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 Helsinki et Stefano le vent-pire : la relation épistolaire de l'année

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Kitoe
~ Démon ~ Niveau II ~

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Kitoe
Lun 10 Oct 2022, 19:02

Helsinki
La relation épistolaire de l'année
Bring Me The Horizon - i don't know what to say


Helsinki fixait le papier depuis plusieurs minutes. Il était posé sur son bureau, accompagné du matériel pour écrire. Elle n'avait jamais vu tous ces objets, ils n'étaient pas à elle. La jeune femme jeta un regard par-dessus son épaule. Méryl avait-elle posé cela ici ? C'était trop curieux. Cette dernière ne lui en avait jamais parlé et elle n'entrait jamais dans sa chambre sans lui avoir demandé son autorisation. Ça ne pouvait pas être elle. Mais dans ce cas... Qui ? L'Ange s'approcha du set d'écriture comme elle aurait pu s'approcher une grosse araignée velue. Elle en avait peur, mais elle était curieuse. Elle avait besoin de regarder de plus près, seulement de s'approcher... C'est ce qu'elle crut avant qu'elle ne s’asseye, puis ne s'empare machinalement d'une plume. Elle retint son souffre. Ecrire ? Pourquoi ? Pour qui ? Elle n'avait rien à dire. Et pourtant, là, elle avait très envie de marquer le papier de son encre et de ses mots. Elle avait très envie de parler à quelqu'un. Mais elle ne savait pas qui, ni pour lui dire quoi.

"Bonjour."


Helsinki se mordit la lèvre. Elle était nulle en rédaction, encore plus lorsqu'il s'agissait d'écrire des lettres. D'avance, elle avait un peu peur de ce qu'elle allait bien pouvoir écrire. Elle n'avait pas d'inspiration. Puisque sa boîte crânienne restait irrémédiablement vide, elle décida de commencer par les bases : se présenter.

"Je m'excuse, je ne sais pas pourquoi j'écris cette lettre. Je crois que j'en ressens le besoin.

Je m'appelle Helsinki. Je suis une Ange et j'habite aux Jardins de Jhen. Je ne sais pas quoi dire de plus. J'habite chez une Magicienne, Méryl.
"


C'était étrange, parce qu'il lui semblait qu'elle répétait le même discours à absolument toutes les nouvelles personnes qu'elle rencontrait. Ni plus, ni moins. Elle chercha quoi rajouter pour la suite, mais rien de plus fantastique ne lui venait à l'esprit. Au bout d'un moment, elle décida de rédiger ce qui lui venait spontanément en tête.

"Pour le moment, je ne fais pas grand-chose. Je cherche encore ma voie, même si je pense, peut-être, avoir trouvé une piste. Je l'espère en tout cas. Les métiers que j'ai exercés jusqu'à présent m'ennuient. Méryl est gentille : elle a cherché ces emplois pour moi, mais je les trouve répétitifs, et je finis toujours par me plonger dans mes pensées, alors même qu'effectuer ces activités devraient m'en extirper. Mais là, c'est différent. Je crois que j'ai envie de voir de quoi je suis capable. Tester mes limites, peut-être ? Je ne sais pas.

Je n'ai pas vraiment l'habitude de parler de moi. Je n'aime pas ça.

Et vous, qui êtes-vous ? Venez-vous d'un autre endroit ? Comment est-ce ? Je ne connais pas vraiment le monde extérieur. Je n'y connais personne non-plus. Une partie de moi souhaiterait le connaitre, mais cela me terrifie tout autant.
"


Comment finissait-on une lettre, d'ailleurs ? Helsinki aurait pu aller demander à Méryl, mais elle n'avait pas envie de se confronter à sa curiosité par la suite. Bien que la savoir sociabiliser lui ferait certainement plaisir, elle préférait que cela restât un secret. Son petit truc à elle. Comme beaucoup d’autres.

"Prenez soin de vous.

Helsinki
"


Dès qu'elle apposa sa signature, l'Ange eut à peine le temps de se relire ; la missive disparut. Elle écarquilla les yeux.

-Non...

Et si... Et si elle avait mal écrit ? Si ce n'était pas bon ? Elle ne savait même pas entre les mains de qui le papier allait tomber, qui allait lire ses mots, les considérer et peut-être, y répondre. Helsinki réalisa alors à quel point ce qu'elle venait de faire était effrayant, voire dangereux. Elle venait de dévoiler sa vie et son existence à un, ou une, parfait.e inconnu.e. Et maintenant ? Maintenant, elle ne pouvait qu'attendre. Elle commença à se ronger un ongle. L'Ange espérait que cela n'aurait pas de conséquences. Elle s’en voudrait tellement.

653 mots



Bijin
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Styvan Khanis
~ Vampire ~ Niveau II ~

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Styvan Khanis
Sam 19 Nov 2022, 13:50




Lettre humide.



« Hm ? Qu’est-ce que ça fait là ça ? » s’interrogea le garçon. Il venait de voir une enveloppe apparaitre comme par magie sur ses genoux. Avant que cette étrange anomalie vînt l’interrompre, il était en train de bouquiner le seul livre qu’Exenophas avait accepté de lui prêter afin qu’il s’occupât un petit peu. Cela faisait maintenant plusieurs jours que l’esclave était installé dans sa nouvelle chambre à Amestris, et il n’avait jamais cru qu’il pût s’ennuyer de la sorte sans son cousin pour l’emmerder. Sa curiosité pathologique lui fit ouvrir cette dernière et en son sein, une lettre y était entreposée. Était-ce pour lui ? Peut-être était-ce sa mère qui l’avait retrouvé et qui le prévenait de son arrivée ? Il se saisit brusquement de cette feuille de papier et commença à la lire. L’écriture était tremblante, mais les traits restaient tout de même élégants. Il sourit. Une fois. Deux fois. Trois fois. C’était une belle lettre. Une fois qu’il eut fini de la lire, de multiples questions lui traversèrent l’esprit. S’était-elle trompée de destinataire ? Si ce n’était pas le cas, alors comment une lettre si personnelle était arrivée jusqu’à lui ? Personne ne savait qu’il était ici. Ce ne fut que lorsqu’il vit un set de papier ainsi qu’un crayon apparaître sur son bureau qu’il commença à comprendre le subterfuge. Avait-elle ressenti la même chose que lui en voyant ce bout de papier ? Il se jeta sur sa chaise, et agrippa le crayon de toutes ses forces.



« Pourquoi ai-je à ce point envie de vous répondre ? Je n’aime même pas écrire. Alors comment se fait-il que ce papier et ce crayon m’attirent tant ? Je présume que vous avez subies la même attirance que moi et c’est la raison pour laquelle j’ai pu lire votre lettre.

Bonjour Helsinki,

J’espère que tout ira pour vous et que vous aurez réussi à éclaircir certains points d’ombre quand vous lirez ma lettre.

Sachez que j’ai beaucoup apprécié lire la vôtre.

Je vais commencer par me présenter. Moi, je m’appelle Styvan Khanis. Je suis un jeune vampire et »

Il s’arrêta. Devait-il être honnête et lui raconter ce qu’il vivait réellement ? L’idée que tout cela fût un test lui traversa l’esprit. Pour lui, Eméliana était forcément derrière tout ça. Elle devait avoir les capacités d’enchanter des objets et lui avait tendu un piège pour tester sa fidélité. Il adopta rapidement ce scénario, car cela expliquait l’attirance qu’il ressentait pour ces futilités. Enfin, c’était surtout qu’il préférait accepter cela, plutôt que de se doper d’espoir en espérant que cette inconnue pût l’aider à sortir de cet enfer. Le garçon continua alors sa phrase en écrivant ce que le lui d’avant aurait écrit avec ce crayon dans ses mains.

« j'habite Myngrimu avec ma créatrice, mon oncle et mon cousin. À quoi ressemble votre chez-vous ? Moi, c'est une forêt avec des arbres gigantesques qui doivent surement avoir mille ans. Leurs épais feuillages empêchent les rayons du soleil de venir jusqu’à nous. Pratique non vu que cet astre est capable de me tuer à la vitesse de la lumière. J’aime beaucoup chasser dans ces bois et »

Il s’arrêta de nouveau. Le vampire ne pouvait plus réfléchir convenablement. Plus la description de son ancienne vie avançait et plus l’adolescent trimait à contenir sa tristesse. Ses traits devenaient de moins en moins régulier, et ses larmes s’écrasèrent sur le bas de la feuille. Cette foutue forêt lui manquait. Sa famille lui manquait. Son ancienne vie lui manquait. Il continua malgré tout, mentir lui faisait un peu de bien.

« je suis même très bon là-dedans. À côté de ça, je m’amuse avec mon cousin Herman. Il est un peu collant parfois, mais il reste gentil et je l’aime beaucoup. Sinon j’étudie. J’étudie beaucoup trop. De temps en temps ça me donne mal au crâne et ça m’agace, mais si j’abandonne ma mère risque de m’arracher les canines.

J’ai cru comprendre que vous n’aimez pas votre quotidien. Que vous empêche-t-il de le changer ? Je ne veux pas vous brusquer évidemment. Loin de là. Je reste juste persuadé que vous vous épanouiriez dans l’inconnu. La preuve. Vous avez plongé dedans comme je suis en train de le faire actuellement en vous répondant. Peut-être avez-vous regretté une fois que vous aviez posé le crayon. Moi, je pense plutôt que vous attendez ma réponse avec impatience comme j’attendrai la vôtre, armé de cette même impatience.

