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 [Q] - Le Chef d'Orchestre

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Kaahl Paiberym
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Kaahl Paiberym
Jeu 17 Sep 2020, 10:20



Le Chef d'Orchestre

Rp lié : Les Marionnettistes
Intrigue : Cyrius Windsor s'occupe de mettre en place la section de l'armée demandée par l'Empereur Noir, dans une Amestris en proie à différents changements. Les vieilles familles sont contre l'essor des nouvelles, à Valera Morguis. Si l'Ultimage des Ténèbres possède de nombreux soutiens, certains Sorciers voient son couronnement d'un mauvais œil, en craignant notamment l'instauration d'un système dynastique.


J’émis un son curieux, avant de me retourner dans un mouvement ample et circulaire. « Bou ! » L’enfant qui se trouvait derrière moi me sourit. J’enlevai le masque de cochon que j’avais placé sur mon visage. C’était le deuxième et, de loin, le plus intéressant à mes yeux. « Pourquoi est-ce que tu me suis ? Tu veux que je te tue comme ta sœur ? » « Ce n’est pas ma sœur. » répondit-il. « Ah bon ? Tu es sûr ? » « Hum. Est-ce que tu es le frère de mon père ? » demanda-t-il, avec une voix enfantine pleine de boulimie intellectuelle. « Pourquoi est-ce que tu dis ça ? » « Tu es tout le temps avec, comme moi avec les autres. » « Ça n’a rien à voir. » répondis-je. Il commençait à m’agacer, ce mioche. « Pourquoooiiii ? » « Parce que. » Je pivotai afin de le semer.

Au bout de quelques secondes, sa voix retentit de nouveau. « Tu ne peux pas me tuer. » Je me retournai. « Si. » « Non. » « Si. » « Non. » « Si. » « T’es pas très drôle. » conclut-il. Je plissai les yeux et me remis à marcher. Un son diffus m’arriva. « Non. »

« Regardez, c’est Cyrius Windsor. » « Avec le Prince Noir. » « Érasme grandit vite. » « C’est vrai. Peut-être qu’il prendra la relève de l’Empereur Noir lorsqu’il sera prêt. » Il y eut un silence, pendant lequel les femmes du groupe me contemplèrent me retourner afin de répondre des « Si. », tout de suite déniés par les  « Non. » du garçon pot de colle. « Il est bizarre. » « Bizarre mais vraiment beau. Comme le disait ma grand-mère, pas plus tard qu’hier, on pourrait faire des bijoux avec ses yeux. » « Ta grand-mère ferait bien de tenir sa langue, sinon elle va finir éviscérée. » « C’est ce que je lui ai dit. Elle a dit qu’elle serait bien heureuse de mourir des mains du Duc Windsor, que ce serait toujours mieux que de se faire assassiner par son propre époux. » « Tes grands-parents s’entendent toujours aussi bien, à ce que je vois. » « C’est vrai qu’il est Duc. » reprit un homme. « L’augmentation soudaine de sa position dans la hiérarchie nobiliaire a fait des jaloux. Personne ne s’attendait à ce qu’il soit nommé Merlfide. » « Il en a les épaules… » C’est le moment précis que je choisis pour attraper le gamin par les épaules et le secouer. « Tu vas arrêter de me suivre petit cafard ? » « Non ! » hurla-t-il. « Enfin je crois… » « Ah oui ? Je t’assure que si je te dis d’arrêter, tu vas le faire. » Il fit une moue très peu convaincue. « Moui. »

Quelques secondes plus tard, Érasme me tenait bien sagement la main. C’était bien plus simple de procéder ainsi. À partir du moment où les individus conservaient leur libre-arbitre, ils étaient insupportables. Je n’avais pas envie de le tuer parce qu’il était le fils naturel de l’Empereur Noir, à l’image de Lucius. Je l’avais senti rapidement. Sa musique intérieure était semblable en quelques points à celle de son père, bien que faite d’un chaos bien plus prononcé. Le monde d’Érasme était un monde de douleur, de souffrance et de dysharmonie. Des sons stridents l’habitaient. En lui, les choses crissaient, râpaient, coupaient.

Sur le chemin, mon regard croisa celui de Réta. Elle s’était remise facilement et était même légèrement plus âgée qu’Érasme à présent. En me voyant, elle écarquilla les yeux, se stoppa dans sa course et fit demi-tour pour partir se cacher, sous le visage amusé des gens présents. « Cette petite n’est pas bien courageuse. » commenta l'une des femmes. « J’aimerais bien t’y voir. » « Parler à Cyrius ? » « Oui. » « Oh ça ne doit pas être si horrible. Il paraît qu’il est très pédagogue avec les étudiants du conservatoire. » C’était dur à imaginer. « Chiche. » « D’accord. »

Alors que je venais de vérifier mon emprise sur la main de l’enfant pour la quinzième fois, mon regard croisa celui d’une jeune femme. Je la détaillai tout en l’analysant, prêt à me déplacer sur le côté pour la laisser passer. « Duc Windsor… » Pourquoi voulait-elle me parler ? Je n’avais rien demandé. « Oui ? » « Je voulais vous dire que… » « Vous me trouvez beau ? Je ne sais pas pourquoi tout le monde me trouve beau. C'est dérangeant, vous en avez conscience ? » Je l’avais dit en m’avançant de façon malaisante. « Par… Pardon ? » Je me rapprochai de quelques centimètres, afin de la sentir. « Votre parfum, c’est de la lavande ? » « » Mes yeux glissèrent jusqu’à Érasme. « Tu en penses quoi, d’elle ? » « Je pense qu’on devrait la tuer. » Je souris. « Pardonnez-le, il n’est pas très sociable. » dis-je, en chantonnant à moitié, bien content, au fond. Je tendis mon index vers l’enfant, avec un air réprobateur. « On ne tue pas les gens dans la rue ! C’est mal ! » « Justement. » « Ha ha ! Il est drôle n’est-ce pas ? Le même humour que son père ! » Pas du tout mais ce n’était pas grave. Je poussai le Prince avec insistance, afin de nous arracher à la présence de notre interlocutrice, qui resta statique plusieurs secondes après notre départ, incertaine quant à ce qu'il venait de se passer.

Ma voix retentit discrètement. « Quand tu seras plus grand, tu pourras tuer les gens dans la rue si tu en as envie. Tu es Prince, personne ne te dira rien. Néanmoins, ce serait bien mieux si tu tuais des étrangers. » « D’accord oncle Cyrius. » « Tu m’escagasses avec ça. Tais-toi et joue de la flûte plutôt. Je t’apprendrai le pipeau plus tard. » Je souris.      

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Kaahl Paiberym
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Kaahl Paiberym
Jeu 17 Sep 2020, 23:57



Le Chef d'Orchestre


J’avais une journée particulièrement chargée. Je devais voir plusieurs imminents scientifiques, afin de leur parler de quelques projets, dont un qui m'était tout particulier. Dans un bureau circulaire à la décoration à la fois belle et atroce, je les recevais les uns à la suite des autres.

« Que puis-je faire pour vous ? » me demanda l’un d’eux. « Puisque vous avez écrit une thèse sur le sujet, vous n’êtes pas sans savoir qu’il existe des artefacts capables de permettre à des individus de changer de race de façon plus ou moins éphémère. » « C’est exact. » « Bien. Je veux deux choses : la première est que vous les recherchiez et que vous les récupéreriez. » « Des personnalités très influentes en possèdent. » dit-il. « C’est un risque non négligeable. » « Commencez par les anonymes. » « Et la deuxième ? » « La deuxième découlera en grande partie de la réussite de la première. Je veux que vous trouviez le moyen de fusionner ces objets. » « Vous voulez dire… » « Oui. Je veux que vous me trouviez le moyen d’allier deux objets, ou plus, sans qu’aucun d’eux ne perde ses propriétés. Le résultat escompté est de fournir à quiconque se servirait de ces objets, la possibilité d’endosser plusieurs races à la fois. » « Je ne suis pas sûr que… » « Tant que vous n’aurez pas essayé, nous ne saurons pas si cela peut fonctionner. À vrai dire, je ne doute pas de vos compétences, ni de vos capacités à réussir. J’ai, en revanche, bien plus de réserves concernant la puissance nécessaire au porteur pour supporter le tout. » Je réunis quelques dossiers qui traitaient de la question avant de les lui tendre. « Vous aurez les fonds nécessaires. N’ébruitez pas la chose et tenez-moi au courant. »

Une fois qu’il fut sorti, une jeune femme entra. Ce n’était pas une chercheuse. C’était une institutrice. « Empereur Noir, excusez-moi de vous déranger mais Érasme n’est pas venu en cours aujourd’hui. » Mon visage, fait de marbre, la poussa à s’expliquer davantage. « Ce n’est pas la première fois. Je pensais que c’était vous qui en étiez à l’origine mais lorsque j’ai interrogé Réta, elle m’a dit qu’il était parti jouer du pipeau avec son oncle. » J’inspirai et expirai. « Bien. Je vais m’occuper de ce désagrément. » dis-je. « Néanmoins, la prochaine fois que l’un de mes enfants ne se présente pas en cours, ne pensez pas que j’en suis à l’origine si je ne vous ai rien signifié. Vous m’avez été chaudement recommandée, vous savez. Je suis déçu par votre manque de réactivité. » Si mes mots n’étaient pas les plus rudes qu’il m’avait été donné de formuler, mon ton, mon regard et mon aura la firent trembler. La lueur qui dansait dans mes yeux était assassine et la musique d’un châtiment imminent sembla y résonner durant quelques secondes.

