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 [RPPT] - Le Rêve qui aime, le Rêve qui soumet, le Rêve qui excite, le Rêve qui tue

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Jun Taiji
✞ Æther de la Mort ✞

✞ Æther de la Mort ✞
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Jun Taiji
Ven 05 Fév 2021, 02:22

Le Rêve II



Musique

Je suis ton Rêve. Je suis ton Cauchemar. Je suis le Prince de tes Songes. Je suis le Gardien de tes Nuits.

« Quand tu vis dans le secret, tu es obligé de te cacher. C’est longtemps ce que j’ai fait. J’ai appris à être tout ce que je devais être, pour mener à bien ma mission. J’ai foulé le sol de nombreuses cités, à travers le Temps, au point d’oublier certaines des histoires de ma vie. Mes souvenirs étaient quelque part. Ils n’étaient pas perdus mais simplement égarés. Certains le sont encore, malgré le fait que je sois normalement capable de tout voir. Tout voir. Il y a tellement de choses à voir, en réalité. Tu n’as pas idée. » Jun était assis en tailleur sur un lac. Le ciel rejoignait l’eau dans le lointain et celle-ci reflétait les étoiles avec précision, si bien que la frontière entre les cieux et les terres était floue. Il avait une autre apparence, celle d’un enfant aux cheveux bleus. Dans ses yeux, l’océan rencontrait les astres de la nuit. Ses cheveux se balançaient au rythme d’un vent inexistant. Lui-aussi, avait été Génie, en quelque sorte. Maintenant qu’il était l’un des Dieux de ce Monde, il le comprenait d’autant mieux. Sa vie s’écoulait à l’envers. Il se rendait compte, au fil du temps, qu’il avait déjà créé des lieux et que, dans son futur, il avait construit une partie du passé de ces Terres. « Je me demande, parfois, à quel point je suis en train de me combattre moi-même. »

Après un instant de silence, et comme elle se contentait de le regarder avec de grands yeux curieux, il lui sourit. « Tu veux voir quelque chose de magique ? » Elle hocha la tête. Il ferma les yeux et leva doucement ses bras autour de lui. L’eau du lac se souleva en fines gouttelettes qui remontèrent vers le ciel, comme s’il pleuvait à l’envers. Les lèvres de son interlocutrice s’ouvrirent en un « o » de surprise, avant qu’elle ne se mît à rire. Il la contempla. « Je me demande si tu seras un Rêve ou un Cauchemar. Personnellement, je n’ai jamais réussi à choisir entre les deux. Comme je suis mauvais à ce jeu-là, j’ai décidé d’être les deux. Est-ce que tu m’aideras ? » Elle hocha de nouveau la tête. « C’est gentil. »




Jun se trouvait au milieu d’une grande pièce. Habillé d’une chemise blanche et d’un pantalon noir, il était assis sur un canapé. À côté de lui, il y avait une jeune femme. C’était une Génie. Ils répétaient, ensemble, les bases de plusieurs songes qui allaient se dérouler dans ce Monde. Pour certains, ce serait de beaux rêves. Pour d’autres, ce serait de véritables cauchemars ; surtout lorsque le Rêve deviendrait Réalité. Les lèvres de l’homme s’entrouvrirent lentement lorsqu’elle vint l’émoustiller avec une fraise. Il laissa sa langue s’en approcher avant de la croquer. Bien sûr, chaque songe serait unique mais, globalement, les choses suivraient un modèle mêlant Gourmandise et Luxure. L’Æther invita sa collaboratrice grimper sur ses cuisses. Elle lui sourit et laissa ses mains courir sur son torse, à la recherche des boutons de son vêtement. Un sourire en coin émergea sur le faciès de l'homme en même temps que ses yeux s’assombrirent. Il pencha la tête en arrière et la fit reposer sur le sofa. Il réfléchit. « Il faudrait rajouter davantage de nourriture sucrée. » Tout ceci lui donnait faim. « Je compte sur vous tous pour appuyer leur imagination. Cherchez dans les tréfonds de leur esprit ce qu’ils aiment. S’ils préfèrent l’intimité, il faudra un endroit qui réponde à leur désir. Si certains éprouvent quelques fantasmes exhibitionnistes, vous devrez en tenir compte. » Il s’apprêtait à lier un certain nombre d’individus via le Monde des Rêves. « Exaucez leurs souhaits, comme la dernière fois. » Les lumières de la salle s’éteignirent soudainement. Jun amena son doigt dans la bouche de sa partenaire. Il était couvert de chocolat – les rêves n’avaient rien de logique. L’absence de luminosité les obligeait à se découvrir par le toucher. C’était intéressant ainsi. La coutume qu’ils mettaient en pratique s’appelait l’Ægeri. Elle mêlait la nourriture et l’érotisme voire le sexe. Les sens étaient au centre de tout. Il fallait ressentir, sentir, entendre, voir, goûter. L'Ægeri se pratiquait souvent à une certaine période dans des restaurants d’Avalon entre amoureux ou amants, à deux ou plus. C’était un moment sensuel où les textures des aliments se mélangeaient au goût de la peau de l’autre. C’était une redécouverte perpétuelle. En rêve, ça allait être d’autant plus délicieux.

Explications


Bonjour ♪

Voici donc la suite des coutumes de St Valentin/White Day. Tout se passe dans la Porte des Songes. Je l'ai mis à Somnium parce que la Porte des Songes en elle-même n'est toujours pas visible mais, en gros, votre personnage est plongé dans un Rêve. N'hésitez pas, donc, à rp en conséquence (les Rêves ne sont pas toujours logiques, les déplacements sont parfois hachés, les moments hachés, etc). Le rythme du rp sera d'une Coutume amoureuse/et + si affinité différente toutes les deux semaines. On va commencer avec les Déchus. Aussi, étant donné que ce sont des Rêves, ils n'ont pas à avoir de logique chronologique (Par exemple : Circë d'il y a deux mois peut rêver actuellement en compagnie de Sam du futur). Le Monde des Rêves ne s’embarrasse pas de la chronologie de la Réalité et réunit dans un même "endroit" des temporalités différentes en même temps. Ce qui serait bien ensuite, c'est d'introduire ces rêves dans vos rps normaux pour leur faire une base chronologique dans la réalité ^^

Coutume Déchue : Ægeri
L'Ægeri est une coutume des Déchus qui se pratique essentiellement dans les restaurants d'Avalon, entre couples ou amants. Il s'agit de mélanger nourriture et érotisme, afin d'échanger un instant inoubliable avec l'autre. L'objectif est de mettre tous les sens à l'épreuve pour passer un moment délicieux. Pour les besoins du rêve, le décor ne sera pas forcément à Avalon mais plutôt dans des lieux qui plaisent à vos personnages. L'objectif est de les plonger dans un univers fantasmé et dans un rêve érotique dont ils se souviendront en se réveillant. Il se peut que les personnages avec une intelligence très élevée (à partir de 36) ou des pouvoirs spéciaux, liés aux Rêves, puissent se rendre compte qu'ils rêvent et prendre le contrôle de ce dernier. Les Génies, eux, ne sont pas soumis au Rêve. Ils savent où ils se trouvent (néanmoins, si vous voulez lier votre Génie, il peut se prêter à l'exercice. Il sera simplement plus favorisé que son partenaire, sauf dans de très rares cas). Bien sûr, je le redis mais comme ce sont des rêves, il n'y a pas de besoin de continuité : il peut y avoir des coupures, des instants volés et des scènes censurées o/

Les Génies
Votre personnage est téléporté dans le Monde des Songes. Les Génies sont beaucoup plus puissants dans le Monde des Songes que dans la Réalité. L'objectif - comme l'année dernière - est de s’immiscer dans les Rêves des Rêveurs afin d'exaucer leurs vœux. Ce qui est exaucé dans le rêve ne compte que pour le rêve mais renforce le Génie (vous pouvez faire des missions de niveau dans le Monde des Rêves). Si vous voulez, comme j'ai déjà dit, votre Génie peut se prêter au jeu des coutumes. Dans ce cas, le rêve aura des conséquences pour lui dans la réalité.

Les Autres - hormis les races qui ne rêvent pas 8D
Vous êtes plongés dans le Monde Onirique. C'est un Rêve donc il peut être fait de n'importe où dans le Monde. Ça réunira vos personnages dans l'ambiance de la coutume ^^ En plus de la coutume qu'il vous faudra réaliser, vous pouvez être approchés par des Génies qui pourront exaucer des vœux dans le Rêve. Le fait de formuler des vœux aura des petites conséquences dans la réalité, tout comme le fait de participer aux différentes coutumes.

Conséquences des vœux dans la réalité
Plus un personnage fait de vœux dans le Rêve, et plus il aura envie de manger une fois réveillé.

Conséquences de la Coutume des Déchus dans la réalité
Cf les gains

Organisation du RP
Vous avez le choix, avec un même personnage et pour chaque coutume, entre :
- Faire des messages multiples.
- Faire un message unique de 1350 mots minimum

Enjoy  nastae
Gains

Messages multiples, 720 mots chacun minimum
- Le gain associé à la coutume en question du thème où vous avez posté. Ce tour-ci c'est ça :
> Désir : En présence de [Nom de l'autre personnage ou des autres personnages], votre personnage ressent un désir immédiat, celui-ci étant réciproque. Cela dit, la magie de Désir peut être augmentée volontairement par une action du personnage (À choisir. Exemple : remettre ses cheveux derrière ses oreilles, se mordre la lèvre inférieure) qui éveillera d'autant plus les sens de l'autre, rendant réellement difficilement tenable la situation.
- 1 point de spécialité tous les trois messages

Message unique, 1350 mots minimum ; un par coutume
- Le gain associé à la coutume en question. Ce tour-ci c'est ça :
> Désir : En présence de [Nom de l'autre personnage ou des autres personnages], votre personnage ressent un désir immédiat, celui-ci étant réciproque. Cela dit, la magie de Désir peut être augmentée volontairement par une action du personnage (À choisir. Exemple : remettre ses cheveux derrière ses oreilles, se mordre la lèvre inférieure) qui éveillera d'autant plus les sens de l'autre, rendant réellement difficilement tenable la situation.
- 1 point de spécialité

Pour les Génies
- Pareil que plus haut pour les spécialités, en fonction de votre format.
- Si votre Génie se prête à la coutume, il prend le gain de la coutume (même si on peut appeler ça une malédiction dans certains cas /sbaf)
- S'il ne fait que réaliser des vœux, celui-ci : Le Caprice d'Asmodée : Par ses actions (À choisir. Exemple : remettre ses cheveux derrière ses oreilles, se mordre la lèvre inférieure), le Génie pourra faire naître un désir immédiat chez saon Maître.esse. Iel aura alors la conviction de devoir utiliser l'un de ses vœux (de la manière qu'iel souhaite) pour étancher cette pulsion nouvelle.

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Andrea
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Andrea
Dim 07 Fév 2021, 20:40

[RPPT] - Le Rêve qui aime, le Rêve qui soumet, le Rêve qui excite, le Rêve qui tue Jbul
Les sens qui gouvernent
Aphos & Andrea




