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 [Q] Le beau est toujours bizarre | Solo

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Min Shào
~ Orine ~ Niveau II ~

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◈ Parchemins usagés : 207
◈ YinYanisé(e) le : 25/03/2022
◈ Âme(s) Soeur(s) : Elle m'attend quelque part.
Min Shào
Sam 02 Juil 2022, 23:13


Image par Sawa Momochi
Titre : citation de Baudelaire
Le beau est toujours bizarre
Ellipse de 6 mois après Un, deux, trois... soleil !



Intrigue : En s'entraînant à un nouveau style de combat, Min trouve sa mentor pour améliorer son Art Divin, la danse des éventails.

Ma très chère Chuan,

Enfin ! J’ai le temps de souffler et de t’écrire. Quelle année… tout va tellement vite à Maëlith, si tu savais. Rien à voir avec la tranquillité de nos montagnes. J’espère t’y croiser prochainement. Mais en attendant, pose-toi tranquillement, prends une tasse de thé et prépare-toi pour un long récit d’aventures !

Il fallait absolument que je trouve le temps de t’écrire, car je reviens de Stenfek, la Cité des Réprouvés. J’avais déjà mentionné Xaëlan dans une précédente lettre, n’est-ce pas ? Je l’avais rencontrée en partant d’Onikareni, et je lui avais peint une toile de coucher de soleil. Je l’ai revue. Malheureusement, je n’ai pas eu l’occasion de passer beaucoup de temps avec elle, ni de visiter tous les recoins de la ville. Déjà car elle est gigantesque, et ensuite car j’y suis allé avec d’autres Orines pour une performance musicale.

J’ai été étonné de l’intérêt des Réprouvés pour notre musique. Quand j’ai rencontré l’équipage du bateau lors de ma Grande traversée, seule Xaëlan démontrait un minimum d’intérêt pour notre culture. Ils avaient l’air d’accorder plus de valeur à des mets et des boissons vulgaires. Évidemment, ma vision de ce peuple était quelque peu partielle. Elle l’est toujours, mais je pense désormais le comprendre un peu mieux.

Tout est grand dans cette ville. Tout ! J’ai même mal au cou à force de regarder au-dessus de moi. Déjà, bien avant d’entrer dans la ville, on peut voir ses tours de très très loin. Et je ne parle pas que des constructions… les Réprouvés eux-mêmes sont très grands. Je pense que même toi, avec tes larges épaules, semblerais toute frêle à côté d’eux. Ce sont de véritables machines de guerre. D’ailleurs, le combat est partout. Ce serait ton genre de paradis. Des combats sales au poing, mais aussi des arts martiaux de toutes inspirations. Je suis même tombé sur un combat en arène.

Je n'avais jamais rien vu de tel avant : un Réprouvé, qu'ils appelaient le "champion", devait combattre des monstres un par un, toujours plus effrayants. C'était des vrais monstres ! Le dernier était digne d'un livre de légendes. C'était une espèce de serpent géant, comme un basilic des Enfers. Nous étions assis très haut, mais j'ai eu peur qu'il décide de s'attaquer à nous. C’était incroyable, mais aussi incroyablement violent. La plupart des Orines sont parties quand le sang a commencé à couler. Mais c’est aussi cela, la vie, non ? Avec toute sa beauté et sa laideur.

Le lendemain, j’ai même vu un Réprouvé qui était flanqué d’un fourreau de katana. Et dire que Stenfek est considérée comme la ville la plus civilisée de toutes ! Imagines-tu un seul instant à quoi doivent ressembler les autres ? Xaëlan aussi se bat très bien. Elle voulait me donner de nouvelles leçons, mais nous n’en avons pas eu le temps. Apparemment, quelques Orines s’inspirent de ce peuple à Maëlith. Tu n’as jamais réussi à me convaincre, mais cette ville l’a fait : je veux mieux maîtriser l’art du combat. Et pourquoi pas créer des chorégraphies mélangeant cela et la danse des éventails ? Je n’ai jamais rien vu de tel auparavant.


[...]


Les deux nuits de notre voyage, nous avons logé dans un hôtel typiquement Orine. Cela a plu à la majorité de mes camarades, mais moi, j’aurais aimé être dans une totale immersion. Visiter d’autres contrées sont des occasions qui se font si rares dans une vie. Je me suis levé à l’aube chaque matin, et je suis resté dans la ville jusqu’à la tombée de la nuit. Et je ne peux même pas rattraper mon retard de sommeil à cause des inconsidérations de tante Ting… elle est intraitable. Mais je ne vais pas tergiverser sur ce sujet ici. Restons dans le positif : Stenfek.

