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 [RPPT] - Le Rêve qui enchante, le Rêve qui transcende, le Rêve qui innocente, le Rêve qui ensauvage

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Jun Taiji
✞ Æther de la Mort ✞

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Jun Taiji
Sam 21 Jan 2023, 11:31

I. Le Rêve qui enchante




« Pour une fois que le Mârid n’essaye pas de m’entourlouper… » Le mari de la Dame Rouge était debout, à côté d’une masse sombre qui ressemblait à un homme recouvert de feuilles mortes et marrons d’être trop restées dans les arbres. « J’espère que ce n’est pas contagieux… » continua-t-il, avant de donner un petit coup du dos du pied en direction de ce qu’il devinait être le tibia de Jun. « Allez, lève-toi. Tu n’as plus cinq ans. Arrête de bouder. Ce n’est pas comme ça que l’on disparaît. » Le tas de feuilles resta immobile un temps avant de basculer sur le côté. En position fœtal, personne n’aurait pu se douter que le corps était celui d’un Dieu. Un long soupir s’échappa du tas, faisant virevolter deux ou trois feuilles qui s’envolèrent avant de se perdre dans l’immensité. L’autre leva les yeux au ciel. « Je vais finir par t’appeler le feuillu dépressif. » Il s’assit à côté de lui. « Je vais te raconter mon prochain jeu. Tu avais déjà fait quelques essais mais je l’ai amélioré. » Il rit. « Forcément que je l’ai amélioré. » Comme l’autre ne bougeait toujours pas, il commença à l’effeuiller. « Je vais les enfermer dans une maison, comme la dernière fois…. Tu m’écoutes ? » « Franchement ? Non… » Jun se redressa, s’ébroua et, une fois débarrassé de son armure, se laissa tomber de nouveau. Le Rêve créa pour lui un lit invisible et il commença à balader son bras dans de l’eau qui ne mouillait pas. « Le Mârid dit que tu es déprimé. » « Le Mârid est un vieux schnock qui s’inquiète beaucoup trop pour ses amis. » Jun se retourna et se mit à parler au ciel. « J’espère que tu m’entends, face d’édredon. » « Qu’est-ce qu’il y a à la fin ? » finit par demander l’autre, de plus en plus agacé. « Amsès ne veut pas me voir. » « Allez… c’est reparti… Quand ce n’est pas Amsès, c’est l’Ange. Quand ce n’est pas l’Ange, ce sont les mochis… Tu te comportes comme un enfant et tu t’étonnes, ensuite, que personne ne te choisisse jamais. T’étais bien plus responsable avant de devenir un Dieu. Maintenant, tu te roules dans ta fange et ça te convient. C’est pas comme ça que tu deviendras le Destin… » « Si, justement. Le Destin fait n’importe quoi. » « Cette conversation est lunaire, Jun. J’espère que tu te rends compte que tout ceci n’a aucune logique. » « Mais nous sommes dans un Rêve… » « Et justement, les Génies s’inquiètent de te voir dans cet état. On dirait un Roi hypocondriaque qui refuse de sortir de sa salle de trône pour faire face à la réalité de son Royaume. Tu fais pitié. » « Hum. » « Depuis combien de temps n’as-tu rien créé ? » « Mais ils m’honorent même en mon absence… Je n’ai rien à faire. » « Ce n’est pas une raison et tu le sais très bien. Tu as juste peur de ce que tu pourrais devenir ou de ce que tu pourrais trouver. » « Bla bla bla. » « … » « Comment vont tes enfants ? » « … Sérieusement ? » Il soupira. « Kahel évolue chaque jour mais Aäron est une petite crotte sans cervelle. Basphel lui fera du bien. » « Tu devrais peut-être m’envoyer à Basphel. » plaisanta-t-il. « Non. Toi, tu es vraiment un cas désespéré. À toi tout seul, tu es capable d’exaspérer le panthéon entier. » « Ils sont exaspérés parce qu’ils ont oublié ce qu’était qu’être Mortel. » « Non, ils sont exaspérés parce que tu te ramollis. Par contre, le Dieu des Farces sue à grosses gouttes quand il te voit agir. Il se demande si tu ne veux pas lui piquer son domaine. » « Il y a un Dieu des Farces ? » « Tu me fatigues. »

L’eau vrombit lorsque le Dieu des Rêves et des Cauchemars se releva. « Bon. Maintenant que je t’ai entendu être condescendant pendant cinq heures… » « Cinq minutes » « … j’aimerais bien que tu dégages parce que j’ai des choses à faire. » « Tu faisais semblant… » Jun s’accroupit en face de son frère et lui fit une pichenette sur le nez, un grand sourire sur les lèvres. « C’est gentil de t’inquiéter pour moi mais n’oublie pas que je ne t’aime plus depuis que mon fils est parti dans le Néant. » Il retira son doigt et se releva en toisant l’autre. « Comme je disais, j’ai un Rêve à façonner. Je te prie donc de bien vouloir disposer. »

Plus tard, le Mârid apparut. « Il devrait s’en douter, tout de même, que j’essaye toujours de l’entourlouper… » « Hum. Tu as entendu ce qu’il a dit ? J’exaspère les autres. » « Nous sommes deux. » « Pas sûr. Je pense qu’ils te craignent et qu’ils se retranchent derrière une soi-disant exaspération. Ce n’est pas tous les jours qu’un Mortel tue un Dieu. » « Peut-être mais nous en parlerons plus tard. Mes sujets s’impatientent. Par quoi préfères-tu commencer ? » « Les Faes. »

865 mots


Explications


Bonjour ♪

Le rp commencera le 1er février mais je mets déjà la trame ^^

Voici donc la suite des coutumes de St Valentin/White Day. Tout se passe dans la Porte des Songes. Je l'ai mis à Somnium parce que la Porte des Songes en elle-même n'est toujours pas visible mais, en gros, votre personnage est plongé dans un Rêve. N'hésitez pas, donc, à rp en conséquence (les Rêves ne sont pas toujours logiques, les déplacements sont parfois hachés, les moments hachés, etc). Le rythme du rp sera d'une Coutume amoureuse/et + si affinité différente toutes les deux semaines. On va commencer avec les Faes. Aussi, étant donné que ce sont des Rêves, ils n'ont pas à avoir de logique chronologique (Par exemple : Susannah d'il y a deux mois peut rêver actuellement en compagnie de Lana du futur). Le Monde des Rêves ne s’embarrasse pas de la chronologie de la Réalité et réunit dans un même "endroit" des temporalités différentes en même temps. Ce qui serait bien ensuite, c'est d'introduire ces rêves dans vos rps normaux pour leur faire une base chronologique dans la réalité ^^

Coutume Faes : Fëry
Fëry est une coutume des Faes réservée aux femmes. Elle se pratique comme parade amoureuse, lorsqu'une Fae plaît à une autre. Commence alors un spectacle faérique en pleine nature, où la Fae qui aime ou désire l'autre va créer pour elle un véritable ballet aérien grâce à ses ailes et à la Poussière de Fae. Si le sentiment est réciproque, l'autre Fae répondra à son appel et le ballet finira par des mamours et plus si affinité. C'est donc assez poétique de base (bon la fin pas forcément mais vous avez compris l'idée XD). Votre personnage sera forcément une femme dans le rêve.

Il se peut que les personnages avec une intelligence très élevée (à partir de 36) ou des pouvoirs spéciaux, liés aux Rêves, puissent se rendre compte qu'ils rêvent et prendre le contrôle de ce dernier. Les Génies, eux, ne sont pas soumis au Rêve. Ils savent où ils se trouvent (néanmoins, si vous voulez lier votre Génie, il peut se prêter à l'exercice. Il sera simplement plus favorisé que son partenaire, sauf dans de très rares cas). Bien sûr, je le redis mais comme ce sont des rêves, il n'y a pas de besoin de continuité : il peut y avoir des coupures, des instants volés et des scènes censurées o/

Les Génies
Votre personnage est téléporté dans le Monde des Songes. Les Génies sont beaucoup plus puissants dans le Monde des Songes que dans la Réalité. L'objectif - comme l'année dernière - est de s’immiscer dans les Rêves des Rêveurs afin d'exaucer leurs vœux et de magnifier les rêves. Ce qui est exaucé dans le rêve ne compte que pour le rêve mais renforce le Génie (vous pouvez faire des missions de niveau dans le Monde des Rêves). Si vous voulez, comme j'ai déjà dit, votre Génie peut se prêter au jeu des coutumes. Dans ce cas, le rêve aura des conséquences pour lui dans la réalité.

Les Autres - hormis les races qui ne rêvent pas 8D
Vous êtes plongés dans le Monde Onirique. C'est un Rêve donc il peut être fait de n'importe où dans le Monde. Ça réunira vos personnages dans l'ambiance de la coutume ^^ En plus de la coutume qu'il vous faudra réaliser, vous pouvez être approchés par des Génies qui pourront exaucer des vœux dans le Rêve. Le fait de formuler des vœux aura des petites conséquences dans la réalité, tout comme le fait de participer aux différentes coutumes.

Conséquences des vœux dans la réalité
Plus un personnage fait de vœux dans le Rêve, et plus il aura envie de se mettre au ballet dans la réalité et développera une passion pour les paillettes

Conséquences de la Coutume des Faes dans la réalité
Cf les gains

Organisation du RP
Vous avez le choix, avec un même personnage et pour chaque coutume, entre :
- Faire des messages multiples avec votre partenaire
- Faire un message unique de 1350 mots minimum avec votre partenaire (donc un message chacun de 1350 mots minimum)

Enjoy  nastae
Gains Coutume des Faes

Messages multiples, 720 mots chacun minimum
- Le partage de la chair, le partage des secrets : Pratiquer Fëry ensemble a lié vos personnages l'un à l'autre. Chez chacun d'eux, un arbre magique divin va commencer à pousser, une forme d'olivier doré. Si ce dernier donne des olives de la même couleur, celles-ci ne sont pas ordinaires. En effet, en manger une permet de prendre connaissance d'un secret appartenant à l'autre. Au fur et à mesure de la croissance des arbres, le désir qui lie les protagonistes deviendra de plus en plus grand et les olives deviendront de plus en plus abondantes. De plus, en de très rares occasions, la magie de l'olivier transformera les liés en femmes pour un temps plus ou moins long.
- 1 point de spécialité tous les trois messages

Message unique, 1350 mots minimum ; un par coutume
- Le partage de la chair, le partage des secrets : Pratiquer Fëry ensemble a lié vos personnages l'un à l'autre. Chez chacun d'eux, un arbre magique divin va commencer à pousser, une forme d'olivier doré. Si ce dernier donne des olives de la même couleur, celles-ci ne sont pas ordinaires. En effet, en manger une permet de prendre connaissance d'un secret appartenant à l'autre. Au fur et à mesure de la croissance des arbres, le désir qui lie les protagonistes deviendra de plus en plus grand et les olives deviendront de plus en plus abondantes. De plus, en de très rares occasions, la magie de l'olivier transformera les liés en femmes pour un temps plus ou moins long.
- 1 point de spécialité

Pour les Génies
- Pareil que plus haut pour les spécialités, en fonction de votre format.
- Si votre Génie se prête à la coutume, il prend le gain de la coutume (même si on peut appeler ça une malédiction dans certains cas /sbaf)
- S'il ne fait que réaliser des vœux, celui-ci : Le partage des vœux, le partage des secrets : Un arbre ressemblant à un olivier se déploiera dans le Monde des Rêves, appartenant au Génie et lié avec le couple de liés de son choix. Le Génie pourra également manger les olives, qui lui révéleront les secrets de l'un ou de l'autre en fonction de l'olive cueillie.


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Naveen Katzuta
~ Humain ~ Niveau I ~

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Naveen Katzuta
Mer 01 Fév 2023, 00:24


Images par Millmoka & Yenthe Joline.
Le rêve qui enchante
Sharihzad & Naveen

Naveen étira ses bras jusqu'à parvenir à attraper le pétale de la fleur au pied de laquelle elle s'était arrêtée. « Ooooh... » La petite Fae plia les genoux, de telle sorte que la plante ploya légèrement sous son poids. « Hisse ! » Elle bondit de toute la force de ses petites jambes, des jambes de grenouilles, comme elle aimait à les appeler. Elle avait beaucoup d'amies batraciennes, et parfois, elles s'amusaient à faire un concours de celle qui sauterait le plus loin dans la mare. L'humanoïde aurait sans doute pu tricher, si elle avait utilisé ses ailes, mais ici non plus, elle ne savait pas encore en user correctement. Elle possédait effectivement deux appendices dans le dos. Ils n'étaient pas duveteux - cela était un peu déroutant, mais elle savait au fond d'elle-même que ce détail était tout à fait naturel - mais translucides. Elle ressemblait un peu à un papillon, avec des teintes brunes et orangées, telle une forêt embrasée par les feuilles vieillissantes. Elle trouvait que cela s'accordait harmonieusement avec la pigmentation de sa peau, qui se recouvrait parfois de grains dorés : le pollen venait déposer comme de la poussière étoilée sur son épiderme et, lorsqu'elle s'apercevait de ce phénomène, elle aimait danser tant l'euphorie la gagnait. Avec un rire, la demoiselle se laissa propulser par son élan jusqu'au cœur de la fleur. Il s'agissait d'un tournesol, sa fleur favorite. Elle aimait la couleur chatoyante de sa robe, le lit confortable que son cœur perlé de graines lui offrait, et surtout, la chaleur emmagasinée durant la journée, à force d'avoir suivi la course du soleil. Avec un soupir satisfait, elle s'installa sur le coussinet noirâtre de la plante, passant sa main dans ses aspérités, comme pour apprendre à la connaître. « Bonjour. » chantonna-t-elle gaiement en s'adressant à son hôte. « J'espère que je ne te dérange pas. Je souhaiterais passer la nuit ici, s'il te plait. » D'autres fleurs auraient sans doute vu d'un mauvais pistil que quelqu'un s'aventure en leur sein sans y avoir été convié au préalable - il s'agissait effectivement d'une règle de courtoisie élémentaire - mais ce tournesol n'en prit pas ombrage. Au contraire, il sembla accueillir la nouvelle avec joie, refermant sur elle sa couronne, comme pour lui prodiguer un peu d'intimité. « Merci ! Je vais m'installer alors. » Et, aussitôt dit, l'invitée s'allongea sur le flanc, glissant une main sous sa tête en guise d'oreiller. De l'autre, elle s'amusa à dessiner des ombres au travers de la lumière qui filtrait dans son cocon végétal.