Coutume Déchue : Ægeri
Les coudes en appui sur le rebord en pierre lisse derrière moi, je m'étire le cou. Légèrement teintée de rouge, l'eau tiède clapote au moindre mouvement contre mon ventre nu, un peu au dessus de mon nombril. Des fleurs d'hibiscus flottent ça et là, au gré d'un courant intangible et je m'amuse à en modifier la trajectoire en tendant un pied nonchalant. De l'encens a été mis à brûler sur des coupelles en hauteur, tamisant la pièce et engourdissant mes pensées dans une torpeur délicieuse. Le soleil offre aux dernières heures du jour ses rayons carmins et ocres sur la grande salle au travers d'étoffes écarlates au dessus de ma tête. Laissant un soupir escalader mes lippes, je laisse ma nuque ployer vers l'arrière tout en m'immergeant un peu plus. Des pierres chauffantes régulent la température à différents endroits, créant des brumes nébuleuses qui rendent mes cheveux légèrement humides. Ces derniers sont devenus un peu longs mais mes efforts pour les attacher ont été vains et de multiples mèches blondes dévalent librement autour de mon visage.
Un léger mouvement dans l'eau me tira hors de mes songes indolents. Les yeux mi-clos derrière ma frange, j'étudie la silhouette déformée par les vapeurs qui vient d'apparaître. Intrigué, je l'observe à son insu. L'inconnu arbore une longue chevelure laiteuse qui encadre des traits délicats, presque féminins bien qu'il soit dépourvu de leurs attributs au niveau du haut de son corps. Je cale ma tête sur mes doigts repliés, les opales aigue-marine de mes yeux détaillant l'individu à la peau diaphane. Peut-être est-ce l'encens qui trompe mes sens ou la caresse langoureuse de l'eau et des huiles lavantes sur ma peau mais je sens mon esprit flotter dans un océan aux intentions mystiques qui me poussent à aller vers lui. Mû par une curiosité croissante, je me déplace dans sa direction et attrape au passage un plateau flottant en cuivre. Les friandises qui y sont disposées invitent à la dégustation. Je n'étais pas gourmand, loin de là même et bien que je ne puisse nier l'éveil d'un appétit d'une autre nature en cet instant. Mais j'espérais que l'inconnu le serait. Armé de ma convoitise et de ma monnaie d'échange gustative, j'arrive jusqu'à l'objet de mon intérêt.
De près, je note un détail qui me fascine aussitôt. Écailles de nuit qui luisent sous l'onde, nageoires veinées d'un bleu profond, sa queue esquisse de lentes ondulations. Mes doigts se tendent, attirés par cet attribut imprévu mais je me retiens. Serait-ce malpoli ? Je n'ai vu de Sirènes que sur les toiles des Orines, créatures aquatiques et mystérieuses qui éveillent et attisent mon imagination. Je reporte mon attention sur son visage pour embrasser à mon aise sa beauté discrète, de celles qu'on ne remarque pas à première vue mais qui s'épanouit une fois qu'on prend le temps de le voir; comme un tableau dont on ne découvrirait les secrets qu'après un examen attentif, lui apportant une profondeur et une richesse singulière. L'améthyste des yeux abrite une certaine candeur qui se dérobe à moi sous des cils épais. Je fronce les sourcils. Ça ne me convient pas. Je ne veux manquer aucune nuance dans ce ciel violine et sans réfléchir, je pose un doigt sous son menton. Il n'y a personne d'autre que nous et je souris. Je veux être sa seule distraction, que ses yeux ne quittent pas les miens, ne serait-ce que pour une seconde, ne serait-ce que pour ma fierté en tant qu'Orine. Qu'il me voit comme mon peuple est dépeint : envoûtant et énigmatique. Je rapproche le plateau et pioche une datte. Je joue avec elle et mes doigts deviennent collants du sucre glacé qui enrobe le fruit. Mais mes pensées sont ailleurs. S'il était mon Aisuru, que ferai-je ? De quels moyens userai-je pour le captiver ? User de mon Art Divin semble exclu. Du bout des doigts, j'approche la datte des lèvres de l'éphèbe. Avant qu'il ne puisse s'en emparer, je recule ma main, une lueur espiègle dansant dans mes iris. Je me réjouis de l'expression qui s'imprime sur ses traits. Je suis assuré d'avoir toute son attention sur moi à présent. Je lui propose à nouveau le fruit et mon index caresse le temps d'une seconde ses lippes quand il ouvre la bouche. Je lèche mes doigts en le regardant mais un éclair de frustration assombrit mon regard. Ce n'est pas ça que je souhaite goûter. Lâchant la bride à mon instinct, je scelle l'écart qui nous sépare pour accompagner de ma langue le fruit. Je m'installe d'un geste au dessus de l'Ondin, positionnant mes jambes de chaque côté, non pas dans un désir de le dominer mais pour accéder plus facilement à sa bouche. Le contact de ses écailles contre mes fesses est curieusement grisant mais je me contrains à restreindre les mouvements de ma langue tout en prenant appui sur ses épaules pour conserver mon équilibre. Je l'ai appris, le plaisir et la satisfaction sont sublimés quand on prend le temps d'aller jusqu'au bout du mouvement. Ne pas se hâter, ne pas risquer de briser l'équilibre du moment. Je me répète ce mantra mais les tambours dans ma poitrine ont une opinion différente à m'offrir sur le sujet tout comme la vague de chaleur qui se diffuse doucement dans mon ventre.

Message I | 946 mots

Pour les Génies:






[RPPT] - Le Rêve qui aime, le Rêve qui soumet, le Rêve qui excite, le Rêve qui tue Zzm4
Happy St Valentin  nastae:

Merci Jil  [RPPT] - Le Rêve qui aime, le Rêve qui soumet, le Rêve qui excite, le Rêve qui tue 009 :
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Lana Kælaria
~ Sirène ~ Niveau I ~

~ Sirène ~ Niveau I ~
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◈ YinYanisé(e) le : 20/01/2021
◈ Activité : En études
Lana Kælaria
Mar 09 Fév 2021, 16:27




Le septième océan

En duo avec Laen



Lana était étendue sur un sofa. Ses jambes tombaient par-dessus un accoudoir, tandis que sa tête reposait sur l’autre. Ses cheveux, habituellement coiffés avec élégance, sertis de perles et soutenus par de discrètes épingles, se déversaient telle une rivière d’argent sur le tissu pourpre. Elle avait quitté ses robes marines pour une tenue plus légère, faite de voilages et de drapés suggestifs. Ses courbes se devinaient sans vulgarité, avec ce soupçon de pudeur provocante qui caractérise les adolescents. Ses pieds nus dansaient nonchalamment dans le vide. Sa silhouette était plongée dans la pénombre par un contre-jour cisaillant. De hautes baies vitrées s’élevaient derrière elle. La lumière du soleil couchant s’en déversait, rasante et brûlante. Des vasques à feu jetaient des ombres rêveuses sur les murs. La fumée qui s’en échappait montait en volutes tournoyantes. Accrochés aux fenêtres, des voiles se laissaient enlacer par une brise chaude.

L’Ondine se redressa, jusqu’à poser ses pieds sur la dalle. Elle ne connaissait pas cet endroit ; pourtant, il lui semblait familier. Elle ne s’y sentait pas menacée, au contraire. D’un pas léger, elle contourna le canapé et grimpa les marches. Dehors, les vagues chantaient pour l’océan. À l’horizon, aucun navire, aucune île, aucune cité. Seuls le ciel enflammé et la mer embrasée, qui tendaient leurs manteaux colorés vers l’infini. La jeune femme posa une main diaphane sur l’une des armatures de pierre de la fenêtre. Le monde se reflétait dans ses yeux comme dans un miroir, cerclé de surprise et d’admiration. Elle était à la surface. Jamais elle n’y avait mis les pieds. Port Diraella, telle qu’elle était décrite dans les manuels, ne ressemblait pourtant pas à cela. C’était ailleurs. Ailleurs, et ici. Lointain, et proche. Elle ignorait pourtant tout de l’endroit où elle se trouvait : le Monde des Rêves. Pour le peu de conscience qui demeurait en ce lieu, ce pouvait tout aussi bien être la réalité. Seul le réveil la détromperait de ses illusions.

Une odeur sucrée attira ses narines. Elle se retourna. Devant le canapé, un tapis luxueux avait recouvert le sol. Sur celui-ci, dans des récipients, on pouvait apercevoir différents mets. Curieuse, elle s’approcha, jusqu’à s’asseoir en tailleur sur le moelleux. Son regard courut sur les aliments. Elle attrapa plusieurs dattes. Leur goût imprima sur ses papilles une envie grandissante. Pourtant, ses iris furent happés par autre chose : un point d’eau. Quelqu’un s’y trouvait déjà, dos à elle. Lana se releva lentement, et avança vers le bassin. Des plantes aquatiques y flottaient et les reflets brillants de quelques poissons pouvaient être discernés, au fond. Avec presque trop de précipitation pour une jeune fille de si bonne famille, elle dévala les marches qui conduisaient à la source. Le carrelage était chaud. La fébrilité qui la cernait lui envoyait de longues décharges dans tout le corps. Elle se sentait électrisée. Néanmoins, elle effectua le tour du bassin avec le plus de retenue possible. Tremblait-elle ? Sans doute. Des braises rongeaient les entrailles de l’enfant de l’Océan.

À la vue de l’homme qui s’y trouvait, le brasier prit et enfla. Ses traits conservèrent leur empreinte hautaine. La Sirène jaugea l’individu, le menton relevé et l’air dédaigneux. Ses yeux glissèrent sur son torse, jusqu’à sa « queue ». C’étaient, en réalité, des tentacules. Doucement, elles s’agitaient, comme des murènes entre les rochers. Fascinée par leur mouvement, Lana les contempla quelques secondes, avant de remonter ses pupilles jusqu’au visage du concerné. Elle avait déjà noté sa chevelure bleutée et ses yeux noisette. Elle étudia davantage les courbes et les lignes de son faciès. Il était loin d’être déplaisant à regarder, bien que de nombreuses cicatrices parcourussent sa peau et qu’il fût sans doute trop chétif pour constituer un bon géniteur. En somme, il n’avait rien d’exceptionnel. Pourtant, elle ne pouvait pas empêcher ses envies de pulser : elle voulait sentir ses tentacules s’enrouler autour de sa queue et la caresser langoureusement et, surtout, elle voulait pouvoir mordre ce cou sculpté et chargé de vie. Elle connaissait l’émoi qui la traversait : c’était déjà arrivé, parfois, lorsqu’elle était seule, lorsqu’elle tenait contre elle la silhouette de l’une de ses victimes, ou lorsqu’elle se promenait dans la Cité Engloutie, avec ses amies, et qu’elles croisaient le chemin de jeunes garçons ou d’hommes qui les faisaient rêver. Ce n’était jamais arrivé en présence d’un seul homme et si violemment. Elle voulait le presser contre elle et l’embrasser. Cette passion la révoltait : comment pouvait-on tant faiblir devant le sexe faible ? Comment pouvait-on être pris dans la tourmente de tels désirs à la simple vue d’un individu ? Lana pinça les lèvres. Ça ne lui plaisait pas, pas du tout. Une part d’elle avait envie de s’enfuir d’un pas mesuré et de claquer la porte pour marquer son mécontentement. Elle ne gagna pas : l’Ondine avança et s’enfonça dans l’eau. Ses jambes cédèrent la place à sa queue, bleue et irisée d’argent. Elle se posta devant l’homme. « Lana Kælaria. » lâcha-t-elle, sans s’embarrasser de plus de présentation – il n’en méritait pas plus. Sa main s’appuya contre son ventre. Elle ouvrit l’autre, près de son visage. Ses yeux céruléens allèrent des dattes aux pupilles de l’Ondin. « Tu en veux ? » Elle en prit une entre son index et son pouce, la monta jusqu’aux lèvres de son interlocuteur, et la fit doucement glisser dessus. Elle venait de le décider : il serait à elle. Il serait sa chose, comme d’autres l’avaient été.



Message I – 889 mots


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Latone
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Latone
Mar 09 Fév 2021, 18:49



Ægeri
Lar & Maximilien



Sous le gazouillis des moineaux, la forêt se revêtit d'un voile printanier. Modérément chaud, les rayons solaires percèrent les manteaux feuillus pour caresser la terre. Calée sur le rythme du vent, la végétation dansait, une douce chorégraphie, une ode aux amis et aux amants. Ici, seuls les oisillons chantaient en ce firmament bucolique. Discrets, mais pas moins présents. La faune se fondait dans les fourrés, quasiment invisibles pour le commun des mortels. Bien que petite, la clairière pouvait accueillir les promeneurs chevronnés pour une pause, juste un instant d'évasion. Au centre de celle-ci, une couverture de pique-nique – motifs carreaux – logeait les deux protagonistes, ainsi qu'une ribambelle de plats. Non loin d'eux, une toile reposait sur son chevalet ; bien qu'à moitié entamée, l'esquisse laissait supposer une reproduction du lieu. Les outils et les pigments furent laissés aux pieds du support, sur une couverture plus petite.

Invitée par l'ambiance pastourelle, Léto inspira, comme pour se vider l'esprit. Les yeux fermés, l'oxygène caressa ses bronches. Vraisemblablement, la bague angélique fonctionnait jusque dans les songes et lui fit revêtir les traits parfaits et lisses du peuple bénéfique. La dureté de ses muscles contrecarrait le portrait et évoquait la magnanimité des Bipolaires ; la moitié de leur temps. En cet instant, Billgrim ne l'assénait pas de ses sermons et surnoms stupides. Malgré tout, l'Ange prenait bien conscience qu'elle demeurait Lar, une Réprouvée à en devenir. À moitié allongée sur le côté, ses spartiates glissaient le long de la couverture, donnant un côté bouffant à son sarouel. Ses longs cheveux blonds cascadaient et épousaient la commissure de ses excroissances dorsales, exhibées par son débardeur macramé. À la fois duveteuses et impressionnantes, ses deux paires d'ailes suivaient le long de sa stature… comme le reflet de son compagnon de route.

Effectivement, en rouvrant les yeux, Lar se retrouvait aux côtés de l'Eraël, l'Humain Ailé. Ses souvenirs brouillons lui rappelèrent leur brève rencontre, à la fois pimentée et intrigante. Même si ses iris bicolores cherchaient à scruter Maximilien, ses autres sens – et finalement son corps – semblaient appâtés par les repas sous leur nez. Ne pouvant lutter davantage, son regard analysa l'ensemble gastronomique. Globalement équilibrés et végétariens, les plats se composaient d'une multitude de légumes, assaisonnés selon tous les goûts. L'Ange se voyait déjà croquer une lamelle d'avocat, un effluve de concombre s'invita à mesure de la mastication.


" C'est vraiment bon. " Commenta-t-elle en mâchouillant, comme bercée par une sérénité impalpable.

Ils étaient proches, elle n'y avait même pas fait attention jusqu'à maintenant. En prononçant ses mots, c'était comme si elle avait brisé la mélodie, du moins modifié. Son visage se releva, dépourvue de tout symbole chamanique, d'une pureté remarquable. La blonde connaissait le rouquin par cœur et devinait avec une facilité déconcertante sa silhouette. Du bout des doigts, elle pourrait le redessiner ; peut-être qu'alors son portrait apparaîtra sur l'œuvre inachevée. Pourtant, sa main préféra filer près des bols à fromages, des notes à la fois succulentes et relevées, mais loin d'être invasives. Telle la continuité de cet équilibre culinaire.

Tout près de chacun d'eux, une tasse laissait échapper une vapeur réconfortante, la chaleur de celle-ci éveillait les sens et provoquait un léger bourdonnement en ces ailes ; un agréable arc électrique qui fit apparenter ce bref mouvement à un fredonnement de colibri. Ce thé serait l'apothéose de la dégustation, ainsi se permit-elle de le réserver pour plus tard.

