de sournoiserie me convenait bien plus que tout autre lieu, exception faite pour les Enfers sur lesquels je plaçais beaucoup d'espoirs. Tout ce potentiel de fourberie me montait à la tête et je me sentais prompte à la bêtise. Passant sous l'oeil revêche d'une matrone dont seul le visage blanc était nu tant elle s'était couverte de dentelle et de tissus jusqu'au menton. Opérant une révérence si basse que mon nez frôlat le sol, je lui flanquais ensuite un petit feuillet dans ses mains gantées avant de lui souffler un baiser de mes lèvres peintes de noir. Sur le papier, on invitait en épaisses lettres rouges les Sorciers à assister à nos représentations. Bien entendu, Chichi n'était pas un idiot. Si son Cirque était toujours debout après toutes ces années, c'est parce qu'il avait su s'adapter aux goûts de chacun, aussi tordus ou farfelus soient-ils. Notre patron ne suivait aucune morale, la philosophie de notre profession ne suivait qu'une seule règle et c'était la couleur de l'argent. S'il fallait faire couler du sang, nous faisions couler le sang, s'il fallait se dénuder, nous nous dénudions. Ainsi, notre spectacle pour ces coquins de Déchus n'était pas celui que nous performions pour les Angelots. Pour Amestris, nous avions ressorti nos numéros les plus macabres et les plus vicieux pour appâter l'or pourri des Sorciers.
Un peu plus tard, force fut de constater que les boyaux de la ville se ressemblaient tous et que je m'étais perdue. Après avoir quitté les larges artères commerciales pour tenter d'atteindre les échoppes plus modestes, je me trouvais finalement dans les quartiers reculés ourlés uniquement d'habitations. Là où auparavant, on ne faisait que froncer les sourcils sur mon passage, les regards ici se faisaient franchement hostiles. Ma présence était tolérée là où les étrangers avaient le plus de chances de se trouver mais ici, je n'avais pas ma place et je sentis une langue de frayeur se frayer un chemin le long de mon dos. «Bon bon bon.» Fis-je pour me rassurer en entendant ma propre voix. Pour couronner le tout, j'avais une très forte envie de me soulager. Ma démarche déjà bancale du fait de la longueur asymétrique de mes jambes allait de mal en pis. J'avais chaud sous mon vêtement et la peau de mon crâne me démangeait furieusement. Bref, ça sentait mauvais. Je n'aimais pas l'idée, mais je devais demander de l'aide. Il fallait être fou pour songer qu'on pouvait trouver une bonne âme dans cette Cité. Heureusement, je m'appelais Grendel et la situation devenait un peu désespérée pour moi. J'avisais une femme au tournant d'une ruelle et me précipitais vers elle, jurant entre mes dents en sentant ma vessie chalouper en moi. «Attends ! Toi ! Attends te dis-je !» J'attrapais brutalement son bras pour la faire pivoter sur moi. Les jambes croisées, je levais les yeux vers elle. «Conduis-moi chez toi. Maintenant.» Ma voix tremblait un peu. J'étais certaine que si elle allait refuser, j'allais tout simplement relâcher la pression en pleine rue. Ou m'évanouir. Ou les deux. D'un geste vif, je glissais mon couteau hors de sa gaine et en plantai la pointe tout contre le ventre de la femme. «Je ne plaisante pas. Dépêches-toi.» La menace était réelle dans ma voix, j'allais l'embrocher si elle ne m'écoutait pas.
[Quête] - Les vilaines | Mertle Zktc
Poussant un soupir d'aise, je quittais la petite pièce où je m'étais soulagée. L'esprit plus clair maintenant que la catastrophe était passée, j'étais prête à affronter le prochain cataclysme. Je reniflais l'air et grimaçais. «Ça sent la soupe ici.» Et encore, j'étais généreuse. C'est alors que mon regard tomba sur une silhouette endormie dans un fauteuil. Recroquevillée, un sifflement soulevait sa poitrine par intermittence, m'indiquant que ce truc tout ridé était contre toute attente en vie. Une paire d'yeux se braqua alors sur moi et un chat bondit des genoux de sa maîtresse pour me regarder avec hauteur. Ces bestioles là, elles étaient toutes pareilles. Prenant le matou de vitesse, je feulais, comme j'avais vu Mildred le faire tant de fois. J'ignore si ce fut ça ou le mouvement du chat qui l'avait réveillée mais quand je relevais les yeux sur la vile personne, elle n'était plus endormie. «Salut ! J'suis Grendel ! Jolie piaule, c'est très coquet. Vous l'avez décorée à votre image ?» Persiflai-je.

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Bellada Ward
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Jeu 16 Déc 2021, 00:00


Image par Jenya Tkach.
Les Vilaines
La plus vilaine des sorcières


« Espèce d'bonne à rien ! » La voix nasillarde de la sorcière résonna dans le modeste appartement du couple Boffins, jusque dans la ruelle sur laquelle donnait la fenêtre de la salle à vivre. « Comment t'veux qu'j'puisse faire une possion d'poils qui piquent 'vec un poils d'licorne ?! » s'épouvanta-t-elle. « T'as jamais ouvert d'grimoir d'ta vie ?! C'tait des poils d'gnomes, qu'i m'fallait. » En réalité, des cheveux de Goleds. Mais l'esprit vieillissant de la maîtresse des potions lui jouait quelques tours et son écriture en pattes de mouche couplée à ses yeux fatiguants ne lui permettaient pas de faire la différence de ses propres notes. A moins qu'il ne s'agisse d'un énième stratagème pour pouvoir piéger la pauvrette sur qui elle s'acharnait de bon coeur.  Trouver des raisons de crier sur Odette était devenu le passe-temp préféré de Mertle, et s'il avait existé une épreuve pour se montrer la plus vilaine et la plus vicieuse possible, aucun doute que la vieillarde aurait rafflé tous les prix haut la main. « J'peux r'en en faire d'ça, moi ! » se lamenta la sorcière après avoir distribué quelques coups de balais douloureux à sa cible. « Par Ethelba, qu'est'c'qu'j'ai fais pour d'voir supporter une telle empotée ?! Elle est plus dérangeante qu'le furoncle sur ma fesse gauche ! » Minou laissa échapper un miaulement d'approbation, comme pour confirmer qu'Odette était effectivement casse pied. « Va m'chercher c'qu'i m'faut et qu'ça saute ! J'pas tout'la journée d'vant moi, moi ! J'lambine pas com'toi, j'pas qu'l'ménage à faire d'mon temps libre ! »




