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 [Q] Le Prince Charmant (ne s'appelle pas Rajiv) | Solo

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Ven 15 Jan 2021, 20:12

Objectif : Suite à quelques incidents avec ses deux fiancés consécutifs, Jadélynka décide de prendre les choses en main et de s'occuper de son mariage elle-même

Jadélynka
Le Prince Charmant
-Jadélynka ?

-Oui ? Je suis là.

A sa réponse, les claquements de talons en provenance du couloir s’accélérèrent. C’était sa mère et à entendre le ton qu’elle avait pris pour l’appeler, il y avait un problème. Néanmoins, cela ne suffisait pas à décrocher Jadélynka de son livre sur la philosophie en entreprise. Enna Déléis était une femme stressée par nature qui avait parfois la remarquable capacité de faire d’une banalité une montagne de problèmes sans issues. Heureusement, son mari Istvan contrebalançait largement ce défaut, qui sans lui, aurait probablement fait des ravages dans cette maison en plus de rendre les domestiques sourds et détraqués – quoiqu’il n’y aurait tout simplement pas eu cette maison, ni ces domestiques. Jadélynka était heureuse de ne pas avoir hérité du comportement de sa mère. Ses gênes n’avaient retenu de cette dernière que sa beauté, là où son état d’esprit lui provenait de son père. En cela, l’Alfar avait compris bien vite qu’elle avait un potentiel remarquable puisqu’elle combinait le meilleur de ses deux parents.

Avant de faire irruption dans la chambre, Enna passa la tête dans l’entrebâillement de la porte. Une fois qu’elle se fut assurée que sa fille s’y trouvait bien, elle se permit d’ouvrir en grand le battant avec un manque fulgurant de délicatesse. Postée près de l’entrée, Renata la réceptionna au vol avant qu’elle n’abîme le mur. Elle était habituée aux états de la mère de famille qui avait tendance à devenir un peu trop brusque avec l’anxiété.

-Oh, par Dothasi, Jadélynka tu es là !

La concernée leva le nez pour considérer sa génitrice de haut en bas. Evaluer leur apparence était presque devenu traditionnel entre elles-deux. La tenue d’Enna n’était pas trop mal, ses chaussures étaient assorties à celle-ci, sa coiffure était suffisamment compliquée pour être élégante et elle tenait un parchemin entre ses deux mains. La mère prit le temps d’en faire autant. Sa voix s’adoucit de quelques tons.

-C’est une nouvelle robe ?

Jadélynka baissa les yeux sur sa propre tenue, puis quitta son fauteuil pour mieux la lui montrer. Elle était contente qu’Enna l’ait remarquée car elle lui avait coûté assez cher. C’était une longue robe violette assez évasée. Sur le bas de la jupe étaient brodés des motifs floraux.

-Oui ! Regarde. Elle fit un tour sur elle-même. Tu aimes ?

-Elle te va à ravir, ma fille. Répondit la mère en prenant un peu de recul pour analyser toutes ses coutures. Très bon choix. Hum… mais ça n’a pas d’importance maintenant, il y a un souci.

En closant la parenthèse, Enna redevînt grave. S’attardant sur son visage, profondément inquiet, Jadélynka comprit que la situation était peut-être un peu plus fâcheuse que ce qu’elle avait pensé. Sa mère était dans tous ses états, en fait. Cette dernière luttait pour ne pas se ronger les ongles et elle avait une ride sur son front. Quant à ses yeux… c’était à se demander si elle n’allait pas pleurer. A croire que quelqu’un était mort. Dans le doute, Jade prit une expression conforme à la situation.

-Qu’y-a-t-il ?

L’aînée se mordit la lèvre. Elle peinait à lâcher le morceau, comme si ne pas le dire signifiait que rien ne s’était passé.

-Eh bien… Oh, par Dothasi, ma pauvre Jadélynka, je ne sais pas comment te l’annoncer. Je suis tellement désolée, c’est Fenri, il… tiens. Lis.

Elle lui tendit le parchemin. Celui-ci était en partie froissé, victime de la nervosité de la mère. Jadélynka le lut à toute vitesse. Au fur et à mesure que ses yeux parcouraient les lignes, ses sourcils se fronçaient. Bientôt, elle adopta la même expression que sa mère.

-C’est une plaisanterie ? Encore ? S’emporta-t-elle.

Ou bien elle avait sauté un mot, ou même une ligne ? Elle lut encore deux fois les quelques phrases inscrites à l’encre noire, mais le résultat était sans appel : Fenri Déléis, un cousin éloigné, ou encore l’homme auquel elle était promise depuis quelques années, était mort. C’était pas croyable. Elle n’était pas triste ; elle était indignée.

-Connait-on les circonstances du décès ?

Ce n’était pas précisé dans la lettre, mais sa mère, tout comme elle tâchait de le faire, savait obtenir les informations qu’elle voulait quand elle le voulait. Elle détenait la majorité des ragots du plateau via des domestiques, des proches, et un vaste réseau de bouche à oreille très organisé. Il nourrissait abondamment les conversations de son groupe d’amies, un cercle très fermé. Jadélynka aspirait à en rejoindre les rangs, mais cela demandait beaucoup d’un travail qu’elle n’avait pas encore fourni.

