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 [Événement] - La Galette

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Priam et Laëth
~ Ange ~ Niveau III ~

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◈ Parchemins usagés : 3837
◈ YinYanisé(e) le : 02/02/2018
◈ Âme(s) Soeur(s) : La bière et le saucisson | L'adrénaline et les problèmes
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Priam et Laëth
Sam 05 Juin 2021, 23:18




La Galette

Laëth | En groupe



On ne fuit pas ses démons. On les affronte ou on les subit. Le visage de Laëth pivota vers Lucius. Elle tentait de conserver une expression marbrée. Sa magie l’aidait. Son cœur se débattait. Il ne répondait même pas à ses enfants. De tous les êtres qui existaient en ce monde, la jeune femme était profondément persuadée qu’ils étaient les seuls dont Kaahl ne se détournerait jamais. Il les aimait inconditionnellement et semblait prêt à soutenir tous leurs rêves. Malgré sa double vie, il trouvait toujours le moyen de passer du temps avec eux. Le désir de parentalité de l’Ange découlait en partie de cette attitude tendre et aimante qu’il avait à leur égard. S’il devenait le père de ses propres enfants, elle n’aurait jamais peur qu’ils ne se sentissent pas aimés. Elle était persuadée qu’il serait toujours présent pour eux. Pourtant, les aveux de Lucius ébranlaient ses certitudes. Même le comportement d’Ilias indiquait un malaise vis-à-vis du sujet. Muette, elle les analysait. Déchiffrer ne délivrait pas les mêmes informations que les ressentis, mais cela tenait à distance les émotions ; et les Ætheri savaient comme elle avait besoin de s’en distancier, maintenant ou tout le temps.

C’était compliqué. Elle retrouvait l’état qu’elle avait expérimenté avec Adam : ces flux et reflux de magie, cette inconstance due à une faiblesse interne. Elle abritait quelque chose qui la dépassait. Ce n’était que le début, et c’était encore gérable. Avec le temps, cela deviendrait peut-être pire. Néanmoins, la dernière fois, les effets avaient été dévastateurs. La peur de blesser malencontreusement Lucius et Ilias la hantait. Elle ne saurait pas se le pardonner. Alors, elle faucha toutes les murailles qu’édifiaient ses sorts. Il n’y avait plus qu’elle, ses émotions et sa détestable vulnérabilité. Son palpitant se fissura. Les adultes croient souvent que les enfants ne voient rien. Ils sont bien plus fins qu’il n’y paraît, parce qu’ils sont plus sensibles que leurs parents éduqués et formatés. Ils accueillent le monde pour ce qu’il est. Ils ne portent pas un voile qui leur brouille la vue. Ils voient le malheur des grands et devinent leurs états internes alors que ceux-ci sont convaincus d’évoluer en toute discrétion. Ils ont la lucidité de l’innocence. Lucius l’avait.

L’Immaculée se mordit la lèvre. Malgré elle, ses yeux s’embuaient. La peine du Magicien devenait la sienne. Ses mots se répercutaient en elle avec une violence qu’il n’imaginait pas. Si Kaahl ne leur donnait pas de nouvelles, cela signifiait qu’il devait aller particulièrement mal. Il avait toujours trouvé du temps pour ses enfants. Toujours. Étant donné ce qui était arrivé à Constantine, Laëth aurait même plus eu tendance à penser qu’il se serait encore plus préoccupé de leur bien-être. Mais il s’absentait. Il s’effaçait. Les derniers événements l’avaient bien plus secoué qu’elle ne l’avait imaginé – et elle n’y était pas étrangère. Ses intestins se tordaient et son estomac la brûlait. Sa gorge nouée laissait à peine filtrer l’air nécessaire à sa survie. Elle lui avait promis de toujours être présente. Pourtant, au moment où il aurait peut-être eu le plus besoin d’elle, elle lui avait enfoncé une lame acide en plein cœur. Elle ne voulait pas pleurer, pas devant les enfants. C’était difficile.

« Lucius… » Sa voix n’était qu’un murmure – parce que le son en aurait été enroué. Elle s’éclaircit la gorge. « Viens là. Venez tous les deux. » Elle s’agenouilla et les serra dans ses bras. Durant un long moment, elle ne dit rien. La chaleur de leurs souffles dans son cou l’apaisait. Ses mains caressaient délicatement leurs cheveux. Ceux d’Ilias étaient légers et doux – enfantins. Ceux de son frère avaient plus de vigueur. « Tu n’as pas à endosser le rôle d’un adulte, et encore moins d’un père, Lucius. Tu as peut-être le corps d’une grande personne, mais tu l’as dit toi-même, tu n’y es pas habitué. Ce n’est pas parce que tu as grandi vite physiquement que tu dois devenir un adulte aussi rapidement. D’accord ? » Il y serait contraint, parce que la plupart des gens attendraient de lui des réactions matures et solides. « Pauline et Minéphore s’occupent de tout, non ? S’ils ont besoin d’aide, si vous avez besoin d’aide, je suis là aussi. » Comme pour appuyer ses propos, elle accentua son étreinte. « Et je suis certaine que ton père reviendra. Il vous aime trop pour partir pour toujours. » Et moi ? suppliait une petite voix au creux de sa poitrine. Elle la fit taire comme elle put. « Votre papa, c’est quelqu’un de très fort, mais il est aussi sensible. Les derniers événements ont dû beaucoup l’affecter et, tu sais, il y a des gens qui ont besoin d’être un peu seuls, dans ces moments-là… » Ses doigts étaient descendus dans le dos des deux gamins. C’était plus facile de parler sans avoir à les regarder. « Je n’ai pas de nouvelles non plus. » souffla-t-elle. « En fait… » Le nœud, dans sa gorge, s’intensifia. « En fait, je pensais que vous pourriez m’en donner. » Sa voix se brisa. Des larmes roulaient sur ses joues blêmes. « Pardon. C’est compliqué pour moi aussi. » Elle lâcha les deux enfants Paiberym et essuya son visage, les mains tremblantes. « Je suis désolée. » fit-elle, dans un sourire navré. Il devint vite nerveux. « Tu vois, même les adultes n’arrivent pas toujours à tenir leur rôle d’adulte. » Un rire triste et bref, qui aurait presque pu être pris pour un sanglot, fit tressauter son buste. Elle renifla et haussa les épaules, penaude. Elle aurait voulu disparaître. Peut-être que sa culpabilité finirait par l’engloutir ?



Message V – 937 mots

Résumé : Laëth est avec Lucius, Ilias et leur garde du corps dragonnière.




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Aliénor Vaughan
~ Magicien ~ Niveau II ~

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Aliénor Vaughan
Jeu 10 Juin 2021, 18:25


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La Galette



« Je n’y manquerai pas, Majesté. » Aliénor inclina la tête pour saluer le départ de l’Empereur Noir, en espérant qu’il eût tort en disant que ce genre de choses prenaient du temps. Non. Elle était une Vaughan. Sa mère n’avait jamais eu de mal à tomber enceinte, ni ses tantes ou ses grands-mères. Ce serait également son cas. C’était facile, dans sa famille. Ça venait seul, comme si ses membres étaient tous bénis par l’Æther de la Famille.

Les ténèbres la saisirent un temps. Elle eut du mal à respirer et craignit quelques secondes pour sa vie. Elle trembla, regretta d’avoir demandé une faveur au Monarque, eut peur pour ses futurs enfants. Puis l’effet s’apaisa et elle se retrouva seule avec Priam, au soleil. Elle ne put s’empêcher de songer à Laëth. L’Ange avait été exaucé dans sa volonté de ne pas mêler sa sœur à leur goûter. Et, en effet, la jeune femme semblait fatiguée. Ça n’étonnait pas la Magicienne. Les rumeurs circulaient encore. Le château du Baron Paiberym avait été la scène d’un crime ignoble et l’on disait ce dernier profondément impacté. La Vaughan se dit que la brune devait soutenir son futur mari et que son état venait de là. C’était un sacrifice qu’elle aurait été prête à faire pour quelqu’un, elle aussi. S’oublier un temps, se donner, épauler dans l’adversité, tout ceci lui paraissait être la marque du véritable amour. Malheureusement, elle ne pourrait jamais être possédée par cet amour qu’elle aurait tant voulu partager. Elle soutiendrait l’Ultimage, là où elle aurait peut-être désiré le faire pour Priam. Aussi, elle avait conscience qu’Elias Salvatore n’avait pas besoin d’elle. C’était un constat terrible, aussi terrible que chercher à épauler une personne par dépit. Le départ de Laëth mit fin à ses pensées.

« Oui. » répondit-elle, en le suivant. Lhéasse ne semblait pas présent... Tant pis, marcher leur ferait du bien. Elle savait qu’elle devrait probablement lui dire ce qu’elle avait demandé à Elias. Ça ne tarderait pas à se voir et, étrangement, elle ne désirait pas faire porter le poids de ses grossesses à son mari. Il n’avait rien demandé. C’était elle qui désirait des enfants. Elle avait compris qu’il s’en serait volontiers passé : la clause qui figurait auparavant dans son contrat de mariage avec Niklaus ne s’était pas effacée seule. « Je… » La question l’avait prise de court. Pourtant, elle devait arrêter d’hésiter. Elle devait s’imposer, parler, dire les choses. « L’Empereur Noir n’a jamais cherché à me voir jusqu’à aujourd’hui alors j’imagine qu’il me traite plutôt avec indifférence. » C’était une réalité. Peut-être aurait-il continué à être totalement absent de son existence si elle ne lui avait pas envoyé cette lettre. « Les Dames Noires… Je ne les connais pas encore toutes mais il y a des tensions. » avoua-t-elle. « Pas forcément avec moi mais, avec la Coupe des Nations, plusieurs femmes de races différentes se sont retrouvées à devoir cohabiter de temps en temps dans un château… C’est difficile, surtout que nous n’avons pas toutes les mêmes objectifs. » En y réfléchissant des tendances lui apparurent. « Certaines veulent effacer les autres. D’autres ne sont là que par opportunisme. Le Roi est très loin de faire l’unanimité parmi ses épouses. Beaucoup le craignent ou… » Elle s’interrompit. « Il n’est plus tout jeune. Niklaus avait bien plus de succès avec les femmes, même si Dame Nixen semble l’apprécier… Je crois. » Elle n’était sûre de rien. Elle nageait entre vérité et mensonge. Si elle-même était honnête, ce n’était peut-être pas le cas des autres.

Elle hocha la tête. Elle savait qu’elle devait le lui dire mais elle temporisa. « Oui, le mariage est régi par un contrat qui stipule les droits et les devoirs de chaque époux. » C’était aussi le cas chez les Magiciens, en moins détaillé et malsain. « Mon contrat a simplement été transféré d’un Roi à un autre, avec une légère modification. Niklaus m’avait imposé de lui fournir des héritiers. Elias a supprimé la clause. » Ses yeux parcoururent la foule autour d’eux. « Parfois, le contrat de mariage prévoit même le nombre de fois où les époux doivent dîner ensemble ou faire l’amour par semaine. » dit-elle, un sourire un peu moqueur sur les lèvres. « Il peut prévoir l’admission de l’infidélité aussi, ou les conséquences applicables si l’un des époux venait à faire un enfant hors mariage. » S’il était facile d’en rire, elle n’aurait jamais souhaité être concernée.

Elle s’arrêta à côté d’un stand qui vendait des parts de galette. Elle en acheta deux et en tendit une à Priam. Elle craignait sa réaction. Il n’aimait pas les Sorciers. Une partie d’elle - celle qui renfermait la vie de l’Ange, était dans la même optique. Elle avait l’impression de le trahir en bien des aspects. Pourtant, il n’y avait rien entre eux. Elle ne lui devait rien. « Priam… » murmura-t-elle, en cherchant ses yeux. Elle s’ancra dans ses prunelles et se lança. « J’ai demandé à mon mari de me faire des enfants. Il a accepté et c’est l’affaire à propos de laquelle nous parlions plus tôt. » Elle ne chercha pas à se justifier. C’était ce qu’elle voulait, être mère. Ça avait plus d’importance que le reste à ses yeux.

