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 [Q] – Une cérémonie salvatrice

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Typhon Gargantua
~ Eversha ~ Niveau V ~

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◈ Activité : Chasseur [Rang III] & cuisinier [Rang III]
Typhon Gargantua
Ven 21 Aoû 2020, 22:34


Partenaire : Tamina et Dimitri
Intrigue/Objectif : Sauvetage. Dhavala et sa petite meute ont atteint les Terres du Lac Bleu dans le but d’y prendre un portail magique qui les conduira au Rocher au Clair de Lune. Si près de retourner chez lui, l’Eversha décide de faire escale dans une forêt non loin de Vervallée. Il compte ainsi procéder à une cérémonie religieuse dédiée à Phœbe, afin de préparer les deux membres de sa meute à ce qui les attend au Rocher. Il s’avère que cette cérémonie attira deux jeunes résidents de ces terres magiciennes, perdus et désemparés, vers la meute de changeurs de forme.


Une chatte et un renard dévoraient les restes d’une carcasse d’un sanglier sauvage, après le passage d’un imposant tigre, qui avait englouti la majorité de l’animal. Ce trio d’animaux improbables était bien évidemment surnaturel. Il s’agissait de changeurs de forme, des Béluas, affamés et épuisés après leur long périple qui les mena des vastes étendues des Terres d’émeraude aux Terres du Lac Bleu. La longue descente des hauts plateaux des Terres d’émeraude aux Terres du Lac Bleu en contrebas fut des plus pénible. Ainsi donc, la meute de Dhavala saisit la première occasion afin de se nourrir et resta immobile plusieurs heures suivant leur repas. Sans même cuisiner cette viande, les changeurs de forme dévorèrent leur proie crue dans leur forme animale.

Le jour suivant, Dhavala mena sa petite meute jusqu’à une clairière au cœur de cette modeste forêt sauvage des Terres du Lac Bleu. Cet Eversha, un changeur de forme né au Rocher au Clair de Lune, s’efforçait de passer d’un vagabond solitaire à un chef de meute respectable et la tâche était monumentale. Bientôt, lui et son groupe atteindraient Vervallée, ils prendraient un accord avec les Magiciens et ils se retrouveraient dès lors au Rocher au Clair de Lune, sa terre natale. De son statut de vagabond, Dhavala n’avait ni autorité, ni même d’alliés chez lui. Pourtant, il s’efforçait d’être reconnu chef de meute, afin que ses compagnons puissent obtenir une vie meilleure.

Échidna, l’amante de Dhavala, était une Wynmeris, une sang-mêlé née d’un Bélua et d’une Sorcière. Elle passa la majeure partie de sa vie dans l’Antre des marais, à maudire à la fois ses parents et Phœbe, la divinité maîtresse des changeurs de forme, la déesse de la nature et de la lune. Du Totem du chat, la femme n’était pas en accord avec sa forme animale, se comportant plutôt comme une lionne. Seule, elle n’avait aucun avenir au Rocher au Clair de Lune où les Evergrims, les sangs purs comme Dhavala, représentaient la majorité de la population. Échidna avait besoin de se joindre à une meute afin d’avoir le moindre droit au Rocher.

Renart, l’apprenti peu bavard de Dhavala, était un Evergrim, mais contrairement à son mentor, il n’était pas Eversha, puisqu’il est né hors du Rocher au Clair de Lune. Du Totem du renard, l’adolescent pur-sang n’était pas en meilleure posture qu’Échidna. Effectivement, la vie au Rocher dépendait de la relation d’un individu envers sa meute. En l’absence de cette relation, Renart n’était qu’un vagabond parmi tant d’autres. Qui plus est, le garçon n’avait que très peu de compétence utile à la vie dans le domaine des Evershas, lui qui passa sa jeunesse sur un navire pirate.

Ainsi, c’est un mélange de traditions désuètes et de pitié qui unit Dhavala à ses compagnons. Plusieurs années auparavant, une mésaventure propulsa l’Eversha dans un voyage autour du monde. C’est donc le désir de Dhavala de retourner à sa terre natale qui motiva la création de cette meute qui allait bientôt devoir affronter l’adversité afin de se tailler une place où vivre au Rocher au Clair de Lune. C’est pourquoi Dhavala choisit d’organiser une cérémonie religieuse afin de mieux préparer Échidna et Renart à leur nouvelle vie. Peuple sauvage, les Evershas n’avaient que très peu de règles qui sont acceptées d’un bout à l’autre du Rocher. La principale était une dévotion systémique envers Phœbe, une dévotion qui faisait encore défaut chez les compagnons de Dhavala.

