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 Home Sweet Hole

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Kitoe
~ Démon ~ Niveau II ~

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◈ YinYanisé(e) le : 09/11/2016
Kitoe
Jeu 18 Fév 2021, 19:05

Helsinki
Home Sweet Hole
RP précédent : La fin (ouais, je devais faire ce rp depuis 3 plombes. Ce sera le rp anecdotes post-trauma)
(Est-ce que ce rp sera une playlist dédiée à Bring Me The Horizon ? Tout à fait)


Sa main prisonnière de l’emprise inconnue, Helsinki suivait celle qui l’entrainait vers l’avant sans dire un mot. Ses sens en alerte étaient submergés par les bruits et les humains qui allaient et venaient en tous sens et en une quantité qui dépassait le raisonnable. Elle avait caché ses yeux dans le creux de son bras droit, dont la main serrait fort le livre qu’elle avait entrainé dans sa fuite. Elle tentait parfois d’ouvrir les yeux, mais la lumière lui brûlait la rétine. Elle ne savait pas où elle allait, mais à vrai dire, elle était arrivée à un stade où elle ne cherchait plus, se laissant bêtement guider par cette main. Elle était supposée être en sécurité à présent. On le lui avait dit une bonne dizaine de fois mais l’information ne perçait pas l’épaisseur de son crâne. Elle se sentait juste si impuissante qu’il lui valait mieux subir son sort en silence, quelle qu’en fût sa nature. Elle avait fait son choix, un choix déraisonnable, en acceptant la main tendue de ce soldat ; elle en subissait maintenant les conséquences. Helsinki avançait doucement, son pas incertain craignant un choc ou une blessure à cause d’un obstacle non anticipé. Elle était surprise qu’on ne l’insulte ou qu’on ne la frappe pas pour l’inciter à aller plus vite, ni qu’on ne cherche à la faire tomber. Elle attendait pourtant le coup, elle était prête à le recevoir. Mais non, rien. Bientôt, le brouhaha s’atténua. Un claquement de porte l’étouffa davantage et le calme devînt assourdissant. Les quelques voix qui retentissaient çà et là n’étaient rien comparées à l’extérieur.

-Asseyez-vous sur le lit.

L’Ange se laissa guider. A présent, la femme était assise à côté d’elle. Helsinki sentait son regard sur son corps. Ça la faisait frissonner.

-Vous ne pouvez toujours pas voir ?

-… Il y a trop de lumière.

Avait-elle le droit de dire ça ? Elle attendait une réaction, quelque chose de sonore qui n’arriva jamais. A la place, Helsinki ne détecta que le frottement doux de vêtements par des gestes lents et délicats. Cela lui fit penser à Leigh, à sa manière de se mouvoir. C’était souple, glissant, froid. Un serpent. La Vile lui avait déjà fait mention de son affection pour ces créatures. Helsinki n’en avait jamais vu, mais elle savait d’ores et déjà qu’elle en avait peur. Ce ne fût pourtant pas un reptile qui la toucha, ni des phalanges griffues et squelettiques, mais des mains chaleureuses et pleines de tendresse. L’incitant à relever la tête, la femme passa un foulard sur ses yeux, qu’elle noua derrière sa tête.

-Vous serez plus à l’aise ainsi. Dites-moi comment vous vous sentez ? Avez-vous faim ? Soif ? Vous pouvez demander ce que vous voulez, vous êtes en sécurité ici.

L’Ange ne ressentait plus la faim ou la soif depuis longtemps. Ces deux paramètres n’étaient plus ses préoccupations.

-Qu’est-ce que vous allez me faire ?

Elle était complètement perdue et ne se sentait pas moins un pantin qu’auparavant. Elle ne comprenait pas comment elle pourrait un jour se faire à un tel changement.

-Vous avez été sauvée de la Terre Blanche et maintenant vous allez rejoindre les vôtres, les Anges. Ici, vous allez être soignée puis suivie par des psychologues pour que vous puissiez vous réinsérer au Jardin sans problème. Vous pourrez reprendre une vie normale.

Reprendre ? Elle n’avait jamais eu la sensation d’en avoir eu une auparavant. C’était à peine si elle avait compris ce dont elle parlait.

