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 [Q] - Évanouissement | Solheim

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Kaahl Paiberym
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Kaahl Paiberym
Mar 17 Nov 2020, 18:41



Évanouissement

Intrigue : Eméliana est avec d'autres élèves à Stenfek. Elle y rencontrera Solheim et on tentera de faire les défis s'ils ne s'entretuent pas  [Q] - Évanouissement | Solheim 2289842337


Je suivais le petit groupe d’élèves. Je n’aimais pas marcher à n’en plus finir. Ma frêle silhouette était bancale mais j’étais malade. Je ne comprenais pas cette lenteur qui me caractérisait. Je ne voulais pas comprendre qu’elle était due à ma mauvaise alimentation. J’étais trop grosse, de toute façon. C’était la seule chose qui m’importait : mon poids. Le Moineau, c’était ainsi que les autres élèves m’appelaient. Je les haïssais, tous, tous ces chiens étrangers. Pourtant, j’avais décidé de faire des efforts, de m’intégrer et de travailler. Mes résultats scolaires n’étaient pourtant pas reluisants. Ceux qui voulaient me faire disserter sur la grandeur des Sirènes ou des Magiciens étaient des fous. Ces peuples n’étaient qu’un ramassis d’immondices. Ma mauvaise fois n’avait d’égale que les retenues que j’avais écopé en essayant de leur signifier la vérité. Je soupirai. J’étais lasse, aujourd’hui. Cette excursion chez les Réprouvés me semblait être une véritable torture. Il n’y avait pas une race plus misérable que ces derniers. Ils n’avaient aucun savoir-vivre. Ils étaient répugnants, ne se lavaient pas, ne s’habillaient parfois pas non plus. Qu’essayaient-ils de faire ? À montrer ainsi leurs muscles ? J’avais envie de leur refourguer la peste entre deux ruelles. Qu’ils crachent et qu’ils toussent. Qu’ils tombent et qu'ils meurent.

« Eméliana, que viens-je de dire ? » Je n’en avais aucune idée. Comme elle parlait des Réprouvés et que je ne voyais pas l’intérêt d’écouter ou, pire, de retenir quoi que ce fût sur ces choses, j’avais fermé mon esprit à son charabia. « Vous présentiez Stenfek. » dis-je, au hasard. Heureusement, la chance était de mon côté. « D’accord. Sois plus attentive. Ce qui se déroule en ce moment ici est très important historiquement parlant ! » Bien sûr. Comme si les Réprouvés avaient fait avancer l'Histoire d'une quelconque manière. Elle semblait pourtant convaincue. Encore la marque de l’infériorité des professeurs de Basphel. N’importe quel Sorcier aurait trouvé le sujet inintéressant. Ces gens buvaient des litres de bière et jouaient à monter sur des Bicornes… Dans quel but ? S’amuser ? Ce n’était pas drôle mais s’ils pouvaient tous se fracasser le crâne par terre, ça m’arrangerait parfaitement. S’ils disparaissaient, je n’aurais plus à déambuler dans ces rues. J’avais mal partout : aux pieds, aux mollets, aux cuisses. Je n’étais pas faite pour l’activité physique. Pourtant, je désirais que les choses changeassent. Je voulais prouver à l’Empereur Noir que j’étais digne et apte à me débrouiller seule. J’espérais que lorsqu’il constaterait que je n’étais plus torturée par l’école, alors son plaisir à m’y voir souffrir s’éteindrait et qu’il n’y verrait plus aucun intérêt. J’étais très loin du compte. Il ne cherchait pas mon mal-être. C’était tout le contraire. J’étais trop sotte pour le comprendre. Au moins, ma nouvelle motivation me tirait vers le haut.