872 mots


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Priam et Laëth
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Priam et Laëth
Dim 13 Juin 2021, 17:27




La Galette

Priam | En groupe



Les tensions entre les Dames Noirs, la répugnance ou l’appétence de chacune pour l’Empereur, l’historique du contrat d’Aliénor, les possibilités d’un tel accord et les conséquences qui en découlaient ; Priam oublia tout. Dans une attitude figée, il sonda le regard de la Fille au Chapeau. Durant un temps, il n’y eut rien. Son cerveau, trop occupé à retourner les propos de la jeune femme pour les examiner sous tous les angles, était incapable de traduire une seule émotion.

Il aurait aimé qu’elle plaisantât, mais il savait que ce n’était pas le cas. Avoir des enfants était l’un de ses désirs les plus chers et les plus profonds. Parfois, il avait l’impression d’en vouloir avec la même intensité qu’elle – quand ils fonctionnaient en miroir, et que le vécu et les aspirations d’Aliénor devenaient les siens. Elle ne se serait pas amusée à lui dire cela pour le plaisir de voir sa réaction. Elle n’était ni vicieuse ni mesquine. C’était un vœu qu’elle avait véritablement formulé auprès du monarque, et qu’il avait gracieusement accepté. Il avait retiré la clause et elle l’avait fait remettre. L’évidence le tua.

Ses yeux dorés s’assombrirent. Ses sourcils se froncèrent et sa mâchoire se crispa. Qu’était-ce ? De la colère ? Du dégoût ? De la jalousie ? De la tristesse ? Tout à la fois ? Le déferlement émotionnel qui s’abattait sur sa personne lui rendait pénible la caractérisation de ses maux. « Ah. » finit-il par lâcher, sur le ton d’une hache qui fend un billot de bois. Puis, il y eut un long silence.

Il croqua dans sa part de tarte. Son appétit égalait celui d’un cadavre ; cependant, manger dispensait de parler. Que pouvait-il bien dire, de toute façon ? Félicitations ? Génial, je suis vraiment content pour toi ? Tu as des idées de prénoms ? Non. Il n’y avait rien à dire. Elle venait de faire un choix qui les séparerait à tout jamais. Les séparer. Qu’avait-il espéré ? Les états dévastateurs dans lesquels il se plongeait lorsqu’il portait la bague réprouvée le lui rappelaient clairement. Il avait espéré l’impossible – et sur ce chemin-là, Aliénor ne le suivrait pas. « C’est bien. » Non.

L’Ange inspira. « On continue à marcher ? » Bouger devrait l’aider à moins penser. À moins ressentir. Sans l’attendre, il avança. Il prit encore une bouchée de galette. Ça ne l’empêchait pas du tout de réfléchir. La frustration se mit à lui grignoter le cœur. Il commença à ruminer. Il aurait dû lui parler. Au moins, lui faire comprendre. Subtilement. Juste assez pour ne pas trop se dévoiler – n’avait-il pas vaguement essayé, sur Nyellë, avant de retrouver les autres ? S’il avait été plus clair, peut-être qu’elle aurait porté une autre requête auprès du Roi. Peut-être qu’elle aurait rompu leurs fiançailles. Il n’y croyait pas. Toutefois, dans ces moments où tout paraît se déliter, l’espoir sait se montrer particulièrement tyrannique. Alors, il voulait y croire, juste un peu. Mais il était aussi déçu. Elle acceptait de se faire engrosser par un putain de Sorcier. Il y avait une chance pour qu’elle portât des enfants malfaisants. Des monstres. Mais ça n’était pas grave, parce qu’elle aurait des enfants ? Comment pouvait-on à ce point désirer quelque chose ? Comment pourrait-elle regarder sa progéniture s’il s’agissait de meurtriers, de violeurs et d’assassins ? Il serra son poing libre. Il avait aussi peur. Il ne parvenait pas à se sortir de la tête les propos de Jun, malgré tout ce qu’ils pouvaient avoir de discutables. Le treizième la tuerait.

Brutalement, il s’arrêta. Le duo se tenait à l’écart de la foule, près d’un bosquet bordé de géraniums en fleurs. Le fils de Réprouvés planta ses iris dans ceux d’Aliénor. Ils lui semblèrent plus vertigineux que d’habitude. Il hésita. Il s’était promis de ne plus laisser la vie lui filer entre les doigts. Il s’était promis de cesser l’indifférence. D’essayer de faire la différence. Mais qu’est-ce que ça changerait ? Les doutes sont des démons. Il valait mieux les occire. « Et si tes enfants sont des Sorciers ? » Il la fixait. « Peu importe ? C’est à ce point important, pour toi, que peu importe si ce sont des monstres ? Peu importe s’ils sont nés pour détruire ? Et si ce sont des Magiciens, peu importe qu’ils soient élevés par la Couronne noire ? Tu leur souhaiterais des années de souffrance simplement pour les avoir auprès de toi ? » La colère grondait dans sa voix. « Et toi, tu accepterais que ce type te baise et qu’il y ait une part de lui en toi pendant des mois juste pour avoir des enfants ? » Il secoua la tête. « En fait, tu préfères être une Dame Noire et tomber enceinte de leur saloperie d’Empereur plutôt que de refuser l’union et d’avoir des gamins avec quelqu’un que tu aimes ? Ou peut-être que tu l’aimes, remarque. À ce stade-là, je ne sais pas si je serai encore surpris. Vous avez prévu de faire ça combien de fois par semaine, alors ? » L’amertume perçait nettement. Il avança vers elle, accusateur. À quelques centimètres d’elle, il s’arrêta. « Je suis déçu. » C’était ça. De la déception. Brute et sincère. C’était elle qui appelait la colère, le dégoût, la jalousie et la tristesse. « Je pensais que tu n’aimais pas cette vie. »

L’Ailé jeta sa part de galette. Il était certain qu’il ne la finirait pas. Du coin de l’œil, cependant, il vit briller l’éclat d’un objet dévoilé. Il tourna la tête et baissa les yeux vers le met étalé au sol. Un cavalier noir émergeait des miettes dorées. Un rire désabusé et nerveux échappa au brun. Le Destin avait vraiment un drôle d’humour. Ses prunelles retournèrent se poser sur le visage d’Aliénor. « Je pourrais peut-être en profiter pour lui dire que tu as perdu la tête. » articula-t-il. Comme une fenêtre sur son cœur enflammé, son regard brûlait.



Message IV – 995 mots

Résumé : Priam est à l'écart avec Aliénor. Pour l'instant, personne n'est mort /sbam




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Aliénor Vaughan
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Aliénor Vaughan
Dim 13 Juin 2021, 20:30


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La Galette



La pression dans sa cage thoracique se maintint, même après son « Ah. », même après son « C’est bien. », même après sa question. Peut-être était-ce mieux ainsi, de continuer à marcher ensemble en faisant mine de rien. Elle se pinça les lèvres quelques secondes puis le suivit, les yeux dans le vague. Elle savait, elle savait que ce moment n’aurait rien d’agréable. Elle y avait songé à l’instant même où elle avait formulé sa demande. Elle y avait songé bien avant en réalité. Pourtant, elle ne voulait pas revenir sur sa décision. C’était avec son mari qu’une femme devait avoir des enfants. Elle n’avait pas choisi son époux et il l’effrayait mais que serait-elle si elle refusait la fonction première du mariage ? Si elle renonçait à procréer et à donner la vie ? Elle était une Vaughan. Elle avait envie d’être mère. Et, surtout, quel avenir pour des enfants bâtards ? il n’y en aurait aucun, parce que si la cour l’apprenait, alors ces derniers brûleraient sur le bûcher du déshonneur. Et elle avec. Elle avait des responsabilités, notamment vis-à-vis des Magiciens, et les quelques mots du Salvatore le lui avaient fait comprendre avec clarté. Lui aussi avait ces mêmes responsabilités. Elle ne l’aimait pas mais, finalement, elle ne savait rien de lui. Elle se laissait porter par des préjugés et la rancœur du Réprouvé qu’elle sentait dans le fond de son cœur et qu’elle essayait d’étouffer. Non, en réalité, elle se trouvait des excuses. Elle aussi avait des oreilles. Elle savait ce qu’il faisait aux enfants. Son commentaire, plus tôt, lui laissait présager que les rumeurs étaient vraies. Comment savoir ? C’était plus facile pour elle de lui chercher des circonstances atténuantes, de ne pas croire ce qu’elle n’avait pas eu l’occasion de confirmer elle-même.

Lorsque Priam s’arrêta, elle sursauta. Son cou se tendit sous l’effet du mauvais pressentiment qui la tirailla soudainement. C’était douloureux de devoir se battre avec l’Ange et de l’entendre la questionner sur des éléments qu’elle n’ignorait pas. Elle aussi s’était interrogée. Comment ne pas le faire ? Cependant, entre les interrogations, l’injustice se propagea. Comment pouvait-il douter de ses sentiments ? Comment pouvait-il lui cracher que le choix lui appartenait encore ? Elle ne pouvait pas juste rompre et partir. Pour aller où ? L’humiliation publique du Grand Chaos entraînerait des conséquences dont elle ne voulait même pas entendre parler. Pensait-il à sa famille ? Pensait-il à ses proches ? Pensait-il à l’Impératrice Blanche ? Elle n’était pas une épouse comme les autres et briser le mariage était un aveu terrible : le semblant d’entente entre les Sorciers et les Magiciens ne fonctionnait pas. N’avait-il pas en tête ce qu’il s’était produit lorsque Vanille Caël Deslyce avait rompu ses fiançailles avec Niklaus Salvatore ? La guerre que cela avait engendré ? Elle n’avait pas besoin qu’il fût son ennemi. Elle ne voulait pas l’entendre douter d’elle, être déçu. Ça lui transperçait le cœur, bien qu’elle le sentît battre à tout rompre dans sa poitrine. Elle avait du mal à respirer, parce que la tension dans son buste était étouffante. Plus il parlait, plus elle avait envie qu’il se tût. Plus il parlait, plus elle regrettait de le lui avoir dit. Ça aurait été bien pire de le placer devant le fait accompli mais peut-être aurait-elle dû ?

Alors que lui se débarrassa de sa galette, elle la maintint fermement entre ses doigts, trop fermement, comme une femme agrippe le premier objet flottant après un naufrage. Elle était incapable de dire le moindre mot, de faire échapper le moindre son de sa gorge. Elle ne savait pas quoi dire, quoi faire. Pourquoi argumenter ? Ils ne seraient jamais d’accord. Il lui reprocherait ses tentatives. Elle serait maladroite dans ses explications et ça la desservirait. Ses yeux suivirent la pâtisserie jusqu’au sol. La tension augmenta d’autant plus. Elle l’empêchait de pleurer, elle l’empêchait de bouger, elle l’empêchait de crier. Elle se sentait impuissante devant la cruauté de l’existence. Bien sûr qu’elle aurait préféré se marier avec l’homme qu’elle aimait, le sentir entre ses cuisses chaque jour et prendre la décision avec lui de fonder une famille. Elle aurait été heureuse ainsi. Mais elle faisait ce qu’elle pouvait avec ce qu’elle avait. Elle le sentait, que sa vie ne serait pas telle qu’elle l’avait imaginée, qu’elle aurait été bien mieux avec l’Ange. Mais c’était impossible et ça rendait chacune de ses déglutitions douloureuses.

Elle ne parvint pas à soutenir son regard, toujours plongée dans son mutisme. Pourtant, lorsqu’il prononça sa dernière phrase, elle se sentit brisée. Elle n’avait pas perdu la tête. Elle l’avait retrouvée. Elle devait laisser ses rêveries de côté et endosser son rôle. Penser un seul instant qu’ils auraient pu continuer comme avant, à se frôler à chaque rencontre, ça avait été une folie. Envisager qu’il pût glisser de nouveau sa bouche sur sa nuque et tenter d’aller plus loin, ça n’avait pas été bien.

Les lèvres de la Magicienne étaient sèches de tristesse. Tout ce qu’elle trouva à dire tint dans une phrase. « Je penserai à toi lorsque nous le ferons. » Parce que c’était peut-être lui qu’elle aimait mais qu’elle ne renoncerait pas. Et elle n’avait pas la force de s'appesantir sur les détails techniques de ce qu’il se passerait dans la chambre maritale. Elle devait juste s’enfuir d’ici, avant que les larmes ne parvinssent au seuil de ses prunelles. Elle avait vu un bâtiment sur le chemin. Elle pourrait s’y réfugier le temps pour Lhéasse de la retrouver. Elle n’avait pas envie de dire au revoir à Priam, parce qu’elle redoutait que ce fût un adieu. Elle tourna donc les talons et se mit à courir, se débarrassant de ses chaussures en chemin. Si elle courait suffisamment vite alors peut-être que son cœur aurait une bonne raison de battre autant, peut-être même exploserait-il. Dans sa course, l’eau vint brouiller sa vision, son menton trembla et son visage se déforma sous le joug de la détresse.