Lorsque j’entrai dans la demeure de Cyrius, l’expression de mon visage changea. Une grimace y apparut rapidement, avant de disparaître devant la scène qui était en train de se dérouler devant mes yeux. Le Chancelier des Ténèbres était debout, en train de conseiller Érasme sur la façon de placer et bouger ses doigts sur la flûte. Le garçon ne bouchait pas entièrement les trous, ce qui produisait des sons stridents et non justes. Cela semblait lui conférer une certaine satisfaction. Le blond, en me voyant, plongea son regard dans le mien. Je sentis une chaleur presque immédiate se répandre dans la totalité de mon corps. Je m’avançai. « Je vous serais reconnaissant de laisser Érasme aller en cours à l’avenir. » « Je n’y suis pour rien. N’est-ce pas ? » dit-il, en demandant confirmation au principal concerné. Bien sûr. « C’est vrai, père. C'est moi qui suis venu. » Cyrius sourit. Mes yeux dévièrent vers mon fils. « Tu vas rentrer. Maintenant. » Sans piper mot, il se mit en route. Comme le silence commençait à se faire long, le musicien finit par s’exprimer. « Il apprend beaucoup plus de choses en ma compagnie. Il a de nombreuses qualités qu’il serait dommage de voir se flétrir. Le Chaos en lui doit être nourri et ce n’est pas en lui apprenant des us et coutumes désuets que ça arrivera. » Je ne dis rien. « Elias ? » « Hum ? » « Vous comptez abandonner le trône à son profit, plus tard ? » « Non. Il va partir pour Alès Palatium bientôt. » « Mais… » Je souris. « Je ne doute pas de ses qualités futures en tant que Roi, ni en tant qu’Empereur et il se trouve justement que la Secte de l’Étoile Froide a été créée par une Sorcière. » « Et aux Sorciers elle reviendra ? » « Précisément. » « Je vois. Et Lucius ? » « Je vais l’éloigner des Mages également. » Le silence retomba, jusqu’à ce que je demandasse quelque chose qui me taraudait. « Oncle Cyrius ? » Il rit. « Je ne sais pas pourquoi il m’appelle comme ça. J’ai essayé de l’en dissuader, sans y parvenir. » « Étrange. » « C’est sans doute parce que nous passons beaucoup de temps ensemble. » « Oui. » Il fit quelques pas vers sa bibliothèque et y prit un ouvrage. « Au fait, vous l’avez lu ? » « Hum ? » « Un Conte de Faes. Les aventures des Trois Royaumes. Il y a un personnage qui ressemble au Baron Paiberym dedans. Vous pourrez le feuilleter durant votre voyage. » Il me le tendit, une lueur étrangement pressée dans le regard. « Je ferai ça. » Il attendit un peu, avant de continuer la conversation. « J’aimerais que nous dînions et jouions ensemble avant que vous ne repartiez… » « Je verrai ce que je peux faire. » dis-je, en sachant parfaitement que je réussirais à libérer du temps pour lui.

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Kaahl Paiberym
Ven 18 Sep 2020, 11:01



Le Chef d'Orchestre



Une fois rentré, je croisai Réta. « Qu’est-ce que tu fais ? » lui demandai-je, intrigué, la flûte dans les mains. Elle était en train de touiller une sorte de mélasse, dans un pot en terre cuite. Ça aurait pu être une potion mais, en réalité, il s’agissait de terre, de fleurs qu’elle avait trouvé dans le couloir, d’eau et d’aliments qu’elle avait piqué au cours du repas. « Ça ne te regarde pas. » dit-elle, contrariée. « Sale chouchou ! » ajouta-t-elle. « T’es juste jalouse parce qu’oncle Cyrius ne t’aime pas ! » La Sorcière tourna la tête vers moi. Sa croissance, rapide, lui donnait une apparence plus grande que la mienne. Je m’étais habitué à ce fait étrange, à l’observer sous différents états. La mort n’avait pas d’emprise sur elle et notre père la tuait souvent pour une raison inconnue. Elle était plus impressionnante que moi mais mes colères avaient l’avantage et le désavantage de me rendre aveugle au danger. « Ce n’est pas notre oncle. » « Et toi t’es pas ma sœur ! » dis-je, soudainement agacé. « Je n’aimerais pas être la sœur d’un sale morveux comme toi. » répondit-elle, en lâchant son ouvrage pour s’avancer vers moi. Elle me dépassait d’une tête. Je me mis sur mes gardes mais ça ne suffit pas. Elle m’arracha la flûte à bec des mains. « C’est vraiment un instrument pour les bébés. » « Je ne suis pas un bébé ! » criai-je, blessé. « Bébé ! » répéta-t-elle, avant de lancer ce qu’elle tenait contre le premier mur venu. Après l’expression de la surprise, mon visage prit celle de la haine. Ni une ni deux, je me jetai sur ma fausse sœur. Elle tomba à la renverse. J’en profitai pour essayer de l’étrangler, mes petits doigts cherchant le chemin idéal vers son cou, afin de serrer, serrer, jusqu’à ce qu’elle mourût. Je la détestais. Je voulais qu’elle cessât d’exister ! Elle réussit néanmoins à me repousser et à inverser la tendance. Elle n’était pas bien forte, pas plus que moi, mais elle avait l’avantage d’être plus âgée et imposante. « Laisse-moi ! » hurlai-je. Je sentais la magie en moi bouillonner. J’avais envie que sa tête explosât. Au lieu de quoi, mon corps se souleva, ainsi que le sien. À présent debout côte à côte, nos silhouettes étaient recouvertes par l’ombre de celle de notre père. Ses yeux, impitoyables, provoquèrent immédiatement la peur chez Réta. Elle se mit à trembler et à larmoyer. Je me sentis si petit que mes jambes finirent par céder. Je tombai à genoux et, finalement, me mis, moi-aussi, à pleurer. Sans un mot, Elias sortit de la pièce. Quelques secondes plus tard, l’une de nos nourrices vint nous chercher. La marque naissante sur sa joue et sa difficulté à retenir ses sanglots suffisaient à démontrer que certains avaient eu plus de chance que d’autres dans le processus. Plusieurs heures après l’événement, je pensai vaguement que si je devenais insupportable, peut-être que mon père ferait d’autant plus mal à cette femme. Mes tentatives infantiles de manipulation échoueraient platement.

Je me trouvais dans l’un des couloirs de la demeure de Cyrius, à contempler l’une des statues. Elle paraissait presque vivante, en passant outre sa matière argileuse. Je sentis un faible déplacement d’air derrière moi. Le Chancelier Merlfide venait d’apparaître dans mon dos. En étant Elias, j’étais plus grand que lui, ce qui n’était pas le cas lorsque j’étais Kaahl. Je me retournai, absolument pas gêné par notre proximité. « Le repas vous a-t-il plu ? » « Oui, merci. » répondis-je tranquillement. Nous y avions discuté essentiellement d’art et de culture. Mes enfants avaient fait leur apparition au cœur de la conversation également, ainsi que mes épouses et futures épouses, la situation actuelle sur la Terre Blanche et les Momies. Cyrius avait certaines passions, dont une très marquée pour ces créatures. Il désirait absolument les voir. Quant à moi, moins je les contemplais, mieux je me portais. Je ne désirais pas les réveiller de nouveau et j’espérais sincèrement ne pas avoir à le faire. Le seul sujet que je n’évoquais pas en sa compagnie portait le nom de Devaraj. J’étais certain qu’il aurait souhaité le rencontrer. Le Chaos qui habitait l’esprit de mon frère n’avait aucune limite, nourri par une folie aussi ardente que tenace. « Je viendrais sans doute vous voir. » Lorsque je serai chez les Magiciens. « Si vous voulez. Cependant, je risque d’être occupé. » Ses lèvres se serrèrent. « Avec Laëth ? » demanda-t-il. « Avec l’armée. » dis-je, non sans savoir qu’il nourrissait sans doute l’idée de l’attacher à un gibet de potence pour la regarder y brûler. « J’aimerais la rencontrer. » dit-il, en se focalisant sur l’Ange. « Je ne préfère pas. » répondis-je. Dans ses yeux, il y avait un ouragan. Je glissai mes doigts autour de sa gorge et souris. « Vous pensez que je ne saurais pas me tenir ? » Je ne commentai pas, ce qui créa l'instabilité en lui. Il essaya différemment. « Elle joue du violoncelle, non ? Je pourrais l’aider à progresser. » « Non. » « Si, je pourrais. » Il était têtu, un entêtement qui surpassait de loin les rebellions d’Adam contre les interdits. Lorsqu’il avait une idée en tête, rien ne pouvait l’en dissuader. Je haussai les épaules et me dégageai. Je lus dans ses pensées qu’il comptait bien faire évoluer la situation. Un jour, je ne penserais plus qu’à lui et je lui livrerais l’Ange, et les autres, en pâture. Ce jour-là, le spectacle serait grandiose. Ses convictions étaient étonnamment puissantes.

Alors que je commençai à me diriger vers la salle de musique, une odeur particulière s’imposa à mon odorat. Je me retournai. Il tenait une dague à la main et avait légèrement entaillé la peau de son cou. Des perles de sang en coulaient. Ma gorge se serra et un sourire satisfait apparut sur son visage. Il savait jouer de son emprise. « Le dessert. » murmura-t-il. Je revins vers lui à grands pas et le plaquai contre le mur rudement. Mes yeux dans les siens provoquèrent une musique passionnelle, bien plus intense que les quelques secondes vibrantes qui se déclaraient à chaque fois que nos regards se croisaient. Mes lèvres descendirent contre sa peau et ma langue lécha le liquide qui en sortait. Je fis apparaître la Couronne de la Nuit sur le sommet de ma tête. Tandis que mes crocs se plantaient dans sa chair, mon étreinte sur lui se raffermit.