Ses doigts saisirent une tranche de poivron, baigné par un fin filet d'huile d'olive. Depuis, Lar fixait Maximilien et n'osait pas briser le calme forestier ou leur pique-nique onirique. Bavarde d'ordinaire, elle lui posait d'énièmes questions qui ne franchirent pas sa bouche. Comment allait-il depuis le Fessetival ? Était-il toujours intéressé par l'Unum Prior ? Pouvaient-ils encore se fréquenter de la sorte ? Aucune réponse n'était nécessaire en ce lieu, en ce moment. Seuls les actes portaient un sens. En tout pour tout, Lar brandit le fameux morceau de poivron en direction de l'Humain, un sourire équivoque accompagnant le geste. Du fait de sa position actuelle, la titanide devrait encore se bouger pour atteindre son objectif. Ainsi donc, dans son élan de générosité vis-à-vis de l'Obstiné, la blonde se raccrocha à son épaule, de son autre main. Maximilien s'était déjà confronté à la pression dont était capable Léto, elle ne pouvait que croiser les doigts qu'il s'y était fait depuis. Le fait étant qu'il fut toujours vivant et en un seul morceau avait tendance à la rassurer sur ce point.


" Ouvre la bouche. "

Chez les Réprouvés, on ne vouvoyait pas. Quand bien même demeuraient-ils des inconnus, Lar s'entêtait à appliquer les mœurs du peuple l'ayant adoptée et acceptée.


821 mots ~



By Jil ♪
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Adriæn Kælaria
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Adriæn Kælaria
Mar 09 Fév 2021, 22:49

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Image par Inconnu
Ægeri
Lana et Laen



Le visage insolent de Læn étudia l’endroit où il se trouvait. Une grimace y apparut lorsqu’il remarqua qu’il avait des tentacules à la place des jambes. C’était répugnant. Pourtant, il se sentait bien avec. Après quelques secondes, il réussit même à les trouver amusants. Comme un enfant qui découvre la marche pour la première fois, il commença à les remuer, en attachant ses bras sur le bord du bassin. Un sourire satisfait apparut sur ses lèvres. Avec ça, il se sentait puissant. S’il allait sur la terre ferme avec, il serait bien plus grand. Puis, huit tentacules étaient bien mieux que deux jambes. Il pourrait sans doute tordre le cou aux abrutis qui se foutaient de sa gueule parfois. Leur longueur était satisfaisante. « Hum… » fit-il, en amenant l’une de ses mains sur le bas de son corps. La texture était étrange. Il se demanda s’il allait ressentir une brûlure ou quelque chose comme ça. Il ne s’y connaissait pas du tout en créatures marines. Ses parents n’aimaient pas l’eau et lui avaient interdit de s’en approcher. Tout ce qu’il avait le droit de faire, c’était se baigner dans la piscine des Palais de Coelya. Il n’y allait jamais parce qu’il était toujours collé. Une fois, il avait essayé de s’en prendre à un professeur parce qu’il lui avait conseillé de se coiffer correctement. Est-ce que c’était sa faute, à lui, si ses cheveux étaient complètement indomptables ? Il lui avait répondu qu’au lieu de l’emmerder, il ferait mieux de surveiller sa femme parce qu’elle devait bien se faire péter la rondelle en son absence. Le vieux lui avait demandé de se calmer. Læn n’aimait pas qu’on lui imposât quoi que ce fût. Il s’était encore plus énervé et avait voulu frapper l’enseignant. Bien sûr, celui-ci n’avait eu aucun mal à le canaliser. Il avait été la risée de sa classe pendant plusieurs jours, même si tous avaient l’habitude. Heureusement, il avait le charisme d’un poulpe : on l’oubliait vite, malgré la valse de ses poings sur le visage des autres ; et encore, c’était bien souvent le contraire. Un jour, un type avait eu la présence d’esprit de s’écarter de la trajectoire de sa main. Ses doigts avaient heurté le mur et il s’était fait deux entorses en même temps.

Lorsque l’Ondin qui s’ignorait comprit qu’il n’était pas seul, il se renfrogna un peu. C’était qui cette fille ? Elle le regardait d’une façon qui ne lui plaisait pas du tout. Il désira ardemment lui demander si elle avait envie d’avoir son portrait ; ou qu’il lui refasse le sien. D’un autre côté, elle éveillait en lui quelque chose de plus contrariant. Il ne savait pas comment exactement, mais elle lui faisait de l’effet. Il grommela quelques injures dans sa barbe ; barbe inexistante. La pilosité ne l’étouffait pas. Elle était même étonnement absente de plusieurs parties de son corps où il aurait dû avoir quelques poils. Les autres en avaient, eux. Lana Kælaria… Il lui en ficherait, lui, des Lana Kælaria. Elle l’énervait autant qu’elle lui faisait envie. « Oh ! » se plaignit-il, lorsqu’elle approcha la datte de ses lèvres. « Qu’est-ce que tu fais ? Tu me prends pour ta pute ou quoi ? » Il ne pouvait pas nier : il aurait eu son corps habituel, elle l'aurait fait bander. C’était bien ça le problème. Ses doigts, contre le rebord, avaient blanchi sous la pression qu’il leur faisait subir. Il n’avait pas trop l’habitude de ce type de rapprochements. Il plissa les yeux et regarda le fruit. « Donne ! » dit-il, avant de lui prendre des mains et de le fourrer dans sa bouche. Il le dégusta en la fixant. C’était bon et il lui semblait en avoir vu d’autres entre les doigts de son interlocutrice. Il n’y avait pas que les dattes qu’il avait envie de parcourir avec sa langue. Il grogna, soûlé.

Quelques secondes plus tard, une pulsion soudaine le contraignit à refermer ses tentacules sur elle. Il échangea leur place et la plaqua contre le rebord du bassin. Il s’approcha, plus brutalement et conquérant qu’il ne l’aurait souhaité. Il ne se contrôlait pas. Il marchait toujours à l’instinct. Quand quelque chose lui faisait envie, il le prenait et se préoccupait des conséquences ensuite. Quand il voulait frapper quelqu’un, il s’élançait sans réfléchir, même si l'individu faisait deux têtes de plus que lui. Quand il avait envie de manger, il ne pouvait pas se retenir. Il vint coller sa bouche contre la sienne. Le sucre des dattes l’accueillit un instant, avant qu’il ne se détachât d’elle, étrangement essoufflé. Il attrapa l’un des fruits dans la main de Lana et le lui colla sur les lèvres. « Mange ! » ordonna-t-il. Un air de défi flottait sur son visage, en parfaite harmonie avec son sourire insolent et son regard conflictuel. Il ne savait pas du tout comment gérer son désir.

796 mots


[RPPT] - Le Rêve qui aime, le Rêve qui soumet, le Rêve qui excite, le Rêve qui tue 4p2e
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Mer 10 Fév 2021, 15:39


Image par Sanghyun Kam

Ægeri
Isley et Edwina



L’émeraude de ses yeux rencontra l’opale des siens. Edwina n’avait jamais souhaité contrôler les rêves. C’était quelque chose qui lui paraissait intouchable, parce qu’elle ne souhaitait pas être maîtresse de ses désirs. Elle ne voulait pas prendre le risque d’affirmer ses envies et de les voir dévoyées, salies et manipulées. Pourtant, son visage avait longtemps été un livre ouvert. Elle était la Reine des sottes dans un monde rempli de cauchemars. Alors elle préférait laisser ses songes la porter vers des fantasmes inavoués ou des peurs refoulées. Au réveil, elle avait, ainsi, la possibilité de se dire que tout était faux. Parfois, elle était peut-être déçue. D’autres fois, les choses étaient préférables. Le nombre de ses amants nocturnes dépassait de loin celui des hommes qu’elle avait côtoyé dans la réalité. Le nombre de fois où elle était devenue une Sorcière durant la nuit était autant de moyens détournés d’empêcher ses angoisses de devenir des vérités. Dans le Monde des Rêves, son inconscient la faisait devenir tout ce qu’il voulait. Elle aimait croire que l’endroit demeurait sauf, qu’aucune conséquence n’en découlait. Malheureusement, dans son désir de demeurer naïve, elle savait, au fond, que tout avait toujours des conséquences.

L’environnement, hors du palais de Cael, semblait chaotique. Pourtant, il paraissait lointain, comme s’il n’existait pas vraiment. Peut-être était-ce là le début d’un mauvais présage. Peut-être savait-elle que rien de bon ne pourrait découler de cette rencontre et que, finalement, elle emporterait la raison et provoquerait la chute. La pièce en elle-même n’avait aucune logique propre. Il s’agissait à la fois d’une chambre à coucher, d’un salon et d’une salle d’entraînement à l’épée. Plusieurs armes de gabarits différents étaient accrochées au mur. Les lames brillaient sous la danse de flammes bleutées, en suspension dans la salle à des endroits parfaitement pensés pour qu’aucune zone ne se retrouvât dans l’ombre. Pourtant, la lumière était bien plus douce et tamisée que vive. Ses yeux jetèrent un coup d’œil à l’imposante baie vitrée qui se trouvait là. Dehors, un combat faisait rage et la nature semblait se rebeller entièrement. Des ronces agrippaient le corps de chevaliers ailés qui combattaient sans aucun doute à la gloire du Bien. Des plumes de jais tombaient en pluie légère, comme si toutes les plumes des Déchus avaient été arrachées et valsaient au gré du vent et d’un lanceur sadique mais invisible. L’ensemble lui semblait ne revêtir aucune importance à côté de l’homme avec lequel elle se trouvait. Sa haute silhouette suffisait à détourner son regard de la triste réalité. Le château devait être encerclé et une guerre globale avait dû éclater. Cependant, elle n’avait d’yeux que pour lui.

Précédemment contre l’un des murs, à le contempler s’entraîner, elle s’en détacha afin de le rejoindre. Elle n’arrivait pas à se souvenir de son prénom. Dans le songe, cet élément était flou. Tout ce qu’elle avait en tête était son désir pour lui. Un analyste des rêves aurait peut-être pu décrire un phénomène de désir inconscient envers le jumeau de l’homme qu’elle aimait. Peut-être voulait-elle les deux, au fond, pour arriver à la complétude de l’Âme ? Peut-être qu’une partie d’elle ne pouvait pas s’empêcher de désirer l’autre, comme étant le reflet du premier ? Peut-être que lorsqu’Isley posait les yeux sur elle, il le faisait avec infiniment plus de gentillesse qu’Isiode et que ce constat lui était insupportable ? Peut-être avait-elle des choses à compenser ou à prouver, en aimant un Ange, et que ses sentiments étaient si malsains que le Monde des Rêves lui faisait entrevoir une vérité qu’elle n’était pas prête à accepter ? Il y avait mille théories possibles. Peut-être n’était-ce qu’un rêve, sans logique et sans explication. Cette thèse était sans doute la plus rassurante.

En rejoignant l’Ange, la main de la souveraine s’était aventurée vers la table. Elle ramena un bol remplit de cerises dénoyautées à elle et l’emporta avec elle. Le nom de l’homme lui était insupportable à prononcer. Elle préférait l’omettre. Elle savait qu’il n’était pas Isiode mais préférait rester dans un déni confortable, laisser le rêve se dérouler sans s’opposer à lui. Ses bras semblaient aussi fermes que rassurants. L’entrainement militaire se voyait. Le quotidien des jumeaux avait forcément transformé leur physique. Elle avait envie qu’il la serrât contre lui, qu’il l’empêchât de bouger, de s’esquiver. Elle voulait qu’il lui témoignât son affection et qu’il l’enivrât de sa présence, de son parfum, de ses lèvres. Lentement, elle porta une cerise à ses propres lèvres. Son goût sucré ravit son palais et sa chair colora sa bouche. Elle avait envie que, lui aussi, portât les marques de son péché. Elle sourit, s’approcha et le regarda. Proche de son visage, elle attendit un temps avant d’embrasser lentement ses lèvres, les marquant du jus du fruit. C’était comme un aveu, comme si ce baiser risquait de faire verser beaucoup de sang, comme si ce baiser était à l’origine de la guerre qui s’étendait à l’extérieur des murs. C’était interdit. Interdit et grisant. Elle désirait se perdre dans ses bras et sentir son désir au plus profond d’elle. Elle voulait qu’il la conquît, comme il le ferait avec une terre pour son propre peuple, comme il le ferait si sa vie entière en dépendait. Le bol de cerises disparut sans explications.

Edwina laissa courir ses mains sur le corps d’Isley. Elle le contourna, passa dans son dos et retira les lacets qui maintenait son haut en place doucement. Ses doigts rejoignirent sa taille et elle souleva la toile en se délectant du spectacle. Sa bouche rejoignit la peau chaude de l’Ange. Elle l’embrassa plusieurs fois, comme si sa chaleur à lui pourrait s’étendre dans l’ensemble de son corps à elle. Elle finit par se coller à lui, sa main droite se frayant un chemin lent et électrisant jusqu’à sa hanche. Elle disparut dans son pantalon un instant. Ses dents se refermèrent sur son épaule avant que la morsure ne se transformât en baiser fiévreux. Son autre main rejoignit la première et elle commença à défaire son pantalon.

