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Isiode et Isley
~ Ange ~ Niveau III ~

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◈ Parchemins usagés : 971
◈ YinYanisé(e) le : 03/01/2016
◈ Activité : Soldats
Isiode et Isley
Ven 02 Oct 2020, 04:44


Crédit : Inconnu.

~ Le RP fait suite à Awọn Yoo ~

Partenaire : Solo.
Intrigue/Objectif : À présent tous réunis sur l’Île d’Orhmior, Isley, Isiode et Ren doivent désormais faire face à leurs différences afin de renforcer leurs liens et essayer de mieux se comprendre et se faire mutuellement confiance. À travers cette recherche et cette connaissance de l’autre, des protagonistes particuliers entreront dans la vie du trio.


Sur l’Île d’Orhmior.

L’Oorunìbni (Coucher de Soleil) couvrait désormais le ciel de fin de journée. Le chatouillement des rayons s’estompait en même temps que le retrait progressif de l’Astre-Père vers les confins de la ligne d’horizon. Bientôt, il ne serait plus possible de percevoir sa chaleur, tout comme son aveuglante lumière, qui sera alors remplacée par la lueur, douce et reluisante, de sa tranquille consœur. C’était l’heure où les travailleurs quittaient successivement les chantiers de construction pour rejoindre le réconfort mérité de leur logement; celle où les quelques propriétaires de restaurant ouvraient leurs portes afin d’accueillir leur clientèle nocturne; celle où, en nombre plus conséquent, les patrouilleurs s’apprêtaient de leurs bottes, cuirasses, lames et collations, afin d’être complètement parés pour leurs prochaines heures de garde. L’animation des terres d’Orhmior continuait de battre son plein malgré la disparition de plus en plus significative de l’éclat solaire. Il était possible d’entendre des rires, l’écho de fortes voix, quelques soupirs également, qui se perdaient ici et là, en plus du choc rythmé de duels aux poings et à l’épée, faisant ainsi foi des exercices physiques des militaires au repos pour la nuit qui s’engageait.

Une soirée comme une autre se devinait depuis les cieux et pourtant, au milieu de cette sereine effervescence, deux silhouettes plus ou moins incongrues – surtout compte tenu de l’environnement dans lequel elles progressaient – pouvaient être aperçues à travers le mouvement régulier de la communauté de l’Avant-Garde.

La première, beaucoup moins discrète que la seconde, marchait d’ailleurs en toute fierté vers les sites qu’elle croyait être d’entraînement. Après tout, le son qui s’en échappait ne pouvait berner ses oreilles si fines et délicates : c’étaient des bruits de combat qu’elle percevait, et comme si la Guerre l’appelait; comme si la voix de son Père l’attirait, la chèvre divine s’avançait dans la direction de la sueur et de l’acier, certaine d’y trouver un spectacle au mieux divertissant, au pire ennuyant, auquel cas, elle partirait certainement vadrouiller encore un peu au cœur de la petite ville qu’elle avait traversé, sous les regards surpris et quelques peu troublés des passants qui l’avaient croisé. La question « Depuis quand y’a-t-il des chèvres sur l’Île d’Orhmior? » était marquée, presque noir sur blanc – ou inversement – sur leur front. Pourtant, c’était bien le dernier souci de la petite chèvre; même qu’elle adorait secrètement que l’on lui porte de telles attentions. Elle se savait sacrée, modelée entre les mains de véritables Puissants; sacrée et intouchable, donc, la création des Divins appréciait la curiosité dont lui gratifiait le commun des Mortels.

C’est pourquoi, tête bien dressée, sabots claquant dignement sur la surface des voies pavés, qu’elle traça son chemin jusqu’au terrain d’entraînement. Les cris et l’essoufflement de ceux qui étaient en plein déploiement de leurs forces représentaient une véritable symphonie à ses oreilles, tant qu’elle se pressa rapidement, désireuse d’écouter de plus près.

« Isley! Derrière toi! »

Peut-être même d’un peu trop près. Car, par inadvertance, ma jambe barra soudainement son chemin, freinant subitement la course agressive de la chèvre divine qui se renversa au sol dans un bruit de fracas. J’avais instinctivement reculé le pied de sorte à me rééquilibrer sur mon centre, prévoyant déjà ma défense en raison de la nouvelle attaque frontale de Ren. Cependant, j’étais loin de me douter, qu’en réalisant ce geste, que l'on m’aurait foncé dessus à la manière d’un taureau : plus surprenant encore, que ce taureau soit en réalité une chèvre.

« Juste ciel! Est-ce qu’elle va bien? » M’exclamais-je en m’agenouillant auprès de la créature.

Bien? BIEN? Elle avait l’impression d’avoir été assommée par un cheval, l’exagération de son ressenti n’ayant été amplifiée que par l’atteinte, aussi violente que sa chute, à son ego. Pourtant, à l’instant où elle tourna son regard effarouché dans ma direction, prête à s’engager dans cette longue mélopée qu’était le Ronbééébééébééébééé, elle fût soudainement arrêtée dans son initiative par la surprise. Ce n’était pas tant ma présence qui la subjuguait ainsi, mais plutôt la sincère inquiétude qu’elle était en mesure de deviner dans les reflets marins de mes iris. Prudemment, j’avançais l’une de mes mains jusqu’à sa tête, légèrement craintif d’un retour subit de bâton, mais la petite chèvre se laissa caresser le sommet du crâne sans aucun coup farouche à mon encontre. Au contraire, la chaleur qu'elle pouvait ressentir en raison de ma Magie Blanche et de mon Sanctuaire d'Ahena la détendait légèrement.

« Elle n’a pas l’air d’être blessée au moins », constata l’Orine avec soulagement.

Elle s’était, à son tour, penchée pour nous rejoindre au sol.

« Mais une chèvre? De ce côté-ci de l’Île? C’est surprenant. »

Je ne pouvais que lui donner raison. Pourtant, tout en continuant de caresser la tête de l'animal sur sa zone d'impact, je cherchais visuellement une marque, quelque chose, qui puisse nous aider à savoir si elle était exploitée, domestiquée ou sauvage. Cela dit, la dernière hypothèse s’imposait de plus en plus au fur et à mesure que mon évaluation s'avérait infructueuse, celle-ci se coupant subitement en raison de la remise sur pied de la fameuse chèvre, qui s'ébroua vivement avant de taper quelques coups de son sabot. Aussitôt, mon corps s’alourdit, comme si la terre sous mes pieds forçait sur la gravité afin que je l'embrasse. Je me retins rapidement de mes deux mains, voyant alors que mes bras étaient protégés par des brassards métalliques. À mes côtés, légèrement ébahie, Muramasa contemplait l’armure et le casque à cornes qui venaient de me couvrir intégralement.

« Qu'est-ce que! »

Battant des paupières, aidé par Ren, je me stabilisais à nouveau tout en prenant conscience de ce qui venait de se passer. Instinctivement, nos regards convergèrent en direction de la chèvre. Devant nos visages, cette dernière semblait sourire; à n'en point douter, elle était fière de son exploit. Bêêêê!


977 mots | Post I | Défi de l’Inktober – Jour I : Cheval.

Mẹji ōrákun, traduit du Naciaze, signifie « Deux frères. »

Raclette utilise le pouvoir suivant :
- Ami des chèvres : Lorsque quelqu’un est gentil avec la chèvre divine, elle crée pour lui une armure protectrice finement ouvragée, ainsi qu’un casque à cornes. Le porteur voit son charisme augmenté sur le champ de bataille et peut donc se démarquer. Il devient également plus à même d’éviter les coups donnés par ses adversaires.




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Isiode et Isley
~ Ange ~ Niveau III ~

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Isiode et Isley
Sam 03 Oct 2020, 02:43


Crédit : Inconnu.

Si l’Ange et l’Orine parvinrent, de peine et de misère, à neutraliser le sort faisant apparaître l’armure de guerre sur les épaules du premier; à quitter le terrain d’entraînement avec la petite chèvre amourachée dans les bras, et tout cela, sous les regards médusés des quelques témoins s’étant aperçus du phénomène et à qui des explications boiteuses avaient été données, la prochaine vague de cette nuit sans étoiles allait pourtant bientôt frapper.

Parce qu’il était là, en plein cœur des sites de construction, l’épicentre du second événement. Sous l’apparence d’un félin aux longs poils d’ébène et au pelage épais, l’ombre était bien plus filiforme que celle de sa consœur : sa démarche était silencieuse, ses déplacements agiles, et le tout était couvert par une robe des plus protectrices dans ces conditions nocturnes. La seule chose qui était en mesure de la trahir, dans l’obscurité, était sa paire d’yeux. Aussi jaune que les épillets du blé, aussi brillantes que la Lune et ses enfants, qui, habituellement, valsaient ensemble au cœur de la voie lactée, ses mirettes reluisaient d’un éclat incandescent. Pourtant, il était quand même difficile de remarquer sa présence dans la pénombre, tant l’animal se mouvait avec grâce et vélocité tout en évitant les zones de lumière beaucoup trop fortes qui illuminaient et aidaient les vigiles supposées surveiller l’endroit. Cette deuxième silhouette qui s’était invitée entre les frontières de l’Avant-Garde restait également à l’écart de l’agitation et de tous les yeux indiscrets qu’elle pourrait croiser, comme pouvait en témoigner sa rapide esquive du groupe de soldats qui s’était momentanément rassemblé au milieu du chantier pour diviser les équipes de la garde. Pourtant, son esquive ne voulait pas dire un total évitement, bien au contraire.

« Les soldats Minhe, Kholadora, Sirkan, Cheir, Amēdaliel et Berassia, vous vous occuperez de la surveillance aérienne. Quadrillez attentivement la zone, et si vous apercevez quoi que ce soit depuis les airs, avertissez-nous afin qu’une équipe au sol vienne vous soutenir au besoin. »

À bonne distance des bipèdes, le chat s’était aplati intégralement, comme écrasé au sol par l’opacité de la nuit. Il écoutait l’homme à l’épaisse tignasse de cendre dicter les directives à ses veilleurs jusqu’à ce que, satisfait, il leur fasse signe de se disperser et d’atteindre leur périmètre de surveillance. Instantanément, les uns déployèrent de larges ailes plumeuses dans leur dos, la blancheur qui en faisait leur couleur miroitant de discrets reflets d’argent sous l’œil protecteur de Phoebe. Les autres, quant à eux, se regroupaient afin de commencer leurs rondes auprès de leurs binômes : l’homme aux cheveux de cendres ne faisait pas exception à la règle, se joignant à un duo de militaires ayant, respectivement, les cheveux bruns et blonds. L’animal perçut plus ou moins distinctement leurs prénoms : Wilhelm et une certaine Lanaka? Bah, peu importe. Le nom de ses proies n’avait aucune importance pour un chasseur, surtout lorsque ce dernier était rongé par une famine qui lui tordait l’estomac. Oh… Les voici qui se mettait en marche, par ailleurs. Se pourléchant les babines, l’animal se décolla du ras du sol pour suivre leur pas. Après tout, en apparence, il n’était qu’un chat. Personne ne pouvait suspecter qu’un tel danger puisse somnoler à l’intérieur d’un être aussi petit et insignifiant que celui-ci. Et cela, c’était mal connaître les enfants d’Hazel et de Kennocha; le félidé en était parfaitement conscient et n’hésiterait pas à en jouer allégrement.

Ainsi, le traqueur ne quittait le trio des yeux, calquant le rythme de son pas aux leurs tout en attendant le moment propice pour faire son apparition. Son ventre ne produisait plus de sons embarrassants, mais la faim le tenaillait toujours autant. Tant qu’à un moment, il perdit patience, attirant volontairement l’attention des gardes en tapant sa patte sur des billots de bois inutilisés qui étaient appuyés contre le mur de l'une des constructions du chantier. La réaction en chaîne fût immédiate : le bois se fracassât au sol dans un bruit sourd, les pas, au loin, se suspendirent instantanément tandis que les paires d’yeux se tournèrent brusquement en direction de leurs arrières.

« Qu’est-ce que c’était que ça?