J’ose croire que le destin nous a lié pour quelque chose. Probablement qu’avec ces quelques phrases, nous pouvons nous aider plus que nous le pensons.

J’espère un jour recevoir une autre lettre de votre part, cela m’a fait le plus grand bien.
Prenez soin de vous également Helsinki. »



Il posa son crayon, prit la feuille, la plia en trois et la glissa dans l’enveloppe. Une fois que cette dernière eut été fermée, elle disparut. L’adolescent posa sa tête contre le bois de son bureau et fondit en larme. Il aurait dû tout lui dire.




Post I. 900 Mots
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Kitoe
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Kitoe
Sam 03 Déc 2022, 15:12

Helsinki
La relation épistolaire de l'année
Owsey - Thousands of Summer Twilights


Honnêtement ? Elle ne s'était pas attendue à recevoir de réponse. Helsinki avait retrouvé l'enveloppe et le papier à lettre sur son bureau, exactement comme la dernière fois. L'Ange ouvrit le message avec une certaine appréhension. Elle était même fébrile et jugea bon de s'asseoir sur son lit. Impassible, ses yeux défilaient le contenu sans faire la moindre pause. Elle s'abreuvait des mots sans en saisir tout le sens tant le flot d'informations lui paraissait énorme. Ce n'est qu'à la fin qu'elle s'autorisa un sourire, puis reprit sa lecture depuis le début. Elle décortiqua chaque phrase et marqua des temps de réflexion. Elle n'avait pas imaginé qu'un Vampire puisse être aussi doux à l'écriture. Quant à cette forêt d'arbres millénaires, si hauts et à la canopée si épaisse qu'elle cachait le ciel ? Elle leva les yeux vers le plafond pour essayer d'imaginer. Ce devait être un peu comme une cave, mais une cave jonchée de piliers que constituaient les larges troncs des arbres. N'avait-il pas peur ? Comme elle avait du mal à se représenter le contraire, elle passa. La lettre de Styvan l'intriguait, la stimulait. Elle sentait son cerveau bouillonner de pensées nouvelles et de questions qui n'étaient, pour une fois, pas là pour ressasser ses tourments. Au contraire, c'était curieusement libérateur. L'Ange s'approcha de son bureau. Son cœur battait à tout rompre. Elle ressentait l'irrésistible envie de répondre à cet inconnu qui n'en était plus tout à fait un.

"Cher Styvan Khanis,

Je suis heureuse de faire votre connaissance. A vrai dire, je ne m'attendais pas à recevoir de réponse. J'étais, comme vous, attirée par cette feuille de papier sans pouvoir me l'expliquer. En temps normal, je ne parle pas beaucoup. Je n'ai pas vraiment d'amis. Mais ça me va, je suppose.

Je ne connais pas les Vampires, mais j'ai tendance à les imaginer effrayants, bien que ça n'ait pas l'air d'être votre cas. Je m'en excuse. Cette forêt semble être un endroit curieux. Je n'ai jamais rien vu de tel. En fait, je n'ai visité que les Jardins de Jhen et quelques territoires magiciens.
"


Qu'il soit contraint de vivre dans l'obscurité aurait sûrement dû la choquer, mais ce n'était pas le cas. Helsinki avait longtemps vécu dans de telles conditions et aujourd'hui encore, elle n'aimait pas vraiment le soleil. Sans compter le fait que sa peau brûlait en un rien de temps sous les coups de ses rayons. Ils n’étaient, au final, pas si différents.

"Méryl et moi habitons dans une petite maison aux Jardins. Nous avons toutes les deux notre chambre. Il y a aussi une salle à manger, une cuisine, un salon, et un carré de jardin à l'extérieur. Ce n'est pas aussi grand que ça en a l'air, mais c'est très bien. Méryl a un fils, Léonce, qui travaille dans le commerce de fleurs. Son mari est mort, je crois. Elle n'en parle pas souvent. Nous habitons en ville. C'est assez paisible, il fait souvent beau et doux. Ça devrait être agréable, mais je trouve qu'il y a beaucoup de monde, alors je reste la plupart du temps à la maison. Il parait que je devrais sortir plus mais"


Elle laissa sa phrase en suspens. Elle n'avait pas envie de se justifier, comme elle devait parfois le faire avec sa tutrice. Ces moments l'agaçaient autant qu'ils l'angoissaient. Pourquoi fallait-il tout expliquer, tout le temps ? Pourtant, elle se forçait à le faire.

"c'est assez fatigant pour moi.

Rien ne m'empêche de changer mon quotidien sinon moi-même, je crois. J'ai peur de me lancer. C'est un peu comme sauter dans un gouffre où l'obscurité risque de m'engloutir alors que je n'ai qu'une simple chandelle pour m'éclairer. J'ai eu une vie courte et j'ai longtemps appris à me plier aux exigences d'autrui, à ne pas prendre de risques pour survivre.
"


Une seule fois, Helsinki avait choisi de prendre un risque : lorsque ce soldat angélique lui avait tendu la main, en Terre Blanche. Elle avait été si terrifiée de la prendre : que se passerait-il si Asborn ressurgissait à ce moment-là ? Que lui ferait-il subir si ce soldat mourait et si elle ne parvenait pas à s'échapper ? Et surtout, qu'y avait-il dehors ? Était-ce réellement mieux que cette cave froide et humide ?

"Reprendre les rênes de sa propre vie est plus long et délicat qu'il n'y parait. Les gens ont parfois du mal à le comprendre. Je ne vous en voudrais pas si c'est également votre cas. Maintenant, j'aimerais apprendre à me battre et à manier les armes, afin de repousser l'obscurité de ce gouffre plus facilement. J'aimerais avoir une plus grande force de caractère. J'aimerais apprendre à être autonome. Vous qui chassez, vous devez être doué dans tout ça."


Elle eut une moue. Elle voulait lui demander s'il chassait des êtres humains, mais elle craignait que la question soit stupide. En plus, elle n’était pas certaine de vouloir savoir.

"Pourquoi êtes-vous devenu un Vampire ? Je ne sais pas grand-chose de votre peuple, mais je tâcherais de me tenir informée pour la prochaine fois."


Elle connaissait la bibliothèque comme sa poche, à présent.

"J'ai honte de dire que je n'ai que des stéréotypes en tête, alors que beaucoup d'entre eux doivent être faux. Qu'étudiez-vous ? Est-ce que cela vous plait malgré tout ?

Je vous suis très reconnaissante pour votre lettre, Styvan. Cela m'a aussi fait du bien. C'est étrange de ne pas se connaitre réellement, mais j'aime bien vous parler. Peut-être justement parce que je ne sais pas qui vous êtes. Ou alors parce que le destin nous a lié, vous avez raison. Dans ce cas, comment pourrions-nous être utile l'un à l'autre à votre avis ?
"


Ce n'est que là qu'elle remarqua, sur le message de son interlocuteur, que le papier était ondulé. Styvan avait-il pleuré ? Pourquoi ? Elle eut un pincement au cœur. Elle-même était emprise d'émotions lorsqu'elle lisait leur échange. Devait-elle lui demander, ou bien était-ce indiscret ? Ils venaient à peine de faire connaissance...

"Il me tarde de recevoir votre réponse. En attendant, j'espère que vous allez bien."


Elle aurait dû écrire cela au début.

"Helsinki"


1021 mots



Bijin
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Kitoe
Sam 25 Fév 2023, 17:36

Helsinki
La relation épistolaire de l'année
Vincent Diamante - Sound Bath


Elle laissa ses doigts pianoter sur le rebord de son bureau. Son autre main soutenait son menton, alors qu'elle dévisageait avec inquiétude le papier à lettre. Devait-elle lui écrire ? Ou devait-elle attendre ? N'était-ce pas elle qui se précipitait ou s'inquiétait pour un rien ? C'était probablement cela, elle s'inquiétait pour rien. Peut-être qu'il n'avait simplement plus envie de lui parler. Peut-être que sa dernière réponse l'avait heurté, d'une façon ou d'une autre. Mais comment pouvait-elle en être certaine ? Elle n'avait plus le papier sous les yeux pour vérifier les mots qu'elle y avait posés.

Helsinki était campée devant son bureau depuis une bonne vingtaine de minutes. L'incertitude la taraudait depuis plus longtemps encore. Cela était de l'ordre de plusieurs jours, certainement une dizaine. Mais le doute l'avait en tenaille. En s'établissant aux Jardins de Jhen, l'Ange avait intégré qu'elle s'inquiétait trop souvent pour pas grand-chose. En effet, jusqu'ici, de toutes ses angoisses ou de ses hypothèses tordues où elle envisageait le pire, aucune ou presque n'avait été fondée. Elle avait compris que la vie n'était pas qu'une enfilade de représailles comme elle l’avait longtemps connue, mais qu'elle était au contraire plutôt douce. Pour autant, il lui arrivait d’oublier et de retourner instinctivement à ce schéma de pensée, celui où un malheur imminent risquait de s’abattre sur elle. Quand elle quittait ces états d’hypervigilance, qu’elle se rappelait l’anormalité de ce qu’elle avait vécu et par opposition, l’affreuse normalité que devait être son quotidien aux Jardins – un miracle –, elle fondait en larmes.