***

Les cérémonies en l’honneur de Phœbe variaient selon l’ancien qui la dirigeait. Pour cause, ces cérémonies se déroulaient en deux temps. D’abord, il y avait une manifestation de dévotion et ensuite les signes étaient interprétés afin d’annoncer la volonté de la déesse sous la forme de mots. Et donc, chaque ainé avait sa propre méthode pour inciter Phœbe à communiquer avec ses enfants, tout comme chacun pouvait interpréter les signes à sa manière.

À défaut d’un ancien, c’est Dhavala qui organisa sa propre version de la cérémonie religieuse. N’étant pas augure, le jeune homme faisait de son mieux pour prendre exemple sur les cérémonies de son défunt clan. Pauvres et isolées, les cérémonies du clan Himsaru étaient minimalistes et peu impressionnantes. Elles étaient loin d’avoir la prestance et le grandiose des cérémonies populaires. Cela dit, il fallait bien débuter quelque part.

Dhavala chassa afin de cuisiner un copieux festin pour sa meute, mais aussi afin d’accumuler diverses offrandes pour Phœbe. C’est ainsi que le chasseur prépara soigneusement de belles fourrures, nettoya et polie le crâne de plusieurs bêtes, rassembla des griffes, des bois et des cornes, et se servi de boyaux pour récolter le sang de ces prises au moment de les vider. Certaines meutes procédaient également à un sacrifice animal, mais le clan Himsaru était trop pauvre pour se permettre un tel gaspillage. C’est pourquoi la tradition du clan voulait limiter le plus possible toute forme de perte lors des cérémonies.

Pour honorer cette tradition, Dhavala, Échidna et Renart confectionnèrent des habits cérémoniels avec la fourrure, le cuir et les os non utilisés pour les offrandes. Même en tenant compte que le festin devait nourrir l’appétit démesuré d’un tigre, il n’y avait assez de matériel que pour faire des tenus très légères. Bref, un pagne et divers os taillés attachés par des ficelles en fibre musculaire porter en colliers. C’était un accoutrement pour le moins rustique et Échidna comme Renart se montraient hésitant à le revêtir. Ces « habits » avaient tous les désagréments de portée des vêtements, mais aucun de ses avantages. À contrecœur, les deux changeurs de forme suivirent l’exemple de leur chef, mais pas sans rire du ridicule de la situation. Cela dit, la meute ressentit tout de même une certaine fierté, assortie du même accoutrement. Ces habits cérémoniels donnaient une certaine unité au groupe, masquant ainsi leurs différences.

***

C’est vers la tombée de la nuit, moment où Dhavala et ses compagnons avaient pour habitude de se nourrir, que la cérémonie commença. Ainsi, les Evershas démontraient leur dévotion, donnant à Phœbe préséance sur leurs propres besoins. Un grand feu de joie fut allumé dans une clairière où les étoiles et la lune s’illustraient sans obstacle. D’ordinaire, la préparation du feu était plus rituelle et s’accompagnait de divers chants ancestraux. Toutefois, Dhavala ne connaissait par cœur qu’un seul chant en Grymwyn, la langue des Evershas. Il procéda donc à une version simplifiée du rituel, puis entama le chant, pendant qu’Échidna et Renart tentaient tant bien que mal d’apporter leur voix aux passages à répondre de la chanson. C’était difficile pour eux, puisqu’ils n’avaient presqu’aucune connaissance du Grymwyn et que Dhavala était un piètre professeur.

Il s’en suivit d’un long moment de silence, alors que Dhavala déposait solennellement les offrandes de la meute au feu. Le chef se concentrait pour observer les signes que Phœbe réservait à la petite meute afin d’interpréter les mots de la déesse. Échidna et Renart ne comprenaient pas l’utilité d’une telle pratique. De sa propre définition, Dhavala avait admis que l’interprétation des signes était une question d’instinct. En d’autres mots, les Evershas inventaient ces soient-disant mots divins. Cela dit, ni l’un ni l’autre ne manifesta ouvertement leurs doutes sur la pratique. Bien qu’ils soient étrangers aux coutumes du Rocher au Clair de Lune, l’omniprésence du culte de Phœbe était telle, que douter d’une pratique aussi sacrée pour les Evershas relevait de l’hérésie. S’il y avait un sujet où Échidna et Renart devaient faire preuve d’une extrême prudence, c’était celui-là.