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L'eau
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Lun 21 Sep 2020, 16:34



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« On pourrait devenir frères ? » Je fixai Érasme avec un certain étonnement. Ce gamin faisait des fixettes étranges. « Non. » « Pourquoi ? » « Ça ne fonctionne pas ainsi. » « Pourquoi ? » « Parce qu’on ne devient pas frères comme ça. Il faudrait que ton père m’adopte, et ce serait bizarre, ou que mon père t’adopte, ce qui serait stupide. » « Pourquoi ? » « Tu vas arrêter de poser des questions ? » « Non. » Il s’arrêta de parler une seconde et demie, avant de reprendre. « Il est parti où, l’Ultimage ? » « Je ne sais pas. » Heureusement que j’entendais sa musique intérieure. En d’autres circonstances, sans doute ne lui aurais-je pas accordé autant d’attention. « Tu mens je suis sûr ! » « Oui. » avouai-je, sans aucun remord. « Pourquoi ? » « Parce que. » chantonnai-je, avant de faire apparaître une flûte dans ma main et de la lui fourrer dans la bouche. « Joue du pipeau et laisse-moi tranquille. » Il la retira. « Pourquoi est-ce qu’on est obligé d’amener Réta ? » « Parce que ton père veut que nous fassions la paix. » « C’est nul la paix. » « C’est toi qui es nul mais, en général, oui. » « Je ne suis pas nul ! » Je le regardai. « Joue correctement de la flûte et après on verra. Je n’ai jamais vu un élève aussi empoté. » « Je ne suis pas empoté ! Je ne suis pas une fleur ! Et puis… j’ai une question. » « Ça ne m’étonne même pas. » Il sourit. « Tu as fait quoi dans la piscine ? Parce que j’ai entendu ma nourrice dire des trucs. » « Rien. » « Tu étais avec Elias ? » « N’appelle pas ton père par son prénom. » « Il n’est même pas là… » « Ce n’est pas une raison. » « C’est vrai qu’il a demandé à un scientifique de travailler pour qu’il y ait du soleil ? » Je soupirai. Ce gosse était une véritable plaie lorsque je ne le rendais pas plus sage. « Tu as déjà embrassé quelqu’un ? » demanda-t-il, en passant du coq à l'âne. « Hein ? » « Jamais ? » « Ça ne te regarde pas. » « Moi j’ai embrassé la fille d’une servante dans le couloir. » Je m’immobilisai. La musique à l’intérieur de lui était macabre. « Elle n’avait pas très envie mais je lui ai dit que si elle ne m’embrassait pas, j’allais le dire à mon père et qu’il lui ferait des choses horribles. » « Pourquoi est-ce que t’embrasses les filles ? » « Pour faire comme dans les contes. » Je souris. « Je te lirai un conte, plus tard. »

Lorsque nous arrivâmes à la bibliothèque et que Réta me vit, la fillette se leva de la table et fila se cacher derrière les nombreuses étagères. « Reviens ! » dis-je, en m’exclamant. Un homme, qui se trouvait non loin, me fit un « Chut » caractéristique, avant de se rendre compte de son faux pas. On ne demande pas le silence à un Chancelier des Ténèbres comme on le fait avec n’importe quel quidam. Ma tête se pencha sur le côté et, un instant, je m’imaginai lui découper les joues au couteau. La seconde d’après, je l’avais totalement oublié. Je soupirai, me rendant bien compte que tuer la Sorcière n’avait pas été la meilleure entrée en matière possible pour une bonne relation future. Pourtant, j’avais décidé que la famille de Kaahl serait aussi la mienne, en quelque sorte. Je me rendrais incontournable. Je serais là, parmi eux, à devenir aussi important que l’Ultimage des Ténèbres pour ses enfants et ses proches. Puisque je ne pouvais pas les tuer, le plus judicieux restait de les séduire et de les faire miens. Érasme me suivait déjà comme un petit chien. Réta serait la prochaine à m’adorer. Il fallait simplement que je trouvasse comment toucher son cœur. Elle était si fragile et insignifiante. C’était difficile de la considérer. Je devais faire des efforts. « Va dire à ta sœur que nous allons au théâtre et que l’Empereur Noir veut qu’elle vienne avec nous. » Je souris, en regardant le garçonnet m’obéir. C’était simple d’obtenir ce que je désirais. Pourtant, l’amour ne s’achetait pas par magie. Je ne voulais pas qu’ils me suivissent par effet de celle-ci mais parce qu’ils le désiraient.

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Mer 23 Sep 2020, 22:53



Le Chef d'Orchestre


« C’est quand que ça commence ? » « Chut ! Tais-toi ! » « Mais je m’ennuie maintenant ! » continua Érasme. « Chut. » « Je m’ennuie ! Je m’ennuie ! Je m’ennuie ! Je m’ennuie ! » Je poussai un soupir. Ce môme était insupportable. À côté, Réta était silencieuse. J’aurais pu lui coudre les lèvres pour l’empêcher de parler que le résultat aurait été le même. Non. Je ne devais pas y penser. C’était bien trop tentant, pourtant, mais je devais me rendre indispensable, pas semer la mort et la désolation. Le garçonnet le ferait sans aucun doute pour moi à un moment. Je nourrissais l’espoir qu’il finît par tuer l’insignifiante. « Je m’ennuie ! Je m’ennuie ! Je m’ennuie ! » continua-t-il à s’époumoner, dérangeant, dans le même temps, les autres spectateurs, tout aussi impatients que lui mais le montrant de façon plus distinguée et discrète. Certains se demandaient qui est-ce que nous attendions au juste. La pièce avait du retard. Parmi la noblesse sorcière, bien des théories foisonnaient. Quelques personnes osaient faire référence à ce qu’il s’était passé avec l’eau de la piscine mais, sous le joug de mon regard, leurs lèvres cessaient bien vite de gesticuler. Ils demeuraient curieux de savoir qui était l’inconnu alors en ma présence. Je souris, éprouvant une certaine béatitude à être si proche de l’Empereur Noir. Quant à la situation présente, contrairement à ces ignorants, je savais exactement de quoi il en retournait. Je savais qu’iel comptait venir et l’homme en question, ou la femme puisqu’il était difficile de savoir ce qu’il en était réellement, était toujours en retard. Si tous me trouvaient instable et effrayant sur les bords, pris dans mes troubles psychiques, iel l’était à un tout autre niveau. Érasme sortit sa flûte et monta sur sa chaise. Il commença à faire son propre spectacle, plein de fausses notes et de regards mauvais. Il était en colère et soufflait de toutes ses forces dans le grand pipeau. Si mes oreilles saignaient, une infime partie de moi jouissait et jubilait de ce comportement chaotique. Quel petit effronté, à défier l’autorité de toutes ces personnes influentes présentes. En réalité, il était surtout trop bête pour s’apercevoir de ce qu’il faisait et aucun des nobliaux n’osait lui dire quoi que ce fût. Il était l’enfant du Grand Chaos et, au-delà de ça, il était sous ma surveillance et, donc, sous mon autorité directe. Si je ne disais rien, personne ne le devait.

Néanmoins, non content du bruit et arrivant enfin, le Chancelier Kaitar fit enfin son apparition. Les portes de la salle de spectacle s’ouvrirent sous la pulsion d’un puissant et glacé courant d’air, qui vint courir jusque dans l’amphithéâtre. J’espérai que les plus frileux avaient pensé à prendre une petite laine. La silhouette se détacha du reste du décor dans un étrange jeu de lumières qui aurait pu faire partie de la pièce. Il n’en était rien. Iel savait soigner ses entrées. Son corps disproportionné s’avança dans un fondu tantôt noir, tantôt blanc. Sa chevelure noire et hirsute était maintenue sur une tête éternellement penchée sur le côté et de multiples flacons, armes et instruments divers et variés étaient accrochés à des sangles qui parcouraient son torse avant de se transformer en ceinture. Elle serrait un pantalon blanc qui serait sans doute tombé sans l’ingénieux, et ridicule, dispositif. L’Archimage des Ténèbres en charge des sciences et de la recherche était aussi fou que ses créations. Nous étions deux tarés dans le gouvernement. Je m’en réjouissais. Lui, ou elle, et moi, réunis, ensemble, dans la même pièce : personne ne pouvait avoir la certitude d’en sortir vivant. Iel avait tué sa sœur pour pouvoir l’avoir éternellement à ses côtés. La silhouette animée et squelettique qui le suivait était un zombie mais pas n’importe quel zombie : sa chère Elva, à jamais soumise à ses volontés. Iel l’embrassait parfois en public et lui parlait sans aucune considération pour son entourage immédiat. De nombreuses légendes couraient sur eux. Certains disaient qu’elle lui répondait, parfois, comme s’iel avait réussi à maintenir son esprit dans ce corps malgré tout. Les enfants avaient peur de croiser Elva, bien sûr, mais le Chancelier Kaitar suscitait des peurs bien plus profondes encore. Heureusement, iel passait sa vie hors d’Amestris, enfermé dans ses laboratoires de Valera Morguis. Normalement. Pas aujourd’hui. Aujourd’hui, l’Archimage emmenait sa sœur au théâtre.

