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Bonne rentrée tout le monde hé hé

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 [IX ; X] - Dans les ténèbres, vers la voie de la Lumière | Isiode

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Scott T. Adams
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MessageSujet: [IX ; X] - Dans les ténèbres, vers la voie de la Lumière | Isiode   Mar 13 Mar 2018, 17:33


Catégorie de quête : IX. Apprentissage | X. Enseignement
Partenaire : Isiode Yüerell
Intrigue/Objectif : Toujours traumatisée par le massacre des Anges en Terre Blanche, l'état de Brethil se dégrade progressivement, autant sur le plan physique que psychologique. Isiode, en voyant sa condition, décide de planifier une session d'entraînement intensive pour lui faire réaliser qu'il faut bien plus que manier une arme pour devenir un soldat.

Plongée dans les ténèbres, prisonnière de l'étau d'une peur aveugle qui semblait dévorer sa peau collante de sueurs glacées, Brethil s'était assise comme une enfant terrifiée sur le sol froid de la petite chambre. Le dos courbé, touchant timidement le mur qui soutenait légèrement son corps raide, elle avait redressé les jambes près de son visage qu'elle enfouit au creux de ses membres frissonnants. Avec la tête ainsi penchée, dissimulée par l'étreinte sèche de ses bras maigres aux veines saillantes, sa longue chevelure d'or ressemblait à un épais rideau dont les mèches frôlaient la mince étendue de poussière qui s'accumulait sur le plancher tapissé. Ses cheveux, pourtant sales de plusieurs jours, se battaient négligemment au-dessus de son crâne en formant des épis ondulés à l'éclat terne, mais gras. Silencieuse, seul le souffle rocailleux de l'Ange se faisait entendre, saccadé par l'intervention de sanglots bruyants dont le son étouffé révélait à la fois une peine et une souffrance déchirante. Son cœur, si proche de son oreille dans cette position, frappait violemment sa poitrine en la tambourinant comme un acharné qui désirait s'expulser de la cage dans laquelle il était enfermé : c'était une sensation lugubre qui, à chaque coup percutant, la faisait trembler instinctivement. Elle serra les dents. C'était un cauchemar, un mauvais sort où rien n'était épargné par ses infâmes répercussions au gout de poison et de frayeur. Tous les jours étaient pareils, maudits de rêves sanglants qu'elle ne parvenait pas à dissocier du réel, affligés d'appréhension et d'anxiété qui la traquaient comme une ombre. Sa vie n'avait de sens que dans la crainte, que dans l'effroi qui la clouait entre les murs de cette maison champêtre. Elle ne l'entretenait plus de toute façon, s'y réfugiant avec une lâcheté immonde sans même oser en tirer les rideaux sombres qui absorbait la lumière. Seule dans une pièce qui n'était pas à elle, l'Immaculée se négligeait avec aberration. Elle se laissait ronger par la peur, par le stress, mangeant que trop peu et s'amaigrissant à une vitesse dangereuse. Peu à peu, elle rampait vers la lame de la faux que lui tendait la Mort, se détruisant à la folie meurtrière de ses émotions traîtresses. Elle allait mourir. Elle allait s'enlever la Vie à force de glisser sur cette pente qui l'entraînait au cœur d'un gouffre sans fin et sombre. Que faisait-elle encore à se lamenter? Rien. Rien du tout et pourtant, l'Ange était incapable de résister à la chute certaine qui guettait l'instant précis pour la happer dans sa gueule. Lorsqu'on cogna doucement à sa porte, la femme ne broncha pas, tirée de ses pensées obscures. « Le dîner est prêt. »

Mécaniquement, Brethil déplia ses membres engourdis et se leva en tenant une posture solide, droite. Puis, elle se dirigea vers le miroir posé sur la coiffeuse, qui renvoya son image bouleversée, faible. Par réflexe, elle grimaça devant la moue de son reflet avant d'empoigner avec fermeté une brosse à cheveux pour contrôler les tremblements de sa main blanchie. Lentement, l'Ange peigna ses mèches en bataille et les tressa minutieusement une fois s'être défaite de leurs nœuds. Ensuite, elle plongea les mains dans un sceau rempli d'eau dont elle récolta le liquide au creux de ses paumes avant de se le jeter au visage. Elle répéta son geste six fois avant de s'essuyer avec un linge blanc. Puis, d'un léger mouvement de tête, la femme se regarda de nouveau dans la glace : ses cernes n'étaient plus aussi prononcés et ses yeux rougis avaient retrouvé un semblant de leur éclat azuré. Pourtant, son expression se durcit, jusqu'à étouffer les traces d'épouvante qui y ont dansé, remplacées par une froideur sévère et un sérieux détaché. Après, l'Ange se débarrassa des vêtements sales qui l'encombraient, les troquant contre une courte tunique bleue et blanche affublée de pantalons sombres et d'une paire de botte en cuir. Une fois prête, elle quitta la chambre, enfermant à double tour son torrent d'anxiétés, de craintes et d'hésitations derrière un masque chancelant d'impassibilité. « Te voilà enfin! » s'exclama Mérédith - une jeune Immaculée souriante - en la voyant arriver. « Tout va bien? » Brethil avait les yeux plissés, grimaçant sous les rayons de l'astre du jour qui l'aveuglait. « Oui, merci. » Elle battit les paupières à plusieurs reprises, s'habituant progressivement à la clarté intense des lieux, avant de s'assoir à la table. Prenant un morceau de pain et de fromage qu'elle dévora sans enthousiasme, l'Ange termina rapidement son maigre repas. « C'était bon? » s'enquit sa colocataire d'un ton curieux, mais inquiet. « Excellent. » Le goût avait été fade en réalité, mais la femme avait besoin de survivre, quoi qu'il en coûte : elle ne voulait pas blesser son amie qui s'efforçait vainement de lui redonner quelques couleurs. Se levant de sa chaise, Brethil ramassa une gourde vide sur la tablée et son arc qui traînait non loin, posé avec son carquois sur le coin d'un mur. « Où vas-tu? » - « M'entraîner. » S'il y avait bien une chose qui pouvait lui faire oublier ses visions cauchemardesques, ses sentiments angoissants qu'elle maîtrisait à peine, c'était ça : l'entraînement physique. Épuiser son corps était son unique échappatoire, son unique lueur qui brillait au sein d'une existence sombre, où seules les ténèbres avaient emprise sur son être brisé, déchiré. Pourtant, son état était loin d'en être amélioré, toujours plus fatigué et endolori à chacun de ses départs. Mais ça ne l'importait plus, ne se souciant que de la plénitude que ses actes, de plus en plus médiocres, lui rapportaient. Et elle sortit, gardant en tête de passer près du Lac pour remplir sa gourde.

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Isiode & Isley
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MessageSujet: Re: [IX ; X] - Dans les ténèbres, vers la voie de la Lumière | Isiode   Mer 14 Mar 2018, 06:35




Dans les ténèbres, vers la voie de la Lumière

« Tu n’as pas à craindre la Vie »




« Vous voyez? C’est exactement comme je vous l'avais décrit. »

À l’approche de Mérédith, je m’éloignais du mur sur lequel je m’étais adossé, appuyant mon regard azuré sur le visage de la jeune femme aux boucles cuivrées. Elle avançait à grand pas dans ma direction, pris d’un empressement évident qui reflétait clairement son anxiété de plus en plus grandissant.

« Elle se néglige, elle mange à peine… Énumérait-elle d’un ton qui tirait, dorénavant, sur les aigus. Et elle passe ses journées à s’entraîner si elle ne reste pas enfermée dans sa chambre comme une recluse de la société. »

L’inquiétude suintait de chaque mot qu’elle prononçait et ses yeux, en accord avec l’angoisse qui peignait les traits de son faciès, renvoyaient l’appréhension et la peur qui étreignaient présentement son cœur. Cependant, de ce que j’en avais vu – et ce, sans même que la principale concernée ne m’aperçoive en retour – elle avait de bonnes raisons de s’alarmer de l’état de sa camarade. Après cette guerre, après toutes ces horreurs dont avaient été témoins mes semblables, je croisais ce genre d’expression presque quotidiennement. C’était un masque que plusieurs arboraient parce qu’ils avaient peur, parce qu’ils n’avaient pas la force nécessaire pour vivre avec un tel fardeau enchaîné à leur cheville. Ces gens, doucement, se mourraient, se brisaient, se laissaient brûler à petit feu dans le brasier de la peur et de l’isolement… Ils avaient déjà tout perdu, ils avaient déjà tout abandonné, baissant les bras face à la défaite amère que nous venions d’essuyer. Rien n’avait plus d’importance et cela se voyait honteusement au plus profond de leurs yeux, d’où leur besoin de se cacher derrière un loup aux traits diamétralement opposés à leur véritable visage. Je ne savais guère s’ils avaient conscience du mal qu’ils faisaient subir à leur corps et à leur esprit en agissant ainsi, mais ce qui était certain, c’est qu’ils finissaient toujours par tourner le dos à la vie. Ils désiraient s’en débarrasser. Pour fuir? Pour se libérer? Pourquoi, exactement, finissaient-ils par cracher sur le cadeau qu’Edel nous avait octroyé? Je ne saurais le dire, parce que cette réflexion dépassait la sphère de ma compréhension. Et c’est pourquoi, au contraire de Mérédith, dont le regard aurait troublé n’importe qui par la crainte et le désarroi qui s’en dégageait, je restais de marbre, inébranlable face à la détresse de sa compagne, ne ressentant pas du tout la même pitié qu’elle semblait accorder à l’Immaculée tourmentée.

« Si cela continue, poursuivit-elle en constatant que je ne répliquais pas, elle finira par poser un geste qu’elle regrettera. »

Lentement, je tournais mon visage en direction de la porte par laquelle l’Immaculée s’était retirée. Je revoyais encore son faux visage maquillé par la froideur et le détachement de son masque. Elle avait à peine coulé un regard à sa colocataire alors que cette dernière s’était tout le temps placée devant elle pour se faire remarquer, en vain, parce que l’Immaculée ne semblait même pas l’avoir aperçu. Prisonnière de son univers, elle ressemblait plus à une machine qu’à un véritable être vivant, son corps ne bougeant même pas par la force de sa propre volonté, mais plutôt par automatisme, par simple formalité.

« Elle s’appelle Brethil Lemingway, c’est bien cela? »

Mérédith acquiesça d’un vague signe de la tête tandis que je reprenais le fourreau de mon épée. J’avais décidé de le poser sur le mur, non loin de l’endroit où l’Ange inquiète m’avait demandé de me placer pour observer le comportement de son amie. Notre but n’avait jamais été de me cacher complètement à la vue de l’Immaculée aux cheveux blonds, mais cette dernière n’avait jamais daigné tourner son regard dans ma direction.

« Et où a-t-elle l’habitude de s’entraîner?