« Une touffe de poils de gnomes. Cent-cinquante grammes de poudre d'ongles de trolls. Et des choux de bruxelles. » Odette répétait sa liste de courses en boucle, terrifiée à l'idée d'en oublier le contenu et de décevoir, une nouvelle fois, sa terrible belle-maman. Ce n'était pas seulement qu'elle craignait ses coups de balais - quoi qu'elle commençait à collectionner douloureusement les bosses et les hématomes - mais elle avait horreur de savoir que Mertle ne pouvait pas compter sur elle. Elle était une terrible fille. Une incapable. Une bonne à rien. Un long soupir, rendu tremblotant par les larmes qui menaçaient de couler par dela ses paupières, lui échappa. « Qu'est ce qu'elle va bien pouvoir faire de moi ? » demanda-t-elle tout haut. « Elle n'aura pas le choix. Elle va devoir m'abandonner. Et sans elle, moi, je n'aurai plus de toit. Je vais finir seule, sans même un chat pour me tenir compagnie. » Tandi qu'elle se peignait mentalement un sordide tableau de son futur, la petite magicienne ne prêta pas attention à la silhouette chaloupée qui déambulait dans la rue qu'elle empruntait pour regagner le marché, à l'autre bout du quartier.

Aussi, lorsqu'elle sentit la prise de l'enfant se refermer sauvagement sur son bras, Odette lâcha un petit cri de souri effrayé. « Qu'est ce ?! » s'exclama-t-elle, surprise. Il n'aurait servi à rien de crier à l'aide. Ici, on ne vous aidait nullement. On s'arrêtait, mais ce n'était pas pour repousser le brigand - plutôt pour encourager le crimminel, ou voir dans quel état lamentable ressortirait la victime. « Chez moi ? » répéta, béate, l'otage. « Mais c'est que... Belle-maman fait la sieste et - Hi ! » La lame s'enfonça dans les quelques rondeurs de ses hanches, menaçant de trouer davantage ses haillons. « D'accord, bien. » haleta Odette, paniquée.




Mertle ronflait légèrement, sa lèvre supérieure tremblotant bruyamment à chaque expiration. Odette se dandinait à l'autre côté de la pièce, mal à l'aise. Elle n'avait pas pu aller faire les courses et lorsque Mertle s'en apercevrait, elle recevrait une correction. Elle priait donc pour que la mégère ne se réveile pas avant que l'enfait ait terminé d'utiliser leur pot de chambre. « Allez, allons nous-en, en silence. » essaya de dire la double de Bellada. Sa voix, à peine audible pour ne pas risquer de réveiller la biquette, fut superbement ignoré. « Qu'est'c'qu'ya ?! » grogna la sorcière lorsque le feulement de l'arlequin l'eut réveillé. Ses yeux de merlan se posèrent sur la silhouette tordu du mome. « La ferme, morveux s't'veux pas une correction. » salua l'hargneuse. Elle n'avait pas appréciée la remarque : cet appartement sordide n'avait jamais reflété ses ambitions inachevées et le compliment n'en était clairement pas un. Pour appaiser ses nerfs en pelotte, elle fusilla la mage blanche de sa mine contrariée. « J'te d'mande un gnome, et toi tu m'ramène un lutin ?! » postillonna la grand-mère, se tortillant sur son fauteuil pour essayer d'en sortir. « T'as cru qu'on avait d'la place pour un autre parasite ? Pourquoi t'crois qu'on a r'vendu l'autre là, hein ? Ah non, m'dis pas qu'on t'as r'mis en cloque dans mon dos, hein ?! » s'affola Mertle. « Dis l'asticot, qu'est'c'tu fous là ?! Déguerpis d'chez moi, si tu veux pas qu'j'te lance un mauvais sort ! » menaça l'aigrie.

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Astriid
Mer 22 Déc 2021, 09:29