995 mots


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Priam et Laëth
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Priam et Laëth
Lun 14 Juin 2021, 17:15




La Galette

Priam | En groupe



Souvent, on lui avait reproché d’être trop extrême dans ses mots. D’aller trop loin. De se laisser dépasser par sa parole. De ne plus contrôler ce flot qui émanait de lui. Autrefois, Priam ne parlait pas beaucoup, et c’était peut-être pour éviter de voir s’enfuir des Aliénor au cœur brisé. Il avait essayé de se maîtriser et de ne pas cracher toute la haine qui enrobait son cœur. Le temps d’une seconde, il regretta. Si c’était pour que la Magicienne partît, il aurait mieux fait de lui jeter tous ses ressentis et toutes ses pensées à la figure. Pourtant, au fond, il avait la conviction qu’elle ne méritait pas ça. Il la suivit des yeux. Ses cheveux bataillaient contre le vent de la course et la jupe de sa robe ondulait au rythme de ses jambes. Bientôt ses pieds nus battirent l’herbe tendre. L’Ailé ne bougea pas, aussi désemparé que furieux. La main de la culpabilité s’agrippa à son cœur. Il essaya de se rassurer. C’était tant mieux. Ils n’avaient pas d’avenir. Il valait mieux qu’elle le détestât. Rester amis les aurait certainement fait souffrir. Comment auraient-ils pu se regarder droit dans les yeux, elle enceinte de l’Empereur Noir et lui descendant de Bipolaires éprouvés par le feu noir ? Il était sans doute préférable de s’ignorer ou se haïr – il n’en était pas persuadé. Il ferma les yeux et serra la mâchoire. Puis dans un souffle, il lâcha : « Mais quel gros con ! » Il aurait dû essayer de discuter plus calmement. Tenter de comprendre son raisonnement. Faire preuve d’empathie. Lui assurer son soutien. Lui proposer de quitter cette vie, avec lui. Le reste du monde leur tendait les bras. C’était trop tard. Dans un soupir, le fils de Réprouvés ferma les yeux. Puis, comme il l’avait toujours fait, il se résigna. Il tourna les talons et s’en alla.

La vérité, c’était qu’il était fait de la même matière que la révolte. Ses ancêtres et ses contemporains avaient un point commun : ils s’insurgeaient. Parfois, légitimement ; d’autres fois, parce que leur nature prenait le dessus sur leur raison. Laëth se rebellait toujours. Ses sentiments et son instinct la guidaient. Si quelque chose n’était pas juste, alors elle agissait contre. Si elle était persuadée du bienfondé de ses actions, alors elle les menait jusqu’au bout. Son cœur parlait systématiquement avant sa tête. Durant des années, Priam avait fait l’inverse. Il s’était agacé des comportements impulsifs de ses proches, et notamment de sa cadette. Il avait toujours cherché à la temporiser, à calmer ses ardeurs, à la contenir. À ses yeux, la raison revêtait des airs irréprochables, quand les émotions encombraient le cœur et la réflexion. Elles arboraient toutefois une justesse que rien n’aurait su remplacer. Plus le temps passait, plus il s’en rendait compte. Parfois, elles sont plus légitimes à exprimer qu’un raisonnement froid et calculé.

Le fils de Réprouvés s’arrêta. Deux grandes ailes blanches s’ouvrirent entre ses omoplates. Il s’envola. Après un virage serré, il scruta le paysage, jusqu’à repérer la silhouette de la Magicienne. Juste à temps, il la vit s’engouffrer dans un bâtiment qu’ils avaient longé à l’aller. C’était une vieille ferme dont l’usage s’était perdu. Des plantes grimpaient le long de ses pierres ébréchées. Tout autour, des fleurs sauvages dansaient au gré du vent. L’Ange descendit doucement vers la masure. Sans un bruit, il se posa. Pourtant, il avait l’impression d’être bruyant. Dans sa poitrine, son cœur tambourinait comme un fou qui aurait souhaité s’échapper d’une prison. Son sang grondait à ses oreilles. Il appuya une main tremblante sur l’une des portes en bois. Immobile, il observa les vibrations de ses doigts, jusqu’à fermer le poing. Sans plus attendre, il poussa le panneau de chêne et entra dans le corps de ferme.

Aliénor était là. Des boucles brunes s’échappaient de sa coiffure auparavant impeccable. Sa robe laissait voir les stigmates de sa course, et ses pieds avaient noirci. Surtout, elle pleurait. En croisant son regard, Priam sentit les larmes monter jusqu’à ses yeux. Il se souvint qu’il ne l’avait jamais vue pleurer. Il avait pleuré, à travers elle, dans le rêve. C’était très différent. À l’époque, leurs esprits n’avaient fait qu’un. Désormais, ils se faisaient face. Ce qu’elle projetait se reflétait sur lui, dans une mesure qu’il n’avait pas imaginée. Muet, il avança, jusqu’à se trouver à deux mètres d’elle. « Pardon. » Il n’ajouta rien. Après une brève seconde d’immobilisme, il la rejoignit et la prit dans ses bras. Allait-elle le rejeter ? Le frapper ? Hurler ? « Je regrette de t’avoir dit ça comme ça. » Le brun huma son parfum, puis se redressa. « Je ne veux pas que tu penses à moi en le faisant avec lui. » Il ne voulait pas qu’elle le fasse avec lui. Il n’avait pas le choix. Ses yeux dorés se plantèrent dans les prunelles de la Mage. « Je veux que tu le fasses avec moi. »



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Aliénor Vaughan
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Aliénor Vaughan
Lun 14 Juin 2021, 23:54


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Le bruit la rassura. Elle se dit qu’il devait s’agir de Lhéasse. Quand il la trouverait là, elle savait qu'il se moquerait d’elle et de ses larmes. S’il venait à comprendre les enjeux, il lui reprocherait ses illusions déçues, lui soufflerait qu’elle avait cherché cette situation et qu’il l’avait prévenu. Il l’avait fait plusieurs fois, lorsqu’elle pensait trop à l’Ange et qu’il s’introduisait dans son esprit. Le phénomène n’était pas nouveau. Il existait du temps de Niklaus aussi. Le Sorcier avait été clair quant au sort que lui réserverait l’Empereur Noir s’il la surprenait à penser à un autre. L’ancien Grand Chaos était un homme possessif qui n’hésitait pas à faire illustration de sa puissance. Il aurait pu se lasser d’elle et provoquer accidentellement sa perte. Il lui aurait suffi de la placer exactement au bon endroit au bon moment pour qu’un opposant au pouvoir prît la Magicienne pour cible et l’abattît pour faire un exemple. Bien sûr, ça aurait servi les intérêts du Salvatore. Les choses avaient quelques peu évoluées avec Elias mais, ça, Aliénor n’en savait rien. Lhéasse n’avait pas changé de comportement, pour une raison qu’elle n’était pas en mesure de comprendre ni même d’envisager. Il était simplement bien plus absent, du fait de ses responsabilités en tant qu’Archimage. Bientôt, il ne serait plus là mais, ça aussi, elle l’ignorait. Il retardait l’instant.

Elle se prépara donc à affronter le regard de son garde du corps, un regard qu’elle avait éprouvé en bien des occasions, quand elle se changeait, quand elle se lavait, quand elle étudiait, quand elle se sentait mal dans sa peau à cause de ses menstruations à venir. Après Priam, il était sans contestation possible l’homme qui la connaissait le mieux. Il avait vécu avec elle si longtemps… S’il n’avait pas possédé cette aura, elle n’aurait très certainement plus fait attention à lui. Le fait est que c’était impossible alors elle avait commencé à faire attention à ses tenues vestimentaires, pour oublier qu’il était mille fois plus puissant et cultivé qu’elle. Elle aimait les chemises bouffantes qu’il enfilait parfois. Des lacets en coton fermaient le col et pendaient de chaque côté de ce dernier. Elle le trouvait bien plus « Magicien » quand il en portait. Ça lui allait bien au teint. Pourtant, dès qu’il relevait les yeux vers elle, elle oubliait tout, les livres qu’il lisait et les chemises qu’il portait. Quand il la fixait, son air hautain prenait le pas sur le reste et elle comprenait le mur qu’il y avait entre leurs deux mondes. Cette fois-là ne ferait pas exception. Il l’écraserait sous sa supériorité et son regard méprisant, quand bien même elle était déjà effondrée. En réalité, ce ne serait pas ce qu’il aurait fait, mais elle ne le saurait jamais, parce que ce ne fut pas Lhéasse qui apparut.

Aliénor renifla lorsqu’elle aperçut Priam. Elle détourna les yeux. Elle ne voulait pas qu’il la vît, pas comme ça, la morve au nez, les yeux rougis, les lèvres gonflées d’avoir trop pleuré. Pourquoi l’avait-il suivie ? Où était Lhéasse ? Intérieurement, elle pria pour qu’il arrive et la tire de là. C’était trop dur. Elle ne voulait plus lutter contre l’Ange. Elle voulait que le temps fît son œuvre et apaisât les tensions entre eux. Peut-être que d’ici quelques lunes, ils pourraient se parler normalement ? Peut-être qu’ils pourraient même danser ensemble sans que la rancœur ne vînt abîmer leurs échanges ? Peut-être qu’ils pourraient se raconter le déroulé de leurs vies respectives sans qu’aucun d’eux ne ressentît la moindre émotion négative ? Peut-être qu’il finirait par être heureux pour elle ? Elle savait que c'était peu probable et son imagination prit le contrôle sans aucune difficulté. Elle se voyait debout, accueillir le diplomate en cachant son désir et son désespoir sous un visage faussement ravie. Il ferait pareil. Il lui parlerait l’air de rien, en dissimulant sa haine et tout ce qui faisait qu’ils auraient pu s’unir dans d’autres circonstances. Les amours déçus sont les pires. Ils écorchent, ils arrachent. Ils produisent des plaies invisibles mais profondes. L’aimait-il ? Ce n’était plus le moment d’y penser. Ce ne serait sans doute plus jamais le bon le moment. Elle aurait dû se poser cette question lorsqu’elle l’avait rencontré pour la première fois et que son odeur l’avait autant écœurée qu’excitée. C’était une autre époque, loin des cauchemars et des épreuves.

Lorsqu’il s’excusa, ça l’horrifia. Pourquoi s’excusait-il ? Non. Il ne devait pas. Ce serait encore plus dur. Elle préférait ce mur entre eux. Elle préférait être la coupable. Elle voulait une fin dramatique, qui ne mettrait la vie de personne en danger, une fin qui respecterait les convenances. Elle préférait garder sa blessure, se convaincre que la décision qu’elle avait prise était la bonne. C’était bien plus facile si l’Ange sortait de l’équation. Elle pleurerait la brisure, elle serait peut-être damnée pour toujours mais, au moins, la tentation disparaîtrait. Elle ne la brûlerait plus jamais de l’intérieur. Son cœur, sans flamme, finirait par ne plus rien regretter. Elle savait qu’elle pouvait être heureuse simplement en élevant ses enfants et en renonçant à l’amour alors pourquoi s’excusait-il ? Il n’était coupable de rien. C’était elle qui avait pris la décision. C’était elle qui était mariée à l’Empereur Noir. C’était elle qui l’avait laissé embrasser sa nuque. Et elle voulut le repousser, vraiment. Elle voulut le voir disparaître mais elle fut incapable de lutter. Pourquoi la serrait-il dans ses bras ? Ses paupières se fermèrent avec plus de force, comme si ne pas la voir empêcherait la réalité d’exister. Elle aurait souhaité le supplier d’arrêter de faire ça, d’arrêter d’être gentil, de revenir, de faire attention à elle. Il n’y avait aucun bonheur près d’elle. Elle voulait que Lhéasse apparût, qu’il les séparât, qu’il mît fin au calvaire.