L'Ange souffla par le nez et saisit sa plume. Elle appréhendait l'écriture puis l'expédition de son message, mais elle devait se faire une raison : ne pas lui écrire aujourd’hui ne ferait que reporter le problème à plus tard. Si elle s'y mettait dès à présent, elle serait débarrassée du poids de n'avoir pas réagi. De plus, pouvait-on lui reprocher de prendre des nouvelles ? Elle s'accrocha à ces pensées rationnelles.

"Cher Styvan Khanis,

J'espère que vous allez bien, vous comme vos proches. Cela fait longtemps que je n'ai pas reçu de vos nouvelles, c'est pourquoi je vous écris. J'ai tendance à m'inquiéter trop facilement, mais j'ose espérer que je m'appuie sur ses idées infondées. Peut-être n'avez-vous simplement pas le temps, ce que je comprendrais.

Depuis la dernière fois, j'ai eu le temps de lire quelques ouvrages sur les Vampires. C'était très intéressant. Nos modes de vie respectifs sont très différents. Si je ne dis pas de bêtises, vous faites partie d'une lignée, n'est-ce pas ? Laquelle est la vôtre ?
"


Helsinki avait dévoré trois livres d'affilée sur le sujet. Autant dire que la bibliothécaire, qui la connaissait depuis le temps, l'avait regardée de travers en enregistrant ses emprunts. Cela l'avait fait rougir d'embarras, mais elle n'avait pas fait de commentaire. Nul n'était au courant de la liaison qu'elle entretenait avec l'Enfant de la Nuit. Elle craignait que l'on pensât qu'elle songeait à la transformation. Ce n'était pas le cas ; cela semblait terrifiant. Elle se demandait justement comment quiconque pouvait en arriver là.

"De mon côté, j'ai le sentiment que le cours de ma vie est sur le point de s'accélérer. J'ai participé à l'organisation d'un mariage. C'était une première pour moi et je ne vous cache pas que j'avais très peur, mais cela s'est finalement bien passé. C'était un bel événement et j'ai rencontré beaucoup de monde. Ça me change de mon quotidien.

J'ai également parlé de mes ambitions à Méryl, celles dont je vous avais fait mention dans les précédentes lettres. Elle ne l'a pas très bien pris. Elle ne s'attendait probablement pas à ce que je lui annonce que je voulais apprendre à me battre. Mais elle a peur également, pour des raisons qui la regardent et que je comprends. Je pense être parvenue à lui faire entendre raison, ceci dit. Toutefois, je me sens mal de l'avoir mise dans cette position. Je me demande ce que vous en pensez ? Est-ce qu'à vous aussi, cela vous parait dément, que je souhaite apprendre l'art du combat ? Je n'ai pas l'intention de m'enrôler dans l'armée ; je pense simplement que cela m'aiderait à avancer et à devenir plus forte.

J'attendrai votre réponse avec impatience. En attendant, portez vous bien.

Helsinki
"


708 mots



Bijin
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Styvan Khanis
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Styvan Khanis
Ven 14 Juil 2023, 00:23




Deux?!



Emmitouflé dans l'obscurité étouffante de sa cellule, Styvan serrait fermement contre son buste deux feuilles de papier qui venaient tout juste de lui parvenir. Dès les premiers mots, il reconnut l'écriture de son amie par correspondance, et un sourire illumina timidement son visage anémié. « Helsinki...», murmura-t-il, tandis qu'il saisissait avec précaution la première page. « Tu étais donc réelle… Je suis désolé… » souffla-t-il en baissant la tête. Un pincement au cœur le transperça, et il eut du mal à retrouver son souffle. Si seulement il n'avait pas été si craintif lors de l'écriture de sa première lettre, peut-être ne serait-il pas là où il se trouvait actuellement. Peut-être qu'elle aurait pu le sauver, peut-être qu'elle aurait pu prévenir sa mère… Peut-être que… Le garçon s'allongea sur le sol et soupira profondément. Il leva les bras au ciel et glissa la feuille devant ses yeux. Il était si heureux de savoir que quelqu'un pensait à lui, que quelqu'un avait pris le temps de lui écrire une lettre. Son sourire s'estompa peu à peu, car ses yeux larmoyants l'empêchèrent de discerner le moindre mot. Il essuya son visage avec le torchon qui lui servait de chemise, puis put continuer à lire plus sereinement. Il réagissait à voix haute à chacune des phrases de sa correspondante, dérangeant par la même occasion ses voisins de cellule sans la moindre gêne. Avant de terminer la lecture de la première page, il ressentit une curiosité irrésistible et décida de jeter un coup d'œil au début de la deuxième. Lorsqu'il se rendit compte qu'il s'agissait d'une toute autre lettre, il se leva brusquement. « Non non non non... NON ! » hurla-t-il en parcourant les deux feuilles simultanément. Son cœur s'emballa d'angoisse. Depuis combien de temps attendait-elle sa réponse ? Il se mordit la lèvre jusqu'au sang. Pensait-elle qu'il était ingrat après deux lettres sans le moindre signe de vie ? Il paniqua à l'idée de perdre la seule personne qui le rattachait encore un peu au monde extérieur. Après avoir terminé la deuxième page et saisi sa plume, il commença à écrire. Il ne savait pas comment il devait aborder sa réponse. Devait-il continuer de mentir ? Ou bien devait-il dire la vérité ? La première proposition lui semblait plus simple, car il ne se voyait pas discuter avec elle puis lui dire qu'il était un esclave qui servait de sac de frappe à des clients alcoolisés… Il arrêta de penser et saisit cette foutue plume. Au diable ce qui allait lui arriver une fois que ce bout de papier aurait disparu.

« Chère Helsinki », c'était comme ça qu'elle commençait ses lettres, alors il copia son style.

« Je tiens à m'excuser. Premièrement, veuillez me pardonner de ne pas vous avoir répondu plus tôt. Je tiens à vous dire que j'apprécie énormément vous lire. J'admire la manière dont vous vous livrez à moi, j'ai l'impression d'être important, et c'est un sentiment que je n'ai pas ressenti depuis longtemps. Je suis vraiment heureux de savoir que vous avez eu le courage de sauter le pas. Je ne sais pas combien de temps s'est écoulé entre vos deux lettres, mais je peux voir que vous êtes une personne indépendante et forte, même si je me doute que vous n'y croyez pas une seconde. »

Il secoua son poignet en grimaçant. Écrire lui faisait mal. À vrai dire, le moindre effort physique le noyait dans un océan de douleur qui n'attendait qu'une chose : qu'il s'y noie. Mais, à ses yeux, cette femme en valait la peine. Il serra le poing, puis planta violemment ses ongles à l'intérieur de sa paume, afin de reprendre le contrôle de ce qu'il désirait être douloureux. Il ne pouvait pas se morfondre alors qu'Helsinki avait fait tant de progrès. Il reprit son écriture, même si les gouttes de sang de sa blessure souillaient la blancheur de son support.

« Je ne pense pas que mon avis compte tant que ça, mais rien ne me semble dément dans votre projet. Au contraire, faites ce que vous avez envie de faire. Nous n'avons qu'une vie, ce n'est pas à quelqu'un d'autre de nous dire ce que nous devons faire. »

Il rigola nerveusement et frappa du poing contre le sol. Il donnait des conseils qu'il était incapable de suivre.

« Alors, apprenez à vous battre et devenez forte si vous pensez que c'est nécessaire. Je ne peux que vous encourager à le faire, car j'ai moi-même été faible, et j'en paie le prix. Je refuse que vous subissiez le même sort. Vous êtes quelqu'un de bien. Vous ne méritez pas ça. Battez-vous, encore et ENCORE ET ENCORE ET ENCORE ET ENCORE » griffonna-t-il d'une écriture ingrate, s'arrêtant brusquement lorsqu'il prit conscience de la folie qui avait contrôlé sa main.

« Deuxièmement, je tiens à m'excuser de vous avoir menti. Quand je vois l'honnêteté avec laquelle vous m'écrivez depuis le début, je ne peux continuer de vous tromper de la sorte. Je n'ai pas été honnête lors de ma première lettre, je vous prenais pour quelqu'un d'autre. En vérité, lors de ma première lettre, je n'étais plus avec ma famille. Je suis devenu un esclave après ma défaite à des jeux ignobles auxquels j'ai été contraint de participer. Je vous ai prise pour ma maîtresse de l'époque, et j'ai eu peur de subir des conséquences si je divulguais le moindre indice sur ma situation. Mon maître actuel n'est pas aussi effrayant que cette sorcière, donc je peux me permettre de vous dire la vérité. J’espère que ma situation » une goutte de sueur se tenait au bord de son nez. Il ferma les yeux, respira et reprit son calme.

« ne changera rien à la relation que nous avons. Vous êtes ma seule source de joie. Je suis désolé de vous mettre tout ce poids sur les épaules. »

L'ambiance dans la cellule avait totalement changé. Comme si le fait de se libérer l'avait soulagé d'un poids qu'il portait depuis trop longtemps. Alors, le garçon s'allongea sur le ventre et griffonna en remuant ses jambes comme un enfant heureux.