-Non, pas encore. Je viens tout juste de recevoir la lettre, il serait mort ce matin. J’ai préféré te prévenir avant d’en savoir plus. C’était ton fiancé après tout.

Oui. C’était. Pas que Jadélynka n’appréciait pas Fenri. Elle s’entendait même très bien avec lui. Ensemble, ils auraient formé un joli couple et fondé un ménage beau à regarder. Ils auraient eu une vie confortable un peu comme les autres et se seraient fondus dans la masse de gens admirables, mais pas plus que les autres, ce qui en aurait finalement fait des monsieur et madame tout le monde. Ce n’était pas tout à fait ce à quoi Jadélynka rêvait, mais elle s’y serait pliée. D’un autre côté, l’Alfar commençait à être vexée : cela faisait quand-même deux fois que ça arrivait. En effet initialement, la jeune femme devait se marier avec Ulric Déléis, un autre cousin éloigné. Malheureusement, celui-ci s’était brisé la nuque en tombant dans les escaliers. A l’époque, cela l’avait plutôt arrangée : elle l’avait trouvé idiot et en plus il était moche. Cet adolescent avait connu une mort prématurée digne de son état d’esprit : c’était bête et méchant. Comme quoi le danger ne se trouvait pas toujours plus loin que le bout de son nez et que l’on était parfois, par soi-même, destiné à s’auto-détruire naturellement pour le bien de la sélection naturelle. Le choix de Fenri après la disparition d’Ulric avait donc été un meilleur parti. Il était timide et ça l’agaçait un peu, mais au moins, il avait été plus sympathique à son égard. Lui et Jadélynka n’avaient pas passé beaucoup de temps ensemble. Enna lui avait souvent reproché ce manquement : plus tôt elle apprendrait à connaître son futur mari, mieux leur couple se porterait. Mais jusqu’au bout l’Alfar avait craint de concrétiser leur union, de peur de s’ennuyer. Au final, elle avait bien fait de ne pas l’écouter : elle ne s’était pas attachée. Enfin, pas trop. Quel idiot. Finalement, ça ne l’étonnait pas. C’était l’ordre des choses, encore une fois. Fenri n’avait été promis à elle que pour l’élever lui et non elle. Pour lui donner un peu de cette fougue qui lui manquait et elle, probablement un peu plus de décence. Mais Jadélynka ne voulait pas être plus décente. Elle était convaincue que la clef du succès se trouvait justement dans l’indécence. C’était dangereux, certes, mais ça en valait la peine. S’il ne fallait jamais oublier de faire honneur à sa famille, il ne fallait pas non-plus oublier de vivre un peu.

-Il faut te trouver un autre fiancé. A ce rythme, les prétendants vont commencer à se faire rares dans les environs. Il y a le frère de Fenri, Fineas, mais il est plus jeune que lui. Vous aviez déjà quelques années de différence… Il va falloir attendre encore un peu. Vous devrez vous marier au plus tôt.

Jadélynka exprima son rebut par un soupir. Devoir s’unir à un adolescent la dégoûtait autant qu’elle se sentait insultée que sa mère la considère aussi vieille. De plus l’alternative lui donnait un mauvais pressentiment.

-Est-ce vraiment judicieux ? Peut-être devrions-nous élargir le choix…

Ses parents semblaient déterminés à la marier à un autre membre de la famille. Mais à un moment, ils devraient se rendre à l’évidence : à leur rang hiérarchique, ce n’était pas possible. Les Déléis ne couraient pas les rues à Istgardh. Surtout s’ils mouraient à chaque fois. A tous les coups, Fenri avait péri d’une façon aussi ridicule qu’Ulric.

-Nous allons trouver une solution avec ton père.

Ils n’arrêteraient jamais de chercher et ils avaient raison. Ce qui inquiétait Jadélynka en revanche, c’étaient leurs choix. Vraiment, ils étaient bornés. C’était le cas de nombreux membres de leur famille, en fait : chacun voulant garder la pureté de leur sang, ils s’obstinaient à unir leurs enfants avec d’autres du même nom. Le problème était qu’à moins que chaque famille fasse au moins cinq enfants, il n’y avait pas suffisamment de cousins et de cousines pour tout le monde. En termes de procréation, ses grands-parents avaient montré l’exemple, mais apparemment peu d’entre eux avaient suivi.

-Ne préféreriez-vous pas que je m’en occupe ?

Enna leva un sourcil et sa bouche forma une moue sceptique. Ses bras croisés trahissaient son interrogation. Si en premier lieu ses yeux exprimèrent une négation franche et absolue, ils s’adoucirent avec la réflexion. Finalement, ses épaules s’affaissèrent un peu.