Avec des pas étranges, sans doute dus aux expériences qu’iel avait réalisées sur son propre corps ou à son accoutrement, iel s’approcha d’Érasme. Iel prit la flûte d’entre ses lèvres, l’amena à sa propre bouche et la croqua. Un bruit affreux se dégagea de l’instrument. Quand iel la retira, il en manquait le bec. Iel déglutit pour avaler. « Ferme-la, jeune Prince. » Iel rit devant la mine déconfite du gamin. « Avec tout mon respect, bien sûr. » Puis, iel tourna son regard vers moi. Après tout, ce garçonnet n'était pas bien intéressant. « Mes hommages. » « Bonsoir Chancelier Kaitar. Bonsoir Elva. » dis-je, en faisant un baise-main à la concernée, enveloppée dans une robe rose. Il valait mieux respecter sa sœur, aussi dénué de chair son cadavre était-il. Au moins, elle sentait la lavande. Il fallait absolument que je lui proposasse de se joindre à moi afin de préparer un spectacle en l’honneur de l’Empereur Noir, un spectacle qui mettrait Elva à l’honneur. En attendant, Érasme et Réta pleuraient, ensemble. La pièce pouvait dorénavant commencer, dans une ambiance glaciale pour l’assistance. Lui, ou elle, souriait, comme toujours. C’était sans doute cet élément qui était le plus perturbant chez le Kaitar : ce sourire large et éternel, comme si tout l’amusait.

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Kaahl Paiberym
Ven 25 Sep 2020, 11:15



Le Chef d'Orchestre


« J’aurais préféré que tu te tiennes, M6723. » La voix provenait de derrière moi mais la phrase ne m’était pas adressée. Nous nous trouvions à présent dans une salle de réception, jouxtant le théâtre. Les nobles discutaient entre eux, certains de façon plus ouverte que d’autres. Réta s’était endormie pendant la pièce tandis que Lucius, lui, n’avait rien suivi, obnubilé par le corps squelettique d’Elva qu’il n’avait eu de cesse de tripoter, en essayant de le faire discrètement pour que le Kaitar ne s’aperçût de rien. Les enfants ne connaissaient pas encore le conte duquel était tiré la tragédie. Je l’avais lu et relu, désireux d’adapter une œuvre musicale sur la base de ce dernier. Ma folie créatrice, depuis, n’avait plus aucun repos, prise en étau entre plusieurs projets qui me tenaient autant à cœur les uns que les autres. Kaahl m’inspirait et sa présence faisait ressortir le Chaos en moi, celui-là même qui était la principale motivation de mes chefs d’œuvre. J’en étais un artisan privilégié.

Lorsque je me retournai, je me trouvai nez-à-nez avec un homme aux longs cheveux noirs. Sa silhouette était si haute et ses épaules si carrées que son regard, hautain par nature, me rendit muet. Dans le creux de ses iris, un mépris de la pire espèce régnait, le mépris d’une personne qui n’avait que faire de ses semblables et qui n’attendait qu’une bonne excuse pour tous les faire enfermer. Le Negrim ne fermait jamais les yeux sur les méfaits. En charge de la justice, sa présence était aussi terrifiante que gage de bonne conduite chez son entourage. Ça se comprenait. Le simple fait de l’observer fit renaître mes tics nerveux. Mon dos me gratta désagréablement et mon esprit se perdit dans une panique silencieuse. Étais-je vraiment sûr de ne pas être le destinataire de sa réplique ? Je l'espérais, parce que je ne voulais pas avoir à m’excuser à genoux. Autant être honnête : si je l’étais, je n’hésiterais pas une seule seconde tant je désirais qu’il détournât les yeux de ma personne et qu’il m’oubliât vite. Heureusement, le Kaitar répondit. Lui, ou elle, ne semblait pas avoir peur du Taïmon. La raison était simple : le Kaitar était l’enfant du Negrim. Il y avait entre les deux un ressentiment tel qu’il en était palpable. Le chercheur devait faire honte à l’homme de lois, qui aurait sans doute préféré être le père d’un individu bien plus normal. À moins qu’il éprouvât du dédain à cause du sexe potentiellement féminin de la créature ? Ceci pourrait expliquer bien des choses dans le comportement et l’apparence du Kaitar. Dans ma tête, je pensai un instant à une pièce musicale qui relaterait les rivalités entre un père et sa progéniture, pour déboucher sur un parricide. Une chose était sûre : lorsque l’Empereur Noir réunirait le gouvernement, la rencontre risquait d’être forte en émotion, voire explosive. « Ferme-la, Hémias. Avec tout mon respect. » Iel se mit à rire. Je connaissais mal mon homologue et je me demandai si la situation l’amusait ou si son langage était pris dans une sorte de boucle dans laquelle le respect revenait souvent, comme une excuse inconsciente aux insultes affirmées plus tôt. Heureusement, les enfants étaient partis vers le buffet, nous laissant entre puissants. Le pouvoir n’impliquait pas forcément la stabilité d’ailleurs. Nous étions tous très compétents dans nos domaines respectifs. Néanmoins, s’il ne fallait pas exiger de moi d’être bon orateur ou doué avec les gens de manière générale, il était hors de question de forcer le Negrim à être sympathique et le Kaitar à entrer dans les cases de la bienséance. Sa condition même était une anomalie, sans parler du fait que les nombreuses années qu’il avait passé emprisonné et torturé pour avoir tué Elva n’avait pas dû l’arranger. Cela ne pouvait être oublié, en grande partie à cause du fait que Hémias Taïmon appelait tous les anciens détendus par leur numéro de matricule, comme si leur identité passée était morte à ses yeux dans le processus.

« Bonsoir. » Mes yeux coururent se réfugier sur les formes d’une jeune femme aux yeux en amande et aux cheveux noirs. Elle était connue pour être l’Orine du Negrim. Lorsqu’il ne réussissait pas à condamner par la voie de la justice, la jeune femme se chargeait d’accomplir celle-ci pour son maître. C’était discutable, comme tous les passe-droits de la famille royale mais un homme qui était capable de faire tenir debout une société composée de fourbes aux desseins chaotiques n’avaient pas besoin de se justifier dans ses choix devant qui que ce fût. « Bonsoir, dame Eriko. » dis-je, bien heureux de m’extirper du flux de négativité qui encerclait les deux bruns. Elva, elle, était impassible, ce qui semblait être chose commune chez les cadavres. « Qu’avez-vous pensé de la pièce ? » continuai-je nerveusement, conscient du fait que je venais de m'engager dans une conversation et qu’il allait me falloir assumer, à présent. Nous étions en petit comité, ce qui me facilitait grandement la tâche. Néanmoins, hormis avec le Grand Chaos, j’étais très mauvais dès que le sujet ne tournait pas autour de la musique. « Il manquait, selon moi, un fond musical. C’est dommage qu’ils ne vous aient pas contacté pour travailler avec eux. Je suis certaine que ça aurait été d’autant plus poignant. Je suis curieuse de savoir comment vous auriez envisagé la musique ? Peut-être pourriez-vous m’en parler autour d’un verre de champagne ? » me proposa-t-elle en me désignant le buffet, une aire éloignée des deux hommes et de leur conflit. Cette femme n’était certainement pas une Orine pour rien. Je lui souris, ravi.

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Kaahl Paiberym
Ven 09 Oct 2020, 16:33



Le Chef d'Orchestre



« Ces Naseph… Leur sang n’est pas pur. Ce ne sont que de petits opportunistes. Leur chance tournera bien vite. » « C’est ce que vous disiez aussi des Salvatore lorsqu’ils ont remonté la pente à la suite de leur faillite. Pourtant, nous venons de couronner le deuxième Ultimage de cette Dynastie. » La jeune femme se pinça les lèvres. « C’est une manière très peu subtile de me rappeler mon âge. » « Votre âge qui est aussi le mien. » Elle sourit. « Oui. Finalement, c’est une chance que nous soyons capables de vivre si longtemps. Nous pouvons mieux nous rendre compte des évolutions, ainsi. » « Malheureusement. » « C’est vrai que bien des familles essayent de tirer leur épingle du jeu. Je ne me sens pas menacée, que nous soyons d’accord tout de suite, mais plusieurs noms résonnent depuis Valera Morguis. » « Ils couleront bien vite. Nos familles sont anciennes et n’ont plus rien à prouver. Nos fondations sont bien trop solides. Nous avons construit la gloire des Sorciers durant des siècles. » Ils baissèrent le ton. « Oui mais ce qui m’inquiète c’est qu’Elias Salvatore est particulièrement lié à Valera Morguis, quels que soient les activités farfelues que cette colonie puisse abriter. » « Vous pensez que l’Empereur Noir pourrait vouloir faire tomber les vieilles familles au profit de nouvelles ? » Ils se mirent à murmurer. « Ce serait une stratégie efficace. Ces familles lui mangeraient dans la main plus facilement. Regardez… Ismaël Windsor, Talleb de la Terre Banche. Cyrius Windsor, Chancelier des Ténèbres. Heureusement qu’il y a encore des Taïmon dans le gouvernement. Jusqu’à quand ? Nous sommes en droit de nous poser la question. » « Et Kaalh Paiberym qui est devenu Talleb de Valera Morguis… » « Les Paiberym sont légèrement plus anciens. » « Légèrement, mais ça n’efface pas le fait que beaucoup de leurs membres finissent par devenir Magiciens. » « C’est vrai que cette famille est remplie de mauvaises graines. Si Zachary était un Archimage exemplaire, sa mère n’a jamais rien fait de bon, sans parler de sa femme et de l’un de ses fils qui brille à présent pour les Mages Blancs. Heureusement que les Mayfair gèrent encore le domaine de l’esclavage. » « Heureusement que nous avons su garder la main, oui. Nous ne pouvons que féliciter l’Empereur Noir pour la prise de la Terre Blanche mais beaucoup de Mayfair s’impatientent. Cela fait longtemps que nous n’avons pas eu accès au trône ou à des postes importants au sein du gouvernement. Nous devrions bientôt nous entretenir avec le Roi à ce sujet. » Il était connu publiquement qu’un Ultimage qui ne plaisait pas aux Mayfair ne restait pas bien longtemps sur son piédestal. Il valait mieux courber l’échine devant eux tant ils étaient influents.

