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 [Q] - La naissance de la Princesse Noire

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Kaahl Paiberym
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Kaahl Paiberym
Jeu 01 Oct 2020, 11:00



La naissance de la Princesse

Noire

Intrigue : Eméliana décide de devenir quelqu'un et de se venger d'Elias. Elle trouve un allié.


« Eméliana ! » J’étais hermétique aux bruits qui émanaient de la porte du dortoir. « Mademoiselle Salvatore ! » Il y avait deux voix distinctes. La première appartenait à l’une de mes camarades de classe, qui dormait avec moi. L’autre à une professeure. « Eméliana ! Ouvre ! » J’étais assise sur mon lit, un cheval en bois entre les doigts. Mes yeux étaient fixés sur ce dernier mais je ne le voyais pas. Dans ma tête des scènes revenaient en boucle. Ma mémoire se déliait sur des événements oubliés. Entre déni, mensonge et vérité, je valsais. Mon malaise ne cessait d’augmenter. La seule personne que je désirais voir n’était pas là. Elias. L’Empereur Noir, puisqu’il l’était à présent. Cet homme qui m’avait laissée sur une île, au milieu d’un peuple étrange aux mœurs barbares. Peut-être que quitter les robes au col trop haut et serré m’avait plu, mais le confort de mon corps n’était rien en comparaison du reste. Pourquoi avait-il cherché à me sauver ? Qui était ce blond horrible qui m’avait conduite ailleurs ? J’y avais passé de nombreux jours, des semaines, des mois peut-être. Je m’étais fermée comme une huître dans les premiers temps, les souvenirs du Monarque Démoniaque ne cessant jamais de me hanter. Dès que je fermais les yeux, je le revoyais. Il était bien plus impressionnant que le Grand Chaos. Grand Chaos… ces deux mots auraient pu tout aussi bien servir à désigner l’état actuel de ma vie. Mes doigts se resserrèrent sur le cheval. Le bois aurait pu râper mes doigts que je ne m’en serais probablement pas aperçue. « Mademoiselle Salvatore, je vais procéder à l’ouverture de la porte à présent. » Mon silence devait faire envisager le pire. Je n’étais pas très stable depuis mon retour. Comment aurais-je pu l’être ? Mon père n’était plus Roi. Mon tuteur l’était. Ma mère lui avait été offerte. Légalement, il était à présent mon beau-père. Son autorité sur moi s’était renforcée et, jamais, dorénavant, je ne pourrais lui échapper. Si j’avais pu espérer que Lord changeât d’avis et qu’il préférât confier mon éducation à quelqu’un d’autre, c’était à présent peine perdue. Je devrais évoluer dans un milieu affreux où ma mère aurait très certainement d’autres enfants, de lui. Je ne serais plus qu’une bâtarde, la fille de l’ancien Roi, la gênante, celle avec des problèmes qu’il vaudrait peut-être mieux écarter.

J’inspirai, mes doigts blanchis autour de l’animal en bois. Je désirais ardemment être comme ce cheval, afin de pouvoir partir au galop, sans nul autre horizon que le chemin devant moi. Je ne voulais pas réfléchir à l’avenir. Celui-ci me paraissait trop sombre. Je ne pouvais plus m’empêcher de penser au passé. Celui-ci ne me laissait pas le choix. Mon présent était un champ de ruines. Si j’étais comme ce cheval… En réalité, si j’étais semblable à ce dernier, je n’aurais aucune conscience. En bois, il ne pouvait courir nulle part, juste être manipulé par des mains plus ou moins tendres. Je ne voulais pas être un cheval en bois. Je voulais être un véritable cheval. Avec des ailes pour pouvoir échapper au monde terrestre. Je m’envolerais vers le firmament, loin de cette école, loin de ses élèves débiles, loin d’Elias. Non. Je voulais le voir, parce que trop de questions me brûlaient les lèvres. J’avais la désagréablement impression qu’il s’était servi de moi. Ses prévisions étaient trop millimétrées. Il m’avait donné des objets bien avant que les choses ne se produisissent. Il savait. Il se doutait. Mais avait-il prévu que le Monarque Démoniaque chercherait à s’en prendre à moi ? Je frissonnai, sans m’apercevoir que la porte du dortoir venait d’être ouverte par magie. Les yeux dans le vague, les doigts agrippés au jouet que j’avais volé à Érasme durant mon bref retour à Amestris, je ne sentis pas les mains de la professeure s’agripper à mes épaules. Je voulais simplement tout oublier, ne plus être enfermée ici, là où les enseignants étaient, à mon sens, moins compétents que ceux des écoles sorcières. Elias me devait des explications mais je savais que je ne pouvais rien exiger de lui. Il était à présent au sommet de la hiérarchie. La Lune Noire ne m’avait pas échappée. J’avais assisté, de loin, à un autre couronnement également, celui qui s’était fait dans le sang. L’on m’avait dit que l’Oracle du Chaos était morte, tuée par l’Empereur. Je ne le croyais pas. Pourquoi personne n’avait-il réagi si tel était le cas ? N’était-ce pas là s’en prendre directement à Ethelba ? J’étais trop inculte sur la question. « Il faut l’amener à l’infirmerie. » constata la professeure, sans que je ne fisse davantage attention à elle. Elle était insignifiante face à ceux qui avaient croisé mon chemin récemment.