Toutefois, si les deux changeurs de forme donnaient peu de crédibilité à la pratique elle-même, ils avaient une grande confiance en ce que leur chef proclamerait. Pour cause, Dhavala avait la capacité d’entrevoir l’avenir lorsqu’il s’adonnait à ces pratiques religieuses. L’Eversha n’en avait pas directement conscience, trop endoctriné pour penser autrement, mais Échidna pouvait sentir la puissante magie de son amant à l’œuvre lorsqu’il méditait de la sorte sur les signes de Phœbe.

«  Nous avons dépassé la croisé des chemins… Désormais, le Rocher au Clair de Lune nous attend. Mais… il y a un grand vide, une obscurité… Quelque chose va se produire, quelque chose qui va tout changer…  »

Dhavala ne poursuivit pas. C’était tout ce qui compris de son rituel. L’Eversha sourit alors et se précipita contre son amante et son apprenti, riant. Renart évita de justesse l’imposant mâle, au détriment d’Échidna qui se retrouva plaqué au sol.

«  Ah ! Dhavala ! Quand comprendras-tu que tu es trop lourd pour me sauter dessus. Je suis fragile moi !  »

La Wynmeris n’eut guère le temps de souffle qu’elle se retrouva sur ses pieds, entraîner par son partenaire qui l’incitait à danser autour du feu. Il était piètre danseur, mais dans l’instant, l’Evergrim semblait particulièrement joyeux. Lentement, Échidna compris la source de l’euphorie de son mâle. Selon ces « mots de Phœbe, » le Rocher au Clair de Lune attendait Dhavala et sa meute. La changeuse de forme savait que son chef avait simplement entrevu un futur où lui et sa meute atteignaient le Rocher au Clair de Lune. Ce n’était en soi pas difficile à prévoir, si prêt d’atteindre cet objectif. La meute était venue aux Terres du Lac Bleu précisément pour prendre un portail menant au Rocher. Or, puisque Dhavala croyait que cet avenir possible lui était offert par Phœbe, cette vision prenait la forme d’une bénédiction divine. Ainsi, Dhavala croyait que la déesse de la nature et de la lune invitait l’Eversha à revenir à la maison.

«  Qu’est-ce que tu attends, Renart ? Pas question que tu te moques de moi pendant que je danse. Tu viens avec nous !  »

Puisqu’Échidna avait détourné l’attention de Dhavala sur Renart, l’adolescent ne pouvait plus échapper à la « danse. » À la sincérité du sourire de la chatte, le renard compris finalement la raison de cette célébration. Si c’était Phœbe qui invitait la meute de Dhavala, alors aucun Eversha ne s’opposerait à leur venue au Rocher au Clair de Lune. Leur présence était ainsi légitimée. Cela représentait un énorme avantage et surtout un grand soulagement.

Dhavala croyait toujours que c’était Phœbe, elle-même, qui était à l’origine de ses mésaventures qui l’avait entraîné loin de chez lui. Et donc, plus Dhavala se rapprochait du Rocher au Clair de Lune, plus il était anxieux que la déesse de la nature et de la lune s’oppose à son retour. Oubliant le costume ridicule, la faim qui le rongeait de retarder ainsi son repas du soir et même sa fierté, Renart rejoignit ses compagnons à démontrer sa joie autour du feu. Les Béluas étaient de piètres danseurs, alors leurs mouvements étaient désordonnés. Cela dit, c’était un chaos unifié et joyeux.

Les changeurs de forme dansèrent et chantèrent à moitié nus dans leurs costumes cérémoniels pendant un long moment. Un énorme festin les attendait, alors ils pouvaient se permettre de laisser libre cours à leur euphorie. Après tout, la vie des trois Béluas s’apprêtait à changer pour le mieux. Il fallait profiter du moment, maintenant, et célébrer pendant que c’était encore possible. De nouvelles difficultés attendraient sous peu les changeurs de forme.

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Mer 09 Sep 2020, 09:59

Dimitri tenait un cahier sous son bras. Ce qui était fin au commencement avait doublé de volume, si bien qu’il était pénible pour le garçon de le porter. Dedans, il y avait ses notes, ses croquis et ses observations sur le monde et le ciel. À ses côtés, se tenait sa sœur. Elle fixait la forêt, un air agacé sur le visage. Le blond, lui, restait paisible.