La voix qui s'éleva du jardin dispersa la concentration de Naveen, qui se focalisa sur cette mélodie inconnue. Pendant un instant, elle sentit la chanson vibrer au creux de son cœur, puis se répercuter dans tout son être. C'était comme de découvrir une nouvelle espèce de plante ou de fleurs : l'excitation coulait à flot dans ses veines. La curiosité l'emporta presque immédiatement et l'aventureuse se percha sur ses membres, avançant à quatre pattes jusqu'à l'orée de sa chambrée. Là, elle tira sur un pétale, comme d'autres auraient dégagé un rideau. Le jardin de fleur envahissait l'espace. Pourtant, l'auditrice n'eut aucune difficulté à repérer la chanteuse, flânant entre les tiges. Subjuguée, la fille de la nature suivit la mélodieuse, bondissant de fleur en fleur, le plus discrètement possible. L'inconnue était magnifique. Non pas qu'elle fut belle physiquement, bien que son apparence soit tout à fait agréable à admirer, mais plus qu'elle dégageait quelque chose de profondément beau. Quelque chose qui vous touche jusque dans l'âme, qui vous bouleverse et vous chamboule, soulève les passions et fait brûler d'envie. Naveen se laissa submerger par ces émotions, elle les laissa grandir, les fit germer au creux d'elle-même jusqu'à ce qu'elles deviennent subitement trop grandes pour être maintenues enfermées dans ce si petit corps : il fallait les délivrer, faute de quoi, la Fae était persuadée d'exploser.

Naveen lissa sa tenue. Elle se rendit compte qu'elle avait gardé ses vêtements de voyage : une feuille grasse maintenue en place par des brins d'herbe noués autour de son buste. Ce n'était pas très distingué, pour la danse qu'elle souhaitait entamer. Elle aurait préféré quelque chose de plus chaleureux, comme son Tournesol. Quelque chose de plus lumineux et enthousiasmant, comme ce que lui faisait éprouver son petit bouton d'or. Heureusement, désormais, elle était parée d'une robe confectionnée dans des pétales de coquelicots. La parade pouvait commencer.

La danseuse se posta sur un hibiscus. Là, elle leva les bras au dessus de sa tête, les mains jointes. Elle attendit que la mélodie se réverbère, non plus seulement grâce à la voix mélodieuse de son bouton de rose, mais de partout, comme si le jardin chantait pour elles deux une ode à leur affection naissante. Lentement, l'interprète descendit les mains de chaque côté de sa silhouette, agitant les doigts pour distiller dans l'air une poussière de fae de la même couleur que ses ailes. L'arc se maintint quelques secondes en arc de cercle, telle une auréole encadrant sa position. Puis le petit lutin se mit à exécuter quelques timides pas de danse. Pour l'instant, elle restait sur le sol, comme si ses ailes refusaient toujours de la porter. A la place, elle jouait en dansant autour du pistil de la fleur qu'elle avait utilisé comme scène. Elle tournoyait délicatement, et chaque tour semblait raviver un peu plus les couleurs de la plante, comme pour lui redonner un souffle de vie. Régulièrement, la danseuse lançait quelques regards en direction de celle qui faisait palpiter son cœur. Elles échangeaient un sourire complice, Naveen la regardait intensément comme pour féliciter l'autre d'avoir permis de créer cette parade. Au bout de quelques secondes, la demoiselle à la peau brune délaissa sa barre de danse pour aller suivre un fil, qui reliait son hibiscus jusqu'à un pissenlit. Un fil d'araignée, qui se transformait en fil de funambule pour l'artiste. Elle avançait lentement mais gracieusement, avec aisance tout en exécutant des pas de danse. Elle élongeait ses bras, puis ses jambes, tournoyait sur cette corde si fine sans craindre que la gravité l'appela impitoyablement à elle : elle avait souhaite réaliser une performance gracieuse, sans avoir à s'inquiéter du vide sous elle. Sa poussière de fée de dispersait ici et là, laissant une trainée scintillante dans son sillage. Finalement, la mélodie se faisait de plus en plus aérienne, de plus en plus émouvante. De nouveau, cette sensation de valser au bord de l'explosion fit trembler le corps de l'artiste. Alors, en cet instant, elle sut ce qu'elle voulait faire. Ce qu'elle pouvait faire. Elle déploya ses ailes puis se laissa tomber. Elle volait. Son ballet se transforma, évolua pour prendre une forme aérienne également. Lorsque la mélodieuse se joignit à elle, le spectacle prit une forme différente, une fois encore.

Finalement, les deux filles de la nature dansèrent jusqu'à en perdre haleine. Naveen exhibait un sourire rayonnant. Toujours émue par leur échange, elle s'approcha un peu de sa partenaire. « J'aimerais t'embrasser. » déclara-t-elle. Une fois qu'elle eut obtenue l'accord de sa prétendante, la Fae se colla à son amoureuse, son cœur martelant furieusement ses côtes. Elle approcha son visage, mais ne colla pas ses lèvres : à la place, elle vint chatouiller la joue de la chanteuse en papillonnant frénétiquement des sourcils, déposant une caresse délicate et chatouilleuse sur sa pommette. Un baiser papillon. La jeune femme, prenant son courage à deux mains, prit ensuite l'initiative d'attraper la main de sa concubine. Elle enlaça leurs doigts, pressa son pouce contre la main, puis, ne se défaisant pas de son sourire, elle virevolta jusqu'à la fleur qui l'avait accueillit plus tôt, invitant la blondinette à venir visiter son cocon d'intimité.

C'était une belle nuit. C'était une nuit époustouflante. De celles qui nous laisse une grande impression.
1370 mots
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Bellada Ward
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Bellada Ward
Mer 01 Fév 2023, 00:26


Image par Inconnu & Moy Lee.
Fëry
Erina & Bellada

Bellada s'était, comme souvent, réveillée à l'aube. Elle avait fait sa toilette en profitant de la rosée accrochée à la végétation à l'extérieur de son terrier abandonné - une petite maison coquette qu'elle avait aménagé avec des brins d'herbe, des pétales de fleurs, des coquilles de noix et des feuilles tendre. Une fois sa frimousse lavée et sa tenue revêtue, la petite travailleuse commença ses tâches quotidienne. « Bonjour, mes mignonnettes ! » chantonna-t-elle tout en s'approchant du buisson de camélia qui surplombait sa maisonnette. Les fleurs rosées n'eurent que peu de réaction. Ce n'était pas étonnant, ses amies avaient beaucoup de mal à réagir tant que le soleil n'était pas encore levé. L'ombre mauve qui teintait l'horizon n'était pas suffisante pour les motiver à s'ébrouer de si bonne heure. Cela ne démotiva aucunement la petite Fae qui, se fendant d'un sourire, escalada les tiges et les feuilles pour arriver jusqu'aux côtés de Margareth. « Bonjour, il est l'heure de se réveiller. » murmura-t-elle d'une voix douce, pour ne pas trop brusquer la fleur : si on les brusquait trop, les pauvrettes perdaient de leurs éclats et leurs pétales se flétrissaient prématurément. Tout le monde savait qu'une bonne nuit de sommeil était la clé d'un bon teint, or, l'éveil était aussi important que la qualité de la nuit passée. La blondinette était donc toujours très prudente à la façon de traiter ses amies végétales. « Tu vas voir, je vais te faire ravissante ! » pépia la bavarde en s'approchant de la silencieuse, qui lui tournait ostensiblement les sépales. « Tellement, que toutes les abeilles voudront venir te butiner ! » la flatta-t-elle, dans une tentative de lui donner un peu plus d'entrain. Sa stratégie sembla fonctionner, au moins un peu puisqu'elle se laissa escalader, assez pour que Bellada parvienne à passer une main jusque dans sa corolle. Là, elle laissa un peu de sa poussière magique embellir la carpelle, qui se mit à scintiller dans le clair-obscur de la matinée. « Il parait que les grandes personnes se maquillent tous les jours, elles aussi. » Bellada n'avait jamais croisé de géants, ces êtres immenses qui traversaient parfois les jardins. Mais les fleurs sauvage de sa prairie lui en avait dit beaucoup de choses - pas toujours du bien, à sa grande déception. C'était ainsi qu'un chardon lui avait raconté comment les titans usaient de maquillage pour se rendre plus présentable. La naïve, dans son innocence et son inculture, avait l'impression qu'il s'agissait de leur poussière de Fae à eux, bien que cela n'eut rien en commun. « Alors, on peut dire que je te maquille aussi, n'est ce pas ? » demanda l'optimiste à Margareth. « Et voilà, tu es toute belle ! » L'ailée continua son tour matinal, passant soigneusement devant chacune des fleurs du grand camélia. C'était un travail fastidieux qu'elle appréciait pourtant répéter chaque matin.

Ce jour là, pourtant, était différent de tous les autres. Son attention fut déviée, alors qu'elle s'apprêtait à rendre visite aux autres plantes du pré. Un bouton de fleur venait d'éclore, révélant son habitante. Elle était aussi fraiche qu'un bouton de rose, aussi lumineux qu'une bouton d'or, aussi pétillante qu'une bouvardia ! « Oh ! » Bellada, les yeux rivés sur la jeune femme qui venait d'apparaître à sa vue, sentit son corps tout entier chamboulé. Son cœur palpita jusqu'à lui faire monter le rouge au joue - elle ressemblait à un véritable albizia. Ses membres lui semblaient aussi flagada que des brins d'herbe. Quand à ses ailes, elle ne pouvait s'empêcher de les agiter frénétiquement, si bien qu'elle commença à prendre son envol, sans vraiment s'en rendre compte. Tel un papillon de nuit attiré par la lune, la petite Fae virevolta en direction du bourgeon qui venait d'apparaître dans son jardin.

« Je veux qu'elle me voit. » se surpris à penser la jeune fleur. Elle n'était pas habituée à espérer ce genre de chose. Pour dire vrai, elle n'avait même jamais chercher à attirer l'attention de qui que ce fut. Pourtant, en cet instant, cette pensée viscérale s'ancrait en elle. Chaque fibre de son corps était attirée vers elle, tel un aimant, et elle souhaitait que ce magnétisme soit réciproque.

La solution lui parut soudainement évidente. Comme poussée par un instinct enfoui profondément en elle, la petite Fae se mit à danser. D'abord timidement, n'osant pas étirer ses jambes ni ses bras, exécutant de petits battements d'ailes, se posant à tour de rôle sur un rocher, une racine d'arbre ou un buisson. Puis, au fur et à mesure qu'elle constatait le regard azurer se poser sur elle - ce qui ravivait les coccinelles qu'elle avait dans le ventre, mais lui donnait également plus envie de parader - ses gestes se firent plus amples, plus éthérés. Elle gagnait aussi bien en aisance qu'en souplesse et, bientôt, elle se mit à voler de fleur en fleur, répandant derrière elle une traînée rosée : telle la couleur de ses ailes, sa poussière magique prenait la teinte de la douceur et de sa candeur.

L'âme en fleur valsa avec ses amies de toujours. Elle échangea quelques pas avec une jonquille ; tournoya autour d'un rosier ; exécuta un jeu de cache-cache derrière un Arum, profitant de ses grands pétales pour offrir un spectacle d'ombre et de lumière à sa spectatrice, échangeant des regards complices dès qu'elle sortiat sa frimousse hors de sa couverture ; puis la danseuse rejoignit un Lilas qu'elle illumina de milles feux.