[Quête] - Les vilaines | Mertle Bu2k
Les vilaines
Mertle & Grendel




«J'suis pas un lutin.» Relevai-je d'une voix sucrée. J'étais bien plus que ça. J'étais une minuscule boule de chaos qui n'attendait que l'allumette pour embraser la scène; et tous ceux qui se dresseraient sur mon chemin périraient du même bois. Je pouvais être la destruction si l'on savait comment s'y prendre, si l'on ne me contrôlait pas, si je rencontrais les bonnes personnes. C'était une bonne chose que je sois si piètre dans tous les domaines, autrement je n'aurai pas donné cher d'Amestris. Dans mes prunelles se reflétaient les ruines encore rougeoyantes des braises de ma folie. Après les flots, ne serait-il pas ironique que ces vilains empêcheurs de tourner en rond connaissent la morsure des flammes ? Il y avait de quoi inspirer les poètes et les bardes si cela devait survenir un jour. Le mouvement que fit la ridée pour s'extirper de son fauteuil chassa la fumée de mes pensées. J'étais déjà intoxiquée par le poison distillé dans les pierres mêmes de la ville, comme si la maladie résidait dans son air âcre. Loin d'être déstabilisée par la virulente répartie de la vieille branche, je m'en réjouissais au contraire et je frétillais d'excitation. Comme on pouvait s'y attendre des personnes dont la culotte sentait le putois fermenté, elle ne prenait plus de pincettes dans ses propos et était loin d'être aussi coincée que tous ces faux-jetons que j'avais pu croiser depuis que j'avais mis les pieds à la Vorace.
Tout en demeurant immobile, je suivis des yeux avec attention la jeune fille se faire harponner verbalement et se ratatiner sous chaque mot craché dans sa direction. Il y avait une hiérarchie dans cette maison et il était visible que cette pauvre fille était considérée au moins autant qu'un bout de chiffon sale, c'était d'ailleurs de quoi semblaient être constitués ses vêtements. Cela n'éveilla aucune sympathie en moi. Les choses allaient ainsi, j'avais pu le constater dans le Cirque et je l'acceptais sans me poser de question. Chichi ne faisait de cadeau à personne et certains artistes n'étaient pas des enfants de chœur. Ayant grandi avec eux, c'était l'ordre normal du monde. Je suivais aveuglément les règles du Cirque ; ils m'avaient recueilli, m'avait acceptée et donné un but. J'étais capable de tout s'ils me le demandaient. En dépit des apparences, nous prenions soin les uns des autres. Ils avaient tous toujours gardé le secret lorsque j'avais assassiné le rouquin et me consolaient lorsque la culpabilité revenait me ronger.
Une fois certaine que je ne tirerai rien de la jeune fille, je fis comme si elle n'existait tout simplement plus. À la question de la vieille, je fis un double tour sur moi-même, les bras élancés au dessus de ma tête à la manière d'une de ces danseuses maigres comme des branches de saule et gracieuses comme la chute d'une plume vers le sol. Je finalisai ma figure avec un succès mitigé et un équilibre incertain sur mes chevilles croisées d'où je plongeais en une profonde révérence en glissant un pied derrière moi et en tenant entre deux doigts pincés les pans d'une robe invisible comme si je me tenais face à la femme de l'Empereur Noir en personne. «Madame, permettez-moi de me présenter à votre auguste et ancienne personne ! Je suis Grendel ! Pas un gnome, ni un lutin, ni même un pet de mouton mais Grendel, l'inestimable et brillantissime clown du Cirque de Chichi ! Vous ne mesurez pas encore votre chance alors laissez-moi vous apprendre que vous avez devant vous ni plus ni moins que celui qui anime l'attraction phare de notre spectacle.» Je me redressai avec une adresse toute relative et fourrai les mains dans mes poches, un large sourire étirant mes lèvres peintes. J'abandonnai mon ton pompeux pour prendre un accent traînant, aspirant la moitié de mes mots. «Dites voir, j'crois qu'vous êtes la personne idéale pour sublimer mon numéro. Vous avez l'air d'en savoir longuement sur comment s'occuper d'la vermine et lui faire regretter d'être venue au monde.» Je lissai le velours de mon bonnet à grelots, une expression chafouine imprimant mes traits. La vilaine éveillait en moi mes pires instincts, j'avais face à moi une égale. Non, un véritable modèle qui me montrerait la voie. Elle ne payait pas de mine à première vue mais que je mange ma Douceur si je pouvais le lui reprocher avec mon physique disgracieux. «Montrez-moi un d'vos trucs ! J'veux voir à quel point votre essence est malveillante. Voyons voir, la nuit tombe, c'pas là qu'vous commencez vos noires affaires ?» J'attirai à moi une chaise sur laquelle je me laissai tomber, les jambes écartées et le menton sur le dossier usé, les yeux rivés sur la chouette. «Comment punissez-vous les coquins et les sales petites pestes ? Je veux apprendre, je veux être comme vous. Laissez-moi devenir votre élève et en échange, je vous promet de faire tout ce que vous me dites.»

Message II | 877 mots


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Mer 22 Déc 2021, 16:02


Image par Jenya Tkach.
Les Vilaines
La plus vilaine des sorcières


Mertle fronça davantage les sourcils, créant une couche de rides supplémentaire sur ce visage déjà disgracieux et âgé. Les galipettes du gamin semblaient l'agacer - comme si elle regrettait une agilité perdue, réminiscence d'une jeunesse qui l'avait depuis longtemps abandonnée. A moins qu'elle ne louche sur lui de cette manière parce qu'elle le soupçonnait d'avoir abusé sur la bouteille avant de se pointer chez elle, comme une fleur. Quelle heure était-il ? Pas même midi. C'était beau, d'être saoul comme un cochon dès le matin. Un ivrogne. Elle avait tout gagné. La mégère écouta néanmoins le charabia de son invité surprise avec la même mine mauvaise - elle avait dans le regard une lueur sournoise. Odette, qui en avait souvent été la victime, se crispa légèrement : elle avait remarqué le légèrement tremblement dans la main tachetée, celui qui révélait le coup de balais imminant ou bien l'insulte blessante. Pourtant, la vilaine sorcière fut prise d'un rire convulsif, qui secoua sa vieille carcasse. « Toi, l'clou du sp'ctacle ? » railla-t-elle, hilare. « Doit pas casser trois pattes à un canard, vot'e cirque ! » La Boffin coula un regard vicieux sur la silhouette de l'arlequin. « Un clown ? V'voyez donc. L'bouffon du roi, plutôt ! » critiqua-t-elle. Rabaisser les autres avait sur elle un effet cathartique. Elle se croyait princière alors qu'elle n'était guère moins paysanne que celui qu'elle s'amusait à critiquer.