Quelques minutes plus tard, elle était déjà en train de l’entraîner vers le lit. Il était entièrement nu, contrairement à elle qui avait gardé ses vêtements. Sur le sommet de son crâne, il y avait une fine couronne. Il ne s’agissait pas de celle qu’elle portait lors des cérémonies officielles mais d’un simple symbole de sa royauté. Le doré du bijou courait dans le cuivré de ses cheveux. Ceux-ci ondulaient sur son dos nu et sur ses épaules. Sa robe, bleue claire, était légère. Des fleurs de lys y avaient été brodées. Il suffirait à l’Ange de décaler les bretelles de l’habit pour qu’il tombât sur ses hanches. Un simple mouvement agile plus tard et c’est sur le sol que le tissu finirait sa course. Elle était nue, en dessous. « Viens… » murmura-t-elle, tout en lui prenant la main. Elle s’assit sur le lit et lui intima de la suivre. Elle voulait qu’il la dominât, qu’il fût au-dessus d’elle. Elle voulait le voir et lui faire face. Elle se recula, par à-coups, jusqu’à ce que sa tête touchât l’oreiller et se posât dessus. Ses cuisses s’enroulèrent autour du bassin d’Isley. Ses doigts se perdirent dans ses cheveux. Dehors, le monde vrillait. Ce désir n’était pas pur. Il était indécent. Il n’était pas celui qu’elle aimait. Il était le jumeau de ce dernier. Pourtant, elle ne voulait que lui en cet instant. Elle voulait qu’il la mangeât. Et c’était d’ailleurs toute la thématique. Sa robe était comestible. Ses cheveux l’étaient également, tout comme sa peau. Tout en elle l’était. Elle était son repas. « Isley… » susurra-t-elle, en descendant ses ongles dans son dos. Elle l’avait prononcé, tout bas, comme un aveu. Elle savait qu’il n’était pas Isiode. Elle savait qu’elle fautait. Elle savait qu’elle entraînait l’Ange dans la tourmente. Pourtant, son envie était plus forte que tout le reste. Elle pouvait même arriver à l’aimer si c’était le prix à payer pour sentir ses coups de reins. Elle pouvait même arriver à l’aimer si c’était le prix à payer pour qu’il la dévorât. Ainsi, il ne ferait plus qu’un. Ainsi, personne ne pourrait les séparer. « Isley… » intima-t-elle de nouveau, en joignant sa parole à un mouvement de bassin l’invitant à plus de profondeur. Elle voulait qu’ils fusionnassent. « Mange-moi. »

1381 mots
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Jeu 11 Fév 2021, 15:23



Ægeri
Vantelme & Shadow



Décadence. Tentation. Gourmandise. Sous leurs airs ahuris conjugués, les esclaves de la Taïmon fixaient le buffet à perte de vue. La table était si longue, si immense qu'on pourrait y nourrir toute une armée. Ils n'étaient pourtant que deux, juste deux hommes, deux servants qu'on récompensait. Pourquoi, comment, là n'était pas la question. Pour l'une des rares fois depuis sa nouvelle condition, Vantelme se laissait totalement séduire par ce qu'on lui exhibait sous le nez. S'il avait voulu être un minimum attentif, il saurait que lui et Shadow se trouvaient dans le salon de la demeure principale, chez les Taïmon. Ici et là, des portraits de la dynastie retraçaient l'histoire de la généalogie. Les sources de lumière discrètes tranchaient dans les ténèbres et mettaient à l'honneur le repas démesuré. C'était un rêve ; et les rêveurs ne s'embarrassaient pas de détail superflu.

Encouragé par la voracité du Réprouvé, l'Ygdraë ne résista pas bien longtemps à la tentation et mangea. Point de cérémonie, ni de bonne tenue, il saisissait simplement ce qui l'attirait et mangeait. Manger, bouffer, se baffrer. Ils étaient des bêtes, des animaux affamées. Morgane les avait conditionnés ainsi. Le Jusilthil se fichait de s'en rendre compte, seule la faim le guidait. Pour des possessions de Sorciers, il savait qu'ils s'en sortaient plutôt bien ; ils auraient pu être des rats de laboratoires, des supports de torture, ou juste une décoration morbide d'intérieure, déchiquetés et humiliés. Rien de tout cela. Ils étaient traités et nourris de manière correcte, ni dans l'excès, ni dans le strict minimum. Chanceux ? Vantelme ne voulait pas l'admettre. Toutefois, cette pitance dépassait de très loin leurs droits. Il n'y avait que du bon, que de l'excellentissime. Du raffiné, de l'excessif. Du gras, du sucré, du salé. Que des mets de choix pour un Elfe et un Bipolaire. Rien de ce que des moins que rien comme eux pourraient rêver. Bien évidemment, Shadow se fendit de quelques moqueries à son égard, lorsque son camarade se perdit dans la dévoration de barbaques. Le jus de la viande éclaboussait dans son assiette "empruntée", des fibres tendres s'accolaient entre ses dents. Vantelme avait bel et bien l'air d'une bête en l'instant, mais il fallait comprendre qu'ils n'avaient pas eu l'occasion de manger autant de chair animale en Amestris. Sachant que même à Melohorë, ce mode de consommation demeurait tabou.


" Arrête de me prendre pour un bouffeur de navet ! Il arracha une nouvelle fois un énorme morceau de sa proie qu'il engloutit. Je suis un Enök, un guerrier ! Un air semi-dément. J'en ai besoin… "

Au détour d'un énième ennui entre eux, Vantelme expliqua à Shadow qu'autrefois, il était en phase de devenir un combattant, et que les Ygdraë de son acabit différaient de leurs semblables. Instruits par les Braskä, leurs besoins s'étendaient à une alimentation carnivore et à des pulsions sexuelles plus fortes. Tout dans le but de dépasser les limites de leur morphologie. Bien évidemment, l'Eskët n'était plus rien de tout cela, mais il se doutait bien que les Taïmon l'avaient gardé en vie pour son potentiel. De toute évidence, même jusque dans ses songes, il était incapable de lutter contre cette part de lui-même.

Plus ils mangeaient, plus la faim appelait la faim. C'était comme une lutte infinie. Les esclaves en étaient réduits à se déplacer à plusieurs reprises pour choper d'autres plats à l'allure appétissants. Leurs forces ne s'amenuisaient pas, elles stagnaient. Malgré tout, aucune plainte ne franchit leurs lèvres si ce n'était la félicité d'une gourmandise sur le point, toujours, d'être satisfaite. Des minutes, des heures, peut-être même des jours à se goinfrer de la sorte. Qui sait ? L'ambiance du salon était constamment tamisée, les bougies par-ci par-là attiraient une ambiance romantique à laquelle les deux comparses semblaient – de visu – hermétiques. Quelque part, ce dîner onirique fut une chance pour eux de se découvrir davantage. À la dépendance, ils étaient d'autant plus attelés par les tâches incombées et par leur devoir vis-à-vis de la Sorcière. Ici, un substitut de liberté leur était offert. Entre deux bouchées, ils échangeaient, débattaient, s'engueulaient, riaient. Sur tout et n'importe quoi.


" Hé, c'est à moi ! "

Sans crier gare, le Réprouvé lui chipa une sorte de poisson enroulé dans de la chapelure. Il grimpa sur la table pour échapper à l'assaut de l'Ygdraë. Ils valsaient entre la vaisselle souillée et le reste du buffet, manquant de se viander à plusieurs reprises. En fin de compte, Vantelme tenta le tout pour le tout et plaqua Shadow par derrière. Ils se battirent et croquèrent à chacun leur tour dans la chair, tout en cherchant à maîtriser l'autre.

" Shadooow ! " Grogna-t-il en le renversant sur le côté et en arrachant une moitié du poisson.

D'un air de défi, ils engloutirent leurs parts respectives en dédaignant l'autre. Leurs déglutitions firent échos à la seconde près. Vantelme nota alors un détail.


" T'en as encore là. "

Ses doigts agrippèrent aussitôt le reste au coin de ses lèvres, le Réprouvé ne pouvant que se contenter d'un simple toucher de l'Elfe et du spectacle de celui-ci, ayant volé et avalé son dû. À califourchon sur l'enfant des Deux Rives, Vantelme profitait de cette accalmie pour trouver la situation à la fois loufoque et ambiguë. Il ne s'était jamais rapproché d'aussi près du Lutecker. Soudain, le visage de l'esclave se tordit dans l'effroi. Il se dégagea et se releva sur la table.

" La Maîtresse ne doit pas nous voir comme ça ! Il fit remarquer toutes les taches accumulées sur leur tenue durant le repas. Ce n'était pas digne des servants de la Taïmon. Vite, enlève tes vêtements tachés ! "

Pour sa part, il s'exécuta aussitôt et se débarrassa de son haut. Et alors en pleine lancée, il se figea face à la mine déconfite du Réprouvé. Il se retourna vers le centre de la tablée et constata à son tour cette silhouette, reconnaissable et unique.

" Maîtresse… ! " La gorge serrée, il ne sut quoi faire : s'agenouiller ? Se morfondre en excuse ? Se taire ?

Pour autant, un silence gênant s'ensuivit et les deux serviteurs comprirent bien vite que ce qui trônait non loin d'eux n'était aucunement Morgane. Ou plutôt, ceci revêtait la forme de Morgane. Prudents, ils se rapprochèrent ; surtout Shadow. Celui-ci osa toucher l'espèce de statue et constata que son doigt s'enfonçait drôlement bien dans sa "peau". Maintenant que Vantelme l'observait de plus près, c'était effectivement…

" Un gâteau, on dirait bien. "

Ils tournèrent autour de l'œuvre. Cette espèce de statue semblait être faite d'un nappage en chocolat – blanc, noir, praliné – par endroits des fruits rouges et de la meringue accentuèrent les traits de la jeune femme. Car oui, aussi troublant que cela pût être, cette représentation fit honneur à son modèle : taille, visage, mensurations… Elle était nue et l'artiste derrière ce chef d'œuvre s'était allé au-delà de la censure et de la pudeur. Vantelme se dégoûtait de reconnaître le corps de Morgane, sous toutes ses coutures. Chacun de leur côté, l'idée d'en faire leur dessert germa dans leur esprit avide. Cette perspective lui fit imaginer un instant le pire : et si Morgane avait vraiment été changée en gâteau ? C'était absurde, mais – tout comme Shadow – sans tenir compte des effluves sucrées, le parfum de la Taïmon y flottait.

Paralysé par ce phénomène, l'Ygdraë assista impuissant à l'appétit de plus en plus vorace du Réprouvé. Celui-ci ne se gênait pas pour humer au plus près et se laissa même aller à quelques touchers, comme pour constater par lui-même la texture finale. Par exemple, le dos de la Sorcière semblait solide, tandis que sa croupe rebondie moins ferme. Si Shadow lui avait lancé un regard complice, Vantelme ne l'avait pas pris compte de suite. Il se posait juste trop de questions et, en même temps, la tentation était tout aussi grande. Observer son compagnon réaliser une sorte de parade nuptiale le secouait psychiquement parlant. Au bout d'un moment, le Jusilthil serra des dents et finit enfin par rejoindre le "couple".


" Moi aussi, c'est… mon droit ! " S'offusqua-t-il, alors que le Réprouvé s'attaquait déjà à lui dévorer l'épaule.

Une trêve fut signée sans un mot entre les esclaves, cette complicité dont ils étaient capables malgré leurs différences. Vantelme se retrouva face à "Morgane" : son expression si reconnaissable, ses courbes si fidèles… Il finit enfin par poser sa main sur sa hanche et la faire glisser ; découvrir à son tour la variété de la composition. La fragrance était si exquise d'autant plus proche, et l'empressement de Shadow l'enhardit. Il croqua une lèvre, un mélange de chocolat et de cerise assaillit ses papilles. Il fit descendre ses baisers et ses morsures plus bas, jusqu'à ce sein gorgé de fraises et d'un brin de chantilly. Au même instant, la main du Bipolaire frôla la poitrine et la langue de l'Ygdraë chopa au passage du chocolat fondu sur ses phalanges. La présence de Shadow ne le dérangeait étrangement pas et il ira chercher la moindre trace de la Taïmon sur lui si nécessaire. Malgré tout, il connaissait sa place et son devoir, alors il répondit aux désirs de la Maîtresse. Il se mit à ses genoux et explora ses cuisses, jusqu'au jardin des merveilles.

Bientôt, il ne restera plus rien d'elle, soumise par la volonté de tous ici présents. Ce dessert symbolisait la touche finale parfaite. Faire d'elle, juste quelques minutes, la leur.



1650 mots ~



By Jil ♪
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Sam 13 Fév 2021, 02:54


Image réalisée par Anatofinn Stark



 
Des verres trinquent. Je pose pratiquement nue, au milieu d'une grande tablée où naissent des plats aussi appétissants que beaux. Un grand drap comme celui que j'utilise à l'Atelier du Sculpteur me recouvre partiellement. Ainsi, j'ai presque l'impression de porter une longue et somptueuse robe de princesse, sans les fioritures ni les apparats. Je ne reconnais aucun visage puisque je ne discerne aucun regard. Je suis persuadée de côtoyer des alfars de la haute noblesse, car leurs peaux scintillent, leurs oreilles sont majestueuses et longues. Ils ont un accent qui me sied et emploie un haut-landarien qu'il m'est facile de comprendre. Je me régale, avachie sur le banquet, plongeant la main dans diverses vasques à fruits de la forêt des murmures. Je bouge ensuite dans la salle comme une vague s'étalerait sur le sable. Je ne me lève pratiquement pas, mes pieds ne touchent jamais le sol. Des ronces m'en empêchent et me soulèvent comme un rien, je suis l'amaranthe qui trône à la cime et soumets les plantes imposantes à ce festin. On ne fait pas plus attention à mes manières qu'on s'attarderait sur une tige sans fleur : je fais partie intégrante du décor où les convives festoient, mangent et boivent. Je dérobe un verre de vin rouge à un tout petit alfar qui se met à me courir juste après, alors que je vole. Il réussit à attraper un pan de ma modeste tunique et gravit jusqu'à ma jambe ; trop tard, les lèvres pincées, le regard mordant, je lui montre la flûte vide. L'air et la forme de son visage - qui ne possède ni œil ni bouche - se figent. Je devine grâce aux couleurs qui émanent de son corps qu'il est contrarié et cela ne m'émeut guère. Peu à peu l'ambiance festive se transforme et fait naître sur les murs de gigantesques fleurs mauves, dont les racines s'abreuvent des convives. Les ronces qui me portaient lâchent et ma chute s'amortit sur un pétale qui m'accueille dans son réceptacle telle une abeille. Dardé d'un grand et long pistil, je m'y penche, posant par mégarde les mains sur des étamines. En les enlevant, je découvre un pollen collant. Mon attention se reporte sur la gynécée, j'y dépose la main, subjuguée par le mécanisme qui s'enclenche dès lors. De nouvelles couleurs s'échappent des parois et activent le pollen qui dansent et tournoient autour du pistil. Une poudre enchantée s'étale sur mon unique vêtement. Le drap se transforme au contact de la fleur et m'habille d'une tunique bleu argent. Agréablement surprise par ce nouvel ensemble, le pistil se change en porte.


