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 [Telenovela] Las discordias de Símpano

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Kitoe
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Kitoe
Sam 26 Fév 2022, 16:06


Las discordias de Símpano est le nouveau feuilleton créé par mon esprit torturé, en collaboration avec le peuple de Discord. Suivez les habitants des Terres de Sympan et leurs créateurs dans un monde à l'atmosphère caliente, où tous devront faire face à leurs sentiments, leurs désillusions, et la réalité de leurs relations.




Las discordias de Símpano
Épisode 1 (pilot) : les amants

-Par ici.

Sa voix douce et basse était d'autant plus excitante. Priam le tenait par la main et l'entrainait avec lui. Il y avait de la candeur dans ce geste, mais il suffisait de voir son regard pour comprendre que ses intentions n'avaient rien d'innocentes. Adam suivait sans rien dire. Lorsqu'ils eurent monté les escaliers et furent devant la porte de son appartement, Priam lui sourit et lui vola un baiser. Enfin, il ouvrit la porte. Une fois refermée, il poussa le Luxurieux sur le canapé avant de s'y jeter lui-même. Sur lui. Leur visages étaient proches à présent. Ils s'embrassèrent.

-Espera, espera Priam...

Adam avait cet accent muy caliente. Ses R roulés donnaient une saveur particulière à ses paroles. A travers la fenêtre, les rayons du soleil matinal de Santa Alberta éclairaient le visage du bien-aimé.

-Qu'y a-t-il ?

Priam ne pouvait plus attendre. Toutes ces semaines d'abstinence à dévorer son prétendant des yeux était devenu insoutenable. La vie d'Ange était parfois difficile.

-Allons dans ta chambre.

Le Déchu semblait dérangé à l'idée de passer à l'étape supérieure ici-même. Priam ricana.

-Allons, Adam. Je ne te pensais pas aussi... conventionnel. Il se redressa. Y a-t-il un problème ?

Adam se redressa à son tour et s'apprêtait à rétorquer lorsqu'un bruit retentit dans l'appartement. Les deux hommes se retournèrent comme un seul. Dans le couloir, une porte s'était ouverte.

-Laëth ? Mais que fais-tu ici ?

La jeune femme rejoignait le salon en bâillant.

-Bonjour à toi aussi Priam. Je te rappelle qu'en plus d'être ta sœur, je suis ta colocataire. Elle se figea un instant, puis détourna le regard. Salut Adam.

-Salut.

Priam plissa les yeux et les dévisagea consécutivement. Laëth fuyait son regard. Quant à Adam, il se massa l'arrière de la nuque, l'air de rien. Quelque chose clochait...

*


-Laëth ? Appela Priam.

Sa sœur se préparait un taco derrière le comptoir qui séparait la petite cuisine de la pièce de vie. Elle ne répondit pas.

-Tu es habillée très légèrement aujourd'hui. Un T-shirt et une culotte, ça ne lui ressemblait pas. De là dont ils étaient originaires, on ne portait pas de sous-vêtements. Et en parlant de culotte... c'est un bandage que tu as, pas une culotte, je me trompe ?

Encore une fois, Laëth se figea. Le rouge lui monta aux joues.

-Je suis très fatiguée, Priam. J'ai utilisé ces bandages parce que... je n'avais plus de linge propre.

Il se leva. Il ne croyait pas une seule seconde à ses bêtises.

-Non, ne me mens pas. Tu es blessée. Ca se voit. Tu as bes-...

-Priam, tout cela ne te concerne pas. Bas les pattes.

Elle lança un regard en direction d'Adam, puis tenta de s'éloigner. Priam croisa les bras.

-Non. Tu restes ici. Je vois bien que tu as du mal à marcher et ne va pas me dire que c'est à cause de la fatigue.

-Laisse-la tranquille, Priam. Intervint Adam. Son ton trop sur l'offensive faisait d'autant plus ressortir son accent irrésistible.

L'Ange pivota vers lui avant de pointer un doigt accusateur. Il était choqué.

-Je le savais ! Il y a quelque chose de louche entre vous deux. Je ne suis pas idiot, je vois bien que tu essaies de la protéger, Adam. Tu roules plus les R que d'habitude.

Le temps s'était comme qui dirait arrêté. Seule la musique hispanique en fond sonore permettait d'assurer du contraire.

-Ca ne te concerne pas, Priam. Répliqua Laëth en repliant sa tortilla sur se garniture végétarienne. C'était une recette de la Madre.

-Bien sûr que si ça me concerne ! S'il se passe quelque chose entre vous deux, alors je devrais le savoir ! Laëth, je suis ton frère, et Adam, tu es mon...

Adam écarta les bras puis les laissa retomber balants. Il soupira.

-Très bien, tu as gagné. Je voulais justement qu'on aille dans la chambre pour éviter que ce moment n'arrive, mais tu n'as pas voulu m'écouter.

Soudainement interloquée, Laëth croisa elle aussi les bras et appuya son épaule contre le mur. En même temps, elle fusillait le Déchu du regard. Il y avait des choses qu'elle ne savait apparemment pas à propos du jeune homme, mais elle savait aussi qu'il était sur le point de révéler leur secret. Adam lui répondit par une mine désolée.

-Priam, hier soir... je n'étais pas chez mes parents, comme je te l'ai expliqué. Je ne suis pas venu à la boite de nuit La Fiesta avec toi parce que j'étais ici... Avec Laëth.

-Adam ! Gronda la jeune femme.

Priam écarquilla les yeux. Il eut un mouvement de recul, stupéfait par la révélation. Il bredouilla :

-Tu es en train de me dire que... tu as couché avec ma soeur ?

*


Adam eut un air désolé.

-Oui, nous l'avons fait toute la nuit. C'est pour ça qu'elle est fatiguée et qu'elle est... blessée...

Priam n'en revenait pas. Il les regardait comme s'il était face à deux énormes araignées - il en avait la phobie.

-Adam... comment as-tu pu... c'est ma soeur, et je croyais que toi et moi... ?

-Comment ça ? S'insurgea Laëth. Priam, tu es en train de me dire qu'Adam est ton amant ?

-Alors tu ne savais pas non-plus... Priam éclata. Bon sang, Adam ! Je n'arrive pas à croire que tu aies joué avec nous de la sorte ! J'ai été bête, un Déchu comme toi... J'aurais dû m'en douter !

A pas vifs, il se dirigea vers la porte et l'ouvrit. Il peinait à retenir ses larmes.