« Ah bah ça, b'en sûr qu'j'sais faire. » fit la vilaine en croisant les bras sur sa poitrine. Elle donna un coup d'œil menaçant vers la blondasse qui se ratatina un peu plus sur elle-même. Remettre la vermine à sa place, c'était son mot d'ordre. Pour ça qu'elle insultait copieusement son époux et Odette. Devant les compliments que lui faisait le minus, Mertle sentait son orgueil se faire caresser dans le sens du poil - et du poil à brosser, Ethelba savait qu'elle en avait, tant son entourage ne lui avait jamais témoigné la moindre approbation. La mage noire se laissa encore désirer, appréciant les éloges faites par le minot. « Tout c'que j't'dis ? » répéta la sorcière. Un rictus mauvais étira son visage effrayant. « M'écouter au doigt et à l'œil ? » s'assura-t-elle. Une fois qu'elle eut la confirmation de sa nouvelle disciple, la mégère se frotta les mains, l'air de jubiler. A dire vrai, Mertle avait toujours rêvé d'avoir une apprentie, une vraie teigne de sorcière à qui elle pourrait livrer tous ses secrets, quelqu'un qui hériterai de son esprit maléfique. L'heureux élu ne s'était jamais présenté à elle : ses enfants s'étaient tous montrés décevants et Odette... Odette, on n'en parlait même pas - elle avait besoin d'un vrai génie du mal, pas d'une bécasse avec deux mains gauches. Mais ce Grendel, lui... Il avait du potentiel. Elle le sentait. Elle avait le flaire, lorsqu'il s'agissait de repérer les peaux de vaches. « Eh b'en, Grendel, laisse-moi t'dire qu't'es pas tombée sur n'importe qui non plus ! » se vanta la Boffin. « Sache qu'une chanson a même été inventée pour vanter ma méchanceté ! Ca t'embouche un coin, hein ?! » Elle avait effectivement inspiré une chanson, mais il s'agissait davantage d'une satyre que d'une véritable éloge. Dans sa bêtise, la vieille bique n'avait cependant jamais compris l'ironie de la situation.

« Odette ! » hurla Mertle, sans raison apparente. L'interpelée sursauta. « Oui ? » couina-t-elle d'une toute petite voix. « Mon chaudron ! Et la musique ! Et qu'ça saute ! Plus vite qu'ça, 'spèce d'bonne à r'en ! » Un coup de balais pour rythmer sa soudaine excitation. Madame Boffin trottina jusqu'à la cheminé où Odette se hâta d’accrocher une marmite crasseuse. « 'pproche, minus. » fit-elle au gamin. « J'vais t’apprendre à concocter la plus terriiiible d'toutes les potions. » fit-elle sur le ton des révélations. La magicienne, elle, continuait à s’activer. Elle avait apporté une mallette contenant différents échantillons d’éléments alchimiques. Elle avait également allumé une étrange citrouille qui, dès qu’une flamme brilla à l’intérieur, se mit à se mouvoir. « Alors, qu’est ce qu’il se passe dans la cave à Mémertle, aujourd’hui ? » fit l’objet animé. « Aujourd’hui, je crois que Belle-Maman se sent d’humeur à chanter. » expliqua la mage bleue.

Comme pour lui donner raison, Mertle se remit à ricaner d’un air machiavélique. « Je suis la sorcière du cimetière. » commença-t-elle d’un air mystérieux tout en jetant dans son chaudron quelques ingrédients.

« C’est une vieille sorcière, elle est pleine de boutons,
Elle se gratte le derrière, elle a du poil au menton,
Elle habite près du cimetière dans une vieille maison.
Le dimanche la sorcière, se prépare un vrai gueuleton,
Le dimanche la sorcière, touille touille dans son chaudron.
»

Mertle donna quelques coups de cuillère pour mélanger la préparation : quatre tour en sens horaire, seize dans le sens inverse.

« Des morts – Des morts…
Des morceaux d'lard et de jambon, touille et touille la tambouille ;
Des morceaux d'lard et de jambon, touille et touille le bouillon.
»

En arrière plan, Odette et l’étrange citrouille s’étaient mis à chanter les chœurs, faisant écho à la maîtresse de maison. Mertle, à intervalles régulier, vidait le contenu de ses fioles dans le liquide grumeleux qui chauffait sur le feu. L'odeur était nauséabonde.

« Sa voisine une mégère,
Qui prétendait balayer mieux que personne sur terre,
Fut bien vite aspirée, dans un gros sac de poussière,
On finit par l’oublier.
Le dimanche la sorcière se prépare un vrai gueuleton,
Le dimanche la sorcière touille touille dans son chaudron.

Une femme, une femme,
Une fameuse crème de marrons, touille touille la tambouille,
Une fameuse crème de marrons, touille touille le bouillon.
Des morceaux d'lard et de jambon, touille et touille le la tambouille;
Des morceaux d'lard et de jambon, touille et touille le bouillon.
»

La voix de Mertle était à elle seule un vrai supplice, capable de rendre sourd les oreilles les plus sensibles – selon ce qu’elle racontait, du moins. C’était une démonstration vicieuse, à la hauteur de ce qu’attendait le clown, la sorcière n’en avait aucun doute.