Je rentre ; c'est une nouvelle et grande pièce. Différent du premier banquet, plus sombre, j'y reconnais l'architecture de mon quartier de naissance et pourtant c'est un vase clôt sans ciel ni toit. La brume s'élève et s'écarte à mes pas. Je sais où je vais sans comprendre pourquoi. Je me laisse juste guider par mon instinct. Un frisson me parcourt l'échine : le petit alfar est juste derrière moi. C'est un homme centenaire à la vue de ses longs sourcils. Il me colle alors que je presse le pas. Mes parents m'appellent. Je ne les vois pas mais je les entends. « Azaar ? » - « Oui maman ? » J'avance dans ce brouillard et je prends sur le chemin un beignet salé. Le voile opaque se lève quand j'approche suffisamment de mes parents. « Te voilà ravissante, dans ta robe de femme gestante ! Trinquons ! » Je m'étouffe et recrache le beignet que je mangeais. Le petit homme à côté de moi plaque une main sur mon corps, je l'en dégage. J'ai envie de crier. « Au futur Prince ! » Les verres se choquent et se croisent. Peinée, je ferme les yeux, la rage au cœur. Les ténèbres m'égosillent et me rattrapent. Je cours vers le banquet lumineux où je me pavanais dans l'insouciance et la beuverie. Je défais ma coiffure et mon vêtement car j'abandonne chagrinée cette vie dans la brume. Mon cœur n'a pas envie de voir ce qui va naître, alors je renonce à tout. Absolument tout. C'est mon plus grand souhait. Je cours sur place, le paysage défile à grande allure, je m'en vais et c'est tout ce qui importe.


Mon regard brun finit par se poser sur un tout autre festin. Je suis là, dans ma tenue de drap, fêtant les années de quelqu'un. Je ne me souviens pas de la colère ni de la tristesse. Je suis l'audacieuse amaranthe, le cœur débordant, prête à ravir la coupe d'un nouveau passant.




Message I - 760 mots
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Lyz'Sahale'Erz
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Lyz'Sahale'Erz
Sam 13 Fév 2021, 21:13



Aegeri


Je rejoignis A’Hawé sous l’eau de la cascade. Le liquide qui coulait sur nos peaux était étonnement chaud et doux. Je m’avançai un peu, jusqu’à me coller au dos de l’aveugle. J’amenai mes lèvres dans son cou et sourit contre celui-ci. Mon souffle vint caresser son épiderme. Les gouttes ruisselaient entre elle et moi, se mêlant à ma respiration, la rendant parfois difficile. J’avalais, de temps en temps, l’eau que la cascade et les Ætheri m’offraient, avant de refermer ma bouche sur l’épaule de la jeune femme ou sur son lobe. Ma langue aimait jouer contre elle, l’assaillir d’assauts que j’essayais de mesurer sans y parvenir. Je voulais qu’elle se sentît brûlante en ma compagnie, que mes baisers éveillassent chaque parcelle de son anatomie. Je voulais que la simple pensée de mon odeur près d’elle la rendît désireuse et demanderesse de mon corps à l’intérieur du sien. L’une de mes mains se referma sur sa hanche. Le liquide y ruisselait, créant une sensation toute particulière, comme si nous n’étions pas que tous les deux mais qu’une troisième force entrait en jeu, une force qui pouvait nous faire du bien. Mes doigts remontèrent, frôlant sa taille, à contre-courant, jusqu’à la courbe de son sein. L’eau se frayait toujours un chemin. Si je desserrais mon emprise, elle glissait entre le corps d’A’Hawé et ma paume. Si je devenais plus possessif, alors elle contournait l’obstacle de mes phalanges pour caresser d’autres contrées. Mes ongles remontèrent sur ses bras puis sur sa gorge avant d’atteindre son menton. Mon pouce chercha sa bouche dans l’unique dessein d’effleurer ses lèvres. Je désirais qu’elle frissonnât sous son parcours. Mon autre main remonta dans ses cheveux. Mes doigts s’insérèrent entre les mèches de ces derniers et remontèrent sur son crâne, bientôt rejoints par les cinq autres. Je voulais la détendre et me tendre. La cascade m’aidait dans mon massage alors que le bruit de l’eau supprimait tous les autres. Finalement, peut-être était-ce moi qui avais le plus chaud. Je me sentais à la fois fiévreux et impatient. La pression de la nature sur mon dos m’intimait de me rapprocher encore. Pourtant, ce n’est pas ce que je fis.

Je me détachai d’elle et l’entraînai à ma suite, afin que nous nous couchassions sur la toile de tissu étendue à même le sol herbeux. Il faisait nuit. Elle ne pouvait pas voir les étoiles qui brillaient au sein de la voûte mais j’étais certain qu’elle sentait que le jour n’était pas là. Peut-être pouvait-elle apprécier la saveur de l’obscurité sur sa langue ou sentir l’odeur des ténèbres ? La chaleur du feu de camp la renseignait sans doute également. Il ne faisait pas froid.

Mes doigts parcoururent de nouveau sa silhouette, quelques secondes où je pris plaisir à la contempler. Pouvoir regarder l’autre comme je le désirais était grisant. Je pouvais m’attarder sur n’importe quelle parcelle de son anatomie, scruter ses joues, souligner ses lèvres et me perdre dans ses yeux aveugles autant que je le désirais, sans qu'elle ne le remarquât. J’avais envie de la chasser : de la laisser essayer de courir loin de moi, de la rattraper, de la tirer à moi et de lui faire sauvagement l’amour pour honorer Edel. Au lieu de cela, mes doigts s’approchèrent d’un pinceau. Ils le prirent. Il y avait plusieurs pots de peinture disposés sur le sol, de couleurs différentes. Bien sûr, elle ne pouvait pas se les figurer réellement. Peut-être la notion de couleur était-elle rattachée à une odeur ou à un goût particulier dans son imaginaire ? Elle ne voyait pas les choses à ma manière et c’était ce que j’appréciais. Elle était différente et enrichissante. Je ne voyais pas son handicap comme en étant un. Elle m’apprenait beaucoup, pour une fille. Cette pensée me fit sourire. J’avais changé de vision depuis mais je m’amusais à l’embêter avec ça de temps en temps.

Après l’avoir observée quelques secondes, je trempai le pinceau dans l’un des pots et l’approchai de son épiderme. La pointe caressa le bout de l’un de ses seins et descendit en spirales autour de celui-ci, jusqu’à sa base. Les poils se frayèrent un chemin jusqu’à son nombril. C’était de la peinture comestible. Le goût était légèrement sucré, de façon à ne pas être écœurant, et variait d’une couleur à l’autre. Je posai l’objet et me fis une place entre les cuisses d’A’Hawé. À quatre pattes, mes lèvres descendirent jusqu’à effleurer son ventre. Ma langue vint chercher la peinture et remonta son chemin patiemment.

743 mots
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Maximilien Eraël
~ Humain ~ Niveau III ~

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Maximilien Eraël
Dim 14 Fév 2021, 00:18


Le Rêve - Ægeri

Le chant clair des oiseaux qui résonnait en écho à travers la clairière, cachant leur provenance véritable. La brise inaudible, perceptible uniquement par le murmure des feuilles valsant à son passage. Les rayons d'or du Soleil qui filtraient timidement à travers la canopée pour venir caresser tendrement l'herbe grasse, le grain de sa peau et le velours de ses plumes. Allongé sur le dos, les mains croisées derrière la tête et les yeux fermés, Maximilien prit une longue inspiration, s'imprégnant des sons et des odeurs de l'endroit. Le Désert pouvait l'avoir adopté, il ne se sentait jamais comme chez lui que dans des lieux comme celui-ci. Après une discrète expiration, le Kaahi se redressa finalement. Posant un bras nonchalant sur une jambe repliée, il détailla son environnement proche. La nappe de pique-nique et ce dont celui-ci était constitué. La personne qui l'accompagnait. Car non, il n'était pas seul à profiter des lieux. Son regard se posant sur la Sùlfr, les souvenirs de leur dernière rencontre refirent rapidement surface échauffant quelques peu son esprit alors serein. Attrapant une olive verte, ses yeux se mirent à dessiner les lignes de son corps, comme il l'aurait - comme il l'avait - fait avec ses mains. Quelque chose avait pourtant changé chez elle, et il ne parlait pas de ses ailes. Depuis Odon do Dur et son séjour à Avalon, il avait admit que la présence d'ailes chez un individu, tout comme leur teinte, n'avait finalement rien de significatif. Non, c'était encore autre chose du coup. Il était incapable de mettre le doigt dessus cependant. C'était comme lorsque l'on quittait une pièce pour y revenir des heures plus tard et remarquer que quelque chose manquait dans le décor, sans réussir à dire quoi exactement. Le fait qu'elle ait pu changer d'essence ne lui traversa toutefois pas un instant l'esprit. Ça n'était même pas concevable à ses yeux qu'une telle chose soit possible.

Un cours instant, les iris émeraudes de Maximilien croisèrent le verrons des yeux de la Sùlfr. Pas longtemps cependant, celle-ci préférant la compagnie de la nourriture. Un rictus glissa à la commissure des lèvres du rouquin comme il répondit, piochant à son tour dans l'un des bols « En effet. ». À l'évidence, la gourmandise de la peintre était bien différente de celle qu'elle avait pu lui exprimer lors de leur première rencontre, tout comme sa fougue qui semblât s'être faîte la malle. Il y avait quelque chose d'amusant dans ce détonant contraste. Un sourire rieur étira alors les lèvres du rouquin tandis qu'il relevait le visage pour profiter de ce calme difficilement accessible habituellement. Jugement hâtif cependant qu'il eût, il s'en rendît bien vite compte. La main de Léto trouvant son épaule, il avait comprit depuis que lutter face à la force de celle-ci apportait plus de peine qu'autre chose. Aussi se laissa-t-il accompagner par le geste, reportant son attention sur la Souriante et son regard s'accrochant au sien jusqu'à s'arrêter à quelques centimètres d'elle. À l'injonction qu'elle lui donnât, Maximilien arqua un sourcil avant de s'exécuter, curieux de la tournure que prenait les évènements. Mordant légèrement dans le légume, il en débarrassa sa vis-à-vis, redressant légèrement le visage pour croquer définitivement le poivron vert avec un sourire en coin, savourant l'amertume du jus qui éclatait sur ses papilles et venait se mêler à la douceur de l'huile d'olive. « Merci. ». En cet instant aurait-il pu parier que le silence environnant avait revêtu un nouvel habit. Il y avait quelque chose de palpable dans l'air, invisible mais bien présent. Il ne s'en formalisa pas. Il eut plutôt envie de se prêter à son tour au jeu. Sans détacher son attention de la peintre, la main du Kaahi se dirigea vers les pots de nourriture, sans hésitations ni tâtonnements, comme s'il connaissait la position de chacun d'eux et leur contenu par cœur et savait tous les situer par simple projection mentale. « Ouvres la bouche. » fit-il en écho aux mots de la Souriante et tout aussi loin des conventions, peu soucieux de ces dernières en l'état actuel - quoi qu'un jour il allait réellement falloir qu'il les travailles et les adoptes -, un éclat malicieux dans les prunelles. Il attendit que celle-ci obéisse avant de faire le moindre mouvement supplémentaire soutenant à grand renfort de coup de pied mental le regard de la peintre. Alors seulement il dévoila sa main. Normalement prévu pour accompagner les bâtonnets de légumes ou finir en tartinade sur les tranches de pains grillés, c'est finalement sur la lèvre inférieure de Léto que Maximilien passa son pouce pour l'en couvrir de la crème fraîche aérienne avant de la dévisager un instant, rieur. Il y avait presque de quoi donner envie à goûter ce mélange que formait la chaleur de la pulpe de ses lèvres avec la fraîcheur de la crème. Ce qu'il finit par finalement faire, réduisant drastiquement la distance les séparant pour se saisir de ses lippes avec gourmandise. « À croquer. » fit-il en s'écartant, les mots s'échappant avant qu'il n'ait le temps de les faire tourner dans sa bouche.
©gotheim pour epicode


Mots 851


We were never welcome here ~ Night time or morning time, we're going strong

Don't you tell me what you think that I can be

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Dim 14 Fév 2021, 22:15


Ægeri - A'Hawé & Tekoa




A'Hawé AdulteJe fermai les yeux pour profiter de la caresse de l’eau. Le liquide tiède ruisselait sur mon corps nu avec langueur. Le filet aqueux glissait de mes cheveux à mes cuisses, parcourant tant de chemins qu’il m’était impossible de tous les imaginer. Je me délectai de cet effleurement qui me portait vers un état de sérénité. Je m’abandonnai toute entière à la cascade, cédant aux faveurs de l’Aether qui l’avait placée sur mon chemin. Le bruit cristallin des flots contre la roche masqua celui de l’homme qui approchait. Et lorsque son corps se colla contre le mien, je ne pus m’empêcher de retenir un mouvement de surprise. Mais je ne bougeai pas. Je connaissais l’odeur de sa peau, l’âpreté de ses mains et la douceur de ses lèvres. Je me laissai aller davantage contre lui, abdiquant peu à peu face à tant de sensualité. Son souffle sur ma peau attisait mon ardeur. Il se pencha sur mon cou qu’il darda de sa langue assoiffée. Je repliai le bras pour plonger mes doigts entre ses longs cheveux de soie, l’invitant à poursuivre son offrande. Il referma son emprise sur moi, glissant sa main le long de mes courbes jusqu’à la base de ma poitrine. Je me liquéfiai sous sa tendresse. Une sensation de chaleur naquit dans mon bas-ventre et irradia l’ensemble de mon anatomie. La pression qu’il exerçait sur mon sein alternait entre timidité et désir. Je lâchai un gémissement alors qu’il le serra à pleine main. Je le désirai plus qu’aucun autre. Le feu qui me consumait s’enflamma davantage. Je frissonnai de plaisir. Mes lèvres me démangeaient tant j’aspirai au contact de sa bouche sur la mienne et - quand son pouce les entrouvrit - je crus défaillir.