- Oh! Elle quitte rarement le territoire des Jardins. Vous la trouverez certainement à côté du grand pommier, là où il y a le petit boisé. Toutefois… »

L’Aile Blanche marqua une courte pause.

« Il lui arrive de faire un détour vers le Lac Bleu pour remplir sa gourde ou simplement pour… s’évader quelques instants. Tout est si paisible dans ces environs… »

Je souris. Puis, dans un mouvement solennel, j’esquissais une révérence à la belle Ange tout en lui lançant une œillade chaleureuse et cordiale.

« Merci beaucoup, Mérédith, de m’avoir accordé un peu de votre temps. Ne vous inquiétez pas. Je m’occupe de Brethil. »

Je me redressais et, avec douceur, posais la paume de ma main sur son épaule, le malaxant délicatement en signe de soutien et de détermination.

« La guerre laisse des marques et celle à laquelle nous avons survécu, au prix de milliers de vies, ne fait pas exception. »

Je me reculais d’un pas, lui tournant le dos pour me diriger vers la porte d’entrée.

« Cependant, nous ne sommes pas des Élus qui ont survécus grâce à la bénédiction des Dieux. Nous avons survécu parce que d’autres sont morts pour nous. Et cela, nous ne pouvons le gâcher. »

J’attrapais la poignée de la porte, prêt à la tourner, quand Mérédith, soudainement, commençait à trépigner sur place, mal à l'aise.

« V-Vous aussi, vous commencez à agir étrangement… Est-ce que vous vous sentez bien? »

À sa réaction, je ne pus m’empêcher de sourire, pivotant mon buste pour faire volte-face et adresser un grand sourire à l’intention de la jeune femme.

« Oui, Mérédith, oui. Ne vous en faîtes pas pour moi : c’est votre amie qui a besoin de nous. »

Je traversais le seuil de l’entrée avant de fermer la porte derrière moi. Ironiquement, Mérédith, même en n’ayant aucune connaissance de la situation, venait de marquer un point.


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Isiode YüerellIsley Yüerell
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Scott T. Adams
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MessageSujet: Re: [IX ; X] - Dans les ténèbres, vers la voie de la Lumière | Isiode   Jeu 15 Mar 2018, 00:28

Brethil s'accroupit au bord de la grande étendue azurée, fixant sa surface lisse frémir légèrement au souffle du vent. L'Ange tendit la gourde qu'elle avait accrochée à sa ceinture, posant le bec de la bouteille dans le Lac pour y récolter son eau fraîche. Une fois ceci accompli, elle referma le bouchon avant de remettre l'objet à sa place initiale, réalisant tous ses gestes de mouvements mécaniques et saccadés, sans vraiment se rendre compte de ce qu'elle entreprenait exactement. Égarée, l'Immaculée s'assit, les jambes croisées devant son corps rigide. Elle déposa ses mains sèches sur la terre collante puis, lentement, ses yeux saphir se rivèrent sur le point d'eau en contemplant son reflet trouble, sans cesse secoué par l'intangibilité du liquide bleuté. Pourtant, elle était en mesure de voir son visage impassible danser, qui la toisait d'un air sévère. Glacial, le reflet semblait la juger, crier silencieusement son mécontentement envers ce qu'il dévisageait, envers qui il adressait sa gravité froide. Dénué de pitié, il paraissait l'accuser sèchement. Dépourvu de remords ou de compréhension, il abattait un verdict cruel et désapprobateur sur elle - son propre être - dont le masque commençait peu à peu à s'effriter. Accablée par le poids de ses prunelles, par le reproche méprisant qu'elle se renvoyait, le corps de l'Ange fut parcouru de frissons. Son image était chancelante : elle se déchirait, se brisait, révélant la souffrance et la peur qu'elle dissimulait. Elle se faisait violemment arracher son armure de glace, ses mensonges faussement rassurants de ses propres mains, de ses propres doutes qui la châtiaient, qui la condamnait à un Destin funèbre. Elle s'ordonnait de lâcher prise, d'avouer la vérité qu'elle se voilait depuis si longtemps, depuis trop longtemps. À quoi bon continuer cette lutte incessante et insensée contre ses propres volontés? Son reflet était désespéré, dévoré par l'abîme noir et sans issue qui emprisonnait son âme tourmentée. Toutes ces horreurs, toutes ces morts, tous ces souvenirs : c'en était trop. Trop pour elle, trop pour supporter davantage ce fardeau sur des épaules qui s'étaient déjà affaissées. Son esprit le réclamait, il hurlait à la Mort de venir la happer de son étreinte éternelle, mais en réalité, elle était lâche d'agir de son propre chef et de rejeter tout ce qu'Edel lui avait offerte. Pourtant, l'Ange était comme hypnotisée par l'image de son visage accusateur bercé par les vagues qu'elle interprétait à sa perte, à sa chute inévitable qui faisait ployer son courage et son honneur sous des sentiments terrifiants. Elle n'avait plus rien après tout, rien de plus à croire ou à défendre au prix de sa vie, de son existence toute entière. Doucement, les larmes s'écrasèrent contre ses joues rosées, ses traits se tordirent sous les sanglots qui la secouaient et d'un geste rageur, Brethil les délogea brusquement du revers de la main avant de fermer les yeux.

L'Immaculée inspira profondément, puis expira longuement, répétant cet acte à plusieurs reprises pour apaiser le torrent incontrôlable de négativité qui l'assaillait : et à la douzième fois, son cœur reprit peu à peu un rythme normal, calmant les tambourinements qui lui avaient percuté la poitrine. Ouvrant lentement ses paupières, l'Aile Blanche rassembla les morceaux de son masque tombé, reprenant une expression neutre, détachée, et se leva en tentant de maîtriser ses tremblements. Elle secoua la terre qui s'était accrochée au tissu de ses vêtements et, réajustant son arc et la courroie de son carquois sur ses chétives épaules, elle repartit sur sa route sans oser lancer le moindre regard à la surface du Lac, rongée par la peur de s'y perdre à nouveau, sans possibilité d'un retour en arrière. D'un pas précipité, l'Ange marcha quelques minutes, sans doute plus, n'ayant plus aucun repère de temps, toujours secouée par cette vision qui s'était emparée d'elle. Néanmoins, la femme parvint à rejoindre le petit boisé dans lequel trônait le pommier habituel, ramassant de ses doigts tremblants un fruit décroché. Elle déposa le fruit sur un tronc coupé un peu plus loin, et tendit son arc en reculant, une flèche encochée sur sa corde, prête à tirer sur sa cible de fortune. Elle visa, puis relâcha son projectile qui se figea dans l'écorce d'un arbre voisin, à près d'un mètre et demi de la pomme : un tir pathétique en somme, qui ne l'avait jamais autant réjouie pourtant. C'était toujours pareil, à chaque fois qu'elle s'exerçait. Elle ne s'améliorait plus, poussée par une courte vague d'adrénaline qui l'incitait à poursuivre dans sa médiocrité, dans son manque aberrant de volonté, nourrie par une satisfaction, par une lubie de liberté qui lui permettait d'oublier ses tourments maudits. Elle continuait ainsi, encore et encore, tirant des flèches qui ne touchaient jamais leur cible, jusqu'à ce qu'elle en soit incapable de rester debout, aggravant son état fragile qu'elle condamnait à la ruine. Peut-être désirait-elle vraiment mourir, car après tout, lorsqu'il n'y avait que des ténèbres pour l'aveugler, c'était impossible d'y percevoir la lumière pour la guider.

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Isiode & Isley
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MessageSujet: Re: [IX ; X] - Dans les ténèbres, vers la voie de la Lumière | Isiode   Jeu 15 Mar 2018, 17:35

Chose surprenante qu’est la dépression, vous ne trouvez pas? Un trouble qui est capable d’altérer presque dans son intégralité le cœur et l’esprit d’une personne au point où elle en vient à déprécier son existence et à délaisser ses convictions. L’âme en détresse perd tout intérêt au plaisir, aux activités qu’elle aimait normalement pratiquer, à la vie, peut-être aussi, pour se plonger dans un désespoir et une condition des plus instables et tortueux. Elle ne devient plus qu’une pensée sans volonté, une marionnette sans marionnettiste pour la faire danser, une vie sans réelle envie d’exister. La victime n’est plus que l’ombre d’elle-même, égarée dans les profondeurs de ténèbres insondables et épaisses dans lesquelles elle ne cesse de s’enfoncer, jusqu’au jour où, complètement engluée, elle ne pourra plus jamais se désister. Cependant, cette dépression parvenait-elle, à elle seule, à changer aussi dramatiquement l’être d’un individu? Pouvions-nous, justement, considérer ces personnes comme des victimes de ce qu’on pourrait définir comme une maladie ou, au contraire, prendre pour acquis que ces gens n’avaient, au préalable, ni la force et l’assurance nécessaires pour se protéger de cette perversion de l’esprit? Peut-être étaient-ils simplement trop faibles pour supporter le poids de la vie, peut-être qu’ils n’avaient jamais eu le courage et la passion de vivre intensément celle-ci… Je me faisais sûrement l’avocat du diable en avançant ces propos, mais je suis quelqu’un de curieux qui ne laisse pas quelques sanglots ou quelques regards désespérés attendrir son esprit. La pitié ne menait qu’à un état de mollesse qui se concluait par une position d’empathie naïve et aveugle. L’Histoire est remplie d’exemples de cette espèce et nous n’étions pas obligés de remonter très loin ou de partir vers des contrées lointaines pour en avoir suffisamment entre les mains et ainsi justifier mon point. Quoi qu’il en soit, pour en revenir à mon interrogation, est-ce qu’une personne qui laissait sa vie ainsi déraper méritait vraiment d’être sauvé? Est-ce qu’une âme qui n’avait plus aucun goût à la vie, qui ne parvenait pas à tourner le dos au passé et qui ne désirait plus que les bras d’Ezechyel méritait qu’on lui tende la main en retour? Un sourire apparut sur mon visage alors que l’incompréhension et la suspicion devaient se dessiner sur le vôtre. Ne vous méprenez pas. Je fais bel et bien la différence entre une âme en détresse et faible qui désire être sauvée, et une personne qui se laisse simplement dépérir sans autre volonté que d’abandonner. La première voudrait être sortie des ténèbres dans lesquelles elle a été enfoncée. Pieds et poings liés, elle se bat pour être libérée, se bat pour la préservation de son âme et l’espoir d’embrasser une vie meilleure tandis que la seconde, même en étant blessée, ne mène aucun combat pour s’échapper et espérer, un jour, mettre fin à sa descente. Tout est dans les volontés. Constatez-le par vous-même : la résolution de l’un n’est peut-être pas similaire à celle d’un autre et ce, même si leurs discours s’assortissent et que les lueurs de leurs pupilles s’apparentent. Tout est dans les volontés, mais encore, il faut en posséder…

Je me posais la question tout en examinant, de loin, la jeune femme à la chevelure dorée. Cela faisait quelques minutes que je la jugeais ainsi, sans m’annoncer ou me découvrir. Je restais simplement là, les bras croisés, à observer ses mouvements et les tirs maladroits qu’elle décochait sur les pauvres arbres du décor qui lui faisait face. L’ayant attendu près d’une heure, elle était finalement apparue il y a une dizaine de minutes maintenant et, encore une fois, c’était comme si je n’avais jamais été là. Pourtant, je ne me cachais pas, je gardais simplement mes distances pour ne pas l’importuner, mais en voyant le peu d’attention qu’elle accordait à son entourage, j’aurais tout aussi bien pu me trouver derrière elle que la situation n’aurait pas été différente. Son monde se résumait à son arc et aux flèches qu’elle essayait de figer dans la chair de la pomme. Rien d’autre ne semblait compter...