« Elle est du genre solitaire, il ne faut pas la déranger,
Elle se met vite en colère, elle pourrait te transformer
En crapaud ou en vipère et puis enfin te manger…

Le dimanche la sorcière, se prépare un vrai gueuleton,
Le dimanche la sorcière touille touille dans son chaudron.
Un jeune – un jeune –
Un jeune et moelleux potiron, touille touille la tambouille;
Un jeune et moelleux potiron touille touille le bouillon.
Une fameuse crème de marrons, touille touille la tambouille;
Une fameuse crème de marrons, touille touille le bouillon.
Des morceaux d'lard et de jambon, touille et touille le la tambouille;
Des morceaux d'lard et de jambon, touille et touille le bouillon.
»

Mertle partit dans un énième rire avant de s'étouffer, sa fierté partant en flambée tandis que sa toux prenait de l'ampleur.

844 mots sans la chanson, et avant matraquage du dialogue.
*s'en va dans un rire diabolique*


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Astriid
Mar 04 Jan 2022, 09:18

[Quête] - Les vilaines | Mertle Bu2k
Les vilaines
Mertle & Grendel




En cadence, ma tête se balançait d'avant en arrière pour marquer le rythme de la chanson de quelques saccades de mes grelots. L'atmosphère dans la pièce s'était épaissie de mystère et le chaudron crachotait des fumerolles âcres qui venaient peu à peu recouvrir le parquet usé du salon d'une nappe brumeuse. Les ombres s'étiraient dans la pièce sous l'effet de la magie de la vilaine et enveloppaient sa silhouette bossue dans un manteau ténébreux où seul son visage disgracieux transparaissait, masque ridé et exprimant la malveillance par toutes ses pores. Enchantée et inspirée par ce spectacle, je tapai dans mes mains avec joie. J'étais vraiment bien tombée effectivement, le numéro de cette vieille folle me donnait des idées toujours plus retorses pour mon numéro et j'allais enfin devenir la véritable vedette du Cirque. Cette mamie était géniale, pourquoi étions-nous les seuls hurluberlus à l'aduler ? Même si le verbe était mal choisi pour Odette qui semblait agir sous la contrainte plus que sous l'admiration. Lorsque j'eus entendu le refrain une première fois, j'accompagnai les chants de ma voix criarde. Cette joyeuse cacophonie était d'une absence d'harmonie telle qu'elle aurait fait pâlir les Orines jusqu'à l'évanouissement. C'était pourtant parfait, une ode aux êtres que la nature avait doté d'une physionomie ingrate, qui se complaisaient dans le mal comme des cochons dans la tourbe. Heureuses dans nos imperfections, nous chantions jusqu'à en avoir la voix éraillée, jusqu'à inhaler à pleines narines la mixture aussi déplaisante à l'odeur que visuellement.
Loin d'être une sage disciple restant à sa place, je bondis de ma chaise pour tournoyer autour du chaudron dans une petite danse de mon cru, poussant de hauts cris qui risquaient de fendre la patience des voisins les plus tolérants. Déjà, il me semblait entendre les pleurs réprobateurs d'un bébé dans la rue d'en face et cela ne fit qu'accroitre mon allégresse. Comme je ne souhaitais pas être en reste sur la préparation de la potion, je piochais des ingrédients au hasard dans la mallette l'air de rien pour les y jeter dans la marmite en comptant sur la faible vue de la maîtresse de maison pour que cela passe inaperçu. En touche finale, je me dandinai sous le nez d'Odette et l'entraînai dans une gigue endiablée qui n'avait pour but que de lui arracher un cheveu qui rejoignit la mixture. Qui savait ce que cela occasionnerait ? Un monstre qui viendrait hanter la pauvre hère ? En contemplant son visage pâle et alangui, je craignis soudain que la mixture devienne aussi fade qu'elle. Dans le doute, je crachai dans la soupe pour rehausser le tout, on n'est jamais trop prudent.
Après quoi, je me plaçai sagement près de la citrouille que je gratouillais consciencieusement tel un bon petit toutou après avoir applaudi abondamment la prestation. Je m'octroyai également quelques claques bruyantes, une manie que j'avais lorsque j'étais très excitée ou à l'inverse lorsque la colère m'assombrissait l'esprit. Cela abîma quelque peu mon maquillage, déjà mis à mal par ma transpiration en dansant autour de la tambouille bouillonnante. Une fois calmée, le souffle encore un peu court, je coinçai le bras de la jeune femme sous le mien. «Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? On la teste sur cette chère Odette ? Oh dites oui s'il vous plaaaaait ! Ou alors, on fourre des biberons avec pour la faire boire aux petits enfants pas sages ? Ou alors on en fait un gaz qu'on répandra dans Amestris ! Oh votre réputation pourrait prendre une telle ampleur que vous deviendriez la Faiseuse de Potions officielle de l'Empereur Noir, vous imaginez ?» Un rire suraigu jaillit de ma gorge et je me mis à sautiller, tant et si bien que je bousculais le chaudron. Le métal geignit sur son support, le liquide glouglouta, le temps s'arrêta. «Oops !» Fis-je en regardant avec intensité le récipient osciller dangereusement avant de pencher résolument vers le sol. Je hurlais, à la fois de surprise mais aussi de ravissement face à ce dénouement inattendu mais néanmoins divertissant. Le regret n'avait jamais fait partie de ma personnalité. Plutôt me trancher les veines que m'excuser. La mixture épaisse faisait désormais un tapis malodorant dont les bulles verdâtres crevaient la surface grumeleuse. Mon bras me faisait mal après avoir été en contact avec la paroi brûlante du chaudron. Je me tournai vers la vieille bique. «Je suppose que ça ne dérangerait pas Odette de lécher le sol ?» Suggérai-je avec toute la candeur dont j'étais capable dans la voix, un sourire sucré étirant mes lèvres charnues.