-Sors de cet appartement. Je ne veux plus te revoir ! Et dire que j'avais des sentiments pour toi !

Immobile, Adam était devenu blême.

-Non, Priam, tu ne peux pas me faire ça. Je... je ne peux pas quitter cet appartement qui est comme le mien, car c'est moi qui en ait aménagé l'intérieur. Nous avons un contrat, souviens-toi !

Priam secoua la tête. Laëth posa ses poings sur ses hanches. Un contrat ?

-Je m'en fiche. Tu ne fais plus partie de cet appartement et si tu continues, je ferais en sorte que mon agence immobilière te retire le tien !

-Priam, tu ne comprends pas, gémit le Déchu, j'ai aussi des sentiments pour toi. Puis, il se tourna vers Laëth. Et pour toi aussi ! J'ai fait une erreur et je le regrette ! J'aurais dû vous prévenir.

-Si j'avais su, jamais je n'aurais couché avec un homme qui voulait se faire mon frère ! Intervint Laëth.

-Mais vous ne comprenez pas...

-Il n'y a rien à comprendre ! Coupa-t-elle.

-Si. Si, vous devez comprendre, mes amis, mes amants... Je suis... Il posa une main sur son coeur et prit une inspiration. Je suis polyamoureux.

Laëth eut une exclamation choquée et se couvrit la bouche de ses deux mains pour couvrir un juron - "Santa Maria !". Priam en fit autant, avant que l'une d'entre elles ne glisse jusqu'à son front. Là, il s'évanouit.



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Kitoe
Mar 12 Avr 2022, 21:39



Las discordias de Símpano
Épisode 2 : la matriarche

Lorsque Priam rouvrit les yeux, il se trouvait dans le lit d'une chambre d'hôpital. Il se redressa vivement.

-Que se passe-t-il ? Où suis-je ?

Une main se posa sur son torse, l'obligeant à s'allonger. C'était Laëth, assise à son chevet.

-Tout va bien Priam, tu es à l'hôpital de la Caridad. Tu t'es évanoui, alors Adam a appelé les secours.

Il regarda la pièce. Adam n'était pourtant pas là. Ils n'étaient que deux.

-Où est-il ?

-Après ce qu'il s'est passé, il a préféré ne pas venir.

Priam poussa un soupir et se pinça l'arête du nez. Les souvenirs de la raison pour laquelle il se trouvait là lui revenaient violemment en tête, comme des flashs.

-Je n'arrive pas à croire ce qu'il a fait...

-Moi non plus... Soupira Laëth en croisant les jambes.

-Jamais je n'aurais pensé qu'il ferait partie de cette secte.

-Oui, la Secte du Polyamour est redoutable...

Après un moment silencieux, Laëth reprit la parole. Elle semblait embarrassée, mais prête à recevoir le courroux de son frère.

-J'ai... j'ai appelé mama.

Priam poussa une exclamation choquée qui lui arracha une quinte de toux, car il était blessé du fait de s'être évanoui. Il voulut encore protester et se redresser. Elle le retînt. Il devait rester allongé.

-Quoi ? J'espère qu'elle n'est pas là au moins ? Cabrón !

C'était Adam qui lui avait appris ce mot. Laëth se mordit la lèvre. Elle évitait à tout prix son regard.

-Comme tu n'allais pas bien, j'ai pensé qu'elle avait le droit de savoir.

-Mais... !

-Bonjour, Priam.

*


La mère était apparue dans l'encadrement de la porte. Alvine était une femme grande et élégante qui faisait beaucoup plus jeune que son âge. En tout temps, elle portait des motifs léopard ou du similicuir sous de longs manteaux en fourrure, et avait toujours une cigarette à la main. Ca avait beau être interdit dans cet hôpital, elle n'en avait que faire. Elle n'avait jamais compris pourquoi cette pratique n'était pas tolérée dans les lieux publics. Tout comme elle n'avait jamais compris comment cela avait pu déclencher de l'asthme chez chacun de ses enfants. Ils vivaient dans un pays libre et fumer était un droit comme un autre.

-Mama, tu n'étais pas obligée de venir jusqu'ici... Tu as un élevage équin à gérer.

Celle-ci rit.

-Je suis heureuse de te revoir aussi mon fils. Ta sœur Laëth a su être plus compréhensive. Je te remercie d'ailleurs.

Elle les regarda avec tendresse. Mais ce n'était pas réciproque.

-Après tout le mal que tu nous as fait...

Alvine sourit. Elle ne prit pas la peine de leur dire qu'elle regrettait, car ce n'était pas le cas. Elle prenait toujours du plaisir à les tourmenter. Mais ce n'était pas parce qu'elle était fondamentalement maléfique ; c'était parce qu'elle les aimait. Malheureusement, ils ne pouvaient pas comprendre. De manière générale, peu de gens la comprenaient.

-Pour répondre à ta question mon chéri, je suis ici car ma fille s'occupe de l'exploitation pendant mon absence.
Laëth et Priam la regardèrent sans comprendre.

-Ta fille ? S'exclamèrent-ils en cœur.

*


-Ta fille ? Répéta Laëth. Après nous avoir maltraités et avoir poussé Dastan à mal finir, tu as encore eu un autre enfant ?

Alvine prit une bouffée de tabac, qu'elle recracha en une volute de fumée longue et lasse. Elle faisait durer la scène car comme elle le disait souvent : plus c'est long, plus c'est bon.

-Elle s'appelle Mitsuko. Je l'aime plus que tout. Elle est ma cerise là où je suis sa fleur de cerisier du Japon. Mi Cereza, comme je l'appelle. Ca ressemble à Corazón, je trouve cela très beau.

-Pas du tout, et inutile d'en faire un poème madre, tu devrais avoir honte ! Pourquoi as-tu fait cela ? Maintenant que nous sommes partis de la maison, tu en voulais une de plus à martyriser ?

La matriarche souffla encore. Une longue volute de fumée. Car c'était bon.

-Cela devait se produire.

-Pourquoi ?

Une ombre passa sur son visage.

-Parce qu'elle est la créatrice de ce monde. Sans sa naissance il y a quelques années, ce monde ne serait pas tel qu'il est aujourd'hui. Il ne serait juste pas.[Disgression : oui il y a une approche spatio-temporelle dans cette telenovela] Priam et Laëth étaient bouche bée. Mitsuko et moi sommes très fusionnelles. Nous nous chérissons. De tous les enfants que j'ai eus, je n'ai jamais ressenti rien de tel avec qui que ce fut d'autre.

