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 [A] - Que la Lumière rayonne et que l’Ombre dévore | Réprouvés & Sorciers

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Priam et Laëth
~ Ange ~ Niveau III ~

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◈ Parchemins usagés : 3836
◈ YinYanisé(e) le : 02/02/2018
◈ Âme(s) Soeur(s) : La bière et le saucisson | L'adrénaline et les problèmes
◈ Activité : Berger [III], traducteur [II], diplomate [I] | Soldat [III], violoncelliste [I]
Priam et Laëth
Dim 26 Juin 2022, 00:36




Que la Lumière rayonne
et que l’Ombre dévore

En duo | Kaahl & co



Lorsque la sentence tomba, Freyja ressentit une pointe de soulagement. L’Empereur Noir s’était plié aux volontés de son marionnettiste. Pourtant, et malgré la colère qui martelait toujours sa poitrine, elle ne pouvait s’empêcher de ressentir une pointe d’anxiété. Elle savait que sa relation avec Kaahl la protégeait de Cyrius autant qu’elle excitait ses désirs de violence. C’était visible dans ses yeux, comme cet éclat de folie qu’elle avait remarqué dès qu’elle s’était tenue devant lui. C’était la première fois qu’elle le voyait d’aussi près ; elle ne l’avait croisé qu’à une occasion, à Lagherta, lorsqu’il avait partagé la scène avec le brun. L’entendre jouer laissait présager de bien des choses à son sujet, cependant, les lueurs qui hantaient son regard murmuraient plus encore que toutes les notes arrachées par ses doigts. Il avait prononcé l’incompétence du tribunal ; mais quel Sorcier digne de son peuple se rendait-il gaiement aux mains de la Justice ? Et après tout, quelle importance ? Il n’avait même pas rendu de jugement, et ce n’étaient pas les accusations qui l’accablaient qui l’intéressait. Il percevait d’autres motifs dignes d’une punition ; pourquoi devrait-il se priver d’exécuter sa vengeance ? Quelles étaient les chances pour que Kaahl lui pardonnât ? Elle ne voulait pas croire que ce fût possible, mais elle savait que ça l’était probablement. Si elle pouvait atteindre sa lumière et la raviver, alors Cyrius pouvait attraper ses ténèbres et les renforcer. Elle les avait vues à l’œuvre ; elles la haïssaient, de la même façon que sa propre essence les exécrait. Elles entraient en collision avec tout ce qu’elle était. Si le Mage Noir parvenait à le dévorer et si elle continuait à l’aimer, alors cet amour qui la sauvait la tuerait. Il ne venait pas de rendre un jugement : il venait de lui déclarer la guerre. Ce serait une guerre différente du carnage auquel ils avaient participé ; plus intime, plus pernicieuse et plus violente encore. Elle inspira. Elle ne pouvait pas rivaliser avec Kaahl. Elle ne pouvait pas rivaliser avec lui non plus. Elle devait devenir plus puissante. Sinon pour son amour, au moins pour sa survie.