« Bonjour ! » chantonna l'amoureuse, une fois qu'elle fut à proximité de sa concubine. Elle avait beau être nerveuse, l'excitation la rendait aventureuse. Elle avait envie d'en apprendre davantage sur sa mystérieuse amourette. « Je m'appelle Bellada. » pépia-t-elle gaiment, sa voix suivant le trémolo de ses émotions. « Et toi ? » osa-t-elle demander avant que le pourpre ne revienne colorer son épiderme. « Quelle est ta fleur préférée ? » enchaîna-t-elle. « Moi, ce sont les camélias ! » Sans doute parce que c'était cette fleur qui l'avait vu naître et qui protégeait son habitat. « Est ce que tu les aimes bien aussi ? »

Bellada esquissa un sourire timide. Elle et son amoureuse se trouvaient dans son terrier, éclairé par des pierres luminescentes. Avec des gestes précautionneux, comme si elle ne souhaitait pas briser la symbiose naissante entre elles deux, elle s'empara de sa main, qu'elle monta à hauteur de leurs visages. Sa peau était douce comme elle l'avait imaginée. Là, elle commença à embrasser tendrement les doigts qu'elle avait lié aux siens. Ses lèvres papillonnèrent, remontant le long du bras, jusqu'à venir trouver la joue, qu'elle caressa du bout de son nez. L'aventurière passa ses mains dans les cheveux chatoyants, comme un soleil. Elle aurait voulu plonger toute entière dans cette mer blonde, tant son contact et son odeur étaient agréables. A la place, elle commença à embrasser le visage de celle qui semblait lui avoir emprisonner le cœur dans une cage : il n'était plus libre, désormais, il ne battrait plus que pour elle, maintenant et à jamais. Elle passa sur l'arrête du nez, sur les yeux océaniques, sur ce front qui se présentait à elle. Puis, enfin, elle vint sceller ses lèvres à celles de son âme-sœur.  Ca fit parcourir des frissons dans sa nuque, qui dévalèrent ses épaules, son échine, et vinrent se répercuter jusque dans ses orteils. Elle se recula un instant, comme pour s'assurer que sa partenaire appréciait autant cet échange, cette découverte de l'une et de l'autre. Lorsqu'elle eu obtenu son approbation, elle s'avança de nouveau, continuant d'embrasser cette bouche qui l'obsédait, puis entreprit de commencer l'effeuillage. Bellada prit un instant pour elle. Il n'y avait rien de plus beau qu'un corps de femme - ou plutôt, que le corps de ce petit bout de femme qui se tenait face à elle. Elle l'aimait toute entière. De cet amour inconditionnel qu'elle n'avait jusqu'à présent donné qu'à ses fleurs, mais qu'elle désirait maintenant partager avec Erina.

La blonde s'avança vers sa moitié, s'élançant dans une étreinte fabuleuse.
1401 mots


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Maximilien Eraël
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Färy

Fairy forest par Alex Petruk (APe)

Bran (2022) | Omnia
Son regard était rivé sur cette pomme, là, au bout de la branche. Sur la pointe des pieds, Sharihzad étendit son corps de toute sa hauteur possible pour s'en saisir. Elle ne put cependant que la toucher du bout des doigts. Si elle en fût contrariée, elle n'abandonna pas. Allez, j'y suis presque ! À nouveau elle ne put que l'effleurer, malgré toute sa volonté. Pourtant, lorsqu'elle se détendit, la pomme se trouvait dans le creux de ses mains, belle comme une rose et rougeoyante comme un coquelicot. Les yeux pétillants, elle se tourna vers l'arbre. « Merci beaucoup. » lui fit-elle tout sourire. Le ligneux lui répondit d'un murmure frémissant de ses feuilles. « À plus tard ! » le salua-t-elle alors, avant s'éloigner en sautillant, croquant à pleines dents dans le fruit. Il n'y avait personne dans ces plaines. Personnes à part les fleurs, les arbres, les animaux. Quelques Fæs également, parfois. C'était agréable. Il n'y avait rien ici qui pouvait détruire ou abîmer ce lieu de paix. Aucun de ces êtres qui n'avaient aucune considération pour ce qui les avait vu naître. Même les oreilles pointues, qui se prônaient pourtant respectueux de cette nature. Ils se permettaient de la déranger sans demander leur avis et si ça l'ennuyait ou non. Ils étaient intrusifs et désagréables, forçant parfois la croissance des plantes pour leur seul désir, se moquant de savoir si elles nécessitaient ou désiraient prendre le temps pour grandir et se faire belles. Et c'était pour cela qu'elle aimait cette place, vaquant parfois de la taille des autres humanoïdes pour savourer les cadeaux de la nature, comme cette pomme, qu'elle ne pouvait toucher du haut de sa taille standard. La brune croqua à nouveau dans le fruit. Il faudra qu'elle complimente le pommier. Ses fruits étaient excellents. Alors elle balaya la verdure du regard. Là-bas ! Elle venait d'apercevoir une fourmilière, un peu plus loin. En quelques pas à peine, elle se retrouva à côté, posant la moitié de la pomme à ses pieds avant de retrouver l'abri des fleurs et des herbes. « Ohééééé ! Il y a quelqu'uuuuun ! » appela-t-elle les résidents, les mains de chaque côté de la bouche. Une fourmi apparue à l'entrée de la colonie. « Bonjour. Je viens vous apporter ça. C'est pour vous. » sourit-elle en montrant le fruit à moitié entamé. L'insecte claqua des mandibules, ce que la Fæ interpréta comme un remerciement. « Avec plaisir. » sourit-elle encore. « Passez une bonne journée ! » salua-t-elle finalement la fourmi comme elle tourna des talons. À nouveau, la fourmi claqua lentement des mandibules avant rentrer pour chercher de l'aide auprès de ses congénères et ramener le fruit dans la réserve. Sharihzad aimait les fourmis. Elles étaient particulièrement polies, et solidaires, et gentilles. Il lui était souvent arrivé de passer des soirées avec elles. Peut-être y retournerait-elle ce soir. Surtout qu'elle avait cru entendre que la Reine ne se portait pas bien.

Valsant entre les brindilles et les fleurs, caressant les tiges et les feuilles qui passaient à portée de ses mains, Sharihzad chantonnait un air qui s'était mis à trotter dans sa tête. D'abord intérieurement, la mélodie l'entrainait à s'exprimer de plus en plus haut, et de plus en plus clairement, comme portée par une volonté invisible. Des "la" remplacèrent les "hum". Puis s'enchaina un murmure aux paroles tout justes audibles. Chaque fois ses pas prenaient en ampleur. Elle était comme les lucioles tournoyant entre les plantes. Elle virevoltait d'une feuille à l'autre, d'un caillou au suivant, tantôt cachée par les brindilles, tantôt volant la vedette au plus pur des Lys dont elle arborait la couleur. Une marguerite se pencha vers elle pour lui souffler quelques mots. Elle était suivie. D'abord inquiète, l'artiste improvisée jeta un regard derrière elle et, pour une seconde infime qui lui parut pourtant l'éternité, leurs iris se rencontrèrent. Cela suffit. Cette Fæ était comme une de ces fleurs rares, parfois unique, que l'on ne croisait qu'une fois dans sa vie et laissait après elle un souvenir si profond, si ancré, si incroyable, que rien au monde, ni le temps, ni l'espace, ne pouvait effacer son image et son odeur. Alors elle reprit sa chanson, plus intensément, plus passionnément. Et elle reprit sa danse, en écho à celle qui avait cours au-dessus d'elle, tel un pétale volant au vent, ombrageant et protégeant le fragile écosystème d'un monde trop souvent ignoré. Régulièrement, Shahrizad jetait des œillades derrière elle, pour s'assurer que sa comparse était toujours présente. Chaque fibre végétale qu'elle touchait se trouvait parsemée de poudre d'or et d'argent, un chemin lumineux se traçant derrière elle. À chaque pas qu'elle posait au sol, c'était une onde lumineuse qui se propageait en de petits cercles concentriques et réguliers. Et toujours elle chantait. Ses mots s'envolaient avec les papillons et les oiseaux pour toucher les nues. Ils s'exprimaient dans la langue des fæs et des fleurs, celle de la fantaisie et du miracle. Une langue qu'ils étaient peu à comprendre à travers le monde. Celle de la Faërie. Là où l'ignare n'entendait que bruissement de feuilles dansait les notes d'un amour sincère et passionné. Mais il importait peu à Sharihzad que les esprits barbares soient incapables de discerner la portée de ses sentiments tant qu'ils atteignaient l'oreille de la funambule pour s'y poser comme un baiser. Et toujours elle valsait entre les herbes.

Soudain, elle se détourna vivement du chemin, trouvant le couvert d'une feuille de jonquille. Elle ne cessa cependant pas de chanter. Seulement ce qui était un cri d'amour devint murmure exalté. Et là, à l'abri des regards, elle prit enfin le temps de caresser des yeux la silhouette de sa paire. Gracile. Belle. Sauvage en même temps. Une note résonna en elle, plus fort encore que précédemment. Plus fervent. Elle était cette chandelle qui illumine la nuit pour éloigner les monstres qui aimaient à roder loin des rayons du soleil. Une envolée de papillon parcouru son corps, et elle rougit. Ses ailes frémirent au rythme effréné des battements de son cœur. Non. Elle n'était pas seulement la chandelle. Elle était le soleil. Celui qui illuminait la vie et réchauffer les âmes. Enfin elle se décida à quitter sa cachette pour retrouver la danseuse, en quelques battements d'ailes. Elle entremêla leurs doigts ensemble, puis se rapprocha un peu plus encore, posant son front contre le sien. Elle voulait partager ce qui la traversait avec elle. Tout ce qui la traversait. À nouveau, ses ailes frémirent, un peu plus intensément. Elle était heureuse. Elle avait l'impression de renaître. Elle redécouvrait la vie. Le monde lui paraissait sous un jour des plus nouveaux. Les fleurs et les feuilles se courbèrent, formant une arche colorée de verdure au-dessus de leurs têtes. Alors elles reprirent la danse, ensemble, et pourtant comme une unique personne. Même ces fois où le ballet les faisait s'éloigner. Il n'y avait pas besoin de mot pour s'accorder sur l'autre. Un lien s'était tissé au premier regard et s'était noué autour de leurs âmes au premier touché. Sharihzad avait également cessé de chanter. La mélodie continuait à se jouer autour d'elles pourtant, comme portée par les fleurs et le vent.

Les yeux fermés, le souffle saccadé, le cœur tambourinant sous ses côtes, et un tendre sourire illuminant son visage, la Fæ savourait ces secondes immobiles pour quitter entièrement leur valse. Pour l'instant, bien qu'au sol, elle virevoltait encore entre les bras de sa partenaire. Ce fut d'ailleurs ses mots qui la menèrent à l'instant présent. Lentement, elle rouvrit les paupières, lui permettant de plonger dans le délicat regard de son aimée. Elle s'y serait noyée. « Alors embrasse-moi. » souffla-t-elle en réponse. Elle le désirait aussi. Elle voulait l'enlacer et ne jamais plus la quitter. Elle voulait caresser sa peau, aussi douce qu'un pétale de rose. Mais surtout, elle voulait l'aimer, et qu'elle l'aime en retour. Elle retourna se cacher derrière l'obscurité de ses paupières pour accueillir mieux encore le baiser. Un rire lui échappa. Ça chatouillait. Elle rouvrit les yeux. Croisa ses iris. Le temps lui sembla suspendu. Il n'y avait qu'elles au monde. C'était ce qu'elle aimait à se dire. Personne pour les déranger. Personne pour les séparer. Juste elles. Et leur amour. Elle la suivit. Elle l'aurait suivi n'importe où. Jusqu'aux confins du monde si elle le lui avait demandé. Jusqu'à l'horizon inatteignable si elle l'avait voulu. Dans l'ombre des pétales, elle abandonna le voile de pudeur qu'elle revêtait jusqu'alors. Il n'avait plus lieu d'être maintenant.
©gotheim pour epicode


Mots 1418
Voeux:


We were never welcome here ~ Night time or morning time, we're going strong

Don't you tell me what you think that I can be

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Susannah
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Susannah
Ven 03 Fév 2023, 16:19

[RPPT] - Le Rêve qui enchante, le Rêve qui transcende, le Rêve qui innocente, le Rêve qui ensauvage  Rfeo
Fëry
Seijinette & Susannah



Susannah chevauchait une baleine. Des rémoras profitaient de l'impulsion générée par le cétacé pour se laisser porter par le courant. Lorsqu'ils ne grignotaient pas les parasites de la majestueuse, ils venaient chatouiller la queue de la Sirène, s'interrogeant de cette présence incongrue sur leur hôte. D'une caresse sur son hypoderme cendré, elle fit obliquer la baleine pour la faire dévier vers la surface. Un scintillement avait capté son attention. En se rapprochant pourtant, il fit de plus en plus sombre. Suspendus dans un ruban de nuit, l'horizon pâle et déformé du ciel échouait à guider les égarés. Un à un, les poissons nettoyeurs s'illuminèrent et prirent de la distance. Disposés à distances irrégulières, ils s'éloignèrent jusqu'à devenir des étoiles palpitantes pour éclairer la fin du voyage.

À l'approche de la surface, la Sirène prit appui des deux mains pour étirer sa silhouette vers sa destination. Jamais encore l'envie de quitter l'étreinte d'Aylidis s'était faite aussi entêtante et son coeur sursauta quand elle jaillit à l'air libre. Un monde à l'envers lui apparut et, depuis son toit, le vertige l'avala. Elle bascula, trébuchant sous la disparition du poids familier de sa queue. Après quelques roulades aériennes, des ailes translucides stabilisèrent sa chute. Quand elle pivota pour jeter un dernier regard à ses compagnons et son foyer, elle ne vit que le manteau de nuit constellé d'étoiles qui se gondolait parfois quand des vagues invisibles en ridaient le miroir uniforme et elle prit conscience qu'il serait impossible de revenir. Repoussant son inquiétude, Susannah fit volte-face, prête à se lancer dans l'exploration de la terre ferme.

Ses ailes se replièrent contre son dos et elle plongea. Sous l'effet de la vitesse, le sol bondit jusqu'à elle, ou plutôt, les sols. La terre s'était craquelée en îlots flottant dans une brume cotonneuse. Susannah voulu ralentir à l'approche de l'une des terrasses végétales mais sa tentative échoua et c'est un immense tournesol qui réceptionna sa chute. Devenue aussi petite qu'une sauterelle, elle disparut entièrement dans le creux moelleux de la fleur. Au contact de l'ailée, le pollen se teinta de bleu et quand elle émergea pour reprendre son souffle, elle était couverte de poussière scintillante qui brûlait de mille feux sous le soleil qui s'était levé. Elle se colla à sa silhouette comme une combinaison brillante du bleu de sa chevelure jusqu'à ce que les seules tâches de couleur différente soient ses yeux et ses ailes irisées. Épuisée par ces mésaventures, la bleue s'effondra de tout son long sur un pétale. De là, elle avait une vue imprenable sur l'immense prairie fleurie semée de bosquets d'arbres aux troncs tordus par leurs branches lourdes d'épais feuillages. Au pied de l'un deux, elle distingua une silhouette assise. Piquée par la curiosité, Susannah prit son envol et dévora la distance qui les séparait en quelques battements d'ailes.

