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 Sous le ballet des carpes | Solo

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Isiode et Isley
~ Ange ~ Niveau III ~

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◈ YinYanisé(e) le : 04/01/2016
◈ Activité : Soldats
Isiode et Isley
Mar 15 Juin 2021, 18:39



~ Le RP fait suite à Je suis la bergère de la colline ♪ ~

L’Œil de Jeriel s’était détourné, balayant les cieux d’un dernier regard, baignant, du même fait, les Terres de Sympan d’un orange et d’un violent rougeoyants et scintillants. Le coucher de Soleil fût brillant du haut de notre petit sommet, magnifié par les décorations du festival, qui se laissaient porter par la fraîcheur du crépuscule. Dans cette beauté, il était possible de reconnaître le profil de la soirée qui nous était promise : ravissante et sublime, embellie par les musiques qui voyageaient aux quatre coins d’Aïkisu. Et nous ne fûmes pas déçus par les attentes.

Depuis, si le firmament s’était voilé de ses parures nocturnes, les éclats du festival ascendaient pourtant jusqu’au ciel pour aller chatouiller les étoiles; mieux encore, lorsque d’immenses carpes Koï aux couleurs luminescentes vinrent se joindre, dans un ballet aérien séduisant, au rythme des musiques et aux tonalités des chants. La jeune Sunano n’avait pas exagéré ses propos : le spectacle était véritablement merveilleux, et il l’était d’autant plus à cette hauteur, les yeux portés sur le toit du monde. Derrière les loups que nous nous étions procurés aux recommandations de l’Orine, nous pouvions admirer le jeu des couleurs et des lumières qui se plaisaient à égayer et à rendre plus intime les cieux. C’était une vision onirique, quelque peu fantasmagorique, et l’apaisement dans lequel nous nous baignions, à la vue de ces danses nuptiales insolites, nous donnaient presque envie de nous mêler à cette Magie féerique, du haut des airs, supportés par les plumes de nos ailes.

Sous son masque aux couleurs froides, mêlant le violet, le blanc et le bleu dans une harmonie toute particulière, il était possible de remarquer qu’Isley observait le spectacle d’un sourire charmant, complètement hypnotisé, à l’instar de Ren qui admirait le tableau mouvant, un sentiment de douce nostalgie enflant le creux de sa poitrine. Le céladon de ses prunelles brillait avec intensité derrière les ouvertures de son masque, les couleurs de celui-ci se mariant avec subtilité aux reflets cuivrés de sa toison écarlate. Tout était resplendissant, comme appartenant à une autre dimension. Pourtant, au son de sa voix, à son timbre léger et discret, cela ne prit que quelques secondes pour que nous soyons brusquement fixés, cloués de nouveau au sol de l’allée.

« Pardon… Je… peux vous parler? »

Nous nous mîmes à la scruter calmement, la curiosité flottant devant l’iris de nos pupilles.

« Bien entendu. Tu n’as pas besoin de nous demander la permi– »

Cependant, les mots de Muramasa s’éteignirent au fond de sa gorge lorsqu’elle s’aperçut de l’expression faciale de sa camarade : cette fois, nous nous échangeâmes un regard en coin, tous les trois, suivant le pas de la délicate sans avancer d’autres propos à son endroit. Elle paraissait nerveuse, étrangement agitée, et en discernant les chocs de ses battements, en lisant ses sentiments, je pouvais confirmer mes dernières impressions. Son cœur frappait un rythme tourmenté, ébranlé, là où, pendant toute la journée, il avait suivi la cadence légère et allègre de celui de Ren. Dans une euphonie qui leur était propre, les pulsations de leur palpitant s’étaient jointes pour s’amuser ensemble, la liesse de leur allégresse s’étant communiquée par leurs sourires et leur partage de connaissances. Quand Dame Sunano s’était retirée derrière son masque en forme de papillon, le vert de ses prunelles tranchant sur le noir épais des contours de son loup, j’avais pu entendre le fracas de son cœur lorsqu’elle s’était aperçu du sourire de Muramasa, lorsqu’elle s’était laissée bercer par son compliment des plus ouverts et sincères; quand elle avait demandé à Isley s’il était certain de sa décision à ne pas porter de tatouage, j’avais pu reconnaître ici l’espièglerie de Muramasa à la subtilité de sa voix, un rire résonnant au creux de sa poitrine; et quand nous nous étions mis à jouer le morceau qu’elle nous avait proposé, jamais je n’avais entendu ses battements être aussi sensibles, aussi sereins, comme si elle s’était lentement plongée dans un rêve dont elle ne souhaitait se réveiller.