-Comment vous appelez-vous ?

Sa question ne reçut qu’un silence. L’inconnue n’insista pas.

-Ce n’est pas grave. Allongez-vous et reposez-vous. Il y a un verre d’eau sur votre table de chevet. Vous pouvez y déposer votre livre aussi, il restera là. Des médecins vont venir vous voir d’ici peu, ils risquent de répéter plusieurs fois les mêmes questions et d’être un peu froids. Ne leur en tenez pas rigueur, ils ont beaucoup de travail, alors ils ont tendance à être un peu pressés. Mais ils sont là pour vous aider, gardez seulement ça en tête. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, vous pouvez me demander. Appelez Méryl. Répéta-t-elle. Vous retiendrez ?

Helsinki acquiesça machinalement. Elle n’était sûre de rien.

-Ça va aller.

L’Ange la laissa s’en aller, la boule au ventre. Elle ne voulait pas qu’elle parte. Elle ne voulait pas se retrouver seule. Méryl était, à présent, la seule chose qu’elle « connaissait ». Elle ignorait si elle pouvait lui faire confiance, mais elle constituait un point d’ancrage, un repère. Elle n’avait eu que quelques minutes pour se le figurer et elle disparaissait déjà. La gorge nouée, Helsinki s’allongea sur le lit qui lui avait été désigné. Elle grimaça. C’était mou. Terriblement inconfortable. Elle réalisait soudain à quel point son dos et la moindre de ses articulations la faisaient souffrir. Ses muscles crispés tentaient de minimiser la peine, sans grand succès. Pourtant, elle ne bougea pas. On lui avait demandé de s’allonger alors elle l’avait fait. Elle savait à quel point transgresser une règle pouvait être coûteux, alors elle préférait ne pas s’y tenter.

850 mots




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Kitoe
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Kitoe
Jeu 18 Fév 2021, 23:41

Helsinki
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Crucify Me


-Mademoiselle ?

La voix la fit tressaillir. Elle s’était habituée au bruit de fond ambiant, aux pas et aux voix tout autour d’elles, à celles et ceux qui passaient sans jamais lui prêter attention. Elle ne s’était pas attendue à ce qu’on s’occupe finalement d’elle. Elle aurait pu rester là, à souffrir sur son matelas pour l’éternité, qu'elle n’aurait pas bronché.

-Restez tranquille, vous n’avez pas besoin de bouger pour le moment. Je m’appelle Ian. Je suis médecin et Heriel est avec moi, c’est un infirmer. Je vais vous faire passer un examen pour contrôler votre santé. Ensuite, vous pourrez vous reposer de nouveau. Ça ne prendra pas longtemps et vous vous sentirez beaucoup mieux après, d’accord ? Il interpréta son silence comme une affirmation. Bien. J’aimerais d’abord vous poser quelques questions. Ça nous sera utile pour vos soins et votre suivi médical. Je suis conscient que ce ne sera pas facile pour vous, mais plus vos réponses seront précises, plus il nous sera facile de vous accompagner. Bien. Comment vous appelez-vous ? Votre race d’origine avant votre réincarnation ?

Il ne s’attendait peut-être pas à ne recevoir aucune réponse pour des questions aussi basiques. Le silence fut terriblement long. Helsinki n’arrivait plus à parler. Elle avait l’impression de revivre le jour où Asborn l’avait achetée. L’homme était debout, au-dessus d’elle à prendre connaissance de son existence comme une sorte de… spécimen. Le grattement d’une mine de graphique sur le papier fut la seule réplique à son néant.

-Bien. Nous verrons cela plus tard, si vous préférez. Nous avons le temps. Dites-moi, vous sentez-vous bien ? Avez-vous des maux particuliers ? Des peurs ? Des éléments qu’il vous semble important de traiter en priorité ?

Ses questions s’écrasèrent contre un nouveau mur de silence. Il se demanda si elle n’était pas muette, en plus d’être aveugle.

-Pouvez-vous vous lever ?

Cette fois-ci, Helsinki s’exécuta, presque machinalement. Elle grimaça face aux douleurs qui broyaient son corps, mais s’efforça de ne pas se plaindre davantage.