Ils bouillonnaient. Néanmoins, ni Priam ni Laëth n'eut le temps de lui expliquer leur façon de penser. Un infirmier avait fait irruption dans la pièce et fusillait la mère du regard.

-Il est formellement interdit de fumer dans les locaux, madame !

-Hm, je devrais y aller. Annonça Alvine, ennuyée, en éteignant sa cigarette. Elle prit néanmoins le temps de dévisager le nouveau des pieds à la tête. Elle le trouvait à son goût. Bon rétablissement, Priam.

Et ainsi elle disparut dans le couloir, suivie par les regards courroucés de ses rejetons.



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Sam 06 Aoû 2022, 13:36



Las discordias de Símpano
Épisode 3 : Kaahl

-Monsieur Priam, vous êtes réveillé ! Se réjouit l'infirmier. Tout va bien ?

-Oui tout va bien.

L'infirmier se pencha sur la petite table auprès du lit du patient, où étaient rassemblés tous les résultats de ses analyses.

-Très bien. Dans ce cas, je pense que vous pourrez rentrer chez vous dans quelques heures. Au fait, vous n'oublierez pas de voter.

-Pardon ?

-Pour les prochaines élections. Vous allez voter, n'est-ce pas ?

Priam et Laëth se regardèrent.

-Oui, bien sûr.

Cela eut l'air de satisfaire le soignant, qui s'approcha du lit après avoir complété le dossier du patient. Un sourire aux lèvres, il lui tendit un verre d'eau.

-Pensez à vous hydrater. Et à ne pas vous laisser embêter. C'est important.

-... Merci. Dit Priam avant de boire.

L'attention de Laëth ne portait plus que sur l'infirmier. Elle baissa les yeux vers son badge, accroché à sa blouse blanche.

-Vous vous appelez Kaahl... comme dans caliente ?

L'homme fut surpris, mais finit par rigoler. Cela la fit rougir.

-On peut dire ça, oui.

Comme hypnotisée, Laëth prit du temps à revenir à la réalité.

-Ca va Laëth ?

-Oui, ça va. Elle chercha à changer de sujet. Je me disais juste que je n'aurais pas dû prévenir maman tout compte fait. Je m'excuse.

-Ca ne fait rien. Il soupira. Moi je pense à Adam... Je pense à son accent du sud et ça me...

-Oui, je vois exactement de quoi tu veux parler. Je crois que c'est ça le plus horrible.

Ils échangèrent quelques rires gênés.

-La secte du Polyamour... Adam est vraiment insensé de s'être fourré là-dedans.

L'infirmier était toujours dans la chambre. Il écoutait et semblait soudain mal à l'aise.

-Quelque chose ne va pas Monsieur Kaahl ? Y a-t-il un problème avec Priam ?

Celui-ci s'affola.

-Non, rien du tout. Continuez de faire comme si je n'étais pas là. Je... je vais partir.

L'infirmier quitta la pièce à son tour. Les épaules de Laëth s'affaissèrent.

-Dommage, je le trouvais sympathique... Déplora-t-elle.

Priam plissa les yeux.

-Non. Il était bizarre...

La scène dura un long moment, jusqu'à ce que Laëth décide de prendre la parole.

-Que faisons-nous maintenant ? Tu crois que nous devrions parler à Adam ?

-Je ne sais pas...

-Il doit bien y avoir un moyen de lui rendre la raison. Peut-être qu'en discutant avec lui, nous pourrions comprendre ses motivations.

Priam détourna le regard. Il n'était plus très sûr de ce qu'il voulait. Adam lui avait brisé le cœur et leur découverte vis-à-vis de lui lui faisait froid dans le dos. Laëth posa une main tendre sur son bras, lui lançant un regard compatissant.

-Je vais m'en occuper.

-Tu es sûre ?

-Oui, repose-toi. Ne t'inquiète pas pour moi.

La jeune femme déposa un baiser sur le front de son frère et s'en alla.

*


Dans les couloirs de l'hôpital, Laëth croisa de nouveau l'infirmier. Elle ne put s'empêcher de lui offrir son plus beau sourire. Il le lui rendit.

-Kaahl, c'est bien ça ?

Il acquiesça.

-Oui. Et vous Laëth je suppose ?

Elle acquiesça.

-Vous savez, je ne devrais peut-être pas vous le dire, mais j'ai beaucoup aimé la blague que vous avez fait sur mon nom. C'était de bon goût et très original. C'est d'autant plus drôle que mon véritable prénom est effectivement Kaahliente, mais vous ne le saviez pas.

La jeune femme rougit, puis rit timidement, cachant sa bouche avec sa main. Ca alors !

-Ca vous dirait d'aller boire un verre ce soir ?

-Oh... Laëth ne s'y attendait pas. Cet homme ne perdait pas son temps. Eh bien pourquoi pas.

-Parfait. Dans ce cas-là, on se retrouve après mon service à 19h. Nous irons à La Hacienda.

La Hacienda était le bar le plus chaud et le plus réputé de la ville. C'était là-bas que s'organisaient les meilleures soirées, tous les soirs. Ambitieux pour un premier rendez-vous. Laëth accepta, après quoi elle prit congé, sans oublier de saluer son date. Il était grand temps de rentrer pour se préparer !

*


Laëth était en avance pour leur rendez-vous. Elle s'est douchée, s'était maquillée et parfumée. Ses lèvres pulpeuses étaient mises en valeur par un rouge à lèvres rose et un gloss particulièrement brillant. Ses cheveux formaient de jolies boucles qui retombaient sur des épaules dénudées. Ses vêtements aguicheurs et pailletés - un bandeau rose en fourrure synthétique et une jupe courte et moulante de la même couleur, texture peau de serpent - feraient, elle l'espérait, tourner la tête de son prétendant. Pour compléter la tenue, elle portait des escarpins dorés, et d'énormes anneaux pendaient à ses oreilles.

L'Ange arriva bientôt à l'hôpital. De loin, elle aperçut Kaahl, qui l'attendait déjà. Il s'était également très bien habillé pour l'occasion. Un chemise noire entrouverte laissait entrevoir l'ombre de ses pectoraux et quelques abdos. Son pantalon sombre promettait d'être très plaisant à voir à l'arrière. Il discutait avec un autre homme. Quand elle le reconnut, Laëth ralentit le pas : Adam. Son sang se glaça. Que faisait-il ici ? Elle attendit que le Luxurieux s'en aille pour s'approcher de Kaahl. Il se tourna vers elle.