C’est pourquoi, je la dévisageais à présent, plus intrigué et curieux de son comportement qu’inquiet. À l’inverse, mon frère et Muramasa étudiaient la jeune femme d’un regard perplexe et soucieux.

« De quoi voulez-vous nous faire part? »

Mon timbre se fit bas, monotone, et pourtant, ma voix inspirait l’écoute et l’attention, tandis que la jeune femme aux boucles d’ébène accumulait le courage qui lui manquait pour lever les yeux dans notre direction. Et aux premiers mots qu’elle nous confia :

« Je peux venir avec vous? »

Nos impressions, en même temps, se mixèrent et s’altérèrent pour ne devenir qu’une sensation commune, qu’un étonnement soudain, alors que nos cils se mirent à battre follement devant le reflet de nos pupilles. Cela dit, patients et attentifs pour la suite de sa requête – pour la suite de son appel – nous restâmes bien droit devant elle, témoins vigilants de son état. Toutefois, ce dernier ne faisait que se dégrader au fur et à mesure que l’émoi prenait d’assaut sa voix, la faisant trembler, osciller, au tempo désaccordé qu’insufflait la crainte et l’appréhension en elle. Et ce, jusqu’à ce que Muramasa freine brusquement son anxiété en la prenant dans ses bras, Isley se penchant doucement à leur hauteur pour les encadrer de sa présence, telle une sentinelle, tel un Gardien.



« Que faisons-nous? »

Au regard que lui adressa Muramasa, il était clair que la décision était déjà tout écrite dans son esprit :

« Nous la laissons venir avec nous! » S’exclama-t-elle en arborant un froncement de sourcils inquiet.

Je coulais une œillade en direction de l’Orine, m’étant attendu à pareille réaction de sa part. Je soupirais, retirant finalement mon masque pour le contempler un instant. Le masque de dragon, d’un blanc crémeux, recouvrait toute la partie supérieure de mon visage et encapuchonnait l’intégralité de ma tête sous sa coiffe. Une longue fourrure soyeuse, d’un turquoise sombre, cascadait jusqu’à mes épaules lorsque je le portais, tandis que deux longues moustaches ondulaient de chaque côté du museau de la bête. Quoi qu’un brin tape-à-l’œil pour mes standards – même si nous avions croisé plusieurs personnalités portant une telle coiffe –, la fabrique restait superbe et, en la regardant, je ne pouvais empêcher cette impression de me prendre quelques fois, sans que je sache véritablement de quoi il s’agissait. Toutefois, je mis de côté ces réflexions sans grande importance, la pensée se conjuguant par le masque que j’accrochais à ma ceinture, sur mon flanc.

« Vous avez beaucoup plus discuté avec elle que moi au cours de la journée, finis-je par leur déclarer en les fixant, tous les deux. Qu’est-ce qui a bien pu lui arriver pour qu’elle souhaite une telle chose? »

Ren et Isley se jetèrent un regard à la dérobée, chacun partageant ce qu’ils avaient plus ou moins compris de la situation de l’Orine esseulée en conversant à ses côtés. Un propos d’Isley, pourtant, éveilla mon intérêt.

« Plus que les autres Orines, elle aurait besoin d’un Maître pour s’épanouir?