« Oh... » Déçue, elle tenait à bout de bras la marionnette d'une jeune fille. En dégageant quelques mèches mauves, elle avait dévoilé un visage bouleversant de beauté mais le découvrir sans vie lui avait fait l'effet d'une main de glace qui se refermait sur son coeur. « Pourquoi tu n'es pas vivante ? » La capricieuse secoua le pantin, sans succès. Elle l'embrassa aussi, car c'était la procédure dans les contes, mais jamais elle ne s'éveilla. Des larmes roulèrent sur ses joues, leur sillage visible à travers la couche de poussière brillante recouvrant ses traits. Elle renifla finalement, remit en place la poupée contre l'arbre en prenant soin qu'elle soit parfaitement installée et ne rate pas la suite. « Je vais te donner la vie. » Sur cette promesse, l'ancienne Ondine recula, les yeux toujours rivés sur l'inconnue désarticulée. Une fois son faciès gravé dans sa mémoire, elle ferma les yeux pour l'y conserver. Quelques secondes passèrent puis elle se mit à onduler, comme si elle était de retour dans l'Océan et que son corps répondait aux remous sauvages. Ses bras suivirent après, accentuant le mouvement. Ses pieds se joignirent à la danse, pressés de contribuer à la chorégraphie qui toucherait le coeur de la marionnette suffisamment pour le faire palpiter pour la première fois.

Sans qu'elle s'en rendit compte, elle avait quitté le sol. Les yeux toujours clos, la rêveuse dansa jusqu'à en avoir la poitrine haletante. Des arabesques de Poussière structuraient son ballet, jetant des arcs-en-ciel dans les airs sur lesquels elle s'appuyait pour exécuter ses figures. Pour insuffler la vie et la voir ouvrir les yeux, sa gestuelle devint sensuelle, elle imagina ses lèvres courir le long d'une épaule qui avait perdu sa rigidité et qui marquerait vite sous son impatience. Sa bouche s'assécha sous le feu couvant dans son ventre et quand ses paupières se soulevèrent, son regard en rencontra un autre. Elle sourit et tendit les mains. « Danse avec moi. » Elle esquissa un tour sur elle-même et s'éleva plus haut. « Viens. N'aie pas peur. Je ne vais pas te manger. » Susurra l'ensorceleuse. Qu'était un mensonge quand on avait créé la vie ? Cette femme lui appartenait désormais. Mais elle ne voulait pas lui faire de mal. Quand enfin, la violette se porta à son niveau, Susannah eut la surprise de s'immobiliser. Elle n'osait plus initier le premier geste et fut incapable de dire qui enchantait l'autre. « Tu es belle. » Souffla-t-elle, subjuguée. De savoir qu'elle en était la créatrice, Susannah se sentait investie d'un pouvoir qui l'étourdissait. Cédant enfin, elle lève une main et doucement, retrace l'ossature de son visage. « Tu es parfaite. » La flatte-t-elle. Ses doigts glissent dans l'arc de sa nuque et la chaleur qui s'y trouve se répercute directement dans ses pommettes qu'elle sent brûler. « J'ai envie de te toucher depuis tout à l'heure. Lève le menton que je te vois mieux. » Ses doigts se sont enroulés autour de quelques mèches de cheveux sur lesquelles elle tire pour l'inviter à joindre le geste à l'ordre. « Parfaite. » Répète-t-elle d'une voix rêveuse. Elle prit ensuite ses mains et verrouilla ses yeux sur les siens. « Tu es une gentille poupée, n'est-ce pas ? J'aimerais que tu m'appelles Maîtresse. Que tu fasses tout ce que je te dis de faire. C'est ce que font les gentilles poupées avec leur créatrice. Tu ne voudrais pas me mettre en colère ? Ne me déçois pas. » Susannah sourit avec chaleur. « Mais comment pourrais-tu me décevoir ? Quand j'ai dansé pour toi, je t'ai façonnée pour que tu sois digne de moi. Suis-moi. Danse aussi pour moi. Montre-moi que tu m'aimes. »

Elles s'élevèrent de quelques pieds, évitant les buissons de fleurs flottant aléatoirement dans l'air. Une nuée d'hortensias qui gloussaient se turent au passage du couple. En la voyant se mouvoir, un air avide se peignait sur le visage de la bleue. La posséder devenait vital. Il n'y avait que comme ça qu'elle serait véritablement à elle. N'y tenant plus, Susannah rejoignit la violette dans sa parade et l'enlaça à la taille. Dans son oreille, elle lui chuchota. « Je n'aime pas te voir t'éloigner. Je ne veux pas que tu t'échappes et que tu ne reviennes jamais. Je te l'interdis. » Quoi qu'elle pourrait dire pour la rassurer, les racines de la peur s'étaient solidement implantées et son sourire perdit en sincérité. « Ne t'inquiètes pas. J'ai une solution. Tu pourras toujours compter sur moi. » Elle entrelaça ses doigts aux siens et la ramena vers la prairie aux mille fleurs. Là, sans la lâcher, elle prit son visage entre ses mains. « Tu me fais confiance ? » Elle lui caressa le bras et doucement, avec autant de précaution que si elle était faite de porcelaine, l'allongea parmi les hautes herbes. « Non, mets-toi sur le ventre. » Dès qu'elle se fut exécutée, Susannah vint s'installer sur la chute de ses reins. « Ne t'inquiètes pas. » La rassura-t-elle en invoquant une lame dans sa main. Elle fit jouer sa dague sur le haut du vêtement qu'elle portait pour dénuder le dos de l'ancienne marionnette. Des articulations en bois, il ne restait rien. Sa peau apparaissait satinée, sans défaut. Elle commença par masser doucement sa partenaire, dénouant les nœuds de tension un par un, à l'écoute des petits soupirs de plaisir. Quand elle sentit que l'autre s'était complètement abandonnée à l'assaut de ses mains, ces dernières se refermèrent à la base des ailes de la violette. Sans prévenir, la perfide tira sèchement jusqu'à entendre le bruissement semblable à une étoffe qui se déchire. « Voilà, c'est fini. Je suis désolée. Je devais le faire. » Elle pleurait à nouveau en la consolant, ses doigts maculés de la Poussière présente sur les ailes arrachées déposant des empreintes scintillantes sur l'épiderme endommagé de sa prisonnière, déposant des baisers sur sa nuque. Enfin, elle quitta son assise et l'aida à se redresser. Là, elle apposa son front sur le sien et ferma ses yeux. Elle avait peur d'avoir brisé sa confiance mais ne regrettais rien. « Dis-moi que tu m'aimes. Embrasse-moi. » Son ultime ordre s'éleva entre elles, porté par une voix suppliante.

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Voeux:



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Mertle
Ven 03 Fév 2023, 17:59


Images par [url=Jensen Couch]Jensen Couch[/url] & Aramisdream Ilaria.
Fëry
Chuan & Meertle

« RAAAAH ! » s'étrangla la Fae Tarabistouille, agitant frénétiquement sa brindille pour chasser l'envahisseur. « ALLEZ OUSTE ! DU BALAIS ! FICHE MOI L'CAMP ! » s'époumona-t-elle, faisant reculer le mille-pattes qui avait osé s'aventurer sur son domaine. « Ouai c'est ça, déguerpis, si tu veux pas que je te découpe les guibolles en rondelles ! » L'intrus agita ses antennes et fit claquer ses mandibules en réponse à l'emportement de la vilaine. « QUOI ? » s'égosilla la brune. « Ce sont des menaces ? ON M'INSULTE ! DESHONNEUR ! OUTRAGE !  » Et la malveillante mit sa menace à exécution, faisant claquer la longue brindille qui s'était transformée en fouet tranchant, sectionnant les membres du criminel. « Voilà ! Et que je te recroise pas de si tôt, c'est bien compris ? » apostropha-t-elle le fuyard, dans un dernier ricanement victorieux.

Mertle, plus connue sous ses nombreux sobriquets que sous sa véritable identité, tourna les talons et se mit à marcher d'un air décidé vers son chez-elle. Il s'agissait d'une vieille souche d'arbre, laissée là à moisir sous l'effet de l'humidité du bois et du vent froid. Des champignons l'avaient nécrosé, infesté jusqu'au cœur. L'intérieur, creusé par la météo, avait façonné l'habitat idéal pour celle qui avait autrefois été nomade. Elle y avait élu domicile, décorant peu à peu cet intérieur douillet. Là, un peu de mauvaises herbes pour faire un lit, là-bas, un salon aménagé avec les champignons, un peu plus loin, un farfouillis de tout le bric-à-brac qu'elle trouvait et ramenait chez elle : des morceaux de ferraille, des bijoux perdus - ou peut-être volés-, des détritus particulièrement laids. Avec le temps, elle avait amassé une collection impressionnante qu'elle gardait jalousement. Plusieurs fois, la Tarabistouille avait dû engager des querelles avec ces satanées pies qui rodaient au dessus de son royaume : ces emplumées convoitaient son butin, il était bien connu que ces feignasses préféraient venir lui piquer le sien plutôt que d'aller chercher leur propre bazar. Pour pallier à ces rodeuses, Mertle avait implanté de nombreux pièges pour capturer ces saloperies et s'en débarrasser.

La mauvaise s'accouda à l'ouverture qui lui servait de fenêtre. De là, elle avait une vue convenable sur son domaine, qu'elle ne laissait approcher par personne. Son jardin se trouvait dans un sous-bois humide, plongé dans un perpétuel courant d'air. Le sol avait été infesté par tout ce que les jardiniers n'affectionnaient guère : des plantes particulièrement coriaces et dont la vitesse de prolifération n'était pas appréciée. Oxalis, ronces, chiendent, pissenlits, plantain et orties tapissaient cette zone aussi peu accueillante que son habitante. « Il parait qu'une chasse à la coccinelle a été organisée. » lâcha l'aigrie d'un air presque rêveur. « Si je n'étais pas aussi occupée à repousser tous ces chieurs qui viennent m'enquiquiner jusqu'ici, j'y serais sans doute allée. » Peut-être la brune ressemblait-elle à une folle-dingue. Il n'y avait personne pour l'écouter délirer. Pourtant, elle ne s'adressait à personne. Elle faisait simplement la conversation au Mycène de son salon : le champignon avait l'avantage de ne jamais lui répondre et de la laisser monologuer. Elle ne supportait pas la compagnie des autres et, surtout, elle haïssait qu'on la contredit. Le silence était une qualité appréciée. « Ha, il me manque, le temps où je pouvais m'y rendre. Lorsque je n'avais pas à m'inquiéter de tout ça. » fit-elle en désignant d'un geste négligé son butin. En réalité, elle aurait très bien pu se rendre là-bas, ou reprendre sa vie de vagabonde. Mais au fond, elle aimait surtout se plaindre de tout et de rien.


« MAIS ! » Mertle venait de grimacer, protégeant son visage d'un subit rayon de soleil venu agresser sa rétine. Quelqu'un s'approchait de son domaine et, pour se faire, avait bougé quelques végétations, laissant au pourfendeur un accès direct sur le faciès de l'aigrie. « Qui c'est qui vient encore nous chercher des noises à cette heure-là, hein ? C'est pas possible ! » grogna la Tarabistouille avant de sortir de son chez-elle, prête à en découdre avec ce nouveau parasite !

« C'est le secret des fleurs, que de contenir la beauté et les secrets. Alors je leur confie ces paroles, aussi sublimes que silencieuses : je t'aime. »

Ici, là où rien de gracile ne semblait vouloir pousser, voilà qu'un bouton de fleur délicat venait de faire son apparition. En l'apercevant, Mertle s'immobilisa. Elle sentit son cœur s'accélérer dans sa poitrine ; et son ventre se soulever d'émoi, comme si un volcan fait de bulles avait soudainement poussé, juste sous son nombril. Une nouvelle brise souffla sur le terrain. Mais cette fois-ci, la nouvelle venue semblait avoir apportée avec elle un courant d'air chaud et bienfaiteur. Il insuffla un souffle de vie. D'abord chez Mertle qui, se souvenant qu'elle possédait une paire d'ailes, se souleva dans les airs. A mesure qu'elle prenait de la hauteur, elle constatait que son jardin prenait peu à peu des couleurs : liserons des champs, mourons rouge, renoncules rampantes, lavande ou encore lilas pourpre venaient bourgeonner pour égayer le sinistre tableau. A chaque éclosion, elles crachaient une poussière de la couleur de leurs pétales, et un son sourd, semblable au palpitant de la Vilaine, résonnait jusqu'aux oreilles du Rayon de Soleil.

Mertle revint au sol. Là où ses pieds touchèrent la terre, un réseau s'étendit : le champignon recouvrit bientôt tout ce monde végétal. Puis, doucement, elle se mit à danser, tournoyant sur elle-même, faisant des arabesques et des sauts de chats. Et, à chaque pas, chaque exécution de sa chorégraphie sentimentale, le réseau vénéneux se teintait d'une lumière, parcourant ses fibres qui s'élongeaient en direction de la Première Fleur. Cela ressemblait un peu à un réseau veineux. A mesure du temps, les couleurs perdaient de leur obscurités, pour arborer une teinte plus douce, mais pas moins intense. Ces mêmes colorations se répercutaient sur la végétalisation alentour. Si l'on tendait bien l'oreille, on pouvait entendre des murmures du cœur, celui de la grincheuse, qui ne pouvait retenir plus longtemps la vive affection qu'elle éprouvait envers cette inconnue, qui l'attirait à elle avec toutes les passions sentimentales.