-Chacun d’entre nous va s’en occuper. Nous serons plus efficaces, effectivement. Mais je te préviens : nous allons être très exigeants. Il devra être suffisamment digne de te donner des héritiers.

Evidemment. Jadélynka connaissait les critères les plus indispensables. Elle aussi serait exigeante. Elle désirait le mari parfait, pas le premier qui conviendrait à peu près. C’était l’occasion de prendre une partie de son destin, si rarement accessible, en mains. C’était le moment de faire honneur à sa famille, de faire décoller sa carrière et d’améliorer la prospérité des siens. Oh non, ni Enna ni Istvan ne serait déçu. Au contraire. D’un commun accord, les deux femmes se toisèrent.

-Nous aurons davantage d’informations sur les obsèques ce soir. Layae nous rendra visite pour nous faire parvenir les nouvelles et organiser la cérémonie. En tant que fiancée, tu auras un rôle important.

Layae était la mère de Fenri, une femme adorable. Jadélynka se demandait dans quel état serait cette dernière à son arrivée. Pleurerait-elle ? La jeune femme ne l’avait jamais vue pleurer. Elle ne l’avait jamais connue autrement que souriante. Elle en ignorait la raison, mais l’imaginer autrement qu’avec ses lèvres étirées et un visage illuminé la rendait craintive. La soirée promettait d’être lourde. Il fallait qu’elle réfléchisse à la tenue qu’elle porterait : pas trop chic ni trop sobre, sans que ce ne soit trop lié à la cérémonie.

-Très bien.

Après un dernier regard, Enna quitta la pièce. Renata referma la porte derrière elle. Jadélynka tourna les talons. Son visage s’était soudain transformé. Ses doigts effleurant ses lèvres, elle luttait pour ne pas se ronger les ongles de nervosité : elle ne voulait pas gâcher cette manucure qui lui avait demandé une application folle. Elle attrapa un mouchoir en tissu pour essuyer le coin de ses yeux. Elle n’aimait pas qu’on la voit comme ça, pas même son Mur.

-Ne reste pas plantée là, fais quelque chose ! S’exclama-t-elle à l’attention de cette dernière.

Quoi, elle ne savait pas. L’immobilité de son serviteur l’irritait juste plus qu’autre chose. L’Alfar ne comprenait pas son propre comportement. Elle n’avait aucun sentiment pour Fenri. Quant à la cérémonie, elle y avait déjà participé pour la mort d’Ulric et cela ne lui avait rien fait. Il ne lui suffisait que de reproduire la même chose. Silencieuse, Renata était passée derrière elle pour poser un châle sur ses épaules, supposé la réconforter. Jadélynka refoulait tant bien que mal ses émotions. Ça n’avait rien d’insurmontable. Absolument rien. Mais elle avait envie de pleurer.

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Sam 30 Jan 2021, 00:06

Jadélynka
Le Prince Charmant
Elle avait finalement réussi à contenir ses larmes. Cependant, sa fébrilité était palpable. Jadélynka tentait désespérément de la cacher derrière l’image d’une femme forte, mais tout ce que l’on voyait était la nervosité dont s’étaient épris ses gestes.

-Tu crois que je porte la poisse ?

Penchée sur sa coiffeuse, Jadélynka se regardait dans le miroir. Renata avait les yeux rivés sur sa maîtresse, impassible. Les mains jointes en évidence, prête à servir, elle ne s’était pas attendue à ce que l’Alfar lui pose une telle question.

-Je ne crois pas, Mademoiselle. Ce n’est qu’un malheureux concours de circonstances.

Le Mur n’était pas très à l’aise. Elle savait Jadélynka émotive, mais elle ne l’était jamais dans la tristesse et encore moins dans le deuil. Renata était plus habituée à subir ses excès de colère ou ses éclats de joie. Alors c’était tout ce qu’elle avait trouvé à dire. Heureusement, cela semblait suffire. L’Alfar voulait croire le Mur, de tout son cœur, mais ce dernier lui susurrait exactement l’inverse à l’heure actuelle.

-C’est quand même fou. J’ai été promise à deux hommes complètement différents. Ils ne se connaissaient même pas ! Et ils meurent. De manière ridicule en plus !

Elle avait besoin d’extérioriser. C’était stressant. Non… Affligeant. Oui, c’était ça. Affligeant.

-J’aurais préféré qu’il se fasse attaquer par un Näg durant cette pathétique révolte plutôt que... par son carrelage ! Franchement, qui meurt sur son carrelage ?!

Aux dernières nouvelles, même à l’échelle mondiale, peu de gens trépassaient en glissant sur du carrelage mouillé après qu’une domestique ait fait le ménage. Vraiment très peu. A la rigueur, les vieux. Et encore, il fallait le faire pour mourir. Non pas se casser un bras, vraiment, perdre la vie. Eh bien ça lui arrivait à elle. Fenri était mort en glissant sur du carrelage. La domestique avait été renvoyée sur le champ.

-Et puis quoi, Fineas va faire une hémorragie en se cognant le petit orteil contre un meuble ? A ce rythme, je vais décimer des familles entières. Je vais avoir une réputation affreuse.