La conversation était arrivée à mes oreilles avec un naturel déconcertant. Les sons n’avaient aucun secret pour moi et les murmures étaient tels des cris pour mon ouïe. « Vous devriez intervenir. » me conseilla l’Orine. Je plongeai mes lèvres dans le verre de champagne. Nous venions à peine de commencer notre discussion, sur la musique qui aurait été parfaite pour la pièce de théâtre que nous venions de voir. Mon esprit s'était égaré. Elle l'avait remarqué, étrangement clairvoyante. « Je ne saurais pas comment faire. Je ne suis pas doué pour ce genre de conversations. Vieilles familles, jeunes familles… Quelle importance ? » « Moi qui pensais que l’Empereur Noir avait plus de valeur à vos yeux, je suis désappointée. » J’écarquillai les miens, soudainement piqué à vif. « Je… » Mon index en l’air avait l’air de vouloir raconter l’histoire de mon opposition à de tels propos pour moi mais il n’eut jamais la possibilité de le faire à ma place. « Excusez-moi. » dis-je, en le baissant, tout en m’écartant de l’Orine.

Mes bras tombèrent lourdement sur les épaules du Marquis Mayfair et de la Comtesse Faust. « Bonsoir ! » dis-je. Je reçus des réponses aussi surprises que mitigées. Quelle bande de coincés. « Saviez-vous que je jouais du violon ? » « Bien entendu, Duc Windsor. Vous ne seriez pas devenu directeur du conservatoire sinon. » répondit la Faust, faisant ainsi étalage de sa science, tout en gonflant un orgueil déjà bien prononcé. « Souhaiteriez-vous m’entendre pratiquer ? » demandai-je, sans lâcher les deux protagonistes. « Ce serait avec plaisir si… » « Parfait ! » annonçai-je, en faisant mine de n’avoir pas perçu le refus. Je fis deux pas en arrière. Mon violon apparut entre mes mains. L’instrument était légèrement différent de sa version plus classique. J’aimais modifier mes outils de travail. Un membre de Yanna m’avait conseillé sur ce dernier. Peut-être fallait-il que je pensasse à le nourrir, d’ailleurs ? Depuis combien de temps était-il attaché dans mon grenier ? J’oubliais vite ce genre de petits détails. Le problème c’est que mes détenus avaient souvent le chic pour mourir. Je m’en apercevais généralement à l’odeur qui finissait par me déranger dans mon travail.

Je plaçai le violon sur mon épaule et amenai l’archet sur ses cordes, afin de faire résonner un son aussi dérangeant que possible. Je me mis à rire. « Je devrais vérifier l’accordage. » justifiai-je, alors que la lueur dans mes yeux valsait dangereusement. Je fixai les deux protagonistes, ceux qui n’avaient pas encore comploté contre le Roi mais qui ne manqueraient sans doute pas de le faire. Personne ne toucherait Elias. Le premier à lui jeter la pierre serait aussi le premier que je tuerais. Je les ferais tous trembler devant moi s’il le fallait. Je serais le pantin désarticulé de Sa Majesté s’il m’en laissait la possibilité, le clown qui sourit dans l’ombre avec sa machette à la main, le musicien fou qui étrangle avec les cordes de son piano. Ils allaient tous marcher droit, sinon, je les ferais déambuler dans un champ rempli de pièges qui mordraient leur chair et leur grifferaient les os. Ils danseraient sur ma musique. J’étais certain de pouvoir convaincre le Kaitar de m’aider, lui qui aimait tellement les squelettes. Val’Aimé Taiji aimerait sans doute aussi ajouter des cadavres habillés en robes à crinoline à son armée. Des cadavres musiciens. Je souris, tout en commençant une mélodie sulfureuse. J’espérais qu’une fois que la Mayfair et le Faust auraient couché ensemble contre leur volonté, répondant à la mienne, ils comprendraient que personne ici ne décidait, hormis l’Ultimage.

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Sam 10 Oct 2020, 23:09



Le Chef d'Orchestre


« Qu’est-ce qu’il se passe ? » « Le Duc Windsor a décidé de punir tous ceux qui exprimaient un avis critique sur l’Empereur Noir. » répondit un Sorcier sans aucun titre nobiliaire à son épouse. Elle frissonna. « Cet homme me fait peur. » chuchota-t-elle, en tirant les rideaux, de façon à ne plus voir les Mages Noirs à genoux devant une statue qui avait été érigée en l’honneur de l’Ultimage. « Il est fou. » « Chut. Il entend tout. »

J’ouvris les yeux. À la fenêtre du palais, j’écoutais jusqu’ici Amestris avec intérêt. Je finis par fermer le carreau, satisfait à plusieurs égards. J’avais entendu dire que la Comtesse Faust était miraculeusement tombée enceinte du Marquis Mayfair. Après le scandale résultant de la tromperie réciproque de leurs époux, celui-ci venait en rajouter une couche délicieuse, si l’on écoutait l’une de mes servantes. Ce genre d’histoires ne m’intéressait pas le moins du monde. J’étais simplement heureux que les langues fourbes aient obtenu ce qu’elles méritaient. J’avais compris facilement que lorsque l’Ultimage n’était pas là, les nobles dansaient. Ils dansaient un peu trop. À présent, je leur donnais la mesure, afin qu’ils obéissent aux mouvements de ma baguette. « Cyrius, votre bain est prêt. Il y a juste deux… » « Deux enfants ? » la coupai-je. « C’est cela. » Je soupirai. Érasme me suivait partout, même dans mon lit. Une fois, en soulevant mes draps, je l’avais trouvé là, caché entre les différentes couches. Je l’avais soulevé par magie et questionné sur ce qu’il faisait là. Il m’avait répondu que puisque je ne voulais ni être son oncle, ni son frère, il allait devoir me tuer. La phrase avait fait rire nerveusement Réta, cachée, quant à elle, sous mon lit. La fillette était un véritable pot de colle pour son frère. Sa présence m’irritait, parce qu’elle n’était pas comme moi, mais je devais m’en accommoder. « Ce n’est pas grave. Laissez-les. » dis-je, en me dirigeant vers la salle de bain.

« Espèce de sale morue ! Meurs ! » J’entrai dans la pièce juste à temps pour voir Érasme enfoncer la tête de Réta dans l’eau. Le cri qu’elle poussa fut interrompu par le son caractéristique d’une personne qui continue de geindre une fois sous la surface, avant de s’étouffer. « Érasme. Lâche-la. » Le gamin leva la tête vers moi, sans desserrer sa poigne. Ce fut la fillette qui, en se débattant, réussit à prendre le dessus. Lorsqu’elle émergea, elle toussa plusieurs fois, avant de chercher à se venger. Je levai les yeux au ciel. Lui avait un avenir. Elle non. Il avait déjà gagné d’avance. « Taisez-vous, sinon je vous couds les lèvres. » « Mais elle a dit que… » « Chut. » lui intimai-je. Il se tut. Je m’avançai tranquillement et enlevai mon peignoir. « T’as même pas de poils ! » se permit Réta. Mon regard glissa jusqu’à elle et elle faillit s’étrangler de nouveau, de peur cette fois. Je souris. Ces enfants étaient amusants. Téméraires, même. J’entrai dans l’eau chaude avec un certain dégoût. « Il revient quand l’Empereur Noir ? » demanda Érasme. « N’espère pas son retour. » lui murmurai-je. « Pourquoi ? » « Parce que. Dès qu’il reviendra, ta vie changera. » « Pourquoi ? » « Tu as fait tes exercices ? » Il fit la moue et changea de sujet, comme je venais de le faire. « Pourquoi t’as un rond noir dans le dos ? » « Pour faire parler les bavards. » « Elle est nulle ta réponse. » Je souris devant tant d’audace. Il me suffirait pourtant de froncer les sourcils pour le faire pleurer. « T’as un gros zizi ! On dirait une montagne ! Alors qu’Érasme, lui, il a rien du tout ! » La déclaration de Réta me fit avoir un mouvement de recul. Ce sujet-là me gênait. Je pouvais envoyer une Comtesse et un Marquis coucher ensemble sans aucun problème. Je pouvais imaginer le sexe, abstraitement. Pourtant, dès qu’il était question de mon propre corps et de mes propres désirs, et même s’il s’agissait d’une remarque enfantine, je devenais instable. « Pourquoi t’es tout rouge, oncle Cyrius ? » demanda Érasme. Il avait l’art et la manière de poser les questions fâcheuses. Jamais je n’aurais pu survivre au milieu de Réprouvés ou de toutes ces races à la pudeur inexistante. « Et je n’ai pas rien du tout ! » fit soudainement le garçon en exhibant fièrement la chose qui se trouvait entre ses jambes. « J’ai plus que toi ! » « Mais t’es bêteuh ! Moi j’ai une zézette ! C’est pas pareil ! » « Moui. » « C’est plus beau quand même. » « Même pas vrai ! Puis t’es pas une vraie fille ! » « Si ! » « Non ! Les vraies filles ça a des nénés ! » Au bout d’un moment, les deux enfants s’interrompirent. « Bah ? Il est où tonton Cyrius ? » « »