Si tout se déroule comme prévu, tu devrais recevoir des épices typiques de la ville avec la lettre. D’ailleurs, l’odeur dans les rues est tout aussi indéfinissable. C’est bien loin du parfum de nos fleurs. J’en étais fasciné. J’ai composé une musique tentant d’y rendre hommage. Peut-être pourrais-je te la jouer quand on se reverra. Je t’ai aussi joint une peinture des arches menant à la ville. Je n’avais jamais rien vu de tel. Je m’attendais à voir des portes majestueuses, de la même pierre que les tours, à l’entrée de la ville. Mais pas ces vastes arches. Cela donne réellement l’impression de passer le portail d’un autre monde.

Ce court voyage m’a fait l’effet d’une réelle bouffée d’air. J’avais l’impression d’être en apnée, ici, à Maëlith. Sans vous, sans la maison, sans les montagnes… ah, les montagnes ! Si tu savais à quel point elles me manquent. C’est ridicule de s’attacher autant à cela, non ? Mais nous y sommes. Je commence à m’adapter à ma nouvelle routine, ici. Tu sais, comme disait Wao : je comprends vite, mais il faut m’expliquer longtemps. Il y a des choses qui ne changent pas.

Sur ce sujet, je me demande comment va Wao en ce moment. As-tu de ses nouvelles ? Je n’ai pas obtenu de réponse de sa part à ma dernière lettre. Cela m’inquiète. Mais j’imagine que si je n’ai pas de nouvelles, c’est que tout va bien. Il en a toujours été ainsi avec lui. Il doit certainement couler des jours heureux avec son Aisuru, à Drosera. As-tu pu lui rendre visite ? J’espère de tout coeur qu’il se fait à sa nouvelle vie. Et toi ? Quelles sont les nouvelles d’Onikareni ? Tu as intérêt à bien veiller sur Xue ! Elle grandit à vue d'œil. Je suis certain que je la reconnaîtrai à peine quand je la verrai.

J’attends tes retours avec hâte.
Ton poisson malin, Min


Mots: 982
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Min Shào
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Min Shào
Dim 31 Juil 2022, 18:30


En signant de son nom avec l’encre magique, la lettre se vaporisa de son secrétaire. Min lâcha un soupir de soulagement en frottant son poignet. Ecrire une dizaine de pages sur son voyage avait été épuisant, mais sa journée ne faisait que commencer. En regardant par la fenêtre, l’Orine s’aperçut que le soleil était à son zénith : sa tante Ting allait certainement l’appeler bientôt pour prendre le déjeuner. Et ensuite, il irait à son cours de combat un peu particulier. Mais d’abord, il devrait faire ses devoirs de mathématiques. En regardant les tristes chiffres placardés sur la pile de feuilles à côté de lui, Min soupira. Il aurait tout donné pour que le Destin lui évite de remplir ces feuilles. Même une météorite. Il prendrait tout.

*Hm… et si j’allais travailler dans le jardin ? La nature devrait m’inspirer.* La dernière fois qu’il avait fait cela, Min avait fini par dessiner des branches sur ses exercices de maths. Son professeur n’avait pas aimé son inspiration artistique. Mais cette fois, cela l’aiderait vraiment. Il y croyait ! Remotivé, l’Orine empoigna sa plume, son encrier et ses feuilles, puis se dirigea vers le salon. A l’aide de son coude, il fit glisser la porte de sa chambre et entra dans le salon. Sa tante Ting n’était pas là, à sa plus grande satisfaction ; il n’y avait personne pour entacher son enthousiasme. Dans le jardin, les cadettes du foyer s’affairaient à dessiner sur la table en bambou. Cela piqua son intérêt. « Vous dessinez sans moi, princesses ? » s’écria-t-il en glissant ses pieds dans des geta usées.