« Quelle idée aussi de nous éloigner autant !
— Tu es inquiète ? demanda-t-il, en la dévisageant.
—Non. » répondit-elle dans un mensonge plus gros qu’elle.

L’adolescent fit un pas vers elle, afin d’enrouler son bras autour de ses épaules. Il voulait la réconforter. Lui-même n’était pas tourmenté. Il pensait qu’ils pourraient se retrouver facilement. La zone n’était pas spécialement dangereuse et l’un de ses camarades de classe lui avait raconté une histoire sur une jeune magicienne qui s’était perdue et avait rencontré une créature non encore identifiée jusqu’ici. Peut-être que ce serait leur cas ?

« Qu’est-ce que tu fais ? questionna Tamina, avec une mine d’autant plus énervée. Ne me touche pas !
— Je veux juste te rassurer, dit-il.
— Je n’ai pas besoin d’être rassurée, surtout pas par toi ! »

Sur ces mots, elle se dégagea de l’étreinte de son frère et se mit à marcher plus vite, les poings serrés. Lui resta un instant immobile, à essayer de réfléchir au comportement de sa sœur. Celui-ci n’avait aucune logique. Parfois, elle s’accrochait à lui comme si sa vie en dépendait. D’autres fois, elle le repoussait comme si elle le détestait. Il soupira et essaya de la rattraper, à grandes enjambées.

« Je ne pense pas qu’on réussira à rentrer en allant par là.
— Si mon chemin ne te plaît pas, tu as qu’à en prendre un autre. Je n’ai pas besoin de toi ! »

Cette fois, Dimitri se mit à courir. Il la rattrapa, la contourna et posa l’une de ses mains sur l’épaule de la brune.

« Tu vas arrêter, oui ?
— Laisse-moi tranquille ! Je reste avec toi que parce que ton sang m’est accessible facilement. »

Elle se dégagea et continua. Elle était difficile et, plus que ça, à chaque fois qu’elle le rejetait, ça le blessait. Il ne pouvait pourtant pas se détacher d’elle, déjà parce qu’ils vivaient ensemble et aussi parce qu’il n’en avait pas envie. Elle le tourmentait cependant, sans qu’il ne sache quoi faire par rapport à ça. La raisonner semblait inefficace. Joshua lui avait dit qu’il devait lui laisser le temps. Une transformation en vampire changeait bien des choses.

« Rends-moi mon pull alors, dit-il.
— Tiens, je m’en fiche de toute façon. »

Elle le retira et le lui tendit brusquement. Elle avait un gilet foncé en dessous. Dimitri, qui était en manches courtes jusqu’ici et qui commençait à avoir vraiment froid, enfila de nouveau le tissu clair. Il plaça la capuche sur sa tête et continua à avancer, en suivant l’ombre de sa sœur. Il s’était retenu de lui dire que la prochaine fois qu’elle aurait soif, elle devrait se trouver un autre pigeon qui accepterait sa morsure.

Alors qu’ils commençaient tous les deux à être épuisés, n’ayant pas encore retrouvé leur chemin, ils débouchèrent sur une plaine. Leurs yeux furent attirés par une lueur, lueur qui n’était autre qu’un feu. Sa fumée s’élevait dans le ciel étoilé. S’ils n’étaient pas perdus, Dimitri aurait adoré se poser ici, pour observer le ciel en compagnie de sa sœur. Elle lui aurait probablement faussé compagnie au bout de quelques temps, afin de s’entraîner à la chasse. Lorsqu’elle s’y mettait, il la trouvait mignonne. Un autre que lui, moins lié, l’aurait trouvée ridicule. Néanmoins, il aimait sa sœur et la tendresse qu’il lui portait faussait son jugement.

« Qu’est-ce qu’ils font à ton avis ?
— Ils dansent et mangent. T’es bête ou quoi ? »

La jeune fille avait senti l’odeur de la viande avant même de sortir de la forêt. Heureusement, elle s’était nourrie juste avant de quitter leur maison. Rosalyn était très stricte à ce sujet : si Tamina devait aller quelque part, elle devait boire avant. Comme ils ne vivaient pas parmi les vampires, la génitrice ne voulait pas que son enfant fasse des bêtises et attire l’attention.