« Pour me faire pardonner, je vais vous parler de ma transformation, puisque c'est un sujet qui semble susciter votre curiosité. Avant tout cela, j'étais un magicien de quinze ans. Pendant les vacances scolaires, je passais tout mon temps chez ma grand-mère, car elle était la seule personne qui me restait. Ce jour-là, j'avais décidé d'aider le pâtissier de mon village à aller chercher du miel dans une paroisse voisine à bord de sa charrette. Malheureusement, nous avons réalisé trop tard l'attaque de brigands sur ce village et mon ami a été tué d'une flèche en plein cœur en chemin. Après avoir sauté de la charrue en pleine course, j'ai fui dans la forêt et me suis réfugié à l'intérieur d'une falaise. J'ai voulu retourner au village pour trouver un cheval afin de fuir cette situation chaotique, et c'est là que j'ai rencontré pour la première fois ma créatrice. Je ne le savais pas à l'époque, mais elle était transformée en chat noir. Elle a essayé de m'ensorceler et j'ai été pris au piège. Il y avait encore des brigands dans le village en flammes. Je voulais absolument sauver le chat, alors, j'ai fui avec l'animal et je l'ai caché dans une souche avant de tenter de me battre contre mes assaillants. J'étais trop faible, ils m'ont blessé mortellement assez rapidement... peut-être en moins de vingt secondes... ou... cinq, mais je préfère qu'on garde vingt afin de me laisser un peu de charisme.

Heureusement pour moi, ma créatrice a été touchée par ma gentillesse. Elle a éliminé les brigands et a décidé de me sauver la vie en me transformant. Elle est si gentille avec moi. Enfin, elle l'était… Puisque maintenant... elle n'est plus là.

Je suis perdu vous savez. J'ai perdu le contrôle de ma vie. Peu à peu, j'ai l'impression de m'égarer, de perdre certains de mes souvenirs. Je ne sais même plus à quoi je ressemble. Je ne sais plus à quoi ressemble ma sœur magicienne, ma grand-mère. Je veux simplement revivre ma vie d'avant dans ma forêt, mais je n'ai aucune idée de comment faire.

Nous avons tous les deux beaucoup de choses à accomplir. Promettons-nous d'essayer de faire de notre mieux. C'est ça ! Je vous promets d'essayer de m'en sortir. Je vais prendre exemple sur vous et sauter dans le gouffre avec ma chandelle à moitié éteinte.

Vous ne savez pas à quel point vos lettres ont ravivé quelque chose en moi. Je vous suis éternellement reconnaissant d'être vous.

Merci encore. N'oubliez pas de m'écrire, s'il vous plaît.

ps: je vous raconterai d'autres histoires de Styvan le vampire. »


Il posa le crayon, s'allongea sur le sol et contempla le plafond rocheux de sa cellule. Au moins, il n'était plus tout seul maintenant, et ça, c'était la meilleure chose qui pouvait lui arriver.



Post II. 1590 Mots
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Kitoe
Ven 04 Aoû 2023, 15:31

Helsinki
La relation épistolaire de l'année
Billie Eilish - What Was I Made For?


Quand elle entra dans sa chambre, Helsinki comprit immédiatement que quelque chose était inhabituel. Collée à la porte fermée, elle examina l’ensemble de la pièce avec minutie. Elle contrôlait sa respiration pour ne pas céder à une panique inutile. C’était ce qu’on lui avait souvent dit de faire en thérapie. L’Ange appliquait rarement les conseils que les médecins lui donnaient. Elle ne les aimait pas et de fait ne leur avait jamais accordé sa confiance. Aujourd’hui, elle avait néanmoins décidé de faire un effort. Depuis le début de la journée, elle avait essayé de faire le vide dans sa tête, de chasser toutes les pensées parasites qui avaient tenté d’assourdir son esprit. Elle y était parvenue, ponctuellement. La difficulté de l’exercice était de le maintenir dans la longueur. Dès lors que l’Ange se concentrait sur une activité, le Bruit revenait sans même lui laisser le temps de le réaliser.

L’inspection de la pièce lui prit deux longues minutes avant qu’elle ne remarquât l’anomalie : un rouleau de parchemin posé sur son bureau, avec à ses côtés l’équipement d’écriture que l’Ange n’aurait pas dû avoir. Elle comprit immédiatement et se précipita sur la lettre. Elle était tellement excitée que ses mains s’étaient mises à trembler ; la déplier n’en était que plus difficile. Helsinki parcourut les premières lignes à une vitesse rarement atteinte. Elle se nourrissait des mots de son correspondant comme une Gourmande après plusieurs jours de jeûne. Les sinistres gouttes de sang la stoppèrent brusquement et firent accélérer davantage le rythme effréné de son cœur. Là où elle avait d’abord ressenti une joie immense, elle n’exprima plus que de la peur. Helsinki s’agrippa plus fort au papier dont le contenu prenait des tournures démentes. L’écriture avait changé. Et puis il y eut le mensonge. Enfin, il y eut le mot. La vision d’Helsinki se brouilla. Elle inspira plusieurs fois en réponse à la panique de son cerveau soudainement sous-oxygéné. Elle tendit une main pour trouver appui contre un mur et s’y écrasa tout entière avant de se laisser glisser vers le sol.

Le Bruit avait envahi la moindre cellule de son corps. Helsinki avait trouvé la raison pour laquelle elle et ce Vampire étaient liés par cette correspondance : Styvan Khanis était un esclave. Elle se frotta les yeux pour essuyer ses larmes. Elles troublaient sa vue et elle tremblait tant qu’elle ne parvenait plus à lire. Elle reprit de l’air. Son souffle était devenu incontrôlable et elle étouffait. Un sanglot tordit sa gorge. Styvan Khanis était un esclave. Son corps coula par terre jusqu’à ce qu’elle y soit complètement étendue. Elle lâcha le courrier et se recroquevilla sur le côté. Elle avait froid. Elle était congelée et paralysée. Le regard du monstre se posa sur son corps frêle. Elle s’obligeait à ne pas fermer les yeux pour ne pas le voir en retour, derrière l’obscurité de ses paupières. Il était au-dessus d’elle, elle le savait car c’était tout le temps le cas. Elle sentit son épaule la brûler, celle sur laquelle on avait tatoué son nom. Helsinki protégea sa tête et serra les jambes. Elle respirait à travers ses dents serrées. Elle s’attendait à recevoir un coup tout en sachant que ce n’était pas possible.

-Il fait jour. Souffla-t-elle. Il fait jour. Parce qu’il y a une fenêtre.

On lui avait conseillé cet exercice d’ancrage pour chasser ses souvenirs traumatiques. Ce monstre qui la surplombait et ces douleurs n’étaient que le fruit de son imagination.

-Je suis dehors. Chez Méryl. Méryl est à la maison. Dans le jardin. Elle est là si j’ai besoin… Méryl est là pour me protéger.

Le monologue dura une dizaine de minutes. L’Ange parvînt à se calmer. Éreintée, elle songea à faire une sieste. La lettre était posée à côté d’elle et elle se souvint qu’elle n’avait pas terminé. A même le sol, elle reprit sa lecture.

Helsinki s’imprégna de l’histoire du Vampire avec la plus grande attention. La conclusion la crispa à nouveau. La colère déforma ses traits. Comment Styvan pouvait-il autant minimiser sa situation ? Pourquoi faisait-il cela ? Espérait-il qu’elle oublierait ? Comment pouvait-il espérer cela ? Dans un geste qui ne lui ressemblait pas, Helsinki pressa le papier dans ses mains, forma une boule compacte qu’elle lança à l’autre bout de la pièce. Elle détestait cette lettre. Elle détestait son auteur.

*

"Cher Styvan Khanis"


Helsinki avait eu besoin de plusieurs jours avant de commencer son écriture. Toucher la lettre de son correspondant avait provoqué chez elle des réactions de malaise et de colère. C’était avec dureté et un temps qu’elle jugeait nécessaire qu’elle répondait à présent.

"Je comprends les raisons qui vous ont poussé à me mentir, mais j’aurais aimé que vous ne le fassiez pas. J’aurais aimé ne pas avoir à apprendre ainsi l’horreur que vous devez subir chaque jour alors que je pensais que vous m’aviez simplement oubliée pour les bonnes raisons : celles d’une vie paisible avec votre famille.

Je suis désolée de vous imposer ça. Je sais que c’est difficile d’en parler, mais j’aimerais en savoir davantage sur votre situation. Savez-vous où vous êtes détenu ? Par qui ? Connaissez-vous des gens, des noms autour de vous ? Savez-vous depuis quand vous êtes ici ? Est-ce que vous êtes en bonne santé ? A quoi servez-vous ?
"


Elle avait appris, après sa libération, que tous les esclaves ne servaient pas que de vulgaires jouets à disposition de leur maître. Certains avaient un travail et étaient logés décemment. Quand elle l’avait appris, Helsinki avait ressenti une sorte de nausée.

"Est-ce que vous avez un travail ou est-ce qu’on se contente de vous battre ? D’abuser de vous ? Pensez-vous pouvoir survivre ?

Dites-moi qui est votre sœur et votre grand-mère. Peut-être pourrais-je les retrouver et les informer. Peut-être pourrais-je vous rappeler à quoi elles ressemblent. Pensez-vous à d’autres personnes qui pourraient vous venir en aide ?