Ses yeux descendirent sur l’enveloppe qu’il tenait entre ses mains. Elle se sentait fébrile. Qu’adviendrait-il, si elle lui appartenait ? Que se passerait-il si un autre qu’Elias était parvenu à l’acheter ? Elle y avait longuement songé, seule dans la bibliothèque. Poussée par l’envie de s’en sortir, elle avait énuméré toute une série de raisons qui devaient encourager les Mayfair à le choisir lui plutôt qu’un autre. Mais qu’en savait-elle ? Qui d’autre avait parié ? Connaissait-elle seulement la moitié des grands pontes de cette maudite société ? Ne s’en trouvait-il pas d’autres dans les gradins ? Elle brûlait, toujours autant de colère ; et de crainte aussi. Les ricanements des Mages Noirs lui coupèrent le souffle, pareils à des coups de poing en plein ventre. Quand le nom tomba, ce fut pire. Les yeux de l’Ange s’écarquillèrent de surprise, puis une myriade d’émotions l’assaillit. Ses mains se posèrent sur le pupitre qui lui faisait face et ses phalanges entourèrent le bois comme si elles désiraient l’éclater. Son regard se noircit et frappa Cyrius. Il mentait. Il mentait forcément, ça ne pouvait pas… C’était ça, sa vengeance ! Sa sale petite vengeance mesquine. Le père de Kaahl, pour nourrir tous ses doutes et toute sa jalousie, pour ériger sa paranoïa au rang de raison. Elle s’en voulut de n’avoir pas parlé plus tôt, d’avoir refusé d’engager cette conversation qui pourtant lui tenait à cœur. Elle avait été si persuadée qu’ils auraient le temps d’en discuter ! Elle s’était bêtement fourvoyée, parce qu’elle avait préféré croire ce qui l’arrangeait. Désormais, il était trop tard. Elle allait partir avec Jun, et elle ne pouvait rien lui dire. Elle ne pouvait même pas le serrer contre elle une dernière fois, lui souffler encore qu’elle l’aimait, glisser sa main dans ses cheveux et lui promettre qu’il n’avait pas besoin de s’inquiéter. Ils étaient l’un à côté de l’autre, pourtant un univers de mensonges et d’obligations les séparait. Un silence perclus du brouhaha des chaises et des bancs raclant le sol et des bavardages médisants des Sorciers colmatait la brèche qu’avait fendue entre eux la décision des Mayfair. La jeune femme déglutit. Du coin de l’œil, elle scruta son profil. Elle retint sa respiration, hésitante. Il n’y avait rien à dire. Que pouvait déclarer l’Aile d’Acier au Vautour ? Aucun remerciement ne s’imposait, parce qu’il n’avait voulu la sauver que pour mieux la posséder. C’était ce que tout le monde croyait ; si elle contrevenait à leur vérité, elle ferait tout échouer.

Ses yeux verts voulurent se fixer à nouveau sur la chaire ; ils heurtèrent le visage de Jun. Leur expression se métamorphosa. L’ire, la rancœur, l’accusation, le mépris, le dégoût et la tristesse ravagèrent le regard de la brune. Cet achat venait s’entasser sur la pile de choses qu’elle avait à lui reprocher, sur les douleurs qu’il avait imprimées dans son cœur et dont elle détestait jusqu’à l’existence même. Ses mains tremblaient, son palpitant aussi. « Vous n’aviez pas le droit. » cracha-t-elle. Qui, en dehors du trio, pourrait imputer cette réaction à ce qui la suscitait véritablement ? Comment ne pas comprendre qu’elle s’insurgeait d’avoir été achetée par l’homme qui avait brûlé son village et marqué la mémoire réprouvée pour ce qui semblait être l’éternité ? Comment ne pas voir que les marchands d’esclaves l’avaient livrée à l’une des raisons qui avaient conduit son peuple à déclarer la guerre aux Mages Noirs ? Le message envoyé aux Manichéens ne pouvait être ni plus clair ni plus humiliant. De son point de vue, cela ne revêtait que peu d’importance. Elle connaissait Ezechyel comme aucun des Bipolaires ne pouvait l’appréhender. Elle ne craignait pas son passé et elle n’avait pas peur de lui. Elle avait peur de ce qu’il voulait, de ce qu’il ne voulait pas et de ce qu’il comptait faire. La marque sur son bras la brûla. Elle posa vivement la main dessus, ses iris attirés convergeant eux aussi vers la douleur. Sous ses doigts, d’autres symboles s’enchevêtraient. Comme si la brûlure avait traversé sa peau, elle retira vivement sa paume. La marque de Jun Taiji galopait sur ses veines. Elle releva le visage vers l’Æther. Durant quelques secondes, son regard l’attaqua, comme si elle était prête à se rebeller, à lui cracher à la figure et à signer son propre arrêt de mort. Avec peine et soudaineté, elle sembla rendre les armes. Ses iris verts gagnèrent en profondeur d’éclat, et une larme solitaire dévala sa joue. Elle le détestait. Elle le détestait tellement.