« Je vois bien mais ça a l’air particulier. On pourrait leur demander notre chemin ?
— Non.
— Tamina, on est perdu. On ne va pas faire des manières. »

Ce n’était pas vraiment pour cette raison qu’elle ne voulait pas. Ce que sentait son instinct par rapport à cet étrange groupe ne lui disait rien. Néanmoins, Dimitri ne l’écouta pas et accéléra le pas pour se retrouver non loin des individus.

« Bonsoir. Excusez-nous de vous déranger. Est-ce que vous sauriez comment rejoindre le village de Val-Doré ou ses alentours ? Cour-Neuve ou Le-Pont-Fleuri serait parfait aussi… »

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Typhon Gargantua
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Typhon Gargantua
Jeu 10 Sep 2020, 03:28



Distraite, la meute de Béluas fut surprise par l’apparition soudaine des deux jeunes adolescents. Certes, un seul s’était dévoilé, mais maintenant que les sens de Dhavala étaient en alerte, il n’eut aucun mal à détecter l’engeance maléfique à l’orée du bois. Dès lors, il manifesta sa méfiance. En un grognement du chef de meute, Renart disparu, devenant magiquement invisible, alors qu’Échidna recula derrière son mâle. Une écrasante puissance magique émanait de la changeuse de forme, enrobant celle-ci de l’aura argentée de la magie d’Argent.

Considérant la puissance perceptible, le temps de réaction des changeurs de forme était plutôt lent. Les secondes s’écoulaient et il devenait de plus en plus évident que le chef de meute attendait quelque chose des intrus. S’il avait été au Rocher au Clair de Lune, Dhavala aurait déjà capturé sans ménagement les deux jeunes. Dans les terres du Lac Bleu, toutefois, l’Eversha hésitait. Avoir été des Magiciens, Dhavala aurait accueilli les adolescents à bras ouvert, indépendamment de leur incapacité à s’introduire avant d’exiger des réponses à leurs questions.

Or, ni le garçon ni la fille n’appartenaient au peuple régissant la contrée. Cette dernière, en particulier, dévoilait des auras maléfiques et sanguinaires. C’était très faible, à peine perceptible même, mais le fait demeurait. Sorcière ou Vampire, cette gamine n’était pas à sa place chez les Magiciens. Par chance pour elle, son compagnon était de bien meilleure compagnie et il avait eu la décence de préciser qu’il n’était pas seul. Ce dernier était bien plus intéressant, bien que tout aussi faible que sa partenaire. En celui-ci, Dhavala apercevait la très familière magie d’Argent, sa propre magie, jumelée avec une étrange forme de magie qui échappait à la compréhension du guerrier.

Le silence dura, partiellement interrompu par le crépitement de l’imposant feu de joie derrière Dhavala. L’Eversha laissait une dernière chance aux intrus de se présenter alors qu’il décidait du sort qu’il leur réservait. C’était pourtant une évidence. Comment mieux annoncer sa bonne foi et ses intentions pacifiques que de révéler son nom ? Seuls les brigands et les voleurs agissaient sous le couvert de l’anonymat. Soudainement, des bruits de pas détalèrent d’une position plutôt rapprocher de la fille, qui se maintenait toujours dans l’ombre. C’était Renart, qui invisible, s’était discrètement rapproché de la vilaine. Or, le bruit ne correspondait pas aux pas d’un adolescent de 15 ans, mais plutôt d’une bête de taille relativement petite. Le renard invisible avait rempli sa mission de repérage et il revenait dès lors se mettre à l’abri.

« Tu es loin des tiens petit voleur, proclama Dhavala. Et que dire de la canaille qui est prête à s’enfuir en te laissant pour mort ? Humph ! »

Dhavala se mit à rire, tournant le dos au garçon. L’imposant guerrier de deux mètres s’en alla s’asseoir près du feu, où l’attendait un copieux festin, cuit à point et épicé, dont l’odeur remplissait l’air ambiant de la clairière. À son tour, Échidna cessa de manifester sa puissance magique pour aller se blottir contre son mâle, un renard devenu visible entre les bras.

« Tu n’es pas très malin, petit voleur. La nuit est tombée. Tu as perdu ton chemin. Et que demandes-tu ? Ah ! Tu dois avoir volé tout un butin pour être aussi téméraire. »

Un large sourire au visage, le chef de meute se gratta le menton, son regard perçant dirigé droit vers le garçon. Selon toute vraisemblance, ce jeune était dans une bien fâcheuse situation et il n’avait réalistement nul butin pour justifier la multitude de mauvais pas qu’il prit pour s’en retrouver là. Évidemment, Dhavala s’amusait aux dépens du visiteur. Cela fait, il était temps de passer aux choses sérieuses. L’estomac de l’Eversha réclamait son dû. Pendant que le chef se plaisait à faire durer le suspense, Échidna prise à son tour la parole.