-Wouah ! Tu es en avance ! Et vraiment très belle. Dit-il en la reluquant comme un gentleman.

-Tu connais Adam ?

Elle n'allait pas par quatre chemins. Cela déstabilisa l'infirmier. Il passa sa main derrière sa nuque, visiblement embarrassé.

-Euh oui, disons que c'est un ami.

Bien que suspicieuse, Laëth accepta l'explication. Après tout, ils avaient bien le droit d'être amis. Elle devait toujours parler à Adam, mais cette soirée était consacrée à Kaahl, alors elle espérait oublier le Déchu un moment. Tous deux se rendirent au bar. Là, le Mage lui offrit un verre.

-Tiens, veille bien à rester hydratée, c'est important.

-Merci.

Il était attentionné et elle aimait ça. Sur la musique endiablée dans laquelle était plongé le bar, le duo se mit à danser. Il y avait beaucoup de monde ce soir, comme si tous les jeunes de la ville de Santa Alberta s'étaient donné rendez-vous pour prendre la cuita de leur vida.

-Tiens, salut Kaahl ! Comment ça va ?

Laëth se figea. Une autre femme venait de s'approcher d'eux. L'Ange ne la connaissait que trop bien, car elle était connue : Jil, le gourou de la Secte du Polyamour. Elle se tourna vers Kaahl. Malgré l'alcool, elle commençait à y voir plus clair maintenant. Le concerné remarqua le regard suspicieux de sa cavalière. Il comprit qu'elle avait compris et se mordit la lèvre. Laëth avait l'air effrayé.

-Kaahl...

-Laëth...

Elle se retourna. Elle ne pouvait plus lui faire face.

-Tu es extrêmement beau... Tu m'as révélé ton véritable prénom qui ressemble à caliente... Tu étais embarrassé lorsqu'on a mentionné Adam et la Secte tout à l'heure... D'ailleurs, tu connais Adam... et Jil... Et nous nous trouvons à présent dans un lieu hautement fêtard comme La Hacienda...

-...

Kaahl était impassible. Jil assistait à la scène, un air à mi-chemin entre la gravité et la curiosité.

-Je sais qui tu es... Murmura Laëth, les yeux brillants face à la révélation qu'elle était sur le point de faire.

-Dis-le. A haute voix.

Elle resta muette.

-Dis-le.

-... Tu es un membre de la Secte du Polyamour.

Une larme coula sur la joue de l'Ange.

-As-tu peur ? Demanda soudain Kaahl, tout près de son oreille.

Il s'était approché et avec la musique, elle n'avait pas entendu. Elle tourna la tête en sa direction.

-Je... je n'ai rien à faire avec vous. Je dois partir.

La jeune femme se dirigea vers la sortie. Elle bousculait les autres fêtards. Il fallait absolument qu'elle s'éloigne de lui. D'eux. Kaahl la suivit. Il l'appela et lui implora de rester, mais elle n'eut que faire. Une fois à l'extérieur, elle se mit à courir de toutes ses forces et disparut dans la nuit.



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Sam 20 Aoû 2022, 21:37



Las discordias de Símpano
Épisode 4 : Le Fight-Club

Lorsque Laëth franchit enfin la porte de l'appartement, elle était toujours en pleurs. Son frère, confortablement installé sur le canapé, regardait un film à la télévision.

-Priam, tu es rentré. Dit-elle en séchant ses larmes.

Elle ne voulait pas que son frère la voit dans cet état, même si c'était peine perdue.

-Oui, l'infirmier nous avait dit que je pourrais sortir quelques heures après, alors me voilà.

Son regard quitta enfin l'écran. La jeune femme se détourna.

-Laëth, que se passe-t-il ? Tu as pleuré ?

Elle essuya ses yeux mouillés.

-Oh, ce n'est rien. Disons que tu avais raison d'avoir des doutes sur cet infirmier.

Son frère eut l'air grave en la considérant de la tête aux pieds.

-Ca explique pourquoi tu es habillée comme une cagole.

-Por Dio, Priam !

-Je rigole, tu es très belle. Rit-il, avant de reprendre son sérieux. Alors, qu'est-ce qu'il avait cet infirmier ?

-Il est aussi polyamoureux... Concéda Laëth après un silence embarrassé.

Priam tapa sa main sur sa cuisse. Il était scandalisé.

-C'est pas vrai ! Ils sont partout !

-Oui... l'atmosphère devient vraiment étouffante depuis quelques temps et je déteste ça. Elle ouvrit la porte-fenêtre du salon, qui menait au balcon. L'air frais de la nuit lui faisait du bien. Est-ce que tu aurais une cigarette ?

-Bien sûr que non, Laëth. Je ne fume pas et n'ai jamais fumé. Et toi non-plus d'ailleurs. Qu'est-ce qu'il t'arrive ?

L'Ange resta muette. Elle contenait sa colère et si elle ne voulait pas que celle-ci explose, mieux valait qu'elle ne rajoute rien. Comme elle avait finalement froid, elle retourna à l'intérieur et saisit son manteau sur le porte-manteau, juste à l'entrée.

-Je sors.

-Où ça ?

-Je vais juste prendre l'air. Répéta-t-elle sèchement.

Laëth quitta le studio en claquant la porte et dévala les marches d'escalier.

*


Seule dans la rue à une heure pareille, Laëth n'était plus aussi rassurée qu'un peu plus tôt, lorsqu'elle courait à toute allure pour échapper aux dépravés sectaires de La Hacienda. Cela ne voulait pas dire qu'elle ne savait pas se battre, mais une mauvaise fréquentation n'était jamais agréable. La jeune femme s'engouffra dans une ruelle sombre et étrangement humide malgré le soleil brûlant qui inondait toute la région en journée. Entre deux poubelles, elle descendit les quelques marches qui amenaient à une porte métallique noire et en piteux état. De l'extérieur, elle entendait déjà la musique. Le bruit sourd des basses faisait vibrer la porte. L'Ange prit une inspiration, car elle en aurait besoin, et poussa le battant avec son coude.

Aussitôt, le bon gros son de rap argentin lui transperça les tympans et l'odeur de tabac assaillit ses narines. La musique s'arrêta d'un coup.

-C'est qui ? Demanda une voix grave.

Dans le sous-sol, la lumière était blafarde et la fumée de cigarette était si épaisse qu'on ne voyait pas à plus de cinq mètres.

-Ta soeur. Répondit Laëth sur le même ton qui trahissait leurs origines beaufs.