La professeure continua son récit. « La question est de savoir ce que les autorités décideront. Stenfek demande son indépendance, ce qui entraînerait de multiples conséquences si ça arrivait. Quelqu’un a-t-il une idée ? Oui ? » « Une indépendance pourrait fragiliser le pouvoir ? » Je n’écoutais déjà plus. Je soupirai et laissai les autres élèves prendre de l’avance. Je ne me sentais pas très bien, sans doute parce que je n’avais encore rien avalé de la journée. Je finis par me mettre sur le côté. J’appuyai l’une de mes mains sur le mur, à cause de ma vision approximative. Tout devenait noir progressivement. L’environnement tanguait au fur et à mesure que mon esprit perdait de sa vivacité. J’avais l’impression de valser maladroitement, consciente de ne pas avoir donné à mon corps le carburant nécessaire à son propre maintien. Mon autre main se serra autour de ma robe. Elle était verte, de la couleur des sapins. Le col remontait jusqu’à mon cou. Je portais des collants noirs et mes cheveux étaient attachés en queue de cheval haute. Le tout me donnait une apparence stricte, appuyée par la posture que l’on m’avait fait adopter depuis l’enfance. J’étais une Princesse Noire. Je devais me comporter comme l’exigeait mon rang. Même si je ne l’avouerais jamais, ma silhouette, entourée de celles des Réprouvés, paraissait insignifiante. La plupart d’entre eux auraient pu contenir cinq fois ma largeur. Ils étaient grands et robustes, là où j’étais petite et fragile. Je ne pouvais rien soulever. Je ne pouvais pas faire le poids physiquement. Néanmoins, mon avis sur eux n’allait pas changer. Les peuples qui n’utilisaient que très peu la magie étaient des inférieurs. Les Mages Noirs avaient déjà montré à ces minables l’étendue de leur supériorité, lorsque Lumnaar’Yuvon était parti en fumée. Depuis, les Sorciers n’avaient plus réitéré. Pourquoi faire ? Les Réprouvés n’avaient rien pour eux. Les laisser vivre n’était une menace pour personne. Ils étaient des déchets, au même titre que les Humains. J’essayai de respirer lentement mais rien n’y fit. Ma vision sombrait progressivement dans le noir complet. Ce n’était pas agréable. La transpiration, la chaleur froide qui m’étreignait… J’allais m’évanouir au milieu de ces cafards aux mœurs dégradantes.

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Jeu 19 Nov 2020, 21:59


Evanouissement



Spécialités :
- Agilité : 10
- Force : 13
- Charisme : 7
- Intelligence : 10
- Magie : 11

Pouvoirs :
- L'Invocation du Divin Chaos
- Sul Vulon
- Pruzah Aus
- Contrôle de la magie blanche
- Contrôle de la magie noire

Physique : Solheim est un réprouvé à l’allure imposante. Atteignant le mètre quatre-vingt-dix-huit pour une centaine de kilogrammes, il possède deux puissantes ailes duveteuses – l’une noire, l’autre blanche.  Il se balade actuellement torse nu, révélant ses muscles saillants et le tatouage d’aigle qui recouvre l’intégralité de son dos ainsi qu’une grande partie de son torse et de ses bras. Il est plutôt peu poilu au niveau du torse et du dos mais un sillon de poil prend sous son nombril pour se poursuivre vers la région pubienne. Il possède une pilosité plus importante sous les aisselles et sur les bras. Au niveau du bas du corps, il porte une longue culotte gris clair en lin ainsi que de bottes marron en cuir souple. Solheim noue sa chevelure d’un brun cachou en un chignon désordonné sur l’arrière de son crâne, ce qui libère son regard ambré teinté de rouge. Une balafre verticale barre la moitié gauche de son visage aux traits grossiers, formant une cicatrice nette et propre. Il porte autour du cou une sorte de chapelet.
Plusieurs mois s’étaient écoulés depuis ma dernière apparition dans la cité. Pourtant, la ville arborait toujours les décorations qui l’avaient embellie lors des festivités célébrant la fin de la malédiction de Sympan. Les guirlandes suspendues entre les façades formaient des arches colorées qui accompagnaient ma remontée vers la place principale. C’était une belle journée de Jeriel. Le soleil trônait fièrement dans le ciel dépourvu de nuages, baignant les Terres d’Emeraude de sa douceur chaleureuse. Une fine brise troublait l’air sec et vivifiant, caressant les mèches qui s’échappaient de mon chignon attaché à la va-vite. L’environnement accueillant contrastait avec les températures tropicales auxquelles je faisais face sur l’île. Je n’avais néanmoins pas trouvé nécessaire de me vêtir plus qu’à l’accoutumée. Le pantalon large en toile ocre qui ceignait ma taille - et les bottes marrons qui coiffaient mes pieds - étaient un attirail plus que suffisant pour affronter le climat de mon pays natal. Si je ne portais que peu de vêtements, je n’avais pas lésiné sur les armes : je portais une hache à deux mains en bandoulière, une hachette accrochée à ma ceinture et une dague fixée à ma bottine. Bien que je sachasse que je n’avais rien à craindre dans les rues de la capitale, je ne me sentais jamais à mon aise lorsque je n’étais pas suffisamment équipé. Peut-être était-ce la raison pour laquelle j’appréciai tant mes longues journées de travail à la forge ; la proximité des lames avaient toujours eu un côté attrayant.