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Kaahl Paiberym
Mer 07 Oct 2020, 17:56



La naissance de la Princesse

Noire



Mes cheveux tombaient devant mes yeux. J’étais recroquevillée dans le pigeonnier de Basphel. J’avais couru sous la pluie pour échapper aux questions incessantes des autres élèves de l’Obsidienne sur mon absence. Le fait que je fusse présente lors de la prise de la Terre Blanche n’était pas resté un secret longtemps. Tout le monde voulait savoir. Je ne voulais pas en parler. Je souhaitais que l’on m’oubliât, chose qui était sans doute déjà le cas pour Connor. Ce garçon ne m’intéressait, de toute façon, pas. Il n’était pas un Sorcier. Je ne désirais plus penser à lui et à son sourire abruti. Les cuisses contre la poitrine, mes bras entouraient mes genoux. En levant les yeux vers le plafond, je pus apercevoir les oiseaux, ceux que j’entendais déjà roucouler jusqu’ici. Eux aussi s’étaient abrités. Pourtant, je ne pouvais pas me protéger de certains de mes problèmes comme je pouvais le faire de l’eau qui coulait du ciel. Ma situation était compliquée. Elias me laisserait ici, au sein de cette école minable, à moisir, pendant que les Sorciers avec lesquels j’avais grandi, mes frères et mes sœurs, suivraient un cursus normal, capable de les faire accéder à des postes à responsabilité.

Je plissai les yeux, me redressant légèrement. La pluie battait le toit de la tour. Le liquide se serait sans doute infiltré à certains endroits si la magie ne s’en était pas mêlée. Mon ventre gargouilla. Je l’ignorai. Je ne voulais pas manger. Je ne voulais pas grossir. Cela signifierait que je n’avais aucun contrôle sur mon existence. Je voulais maîtriser chaque aspect de ma vie, dans les moindres détails. J’avais un choix à faire. Je le savais. Cette décision m’était difficile. Je pouvais continuer à me rebeller contre l’Empereur Noir, à lutter contre mon intégration au sein de Basphel, ou je pouvais lui obéir, faire de son ordre mon combat. Je pouvais réussir ma scolarité, suivre celle des Mages Noirs en parallèle et devenir si importante que plus personne, quelle qu'en fût l’occasion, n’oserait me donner le moindre ordre. Dans le premier cas, je risquais de me briser moi-même. Il n’admettrait pas mon refus. Il me forcerait à plier. Dans le deuxième cas, je pourrais faire semblant de lui donner raison et, peut-être, en obéissant, obtenir quelques faveurs que mes frères et sœurs n’obtiendraient jamais. J’étais son élève, sa belle-fille. Si j’allais dans son sens, peut-être ne m’abandonnerait-il pas à un sort funeste. Peut-être qu’au contraire, je pourrais avoir plus que les autres.