La tignasse rousse s'extirpa du brouillard. Dastan la considéra avec un air de défi.

-T'aurais une clope ? Demanda-t-elle avant qu'il n'ait le temps d'ouvrir la bouche et de sortir une remarque désobligeante.

Elle s'était fait traiter une fois de cagole, c'était suffisant.

-Erasmus, balance un paquet de clope, por favor.

Bien décidé à s'intégrer aux us et coutumes de la région, Dastan hispanisait les termes dès qu'il en avait l'occasion. A noter qu'il jurait beaucoup.

-L'argent d'abord. Résonna une voix encore plus ténébreuse au fond de la grande pièce.

-Joder, Bro, c'est ma hermana. Fais pas chier.

Il y eut un grommellement, puis l'acolyte s'extirpa à son tour des volutes de fumée. Erasme, ou Erasmus comme aimait l'appeler son meilleur ami Dastan, était un garçon très sombre. Mal dans sa peau, il essayait de prouver au monde à quel point il était supérieur aux autres en se plongeant corps et âme dans le mouvement Emo originaire du nord du pays, et qui peinait à s'installer sur le territoire chaud de Santa Alberta. Ainsi, Erasme était pâle, maigrelet, et ses cheveux noirs et rebelles lui faisaient une frange transverse qui cachaient à moitié ses yeux. Il était tout le temps habillé en noir, les mains enfoncées dans les poches de sa veste, la capuche de celle-ci sur sa tête, et avait sans arrêt des écouteurs à ses oreilles. Ses groupes préférés : Mi Romance Quimico, Novia Velo Negro, et d'après les rumeurs lancées par son Dastan, il était secrètement amoureux d'une certaine Abril Laviña.

Erasme haïssait Santa Alberta du plus profond de son être, mais apparemment, il était forcé de vivre ici depuis que son père avait décidé d'y déménager. Laëth se fit d'ailleurs la réflexion qu'il ressemblait étrangement à Kaahliente, mais après une minute à cligner des yeux, elle finit par se persuader que l'infirmier était trop au centre de ses pensées ce soir et qu'elle divaguait.

L'air dédaigneux, Erasme lança à l'Ange un paquet de cigarettes. Dastan passa une main douce et rassurante dans le dos de son pote, l'air de dire que c'était cool.

-Merci.

Elle s'en sortit une que Dastan lui alluma. Elle prit une bouffée et s'appuya contre le mur derrière elle.

-Personne ce soir ?

-Nan. C'est le week-end.

-On est jeudi.

-Ici c'est le week-end.

Du haut de leurs 14 ans, Dastan et Erasme étaient les heureux propriétaires du fight club de la ville, en plus d'être les meilleurs dealeurs du quartier. Laëth pensait que les deux avaient une très mauvaise influence l'un sur l'autre. D'ailleurs, ils se disputaient souvent. Mais pour une raison ou une autre, il semblait impossible de les séparer. Le jeune Réprouvé alluma deux autres cigarettes : une pour son Bro et une pour lui.

-Et toi, depuis quand tu fumes, hermana ? Demanda-t-il soudain.

Laëth prit une nouvelle bouffée de tabac, expira la fumée de ses poumons, le regard dans le vague.

-Depuis que je découvre que ceux que j'aime sont tous Polyamoureux. D'abord Adam, puis Kaahliente...

-Les Polyamoureux sont des *******. Marmonna Erasme.

L'Ange et son frère furent choqués par la violence des propos de l'émo. Mais d'un autre côté, il n'avait pas tort. Ils n'eurent pas le temps d'en dire plus que quelqu'un frappa à la porte.

-C'est fermé ! Aboya Dastan. Cerrado !

-Mec, je déconne pas, c'est urgent ! Répliqua une voix féminine, mais rauque, à l'extérieur.

-Dégage, ************ ! Cria Erasmus.

-Cabrón, Erasmus, Bro ! Calme-toi un peu !

Dastan alla ouvrir. Une femme à la tignasse rousse fit irruption dans le fight club. Elle avait l'air à cran.

-Il me faut comme d'hab'.

-No problemo señora, t'as l'argent ?

Elle lui tendit une liasse et satisfait, Dastan partit chercher la came. Les bras croisés, Erasme la fusillait du regard.

-Y'a un problème ? Tonna l'inconnue.

-Pourquoi tu changes pas de mec ? Répliqua Erasme.

-De quoi j'me mêle ? J'te fais de l'argent du con, souris un peu.

La situation était de plus en plus tendue.

-Calmez-vous tous les deux. Intervint Dastan. Voilà pour toi.

Il déposa un sachet de poudre blanche dans la paume de la rousse et lui offrit un clin d'œil. La femme partit sans un mot de plus.

-C'est Djinshee, l'une de nos meilleures combattantes. Expliqua le garçon à sa sœur, perplexe. Il paraît que son mec est une vraie larve, alors elle le drogue pour...

Laëth acquiesça. Elle avait compris.

-Alors, qu'est-ce que tu vas faire maintenant ?

-Il faut que je trouve Adam et que je lui parle.

Dastan leva les sourcils.

-Ne me dis pas que tu veux le convaincre de sortir de cette secte ?

-Si, pourquoi pas ?

Il eut un rictus.

-Madre mia Laëth, t'as aucune chance. Une fois qu'on y est rentré, il parait qu'il est impossible d'en sortir.

-Je n'ai pas peur des oppresseurs.

-Mais il n'y a aucun oppresseur. Il parait qu'il est impossible d'en sortir parce que c'est trop cool. Une fois que tu y as goûté, tu ne peux plus t'arrêter.

Elle fusilla son frère du regard. Elle ne pouvait pas croire une chose pareille. Cette secte était abominable, un point c'est tout.

-Je ne te crois pas.

-Crois ce que tu veux. Dit-il en haussant les épaules. Moi, c'est ce qu'on m'a dit.

-Ah oui ? Et qui te l'a dit ?

-Léto.

L'Ange ne cacha pas sa surprise. Léto, le bras droit du gourou Jil de la Secte du Polyamour, faisait aussi partie du fight club ? Dastan ricana, accompagné par son Bro Erasme.

-Joder, Laëth, t'es plus vieille que moi et t'as encore tellement de choses à apprendre.

Elle eut un sourire en coin. Dastan s'était toujours cru plus fort que ses aînés. Il ne voyait pas les atouts qu'elle avait dans la manche.

-Dans ce cas, tu es au courant que madre a eu une nouvelle fille ?