Message XXXXV – 1108 mots

S'ils coopèrent, oui xDD
Presque quatre mois, même ! Un rp qui sera parvenu à te faire perdre le compte, incroyable [A] - Que la Lumière rayonne et que l’Ombre dévore | Réprouvés & Sorciers - Page 7 1628 Je vais me draper dans cet exploit.
De mon côté, je reviens tout à l'heure pour terminer Les Aventures captivantes des Réprouvés livrés à eux-mêmes et surtout à moitié morts au beau milieu de Nementa Corum le plus bel endroit des Terres de Sympan [A] - Que la Lumière rayonne et que l’Ombre dévore | Réprouvés & Sorciers - Page 7 2289842337 Il manque 1877 mots pour qu'on arrive à 100 000, ce sera mon objectif [A] - Que la Lumière rayonne et que l’Ombre dévore | Réprouvés & Sorciers - Page 7 2075401333  




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Priam et Laëth
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Priam et Laëth
Ven 01 Juil 2022, 11:07




Que la Lumière rayonne
et que l’Ombre dévore

En duo | Kaahl & co



Draegr enfonça son tisonnier de fortune dans le tas de braises pour raviver les flammes. Face à elle, Asha gardait la tête baissée, ses deux bras en appui sur ses genoux, les mains pendantes. Son regard morne fixait les étincelles orangées, comme si elle avait espéré y trouver ces souffles de vie que la guerre venait de lui voler. La jeune Réprouvée s’humecta les lèvres et détourna les yeux. De lourds cernes soulignaient ses iris bruns, tandis que des ridules d’épuisement déformaient ses traits juvéniles. Elle renifla et passa une main sous son nez. Autour d’elles, le campement silencieux soupesait le poids de la mort. Seuls les gémissements de quelques blessés perçaient la quiétude de la nuit. Parfois, on entendait des créatures hurler ou glapir, mais jusque-là, les différents feux étaient parvenus à les tenir à distance. Les quelques guerriers encore capables de monter la garde avaient été postés en cercle autour du groupe. Combien étaient-ils ? Même pas un millier. Trois cents, peut-être. Une poignée de poussière ; deux millions de Réprouvés soudés avaient marché sur Amestris, et voilà tout ce qu’il en restait. Un goût amer imprégnait la gorge de la jeune fille. Là-bas, sur le champ de bataille, c’était comme si les Zaahin les avaient abandonnés. Avaient-ils seulement accueilli les morts ? Était-ce pour cela que Zel’Eph n’était pas venu ? Sa force prodigieuse aurait pu les sauver, elle en était convaincue. Il eût suffi qu’il abattît son arme une fois pour décimer la moitié des Sorciers. Et Erza ? Elle avait changé, mais les Bipolaires demeuraient son peuple. Non ? Pourquoi ne s’était-elle pas jointe à eux ? Elle aurait terrifié les Mages Noirs plus encore qu’elle n’effrayait Sceptelinôst. À quoi bon être Dovahkiin si l’on n’est pas capable d’accompagner sa nation dans la victoire comme dans la défaite ? Le goût de celle-ci paraissait d’autant plus amer à l’adolescente qu’elle avait la sensation de la vivre dans la solitude. Personne n’avait remercié les Héros ou entamé de sacrifices à leur égard. Ils vivaient des moments suspendus, arrachés au fil de leurs existences ; des instants si hors du temps qu’ils leur seraient impossible de les oublier.

Elle pensa à Dastan, et sa mâchoire se crispa. Elle n’arrivait pas à réaliser. Elle ne voulait pas réaliser. L’envie de frapper sa grosse tête d’idiot lui démangeait les poings. À tout instant, elle s’attendait à le voir revenir, tout sourire, fier de son horrible plaisanterie. Il en aurait été capable, non ? C’était son style, à ce petit merdeux. Elle l’aurait tapé. Elle se serait jetée sur lui comme une furie, mais elle aurait été si soulagée de le savoir en vie qu’elle ne l’aurait certainement pas achevé. Elle l’aurait serré contre elle de toutes ses forces et elle ne l’aurait plus jamais lâché. Imbécile. Il n’avait pas pu finir en bouillie sur ce putain de champ de bataille. C’était impossible. Une larme roula sur sa joue, qu’elle chassa d’un revers de main. « Je vais voir où ils en sont pour le repas. » souffla-t-elle en se levant précipitamment, sans regarder la mère du rouquin. La brune se fraya un chemin à travers les petits attroupements jusqu’à un groupe qui épluchait quelques légumes et tranchait de la viande. Ils avaient pu en récupérer sur l’un des navires qui n’avait pas été totalement détruit. Ceux qui s’y étaient rendus rapportaient que des scènes de carnage s’offraient aux sens. Les Manichéens laissés en sentinelles avaient été tués et vraisemblablement guidés jusqu’aux remparts d’Amestris pour détruire les leurs. Les provisions avaient été saccagées, et seuls quelques navires pouvaient encore prendre la mer. Ils monteraient à leur bord le lendemain. Hazaan avait annoncé qu’ils chargeraient le minimum d’hommes et de femmes sur chaque embarcation afin d’en ramener le plus possible – ce qui demeurerait dérisoire, puisqu’il ne restait même pas un centième de la flotte initiale. Pour qu’ils fussent un peu moins vulnérables que s’ils ne constituaient qu’une seule énorme cible, aussi – parce qu’il n’écartait pas la possibilité que les Sorciers réattaquassent ou que des monstres marins essayassent de les engloutir. Ils ne traverseraient pas les mers les plus hospitalières.