Message III | 794 mots


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Mar 25 Jan 2022, 11:52


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Les Vilaines
La plus vilaine des sorcières

La création de potion était un art subtile et complexe, nécessitant concentration et précision. Si l'on n'était pas minutieux, un filtre d'amour pouvait facilement causer une éruption d’acné furonculeuse ; un élixir de beauté pouvait vous transformer en laideur; une potion de doux sommeil pouvait vous poussez dans les limbes des cauchemars éternels. Aussi, lorsque que la machiavélique sorcière vit le lutin s'amuser à interférer dans sa recette, son premier réflexe fut d'essayer de l'en empêcher, essayant de repousser son bras et de distribuer quelques coups de balais ; dans ses moments là, sa voix se tendait, se crispait, rendant son chant tout à fait insupportable et plus dissonant qu'au naturel. Malheureusement, en raison de son vieil âge ou tout simplement parce que le Mal l'avait trop rongé et avait enraillé ses cellules, sa dextérité n'était pas aux beaux fixes et elle se retrouvait incapable d'instaurer la discipline protocolaire de leur activité. Finalement, se rendant compte de son incapacité, la vilaine décida de rester optimiste - un comportement qui ne pouvait qu'être attribué à la joie d'avoir trouvé une apprenti digne de ce nom. Elle laissa la créativité du gnome s'exprimer. Après tout, s'il était vraiment digne d'elle, alors il ne pouvait qu'être talentueux et dans ce cas, le résultat de la potion se révélerait être extraordinaire, quoi que possiblement néfaste et imprévisible. Oui, Mertle le sentait. Dans ce petit être boiteux brillait une lueur malveillante qui la faisait jubiler : c'était comme avoir enfin trouvé son héritier !

Mertle toussota encore quelques coups avant de se retourner vers le minot, occupé à cajoler sa pipelette de citrouille - « Oh oui, juste là, c'est bon, vous savez c'est triste mais personne ne prend jamais le temps de soulager mes démangeaisons pour moi » - et grimaça en le voyant s'auto-flageller. « Qu'est ce qui t'arrive l'asticot, c'est l'excitation qui te fait tant d'effet ? » grinça-t-elle. Les propositions du môme enjouèrent la vieille bique. Elle aimait son esprit impitoyable, capable de s'en prendre aux êtres les plus innocents et les plus faibles : il avait la fibre pour devenir aussi machiavélique que la Boffin. L'idée que leurs actions remontent jusqu'aux oreilles de la royauté et lui vaille l'approbation du Sombre Chaos lui-même la fit frissonner de plaisir - ce qui, dans son cas, donnait l'impression qu'elle était prise de spasmes désynchronisés.

Lorsque le clown entra en collision avec le chaudron, l'ancienne magicienne se figea. Son masque flétrit dessina une face choquée, les yeux écarquillés, la bouche à moitié ouverte dans un cri silencieux, le nez retroussé dans un réflexe dédaigneux. « Eh ! Mais c'est pas possible d'être aussi empoté ! C'est Odette qui t'a contaminé ou bien ?! » accusa la vieille chouette en se retournant vers le lutin qui avait causé son ire. Sa jubilation contraria davantage la mauvaise humeur de la faiseuse de potions. Elle aurait préféré voir les larmes et la désolations peindre le visage bariolé de l'enfant de cirque, mais aucune once de regret ne voilait sa face. Au contraire d'Odette qui s'était déjà approchée du sol avec des chiffons pour essayer de limiter les dégâts après avoir redressé - à grande peine - le lourd chaudron. Déjà, la blonde se lamentait, se répandant en excuses pour avoir propagé sa maladresse jusqu'au digne successeur de sa belle-maman. Mertle étira un sourire mauvais, effrayant, en entendant la proposition de Grendel. Toute trace de vexation s'était envolée : ses propositions ingénieuses venaient de lui faire regagner l'affection pourrie de la sorcière. « Oui, t'as raison, morveux... » fit la vieillarde en se frottant les deux mains d'un air sournois. Odette, agenouillée, s'était figée, l'effroi déformant ses traits. « Oh non, par pitié... Je... S'il vous plait, non. » implora la pauvrette. Mais face à ses gémissements, qui sonnaient telle une douce mélodie aux oreilles insensibles, Mertle redoubla de méchanceté. Elle trottina jusqu'à côté de la blonde et d'un coup de balais asséné sur l'arrière de la tête, elle la maintint au sol. « Vas-y lèche ! LÈCHE TE DIS-JE ! C'est pas compliqué, ou même ça t'en est pas capable ?! » Sanglotant à moitié, l'esclave étira une langue terrifiée.

Pendant une seconde, où la sorcière écarquilla les yeux d'excitation, il ne se passa rien. Puis soudainement, un nuage de fumé grise éclata. Là où, quelques secondes auparavant, la silhouette d'Odette s'accroupissait, ne restait plus qu'un tas de linges d'où s'échappa un hoquet surpris, suivit d'un croassement. « Mèèèèèère... » entama une voix chantonnante. « Queeee se passe-t-iiiiiil ? » « Hein ? » répondit Mertle en penchant la tête pour constater le résultat de ses magouilles. « Qu'est ce que c'est que ce bordel ? » demanda-t-elle en se tournant vers le lutin, comme si elle attendait une réponse de sa part. Après tout, c'était l'effet de son inventivité qui s'exprimait devant eux. Au milieu des guenilles, une boule se mit à s'agiter puis, finalement, un crapaud s'extirpa du tas de vêtements. « Une grenouille ?! » s'indigna la Boffin en voyant le résultat, presque déçue. Elle s'était imaginé quelque chose de plus spectaculaire. C'est parce qu'elle n'avait pas encore remarqué les insectes et les petits rongeurs qui, déjà, cherchaient à s'agglutiner devant la magicienne et le clown.