«  Tu ne nous déranges pas, dit-elle. Oui, oui et oui. Voilà, tu ne t’excuses pour rien, tu as la réponse à tes questions et tu n’as absolument rien gagné. Si ça se trouve, nous allons te dévorer ou te transformer en monstre !  »

Maintenant que sa meute avait été apaisée, Dhavala reprit la parole. Seul Renart conservait sa forme animale et il ne la quitterait certainement pas de la nuit. L’apprenti de l’Eversha était particulièrement craintif, alors c’était le plus apaisé qu’il pouvait se montrer au vu de la situation. Autrement, il serait toujours invisible et chercherait une ouverture pour leur trancher la gorge. Échidna… elle revenait à son habitude de tourmenter ceux qu’elle qualifiait d’indésirables avec des demi-vérités. Puisque les deux jeunes n’avaient rien à apporter à la meute et probablement rien à promettre, elle se moquait de leur sort. Seul Dhavala avait un minimum de considération pour le duo. Et encore, il ne s’agissait pas de bonté, mais de l’application d’une tradition. Pour peu que les adolescents fassent leur part, ils n’avaient rien à craindre.

« Reprenons, veux-tu, petit ? Tu pénètres dans mon camp. Il fait nuit noire. Un feu t’y attend et un festin ne demande qu’à être partagé. D’abord, tu te présentes. Ensuite, tu demandes mon hospitalité. Et voilà, tu as démontré ta bonne fois et des intentions pacifiques. Alors, je me présente et je t’invite à partager mon repas. Et voilà, je t’ai démontré ma bonne foi et mes intentions pacifiques. »

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Ven 08 Jan 2021, 01:16

Le visage de Dimitri se décomposa légèrement. Il n’avait pas l’habitude d’une présence si écrasante auprès de lui, bien que Rosalyn fasse partie des vampires plutôt puissants. Elle avait pu engendrer sa sœur et savait contrôler les élans de sa soif.

« Petit voleur ? » murmura-t-il faiblement.

Il n’était pas sûr de comprendre où l’homme voulait en venir. Néanmoins, eu égard à leur grande différence de taille, il préféra ne pas poser plus de questions. Une chose était sûre : il n’était pas un voleur. Qu’aurait-il pu voler ? Pourquoi l’inconnu disait-il cela ? Parce qu’il faisait nuit et qu’il était dehors ? C’est vrai que ça pouvait être considéré comme un comportement douteux.

L’adolescent resserra ses bras autour de son propre corps, comme s’il avait froid. Parfois, il détestait Tamina pour ne pas vouloir le suivre. L’avoir près de lui l’aurait peut-être rassuré dans la situation présente. Il était d’un naturel avenant et arrivait facilement à se faire des amis mais tout était différent de nuit, avec des gens plus âgés que lui. Partirait-elle comme une voleuse s’il était en danger, comme le laissait supposer le géant ? Il n’espérait pas mais n’avait pas envie de vérifier.

Il fut d’autant plus surpris, et peut-être soulagé aussi, lorsque le groupe retourna s’asseoir tranquillement. Il n’était toujours pas sûr de tout comprendre. L’homme lui parlait étrangement. C’était comme s’ils n’étaient semblables en rien et que leurs différences les empêchaient de se comprendre. Il voulait juste des indications sur sa direction, chose que n’importe quel magicien lui aurait fourni avec joie.

« En monstre ? J’ai déjà ma sœur pour ça… » tenta-t-il de plaisanter, maladroitement.

Il avait déjà envisagé que Tamina essaye de le transformer en vampire un jour, quand elle serait plus à-même de contrôler ses pulsions. Il n’en avait pas envie. Il n’avait pas envie de se mettre dans un état similaire au sien, lorsqu’elle devenait folle à cause du manque de sang.

« En plus je ne dois pas être très bon à manger. On dit souvent que j’ai l’air malade. » ajouta-t-il, dans un sourire mi-figue mi-raisin.

Il n’arrivait pas à savoir si ça faisait rire les autres ou pas, ou même si c’était le moment de rigoler. Le stress lui faisait entreprendre n’importe quoi.