Elle leva les yeux vers lui lorsqu’il se redressa. Ses paroles la figèrent totalement. Il n’avait pas le droit. Pas maintenant. Pas comme ça. Pas ici. Il ne pouvait pas. Pas au mépris du reste, de ce qu’il savait très bien lui-même. Elle ne se sentit même pas se lever et elle entendit ses « Non » frénétiques que comme de lointains échos. Non, il ne pouvait pas. Non, ce n’était pas juste. La pression était trop grande et quand elle fut à son paroxysme, après l'avoir poussé plusieurs fois sans force, sa main partit s’abattre violemment sur la joue de l’Ange. Le bruit créa un déclic et elle écarquilla les yeux devant son geste, comme si elle ne l’avait pas contrôlé. Le temps lui sembla passer au ralenti, s’arrêter, jusqu’à une expiration qui fit vibrer l’intérieur même de son être. Elle revint, ses sourcils épousant l’expression du remord et de la tristesse. « Je… Priam je… Je suis désolée. » bredouilla-t-elle, en tendant sa main vers la joue de l’Ailé jusqu’à ce qu’elle s’y dépose. Elle voulait réparer le tort, comme si la caresse suffirait, mais quand elle regarda au fond des yeux de l’homme, elle sentit ce qu’elle essayait d’éteindre se raviver. Elle ne devait pas. Elle retira rapidement sa main et détourna le regard. Elle avait trop peur de se consumer. « Tu… Tu devrais partir. Si on nous voit ici ce sera vraiment… » C'était ça. Elle devait le raisonner et se raisonner aussi, quitte à le frapper encore. Une gifle était toujours préférable à la mort.

1175 mots


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Priam et Laëth
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Priam et Laëth
Jeu 17 Juin 2021, 10:34




La Galette

Priam | En groupe



Non. Un tout petit mot, de ceux que les enfants apprennent rapidement. Insignifiant tant il n’a rien d’original ; et pourtant, il est si puissant. Non. Il arrête, il rejette. Il met fin. Dans la bouche d’Aliénor, il avait la force d’une tempête. Il bouscula Priam comme un vulgaire moucheron. L’Ange fronça les sourcils, voulut dire quelque chose, perdit ses mots. Ses pensées s’envolaient et un instinct basique ressurgissait. Ses mains tentèrent de rejoindre les poignets de la Magicienne, dans l’espoir de la calmer. Il aurait pu s’arcbouter et résister à ses assauts mais, docilement, il reculait. Il ne voulait pas la brusquer, pas plus. « Aliénor. » Il l’appelait comme s’il essayait de la guider. Comme si elle s’était perdue dans les monts de la folie, dont la claque vint sonner l’atteinte du point culminant.

Elle résonna. Son écho frappa son cerveau, son cœur – et ses souvenirs. Sans vouloir y croire, il s’y était attendu. Ça ne la rendait pas moins douloureuse. Le coup n’était rien en comparaison de la peine qui lui transperça la poitrine. Le Réprouvé se serait jeté sur elle, l’aurait plaquée au mur, et l’aurait étranglée en essayant de remonter sa jupe. Il était pulsionnel, violent et incontrôlable. L’Immaculé demeura figé. Statue de marbre, il dévisagea la jeune femme. Sa réflexion n’avança pas. Il avait la sensation d’être détaché de lui-même. Venait-elle vraiment de le gifler ? Lorsqu’elle parla, son regard reprit vie. Une tristesse profonde s’y inscrivit. Au contact de la main d’Aliénor, il réprima un mouvement de recul. Ses yeux s’agrippèrent aux siens puis, les dents serrées, il la vit se détacher. « Ce sera vraiment quoi ? » Durant quelques secondes, ses iris affrontèrent les siens. Puis, il soupira et se détourna. S’il partait, il s’agirait sans doute de la dernière fois qu’ils se verraient ainsi, tous les deux, physiquement détachés du monde, mentalement accrochés à ses impitoyables rouages. Ce serait un renoncement.

Ses doigts effleurèrent sa joue meurtrie. La magie effaça toute douleur. Le Sanctuaire d’Ahena s’enroula autour de leurs cœurs. Ils en avaient besoin. Il en avait besoin. « J’ai peut-être déjà trois cancers différents grâce à ton fameux garde du corps. Tu crois que ça peut devenir pire ? » demanda-t-il sur un ton teinté d’ironie et d’amertume. Laëth l’avait prévenu. Il n’avait pas envie de la croire, mais après tout, pourquoi pas ? Les Sorciers n’avaient pas beaucoup de limites, l’Empereur Noir avait fait écorcher ceux qui avaient séduit l’Impératrice, et le bruit courait que les hommes qui osaient approcher l’Épouse Maudite subissaient un châtiment. Depuis le Fessetival de la Charité, la proximité qu’il entretenait avec la Comtesse Vaughan n’était plus un secret pour personne. Peut-être que Lhéasse l’avait vraiment infecté. Peut-être qu’il allait mourir. Ça lui paraissait tellement saugrenu qu’il en sourît, le visage incliné vers le sol.

Peu à peu, il reprit son sérieux et se redressa. Il chercha le regard de la brune. Il hésita. À quoi bon se justifier ? Au fond d’elle, elle possédait déjà les réponses. Elle connaissait déjà son désir pour elle. Elle l’avait vécu. Il n’avait jamais énoncé son attachement, mais la démonstration qu’il venait de faire valait peut-être toutes les déclarations qu’il aurait pu prononcer. L’Ange secoua la tête et lui tourna le dos. S’il n’avait pas utilisé sa magie, il se serait sans doute trouvé rouge de honte. Le Sanctuaire apaisait. Il était sûr qu’à trop l’utiliser, on pouvait devenir dépendant. Il agissait comme certaines drogues. Ses iris dorés coururent sur la charpente qui soutenait le bâtiment. Le bois était strié de veinures plus ou moins profondes. La réaction d’Aliénor n’était pas due à un désamour ou une répulsion à son encontre et il en avait parfaitement conscience. Peut-être que ça rendait les choses d’autant plus pénibles. Il fit quelques pas, avant de lui jeter un regard par-dessus son épaule. « Du coup, tu crois qu’on m’appellera « l’Amant maudit » ? » Un sourire chatouilla les coins de sa bouche. Il n’avait pas vraiment envie de rire, mais si l’humour a une vertu, c’est celle de dédramatiser. Il pleurerait plus tard, quand il ne pourrait faire autrement que d’entendre les craquements sinistres de son cœur.

Il pivota pour faire face à la Magicienne. Ses traits, plus graves, donnaient à sa figure une noblesse singulière. Sa magie s’était atténuée, jusqu’à disparaître. Il ne voulait pas trop tricher. « C’est ton choix. Je ne le comprends pas entièrement et ce sera sans doute toujours comme ça. Je ne sais même pas si j’arriverai à l’accepter un jour. Mais si c’est ce que tu souhaites, je le respecterai. » Prononcer ces paroles lui déchirait le palpitant. Il avait envie de la secouer et de lui hurler qu’elle n’avait pas à s’infliger ça. La situation n’aurait fait que s’envenimer. Et il savait, bon sang, il savait tellement que l’on ne pouvait pas décider à la place des autres, que l’on ne pouvait pas les convaincre ou les persuader de faire ce qu’ils n’ont pas envie de faire. On ne peut que les contraindre. Et il ne désirait pas la forcer. Il pensait qu’elle voulait échapper à cette vie. Il s’était trompé. Il ne pouvait rien pour elle. Il n’y avait plus rien à sauver. Ses yeux s’amarrèrent aux siens. « Est-ce que ce sont des adieux ? »



Message VI – 825 mots

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Aliénor Vaughan
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Aliénor Vaughan
Jeu 17 Juin 2021, 21:56


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Aliénor sentit l’apaisement du Sanctuaire d’Ahena. Ce dernier n’était qu’une faible consolation. Si elle ne risquait plus de virer à la folie de la violence, son cœur et son esprit se battaient pour être entendus, pour annihiler le bien-être. Il n’était pas naturel. C’était un artifice. Comment obtenir la paix avec un ersatz ? « Priam… » Elle devait lui dire, articuler que ça pourrait être bien pire. Elle savait ce qui se racontaient sur Lhéasse Taiji et les demandes que Niklaus lui avait formulées. Elle connaissait la possessivité de l’ancien Souverain. Pourtant, elle ne voulait pas y croire, pas dans le cas de Priam. Elle espérait secrètement que son pied dans la diplomatie avait contribué à le sauver des maux. Elle n’était pas idiote au point d’en avoir la certitude. Et alors qu’elle aurait dû tenter de lui faire comprendre que la maladie était une peine douce pour les Sorciers et qu’ils pouvaient lui faire mille fois pire, elle demeura muette. La Magicienne était partagée entre l’envie de lui crier cette vérité et celle de le rassurer, de lui dire qu’il pourrait toujours compter sur les siens pour le soigner, qu’il ne devait pas s’inquiéter de l’ombre de la mort. Mais elle se rendait compte de l’absurdité de la situation. Éviter de le condamner n’était pas la seule raison qui la poussait à incarner la Dame Noire qu’elle devait être. Cependant, si elle se refusait à lui pour le sauvegarder alors qu’il était déjà atteint d’un mal incurable, cela signifiait que la situation frôlait l’ironie du sort. Allait-il mourir, à l’avenir ? Quelles étaient les chances que ça arrivât ? Ce qui était certain, c’est que si elle le laissait la caresser, les probabilités augmenteraient drastiquement. Elle en revenait toujours au même point. Il n’y avait pas d’avenir pour eux, pas comme elle l’aurait souhaité. Ils ne s’enfuiraient pas ensemble, loin de tout. La vie de l’Ange était aux Jardins. Il avait sa sœur, ses connaissances, ses projets. Son existence à elle était là où le Sort l’avait voulu. Peut-être était-elle stupide d’envisager ce qu’il désirait, de prendre en compte les théories qu’elle faisait seule dans sa tête. Peut-être n’était-ce là qu’un moyen de justifier son refus, de lui faire prendre une part de responsabilité. Il ne voudrait pas vivre dangereusement. Maintenant oui, mais plus tard ? Était-il capable de tout risquer pour ses lèvres ? Pour elle ? Elle ne voulait pas que la réponse fût oui, parce que ce n’était pas son cas. La vie de sa famille était en jeu, celle de ses sœurs, la paix, son avenir. Que deviendrait-elle en rompant ses fiançailles ? Existerait-elle encore ? Elle avait peur de l’inconnu. C’était plus rassurant de s’en tenir au plan qu’elle s’était répétée des centaines de fois : être une Dame Noire, avoir des enfants, renoncer à l’amour et au plaisir qu’elle aurait pu connaître dans les bras d’un homme mais continuer de vivre, protéger les siens, protéger la paix. Elle n’était pas de taille pour lutter contre tout un peuple. Et lui non plus. Ce qu'ils pouvaient avoir maintenant était bien trop dangereux. Il ne le souhaitait pas. Se proposer comme père pour ses enfants était une douce utopie. Et si elle tombait enceinte de lui ? Ses enfants seraient élevés par la Couronne Noire quand même. Elle devrait continuer son arrangement avec Elias : on ne tombe pas enceinte par hasard. Et l'Empereur Noir s'apercevrait de la traîtrise. Il n'y avait pas d'issue.

Elle le fixa. L’Amant Maudit. Elle ne dit rien. Sa peine était réelle. Elle ne voulait pas que le monde lui collât ce surnom, comme celui qu’il avait apposé précédemment sur le front de Raeden Liddell. Le Délaissé. La dureté de ces mots était véritable, tel un refrain incessant ramenant au passé et à la blessure. Plus elle le regardait, plus elle pensait qu’elle ne méritait pas que l’Ange s’intéressât à elle. Combien de fois avait-elle rêvé qu’il l’étreignît ? Qu'il l'étreignît, à s’en réveiller la nuit, trempée ? Il y avait eu ce rêve dans lequel ils auraient pu être parents. Combien de fois avait-elle envisagé, lorsqu’elle n’arrivait pas à se concentrer sur l’étude de ses livres de cours, qu’ils pussent se marier ? Fonder une famille ? S’aimer ? Rester des journées entières à se regarder et à se caresser entre les draps ? Le voir si solennel maintenant, son visage marqué par une majesté digne d’un prince, la ramenait à tous ses espoirs tombés les uns après les autres, à tous ses fantasmes idiots. Oui, elle aurait aimé qu’il fût son prince. Mais un prince n’arrache pas sa femme à un Roi. Elle sentit les larmes lui monter aux yeux de nouveau. Aurait-elle souhaité qu’il se batte pour elle ? Non. Les choses auraient été bien pires. Cependant, devant le fait accompli, devant son acceptation de principe, elle perdit pieds. Elle se rendait compte avec une violence inouïe qu’il n’y aurait plus de suite. Après les pleurs, après la rage, il n’y avait plus qu’une conversation menant à la destruction de leur relation. Les cheveux en bataille, elle figea son regard dans le sien. « Non. » souffla-t-elle, à sa question. Elle ne voulait pas envisager des adieux. Elle aurait dû répondre « oui » mais elle en était incapable. Là où les mots ne sortaient pas, dans son cœur, il y avait tout ce qu’elle ravalait. Elle ne voulait pas qu’ils s’ignorassent, elle ne voulait pas qu’ils ne se vissent plus jamais. Mais il méritait mieux. Il méritait une femme sans histoire, une femme qu’il pourrait embrasser sans risquer la mort. Elle savait pourtant que dès qu’il aurait trouvé cette femme, elle serait jalouse de leur bonheur. Elle l’envierait de pouvoir mordre ses lèvres et caresser son corps. Elle la haïrait de passer des instants précieux en sa compagnie. Elle n’était pas assez bonne pour un Ange. Son regard se détacha de l’homme, lorsqu’elle répéta son refus. Elle était pourtant incapable de dire autre chose. Quoi ? Deviens Roi et viens me sauver ? Il l’oublierait avec le temps, comme elle avait pu le constater avec les chagrins d’amour de ses sœurs. « Au revoir, Priam. » murmura-t-elle finalement, avant de se diriger vers la sortie.