Je me redressais lentement, esquissant des premiers pas dans sa direction. J’avais bien entendu ce que l’on m’avait dit à propos de cette Brethil, qu’elle était une Ange des plus enjouées et optimistes, mais depuis la guerre, elle s’était complètement métamorphosée. Elle qui était douce et courtoise à l’égard d’autrui ne considérait plus aujourd’hui les autres comme elle avait toujours eu l’habitude de le faire. Elle se mourrait de l’intérieur, se morfondait dans sa douleur, la maigreur de sa taille et la pâleur de son teint n’étant que des symptômes visibles de sa véritable condition. Enfin, j’étais ici pour remédier à cette situation et savoir si la jeune Ange faisait partie, fi des apparences, de la première ou de la seconde catégorie.

« Vous savez, il vaut mieux viser trop haut votre pomme et échouer votre tir que viser vos environs et réussir. »

M’arrêtant à quelques mètres de la demoiselle, je lui adressais un vague sourire avant de marquer mon introduction d’une légère révérence.

« Brethil Lemingway, est-ce exact? »

À son approbation, j’hochais de la tête avant de me présenter.

« Je m’appelle Isiode Yüerell. Enchanté de faire votre connaissance. J’ai beaucoup entendu parler de vous dernièrement, puisque l’une de vos amies s’inquiète énormément de votre état. »

En me redressant, j’émis un rire léger tout en plantant mon regard dans le sien.

« Je sais que je ne suis qu’un simple étranger pour vous, mais Mérédith aimerait que je vous parle et vous raisonne. Elle se fait beaucoup de soucis pour vous et pensait que vous écouteriez un intermédiaire plutôt qu’elle. Je ne sais pas si cela sera concluant, mais je lui ai promis que je m’occuperais de vous… Enfin en vous regardant… J’ose espérer que cela servira bel et bien à quelque chose, vous ne pensez pas? »

Je conservais un air avenant et amical, mais mes paroles, elle le sentirait certainement bien vite, deviendraient peut-être brutales.

« Je vous regarde depuis un moment déjà et avant d’aller plus loin, j’aimerais vous poser une question, si vous me le permettez, soufflais-je en penchant légèrement la tête sur le côté. Vous souciez-vous de Mérédith, Brethil? »

À l’écoute de sa réponse, je me permis de garder le silence durant quelques secondes avant de reporter mon attention sur la jeune femme.

« Alors pourquoi j’ai l’impression que vous seriez prête à l’abandonner à tout instant? »


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MessageSujet: Re: [IX ; X] - Dans les ténèbres, vers la voie de la Lumière | Isiode   Dim 18 Mar 2018, 03:34

L’Ange avait les doigts blanchis par sa prise serrée sur la corde de l’arc qu’elle tendait péniblement à son maximum. Les muscles de ses mains, de ses bras et jusqu’à ses frêles épaules avaient déjà commencé à la brûler, propageant un tiraillement vif à travers son corps qui en tremblait légèrement. Impitoyable et cruelle, cette souffrance poursuivait sa course comme du poison, rongeant l’énergie et affaiblissant l’Immaculée qui serrait fermement les dents pour résister à l’emprise maudite de ces sensations atroces. Dévorée par son manque de force, accablée par la résistance qu’elle ne possédait plus, la femme luttait vainement contre les conséquences prévisibles de sa négligence, contre les limites que son être désormais faible était incapable de franchir. Elle ne faisait qu’accélérer l’instant fatidique, le moment où son esprit se briserait, qu’il romprait ses liens de fer avec une Vie à présent nue de sens qui la châtiait, encore et encore. Frappée par des souvenirs monstrueux, frappée par des cauchemars horribles qui la privait de sommeil, qui lui arrachait le bonheur de profiter de ce qu’elle chérissait, l’archère ployait sous le poids de sa propre existence et de la culpabilité qu’elle n’était jamais parvenue à se pardonner. Rien n’était pourtant dû à son fait, rien n’était pourtant une faute qu’elle avait commise, mais elle demeurait perdue, égarée dans un abysse sombre qui la détenait – pieds et poings liés – dans une noirceur insoutenable. Elle se condamnait, semblable à une pauvre âme désespérée qui se lacérait sans cesse la peau avec un couteau aiguisé, guettant l’arrivée de la Mort à ses côtés. Les moyens qu’elle employait étaient certes bien différents à de nombreux égards, mais sa chute était vouée à se terminer dans l’étreinte froide d’Ezechyel. Peu importe comment elle percevait sa réalité, peu importe comment elle considérait son déchirement comme une libération, une échappatoire provenant de la sueur qui lui coulait sur le front, l’Ange se précipitait vers une fin certaine, vers un Destin funèbre qu’elle accueillait presque à bras ouverts. Pourtant, inconsciente de ses propres maux, de son propre désespoir suicidaire, elle insistait à tirer des flèches, à manquer volontairement sa cible s’il le fallait, rien que pour apaiser ses tourments lourds, ses peines accablantes, s’offrant faussement goût à des émotions fraîches et rassurantes dans un cœur qui était inlassablement troublé. Alors que la façade de Brethil s’effritait, se brisait, une voix s’éleva en émettant un conseil qui l’immobilisa complètement. Elle n’était guère surprise, mais terrifiée qu’un individu puisse la voir ainsi : fragile, vulnérable. L’Ange inspira profondément, recomposant peu à peu les pièces de son armure de glace avant de se retourner, lentement, pour faire face à l’homme qui s’était arrêté. « Sans doute. » murmura-t-elle seulement en guise de réponse. Tout en abaissant son arc, elle se mit à dévisager celui qui s’était présenté à elle. Grand, il avait de courts cheveux immaculés, aux iris céruléens dont les éclats brillants s’effacèrent un instant durant sa légère révérence. Lorsqu’il s’enquit sur son identité, la femme approuva son interrogation d’un hochement de tête, écoutant ses mots d’un respect tranquille, entièrement muette. Une amie. La chose n’eut guère besoin de se faire retourner dans tous les sens que l’Ange devinait qu’il s’agissait de Mérédith. Elle était la seule après tout – avec son mari – qui pouvait vraiment témoigner sur l’état aggravant de leur colocataire. L’Immaculée souriante n’avait jamais tenté de cacher son inquiétude à l’encontre de son amie aux cheveux dorés non plus, en dépit de tous les mots que Brethil lui avait pourtant proféré pour endormir ses doutes et ses anxiétés. Visiblement, l’archère avait sous-estimé la ténacité de sa partenaire qui, malgré les apparences polies, était bien décidée à l’aider, quoi qu’il lui en coûte.

Isiode… Avait-elle déjà entendu ce prénom de la bouche de sa colocataire? L’Aile Blanche était persuadée que non, mais il était tout à fait possible qu'elle ne s'en souvienne plus, tout simplement. Et malgré tout, la jeune femme était incapable de maîtriser sa nervosité. Elle ne remettait pas en doute ses bonnes volontés, loin de là, mais elle ne savait tout simplement pas à quoi s’attendre de sa part, et cette ignorance la rongeait de doutes, d’hésitations. Devait-elle le laisser entreprendre la demande de Mérédith? Après tout, il semblait optimiste de réussir là où son amie avait échoué, mais la question demeurait pourquoi ou plutôt, qu’est-ce qui convainquait l’Immaculée de penser que c’était bel et bien le cas? « J’apprécie votre considération, mais je peux vous assurer que je travaille déjà sur ma condition. » Elle en était sincèrement convaincue. « Notre situation… n’est juste pas facile à digérer. » Ce n’était pas réellement un mensonge, mais plutôt un euphémisme qui adoucissait le visage d’une réalité bien plus noire, plus cruelle, plus horrible : sa réalité. Mais l’Ange tenait à conserver ses faux-semblants, son masque de glace et d’impassibilité. Pourtant, ses mains avaient commencé à trembler à la seule évocation indirecte du massacre en Terre Blanche, serrant ses doigts autour du bois de l’arc pour les dissimuler tout au mieux, car elle n’y possédait aucun contrôle. C’était toujours préférable de cacher ce qu’on était incapable d'abattre, non? « Je vous en prie. » dit-elle à sa demande. Néanmoins, la question la prit de court, brisant pendant une brève seconde son calme apparent au profit du choc et de la déstabilisation. « Bien sûr que si ! Elle est une… » L’Immaculée se reprit. « Elle est ma meilleure amie. » Elle s’était corrigée juste à temps pour ne pas dire « une des seules amies qui me restent ». Elle n’aurait pas été en mesure de conserver sa façade autrement. La suite des paroles d’Isiode la bouleversa, mais d’une manière à laquelle elle n’était pas véritablement préparée. Baissant légèrement les yeux au sol, la femme inspira profondément en tentant désespérément de maintenir son image, de surplomber le torrent d’émotions que ces simples mots avaient éveillés en elle : des émotions auxquelles elle refusait la liberté. Par peur. Par crainte. Par angoisse de perdre les derniers morceaux d’une âme qu’elle gardait si péniblement en place. C’était tout ce qui lui restait, tout ce qui faisait d’elle ce qu’elle était, ce qu’elle représentait. Si ce masque se brisait… Si cette armure se pourfendait… Qui deviendrait-elle? « C’est faux. » chuchota-t-elle d’un souffle timide, fragile. « C’est faux. » réaffirma-t-elle d’un ton plus dur, plus convaincu, en relevant la tête. Essayait-elle de persuader Isiode ou sa propre conscience? Elle n’en savait plus rien, mais tout ceci sonnait faux. Artificiel. « Je n’ai pas abandonné. Je lutte toujours. » Elle présenta son arc, comme si cela était une preuve irréfutable, mais pour combien de temps encore? « Et je m’en sortirais. » Elle n’était toujours pas sortie de ses propres Enfers.

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MessageSujet: Re: [IX ; X] - Dans les ténèbres, vers la voie de la Lumière | Isiode   Ven 23 Mar 2018, 14:36

« C’est faux », laissa-t-elle tomber une première fois, le regard rivé sur la pointe de ses bottes.