Yoko et Nila se retournèrent d’un seul coup, les sourires aux lèvres. « Mimi ! Viens dessiner avec nous ! » Yoko avait l’âge de sa nièce Xue, et tout autant d’enthousiasme. Du haut de ses neuf ans, elle était née trois lunes plus tôt que Nila, et elle ne manquait jamais de le lui rappeler quand elle lui faisait la leçon. Nila, de son côté, imitait beaucoup le comportement de Ting. Elle maintenait un calme à toute épreuve, même quand elle était frustrée ou fatiguée. Mais les présences de Yoko et Min avaient le don d’enclencher son enthousiasme. « Oui ! Oui ! Viens donc », lui souffla-t-elle. L’aîné vint poser son équipement en face des fillettes sur la table en bambou, puis alla se placer derrière elle pour épier leurs œuvres. Celle de Nila retint instantanément son attention.

Son dessin manquait cruellement de détails et de proportions correctes, mais la matière de son idée l’impressionna. Son croquis était incomplet ; elle venait de commencer à appliquer les couleurs. C’était une espèce de créature volante vêtue de longs poils doux. « Tiens, qu’est-ce que c’est, Nila ? C’est un nouvel ami à toi ? » Les yeux de cette dernière brillaient à la mention de son invention. « Ouii ! R’garde, on pourrait lui faire un câlinou ! Et pis il a des gros sourcils droits donc il fait sérieux, comme tata ! » « Oui ! Il pourrait être ami avec tata, aussi. Elle monterait sur son dos pour faire de grands voyages », poursuivit Yoko. Elle, pour sa part, s’était contentée de peindre le jardin, mais avec sa propre touche. L’accent n’était pas mis sur les formes, mais sur les couleurs. Elle avait utilisé trois nuances de vert pour peindre les bambous qui se mêlaient à l’herbe humide avec son aquarelle. Chacune était brillante, à sa propre façon.

Min discuta des peintures avec ses nièces. Leur enthousiasme, se disait-il, pouvait panser toutes les blessures du monde. Il adorait leur présence, et celle des enfants en général. Elles lui rappelaient d’apprécier les plaisirs simples de la vie, comme si rien n’avait vraiment d’importance. Un sentiment dont il avait énormément besoin pour alléger la pression sur ses épaules. « Comment il s’appelle ? Je veux savoir, dis-moi ! » l’encouragea Min après leur avoir donné des conseils de dessin. « Je l’ai appelé Toudou. ça lui va bien, non ? » « Ah oui, c’est p-a-r-f-a-i-t », exagéra Min. Yoko rigola en se cachant la bouche de la main, ce qui eut pour effet de projeter des gouttes de peinture verte sur la joue de son cousin. « Oh ! T’as de l’herbe sur la tête ! Viens, je vais te peindre un jardin ! » Yoko s’approcha de Min, l’air menaçant, le pinceau à la main.

Mais Min se recula d’un coup, en manquant de tomber dans le ruisseau du jardin. « C’est très très gentil de proposer ! Mais… j’ai beaucoup à faire. Je dois aller à mon cours de combat. Je vais apprendre à me battre pour mieux vous protéger, tu ne voudrais pas m’en empêcher, quand même ? » Yoko se rabougrit. Mais il avait réussi à la convaincre de ne pas faire de caprice. « D’accord… tu reviens vite, hein ? » « Bien sûr. » Min se releva et épousseta son yukata pour en décoller les brins d’herbe, mais oublia de retirer sa goutte verte sur la joue. « Oh ! Atta' », lui lança Nila en se levant. Elle alla prendre un paquet dans le salon. « Tata m’a demandée de te donner ça. Il faudra l’emmener chez le foyer des Naka… euh… Nakajima ! Elle a dit qu’ils sont pas loin de ton professeur, mais j’ai oublié où. » Evidemment. Encore et toujours des corvées en plus… Min n’était jamais tranquille. « Je le ferai. Va donc terminer ton chef d'oeuvre ! » Nila repartit. Quand il fut certain qu’elle ne le regardait plus, ce dernier piqua quelques mochis, qu’il enfourna dans ses poches. Puisqu’il devrait faire une corvée, autant qu’il fasse son détour favori en même temps. Cela ne causerait de tort à personne.