- … Je vais vérifier. »

Le chat étira une drôle de grimace sous ses moustaches, la lueur de ses canines se devinant dans l’obscurité tout comme les tentacules qui se distinguaient au fond de sa gorge. Elles glissaient sur son palais, affamées et fébriles, couvrant sa langue, dépassant la frontière de ses babines tandis que sa mâchoire se désarticulait progressivement dans des craquements d'os et de chair monstrueux. Quand soudainement, un son, aussi sec que rapide, l’interpella. Dans un claquement, il ferma sa gueule et se retourna vivement. C’est alors qu’il l’aperçut. Il ne pouvait savoir de quoi il s’agissait exactement, mais les habitants de cette contrée connaissaient cette créature sous l’appellation de Thekēra. L’animal n’était pas un très grand spécimen, tout comme le second qui le suivait, de plus petite taille encore, mais de dimension tellement parfaite pour le repas qu'il rêvait d'engloutir. Passant une langue râpeuse sur sa bouche, poussé par la gourmandise, le chat quitta définitivement son poste pour courir derrière les intrus du chantier, ne remarquant pas, sur l’instant, le bras et le buste qui venait d’apparaître littéralement à travers le bâtiment derrière lequel il s’était caché.

« … Hum. »

Passant ma tête à travers la matière, je fus suffisamment rapide pour constater de la présence du félidé, qui disparut, en un coup de vent, à l’intersection du chemin qui juxtaposait la structure.

« Tu as trouvé quelque chose? » Me héla Wilhem depuis l'autre rue, alors que j’extirpais l’ensemble de mon corps du bâtiment que je venais de pénétrer, jetant une brève œillade au bois qui avait été négligemment renversé.

Puis, je scrutais la pénombre qui m’enveloppait, mon regard obstinément fixé sur la direction que venait d’emprunter le petit quadrupède poilu.

« Yüerell?

- Ce n’était qu’un chat, leur appris-je en me décalant afin de revenir sur le chemin que nous venions tout juste de franchir. Retournons à notre patrouille. »


1 010 mots | Post II | Défi de l’Inktober – Jour II : Étoile.

Isiode utilise le pouvoir suivant :
- Traverser la matière.




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Isiode et Isley
Dim 04 Oct 2020, 15:28


Crédit : Inconnu.

Rien qu’un chat? Je n’y croyais pas trop, la réflexion me hantant même après que nous nous soyons éloignés du secteur de l’incident. Soucieux, mon regard se reporta, pour la énième fois, vers le chemin que nous venions d’abandonner dans notre dos.

« Yüerell, qu’est-ce qu’il y a?

- Je ne saurais l’expliquer, mais… »

Mais j’avais un mauvais pressentiment. Je ne l’avais senti que pendant un certain temps, infiniment court, mais aussi vite qu’elle était apparue, la sensation s’était brusquement effacée. Il ne restait plus qu’un mur à traverser et quelques mètres à parcourir avant que je puisse connaître l’identité de l’intrus, et c’est à ce moment-là que je l’avais perçu. L’impression, aussi mauvaise que maligne, m’avait happé dans sa mâchoire et mon pas, instinctivement, s’était paralysé. Cela n’avait vraiment duré qu’un instant, bref et concis, et pourtant, elle s’était plantée dans ma chair, avait couru sur la longueur de mon échine, traçant dans son sillage d’innombrables frissons glaciaux : cette aura d’immense famine avait fait escalader en exponentielle le palpitant de ma respiration. J’avais eu la sensation, pendant cette infime seconde, de n’être qu’une proie entre les griffes de son prédateur. Mais à l’instant où cette seconde s’écoula, l’air s’adoucit brusquement, devenant subitement plus respirable, moins écrasante et menaçante; et je n’avais pas attendu plus longtemps pour m’éveiller de ma léthargie. Au pas de course, j’avais avalé les derniers mètres qu’il me restait à franchir avant d’enfoncer mon buste et mon bras à travers le mur qui me séparait de l’extérieur. Et c’est à ce moment précis que je pris connaissance de l’identité de l’intrus : un félin au pelage aussi noir que le charbon…

Brusquement, je finis par m’arrêter au beau milieu de la rue déserte. J’avais des doutes. Est-ce que j’avais halluciné? Je ne le pensais pas. Mais cela n’avait vraiment duré qu’une fraction de seconde, à peine. Pouvais-je réellement avoir imaginé tout cela?

« Yüerell? »

Je pris une grande inspiration avant de fermer les yeux. Je devais me focaliser afin de mieux capter la présence que je recherchais. Grâce à mes pouvoirs, localiser un objet était une tâche relativement facile pour moi désormais. Cependant, la localisation des objets mouvants – et des êtres vivants aussi – s’avérait être toujours plus compliquée. Pourtant, avec de la concentration et de la patience, j’étais en mesure de cibler ce que je recherchais plus ou moins aisément, comme c’était le cas actuellement. Trouvé. Aussitôt, je déployais mon esprit afin qu’il accoste celui du veilleur volant.

« Soldat Amēdaliel?

- Qu’y-a-t-il, Yüerell?

- Pourriez-vous me rendre un service?

- Eh! Est-ce tu m’ignores? Qu’est-ce qui t’arrives cette fois?

- Oui, bien sûr. De quoi s’agit-il? »

Sans prêter attention à l’intervention de mon binôme, j’expliquais brièvement à la sentinelle ce qui s’était passé et ce dernier, après un certain temps d’hésitation, finit par accepter ma requête, néanmoins troublé par ce que je venais de lui raconter.

« Vous êtes sûr d’avoir ressenti une telle chose provenant de ce chat?

- Ne t’en fais pas, Garland. Je crois qu’il est en communication avec quelqu’un du groupe, intervint Lanaka en posant sa paume contre l’épaule de Wilhem.

- Affirmatif. S’il-vous-plaît, faîtes-moi confiance et aidez-moi à le retrouver. »

De nouveau, le silence tomba entre nous, mais l’Aile Blanche abdiqua, filant précipitamment aux coordonnées que je lui avais transmises pour qu’il puisse commencer le travail. Lentement, j’ouvris les yeux, croisant immédiatement les visages intrigués de mes compagnons de garde.

« Alors? Pourquoi toute cette agitation? Demanda Wilhem en croisant les bras.

- C’est le chat de tout à l’heure… Je ne sais pas ce que j’ai ressenti exactement, mais depuis, j’ai un mauvais pressentiment. »

Je marquais une pause, glissant finalement le plat de ma main sur mon front.

« Peut-être que je deviens paranoïaque… Je ne l’ai senti que pendant une fraction de seconde, même pas, mais je l’aurais juré : pendant ce court laps de temps, il a émané de ce chat une aura absolument effrayante et écrasante. »

Et cette menace, peu importe l’angle sous lequel je l’évaluais, ressemblait bien plus à celle d’un animal affamé que d’une intimidation perpétrée par un ennemi. La faim tordante et insatiable que j’avais pu ressentir en lui était telle qu’elle lui broyait les entrailles. C’était absolument douloureux, intenable et malgré cela, il s’était simplement enfui? Pourquoi? S’il s’agissait bel et bien d’un monstre, comme je le croyais, n’aurait-il pas mieux fait de me manger, moi? N’était-ce pas pour cela que les billots de bois avaient été si violemment mis au sol? Pour attirer notre attention? Je soupirais. Est-ce que je réfléchissais simplement trop? Peut-être… Je ne savais pas vraiment. Après tout, un chat, monstre ou pas, n’avait pas de véritable intelligence… N’est-ce pas? Nouveau soupir. Mon esprit, influencé par mes expériences du passé et de celles de l'Ultimage, me hurlait tout bonnement le contraire.

« J’ai demandé à Amēdaliel de remonter sa trace. Je vais l’y aider : à nous deux, nous ne devrions pas avoir de problème à le débusquer. »

Puis, ainsi, nous pourrions confirmer si j’avais bien fait de m’inquiéter… Wilhem et Lanaka s’échangèrent une œillade en biais, jusqu’à ce que la jeune femme m'adresse un sourire.

« Même si ce n’est qu’une impression, nous ne pouvons pas l’ignorer j’imagine. Alors vous aller le rejoindre? »

J’acquiesçais.

« Laissez-nous la garde dans ce cas-là! Nous ne devrions pas avoir de problème, avança-t-elle en attendant la confirmation du soldat Garland. Ce chat ne doit pas être bien loin, ça ne devrait pas être trop long. Puis, avec Berassia et Sirkan, Amēdaliel est l’un des meilleurs traqueurs que nous avons sous la main en plus. »

J’hochais de la tête. Ces trois-là avaient principalement été appelés à participer à cette nuit de garde pour cette raison. Je n’avais pas à m’en faire. Amēdaliel était prudent, bon dans son travail. Lui et moi saurons rapidement trouver le fin mot de cette histoire.

« J’y vais. Soyez prudents.

- Toi aussi. »

Dans un bond, j’ouvris mes ailes tout en me propulsant d’un coup vers le ciel.

« Tu y crois vraiment? »

L'interrogation s'était naturellement glissée entre ses lèvres.

« … Je ne vois pas pourquoi il plaisanterait à ce sujet, avoua Garland en craquant son cou, l'air sérieux. C'est le soldat Yüerell après tout. S'il a des raisons de croire que ce chat est un danger pour nous, c'est peut-être parce que ce chat en est vraiment un. »


1 084 mots | Post III | Défi de l’Inktober – Jour IV: Chat.

Isiode utilise les pouvoirs suivants :
- Localisation
- Télépathie
- Sensum (pour ressentir la faim de l’animal) : pouvoir permettant à l'utilisateur de ressentir les sentiments d'autrui, que ce soit sa souffrance, sa peur, sa colère, voire sa tristesse. Il les éprouvera plus ou moins fortement, tout dépendant de sa Force et de sa Magie.




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Isiode et Isley
Mar 06 Oct 2020, 22:14


Crédit : Inconnu.

Aussi rapide que la souris; aussi sournois que le serpent; aussi agile que le renard, le félin à la fourrure d’ébène avait silencieusement suivi les Thekēra sur près d’une centaine de mètres. Son ventre, qui frôlait la voie empierrée, continuait de hurler famine, mais plus il reniflait le fumet de ces grosses bestioles à plumes, plus la salive remontait dans sa gorge, excitant tous ses sens. Il avait faim, faim, faimfaimfaim. Et malgré tout, il se montrait affreusement patient. Il avait trouvé des proies de qualité, dignes d’intérêt, bien plus grosses et grasses que ce qu’il mangeait habituellement, et la gourmandise ayant aussitôt redirigé son objectif, il s’imaginait à présent déguster l’un des meilleurs repas de son existence. Plaqué contre le sol, conservant une distance sécuritaire entre lui et ses futurs repas, il calquait la cadence de ses pas à celle, feutrée, des Thekēra. Le duo animalier ne semblait pas l’avoir remarqué pour l’instant – ou ils ne considéraient pas cette boule de poils comme une véritable menace; et c’était tant mieux pour la fameuse boule de poils. Ainsi, elle pouvait les appâter plus aisément, et les dévorer sans risquer que ces proies s’enfuient promptement. Le prédateur pourrait alors observer la terreur grandir et exploser au plus profond de leurs pupilles, lorsque les créatures prendront conscience de leur tragique destinée, du fait qu’elles étaient complètement faites comme des rats. Le matou avait beau être petit, il se savait sacré et bercé d’une puissance et d’une protection que peu pouvaient se targuer de posséder : était-ce le privilège d'être enfant de véritables Puissants? Oui, sans aucun doute. La bête des Divins appréciait énormément ce jeu des fausses apparences. Terrible, le chat esquissa une étrange grimace sadique.

Ah… Les bêtes s’arrêtaient enfin. Curieuses, elles reniflaient simultanément l’obstacle qui leur bloquait le chemin. De quoi s’agissait-il exactement? D’une porte? De ses grands yeux jaunes, le félin pu le confirmer. Elle était large, mais elle était surtout fermée, l’une des créatures se redressant sur ses pattes arrière afin de tenter de repousser les battants qui les séparaient de la… chose qu’elles convoitaient. D’une inspiration, il devina plus ou moins exactement de quoi il était question finalement : tout comme lui, ces gros emplumés cherchaient à combler la faim qu’avivait les différents parfums qui flottaient dans l’atmosphère. Pour eux, il s’agissait de ces effluves de nourriture humaine; pour lui, il s’agissait de l’odeur de ces proies. Le chat divin examina ses environs. L’endroit était calme, silencieux, si l’on omettait les grattements du gros animal, et même s’il y avait une lueur qui éclairait faiblement la portion Est du secteur, son éclat les frôlait à peine. Parfait. Il pourrait manger en toute tranquillité, sans interruption. Le félidé sourit de plus bel, s’approchant gracieusement des animaux ailés.

« Miaou! » Lança-t-il tout simplement, attirant instantanément leur attention.