Vraiment? Était-elle si peu sûre de sa réponse qu’elle n’osait même pas redresser la tête pour prouver son point et me l’assurer en me fixant dans le blanc des yeux? Je braquais mon regard dans sa direction, jaugeant le brin de femme qu’elle était. Elle ne semblait pas avoir l’étoffe d’une guerrière, ni même d’une combattante en général, mais l’adage voulait nous faire comprendre que les premières impressions n’étaient pas toujours les bonnes et c’est pourquoi il ne fallait pas juger un livre par sa reliure. Cependant, tout ce que je lisais en elle, malgré les apparences, n’était que le récit d’une petite fille effrayée dont les pensées se disséminaient à travers mille et une appréhensions. Elle n’avait peut-être pas l’allure d’une enfant, mais elle en avait l’esprit, les doutes, les craintes et les tourments. Muet, je lui laissais néanmoins le bénéfice du doute. Peut-être m’avançais-je trop rapidement en conclusions hâtives; peut-être que l’anxiété de la belle Mérédith avait finalement déteint sur ma façon de mener à bien cette mission, mais le fait est que je parvenais à voir au travers les défauts de son masque. Elle le maintenait sur son visage, certes, mais des fissures créaient des difformités dans sa couverture, exposant une partie de son être qui reculait toujours dans l’ombre du masque, persuadé d’y être caché, d’y être invisible et imperceptible, et dans de telles circonstances, je préférais encore garder le silence, dans l’attente d’une justification plus poussée que cette simple infirmation. Cependant, au lieu de cela, elle répéta simplement ces deux syllabes d’une inflexion plus tonnante et déterminée. Un léger rictus se dessina sur le coin de mes lèvres. Au moins, je pouvais donner la qualité à ses propos d’avoir été prononcés d’une manière un peu plus assurée.

« Je vois. »

Mais la jeune femme ne semblait pas en avoir fini avec son argumentation, tendant son arc vers l’avant comme pour me démontrer qu’elle n’avait aucunement baissé les bras. Elle se battait toujours, me disait son geste. Elle continuait de lutter malgré l’échec, malgré la guerre, malgré les souffrances et les peines. Comme elle l’avait si bien dit, notre situation n’était pas facile à digérer. Toutefois, il y avait toujours moyen de déloger la boule qui nous coinçait la gorge et elle m’assurait qu’elle parviendrait à s’en sortir par elle-même, à passer au travers cette mauvaise période… par l’intermédiaire des armes? Du défoulement? Du détachement? Son geste pouvait bien dire ce qu’il voulait, mais la véritable volonté derrière celui-ci, était-elle semblable à la symbolique par laquelle elle voulait me persuader de son « vouloir-vivre? » Encore une fois, je conservais le silence, mais un sourire, de plus en plus grand, s’étirait sur la commissure de mes lèvres. Vous allez me prendre pour un vieux grincheux railleur, mais je n’avais qu’une seule réplique à lui offrir après une telle plaidoirie :

« Vraiment? »

Je penchais ma tête sur le côté.

« Qui essayez-vous de convaincre, dame Lemingway? Qu’avez-vous peur de me montrer? »

Doucement, je réitérais les mouvements de l’archère après avoir dégainé mon épée de son fourreau pour la lui présenter. Le dos droit, le regard fixe, je me tenais face à l’Immaculée à la manière d’un soldat : statique et immobile. Seul le rictus que l’on pouvait deviner sur mon visage effaçait toute la crédibilité du sérieux de mon interprétation.

« Moi aussi je peux très bien le faire, vous voyez? »

Je baissais mon bras, sans pour autant rengainer mon arme.

« Mais vous, Brethil, avez-vous suffisamment de volonté pour continuer de lutter? »

J’esquissais un pas dans sa direction.

« Je ne vous connais peut-être pas aussi bien que Mérédith, certes, mais c’est aussi pour cela qu’elle m’a demandé de vous aider, parce qu’elle sait que je ne serais ni attaché ni attendri par vos petits discours de martyr esseulé, murmurais-je en continuant d’avancer, mon sourire s’étant rapidement et définitivement mué en une sorte de grimace méprisante et dure. De quoi avez-vous peur, Brethil? De l’échec? De la faiblesse? Du Destin ou bien de la Mort? »

À quelques pas de sa position, je m’arrêtais brusquement, suspendant ma progression dans un piétinement.

« Non… Après tout, c’est ce que vous voulez, pas vrai? Embrasser Ezechyel, vous laissez tomber. »

J’avais accentué ces dires d’un ton de reproche et de critique, comme si je me sentais personnellement trahi par ce que je voyais en elle. Brethil semblait être intelligente, suffisamment pour percevoir par elle-même dans quelle descente elle se laissait entraîner. Pourtant, elle ne levait même pas le petit doigt pour s’arrêter, se retourner et remonter la pente. J’avais le sentiment qu’elle avait conscience de sa chute, mais qu’au fond, elle se laissait porter plus bas, toujours plus bas, sans même se défendre ou résister. Franchement… Elle avait beau me montrer son arc, mais l’utilisait-elle simplement pour se convaincre qu’elle continuait de lutter?

« Si vous croyez que vous battre se résume à tirer des flèches, vous vous tromper : il y a une marge entre l’action et la volonté, dis-je en la dévisageant. Vous ne pensez qu’à vous, n’est-ce pas Brethil? Pas à Mérédith, pas à tous ces gens qui ont perdu la vie et qui auraient aimé pouvoir en profiter plus longtemps… Avez-vous seulement songé à ces derniers? Ils sont morts à présent alors que vous, vous vivez, vous respirez, vous entendez votre cœur battre au fond de votre poitrine. Et pourtant, et pourtant… »

Je marquais une pause sans daigner lui faire part de ma pensée. Le céruléen de mon regard se fit soudainement plus sévère et glacial.

« Vous vous mentez. Vous vous cachez. Est-ce ainsi que vous voulez continuer de vous « battre? » En prétendant vivre? »

Une fois de plus, j’amenais mon épée devant moi, plantant mes iris dans les prunelles azurées de la jeune femme alors qu'un sourire réapparaissait sur mon faciès.

« Prouvez-le moi, Brethil. Prouvez-moi que j'ai tort. »

Après tout, je préférais m'énerver dans l'erreur plutôt que de constater que j'avais raison.


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MessageSujet: Re: [IX ; X] - Dans les ténèbres, vers la voie de la Lumière | Isiode   Mer 23 Mai 2018, 02:26

Les yeux de l’Ange étaient rivés sur la pointe de l’épée qu’Isiode avait dégainé. Le corps droit et la tête légèrement relevée, Brethil semblait défier le regard céruléen de l’Ange dont les reflets miroitaient sur le métal de sa lame. Peu à peu, la jeune femme recomposait les pièces de son masque immuable, tentant farouchement de résister au poids des mots de son interlocuteur qui les maniaient comme des marteaux de guerre. Chaque parole qui s’extirpait de la commissure de ses lèvres souriantes la faisaient chanceler. Ses craintes étaient peut-être dissimulées derrière un visage qui paraissait impassible, mais en vérité, l’Okan était terrifiée. Le soldat exposait un à un, d’une voix calme et limpide, les désirs peu orthodoxes qu’elle possédait à l’égard de la Faucheuse. Il la dévorait comme un livre ouvert en faisant voler ses pages, récitant l’histoire pathétique qui se dévoilait sous ses yeux sévères. Sa voix adoptait de plus en plus le ton sec d’un reproche dont les mots claquaient violement contre l’esprit troublé de la blonde, laissée à la merci de la morsure vénéneuse de ses paroles, entièrement impuissante face à ces dernières. Que craignait-elle? En réalité, il y avait tant de choses qui terrorisaient son esprit que l’Immaculée ne savait même pas quoi répondre aux dires de cet homme. Entre les cauchemars où elle périssait de la main d’un Diable et les souvenirs des Terres Blanches mises à feu et à sang sous une pile de carcasses, Brethil n’avait désormais que le désespoir pour lui tenir compagnie. Il était le poison qui corrompait son âme, qui la poursuivait comme une ombre sale et répugnante, sans qu’elle n’ait les justes moyens de s’en libérer et de briser ses chaînes infernales.

Elle était captive de son influence putride qui jouait avec les restes de lucidité qu’elle était parvenue à conserver au sein de son esprit consumé impitoyablement par la frayeur et le vide. L’Aile Blanche n’était que le pantin d’une intuition ravagée par la hantise sans espoir de leur avenir écrit dans le sang d’un génocide. De ce fait, Brethil était tentée d’accuser le Destin comme sa seule source de tourments, tel qu’Isiode l’avait si sèchement nommé. La jeune femme était loin d’être stupide : au fond de sa propre conscience, elle connait la Vérité parmi les mensonges qu’elle proférait – à elle aussi bien qu’aux autres. Elle pouvait presque apercevoir les mains d’Oni la pousser vers un précipice miséreux auquel elle semblait désirer se jeter à pieds joints en dépit de tous les regrets et des lâchetés qui torturaient sa conscience dans l’Au-Delà. Mais qu’avait-elle de plus à perdre à part tenter d’oublier? D’oublier ses peurs, d’oublier ses mauvais rêves et d’oublier ses souffrances qui sillonnaient les cicatrices recouvrant son corps brisé? Elle était fatiguée de mener une lutte contre l’inévitable, contre les calamités d’une existence qui se bâtissait à présent dans l’appréhension et la peur, et pourtant, elle désirait sincèrement pouvoir posséder la force de le nier. De nier ce que semblait leur réserver la Destinée, de crier contre cet inséparable désespoir qui la tirait vers les abysses du gouffre, mais en réalité, elle en était incapable. Sa funèbre partenaire qu’était l’affliction la suivait depuis si longtemps qu’elle en avait atteint le point où elle avait fini par l’accepter telle qu’elle était et malgré tout, l’Ange refusait de regarder son vrai visage. Peut-être craignait-elle d’y voir sa propre lâcheté, peut-être avait-elle honte de se prétendre prophète d’un futur qui lui était voilé, mais il était trop tard pour reculer sur la route épineuse qu’elle avait emprunté.