Pardonnez le ton de ma lettre, mais je ne supporte pas de vous savoir dans cette situation. Je veux vous aider, de n’importe quelle manière que ce soit. Je ferai en sorte que ma prochaine réponse soit plus divertissante si c’est ce que vous voulez. Désolée de ne pas me sentir apte à le faire tout de suite. J’y tâcherai à l’avenir, mais s’il-vous-plait, répondez à mes questions pour lors.
"


Devait-elle le rassurer par ailleurs, en lui promettant qu’il s’en sortirait ? Par le passé, elle-même avait juré ne jamais s’en sortir et sa libération n’avait été que le fruit du hasard. Tant de personnes avaient loué les Aetheri pour leur grande miséricorde ; Helsinki n’avait pas participé à cette plaisanterie. Il n’y avait rien de miraculeux. Elle aurait pu mal finir. Asborn aurait pu la tuer de mille façons s’il en avait eu l’envie, si elle avait été plus insolente... S’il avait découvert le livre qu’elle avait précieusement caché sous sa paillasse. Elle avait juste eu de la chance et suffisamment de force pour survivre. Alors non, elle ne pouvait rien promettre.

"Helsinki

PS : ne me mentez plus s’il-vous-plait.
"


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Bijin
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Styvan Khanis
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Styvan Khanis
Sam 30 Sep 2023, 14:58




Abandon.



Cela faisait un moment que Styvan avait lu la lettre d'Helsinki sans prendre le temps de lui faire parvenir une réponse. Non pas qu'il ne souhaitait pas lui écrire en retour. Il l'appréciait et évidemment qu'il désirait répondre à la lettre de son amie. Il ne savait tout simplement pas quoi griffonner sur ce bout de papier. Le blondinet avait tenté à plusieurs reprises d'empoigner le crayon afin de satisfaire les envies de sa correspondante, mais il ne trouvait pas les mots pour dire ce qu'il ressentait. Le vampire avait toujours été du genre pudique quand il s'agissait de parler de lui, du moins de ce qu'il ressentait. C'était beaucoup plus simple de raconter sa vie du point de vue d'un narrateur externe plutôt que de devoir y ajouter ses sentiments. Puis même, en y pensant… « À quoi bon finalement ? » soupira-t-il. Ce n'était pas comme si elle allait débarquer dans l'hôtel afin d'éclater la gueule de tous les responsables de son malheur. Il était foutu. Il ne voulait pas de son aide. À quoi bon croire en un ange, même les dieux l'avaient abandonné. « Je vais quand même réessayer d'écrire une fois que cette cliente m'aura lâché la grappe. » songea-t-il à haute voix alors qu'une pocharde lui avalait goulument les petons. Il regardait le plafond rocheux et humide de sa cellule, se figeant brusquement à chaque fois qu'il devinait les molaires de cet être lubrique faisant pression contre ses orteils. « Tiens… » murmura-t-il avant de courber les commissures de ses lèvres et de reprendre sa phrase : « Peut-être que si elle me les arrache avec sa mâchoire, je n'aurai plus à me lever pour encaisser les coups. J'aurais juste à rester là, allongé sur le sol et je pourrais attendre patiemment la fin. ». Sa tête se tourna à la manière d'un félin lorsqu'il réalisa le bonheur que cela lui procurerait de crever. « Ma promesse n'aura pas tenu longtemps. Désolé Helsinki. J'en suis incapable. » Une odeur nauséabonde ainsi qu'une sensation de chaud sur ses jambes le ramena brusquement à la réalité. Il regarda dans la direction de la cliente et il vit du dégueulis le long de ses gambettes. « Mes pieds ne vous plaisent guère ?! N'hésitez pas à revenir me les laver de temps en temps » hurla-t-il en rigolant lorsqu'elle se fut enfuie. La folie commençait à gagner du terrain dans son esprit.

L'adolescent rampa vers le rocher qui lui servait d'oreiller, puis le souleva afin de retrouver le petit puits qu'il avait creusé pour y cacher son matériel d'écriture. Il trouva difficilement une surface plane. Son visage se crispa, son regard devint noir et le vampire commença à écrire sa réponse.


« Helsinki,

Je suis désolé de mettre autant de temps pour te répondre. Comme tu dois t'en douter, je n'ai pas le luxe d'avoir du temps pour toi, même si j'aimerais en avoir. »
Il gigota la jambe afin de se débarrasser de la sensation désagréable de la gerbe sur son épiderme.


« Je vais d'abord répondre à tes questions même si je n'en ai pas vraiment envie. Je te dois bien ça après tout. Juste, n'aie pas pitié de moi s'il te plaît. C'est une perte de temps de ressentir ce genre de chose à mon égard. Je te préviens, si je ressens la moindre once de pitié dans tes futures réponses, je pense que je ne pourrai plus continuer cette correspondance malgré le bien qu'elle me procure. Tout ce que je sais, c'est que je suis détenu dans l'un des hôtels de Sceptelinôst. Je ne travaille pas, du moins je n'ai pas un emploi en particulier. Je sers juste de proie, de souffre-douleur pour les clients de cet établissement. Cela fait un moment que la santé m'a abandonné. Je perds mes cheveux. Je meurs de soif, je meurs de solitude, et d'une manière plus globale, je meurs tout court. Je sens que je commence à changer, que cet endroit a un impact sur ma personnalité. Je sens que je ne suis plus le même. Parfois, je ressens du plaisir à me faire cogner, je me retrouve à rigoler de situations qui donneraient envie à beaucoup de personnes de se suicider. Personne ne peut m'aider, ma grand-mère est morte, ma sœur a dû abandonner l'idée que je puisse être en vie. Ma créatrice n'a jamais cherché à me retrouver, Lilia doit encore être à Myngrimu en train de chasser avec mon cousin, peut-être même qu'elle l'a adopté à ma place. Je suis seul, même les dieux me détestent et je l'écris en étant prêt à en subir les conséquences. J'adore lire tes lettres, je trouve que tu as une belle écriture, mais pour être franc, je n'arrive pas à comprendre la raison qui te pousse à m'écrire.

J'espère que tu vas bien, que ton projet de devenir forte avance. Tu dois continuer ce que tu as commencé. Si m'écrire te saque le moral et ta motivation, alors arrête de le faire et ne pense plus à moi. De toute manière, un jour, que tu le veuilles ou non, tu ne recevras plus mes lettres. Je te remercie, grâce à toi, je ne sombre pas complètement dans la folie. Je pense que je t'apprécie et j'aimerais avoir un peu de tes nouvelles, savoir ce que tu deviens, ce que tu fais. Je pense que ça me ferait du bien. Écris ce que tu veux écrire, je ne suis personne pour t'interdire d'être toi, mais encore une fois, n'aie pas pitié de moi s'il te plaît. »


Le bruit sourd de la porte en métal du cachot venait de parvenir jusqu'à ses oreilles. Il s'empressa d'écrire quelques dernières lignes.


« J'aurais aimé t'en dire plus, t'écrire un peu plus. Mais écrire prend plus de temps que de lire, alors écris pour nous. Quelqu'un arrive, je dois y aller. Je suis désolé. »



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Kitoe
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Sam 21 Oct 2023, 21:53

Helsinki
La relation épistolaire de l'année
Angèle - Le temps fera les choses


-Bonjour Helsinki.

-Bonjour.

L’Ange afficha la mine affable qu’elle avait appris à montrer en public, quand elle avait commencé à travailler avec des clients. Aujourd’hui, elle n’était pas derrière le guichet. Elle n’était pas même en train de travailler ; sa venue ici était parfaitement motivée par ce qui poussait chaque citoyen à venir ici, à savoir lire et s’informer. Helsinki fila vers les étagères au fond de la bibliothèque. En quelques minutes, elle tira vers elle un gros ouvrage qu’elle alla consulter à une table. Ses doigts parcoururent le sommaire et s’arrêtèrent sur la mention “Continent Dévasté”. En-dessous défilaient les grandes régions et leurs capitales. Helsinki descendit son index. Sceptelinôst. Elle tourna les pages et déplia les grandes cartes correspondant aux deux localisations. Elle les examina avec attention, puis rangea le tout pour s’atteler à d’autres recherches. Elle revînt au comptoir bredouille. C’était Lilas qui était de service aujourd’hui, une collègue aux cheveux de la même teinte que son prénom.

-Est-ce qu’on aurait une carte listant tous les hôtels de Sceptelinôst ?

La bibliothécaire cligna des yeux, incrédule.

-Euh… Je ne suis pas sûre... Je peux vérifier.

-Je veux bien. Merci.






Cher Styvan,

Merci d’avoir été franc même si tu n’en avais pas envie (tu n’aurais pas dû si c’était le cas). En échange, je n’aurai pas pitié de toi.

En réalité, je n’avais aucune raison de t’écrire. Moi-même j’ignore comment j’ai trouvé le courage de me lancer dans cette correspondance à l’aveugle il y a quelques temps. En revanche, maintenant, je comprends pourquoi.
Je ne t’ai pas expliqué la raison pour laquelle je souhaite devenir plus forte. Je ne souhaite pas raconter ça parce que je cherche à te faire du mal, à être enviée ou à implorer de la pitié. Ce sont des faits qu’il me semble intéressant d’avancer. Sache par ailleurs que même si mon entourage se doute de tout cela, je n’en ai jamais parlé à personne et j’aimerais que ça reste ainsi.

