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 [Q] - Ceux qui volent

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Kaahl Paiberym
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◈ Parchemins usagés : 3643
◈ YinYanisé(e) le : 25/06/2015
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Kaahl Paiberym
Mar 20 Oct 2020, 19:03



Ceux qui volent

Intrigue : Recherche sur l'Empire des Dragonniers et volonté de l'intégrer.


Je me penchai pour observer la création de mon fils. Aidé de Cendre, il avait tenté de reproduire un dragon en papier, afin d’essayer de le faire voler. Dans ses yeux pétillaient les étoiles de la réussite. Objectivement parlant, l’œuvre tenait plutôt de l’abstrait. S’il était possible de concevoir que la chose eût des ailes, il était impossible de savoir exactement où est-ce que ces dernières se trouvaient. Devant ? Derrière ? Plutôt à droite ou plutôt à gauche ? Il aurait fallu, pour cela, pouvoir déterminer où était la tête de l’animal et où se situait sa queue. « C’est très beau. » les félicitai-je. Malgré la résistance de ma raison à admettre que Lucius pût avoir un quelconque talent dans les confections en papier mâché, mon statut de père et les sentiments que je lui portais suffisaient à nourrir une détermination farouche à l’encourager. Là était mon mode d’éducation favori. Je ne désirai pas être un parent exigeant dans le mauvais sens du terme, cassant et froid. Mes marges de manœuvre étaient moins importantes pour mes enfants à Amestris mais je souhaitais que ceux qui vivaient chez les Magiciens pussent bénéficier d’un parent attentif et bienveillant. « Est-ce que tu permettrais que je le modifie un peu ? » demandai-je. Le Sculpteur de Rêve me fixa de ses grands yeux verts avant de hocher la tête. Je laissai la Valse Créatrice envelopper l’objet pour lui donner les traits d’un dragon et la possibilité de voler, en essayant de le modifier que très légèrement. « Voilà. Vous pouvez aller jouer dehors tous les deux à présent. » conclus-je. Le soleil était présent en ce jour et se reflétait sur les feuilles colorées du jardin. Peu à peu, la verdure avait fait place à un panachage de couleurs que j’aimais particulièrement contempler.

Une fois qu’ils furent sortis, en emportant avec eux le dragon, je me rendis dans la cuisine. Je sortis l’eau chaude de sur le feu et la versai dans une théière, préalablement remplie de thé noir à la bergamote, avec un soupçon de bleuet. Je disposai quelques biscuits à la cannelle sur un plateau et amenai le tout, ainsi que deux tasses qui me suivirent en flottant, dans le salon. Je posai l'ensemble sur la table basse et me dirigeai vers l’entrée. Je passai devant le conte que Cyrius m’avait remis. Je ne l’avais toujours pas lu. J’avais un mauvais pressentiment le concernant. J’étais bien loin du compte.

Lorsque la cloche de l’entrée retentit, je me dirigeai vers la porte et l’ouvrit. Le vent balaya les cheveux de la jeune femme qui se trouvait là. Je lui souris, subissant moi-aussi les effets de l’élément. Ses cheveux blancs étaient assortis à la couleur de sa peau. Ses yeux noisette ressortaient du fait du rouge de son tailleur. Elle était impeccable. « Bonjour et merci d’être venue. » « Bonjour. C’est avec plaisir. » Elle me sourit. Elle avait la rigueur de certains chercheurs. Elle l’était, chercheuse. Son domaine de compétence était large et je l’avais côtoyée à quelques reprises aux Palais de Coelya. Je lui fis signe d’entrer et la guidai dans le salon. « Il faut dire que vous avez piqué ma curiosité. » me confia-t-elle, durant le trajet. « Ah oui ? Vous risquez d’être légèrement déçue alors, lorsque je vous dirai de quoi il en retourne exactement. » Je m’installai, après l’avoir invitée à faire de même, et versai le contenu de la théière dans les tasses. L’odeur du thé embauma rapidement la pièce. « Je vous écoute. Ne me dîtes pas que vous avez l’intention de rejoindre les Dragonniers ? » Je la fixai un instant et me mis à rire. « Non pas du tout. Je n’ai que très peu d’affinités avec les animaux en général. » lui confiai-je. « Je préfère les savoir dans leur habitat naturel, loin du mien. » précisai-je. C’était surtout une question d’hygiène, même si l’Ange qui vivait en moi ne se préoccupait pas de ce genre de considérations. Il s’attendrissait pour un rien. « C’est pour mon fils, Lucius. » « Oh, il me semble avoir entendu une voix d’enfant en arrivant, effectivement. » « Il est dehors, en train de jouer avec un dragon en papier mâché. » dis-je, sans pour autant être certain qu’il s’agît bien de lui. Certains enfants du voisinage venaient chez moi pour s’amuser également. J’avais profité de la reconstruction du château pour faire aménager le parc. En plus de posséder une variété impressionnante d’espèces végétales, plusieurs parcours de jeu y avaient été installés, tous naturels. Si le projet visait avant tout mes propres enfants, dans l’optique de les éveiller davantage, il s’était vite avéré attirant pour d’autres bambins qui étaient rapidement venus s’y amuser à leur tour.