Mon regard se porta devant moi. Fixe, il observait le néant. Je n’étais plus une enfant. Je ne devrais plus l’être, en tout cas. Je devais trouver le moyen d’avoir des notes qui dépasseraient celles des autres élèves. Mes outils étaient minces. Mon statut de Princesse Noire était tout ce sur quoi je pouvais jouer pour me faire un nom rapidement au sein de l’école. Il y avait d’autres fils et filles de Roi et de Reine ici, sans parler de la progéniture de nobles, de riches ou d’influentes personnalités. Je ne pouvais pas compter que sur les autres. C’était moi que je devais améliorer. Il me faudrait me transformer et travailler comme jamais je ne l’avais fait jusqu’ici. Si je le faisais alors, un jour, je pourrais regarder Elias dans les yeux sans frémir. Ce jour-là, lorsqu’il serait vieux et usé, ce serait lui qui frémirait devant moi. Je le dépasserais et je m’emparerais du trône. En attendant, je devrais être parfaite, me conduire exactement de la façon que les nobles attendaient. Je réviserais l’étiquette, je travaillerais ma tenue, j’étudierais assidument, afin d’en savoir bien plus sur le Monde que tous ceux qui croiseraient mon chemin.

Alors que mes yeux s’étaient transformés en ceux de la détermination, un pigeon moins timide que les autres vint se poser à côté de moi, cassant par là-même l’instant en me faisant sursauter. «  Saleté. » lâchai-je, à son attention. Celui-ci ne sembla pas m’en vouloir. Il n’avait, bien sûr, pas compris l’insulte. Au lieu de s'enfuir, il se mit à tourner autour de moi en avançant et reculant sa tête d’une façon ridicule. Je levai les yeux au ciel, excédée par la créature. Pourtant, en y regardant de plus près, j’aperçus un objet blanc, attaché à sa patte. Je pris le petit morceau de papier entre mon pouce et mon index, après avoir bataillé avec le foutu animal durant plusieurs minutes. De la magie agrandit le parchemin. Quelques secondes plus tard, je tenais une véritable lettre dans les mains.

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Dim 11 Avr 2021, 17:18



La naissance de la Princesse

Noire

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Je m’assis en premier et fis signe à ma visiteuse de faire de même. « Je vous remercie d’avoir bien voulu me recevoir. » Je m’humectai les lèvres. Je n’avais aucune idée de ce que je faisais, ni de ce qui ressortirait de l’entretien. La lettre que j’avais reçue avait été brève. Je peux faire de vous bien plus qu’une simple Princesse. Je peux faire de vous une Reine. Rencontrons-nous. J’avais longuement hésité car, même s’il m’arrivait d’agir de façon parfois discutable, l’odeur du piège imprégnait peut-être cette missive. Surtout, aucun nom n’avait été laissé. Il y avait simplement un procédé magique lié au ruban, qui renverrait la réponse à l’expéditeur. J’avais beaucoup réfléchi quant à ce qu’il convenait de faire. J’avais changé d’avis plusieurs fois, avant d’opter pour un rendez-vous. S’il s’agissait d’un piège, visant à tester ma loyauté envers l’Empereur Noir, alors je pourrais me défendre d’une manière vieille comme le monde : arguer que j’avais accepté dans l’unique objectif de débusquer le traître et de rapporter son existence au pouvoir. Les livres de stratégie que je lisais de plus en plus avaient contribué à m’aiguiller. Je devais montrer patte blanche, tout en laissant germer tranquillement au creux de mon esprit la graine de la trahison. Une fois qu’elle serait à point, alors je prendrais les mesures nécessaires à ma traîtrise. J’avais aussi conscience que si je voulais me débarrasser d’Elias, il me faudrait des alliés. C’est ce que j’espérais trouver durant cet entretien. Peu importait qu’il m’eût sauvée. Si j’avais été plongée dans cette situation, qu’il s’agît des Jeux de Lubuska, de la Terre Blanche ou de la Terre d’Edel, c’était sa faute. Il me torturait pour son bon plaisir. Il devrait payer. J’étudierais comme il le souhaitait, j’évoluerais comme il me l’ordonnait. Cependant, une fois que je serais prête, je me vengerais.