-Evidamente, tu me prends pour un tonto ou quoi ?

-Je croyais pourtant que tu avais coupé tout contact avec elle. S'exclama-t-elle, surprise et suspicieuse à la fois.

-C'est le cas. Face à l'expression interrogatrice de sa soeur, il ferma les yeux. Mais j'ai mes techniques et nous avons tous nos petits secrets...



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Dim 30 Oct 2022, 17:55



Las discordias de Símpano
Épisode 5 : La Secte du Polyamour

Le lendemain matin, Laëth se rendit chez Adam. Il était temps d'avoir des explications à ce sujet. Adam vivait à Ibizita, le quartier populaire, mais festif de Santa Alberta. Il était très prisé, pour la bonne ambiance qui y régnait et les nombreux avantages à vivre aussi proche de la plage De La Playa. De plus, le quartier ne souffrait pas autant de la mauvaise réputation engendrée par le trafic de drogue, contrairement à son voisin, le quartier El Salvador, le fief de Dastan et Erasme.

Comme à son habitude, Laëth était parfaitement habillée. Elle portait une robe moulante rose pâle, mais qui rappelait les tenues traditionnelles de la région, avec ses motifs et ses froufrous à outrance. Lorsqu'elle arriva sur son palier, Adam l'accueillit avec surprise. A vrai dire, elle n'avait pas prévenu et il pensait qu'avec leur précédente dispute, ils ne se reverraient plus de sitôt.

-Je ne reste pas longtemps. Le coupa aussitôt l'Ange.

La bouche entrouverte, Adam revint donc sur l'envie de complimenter son physique. Toujours debout au niveau de l'entrée, il attendait. Il était détendu, car Adam était toujours détendu. La détente, ou bien le "chill", comme on disait parfois, était plus qu'une attitude, mais sa philosophie de vie.

-Nous n'avons pas eu l'occasion de revenir sur ce qu'il s'est passé l'autre jour. Continua-t-elle.

Comme une lionne en cage, Laëth faisait le tour de l'appartement d'Adam. Son esprit était en ébullition et elle avait besoin d'organiser ses pensées. Lorsqu'enfin, elle s'arrêta pour se tourner vers lui en croisant les bras, elle reprit la parole.

-Qu'est-ce qui t'a pris, Adam ? Que fais-tu dans cette ignoble Secte du Polyamour et surtout, pourquoi ne pas nous en avoir parlé plus tôt ?

Son regard témoignait d'une grande émotion. Elle était fatiguée de ces sales histoires. Le silence que lui rendit le Déchu l'exaspéra. Plutôt que de le scruter, elle baissa la tête. Elle n'était pas seulement en colère contre lui, mais aussi contre elle-même, et son frère.

-Si nous avions su, nous aurions pu t'aider à...

-Vous n'auriez rien pu faire. La coupa Adam en roulant fort ses R, la plongeant dans la confusion. J'y étais déjà avant de vous rencontrer, toi et Priam.

-Que...

Laëth était bouche bée. Elle ne comprenait pas.

-Alors pourquoi ? Pourquoi avoir pris cette décision ?

-Pourquoi ? Adam eut un rictus. Lui aussi avait les bras croisés, ce qui mettait en valeur ses muscles saillants. Laëth, cariña. Tu devrais venir avec moi. J'ai quelque chose à te montrer.

*


Les immenses portes automatiques s'ouvrirent devant eux. Laëth considéra le bâtiment de toute sa hauteur. Comment était-il possible qu'elle n'ait jamais remarqué ce riche établissement, qui se trouvait au cœur même d'Ibizita ? Elle l'ignorait. La devanture, bien qu'elle n'eut pas de nom, était pourtant tape-à-l'œil, puisqu'elle ressemblait à s'y méprendre à celle d'un casino. Que faisait le maire de la ville pour laisser une organisation pareille prospérer, sous les yeux et le nez de tous ? La seule chose qui différenciait l'endroit d'un lieu de jeux d'argent et de paris, c'était les couleurs : plutôt qu'une dominante de rouge, de noir et de doré, la grande porte en arc de cercle était plutôt zébrée de rose, de blanc et d'or.

-Je t'en prie, n'aie pas peur et entre. Lui susurra Adam.

C'est ce qu'elle fit. Elle avait l'impression de mettre les pieds dans un immense centre commercial américain, sauf qu'il n'y avait pas de boutiques et que tout était fait de marbre blanc. Dans l'ensemble de l'enceinte résonnait de la musique vogue. Un peu plus loin, un groupe avait pris place sur un îlot de fauteuils et de canapés roses. En entrant, Adam les salua d'un signe de main, et les autres lui répondirent avec enthousiasme.

-Saluuuut Adaaaaaaamm !

Laëth crut même entendre des "chéri" et cela la mit profondément mal à l'aise. Elle reçut également quelques "bienvenue" joviaux qu'elle ne pensa pas mériter.

-C'est donc ici que vous vous adonnez à... Commença-t-elle, mal à l'aise.

Elle ne termina jamais sa phrase. Leur culte ? Leur pratique ? Honnêtement, l'Ange n'osait même pas mettre un terme sur tout cela. Le Déchu acquiesça malgré tout. Ils passèrent devant le grand bar, surmonté de néons multicolores, d'où provenait la musique. La même scène de salutations se produisit. Laëth était de plus en plus confuse. Cette joie avec laquelle les gens réagissaient était étrange. Aimaient-ils tous Adam ? L'aimaient-ils... de cette façon ? Avaient-ils tous... ? Elle secoua la tête pour cesser de penser.

-Je vais t'emmener voir l'un des lieux le plus important du rez-de-chaussée.

-... Qui est ?

-La salle de sport.

Laëth sentit le rouge lui monter jusqu'aux joues. Lorsqu'il parlait de salle de sport, était-ce... ? Pour répondre à ses interrogations interdites, Adam s'enquit de l'entrainer à sa suite. Arrivé devant une grande porte d'où s'échappait une autre musique festive, le Luxurieux enclencha la poignée.

-... Et un, deux, trois et quatre ! Allez ! On fait bander tout ça !

La voix de Jil surpassait la musique. A ses côtés, Léto l'aidait à superviser le groupe de sportifs qui leur tournait le dos. Quant au groupe en question, chacun était perché à une barre métallique qui prenait naissance au sol et s'élevait jusqu'au plafond. Par une force qui défiait toute gravité, tous les participants se tenaient perpendiculairement à leur barre, par la seule force de leurs bras.