Désespérée, elle s’affaissa sur sa chaise. Le menton posé sur ses bras croisés, elle ne regardait même plus son reflet dans le miroir. Son comportement inquiétait Renata. Lorsque sa maitresse cessait de se soucier de son apparence, alors ça n’allait vraiment pas.

-De toute façon, il était moche lui aussi. Et inintéressant au possible. Ajouta-t-elle mollement. Ce doit être le destin. Dothasi doit me préserver pour un homme meilleur.

-Certainement. Affirma Renata.

Retrouvant de l’énergie, Jadélynka se redressa. Elle s’était toujours sue spéciale. Si Fenri était mort, c’était pour ne pas la condamner à un avenir plat et terne. Soudain persuadée par cette explication, l’Alfar en retourna à son apparence.

-J’ai une mine affreuse.

L’accablement avait fait ressortir ses cernes. En deux coups d’œil, un peu de concentration et de la magie, elle les fit disparaitre et son visage retrouva sa jeunesse éternelle. Un sourire satisfait s’installa sur ses lèvres. Son visage à nouveau illuminé rassura aussitôt Renata.

-Bien. Maintenant il me faut une tenue. Hm… Je dois bien avoir quelque chose de clair et d’un peu habillé ?

Le Mur s’exécuta aussitôt et ouvrit sa garde-robe. Elle la connaissait aussi bien, si ce n’était plus, que sa propriétaire. Elle savait parfaitement quel type de robe nécessitait sa maitresse, ce qui faciliterait leur tâche. Le choix prit néanmoins une heure.

***


-Jadélynka !

-J’arrive !

C’était l’heure. Celle d’ouvrir la porte et d’accueillir Layae Déléis. Jadélynka accourut jusqu’au hall d’entrée, s’assurant d’une main que ses cheveux, attachés en un simple chignon, ne se défaisaient pas dans sa course. Elle était anxieuse. L’atmosphère devenait de plus en plus lourde au fur et à mesure qu’elle se rapprochait. L’attitude de la pauvre mère serait celle qui déterminerait le dérouler de toute la soirée et il allait sans dire que celle-ci serait tout sauf joyeuse.

Lorsque la fille eut rejoint sa mère, Enna posa sa main sur la poignée et ouvrit la porte. Elles découvrirent une jeune femme au visage fermé. A vrai dire, il n’y avait qu’un mot pour définir Layae : épuisée. Ses traits tirés ne mentaient pas. Jadélynka se mordait l’intérieur des joues. La voir ainsi était une nouvelle étape : c’était de plus en plus vrai.

-Bonsoir Layae. Entrez, je vous en prie.

La salutation retour fut à peine un murmure. Glacée, Layae replaça quelques mèches de cheveux derrière ses épaules. Il n’était pas difficile de deviner que si ça n’avait tenu qu’à elle, la mère se serait isolée du reste du monde pendant plusieurs jours pour pleurer la perte de son enfant. Elle faisait mal au cœur.

-Bonsoir. Souffla misérablement Jadélynka.

Elle était impressionnée par… sa douleur.

-Nous sommes vraiment désolées, toutes nos condoléances pour…

-Merci. Son ton cassant glaça les deux femmes. Pourrions-nous passer… directement à la procédure ?

Elle ne semblait pas le suggérer, mais l’imposer. Elle ne souhaitait pas que l’on se morfonde sur son propre sort. C’était compréhensible, malgré ses manières un peu abruptes. D’un regard entendu, Enna et Jadélynka l’invitèrent à rejoindre le salon.

***


A la tombée de la nuit, la Forêt des Murmures s’était éveillée. Comme envoûtée par la mélodie qui s’élevait dans l’ombre, la végétation frémissait, ondulait, rampait. Au rythme des percussions, elle se dressait ou elle avançait, d’une manière ou d’une autre, en silence, calmement. Les prières susurrées la guidaient. Elle était, plus que jamais, inquiétante à sa manière d’évoluer sans crainte d’être dominée, comme une flaque de sang s’étendant sur le sol. Cependant, contrairement au fluide, les plantes cauchemardesques allaient dans la même direction : elles suivaient le son, les paroles et les chants, elles écrasaient, bousculaient, tordaient sur leur passage et rien ne pouvait les arrêter dans leur périple. Le souffle de ces hommes et de ces femmes, qui faisaient jouer leurs flûtes à l’unisson était devenu leur seule raison d’être. Petit-à-petit, la nature s’approchait de son but. Petit-à-petit, elle venait border le chemin investi par le cortège, comme des sentinelles. Elle accompagnait le groupe, s’immisçant parfois entre les pieds des marcheurs pour rejoindre le corps qui retenait toutes les attentions. Autour d’eux, les ronces s’accumulaient parfois à tel point qu’elles formaient bientôt une arche aux allures squelettiques.