Quelques secondes s’écoulèrent avant que les Thekēra ne s’approchent de la petite bête pour la renifler. Était-ce comestible? Il semblerait. Pourraient-ils le manger? Il avait un bon fumet. Et ainsi, durant les premiers instants, les créatures ailées ne firent qu’observer et humer, intéressées, le félin de couleur foncée. Cependant, quand celui-ci se mit à avancer, leur corps, dans leur intégralité, se frigorifia et se gela. Les créatures tremblaient, s’agitaient, paniquaient. L’affolement de leur cœur était tel qu'elles auraient pu le rejeter par la gueule, mais la peur s’était infiltrée à l’intérieur de leurs muscles, de leurs os, bloquant tous leurs mouvements, paralysant tous leurs systèmes; seule la nervosité, étonnement, semblait leur permettre de respirer. Parce que sous la menace de son regard, sous les claquements de ses tentacules hérissés de canines tranchantes, les Thekēra prirent conscience qu’ils se trouvaient face à une entité bien plus énorme qu’eux; bien plus dangereuse qu’eux; bien plus affamée qu’eux.

Vives et avides, voraces et possédées, les tentacules du chat divin piquèrent en toute vitesse dans la direction des Thekēra. Et ces derniers se mirent, instinctivement, à rugir.

« Amēdaliel? »

Non loin de la source des cris, mon compagnon et moi venions brièvement de nous figer.

« C’est par là-bas que nous dirigent les plumes… »

Et mon pouvoir. D’un seul regard, nous nous mîmes d’accord : donnant quelques coups d’ailes farouches contre la brise qui nous soufflait au visage, nous accélérâmes notre vol, nos corps fonçant, à vive allure, jusqu’à l’objet de notre inquiétude.


720 mots | Post IV

Isiode utilise les pouvoirs suivants :
- Localisation
- Télépathie

Pepito utilise le pouvoir suivant :
- « Flair Kaïn » : Les chats divins ont une particularité : ils semblent ne jamais se nourrir. Cela peut, bien entendu, alerter les maîtres dans un premier temps. Cela dit, puisqu'ils ne mincissent pas et n'ont pas l'air de dépérir, ils se disent que cela doit être normal. Ça l'est. Les chats divins mangent bien, de temps en temps, mais tels des serpents, ils mettent longtemps à digérer leur proie. En effet, ils sont capables d'ouvrir grand la gueule pour avaler tout rond leurs « croquettes ». Cependant, lorsqu'ils le font, vous n'êtes plus en présence de cette mignonne petite boule de poils que vous aimez tant, mais bien en présence d'un véritable monstre. Des espèces de tentacules aux dents tranchantes sortent alors de la bouche du minou pour venir happer n'importe quel individu se trouvant dans les parages. L'individu disparaît dans le ventre du chat comme si de rien n'était, et l'animal reprend sa petite vie sans avoir pris un seul gramme. Il met quelques lunes à le digérer avant de recommencer, souvent à l'abri des regards indiscrets. Il est dit qu'il ne s'en prend qu'aux individus qui se sont montrés cruels avec les chats. À bon entendeur.




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Isiode et Isley
Jeu 08 Oct 2020, 01:57


Crédit : Inconnu.

Comme un seul homme, Amēdaliel et moi atterrissions de tout notre poids sur le sol. Nos ailes fouettèrent frénétiquement l’air aux alentours, soulevant la poussière, la terre et le sable de l’allée, en même temps que nous nous redressions pour faire face au curieux duo qui se défiait, face à face, devant nous.

« C’est le chat que tu as aperçu plus tôt? »

Je n’avais même pas besoin de réfléchir : tous mes sens m’indiquaient qu’il s’agissait du félidé que nous recherchions. Pourtant, plus que sa présence en ces lieux, c’était celle du Thekēra qui nous troublait profondément; pas tant parce que nous ne nous attendions pas à le retrouver sur le chantier– c’était, après tout, pour prévenir de nouvelles destructions de la part d’individus de son espèce que nous avions renforcé la surveillance à l’intérieur des sites de construction – mais surtout parce qu’il était sévèrement blessé. Le spécimen était recouvert de balafres profondes et rougeoyantes sur l'ensemble de sa silhouette, comme s’il avait été mordu et secoué dans tous les sens par une centaine de gueules affamées. Ses jambes le soutenaient à peine tandis qu'une frayeur aussi vindicative qu’hostile émanait des pores de son épiderme. Mais plus flagrant encore, c'est qu'il ne lâchait pas le félin du regard, rempli d'une panique mêlant l'effroi et la haine. Serein et visiblement satisfait, le chat, quant à lui, léchait simplement l’une de ses pattes, démarrant une session de toilettage en bonne et due forme.

« Qu’est-ce qui s’est passé ici…? »

Maintenant que nos regards se détachaient des animaux, nous pouvions remarquer la présence de sang et de plumes effilochées qui recouvraient le sol. Aurait-il eu combat? Entre ces deux animaux? Et le chat… aurait infligé tout cela au Thekēra? À nouveau, nous scrutâmes l’animal ailé. Il feulait. Son plumage était ébouriffé, doublant sa taille et son volume. Il était complètement terrorisé. Doucement, je fis un premier pas dans sa direction, mais la chimère siffla agressivement, un filet de crachat venant se coller contre mon visage et mes vêtements. Plus intensément encore, le Sanctuaire d’Ahena s’écrasa sur les épaules de la bête, la faisant trembler encore plus violemment. Les sentiments contraires qui se bataillaient dans son esprit – la souffrance et la sérénité; la colère et la tempérance; l'épouvante et la quiétude – la déstabilisaient. Et sans crier gare, l’animal s’effondra, exhalant un gémissement de fatigue misérable. Prudemment, je me rapprochais de la créature, passant un bras sur mon visage afin d'en retirer la bave qui pendouillait à mes joues. Puis, m’agenouillant à ses côtés afin de porter une main à son plumage épais, mes doigts se collèrent instantanément sur l'écarlate d'une plaie, marquant ma paume de la mixture épaisse et sale. Je la retirais doucement, les sourcils froncés, avant de fermer les yeux pour combiner mes pouvoirs de télépathie et de localisation. Rapidement, je cherchais à agripper la conscience de chacune de mes sentinelles.

« Je sais que vous avez entendu des cris, mais gardez vos postes et continuez votre ronde. Amēdaliel et moi sommes déjà sur les lieux de l’incident. Nous nous en occupons. »

Bien vite, les premières interrogations fusèrent jusqu’à mon esprit et tout aussi calmement, je leur expliquais ce qui s’était passé.

« Du moins, c'est ce que nous supposons… » Leur avouais-je tout en portant une œillade inquisitrice à l’endroit du félin.

À l’écart, le chat divin continuait de se toiletter, heureux d’avoir aussi bien mangé, mais bien déçu de ne pas avoir pu profiter d’un second encas : il ne remerciait pas ces trouble-fêtes de l'avoir interrompu en plein milieu de l'action. Néanmoins, ce n'était pas si important finalement… Il pourrait se le permettre pour la prochaine fois. Il avait certainement eu les yeux plus gros que le ventre de toute façon, car il se sentait lourd et complètement repu, même s’il n’avait mangé que le plus petit des deux inconscients.

Lorsque le Thekēra s’écroula au sol, aussitôt pris en main par les deux hommes, l’or de ses yeux remonta doucement jusqu’à sa proie. Il esquissa, pour une énième fois, un rictus étrange sur ses babines. La prochaine fois, sera-t-il sur son chemin pour lui servir de repas? Un frisson secoua la silhouette du chat, rien qu'à cette délicieuse réflexion. Après tout, quand la faim ne se pointait qu’une fois par cycle de quelques lunes, il était tout à fait normal de choisir les mets les plus fondants et exquis. Miaou!


735 mots | Post V | Défi de l’Inktober – Jour VI : Sable.



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Ven 09 Oct 2020, 01:27


Crédit : Inconnu.

« Je ne pense pas que je pourrais m’occuper de blessures aussi graves, me confia Amēdaliel en déglutissant devant l’ampleur des dégâts subis par le Thekēra. Nous devons faire venir un professionnel, sinon il risque d’agoniser dans son propre sang. »

Mes yeux se plissèrent à l’entente de cette confirmation. C’est ce que j’avais craint dès l’instant où l’animal s’était laissé tomber au sol, vidé de toute énergie, encore secoué par ce choc des titans qui venait de l’ébranler. Son corps, vibrant de chaleur et d’animosité il y a quelques minutes à peine, était passé à un tout autre état une fois étreint par l’influence du Sanctuaire d’Ahena : le calme serein que j’avais éveillé en lui avait tout bonnement refroidis ses ardeurs et instincts bestiaux. Démuni, sans nouvel apport d’énergie et d’inimité, les pattes de la chimère n’avaient plus eu la force de la supporter entre ça, les saignements incessants qui affaiblissaient son corps, et sa violente prise de conscience de ses blessures et de sa souffrance, qui n’était plus endiguée par l’adrénaline et le feu de l’action. Son rythme cardiaque avait fait un bond surprenant, dangereux, cassant sa respiration dans des halètements plus saccadés et sifflants, au point où je crus qu’il était en train de s’étouffer dans les flammes de ses maux. Force était de constater que la créature, malgré tout ce qu’elle venait de subir, se raccrochait, tenace, à ce précieux souffle qu’était la vie.

« Très bien, concédais-je en me retournant dans la direction du soldat, l’œil perçant. Retournez immédiatement au bâtiment administratif et trouvez-moi un soignant qui pourrait évaluer l’état de ce Thekēra.

- Compris.

- En attendant votre retour, je vais au moins essayer de stopper les saignements les plus importants. »

Je ne savais pas le moins du monde si j’y parviendrais. Si je savais manipuler la Magie Blanche à l’image de tous mes pairs, je n’étais, cela étant dit, pas le plus doué dans sa maîtrise et pratique. Sans aucun problème, je pouvais soigner les blessures mineures, comme les saignements bénins, les dislocations, les maux de tête et les douleurs occasionnelles, mais celles qui nécessitaient des opérations majeures, telles que la régénération cellulaire, la reconstruction des tissus, la chirurgie ou les cas d’hémorragie externe – et peut-être interne? – comme celui-ci, étaient des cas bien au-delà de mes compétences. Pourtant, je ne pouvais pas le laisser comme ça, sans au moins tenter quelque chose qui pourrait, certainement, lui sauver la vie.

Je pris donc une grande inspiration, plaquant mes dextre et sénestre sur deux vilaines lacérations desquelles s’écoulaient encore beaucoup trop de sang. Un éclat de nacre enveloppa alors mes mains d'une auréole. Il s'altéra avec douceur, se modela et glissa, tels de minces filaments, autour de la chair déchirée avant de pénétrer les entailles de la bête. Je pouvais percevoir les pulsations de son cœur à l’intérieur de mes paumes, et elles remontaient violemment sur toute la longueur de mes bras. Sous mes doigts, je sentis la lourde expiration de la chimère, qui relâcha un nouvel halètement brisé. Je ne me laissais pas distraire. C’était une sensation à la fois étrange et angoissante, comme si à ce simple contact, j'étais en mesure de toucher à la vie de cet animal. Et peut-être avait-il perçu mon malaise, peut-être savait-il exactement ce que je traversais actuellement en réalisant pareilles prouesses, mais Amēdaliel n’attendit pas une seconde de plus avant de prendre son envol.

« Je ferai au plus vite », m’assura le militaire en écartant ses ailes avant de se propulser vers le ciel.

L’énergie libérée par ce simple mouvement s’étendit sur quelques mètres, la bourrasque engendrée nous fouettant le visage. Dès à présent, nous n’étions plus que trois : le Thekēra, le chat et moi. Mes mains, possédées par des mouvements qui les faisaient légèrement tressauter, voyageaient au-dessus du corps de l’animal plumeux avec précaution et attention, les longs fils de Magie pénétrant dans la moindre fissure créée par ses plaies béantes. Qu’est-ce qui a bien pu t’arriver? Songeais-je tout en ouvrant brièvement un œil, le déposant sur les épaules du félin. Il s’était silencieusement rapproché de notre position, toujours aussi tranquille, toujours aussi serein. L’odeur du sang et de l’affliction ne paraissait pas le déranger, bien au contraire.

« C’est… toi, n’est-ce pas? »

Le matou – bien évidemment – ne me répondit pas, quand un battement agressif se répercuta, tout à coup, dans mon bras. Immédiatement, je posais à nouveau mon attention sur mon patient, secouant discrètement la tête comme pour réorganiser mes pensées. Qu’est-ce qui me prenait? Était-ce encore ce « Nous » que j’avais partagé avec sa Majesté qui me faisait agir ainsi? Qui me faisait considérer l’existence de ce chat sous un tout autre regard? Je contractais la mâchoire. Une centaine d’interrogations voyageaient dans mon crâne, entre la présence du félin et de ce Thekēra; leur altercation et confrontation; l’aura malveillante et terrifiante qui – j’en étais persuadé – provenait de cet animal à la robe noire. Que pouvait bien cacher ce petit corps? Que pouvait renfermer de si mauvais cet être aux yeux jaunes?