Mes ailes dépareillées n’étaient pas apparentes ; j’avais choisi de délaisser les cieux au profit des pavés ponctués de touffes herbues. Parfois, des racines trop expansives avaient tendance à déchausser les dalles, gondolant la droiture des routes d’autrefois. La végétation était très présente - comme si elle cherchait à reprendre ses droits naturels sur cette terre aménagée par l’humanité. Je passai devant les grands arbres boule au feuillage flamboyant. Mes yeux se perdirent un instant dans leur reflet. J’avais presque l’impression de contempler les flammes qui alimentaient les hauts fourneaux de l’atelier. Le métal - lui aussi - se teintait de la couleur du feu lorsqu’il était plongé suffisamment longtemps à l’intérieur. Mon esprit divagua quelques instants pour me faire vivre les scènes si familière de mon quotidien. Ce fût une voix féminine qui m’extirpa de mes pensées.

« Ces arbres aux feuilles rousses sont la fierté de Stenfek. Quelqu’un connaît leur nom ? »

Les bambins s’amassaient autour de la jeune femme. Ils ressemblaient à de petits canetons qui suivaient les traces de leur mère, sauf que dans leur cas, il n’y avait pas de piaillement. Je souris. L’une d’elle se trémoussa sur place avant de lever la main. Elle avait de beaux cheveux teintés de violet et un regard malicieux. L’adulte qui les surveillait hocha la tête, l’invitant à parler.

« Des Ygdramirs. » indiqua-t-elle de sa petite voix fluette.

Sa professeure la félicita, tout comme moi - intérieurement. Je me détournai de cette scène pour reprendre ma route. Je remontai l’avenue puis tournai sur la gauche, dans une petite ruelle qui descendait vers la place principale. Les escaliers étaient partout dans cette ville - je me rappelai soudainement pourquoi je préférai la voie des airs. Pourtant, je ne cédai pas à la facilité pour une raison qui échappait à ma propre compréhension. Tout à coup, une silhouette attira mon attention. En bas des escaliers, à quelques mètres de moi, une ombre s’étendait sur le sol. Je m’approchai à la hâte, animé tant par la crainte que par la curiosité. La petite forme immobile était en réalité une gamine. Elle était drapée d’une robe verte qui remontait jusqu’à son cou. Ainsi vêtue, je ne pouvais qu’apercevoir son visage de lait et sa tignasse rousse. J’esquissai une grimace ; l’accoutrement me paraissait fort peu confortable. Je perçus tout à coup le mouvement de sa poitrine qui s’élevait au rythme de sa respiration irrégulière. Posant une main sur son épaule, je la secouai légèrement, comme pour la sortir de la torpeur d’un sommeil éprouvant.

« Hé ho ! Tu dors, gamine ? »

Pas de réponse. J’hésitai à serrer ma prise et à la bousculer davantage mais son corps frêle m’incita à la prudence ; elle n’était pas très costaude comparée aux enfants bipolaires. Je réfléchissais avec la vivacité d’un bicorne ; c’était la première fois que je rencontrais ce genre de situation et je ne savais pas réellement comment m’y prendre. Je tentai de me mettre dans la peau de Leya-Niera ; l’Ange guérisseuse était plus à même que moi de l’aider. Un instant, je songeai à l’emmener à l’hôpital, après tout ce n’était pas très loin. Finalement, ce fût la réminiscence d’une scène de mon enfance qui me donna la solution. Ma mère avait déjà utilisé ce charme alors que je m’étais entaillé la cuisse ; c’était la première fois que je tenais une hache entre les mains. Un large sourire illumina mon visage.

Je m’assis en tailleur face à la silhouette étendue et fermai les yeux. J’avais encore des difficultés à différencier l’essence de la magie blanche de celle de la magie noire. Je n’arrivai pas réellement à mettre des mots sur le phénomène ; je me perdais dans leur complexité. Les émotions et les sensations qui m’animaient étaient bien trop fortes et fluctuantes pour que j’arrivasse à les distinguer clairement. Je me laissai aller à ce pouvoir que je ne maîtrisai pas totalement, guidé par la volonté de porter secours à l’étrangère. Je ne savais pas qui elle était, ni ce qu’elle était mais je n’étais pas le genre de personne à laisser une enfant mourir - fusse-t-elle la fille de mon ennemi.