Tamina, elle, à l’entente du bruit, avait sursauté. Elle n’aimait pas cette situation et, s’ils s’en sortaient, allait tellement frapper son frère que ses joues passeraient de la couleur du lait à celle du sang. Elle lui avait dit de ne pas aller demander leur chemin. On ne savait jamais sur qui on tombait et ces gens ne lui disaient rien qui vaille. Néanmoins, maintenant que l’autre morveux était dedans jusqu’au cou, elle n’avait pas l’intention de l’abandonner là. Elle aurait dû, car ça lui aurait fait les pieds. Peut-être le ferait-elle plus tard.

Lorsque l’homme reprit la parole, Dimitri l’écouta. Le ciel était étoilé et la fumée se perdait dans sa noirceur. Il aurait pu protester mais resta calme.

« Excusez-moi. Je ne savais pas qu’il s’agissait de votre camp. Ma sœur m’a dit qu'il valait mieux ne pas vous déranger mais, comme nous sommes perdus, je me suis dit que vous pourriez nous aider. »

Il n’était toujours pas sûr concernant l’aide potentielle. Pourquoi des magiciens camperaient-ils ici ? Pourquoi ne leur indiqueraient-ils pas le chemin ?

« Je m’appelle Dimitri Stray. La tête de mule qui m’accompagne c’est ma sœur : Tamina. Elle n’aime pas trop les gens.
— Accouche au lieu de me critiquer devant moi, répliqua la concernée, qui s’était avancée.
— Mais tais-toi. » lança le garçon, pris au dépourvu.

Les deux échangèrent un regard empli d’une animosité toute relative. Lui semblait toujours gentil, alors qu’elle savait prendre un air sec et impitoyable ; du moins, quand ça concernait son frère.

« Tu es vraiment nul. » finit-elle par décréter.

Il ouvrit la bouche, comme un poisson, avant de se ressaisir. Il cessa de la regarder et s’avança davantage vers l’homme qui semblait commander, légèrement confus à cause de la présence du renard. Il adorait les animaux mais n’avait jamais secouru celui-ci. Ce n’était, de toute façon, pas le moment de poser des questions sur ce que faisait la bête avec eux.

« Nous aimerions recevoir votre hospitalité, dans votre camp, le temps pour nous de retrouver notre chemin. »

C’est vrai qu’il commençait à avoir faim. Les mouvements qu’ils pouvaient sentir dans son ventre en attestaient. Ce n’était néanmoins pas pour lui qu’il s’inquiétait mais plus pour Tamina. Normalement, la soif ne devait pas l’avoir reprise. Pourtant, s’ils restaient trop dehors, ça risquerait d’arriver.

« Vous euh… Vous vivez par ici ou vous êtes de passage ? Il y a beaucoup de visiteurs qui viennent. C’est toujours intéressant d’échanger. »

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Lun 11 Jan 2021, 21:51



Visiblement, ce ne fut pas facile, mais les étrangers se présentèrent enfin à Dhavala et sa meute. Il y avait du progrès ! Après quelques temps passés en leur compagnie, il était évident que ces deux jeunes ne représentaient aucune menace, et ce malgré l’aura sanguinaire qui entourait la fille.

« Je m’appelle Dhavala Himsaru. Voici Échidna, mon amante et Renart, mon apprenti, pointa Dhavala à l’égard du renard craintif. Je vous invite à prendre place auprès du feu. Mangez et buvez, ce soir vous êtes mes invités. Demain, nous irons à Val-Doré. »

L’invitation de Dhavala se voulait honnête et pacifique. C’est pourquoi il laissa aux deux jeunes choisir s’ils acceptaient ou non l’offre. C’était la première fois qu’il entendait le nom de Val-Doré, mais l’Eversha avait un sixième sens pour trouver son chemin. Pour peu qu’il reçût une description des lieux, le voyageur n’aurait aucun mal à y conduire les gamins sans plus de détour que nécessaire. Cela dit, s’il atteignait inévitablement sa destination, Dhavala n’avait pas l’intention de risquer un tel périple de nuit. Pour cause, les sens de l’Evershas ne lui donnaient que la direction à prendre, sans aucun détail sur le chemin à emprunter.