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Dim 11 Oct 2020, 16:47



Le Chef d'Orchestre


Lorsque le regard clair du Chancelier Elzagan se posa sur moi, je ressentis l’envie imminente de m’éclipser. « Alors c’est vous, celui dont le tout Amestris parle ? » me demanda-t-il, en ne cessant pas un seul instant de me fixer. Je tentai un sourire, avant de me gratter le sourcil. « Cyrius Windsor. Celui qui aurait plus d’influence que le bras droit de l’Empereur Noir lui-même. » Il parlait de lui. Il était le dirigeant de l’armée et la main du Roi. Il s’approcha davantage. Je dus faire un effort pour ne pas reculer. « Vous êtes un homme curieux, Chancelier Merlfide. Les rumeurs à votre sujet sont diverses. Les jeunes filles, celles qui n’ont pas encore assez de jugeote pour réellement vous voir sous votre vrai jour, vous trouvent séduisant. Les amateurs d’art vous désignent comme un musicien prodige. Pourtant, vos spectacles sont assassins et vos manières de fonctionner inadéquates. » J’ignorais s’il parlait de mes récents actes ou de choses plus anciennes. Jugeait-il ma relation avec le Grand Chaos ou ne parlait-il uniquement de mon manque de savoir-vivre en dehors de mon domaine de prédilection ? J’aurais pu lui rétorquer un discours semblable, lui, le chef de l’armée au cœur de glace que beaucoup pensaient homosexuel, à commencer par les Archimages Blancs. Pourtant, l’instabilité qu’il éveillait chez moi ne me permettait pas de rester maître de cette conversation. J’aurais préféré pouvoir communiquer avec lui par le jeu de mes instruments mais j’ignorais s’il jouait et s’il serait capable d’entamer un réel dialogue musical. « Je fais de mon mieux. » répondis-je, ne sachant pas réellement si cela lui conviendrait. « Hum. Oui. C’est bien mais ne vous y trompez pas : je suis le bras droit de l’Empereur. » Il y eut un silence entre nous. Je n’étais pas sûr de comprendre la menace. Y en avait-il une, ou pas ? Devais-je m’inquiéter ? Son absence de tonalité dans la voix me laissait perplexe sur l’expression de ses sentiments. Je tiquai. « J’admire le travail de Lux in Tenebris sur vos traits, Val’Aimé. » fis-je, pour changer de sujet. Il me détailla davantage, d’une façon gênante qui me fit sans doute rougir. Il sourit, d’un sourire sans chaleur et sans signification. Il gardait tout à l’intérieur. Il l’avait exécuté dans l’unique objectif de renforcer mon état. « Vous êtes comme un oisillon que l’on aurait placé sur le toit de la plus haute tour, Cyrius. Votre corps s’écrasera par terre violemment dès que vous vous lancerez et, de vous, il ne restera plus rien, qu’une tâche informe. » Je déglutis et me grattai le dos, avant de répondre, dans un sourire naïf. « Sauf si j’apprends à voler. » Son sourire s’agrandit. Il était comme un chat, à attendre en bas de l’arbre que l’oiseau tombât de sa branche. Je fus certain que si je me permettais un faux pas, il ne me raterait pas. J’espérai alors qu’Elias saurait mater la bête, ou que la tendance s'inverse.

« Le résultat est loin d’être satisfaisant. » Sa sentence sonnait exactement de la même manière que la mienne. Allier des soldats à des musiciens était une expérience complexe. Apprendre l’art de la guerre aux artistes se faisait au moins aussi doucement qu’apprendre la musique à des guerriers. « C’est vrai ce que l’on dit, que vous préférez les hommes ? » La question avait fini par m’échapper. Il tourna son regard vers le mien et se perdit dans mes prunelles. Un instant, je crus pouvoir reprendre le dessus et user de ma magie sur lui, comme je l’avais fait avec le Roi. Pourtant, un mur implacable vint écraser ma tentative. Contrairement à Kaahl, il ne nourrissait aucune passion pour la musique, aucune volonté de savoir ce qui résonnait dans les méandres de mes iris. Je sus que Val’Aimé pourrait exister sans entendre la moindre note. Mon art n’éveillait chez lui que du mépris. Il sourit de nouveau, sans répondre à la question. Au lieu de quoi, il m’en posa une autre. « Et vous, que vous aimez l’Empereur Noir ? » « Je… Quoi ? Non… » Ma réaction, presque enfantine, se répercuta sur son air supérieur. Il se détourna vers le groupe qui composait une nouvelle section, non encore au point, de l’armée. « Il me tarde d’assister au Grand Conseil. » murmura-t-il. « Le Grand Conseil ? » « Oh, oui. Suis-je distrait. Je devais vous prévenir de la teneur du Grand Conseil, autrement dit : la réunion de tous les Archimages afin de faire le point sur la situation actuelle. C’est la procédure habituelle en cas de changement d’Empereur Noir. Je transmettrai le rapport à Sa Majesté si elle ne peut y assister. » Il avait fait exprès de ne pas m’informer. « Quand est-ce ? » « Dans deux jours. Bien sûr, je présiderai. C’est pour cette raison que je suis rentré à Amestris. Le Chancelier Isekel ne pourra malheureusement pas faire le déplacement. » Il ne l’avait pas prévenu tout court. Il attendrait très certainement la dernière minute. « Je comprends. » dis-je, étrangement clairvoyant. S’il y avait un soupçon de musique en Val’Aimé, celle-ci concernait Lhéasse. Mon commentaire le fit tiquer à son tour. Dès que les sentiments naissaient, une musique particulière survenait et, de la musique, je pouvais faire ce que je voulais. Finalement, peut-être n’étais-je pas un oisillon, comme il l’avait d’abord pensé. « Saviez-vous que l’Isekel avait eu un rapport avec sa protégée ? » « C’est grotesque. » répondit-il. Je ris d’un rire doucereux et fis apparaître un livre de Contes entre mes doigts. « Vous devriez le lire. » Il le prit, sans faire le moindre commentaire. Il comprendrait sans doute en lisant. Je n’étais décidément pas un oisillon. « Au fait… Est-ce que vous pourriez toujours être le bras droit de l’Empereur Noir si vous perdiez le vôtre ? C’est intéressant comme question, non ? » Il y eut un silence. « Et vous, est-ce que vous pourriez toujours être chef d’orchestre et musicien sans vos mains ? » Un silence pesant. Mes jointures étaient blanches, tant mes doigts, dans mon dos, étaient serrés. « L’on dit que vos yeux pourraient servir à la création de magnifiques bijoux. » « L’on dit aussi que votre peau pourrait faire une toile de maître si elle était détachée de votre corps. » Nous pensions tous les deux à la même chose : tuer l’autre, avant que l’autre ne nous tuât.

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Lun 12 Juil 2021, 19:34



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Rp précédent : Le dîner de l'apocalypse


« Oncle Cyrius… » « Hum ? » « Est-ce que tu es vraiment sûr que c’est une bonne idée ? » Érasme me fixait d’un air ennuyé et perplexe. « Je ne vois pas ce qu’il peut y avoir d’intéressant à un Conseil des Archimages… » souffla-t-il, avant de soupirer. « Surtout sous la table. » Je souris et me penchai vers lui. Mon nez toucha presque le sien. « C’est pour qu’ils ne te voient pas que tu iras sous la table. » « Mais pourquoi faire ? » Je me redressai. « Pour apprendre. » décrétai-je. « Mais… Pfff… J’ai des trucs à faire moi ! » Quel gamin ingrat. Beaucoup tueraient pour ne serait-ce qu’entendre un fragment des conversations qui allaient se dérouler dans la salle. « Et qu’as-tu donc de si important à faire ? » demandai-je. « C’est que la fille de… » « Oublie la. » fis-je, après avoir tapoté son crâne avec le bout de ma canne. Le gamin me fixa comme si je m’apprêtais à lui enlever une sucrerie qu’il avait hâte de dévorer. « Tu n’as pas besoin d’une fille dans ta vie. Tu dois apprendre pour être digne de la Lune Noire. » Surtout qu’il ne faisait aucun doute, à mes yeux, qu’il serait le prochain Roi. Délilah était l’héritière légitime mais elle ne faisait que se pâmer devant sa propre personne et ses courbes aguicheuses. C’en était particulièrement dérangeant et j’espérais n’avoir jamais à croiser cette jeune femme de ma vie. J’en frissonnai même en songeant à ses futurs essais de séduction. Elle était typiquement le genre de personne à user de tous ses atouts. Elle essaierait sans doute de créer un contact avec moi et, si elle y parvenait, je devrais la faire disparaître. Ce serait hautement malheureux. « Je suis déjà digne de la Lune Noire. » entendis-je, en provenance de plus bas. Bien entendu, Érasme n’était qu’un enfant. Néanmoins, il jouissait d’un orgueil très peu commun. Il n’avait pourtant pas tort. Il ne pouvait pas aller contre son Destin mais être un Élu ne signifiait pas forcément vivre très vieux ni même monter sur le trône, comme certains prétendaient trop souvent que ce fût le cas. Si aucune exception n’existait, il ne cesserait d’y avoir des régicides, sans parler de la guerre idéologique qui en découlerait. Qui des enfants de l’Oracle encore vivants était-il le plus légitime d’entre tous ? Elias n’était pas un Élu officiellement, malgré les signes évidents. Sa position, en cela, était fragile. J’en avais parfaitement conscience. Les religieux se tourneraient tout naturellement vers un Élu d’Ethelba si l’un d’eux venait à se présenter. Mais si un tel scénario se déclenchait alors je n’aurais d’autre choix que de tuer personnellement l’idiot qui revendiquerait le trône.  