Mes mains se nimbèrent d’une aura laiteuse. Je nageai dans un sentiment de profond bien-être. Mes cheveux brun cachou troquèrent leur éclat pour un blond cendré. Je ne m’étais jamais senti aussi entier qu’en cet instant - comme si j’avais finalement trouvé la personne que j’étais destinée à être. Je projetai déjà la magie dans le corps de la fillette, désireux de soigner les maux qui la tourmentaient. J’ignorai réellement ce qu’il fallait faire, mais je me surpris à prier pour son salut. Ma main se reposa sur son épaule, dans un geste paternel et réconfortant.

« Tu m’entends ? Tu vas mieux ? »

L’Autre qui parasitait mon corps chassait déjà ma plénitude, réclamant l’équilibre des forces. Mes traits angéliques s’estompèrent. Et je redevins l’individu que j’étais, luttant pour survivre entre ces deux forces qui s’opposaient.

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Kaahl Paiberym
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Kaahl Paiberym
Mar 12 Jan 2021, 12:39



Évanouissement


Un soupir meurtri s’échappa d’entre mes lèvres. Si je sentais que l’on me manipulait, j’étais incapable de bouger. Des sueurs à la fois froides et brûlantes coulaient le long de mon dos. Si j’avais chaud à présent, nul doute que le gel me rattraperait vite, malgré la douceur de la journée. Les évanouissements n’étaient jamais agréables. Quelque chose en moi n’allait pas. Il y avait une fêlure, une cassure. La maladie qui s’attachait à moi était le symptôme de mon mal-être. J’avais compris tôt que j’étais impuissante, que ma vie ne serait qu’une comédie, dictée par un metteur en scène qui s’incarnait dans les traits de ma mère. Comme je courais après un contrôle vain, j’avais cherché inconsciemment quelque chose à quoi me raccrocher. La gestion de la nourriture que j’ingurgitais avait le mérite d’être tangible, d’être à moi. Personne n’avait son mot à dire, personne n’avalait à ma place, personne ne pouvait m’empêcher de vomir. En maîtrisant mon poids, c’était comme si j’arrivais à reprendre en main le cours de ma vie. Malheureusement, mon obsession pour la question apportait un déni particulièrement tenace. Il ne restait à mon corps qu’une seule option : dysfonctionner, dérailler. Pourtant, malgré tout, je refusais de lâcher mes habitudes. Les malaises étaient devenus mon quotidien et ma résilience face à leur existence n’aidait pas mon rétablissement. Ni mon père ni ma mère ne s’inquiétaient. Eulalie était une Sirène et elle ne pensait qu’aux apparences. Niklaus était parti. Il ne m’avait, de toute façon, que très rarement accordé de l’attention.