-Je vais demander à ce qu’on vous fournisse de nouveaux vêtements. Vous pourrez aussi vous laver très prochainement. Hm. Désolé, je vais vous demander de lâcher ce livre. Ses mains se posaient déjà sur l’ouvrage. Helsinki résista, puis finit par le laisser faire. Qu’avez-vous aux yeux ? Si vous le permettez, je vais enlever votre bandeau, ça ne prendra qu’une seconde. Ne bougez pas.

Ne pas bouger. Pourtant, elle aurait voulu dire non. Elle ne voulait pas qu’il la touche. Il l’avait tellement touchée et caressée lorsqu’il l’avait violée. Il l’avait étranglée et l’avait embrassée aussi. Son cou et son visage avaient été associés au viol. Ils relevaient sans aucun doute de son traumatisme le plus lourd. Néanmoins, comme avec Méryl, la main sur son visage ne fut en rien comparable à la paume caleuse de son tortionnaire. La lumière qui transperça sa rétine la fit reculer.

-Désolé. S’excusa-t-il en remettant son bandeau correctement. Vous avez les yeux un peu rouges, mais ça n’a pas l’air d’être une infection, juste une forte sensibilité à la lumière. Ce n’est pas étonnant si l’on vous a effectivement retrouvée dans une cave. Avez-vous une idée de combien de temps vous avez passé là-bas ? Il continua plus bas, certainement pour lui-même ou pour son assistant. Sa peau est pâle et son corps est marqué. Bleus, hématomes. Maigreur… Vous souvenez-vous quand est-ce que vous avez mangé ou bu pour la dernière fois ? Tournez-vous s’il-vous-plait. Qu’avez-vous aux jambes ? Vous boitez. Il s’abaissa pour passer ses mains dessus. L’Ange tressaillit. Vous avez subi des fractures ? Vous avez essayé de vous soigner toute seule ?

Elle avait essayé, mais elle ne maitrisait pas sa magie. Elle avait dû être prudente, pour ne pas éveiller les soupçons d’Asborn. Auquel cas, il l’aurait battu encore plus.

-Vos os se sont mal ressoudés. Allongez-vous, s’il-vous-plait. Nous allons réparer ça.

-Non…

Elle ignorait comment il comptait s’y prendre, mais elle avait un mauvais pressentiment. Ses jambes étaient son deuxième traumatisme. Elle ne voulait pas qu’on y touche. Il allait lui faire mal. Helsinki se recroquevilla, enroulant ses bras autour de ses tibias pour les protéger, la tête entre les genoux.

-Non, non…

-Ça ne va prendre que quelques minutes. Je vais en profiter pour retirer tous ces hématomes. Vous vous sentirez mieux ensuite, je vous le garantis.

Lorsqu’Ian la toucha à nouveau, l’Ange se mit à crier. Elle pensa à Méryl. Elle voulut l’appeler. Un doigt pressa sa tempe. Un flash étrange traversa son champ de vision, pourtant noir, et elle perdit connaissance.


758 mots




Bijin
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Kitoe
Ven 19 Fév 2021, 18:18

Helsinki
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±ªþ³§

Quelques jours plus tard...


-Bonjour. Comment vous sentez-vous aujourd’hui ?

Elle était assise face au bureau d’un énième médecin. C’était une femme, le docteur Felici, mais qui insistait pour qu’on l’appelle par son prénom, Moana. Elle avait les cheveux châtains, mi-longs avec une frange qui lui donnait un air strict alors qu’elle ne l’était pas. Helsinki l’avait vue une fois la veille, mais leur séance n’avait duré qu’une dizaine de minutes, puisqu’elle n’avait rien voulu dire.

-Bien. Souffla-t-elle.

Pas particulièrement, mais elle n’avait pas envie d’avoir à s’expliquer. Elle était fatiguée. La psychologue nota sa réponse sur son carnet.

-Mieux qu’hier semble-t-il. C’est très bien. J’en déduis que votre première nuit à l’extérieur de la clinique vous a fait du bien ?