« Ne me remerciez pas. Vous n’êtes pas encore sortie d’ici. » La jeune femme qui me faisait face était plus puissante que moi mais n’avait pas la prestance d’Elias. Je venais de vivre l’enfer, à bien des égards. Je me fichais qu’elle tentât de m’assassiner par excès d’orgueil. J’étais une Princesse Noire : attenter à ma vie lui serait aussi douloureux que fatal. Il valait mieux qu’elle pliât et se tînt convenablement. « Je suis prête à prendre le risque de vous exposer mon offre, même si vous choisissez de faire ordonner mon exécution une fois que vous l’aurez entendue. » Son audace me sembla sincère. En réalité, elle savait pertinemment que j’accepterais l’offre. Elle travaillait pour quelqu’un qui ne laissait que très peu de choses au hasard, malgré son manque de patience général. Le fait est qu’il avait compris que s’il voulait gagner, il lui faudrait bien plus que quelques assassinats et confrontations directes. La difficulté de la tâche le rendait plus machiavélique encore. « Je vous écoute. » dis-je simplement. « Bien. » murmura la brune, avant de reprendre un ton plus haut. « Je travaille pour un homme qui désire s’approprier la Couronne après avoir assassiné le Grand Chaos. Il pense qu’Elias Salvatore n’est pas assez ténébreux et que ce n’est pas lui qu’Ethelba a cherché à soutenir. Les signes auraient été mal interprétés. » « Et cet homme aurait l’audace de penser que les signes d’Ethelba lui étaient destinés ? » demandai-je, la gorge sèche. Ce n’était pas rien. « Exactement. Il recherche donc un allié dans la famille proche de l’Ultimage. » « N’y a-t-il donc que moi ? » « Vous lui semblez être un bon investissement. Vous êtes la fille de l’ancien Roi. Vous avez un intérêt dans le processus. Surtout que… » Elle laissa s’écouler deux secondes avant de reprendre. « Comme vous le savez, Elias n’est pas un vrai Salvatore. Si la Couronne n’a pas changé de nom, ce n’est que pure artifice. » « Cet homme est-il un Salvatore ? » « Non. Néanmoins, vous l’êtes, vous. » « Quel est donc le rapport avec moi ? » « Il vous épouserait, ce qui ferait de vous l’Impératrice Noire. Vous rendriez le sang Salvatore à la Couronne. » « Ma sœur, Viviane, est également une Salvatore. » « À moitié Deslyce. Vous êtes bien plus digne qu’elle de prétendre au trône. Bien que votre lignage provienne de l’océan, vous n’êtes pas la fille de celle qui a dévasté notre territoire. » « Je n’ai rien à y gagner. Le mariage ne me donnerait que très peu de pouvoir comparativement à celui de mon mari qui, lui, serait le Roi véritable. » « Il ferait de vous son égale si vous vous en montrez capable. C’est aussi pour cette raison qu’il désire vous voir évoluer. » « Aucun Sorcier n’envisagerait sérieusement de partager le trône. » « Lui, si. Si vous l’aidez à tuer Elias Salvatore, sa reconnaissance sera à la hauteur de votre investissement. » « Pourquoi ne le tue-t-il pas lui-même ? » La brune sourit. « Pour le moment, il désire simplement jouer avec lui. En plus, la trahison est mille fois plus terrible lorsqu'elle provient de là où on ne s'y attend pas. »

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Kaahl Paiberym
Dim 11 Avr 2021, 18:23