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Kaahl Paiberym
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Kaahl Paiberym
Mer 21 Oct 2020, 17:08



Ceux qui volent

« Papa ! Papa ! On a vu un renard ! » Lucius venait de débarquer dans le salon, en courant, suivi de deux filles que j’avais déjà aperçues plus tôt. Il me semblait qu’elles étaient les enfants du boulanger qui exerçait dans le village le plus proche. En voyant l’invitée, il se stoppa. « Bonjour ! » « Bonjour ! » « ‘jour ! » Henrine sourit. « Bonjour. Tu dois être le fameux Lucius ? Celui qui aime les dragons ? » « On va adopter un dragon ? » demanda-t-il, avec le ton de quelqu’un prêt à voir son plus grand rêve se réaliser. « Vous avez des dragons et vous voulez m’en donner un ? » continua-t-il de questionner. La jeune femme rit et me jeta un coup d’œil. « Nul doute que sa motivation sera sans faille. » Comme il ne comprenait pas, il se mit à s’ébouriffer les cheveux, avant d’avoir une nouvelle idée. « Vous venez jouer avec nous ? » « Non, pas pour l’instant. Madame Monteverdi et moi devons discuter. » « Vous parlez de quoi ? » « Je te le dirai plus tard. » « C’est vrai ? » « Oui. Retournez jouer maintenant. Et n’oubliez pas de remettre vos chaussures. » Lucius oubliait toujours de les mettre et de les enlever. Une fois sur deux, je devais le lui rappeler. Comme la saison pluvieuse commençait, je devais veiller à ce qu’il ne salît pas le château. « Papa ? » « Oui ? » « On pourra adopter le renard ? » « Non, c’est un animal sauvage. » « Pourquoi ? » « Parce que c’est ainsi. » « Mais y a Théodule qui en a un ! » « Il argumente bien. » fit remarquer Henrine. Je soupirai. « Et un dragon ? » « On verra pour le dragon. Si tu es sage. » Mes intentions allaient au-delà d’une simple adoption le concernant.

Une fois qu’il fut sorti, je me penchai vers la table basse et attrapai ma tasse de thé. Le silence fut brisé par la jeune femme, en face de moi. « Vous aimeriez le faire intégrer les Dragonniers ? » me questionna-t-elle. « Vous savez que c’est dangereux. Certains ne survivent pas face aux dragons, même après un entrainement approprié. Quelques-unes de ces bêtes sont instables. Peut-être serait-il plus prudent d’attendre qu’il grandisse un peu ? » Je bus une gorgée. Je ne pouvais pas lui dire que j’étais certain que Lucius ne mourrait pas tout de suite. Il avait un Destin à accomplir, celui, vraisemblablement, de se battre contre son frère. En tant que Sorcier, j’aurais dû favoriser Érasme au détriment du Magicien mais, en tant que parent, je me le refusais. Je n’avais aucune idée de ce qu’Oni préparait, pas plus que Yavëath et Ethelba. Je souhaitais simplement que l’un comme l’autre pussent se développer loin de ces histoires pour la plus grande partie de leur existence. Je ne voulais pas les traiter comme des élus de quoi que ce fût. Les Enfants d’Ethelba passaient une grande partie de leur vie dans des temples, sous la surveillance des religieux. Les Mages Noirs n’étaient pas les seuls à agir de la sorte pour ceux qui importaient pour l’avenir. Je ne le voulais pas. Mes enfants ne seraient jamais des marionnettes de cirque. Ils s’imposeraient en temps et en heure, lorsque le temps y serait propice. « Ce n’est pas forcément pour qu’il entre dans l’Empire tout de suite mais pour qu’il ait au moins un premier contact avec ceux qui le peuplent. Je pense que si son âge pose un problème, le dragonnier que nous rencontrerons nous le fera comprendre. » Je marquai une pause pour boire une nouvelle gorgée. «  Si Lucius peut, malgré sa jeunesse, je pense qu’il sera toujours envisageable de tabler sur un régime aménagé au début. » Je souris. « Le fait est qu’il aime réellement les dragons depuis qu’il est bébé. Malgré ce que je crois être une réelle opportunité pour lui, d’autant plus s’il commence jeune, je ne manquerai pas d’écouter son avis ainsi que ceux des dragonniers. » « Je vois. » « C’est pour cette raison que je vous ai demandé de venir. J’aimerais pouvoir trouver l’un d’eux afin de discuter plus en détails de la vie au sein du Royaume d’Aidoha. Comme vous avez écrit de nombreux articles à leur sujet, je pense que vous serez en mesure de m’aider. » « C’est possible, en effet. » finit-elle par admettre. « Néanmoins, même si je connais quelques dragonniers, ceux-ci ont tendance à être aussi fougueux que le vent et à ne pas rester en place. Ce n’est pas dit qu’ils accepteront de vous rencontrer, en plus. » « Je suis prêt à courir le risque. » assurai-je.