Je ne me souviens pas de qui je suis avant ma réincarnation en Ange. Je suis simplement née ainsi, en Terre Blanche, à l’époque où celle-ci était sous la totale emprise des Démons. Beaucoup d’Anges sont passés par là mais chacun à vécu cette captivité différemment. Personnellement, je ne sais pas combien de temps j’y suis restée. J’ai été détenue dans la cave de mon propriétaire. Je ne travaillais pas non-plus : j’étais une proie, un souffre-douleur pour cet homme tout particulier et sa compagne. Il m’a frappée, m’a brisé les os et m’a violée. Il a tatoué son nom sur mon corps pour que je lui appartienne. Je n’avais pas le droit de sortir. Il m’a brisée physiquement et psychologiquement. J’étais seule, affaiblie. Je vivais dans le noir et dans l’humidité, et je passais mon temps à attendre l’heure où il reviendrait me voir, car il était l’unique divertissement de mes journées. Malgré mes heures à prier tous les Dieux, pas un seul ne m’a fait signe. Je les ai haïs.

Maintenant, je suis libre, mais je rêve encore de lui. Il m’arrive de me frapper ou d’arrêter de m’alimenter pour retrouver ces sensations familières qui ne devraient pas être plaisantes. Quand j’y étais encore, il était ma seule source de lumière, d’eau, de nourriture, de chaleur, de lien social. C’était lui qui me parlait, parfois pendant des heures comme à une confidente. Parfois il m’enlaçait.

Je ne devrais pas raconter tout ça à un parfait inconnu. Mais c’est la raison pour laquelle je veux apprendre à me battre. Quand je suis arrivée en Terre Blanche, je tenais tête à ce Démon ; ça me paraissait impensable jusqu’à il y a peu.

Je n’ai pas pitié de toi. Je ne suis pas en train de te promettre que tu seras sauvé un jour. J’ignore même si j’ai eu de la chance. Il m’a fallu des années pour arriver où j’en suis et je suis toujours particulièrement inadaptée à ce monde. Je n’arrivais pas à aller dehors. Je ne supportais ni le soleil, ni la chaleur, et les lits me paraissaient plus inconfortables que la dureté du sol. Parfois, ça me reprend et je rêve de retourner dans cette cave et de n’avoir rien à y faire, aucune décision à prendre, aucune conversation à tenir. Je rêve de n’avoir jamais connu cet extérieur où les médecins veulent absolument me faire suivre une thérapie et m’expliquer mes propres maux.

Je m’excuse, je deviens mauvaise.

Ne crois en rien et si tu le souhaites, laisse ta folie te sauver. Les gens sains pourront peut-être te sortir de là, mais ils ne pourront pas t’aider.

Comment t’occupes-tu quand tu ne travailles pas ? Comment est ta cellule ? Comment sont les clients ? Et ton patron ?

Écris-moi lorsque tu en ressentiras le besoin. J’essaierai de te donner des nouvelles.

Helsinki


La lettre disparut dès qu’elle l’eut signée et l’Ange ressentit une sensation désagréable. Sa réponse était en effet les prémices d’un immense mensonge : elle mourait de pitié pour lui et elle espérait qu’au fur et à mesure de leurs échanges, elle rassemblerait suffisamment d’informations pour le retrouver.

855 mots



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Styvan Khanis
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Styvan Khanis
Jeu 23 Nov 2023, 18:45




Amitié.


Styvan venait tout juste de reboucher le trou où étaient dissimulées les lettres de sa correspondante et de le camoufler avec la pierre qu’il utilisait en guise d’oreiller. Il ne se lassait jamais de les relire lorsque les autres esclaves dormaient ou qu’il était le seul à ne pas avoir été loué par un client (ce qui n’arrivait que très peu de fois). Feuilleter ces dernières en journée lui aurait bien plu mais il valait mieux que le vampire ne prenne pas le risque qu’une langue bien pendue vienne le jeter en pâture. Les balances à l’intérieur de ce trou à rat étaient récompensées d’une ration supplémentaire de purée minuscule qui servait de cendrier aux cuisiniers. Cette maigre demi-patate écrasée puis étrangement assaisonnée était amplement suffisante pour qu’aucune confiance ne règne dans ce cachot. Il aurait tué quiconque se mettant en travers de sa relation épistolaire, même s’il savait que cela engendrerait sa propre fin. Le garçon avait besoin de ces lettres. C’était tout ce qu’il lui restait. Ses petits tracés incertains, ses minuscules points au-dessus de ses i, tous ces petits détails qu’un esprit saint ne prendrait même pas la peine de remarquer était sa manière à lui de savoir que c’était elle. Et les mots qu’elle utilisait étaient sa manière à lui de reconnaître une personne qu’il pouvait considérer comme une amie. Du moins, si il avait le droit de ressentir de l’amitié envers une autre personne. L’attente de recevoir une nouvelle lettre était insoutenable et c’était l’une des seules voire la seule chose qui le rattachait à un semblant de stabilité mental. Alors quand il vit ce blanc d’une grande pureté apparaître sur son pantalon troué qui laissait deviné sa peau bleutée, il esquissa un léger sourire. Ce n’était pas l’expression d’une joie quelconque, il avait nullement envie de sauter sur place. L’esclave se sentait toujours merdique, il n’était pas plus libre avec cette nouvelle lecture, mais il avait une autre lettre à apprendre par cœur et c’était pathétiquement suffisant pour le moment. Durant cette rude péripétie que représentait le récit de son amie, il pleura à chaudes larmes sans prendre la peine d’essuyer la morve qui dégoulinait de son menton. Il n’avait pas craqué par pitié, même s'il était effondré à l’idée qu’elle ait dû subir tout ça, mais par peur. Le garçon avait peur que tout ce qu’elle lui avait décrit dans sa lettre lui arrive. Il savait qu’il avait peu de chance de s’en sortir, mais Styvan rêvait fréquemment d’un peu de liberté, de tremper ses pieds au bord de la mer, de chasser le cul à l’air dans une forêt puis de vider ce qui lui passera sous la main. « Je vais mourir comme un chiot ici, ou mourir comme un chien dehors. Pas mal comme vie. » il prit le crayon et entama sa réponse.


« Helsinki,

Un mélange de colère et de tristesse m’empare rien qu’en imaginant tout ce que tu as traversé. J’espère de tout cœur que tout ce qui te torture aujourd’hui disparaîtra un beau matin. Je pense sincèrement que tu es une personne qui mérite de vivre en paix. Je me reconnais beaucoup dans ta lettre, ton passé est mon présent et je pense qu’il sera même une bonne partie de mon futur voire la totalité. C’est dur à accepter mais c’est comme ça, j’ai vite renoncé à l’idée de sortir de là. Ma fougue légendaire n’est plus. Passons, je voulais te dire une nouvelle fois que j’apprécie ta franchise, j’apprécie également ta façon d’être avec moi. Tu ne me regardes pas comme le chien battu que je suis et ça me réchauffe un peu le cœur malgré l’humidité de cette grotte qui me sert de cachot. Juste.. je me permets de te poser une question. »
il hésita quelques secondes avant de continuer.

« As tu revu cet homme depuis ? Je suis désolé pour cette question malvenue. C’est juste que pour passer le temps je m’imagine libre revoyant pour la première fois ce gros tas qui me sert de maître, et je commence à manquer de scénarios de torture pour ma vengeance. » il se mordit puissamment la lèvre inférieure, s’arrachant un peu de peau par la même occasion. C’était un tic qui se manifestait lorsque sa curiosité le démangeait.

« Serais tu capable de le tuer si la possibilité se présentait devant toi ? Est ce que tu le détestes ? Comment as-tu obtenu ta liberté ? » il regretta quasi instantanément, le curieux avait peur que toutes ces questions ne blessent sa correspondante. « J’aimerais rayer tout ça et faire comme si il ne s’était rien passé mais ça ferait moche sur le papier, je me dois d’être à la hauteur de la beauté de tes lettres. Alors si les questions ne te plaisent pas, ignore les et je réitère mes excuses.

Les clients changent souvent. Je pense qu’ils essayent de rehausser leurs vies pathétiques en étant confrontés à pire. Parfois ils viennent dans les cellules, parfois on se déplace dans les chambres. Par chance ça ne m’est encore jamais arrivé. Selon les autres, c’est souvent des expériences horribles qui s’y déroulent et je pense que ce serait ma fin si je venais à en expérimenter une. Mon seul passe temps en dehors de toute cette violence, c’est de relire tes lettres. Peu importe que ce soit réciproque, pouvoir te considérer comme une amie me fait du bien. Je ne sais pas grand-chose de l’hôtel où je suis et de mon gérant. Tout ce que je sais de lui c’est que son portefeuille est plus musclé que ce mec. Il m’a giflé une fois et je n’ai rien senti. Il est juste respecté car il s’en sort pas trop mal dans cette ville de merde. Je dis ça, je ne connais pas spécialement l’extérieur, je ne suis jamais sorti de l’enceinte de l’établissement. Cependant j'entends tout le temps des bagarres dehors, des émeutes de gens alcoolisés qui se foutent sur la gueule. Si je rajoute à ça les clients ça me donne quelques indices sur le reste des citoyens. Je ne connais pas le nom de mon maître, tout ce que je peux te dire sur lui c’est qu’il est gros, vraiment petit, avec peu de poil sur le caillou. Ce porc à monocle n'a vraiment rien pour lui, pas vrai ? »
il zieuta autour de lui afin de s’assurer que personne ne puisse voir ce qu’il était en train d’écrire et rigola fièrement devant le portrait de son maître.