L’Ange acquiesça. En réalité, elle n’avait jamais aussi bien dormi. Chez Méryl, elle avait eu le droit à une chambre individuelle. Cela n’avait rien à voir avec ce dortoir aseptisé qu’elle avait dû partager avec une dizaine d’autres patients étranges les premières nuits. Elle n’avait jamais réussi à y fermer l’œil, au point qu’il avait fallu qu’elle s’écroule d’épuisement devant les soignants pour qu’on la prenne au sérieux. Cela avait décidé Méryl de la prendre complètement en charge.

-Méryl m’a transmis que vous aviez passé la nuit à dormir par terre.

Embarrassée, la patiente baissa la tête. Elle aurait apprécié que ça ne se sache pas. Durant son court séjour à la clinique, personne ne s’était douté de rien. Puisqu’elle n’avait jamais réussi à dormir, on ne l’avait tout simplement jamais vue dormir. Le parquet de la Magicienne avait été le matelas le plus divin qu’elle avait jamais eu.

-Je préfère…

L’inconvénient de dormir à même la roche pendant deux, voire trois ans – sa misérable paillasse n’avait servi à rien – n’était pas seulement les douleurs articulaires que cela engendrait, mais aussi l’incapacité à apprécier le confort. A la clinique, elle ne s’était allongée sur son matelas que parce qu’on le lui avait demandé, ponctuellement. Le reste de son temps, elle l’avait passé par terre. Elle avait vu d’autres patients dans ce même cas.

-Il vous faudra perdre cette habitude. Votre corps s’en remettra d’autant plus rapidement que vous le traiterez bien. Si cela vous dérange, vous pouvez le faire progressivement en commençant par vous allonger quelques minutes par jour, puis d’augmenter cette durée au fur et à mesure. La psychiatre prit des notes dans son carnet. Vous avez réussi à prendre votre petit-déjeuner ce matin ?

-Oui.

Le nutritionniste lui avait donné des indications claires et strictes sur son régime alimentaire. Les repas rejoignaient la longue liste de prescriptions, données par une ribambelle de médecins spécialisés, qu’elle devait respecter à la lettre pour sa rééducation. On lui avait aussi indiqué de ne pas trop sortir pour le moment, à moins que ce ne soit pour le trajet qui liait la maison et la clinique. Sa peur bleue des foules et des grands espaces lui étaient encore trop difficiles à supporter, sans parler de sa peau qui brûlait au moindre rayon de soleil.

-Bien, très bien. Dites-moi, est-ce que vous voulez parler de quelque chose en particulier aujourd’hui ? La patiente haussa les épaules. Elle n’en savait rien. Elle n’était pas ici de son fait, on la forçait, car il était apparemment primordial de traiter les traumatismes le plus rapidement possible. Ou préférez-vous que je vous guide en vous posant des questions ? Est-ce que je peux commencer en vous redemandant votre nom ?

C’était la plus récurrente. En deux jours, on la lui avait posée une bonne quarantaine de fois. Elle se refermait comme une huître dès qu’on voulait en savoir un peu plus sur elle. Elle avait passé tellement de temps et dépensé tellement d’énergie à cacher tout ce qu’elle pouvait à Asborn... Il n’avait jamais réussi à tout obtenir. Mais aujourd’hui, face à l’épuisement et à la série de traitements, radicalement différents qu’on lui soumettait continuellement, elle sentait ses barrières céder.

-Helsinki Asborn.

La femme lui sourit comme si elle venait d’apercevoir une oasis au milieu du désert après plusieurs jours de marche. Elle s’empressa de noter l’information. En réalité, elle était inquiète. Le médecin de la rescapée, Ian, l’avait informée que ce même nom était tatoué sur son épaule gauche. Il lui avait également transmis tout ce que l’on savait sur le cas de la blonde : qu’on l’avait retrouvée dans la cave d’un Démon, enfermée dans une cellule quasiment vide, affamée et battue. On avait retrouvé, chez ce même Démon, un atelier rempli d’objets de torture.

-Excellent ! Félicitation, vous venez de faire un grand pas en avant ! Très bien Helsinki, quelles sont vos impressions sur votre arrivée au Jardin de Jhen ?

Helsinki ne comprenait pas pourquoi elle lui demandait cela.

-Je ne sais pas.

-Pourquoi ne savez-vous pas ?

Cette question était encore plus incompréhensible que la précédente.