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Min Shào
Dim 09 Oct 2022, 18:54


Min sortit du foyer des Shào et se dirigea vers la rue qui menait à son endroit secret. Il avait l'impression d'être un agent en mission et regardait régulièrement par-dessus son épaule pour vérifier que personne ne le suivait. Il en oublia de saluer les passants qu'il connaissait. L'Orine commençait à reconnaître la plupart des visages qu'il croisait dans les rues. Maëlith était une grande ville, mais chaque quartier avait une atmosphère propre à lui-même. Ce dernier passa les rues et les parcs pour se retrouver dans la rue où son professeur de mathématiques l'avait emmené pour la première fois. Il reconnut instantanément les bosquets qui entouraient les beaux foyers typiquement Orines. Min dépassa les quelques maisons d'un pas sautillant et tourna pour entrer dans le bosquet de la Plénitude, comme il l'avait appelé. Il se glissa dans l'ouverture cachée et entra dans son havre de paix. En face de lui, des Töh Taureaux se réveillaient, dérangés dans leur paisible sommeil. L'un d'eux, couché en plein soleil, bascula son ventre poilu sur le côté et roula jusqu'à l'ombre, nullement gêné par l'arrivée de l'Orine.

« Me voilà ! » tonna Min. Les créatures émergeaient doucement. « J'ai quelque chose pour vous ! » Il sortit les mochis de sa besace. A la vue des boules moelleuses, ils s'agitèrent. L'un d'eux leva les pattes vers lui. « Patience, ton tour viendra... » il les distribua tour à tour, en terminant par celui qui avait quémandé. Chacun poussa des petits cris de joie en s'emparant de la nourriture, puis les mangèrent en une poignée de secondes. L'un d'eux lui désigna un tas de terre : parfois, ils jouaient à creuser des dessins dedans avec un bâton. Mais il secoua la tête. « Malheureusement, je ne puis rester avec vous longtemps, malgré la qualité de votre compagnie. J'ai une mission à accomplir ! » affirma-t-il en bombant le torse. Il caressa le dessus de la tête de celui qui avait quémandé puis s'en alla. Même s'il n'était pas resté longtemps, retrouver l'atmosphère paisible des Töh Taureaux, comme à Onikareni, le calma. Les rêves qui parcouraient son esprit disparurent pour laisser place à un état de concentration qui lui serait bien nécessaire. « Oh, c'est vrai, le paquet... » ce dernier était arrivé chez le professeur quand il réalisa que son bras tenait un objet emballé à donner pour sa tante. Il tourna les talons et dépassa les maisons pour atteindre celle de son voisin, le foyer Nakajima.

Ting lui donnait des paquets à livrer presque tous les jours. Au début, il en oubliait la moitié ou se perdait ; mais maintenant, il avait pris l'habitude. Elle l'avait forcé à devenir plus organisé. Et même s'il grommelait à chaque fois qu'elle lui en donnait un, il comprenait pourquoi elle le faisait. Ting voulait le rendre meilleur. C'était pour ça qu'il avait été envoyé à Maëlith. Alors sa mission était simple : la contenter pour revenir dans son village d'enfance. Son premier objectif était de réussir ses examens, puis aller à Melohorë et enfin... revenir.  « ...nous vous remercions, Hanatsu Shào ! Vous prendrez bien un peu de thé ? » Lui offrirent les membres du foyer Nakajima. Une délicieuse odeur de sésame s'échappait de l'intérieur. « Votre offre me touche et me tente, mais je n'ai pas le temps ! Malheureusement. Je suis attendu à une initiation avec Ken. » - « Un cours avec Ken ? C'est un très bon combattant. Saviez-vous qu'il emprunte des techniques de combat de peuples étrangers ? Son style n'a pas de pareille, ici à Maëlith. » Il hocha la tête. « C'est bien pour cela que je souhaite apprendre de lui. Passez une très bonne journée ! » Il s'écarta et fit un signe d'au revoir aux membres du foyer. Ils lui répondirent en cœur et la porte se referma d'un coup sec. Min tourna les talons puis alla frapper à la porte du professeur.