C’est pourquoi l’Okan se forçait à garder la tête haute malgré tout, à se montrer inébranlable et sereine bien que tout ce numéro ne soit rien de moins qu’un aberrant tissu de mensonges. Elle détournait volontairement les yeux de sa nature infâme, car en vérité, la seule idée de perdre le peu qu’elle avait à nouveau la terrorisait à bien plus d’égard que le châtiment de la Mort elle-même : au contraire, l’Ange voyait dans l’étreinte d’Ezechyel un certain… salut qui la protégerait des maux à venir, des maux qu’elle s’était persuadée d’obtenir. Elle était une lâche, certes. Elle aurait pu aisément accorder ce point à Isiode si elle avait daigné se l’admettre. Néanmoins, l’Immaculée était si accaparée au cœur de sa pitoyable mascarade que la pensée ne l’avait même pas effleurée. « Il y a trop de choses à craindre en ces temps sombres et forcément, je ne fais pas exception à la généralité. » commença l’Aile Blanche d’un ton qui se voulait intransigeant. Néanmoins, sa voix n’était pas aussi confiante qu’elle voulait le laisser entendre, mais c’était à peine si elle s’en rendait compte elle-même. « Je lutte comme je peux, comme nous tous, face aux souvenirs de cette tragédie. » Ses doigts se serrèrent sur la prise de son arc. « J’admets ne pas posséder une force remarquable, mais je tente de me montrer vaillante pour redonner l’Espérance à tous ceux qui me laisse indifférente selon ce que vous prétendez. » Les morts ne reviendraient jamais parmi eux, aussi cruelle que soit la vérité. Il n’y avait que pour les vivants qu’elle pouvait encore se battre, et Mérédith était une personne auquel elle était particulièrement attachée. Elle s’était toujours souciée d’elle et c’est pourquoi l’Ange refusait de montrer un quelconque signe de faiblesse pour éviter de l’inquiéter.

« C’est pour eux que je dresse mon arc et que je tire mes flèches chaque jour : pour prouver ma volonté à poursuivre ma vie, mon combat, malgré l’adversité. » Mais que combattait-elle exactement? Ses peurs? Ses incertitudes? Le Mal? Elle n’arrivait même pas à formuler une réponse car, inconsciemment, l’Okan savait qu’elle n’avait rien. « Vous croyez que je crains le Destin? Vous avez raison. » L’Immaculée esquissa un geste vers le Lac Bleu, vers l’environnement qui les entourait. « Voyez ce qu’il nous a donné : il nous a enlevé notre famille, nos amis, nos proches et malgré tout, il ne s’est pas arrêté là. Il nous a également dérobé nos Terres et permis aux Démons d’esclavager nos semblables quand ils daignent les épargner… Celui qui ne le craint pas après tout cela ne serait qu’un imbécile. » Même si son visage demeurait en apparence serein, sa voix avait commencé à trembler. Mais en dépit de la tempête d’émotions qui l’assaillaient impitoyablement, l’Ange parvint à trouver le courage d’avancer d’un pas dans la direction de son interlocuteur tout en gardant la tête haute. « Pourtant, je n’ai pas encore abandonné. Je ne me cache de rien et je… » Ne mens pas? Bien qu’elle tentait désespérément de se convaincre de cette réalité mensongère, Brethil fut incapable de compléter ses mots. Peu à peu, la jeune femme commençait à exposer ses failles, à dévoiler le visage d’un pauvre être prisonnier de sa propre utopie. « Si vous souhaitez obtenir une preuve du bon fondement de mes mots, qu’il en soit ainsi. » poursuivit-elle d’un ton sec, tranchant, empressée de combler le silence que son interruption avait créé. « Si ça ne vous pose aucun problème, je souhaiterais vous défiez à un combat amical. De cette manière, je parviendrais sans doute à vous montrer l’ampleur des progrès que j’ai réussi à réaliser en m’entraînant et que ma parole est sincère. » En parlant, elle tentait de faire abstraction aux élancements qui parcouraient ses muscles en serrant discrètement les poings. « Acceptez-vous ma proposition? »

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MessageSujet: Re: [IX ; X] - Dans les ténèbres, vers la voie de la Lumière | Isiode   Sam 26 Mai 2018, 03:39

Je l’écoutais sans y croire, mais je l’écoutais néanmoins, les paroles qu’elle me partageait n’étant pas complètement dénuées de raison et de vérité, même si Brethil tenait mordicus à conserver tous les mensonges derrière lesquels elle se cachait.

« Lutter contre le Passé, contre ce qui ne peut être altéré… » Murmurais-je pour moi-même alors même que Brethil poursuivait son monologue, bien décidée à me convaincre de sa bonne foi, de son implacable volonté, enveloppée dans une angoisse lancinante qui subtilisait les traits d’une ténacité aussi factice que fragile.

À une époque, la voir ainsi se débattre contre les eaux de ses propres tourments m’aurait troublé. Mais ces yeux ont vu tant de désespoir dans leur vie, tant de visages lumineux qui se sont, du jour au lendemain, mués en grimace de souffrance et en ridules de peine, qu’ils ont préféré se refermer à ces visions de douleur et d’abandon. Maintenant, j’écoutais plus que ce que je regardais et si, en apparence, je voyais une jeune femme se débattre du mieux qu’elle le pouvait, la tête haute, les épaules qui se voulaient plus ou moins droites malgré la pression exercée par ses craintes et l’indicible terreur qui la poussait toujours plus vers le bas, j’entendais pourtant tous les mensonges qui violaient ses lèvres et qu’elle n’avait aucune pitié à me jeter à la figure, comme des flèches qu’elle s’empressait de me tirer pour me forcer à détourner le regard de sa véritable condition. De peur que je vois à travers ses masques? De peur que je la découvre nue de toutes ses simagrées? De peur que j’aperçois son véritable visage derrière ce ridicule déguisement? C’était pourtant, en partie, déjà fait. À cette pensée, le sourire que j’avais brièvement perdu réapparut sur mon faciès, modelant ainsi un rictus plus condescendant que moqueur au coin de mes lèvres. Cela étant dit, il s’élargit subitement lorsque l’Immaculée me proposa un affrontement dans l’optique de prouver mon erreur… Espérait-elle ainsi que le mensonge qu’elle ne cessait d’alimenter par cette mascarade et ces tromperies allait devenir réalité? Sûrement, mais nous connaissions tous les deux les aboutissants de ce duel et ce, même si elle ne désirait pas s’en convaincre. Elle se laissait entraîner dans une valse désespérée, une valse qu’elle n’avait peut-être pas commencée, mais de laquelle elle ne désirait plus s’échapper. Les bras de la Mort l’attirait-elle autant que je le croyais? Se laissait-elle chuter sans même songer à s’envoler? J’en étais persuadé. Cependant, c’était comme si un infime fragment de ma conscience souhaitait croire le contraire et espérait qu’elle ne soit pas aussi… faible. Pas faible de corps, ni même d’esprit, simplement… la faiblesse nous frappait bien souvent lorsque tout Espoir était perdu.

Cela étant dit, à la suite de sa proposition, je me permis de conserver le silence durant une poignée de secondes, continuant de l’analyser de la tête jusqu’aux pieds avant de braquer mes yeux azurés dans le vert lapis de son regard.

« Avant toute chose, dame Lemingway, je vous prierai de ne pas placer de mots dans ma bouche : je n’ai jamais dit que vous étiez indifférente au sort de vos compagnons, mais que vous étiez égoïste. Au contraire d’un indifférent, vous êtes sensible à ce qui vous entoure et à ceux qui vous sont proches : vous avez un cœur et je peux sentir à quel point il vous fait souffrir en ce moment. Et c’est à cause de son mal que vous faîtes cela, que vous ne pouvez pas vous empêcher d’être égoïste et de ne penser qu’à vous… Vous dîtes vous battre pour autrui, vous dîtes « tenter de vous montrez vaillante pour redonner l’Espérance… » À qui voulez-vous faire croire une telle fable? »

Lentement, je coulais un regard sur le fil de ma lame, fixant cette dernière d’un air pensif.

« Parce que vous voulez savoir ce que je vois quand je vous observe, ce que j’entends quand je vous écoute? Mensonge. Illusion. Comédie. Quoi que… Cela n’a vraiment rien d’amusant lorsque l’on sait de quoi il en tient réellement. »

Puis, relevant la tête pour fixer son visage, je m’approchais de sa position en un bond qui se voulait vif et imprévisible, levant mon épée au-dessus de ma tête dans la ferme intention de l’abattre sur la jeune femme.

« Surtout lorsque l’on sait que la personne qui se tient devant nous n’a plus aucune once d’Espoir en elle. Comment espérez-vous la communiquer aux autres quand vous ne possédez plus vous-même sa Lumière? »

Je la regardais, implacable, mes mains et mes bras tremblant à peine malgré ce que je m’apprêtais à faire.

« Le Destin, si vous le voulez, peut rester tel qu’il est. C’est pourquoi cela ne servirait strictement à rien de me montrer vos supposés « progrès. » Vous avez déjà abandonné le combat. Il serait stupide de continuer de lutter, n’est-ce pas? »

Et, sans crier gare, je fis tomber la lame de mon épée sur l’Ange.


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MessageSujet: Re: [IX ; X] - Dans les ténèbres, vers la voie de la Lumière | Isiode   Mer 27 Juin 2018, 13:02


Brethil détourna furtivement les yeux du regard d’Isiode en serrant les dents. Les paroles qu’il lui avait craché à la figure vibraient encore dans son crâne. Elles s’y répétaient sans cesse, aussi distinctes que la première fois où il les avait prononcées, en prenant des notes lugubres, inquiétantes, qui la faisaient flancher. Pourtant, l’Okan tentait désespérément de masquer son trouble, consciente de la vérité que contenait les mots de son interlocuteur. Il n’avait pas hésité à frapper dans l’une de ses failles, à exposer le mensonge à la lumière du jour, là où il était certain que ça ferait le plus mal. Au fond d’elle-même, la jeune Ange savait que le soldat avait raison. Elle le savait et en dépit de tout, elle s’entêtait à nier l’existence de ses propres torts, de ses propres Péchés, au point d’en corrompre les mots de son semblable pour apaiser les cris de sa conscience. Elle entendait que ce qu’elle désirait entendre. Elle voyait que ce qui avait le mérite de satisfaire sa vision des choses, sans aucun égard à ce qui était vrai ou à ce qui était faux. Son esprit tanguait entre la comédie et le réel, entre le tangible et les illusions qui la fourvoyaient. Elle possédait de la volonté, certes, mais de la volonté à continuer un petit jeu où elle était la seule perdante, où les règles lui avaient échappée depuis bien longtemps. L’Immaculée ne s’accrochait à rien si ce n’était que du vent, que du vide, et pourtant, elle refusait de laisser tomber les pièces de son masque. Elle n’était pas parvenue à tromper Isiode. C’était un fait, et par conséquent, ses façades étaient devenues inutiles et désuètes. L’Ange ignorait elle-même les raisons qui l’incitaient à poursuivre une lutte aussi insensée. Cela ne la mènerait à rien. C’était la seule chose qu’elle saisissait avec clarté, comme si une petite voix intérieure lui avait soudainement murmuré une réalisation qu’elle avait toujours choisi d’ignorer. Néanmoins, que ce soit par fierté ou par crainte de ce qu’elle était désormais, la jeune femme était encore loin d’admettre volontairement ses torts. Isiode avait raison : elle n’était qu’une égoïste, doublé en plus d’une hypocrite. Elle n’avait personne. Elle n’avait aucun auditoire à convaincre de sa Bienveillance, de son soi-disant Espoir, si elle n’y croyait pas elle-même. Il n’y avait personne, excepté ses propres regrets et sa conscience fragile qui ne savait plus à quoi se raccrocher, qui avait perdu la volonté de se sauver.