-Allez, niños, on fait bander ses bras et ses abdominaux ! Allez on tient, allez, allez ! Plus que trente secondes ! Allez Kitoe, tu peux le faire !

La fameuse Kitoe, une femme brune et toute chétive, tremblait dangereusement en poussant des gémissements. Non, en fait il s'agissait plutôt de grognements. Adam et Laëth longèrent les murs pour voir l'entrainement de face. L'expression de ladite Kitoe était terrifiante. Elle serrait tellement les dents qu'elle allaient probablement se les casser d'ici quelques minutes. Elle transpirait à grosses gouttes.

-Tiens le coup Kitoe ! Pense à tes abdos de rêve ! Pense à Stan et Penpen ! Crie, si ça te donne de la force ! L'encouragea Jil, le gourou.

Aussitôt, l'élève éclata.

-Puta madre, sobre la vida de mis padres, JE VAIS TOUS VOUS BUTER ET VOUS BOUFFER !

-Ouais ! C'est ça qu'on veut ! Renchérit Jil.

Choquée par de tels propos, Laëth s'en retrouva paralysée. Adam décida qu'elle en avait suffisamment vu pour aujourd'hui et la raccompagna dans la pièce principale.

-Désolée. Kitoe est du genre à facilement se laisser envahir par ses émotions.

L'Ange ne renchérit pas, alors il poursuivit.

-Nous adorons la pole dance ici. Mais nous avons également une salle de musculation, un dojo, un spa et au sous-sol, une piscine olympique. A l'étage se trouvent quelques appartements pour ceux qui souhaitent vivre à plein temps ici, et encore au-dessus, la grand salle où nous pratiquons librement notre culte et nos rituels. Cela inclue par ailleurs un rooftop.

Elle resta interdite. Ce que lui montrait Adam était en effet très alléchant. Elle comprenait mieux pourquoi tant de personnes tombaient dans les griffes de cette terrible association.

-Tu sais, tu pourrais nous rejoindre si tu le souhaites. Nous organisons régulièrement des concerts ici, le vendredi soir, afin de fêter el fin de semana.

-C'est hors de question. Répondit-elle aussitôt. Tu es grotesque Adam, à ne me montrer que la belle façade de votre secte immonde.

Il rit.

-La belle façade ? Alors il y aurait une mauvaise façade ?

-Bien évidemment, par exemple tout l'argent que vous extorquez des fidèles ! Ou bien vos rituels, qui doivent être terribles.

-Laëth, cariña...

-Ne m'appelle pas comme cela, s'il-te-plait...

-Personne n'extorque personne, ici. L'argent que nous possédons proviennent soit de dons librement effectués, ou bien des recettes de la boutique voisine. Tu sais, Olé Olé. Et puis La Hacienda nous appartient également, si je puis te le rappeler.

Olé Olé était le sexshop le plus réputé de la ville. Quant à La Hacienda, l'Ange ignorait qu'il appartenait à la secte. Mais Laëth avait du mal à croire que la rémunération d'un tel bâtiment, et de concerts, soit entièrement couverte par ce seul commerce local et de simples dons. Comme on disait parfois par ici : "Hay anguila debajo la roca". Et quelle anguille...

-Quant à nos pratiques, nous attribuons une importance au consentement. Si tu ne veux rien, personne ne t'imposeras quoi que ce soit. Si tu veux un câlin, alors tu auras un câlin. Ou plus si affinité. C'est à toi de voir.

La mention du câlin avait troublé Laëth. Il fallait dire que petite, elle en avait rarement reçu de la part de sa madre... Voyant son hésitation, Adam lui tendit une brochure.

-Tiens. Tu devrais la lire et tu verras. Nous possédons également un site Internet où tu pourras trouver des réponses à toutes tes questions.

Avec toute la douceur du monde, il lui proposa ensuite d'aller boire un verre.

-Non merci, je... je crois que je vais rentrer chez moi. Balbutia-t-elle, prise dans ses émotions.

Adam lui sourit.

-Comme tu voudras. Prends soin de toi, Laëth.

Alors, elle tourna les talons et disparut, plus confuse que jamais.



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Sam 26 Nov 2022, 19:14



Las discordias de Símpano
Épisode 6 : Maire et Président

Plusieurs jours étaient passés depuis que Laëth avait eu l'opportunité de visiter les locaux de la Secte du Polyamour. L'Ange avait beaucoup réfléchi à la proposition d'Adam. Même si elle en avait un peu honte, elle s'était effectivement informée sur le site Internet de la secte. Elle avait épluché celui-ci de fond en comble, en long, en large et en travers, afin de trouver la faille, celle qui lui permettrait d'affirmer haut et fort que cette organisation était malhonnête. Elle avait cherché des nuits entières. Mais elle n'avait rien trouvé. Pas un seul indice. Pas une seule faute de syntaxe suspicieuse. Rien. Elle était donc ressortie de son enquête particulièrement troublée.

Laëth marchait dans la rue, un gobelet de Super Iced Caramel Latte Macchiato Starbucks en main. Elle continuait de réfléchir, car la secte occupait continuellement ses pensées à présent. La tête dans les nuages, la jeune femme heurta soudainement quelque chose. Ou plutôt, quelqu'un. Un cri de surprise lui échappa tandis que le capuchon de son gobelet de café sautait et que sa boisson se déversait sur le sol et tachait ses vêtements - un jeans taille haute et un chemisier blanc. Avant qu'elle n'ait pu dire quoi que ce soit pour remonter les bretelles de l'insolent, celui-ci s'excusait déjà.

-Pardonnez-moi mademoiselle, tout est de ma faute. Je n'ai pas regardé où je mettais les pieds. Bon sang, vos vêtements sont fichus ! Vraiment, je m'en veux. Je suis désolé.

L'homme continua de se confondre en excuses. Laëth, qui lui lançait alors un regard noir - elle ne pouvait pas déambuler dans cet état dans la rue ! - s'adoucit tout à coup. Elle venait de reconnaitre le fauteur de trouble : il ne s'agissait de personne d'autre que de Jun, le maire de Santa Alberta et le président du pays.

-Je m'en veux terriblement, poursuivit-il, venez, allons vous acheter de nouveaux vêtements et ensuite, je vous paierai un nouveau café, mademoiselle...

Son regard glissa sur le gobelet Starbucks qui roulait sur le trottoir.

-Laëtte ?

-C'est Laëth. Répondit sèchement Laëth.

Les employés du Starbucks se trompaient tout le temps.