Munie de deux bols de légumes et de viandes grillées, la Kiir’Sahqon retourna près d’Asha. Sól l’avait rejointe : elle s’était assise en tailleur à côté d’elle. Draegr s’arrêta. « Je savais pas que t’étais là, j’ai pris que deux bols. » - « Mangez. J’ai pas faim. » - « Faut que tu manges, Asha. » fit la jeune fille en s’approchant et en s’accroupissant devant elle. « On va partager, Sól et moi. » Elle leva les yeux vers la blonde : elle savait qu’elle aurait son assentiment mais attendait qu’elle insistât auprès de la mère endeuillée en confirmant. Celle-ci serra les dents, cependant, elle n’ajouta rien. Elle attrapa le bol et se mit à fixer son contenu. On aurait dit que ses pleurs avaient à jamais imprimé un rideau opaque entre ses yeux et la réalité.

Un mouvement dans son dos attira le regard de Draegr. Maní s’avançait vers elles. Il s’assit à côté de sa sœur. Elle les regarda et déglutit, avant de plonger ses doigts dans le bol pour attraper un morceau de viande. Ils n’avaient pas beaucoup de réserves de nourriture. Asha avait dit que certains mourraient de faim pendant la traversée. C’était probable. Hazaan n’avait rien déclaré à ce sujet. Mais beaucoup des guerriers étaient des agriculteurs ou des fils et filles d’agriculteurs : alors, ils savaient. Elle mastiqua en silence, la tête baissée. Avaler lui était difficile. Depuis la fin de la bataille, sa gorge était nouée. Les images violentes de la riposte sorcière tournaient en boucle dans sa tête, quand ce n’était pas son cœur qui prenait le dessus pour lui infliger le rappel de ses pertes. Elle ferma les yeux. « Comment je vais faire pour annoncer ça à leur père ? » La voix d’Asha monta dans les aigus et se brisa en un long sanglot. Elle plaqua sa main libre contre son visage. De lourdes larmes roulaient sur ses joues blêmes. « Je donnerais tout pour être à leur place. » Draegr lui attrapa le poignet et le serra. « Dis pas ça. » - « Mais c’est la vérité ! » éclata la Réprouvée, en dégageant sa main de son visage. Des couleurs et des ombres de colère et de détresse massacraient sa figure d’ordinaire si fière et sévère. « Je suis leur mère, j’aurais dû mourir à leur place ! C’est mon rôle ! J’aurais dû mieux les protéger ! » - « … Tu as une fille à Lumnaar’Yuvon. » - « Et trois enfants dans la Dilon ! Ils ne sont même pas morts dans la gloire, ils ont juste… » Ses mots s’essoufflèrent. « Ils ont juste été… balayés, écrasés. Et maintenant, il ne reste rien… » Son ire était redescendue aussi brutalement qu’elle était montée. La Belegad scrutait à nouveau son bol, cette fois-ci les mains tremblantes. « Je voudrais pouvoir les serrer contre moi au moins une dernière fois. » murmura-t-elle d’une voix blanche. Draegr déglutit, secoua la tête et ne put retenir ses larmes. Les paroles d’Asha semblaient rendre plus vrai ce qu’elle n’était pas prête à affronter. Elles ravageaient sa poitrine pour y implanter le creuset de tous les deuils : le manque.