-… C’est… étrange. Il y a trop de choses.

Tout était diamétralement opposé à ce qu’elle avait vécu. L’espace, la foule, les intentions des gens, la lumière, la température ou même l’hygrométrie… C’était beaucoup à encaisser.

-Vous ne vous sentez pas à votre place ?

Celle-ci lui fit l’effet d’un coup de poing dans le ventre. Tout à coup, ça n’allait plus. Sans le savoir – ou peut-être que si – Moana venait de verser de l’encre dans une eau déjà trouble. Les mots justes à l’endroit juste. C’était douloureux. Avouer était douloureux. Reprenant sa respiration, Helsinki tâcha de répondre calmement.

-Non.

-Pourquoi ? Quelle est votre place selon vous ?

Elle sentit ses poils se dresser à la surface de sa peau. Elle lui tirait les vers du nez avec habileté. Helsinki était déjà écœurée. Son regard s’était assombri, comme ces fois où elle avait envisagé abandonner pour se laisser totalement bouffer par l’obscurité de la cave. Ses pupilles glissèrent du médecin jusqu’à la fenêtre. Elle voulait partir.

-Auprès de lui.

-Lui ?

-Asborn.

Leurs regards se croisèrent une seconde avant que celui de la patiente de fuie de l’autre côté de la pièce. La psychiatre, elle, continua de la fixer avec intensité.

-Quelle était votre relation avec Asborn ?

Son corps se glaça. Sa bouche se scella. Helsinki n’avait jamais mis de mots sur leur relation et à vrai dire, il ne valait mieux pas. Alors elle n’en mit jamais. Elle décida que sa thérapie était terminée.

1050 mots



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Kitoe
Ven 19 Fév 2021, 21:19

Helsinki
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And The Snakes Start To Sing

Warning : la scène en italique est un peu gore
Quelques nuits plus tard...


Les membres de Helsinki étaient attachés aux quatre coins d’une large table en bois. Elle était allongée sur le dos et tout ce qu’elle voyait, de ses yeux aux paupières lourdes, c’était un plafond sale et délabré qui menaçait de l’écraser à tout instant. Elle peinait à comprendre ce qu’il se passait. Une odeur de sciure et de poussière flottait dans l’air. Elle leva la tête pour examiner les environs, mais fut prise d’un violent vertige. Elle se sentait droguée. C’était flou. Tout à coup, le visage d’Asborn lui apparut. Il souriait. Il était en colère.

-Tu croyais sérieusement t’en être sortie ?

Il l’attrapa à la gorge. Son autre main brandissait une sorte de pieu.

-C’était un rêve un peu trop réaliste, mais un rêve. Tu as tenté de t’enfuir, salope, hein ? Maintenant tu vas être punie !

Brutalement, le pieu s’enfonça dans son pied, transperçant toute l’épaisseur de sa chair. Impuissante, l’Ange assista à la scène, d’abord indifférente, puis soudain horrifiée. Peu à peu, la douleur devînt insupportable. Elle voulut crier, se débattre, mais elle était paralysée. Elle n’avait que le pouvoir de voir ce qu’elle subissait. Sous la poigne de son tortionnaire, elle vit sa jambe broyée. Ses mains subirent le même sort. Elle baissa les yeux vers son ventre, ou plutôt les tripes qui en sortaient subitement. Un liquide noirâtre et épais s’échappait de la plaie béante. Petit-à-petit, il recouvrit l’entièreté de son corps, s’immisça dans les moindres interstices de sa peau, infiltra son entre-jambe, sa bouche, ses oreilles, des orbites… Elle s’étouffa.


Helsinki poussa un hurlement déchirant. Se tordant dans ses draps, elle se battait contre un ennemi invisible.

-Helsinki !

Ses yeux révulsés découvrirent le visage inquiet de Méryl. Une chandelle éclairait leurs deux visages. L’Ange était blême. Haletante, elle considérait la Magicienne comme s’il s’agissait d’une illumination.

-Tout va bien, ce n’était qu’un autre cauchemar. Tu es en sécurité.

Elle en faisait toutes les nuits depuis qu’elle avait parlé à la psychiatre. Méryl se réveillait sans arrêt à la même heure à cause de ses crises.