Elle sentit une odeur particulière en s’approchant de la porte. Lorsqu’elle l’ouvrit et s’avança, le ciel s’abattit sur elle. « Ah ! » cria-t-elle, surprise par la violence. La pluie tombait avec un acharnement tel qu’il était impossible de voir à quelques mètres. La fraîcheur l’engloba, mouillant ses vêtements, détrempant ses cheveux. Reculer ou avancer ? Elle ne pouvait pas faire demi-tour, pas maintenant, même si la pluie réveillait en elle l’espoir que les choses se terminassent bien. C’était indescriptible. L'averse lui donnait l’impression que, malgré les prévisions, personne n’était capable de savoir ce que l'avenir réservait. Elle continua pourtant sa route, malgré la menace d’un éclair qui fendit le ciel. L’instant d’après, des grêlons se joignirent à l’ensemble. Elle cria encore et, cette fois, tourna les talons, en essayant de se protéger. Elle courut avant de pénétrer de nouveau dans le bâtiment. « Priam ! Il grêle ! » annonça-t-elle. La grêle était un phénomène rare sur les Terres du Lac Bleu. Peut-être que seul le vide lui répondrait.  

1123 mots
Pour ceux qui sont encore là : il se met à pleuvoir, y a de l'orage et la pluie est suivie de grêle o/


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Kaahl Paiberym
Sam 26 Juin 2021, 15:14



La Galette


Les mots me manquaient. Un adulte aurait peut-être su. Un enfant aurait probablement réussi. J’étais entre les deux, à mi-chemin, perdu quelque part. Les souvenirs du dîner qui avait eu lieu chez les Belegad me serrèrent le cœur. Laëth avait déjà pleuré cette fois-là. J’avais peur de comprendre des choses interdites. Peut-être pleurait-elle parce que papa avait été méchant avec elle ? J’étais égaré, malgré ses paroles réconfortantes. J’avais l’impression terrifiante que les adultes n’étaient pas si forts que ça et qu’ils essayaient seulement de faire de leur mieux. Pour un enfant, ce n’était pas suffisant. Ça faisait peur. Si les modèles eux-mêmes faillaient, alors qui pouvait sauver des monstres cachés sous le lit ? Qui pouvait assurer que tout irait bien pour toujours et qu’après la pluie, le beau temps revenait inlassablement ? Je voulais continuer à sentir la chaleur de Laëth contre ma peau, parce que ça faisait du bien, parce que c’était réconfortant, mais je prenais conscience que je ne voyais plus les choses comme avant. Ilias, lui, profitait simplement. Il sanglotait en duo avec l’Ange. Le barrage qui menait à son cœur était inexistant. Ses émotions coulaient comme ça, emportées par le courant de celles de la brune. J’étais triste aussi. Voir la jeune femme pleurer me faisait souffrir. Je sentais la détresse d’Ilias et je voulais le rassurer de toutes mes forces malgré mon propre égarement. J’aurais aimé que Gustine fût là. Elle aurait préparé des tartines pour tout le monde. Face aux tartines géantes de la femme que nous considérions tous comme notre mamie, personne ne pouvait rester triste.

Alors que les mots continuaient de se bloquer dans ma gorge, mon esprit assailli par tout un tas d’informations difficiles à traiter, un petit cri craintif retentit. Je sursautai. Si mon frère avait utilisé sa main libre pour faire lui aussi un câlin à Laëth, il avait mis de côté celle qui tenait sa part de galette. Depuis le Lac Bleu, quelque chose avait surgi. Un homme nu, enfoncé jusqu’au ventre dans l’eau, avait attrapé goulument le gâteau et l’avait tiré en manquant de mordre les doigts du Magicien qui, ne comprenant pas, avant regardé ce qu’il se passait. C’est là qu’il avait crié. D’abord inquiet, je reconnus le trouble-fête. La pression et la tristesse se dégagèrent d’un coup, comme si la partie la plus jeune de mon être avait décidé de reprendre le dessus. Passer des larmes aux rires était un comportement souvent associé à l’enfance. Mes angoisses s’éteignirent soudainement au profit d’un petit rire franc et amusé. Ilias ne comprit pas. Son visage devint même l’avatar de la perplexité. « Azur ! Rend la galette ! » Mais Azur ne comprenait rien et n’avait pas l’air d’en avoir envie. Il mâcha avec appétit, avant de se figer, l’air surpris. Il recracha tout en notre direction, des morceaux de gâteau volant partout. Un objet plus lourd tomba dans les mains d’Ilias, qui le regarda. « Euh… » L’enfant ne comprenait plus rien. Qui était cet homme ? Que faisait-il tout nu ? Pourquoi avait-il volé sa galette ? Pourquoi l’avait-il mangé ? Et pourquoi avait-il tout recraché ? Et c’était une fève, ça ? « Tu… Tu le connais ? » Ilias était trop innocent pour que l’idée d’un pervers exhibitionniste pût naître dans sa tête. Il était juste perturbé par ce grand type aux cheveux bleus. « Lulu ? Tu le connais ? » répéta-t-il, en constatant que je ne répondais pas. Après la surprise et l’amusement, j’étais devenu légèrement inquiet. Il ne valait mieux pas qu’on le vît. « Oui, c’est mon Dragon. » « Ah bon ? » Pourquoi il ressemblait à un homme alors ? se demanda sans doute l’enfant. Je me redressai un peu, en faisant un geste pour lui dire de partir. « Oust ! Retourne dans l’eau ! Tu n’as pas le droit d’être ici et tu le sais très bien ! » Pour toute réponse, j’eus une sorte de feulement outragé. Ça aurait été un grognement si le Dragon avait été sous sa forme animale.

Azur leva soudainement les yeux vers le ciel. Je suivis son regard et me pris une goutte entre les deux yeux. Les nuages étaient arrivés vite. Le Dragon s'immobilisa puis, après deux seconde, replongea dans l’eau et disparut, nous laissant avec une pluie de plus en plus torrentielle. « Laëth ! Lulu ! Il faut s’abriter ! Vite vite ! » s’affola Ilias, comme s’il allait se noyer. Un éclair sépara le ciel et le lac en deux. Je me tournai vers l’Ange pour la première fois depuis que mon silence avait retenti. « Laëth, tu peux porter Ilias s’il te plaît ? » J’aurais pu mais je préférais qu’elle le fît. Je lui pris la main et me mis à courir, en essayant de ne pas m’emmêler dans mes grandes jambes. Il y avait un kiosque plus loin. Les alentours, déjà moins peuplés que d’autres endroits, s’étaient totalement vidés. « Viens. » Je ne savais pas si c’était une bonne idée mais ce serait sans doute mieux que rien. Le toit était solide mais l’eau s’infiltrait par les côtés. C’était une construction non fermée. Le centre était sec sur un diamètre d’au-moins trois mètres. Un autre éclair illumina le ciel. Les nuages étaient gris. Le tonnerre retentit sourdement. Ilias commençait à vraiment paniquer. « Lulu j’ai peur ! » « Mais non tu sais, c’est comme papa a dit ! C’est juste que le ciel est pas content parce qu’il a faim ! Alors il fait graaaa graaaa ! » « T’es sûr ? » « Mais oui. Hein Laëth ? » En la regardant, je pris de nouveau conscience que j’étais plus grand qu’elle. C’était très bizarre. Je me tournai un peu pour regarder le paysage. La pluie faisait du bruit, comme un rideau qui aurait pu protéger nos secrets des oreilles indiscrètes. Quand les grêlons se mirent à frapper le sol, je me rapprochai plus de la jeune femme. Je n’étais pas si courageux que ça. « Laëth… Ça devient vraiment bizarre… » Ilias fixait la scène avec des yeux épouvantés, la fève serrée dans sa petite main.

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Priam et Laëth
~ Ange ~ Niveau III ~

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Priam et Laëth
Lun 05 Juil 2021, 23:35




La Galette

Priam | En groupe



Le palpitant de Priam se serra. La réponse d’Aliénor ne lui apportait aucun réconfort, aucun soulagement. C’était un interminable trait d’arbalète tiré en plein cœur. Une douleur longue comme la vie. Les adieux auraient eu le mérite de mettre fin à tout espoir et à toute projection. Désormais, il s’imaginait des retrouvailles. Une boucle infinie de révérences déférentes, quand on aurait préféré des embrassades passionnées. Des regards qui se voulaient neutres mais au fond desquels pointait un regret éternel. Deux existences qui se côtoyaient sans jamais s’entrelacer. Comme des aimants qui, de loin, s’attirent, et de près, se rejettent. Des amis, peut-être ; des amis enchaînés par les interdits. « Au revoir, Aliénor. » Il la suivit des yeux. C’était pénible, un au revoir. Cela manquait d’absolu.

Il ne s’était même pas rendu compte que durant leur discussion, le ciel avait commencé à cracher sa colère. « Tu devrais… » La silhouette d’Aliénor fut engloutie par les torrents de pluie. « … attendre un peu. » Il soupira. La porte se referma. L’Ange se détourna de la sortie et marcha jusqu’à un bac en pierre. Des gouttes y tombaient alternativement depuis une fente dans le toit, si bien qu’une pellicule d’eau s’y trouvait. Son reflet le contempla avec tristesse. Il devait faire peine à voir. Les deux mains appuyées sur l’abreuvoir, il soupira encore. Sa nuque plia, et il sembla soudain que toute sa silhouette ne tenait qu’à la force de ses bras. Sa posture affaissée le vieillissait. Il avait l’allure d’un homme abattu.

Les yeux fermés depuis plusieurs secondes, il les rouvrit. Au dehors, un éclair jaillit, qui éclaira la pièce par les interstices des murs et du plafond. Le temps de l’éclat lumineux, il lui sembla apercevoir dans l’eau les iris du loup, ces deux billes jaunes percées de noir. Arrête de jouer les loups solitaires ! lui avait parfois lancé Laëth, lorsqu’il préférait rester dans son coin plutôt que de se mêler aux autres. Et s’il était fait pour cela ? S’il existait des gens dont la vie devait être vouée à la solitude ? Certains s’y accomplissaient pleinement. Sans attaches, sans contraintes sentimentales, on pouvait abattre un travail monstrueux et aligner les projets. Lesquels ? Sa main frappa l’eau ; une gerbe éclaboussa le mur. Il se sentait mal. Tout lui paraissait inutile. Cela passerait. Mais pour l’instant, il lui fallait composer avec. Les larmes affluaient à sa cornée. Rien ne paraissait pouvoir les arrêter.

L’Ange pivota à nouveau vers la porte. Tant pis pour la pluie – et bien qu’elle frappât plus fort encore que quelques minutes plus tôt. Son envie de retourner aux festivités était inexistante, cependant, le désir de rentrer chez lui le pressait. Il voulait retrouver ses bêtes et se lover dans la paille à leurs côtés, quelques minutes ou quelques heures. Les animaux lui apportaient une sérénité que rien d’autre ne savait créer. Ils débordaient de naturel et d’acceptation. Le mensonge et l’hypocrisie leur étaient inconnus. Ils n’avaient pas besoin de la parole pour s’exprimer. Ils ressentaient l’atmosphère, les auras, les émotions, et réagissaient en fonction de ces différentes notions. Ils avaient l’intelligence et la bonté des cœurs purs.