Les doigts agiles du chaman quittèrent ma chevelure flamboyante. Sa bouche délaissa mon épaule. Son torse s’éloigna de mon dos. Et j’accusai le coup de son absence. Je voulais qu’il revînt près de moi, que nous nous dévouâmes l’un à l’autre dans une étreinte sensuelle. Cet instant loin de lui, alors que nous rejoignîmes la berge main dans la main, me parut triste et morne. Je me raccrochai au contact de sa paume dans la mienne ; je ne pouvais me résoudre à le lâcher. Il m’appartenait autant que j’étais à lui - et je voulais que nos corps éprouvent ceux que nos esprits savaient déjà. Alors, je m’allongeai près des flammes - qui me paraissait bien froide en comparaison de mon ardeur.

Nous reprîmes notre étreinte là où nous l’avions laissée. Sa délicatesse me ravissait autant qu’elle me surprenait. Mes doigts se baladèrent sur ses pectoraux musclés, titillèrent ses tétons durcis par l’excitation puis glissèrent vers son cou et sa bouche. J’en suivis les contours de l’index, imaginant nos lèvres se presser l’une contre l’autre et nos langues se mêler. Je me mordis la lèvre inférieure en réaction à mes pensées impures.

Le pinceau ébaucha un semblant d’arabesque. La texture était froide et collante. Elle dégageait une odeur sucrée, légèrement acidulée, qui m’évoquait la myrtille. La langue chaude et humide de Tekoa effleura les traits précédemment tracés, dissipant l’oeuvre noir-bleutée qui remontait jusqu’à mon sein. Je le laissai se repaître de son art. Et, lorsqu’il entreprit de suçoter mon mamelon sirupeux, mon dos s’arqua de plaisir.

Je pris appui sur le sol pour rouler sur le côté. Je serrai les cuisses pour enjoindre le chaman de ne pas lutter. Je me retrouvai à califourchon sur lui. Le contact de son membre turgescent à proximité de mon intimité était une torture douce amer. Je me penchai vers son cou pour le gratifier de mes baisers. Mes lèvres effleuraient sa peau, se délectant des gouttelettes d’eau fraîche qui subsistaient. Je repoussai sa longue chevelure, et montait peu à peu vers son oreille pour jouer à mon tour avec son lobe.

« C’est gentil d’essayer de me rabibocher avec la peinture… Voyons si je me rappelle comment on fait. » susurrai-je à mon amant, le souffle court.

Je relevai le buste et cherchai à tâtons les pots de peinture dispersés autour de nous. Mes doigts se plongèrent dans une mousse sirupeuse. Je les portais à mon nez pour en déterminer la couleur. Le parfum acidulé de l’agrume était reconnaissable entre tous. Un sourire malicieux illumina mon visage, et j’entamai mon oeuvre avec concentration. Ma main droite se posa sur le torse du chaman. Elle esquissa une vague, sinuant autour de son téton gauche, avant de remonter sur sa gorge et de s’achever juste en dessous de sa lèvre inférieure. Ma langue ne tarda pas suivre le sillon, s’attardant sur son mamelon, tandis que je caressais son cuir chevelu. Arrivée à son menton, j’hésitai un instant avant de poser mes lèvre sur les siennes. La sensation était grisante. Je me serrai plus fermement contre lui. Je souris en continuant de l’embrasser, jusqu’à ce que l’air me manqua.

« Je suis honorée que tu acceptes finalement de m’embrasser. Si j’avais su cela, je t’aurais appâter avec du citron plus tôt. » plaisantai-je en me mordillant la lèvre.


Post I - 840 mots

Souhait : A'Hawé voudrait s'abandonner à Tekoa
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Adam Pendragon
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Adam Pendragon
Lun 15 Fév 2021, 12:53



[RPPT] - Le Rêve qui aime, le Rêve qui soumet, le Rêve qui excite, le Rêve qui tue P3oz

Ægeri
Ahdriäan & Adam


« Tu me laisses faire n’importe quoi !
— C’est faux et tu le sais très bien. Ce n’est juste pas évident de protéger une tarée dans ton genre. »

J’étais en train de rêver, sans m’en rendre compte. À ce moment-là, tout me semblait réel. Le songe était un mélange entre rêve et cauchemar. Il regroupait beaucoup de mes fantasmes et beaucoup de mes hantises. Je détestais cette conversation mais le corps de Kaahl avec la Bague des Déchus avait un côté très plaisant à regarder. S’il ne me fixait pas d’un regard noir, j’aurais volontiers empoigné ses fesses pour le faire basculer sur la méridienne sur laquelle je me trouvais actuellement. Pourtant, nous n’étions pas dans un lieu privé. Il y avait du monde et il était au centre de l’attention. Sa poitrine suffisait à provoquer l’envie de types qui commençaient à m’énerver.

« Tu vois que tu me laisses faire n’importe quoi. Sinon on ne serait pas ici. »

Il s’éloigna pour rejoindre la scène. Mes doigts se resserrèrent sur les coussins. Est-ce qu’il allait vraiment… ? Je n’étais pas dans de bonnes dispositions. Je ressentais de la jalousie et de la possessivité. Je ne voulais pas que les autres le regardent, même si ce n’était pas son vrai corps. « Un vrai corps » était une notion ô combien floue pour les Déchus. Je ne savais même plus à quoi je ressemblais à l’origine. Mue après mue, j’avais perdu mon identité physique. Je pouvais être ce que je voulais, comme lui. S’il voulait être « elle », il avait le choix. Et ce « elle » était particulièrement attractif. Attractif mais destructeur. La Déchue n’avait aucune limite et sa colère était prégnante, contre les autres mais surtout contre elle-même.

Lorsque les mains d’Alya se refermèrent sur la barre verticale et que ses cuisses vinrent danser avec l’acier, je me tendis. Mon corps mais pas uniquement. Mes nerfs également. Dans ce décor fou où Kaahl était au centre de l’attention, je voulais cramer ses spectateurs. Ça ne me ressemblait pas. J’aimais partager. J’aimais les plans à plusieurs. Il n’y avait aucune raison à mes sentiments actuels. Je savais qu’il était libre de faire ce qu’il voulait et qu’il n’était pas la victime de pervers. Ce dernier point pouvait être questionné. La Déchue se mettait tellement de mines qu’elle finissait souvent dans le caniveau à vomir ses tripes, à moitié dévêtue, avec des envies de suicide.

Quand elle écarta les cuisses pour en dévoiler le centre sans aucune pudeur, je me redressai vivement. Mes pas se firent pressants jusqu’à la scène. Je la gravis, relevai rudement la jeune femme, enlevai ma veste et la lui fourrai sur les épaules. Mes deux mains saisirent ses bras fermement.

« Arrête tout de suite ! »

Il me fixa, d’un sourire malin, avant de me répondre.

« Sinon quoi ? Tu n’as qu’à aller voir Laëth si ça ne te convient pas. »

La poitrine de la Déchue, qui touchait mon torse précédemment, disparut soudainement, avec le reste de son anatomie, remplacée par un corps masculin. Je me reculai sans que la surprise ne soit insurmontable. Tout paraissait même étonnement logique, comme le changement de décor. D’un cabaret à l’ambiance feutrée, la pièce avait muté pour quelque chose de plus gourmand. C’était un restaurant un peu particulier.

Une femme vint nous voir, dans une tenue très échancrée.

« Bienvenue dans ce nouvel établissement. Vous allez être plongés au cœur d’une expérience qui ravira vos papilles et vos corps. Qui veut commencer ? »

Mon regard courut sur celui à qui je serrais précédemment les bras dans mes paumes. Il n’avait pas l’air très âgé. Ce n’était plus un enfant mais un jeune adulte qui ne devait pas avoir beaucoup d’expériences dans la vie en générale.

« Moi. »

Je ne savais pas de quoi il allait en retourner mais c’était sorti tout seul. Ça me paraissait logique de ne pas mettre en danger inutilement mon interlocuteur.

« D’accord dans ce cas. Je vais vous expliquer. »

Elle fit apparaître entre ses doigts un bandeau et des liens.

« Vous allez vous asseoir à l’une des tables et votre partenaire va vous bander les yeux et vous attacher les mains dans le dos. Ensuite, il vous fera goûter des aliments et vous devrez dire de quoi il s’agit. À chaque fois que vous perdrez, un morceau d’environ cinq centimètres carré d’un de vos vêtements vous sera retiré, en commençant par les extrémités de votre corps. »

L’expérience me fit sourire. J’avais totalement oublié le début de mon rêve. Loin des préoccupations touchant à ma relation avec Kaahl, j’avais l’impression que cette nouvelle activité m’apporterait une grande satisfaction.

Je m’avançai vers une chaise et m’installai. Je regardai Ahdriäan.

« Je compte sur toi pour ne pas m’en mettre partout. »

800 mots



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Mancinia Leenhardt
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◈ Activité : Joaillière [Rang IV] | Médecin [Rang III] | Éleveuse de Vaches [Rang I] | Investisseur [Rang II]
Mancinia Leenhardt
Lun 15 Fév 2021, 22:30


Illustration - J. Witless
Aegeri
Mancinia & Neah

! Ce RP aborde des thèmes adultes et pourrait heurter
la sensibilité de certains lecteurs !

En baissant ses yeux vers le bas, Mancinia prenait conscience d'être vêtue de cet ensemble de cuir sombre, ainsi que du porte-jarretelle à taille haute conçu dans une maille résille noire, mais transparente, avec des broderies en velours. Un voile noir transparent cerclait également sa taille et descendait avec délicatesse sur ses cuisses, dissimulant un postérieur dénudé, reposant sur quelques coussins éparses. Une tenue indécente qui sublimait son corps tout en demeurant extrêmement confortable. Présent imprévu de son Ange, elle l'avait conservée dans une armoire en l'attende d'un moment intime, digne de ce qu'ils avaient connus à Boraür.  Mancinia avait également des rubans dénoués dans ses cheveux, perlés d'éclats de diamants. Cessant de se contempler, son regard se reportait vers la présence à sa gauche. Neah. Il lui sourit. Elle lui sourit.

C'est un rêve ? demanda-t-elle. J'ai l'impression que c'est le même genre d'endroits où l'on rencontre Reine.
Ne parle pas de malheurs.

Passant une main dans ses cheveux, l'Humaine voyait des gouttes d'eau entre ses mèches rousses retombant sur son uniforme militaire. Humide. Comme s'il venait de prendre une douche et s'était vêtu à la hâte pour venir la retrouver. Ce ne devait pas être très agréable, mais elle n'osât lui suggérer d'enlever ses vêtements. Ses propos risquaient d'être mal interprétés. Dans cette ambiance tamisée qui se dessinait autour d'eux, on distinguait au centre de la pièce une nuée de bougies rouge bordeaux dont le parfum, à la lourde et entêtante fraise des bois, vint chatouiller leurs narines. Il ne faisait ni froid ni humide, la chaleur était tellement moite que cela faisait frissonner leurs sens. Un chemin de sable se dessinait pour conduire des invités vers eux, mais ils étaient seuls, dissimulés derrière des voiles opaques et des paravents en bois. Une intimité qui correspondait bien aux goûts de la Fille du Soleil. Surtout au niveau de la nourriture et du thé devant eux. Observant la table avec un air agacé, son Gardien trouvait cette profusion tout à fait indécente. Il n'aimait pas le gaspillage, mais il détestait encore plus l'abus concernant les plats.

Tu vas bien ? demanda-t-elle.
Je suis désolé, mais c'est vraiment désagréable.