« Danseriez-vous avec la Fae Tarabistouille ? » demanda la femme aux champignons, tout en exécutant une révérence. « Je n'ai en mon domaine que des orties et des fougères, mais ils pousseront pour vous protéger. » Comme pour se plier aux paroles de l'oratrice, les plantes semblèrent se replier pour essayer d'avaler la coquette. « M'accorderiez-vous votre plus beau sourire ? Le mien vous est acquis, alors ne détournez pas les yeux, ne me recouvrez pas de dédain comme l'on fait tant avant vous. » La sérénade se transformait en plaidoyer. Tant de refus et d'échec avaient été essuyés que l'angoisse serrait cette poitrine fragile, et avait battit cette bouche injurieuse. « Venez, mon enfant, venez dans mon jardin, dansez et volez à mes côtés, ensemble, gardons pour nous deux ce Jardin d'ombre. » Peut-être que leur union ferait venir le soleil, même dans cet endroit reculé. Mertle s'était approchée. « Et qu'en serait-il d'un baiser ? » quémanda-t-elle. « Si derrière ces lèvres, se cachaient une princesse ? Qu'un baiser saurait délivrer de son hideuse apparence ? Seriez-vous cruelle, suffisamment pour le lui refuser, tant sa disgrâce vous effraie ? Nierez-vous si effrayée par sa laideur que vous ne pourriez l'approcher ni la frôler ? La détesterez-vous assez pour lui envoyer de mesquines paroles ? » Elle avait eu pire : une fois, on l'avait attaqué avec une armée de scarabées. Peut-être sa hantise des insecte venait-elle de là ?

Quelque part, dans le jardin, un rosier s'était épanouis. Le Chardon, lui, s'enroulait désespérément autour de ses tiges. Il s'élançait, l'enlaçait, essayant de trouver de sa superbe, de parvenir à son niveau. Mais chaque regard porté sur la Tarabistouille était telles ces épines qui coupaient la poussée du Chardon, ralentissant sa course.

1377 mots
Vœux : sa brindille se transforme en fouet ; les fleurs qui poussent pour mimer ses sentiments, tout en le gardant secret ; le réseau de champignon.
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Ven 03 Fév 2023, 21:43

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Faustine & Persy



Le Royaume de Perséphone s'étendait sur plusieurs kilomètres. Recouvert en permanence par un ciel garni de nuages épais et grisâtres, il affichait un paysage désolant et décharné qui n'invitait guère au tourisme. En dehors des plantes, solitude et tristesse étaient les fidèles qui constituaient son peuple. C'était pourtant un chaos organisé, comme elle aimait à le penser, où chaque être vivant était interconnecté par un réseau sous-terrain de racines qu'elle s'employait elle-même à consolider. Car la violette n'était pas une bonne Fae, elle n'avait plus la main verte après une déception amoureuse particulièrement douloureuse et depuis, le sort s'acharnait sur ses tentatives de créer un jardin comme ses congénères. Les plantes qui y croissaient étaient les survivantes de séries d'expérimentations désespérées, des mutations qui auraient été qualifiées d'hérésie par les Elfes, même ceux qui se cachaient du monde au fond de leur mystérieuse forêt. Un jour, ce domaine lui appartiendrait aussi. Leur cité pouvait bien être cachée, si la jardinière faisait pourrir leur terre avant d'y faire propager ses aberrations, ils tomberaient aussi. De tout temps, les Faes avaient été sous-estimées. Il arrivait encore que des égarés ignorants se gaussent de sa petite taille, à peine plus haute qu'une main, juste avant que des racines noires comme du charbon leur sortent par les oreilles et que leur sang vienne baigner sa terre maudite.

Mais heureusement pour ses voisins, ses ambitions du jour ne dépassaient pas ses frontières. Issue droit de ses laboratoires, après des mois et des mois de travail acharné, d'essais, d'échecs trop nombreux pour les énumérer sans risquer le courroux de la rêveuse, son nouvel engrais magique était prêt. Perséphone se hâta pour sortir de sa maison, creusée dans une noix qu'elle avait fait grossir par magie. Avec le temps, elle avait noirci à la suite de plusieurs explosions malencontreuses mais avait tenu bon contre toute attente et c'était tant mieux car la Reine avait autre chose à faire qu'à déménager ses quartiers, un jardin grand comme un pays ne s'entretenait pas tout seul, surtout quand on manquait cruellement de personnel et de chance.

Avant de sortir, elle enfila une petite laine de dentelle noire sur sa robe, noire elle aussi mais surtout usée jusqu'à la corde et dont l'ourlet inégal semblait tâché de terre en permanence. Perséphone n'aimait personne, elle ne voyait donc personne et avait renoncé depuis des années à faire attention à son apparence car ses fleurs se moquaient bien que sa frimousse soit mise à son avantage, elles voulaient juste survivre. La Fae avait un teint de papier mâché, des cernes soulignaient des yeux d'un bleu délavé qui n'espéraient plus, enfoncés dans leur orbite. Ses cheveux avaient depuis longtemps perdu leur lustre et étaient attachés sur sa nuque en un chignon serré pour ne pas avoir ses cheveux dans les yeux en travaillant.

Perséphone laissait tomber quelques gouttes de son nouvel engrais sur un buisson décrépit de roses quand un sifflement venu du ciel lui titilla désagréablement le tympan. Presque aussitôt après, un choc ébranla le sol et la projeta sur les genoux. L'engrais se répandit sur le buisson qui se ratatina à vue d'oeil, noyé par la potion. Les pétales se flétrirent et la Fae dut assister à leurs cris d'agonie, le visage pris dans le marbre, incapable de prononcer un mot tant la frustration était intense. Finalement, elle se redressa, tremblante de rage contenue. « Qui ? Où ? » Cracha-t-elle. Un amas de ronce tristement répandu au sol frissonna et rampa sur la terre sèche pour pointer dans la direction de l'élément perturbateur. Les ailes de Perséphone se déployèrent dans son dos. Une Poussière noire l'enveloppa dans un nuage sombre quand elle battirent pour l'élever dans les airs.

Quelques instants plus tard, elle arrivait sur les yeux du crime. Son visage se ferma. Un cratère énorme avait dévasté le petit potager qu'elle avait tenté de faire pousser à ce même endroit. Elle devait y récolter des courges le jour-même. À l'intérieur, au milieu des fumerolles acides, une silhouette était étendue, absurdement petite comparativement au gouffre qui s'était creusé, mais pas beaucoup plus grande qu'elle-même. Elle fronça les sourcils en la voyant remuer au sol. « Vous ! » La houspilla-t-elle. Mécontente, elle se laissa glisser jusqu'à la forme allongée mais quand enfin les traits de l'inconnue furent visibles, une expression horrifiée remplaça la colère initiale de la Reine qui recula de deux pas. « Toi ! » Cracha-t-elle, l'outrage rendant sa voix plus aigue que d'ordinaire. Car Faustine n'avait rien d'une inconnue même si elle aurait donné cher pour oublier jusqu'à son visage. Le choc de surprise passé, Perséphone devint rouge de colère. « Après avoir détruit mon coeur, tu détruis mon Royaume ? Sors d'ici ! Hors de ma vue ! » Hurla la violette, lévitant de quelques centimètres pour se donner un meilleur champ de vision et envoyer sur son ex-amante des boules puantes.

Message I | 853 mots

Je sais qu'on ne suit pas encore le scénario de base de la coutume mais je compte sur toi pour y revenir 8D.
Voeux:



Merci Jil  [RPPT] - Le Rêve qui enchante, le Rêve qui transcende, le Rêve qui innocente, le Rêve qui ensauvage  009 :
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Sam 04 Fév 2023, 16:51



Fëry


Min & Rose-Abelle



Je me sentis comme libérée d’une pression : la tension immense due à mon âge et à mon rang. La question du mariage n’avait été évoquée que récemment mais je la savais importante. J’en avais peur parce que je n’avais aucune idée de ce que l’avenir me réservait. Je désirais être un homme. Je l’avais désiré dès que j’avais compris que, chez les Sorciers, seuls eux décidaient. Mon père avait plusieurs femmes et aucune d’elles n’avait le droit de lui être infidèle. Aucune d’elles n’était libre. Je voulais être libre, libre de m’envoler. Parfois, j’avais assisté aux entraînements d’Eméliana. Sa silhouette était semblable à un bâton. Chacune de ses jambes semblait si fine. Lorsqu’elle bougeait, j’avais toujours l’impression qu’elle allait se briser. Pourtant, qu’elles que fussent ses mouvements, je ne pouvais regarder qu’elle. Les gestes qu’elle initiait, en dehors des carcans des robes normalement destinées aux femmes, m’émerveillaient, au point parfois de me faire oublier quelle harpie elle était. Je voulais, moi-aussi, être libre. Ma chance avait été d’être envoyées chez les Magiciens pour servir de symbole de paix puis, de là, d’être catapultée à Basphel. Au sein de l’école, il y avait mon super copain : Alcide Taiji. Nos aventures avaient la saveur de l’enfance et, plus cette enfance s’éloignait, plus je m’en rendais compte. Lui restait pourtant le même et, lorsque j’étais à ses côtés, les bras de l’âge adulte semblaient encore loin. Ils me hantaient pourtant, parce que je savais parfaitement que dès que je serais réglée, on ne m’autoriserait plus cette liberté chérie. Je voulais être un homme et je l’avais été, dans le Monde des Contes. J’avais incarné un Roi. J’avais été Arthur. J’avais goûté les lèvres d’une femme. Quand j’y songeais, la chose me paraissait honteuse, taboue. Elle était même réprimée chez les Mages Noirs. Il me faudrait rester près d’Alcide, là où les questions liées à la puberté semblaient ne pas avoir leur place, là où je pouvais continuer à rêver, m’inventer chevalier. Rosalie ne m’apportait plus réellement cette paix. Lorsque j’étais avec elle, je voyais bien que nos préoccupations d’enfants fuyaient, au profit d’autres préoccupations. Je l’avais fait danser tant de fois, en marchant dans les pas de l’homme. Je n’étais pas sûre de vouloir parler des garçons qui lui plaisaient avec elle. Y en avait-il qui m’attiraient ? Je préférais ne pas le savoir et j’oubliai mes interrogations pour mieux laisser place au sommeil, pour mieux laisser place à la liberté.

L’odeur de la nature humide vint chatouiller mon nez. Le ciel était parsemé de nuages qui dansait doucement. Les étoiles se découvraient de temps en temps et les rayons des lunes éclairaient le sol par intermittence. L’eau d’un ruisseau émettait un bruit léger à chaque fois que le liquide changeait de direction, guidé par des rochers polis par le temps. Dans les buissons, des lucioles prenaient le relai des astres. Je souris, convaincue que cette nuit serait la nuit. Je lui dévoilerais enfin que les battements de mon cœur ne vibraient que pour elle, qu’elle était celle avec laquelle je désirais danser.

Je me penchai au-dessus de l’eau, comme pour vérifier que ma tenue était parfaitement en place. J’avais répété ma chorégraphie bien des fois, sans oser l’exécuter jusqu’ici. C’était le moment. Il me fallait simplement passer le pas, aller la voir et lui proposer d’être la spectatrice de mon spectacle. L’actrice aussi. Je ne désirais pas danser seule. Je voulais la charmer jusqu’à ce qu’elle me rejoignît, la toucher jusqu’au plus profond de son être. La toucher psychiquement avant de la toucher physiquement. J’avais imaginé plusieurs fois mes doigts parcourir ses cheveux et mes lèvres effleurer les siennes avant de les faire miennes. J’inspirai profondément et me mis à fixer mon reflet comme pour me convaincre. Ce n’était qu’une question de courage. Je m’envolai.

