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 [Q] Aujourd'hui je suis Reine, hier j'étais libre

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Dim 29 Nov 2020, 13:34


Aujourd'hui je suis Reine, hier j'étais libre



Partenaire : Solo
Intrigue/Objectif : Harmonie explique à Léandra (Heian) le rôle d'un Souverain des Contes. Elle le renvoi vers Crocus, celle avec qui il créera son Royaume.

Heian
La Fae me poussa à l’intérieur avec une force que je ne lui prêtai pas avant de refermer la porte derrière elle. L’ouverture disparut aussitôt, nous piégeant à l’intérieur d’une étrange salle. Le décor tranchait avec la végétation luxuriante que nous venions de quitter. Le sol, les murs, le plafond, tout était incroyablement blanc, conférant une sensation de vide à l’endroit. Ici, la nature ne paraissait pas avoir sa place. C’était un endroit sans relief, inodore et sans saveur. Pourtant, la pièce était décorée d’une myriade de miroirs suspendus, de toute formes et de toute tailles. Ils flottaient autour de nous, comme suspendus par des fils invisibles, suivant des trajectoires incertaines comme si la gravité ne les affectait pas. Mais l’image qu’ils renvoyaient n’était pas le reflet de nos frêles apparences. Chacune d’entre elles était une porte vers un autre monde. Mon regard s’émerveillait devant ces tableaux animés représentant des scènes du quotidien. Je tournai vers mon guide un visage stupéfait. Elle me répondit par un sourire et je n’eus pas besoin de poser de question.

« Bienvenue dans le Salle des Miroirs. »

Son ton était cérémonieux. J’assimilai l’information sans néanmoins en saisir toutes les subtilités. Je tendis le bras vers l’un des psychés qui passaient à ma portée pour le saisir. Harmonie se plaça derrière moi, plongeant elle aussi ses prunelles bleu nuit sur l’objet de ma curiosité. J’observais les contours mouvants des ruelles de Pabamiel. La foule était de moins en moins imposante à mesure que nous nous éloignions de Sitzrael et de ses halles commerçantes. Nous avions désormais rejoint les somptueux bâtiments qui formaient le quartier de Jelemiel ; je reconnus les fines sculptures d’or qui décoraient l’angle de ses rues. Les spectacles des artistes de rues passaient sous nos yeux sans que le reflet ne parut leur accorder la moindre importance. Et puis, comme s’il avait perçut une scène bien plus intéressante, l’angle de vue changea pour reproduire l’intérieure d’une galerie d’art. Deux individus - un homme aux traits durs et une femme à la tignasse blonde - semblaient contempler l’une des toiles. La peinture représentait quatre jeunes filles autour d’un arbre en fleurs ; une première était assoupie contre les racines noueuses du végétal, profitant des éclatants rayons du soleil - la seconde chantonnait un récital aux oisillons, accompagnée de l’une de ses soeurs dont les doigts frottaient les cordes d’une harpe - la dernière, quant à elle, était allongée sur le ventre, esquissant au fusain les contours de la pivoine qu’elle observait. Je détournai les yeux du spectacle, finalement peu intéressé par la situation, pour darder un regard interrogateur sur la demoiselle à mes côtés.

« Qu’est-ce que c’est ? »

La Fae comprit mon allusion avant même que je ne la formulasse ; elle s’était déjà mis à sourire lorsque ma voix commença à retenir dans le hall des glaces.

« C’est ce que nous appelons un miroir, précisa-t-elle sur un ton neutre, qui ne laissait pas de place au sarcasme. Ils permettent de voir tout ce qui se passe dans le Monde Réel et celui des Contes. Mais ce n’est pas tout, en les utilisant, il est également possible de voyager entre les Mondes.

— Je vois… »

Harmonie avait capté toute mon attention ; ces miroirs possédaient un potentiel qui me serait fort profitable.

« Et… (j’hésitai un bref instant avant de poser ma question) Est-il possible de choisir ce qu’ils nous révèlent ?

— Oui. Il suffit de le leur demander. Vous pouvez essayer si vous le souhaitez. »

Elle n’eut pas besoin de me le répéter. Je plaçai mon visage face au réflecteur et annonça clairement celui que je voulais percevoir : « Elias Salvatore ». L’image se brouilla un instant, tournoyant sur elle-même. Et puis, au bout d’un long moment, elle redessina les contours de la galerie d’art.

« Pourquoi cela ne fonctionne-t-il pas ? Est-ce que je m’y prends mal ?

— Je ne sais pas, avoua ma préceptrice. Cela aurait dû marcher. Peut-être se trouve-t-il au-delà des limites des miroirs ?

— N’existe-t-il pas des objets qui immuniserait à ce pouvoir de détection ?

— Je l’ignore », m’avoua-t-elle.

Je restais silencieux. Son explication était cohérente. Mais il était également fort probable qu’il eût connaissance de cet endroit et trouvât un moyen de se soustraire à son influence. Après tout, il avait bien plus de connaissance sur ce monde que je n’en avais. N’était-ce pas lui qui m’avait fait part de l’existence de ces artefacts permettant de changer de race ? Malheureusement, je n’avais pas eu l’occasion de le questionner davantage sur le sujet.