Alors qu’il se trouvait encore dans la pénombre de son recoin, la porte s’ouvrit. Avant même qu’une invasion de questions n’ensevelît Priam, les courbes d’Aliénor se découpèrent dans l’embrasure. Derrière elle, des grêlons martelaient le paysage. « De la grêle ? » répéta-t-il bêtement. Il s’approcha, comme s’il voulait constater le phénomène par lui-même. En réalité, le son des petits rocs gelés sur la toiture suffisait à se figurer l’intempérie. Ses yeux ricochèrent jusqu’à la Magicienne. Temps suspendu sur lequel se déroulent les sentiments muets. Inspiration. « Je ne pensais pas qu’on se reverrait aussi vite. » hasarda-t-il, pour détendre l’atmosphère. Un faux sourire collé aux lèvres, il se détourna. « Je plaisante. » Une série de fameuses plaisanteries lui encombrèrent le cerveau, des théories théologiennes aux blagues graveleuses, en passant par des comparaisons douteuses : « On a même réussi à mettre le ciel en colère, dis donc », « Tu crois que c’est un signe des Ætheri ? », « Tu es presque mignonne, comme ça, tu me rappelles le chat de ma sœur quand je lui ai versé par inadvertance un seau d’eau sur la tête », « Visiblement, il fallait que tu finisses cette journée mouillée, d’une façon ou d’une autre », « T’as fait exprès d’aller sous la pluie pour que je te réchauffe après ? ». Les gènes réprouvés dans toute leur splendeur. Fort heureusement, sa nature angélique et son ersatz de connaissance des convenances lui permirent de conserver son malaise pour lui-même.

Pour le faire passer, il avait juste besoin de focaliser son attention sur autre chose. Penser utile, penser pratique. « Je crois qu’on va être obligés de rester là un moment. » Dos à elle, il scrutait la pénombre. « Tu ne peux pas garder tes vêtements trempés. » Il pivota à demi la tête, de sorte à ce qu’elle vît son profil. Ses iris étaient rivés au sol. « Tu attraperais la crève. » Tandis qu’il se détournait tout à fait, il se dirigea vers une masse informe dans un coin. Il s’agissait de vieux sacs de grains, dont la plupart avaient été percés par des rongeurs affamés. L’Immaculé s’accroupit, glissa ses deux index et majeurs dans l’une des fentes et tira pour déchirer le tissu. Cela fait, il secoua le haillon afin de le débarrasser des graines et de la poussière. « Tiens. Tu peux te sécher un peu avec ça. Je vais te passer ma chemise et accrocher tes vêtements sur les poutres pour qu’ils sèchent. » Tout en parlant, il retira son haut, puis le lui lança, et déploya ses ailes.



Message VII – 961 mots

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Aliénor Vaughan
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Aliénor Vaughan
Sam 17 Juil 2021, 09:45


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La Galette



C’était gênant. « Moi non plus. » répondit-elle, en essayant d’analyser la situation. Comme il se détournait, elle resta un instant silencieuse, avant de s’hasarder dans une ébauche de conversation. « C’est vrai que si nous étions les personnages d’un livre, le lecteur aurait certainement préféré que tu me poursuives sous la pluie plutôt que de me voir faire demi-tour désespérément. » Et s’ils étaient dans un livre, la course poursuite sous la pluie se serait terminée en baiser ardent. Ils seraient sans doute retournés dans la vieille ferme d’ailleurs, mais pas pour discuter. La scène aurait été entrecoupée, laissant le lecteur sur sa faim. « La réalité est un peu moins… » chuchota-t-elle tout bas. Moins fantasque, plus complexe. Surtout, elle s’aperçut qu’en réfléchissant à ce qu’il se serait passé s’ils n’avaient été que deux personnages de roman ou de conte, elle avait formulé l’exact composition de ses désirs. Si elle n’avait pas été la femme de l’Empereur Noir, s’il n’y avait eu aucun danger, s’il n’y avait eu aucun pouvoir dans la balance, alors oui… Oui, elle aurait aimé qu’il la poursuivît, qu’il l’embrassât et qu’il ressentît exactement la même chose qu’il avait éprouvé dans les bras de Za, en cent fois plus intense. Mais il y avait toutes ces choses, son désir d’être mère, d’offrir un avenir sécurisé à ses enfants et, depuis qu’elle avait parlé à Elias Salvatore, sa volonté de quitter les jupons de sa mère et de s’affirmer. Elle remarquait certaines choses, comme la grandeur du Roi Noir et celle que l’Ange dégageait de plus en plus sans peut-être le vouloir. Plus elle observait l’ensemble et plus elle avait l’impression d’avoir un rôle à jouer. Et, surtout, pourquoi est-ce qu’Elias Salvatore l’avait laissée seule avec Priam ? Que ce fût sous le règne de Niklaus ou celui de l’Écorcheur, jamais elle n’avait été laissée si livrée à elle-même. Pourquoi est-ce qu’un homme qui était assez stratège pour annexer un territoire faisait-il cette erreur, maintenant ? Était-ce un test ? Mais pourquoi ? Il ne lui avait jamais accordé d’intérêt. Elle ne comprenait pas. Il devait être au courant de ses nombreuses conversations avec Priam. Il y avait bien des rumeurs ! Il avait tué des hommes qui avaient simplement côtoyé sa femme. Était-ce une excuse pour éliminer Priam ? Alors même qu’il n’avait montré aucune animosité ? Elle se perdait dans son jeu de dupe. Que voulait-il ? Que pensait-il vraiment ? Elle n’arrivait pas à tirer une conclusion de tout ça. Son esprit devint confus, moment que choisit Priam pour s’exprimer de nouveau.

Aliénor releva les yeux vers lui et le regarda faire en silence. Il avait des manières de Réprouvé, loin de la magie. Devait-elle lui dire qu’elle pouvait changer de vêtements à volonté ? Devait-elle lui dire qu’elle pouvait éventuellement se téléporter ailleurs ? Devait-elle lui dire qu’elle pouvait faire apparaître un bain fumant au milieu de ces ruines ? Il y avait d’infinies possibilités. Lui en voudrait-il, si elle gardait le silence quant à ces possibilités pour adopter sa méthode ? Et quand bien même serait-elle malade, elle aurait la possibilité de se faire soigner par magie. Le silence illustra pourtant ses lèvres et elle l’observa défaire sa chemise. Elle retint le sourire prêt à se frayer un chemin sur son visage. Elle attrapa la chemise. « Tu as changé depuis la dernière fois que je t’ai vu. » dit-elle. Elle parlait de son corps. « Tu devrais éviter de te déshabiller devant d’autres Magiciennes. Tu as de la chance que je sois sage mais beaucoup se jetteraient sur toi en gloussant et d’autres colporteraient mille rumeurs sur le Petit Pigeon devenu aigle. » Parce qu’un pigeon ne faisait pas le poids face à un vautour. Ça lui arracha un sourire, cette fois. Contrairement à ce que beaucoup commenceraient à fantasmer, elle n’aurait jamais envie que Priam et Elias se battissent entre eux, surtout pas pour elle. Cette configuration était simplement impossible et aurait été stupide.

Elle tourna le dos à Priam et enleva sa robe et ses chaussures pour apposer sur sa peau la texture raiche de la toile qui contenait précédemment des grains. Elle posa le tissu fin au-dessus d’une porte à moitié tordue et la tenue commença à goutter par terre à rythme régulier, traçant deux petits cercles de plus en plus étendus sur le sol, tout en créant des marques semblables à des larmes sur le bois du battant. Elle les regarda un instant avant de se défaire du sac de grain et d’enfiler la chemise. Si on les surprenait comme ça, la situation serait bien trop ambigüe pour pouvoir être expliquée sans éveiller les soupçons. « J’ai l’impression que personne ne nous surveille. » finit-elle par dire. « Normalement, Lhéasse aurait déjà dû intervenir, ou n’importe quel élément extérieur. À moins que ce ne soit un piège ? » Elle réfléchit. « Le Duc Val’Aimé Taiji a voulu m’assassiner, semblerait-il. Un jeune homme est intervenu le temps pour Lhéasse de me retrouver. Il était en colère. Néanmoins… Je ne pense pas que ce soit ça. » Elle s’avança. « Je me demande si quelqu’un ne désire pas nous faire tuer tous les deux… Mais pas le Roi. En y réfléchissant, j’ai plutôt l’impression qu’il cherche à se rapprocher des Magiciens, sinon… Pourquoi la Galette ? » Et si ce n’était pas le Roi qui désirait les faire tuer, alors Lhéasse aurait dû la suivre. « Crois-tu que… Crois-tu qu’il puisse faire une erreur ? Cette erreur ? De nous laisser seuls ainsi alors que jusqu’à présent… À moins que l’erreur ne provienne de mon garde du corps mais… » Elle n’imaginait pas Lhéasse se tromper. Il la surveillait depuis des années et des années. Même lorsqu’elle pensait, il était toujours là pour faire disparaître ses fantasmes et la prévenir de l’idiotie de ce qu’elle envisageait. « Et cette grêle soudaine… » Elle s’avança un peu plus, jusqu’à atteindre la barrière de ses ailes. Elle posa sa main sur son plumage. « Je me demande ce qu’il se passerait si je te touchais… » Elle passa les appendices et posa un index sur sa peau. Elle guetta la porte. Rien. Elle posa sa main, ses sourcils montrant son désarroi. Rien non plus. « Pourquoi est-ce qu’il ne se passe rien ? » demanda-t-elle, en relevant les yeux vers lui. Elle était troublée, très loin des considérations de la chair. « Cette situation n’a aucune logique… Priam… » Ce qu’elle pensait, elle ne pouvait le dire à voix haute. Était-ce un cadeau de l’Empereur Noir pour sa coopération passée ? « Tout ça c’est… Ça ne se peut pas. Je… » Elle réfléchit et son expression changea légèrement. Avec détermination, elle se hissa sur la pointe des pieds et l’embrassa au coin des lèvres. Le baiser n’avait rien de sensuel. C’était un baiser rapide, comme si elle était en pleine expérience. Elle l’était. « Non je… » Elle réfléchissait trop. Est-ce qu’il lui avait donné une autorisation silencieuse ? Mais pourquoi ?

Elle s’écarta et s’éclaircit la gorge, avant de se mettre à faire les cent pas, ses cheveux dégoulinant sur le tissu qu'elle portait. Elle ne pouvait pas aller plus loin. Elle ne le devait pas, pas sans en être sûre. Priam devait la prendre pour une folle ou une bipolaire, tantôt désespérée, tantôt entreprenante, surtout qu'elle ne donnait que la moitié des explications. « Lorsque le temps sera plus favorable, tu partiras en premier. Je resterai ici plus longtemps. J’irai retrouver le Duc Taiji ensuite et j’essaierai de savoir pourquoi est-ce qu'il ne se passe rien… Tout ça n’est pas logique, il y a forcément une explication. » répéta-t-elle une énième fois, en enroulant ses doigts autour du tissu de la chemise. Rationnaliser, ça l'empêchait aussi de songer à leur situation actuelle.