Je poussai un gémissement, en constatant que le décor réapparaissait progressivement devant moi. J’avais oublié, un instant, me trouver dans cette ville d’écervelés, sauvages et primaires. Mes yeux cherchèrent instinctivement un point d’ancrage. Ils le trouvèrent sur le visage d’un homme, marqué d’une cicatrice qui m’interrogea assez pour tirer mon esprit de son brouillard. Ma réflexion revint en même temps qu’une conscience plus grande de mon environnement. Je restai une minute étourdie, sans répondre, en essayant de retrouver mes esprits et de retracer ma chute. Puis, après avoir étudié nos positions respectives, je fronçai les sourcils. Il était bien trop proche de ma personne. Il était grand, il était large et, surtout, il devait être un Réprouvé. Hors de question de me faire toucher par cette bête ! Je vérifiai la position de ma robe, comme pour me rassurer. Ces tarés m’apparaissaient à l’image des Goleds qu’ils combattaient : à violer les femmes sans remord, en poussant des cris de gorilles en rut, dans l’espoir d’avoir une descendance viable. Les Bipolaires ne méritaient que deux choses : l’ignorance de la part des races douées de réflexion et l’extinction. Alors, que l’un d’eux eût pu me contaminer en me touchant éveilla en moi une forme de rejet immédiat. Toujours par terre, je m’écartai, mécontente. « Qui vous a permis de me toucher ? » demandai-je, en essayant de reprendre contenance. J’avais conscience du fait qu’il avait sans doute essayer de m’aider mais ça n’importait pas : une Princesse Noire ne pouvait recevoir de l’aide d’une de ces choses répugnantes. Je préférais mourir que de devoir la vie à un être aussi inférieur. Comprenait-il au moins ce que je lui disais ? Ils n’étaient pas réputés pour être doués d’intelligence. Il suffisait de se promener cinq minutes dans la cité la plus évoluée pour comprendre qu’un autre peuple avait dû construire les bâtiments à leur place et que, si leur image mondiale n’était pas en jeu, ils passeraient très certainement leur journée à se curer le nez et à retirer les peaux mortes de leurs pieds. Ils étaient tous ridicules. Quant à leurs muscles, ils ne me semblaient utiles qu’à ce qu’ils auraient dû tous être : esclaves. « Baissez les yeux ! » lui assénai-je, sans trop réfléchir à ma propre situation. J’étais jeune, menue et fragile, au beau milieu d’une ville remplie de ces individus que j’abhorrais. L’éducation de Basphel n’avait pas encore portée ses fruits, visiblement. Les préjugés remplissaient mon esprit et je haïssais sans raison. « Que m’avez-vous fait ? J’exige des explications ! » Je me rappelai soudainement sa main sur mon épaule. Je grimaçai et commençai à frotter l’endroit. Le tissu avait séparé ma chair de la sienne mais une impression désagréable venait de s’emparer de moi, comme lorsque l’on imagine un insecte courir sur soi. Il me faisait l’effet de milliers de vers gluants. « Comprenez-vous au moins ce que je vous dis ? » demandai-je, incertaine, tout en détaillant davantage son anatomie. Les Sorciers étaient généralement plus fluets. Ils n’avaient pas cette consistance. Elias lui-même était grand et maigre. La corpulence ne faisait jamais les Empereurs Noirs. La magie et l’intelligence prévalaient.

Souhaitant quitter ce sauvage, j’essayai de me relever, un peu trop brusquement. Ma vision se flouta de nouveau et je dus m’arrêter et me poser de nouveau sur le sol. Je choisis l’une des marches de l’escalier afin d'y ancrer mes fesses. Je soupirai, entre le désespoir et l’indignation de devoir rester là un peu plus longtemps. « Couvrez-vous. C'est indécent à la fin ! »

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Ra la la  [Q] - Évanouissement | Solheim 943930617

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Jeu 28 Jan 2021, 22:36


Evanouissement




Penchée sur le corps de la jeune fille, j’observai les mimiques de son visage - cherchant un indice sur son état. Je n’étais pas convaincu que mes pouvoirs suffisent pour lutter contre le mal qui la rongeait. La demoiselle me paraissait affreusement maigre. Ses joues creusées accentuaient l’émaciation de ses traits. Elle me semblait si fragile que je craignais de la casser en respirant trop fort. J’étais mal à l’aise. Son corps était celui d’une miséreuse famélique ; pourtant, même moi, je reconnaissais la délicatesse des étoffes qui camouflaient son corps juvénile. Quelque chose clochait. Son marasme semblait complètement injustifié. Un instant, je m’interrogeai sur sa condition : était-elle morte ? Mais j’écartais bien vite cette idée en apercevant les mouvements saccadés de sa cage thoracique. La chaleur qui émanait de son corps - elle aussi - me convainquit d’abandonner cette théorie. Je n’eus guère le temps de plus m’attarder sur la silhouette immobile. Je détournai rapidement le regard alors que les yeux de la gamine papillonnèrent. Elle semblait complètement désorientée - sans doute cherchait-elle le réconfort d’un lieu ou d’une personne familière. Il n’en n’était rien. Les traits de sa figure se durcirent et je me redressai pour lui laisser de l’espace.

La fillette s’écarta avec empressement. Une expression de dégoût passa brièvement dans son regard - mais je ne m’en offusquai pas. Sa question, cependant, claqua dans l’air comme un coup de fouet. Elle s’insinua dans mon esprit et me piqua au vif. La morveuse ne manquait pas d’air et - si cela aurait pu me faire sourire en d’autres occasions - ses airs supérieurs commençaient à me taper sur le système. Je restai interdit alors qu’elle continuait à me donner des ordres. Mon visage s’assombrissait de plus en plus à mesure qu’elle poursuivait son monologue. Je me demandais soudain s’il n’aurait pas mieux valu que je l’abandonnasse à son sort dans le caniveau.  Je me relevai de toute ma taille et me plaçai face à elle ; je ne comptais pas la laisser s’en sortir de la sorte. Elle paraissait insignifiante à côté de moi. J’aurais sans doute pu l’écraser comme un vulgaire insecte. C’était d’autant plus vrai qu’elle ne paraissait pas encore totalement rétablie. Elle s’assit à mes pieds et je la toisai d’un air sombre. Je me sentis soudain investi d’une mission capitale : celle d’apprendre à cette merdeuse la signification des mots ‘respect’ et ‘politesse’.