« Ce que cette brute essaie de dire, précisa Échidna, c’est que, oui, nous pouvons vous conduire à destination. Par contre, tu as vu juste, nous sommes des visiteurs. De fait, c’est la première fois que nous entendons le nom de Val-Doré. Mon mâle est peut-être notre chef, mais pas question que je dorme avec une sangsue de Vampire qui rôde… Alors vous voulez retourner chez vous cette nuit ? Et bien, insistez ! Dhavala n’aura pas le choix d’acquiescer à votre demande s’il veut respecter sa si précieuse tradition ! »

Ledit chef de meute resta de marbre malgré la provocation de sa femelle à son égard. Échidna avait été plus rapide que lui pour déceler la différence entre Sorcière et Vampire. Évidemment, maintenant que l’information avait été mise au clair, l’on ne voyait que la peau blême et les crocs de la fillette. Cela dit, ces traits n’étaient pas si évidents que ça, surtout en pleine nuit et illuminé par un feu de joie.

Dhavala partageait le sentiment de son amante. Evershas et Vampires n’allaient pas de pair, alors cette nuit ne serait paisible pour personne. Soupirant, le chef de meute chercha à réaffirmer sa maigre autorité sur ses pairs en modifiant son invitation aux deux jeunes.

« Échidna dit vrai. Je ne suis jamais aller à Val-Doré. Décrivez-moi le village et ma magie me permettra d’en connaître la position. Je ne connais pas le chemin, mais je m’y rendrai sans détour. Cette nuit ou demain matin n’y fera aucune différence. Par contre, je ne peux pas garantir votre sécurité si nous voyageons de nuit. À vous de voir.
Une Vampire qui choisirait de voyager de jour… Elle est bonne celle-là ! Et voici le moment où un Eversha doit choisir entre la logique et la tradition. Il faut lui laisser du temps, ça ne va pas être facile !
Échidna, on s’en reparlera… Dimitri, Tamina, nous étions sur le point de festoyer. Prenez quelques heures pour vous reposer. Mangez ce que vous voulez. Après, je vous conduirai à Val-Doré.
Vampire, Dhavala. Vampire.
Quoi ?!? Ah… Tamina, il y a du sang dans les boyaux là-bas. J’ai saigné ces animaux il y a quelques heures. Si ce n’est pas à ton goût, Renart ira chasser une proie fraiche pour toi. »

Suite à ces mots, les changeurs de forme attaquèrent le festin avec des manières plutôt raffinées considérant leur accoutrement. De toute évidence, il s’agissait de voyageurs qui avaient l’habitude de la civilisation. Un regard approfondi révélera rapidement des vêtements de voyage tout à fait normaux, suspendus plus loin dans le camp. Cela démontrait que l’accoutrement actuel était cérémoniel et non usuel. Les Evershas mangeaient avec avidité et rapidité, tout en gardant un œil sur leurs invités. Outre son apparence rustique, la nourriture était elle aussi plus raffinée qu’elle en avait l’air. Il s’agissait d’habiles préparations, épicées avec soin, et bien agencer de champignons et de diverses plantes comestibles pour rehausser le goût.

Selon toute vraisemblance, le repas était accéléré pour plus rapidement offrir aux deux jeunes l’occasion de retrouver leur village. De nombreux efforts avaient été déployés pour préparer cette nourriture, ainsi que le feu de joie et le bois pour l’alimenter, indiquant que sans l’intervention de Dimitri et de Tamina, il y aurait eu des festivités toute la nuit. Toutefois, comme Échidna l’indiqua, son chef était du genre traditionaliste et la tradition l’incitait à offrir son aide. Puisqu’il ne pouvait partager les célébrations avec ses invités et partir le lendemain, le chef de meute s’appliquait à ce que les deux jeunes retrouvent le chemin de la maison avant l’aube. Somme toute, si ce n’avait été de la faim qui le tenaillait, l’Eversha aurait considéré raccompagner ses invités à l’instant.

Au cours du repas, Dhavala demanda à Dimitri plus de détails sur Val-Doré. Il lui suffit de quelques bribes d’information pour déterminer sa destination. Il s’efforça également de répondre à quelques questions, mais Échidna eut tôt fait de prendre le relais pour satisfaire la curiosité du jeune garçon. Les réponses du chef de meute étaient courtes et concises. Avec Renart qui maintenait sa forme animale, seule la changeuse de forme pouvait tenir une conversation décente. Pour Tamina, toutefois, Échidna devenait plutôt acerbe. Seul Dhavala ne semblait pas éprouver de dégout pour la Vampire. Du moins, il ne le démontrait ouvertement pas comme ses pairs.

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[Q] – Une cérémonie salvatrice

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