« Je pense que les autres commencent à se réveiller. Si l’on me voit, je risque gros. Je vais m’arrêter là. Prends soin de toi.

Ton ami. »


Le garçon se leva en furie et creusa, à l'aide de ses mains, le trou où était caché son trésor. Une fois qu’il eut déposé la dernière lettre, il le reboucha aussitôt. « J’espère qu’elle me répondra vite. » soupira-t-il en s’essuyant les mains sur son pantalon.





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Kitoe
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Kitoe
Sam 16 Déc 2023, 20:00

Helsinki
La relation épistolaire de l'année
Bring Me The Horizon - Underground Big {HEADFULOFHYENA}


Le bruit du papier brisa la quiétude habituelle de la chambre tandis que Helsinki dépliait la carte et l’étalait au pied de son lit. Se mettant à genoux, elle passa sa main sur les plis pour lisser au maximum le parchemin, tout en examinant une première fois les détails qu’elle recensait. Après avoir demandé une carte de la ville à sa collègue Lilas, celle-ci lui en avait fourni une petite qui l’avait éclairée sur les grands axes qui découpaient la cité portuaire. Avec davantage d’insistance, elle avait réussi à lui faire dégoter un exemplaire plus grand et plus détaillé. Le souffle court, l’Ange regarda l’ensemble. Une mine de graphite en main, elle se pencha et s’attela à entourer les différents établissements qu’elle avait identifiés dans un listing rigoureux. Les hôtels parsemaient la ville de part en part. Il y en avait plusieurs dizaines. Elle relut, pour la quatrième fois, la dernière lettre que lui avait fait parvenir le Vampire. Par terre, un carnet était également ouvert. Elle y avait noté les diverses indications – Sceptelinôst | hôtel | Maître ou propriétaire : obèse, petit, chauve, monocle | gens alcoolisés -> taverne ? – qu’elle avait repéré dans les courriers de son correspondant. Elle relisait encore et encore en espérant trouver la clé à ce jeu de piste, dans une ville où elle n’avait pourtant jamais mis les pieds. S’écrasant encore contre la carte, elle s’enquit de repérer les tavernes et les encadra. Il y en avait encore plus que des hôtels, alors elle s’épargna celles qui se trouvaient trop loin. Elle barra ensuite les auberges n’avoisinant aucun lieu de beuverie, à savoir à cinq. Helsinki se mordit la lèvre inférieure. Ce n’était rien. Ce n’était rien du tout cinq, quand on avait une trentaine d’hôtels en face. Elle regarda à nouveau la lettre. Styvan avait dit que son propriétaire était riche.






Cher Styvan,

Je crois que je suis condamnée à vivre toute ma vie avec ce qui me torture. Tout comme toi, c’est dur à accepter, mais c’est comme ça. Ce n’est pas si grave au final. J’ai renoncé à l’idée d’avoir une vie normale, même si, paradoxalement, je m’y efforce.

Je n’ai pas revu cet homme, sinon dans mes cauchemars. A une époque, ceux-ci étaient devenus mes rêves quotidiens. Si je l’ai revu, ce n’était que dans le noir, quand j’étais prise de paranoïa et qu’une vision me prenait. Cela m’arrive encore. Peut-être que tu as ça, toi aussi ? Il parait que c’est courant lorsqu’on a vécu des traumatismes. Quoi qu’il en soit, il paraît que mon tortionnaire est mort. En revanche, j’ai déjà croisé la route de sa compagne. Elle me torturait aussi, mais nous nous sommes rencontrées plus tard, alors notre relation est différente. C’était peu après ma libération. Sa présence m’a pétrifiée et je n’ai rien fait. Elle n’a pas fait grand-chose non-plus. Je crois que nous étions toutes les deux surprises.

Savoir si je serais capable de tuer, si la possibilité se présentait, est une question que je me pose depuis longtemps. Je n’en sais rien. Une part de moi le souhaite. D’un autre côté, je suis terrifiée par l’idée de devenir un monstre. Comment pourrais-je vivre et me regarder dans le miroir après avoir ôté une vie ? En revanche, je n’ai jamais songé à torturer mes tortionnaires. Témoigner de leur mort me suffit. Je peux néanmoins comprendre que tu souhaites du mal au tien. Tu as le droit d’être en colère. Je l’étais aussi, contre les Dieux, puis ensuite, contre toutes ces personnes qui avaient la chance d’avoir vécu dans l’innocence et qui ne comprenaient rien. Comment te vengerais-tu de ton maître si tu en avais l’occasion ?

Je ne déteste pas Asborn. J’ai vécu dans l’ombre de terreur qu’il m’inspirait, mais aussi dans la dépendance de le voir. Il était l’unique divertissement de mes journées que je passais enfermée dans le noir. Il me faisait du mal, mais c’était aussi lui qui me nourrissait et qui me parlait, qui s’intéressait un petit peu à moi alors que c’était à croire que même les Aetheri ignoraient mon existence. Comment détester l’unique personne dont on dépend le plus ? L’unique personne qui nous considère ? Il était une sorte de divinité, à sa façon. Quand je suis sortie, j’ai longtemps désiré retourner dans cette cave. Je me suis frappée et je me suis scarifiée pour me souvenir de lui.


Helsinki s’arrêta d’écrire, se pinça les lèvres et inspira. Cela n’empêcha par les larmes de perler sur ses joues. Elle avait honte. Elle avait ressenti des choses contre-nature à son égard, des choses qui la faisaient elle-même vomir.

Passé un certain stade, j’en suis venue à me demander si j’étais amoureuse de lui.


Elle voulut barrer cette phrase, tellement fort. Elle aurait cassé sa mine et déchiré le papier. Sa main trembla sous la pression qu’exerçaient ses doigts sur la plume, puis glissa à la ligne suivante. Elle essuya son visage.

J’ai été libérée par des Anges lors d’une attaque en Terre Blanche. Ça a failli manquer ma chance parce que je ne voulais pas partir. Je connaissais à peine la lumière, alors la liberté m’apparaissait comme une chose interdite et terrifiante. Et c’était terrifiant. J’ai regretté ma décision lors de mes premiers mois dehors. Mais je pense que tu as vécu assez longtemps à l’extérieur pour mieux appréhender la liberté que je n’ai su le faire.

L’hôtel dans lequel tu résides est destiné à des clients de haut rang, je présume ? Est-ce que le trafic d’esclaves est ouvertement annoncé sur l’enseigne, ou est-ce une activité secrète ? J’imagine que l’hôtel l’annonce ouvertement si certains d’entre vous montent dans les chambres. As-tu des liens avec les autres esclaves ? Comment sont-ils ?

En attendant ta prochaine lettre,

Helsinki


964 mots



Bijin
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Styvan Khanis
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Styvan Khanis
Sam 06 Jan 2024, 23:58




Nostalgie.


Cette feuille de papier dégageait une aura qui attrapa fermement la gorge du vampire. Le garçon remarqua les traits irréguliers dissimulés à certains moments du récit, ces derniers pointant du doigt ce qui avait semblé être le plus dur pour son amie. Des larmes de colère vinrent nettoyer partiellement ses joues poussiéreuses. Il aurait tellement voulu être celui ayant tué ce couple de démon. Il ne fallait pas qu’il laissât sa haine écrire à sa place. L’ange n’avait pas besoin de ça. Elle n’avait pas montré de pitié à son égard, il se devait d'être aussi respectueux qu’elle. Bien qu’il sût que cette boule de salive haineuse lui mutilerait l’intérieur de la gorge s’il l’avalait, il s’exécuta sans grimacer. Il attrapa délicatement la plume et commença à griffonner, persuadé de devoir l’aider à tourner la page.

“ Helsinki,

Un jour, tu mèneras une vie normale, je le sais. Tu y arriveras. J’espère juste qu’avant la fin, j'arriverais à jouer un petit rôle dans cette acceptation. Ce sera ma manière à moi de laisser une petite trace sur ce monde. Alors, si jamais tes visions reviennent et que tu te fais submerger par tes souvenirs : imagine-moi ou un proche en train de les repousser. C’est ce que je fais quand une crise d’angoisse me prend. Je sais que tu ne peux pas mettre de visage sur toutes ces lettres que je t’envoie, donc imagine juste une boule de lumière qui recouvre l’obscurité qui t’étouffe. Je suis heureux d’apprendre que cet ignoble personnage est mort. Je commence à comprendre la relation toxique qui vous unissait, j’imagine que lorsque tu as appris sa mort, tu n’as pas su comment réagir. “Dois-je être triste ou heureuse ?” Peut-être t’es-tu brièvement demandé s'il avait suffisamment souffert ? Ou peut-être que tu étais agacée à l’idée de ne pas avoir pu lui montrer la femme forte que tu étais en train de devenir. De pouvoir lui montrer qu’il a eu tort de te traiter de la sorte. Tu n’étais pas amoureuse de lui, enfin, je n'en sais rien. Cependant, ce dont je suis persuadé, c'est que si tu l’étais, tu ne l’étais pas de ton plein gré. Tu ne connaissais que sa version pervertie d’une relation. Tu ne savais pas ce que c’était de ressentir de la bienveillance sans la moindre arrière-pensée, d’avoir une voix douce et rassurante qui te chuchote : “je suis là” lorsque tu paniques sans- qu’elle ne soit la raison de cet état. Ne sois pas dure avec toi-même. Les dieux l’ont suffisamment été.