Toute cette mascarade n'avait, en vérité, que le but de combler le trou créé par ses tourments et malgré tout, l’Okan n’arrivait pas à ensevelir quoi que ce soit, aveuglant ses yeux à son véritable reflet. Le pouvoir du désespoir était réellement remarquable : il possédait le don de pousser les hommes à leur dernier retranchement. Et comme tout être désespéré, Brethil luttait pour échapper au précipice qui se dessinait sous la plante de ses pieds. Et comme tout être désespéré, elle ne réalisait pas encore qu’elle était déjà tombée. « Les maux du cœur sont les plus difficiles à soigner. » Elle avait chuchoté ces mots d’une voix si douce qu’il était possible qu’Isiode ne les ait pas entendus. « Vous ne croyez pas en ma bonne foi, certes, mais j’essaie sincèrement de me montrer forte. Pour nous tous. Ce que je ressens à très peu d’importance au final. » C’était faux. Elle était là, la source du problème. L’Okan s’accordait si peu de mérite qu’elle était presque indifférente à l’idée de se perdre entre les bras de l'Æther de la Mort. Que pouvait bien représenter son existence parmi tant d’âmes brisées à soigner? Peu. Trop peu pour qu’elle ose s’extirper de son gouffre, trop peu pour la convaincre d’affronter le réel en pleine face. Tout finissait par revenir sur elle au bout des choses. Inlassablement, indéniablement. Ainsi, lorsque ses yeux se rivèrent sur le soldat qui levait son épée, son corps se raidit. Avait-elle peur ou, à l’inverse, se préparait-elle à l’inévitable? C’était difficile à affirmer, même pour sa part, mais quoi qu'il en fusse vraiment, sa main se mit instinctivement à glisser vers le sac à kunai suspendu à sa ceinture. Depuis les événements des Terres Blanches, cet objet ne la quittait plus.

« Parfois, le mensonge est plus rassurant que la vérité. Je ne parviendrais sans doute jamais à vous convaincre de mes bonnes intentions, je le conçois, mais je tiens à vous dire que je crois, au contraire, que le Destin peut être changer. C’est pourquoi je tends les armes, car je veux à tout prix éviter que son tracé nous mène vers un avenir plus sinistre que ce que nous vivions actuellement. » Marquant une courte pause, les prunelles céruléennes de l’Aile Blanche s’ancrèrent sur la lame qu'Isiode tendait au-dessus de sa tête. Les pieds de l’Ange bougèrent lentement, se préparant d’avance à esquiver le coup de l’arme. « Je le regrette, mais vous vous trompez sur mon compte. » Sans crier gare, l’homme abattit son épée sur la femme qui bondit vers l’arrière pour éviter le tranchant de la lame. D’un geste vif, elle empoigna un kunai qu’elle lança vers la jambe de l’Ange. Elle tentait de ralentir l’intervalle entre sa première offensive et la seconde qui, elle le savait, n’aurait pas tardé à arriver. Aussi, l’Okan avait volontairement visé sa cuisse pour limiter l’ampleur des blessures qu’elle serait suceptible de causer, gardant à l’esprit quel type de combat ils menaient tous les deux. Si la magie des Larmes des Cieux leur permettait de soigner toutes les blessures qu’ils s’infligeraient, on n’était jamais trop prudent. L’Immaculée saisit deux autres kunais, tenant chacun d’entre eux dans l’une de ses mains, avant d’adopter une posture défensive.

Elle n’avait plus peur. Elle était prête.

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MessageSujet: Re: [IX ; X] - Dans les ténèbres, vers la voie de la Lumière | Isiode   Dim 08 Juil 2018, 20:26

Promptement, l’Immaculée esquissa quelques pas adroits vers l’arrière, esquivant sans peine le fil aiguisé de Bellum lorsque cette dernière s’abattit à l’endroit exact où elle s’était tenue quelques secondes auparavant. Cela étant dit, j’avais supposé qu’elle éviterait ce premier assaut envoyé de front et c’est pourquoi je n’avais pas mis toute ma force dans cette attaque, conscient qu’il faudrait me rééquilibrer et me redresser rapidement pour amorcer le prochain mouvement. Cependant, je ne m’étais pas attendu à une offensive si hâtive de la part de Brethil, voyant subitement dans mon champ de vision le projectile qu’elle venait de tirer dans ma direction avec une vitesse et un axe précis. Si j’avais pu écarter ma jambe dès l’instant où j’avais pris connaissance de la contrattaque orchestrée par l’Immaculée, je n’en fis rien sur le moment, laissant la pointe du kunai performer ma peau et pénétrer dans ma cuisse. Immédiatement, une douleur aigue explosa dans l’intégralité de ma jambe, cette dernière flanchant subitement au contact de la douleur. Emporté par cette dernière, je tombais à genou par terre, m’aidant de mon épée pour ne pas complètement chuter en la plantant dans le sol afin de me soutenir. Bellum dans une main, apposant ma seconde paume sur la blessure ouverte par le kunai, j’usais bien rapidement de la magie angélique pour refermer petit à petit la plaie, retirant, dans le même temps, le projectile que j’attachais à ma ceinture. Un frisson couru sur l’ensemble de ma colonne vertébrale tandis que la douleur, vive et brûlante au début, s’apaisa au fur et à mesure que la magie salvatrice accomplissait son usage. Enfin, après quelques secondes durement vécues, à sentir mon épiderme se reconstituer, ma peau s’étirer afin de refermer la blessure, un doux soulagement détendit finalement la tension de mon corps, me permettant ainsi de me relever avec précaution. Cependant, une fois debout, je sentis que ma jambe était légèrement engourdie, encore fourmillante de l’attaque dont elle a été la victime. Toutefois, je savais que la sensation passerait relativement rapidement, dès que je m’engagerais définitivement dans le duel et que mes veines pulseraient l’adrénaline qui s’imprégnerait dans mon sang.

« Donc vous avez véritablement une motivation pour continuer notre combat… Est-ce bien cela? »

Je retirais vivement ma lame du sol dans lequel je l’avais piqué, tournant mon buste en direction de l’Aile Blanche tout en levant Bellum à la hauteur de mes hanches. Prenant solidement appui sur mes jambes légèrement fléchies, je braquais mes iris céruléennes dans le vert océan de ses yeux, bien décidé à ne pas la lâcher du regard.

« Dans ce cas, nous nourrissons la même ambition, dame Lemingway. Vous comme moi voulons un meilleur avenir pour notre peuple, un futur prospère et sécuritaire sur une terre qui serait nôtre. Les Anges ont suffisamment souffert des affres de cette guerre et vous désirez l’aider à s’en sortir, peu importe ce qu’il vous en coûte… Effectivement, je me suis peut-être fourvoyé sur vos réelles intentions », constatais-je en lui adressant un vague sourire en coin.

Je l’avais mal jugé, je le comprenais un peu plus. Là où je croyais qu’elle avait abandonné toute conviction restait pourtant un semblant de vigueur et d'aplomb qui illuminait quelques parts assombris de son esprit. Elle était, effectivement, prête à se battre pour le peuple auquel elle appartenait, prête à lever les armes contre l’adversité que nos ennemis représentaient, mais quelque chose dans son comportement, dans sa façon de voir le problème, continuait de me déranger. À ce constat, mon sourire se mua en un triste rictus.

« Cependant, cela ne change en rien les propos que je vous ai partagé, puisque j’ai beau vous écouter, une pensée m’ennuie toujours dans votre raisonnement… Lui avouais-je en plissant des yeux. Répondez-moi sincèrement : quel sera le prix de votre ambition? Jusqu’où êtes-vous prête à aller pour protéger et assurer le futur de notre peuple afin de changer notre Destinée? » Rajoutais-je sur une note un peu plus sombre, un peu plus triste, la réflexion de l’Immaculée prenant soudainement forme dans mon esprit.

Glissant un premier pas en direction de l’Ange, je pris soin de conserver notre contact visuel, serrant un peu plus fermement la poigne que j’exerçais sur le manche de mon épée.

« Puisque, si je résume bien – et corrigez-moi si je viens à me tromper – votre vie ne compterait pas… »

Il eut un moment de silence, un instant où, dans les mires de la jeune femme, je pus apercevoir une forme de détachement, de légèreté…

« Pourquoi vous imaginez cela? Votre existence n’a rien de dérisoire pourtant; elle est encore moins sans importance… Sifflais-je entre mes dents, lui laissant à peine le temps de répliquer pour lancer : Tsk! Voilà bien pourquoi vous êtes égoïste… »

Et aussitôt, je repris l’assaut, laissant le manche de mon épée tournoyer dans le creux de ma paume tandis que mon pas me rapprocha instantanément de la duelliste. J’effectuais une première offensive à l’horizontal, bien décidé à toucher l’un de ses flancs, mais l’Ange avait une bonne garde et une vivacité d’esprit digne des gens qui passent leur vie à combattre, la portée de mon épée se heurtant aux lames de ses armes de jet. Pour autant, je pouvais sentir une légère faiblesse dans sa défensive, un défaut qui ne se trouvait ni dans sa position ou dans l’alignement de ses kunais. Tout était dans notre différence de force. Alors je me permis de la malmener un peu, enchaînant les coups de taille et d’estoc afin de l’obliger à garder et à conserver une posture défensive, laissant glisser de temps en temps le fil de Bellum sur la peau claire de la jeune femme.

« Êtes-vous un soldat, dame Lemingway? Parce que si c’est le cas, vous êtes étreint par la lâcheté… Un soldat donne sa vie pour une cause, pour un peuple et sait pertinemment que la Mort peut le perforer à chaque instant, mais jamais – ô grand jamais – un soldat perd Espoir et considère sa propre existence comme un souffle éphémère, un simple sacrifice. »

Tout à coup, je profitais d’un moment d’inattention de la part de l’Immaculée pour la repousser vivement à l’aide du plat de mon lame. Pantelant, sentant la chaleur de mes muscles et des blessures faites par les armes de la jeune femme, je me postais juste au-dessus de Brethil, tournant la pointe de mon épée à quelques centimètres de son visage, entre ses deux yeux. Cherchant ma respiration dans le souffle rauque de mes poumons, je me permis malgré tout de la dévisager longuement, tentant de percer ses pensées à travers la rétine de ses yeux.