« Merci beaucoup de m’avoir sauvé. J’ai beau être une petite garce prétentieuse, j’apprécie que vous ne m’ayez pas abandonné dans le caniveau. » l'imitai-je, en reprenant ce ton orgueilleux qui lui tenait tant à coeur.

Je n’avais pas réfléchi, c’était sorti tout seul. Comme bien trop souvent lorsque j’étais confronté à une difficulté, la colère l’emporta sur la raison. Je soutins son regard sans ciller. Qu’importe son statut là d’où elle venait, ici, elle n’était rien d’autres qu’une étrangère.

« Pour répondre à tes questions avec plus de détails. Je ne t’ai pas touché, j’ai projeté ma magie dans ton corps. C’est tout. Au cas où tu aurais encore des difficultés à mettre les choses dans l’ordre dans ta caboche, t’es à Stenfek ici. Pas dans une vulgaire cité de prédateurs sexuels. On n’est pas chez les sorciers, ceux qui déflorent les petites filles c’est pas monnaie courante ici. »

A l’évocation de ces chiens barbares, mon ire s’intensifia encore davantage. Je fis de mon mieux pour reprendre le contrôle, concentrant mes efforts sur ma respiration. Il n’était pas question que je devienne violent, pas maintenant. J’avais encore quelques mots à dire à cette fillette mal élevée.

« Au cas où tu ne l’aurais pas encore compris, je t’ai soigné. Maintenant, la magie blanche ça fait pas tout. Vu ton état, tu devrais manger un truc si tu veux pas encore te transformer en paillasson. J’suis p’t’être pas habillé selon les standards de ‘Madame’ mais au moins je m’effondre pas parce que j’ai pas de thune pour m’acheter de la nourriture, tout ça parce que j’ai tout dépensé dans une robe débile - qui, de toute façon - est couverte de boue parce que je me suis vautré comme une merde .»

La pauvre n’était pas tombée au meilleur endroit. Sa belle tenue était maculée de terre - du moins j’espérais pour elle que ça ne soit que cela - sur son flanc droit. Une ébauche de sourire commença à poindre sur mes lèvres. La situation avait fini par m’amuser.

« Bon, maintenant, de deux choses l’une : soit tu t’excuses et je veux bien envisager de t’aider, soit tu continues de m’insulter et je te laisse en plan ici - et tu verras si le prochain qui passe est aussi patient que moi avec toi. Alors, qu’est-ce que tu décides ? »

Post II - 795 mots
Oups, Soso s'est emporté
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Kaahl Paiberym
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Kaahl Paiberym
Mar 16 Mar 2021, 22:03