-Laëth.

Il la considéra de la tête aux pieds quelques instants, comme intéressé. Il fallait dire qu'elle était très belle. D'autant plus sous les doux rayons du soleil matinal.

-Eh bien Laëth, venez avec moi. J'espère que vous avez du temps ? J'ai à coeur de réparer ma terrible erreur et vous verrez que dans une heure, tout ceci sera de l'histoire ancienne. Autrement, je ferai un piètre maire et un terrible chef d'État, vous ne trouvez pas ? Ah ! Oui, je ne me suis pas présenté en bonne et due forme : je suis Jun. Mais vous pouvez aussi m'appeler Juan.

Laëth l'observait en fronçant les sourcils, confuse. Bien sûr qu'elle savait qui il était. A vrai dire, l'Ange appréciait les hommes humbles, qui comme lui, ne pensaient pas être célèbre au point que leur visage soit présent dans toutes les consciences. De ce fait, elle ne resta pas longtemps fâchée contre lui. En plus il était beau et se dévouait corps et âme pour se racheter. Ses joues rosirent. Malgré sa maladresse, Jun lui faisait de l'effet.

*


-Alors Laëth, parlez-moi de vous.

Jun se pencha en avant et s'accouda sur la table. Après lui avoir acheté de nouveaux vêtements, le duo avait finalement choisi de faire plus ample connaissance dans un bar à tapas : le fameux restaurant Chez Alcide.

-Eh bien, il n'y a pas beaucoup à dire, pour être franche.

Elle croisa les jambes. Un sourire timide s'était glissé au coin de ses lèvres. Elle n'avait réellement rien à dire sur elle. Du moins, rien d'intéressant ou qui saurait susciter une réaction positive chez l'autre. Entre ses relations amoureuses chaotiques, son enfance rustre chez une mère négligente, les récentes mésaventures de Priam et les activités illicites de Dastan, elle n'avait aucune information pertinente à donner sur sa personne.

-Je cherche un travail actuellement.

-Oh, vraiment ? Le visage de l'homme s'illumina. Cela tombe bien, car je suis à la recherche active d'une secrétaire.

-Oh.

Travailler pour le président ? Laëth sentit le chaud lui monter aux joues. Pour cacher sa gêne, elle mangea un tapas. Son visage se crispa.

-Hm, c'est vraiment acide.

-Oui. Car nous sommes Chez Alcide. Tout est acide dans ce restaurant.

Même si c'était vrai, cela fit rire la jeune femme. Jun était vraiment très drôle.

-Je réfléchirai à votre offre. Souffla-t-elle. Et vous alors ?

-Moi ? Sembla s'étonner le maire. Eh bien, comme vous le savez, je suis assez occupé par mon statut. Et je vous assure que c'est bien moins passionnant que ce que vous pouvez penser. Il y a beaucoup de paperasse. Malgré cela, j'adore mon boulot. J'aime voir s'épanouir notre ville et notre pays sous mon joug. D'ailleurs, je suppose que vous réfléchissez aux prochaines élections municipales ? J'espère que vous voterez pour moi. Après tout, je vous ait racheté des vêtements. Et puis ce serait dommage pour moi de passer à côté du record du nombre d'élections consécutives. Vous rendez-vous compte qu'aucun maire avant moi n'a jamais réussi à être élu plus de deux fois d'affilée ?

-Peut-être parce que c'était illégal avant que vous ne changiez la loi en tant que Président de ce pays. Suggéra l'Ange.

Ils rirent ensemble, puis un silence étrange s'installa. Jun ne semblait pas s'en soucier, car il était occupé à la dévorer des yeux. Laëth reprit :

-Je compte bien voter, oui, mais je ne sais pas encore pour qui. A ce propos, j'avais une question, monsieur le Président. Euh, je veux dire monsieur le Maire. Euh, je veux dire Jun...

-Allez-y. Dit-il en dévoilant une série de dents parfaitement blanchies par la magie de l'institut de beauté le plus coûteux du pays.

-J'ai récemment découvert que les locaux de la Secte du Polyamour se trouvaient en plein cœur du quartier d'Ibizita. Ils ne se cachent absolument pas.

Jun considéra l'affaire en acquiesçant distraitement, son doigt glissant sur le rebord de son verre de cerveza local.

-Hm hm... Effectivement, c'est une observation perspicace. Et donc ?

La jeune femme fut bouche bée par sa réaction, si bien qu'elle eut un mouvement de recul.

-Eh bien c'est une Secte ! S'écria-t-elle. Ce genre d'organisation est dangereuse et devrait être fortement réprimée ! Elle manipule ses fidèles, les endoctrinent et leur extorque tout leur argent !

-Vous pensez ?

-Bien sûr que oui, la loi de ce pays...

-La loi a changé, Laëth. La coupa-t-il.

Son regard était intense, sérieux et confiant. Elle ne sut quoi dire.

-Écoutez, je comprends votre inquiétude vis-à-vis d'un tel mouvement, mais elle n'est pas fondée. Reprit l'homme. En tant que chef d'État, j'ai fait contrôler cette Secte de nombreuses fois, ainsi que son gourou Jil, et il n'y a rien à redire : elles passent les certifications nécessaires à la Loi Avalonienne, haut la main.

Laëth cligna des yeux. Elle s'accrochait au rebord de la table, sous le choc. Comment cela était-il possible ? Elle ne parvenait pas à y croire. Jun regarda sa montre.

-Je suis désolé, j'ai un meeting dans quinze minutes. Tenez, ma carte de visite. N'hésitez pas à me recontacter, que ce soit dans un objectif professionnel ou non. Je serai ravi de vous revoir, et peut-être pourrions-nous rediscuter de tout cela autour de... de mochis, par exemple ? Je suis déjà suffisamment triste qu'ils n'en servent pas ici...

-Euh, oui, d'accord. Bafouilla-t-elle.

Jun lui offrit son plus beau sourire, puis quitta la table, n'oubliant pas de payer l'addition avant de disparaitre. Quel homme galant ! Laëth lut sa carte de visite, mais il s'agissait d'un banal bout de papier avec son nom et ses coordonnées. Elle rougit. Elle avait un peu chaud. Il fallait dire que le Président était extrêmement séduisant. Elle avait très envie de le revoir. Pour autant, quelque chose la tracassait. Elle sentait que tout ne tournait pas rond dans le discours du Président. Jun lui avait-il caché quelque chose ? Mais quoi ?



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[Telenovela] Las discordias de Símpano

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