« En tout cas, je suis fortement étonnée !, m’indiqua Harmonie. Je pensais que votre réflexe aurait été d’espionner votre mari.

— Mon mari ? » répétai-je, abasourdi.

Je n’étais pas marié et - le seul à qui j’étais promis - avait accepté de ne pas révéler ma véritable identité. C’était d’ailleurs lui, la première personne que j’avais voulu apercevoir en usant de cette magie. En un sens, elle n’avait pas complètement tort dans sa réflexion.

« — Oui, Priam Belegad !

— Pardon ? Je pense que vous faites erreur sur la personne.

— Mais non ! Dans le conte, vous vous êtes bien unis à Priam Belegad ! C’était lui qui avait le rôle de Scar, le frère du roi. Vous vous rappelez ? »

En effet, Aladdin avait bel et bien épousé ce Scar. J’avais même un merveilleux tableau pour me rappeler de leur premiers ébats.

« Ah, ça ! Vous m’avez fait peur l’espace d’un instant ! Ce n’était qu’un conte ! Vous savez, il faut savoir dissocier la fiction de la réalité. Je ne suis pas marié à ce Belegad.

— Bien sûr que si ! me contredit la Fae. Vous vous êtes unis comme le veut notre tradition. A nos yeux, vous êtes unis par les liens sacrés du mariage. »

J’accueillis cette nouvelle par une grimace. Si je connaissais le caractère torturé de la soeur Belegad, je ne savais pas grand chose de cet homme. Mon regard s’assombrit ; ce mariage remettait-il en question mon union avec le Prince Noir ? Non. Il me suffisait de me fabriquer une nouvelle identité de toute pièce - mais le souhaitai-je réellement ? J’aurai pu disparaître, faire comme si tout cela n’avait jamais existé. Qui aurait pu remonter jusqu’à moi ? Les Faes sans doute. Je réfléchis. Ce nouveau conjoint était-il un bon parti ? Je l’ignorai. Peut-être me fallait-il l’aborder pour évaluer son potentiel - ensuite seulement, prendrai-je ma décision.

« Priam Belegad ! »

Le miroir tressaillit à l’évocation de l’Ange. De fines volutes de couleurs s’entremêlèrent pour former une nouvelle scène de vie. Le teint hâlé, les cheveux sombres en bataille, la silhouette de Priam se dessina devant mes yeux émerveillés. Il se tenait au milieu d’un pré, observant son troupeau hétéroclite. Les uns broutaient l’herbe calmement, tandis que d’autres jouaient à se faire peur ou à se courir après. Le regard doré de l’Ange était profond, je me perdis un instant dans sa contemplation. Il paraissait soucieux, comme si son esprit était troublé par un événement important. Au moins, ce ‘mari’ possédait un certain charme. J’espérai néanmoins que son cerveau fût moins ravagé par les affres de l’amour que celui de sa soeur profondément dérangée. Mes divagations m’amenèrent à songer à un moyen de l’aborder. Il serait peut-être temps pour moi de récupérer ce Cerfeuil qui m’attendait à Lumnaar’Yuvon. Certes, il me faudrait trouver un endroit pour l’élever - mais je ne doutai pas que ce cher Priam aiderait une compatriote dans le besoin.

« Connaissez-vous l’endroit où il se trouve ? demandai-je à ma superviseuse

— Je l’ignore. Mais il est de notoriété public que Priam Belegad séjourne régulièrement dans les Jardins de Zhen.

— Les Jardins de Zhen vous dites ? Il faudra que je pense y faire un tour…»

Après un dernier coup d’oeil au psyché, je le libérai de ma poigne et me reconcentrai sur Harmonie. Elle sembla s’en satisfaire. Après tout, ce n’était pas l’objet de ma visite.

« Pourquoi m’avoir amené ici ?

— Parce qu’en ce lieu, nous ne pouvons être épié. Mais surtout, parce que je voulais que vous compreniez le danger que représente ce genre de pouvoir dans les mains d’une personne mal intentionnée. C’est entre autre pour cela que nous souhaitons que vous deveniez un Souverain des Contes - pour que vous puissiez protéger cet endroit. Il existe en tout sept salles comme celles-ci - et l’Empire de Loki s’est déjà emparé de l’une d’elles. Nous ne pouvons nous permettre de perdre le contrôle des miroirs.

— L’Empire de Loki ?

— Il s’agit d’une terrible organisation qui a pour but de pervertir les Contes. Les histoires, les récits et les légendes que nous véhiculons disséminent des bribes de morales. C’est ainsi que les enfants grandissent et évoluent en développant la notion de Bien et de Mal, mais s’approprient également des valeurs telles que l’Amour, l’Amitié, le Partage et bien d’autres. En altérant les Contes, en permettant à certains personnages de s’enfuir et en nous empêchant d’intervenir, l’Empire de Loki espère pouvoir conditionner les lecteurs. Ils souhaitent modeler l’esprit de la jeunesse pour qu’ils participent à leur sombre dessein. C’est pour cela que nous avons besoin de vous. Vous devez nous aider à contrecarrer les plans de l’empire, nous aider à les mettre hors d’état de nuire.