1223 mots


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Astriid
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Astriid
Dim 15 Aoû 2021, 14:09

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La Galette




Astriid esquissa un sourire attendri devant les marques d'affection du couple. Il était difficile de faire autrement face aux Prophètes d'Ësse'Aellun. Leur amour deviendrait légende et il inspirait dans le coeur de l'Ygdraë le désir de connaître ne serait-ce qu'un fragment du bonheur qu'ils partageaient. Aimer et être aimé n'était pas une chance offerte à tous. Astriid aimait, elle aimait beaucoup, facilement, inconditionnellement et elle aimait de nombreuses personnes. Ce n'était pas toujours réciproque et elle s'en accommodait plus ou moins bien, son naturel enjoué revenant au galop après avoir essuyé des échecs. «Moi aussi plus tard, je serai comme vous avec mon amoureux ou mon amoureuse. Et je vous inviterai à mon mariage et on fera la fête toute la nuit ! Vous m'apprendrez vos danses ? J'adorerai essayer !» Sa main remonta le long du dos de la petite Sif pour consolider sa prise sur la fillette qui s'agitait en babillant, ses doigts ayant quitté ses cheveux pour toucher les longues oreilles de la Sylvestre. «Et toi Sif, comme tu seras plus grande, tu seras ma partenaire de danse !» La petite Elfe gazouilla pour toute réponse. «Parfait ! C'est entendu alors !» Et elle déplia le poing serré du bébé pour faire mine de frapper dans sa main. Cela sembla donner des idées à Sif qui prit un air sérieux et se mit à tapoter les joues et le cou d'Astriid avec sa minuscule paume tandis que l'Eskët suivait la discussion. «Ce doit être une pression énorme de se voir accorder une danse avec l'un ou l'autre. Je crois que je serai satisfaite si je danse avec Sif, ce sera la plus mignonne des partenaires et ils seront tous jaloux.» Affirma Astriid avec un enthousiasme qui fit sourire les autres Ygdraës et lever les yeux au ciel à Raïm.
Comme à propos, ils découvrirent la fève blanche dans la main de Neah. Les yeux d'Astriid s'écarquillèrent et des murmures surpris s'élevèrent dans le groupe. Un bébé, danser avec l'Ultimage ? Il y avait de quoi en surprendre plus d'un. Néanmoins, toujours positive, l'Elfe songea qu'il valait mieux l'Impératrice Blanche que son alternative. «C'est un Enfant des Cieux.» Lui souffla Daràdir, voyant que la rousse s'attardait sur les ailes immaculées qui ornaient le dos du futur cavalier de l'Ultimage. «Ooooh, oui j'en ai entendu parler. Si petit et déjà si particulier ! Quel destin peut attendre un tel enfant ? Ce n'est encore qu'un bébé et il va déjà rencontrer un Souverain, c'est incroyable, non ?» L'Ildra acquiesça silencieusement. Entouré de tels parents, doté de ces ailes, il était certain que les Enfants des Cieux feraient rapidement parler d'eux en grandissant mais Astriid ne doutait pas que Mancinia et Neah les protégeraient de l'attention que les deux Ailés attireraient sur eux. Un petit cri ravi échappa soudain à Sif, et Astriid sentit le poids familier de Piäh Nour sur son épaule. Curieux, l'animal à la fourrure bleutée avança sa tête vers l'Elfette et émit un doux ronronnement quand la fillette empoigna maladroitement son museau. Entre le Kinshäla qui s'accrochait d'une patte dans ses cheveux et Sif qui ne tenait plus que grâce aux bras de l'Ygdraë, Astriid dit sur un ton amusé : «Dites donc tous les deux, je ne suis pas un arbre. Lorsque tes parents t'emmèneront à Melohorë, je te montrerais comment on grimpe dans les arbres.» Ajouta-t-elle à l'adresse de la fillette.
La froideur du début de leurs échanges oubliés, les bavardages et les rires qui s'échappaient de la famille des Ecuyers de l'Aurore et des Ygdraës furent soudain interrompus par le grondement sourd d'un orage qui approchait. La mine d'Astriid s'assombrit, en écho aux nuages amassés au dessus d'eux. Elle était assise en tailleur et surveillait Sif qui s'amusait avec le Kinshäla dans l'herbe. Quittant l'Elfette des yeux une seconde, elle lança un reproche muet vers le ciel. «Oh non, le pique-nique... Et je voulais me baigner aussi.» Ses plaintes furent reprises par les autres Eskëts. À l'inverse, Raïm claqua ses mains sur ses cuisses et fit mine de commencer à se lever en s'exclamant sur un ton un peu trop réjoui : «Ah bien, on va devoir y aller alors.» Mais il n'avait pas terminé de parler que la magie de Neah était à l'œuvre, les abritant tous à l'instant même où le ciel se fendait au dessus de leurs têtes pour y déverser ses trombes d'eau. Raïm se renfrogna et enfonça son menton dans sa main en affichant un air boudeur tandis que les Ygdraës remerciaient chaleureusement l'Ange. Daràdir s'était assis non loin de Mancinia et prenait note de ses recommandations pour visiter les Terres d'Emeraude. S'il commençait à mieux supporter le Ma'Ahid de la Marquise, il devait désormais faire face à son charisme et Astriid remarquait avec amusement que les joues de l'Ildra s'empourpraient fréquemment et qu'il n'arrivait pas à croiser son regard. Sa timidité naturelle devait être mise à rude épreuve face à l'Humaine, elle-même devait se retenir de ne pas la dévisager avec Neah et elle remerciait Sif d'être une si merveilleuse distraction et l'empêcher de se montrer malpolie. Quand elle la voyait rire aux éclats devant les pitreries de Piäh Nour, elle songeait qu'il lui faudrait convaincre ses parents de produire un petit frère ou une petite soeur lorsqu'elle reviendrait à Melohorë.


Message IV | 948 mots | Fin
Comme suggéré par Mancinia, j'ai joué le fait que Neah utilise son bouclier pour les abriter de la pluie. Merci pour ce rp nastae
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Priam et Laëth
Jeu 09 Sep 2021, 07:27




La Galette

Priam | En groupe



Le cœur de Priam se gorgea d’incompréhension et se serra. Il dévisageait Aliénor, incertain quant à la teneur de ses propos. Voulait-elle dire qu’elle aurait aimé qu’il courût derrière elle, alors qu’elle venait juste de le rejeter ? Était-ce dans les mœurs magiciennes, de faire fi des refus des uns et des autres ? Paraissait-il normal d’imposer son désir, comme le faisait les Sorciers ? Aurait-elle vraiment voulu qu’il la rattrapât pour la plaquer contre le tronc d’arbre le plus proche ? Il aurait pu. Les Mages Noirs n’étaient pas les seuls à faire valoir des droits dont ils ne disposaient pas. C’était sans doute là le seul point de comparaison que l’on pouvait établir avec les Réprouvés. L’amour et le sexe ne s’alliaient pas gracieusement à leur partie démoniaque. Leur séduction pouvait être particulièrement lourde, quand elle ne se transformait pas en violation. Il avait déjà vu ses parents se résister, et l’un mettre l’autre à genoux. Dans ces moments-là, il y avait toujours des cris, des larmes, et parfois du sang. Du haut de ses neuf petites années, il s’était juré qu’il ne ferait jamais vivre cela à qui que ce fût. Alors, il n’avait pas couru derrière Aliénor.

Sa chemise retirée, un frisson glacé le parcourut. Avec l’arrivée de l’orage, la température avait chuté. Il ne faisait plus si chaud. Il passa sa main droite sur son bras gauche, avant de relever la tête vers la Magicienne. Elle était pire que le ciel ; elle jouait avec le feu et la glace plus rapidement que les nuages ne galopaient. L’Ange ne savait plus sur quel pied danser. Que pouvait-il bien lui répondre, considérant ce qu’elle lui avait dit plus tôt ? Il s’humecta les lèvres. Une petite pirouette. Rebondir plutôt que répliquer. « Je devrais peut-être arrêter de m’entraîner avec ma sœur, dans ce cas. » Parce que ça le musclait, et parce qu’il s’entraînait presque toujours torse nu. C’était plus pratique pour se mouvoir et déployer ses ailes. Il était à peu près certain que Laëth aurait fait de même si elle n’avait pas craint de choquer la pudeur. À Lumnaar’Yuvon, se battre nu n’avait jamais gêné personne. Au cœur des Jardins de Jhēn, ce n’était pas envisageable.

Malgré lui, il ne put s’empêcher de couler un regard vers la Magicienne lorsqu’elle se défit de sa robe. Ses iris dorés suivirent la courbe de ses épaules, puis celle de son dos et de son bassin. Sa peau humide appelait aux baisers d’une façon parfaitement déraisonnée. L’Ailé déglutit et se détourna. « Si c’est un piège, j’imagine que tu l’as contourné. » répondit-il sans animosité – par ailleurs, c’était peut-être ce détachement apparent qui rendait ses propos agressifs. Il pinça les lèvres et se dirigea vers la porte. Derrière celle-ci, la pluie battait le sol. Des gerbes de boue dansaient entre les touffes d’herbe et les cailloux. Il n’avait pas entendu parler de la tentative d’assassinat sur Aliénor. Bien que cela ne l’étonnât pas, savoir qu’elle avait frôlé la mort venait le chercher jusque dans les cavités les plus secrètes de son cœur. Les dents serrées, il ne pouvait s’empêcher d’imaginer son corps inerte et nimbé de sang. Val’Aimé Taiji. Il connaissait déjà son nom ; il était désormais ancré au fer rouge dans sa mémoire. « Je crois que les hommes de son rang ne font pas des erreurs aussi grosses. » s’entendit-il dire. En le prononçant, il le réalisa. Il pivota vers la Fille au Chapeau et scruta sa figure, une étincelle étrange au fond des yeux. Ce que ses propres mots lui révélaient trouverait un écho, quelques temps plus tard, au bal et dans la bouche d’Elias Salvatore lui-même. Il n’en ferait rien, parce que la Magicienne ne voulait rien en faire.

Un long frémissement courut sur son échine. La main d’Aliénor était chaude et son contact doux. Parfois, il éprouvait encore des difficultés à ce qu’autrui touchât ses ailes, autrefois mutilées par un Sorcier, mais sous les doigts de la jeune femme, il ne se déroba pas. Le menton baissé, il ferma les yeux, juste une seconde. Il aurait pu emprisonner sa taille et saisir ses lèvres. Maintenant. Mais il ne bougea pas ; et il la détesta, de leur infliger cela. Il savait pertinemment qu’elle n’était pas indifférente. Sans avoir besoin de les lire, il devinait ses pensées. Cet inexplicable rêve avait créé entre eux un échange qui ne se tarirait sans doute jamais. Il lui suffisait de plonger dans ses yeux pour saisir l’étendue de son trouble. Là où elle tâtonnait encore, il possédait déjà la réponse – ou croyait l’avoir, en tout cas. C’étaient peut-être l’agacement et l’impatience qui s’exprimaient. C’était peut-être… Son corps tout entier se tendit. À son tour désorienté, il ne put s’empêcher de souffler : « Qu’est-ce que tu fais ? » Pourquoi l’embrasser ? Dans quel but ? Vérifier qu’aucun monstre n’enfoncerait la porte pour la ramener d’où elle venait ? Il secoua vigoureusement la tête et s’écarta en même temps qu’elle. Peu à peu, l’envie de partir germait dans ses entrailles. Il ne pouvait pas rester. Il ne le voulait pas.

« Non, je vais partir maintenant. » affirma-t-il sèchement. Il commença à se diriger vers la porte, déterminé, puis se retourna et s’arrêta, à quelques pas d’Aliénor. Il leva la main. « Tu ne peux pas… » Son poing se serra et, dans un soupir, il laissa son bras retomber le long de son corps. Les yeux fermés, la tête baissée, il s’humecta les lèvres. Lorsqu’il se redressa, ses prunelles brillaient ; c’était une lueur à la fois douce et franche. « Je ne suis pas un jouet et tu n’es pas une enfant. Tu ne peux pas décider de me laisser dans un coin parce que les circonstances font que tu ne veux pas de moi et faire mine de me reprendre la seconde suivante. Je ne veux pas de ça. » Il s’approcha, jusqu’à être tout près d’elle. « Peu importe pourquoi on nous a laissés seuls, même si je suis convaincu qu’il n’y a pas deux mille raisons, parce que ces hommes-là ne font pas ce genre d’erreurs. Le choix te revient et le reste n’a pas d’importance. Soit tu choisis de vivre une existence sans histoire, à Amestris, avec l’Empereur, vos cinquante-six gamins, une horde de Sorciers prêts à t’étriper et tout un tas de règles infectes, mais une existence qui te permet d’obtenir une sécurité relative, soit tu choisis le risque et l’interdit, le danger et le secret. Il n’y a pas d’entre-deux. » Et elle avait déjà choisi, non ? Il sonda son regard, ses iris allant de l’un à l’autre des siens. « C’est mieux que je parte maintenant. » acheva-t-il dans un murmure. Son souffle se brisa contre la peau de la Magicienne. Un vertige roula dans son dos ; il remonta chacune de ses vertèbres, si lentement que c’en était presque mécanique, puis il s’empara de son crâne. Soumis à sa force, Priam s’inclina, passa un bras autour de la taille de la jeune femme, serra sa main libre sur sa nuque, et l’embrassa. Son cœur battait à tout rompre. Il avait brisé une promesse ; mais si c’était pour en faire une autre, au nom d’un idéal plus puissant, était-ce si grave ? Il ne trahissait que lui-même. Son étreinte se défit. Il n’était même pas certain de promettre quoi que ce fût. Quel serment pouvait-il bien prononcer ? Je t’attendrai toute ma vie ? Ce serait un mensonge. C’était le genre de promesses que formulait sa sœur ; mais lui savait qu’elles étaient intenables. Il l’espérait, en tout cas. Il espérait que, aux pieds de la Mort, il ne rêverait pas des yeux marins d’Aliénor. Une hésitation traversa la gorge de l’Ange ; il ne formula rien. Il recula d’un pas et rétracta ses ailes. Il sembla hésiter, encore, puis il tourna le dos à la Dame Noire et, en quelques enjambées, il fut dehors. Le ciel se déchaînait, mais comme le risque, l’interdit, le danger et le secret, cela n’avait aucune importance.