« Miaou! » Susurra le matou, sa tête se frottant avec ravissement contre mes cuisses.

Médusé, j’écarquillais les yeux, faisant peser une toute autre forme de surprise sur la silhouette de l’animal. Nos regards se croisèrent, s’entrechoquèrent. Puis, il me sembla que le chat étira un sourire, jouant une drôle de mimique sous ses longues moustaches. Une nouvelle fois, il miaula, et mon corps se tendit, aussi raide que les cordes d’un violon. L'arrogance allait jusqu’à ce niveau, c'est ça?


930 mots | Post VI | Défi de l’Inktober – Jour V : Violon.



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Ven 09 Oct 2020, 03:47


Crédit : Inconnu.

« Recule », intimidais-je au petit mammifère tout en le repoussant rapidement du revers de la main.

Loin de paraître offusqué par le geste, le félidé émit plutôt un léger ronronnement au plus profond de sa gorge, semblant presque satisfait du résultat. Parce que ce regard que nous venions de nous échanger avait suffi à lui faire comprendre : il savait, il savait que je le craignais ou, du moins, que j’avais une petite idée – loin d’égaler la vérité – de ce qu’il était réellement. Par conséquent, il était persuadé que je ne ferais rien pour lui manquer de respect ou pour le mettre volontairement en colère, peu importe ce qu’il réaliserait. C’est pourquoi, visiblement amusé par l’idée de jouer son rôle de félin, que l’animal se mit à tourner autour de ma personne, multipliant les miaulements, les demandes de caresses et les tentatives de distraction. Pourtant, à aucun moment, cette fois-ci, je ne lui accordais la moindre attention, enfoui au cœur de ma concentration qui convergeait exclusivement sur le Thekēra souffrant. Malgré la parfaite inertie des lignes de mon faciès, des perles de nervosité se devinaient sur la courbe de mes tempes, signe physique de mon extrême vigilance quant au travail que j’accomplissais avec minutie et patience. Je tenais littéralement la vie de cette bête entre mes mains, percevant toujours aussi fort, toujours aussi près, les battements qui faisaient doucement trembler sa chair; les respirations qui soulevaient péniblement son abdomen; les lamentations quasi inaudibles qu’il sifflait entre les écorchures de ses babines. Pour me concentrer davantage, je fermais les yeux; pour détendre ses maux intenables, je déployais au mieux le Sanctuaire d’Ahena. Il me semblait que les bouts de mes doigts tremblaient terriblement, comme incapables de soutenir plus longtemps l’enchantement, mais tout allait relativement bien pour le moment, que ce soit au niveau de mon énergie que de la condition du Thekēra. Je pouvais saisir et comprendre ses ressentis, après tout, et plus les minutes s’écoulaient, plus la tension dans ses muscles se détendait. Lentement, il se relâchait, la Magie Blanche apaisant la morsure de ses plaies. Délesté du stress en constatant que mon initiative lui faisait plus de bien que de mal, je me permis d’exhaler un soupir de soulagement, mon regard croisant l’œil irisé de la créature ailée.

À cet instant, aucun son ne fut produit, aucune parole ne fut échangée : tout passait et se partageait dans cet unique regard en biais. Je ne saurais expliquer exactement ce qui s’était produit à ce moment-là, comme si, happé dans ses yeux, je m’étais mis à décrypter son esprit. Il était, d’ailleurs, étrangement calme, comme s’il me faisait… confiance? Battant des paupières quelques secondes, je finis par baisser la tête pour observer son plumage, marquant mon travail d’une courte pause pour lui concéder quelques vagues caresses.

« Ne t’en fais pas, lui communiquais-je d’une inflexion faible, et ce, malgré la parfaite ignorance de l’animal de mon langage. Les renforts arriveront bientôt pour mieux s’occuper de toi. »

Puis, après une inspiration, je me remis au boulot. Une chaleur insolite et étrangère flottait au creux de mon estomac, et sans en connaître la source, je préférais oublier cette impression pour ne pas dériver de mon objectif. Sûrement était-ce, à nouveau, les ressentis de sa Majesté qui revenaient faire des siennes dans mon subconscient. Elle adorait les bêtes, les plus étranges et immondes, certes, mais la passion et l’amour qu’elle nourrissait à l’égard de ces créatures restaient authentiques – l’un des quelques aspects de sa vie qui, même cachés, ne m’offusquait plus tant que ça.

À quelques centimètres à peine de nous, le chat noir venait d’assister, silencieux, à cet étrange numéro. Intrigué, il avait penché sa tête sur le côté. Il me jaugeait simplement et calmement de ses iris jaunâtres, la queue sagement posée sur le dessus de ses pattes, ayant cessé, depuis un certain temps déjà, ses petits caprices. Hmm… Peut-être venait-il de tomber sur une intéressante personnalité. Confiant, le félin se colla sur ma taille, ne faisant rien d’autre que s’appuyer tout en fixant ce que j’étais en train de réaliser. Rapidement, je ne lui jetais qu’un coup d’œil au-dessus de mon épaule, avant de reporter mon attention sur l’animal blessé. Tant que ce chat restait tranquille, sa présence m'ennuyait relativement moins.



Comme promis, le soldat Amēdaliel revint après une trentaine de minutes, étroitement encadré par deux soignants. Le trio descendit du firmament avec justesse, les deux pratiquants de la Magie Blanche rétractant aussitôt leurs ailes dès qu’ils mirent pied à terre. Puis, en un bond, ils prirent immédiatement le relais sur les soins prodigués au Thekēra, l’un d’eux me questionnant sur le travail que j’avais déjà accompli sur l’animal.

« J’ai essayé de limiter les saignements, principalement aux zones les plus gravement touchées, leur confiais-je tout en désignant certains endroits de son anatomie, d’un visage complètement neutre. Je ne saurais dire si les résultats sont concluants, mais le Thekēra semble être dans un état relativement stable maintenant. »

Celui qui évaluait la condition de l’animal obtempéra dans mon sens, disant que j’avais bien réagi, même si plusieurs failles avaient échappé à ma vigilance.

« Heureusement, sa vie n’est plus en danger désormais », nous apprit-il.

Je me sentis plus léger, fermant momentanément les yeux.

« Cependant, il est encore trop mal en point pour que nous le déplacions dans une zone plus sûre, à l’intérieur de l’Avant-Garde. »

Je réfléchis quelques secondes avant de plonger ma main dans l’une des poches de mon uniforme. En parallèle, je marchais jusqu’aux portes de l’entrepôt devant lesquelles nous avions retrouvé les deux animaux. Fermées à clé, les battants s’ouvrirent pourtant dans un horrible grincement après que j’eus inséré le passe-partout dans la serrure. En permanence, le responsable des groupes de surveillance pour chaque chantier en possédait une, au cas où. Ainsi, dans un geste large, je leur présentais l’intérieur de l’entrepôt.

« Est-ce que cela vous convient? C’est un peu encombré, mais vous devriez avoir l’espace nécessaire pour travailler. »

De fait, je commençais à dégager la salle, poussant sur le côté les blocs et les matériaux de construction laissés à l’abandon pour la nuit. Dans une caisse, je remarquais même la présence d’une montagne de denrées non périssables qu’avait stocké les travailleurs, certainement pour combler les fringales de la journée. À ce constat, mes sourcils se froncèrent, tandis que je récupérais un sachet à l’odeur forte de viande séchée.


1 071 mots | Post VII | Défi de l’Inktober – Jour VIII : Montagne.

Isiode utilise le pouvoir suivant :
- Sensum : pouvoir permettant à l'utilisateur de ressentir les sentiments d'autrui, que ce soit sa souffrance, sa peur, sa colère, voire sa tristesse. Il les éprouvera plus ou moins fortement, tout dépendant de sa Force et de sa Magie.




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Isiode et Isley
Sam 10 Oct 2020, 15:28


Crédit : Inconnu.

« Doucement… Essayez de ne pas trop le bousculer. »

Conservant ma trouvaille entre mes mains, je me retournais pour voir les deux soignants, épaulés par Amēdaliel, déplacer prudemment le Thekēra sous le toit de l’établissement. Pendant que j’étais en train de réorganiser l’arrangement de l’entrepôt, ils avaient pris le temps de soulever l’animal afin de le placer à l’intérieur d’une première couverture pour en faire un lit de transport improvisé.

« Pourriez-vous récupérer la seconde couverture qui se trouve à l’intérieur du gros sac brun, s’il-vous-plaît? »

Tout de suite, je me déplaçais vers les bagages des soignants, glissant le tout sur mes épaules ou sous mes bras afin de leur ramener l’ensemble de leur attirail, que je larguais à quelques pas de l’endroit où je dépliais, quelques secondes plus tard, la couverture promise. Une fois cette dernière mise au sol, le trio s’abaissa dans l’intention de déposer la créature ailée. Chacun de leurs gestes étaient mesurées, calculées, afin de bouger le moins possible le corps ensanglanté de la bête. En les voyant faire, je pus constater que les soins que je lui avais prodigués avaient eu plus d’effets qu’escomptés : à plusieurs endroits, les blessures ne se vidaient plus, la différence dans la quantité de sang que son corps rejetait étant saisissante.

« Avez-vous tout ce dont vous avez besoin? Voulut s’enquérir mon collègue auprès des soignants, qui se regardèrent brièvement.

- Oui, merci.

- Amēdaliel restera avec vous, au cas où il surviendrait un nouvel incident, les interpellais-je avant de porter mon attention sur le soldat. Je vais voir où en sont les patrouilles et les avertir de la situation. »

Mon partenaire hocha de la tête. Pourtant, durant une seconde, je baissais les yeux vers le sachet que j'avais toujours avec moi, l’ouvrant d’un coup sec avant de me pencher au-dessus du Thekēra. Incitatif, je glissais un morceau de viande sous son museau, l’animal, éveillé par l’odeur, croquant dans l’aliment tout en le mastiquant doucement. Les commissures de mes lippes se soulevèrent discrètement pour dessiner un sourire, qui disparut en même temps que je me redressais pour faire face à mon pair. Le dépassant, je lui remis le sac en main.

« S’il a faim, donnez-lui ceci, l’avisais-je calmement. C’est certainement à cause de l’odeur de ce genre de nourritures, laissées là par les ouvriers, qu'il s'est infiltré à l’intérieur du chantier. »

Ces odeurs, mais aussi celles de la journée, étant donné que les travailleurs, en grand nombre, mangeaient directement sur les sites de construction aux vues du travail et du peu de services qu’ils pouvaient se procurer dans la zone. Peut-être que cela n’expliquait pas tout, mais il me semblait plausible que les Thekēra – et sûrement d’autres animaux que nous n’étions pas parvenus à retracer pour l’heure – s’étaient autant approchés des chantiers pour cette raison, et ce, malgré la foule qu'il s'y trouvait à longueur de journée à cause des travaux en cours. Cela étant dit, je pourrais me pencher sur la question ultérieurement : j’avais d’autres chats à fouetter actuellement. Et en parlant de chat…

Je m’arrêtais devant le félin aux iris jaunes, qui me scrutait toujours aussi intensément.

« Que comptez-vous faire de lui? »

En me voyant camper devant l’entrée, le soldat s’était rapproché de ma position, remarquant rapidement la présence du chat.

« Je l’amène avec moi », murmurais-je tout en accordant mes gestes à mes paroles alors que je tendais mes bras vers le sol pour le soulever.

Le matou ne se débattit même pas lorsque mes mains se refermèrent autour de sa taille, et il quitta simplement ma poigne pour filer sur mes épaules, son épaisse fourrure réchauffant ma nuque.

« Jusqu’à ce que nous comprenions sa véritable nature, je préfère le savoir auprès de moi qu’à gambader je ne sais trop où en liberté », avouais-je finalement à mon collègue par télépathie, alors que le bleu de mes pupilles se figeait sur le minois de la créature qui sourit, malicieuse et ravie.



Sur toute la durée de cette soirée et d’une bonne partie de la nuit, j’avais visité les postes de chacune de mes équipes de garde afin de prendre connaissance de leur situation tout en leur reportant le dénouement de notre rencontre avec le Thekēra. Si personne ne s'était directement questionnée à propos de la présence du chat sur mes épaules, j’avais tout de même pu lire l’interrogation dans leurs yeux, m’empressant de leur justifier que nous n’avions encore aucune idée précise des raisons qui avaient pu mener les deux animaux à se croiser, ni comment l’un était parvenu à se sortir parfaitement indemne de cette confrontation, tandis que l'autre, bien plus gros et intimidant, avait été retrouvé vacillant et paniquant dans ses propres fluides, le sang qui s'était échappé de son corps coulant de ses pores à l'image d'une pluie – non... d'une chute – violente et abondante.