Lorsque je la vis, mes pas me conduisirent à ses côtés. « Bonsoir. Dis… » commençai-je, consciente du fait que si je n’osais pas maintenant, je n’oserais jamais. « Je me demandais si tu ne voudrais pas euh… me regarder danser ? J’ai préparé une chorégraphie et peut-être qu’elle pourrait être améliorée alors je me suis dit que si je la montrais à quelqu’un… » Ce n’était pas du tout ce que j’avais prévu de dire. Mon discours n’était pas convaincant. Pire que tout, il ne laissait même pas envisager que mon spectacle pût être pour elle. « Je voulais que ce soit toi. » ajoutai-je, hésitante. « Mais si tu n’as pas le temps, je comprendrais, tu sais… »

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Kaahl Paiberym
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Sam 04 Fév 2023, 19:30



Fëry


Dastan & Erasme



« Oh… Oh ! Oh par les Dieux ! Il nous a regardées ! » « Hum. » fis-je, en jetant un regard vers le brun qui se tenait plus loin. J’étais assise avec mes amies sur une table de pique-nique, à l’ombre d’un imposant chêne. L’arbre avait dû être le témoin de bien des galoches depuis qu’il avait commencé à pousser là. Il était centenaire, au moins. Sur son tronc, parfois, des lettres étaient accolées et entourées d’un cœur. Il s’agissait vraisemblablement de promesses d’amour d’un autre temps. Ces espoirs d’avenir avaient dû être brisés depuis bien longtemps. « Je crois que c’est toi qu’il regarde, Éra ! » « Oui c’est sûr ! » Il y eut un silence. « Oh non ! Il vient par ici ! Vite, j’ai l’air de quoi ? » « T’es rouge comme la pomme que mange l’autre grincheuse. » L’autre grincheuse : moi. « Salut les filles ! » « Salut ! » « Hey ! » Je remontai les yeux, les fixai sur lui et émis un « Yo. » peu convaincu. Pour qui se prenait-il ? Je passai mes doigts bagués dans mes cheveux, afin de les remettre un peu en place. Le mouvement dévoila mes boucles d’oreille ainsi que les multiples tatouages qui couvraient ma nuque. « C’est pour quoi ? » demandai-je. Il resta à me regarder quelques secondes. Il n’était pas timide, ni facilement intimidable. À Basphel, il avait été de longues années le capitaine de l’équipe de Puffball. Il avait continué à être le numéro un à l’université. « Je voulais t’inviter au bal. » « Pourquoi ? » demandai-je. « Mes potes se demandent si tu changes de fringues parfois. » répondit-il. « Pardon ? » « Ouais, t’es tout le temps habillée comme un mec. Ils se demandent si tu viendras aussi en chemise au bal. Et puis, tu me plais. » Je sortis une cigarette et l’allumai du bout du doigt. Je tirai dessus, avant de relâcher la fumée en sa direction. Il balaya la zone devant lui de sa main. « Alors ? » « Alors quoi ? » « Tu vas venir ? » « Je ne sais pas… Est-ce que les chemises sont autorisées ? » lui demandai-je avec un petit sourire, tout en me levant. Je croquai dans ma pomme avant de la lui foutre dans la bouche. « Je vais réfléchir. Si t’es sage. » lui fis-je, avant de quitter le groupe sans me préoccuper de la réaction du type ou même de mes amies. J’ouvris mes ailes et m’envolai jusqu’à atteindre le toit du bâtiment principal.

Une fois en haut, je m’assis sur une marche. Le coin était tranquille. Il me permettait de fumer et de boire sans avoir à supporter la présence de ces gros beaufs. Je soupirai, laissai ma tête tomber en arrière et amenai ma cigarette à mes lèvres. J’inspirai et fermai les yeux pour me concentrer sur les sensations. Fumer me détendait. Ça m’empêchait presque de penser au fait que parmi toutes mes amies, ce sale type avait préféré jeter son dévolu sur moi. C’était toujours pareil. J’étais la cible. Je songeai malicieusement que ça devait être la chemise qui les excitait. Mon style était différent. Je l’aimais, parce que mes formes disparaissaient sous les tissus amples. Ces abrutis ne comprenaient juste pas qu’ils étaient la dernière de mes préoccupations. Leurs épaules larges et leur voix rauque ne me faisaient aucun effet. Tout ce qu’ils m’inspiraient était de l’envie, une envie qui n’avait rien à voir avec le désir. Il s’agissait de l’envie d’être comme eux : l'envie de pouvoir draguer des filles sans risque ou presque.

Je passai ma main dans mes cheveux et soupirai. « Putain. » crachai-je, entre mes dents, avant de baisser la tête. J’arrêtai mon mouvement lorsque je vis une silhouette, accoudé à la rambarde. Mon cœur se mit à battre instantanément. Je l’avais déjà vue de loin. Elle ne passait jamais inaperçu avec ses cheveux. Je restai un instant sans bouger, avant de me lever pour aller fourrer mes mains dans ma réserve secrète de bières. Je me servis du mur pour décapsuler les bouteilles et m’approchai d'elle après avoir réduit ma clope en poussières. Une main dans la poche, une autre tenant les boissons, je me positionnai à côté d’elle. « Tu bois ? » fis-je, en lui tendant mon trésor. Je l’observai, jusqu’à ce qu’elle me regardât. Là, je détournai les yeux pour les poser sur le paysage. « Je ne t’ai jamais vue ici. Tu cherchais un endroit tranquille ? »

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Aäron Taiji
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Sam 04 Fév 2023, 23:14

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Le Rêve qui enchante - Fëry
Zeryel et Moon



Moon posa ses doigts à la base de son oreille. Sa main descendit ensuite lentement dans son cou, jusqu’à atteindre son épaule. Ses ongles entraînèrent avec eux la bretelle de son soutien-gorge. Elle sourit, face au miroir, avant d’avancer d’un pas. Elle tourna sur elle-même et revint face à son reflet, comme pour chercher dans le visage qui l’observait une once de désir. Était-elle désirable ? Cette question lui semblait cruciale à cet instant. Elle ne pouvait néanmoins pas se désirer elle-même. Elle ne pouvait que mimer ce qui lui paraissait être désirable. Était-elle trop aguicheuse ? Était-elle vulgaire ? Elle n’en était pas sûre. Avoir des formes avait cet inconvénient. Une fille avec peu de poitrine pouvait se permettre bien plus de choses qu’elle. C’était exactement la même chose pour ses cuisses et ses fesses. Dès qu’un haut était trop moulant, elle avait l’impression de déborder. Au quotidien, c’était pénible. Elle attirait les regards. Néanmoins, pour la tâche qui l’intéressait à présent, son corps était sans conteste un atout. Moon caressa l’un de ses seins, toujours en se regardant. Elle tenta d’imaginer les réactions de la femme qu’elle désirait. Serait-elle excitée en la voyant ainsi ? L’accepterait-elle ? La rejetterait-elle ? Dans le dernier cas, son égo en prendrait peut-être un coup. Elle admira le tissu qu'elle portait. Elle avait fait faire l’ensemble sur mesure. Elle espérait que la dentelle provoquerait l’effet escompté mais elle ne pouvait pas en être sûre. Si le sentiment était partagé, alors sa danse serait merveilleuse. S’il ne l’était pas, elle serait probablement ridicule. Elle n’aurait pourtant pas à regretter. Elle aurait fait tout son possible.

Moon côtoyait l’élue de son cœur depuis quelques temps déjà. Les fleurs avaient bien vite compris son intérêt. Elle en parlait donc avec les dames colorées, qui lui prodiguaient des conseils et utilisaient leur réseau souterrain pour tenter d’obtenir des informations croustillantes. La brune n’avait pas voulu en entendre trop. Elle avait préféré découvrir au fur et à mesure, lui parler, poser des questions, jusqu’à en savoir plus, jusqu’à être sûre. La première fois qu’elle l’avait vue, ses sens s’étaient emballées. Elle l’avait trouvée belle. Comme une abeille attirée par une rose, elle s’était approchée afin de parler de tout et de rien, de la pluie et du beau temps, des contes récents qui ne manquaient pas de créer des commérages. Les Faes étaient friandes des histoires qu’elles créaient. Elles s’alimentaient les unes les autres au fil de leur lecture, tout en manipulant le monde. Les enfants lisaient, retenaient et grandissaient avec les valeurs qu’elles véhiculaient. Il ne restait que quelques peuples de sots, comme celui des Réprouvés, qui ne lisaient presque pas. Tout dépendait des régions.

Moon enfila une robe et souhaita se rendre auprès de la jeune femme pour qui elle allait danser, si la soirée se présentait bien. Elle fut en face d’elle en un instant. Elle la salua, en déposant sur sa joue un baiser. « Comment vas-tu ? » demanda-t-elle. « Je ne sais pas si tu as suivi les dernières péripéties du Conte dont nous avons parlé la dernière fois. J’ai frissonné lorsque la tête de Montarville a été arrachée de son corps ! » dit-elle, tout en s’installant pour dîner. Quelques secondes plus tôt, elles n’étaient que toutes les deux. À présent, sans transition aucune, elles se trouvaient dans un vaste restaurant, autour d’une table en extérieur. La température était idéale. « Je ne sais pas si j’ai frissonné d’horreur ou d’autre chose… C’était très flou ! » avoua-t-elle. Les histoires politiques lui plaisaient un peu trop. Elle se laissait facilement prendre au jeu des complots. Elle avait ses favoris, forcément, mais adorait lorsque l’histoire la surprenait ou qu’un événement important se déroulait. Elle avait l’impression de vivre avec les personnages, tout en plaignant un peu les humanoïdes qui avaient été choisis pour faire partie du Conte. « À ton avis, comment va se passer la suite ? » lui demanda-t-elle, en la contemplant intensément. Cette conversation l’intéressait mais, en présence de son invitée, son esprit pensait bien vite à autre chose : ses lèvres, sa gorge. Son corps en devenait tout chose, en demande de plus qu’un simple vis-à-vis. Elle lui sourit. « J’ai prévu une petite surprise pour toi après le dessert. » précisa-t-elle. Elle aimait l’idée de l’émoustiller avec un mystère. Elle espérait qu’elle y penserait et qu’elle aurait hâte. Elle-même, malgré le trac, ressentait l’envie irrépressible d’être à ce moment-là.

738 mots



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Priam et Laëth
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Dim 05 Fév 2023, 17:43



Unknown

Fëry

En duo | Érasme et Dastan



Dastan croisa les bras sur la rambarde et posa son menton dessus, la tête légèrement inclinée vers la droite, en poussant un long soupir. Une mèche rousse tomba devant ses yeux, qu’elle tenta d’écarter en avançant sa lèvre inférieure pour souffler dessus. Rien n’y fit. D’un geste délicat de la main, elle la ramena dans sa longue tignasse rousse. En contrebas, elle pouvait observer la cour, bordée d’un côté par le long bâtiment en L de l’université, et de l’autre par les premiers arbres de la forêt qui s’étendait jusque dans le lointain. De nombreux élèves se retrouvaient dans cet écrin de verdure et de tuffeau, entre les cours, pour les pauses déjeuners ou à la fin de leur journée. Parfois, elle se mêlait à eux, souriante et solaire – magnétique, auraient pu dire certains. D’autres fois, elle s’éloignait et se contentait de les observer. C’était plus vrai encore ces derniers temps. D’un coup d’ailes, elle s’envolait pour les toits de l’école et, appuyée à la balustrade qui bordait le toit, laissait son cœur bercer son âme d’une mélancolie aux accents suaves. Elle cherchait des yeux une fille, toujours la même. En général, elle s’installait à l’une des tables de pique-nique avec son groupe de copines, qui bavardaient gaiement tandis qu’elle restait muette. Digne d’une mécanique bien huilée, un schéma se répétait presque inlassablement : elles se faisaient aborder par un ou plusieurs garçons. Cette fois-ci, les choses ne différèrent pas. Éra et ses amies étaient assises à une table, et l’un des joueurs de Puffball – le meilleur, en fait – s’approcha d’elles. Comme la majorité des autres, il s’intéressait à la brune. Ce qui était inaccessible les rendait toujours fous. Elle fit la moue. Elle ne voyait pas l’intérêt de se montrer inaccessible, elle. Elle y jouait, parfois, mais ça ne l’amusait jamais longtemps. Elle préférait les aimer ouvertement. Et pourtant, à l’image des garçons, elle regardait cette fille avec les yeux bordés d’étoiles, comme s’il s’était agi d’un joyau précieux, d’un atypisme couverts d’enluminures tatouées et de métaux brillants, enfoncé dans des chemises trop grandes pour elle.

Elles ne se ressemblaient pas du tout. La rousse excellait dans l’art de la coquetterie. Elle portait toujours des vêtements extrêmement bien ajustés. S’ils n’avaient pas été taillés sur mesure, elle leur apportait les ajustements nécessaires pour mettre en valeur sa fine silhouette, le creux de ses reins et le galbe de sa poitrine et de ses hanches. Là où Éra ne portait presque que du noir et du blanc, Dastan se noyait dans les couleurs, parfois au point de ressembler à un arc-en-ciel ambulant ou à un feu follet, ses jupes tourbillonnant dans son sillage telle une auréole de flammèches chatoyantes. Elle avait pour habitude de relever ses cheveux à l’aide de fleurs, de feuilles et de toutes sortes de bijoux étincelants. Ses ongles, peints de vernis, se mariaient à son sac ou à ses chaussures, qu’elle entretenait chaque dimanche. Tout le monde l’appréciait, parce qu’elle avait souvent le mot pour rire, l’idée ultime pour l’organisation de toutes les soirées, la douceur qu’on ne trouvait pas chez les autres. Il n’y avait que lorsqu’elle s’énervait qu’on l’évitait, parce que ses colères étaient dévastatrices. Éra, elle, vivait en solitaire. La croiser s’avérait difficile alors, en général, elle se contentait de la regarder, et de faire fleurir à son égard un jardin de secrets et de fantasmes. Elle fronça le nez, passa sa main dessous, regarda à nouveau dans la cour : la brune avait disparu. Encore, elle soupira, et s’affaissa un peu plus sur ses bras croisés, la mine boudeuse. Pourquoi était-ce si simple de passer à l’action avec les garçons, et si compliqué avec elle ? Elle avait juste à battre des cils, et ils tombaient comme des mouches. Si elle papillonnait des paupières devant Éra, tout ce qu’elle y gagnait, c’était une vision dénaturée du monde et un air franchement stupide.