Les mains jointes devant elle, Jadélynka regardait droit devant, impassible. Elle avançait aux côtés de Fineas. Devant eux, les parents de Fenri et les flûtistes. Derrière, le défunt, puis les proches. Le cortège n’était pas si long : Fenri était mort jeune et sa liste d’amis notables avait toujours été courte. Heureusement, la famille avait permis de gonfler les rangs afin de donner aux obsèques un semblant de pertinence – contrairement à l’objet du décès, nous n’insisterons jamais assez sur ce point. Les percussions entouraient l’ensemble du groupe pour rythmer la marche. Ils avaient quitté la Majestueuse et s’étaient éloignés du sentier principal qui reliait Drosera au reste du monde. Lorsque le prêtre jugea s’être suffisamment éloigné, il mit fin au mouvement. Ils étaient arrivés là où on les oublierait, un instant : celui du deuil.

-Par la grâce d’Ezechyel et de Dothasi, Fenri Déléis a rejoint Tawaradan. Par la grâce d’Edel, c’est au sein de l’arbre mère qu’il a trouvé l’éternité…

Ils formaient à présent un cercle parfait autour du cadavre. A deux pas de celui-ci, le prêtre récitait la prière qui clôturerait la cérémonie. Jadélynka se tenait de l’autre côté du corps, secondée par Layae, son mari Ezar et Fineas. Elle regardait dans le vide, évitant soigneusement de s’attarder sur ce qui se trouvait juste devant elle, supporté par un autel de branches et de ronces mouvantes. Elle était nerveuse, ridiculement nerveuse. Plus que jamais, elle aurait aimé ne jamais avoir signé le contrat qui les avait fiancés. Si ça n’avait pas été le cas, elle se serait retrouvée à l’arrière et n’aurait fait qu’assister passivement à la cérémonie. Mais non. Le simple fait d’avoir déposé un peu d’encre sur un papier l’avait condamnée à se charger de cette partie. Inlassablement, elle se répétait qu’elle l’avait déjà fait, et qu’avec une maitrise amoindrie de sa magie, tout s’était bien passé. Néanmoins, elle soupçonnait qu’on l’ait aidée à l’époque. L’aiderait-on aujourd’hui ? Non. Si dans un premier temps, ce n’était l’intention de personne, elle-même n’en avait pas envie. Il était hors de question de se couvrir davantage de honte que ce qu’elle subissait déjà. Elle était à deux pas d’être officiellement titrée la Fiancée Noire avec tout ça… Et si celle-ci n’était pas même capable de montrer l’étendue de ses pouvoirs… alors elle ne serait plus rien.

-… Fenri Déléis a trouvé le repos. Par la grâce des Aetheri, nous remettons son corps à la Forêt dont il est issu. A son tour il la peuplera, protecteur de son peuple, gardien de ses secrets. Jamais on ne l’oubliera.

Une seconde, le silence retomba avec une lourdeur écrasante. La gorge nouée, Jadélynka posa ses yeux sur le corps. La musique reprit. C’était à son tour.

Fenri était aussi pâle que la robe de la jeune femme. Sa tenue à lui ne lui allait pas : d’habitude, il ne portait pas autant de noir et des vêtements aussi lâches et amples que ces drapages n’étaient pas non-plus dans ses goûts. Il ne se ressemblait pas. C’était amusant, car c’était aussi le cas pour elle : elle ne portait jamais de blanc. Ensemble, ils étaient moches, vulnérables, complètement hors de leur zone de confort. Et oui, Jadélynka se comparait présentement à un mort. Tout cela ne lui évoqua qu’un seul mot : pathétique. Elle le détesta. Sans broncher, l’Alfar se concentra sur la nature qui les entourait. Aussitôt, les tiges qui supportaient le corps s’agitèrent. Effleurant le tissu et la peau du défunt, la végétation vînt progressivement s’enrouler autour de ses membres pour l’envelopper petit-à-petit. De nouvelles racines surgirent du sol, plus épaisses, faisant frémir la terre et sa litière, en renfort de leurs congénères. Les épines déchirèrent les tissus et pénétrèrent la chair. Alors que Fenri n’était à présent plus qu’un amas de ronces et de plantes rampantes et parasites, le sarcophage rejoignit la terre et s’y enfonça progressivement, dans un ensemble de bruissements de feuilles, de craquements de fibres, de grognement d’humus labouré et malmené. Le processus ne prit fin que lorsqu’il ne resta plus aucune trace du défunt et que le sol eux reprit sa consistance. Jadélynka sépara ses mains. Elle venait de s’apercevoir que ses ongles avaient malmené sa chair au point de la rougir. D’un geste discret, elle finit surgir un arbuste du centre de la tombe. Il ne payait pas de mine. Il était petit et chétif, mais bientôt, il pousserait et ferait partie intégrante de cette Forêt.