Ainsi, la fin de notre heure de surveillance se conclu sur ces notes, plusieurs de mes hommes allant d’eux-mêmes sur les lieux de l’incident afin de prendre conscience de l’ampleur des dégâts. Pour ma part, si j’avais fait un rapide crochet à l’entrepôt pour connaître l’avis des soignants sur l’état de santé du Thekēra, je m’en étais allé une fois en possession de toutes les informations pour rejoindre les bureaux des architectes. Sur place, j’écrivis une note à l’endroit du maître Nejaka Vaughan pour que ce dernier soit au courant des événements de cette nuit. Je lui avais, notamment, demander de transmettre à sa subalterne les consignes claires de ne laisser personne s’approcher de l’entrepôt dans lequel reposait la créature ailée : la dernière crise que nous voudrions gérer était celle d'un animal blessé qui serait certainement apeuré.

À présent, le talon traînant, le mystérieux chat toujours enroulé à mon cou comme une écharpe d’hiver, je traçais mon chemin jusqu’à la porte de mon appartement.

« Bonsoir Isiode. »

Je levais la tête, croisant le regard opale de mon Orine.

« Vous n’êtes toujours pas couchée? » Lui posais-je en refermant la porte dans mon dos, le chat profitant de cet instant pour quitter mes épaules et explorer l’endroit.

Sa présence ne manqua pas d’étonner la rousse, qui se mit à l’observer d'un air légèrement hébété.

« C’est une longue histoire, dis-je prestement pour éviter les questions, me dirigeant sans hésiter vers les toilettes afin de me laver les mains et me passer un peu d’eau sur le visage. Encore désolé de vous avoir fait faux bond pour l'exercice de ce soir. J’avais dit à Isley que je vous évaluerais pour savoir si vous seriez prête à nous accompagner, avec les Corvus Æris, mais les imprévus se sont multipliés aujourd’hui. Veuillez m’excuser. »

Je sortis de la salle pour apercevoir une Muramasa rouge comme une pivoine, battant l’air de ses deux mains.

« Ne t'excuse surtout pas! Nous pourrions reporter l'entraînement à demain, s-si tu as du temps. »

J’acquiesçais lentement tout en portant mon corps jusqu’à la cuisine. Je devais boire quelque chose.

« Par contre, Isiode, avant que tu n'entres dans la cuisine! Il faut que tu sach– »

Trop tard : je venais déjà de me clouer sur le seuil de la pièce, mon visage n’exprimant qu’une profonde impuissance face à tout ce qui s’accumulait dans cette soirée.

« … Qu’est-ce que fait cette chèvre ici? »

L’animal dormait, par ailleurs, paisiblement dans un panier d’osier, qui avait été rendu plus confortable et moelleux grâce à quelques plaids qui en tapissaient le fond. Dans mon dos, même si je ne pouvais pas l’apercevoir, j’étais parfaitement en mesure de m’imaginer Muramasa me gratifier d’un sourire nerveux et embarrassé.

« Je… Je te présente Raclette. »

D’un geste mécanique, saccadé, je rapprochais ma main de mon visage, pinçant entre deux doigts l’arête de mon nez.

« … Finalement, voulez-vous un verre d'ambroisie? Je sens que nous avons certaines choses à nous dire », croassais-je d’une voix éperdument lasse.

Il semblerait que la nuit était loin d’être terminée.


1 348 mots | Post VIII | Défi de l’Inktober – Jour VII : Pluie.

Note : l'ambroisie est une boisson produite sur les terres d'Iyora.




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Sam 10 Oct 2020, 18:21


Crédit : Inconnu.

« C’est ce qui s’est passé de votre côté… » Murmurais-je tout en portant une nouvelle œillade dans la direction de la chèvre, qui s’était, entretemps, extirpée de son sommeil.

Le son de nos voix et les bruits diffus que nous avions pu produire au cours de notre discussion avaient bientôt attiré son attention, ses fines jambes s’étant étirées avant de la sortir de son panier. À présent, elle tournait autour du chat que j’avais ramené à la maison, les deux animaux se jaugeant et se reniflant, étreints par une forte curiosité. Si j’avais, un premier temps, voulu les éloigner l’un de l’autre, surtout parce que la lueur mordorée dans les yeux du félidé ne m’inspirait encore aucune confiance, je me rendis rapidement compte que la chèvre ne semblait pas craindre la présence du chat, comparativement au Thekēra. De fait, le caprin semblait plutôt fasciné par la bestiole noirâtre, jouant dans la fourrure de celle-ci en mâchant quelques-uns de ses poils. Témoin silencieux de la scène, je m’étais alors demandé si c’était sécuritaire de laisser les deux créatures se rapprocher ainsi, les images de la chimère ensanglantée traversant inévitablement mon esprit. Pourquoi cette chèvre ne réagissait pas du tout de la même manière que le Thekēra? Qu’avait fait la créature ailée pour que ce chat – j’en étais convaincu – l’attaquasse aussi agressivement? Est-ce que le félin avait agi par pur instinct de survie, sentant une menace insoupçonnée provenir de l’animal ailé?

Un instant, mes sourcils se froncèrent, un énorme détail m’ayant échappé sur l’instant, mais qui revenait, au galop, se replacer au cœur de ma réflexion. L’inverse, finalement, me paraissait bien plus vraisemblable : le scénario dans lequel le Thekēra avait été la victime, dès le début, des actions du chat. Après tout, je l’avais moi-même expérimenté, lorsque j’avais ressenti l’aura purement obscure et sauvage émaner du matou. Ce dernier avait eu faim, incroyablement et insatiablement faim. C’est ce que j’avais perçu lors de notre premier « face à face »; c’est peut-être ce qu’avait également perçu la chimère en rencontrant pour la première fois le petit animal. Mais encore une fois, les questions ne faisaient que s’additionner dans mon esprit : s’il avait eu si faim, pourquoi le chat ne l’avait-il pas mangé? Est-ce notre arrivée fortuite, à Amēdaliel et moi, qui l’avait empêché d’aller jusqu’au bout de son acte? Pourtant, même maintenant, je ne ressentais plus avec autant d’impatience et de férocité la famine que j’avais pu ressentir, plus tôt, dans les chantiers. Puis, comment le chat était parvenu à blesser de la sorte un aussi gros animal? Comment l’aurait-il simplement dévoré?

« Miaww! »

Mon corps se raidit automatiquement à l’entente de cette voix, alors que je me rendais compte que j’étais en train de fixer ce chat bien plus qu’il en était véritablement nécessaire. Discrètement, je détournais les yeux afin de reporter mon attention sur Muramasa, qui me contemplait en silence derrière le verre d’ambroisie qu’elle venait de porter à ses lèvres. Ce n’était pas la première fois que notre Lien lui indiquait que je n’étais pas particulièrement à l’aise en compagnie du félin. Toutefois, elle attendait, qu’à mon tour, je lui partage ma folle soirée de patrouille afin de mieux cibler les raisons de ma silencieuse agitation.

À proximité, la queue du chat balayait l’air, en accord avec son espiègle état d'âme, alors qu’il retournait à la découverte de sa sœur divine. Nous étions, Ren et moi, très loin de comprendre et de nous douter de la profondeur de leur échange, qui allait bien au-delà d’un simple examen olfactif entre animaux intéressés. Les petits mammifères s’étaient tous deux reconnus et identifiés, l’aînée de la fratrie léchant désormais le long pelage d’ébène de son petit frère, qui ronronnait de satisfaction, lui rendant la pareille.

« Et le Thekēra restera à l’intérieur de l’entrepôt durant la nuit? »

Après lui avoir conté mon histoire, j’hochais de la tête à son interrogation, affirmatif.

« L’un des soignants s’est porté garant pour le veiller. Cela étant dit, ils seront continuellement surveillés par l’une de nos sentinelles. J’ai fait passer le message au prochain responsable du groupe de garde afin que ce dernier porte une attention particulière à leur cas. »

Buvant une nouvelle gorgée de la boisson dorée, qui se mit à pétiller légèrement dans le fond de ma gorge, je renchéris :

« N’empêche, je ne peux pas me sortir ce qui s’est passé de la tête. »

L’Orine en était parfaitement consciente, ses propres mires allant à la rencontre de la silhouette féline.

« Peut-être que tu es passé à côté de quelque chose, là-bas. »

Doucement, la jeune femme déposa son verre sur la table du salon pour aller dans la cuisine. Je l’entendis, durant un temps, fouiller dans les armoires de la pièce avant de revenir auprès de nous, un sac de sel et quelques morceaux de poulet sur une assiette. Aussitôt, elle capta l’intérêt – et l’estomac – des deux animaux, qui trottinèrent gaiement jusqu’à sa position. S’agenouillant pour arriver à leur hauteur, la rouquine déposa la viande par terre, à l’attention du chat, tandis qu’elle plongeait sa main dans le sac de sel pour y prendre une petite portion. Si le matou sembla bouder la viande, rassasié par le festin qu’il avait avalé, le caprin, en revanche, englouti le sel qui lui était donné, comme un enfant à qui l’on aurait offert une sucrerie après des mois d’abstinence sucrée. Curieux, je la scrutais nourrir la prénommée Raclette, n’ayant jamais su que ces animaux adoraient autant le sel.

« Ils en sont friands, me répondit l’Orine, comme si elle avait lu la question dans mon esprit. C’est Kagami qui me l’a appris, lorsque nous nous trouvions encore à Maëlith. Son Maître travaille avec le bétail et elle s’est beaucoup renseignée à ce sujet. Il paraîtrait que les moutons et le gros bétail, en général, recherchent constamment des apports en sel. C’est un besoin naturel chez eux. »

Ah oui, cette fameuse Azumono.

« D’ailleurs, marmonnais-je en changeant brièvement de sujet, pointant le caprin du doigt, pourquoi l’avoir appelé Raclette? Ce n’est pas très… commun.

- J-J’ai fait une sorte d’association un peu bizarre en réalité, m’apprit la musicienne en rougissant légèrement, comme embarrassée de me confier le cheminement de sa pensée. Chèvre, lait, fromage, raclette… »

Silence.

« Oui, c’est bizarre. »

Mais non moins dénué de sens, j'imagine. Malgré tout, à l’image d’un volcan en éruption, le rouge monta d’un coup sec jusqu’à la racine de ses cheveux et elle redonna une petite dose de sel à la chèvre qui, gourmande, s’en mis plein la bouche.


1 103 mots | Post IX | Défi de l’Inktober – Jour IX : Sucrerie.



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Isiode et Isley
Mar 13 Oct 2020, 02:21


Crédit : Inconnu.

Je le remarquais de plus en plus désormais, à force de la côtoyer quasiment à tous les jours, mais c’était comme si Muramasa jonglait entre deux états d’esprit à certaines occasions. Dans un premier temps, elle empruntait les traits et le caractère insouciants de mon frère. Les remarques un peu décousues, l’embarras qui colorait facilement sa figure : tout pour me faire songer, en somme, au frère de mon enfance et à celui, plus ou moins similaire, du présent. En effet, elle se montrait aussi indécise que lui par moment, aussi naïve mais tout autant timide et pensive. Alors, quand elle changeait brusquement d’esprit, devenant soudainement plus méticuleuse, analytique et réfléchie, je me surprenais toujours d’être en présence de la même personne. Toutefois, même si ces personnalités divergeaient sur quelques points, elle restait relativement plus candide et gauche que pragmatique et froide… Certainement parce qu'elle et mon frère avaient passé plus de temps ensemble. Hum.

« Qu-Quoi qu’il en soit! S’exclama la Fille des Arts, les oreilles à présent tout aussi rouge que ses joues, alors qu’elle refermait le sac de sel. Pour en revenir au chat et au Thekēra, est-ce que tu te souviens de quoi que ce soit qui aurait pu sortir de l’ordinaire? »

Je relâchais une courte expiration. Tout du long, je m’étais surtout concentré sur les deux créatures et leurs rapports l’un envers l’autre. La condition du premier m’avait profondément inquiété, aussi bien que sa virulente agressivité à l’égard du félin, tandis que la fourberie malicieuse du second ne cessait de me questionner sur sa véritable nature et intérêt. Mais à part cela… Je secouais distraitement la tête en signe de négation, ce qui ne démotiva pas pour autant la rousse.