Convaincre Érasme de se glisser sous la table et de demeurer silencieux ne m’avait pas demandé beaucoup d’efforts. Si j’aimais entendre son avis, le mien dominait largement celui de l’enfant. Il était donc assis sous l’imposante table en chêne de la salle. La chaise de l’Empereur Noir était vide et le demeurerait. Gravitant de chaque côté de cette dernière, il y avait douze sièges. Celui du Kamtiel ne se remplirait pas non plus puisque cet Archimage était tout particulier. Chef de l’espionnage, il ne se montrait pour ainsi dire jamais. Plusieurs hommes et femmes portaient un anneau sigillaire semblable au sien, si bien qu’entre ces individus et les multiples changements d’apparence opérées, il était impossible de connaître son identité de manière certaine. C’était une figure emblématique et mystérieuse du gouvernement qui excitait considérablement les théories des journalistes et les fantasmes du peuple. C’était un homme recherché par les Souverains des autres races et par certains nobles et politiciens importants chez les Sorciers parce qu’il était réputé en savoir beaucoup trop. Bien sûr, il n’était pas la seule figure espionne au monde, loin de là, et, comme partout, c’était un jeu éternel que celui de démasquer les espions de ses alliés et ennemis. Malheureusement, je ne le rencontrerais pas à cette occasion, comme aucun autre Chancelier des Ténèbres d'ailleurs. Il ne s'entretenait qu'avec le Roi. J’étais néanmoins curieux et envisageais déjà un plan pour le dénicher.

« Vous êtes en avance. » Val’Aimé venait d’entrer dans la pièce. J’étais assis à la droite de la chaise royale. « Et à la mauvaise place. » Je souris. « Je n’ai vu aucun nom sur aucune chaise. » lui fis-je remarquer, comme un enfant. Il allait être étonné très bientôt, lorsque Lhéasse Taiji ferait son apparition dans la salle. « Au lieu de nous battre pour une chaise, que diriez-vous d’une conversation à propos des Humains ? J’ai une grande idée les concernant. » dis-je. Il me toisa. « Sans façon et je vous saurais gré de me rendre ma place. »

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Ven 16 Juil 2021, 18:12



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Hémias Taïmon

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- Intelligence : ■■■■□□□
- Magie : ■■■■□□□

⬕ Niveau V Sorcier - Chancelier des Ténèbres - Archimage Negrim - En charge de la Justice, du territoire et de la prison de Ranaghar, des esclaves, des doutes quant à l'alignement des Sorciers. Juge.

⬔ Titres Nobiliaires :
- Duc du Duché de Negrim

⬕ Titres :
- Non

PHYSIQUE

La quarantaine, cheveux noirs, yeux foncés, habillé de noir, air hautain en permanence, charismatique, froid.

PSYCHOLOGIE

Froid, inflexible, intraitable, grand sens de sa Justice, directif, organisé, impitoyable.

PASSE-TEMPS

La Justice. C'est un collectionneur de revues juridiques.

RUMEURS

On sait qu'il a fait enfermer son fils après le meurtre d'Elva Taïmon. Les sévices infligés auraient rendu fou le scientifique. Certains se risquent à dire que Marjorie Taïmon, sa femme aujourd'hui décédée, aurait eu une liaison avec Zachary Paiberym mais ils le disent vraiment très bas.

FAMILLE

⬔ Parents :
Des Taïmon peu connus.

⬕ Femme :
- Marjorie Taïmon, décédée au cœur de la Cité Engloutie lors de la guerre entre les Ondins et les Sorciers. Elle travaillait en étroite collaboration avec l'ancien Chancelier Sabnac, Zachary Paiberym.

⬔ Enfants :

- Le Chancelier (ou la Chancelière) Kaitar
- Elva Taïmon, décédée.

AUTRES

Il a une Orine, Dame Eriko.






Je ne pus jouir de la moindre expression sur le visage de marbre de Val’Aimé Taiji. Pourtant, je sentis sa musique intérieure se troubler lorsque Lhéasse Taiji fit son apparition. Le regard de l’Elzagan se tourna vers moi. Je lui souris d’un air faussement innocent. « Bien. Puisque nous sommes tous ici, qui veut commencer à nous faire le rapport de sa situation ? » Val’Aimé ne s’attarda pas en politesse. Il était évident qu’il était occupé, et agacé, ce qui accroissait mon pouvoir.

Le Negrim se leva. Hémias Taïmon me mettait mal à l’aise. Tout en lui était noir : ses cheveux, ses vêtements, son regard, son aura, son âme. Pourtant, il était peut-être l’homme le plus droit autour de cette table, à l’exception de l’Isekel, ce qui laissait présager du niveau de perfidie du Conseil. Quant à connaître celui qui décrochait la palme du plus fourbe d’entre tous ? Je souris. « Je me porte volontaire. » dit fermement celui-ci. Son air hautain égalait celui de l’Elzagan. Un peu plus et il aurait été possible de trouver un léger air de famille. Val’Aimé avait, cependant, la gueule d’un malade, sans parler du fait que sa face était légèrement tordue et sa peau marquée par Lux in Tenebris comme personne ici. Le Kaitar devait utiliser quelques magies pour effacer les traces de son visage blanc et lisse. « Parfait. Nous vous accordons la parole. » Val’Aimé ne parlait pas de « nous », mais de lui. En tant que bras droit de l’Empereur Noir, il présidait le Conseil en son absence. Il adorait sa place privilégiée, cause de sa haine à mon égard. Lui comme moi savions que j’étais le préféré du Roi. « Et je vous en remercie. » articula poliment Hémias. Il n’avait aucune note. Tout ce qu’il avait à dire était dans sa tête. Le silence, déjà bien installé, s’épaissit. Seul le Chancelier Kaitar, plus loin, souriait d’un air dément. Comme à chaque Conseil, sa sœur bien-aimée était assise sur la place du Kamtiel. Un peintre aurait adoré représenter le gouvernement sorcier. Un squelette en tant qu’Archimage en charge de l’espionnage n’était pas banal pour quiconque n’était pas habitué aux caprices du plus grand scientifique des Terres Noires.

Le Negrim se clarifia la gorge. Il allait commencer par le fâcheux : ce qui nous concernait. « Il semble que certains d’entre vous prennent quelques libertés en matière de Justice. Or, comme vous le savez, je suis la Justice. Que l’Empereur Noir, à l’époque Prince Noir, écorche des opposants politiques en faisant passer ça pour de la jalousie maladive ne doit pas vous donner des idées. » Les extrémités de ses doigts étaient posées fermement sur la table. « Un tel comportement est totalement contraire à nos lois si vous ne passez pas préalablement par moi pour me demander mon avis. Certes, il n’est que consultatif mais vous devez me le demander. Je pourrais faire enfermer la moitié d’entre vous pour ces écarts. » précisa-t-il. « Je vous en ai déjà fait part au précédent Conseil, pour ceux qui étaient présents à l’époque, et je me trouve bien magnanime en ce qui vous concerne donc je vais être bien plus clair : le premier qui se passera du respect des lois finira dans la prison de Ranaghar, loin de sa magie et de ses privilèges. » Son visage était dénué de tout sourire et son regard d’acier. « Bien entendu, je demanderai l’avis du Grand Chaos au préalable mais je suis certain qu’il abondera dans mon sens. Le gouvernement ne peut pas se permettre d’avoir mauvaise réputation pour les mauvaises raisons. Les lois régissent la vie en société et s’appliquent à tous. C’est le b a ba de ce qui est enseigné à l’école. Si certains d'entre vous ont absolument besoin d’y retourner, peut-être que le Chancelier Forcas pourrait leur faire une place dans une quelconque école primaire. Et ne souriez pas, Chancelier Kaitar, vous savez que je peux ordonner une peine éducative, ce qui vous ferait du bien, au demeurant. » Le Kaitar était l’enfant du Negrim. Le premier était fou, ou folle, puisqu’il était totalement impossible de déterminer son sexe.