Les épaules de la jeune femme s’affaissèrent légèrement sous l’effet du soulagement. La musique cessa à nouveau. C’était terminé. Derrière elle, elle entendait d’ores et déjà l’assemblée se disloquer. Elle souhaitait les rejoindre le plus vite possible, oublier cette cérémonie et passer à autre chose. Plus intéressant l’attendait ailleurs et s’il était coutume pour l’épouse ou n’importe quel autre proche de se recueillir encore un peu après le départ des musiciens, Jadélynka n’en ressentait nullement le besoin. Incertaine, l’Alfar regarda par-dessus son épaule. Ses mires croisèrent celles de Layae, puis d’Ezar. Ce qu’elle découvrit la consterna : ils pleuraient. Retrouvant sa position initiale de pseudo-veuve inconsolable, elle baissa la tête. Elle ne pouvait pas partir. Elle devait être triste. Elle serait l’une des dernières.

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Mer 04 Aoû 2021, 23:16

Jadélynka
Le Prince Charmant
-Il nous reste vingt-trois candidats. Annonça Renata.

Jadélynka se mordit la lèvre avant de pousser un soupir las. Vingt-trois. Cela faisait encore beaucoup de profils à traiter après la cinquantaine qu’elle venait de passer en revue depuis près de trois heures. Trouver la pépite nécessitait du travail et de la patience. Quelle était la probabilité pour que celui qu’elle recherchait se trouvât dans le dernier tiers de cette liste ? Certes, elle était d’une chance sur trois, ce qui était relativement important. Néanmoins, ses espoirs de trouver la perle rare s’amenuisaient alors qu’elle décidait du sort des différents prétendants qu’elle avait sélectionné. Nombreux étaient les hommes qu’elle avait éliminé d’office à cause d’un détail, comme un défaut physique minime ou une phrase qu’ils avaient dit lors d’un lointain dîner. Quelques chanceux – ou pas après tout – avaient surmonté l’étape du « non » catégorique pour patiemment attendre les résultats du « peut-être » lorsque le premier déblayage aurait été effectué. Quand ce serait fait, il était prévu de diviser ce sous-groupe en deux sous-sous-groupes qui seraient « plutôt oui » et « plutôt non ». Cela mènerait alors à la retenue de l’ensemble « plutôt oui », pour réitérer la méthode de tri jusqu’à obtenir un panel restreint et satisfaisant de prétendants à démarcher. Les candidats en question étaient tous des habitants du même plateau. Il s’agissait d’amis, de connaissances, de connaissances de connaissances, d’enfants de vieilles connaissances, ou encore de collègues, de connaissances de collègues ou de collègues de collègues. Tous avaient, à une dizaine d’années près, son âge. Le Mur les avait listés un à un avant d’évoquer leurs points forts et leurs points faibles d’après les informations qu’elle possédait d’eux.

-Et le suivant s’appelle…  Heraspio Ejhaeiani.

-Jamais entendu parler.

-Vous l’avez déjà probablement croisé en soirée mondaine, c’est le fils d’une amie à votre mère, Caelaide.

-Avec un nom pareil, je m’en serais souvenue. Mais passons, dis-moi tout.

-C’est un jeune homme qui correspond à un bon nombre de vos attentes, encore une fois. Les Ejhaeiani sont assez hétéroclites, lui-même fait partie de l’Ordre du Lotus Rouge. Il est peintre.

Jadélynka interrompit la description d’un geste de la main.

-Il est peintre. Répéta-t-elle lourdement. C’est non.

Elle avait déjà un ou deux peintres dans la sélection de ses « peut-être », mais des hommes bien plus désirables dont elle savait déjà que le destin serait de terminer dans les « plutôt non ». Si elle ne trouvait pas désagréable l’idée de s’unir à un homme qui pourrait représenter son sublime portrait dès qu’elle le souhaiterait, cela ne correspondait pas à ses plans de carrière. Et puis, franchement : qui voulait s’unir et porter un nom pareil ?
Les différents prétendants avaient été choisis selon divers critères. Le premier, bien entendu, était qu’ils fussent célibataires et en âge de se marier. Le deuxième relevait davantage de leur situation familiale, autant relationnelle, intellectuelle et financière. Le prétendant devait avoir fait de brillantes études et préférence appartenir à l’Ordre du Lys Noir. Il devait être intelligent, fertile, travailleur et performant, mais pas écrasant. Dans l’idéal, Jadélynka cherchait un jeune homme beau, charismatique, plus grand qu’elle et sérieux travaillant dans les finances. La peau grise ou mate était évidemment un plus, tout comme les liens préétablis avec les familles Arcesi ou Déléis, qu’ils fussent d’ordre diplomatique, économique, amical ou biologique. Il devait être à la hauteur de la femme qu’elle était, mais aussi avoir la force de supporter ses quelques états d’âme, qui en avaient déconcerté plus d’un.

-Aidan Laefiner.

-Voilà quelqu’un de plus familier.