« Ferme les yeux et réfléchis sur ce que tu as pu apercevoir là-bas, sur les lieux de l’incident. Même le plus petit des détails pourrait être important. »

Un moment de silence flotta un certain temps entre nous jusqu’à ce que j’obtempère et fasse comme elle me le demanda. Voici la personnalité analytique qui prenait, désormais, les rênes.

« De quoi tu te rappelles? S’enquit-elle en s’asseyant auprès de moi.

- Du Thekēra ensanglanté et complètement épouvanté. Il crachait et sifflait en direction du chat, mais ce dernier ne semblait pas vraiment s’en soucier. Il était parfaitement tranquille, placide même… »

Cette scène, maintenant que je l’étudiais avec du recul, me semblait tellement surréaliste.

« Ensuite? M’encouragea l’Orine en reposant momentanément le vert de ses pupilles sur les deux animaux : elle remarqua immédiatement que le chat n’avait même pas voulu toucher à la viande qu’elle avait mise à sa disposition.

- Ensuite, j’ai… rapidement inspecté les environs. Je n’ai jeté qu’un coup d’œil, rien de bien minutieux en soi, mais il y avait beaucoup de sang sur le sol, et des plumes aussi… En grande quantité. »

Une seconde s’écoula, et elle s’étira en une longue minute, ce qui eut tôt fait d’alarmer la jeune femme. D’un mouvement, elle quitta les bêtes des yeux pour examiner mon faciès.

« Qu’y-a-t-il? Me demanda-t-elle finalement en constatant que le mutisme persistait sur le bout de mes lèvres.

- Je viens simplement de songer que la quantité de plumes qui se trouvait au sol, à ce moment-là, était vraiment conséquente. Je ne pense pas que le Thekēra que nous avons secouru en a perdu autant… »

Vaguement, ma main remonta jusqu’à mon front.

« Tu penses qu’il y avait plus qu'un Thekēra sur place?

- Peut-être pas un Thekēra, mais oui, je suppose qu'il y avait bien plus que le chat et celui que nous avons soigné. »

Si c’était le cas, cela pourrait expliquer pourquoi le chat n’avait pas essayé – à nouveau? – quoi que ce soit pour dévorer la créature ailée; et même moi, maintenant que j’y songeais. L’opportunité s’était présentée, pendant que je le transportais ici et là à travers le site de construction du quartier des Soldats, mais à aucun moment, il n’avait cru bon d’attraper sa chance. Puis, si cette théorie s’avérait exacte, elle pouvait également répondre au pourquoi l’animal n’avait plus du tout faim à présent : la parfaite indifférence du félin vis-à-vis les morceaux de poulet, qui reposaient toujours à l’intérieur de l’assiette, en témoignait. Néanmoins, le mystère restait irrésolu : comment avait-il pu faire tout cela en si peu de temps? Quelle Magie cet animal recelait au plus profond de lui pour éveiller autant de peur, pour faire subir autant de blessures? J’exhalais un soupir tout en m’enfonçant plus confortablement entre les plis du divan.

« Tu songes à retourner là-bas, c’est ça?

- Pas ce soir. Demain, à la première heure. J’aimerais simplement mettre les choses au clair le plus rapidement possible, admis-je en me redressant légèrement, Ren se montrant visiblement soulagée par ma décision.

- Oui, c’est mieux. Les militaires qui ont été mis sur le dossier doivent déjà être rentrés chez eux de toute façon. Puis, tu pourras en profiter pour te reposer. »

Jetant une œillade dans sa direction, je perçu instantanément le souci qui palpitait au fond de son regard.

« Cela fait déjà plusieurs jours que tu n’as pas fermé l’œil… Me dit-elle finalement, les lèvres pincées. Je n’en ai rien dit à Isley pour ne pas l’inquiéter, mais tu devrais tout de même dormir un peu. »

Lentement, je levais les yeux jusqu’au plafond. Ah… Elle pouvait remarquer cela aussi?

« Vraiment, Muramasa, je vais bien. Pour être tout à fait franc, depuis que je me suis installé sur Orhmior, j’ai découvert que je n’ai plus besoin de dormir autant qu’auparavant. »

Même encore moins qu’auparavant. Une nuit suffisait, à présent, à remplir mes réserves d’énergie pour plusieurs jours d’affilée.

« Ne vous en faîtes pas. Je suis habitué maintenant. »

La fixant de nouveau, je poursuivis sur le même ton :

« En revanche, en ce qui vous concerne, vous devriez aller vous reposer. Nous partirons aux terrains d’entraînement à l’aube. »

Ren inspira une grande bouffée d’air tout en observant les deux animaux. Elle devrait certainement faire comme je lui avais demandé et aller se coucher elle aussi, c’est vrai. Elle me savait sévère et exigeant : durant ce duel, je ne lui ferais aucun présent. C’est pourquoi la jeune femme se leva définitivement.

« Tu as raison. Je vais y aller dans ce cas. »

J’hochais de la tête.

« Bonne nuit.

- Bonne nuit. »

Pourtant, la rousse ne quitta pas immédiatement le salon, l’opale de ses iris continuant de me fixer depuis le seuil de la pièce.

« Hum?

- En t’observant, j’ai remarqué que tu ne tutoyais que les gens avec qui tu es véritablement à l'aise ou qui sont très proches de toi. »

Je ne dis rien, mon regard rejoignant instinctivement le sien, assez rapidement pour remarquer le sourire désolé qui venait de trembler sur la commissure de ses lèvres.

« J’espère que le jour viendra où tu seras suffisamment à l’aise en ma compagnie pour le faire avec moi aussi », murmura-t-elle dans un aveu avant de quitter le salon, la tête légèrement basse.


1 184 mots | Post X | Défi de l’Inktober – Jour X : Enfance.



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Isiode et Isley
Mer 14 Oct 2020, 01:23


Crédit : Inconnu.

Le lendemain matin.

« Bêêê!

- Miaaw! »


D’un coup de patte taquin, le félin balaya l’une des oreilles aplaties du caprin, observant cette dernière se balancer, comme hypnotisé, avant de réitérer le geste.

« Bêê bêê!

- Rrrrrronrrr!


- Était-ce vraiment nécessaire de les amener avec nous? M’enquérais-je auprès de mon frère qui, à proximité de notre zone de combat, était posté à côté de nos deux invités spéciaux.

- Pourquoi pas? Surtout Raclette. Elle semblait être particulièrement excitée en vous regardant vous préparer, ce matin, fit-il remarquer en grattant affectueusement le crâne de la bête à sabot. Puis, ça leur a permis de se dégourdir un peu les pattes. »

Je les fixais pendant un moment sans véritablement savoir ce que nous ferons d’eux plus tard. Cette chèvre n'appartenait à personne, en plus de posséder d’étranges pouvoirs, en toute vraisemblance – rien de méchant, à ce qu’il paraît, mais c’était toujours mieux de la garder à l’œil avant qu’elle ne cause un véritable accident – tandis que ce chat… j’avais suffisamment tourner, retourner et secouer la question dans tous les sens pour ne pas être dans l’obligation de me casser à nouveau la tête avec cela avant le combat. Un soupir glissa sur le bord de mes lèvres. Je songerais de nouveau à son cas une fois ce combat terminé et, de fait, mes iris s’accrochèrent instinctivement au visage du clone de l’Ultimage.

Muramasa était terriblement silencieuse depuis le début de la matinée. Une flamme d’excitation s’était embrasée en elle; un soupçon de nervosité continuait, certes, de la faire trembler, mais elle s’était mentalement préparée. Elle savait que perdre ou gagner n’était pas l’objectif visé de cette confrontation. Tout ce qu’elle devait faire, c’était prouver, à moi comme à elle, qu’elle possédait les aptitudes nécessaires pour continuer sur cette voie. Ses habiletés ne s’étaient peut-être pas pleinement épanouies, mais en les cultivant par l’effort et l’assiduité, elle savait qu’elle pourrait devenir une guerrière digne de ses Maîtres. Il fallait simplement qu’elle s’entraîne, qu’elle résiste, qu’elle persévère, encore, et encore, et encore. Plus et toujours plus. Tout exercice était bon à prendre si cela lui permettait d’affiner sa lame comme son esprit; tout acharnement était bon à supporter si cela lui permettait de mûrir et d’évoluer; toute épreuve était bonne à affronter si c’était ce que nous pensions être le meilleur pour elle : avec joie, elle s’y jetterait corps et âme, tout entière. Elle avait soif de ce pouvoir qui mettrait un terme à son impuissance et sa faiblesse; elle avait soif de cette excellence qu’elle espérait atteindre afin que nous puissions la reconnaître.

Et cette terrible sensation qui coulait dans ses veines et artères, nous la percevions avec une netteté sans pareille. Nous la fixions attentivement, sans piper mot, jusqu’à ce que je m’approche de sa hauteur, armé et assuré. Mon visage ne laissait transparaître aucun reflet de mes impressions; mon cœur s’était entièrement détaché de mes émotions et c’est pourquoi, violemment, Muramasa se frigorifia au vent glacial qui s’était mis à souffler à l’intérieur de moi.

« Êtes-vous prête? »

Plus qu’une raison de savoir si elle était prête ou non à nous accompagner pour régler le problème territorial des Thekēra, je voulais d’abord et avant tout évaluer son niveau, analyser ses capacités et observer ce qu’elle avait appris entre les mains de mon frère. Comment l’avait-il préparée, modelée, renforcée? Jusqu’où sa détermination et sa volonté éperdues allaient la pousser? Mes attentes à son égard parvinrent jusqu’à son esprit, justes et précises, le perçant et le tordant d’un trouble saccageur et fortuit.

« Ko si lọ pada. (Aucun retour en arrière.) »

Solennellement, je lui adressais la salutation militaire. Les lèvres de l’Orine s’écartèrent pour expirer un souffle, tandis que son regard se porta un certain temps sur le faciès de mon jumeau. Isley restait à l’écart, la chèvre et le chat à ses pieds. Il lui adressa un sourire rassurant avant de lui faire signe d’y aller. Elle n’avait pas à rougir de ses capacités. Elle n’avait pas à en douter également. Elle avait encore des lacunes à combler, c’est vrai, mais elle était parée à toutes les éventualités. Il était confiant et assuré. Il était confiant et assuré pour elle… Montre-lui de quoi tu es fait, pouvait-elle entendre dans la conscience de mon frère.

Instantanément, l’Orine sentit une chaleur et un aplomb insoupçonnés se réveiller au fond de sa poitrine, ces quelques mots seulement la revigorant d’une énergie brute et nouvelle. Elle reprit une inspiration, braquant ses yeux dans ma direction. L’étincelle de jade se vivifia au plus profond de ses prunelles tandis que les jointures de son poing craquaient sous la pression qu’elle exerçait contre le manche de son arme.

« Ko si lọ pada », répondit-elle finalement, son buste basculant, lui aussi, vers l'avant.

Nous nous redressâmes, face à face. Avant de nous mettre en garde.


813 mots | Post XI | Défi de l’Inktober – Bonus : Jointure.

Isiode a renforcé le pouvoir suivant :
- Neutrālia : pouvoir permettant à l'utilisateur de se détacher complètement de ses émotions pour devenir une entité absolument neutre qui ne ressent plus aucun sentiment.




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Isiode et Isley
Jeu 15 Oct 2020, 01:57


Crédit : Inconnu.

Aux premiers baisers incisifs et stridents des épées, Raclette releva précipitamment son minois, abandonnant complètement le jeu dans lequel elle s’était engagée avec son petit frère pour mieux observer le combat. Tout de suite, elle fut enhardie par les sons de la bagarre et par la danse de nos lames, le claquement brutal et rythmique de ses sabots contre le sol témoignant de son agitation de plus en plus grisante. Pourtant, personne ne discernait véritablement son état, trop concentrés sur le duel qui battait son plein au milieu du terrain; et personne ne semblait percevoir les notes musicales qui s’extirpaient de sa mâchoire lorsqu’elle finit par ouvrir cette dernière, comme si la musique s’immisçait parfaitement à l’ambiance, comme si les deux combattants en affrontement valsaient sur la mesure de la mélodie au point que celle-ci s’intégrait entièrement à la scène crépitant d’étincelles et de Magie.