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Kaahl Paiberym
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Kaahl Paiberym
Mar 27 Oct 2020, 00:21



Ceux qui volent

« Lucius, viens. » J’étais apparu dans l’embrasure de la porte menant à l’extérieur. Je n’avais pas eu à hausser la voix pour attirer mon fils à moi. Celui-ci, curieux, passa le nez à l’intérieur. « Elle est partie la dame ? » « Oui. » « Elle va nous donner un dragon ? » « Non mais je dois te parler à ce sujet. » Son attention était toujours pleine et entière lorsqu’il s’agissait de ses animaux fétiches. « Madame Monteverdi et moi avons eu une discussion à propos… » La cloche venait de retentir de nouveau. « Tiens… Elle a peut-être oublié quelque chose ? » me questionnai-je à voix haute. Je savais pourtant que ce n’était pas le cas. Je l’aurais remarqué. « Je vais pouvoir lui dire au revoir comme ça ! » se réjouit mon fils. Ensemble, nous nous dirigeâmes vers la porte d’entrée. J’ouvris.


« Allez, Apoline. Nous sommes presque arrivées. » Ma fille était fatiguée. Parfois, nous nous arrêtions afin qu’elle reprît son souffle. Elle n’avait pas hérité de mes ailes et ne pouvait se déplacer qu’un pied après l'autre. Heureusement, les pontons permettaient de voyager rapidement. « Maman, j’en ai marre ! J’ai mal aux jambes ! C’est quand qu’on rentre à la maison ? J’ai école demain. » « Je t’ai déjà dit de ne pas t’inquiéter pour l’école. » Je lui souris, afin de la rassurer. J’étais enseignante dans son établissement. Rester à Basphel avait été trop dur. Après mon mariage, j’avais préféré exercer ma profession là où nous vivions, mon mari et moi. Volatys était un endroit nouveau mais il y avait déjà quelques petits villages. Peut-être qu’un jour il y aurait une école aussi prestigieuse que les Palais de Coelya ? Je l’avais longtemps espéré. Aujourd’hui je n’espérais plus rien. J’avais tourné le dos à mon peuple lorsque j’avais choisi de renier le mariage angélique. Je ne voulais pas que mon époux risquât quoi que ce fût. Je l’avais aimé et il n’y avait aucun doute sur cette question. Sans sentiments, jamais Apoline n’aurait pu naître dans de bonnes conditions. Mon époux n’aurait pas souhaité me voir risquer l’Agbara de toute façon. Il avait néanmoins eu conscience de n’être qu’un amour de substitution. On ne peut aimer tout le monde de la même manière. C’est, en tout cas, ce que j’avais souvent pensé. Mon premier amour ne pouvait être détrôné. Il avait bercé toute mon adolescence et, bien que déçu, il m’avait beaucoup apporté. « Nous allons passer quelques jours chez un ami de longue date. » C’était sans doute pathétique de fuir mon mari pour me jeter dans la gueule d’un loup que j’avais longtemps préféré tenir loin de moi. Il m’avait fallu tout le courage du monde pour lui avouer que je m’étais mariée. À cette époque, peut-être avais-je espéré qu’il tenterait de me retenir ? Peut-être avais-je espéré percevoir une pointe de regret dans son regard, celui de ne pas s’être décidé ? Je déglutis, consciente du paradoxe de mon comportement passé. Malgré ma phrase précédente, je n’étais pas sûre qu’il accepterait ma demande. Je me sentais idiote de souhaiter le voir maintenant et lui exposer mon problème. Tout avait changé ces derniers temps. « C’est qui ? » demanda ma fille. « C’est Florantin ? » « Non. Je t’en dirai plus après. » Je la pressai dans la cour. J’avais entendu parler de la tempête qui s’était abattue sur le château. Celui-ci semblait de nouveau en état.