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Mer 26 Jan 2022, 08:37

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Les vilaines
Mertle & Grendel




Les ténèbres m'entouraient. J'étais allongée sur le ventre, la tête dressée. Habituellement inconfortable, la position semblait naturelle. Ce qui l'était moins, c'était les terrifiantes voix au dessus de moi. Enfermée dans le noir, j'étais incapable de voir où j'étais et je commençais à manquer d'air. Je rampai précautionneusement. Mon corps s'accrochait au sol avant de consentir à glisser. La lenteur était devenu mon mode de fonctionnement. « Putaaaaain, mais c'est quuuuooiiii ce bordeeeel ? » Chantai-je mélodieusement au lieu de cracher mon mécontentement comme il était prévu. Peu après, l'épais ciel de tissu qui m'englobait fut arraché et j'inspirai à grandes goulées l'air ambiant, souillé par les effluves de la potion. Mes mandibules s'agitèrent pour goûter ce changement d'atmosphère. Un gros pied se posa devant moi et je hurlai de frayeur. « Noooooon ! » Aussi vite que possible, j'ordonnai à mon corps longiligne d'exécuter un demi-tour pour fuir le titan. La frayeur faisait battre mon cœur plus vite et m'empêchait de raisonner correctement. Tout ce que je voulais, c'était tirer cette longue et grasse masse d'un orange vif à l'abri. De préférence dans le creux d'une salade croquante encore humide de rosée. J'avais à peine gravis un centimètre qu'on me soulevât dans les airs. Je m'époumonai aussitôt. « Fiiicheeeeez-moi la paaiiiiix sale groooosse brruuuuuuute ! » Malmenée par de gros doigts qui agissaient sans douceur, je fus soudain au niveau du visage grêlé de Mertle. La version gigantesque était franchement terrifiante et je me fis un peu pipi dessus. Avec un peu de chance, la vieille le confondrait avec la bave. « Touuut est de votre faaaauuute ! » Scandai-je, aussi paniquée que mon corps le permettait. Je me tordis entre ses mains jusqu'à être reposée au sol. Aussitôt, je tournai en rond en me lamentant. « Qu'est-ce qu'on va faaaaaaiire ! Je ne peuuuux paaas retouuurner au Ciiiirque coooomme çaaaa ! »
Soudain, un inquiétant cliquetis de pattes résonna derrière moi en faisant vibrer le sol. Je me contorsionnai pour jeter un coup de mandibule dans cette direction et vit une araignée se précipiter sur moi, ses yeux globuleux luisant avec avidité. Muette de terreur, je me dépêchai d'avancer en m'égosillant : « Saaaauveeeez-moiiiiiiii ! Je vous eeeen priiiiie. » Une patte arrêta ma progression et je cru ma dernière heure arrivée lorsque l'araignée fut balayée dans une tornade. Je ne demandai pas mon reste et m'éloignai tandis que des cafards se lançaient dans une course avec moi, cherchant à se frotter contre mon corps collant. « Dégaaaaage ! » Excédée, je vis un second cafard puis une punaise qui grimpait sur mon dos. C'était potentiellement le pire cauchemar de toute ma vie. « A l'aaaaaaide ! » Misérablement, j'avais réduit mes mandibules et je ne bougeai plus dans l'espoir qu'on me laisse tranquille, qu'on cesse de me bousculer et de me grimper dessus. Mon corps ne répondait plus et mon esprit s'engourdissait, refusant la réalité.
Après avoir vu ma vie défiler, je me retrouvai recroquevillée au sol, couchée en chien de fusil, mes bras serrant mes jambes aussi fort que possible. Des traces de larmes séchées maculaient mes joues salies par le maquillage défait et la poussière du sol. Lentement, je dépliai mes membres et me relevai avec précaution. J'étais nue et en voyant la boule froissée de mes vêtements non loin, je me jetai dessus pour les renfiler sans me soucier qu'ils soient à l'endroit. Mon regard rencontra alors celui d'Odette, qui s'occupait de faire de même. Je lus dans ses yeux un traumatisme équivalent au mien. J'avais envie de la tuer pour qu'il n'y ait aucun témoin de cette déchéance. Entendant un bruit dans mon dos, je me retournai pour regarder la vieille. Effrayée, je reculai d'un pas. « M'approchez pas, monstre sans cœur ! Espèce de vieille folle ! » Entendre ma voix normale eut l'effet d'un coup de fouet sur mes fesses. Je bondis dans sa direction, tête baissée comme un taureau et la bousculai en la frappant en plein milieu du ventre avec le sommet de mon crâne. Que ce soit la surprise de ma réaction ou autre chose, la voie était enfin libre. Quelques foulées plus tard, je claquai la porte derrière moi en gémissant et me dépêchai de quitter cette ville de malheur.