Perdue dans ses pensées, la rouquine ne perçut pas tout de suite la présence près d’elle. Quand la voix résonna, elle sursauta et se redressa d’un coup. Son regard croisant celui de l’élue de son cœur, elle demeura muette. Si elle avait ouvert la bouche, seule une suite de bafouillis incompréhensibles en serait sortie. Elle baissa les iris sur la bouteille de bière et, troublée, la prit. « Merci. » parvint-elle à lâcher. Ses doigts effleurèrent ceux de la brune : elle releva la tête vers elle, tandis qu’elle se détournait. Ses prunelles suivirent les contours de son profil, cherchèrent les étincelles dans le céruléen qui bordait ses pupilles, s’attardèrent sur ses lèvres qu’elle rêvait d’embrasser. « Ouais, je… » Elle inspira. Fanfaronner devant les autres, c’était facile. Jouer la petite rigolote devant Éra, c’était impossible. Il y avait quelque chose, chez la brune, qui faisait sonner faux toutes les représentations comiques de la rousse. Ça crissait aux oreilles et c’était détestable, plus détestable encore que de se montrer un peu plus vulnérable que d’habitude. « J’avais pas envie d’être en bas, avec tous les autres. » expliqua-t-elle, en frottant doucement le cul de la bouteille contre son bras marqué de la trace rouge causée par l’appui de son menton. Son cœur battait à tout rompre. Il allait exploser. Là, tout de suite. Pourtant, c’était l’occasion rêvée. Elle pouvait lui demander de l’accompagner au bal. Peut-être que les filles ne l’intéressaient pas, peut-être qu’elle refuserait par peur du regard des autres, mais au moins, Dastan serait fixée et n’aurait plus à se morfondre chaque jour dans cet amour silencieux. Elle avait pris mille résolutions en ce sens ; elle n’en avait appliqué aucune. Elle déglutit, avant de porter le goulot à sa bouche et de boire une grande rasade de bière. « Tu viens souvent, ici ? » Ses iris bronze s’égarèrent à leur tour au-delà de l’enceinte de l’université. « Ou tu essayes d’échapper à des prétendants trop insistants ? » Le cœur au bord des lèvres, elle sentit le rouge lui monter aux joues, et enchaîna aussitôt : « Ils sont vraiment lourds, cette année. J’ai déjà eu six demandes et je… » Elle s’interrompit. « Enfin, bon, ce n’est pas très intéressant… » Comme eux. Elle les aimait bien, pourtant. Elle avait même déjà couché avec certains. Ceux qui avaient été nuls s’étaient vus décliner leur invitation. Mais les autres, elle aurait pu accepter. « Je ne sais même pas si je vais y aller, cette année. » Elle avait préféré leur dire qu’elle devait réfléchir. En vérité, elle espérait avoir le courage de lui demander, à elle. « Tu vas y aller, toi ? »



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Dim 05 Fév 2023, 18:38



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Fëry

En duo | Sól & Alcide



Tout véritable acte de bravoure passait d’abord par le rêve. Il fallait l’imaginer, le concevoir, le répéter inlassablement dans sa tête, en parfaire les détails, en corriger les défauts ; le penser et le repenser jusqu’à ce qu’il fît partie intégrante de soi et qu’on ne pût plus faire autrement que de l’accomplir. Alcée avait rêvé de ce moment-là durant des heures, des jours, des semaines. Il lui était facile de combattre les vils venus décimer ses précieux jardins ou de partir à l’aventure pour trouver des graines rares. Elle ne s’effarouchait guère des dragons furieux, des méchants mages, des monstres tapis dans les fourrés, ni même des tempêtes ou des feux de forêt. Valeureuse, elle combattait tout sans que jamais son courage ne faiblît. Mais il s’agissait là d’actes simples, d’actions aussi aisées que celles de sortir de son lit, de se nourrir ou de respirer. C’était dans sa nature : elle n’avait aucun effort particulier à fournir pour terrasser les menaces et conquérir des champs de fleurs. Ce qui la mettait réellement en difficulté, c’était l’amour. Ce sentiment, c’était comme un gouffre ouvert devant ses pieds. Elle ne savait jamais si elle allait tomber dedans ou pouvoir sauter par-dessus. Parfois, elle avait envie de se laisser entraîner par la gueule béante des abysses, mais y cédait rarement. D’autres fois, elle bondissait aisément par-dessus, sans se poser de questions. Comment faire autrement ? Qui aurait le temps de combattre le mal tout en étant amoureuse ? Et comment défendre tout un chacun quand le cœur ne battait que pour une personne ? Comment ne pas être terrifiée par les menaces des vilaines engeances quand on avait réellement quelqu’un à perdre ? Telles étaient les interrogations qui avaient pavé le chemin de sa rêverie. Une à une, elle les avait écartées. Pas par rationalité, ça, non. Par quelque chose de plus fort, de plus impérieux et de plus pénible aussi : il lui semblait bien qu’il s’agissait là des prémices de l’amour. Elle avait bien essayé d’oublier, de tout mettre de côté, de tout envoyer valser ; mais la seule idée de danse qui s’accrochait à sa poitrine, c’était celle d’une parade amoureuse. Alors, elle en avait rêvé, rêvé et encore rêvé, jusqu’à en parfaire les détails et à en corriger les défauts.

Désormais, elle se tenait devant le ruisseau, droite comme un i sur son rocher surplombant le cours d’eau. Son cœur battait la chamade. La mélodie pulsait si fort qu’il lui semblait l’entendre ricocher entre ses oreilles. Dès qu’elle aperçut la silhouette de Sól, la musique de son palpitant se renforça. Fébrile, elle lui fit signe de la rejoindre. Quand la Fae se posa près d’elle sur le rocher, elle lui sourit. « Bonsoir. » Elles ne se connaissaient pas depuis très longtemps. Alcée avait sauvé la jeune femme lors de l’une de ses quêtes contre le mal. Presque par inadvertance : elle n’avait pas prévu qu’il y eût encore quelqu’un dans ce jardin dévasté. Comme elle l’avait secourue, elle l’avait ramenée chez elle, et lui avait proposé d’habiter dans une parcelle de son royaume. Il était vaste : il y avait suffisamment de place pour deux. Sól pouvait rester aussi longtemps qu’elle le souhaitait. C’était ce qu’elle lui avait dit, lorsqu’elle l’avait recueillie. Désormais, elle craignait de la voir partir. Alcée avait essayé de se débarrasser de cette crainte idiote, mais plus les jours avaient passé, plus elle avait enflé. À chaque fois qu’elles s’étaient vues, elle avait éprouvé l’éminent besoin de la garder près d’elle. Dès que la blonde se trouvait à ses côtés, sa solitude habituelle lui sautait à la gorge, et elle n’envisageait plus d’autre existence que celle-ci : une vie à deux. « Tu vas bien ? » Elle lui prit la main et, après avoir déployé ses ailes, l’entraîna au bas du rocher. La nuit régnait, et pourtant, tout autour d’elles était lumineux. Alcée avait requis l’aide des lucioles qui, trop heureuses de rendre service à leur bienfaitrice, avait accepté d’illuminer la petite clairière. Sous leurs douces lueurs apparaissait une nappe garnie de victuailles en tout genre. Pour réaliser des assises confortables, la Fae avait empilé des pétales récemment tombés de fleurs du jardin et du duvet d’oiseau, trouvé à l’abord des nids. « Comme ça fait un mois que tu es là, je me suis dit qu’il fallait marquer le coup. » se justifia-t-elle, la voix mal maîtrisée. « Je t’en prie, prends place. Et raconte-moi ta journée ! » Elle serra sa main dans les siennes, avant de la relâcher, les yeux brillant autant de joie que d’appréhension.



Message I – 768 mots




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Kitoe
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Kitoe
Dim 05 Fév 2023, 21:53

Faustine & Persy
Fëry
Mothé - It's Ok To Be Lonely


Un grognement las indiqua qu'elle était encore vivante. Avec ses mains plaquées contre le sol terreux, Faustine poussa sur ses bras afin d'extraire son visage de l'espèce de glaise noirâtre. La Fae cracha les petits amas qui avaient tenté de s'introduire dans sa bouche avec une grimace. C'était collant, ça sentait l'humus et la rouille. Une fois remise sur ses pieds, elle se frotta le front, sans savoir qu'elle étalait allègrement une fine couche brune sur sa peau. Derrière elle, Faustine entendait déjà vociférer, mais était plus préoccupée par les conséquences de son désastreux atterrissage, que la victime de ses bêtises. D'une main plus minutieuse, elle épousseta ses cheveux attachés en un chignon grossier, puis ses vêtements en commençant par les épaules. Ses ailes frémirent pour se décrasser à leur tour. Enfin, la fautive daignait se retourner. Là, elle poussa un cri de surprise et fit un grand bond en arrière. Malheureusement, cela ne suffit pas à l'épargner de l'attaque de sa comparse. Prise à la gorge, Faustine toussa. Au sol, elle battit des ailes pour dissiper l'odeur immonde à base d’œuf pourri et de sécrétion de punaise.

-Berk ! Mais ça va pas ?

Elle grogna, consciente que ses vêtements allaient empester toute la journée, puis se redressa. Perséphone avait le chic pour transmettre sa mauvaise humeur, mais Faustine ne devait pas céder à la facilité, consciente que ce n'était vraiment pas une bonne idée. Sur l’échelle de la méchanceté, la violette l’avait probablement dépassée, depuis le temps. Il n’y avait qu’à voir l’état dans lequel elle était pour le constater.

-J'ai pas fait exprès, ok ? Lâcha-t-elle nonchalamment avec une moue.

Elle ne regardait pas son interlocutrice dans les yeux, ce qui montrait bien qu'elle se savait fautive. Cependant, l’admettre relevait d’une option que son égo ne connaissait pas. Faustine n'avait jamais été douée pour les excuses.

-Toujours aussi dramatique, à ce que je vois. De son côté, la provocation restait son point fort. L’attention de la Fae dériva sur le résultat de sa chute. Hm...

Oui, bon. Peut-être y était-elle allée un peu fort lorsqu'elle avait décidé d'entamer une course contre un essaim d’étourneaux. Elle avait trouvé cela très drôle – d’autant plus qu’elle les avait dépassés en un rien de temps – jusqu’à ce que l’un d’entre eux ne la prenne en chasse. Or, chez les étourneaux, qui disait un, disait tout le reste du groupe. La Fae avait eu beau crié, rien n’y avait fait pour leur expliquer qu’elle n’était pas une grosse tipule. Résultat, elle n’avait eu d’autre choix que d’accélérer sa course en demandant l’aide de la gravité. Le Royaume de Perséphone avait dû effrayer les oiseaux car depuis sa chute, ceux-ci avaient tous disparu.

-Le monde ne tourne pas autour de toi, Persy. Faustine n'avait jamais perdu l'usage de ce surnom affectueux, et ce malgré leur histoire. Tu crois que les autres agissent contre toi, mais c'est faux. Pour le coup, tu n'as juste pas eu de chance. Je ne suis pas tombée ici de manière délibérée.

Elle cessa de parler, regarda sur le côté, fronça les sourcils. Ses mains ne croisèrent dans son dos et ses épaules remontèrent.

-Enfin si, j'voulais venir te voir, mais ça n'a rien à voir.

A présent, elle se demandait si c'était une bonne idée. Faustine y réfléchissait depuis plusieurs jours et avait fait un long voyage pour retrouver son ancienne amante. Comme une idiote, elle avait foiré son entrée.

-Je pense encore à toi, tu sais.

Jadis, elles avaient vécu si heureuses. Elles avaient bâti un jardin ensemble et en avaient exploré chaque recoin. Elles avaient dansé dans les cieux et dans les herbes hautes, elles avaient ri avec les oiseaux et volé avec les papillons. Faustine se souvenait de tout comme si cela s'était produit la veille. Elle se souvenait du sourire et des yeux rieurs de la violette, de son teint radieux au soleil. Perséphone avait bien changé. Celle qui lui faisait face avait terni, elle s'était épuisée. La brune avait un pincement au cœur rien qu'à la considérer. Comment pouvait-on devenir aussi cynique ?

-J'aimerais qu'on réessaie, toi et moi. Elle s'approcha et s'empara des mains de son ex-amante. Promis, je ne te tromperai pas. Et je t'aiderai à reconstruire ton jardin.

Elle savait que ses paroles ne seraient pas suffisantes pour la convaincre : Faustine parlait beaucoup, mais faisait aussi pas mal de bêtises. S'efforçant de sourire – un de ces sourires malicieux qui la caractérisaient tant – elle fit quelques pas vers l'arrière. Dans son dos, ses ailes s'agitèrent, et la Fae lança une trainée de poudre bronze dans les airs. Elle avait préparé un spectacle rien que pour elle.


776 mots



Bijin
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Eiko
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Eiko
Mar 07 Fév 2023, 10:15


[size=31]Images par Washanapple[/size]
Fëry
Idril & Eiko

Eiko, dans un dernier effort, se hissa au sommet du rocher qu'elle avait commencé à escalader. Elle avait les jambes flageolantes, dû à son long voyage, mais elle était enfin arrivée au terme de son périple. Aussi, elle releva la tête, ses yeux scrutant les cieux. Enfin, ses prunelles mauves s'accrochèrent à ce qu'elle avait cherché avec tant d'empressement. Elle était là, flottant entre ciel et terre, défiant la gravité telle une seconde lune lumineuse : la Ruche. Le palais de la famille royale Faerique. Son architecture faisait penser à un étrange mélange entre une fève de cacao, et un château de princesse, comme ceux que l'on pouvait trouver dans les illustrations des contes pour enfants. Des tours s'élançaient aléatoirement de chaque hémisphère de la fève, poussant aussi bien vers les étoiles que vers les abysses du lac que la citadelle surplombait. Des fleurs surplombaient parfois les toits, ou s'épanouissaient à des endroits étranges, donnant une allure intrigante au noyau. Le tout était recouvert d'une poussière scintillante et colorée. « C'est magnifique... » ne put s'empêcher de chuchoter la voyageuse, en parfaite admiration devant la complexité de ce joyau. Elle se sentait ridiculement petite, plus encore que d'habitude. Et pourtant, lorsqu'un être aussi petit qu'un scarabée se tenait au pied d'un chêne centenaire ou d'un puissant pin, la perspective était habituellement impressionnante : être petite était quelque chose de naturel, pour elle.