FIN



Message VIII – 1350 mots

Résumé : nastae
Merci pour ce rp <3




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Priam et Laëth
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Priam et Laëth
Ven 10 Sep 2021, 11:25




La Galette

Laëth | En groupe



Laëth assista à l’échange sans dire un mot. La surprise, puis l’inquiétude et enfin le soulagement, avaient tari ses pleurs et elle avait essuyé ce qu’il en restait à l’aide du revers de sa main. Une pointe d’amusement tremblait dans ses rétines, malgré la douleur qui encageait sa poitrine. Du coin de l’œil, elle avait aperçu la fève blanche qui était tombée dans les paumes d’Ilias. Elle l’invitait à danser avec l’Impératrice Blanche. Un poil complexe, sans doute, considérant son âge. Ils trouveraient certainement un autre arrangement. Si Kaahl avait été présent… Elle chassa cette pensée. Il n’était pas là. Il n’était pas là, et en son absence, le monde continuait de tourner. Elle pouvait tourner avec, ou nager à contre-courant et se faire engloutir par les méandres du temps. Son poing se serra doucement. Elle voulait arrêter d’y penser. Elle voulait arrêter de penser. Son attention se greffa sur Lucius qui réprimandait son dragon pour qu’il retournât se cacher. En même temps que la créature, elle leva les yeux vers le ciel. D’épais nuages s’étaient amoncelés au-dessus du lac. Rapidement, la pluie se mit à tambouriner à la surface de l’eau. L’Ange se leva immédiatement et pris la main de l’enfant affolé. « Ça va aller, Ilias, ne t’inquiète pas. C’est juste de l’orage. » Comme elle acquiesçait à la requête de son grand frère, elle l’attrapa pour le prendre contre elle. Sa main libre se glissa dans celle du Dragonnier, et elle courut dans ses pas.

Lorsqu’ils parvinrent au kiosque, le tonnerre résonnait en réponse à la fureur des éclairs. L’Aile d’Acier garda Ilias dans ses bras. « Oui, c’est comme ton papa a dit. » confirma-t-elle en levant le regard vers Lucius. La dernière fois, elle avait été contrainte de baisser la tête pour le voir. Les choses avaient bien changé. Un sourire discret fleurit sur ses lèvres, et se fana dès que la grêle s’abattit. Elle observa le ciel déchaîné, silencieuse. C’était un phénomène rare, et qui elle aussi la prenait de court. Le bras de l’adolescent frôla le sien. Elle le regarda à nouveau. Elle sentait la peur des deux jeunes. Ils l’éprouvaient à des degrés différents, mais elle était bien présente. L’Aile Blanche sourit afin de les rassurer. « Tu n’as jamais tapé des poings ou des pieds quand tu étais très en colère ? Eh bien, le ciel fait pareil, avec la grêle. Il doit avoir vraiment très trèèès faim, et comme personne ne l’écoute, il se met très trèèès en colère. » Tout en maintenant Ilias contre elle, elle s’assit, et fit signe à Lucius d’agir de même. « Et le tonnerre et les éclairs, ce sont un peu comme des grognements ou des grands cris. » Elle regarda tour à tour les enfants Paiberym. Le petit garçon tenait toujours la fève. « Ça lui arrive rarement, par ici, mais ce n’est pas grave. Il ne faut pas s’inquiéter, parce que ça va finir par s’arrêter, et qu’il ne va pas s’en prendre à nous. » Pourtant, cela arrivait, parfois. Ils ne s’en souvenaient probablement pas, parce qu’ils n’étaient que des bambins à l’époque, mais une tempête avait détruit le château de leur père. Des gens y avaient péri. C’était suite à cela que Sjâr, Asîlah et Hélène avaient été intégrés à leur fratrie.

« Ce qu’on va faire, c’est qu’on va rester là en attendant que l’orage se calme, d’accord ? » Laëth se sentait étrangement paisible. Elle se faisait du souci pour le bien-être des enfants, bien sûr, mais c’était comme si sa volonté d’être rassurante agissait sur elle-même et gommait tous les troubles de son cœur. Tout se passerait bien. Elle en était si convaincue que sa magie agissait sur les émotions des garçons. « Ensuite, on essaiera de retrouver la dame qui vous accompagnait, pour qu’elle ne s’inquiète pas, et si vous voulez, on ira prendre un goûter tous ensemble à la maison. Ou avec les animaux de Priam, au pré. » ajouta-t-elle en regardant Lucius. La dernière fois qu’il était venu, son aîné l’avait emmené, ainsi que sa sœur Hélène, voir ses bêtes. Ils y avaient passé un long moment. Elle et Kaahl avaient pu faire l’amour ; et ils ne s’étaient pas revus depuis. Elle s’éclaircit la gorge. « Tenez, j’ai une idée. » Elle fit apparaître dans une de ses mains une bougie rose et bleue. Sa flamme brillait dans la pénombre. « C’est une bougie magique. » Elle sourit. « Elle a le pouvoir de réaliser des vœux. Il suffit d’en formuler un et de souffler dessus. Lorsque le vœu aura été exaucé, elle se rallumera, et on pourra en faire d’autres. » Ses yeux verts allèrent de l’un à l’autre des Paiberym. « Je vous laisse choisir le vœu qu’on peut faire. » Elle avança sa main de sorte à placer la bougie entre les deux garçons.

FIN



Message VI – 814 mots

Résumé : Laëth est avec Lucius et Ilias. Je suis partie du principe qu'ils ont perdu la garde du corps dans l'orage. Merci pour ce rp nastae²

Note : Laëth fait apparaître cette bougie : La bougie enchantée : cette petite bougie rose et bleue à l'étrange particularité d'être toujours allumée et de ne jamais fondre a le pouvoir d'exaucer un vœu bénéfique lorsqu'on souffle dessus pour l'éteindre. Une fois le vœu réalisé, elle se rallume à nouveau.




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Aliénor Vaughan
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Aliénor Vaughan
Sam 18 Sep 2021, 17:49


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La Galette



Aliénor resta droite lorsqu’il ouvrit de nouveau la bouche. Non, il n’était pas un jouet. Non, elle ne voulait pas disposer de lui comme bon lui semblait. Elle essayait juste… Elle essayait juste de composer comme elle pouvait. Ce qu’il disait était idiot. C’était facile. Mais si elle le choisissait lui, ils mourraient tous les deux. Le risque, l’interdit, le danger et le secret ne leur apporteraient rien de bon. Pourquoi le croyait-il ? Que ferait-il, lui ? Serait-il capable de tout abandonner pour elle ? Ses bêtes ? Ses projets diplomatiques ? Sa sœur ? Son peuple ? Croyait-il vraiment qu’ils pourraient se cacher chez les Anges ? Non. Ils ne le pourraient pas. Parce que les Anges, depuis le Génocide, ne faisaient plus le poids. Ils ne voudraient pas en entendre parler, comme les Mages Blancs eux-mêmes. Personne ne risquerait des tensions pour ses beaux yeux. Elle n’était qu’une femme parmi tant d’autres. Les Ætheri l’avaient désignée. Qui était-elle pour désobéir aux Dieux ? Il n’y avait eu que les Déchus pour lui demander si elle avait besoin d’aide. C’était la seule chose dont elle se rappelait du Fessetival. Était-il réellement capable de fuir une vie durant ? Il était éternel. Il cesserait de l’aimer bien avant sa propre mort, à elle, alors… Alors la seule option était de rester à sa place et de formuler des demandes silencieuses à son mari. Peut-être que d’un commun accord, elle pourrait… Peut-être, oui. S’il ne faisait pas d’erreurs alors… Alors ce ne serait pas impossible, uniquement en suivant ce chemin précis, celui de l’apparente soumission au Grand Chaos. Comme une chienne tenue en laisse par son maître, elle disposerait de plus ou moins de jeu. Elle ignorait encore exactement comment s’y prendre mais si elle le contentait et faisait bonne figure, il lui ferait peut-être suffisamment confiance pour la laisser prendre des amants. Un amant. Priam. Tant que le secret perdurerait, elle pourrait sans doute rencontrer l’Ange. Encore fallait-il qu’elle vît juste et que l’Ailé le voulût. Elle n’en était pas sûre. Sa question l’avait légèrement troublée et, depuis, elle ne cessait de se convaincre qu’il avait décidé de passer à autre chose, de la laisser pour toujours. Il aurait eu raison. Rien ne le retenait près d’elle. Il souffrirait, à ses côtés. Il voulait partir et elle n’avait pas la force de lui crier de rester. C’était mieux ains…

Les yeux de la Magicienne s’écarquillèrent bien avant qu’il ne l’embrassât. Comme le bruit d’un tsunami, la vague qui submergea l’Ange la tint alerte. Ses pensées s’évanouirent à l’instant même où il s’approcha davantage. Elle aurait pu lui demander ce qu’il faisait, comme il avait pu le faire avec elle plus tôt. Seulement, elle se sentit molle sous son étreinte, privée de toute volonté de reculer et de se soustraire. Elle désirait son contact et ce désir gonfla sa poitrine des picotements de l’adrénaline. Le baiser de l’Ange n’eut rien de celui qu’ils avaient échangé plus tôt. Plus intense, il enflamma son bas ventre et exalta sa respiration. Des images interdites parcoururent son esprit, des images qui appartenaient à l’existence de Priam, lorsqu’il avait fait l’amour avec la blonde sous l’effet d’un philtre. L’avait-elle ensorcelé sans le vouloir ? Agissait-il ainsi pour se venger ? Si tel était le cas, elle souhaitait qu’il continuât, qu’il l’acculât contre le mobilier en ruines et qu’il l’empêchât de tenter une quelconque fuite. Elle voulait le sentir entre ses cuisses, ses doigts, sa langue, son sexe. La peur se mélangeait à l’ardeur. Elle voulait ses bras, pour noyer son désespoir à l’intérieur et y oublier la réalité. Elle désirait qu’il se comportât comme un Réprouvé. Elle voulait voir son côté bestial. Pourtant, il s’écarta, la laissant haletante et gênée. Aliénor se demanda même si elle n’avait pas rêvé, si ce baiser s’était produit, si elle n’avait pas rêvé éveillée, si ses fantasmes n’avaient pas pris le pas sur la réalité.  Ses yeux cherchèrent des réponses sur le visage de l’Ange. Elle y lut une forme d’indécision. Elle était incapable de faire quoi que ce fût et, immobile, elle le laissa s’échapper, sans savoir quand est-ce qu’ils se reverraient, s’ils se revoyaient un jour. Comment devrait-elle se comporter ce jour-là ? Surtout, quelle était la signification de ce qu’il venait de faire ? Comment devait-elle l’interpréter ?

La culpabilité ne tarda pas à envahir son cœur, à le gonfler d’un sentiment complexe. Et s’il l’aimait vraiment ? Et si ses refus le condamnaient à la solitude ? Et si, dehors, plusieurs Sorciers l’avaient intercepté ? D’un pas vif, elle se déplaça jusqu’à la porte qu’elle ouvrit à la volée. Elle ne vit rien, que la pluie. Elle n’en sortit néanmoins pas soulagée. Ils avaient très bien pu se téléporter avec lui, ailleurs. Peut-être étaient-ils en train de le frapper sur une plage quelconque ? Peut-être poussaient-ils actuellement son corps sur des rochers acérés ? Peut-être n’était-ce rien de tout ceci. La maladie est silencieuse, au début. Elle se mordit la lèvre. Elle avait l’impression que son odeur et son goût étaient encore sur elle. Elle voulait qu’il revînt.

854 mots
Fin


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