Hazaan, debout à la poupe, observait les trois navires s’enfoncer entre les flots, dont l’écume se refermait sur les coques comme autant d’alignements de crocs blancs. Quelques cris égarés rendaient encore l’écho de la bataille qui venait d’avoir lieu. Les Sirènes avaient tenté de les envoyer par le fond. Elles y étaient partiellement parvenues. Sur les douze navires qui avaient pris la mer, seuls neuf avaient échappé à la beauté mortelle de leur chant. Le Thur détaillait le point d’impact, immobile. Malgré la fatigue, les Réprouvés s’étaient vaillamment défendus. C’était là leur force et leur faiblesse : cette forme de refus de l’abandon contre la raison, cette espèce de résilience brute et butée qui ne s’intimidait de rien. Seuls les derniers s’étaient contraints au repli, en s’envolant de leurs bateaux condamnés pour rejoindre les autres. Il inspira ; l’embrun marin gonfla ses poumons d’émotions piquantes. La bataille contre les Sorciers s’était déroulée comme elle avait été prévue. Toute la violence et toute la puissance du peuple noir les avaient heurtés et massacrés. Avait-il sonné la retraite trop tard ? Probablement. Quoi qu’il eût choisi, il n’eût jamais sauvé suffisamment de vies. C’était la vérité de toutes les guerres : on tuait trop et on ne sauvait jamais assez. Le brun s’approcha du bastingage à bâbord, appuya ses deux bras dessus, ferma les yeux et baissa la tête.

Une épaule frôla la sienne. « C’était la volonté des Zaahin. » déclara la voix grave de Raguel, d’un ton aussi sûr qu’il était las. « Je ne suis pas sûr qu’on puisse tout justifier par leur volonté. » Il rouvrit les yeux et plongea son regard dans le sien. « Ce n’est pas de ta faute, Hazaan. » Elle marqua une pause. « Pour la bataille non plus. Tu avais raison. On a perdu. » Il haussa les épaules et se détourna. « Tu ne voulais pas le croire. Personne ne voulait le croire. » Le Thur Merrill passa sa langue sur ses lèvres, avant de laisser ses dents râper dessus. Sa collègue ne répondit pas. Ils partagèrent un moment de silence auréolé par les murmures de l’océan. Finalement, elle le brisa : « Mais quand même, je crois que ça aussi, c’était le souhait des Zaahin. Pourquoi l’Odon do Dur, la fin de la malédiction, le retour de la fertilité et tout le reste, si c’est juste pour tous nous envoyer à la mort ? Ils ont forcément un plan, une idée. » - « Peut-être. » - « Quoi ? Tu crois qu’ils nous ont juste abandonné ? » - « Je ne sais pas. » - « Nos Zaahin ne sont pas leurs Ætheri, Hazaan. » - « Je sais. » Il soupira. « Et j’espère que ces pertes sont un sacrifice et pas un gâchis. » Il se raccrochait à ces quelques mots, à cette prophétie jetée au vent, qu’il voulait et devait croire, pour les autres mais surtout pour lui-même. Elle était tout ce qui pouvait tempérer sa culpabilité. Comme le phare de Sceptelinôst guidait les navires vers le port, elle menait son âme vers la délivrance. « Seul l’avenir nous le dira, Raguel. » Ses paupières s’abattirent sur ses iris verts. « Moi, je suis convaincu que les choses doivent changer. Mais tout seul, on n’accomplit rien, et les Zaahin ne font pas tout. » Il rouvrit les yeux et posa sa main sur son bras. « On en rediscutera, quand il sera temps. Pour l’instant, je crois qu’on a tous besoin de rentrer chez nous, de célébrer nos morts et de nous reposer. » Il lui sourit tristement, puis il tourna les talons, avec cette prophétie collée au cœur et au corps. Il est temps pour les Manichéens de servir l’Équilibre. Que leur trépas engendre leur renaissance. Que la Lumière rayonne et que l’Ombre dévore.



Message XXXXVI – 1862 mots

Bon, le covid et ma soutenance de mémoire ont eu raison de ma bonne volonté, mais ça y est, c'est fini <3 On est à 100 045 mots et 136 pages Word pour tout le rp [A] - Que la Lumière rayonne et que l’Ombre dévore | Réprouvés & Sorciers - Page 7 1628
Je ferai un message récapitulatif-explicatif dans la journée, là j'ai trop faim héhé.




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