« Laissez-moi vous donner un conseil : ne mourrez pas pour rien. »


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MessageSujet: Re: [IX ; X] - Dans les ténèbres, vers la voie de la Lumière | Isiode   Sam 18 Aoû 2018, 16:38



La jeune femme ne répondit pas immédiatement à la question de son partenaire. Marquant une courte pause, l’Okan inspira de l’air dans ses poumons tout en fermant ses paupières. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, les battements affolés de son cœur s’étaient apaisés. Sa contre-attaque lui avait demandé plus d’énergie qu’elle avait anticipé, encaissant la fatigue de l’entraînement qu’elle avait performé un peu plus tôt, avant l’arrivée d’Isiode, combiné à sa propre négligence qui, à long terme, avait eu des répercussions sur son endurance. « Effectivement. » L’Ange avait affirmé sa réponse d’une voix forte qui, sans transpirer une grande confiance, avait néanmoins eu le mérite de se montrer ferme. Ce qu’elle avait dit était vrai après tout. Elle était réellement poussée par un objectif plus grand que sa petite personne, mais rien ne venait changer le fait que ses moyens étaient questionnables et égocentriques. Peut-être était-ce là, la source de l’embarras qui l’empêchait d’exhiber pleinement ses certitudes. Peu importe ce qu’elle prétendait, la femme était incapable de freiner les remords qui dévorait sa conscience. Pourtant, elle s’entêtait de les ignorer. Elle n’avait pas besoin d’eux, pas alors que les yeux du soldat étaient figés dans les siens et que ces paroles sortaient de ses lèvres. « Seuls les Aetheri peuvent nous dire ce que l’avenir nous réserve, mais pour réaliser ce vœu que nous partageons, des sacrifices devront forcément être faits en échange. Peu sont prêts à assumer leurs conséquences et beaucoup craignent ce qu’ils vont amener, mais moi, je suis prête à faire le nécessaire pour que cet avenir prospère devienne bien plus qu’une utopie à laquelle une nation tombée se raccroche désespérément. » Le regard de l’Ange se déroba à celui du jeune homme pour contempler le ciel. « Je veux que cette utopie devienne réalité et je suis prête à en payer le prix, aussi cher soit-il, pour y parvenir. » Ses mots pouvaient sembler nobles et optimistes pour une oreille qui n’avait jamais entendu sa voix, pour des yeux qui ne s’étaient jamais posés sur elle et pour un esprit qui ignore les tourments de son âme, mais la vérité était décevante. Tout ce qu’elle avait prononcé était vrai, jusqu’à une certaine mesure. C’était un souhait qui la tenait véritablement à cœur tout en étant l’un des seuls rêves qui possédaient la Force de repousser les cauchemars qui hantaient ses nuits. Néanmoins, l’Immaculée n’avait jamais impliqué qu’elle deviendrait un témoin de cet avènement - aussi merveilleux qu’il soit - s’il se réalisait un jour. L’Okan ne prévoyait pas de vivre assez longtemps pour y assister de ses propres yeux.

Cette guerre lui avait tout pris : sa famille, ses amis, ses congénères. C’en était trop pour elle. Elle ne pouvait plus continuer à porter cette souffrance sur ses épaules. Ça lui faisait mal, encore plus lorsqu’elle réalisait que ces cicatrices l’accompagneraient pour le restant de ses jours. Elle avait parlé de sacrifices, car elle comptait en faire partie. Si sa mort pouvait mener à quelque chose de plus glorieux, elle serait fière de devenir l’un des instruments qui y aiderait. Cela étant, Isiode n’eut aucune difficulté à saisir les non-dits à travers le monologue de l’archère, manifestant son inconfort auprès de la concernée. Le sourire du soldat s’était muté en un rictus sombre, peiné, que Brethil ne trouva pas le courage d’affronter, détournant une seconde fois son regard azuré comme un criminel qui confessait ses torts. Aurait-elle l’audace démesurée d’avouer ce que tous les deux savaient parfaitement? La blonde déglutit. Il lui avait demandé la vérité et c’était au-dessus de ses forces de lui mentir délibérément une autre fois. Elle décida donc de garder le silence en faisant nerveusement tournoyer ses kunais entre ses mains moites. Son mutisme n’était que la confirmation qu’Isiode s’était sans doute préparé à recevoir. Ou pas. Peut-être que des mots n’auraient rien changé vis-à-vis de l’ambiance tendue qui s’immisçait entre eux et malgré tout, l’Ange se sentait coupable de ne rien lui dire. Elle ne niait rien. Elle ne tentait même pas de se justifier. Il avait raison de la traiter d’égoïste.

Le jeune homme se jeta à toute vitesse sur elle, abattant férocement la lame de son épée contre les kunais que l’Okan avait tendu à la dernière seconde. Le son du métal qui s’entrechoquait avait à peine commencé à bourdonner que le soldat enchaînait avec une seconde offensive, laissant juste le temps à l’Ange d’improviser une posture défensive. Surprise par la force brute que son partenaire plaçait dans ses coups, Brethil essaya de prendre de la distance entre lui et elle pour planifier une contre-attaque efficace. Cependant, les assauts d’Isiode continuaient impitoyablement de pleuvoir sur le corps meurtri de la blonde qui encaissait que trop mal la douleur cuisante des blessures que l’homme lui infligeait. Couplé par son manque de force et ses muscles fatigués, l’Ailée réalisait à présent la portée de sa négligence. Elle s’était laissé aller depuis trop longtemps pour être en mesure de suivre et supporter des enchaînements aussi vifs que violents. De ce fait, l’Immaculée fut rapidement à bout de souffle, la peau complètement enduite de sueur mêlé au sang de ses blessures plus ou moins superficielles. Tout son corps la faisait énormément souffrir. Elle n’était plus capable de calquer ses gestes au rythme furieux de son congénère aux cheveux blancs qui profita d’une ouverture pour la frapper du revers de sa lame dans l’estomac. Emportée par le choc, la blonde tomba à la renverse, dos premier, et s’écrasa dans un bruit sourd sur le feuillage qui parsemait le sol du boisé. Le souffle court et la vision embrouillée, Brethil ne prit pas tout de suite conscience de la pointe de l’épée qui flottait à quelques centimètres au-dessus de son visage. Pourtant, les paroles d’Isiode avaient résonné avec une clarté presque irréelle dans ses tympans, vibrantes d’une amertume qui la fit fondre en larmes. « Mourir pour rien? Qu’est-ce que cela pourrait bien changer? » Un rire amer, sans joie, s’extirpa de ses lèvres. « Tous nos congénères sont morts pour rien en Terres Blanches. Pourquoi mon Destin diffèrerait du leur? » Que ce soit à cause du choc, de l’épuisement ou de ses limites qui s'étaient brisées - voire un mélange des trois - le masque de l’Ange venait d’éclater en morceaux, révélant un visage désespéré et vulnérable aux yeux du jeune homme. « Je n'en peux plus. Toute cette souffrance est insupportable. » Sa voix tremblait. « Vous avez raison. Je ne suis qu’une lâche qui ne croit plus à la Vertu que je suis sensée partager. Si je n’accorde plus de valeur à ma vie, c’est parce que je crois qu’il y a des Anges qui méritent cet honneur à bien plus d'égard que moi. » Elle n’était plus à la hauteur du présent qu’Edel. Elle n’en supportait pas les tourments. Elle fuyait ses démons, car elle se sentait incapable de les affronter.

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MessageSujet: Re: [IX ; X] - Dans les ténèbres, vers la voie de la Lumière | Isiode   Mer 05 Sep 2018, 22:54

À l’instant où les premières jérémiades coulèrent entre ses lèvres, mon écoute, quant à elle, s’interrompit brusquement. Ma vision s’embrouillait et je dus passer une main sur mon visage afin de m’assurer qu’il ne s’agissait pas seulement de ma propre sueur qui me rendait aveugle; je me rendis rapidement compte qu’il y avait aussi énormément d’amertume et de mépris qui se joignaient à l’équation. L’intégralité de ma pensée se résumait en un mot : Imbécile. Imbécile. Imbécile. Imbécile. Pourquoi raisonnait-elle de cette façon? Pourquoi considérait-elle qu’un autre mériterait mieux cette vie qu’elle? N’avait-elle donc aucune considération, aucune déférence, pour ceux qui ne pouvaient plus, aujourd’hui, profiter de ce fameux présent qu’était la Vie? N’avait-elle aucune considération, aucun respect, pour sa propre existence? Mon poing se serra autour du manche de mon épée alors que des pleurs commençaient doucement à se mélanger aux mots qu’elle s’efforçait d’évacuer et, à la fin de sa complainte, mes yeux n’étaient plus que deux billes envahies par un blizzard glacial et sinistre, par un froid mordant et agressif. Si mon regard avait pu tuer, il l’aurait paralysé à tout jamais dans sa triste et pathétique lamentation : qu’est-ce que cela changerait, après tout?

« Imbécile… » Sifflais-je entre mes dents en faisant claquer ma langue , irrité.

Je me penchais en direction de la jeune Immaculée, agrippant brusquement le col de son haut avant de plaquer avec violence le revers de main sur sa joue, la gifle produisant un bruit sonore et vibrant en même temps que la résonnance métallique de mon épée, qui tombait tout près de moi, fut étouffée par l’épaisseur du gazon sous mes pieds. Si le choc de ma main venait de colorer son visage, j’espérais surtout qu’il ait remis ses idées en place. Peut-être étais-je véritablement fermé d’esprit ou peut-être étais-je simplement trop peu empathique pour saisir la profondeur de sa détresse, mais le fait est que je ne pouvais la laisser dire de tels propos alors qu’elle avait la chance de vivre, de respirer, de sentir et de ressentir là où d’autres, morts injustement sur la Terre Blanche, ne pouvaient plus rien espérer de cette existence qui leur avait été sauvagement retirée. Elle, au contraire, avant tant à offrir, avait encore tant à vivre que s’en était dégoûtant de la voir cracher ainsi sur sa Vie.

« Vous n’êtes qu’une sombre idiote… » Rajoutais-je sous le ton du reproche et du mépris alors que le grief n’en était que plus puissant.

Sans aucune once de délicatesse, je m’attelais à la soulever de terre par son col, du mieux que je le pouvais, mais lorsque je constatais qu’elle peinait à se remettre sur pied, mes iris s’embrasèrent.

« Relevez-vous, bon sang! Cessez de jouer les martyrs et redressez-vous! »

Même après qu’elle ait repris son équilibre, je ne relâchais pas son vêtement, mes doigts s’accrochant au tissu à la manière d’un oiseau de chasse qui enfonçait ses serres. Braquant mon regard dans le sien, je me permis d’extirper un profond et long soupir d’agacement, plus pour me calmer moi-même que pour lui démontrer mon mécontentement.

« Croyez-moi, à force de vous écouter, je rêverais presque d’offrir votre vie à Ezechyel en échange de celle de l’un des nôtres, un frère bien plus respectueux et attaché au présent d’Edel que vous l’êtes. »

Volontairement dur et cassant? Oui. Mais je ne voyais aucun autre moyen de la ramener sur le droit chemin, le mielleux et la sympathie n’ayant certainement rien changé en elle. En toute honnêteté, je pense que cela l’aurait plutôt encouragé à s’emmêler dans les tissus de mensonges qu’elle ne cessait de se raconter pour se protéger.