Mancinia observait Neah enlevant son haut. Il n'avait que sa veste, rien en-dessous. Dans un instant de surprise, l'Humaine le dévisageait. Elle pensait naïvement que c'était de l'endroit dont il parlait. Ce devait être la première fois qu'elle le voyait dénudé de cette manière et non loin d'elle. Ses joues s'étaient rosies doucement. Ses entraînements se voyaient sur le moindre de ses muscles et, bien qu'ayant moins de cicatrices que sa personne, il y en avait bien une ou deux. Où était l'Ange essoufflé au bout d'un kilomètre ? Où était ce petit bout d'homme qu'elle devait réprimander pour ne pas savoir tenir une dague ? Sans doute encore présent là-dedans. Sous cette chaire blanche qui lui donnait vraiment envie de le toucher et de se perdre. Mancinia eu un léger sursaut en voyant son regard pénétrant sur elle. Par les Aetheri. Elle s'était perdue dans ses pensées en l'observant ... Embarrassée, elle se reprit lorsqu'il tendait son bras dans sa direction. Son corps était figé.

Je ...

Touchant sa chevelure dans un geste tendre, Mancinia cessât presque de respirer durant quelques secondes, avant qu'il ne se retire. Elle avait un papillon dans les cheveux et ce dernier venait de se mettre sur le doigt de l'Ange, battant ses ailes azurées en se dégageant de ses boucles. Un sourire sur le visage de son partenaire lui fit comprendre l'étrange sensation que d'avoir ses petites pattes mouvantes sur sa peau. Neah mis ensuite son doigt contre le rebord de la table et le lépidoptère s'y promenait tranquillement, avant que lui-même ne mette sa main contre son visage. Pourquoi devait-il être embarqué dans ces endroits ? L'Humaine eu un sourire, mélange de soulagement et de tendresse avant de surprendre la Canine Blanche en train de l'observer plus en détail.

Tes yeux se baladent ?
Non, dit-il en posant sa main sur la sienne avec douceur, son oeil valide volontairement ancré sur sa poitrine. J'admire la vue.

Mancinia observait le papillon qui se promenait entre le pain et le saumon avec un air victorieux.

Pas avant le mariage !

Et toc. Dégageant sa main de la sienne, sans violence, mais ravie, elle saisit entre ses doigts quelques macarons. Les engloutissant. Elle ne pouvait pas se permettre d'en manger autant, de manière aussi déplorable, en plein milieu d'un thé. Ceux à la vanille étaient vraiment les meilleurs. Elle s'en léchait les doigts.

Goûte, Neah ! Ils sont délicieux !

Elle venait de lui en fourrer un dans sa bouche à moitié ouverte alors qu'il avait tenté, en vain, de fournir une réponse, causant la dégringolade d'une partie de la crème sur sa peau.

Dis donc ! protesta-t-il en riant une fois la pâtisserie avalée. Ne m'étou ... Qu'est-ce que tu ... ?

Sous le visage un peu déconcerté de son fiancé, elle s'était penchée dans sa direction, ses deux mains délicatement posée sur son torse, tandis que sa langue parcourait les courbes de ses muscles où se trouvait la crème maladroite. Qu'est-ce que ... Mancinia était-elle vraiment en train de le lécher ? Il voulut mettre ses mains sur ses épaules pour la repousser avec délicatesse, mais sa gourmandise était terminée avant même que l'idée ne l'effleure. Remontant ses lèvres vers son visage, elle saisit sa bouche dans un échange passionné. Au lieu de son idée première, les bras du Capitaine remontaient vers son cou pour venir la serrer contre lui. Lorsqu'elle rompit ce contact brûlant pour reprendre son souffle, elle eut un sacré sourire.

C'était bon, n'est-ce pas ?

Comment répondre à cette question sans être aussi vicieux ? Il avait compris que l'incident Macaron était un accident, mais ce qui s'en était suivi ne l'était pas. Mancinia avait perdu le contrôle. Et lui, il prenait conscience que sa résistance amoindrie sous ses assauts. C'était problématique.

Pas avant le mariage, hein ? souffla-t-il.

Inévitablement, une sacrée fuite. Neah ressentait l'excitation à son encontre. Si Mancinia avait des efforts dans le monde diurne, elle ne parvenait pas à se contenir dans cet endroit fait de rêves, où ses fantasmes devenaient réalité. Et à dire vrai ... lui non plus. Sa température corporelle avait augmentée et la voir dans cette tenue lui était de plus en plus difficile. L'Ange détournait sa propre attention, prenant un morceau de viande moelleux entre ses dents.

Reste de ton côté ... et n'aie pas les mains baladeuses !

Ce qui sonnait tel un ordre ressemblait à une réelle provocation aux oreilles de l'Humaine, qui eut un sourire taquin, presque coquin. Il essayait de l'ignorer en se concentrant sur la nourriture.

Est-ce que le Capitaine Katzuta serait d'accord de me donner un entraînement particulier de gestion des mains ?
Vous n'aurez pas ma lance, Leenhardt.
Vraiment ?

Sans la moindre gêne, l'Humaine était venue mettre sa main sur son entrejambe, remontant avec douceur du bas vers le haut. Neah s'était crispé, relâchant son morceau de viande dans l'assiette sans en prendre conscience, essayant de se concentrer sur autre chose que sur ce geste particulièrement déstabilisant. Il était au-dessus de ça. Il se raccrochait aux cours d'étiquette prise par sa partenaire récemment. Il était au-dessus de ça. D'abord, l'art de respirer pour ne pas laisser ses émotions prendre le dessus, l'art de maintenir le regard, de s'asseoir, ou de marcher pour ne pas trahir son trouble. Il était ... Il n'y arrivait pas. C'était sa respiration qui perdait le rythme, son coeur qui pulsait à cent à l'heure et son esprit qui se désagrégeait sous ses caresses.

Aaah, mon petit Kaptan, sourit Mancinia en enlevant sa main. Saviez-vous que mon Petit Bouchon est vraiment mignon en toutes circonstances et que, malgré mon envie soudaine de me le taper contre cette table, il n'est pas réceptif ?
Pas réceptif, hein ?

D'un mouvement aussi agile qu'imprévisible, l'Ange bondit presque sur l'Humaine pour saisir ses épaules de ses deux mains, d'une brusquerie si surprenante qu'elle se laissait choir sur le dos, au milieu des coussins. Au-dessus de l'impertinente, son regard était comme glacé, mais aucune violence ou colère ne vint sur ses traits. Relevant sa main au niveau de son visage, il mis ses doigts couverts de liquide salé dans la bouche de sa compagne, qui comprit sa tactique et laissait sa langue lécher la moindre parcelle de sa peau. Neah prit une longue inspiration, avant de se laisser tomber sur une partie de son corps, n'osant plus vraiment la regarder, son visage tombant pile dans sa poitrine, ce qui ne l'aidait pas vraiment à reprendre le contrôle ...

Mancinia, ne bouge pas.
Quoi ?
Je ...

Se rendait-il compte à quel point son visage était clairsemé de rouge ? Elle essayait de se dégager quand même avec des petits mouvements de bras.

Ne bouge pas !

Son cri un peu plus aigu l'avait clouée dans sa position, tandis qu'il s'était redressé à moitié pour l'empêcher d'esquisser le moindre mouvement. Elle l'observait avec des yeux ronds. Qu'est-ce qui lui prenait ? Son regard essayait de partir ailleurs, mais il ne voulait pas perdre les courbes de son visage pour quelques secondes, maintenant qu'il y était revenu. Alors quoi ?

Je suis ... stimulé.
Oh.

L'embarras de l'Ange était au-delà de l'imaginable. Le sien l'était moins. Son souffle sur sa peau la rendait d'autant plus chaude, cette position, leurs tenues, cet endroit ... La main de l'Humaine descendait sur le torse de son partenaire. Neah eu un gémissement incontrôlable.

Tu veux que je termine le travail ?
N ...
Tu m'as vraiment fait du bien lors de notre précédent échange. Je suis prête à en faire de même.
Non, s'il te plaît, non.

Malgré une moue relativement déçue, elle se pliait à sa volonté.

Je ne bouge plus. Voilà.
Je suis désolé.
Oh, moi, ça ne me dérange pas ! dit-elle en éclatant de rire. Je suis contente de te faire autant d'effets, tu devrais le savoir maintenant !
C'est pas une raison ...

Mais où était la raison et la logique au sein de leur couple ? Elle était en train de le regarder avec un air si taquin, mêlant un certain désir. Non, vraiment, il allait complètement vriller s'il ne reprenait pas le dessus. Seulement ... En avait-il envie ? Mancinia allait retirer sa main, mais au dernier moment, il la retint.

Tu n'es pas obligé de te forcer quand tu n'en as pas envie.
Je l'air de me forcer ?

Non. Elle voyait. Elle ressentait.

Je ne comprends pas ce qui m'arrive ... J'ai juste envie ... Je ...
Dis-le moi.

Ses lèvres effleuraient les siennes.

Qu'est-ce que tu veux, Neah ?
J'ai envie de toi.

C'était un véritable aveu. Si aucun des deux ne cachait son attirance physique, si Mancinia était prête, ce n'était pas son cas. Dans cet endroit onirique, il semblait ne plus pouvoir mentir et brûlait volontiers les moeurs angéliques et ses résolutions. Libre de ses mouvements, leurs regards se percutant l'un et l'autre, Mancinia remis ses deux mains au niveau du visage de son Gardien, caressant ses épaules, parcourant son dos, suivant délicatement les renflements de ses vertèbres, comme si elle tentait d'y déchiffrer un langage oublié, avant de se loger au creux de ses reins, lui arrachant un frisson. Elle flatta quelques instants la peau douce qui se trouvait là, avant de reprendre sa descente, venant chercher la douceur de son postérieur. Irrésistiblement, leurs visages meurtris par l'impatience se rapprochèrent, avec délicatesse, presque avec appréhension, comme s'il s'agissait de leur premier contact. Leurs souffles se perdaient l'un dans l'autre, alors même que l'environnement alentours disparaissait peu à peu, les laissant s'engouffrer dans un endroit uniquement comblé par la présence de l'autre. Reprenant le dessus, l'Imprévisible contraignit la Canine Blanche à basculer sur le côté, son dos sur le sol moelleux, alors que l'entreprenante venait se mettre au-dessus de lui, le suivant dans son mouvement en s'allongeant sur son torse, pressant dans des caresses passionnelles ses mains sur ses muscles saillants, laissant ses doigts les parcourir pour remonter jusqu'aux épaules d'un Ange soumis au plaisir, qui ne pouvait que se mordre la lèvre inférieure.

Réchauffés, l'un et l'autre, par des caresses de plus en plus soutenues et profitant intensément de ce délice charnel si longtemps convoité et désiré, l'Ange prenait de plus en plus conscience de ce qu'ils étaient en train de réaliser. Il la laissait maître, comme il l'avait été lors de leur dernier voyage, mais il ne ressentait aucune gêne, ni aucune honte de se laisser ainsi dominer par ses sentiments. C'était comme cette nuit à Boraür ... Non, c'était mieux ! Ça semblait immoral, mais il la voulait vraiment. En même temps, ils étaient deux idiots. Deux parfaits idiots qui s'étaient bien trouvé ! Mancinia, elle, avait le coeur battant à mille à l'heure, au point de croire que son corps allait la contraindre à l'évanouissement. Elle n'avait pas vraiment le plaisir d'apprécier les courbes dénudées de son partenaire, qui restait relativement pudique, relativement souvent, même lorsqu'ils dormaient ensemble. Elle ne retenait qu'une seule chose, celle qu'ils en avaient envie, tous les deux. Surélevant son corps, Mancinia descendait sa main le long de son torse, s'arrêtant à l'élastique de son pantalon. Neah lui prit la main et la guida plus loin, les yeux plongés dans les siens. La femme referma ses doigts sur la virilité de son amant, provoquant un spasme de plaisir chez lui et un hoquet étouffé émergea de sa gorge. C'était plus dur qu'elle ne l'aurait cru, mais qu'importe, elle s'entreprenait à le masser, tandis que sa bouche avide heurtait la peau de son cou, ses dents s'enfoncèrent dans sa chair. Une perle de sang alla s'échouer sur l'oreiller et l'homme laissa échapper un drôle de grognement. Neah sentait que leur frustration mêlée se déliait en même temps que leurs impulsions et leurs soupirs d'aise.

Aucune brusquerie, aucun mouvement abrupt ne venait troubler cette étreinte soyeuse, où rien ne comptait davantage que l'instant présent. Toute pensée s'évaporait au profit des sensations que leur corps leur fournissait, électrisé au contact de l'autre. Ils s'attachaient à exalter un plaisir, ô combien rare, en ces temps d'éloignement, mais si délicieux quand il apparaissait. Enivré d'amour sans borne lorsque son envie disparu entre ses mains, Neah entraînait sa partenaire pour reprendre le dessus malgré son souffle complètement fou. C'était à lui de sembler entreprenant en déliant quelques noeuds de son corsage. Elle respirait mieux. Il avait compris. Elle sourit, il sourit. Sa main englué était porté à sa vue, l'Ange lui embrassait la joue, se moquant d'être nu et poisseux, uniquement ... Bien.

Je suis heureuse, déclarait Mancinia. J'avais envie de te donner du plaisir depuis si longtemps ...
Toi, tu ... Bon sang !
Tu as aimé ?

Un sourire apparu sur ses lèvres.

Ce n'était pas désagréable.
Au vue de tes nombreuses réactions ... Ça aurait été la folie si j'y avais mis la langue.
Quoi, la langue ? Il n'est pas question que tu fasses ça !
Bah, pourquoi pas ?
... Je suis trop fatigué pour argumenter.

Mancinia venait se blottir contre son torse, il rabattait ses bras autour de son corps.

... Merci, souffla-t-il dans ses cheveux.