Une fois que nous fûmes arrivées à la porte, j’hésitai. Une boule s’installa dans mon estomac, celle qui était souvent apparue jadis, lorsque lui et moi passions du temps ensemble sans qu’il ne daignât me regarder comme je le souhaitais alors. C’était stupide de vouloir me blottir dans ses bras aujourd’hui. J’avais simplement fait de mauvais choix et je ne pouvais en parler à personne. Mon mari et moi n’avions que des amis communs. Ce que je confierais à l’un d’eux serait forcément répété. J’avais pensé à Kaahl, comme un rocher au beau milieu de l’océan. Il savait écouter. Il ne me jugerait pas. Il pourrait peut-être m’aider. « Tu devrais sonner. » me fit remarquer Apoline. « Oui, ma puce. » C’était si simple de son point de vue.

Comme je restais immobile, elle prit le parti de le faire pour moi. La cloche retentit. Je voulus m’enfuir. Quelques secondes plus tard, le battant s’ouvrit sur les yeux noisette du Magicien. Nous nous regardâmes un instant. Je sentis la boule dans mon ventre s’intensifier. Les larmes me montèrent aux yeux. Je voulais juste qu’il me consolât. « Constantine ? » « Je… » « Maman, qu’est-ce que tu as ? » Je n’entendis presque pas l’interrogation de ma fille. Je n’avais jamais pleuré devant elle. Je m’étais toujours retenue. Démunie et fatiguée, je n'étais à présent qu’une poupée de chiffon en piètre état. J’allais m’effondrer mais je sentis les bras de Kaahl m’entourer. L’une de ses mains vint se poser dans mes cheveux qu’elle caressa. « Ça va aller. » Je n’en étais pas sûre. « Qu’est-ce qu’elle a la dame, papa ? » demanda un garçon à côté de lui. Aucune réponse ne vint dans l’immédiat.

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Kaahl Paiberym
Mar 27 Oct 2020, 10:47



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« C’est qui la dame ? » murmura Lucius, au creux de son lit. Je m’assis sur celui-ci. « C’est une amie. Tu sais que j’ai étudié à Basphel ? » « C’est quoi Basphel ? » Je le lui avais déjà expliqué mais il avait oublié entre temps. Sa croissance rapide avait de mauvais côtés. « C’est une école. Si tu veux mon avis, c’est la meilleure qui soit. On y côtoie tous les autres peuples. Ce n’est pas sans difficulté mais ça permet d’avoir plusieurs points de vue, sur la culture ou bien sur l’Histoire. » « Moi aussi j’irai à Basphel ? » « Peut-être. » « Et tu l’as connue à Basphel la dame ? » « Oui. Nous étions toujours ensemble lorsque nous étions jeunes. » « Et pourquoi vous n’avez plus été ensemble après ? » « Parce que les Anges ont eu quelques problèmes. Ensuite, Constantine s’est mariée et elle est partie. » « Et elle t’a manqué ? » « Oui. » « Elle va rester ici ? » « Je ne sais pas encore. » « Elle a l’air triste… » Je lui souris. « Ne t’inquiète pas. Ce sont des histoires de grandes personnes. » « Moi aussi je veux devenir une grande personne ! » « Un jour. » Sans doute trop rapidement. « Papa ? » « Oui ? » « Qu’est-ce que tu voulais me dire tout à l’heure ? » Je le regardai, amusé. Il n’aurait pu oublier ce qui concernait les dragons. « Je voulais savoir si ça t’intéresserait d’aller découvrir le territoire des Dragonniers pour peut-être apprendre avec eux tout ce qu’il y a à savoir sur les dragons ? » « Pour de vrai ? » « Oui. » « Mais… ça voudrait dire habiter là-bas ? Sans toi ? » « S’ils t’acceptent, oui. » Il fit la moue. Je souris. « Tu ne peux pas rester avec moi pour toujours tu sais. En plus, tu pourras m’écrire et rentrer souvent si tu veux. » « Oui… » « Tu pourras voler. » « Comme toi ? » « Oui mais à dos de dragon. » « J’aimerais bien. » dit-il après un silence. « Alors on fera ça. En attendant, on dort. » Je me penchai sur lui pour embrasser son front. « Bonne nuit. » « Bonne nuit, papa. »