La naissance de la Princesse

Noire


« Je ne comprends pas. Vous-même êtes plus puissante que moi. Votre mystérieux commanditaire n’a aucune certitude… Serait-il donc prêt à miser sur moi ? Je pourrais le trahir… » « Oui mais il pense que vous avez bien trop souffert pour vous laisser faire. » « Comment le sait-il ? » « Je le lui ai rapporté. » Je ne comprenais pas. « Que lui avez-vous rapporté ? » « Votre participation à la Coupe des Nations, votre présence sur la Terre Blanche et, également, cet horrible épisode parmi ces sauvages sur un territoire très peu connu. » Comment savait-elle ? Je me sentis confuse et ne pus le cacher longtemps. Comment était-elle arrivée à une telle connaissance, sur des éléments que j’avais occultés moi-même un nombre de jours conséquent ? « Comment… ? » Elle sourit. Son regard, qui fixait précédemment la table, se releva pour venir percuter le mien. Le doré de ses yeux me troubla, sans que je ne parvinsse à savoir pourquoi. « Pour être franche avec vous, j’ai accès à des informations précieuses grâce à la position que j’occupe actuellement. Lorsque l’homme pour lequel je travaille m’a exposé ce qu’il recherchait, j’ai immédiatement pensé à vous. Le traitement que vous réserve l’Empereur Noir n’est pas approprié. Je sais également, de sources sûres, qu’il désire vous déflorer. » « » « Et, ce, avant que l’adolescence ne commence à faire disparaître vos traits juvéniles. » Je sentis mon cœur s’affoler dans ma poitrine. Jamais il ne m’avait semblé que le Grand Chaos ne m'eût désirée autrement que comme une élève. Qu’il voulût me tourmenter était une chose, mais qu’il me désirât en était une autre. Étais-je à ce point aveugle ? Avait-il déjà abusé de moi, d’une manière ou d’une autre, en effaçant des bribes de ma mémoire ? C’était possible et le fait d’imaginer ses doigts toucher les zones les plus intimes de mon anatomie me fit frissonner d’horreur. « Vous devriez vous méfier de lui et chercher à éviter toute approche en privé à l’avenir. On ne sait jamais. L’enfance sera bientôt derrière vous. » Elle soutint un instant mon regard sans ciller puis précisa son propos. « L’homme qui veut éliminer le Grand Chaos ne supporte pas cette bassesse de l’esprit et du corps. Coucher avec des enfants n’est pas autorisé par la loi. » « Pourtant, il veut m’épouser, alors que je ne suis pas… » « L’entreprise prendra du temps. » me coupa-t-elle. « Lorsqu’Elias tombera, vous serez déjà une femme. Vous serez alors libre de partager la couche de votre mari ou non. » « Qui est cet homme ? » demandai-je alors, n’ayant précédemment pas posé la question. « Je ne peux vous divulguer son nom pour le moment mais ce moment viendra, lorsqu’il sera sûr de votre loyauté. » « Quand ? » « Quand il le jugera opportun. » « Et comment est-il ? » questionnai-je, curieuse. Si je devais me marier à cet homme, je voulais savoir. « Quel âge a-t-il ? Est-il séduisant ? » continuai-je. « Bien plus qu’Elias Salvatore. Il a environ trente ans en apparence, brun aux cheveux longs, les yeux marrons. Vous l’apprécierez. » Trente ans me paraissaient être une éternité. « En apparence ? » relevai-je. « Il est plus âgé. Néanmoins, vous apprendrez avec l’âge que le temps est une notion relative. Il paraîtra toujours avoir trente ans lorsque vous en aurez trente à votre tour. »

Le silence s’installa pendant que j’essayais d’imaginer le Sorcier en prenant appui sur les hommes que je connaissais et, notamment, mes professeurs. Je finis par soupirer, incapable de me le figurer. Les cheveux longs me semblaient être vulgaires, comme cet abruti de Réprouvé que j’avais croisé à Stenfek. « J’aimerais avoir un peu de temps pour réfléchir. » « Je comprends. » dit-elle. « Cependant, ne tardez pas trop. L’homme pour qui je travaille n’est pas patient et la mise en place d’un projet sur le long terme lui demande déjà un effort important. » Elle s’interrompit et passa son index sur l’un de ses sourcils, pour en suivre la ligne. Elle fit claquer sa langue contre son palais. « En réalité, si je puis me permettre, je serais vous, j’accepterais maintenant. Il faudra du temps avant que tout se mette en place. Les premières années, vous suivrez simplement votre scolarité en essayant de vous renforcer, ce qui ne changera en rien votre quotidien. Acceptez tout de suite et réfléchissez ensuite. Il sera toujours temps, après, de vous rétracter. Si vous acceptez sans délai, il aura bien plus confiance en vous que si vous prenez des jours à vous décider. L’hésitation n’est jamais fiable dans ce genre de contexte. Soit vous désirez qu’Elias tombe, soit vous ne le désirez pas. » Je déglutis. Ma gorge était de plus en plus sèche et mes idées se bousculaient dans mon esprit. « Je… Très bien. J’accepte. » « Parfait. Je vous remets ceci. » Il s’agissait de deux enveloppes cachetées. « Elles s’ouvriront en temps et en heure. »

Nous nous levâmes. « En attendant, ne parlez de cet entretien à personne. » J’acquiesçai.

854 mots
Fin
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