Mancinia ne savait pas comment exprimer ce qu'elle ressentait, Neah ne le pouvait pas non plus. Ils étaient ainsi. Pourtant, elle ressentait ses troubles.

Nous nous aimons, mon Capitaine. Il n'y a pas de luxure pour de la luxure. Seulement de l'envie et de l'Amour entre nous. Juste nous. Nos désirs, notre bonheur, notre intimité. Être amoureux ne veut pas dire se consumer dans un brasier, comme avoir une relation charnelle n'implique pas spécialement qu'elle soit ... pénétrante.
Hum.
Nous sommes dans un monde onirique. Il n'y a pas de règles pour nous. Tu peux tout me faire, Neah. Tout.
Tout ...
C'est toi qui as dit que tu aimais le toucher plus que l'acte, non ?
Et toi que tu aimais être dominée.

Touché. Vu comment il se trouvait désormais au-dessus d'elle, après l'avoir basculé sur le dos, chacun y retrouvait son compte. Elle l'embrassait sur le menton, avant de saisir ses lèvres dans une douce embrassade, avant de se retirer et de mettre son front contre le sien.

Tu as de si beaux yeux. On dirait des saphirs.
Tu les veux ?
Tu me les donnerais ?
Si tu les veux, il le faut bien.

Il lui embrassait les yeux avec une douceur infinie.

Embrasse vite les miens avant qu'on ne te les chaparde, rit-il.

Elle fit de même en riant.

Je souhaiterai vraiment que toutes les lumières s'éteignent pour te dévorer.

Et comme le souffle sur sa peau ... tout s'éteignit.

2790 mots


[RPPT] - Le Rêve qui aime, le Rêve qui soumet, le Rêve qui excite, le Rêve qui tue Chriss10
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Mar 16 Fév 2021, 13:28


Ægeri
Aylivæ & Pulsar

Tandis qu’elle regardait le reflet que lui renvoyait l’immense fenêtre devant elle, Aylivæ jouait avec son collier de bonbons. Dehors, il faisait noir. Complètement noir. Il ne s’agissait pas d’une nuit sombre mais de la plus pure des obscurités. Pourtant, cela ne faisait pas peur à l’Ondine. Oh non, elle n’était pas effrayée, au contraire la joie se peignait sur ses lèvres rosées. Seule la blondeur de ses cheveux l’accaparait. Elle était Aimée ; cette magicienne dont elle prenait quelques fois les traits. Replaçant rapidement une mèche rebelle derrière son oreille, elle vérifiait que son chignon était impeccable. Celui-ci était fixé grâce à une pince en sucre d’orge. La jeune femme était entièrement habillée de sucreries, comme tous les autres convives qui l’entouraient.

Elle se retournait d’ailleurs pour les observer. Ils n’étaient que des silhouettes sans visage particulier. Aucun n’était reconnaissable. Pourtant, elle savait qu’ils n’étaient en rien dangereux ou malfaisants. Ils étaient juste des figurants dans ce rêve étrange où tout semblait bienveillant, joyeux mais aussi terriblement sucré et appétissant. Elle fit un pas vers la foule, commençant son ascension vers le centre de la pièce. Aimée était dans une salle de bal ; celle du palais royal de Cæl. Le sol marbré était curieusement inondé d’un fin voile d’eau sucrée. Ses petits souliers en sucre soufflé résistaient aux flaques qui tapissaient le sol. Cependant, le bas de son jupon, fait de barbe à papa rose et bleu, fondait en poussière étoilée – ou peut-être était-ce du sucre glace – aux rares contacts du liquide. Aimée se sentait légère dans sa robe de guimauves violette qui laissait ses épaules nues. C’était comme si elle était entourée par un petit nuage.

Pourtant, elle mourrait d’envie de dévorer son habit. Était-ce grave si elle trouait son buste à quelques endroits pour goûter aux délices qui l'habillaient ? Elle se mordait la lèvre inférieure, en proie au doute. Ce faisant, Aimée se rendit compte que le rouge qui lui couvrait les lèvres avait un doux goût de pomme. La faim commençait à la tourmenter horriblement. Alors qu’elle allait se mordre plus fortement la lèvre pour goûter à son parfum plus amplement, elle vit le banquet devant elle. C’était inespéré. Il lui suffisait de tendre le bras pour piocher un des chocolats servis sur un plateau argenté. C’est d’ailleurs ce qu’elle fit.

Les dents blanches d’Aimée se refermaient sur le mets sucré à une vitesse inouïe. Si elle aimait le chocolat, celui-ci avait un goût de trop peu. Sa faim n’était absolument pas satisfaite. Elle voulait goûter à d’autres plaisirs. Ses yeux bleus glissèrent sur le buffet. Finalement, ce ne fut pas sur un énième plat qu’ils s’arrêtèrent mais bien sur une présence aussi rare que précieuse. Aimée sourit instantanément à cette vue. « Messire Verhoeven ! » s’exclama-t-elle en le rejoignant en quelques enjambées.

Dès qu’elle fut à ses côtés, une odeur forte de vanille lui emplit les narines. Elle fermait les yeux alors que ses sens appréciaient l’arôme qui embaumait l’air. « Vous sentez magiquement bon. J’aurais presque envie de vous manger. » Si elle disait cela sur le ton de la plaisanterie, elle était horriblement sincère. L’idée de sauter sur le convive était entêtante et, pendant un instant, elle y pensa vraiment. Cependant, elle essayait de se contenir, déposant simplement une main sur le buste du Magicien. Elle voulait y planter ses crocs. Au lieu de cela, elle fixait ses yeux azurés dans ceux de son partenaire. « Comment allez-vous depuis la dernière fois ? Vous êtes-vous marié ? » demandait-elle avec sur un ton amical. Elle se souvenait de leur conversation au précédent bal, celui des douze cycles lunaires.

Pendant qu’elle disait cela, elle ne pouvait empêcher sa main de caresser le costume du brun. Quelle était la sucrerie qui le composait ? Finalement, ses doigts s’arrêtèrent au niveau de son col. « Oh. De quoi s’agit-il ? » demanda-t-elle, visiblement intéressée. Elle se mit sur la pointe de ses souliers, posant son autre main sur le magicien pour stabiliser son équilibre. Ensuite, elle approchait son nez du cou de Pulsar. Son comportement étrange lui paraissait tout à fait logique dans ce rêve.

Doucement, elle humait l’odeur du vêtement. Le bout de son nez en trompette frôlait la peau du mage. L’odeur de vanille revenait lui titiller les narines. Comme mû par un instinct fantasque, Aimée entrouvrait ses lèvres fines. Elle les approchait de l’épiderme de Pulsar. Son souffle chaud venait caresser sa nuque. Elle lâchait un gémissement de plaisance tout en fermant les yeux. Finalement, sa bouche déposait un doux baiser sur la peau de son partenaire et elle s’éloigna, comme si de rien était. « Votre parfum est envoutant, monsieur le Comte. » Ses mains, désormais loin du costume, se retournaient vers le buffet. « J’ai si faim, ce soir… » Sa voix devenait lascive, comme si la nourriture qui l’attendait était un plaisir bien plus qu’érotique. Ses yeux se détournaient des mets pour se planter sur le mage. Une lueur presque fiévreuse brillait dans son regard. « Nourrissez-moi, Pulsar. »

À leurs côtés, les invités continuaient à profiter des festivités. Certains dansaient, d'autres riaient. C'était une belle soirée.

Post I | 857 mots

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Latone
~ Orisha ~ Niveau I ~

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◈ Activité : Horticultrice
Latone
Mar 16 Fév 2021, 13:42



Ægeri
Lar & Maximilien



Aussitôt guidé par la volonté de l'Edmund'Faasnu, le Kaahi se prêta au jeu et avala goulûment son offrande. Comme comblée, la commissure de ses lèvres s'étira. Elle était loin d'être jeune et comprenait que leur gestuelle suivait l'érotisme onirique. S'y noyer n'était qu'une preuve supplémentaire de l'inconscience situationnelle de Lar. Même la Force de la Souriante ne suffisait pas pour lutter contre les illusions de la Nuit. Pour une amoureuse des puissantes sensations, à quoi bon se prémunir ? Cette carapace angélique que les Réprouvés tentaient d'étioler semblait absente. Simplement un voile, une formalité pour des mains expertes de son corps. Ses yeux vairons s'attardèrent sur les lèvres partiellement huilées de l'Humain, ses doigts se tendirent et détendirent sur l'épaule de celui-ci. Autant à Gona'Halv, sa position la révulsait envers quelconque faveur sexuelle, autant avec un être qui la connaissait déjà sur le bout des doigts, ses barrières s'effritaient. Vis-à-vis de l'Humain Ailé, la bague auréolait leur relation d'un caractère tout particulier.

Stupéfaite, la Sùlfr n'anticipa pas l'audace de l'Eraël. De ses souvenirs, c'était bien une tentative rarissime de l'Obstiné. Compréhensible, étant donné l'intimidation dont pouvait faire preuve la titanide. La mimique lui arracha un sourire, bien que gêné. Léto s'était depuis bien longtemps conformée à son piédestal dominant. Autrefois, le Númendil abusait d'une jeune femme encore en pleine découverte de son corps ; il n'en ressortit pas moins, après coup, par se confronter à une femme bestiale. Aujourd'hui, elle prenait bien plus son pied à faire plaisir à ses partenaires, en les couvant de toute sa stature. En tout pour tout, Lar rechignait donc à se laisser commander par un tiers, mais sa nature lui intimait une douceur plus passive. C'était comme être tenté par sa part angélique et sa part démoniaque ; l'effet des Deux Rives. La blonde demeura attentive sur le rouquin, sa bouche s'entrouvrant comme pour cueillir leur désir commun. Pourtant, le méfait du Kaahi et la nature de son arme la bouleversèrent un instant. Elle porta son index sur sa lèvre inférieure et cueillit une louchette de la crème. L'immaculée au coin de sa bouche lui évoquait les affres d'un plaisir interdit. Elle rit, plus bas, à son tour. L'érotisme commençait à lui monter à la tête. La tentation de se lécher les babines se manifesta au même moment où Maximilien vint récolter ce qu'il semât. Leurs lippes s'effleurèrent au gré de la mousse et instilla une nouvelle décharge le long de sa colonne vertébrale. Le commentaire la fit sourire et éveilla aussitôt sa gourmandise, passant une langue avide le long de sa bouche pour avaler ce qu'il restait de son délit, sans le lâcher du regard. La faim faisait des ravages.

Ne pouvant se contenir davantage, l'Ange saisit les épaules de l'Humain et l'entraîna avec elle dans sa chute, riant au passage. Ses ailes s'étalèrent amplement sur la couverture de pique-nique, renversant quelques mets au passage. Elle était couchée sur ses propres excroissances plumeuses, tandis qu'elle obligeait l'Humain à la suivre à califourchon. La blonde relâcha enfin son emprise sur lui, le laissant se redresser si tel était son souhait. Sur son sillage, de la nourriture traînait sur sa peau démunie de son débardeur ; mystérieusement envolé par magie. Puisque la gourmandise continuait de l'appâter, elle saisit une tranche de pain pour la frotter contre son épiderme souillée, récoltant le maximum de douceur sur son abdomen. Ensuite de quoi, elle bloqua une partie de la pitance entre ses dents et se redressa pour la présenter à Maximilien. D'un regard, elle l'invitait à croquer à son tour dans ce qu'il dépassait, comme pour répondre à ses derniers mots. Lorsqu'il se prêta au jeu, sa mâchoire se resserra aussitôt pour récolter sa part et se séparer de l'Humain. Tout en mâchouillant, ses mains explorèrent le torse du charpentier, lui aussi libéré. Elle put de nouveau caresser les lignes de ses marques, celles masquées par la pudeur. La Sùlfr fut toujours fascinée par ces affections corporelles, qu'elles furent involontaires ou artificielles. Par exemple, les fissures de Miles furent l'un des éléments déclencheurs de leur relation, une curiosité qu'elle ne refrénât point en sa présence. De manière générale, découvrir la nudité d'autrui la confortait, car elle se sentait alors plus en phase avec sa propre enveloppe charnelle. Peut-être était-ce l'une des raisons qui l'amenaient à spécialiser son art dans l'érotique.

Sa part dévorée, l'Ange se coucha de nouveau sur le dos. Ce passe-temps éveillait tout ses sens, le soleil tapait sur son buste dépourvu de protection. Comme baignée par une fabuleuse bénédiction, les rayons solaires semblaient tracer des dessins sur sa peau. Le long de ses courbes nues, les symboles chamaniques refirent surface. Toutefois – elle-même le ressentait – ce n'était pas de la peinture, mais bel et bien de la nourriture qui sillonnaient son enveloppe à l'instar de coups de pinceaux, encore. Le ballet des teintes mettait en évidence ses muscles et ses formes féminines. Le rouge pourrait évoquer le coulis du fruit des bois, le vert la douceur de la chlorophylle, le blanc la fraîcheur du lait… Il n'y avait, finalement, qu'une seule manière de le découvrir. Cette perspective la fit sourire et lancer un regard complice à Maximilien ; c'était comme si elle devenait son repas.


" Croque-moi. "

Lar passa ses bras au-dessus de sa tête, pour lui laisser le champ libre à toutes ses fantaisies. Ses mains s'éloignèrent le plus possible du terrain pour retarder l'inévitable, son corps se tendant pour chercher à l'accueillir. Elle ne lui laissait qu'un brin de répit, car les suggestions de Leenhardt trottaient dans un coin de sa tête.


997 mots ~



By Jil ♪
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