« Tu as changé. » me murmura Constantine. Elle tenait une tasse de thé brûlant entre ses mains. Je souris. « Toi tu as toujours gardé la même habitude. » Elle avait tiré sur les manches de son pull pour placer le tissu entre ses paumes et l’objet. Elle adopta une mine surprise avant de comprendre à quoi je faisais référence. Elle rit, d’un rire qui n’était plus aussi joyeux que celui que je lui connaissais. Je m’appuyai contre un buffet pour la regarder. « Elle dort ? » « Oui. Je n’aurais pas dû pleurer devant elle. Ni venir ici peut-être. Je viens déranger l’ordre bien établi de ta vie. » Je soupirai. « Étonnement, rien n’est en ordre dans ma vie actuellement. » C’était vrai. « Je pensais que tu finirais par comprendre. » susurra-t-elle. « Comprendre quoi ? » « Depuis que nous sommes adolescents, tu passes ta vie à courir après la perfection. La vérité c’est que tout le monde fait simplement de son mieux et c’est suffisant. » Le silence s’installa. « Pourquoi est-ce que tu es là ? » finis-je par demander. Elle dévia le sujet. « C’est vrai ce que l’on raconte ? Sur Laëth Belegad et toi ? Il parait que son frère à développer une forme angélique… » « Constantine. » « Je… » Elle détourna les yeux, cherchant à quoi se raccrocher. Je m’approchai et pris délicatement la tasse qu’elle tenait entre ses doigts. Je la posai sur la table. Mes mains remontèrent pour se fixer à ses bras. « Je veux t’aider mais si tu ne me dis pas ce dont il s’agit, je ne pourrais rien faire. » « Je ne sais pas si tu le peux. » « C’est lui, n’est-ce pas ? » « C’est… compliqué. » « Tu ne l’aimes plus ? » Elle soupira. « Tout ceci est de ma faute. » Je plissai les yeux. « Il te bat ? » « Quoi ? Non… Il… Juste… Il a changé. » « Il t’a trompée ? » « Je ne suis pas sûre… Il est devenu… aigri et, parfois… » Les mots ne voulaient pas sortir de sa gorge. « Méchant ? » C’était terrible pour elle de l’entendre. « Peut-être que je me fais des idées… Je suis fatiguée, Kaahl. Après une bonne nuit de sommeil ça ira sans doute mieux. Peut-être que demain je me rendrai compte que j’ai réagi trop abruptement. C’est déjà tellement gentil de m’accueillir pour la nuit, je ne voudrais pas abuser de… » « Arrête. » « Quoi ? » « Toi et moi, on se connait bien. Notre amitié a toujours été solide, non ? » Elle me regarda, muette. « Non ? » demandai-je de nouveau. « Si. Si, on se connait bien. » « Est-ce que j’ai l’air de mentir quand je te dis que tu ne me déranges pas ? » Elle me dévisagea. « Non. » Je lui souris. « Parfait. Maintenant écoute-moi bien : tu peux rester aussi longtemps que tu en as envie. Je t’écouterai et, ensemble, on s’en sortira. D’accord ? » « Oui. Mais je me dis que Laëth… » « Laëth comprendra. En plus, tu n’es pas la seule femme ici. » « Ah oui ? » « Oui et je préfère lorsque le château est habité dans tous les cas. » Je me reculai un peu. « On en rediscutera demain ? » « Oui. » « Et si ça ne va pas dans la nuit, tu peux venir me voir. » « C’est… » « Tu viendras me voir si ça ne va pas, n'est-ce pas ? » insistai-je, dans une question qui n’en était pas une. « D’accord. »

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