Message IV | 740 mots


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Mer 26 Jan 2022, 10:46


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Les Vilaines
La plus vilaine des sorcières


La vieillarde n'arrivait pas à décidé quelle transformation l'horripilait le plus. Celle de sa domestique personnelle, véritable esclave et bonne à tout faire, qui s'occupait de son ménage, ses repas, ses courses et toutes ces corvées ennuyante qu'elle se plaisait à lui déléguer. Sa disparition en grenouille se révélerait embêtante, puisque la sorcière n'aurait plus de sous-fifre à envoyer au marché à sa place, et que ce serait elle que Sefus engueulerait en rentrant le soir, lorsque la maisonnée serait froide et que le repas serait amer. Mais d'un autre côté, la perte de Grendel, son si prometteur héritier, contrariait grandement la machiavélique mégère. Elle qui s'était déjà entiché du clown sournois, qui avait élaboré des plans pour l'éduquer en génie du mal et avait déjà espéré l'avoir à ses côtés pour les prochaines méchancetés dont elle serait l'autrice. La désillusion créait une déception aigrie. Ses plans tombaient à l'eau, et gangrenaient son humeur, la rendant plus maussade et grincheuse que d'habitude. « Qu'est ce que j'en sais moi, hein ? » renchérit la vieillarde lorsque la voix de l'arlequin s'éleva dans une sonorité similaire à celle d'Odette. Les sourcils froncés, Mertle s'avança du tas de linge qui avait autrefois habillé son invité. « Qu'est ce que t'es encore allé toucher sale nigaud ? T'as eu une petite faim toi aussi ? T'as pas pu t'empêcher de goûter ? » La vieille bique lâcha un râle, à mi-chemin entre le rire et le caquètement. « Faut vraiment pas avoir de neurones pour toucher à une potion avant d'avoir vu les effets sur notre cobaye. Bien fait pour toi, ça t'apprendra, à être impatient. Que ça te serve de leçon pour les prochaines fois ! » Sans grande surprise, la vilaine sorcière était partisane de l'éducation stricte et sévère. Plutôt que d'essayer de rassurer et consoler, elle appuyait là où l'égo était blessé et n'hésitais jamais à asséner un coup de balais supplémentaire.

« Mèèèère, s'il vous plaiiiit, sauvez-nouuuus... Donnez-nouuuuuus un antidoooooOOOOoooote... » implora la grenouille en bondissant au pied de sa marâtre. Cette dernière fit un pas en arrière pour éviter la magicienne, manquant de peu d'écrabouiller la limace sous sa semelle trouée. « ARRÊTE DE CRIER ! » hurla la mégère, cassant encore plus les oreilles du voisinage que les chants mélodieux des deux adolescentes. « Attentioooon, L'enfaaaant... » prévint Odette, impuissante spectatrice du fiasco qui se déroulait sous ses yeux effrayés. Mertle se retourna et constata la catastrophe qui avait été évité à un filet de bave près. Agacée, elle voûta son corps dans une plainte sonore et contrariée pour aller récupérer l'asticot qui avait semé la zizanie dans sa maisonnette. « Ma faute ? » s'offusqua la sorcière. « MA FAUTE ?! Qui s'est amusé à jeter n'importe quoi dans le chaudron au lieu de suivre les instructions du grimoires, hein ? Hein, ?! QUI CA ! BAH PAS MOI ! Et qui a renversé la potion par terre ? Toi, espèce de lutin frit ! » Rageuse, l'accusée relâcha sans délicatesse sa victime par terre. Peut-être allait-elle l'écrabouiller finalement. Quoi que... Un truc aussi orange et vif... Ca allait forcément laisser des traces sur le plancher, et sans Odette pour le récurer, Mertle n'avait pas envie de risquer ça.

Minou, qui était resté perché sur une chaise, observateur mesquin et silencieux de la scène, entra finalement en action. Avec une souplesse toute féline, il bondit au sol, son regard braqué dans la direction de la grenouille. Odette, qui avait tant eu l'habitude d'être la cible de ses griffes acérées, croassa d'inquiétude. « Gentiiil Minouuuuu, tu ne veuuux paaaaaaas me faire de MAAAAAL ! » essaya-t-elle d'apaiser l'animal. Ce dernier sembla ignorer ses paroles et, après avoir lâché un feulement peu rassurant, s'élança dans la direction de la blonde. Contre toute attente, cependant, le chat n'attaqua pas le crapaud mais chassa un gros vilain rat qui s'était infiltré par une brèche dans le mur de l'appartement. C'est à ce moment que Mertle remarqua la maré grouillante qui les encerclait. « Quoi ? Qu'est ce que c'est que - Non ! Dégagez ! Allez ouste ! Zou ! Vermines, saletés, pestilences ! » Tout en s'égosillant, la grand-mère se mit à balayer le sol pour essayer de repousser les envahisseurs, sauvant la limace non pas par bonté d'âme mais par simple instinct de survie. Ce manège dura plusieurs dizaines de secondes, Mertle manquant à plusieurs reprises d'écraser le monticule d'insectes qui s'étaient agglutinés sur le dos de Grendel, ou de donner un coup de pied dans la grenouille qui sautait en tout sens pour essayer d'échapper aux rongeurs qui venaient la renifler. Minou, au milieu de toute cette cacophonie, bondissait toutes griffes dehors, son instinct de chasseur ressortissant au grand jour.

Finalement, un autre nuage de fumé explosa de nouveau, délivrant une odeur d’œuf pourri tout à fait désagréable. « Pouah, ça pue ! » râla la vieillarde, agitant une main sous son nez pour essayer de chasser le parfum, tout en balayant le plancher devant elle de sa main libre. Lorsque le nuage se dissipa enfin et que la toux qui avait secouée la mage noire cessa, elle constata avec un mélange de satisfaction et de contrariété - la potion n'avait pas duré très longtemps, ce qui n'était jamais bon signe - que les deux animaux avaient retrouvé leurs formes originelles. La panique dans leur regard l'apaisa légèrement, lui arrachant un sourire mauvais. « Vous avez de nouveau tous vos bras ? Parfait, parce que mon plancher va pas se nettoyer tout seul, hein ! »

Pour toute réponse, elle ne récolta que les insultes d'un cœur trop fragile et les sanglots d'une âme dévastée.
972 mots
La fin.
Bouahahaha !  [Quête] - Les vilaines | Mertle 1628


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