- C’est ce qu’elle a dit, confirma mon jumeau d’un hochement de la tête, faisant remonter à la surface de sa mémoire d’autres informations. Puis, elle a rajouté qu’elle pensait avoir trouvé le bon Aisuru pour elle, mais elle ne sait pas si elle s’est trompée ou s’il s’agit vraiment de celui à qui elle est destinée… »

Ren acquiesça lentement, gravement. Elle pouvait comprendre les sentiments de sa cadette, ce doute horrible couplé à un désenchantement hasardeux. Elle l’avait vécu à l’instant où elle s’était présentée à nous; à l’instant où mon regard, porté sur ses épaules, l’avait recroquevillé, angoissé, et mis en vrac sa confiance et ses espoirs. Serais-je à la hauteur? S’était-elle aussitôt demandé; serais-je un poids pour eux? S’était-elle inquiétée; serais-je simplement capable de leur servir à quoi que ce soit? De combler le vide et les faiblesses qui étaient les nôtres? Même si le Destin nous avait lié, les doutes, eux, ne s’arrêtaient visiblement jamais. Et aujourd’hui, elle était contente d’avoir persévérée et de ne pas avoir cédé à ces angoisses qui l’avait tenaillé. Aujourd’hui, elle pouvait fièrement dire qu’elle avait toujours été à la hauteur, qu’elle avait toujours eu en elle ce qui nous manquait, à moi et mon frère. Wakiya était la même; bouleversée et secouée par ses craintes et anxiétés, incapable d’assembler son courage pour s’obliger à avancer, à les surmonter… Était-ce en raison de déceptions passées qu’aujourd’hui, la jeune femme paraissait si discrète et nerveuse à certains moments? Que s’était-il passé avec cet Aisuru exactement? Isley était tout autant dans le néant que nous l’étions, ayant été incapable de connaître les réponses à ses questions à cause d’une subite interruption. À ce constat, Muramasa baissa distraitement les yeux, encore plus ennuyée.

« Écoutez, je sais que nous ne la connaissons que depuis ce matin, mais elle a vraiment besoin de nous. »

Pour se dépasser, pour se découvrir une vaillance cachée et peut-être une valeur que, présentement, elle sous-estimait.

« J-Je serais garante d’elle s’il le faut! Et j–

- Ce ne sera pas nécessaire. Je fermais brièvement les paupières, inspirant une grande bouffée d’air. Nous l’avons aussi bien entendu que toi. Tu n’as pas à t’en faire. Expirant cette même respiration, ouvrant les yeux, posant le bleu acier de mes iris dans leurs yeux, je poursuivis sur le même ton placide : Muramasa, lorsque nous rentrerons, tu dormiras dans ma chambre, avec Wakiya. »

La rousse eut un léger moment de paralysie, passant une main sur l’arrière de sa tête, comme incertaine.

« Es-tu parfaitement…

- Oui, j’en sûr. Ce ne sera pas un problème. Je n’aurai qu’à dormir sur le divan lorsque j’en aurais vraiment besoin. »

Puis, mon visage esquissa un maigre sourire, que j’offris à la rouquine.

« Dame Sunano pourra venir avec nous si c’est ce dont elle a besoin pour grandir. »

Le faciès de Muramasa s’illumina, ses grandes pupilles émeraude nous admirant successivement, mon frère et moi.

« Merci », souffla-t-elle, soulagée, d’une voix douce et caressante.

Elle n’avait pas besoin de nous remercier, Isley le lui faisant bien comprendre en la gratifiant d’un sourire tendre. Toutefois, si leur cœur, à l’unisson, chantait leur contentement, le mien restait parfaitement calme, presque silencieux, alors que je songeais à cette « chose » qui me poursuivait. Le Traqueur Köerta m’avait demandé de faire attention, de rester vigilant. Et en posant mon regard sur l’océan obscur dans lequel valsaient les carpes Koï, je ne pouvais cesser de songer à la sécurité de la demoiselle. J’espérais que mes problèmes ne se répercuteraient pas sur elle.


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1 753 mots (Sans les paroles de Wakiya) | FIN



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Merci Mancy et Shanxi pour les cadeaux ♪:
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