« Entrez ! » se contenta de tonner une voix. Min était mal à l'aise. Il n'aimait pas entrer chez des étrangers lui-même : cela lui semblait très impoli. Mais il s'exécuta à contrecœur et fit glisser la porte d'entrée. Mais il ne vit personne dans la pièce. « Il y a quelqu'un ? » demanda-t-il en forçant la voix. Soudain, une silhouette apparut à côté de lui. « On est dans le jardin ! » lui répondit une jeune femme à la peau blanche et aux oreilles pointues. Une elfe, ici ? A un cours de combat Orine ? La curiosité de Min était piquée. « Oh ! Je vous suis. » Ses lèvres brûlaient de questions mais il se retint. Il la suivit et arriva dans ce qui ressemblait bien plus à un terrain d'entraînement qu'à un jardin. Au centre trônait un cercle de sable, pour ce que Min identifia comme des parties de lutte. Et autour, des mannequins de différentes formes et tailles se tenaient debout. Une dizaine de personnes étaient agenouillées sur un tatami qui recouvrait l'herbe, en face de l'Orine la plus musclée qu'il avait jamais vue. Il n'y avait aucune question à se poser : c'était Ken. « Bien ! Nous sommes au complet », tonna-t-il alors que Min s'inclinait et rejoignait le groupe. « Je me nomme Ken Lee. Je suis Huā.* Cette session a pour objectif de vous donner un avant-goût de ma technique de combat, mais plus encore de ma technique d'entraînement. Quand vous ressortirez d'ici, attendez-vous à transpirer ! » Le pouls de Min s'accéléra.

Huā : membre de l'armée des Orines
Mots: 944
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Min Shào
Dim 27 Nov 2022, 17:33


A la fin du cours, une chaleur presque insupportable émanait du corps de Min. Il n'était pas le disciple le plus à plaindre dans le groupe, mais il avait tout de même poussé son corps dans ses retranchements. Il avait déjà eu des entraînements intenses, mais jamais comme ça. Enchaîner autant d'endurance avec autant de force, ce n'était pas humain ! Après l'avoir vécu, Min redoublait d'admiration pour ses proches comme Chuan Ming. Cette dernière se soustrayait à un entraînement quasi-quotidien depuis des années pour devenir une véritable guerrière. Il ne la trouvait pas tant que ça baraquée, alors il n'avait pas saisi la quantité d'efforts que cela demandait. Maintenant, il s'en rendait bien compte, même si le fait que ce soit une leçon inspirée du peuple Réprouvé l'avait rendue encore plus difficile.

« C'était intense, n'est-ce pas ? » Lui souffla Arièn, l'elfe avec qui il avait partagé ce moment... éducatif. Elle suait à peine. Cette dernière parlait un Niseis presque parfait. Il avait appris qu'elle avait suivi un long enseignement afin de devenir une geisha. Depuis, ses ambitions avaient quelque peu évolué : elle étudiait la politique et étendait son influence afin de créer des ponts entre les Elfes et les Orines. Mais ce qui la rapprochait de lui, c'était surtout sa spécialité : la danse des éventails. Min hocha la tête pour répondre à sa question en essayant de reprendre son souffle. « Vous joindrez-vous à nous à l'onsen ? » Une fois de plus, il se contenta de hocher la tête. Déjà, une bonne partie du groupe se dirigeait vers les hauteurs de la ville pour aller se remettre du cours dans les sources chaudes.  

Ce dernier se mit en route à son rythme. Quand il arriva à l'onsen, il s'aperçut qu'il était le dernier. Il laissa tomber sa serviette derrière un paravent et laissa son corps s'enfoncer dans l'eau fumante. Cet onsen était mixte : les hommes et les femmes le partageaient sans pudeur. La nudité était une problématique peu présente dans leur peuple, ce qui paraissait paradoxal vu de l'extérieur. Arièn, en tous cas, semblait nullement gênée par cette coutume. Min songea qu'elle s'intégrait admirablement à leur peuple ; seuls son accent et ses oreilles pointues trahissaient ses origines. En entendant les remous de l'eau, cette dernière leva une paupière en sa direction. Puis, elle laissa sa tête retomber contre sa serviette, pliée au bord de l'eau. Min laissa un soupir de soulagement s'échapper en s'immergeant dans l'eau presque brûlante de l'onsen. « Ken, je vous remercie ! Grâce à vous, je suis en train d'apprécier l'une de mes meilleures entrées dans un onsen. » *Et je sais que le combat n'est pas pour moi.*

Il lui semblât qu'il avait tiré certaines Orines d'un sommeil profond en brisant le silence de sa voix enjouée. Il rentra sa tête dans ses épaules en s'apercevant de la tranquillité qu'il avait rompue sans s'en rendre compte. « C'était un plaisir, Shào », lui répondit Ken sans ouvrir les yeux. Lui aussi, semblait fort enclin à se détendre en silence après autant d'efforts. Mais Min n'était pas comme cela. Il brûlait de partager ses impressions après cette leçon aussi informative... heureusement, Arièn décela son enthousiasme et lui fit signe de la rejoindre. Elle se décala du groupe et se redressa doucement. Min trottina jusqu'à elle. Quand il sentit la fraîcheur du crépuscule lui mordre le torse, il se replongea dans l'eau hâtivement et termina sa course sur les genoux. « Je crois que je ne vais plus jamais partir d'ici », murmura-t-il à l'elfe en se glissant près d'elle.