Le tranchant des lames se heurta puissamment. Un choc violent et palpitant, qui vibra et résonna jusqu’aux fibres des muscles de nos bras. Les siens, notamment, avaient frémit vigoureusement, une grimace défigurant l’harmonie de ses traits tandis que, dans une tentative de dérobade, elle repoussa brutalement l’étreinte de nos armes. Elle bondit vers l’arrière, avant que ma poigne ne se renforce et fasse de nouveau tomber l’épée sur sa localisation, mais au lieu de quoi, le plat de ma botte rencontra avec fracas la surface du sol. Une gueule givrée, rapide, animée, intercepta sa fuite sur l’instant, courant jusqu’à la pointe de son talon pour y poser le piège improvisé. Ses yeux s’écarquillèrent en voyant cela, mais son corps ne put réagir à temps : son pied frôlant la surface gelée, Muramasa trébucha, glissa, tomba de tout son poids. Un gémissement crépita entre ses lèvres tandis que le sifflement de mon épée se rapprochait déjà de sa tête. Promptement, elle se jeta sur le côté, laissant sa silhouette se perdre dans l’escarbille du terrain avant de reprendre pied.

« Encore trop lent », fis-je en faisant volte-face, fonçant aussitôt dans sa direction.

Elle n’avait pas encore repris son équilibre, sa tête vibrant toujours de la chute dont elle fut victime. Cependant, ses instincts prirent les rênes, maîtrisant ses jambes et poussant de nouveau son corps loin de la menace d’acier, qui s’était tendue jusqu’à son flanc, découpant un brin de ses vêtements. Mais la lame, toujours en mouvement, changea de trajectoire d’une vitesse insoupçonnée, la combattante n’ayant d’autre choix que de relever sa propre arme pour bloquer le tranchant de mon épée. Son faciès se durcit, s’humidifia sous la sueur de la nervosité, alors que mon bras appuyait fortement sur sa lame afin de la faire s’agenouiller. Tout le bas de son corps, pourtant, travaillait pour ne pas arriver à une telle finalité, sachant qu’une fois à terre, j’aurais de nouveau l’ascendant sur le duel. Cependant, elle n’avait pas suffisamment de robustesse dans ses bras pour uniquement se fier à sa force pour contrecarrer. Elle devait songer à autre chose, et vite, son expérience lui soufflant presque instantanément de soulever sa jambe. Ce qu’elle fit en une fraction de seconde, la pointe de son pied rencontrant violemment l’os de mon tibia. Ma jambe flancha, mon corps trembla, ma poigne perdit brièvement de sa lourdeur, offrant à Muramasa la chance de se dégager définitivement de cet étau pesant en rejetant, dans un assaut, le plat de mon épée sur le côté. Profitant de sa souplesse, elle renversa son buste vers l’arrière. Son dos s’incurva, ses paumes touchèrent le sol. L’épée toujours en main, l’acrobatie n’était nécessaire que pour donner l’élan indispensable à ses jambes pour fouetter vivement l’air entre nous. Son mouvement était rapide, impossible à arrêter sur l’instant, la seule alternative pour moi étant de repousser mon visage de sa trajectoire pour m’éviter un coup de pied au menton. S'assurant de mon immobilité momentanée, en quelques sauts, elle s’éloigna, creusant une distance qui lui permettrait de souffler un minimum. Mais la danse n’était pas terminée, des ailes immaculées s’étirant dans mon dos avant d’épouser les lignes de ma silhouette au moment où je me propulsais droit sur elle. Elle n’eut le temps de réagir, les jointures de mon poing embrassant, d’un baiser déchirant, le galbe de sa joue. La tête de Muramasa fut emportée sur le côté par la force de l’offensive. La jeune femme perdit pied, se stabilisa, voulut faire volte-face, mais mes jambes s’étaient déjà ancrées au sol, mon corps effectuant un pivot.

L’Orine fut de nouveau touchée, quand je lui envoyais un énième coup de pied expéditif à la taille. Elle s’affala, se recroquevilla et saliva par terre, les bras entourant sa silhouette voulant refouler la douleur qui perçait son flanc.

« C’est tout? Murmurais-je en reposant lentement ma jambe au sol, mon regard s’agrippant à ses épaules de la même manière qu’un aigle refermerait l’étau de ses serres sur le corps d’un jeune cerf. Nous ne sommes pas dans un livre pour enfants, Muramasa. »

Je m’avançais d'une enjambée, conservant quelques mètres de distance.

« Est-ce vraiment tout ce que vous avez? »


847 mots | Post XII | Défi de l’Inktober – Jour XII : Livre.

Isiode utilise les pouvoirs suivants :
- Maîtrise de la Glace.

Raclette utilise le pouvoir suivant :
- Musika : La chèvre divine est capable de produire de la musique lors des combats. Elle possède une liste de chansons et choisit parmi ces dernières. Chanson choisie : Halo 5 – The trials.




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Isiode et Isley
Lun 19 Oct 2020, 03:52


Crédit : Inconnu.

À la chute de Ren, la chèvre divine s’était arrêtée de « chanter », la pause soudaine de sa musique n’alertant pourtant qui que ce soit, à l’exception du chat. Ce dernier avait cessé ses bêtises pour porter son regard sur la scène qui, parfaitement figée, n’attendait que la réaction de la protagoniste pour se permettre de bouger. Isley aussi restait dans un état complètement statique, ses pupilles cherchant à croiser celles, cachées, de l’Orine. La rigidité de ses jointures rencontrait avec impatience la dureté de l’assise en bois sur laquelle il s’était installé pour observer le combat. Tout était silencieux, limpide, immobile, et ce, jusqu’à ce qu’elle détende la prise que ses bras exerçaient sur ses côtes. Lentement, précautionneusement, elle se redressa, ses jambes supportant le poids et de son corps, et des douleurs qui détonaient au plus profond de son être. Enfin, elle était de nouveau sur pied, le menton relevé, l’œil vibrant d’une étincelle toujours aussi galvanisée.

« Non », exhala-t-elle sur un ton ponctué d’hardiesse, en réponse à mon incitation à peine voilée.

Partant à la recherche de son épée abandonnée, Muramasa finit par la recueillir au creux de ses mains avant de faire volte-face, prenant une nouvelle inspiration pour calmer les pulsations qui secouaient sa poitrine.

« Ce n’est rien du tout, continuait-elle dans un râle qu’elle ne chercha même pas à dissimuler tandis que sa volonté embrasait son corps meurtri et étirait un sourire ravi sur la commissure de ses lippes. Prochaine fois… Prochaine fois, je ferai en sorte que l’un de tes genoux touche au moins le sol. »

Elle reprit sa posture de garde, la pointe de son épée s’orientant dans ma direction. Muet comme une tombe, je l’observais depuis ma position, le temps s’écoulant lentement durant ces quelques secondes de joute visuelle. Et sans exprimer la moindre admiration ou encouragement, je l’invitais, d’un signe de la tête, à essayer.

Des étincelles rougeoyantes vinrent ponctuer la rencontre fracassante entre nos deux lames, mais d’un mouvement vif, je fis pivoter mes épaules. L’épée de Muramasa fut déviée de son axe, ouvrant les défenses de la jeune femme, dont le buste était totalement exposé désormais. Mon coude, sans hésitation, s’introduisit dans la brèche, frappant de plein fouet la joue de l’Orine. Pourtant, son corps ne recula pas, ses pieds ne se dérobèrent pas : elle était solidement fixée au sol, sa tête se renversant promptement vers l’arrière. Avant qu’elle n’heurte son front contre le mien avec toute la force qu’elle possédait, profitant ainsi de l’effet de surprise pour s’éclipser. Cependant, elle fût bien la seule à être véritablement affectée par le coup frontal, l’intérieur de son crâne tapant soudainement avec fureur entre ses deux oreilles. Bonne initiative, je pouvais le lui accorder, mais elle n’avait pas encore ce qu’il fallait pour se permettre une telle action, si un seul coup la rendait aussitôt vulnérable face à son ennemi. Pourtant, malgré les hurlements de son crâne, elle ne se décourageait pas, courant droit sur moi, soulevant de nouveau son épée afin d’effectuer un balayage, comme pour viser mon abdomen. Sans difficulté, j’évitais l’assaut simplement en sautant vers l’arrière. Son mouvement était trop large; elle avait mal réparti son poids par rapport à celle de sa lame, et… … Quoi?

« Argh! »

Je fus soudainement projeté dans les airs, mon corps ayant été brutalement secoué par une vague, une puissance, suffisamment forte pour me déstabiliser, mais pas assez, pourtant, pour me faire tomber. Ma silhouette atterrit avec adresse sur le sol du terrain. Cependant, la combattante n’attendit pas une seconde pour frapper, l’attaque surprise lui ayant permis de se rapprocher avec vélocité afin de porter un coup d’estoc depuis la pointe d’acier de son épée. Cela étant dit, j’interceptais ce dernier, la danse de nos armes reprenant de plus belle, s’intensifiant de mille étincelles à chacune des nouvelles assailles que nous infligions à notre adversaire. Muramasa laissait exploser sa conviction dans ses coups. Je pouvais l’entendre avec vigueur, et même les cris de ses muscles me parvenaient nettement. En écho, comme le miroir parfait des ressentis de l’Orine, je pouvais également percevoir les compliments que lui gratifiaient mon frère en silence : c’était contre deux cœurs battant de force et de résolution que je me confrontais, mais cela ne me faisait ni chaud ni froid, mes sentiments toujours plus anesthésiés par l’influence de la Magie.

Mais à un instant, je fus brusquement saisi d’une désagréable impression, les poils de ma nuque se redressant, électriques. Un projectile visait mon dos. Je portais rapidement une œillade par-dessus mon épaule, remarquant alors… le vide, l’absence totale de menace. Tandis que l’épée de l’Orine – sa véritable frappe – chargea dans l’intention d’entailler mon flanc. Et sa lame transperça; même qu’elle pénétra ma chair. Mais, jamais, l’assaut ne me toucha réellement, l’immatérialité de mon corps empêchant tout obstacle d’arrêter son mouvement. Ses yeux s’agrandirent; sa bouche poussa un cri d’étonnement, alors que tout son corps traversait le mien. De nouveau palpable, j’attrapais son épaule, la retenant d'une puissante poigne avant de la larguer violemment au sol. Dans un choc vibrant, sa silhouette cogna fortement la surface sableuse du site d’entraînement. Encore une fois, elle ne bougea pas, la douleur irradiant dans tous les membres de son corps. Et encore une fois, je me tenais au-dessus d’elle, le regard aussi perçant que saisissant, et ce, durant un long moment. Elle reprenait sa respiration, les dents serrées, la silhouette contorsionnée, le visage crispé. Elle avait mal, terriblement mal, des milliers de marteaux se fracassant sur sa boîte crânienne alors que des aiguilles semblaient percer l'intégralité de sa chair. C’est bien tout ce qu’elle peut se permettre pour le moment… Constatais-je en la considérant en silence avant de me pencher jusqu’à elle, ouvrant l’une de mes mains pour accueillir la sienne.

« Relevez-vous, Muramasa. »

Pourtant, au lieu de se redresser ou même de me regarder, l’Orine se mit plutôt à pouffer de rire, ses éclats se hachant au fond de sa gorge en raison du tranchant de ses maux, qui lui coupaient la respiration.

« Voilà… Laissa-t-elle tomber en finissant par se tourner dans ma direction, un sourire victorieux placardé de chaque côté de son visage. Je savais que je parviendrais à te mettre à genou. »

Mes cils papillonnèrent devant mes yeux tandis que mon visage s’abaissa jusqu’à mes jambes dont l'un des genoux touchait, effectivement, le sol. Je fermais mes paupières, un léger soupir s'échappant d'entre mes lèvres. C’était ridicule, puéril, mais vrai. Hésitante, la rouquine finit néanmoins par attraper ma main.


1 099 mots | Post XIII | Défi de l’Inktober – Jour XIII : Miroir.

Ren utilise les pouvoirs suivants :
- Onde : création d'une onde physique qui aura pour action de repousser les choses ou les personnes autour d'elle.
- Shinkirō : Ce pouvoir s'utilise lors d'un combat. Il crée chez l'adversaire l'illusion d'une attaque imminente sur sa personne provenant de derrière lui de façon à le déstabiliser.

Isiode utilise le pouvoir suivant :
- Traverser la matière.




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Isiode et Isley
Mer 21 Oct 2020, 03:59


Crédit : Inconnu.