Un sourire s'élargit sur les lèvres de la brunette avant qu'elle ne se redresse, prenant appui sur son bâton de marche. Ce dernier avait souffert, sur la route. Le chemin avait été loin d'être de tout repos : la petite Fae d'argent et de violet avait bravé bien des dangers pour parvenir jusqu'à ce lieu si désiré. La brunette venait d'une contrée reculée, que très peu de gens avaient eu la chance de fouler. C'était un lieu pur et sublime, mais reculé de tout, tellement que très peu de gens en connaissait l'existence et le nom. Parfois, en se présentant, les Faes qu'avait croisé Eiko ne l'avaient pas cru, prétendant que Fäeritael n'était qu'une légende, un rêve commun. Mais peu importait. Cette nuit était trop importante et, malgré toutes les épreuves qui s'étaient dressées sur son chemin, la voyageuse avait mis toute son énergie et toute son obstination pour rejoindre sa destination ! Elle avait dû traverser le Lagon Ardent, les Terres Ravagées de l'horrible Martinolle la folle, avait dû affronter la terrible horde de lutins farceurs et avait presque péri écrasée sous un éboulement en traversant la Montagne aux milles hurlements : tout ça n'était rien, si elle pouvait à présent se tenir ici. Et puis, ça lui faisait des péripéties à raconter. Elle en avait vécu tellement que, désormais, elle se sentait en mesure de les noter dans un conte, sa propre histoire d'aventures !

Mais l'exploratrice n'était pas venue jusqu'au Royaume pour trouver l'Inspiration. Non, la raison pour laquelle elle, et toutes les autres Faes présentes, s'étaient réunies sous le Palais était bien différente. L'Amour. Le véritable et plus pur de tous les sentiments : voilà l'objet de leur quête. Du moins l'était-ce pour la violette. La Princesse Idril, future héritière du trône des fleurs, avait fait passer son message aux fleurs, et celles-ci s'étaient empressées de le faire voyager. La chanson avait traversé tous les champs, toutes les prairies et toutes les forêts : elle avait fait le tour du monde, du plus haut sommet de la plus haute montagne, jusqu'à la galerie la plus profonde de toutes les fourmilières. Ce soir se tiendrait le plus grand des bals qui avait été organisé. Il deviendrait le plus mémorable, plus encore que ceux de tous les autres contes existants. Les Faes danseraient pour Idril et celle-ci choisirait sa partenaire. Eiko ne pensait pas sincèrement qu'elle pourrait attirer l'attention de la Princesse, perdue au milieu de toutes ces autres ballerines talentueuses. Elle gardait cependant espoir. Qu'elle puisse l'émouvoir, ne serait-ce qu'un peu, que ses sentiments lui parviennent et adoucissent la mélancolie que la voyageuse avait perçu dans la mélodie de son invitation. De toute manière, elle se contenterait de bien peu : voir la Blanche lui suffirait amplement pour récompenser son labeur. Car la Violette était déjà éprise, non pas du rôle ni du titre, mais bien de la Fae qui se cachait dans sa tour. Se souviendrait elle de leur rencontre ?

Finalement, un silence total tomba sur la nature alentour. Au balcon de la Ruche, une silhouette cristalline venait de s'approcher. C'était le signal. Le ballet pouvait enfin commencer. Mille Faes s'élevèrent dans les cieux, telle une nuée de lucioles.

Eiko dansa dans les airs. Elle utilisait les courants pour se laisser porter avec grâce et fluidité. Elle virevoltait, bien en dessous des autres danseuses. Peu lui importait : sa valse à elle comportait ses véritables sentiments et elle était persuadée que, même perchée tout là haut, ils parviendraient à aller toucher le cœur de son amante. Aussi, l'Artiste se mit à retracer leur histoire commune. La conteuse commença par invoquer un nuage de ronces, qui s'enroula tout autour de son rocher, formant une cage anxiogène. La ronce était parcourue de coquelicots qui, à peine nés, se fanaient, représentant les guerrières qui étaient tombées une à une sous la malédiction de la terrible Fae Tarabistouille. C'était un véritable champ de bataille, tragique et désolant. Seules quelques fleurs parvenaient à tenir debout, à luter contre les attaques vénéneuses de la vilaine - mais, si l'on observait attentivement le ballet, on pouvait s'apercevoir qu'elles tombaient encore une à une, menaçant l'extinction. Quand, bravant le danger, un Arum d'une blancheur éclatante poussa au travers des mailles de la barrière épineuse. Eiko se posa à son côté et continua la danse qu'elle avait entamé au centre de la scène. Cette fois-ci, elle donnait l'impression de valser avec la fleur. Ensemble, elles repoussaient l'envahisseur. Peu à peu, les quelques fleurs qui n'avaient pas succombé plus tôt venaient se rallier à elles dans une chorégraphie de plus en plus époustouflante et intense. Les fleurs d'un Chèvrefeuille s'immisçaient également, représentant l'armée de la Sauveuse rejoignant leur cheffe pour affronter le mal. Peu à peu, les ronces commencèrent à se rétracter, laissant davantage d'espace aux guerrières pour respirer et répliquer face aux attaques. Bientôt, le combat prit fin. Les rouges dansèrent avec les blanches, dans une symphonie joyeuse et soulagée. La petite Fae violette, elle, resta au près de la plus grande des fleurs. L'Arum scintillait d'une lueur particulière, qui retenait toute l'attention. Elle était l'héroïne, le personnage principal. Elle était celle qui avait rendu la liberté, mais dérobé le cœur de la guerrière. Cette dernière, d'ailleurs, faisait le vœu de passer sa vie à soutenir la Princesse, et à l'aimer de tout son cœur. Chaque fleur qui pousserait dans son jardin serait, dès lors, une Ode à sa bonté, à sa puissance, à sa majestuosité.

La danseuse s'agenouilla face à la silhouette qui s'était approchée. « Princesse Idril... » Ses ailes s'agitèrent, trahissant l'émotion que son visage peinait à grand peine de retenir. Elle se releva, lorsque la Blanche le lui demanda. Leurs regards se croisèrent et, à cet instant, Eiko comprit. Elle su, avec toute la conviction du monde, que son Histoire n'avait pas été oubliée, que les sentiments qu'elle avait partagé avaient voyagé jusquà leur destinataire. Timidement, la brune tendit sa main, invitant la Princesse à la rejoindre dans sa Valse, pour continuer à deux leur histoire commune.

Faëritael
Musique par Folelser - ligne de chant par Folelser
« Et, dans les bras de la nuit;
Notre valse repousse l'ennui.
Main dans la main nous avançons,
Affrontant tous les Chardons.

C'est ton Courage qui m'a séduite,
Jusqu'où m'emmènera-t-il ensuite ?
C'est ma Passion qui t'a émue,
Charmant ton cœur ingénu.

Et, dans les bras de la nuit;
Notre valse repousse l'ennui.
Dansons sous la lune et les étoiles,
Notre amour béni d'une lueur pale.

Vaillante et précieuse est la Blanche;
Sincère et téméraire est la Violette;
Ensemble, feront de cette Aliance,
Une épopée contée par tous les poètes.

Et, dans les bras de la nuit;
Notre valse repousse l'ennui.
Alors dansons, dans le silence de l'été,
Et commençons ici, notre chemin d'éternité.
»
1432 mots



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Persée
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Persée
Ven 10 Fév 2023, 15:53

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Fëry
Faustine & Persy



La voix outrée de Faustine émergea des fumerolles nauséabondes et Perséphone tressaillit à ce son qui avait bercé ses plus belles journées et nuits. Comme d'un instrument, la violette n'avait jamais su se lasser de s'amuser à jouer avec les différentes intonations qu'elle pouvait lui arracher selon les parties du corps qu'elle butinait, ses râles de frustration quand elle tardait à l'emmener jusqu'à l'extase. L'écho des souvenirs l'entaillaient sans pitié et elle ne put s'empêcher de dévorer des yeux le visage de lutin dès qu'il apparut plus clairement. Le temps avait joué d'injustice en n'ébréchant rien de sa beauté. Tandis que Perséphone avait sacrifié la sienne au chagrin, Faustine apparaissait à peine plus différente que si elles s'étaient quitté la veille et une rancœur terrible tournoya au fond de ses prunelles. Avait-elle été la seule à souffrir ? À enchaîner les insomnies jusqu'à ne plus savoir ce qui tenait de la réalité ou du rêve ? Non, c'était comme elle avait fini par s'en persuader. La brune ne l'avait jamais véritablement aimée, ses mots tendres murmurés à l'époque ne valaient pas beaucoup plus que de la Poussière périmée. Pourtant, ils réussirent à se frayer un chemin jusqu'à son être avec la même aisance qu'alors, ils se déversaient en pluie sur son âme qui les but comme la terre asséchée qu'elle foulait. Ses mensonges étaient aussi délicieux que le goût des lèvres sur lesquelles ils se déposaient et firent frémir la glace enfermant son coeur. Ses traits se durcirent. « Je m'en fiche. » Mentit la hargneuse, le visage fermé pour ne pas laisser transparaître l'amplitude de l'ouragan d'émotions que sa vue avait provoqué. « Je ne veux pas le savoir, ni l'entendre. J'ai fait un trait sur nous. » Et l'espoir en la revoyant était une épée déjà trop affûtée. Une nouvelle déception achèverait la souveraine, cette fois-ci, elle ne s'en remettrait pas. Alors, elle voulut reculer en la voyant faire mine de prendre ses mains mais ses pieds refusèrent de bouger. Sa chaleur remonta de ses doigts, le long de ses bras et Perséphone inspira brusquement en notant sa peau retrouver son grain doré. Elle n'avait jamais été douée pour cacher ses sentiments. Ce que son visage dissimulait, son corps trahissait aussitôt. Tout comme il s'était affadit avec la solitude et la peine, il renaissait de ses cendres au contact de celle qu'elle avait toujours aimé.

Réessayer. Sans répondre, la Fae baissa la tête sur leurs doigts entrelacés. Longtemps, elle s'était projetée sur ce qu'elle ferait à Faustine si elle avait le malheur de réapparaître. Toute la douleur accumulée, elle aurait voulu le lui jeter à la figure au moins mille fois de plus, lui arracher à main nues son palpitant pour le voir noircir entre ses griffes. Elle voulait coudre la bouche de cette tentatrice pour ne plus jamais succomber. Elle se mordit l'intérieur de la joue mais il n'y avait plus que cendres refroidies en son sein. Sa colère était si remâchée qu'elle s'éteignait au moment fatidique. « Tu dis ça, mais tu n'en penses pas un mot. » Se renfrogna Perséphone, la mine boudeuse. « Je reconstruirais mon jardin toute seule. Je n'ai pas besoin de toi. » L'entêtée refusait le contact visuel, certaine que sa détermination se morcellerait si elle se risquait à rencontrer son regard. « Pars. » Souffla-t-elle et elle releva la tête, surprise, quand Faustine s'exécuta et s'écarta. La violette comprit son erreur en voyant l'expression de son ancienne amante. Elle connaissait bien ce regard. Son coeur se serra en la voyant s'entourer d'un nuage scintillant. « Faustine, ce n'est pas la peine. » Sa protestation resta lettre morte et elle assista au début de la danse de la Fae. Elles l'avaient exécuté tant de fois, dans tant d'endroits que Perséphone n'avait presque pas besoin de la regarder pour imaginer sa silhouette se découper dans le ciel alourdi de nuages. L'émotion nouait sa gorge. Faustine était injuste de jouer cette carte.

Les yeux fixés sur la brune, elle ne se rendit pas compte du matelas herbeux qui germait sous ses pieds. Des gerbes de jeunes plantes alourdies de bourgeons grossissaient à vue d'oeil et la Fae se tenait un peu plus droit que plus tôt. Gagnée par l'histoire racontée par la gestuelle de sa chorégraphie, elle commença à léviter à quelques centimètres au dessus de sol, ses ailes papillonnant dans son dos. La voir danser seule dans l'azur devenait intolérable et quelques minutes plus tard, toutes ses barrières internes s'abattirent, balayées de force et Perséphone s'élança vers la danseuse, un tambour dans la poitrine. Elle tendit les mains, effleura le bout de ses doigts mais se déroba avant de la laisser s'en saisir. Elle virevolta pour passer dans son dos et pris ses hanches pour la ramener contre elle. « Ce n'est pas une bonne idée. » La réprimanda-t-elle, sa bouche contre son oreille. Elle avança la tête et lui mordit le lobe brutalement avant de la relâcher aussi vite. Cette fois, la malice se réverbérait dans son sourire. « Une très mauvaise idée. » Son corps se souvenait parfaitement leur pas de deux et elle profita d'un nouveau rapprochement où elle passait sa main sur ses reins pour la faire plier en arrière avant de la ramener pour mêler leurs souffle et lui glisser. « Tu n'as jamais eu que des mauvaises idées, mais celle-ci est certainement la pire. Alors explique-moi pourquoi je n'ai jamais eu autant envie de la suivre ? » Sa seconde main rejoignit l'autre dans son dos et elle colla leurs bassins. « Tu mériterais que je t'arrache la tête. C'est le sort que je réserve aux intrus qui pénètrent mon Royaume. Mais elle est bien trop jolie. » Elle réduisit les quelques centimètres qui les séparait pour verrouiller ses lèvres sur les siennes.

Message II | 1018 mots


Merci Jil  [RPPT] - Le Rêve qui enchante, le Rêve qui transcende, le Rêve qui innocente, le Rêve qui ensauvage  009 :
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