Alors, il relâcha ses jambes et ses bras. L'eau des sources chaudes avait des propriétés réparatrices, selon les légendes Orines. Elles pouvaient renforcer les muscles et même aider les plaies à cicatriser. C'était aussi un lieu de méditation convoité, ce qui en faisait l'un des endroits les plus populaires de Maëlith. Celles de la ville étaient énormes ; Min n'était pas habitué à une telle grandeur. A Onikareni, un lieu perché dans les montagnes, les onsen étaient très nombreux, mais aussi petits et reculés. Dans l'onsen de Maëlith, on pouvait apercevoir toute la ville s'étendre en contrebas, quand la fumée n'obscurcissait pas totalement la zone. Mais aujourd'hui, la fraîcheur épaississait le manteau de buée qui émanait de l'eau chaude. Min pouvait sentir l'humidité ambiante s'infiltrer dans les narines. Le choc des températures avait un effet encore plus curateur sur son corps.

« Que je vous comprends... les onsen sont une véritable bénédiction. C'est bien l'une des choses qui me manque le plus quand je pars de Maëlith », lui confia l'elfe. Elle lui sourit, puis referma les yeux. Le duo partagea ses impressions du cours en chuchotant, laissant les silences ponctuer leurs phrases. Tout semblait au ralenti. « Qui se laisse tenter par une tasse de thé ? » Tonna soudain quelqu'un. En ouvrant les yeux, Min s'aperçut qu'une douzaine de tasses flottait sur un plateau en face de Ken, le professeur. Min et Arièn levèrent la main ; ces derniers se servirent, puis envoyèrent le plateau glisser vers eux. Min laissa Arièn prendre la première tasse, puis il se saisit de l'autre.

« Et donc, vous me parliez de cette technique de danse... » L'elfe souffla sur la tasse et lui partagea ses astuces. Min était admiratif : elle connaissait plus de choses que lui sur la danse des éventails. Soudain, une idée germa dans son esprit. « Que diriez-vous de cela : demain, je vous invite chez moi et je vous montrerai la chorégraphie que je prépare pour ma mère. » Il lui avait expliqué sa situation familiale, où sa mère qui vivait avec son Aisuru à Melohorë. Elle avait des étoiles dans les yeux quand elle parlait de la cité des Elfes ; autant de choses à visiter qui lui donnaient encore plus envie d'y voyager. « Ce serait un honneur. » Elle sembla réfléchir un moment en terminant sa tasse, puis reprit : « Vous me disiez que votre mentor était parti en voyage ? En attendant son retour, je pourrais vous enseigner plus de choses sur votre Art Divin. »

Le cœur de Min bondit devant cette proposition si alléchante. Trouver un nouveau mentor était un rêve, mais il n'osait pas en chercher un autre alors que le sien était en voyage. Il était censé être revenu il y avait déjà trois lunes, mais Min n'avait plus de nouvelles. Il était certainement trop occupé... Min n'arrivait plus à avancer, et pourtant, il n'osait pas le remplacer. Cela lui paraissait impoli. Mais là, l'occasion était trop belle. Il ne pouvait pas la laisser passer sous le nez. « J'en serais ravi ! Oh, c'est tellement généreux de votre part ! » S'écria-t-il, submergé par son enthousiasme. « Chuuuuuut ! » Entendit-il au loin. Oups. « Je ne vous décevrai pas, je vous le garantis », chuchota-t-il en ramenant les poings contre son torse, tel un enfant devant un cadeau. « A demain, alors ! ...Senpai », blagua Min. Arièn pouffa. Avoir une elfe comme mentor ? La vie était pleine de surprises. Satisfait et à moitié endormi par la chaleur, Min se glissa vers la sortie. Le froid mordit son corps quand il se hissa hors de l'eau. Il attrapa sa serviette et alla se rhabiller, des rêves plein la tête.

Mots: 1179
FIN
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