Et de plus intéressant. Aidan avait récemment repris le cabinet de comptabilité de son père et sa famille aimait, de manière générale, manier l’argent. Il n’était pas particulièrement beau, et marquant, mais Jadélynka reconnaissait ses capacités intellectuelles pour avoir déjà eu l’occasion de discuter avec lui. C’était, à l’origine, un simple ami avec lequel elle avait passé une partie de sa scolarité, mais puisqu’ils étaient tous les deux à marier et que l’entente entre leurs deux familles était déjà faite… pourquoi n’y avait-elle pas pensé plus tôt ? Aidan serait, à n’en pas douter, de ceux qu’elle choisirait dans son lot final et contacterait pour lui exposer sa proposition.

***


-Monsieur Voëhdan, quel plaisir de vous revoir ! Comment allez-vous ?

Son sourire, celui qu’elle déballait pour les grands événements, accentué par sa nervosité, devînt plus sincère tandis qu’elle le considérait de la tête aux pieds. Raemiel était beau, vraiment beau. Il rassemblait à lui seul tous les critères de beauté qui attiraient la jeune femme chez un homme : grand, les épaules assez larges et la taille fine, il savait se tenir parfaitement droit tout en ayant l’air complètement détendu. Son visage allongé mais anguleux était encadré par des cheveux bruns coupés courts, et ses yeux bruns et ses sourcils légèrement froncés le rendaient mystérieux en plus de lui donner un air important. Néanmoins, lorsqu’il souriait, ses traits s’adoucissaient totalement, et c’était cela aussi qui faisait fondre Jadélynka.

-Le plaisir est partagé, Mademoiselle Déléis. Je vais très bien, merci. Et vous ? Vous êtes rayonnante aujourd’hui.

Elle dût se concentrer pour ne pas pousser un soupir de plaisir au son doux et chaleureux de sa voix grave.

-Bien ! Entrez, je vous en prie.

Alors qu’une domestique débarrassait l’homme de son manteau, Jadélynka l’invita à rejoindre le salon. Elle avait tout préparé pour que l’entrevue soit parfaite. Elle s’était bien habillée et avait passé une heure à s’occuper de ses cheveux et de son visage. Elle avait embelli sa propre personne par le biais du pouvoir du Charme afin d’avoir toutes ses chances. Elle espérait que ça en vaudrait la peine. Jadélynka n’avait vu Raemiel Voëhdan que deux fois auparavant. Il était incompréhensible qu’ils ne se fussent croisés plus tôt. La jeune femme n’avait eu qu’à poser les yeux sur lui, lors de leur première rencontre, pour comprendre qu’elle trouverait une excuse au moindre de ses défauts pour pouvoir se marier avec lui. Mais pour le moment, elle n’en avait encore repéré aucun. En plus d’être beau, de correspondre aux critères physiques de sa famille et d’être aimable, il était banquier, célibataire, et avait accepté son invitation avec enthousiasme. C’était à n’en pas douter un signe. Les étoiles étaient alignées et l’Alfar s’interdisait formellement de rater cette occasion. Le refus d’Aidan à sa proposition l’avait beaucoup contrariée, mais elle se rendait compte que c’était un mal pour un bien. Et dire qu’il ne lui avait suffi que de trouver le banquier de l’ami de l’amie de sa cousine.

-J’imagine que vous avez réfléchi à ma proposition ?

-Absolument. Elle m’intéresse toujours. Nous ne nous connaissons qu’assez peu, mais notre temps à tous les deux nous est compté et après réflexion, je me dis que travailler avec vous pourrait être… amusant.

Ce n’étaient pas seulement les étoiles qui étaient alignées, mais les galaxies, en fait : la raison pour laquelle un homme aussi séduisant n’avait pas encore trouvé chaussure à son pied était parce que son ancienne fiancée avait disparu avant qu’ils n’aient pu passer l’étape du mariage. De ce fait, il cherchait lui aussi une nouvelle partenaire avec laquelle s’unir de toute urgence, sous la pression parentale. Si Raemiel était, tout comme elle, tombé sous son charme, il était aussi attiré par les capacités prometteuses et les biens de la jeune femme. Elle était une négociatrice et il ne doutait pas un instant qu'elle était capable des pires choses pour arriver à ses fins. Les filles comme elles étaient comme ça. Elles outrepassaient la morale sans hésitation, quitte à parfois quitter leur zone de confort.

-Très bien ! Dans ce cas, venez. Avant d'évoquer un quelconque contrat, nous devons discuter plus en détails certaines prérogatives, n'est-ce pas ?

La décision finale quant à leur union ne leur revenait pas. Ils allaient avoir une longue discussion pour se préparer au mieux aux exigences de leurs familles respectives. Ainsi, en rencontrant l'une et l'autre, ils seraient tous forcés de se rendre à l'évidence : pour le bénéfice de leurs familles, ils étaient faits pour s'unir.

***


On frappa à la porte.

-Oh, ce doit être elle ! S'exclama Jadélynka.

Elle posa une main délicate sur ses cheveux pour s'assurer qu'ils étaient toujours coiffés. Elle était presque aussi nerveuse que le jour où elle l'avait présenté à ses parents. Renata s'occupa de faire rentrer leur invitée, qui ne tarda pas à faire son apparition, accompagnée du Mur.