« Mais je ne vous maudirais d’aucune façon, je ne vous ferais rien de préjudiciable volontairement, parce que je n’ai guère de pouvoir sur cette décision… Et parce que si vous vivez, c’est parce que les Dieux ont cru que votre existence méritait d’être vécu, que vous seriez assez forte pour passer au travers les cauchemars et l’égarement qui vous paralysent aujourd’hui. »

Doucement, je finis par lâcher la jeune femme, la rejetant du même fait.

« Je ne suis ni Devin, ni Voyant, mais je sais que les Ætheri nous observent et nous gardent sur cette Terre pour une bonne raison. Nous ne sommes peut-être… « personne » comparativement aux Grands, nous ne sommes peut-être que des pions sur un échiquier afin d’amuser quelques entités de l’au-delà, mais je sais que chacun d’entre nous se trouve ci-bas pour accomplir quelque chose. »

Je m’abaissais pour ramasser Bellum, que j’avais négligemment jeté au sol sous le coup de l’agacement.

« Nous ne sommes pas tous destinés à accomplir de grands projets qui changeront drastiquement la face de ce monde comme nous ne serons pas tous destinés à vivre éternellement, à travers les siècles et les Ères… »

Rangeant l’arme dans son fourreau, je finis par relever la tête en direction de l’Ange.

« Il y en a qui sont voués à suivre leur destinée alors que d’autres vivent pour se l’approprier et la changer. C’est ironique, mais c’est le Destin qu’Oni nous a défini, murmurais-je en esquissant un vague sourire. Mais vous, Lemingway, vous n’allez pas mourir pour rien. Autrement, votre cadavre girait depuis des années sur la Terre Blanche avec le reste de nos frères… Et votre mort, additionnée à d’autres milliers, n’aurait fait qu’alimenter les flammes de la haine et du désespoir qui nous étreignent. »

J’exhalais un soupir, balayant du revers de la main une mèche venue se balancer devant mon visage.

« Vous êtes en vie parce que vous avez encore fort à accomplir. Je ne sais pas du tout de quoi cela peut s’agir et même vous, vous ne semblez pas en être consciente, mais vous avez un but, Lemingway et ce dernier nécessite de votre part de rester en vie et de supporter ce que le monde autour de vous ne cesse de vous jeter à la figure. Peu importe ce qui se placera sur votre chemin, vous possédez la force et l’intelligence nécessaires pour passer au travers. J’y crois et les Dieux, eux, le savent. »

Altérant mon faciès, je fis jouer sur le coin de mes lèvres un petit rictus arrogant, mais ma voix n’en était toujours pas moins désagréable et méprisante.

« Mais si vous voulez continuer sur cette voie de mensonge et de faux-semblants, si vous ne croyez pas en vous et que vous persistez à considérer votre vie comme une simple substitution, un simple sacrifice, uniquement pour vous soulagez la conscience, peut-être, en effet, que votre Destin se résumera à mourir pour rien. »

Je m’approchais de l’Aile Blanche avant d’attraper son menton et de la fixer dans le blanc des yeux.

« Réveillez-vous, Lemingway. N’attendez pas qu’il soit trop tard. Vous valez mieux que ça. »


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MessageSujet: Re: [IX ; X] - Dans les ténèbres, vers la voie de la Lumière | Isiode   Ven 14 Sep 2018, 21:27



La main d’Isiode alla s’écraser contre la joue de l’Immaculée dans un bruit sonore. Abasourdie par le geste de son congénère, Brethil ne remarqua même pas que ses sanglots s’étaient interrompus. Au moment de l’impact, ceux-ci s’étaient coincés au fond de sa gorge et par conséquent, l’Ange avait l’impression d’étouffer. Son propre corps semblait la trahir en emprisonnant son souffle au sein de ses poumons qui refusaient de fonctionner correctement. Pourtant, l’esprit de la jeune femme était trop choqué, trop déboussolé par les actes du soldat pour s’en soucier véritablement. Elle comprenait à peine ce qui venait de se passer, comme si sa conscience lui interdisait d’en reconnaître l’authenticité. Malgré tout, la douleur qui traversait son derme était tout ce qui avait de plus réel, au même titre que la marque rouge s’y étant imprimée. L’Okan aurait voulu nier sa présence et oublié la souffrance qu’elle lui avait laissé, mais rapidement, la blonde se rendait compte que c’était impossible. L’homme l’avait bel et bien giflé, par mépris envers ses jérémiades, sans l’once d’une hésitation. Après tout, la jeune Ange admettait avoir craché sur l’importance de la vie qui lui était, disait-elle, complètement égal. Cependant, regrettait-elle ses paroles? L’Ailée n’en était pas sûre elle-même, mais lorsque ses yeux saphir rencontrèrent le regard de son semblable, elle avouait en avoir eu peur. Glacial, ce dernier la scrutait d’un air qui mélangeait à la fois du ressentiment et de la rage pure. Par ailleurs, ses émotions incontrôlées se traduisirent encore plus concrètement quand l’épéiste souleva l’Okan de terre par le collet de sa tenue. Il l’avait déjà traitée d’imbécile à deux reprises, mais visiblement, il n’avait pas encore fini de lui déballer le fond de sa pensée. Ses pupilles n’étaient plus que des fentes qui dévisageaient la jeune femme d’une expression si sévère qu’elle imposa son respect. C’est pourquoi Brethil se retrouva à obéir aveuglément à la commande d’Isiode qui exigeait qu’elle se redresse, sans oser répliquer. Elle trouva rapidement son point d’équilibre, dans la mesure du possible, en déglutissant. Puis, le soldat commença à parler : il crachait ses mots sur un ton brusque et impitoyable qui ne ménageait pas l’état de son interlocutrice. Quand bien même celle-ci aurait eu la force de pleurer, ses yeux céruléens s’étaient asséchés. Quelques traces de larmes demeuraient visibles sur son visage laiteux, mais aucune d'entre elles n'osaient se glisser sur sa peau pour poursuivre ces chemins.

L’Immaculée n’essayait même pas de se dégager de la poigne brute de son congénère tant elle n’avait plus d’énergie pour s’opposer physiquement à lui. En effet, l’Ange aux cheveux blonds se sentait sincèrement touchée par les propos qui sortaient des lèvres du jeune homme, daignant leur accorder toute la valeur qu’ils méritaient amplement. Sa vision des choses se modifiait-elle à la lumière d’une autre interprétation de la Destinée? Sans doute. En vérité, c’était plus compliqué, car l’Okan ignorait tout bonnement quoi faire de cette philosophie. Plus tôt, elle avait prétendu connaître les véritables intentions qu’Oni avaient pour son avenir ainsi que leur impact sur son peuple. Toutefois, si la blonde considérait la conception que défendait si ardemment le soldat, elle vivait, à l’inverse, dans l’erreur la plus totale. La véritable question était de savoir ce qui en était vraiment, et de démêler le vrai du faux à travers les discours qu’ils se prononçaient à eux-mêmes. Qui avait raison? Et qui avait tort? C’était une interrogation auquel seul l’Aether du Destin était en mesure de répondre. Après tout, il n’y avait que les Dieux pour posséder toutes ces connaissances sans se laisser envahir par le doute. Cependant, Brethil n’était qu’une mortelle. Elle était seule à faire face au compromis que les dires de l’Ange soulevaient et elle était encore seule à pouvoir trancher sur ce choix déterminant qui l’obsédait. Lentement, la jeune Okan inspira avant de libérer l'oxygène de ses poumons avec douceur. Cela faisait plusieurs minutes que les deux Immaculés s’étaient tus, se toisant chacun avec des énergies complètement différentes par rapport à l’autre. Isiode l’avait finalement lâchée, tenant dans la main qui avait servi à la soulever le manche de son épée. Néanmoins, ses yeux étaient tout aussi froids qu’avant, quoique son corps paraissait un peu plus détendu. De son côté, l’archère avait assez récupéré pour se tenir fermement debout, mais son état demeurait affaibli, voire presque maladif. Son teint pâle ne faisait que renforcer l’image de cette piètre impression d’elle-même.

« Vous croyez sincèrement que je vaux mieux que ça ? » C’était une simple question rhétorique. Bien qu’elle n’attendît pas de réponse de la part d’Isiode, Brethil n’avait pas pu s’empêcher de la poser tout de même. Peut-être voulait-elle se rassurer et taire ses petites voix qui prétendait le contraire de ses affirmations, mais là encore, la jeune Ailée n’en était pas certaine. « Pourquoi ? » Ce n’était pas son intention de raviver le débat, néanmoins, elle avait besoin de réponses claires pour se guider à travers son désespoir. « Qu’attendez-vous de moi ? Quel combat voulez-vous que je mène si ce n’est pas au prix de ma vie ? » Le soldat avait mentionné l’existence d’un but. Présentement, l’Immaculée se rendait compte qu’elle n’en avait aucun. « Je… je n’ai jamais voulu perdre autant de gens qui me sont chers. Je voudrais bien protéger ceux qui me restent, mais… depuis ce qui s’est passé en Terres Blanches, j’ai réalisé que je n’en ai peut-être pas la force. Ni même le courage. » À grands pas, l’Ange se dirigea vers un arbuste pour ramasser la flèche du tir qu’elle manqué durant son entraînement. Ses mains tremblaient. « J’ignore quoi faire pour me render utile Isiode, et j’ai peur de ne jamais parvenir à trouver la réponse. » Haïssait-elle les engeances démoniaques pour ce qu’ils avaient fait? Oui, certainement. Désirait-elle la vengeance comme un Extrémiste? Pour ce point, elle en était moins sûre et pourtant, il y avait quelque chose dans le raisonnement des Pacifiques qu’elle n’arrivait pas à endurer. Autrement dit, l’Okan se sentait à sa place nulle part, telle un esprit égaré qui se contentait d’errer sans chercher le chemin vers l'Au-Delà. Lentement, la femme blonde se tourna vers l’Ange en serrant le projectile de son arc sur sa poitrine. « Ne vous est-il jamais arrivé de douter de vous-même, de vos convictions ou de votre but? » Finit-elle par demander. Son congénère semblait avoir des avis bien tranchés sur sa propre conception du monde – de ce Destin – qu’ils tentaient tous les deux de définir. C’était peut-être la seule chose qui était encore en mesure de sauver l’Ailée avant qu’elle sombre définitivement dans les torrents de sa propre misère. De plus, ce serait mentir si cette dernière n’avouait pas être curieuse d’entendre sa réponse franche à ce propos.

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[IX ; X] - Dans les ténèbres, vers la voie de la Lumière | Isiode

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