— Je vois », indiquai-je d’un ton pensif


C’était la première fois que j’entendais parler de ce groupuscule. J’eus soudain envie de les rencontrer, intrigué par la mission qu’ils s’étaient donnée : réformer l’éducation des bambins pour les modeler selon leurs propres désirs. Je devais avouer que je trouvai moi-même un certain intérêt pour cette manoeuvre. Si j’arrivais à prendre le contrôle de cet Empire, alors je pourrais sans doute façonner le futur. Mais pour l’heure, je ne connaissais rien de leur dessein ; s’ils étaient aussi mauvais que la Fae le sous-entendait, sans doute était-ce une bonne chose de lutter contre eux dans un premier temps. Il serait toujours temps de changer d’avis le moment venu. Endosser ce rôle était d’ailleurs le meilleur moyen de les trouver et d’en apprendre plus sur eux. Mais je ne devais pas me précipiter : je ne connaissais encore rien des implications que ce rôle me demanderait.


« Si je comprends bien, la mission que vous souhaitez me confier consiste à lutter contre l’Empire de Loki et protéger les Salles des Miroirs, c’est bien cela ?

— Oui. Mais il y a une dernière chose. Certains personnages - sous l’influence de nos adversaires - s’enfuient du Monde des Contes pour rejoindre votre monde. Il vous faudra les ramener pour préserver l’équilibre.

— Est-ce tout ?

— C’est déjà beaucoup.

— En effet. Mais je ne saisis pas bien ce que vous attendez de moi concrètement. »

Un air malicieux passa sur les lèvres d’Harmonie. D’un geste vif, elle attrapa un miroir et m’invita à regarder.

« La Coupe des Nations de Greta. »

Le reflet renvoya l’image d’un paysage lugubre et effrayant.

« Il s’agit là de l’un de nos plus beaux Contes. Pourtant, voyez à quel point il est altéré. Nulle trace de la détermination, du courage et de la bravoure que nous lui avions insufflé. Nous restons impuissants, incapables d’user de notre magie sur ce récit corrompu. En nommant des Souverains, nous espérons qu’ils pourront chasser les personnages indésirables du conte et redonner vie à la trame principale de l’histoire. Vous comprenez un peu mieux ? »

Les explications étaient plus claires. Ce que les Faes me demandaient était assez similaire à l’expérience que j’avais vécu en tant qu’Aladdin - bien que je ne m’en rappelasse pas réellement. Je hochai la tête pour toute réponse.

« Alors, acceptez-vous toujours de nous aider ? (Ses petits yeux pétillaient d’espoir alors qu’elle s’adressait à moi). Bien évidemment, nous ne vous demandons pas d’oeuvrer pour nous gratuitement. Le peuple féerique aura un grand respect pour votre participation à cette lutte et vous aidera dans cette tâche. Nous vous permettrons de régner sur votre propre Conte - et écrirons son histoire. Vous serez libre de le régenter de manière anonyme - ou au contraire de décider de vous faire connaître parmi vos pairs. Nous ne serons que quelques uns à connaître votre véritable identité et, en tant que gardienne des secrets, je peux vous assurer que vos mystères seront bien gardés avec nous. Alors, qu’en dites-vous ? »

Je souris. L’anonymat avait achevé de me convaincre.

« J’accepte volontiers »

Harmonie me sourit à son tour. Ses petites ailes battirent avec vigueur. C’était comme si la joie voulait sortir de son corps. Elle commença à arpenter la salle d’un pas guilleret, articulant ses pensées à haute voix.

« Bien, il y a tant à faire. Par quoi commencer ? L’initier au Monde des Contes me paraît la meilleure solution. Hmm… Oui ! Il faut créer son Royaume. Mais je dois en informer la Reine au plus vite. Qui donc pourrait prendre ma place ? Lavande ? Non, trop dispersée. Ortie ? Non plus, elle est trop caustique avec les étrangers…. Ah, je sais ! Crocus ! »

Elle tourna sa figure vers moi. J’eus l’impression que des flammes brûlaient dans le fond de ses prunelles.

« Je vais devoir vous laisser. J’ai beaucoup de chose à faire pour officialiser votre nouveau statut. C’est Crocus - l’une de mes congénères - qui s’occupera de vous à partir de maintenant. Vous la trouverez aux Aventures des Trois Royaumes. Passez ce miroir là-bas (Elle pointa un immense psyché ovale) et vous rejoindrez le conte. Vous connaissez déjà l’endroit - ce sera plus simple pour vous repérer. Cherchez Crocus et dites lui que vous venez de ma part ; elle comprendra. Ce sera votre partenaire pour l’administration de votre conte. Compris ? »

Les informations se bousculèrent dans ma tête. Je les attrapai au vol pour les intégrer dans ma mémoire. D’un geste, la Fae m’invita à rejoindre ce que j’identifiai comme la région de Hou-Hou. Je m’exécutai.

« Très bien : Je te laisse, nous nous reverrons peut-être plus tard ! »

Elle disparut peu avant que le décor se modifia autour de moi.


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