Évanouissement



Si j’avais pu, j’aurais tué ce rustre immédiatement. Au début de sa phrase, j’avais pensé fugacement qu’il était en train de s’excuser véritablement. Il aurait dû. Ses sales mains pleines des germes infects de Stenfek étaient entrées en contact avec ma peau. C’était un crime inadmissible. J’étais une Princesse et lui un gueux des bidonvilles de cette maudite cité remplie de charognards. Alors, lorsque j’avais compris qu’il m’imitait, avec un talent plus que douteux, je l’avais fusillé du regard. Comment osait-il ? S’il n’avait pas été si large, je me serais moi-même occupé de son cas. Sale bélître mal fini. Cette manie au tutoiement prouvait bien mes dires. N’étaient-ils donc tous capables d’aucune classe ? Je l’imaginais volontiers dans le même caniveau duquel il m’avait soi-disant sortie, un reste de bière à la main, étalé dans son propre vomi. C’était répugnant. Ces gens mangeaient des plats gras, remplis de sauces et de mélanges contestables. Ils ne méritaient aucune attention. J’étais sûre qu’ils dormaient dans la fange vu leur odeur de transpiration. Il suffisait de marcher un peu dans les rues de la capitale pour s’en rendre compte. Ils puaient le chien mouillé et le gorille en rut. « Je ne vous ai rien demandé. » murmurai-je, les dents tellement serrées qu’aucun son compréhensible ne sortit d’entre mes lèvres. « V… votre magie ? En moi ? » Mais quel toupet ! Comment avait-il pu penser que… Non. Il l’avait fait exprès, pour me mettre mal à l’aise, pour que je lui fusse reconnaissante. Il voulait forcément obtenir quelque chose de moi. Il avait beau jouer les chevaliers au grand cœur, cela ne prenait pas. Il fallait que je rentrasse, afin de consulter un Sorcier qui saurait me débarrasser du maléfice que ce bâtard d’Anges et de Démons avait dû me faire subir. « Pardon ? » fis-je, indignée qu’il comparât les Mages Noirs à des prédateurs sexuels. « Vous ne connaissez rien à propos des Sorciers alors fermez votre clapet. » susurrai-je, du même ton coincé et étouffé. « La pédophilie est punie par la loi. » dis-je, plus fort. Cet homme était un ignare de la pire espèce. Le cas de l’Empereur Noir ne me vint même pas à l’esprit, tant il me mettait hors de moi. Je sentais ma patience fondre comme neige au soleil. J’étais peut-être une petite garce prétentieuse mais, moi, au moins, je n’étais pas une sorte de gros plein de muscles au vocabulaire limité et au tutoiement facile. Quelle grossièreté, vraiment !

Je fus prise d’un violent sentiment d’agacement lorsqu’il commença à parler de nourriture. J’étais bien assez grosse comme ça. « Ah oui ? Et vous êtes médecin peut-être ? Vous ne connaissez rien à rien alors gardez vos conseils pour ceux de votre espèce. Je mange bien assez comme ça. Et si vos rues n’étaient pas si pitoyables et sales, peut-être que ma robe serait encore dans un état convenable ! » J’étais essoufflée. Cette fois, les mots s’étaient bien détachés de ma gorge. J’avais haussé le ton mais cela me demandait un effort considérable. Le peu de carburant qui se trouvait actuellement dans ma silhouette rendait toute chose difficile à exécuter. Crier sur cette imbécile était sans doute la pire perte d’énergie de ma journée. Elle était vaine. Cet idiot ne comprendrait rien, parce que son cerveau était atrophié à cause de son espèce. Ce n’était pas sa faute, au fond. Peut-être devrais-je le prendre en pitié ? Comme un chiot égaré ? Cette idée me parut bien crétine mais peut-être qu’en y mettant du tact, il finirait par s’excuser et reconnaître ma supériorité. « Hum… » Je réfléchis. « Je m’excuserai seulement si vous arrêtez de me tutoyer. C’est déplacé. Et si vous me trouvez une autre tenue. Je ne peux décemment pas me promener ainsi. C’est dégradant. » Je baissai les yeux. Ça me coûtait mais, d’un autre côté, si je revenais ainsi vêtue près des autres étudiants de Basphel, ces derniers allaient sans doute se moquer de moi. Il n’y avait que ceux de la craie pour être assez débiles pour ne pas profiter d’une telle occasion. Il y avait d’autres enfants de Sorciers influents dans mon département. Ceux-ci ne manqueraient jamais l’opportunité. « Je… Je pense que nous sommes partis du mauvais pied. C’est à cause de ces rues. Vraiment… Et vous avez peut-être raison. Je devrais manger plus. J’étais simplement hum… angoissée de venir ici. Tout ceci me fait peur. Vous êtes tous deux fois plus grands et larges que moi et j’ai perdu ma classe. Je suis étudiante à Basphel, vous connaissez ? » S’il ne connaissait pas, c’était le dernier des crétins. Finalement, ça sortait avec une grande facilité. « En plus, mon père biologique a divorcé de ma mère et elle vient de se remarier à un homme que je n’aime pas. Pas que j’aime mon père non plus… Il est assez horrible. » Après tout, c’était lui qui m’avait confiée à Elias. « Vous êtes marié, vous ? Si tant est que le mariage existe chez vous. » Je ne voyais pas ces gens procéder à une véritable cérémonie de mariage. Je les voyais plutôt enfanter en toute illégalité, avec des inconnus, entre alcool et jeux discutables.  « Vous avez l’âge d’avoir au moins cinq enfants environ il me semble, non ? »

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