« Bien. Parlons des vrais sujets à présent. » J’avais l’impression de m’être fait gronder, alors que je n’avais encore rien fait. Si je désirais éliminer quelques gêneurs, il allait peut-être falloir être discret, à moins que je ne désirasse faire bonne figure aux yeux du Negrim. Qu’y gagnerais-je ? « Les établissements pénitenciers de la capitale et des colonies ne présentent aucun intérêt particulier. Quelques Mages Noirs, un groupuscule pitoyable, ont tenté de manifester pour plus de liberté en prison et de meilleures conditions de rétention. Bien entendu, ils ont été arrêtés, jugés et condamnés. Le peuple, dans son ensemble, est favorable aux sévices subis par les prisonniers, puisqu’ils ont été jugés coupables de leurs actes. Bien entendu, il s’avère moins compréhensif lorsque ça le concerne directement mais cela ne change pas avec le temps. » Il marqua une pause, pour montrer qu’il s’apprêtait à changer de sujet. « La situation à Ranaghar est légèrement différente. La cohabitation avec les Magiciens est plus difficile pour les Sorciers, étant donné la disparition constante de leur magie et une différence de mœurs notable, bien que les dernières années aillent dans le sens d’une plus grande tolérance. Néanmoins, comme nous envoyons là-bas les prisonniers les plus dangereux, il est compréhensible que les Sorciers qui gardent la prison se sentent bien plus vulnérables que les Magiciens. J’ai donc choisi de mettre en place plusieurs programmes pour qu’ils puissent se renforcer corporellement et mentalement, même si le personnel sur place a déjà été choisi sur des critères de performances physiques et psychologiques. » Il marqua une nouvelle pause. « Concernant la Terre Blanche, étant donné la récente annexion du territoire, aucun tribunal ni aucune prison n’y ont encore été implantés, un manque qu’il me faudra combler avec l’accord de l’Empereur Noir. » Je souris et pris la parole. « Et au niveau des esclaves ? » Les autres Archimages me fixèrent. Il n’était pas de coutume d’interrompre la performance d’un Chancelier. Pourtant, le Negrim ne sembla pas s’en formaliser. « Les esclaves. Le réseau des Mayfair ne s’est jamais aussi bien porté que depuis la prise de la Terre Blanche. Les Démons possèdent de nombreux avantages. » « Que les Humains n’ont pas, n’est-ce pas ? » « Certes… ? » Je ris. « J’ai une idée d’un ordre économique mais j’en ferai part lorsque le Chancelier Dorak prendra la parole. » « Que voulez-vous savoir au juste sur les esclaves Humains ? » Val’Aimé serra les dents mais se retint de faire le moindre commentaire. « Je m’interroge sur la pertinence de la chose, simplement. Mais j’en reparlerai, je vous assure. Vous comprendrez où je veux en venir. » Ils allaient tous très bien le comprendre. Il n’y avait pas que les Humains. Il y avait les races bénéfiques aussi.

Le Negrim continua à parler encore une vingtaine de minutes, de la situation de la Justice en général, des écoles de droit, du personnel et également des grands procès à venir. L’un d’eux ne manquerait pas de secouer la Capitale lorsqu’il se présenterait. Il évoqua également les Sorciers qu’il surveillait à cause de leur changement potentiel d’alignement. Il termina sur quelques mots à propos des prisons des autres peuples. « Étant donné que l’Empereur Noir désire une plus grande ouverture, je compte y contribuer en envoyant des Sorciers étudier les systèmes de police, de justice et pénitenciers des autres races et empires. Observer la façon de faire de ceux qui accepteront de se prêter au jeu, pourrait nous donner quelques idées à l’avenir. » L’Elzagan détestait que l’on parlât d’ouverture. « Merci Duc Taïmon. » conclut-il sa prestation.

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Kaahl Paiberym
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Sam 21 Aoû 2021, 15:05



Le Chef d'Orchestre


« Attendez, Chancelier Elzagan. » Je lui souris, lorsque son regard heurta ma silhouette. Une seconde s’écoula. Un petit rire m’échappa. « Eh bien ? » s’impatienta-t-il, en ayant visiblement hâte de quitter l'endroit après six heures de discussions. « Pourriez-vous vous pencher afin de regarder sous la table, s’il vous plaît ?» « Si vous parlez du Prince Érasme, je sais qu’il est là. » Mon sourire s’agrandit. « Inutile de vous indiquer que convier le Prince à une réunion de Chanceliers des Ténèbres est interdit. J’imagine que vous le savez parfaitement. » Oui, je le savais. « Je me suis dit que là serait l’occasion pour lui d’apprendre son futur rôle. » Un rictus déforma le visage de Val’Aimé. Il n’était déjà pas très beau en temps normal mais dès qu’il prenait une expression de mécontentement ou, dans un autre style, dès que ses traits s’habillaient d’un air supérieur, il était d’autant plus répugnant. L’étrangeté de son physique me plaisait assez. Dommage qu’il occupât une fonction que je jugeais bien trop proche de l’Empereur Noir. Je n’avais aucune qualité guerrière mais je voulais devenir le bras droit du Grand Chaos. Il m’en empêchait de sa simple présence. J’allais devoir le briser. « Votre jeune protégé s’est endormi à la fin de l’intervention du Negrim. » précisa-t-il, avant de continuer avec une mine suffisante. « De vous à moi, avant que le Prince soit en mesure de récupérer la Couronne, un certain nombre d’événements se seront produits. » La suite fut menace. Je le perçus aisément et en ressentis un léger frisson. « Qui plus est, vous ne serez peut-être plus là pour constater le fruit de vos efforts. » Je ris et m’approchai de lui. « Allons, Val’Aimé, ne soyez pas mauvais joueur. Il me semblait important de prévenir votre amoureux de la réunion d’aujourd’hui. » Ses lèvres n’auraient pu être plus serrées et son expression plus haineuse. « Excusez-moi ? » demanda-t-il, sans que son ton ne laissât percevoir s’il s’agissait d’une question, d’une indignation ou d’une promesse de mort déguisée. Je m’écartai, éprouvant les affres de sa magie. La mienne était suffisamment exigeante pour que je me laissasse atteindre par celle d’un autre.

« Cyrius ? » Nous étions seuls et il n’avait visiblement pas l’intention de mettre les formes unilatéralement. « Oui ? » « En combien de temps pensez-vous que je pourrais vous tuer si je décidais de le faire ? » Direct et franc. Je fis un tour sur moi-même, comme un danseur de ballet, avant de fixer mon regard dans le sien. Je sentais la corde sensible de son amour malsain pour Lhéasse sous mes doigts. Il me suffirait de la bouger légèrement pour créer chez lui un malaise grandissant, jusqu’à ce qu’il fît ce que je désirais. Je ris. « Croyez-moi, quand bien même vous essaieriez toute votre vie, vous n’arriverez pas à me tuer. » « Vous avez de nombreux défauts, Cyrius. Je ne pensais néanmoins pas que l’orgueil en faisait partie. » Je tendis les bras de chaque côté de mon corps et fis une révérence burlesque. « N’hésitez pas à essayer. » dis-je. « Cela me donnera une bonne raison d’invoquer la légitime défense. » Je levai l’index en l’air. « Oh ! D’ailleurs ! Qu’avez-vous pensé de mon idée concernant les Humains ? » Il resta un instant statique. « Tant que vous ne me proposerez pas d’éliminer cette vermine, je trouverai vos idées les concernant médiocres. Les Humains, à l’instar de la plupart des peuples qui couvrent ce monde, ne sont qu’un ramassis d’immondices sur lequel j’aurais déjà marché si les volontés de l’Empereur concordaient avec les miennes. » « Oui mais ce n’est pas le cas. » Il sourit d’un air qui ne me plût pas. J’avais déjà noté plus d’une fois que Val’Aimé contrôlait ses émotions. Il laissait paraître ce qu’il désirait. Il y avait que lorsque Lhéasse était impliqué qu’il perdait la maîtrise absolue. Pourtant, à ce moment précis, je sus qu’il n’attendait qu’une occasion pour que le Grand Chaos lui donnât raison. « Vous savez, vous n’êtes pas le seul orgueilleux qui pense pouvoir être plus intelligent que les autres à la ronde. Lorsque l’Empereur Noir s’apercevra qu’il ne sert à rien de parlementer avec certains peuples, il se tournera vers moi. Savez-vous ce que je pense ? » « Vous allez me le dire. » « L’Empereur contrôle un nombre incalculable de créatures redoutables, en plus du reste. Sans parler du fait qu’il y a ce que nous savons tous les deux et ce que nous ne savons pas. Aujourd’hui, il est magnanime et patient parce qu’il peut se le permettre. Il faudrait être fou pour lui déclarer la guerre, bien que les étrangers n’aient pas connaissance de la totalité de l’affaire. Le monde a de la chance, pour l’instant. » Je souris. « Pour une fois, nous sommes d’accord. Cela dit, il s’agit là de l’occasion pour les Sorciers d’obtenir plus que ce qu’ils n’ont jamais eu. Ce serait dommage de montrer la face ténébreuse de l’iceberg et de briser cette chance. » « Certes mais votre hypocrisie me débecte. À quoi bon promettre de belles alliances à l’extérieur lorsque nous savons tous les deux que cette face existe et ressortira à un moment ou à un autre ? » Je ris. « Parce qu’il est dans notre nature d’être des traîtres. Vous, vous ne trahissez personne. Tout le monde sait quels sont vos desseins. Vous vous comportez comme un Démon. Alors qu’en ce qui me concerne, vous n’en savez rien. Vous ne le saurez que lorsque j’aurai terminé. » « Je n’aimerais pas vous avoir en ami. » « Dans ce cas, je peux d'ores et déjà vous rassurer. Nous ne serons jamais amis. Je vous tuerai bien avant que nous nous rapprochions. » « Au moins un desseins que vous ne dissimulez pas. » Je penchai la tête sur le côté. Je venais de lui promettre la mort sans qu’il ne s’en trouvât troublé. Quel homme étrange.

Je regardai la table et usai de magie pour sortir le Prince Érasme de là. Réveillé, avec la marque du parquet sur la joue, il me fixa, la tête en bas, troublé. Il tourna le regard vers Val’Aimé qui fronça les sourcils. « Comment allons-nous le tuer ? » me demanda-t-il, avec un ton si sérieux qu’Érasme prit peur et se mit à pleurer.

1048 mots
Fin

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