-Il est encore vivant. Déclara Helsinki, la gorge nouée.

Elle répétait cette même phrase après chacune de ses terreurs nocturnes. Sa tutrice la rassurait comme elle pouvait.

-Non, il a été abattu. Il ne peut pas te retrouver. Il n’existe plus.

-Il est encore vivant !

Elle éclata en sanglots. Elle en était persuadée. Asborn ne pouvait pas mourir comme ça, il était trop puissant. Celui qui avait joué avec son être toute sa vie ne pouvait pas cesser d’exister. Elle le savait trop déterminé et persistant. Il viendrait la chercher. Elle ne savait pas quand, mais il viendrait, et quand bien même il était blessé, il attendrait de reprendre des forces pour se mettre à sa recherche. La Magicienne étreignit sa protégée. Sa main caressait doucement ses cheveux.

-Il ne viendra jamais, Helsinki. Je suis là.

Jusque quand ces cauchemars continueraient-ils de la hanter ?

*


Helsinki ne dormait plus. Il reviendrait. Il viendrait se venger, il la mutilerait, il la torturerait, plus encore que ce qu’il avait jamais fait. Et il aurait raison : elle s’était enfuie, préférant les sales Anges de son espèce plutôt que lui ; elle essayait de s’intégrer, de remonter la pente glissante qu’il avait façonnée spécialement pour elle ; de l’oublier alors qu’il était son maître ; de vivre une vie plus confortable que ce qu’il lui avait jamais donné.

L’obscurité la rongeait, la mémoire de son monstre la bouffait de l’intérieur. Elle pouvait presque sentir son cerveau se putréfier dans sa boite crânienne. Son corps gagnait des couleurs jour après jour, elle reprenait du poids, le monde rayonnait, mais son esprit gangréné se noircissait de plus en plus. Elle était cette tache d’encre au milieu d’une feuille blanche. Elle était mille fois cette salope dont il la traitait. Opportuniste, elle l’avait abandonné. Elle était mauvaise. Elle était méchante, après tout ce qu’il lui avait fait vivre, tout ce qu’il avait fait pour elle…

Dans la nuit, Helsinki déambulait dans la pièce de vie à la recherche d’un objet. Hésitation. Dans un tiroir de la cuisine, elle trouva un ustensile au hasard : une fourchette. C’était très bien. Helsinki s’assit par terre, le bras tendu. Les dents du couvert en argent grattèrent sa peau, d’abord doucement, puis de plus en plus intensément. Cela lui faisait mal. Elle criait, parfois, lorsque la douloureux devenait difficile à contenir, pour recommencer sur une autre parcelle de peau. Elle était une chienne. Une raclure qui était partie en pensant s’en sortir. Elle était nulle, une pauvre merde. Elle ne méritait pas de vivre. Elle ne méritait rien.

-Qu’est-ce que tu fais ?

La voix de la Magicienne la fit sursauter. Son mouvement s’arrêta net. Tandis que la lumière s’approchait, elle découvrait les scarifications qui recouvraient son bras gauche.

-Helsinki ! S’horrifia Méryl. Qu’est-ce que tu fais ? Arrête ça tout de suite !

Elle se précipita sur elle pour lui prendre la fourchette des mains. Helsinki ne se défendit même pas.

-Pourquoi fais-tu cela ?

La Magicienne avait les larmes aux yeux. Helsinki le voyait et ça lui déchirait le cœur. Elle ne voulait pas la blesser. Mais…

-Il doit me punir.

Elle le faisait pour lui, parce que c’était ce qu’il voulait. C’était ce qu’il lui demandait dans ses songes, ce qu’il menaçait de lui faire quand il viendrait. S’il la retrouvait déjà blessée, il serait fier d’elle, et peut-être que son châtiment en serait atténué. Peut-être qu’il épargnerait Méryl, qu’il se limiterait à venir la chercher et qu’ensemble, ils retrouveraient une vie normale, où elle serait à sa place

Le lendemain matin, Méryl emmena Helsinki d’urgence chez le psychiatre. Après plusieurs séances infructueuses et des semaines d’observation, le résultat fût sans appel : Helsinki n’était pas schizophrène.

966 mots



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