Accrochée aux épaules de mon frère, Ren paraissait exténuée. À chacune de leurs enjambées, je pouvais remarquer avec plus de détails les impacts du combat qu’ils s’étaient tous deux livrés. Mon jumeau s’en était sorti pratiquement indemne, les blessures qui avaient taillé sa chair guérissant déjà d’elles-mêmes : la lueur nacrée de la Magie Blanche enveloppait sa silhouette d’un cerceau chaleureux et laiteux. Cependant, je ne pouvais affirmer la même chose sur la condition de Muramasa. Son visage était couvert d’hématomes en raison des coups de mon frère; des entailles plus ou moins profondes se devinaient à la surface de sa peau, résultat des morsures de leur épée; et l’état de ses vêtements était particulièrement misérable avec toute cette poussière et ce sable qui s’accrochaient au textile, conséquence des nombreuses chutes qu’elle avait encaissées. Néanmoins, elle allait bien, le sourire qui flottait sur son visage en témoignait. À ce constat, l’étincelle qui brillait dans mes propres pupilles s’adoucit. Il n’y avait pas à s’inquiéter. Aussi brutal que pouvait être son style de combat, Isiode gardait la tête froide dès qu’il s’engageait dans la fièvre d’un assaut. En proposant ce duel avec Ren, il savait certainement d’avance qu’elle ne ferait pas le poids contre lui et c’est pourquoi il avait adapté sa puissance et sa stratégie en conséquence. Il était méticuleux et précis, agressif et adroit, froid et insensible, certes, mais surtout, il ne battait pas quelqu'un pour le plaisir de l'humilier ou de le rabaisser. Cela étant dit, malgré toutes ses préparations, il semblerait que la dernière offensive de la rousse l’ait surpris, et même si le final l’avait peu fait réagir, il devait admettre qu’elle l’avait brillamment piégé.

« Bravo pour ce duel! »

Ren releva la tête dans ma direction et sourit. Mon jumeau, quant à lui, ne fit que me lancer un regard en biais.

« Vous avez tous les deux été très impressionnants », les félicitais-je.

Et comme pour donner raison à mes dires, Raclette bêla avec enthousiasme tout en tapant du sabot. À bien y penser, elle avait bien fait de se fracasser le crâne contre ma jambe, la nuit dernière, puisqu’elle avait trouvé en nos personnages des spécimens singuliers. Tirant gentiment sur l’oreille de son petit frère, la chèvre l’intimida de dégager le passage pour permettre à Isiode d’asseoir l’Orine sur le siège, à mes côtés.

« Peux-tu t’occuper de ses blessures? Je vais retourner les lames que nous avons empruntées. »

Bien moins aiguisées que celles que nous utilisions au quotidien, le tranchant de ces armes d’entraînement était suffisamment acéré pour causer des blessures, mais rien qui ne puisse pas être soigné par la Magie de soin angélique.

« Pas de problème », fis-je en me tournant directement vers la rouquine.

Malgré la force de sa détermination, son visage exprimait un épuisement et un lancinement certains. L’un de ses bras était revenu s'appuyer contre sa taille afin de l’enserrer, tandis qu’elle tentait de reprendre un semblant de souffle. Plaquant immédiatement mes mains sur ses côtes, je laissais courir la Magie Blanche sur et dans sa peau, les bienfaits et l’apaisement de celle-ci atténuant l’impression aiguë de douleur qui élançait tout son corps.

« Ça va? »

Le souci qu’elle pouvait entendre vibrer dans les notes de ma voix la firent sourire avec douceur, alors qu’elle finit par me faire signe de la tête, affirmative.

« Quand est-ce que j’aurais la chance de voir l’un de vos affrontements, tous les deux?

- Ça t’intrigue à ce point?

- Bien sûr! Ria-t-elle doucement avant de porter un regard pensif dans la direction qu’avait emprunté mon frère. Isiode est vraiment à un tout autre niveau, pas vrai?

- Oui. Il a tellement progressé depuis que nous sommes partis. »

Il manipulait et maîtrisait des capacités que je ne lui avais encore jamais vu utiliser avant notre départ pour les explorations. Ce combat m’avait choqué, pour être tout à fait franc, parce que je savais que ce n’était pas les seules cartes que mon frère gardait sous sa manche. S’il avait développé autant de nouveaux pouvoirs, autant de nouvelles forces, je me demandais sérieusement ce que donnerait un véritable duel entre nous deux présentement. Certainement, je me ferais battre à plate couture, le fossé entre lui et moi étant décidément beaucoup trop grand.

« Ne sois pas autant pessimiste et démoralisateur. »

Je redressais légèrement mon visage, croisant l’œillade émeraude de l’Orine.

« Tu possèdes ta propre Force.

- Je sais, fis-je en fermant les yeux, l’invitant du même fait à me passer l’un de ses bras afin que je puisse soigner ses blessures. Je n’ai pas à devenir comme mon frère. »

Ne perdant pas de son dynamisme et enthousiasme, Muramasa poursuivait sur sa lancée, le duel qu’elle venait de vivre l’ayant définitivement enivrée.

« Exactement! Puis, si nous continuons à nous entraîner, nous arriverons à l'égaler! Il n’est pas imbattable, tu as pu le voir! »

Accompagnés par ce sourire franc de triomphe, le majeur et l’index de Ren se redressèrent vers le ciel, esquissant le « V » de la victoire.

« Continuons de donner notre cent pour cent. Nous pourrions doubler nos heures d’entraînement pour arriver à sa cheville et–

- Hahaha! Calme-toi. À ce rythme, nous finirons surtout par mourir de fatigue. »

Ce n’était peut-être pas grand-chose, mais cette énergie si simple et si sincère suffisait à revigorer mon esprit. Je ne savais pas exactement d’où l’Orine puisait autant de persévérance et de ténacité, mais tout doucement, je pouvais sentir que ces derniers commençaient à m’influencer.

« Et puis, la Force que je recherche n’est pas la même que la sienne, lui dis-je tout en adressant un sourire à la jeune femme. J’y ai beaucoup réfléchi, hier, à la suite de ma conversation avec Isiode, et j’ai fini par me demander en quoi ma Force et mes talents pouvaient être utiles à notre société. »

Je me tus une seconde, braquant soudainement mon regard dans celui de Muramasa.

« Et à chaque fois que j’y songe, je me remémore nos sessions d’entraînement ensemble, poursuivais-je d’un ton léger, charmé. Je me suis rendu compte que j'adore faire cela, en réalité : enseigner, te pousser vers le haut, voir les étoiles qui brillent dans tes yeux lorsque les résultats de ton labeur se fructifient. Et… Et je me dis que ce serait pas mal de faire profiter de mon expérience et de ma Force à d’autres pour voir ce contentement et cette fierté dans leurs yeux, à eux… »

La rousse ne pipa mot sur l’instant, mais elle finit par poser sa main libre sur les miennes.

« Alors n'hésite pas. Fonce, si c'est ce que tu crois être ta voie. »


1 124 mots | Post XIV | Défi de l’Inktober – Jour XVIII : Stratégie.



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Isiode et Isley
Lun 26 Oct 2020, 02:47


Crédit : Inconnu.

Quelques heures plus tard…

Je refermais la porte dans mon dos, un soupir franchissant la barrière de mes lèvres.

« Il semblerait que toi et moi, fis-je en baissant les yeux jusqu’au creux de mes bras, serons amenés à nous côtoyer encore pour un moment. »

À l’entente de ma voix, le félin bascula sa tête vers l'arrière, poussant un miaulement de contentement dans ma direction, semblant ravi de la finalité de cet entretien. Imperceptibles, les sons de sa nouvelle clochette s’étouffèrent au milieu de son épaisse fourrure obsidienne, et ce, jusqu’à ce qu’il se remette à jouer avec, emporté par une énergie insouciante et enfantine. Maintenant qu’il portait le collier à son cou, il ne semblait plus se soucier de sa présence, au contraire d’il y a quelques minutes à peine, alors que nous tentions de serrer l’attache sur sa nuque. Il s’était débattu comme un diable dans les bras de l’inspecteur, jusqu’à ce que je prenne la relève pour refermer, moi-même, la lanière. Je relâchais une respiration, continuant de le scruter de près, initiant la marche pour quitter le bâtiment.

Nous venions de sortir du bureau des enquêtes, là où j’avais partagé mon témoignage et mes conjectures avec l'Immaculé en charge du dossier concernant l'incident d'hier soir. Comme escompté, lui et son équipe étaient eux aussi tombés sur l’hypothèse que le Thekēra, qui avait été sauvé par nos soins, n’avait peut-être pas été le seul individu de son espèce sur les lieux au moment des faits. La quantité de plumes qui avait été perdue au cours de la confrontation s'avérait bien trop conséquente pour qu’elle n’appartienne qu’à un seul spécimen, m’avait-on confirmé. En plus de cela, la majorité des plumes arrachées n'appartenaient pas à un individu mature – ce qu'était notre survivant – puisque des restes duveteux de plumage juvénile avaient également été récoltés sur les lieux de l'incident.

« Et vous pouvez confirmer qu’il s’agit bel et bien de plumes de Thekēra? Lui avais-je demandé, pour avoir la réponse presque aussitôt : oui, sans l'ombre d'un doute, ces plumes étaient celles d’une chimère.

- La seule chose que nous ne pouvons comprendre, à l’heure actuelle, c’est l’implication de ce chat dans toute cette affaire, m’avait-on avoué en désignant le concerné du doigt, qui s’était confortablement couché contre mes cuisses pour se reposer. Selon votre témoignage et celui du soldat Amēdaliel, il se serait trouvé sur le lieu de l’incident, au milieu de cette mare de sang, sans aucune égratignure, parfaitement tranquille et silencieux. »

J'avais hoché de la tête, lui relatant de nouveau les faits. L’absence de blessures n’était pas la seule chose que nous avions trouvé d'étrange au cours de cette scène : la peur de la créature ailée avait été authentique, poignante, mais surtout, toute dirigée sur ce chat en particulier. Aucun pouvoir n'avait été nécessaire pour se rendre compte de cela : ses yeux nous l’avaient hurlé, son palpitant s'était fait entendre dans le souffle de chacune de ses respirations, comme s’ils nous avaient envoyé le message urgent de nous éloigner de cette bête et de ne pas l’approcher.

« Malgré cela, nous n’avons aucune preuve qui puisse témoigner de son implication, outre sa présence sur les lieux. »

Je n’avais rien répliqué sur l'instant, mon regard rejoignant simplement le visage du chat noir. Il était calme, reposé, examinant le bureau dans lequel nous nous trouvions, curieux des particularités de ce nouvel environnement.

« Puis, il y a la question du « Comment cet animal aurait pu manger un Thekēra? » auquel nous devons trouver une réponse plausible. Mais c’est tout bonnement… impossible.

- Pour un chat ordinaire. »

Il avait eu un silence, durant lequel l’inspecteur et moi nous nous dévisagions. Je m'étais attendu à cette réaction, mais était resté obstinément arrêté sur mon idée. Ce chat n’était pas ordinaire. Je ne savais pas pourquoi, ni par quelle essence, mais il n’était pas un chat comme nous les connaissions habituellement. Le problème, c'est qu'actuellement, il jouait parfaitement bien son rôle de félin de salon : il était un véritable chat, d'une certaine façon. C'est pourquoi l'Aile Blanche, malgré sa nette perplexité, avait fini par aller dans mon sens, prudemment.

« Pour un chat ordinaire, effectivement. Mais, encore une fois, nous n’avons aucune preuve. »

Cependant, il avait nos témoignages, du moins, le mien, sachant que le soldat Amēdaliel n'avait rien perçu de l'aura que j'avais ressenti cette nuit-là. J’avais soupiré, l'Ange attirant pourtant mon attention avec le son d’une cloche, suspendue à un collier. Comme un seul homme, l’animal et moi avions redressé nos têtes pour observer l’objet qui venait d’être déposé sur la surface du bureau.

« C’est pourquoi nous attacherons ceci à son cou.

- De quoi s’agit-il? Avais-je demandé en tendant le matou jusqu’à la table de l’inspecteur, sur lequel le petit mammifère s’était immédiatement mit à jouer avec le grelot du collier.

- D’un dispositif qui nous permettra de détecter la Magie, s'il en possède, notamment celle maléfique. Ainsi, nous pourrons savoir si nous avons affaire à un monstre ou à un simple félin. »

Habilement, mon compère avait ensuite attrapé le chat pour le bloquer et espérer lui enfiler la sangle de cuir sans tracas. En vain, puisque pendant les secondes qui suivirent son initiative, le félin s’était mis à feuler et à cracher, amenant l’Ange à se reculer, par instinct.

« Vous permettez? »

J’avas pris le collier du bout des doigts, incitant la bête à glisser sa tête à l'intérieur du trou formé par la lanière. Si le matou parut dubitatif, suspicieux même, il avait fini par se laisser faire, le fermoir de l’objet s’actionnant dans un cliquetis léger lorsqu'il fut parfaitement fixé à son cou. D'un geste, j'avais touché la clochette, qui s'était mise à se balancer et à résonner. Aussitôt charmé, le chat avait miaulé.


1 006 mots | Post XV | Défi de l’Inktober – Bonus : Palpitant.



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