Je n’ai jamais ôté de vie humaine, je me suis toujours (presque toujours) contenté d’animaux sauvages comme des sangliers, alors je comprends ton envie de ne pas devenir un monstre. À vrai dire, je ne sais même pas si je suis capable de faire quoi que ce soit à mon maître. Parfois, je sens comme une déflagration à l’intérieur de mon corps, une envie de meurtre qui me démange au point de me faire trembler comme une feuille. Mais le plus souvent, je m’en veux juste d’être faible, d’avoir fini ici sans avoir pu profiter de la vie et j’oublie toute cette rage qui m’anime. J’ai imaginé bien des scenarios de vengeance tu sais... Mais dans ces visions, ce n’est pas moi qui le torture, mais un autre homme, un homme que j’ai l’impression de souvent voir dans mes rêves. Je ne vois pas son visage. Sa trogne est dissimulée derrière un brouillard noir et épais. Mais même si ce n’est pas moi, je ressens le plaisir de ce gars lorsqu’il brise chaque membre de mon pire ennemi.

Je ne préfère pas m’imaginer libre alors, je n’appréhende absolument rien. Ça reviendrait à attendre un miracle. Certains esclaves sont là depuis des décennies et seule la mort les attend à la fin du voyage. D’ailleurs, si ça ne te dérange pas…  Je ne préfère pas continuer de parler de cette utopie, cela me fait plus de mal qu’autre chose.

Pour répondre à tes questions, je reçois un peu de tout. Des plus riches accompagnés de leur parfum repoussant aux alcooliques qui sentent la pisse de chat. Je ne sais pas vraiment quelle odeur je préfère. Savais-tu que les vampires avaient un odorat surdéveloppé ? Alors imagine les grimaces que je tire quand ces pouilleux viennent me câliner à leur manière. Pour ce qui est de l’hôtel, je ne crois pas que ce soit une activité cachée des regards. Je crois même que c’est un hôtel reconnu et réputé de la ville. Certaines personnalités importantes font énormément de route afin de venir s’amuser avec une petite esclave. Les pauvres, je suis heureux de ne pas être une femme quand j’y pense. Cela me rend sincèrement triste de les voir revenir le regard vide dans leurs cellules respectives. Pour être honnête avec toi, je ne parle à personne excepté l’infirmière et sa sœur. En ce qui concerne les autres esclaves du cachot, je me contente d’écouter leurs discussions. Je ne suis pas très sociable. Déjà enfant, quand j’étais encore un magicien, je n’arrivais pas à me faire des amis. Puis je m’interdis d’apprécier qui que ce soit ici. Je risque d’être chagriné à chaque fois que l’un d’entre eux meurt. Alors, je les snobe, je les insulte, même lorsqu’ils me demandent comment je me sens ou qu’ils essayent de m’aider. C’est peut-être malpoli, mais c’est mieux comme ça. Je ne veux pas perdre ceux que j’aime donc je préfère me mentir à moi-même en les détestant malgré l’empathie que je ressens envers eux.

Parle-moi un peu plus en détail de ce que tu fais de tes journées. J’ai cru comprendre que tu habitais dans les terres de mon enfance (si tu y es toujours évidemment), nous n’avons pas encore eu le temps d’en parler. Quelle coïncidence n’empêche, on dirait bien que nous étions faits pour entretenir cette correspondance ! Parle-moi des jardins, je ne me souviens de rien. Le lac bleu me manque tellement. C’est vraiment un coin magnifique. Tu dois bien profiter de ta liberté là-bas, non ? Est-ce que tu t’es fait des amis ? Si ça se trouve tu t’es promené dans le village de mon enfance ! Ce serait trop bien !

Prends soin de toi

Styvan”


Le vampire avait presque fini par oublier son passé. Sa grand-mère et ses soupes de bon matin, le pâtissier du village qui l’avait pris sous son aile, sa grande sœur si intelligente qu’elle en devenait énervante. Cette dose de nostalgie l’avait particulièrement ému. Une fois que l’adolescent eut relu plusieurs fois son dernier paragraphe, il plia la lettre et la laissa s’envoler vers celle dont il attendait d’ores et déjà une réponse.






Post V. 1200 Mots
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Dim 18 Fév 2024, 18:01

Helsinki
La relation épistolaire de l'année
Jean Castel - The swans


Le crayon dévalait le papier à toutes vitesses. A la liste que l’Ange avait dressé la dernière fois s’étaient ajoutés d’autres mots clefs : Hôtel réputé, activité non tenue secrète | Tout type de clients. A côté, la carte de la ville déployée à même le sol affichait toujours les mêmes établissements. Helsinki était retournée à la bibliothèque, mais elle avait été incapable de trouver un ouvrage sur les logements de Sceptelinôst. Elle avait demandé s’il était possible de commander un tel guide et la bibliothécaire avait indiqué qu’elle ferait ce qu’elle pourrait. Helsinki comptait vraiment sur elle, même si Lilas devait se poser des questions sur sa subite passion pour l’une des villes les plus malfamées du continent. L’Ange espérait que sa collègue gardait l’information pour elle. Si Méryl venait à apprendre ce qu’elle manigançait, la jeune femme craignait une mauvaise réaction et des comportements changeant de la part de sa tutrice. Cette dernière lui poserait mille et unes questions, l’interrogerait sur la nature de cette correspondance et ce serait un puits d’appréhensions sans fond.  Helsinki ne souhaitait pas inquiéter la Magicienne et surtout, elle ne pouvait pas tout bloquer à cette étape de l’enquête qu’elle avait à peine commencé.

Cher Styvan,

Tu joues déjà un rôle. Tu m’aides, plus que tu ne pourrais l’imaginer. Peut-être que cela ne fait pas sens pour toi, mais j’ai le sentiment de trouver plus facilement ma voie en t’écrivant. C’est immense. Cela me paraissait impossible il y a quelques années. J’aurais dû te le dire plus tôt, mais merci pour tout ce que tu fais. Je suis heureuse d’avoir fait ta connaissance malgré les circonstances particulières.

Je ne veux pas seulement t’imaginer sous la forme d’une boule de lumière. J’aimerais bien savoir à quoi tu ressembles. De ton côté, tu peux aussi prendre mon image si cela peut t’aider à te rassurer. J’ai des cheveux longs, lisses et blonds, et j’ai les yeux bleus. Je suis assez petite et pas très épaisse. C’est difficile de se décrire soi-même, alors si tu souhaites plus de détails, tu n’auras qu’à me poser tes questions la prochaine fois.
Je comprends tes craintes. Les fantasmes aussi, d’une certaine manière. Comme tu l’as dit pour moi, je pense que tu es trop dur avec toi-même. Tu n’as pas à te reprocher d’être faible. En réalité, tu sembles même refuser de mourir. Cela aurait le don d’en impressionner plus d’un à l’extérieur.

J’habite effectivement aux Jardins de Jhen. Je vis chez une Magicienne, Méryl. C’est elle qui m’a recueillie après ma libération. C’est un bel endroit, vivant, doux et lumineux. Les bâtiments sont assez hauts. Quand je suis arrivée, j’avais le sentiment qu’il y avait beaucoup trop de monde. Je ne sais pas si cette sensation s’est apaisée en moi ou si certains sont partis faire leur vie ailleurs. Quoi qu’il en soit, j’apprécie mieux la ville qu’il y a quelques années. Je suppose qu’elle est moins peuplée que Sceptelinôst, qui est une ville portuaire. Peux-tu voir la mer depuis les fenêtres lorsque tu montes dans les chambres ? Depuis certaines rues ici, on a une vue imprenable sur le Lac Bleu. J’aime beaucoup cette particularité et il m’arrive de m’arrêter juste pour contempler la vue, les jours de beau temps.

J’essaie de profiter de ma liberté, mais j’avoue que je suis du genre peu aventureuse. Je ne sors quasiment jamais de la ville et je ne me suis jamais baignée. J’appréhende, notamment parce que je ne sais pas nager. Les principales fois où je suis sortie, c’était accompagnée de Méryl ou de ma meilleure amie. C’est avec elle que j’ai fait mes premiers “voyages”, même si ce n’était ni très loin, ni pour très longtemps. Malheureusement, nous ne nous voyons pas souvent à cause de son travail, qui lui impose des déplacements conséquents. Quoi qu’il en soit, sortir de chez moi m’impose un effort immense. Je suis souvent sur mes gardes sans trop savoir pourquoi et je n’aime pas quand un inconnu m’adresse la parole. J’ai un travail bien sûr, mais j’ai cette tendance à me cantonner à une sorte de routine… Peu importe si elle m’ennuie, tant que je m’y sens en sécurité.

Comment s’appelle ton village ? Je pourrais demander à Méryl de nous y emmener. Elle connait bien mieux la région que moi. Je te raconterais.

Bien à toi,

Helsinki

L’Ange laissa la missive s’évanouir et reprit son carnet de notes. En bas de la page où elle avait poursuivi ses recherches, elle écrivit : “Visiter le village de Styvan : trouver la famille Khanis ?”.

762 mots



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Helsinki et Stefano le vent-pire : la relation épistolaire de l'année

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