-Chelae ! Comment vas-tu ?

-Très bien, merci. Tout semble bien se dérouler pour vous deux également. Répondit-elle en s'attardant sur celui qui secondait son amie.

Elle était bien entendu au courant de leur situation : ils avaient reçu la bénédiction des deux familles. La nouvelle venue détailla l’homme de la tête aux pieds. Il était exactement comme Jadélynka le lui avait décrit. Chelae avait d’abord pensé qu’elle l’avait idéalisé, mais s’était visiblement trompée.

-Raemiel Voëhdan. Je suis ravie de faire votre connaissance. Jadélynka m'a beaucoup parlé de vous.

-Moi de même.

Après une courte révérence, elle lui rendit son sourire radieux. Ils étaient à peine fiancés que le couple rayonnait déjà. Chelae était très heureuse pour sa cousine, évidemment, mais elle les enviait également. Son propre mariage ne s'annonçait pas aussi fusionnel. Avant qu’un silence ne s’installe, Jadélynka joignit ses mains.

-Eh bien, maintenant que les présentations sont faites, venez ! Nous pourrons discuter autour d’un thé et d’une partie de cartes.

Chelae eut un regard complice avec le fiancé. Jadélynka était parfois très joueuse. Si ce n’était pas son cas, il devrait s’y habituer très vite.

***


-Alors, comment le trouves-tu ?

Il était reparti et Jadélynka était tellement exaltée qu’elle parlait comme une adolescente.

-As-tu vraiment besoin de me poser la question ? Mais l’Alfar attendait une réponse claire. Honnêtement, te connaissant, je crois que tu as trouvé la perle rare. Il te correspond parfaitement, je suis assez bluffée.

-Tu vois ! Je suis moi-même bluffée. C'est un rêve éveillé ! Tu te rends compte ? Je vais me marier à cet homme. Il est beau, tu ne trouves pas ?

Oui, il était beau. Depuis le temps, Chelae l’avait bien compris et intégré. Elle retînt un soupir. Elle était ravie pour sa cousine, mais celle-ci lui jetait son bonheur au visage depuis le début de la journée, ce qui commençait à être usant.

-Il n'est pas mal, ça c'est clair. Et très aimable.

-Oui ! S'exclama-t-elle, dégringolant un peu plus les années de maturité.

Chelae cessa soudain de sourire. Elle la trouvait ridicule tout à coup, son comportement était presque dangereux. Tomber à ce point amoureuse ne serait-il pas une source de faiblesse à l’avenir ? Si. S’attacher, c’était se lester. Toute leur enfance, on leur avait enseigné qu’il fallait s’écarter de toute personne dès lors que celle-ci risquait de leur faire perdre des plumes, voire leurs ailes.

-Vous n'êtes pas encore mariés.

Elle l'avertissait car rien n'était encore gagné. Et une fois unis aussi, tout pourrait encore arriver. Chelae imagina Raemiel mourir la veille de leur mariage, mais chassa tout de suite l’odieuse image de son esprit. Jadélynka changea d'humeur.

-Tu essaies de me démoraliser ?

Elle se permettait ce petit écart à son hypocrisie habituelle car elle était en face de sa cousine et confidente. Elle serra les poings.

-Je t'indique juste que tes deux fiancés précédents n'ont pas eu de chance et que rien n'est acquis d'avance. Ne t’implique pas trop sentimentalement. Tu devrais le savoir.

-Bien sûr que je le sais ! Tu n'imagines pas à quel point je suis nerveuse avec toute cette histoire.

Silence. Jade n’en croyait pas ses oreilles. Elle n’aurait pas cru sa cousine si amère. Elle se sentait fébrile, mais restait droite.

-Alors ne t'attache pas trop à lui. C'est pour ton propre bien.

-Écoute moi bien Chelae. C'est la première fois que je ressens ça pour quelqu'un et je ne compte pas le lâcher. Raemiel est à la fois l'homme et l'opportunité de ma vie. Je sais ce que je fais. Alors maintenant, si tu es jalouse ou que tu as un problème parce que ton pauvre Ihrar te déplaît, garde le pour toi. Je ne veux pas en entendre parler. Tu vois, lui aussi pourrait mourir. Je suis sûre que tu en serais soulagée. Mais je ne t'en parle pas. Par politesse. Tu vois ?

La discussion prenait un tournant qu'elle n'avait pas choisi. Chelae sentit son poil se hérisser.

-Je t'interdis de parler de mon mariage ainsi. Ihrar est très bien et nous...

-Je m'en fiche. Cesse de parler du mien comme ça.

Cette conversation était terminée. Froissée, Jadélynka tendit le bras pour lui indiquer la porte. Ses yeux, ancré dans les siens, jetaient des foudres.

-Passe une bonne journée. Conclut-elle froidement.

Elle était peut-être un peu drastique, mais la jeune femme ne comptait laisser personne entraver ses plans ou détruire son mariage. Jadélynka serait intransigeante. Il lui faudrait tenir un mois.

~2156 mots~


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