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 L'élixir de longue-vie [Alcide & Otoris]

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Siruu Belhades
~ Sorcier ~ Niveau III ~

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Siruu Belhades
Dim 6 Sep 2020 - 13:35




Otoris n'avait jamais mis les pieds en dehors de Bashel ou des terres magiciennes. En vérité, on pourrait le considérer comme un enfant assez casanier. Même le ciel rose de Cael était pour lui une étrangeté qu'il n'avait pas fréquemment l'occasion d'observer. Alors, en apparaissant ici, le garçon put immédiatement sentir que l'air était différent. « On est où ? » Il s'adressait à un vieillard, seule personne à proximité. Son faciès lui rappelait vaguement celui d'un de ses anciens professeurs. Il avait essayé de les emmener à Taelora pour une classe verte mais… eh bien, c'est une histoire pour un autre jour. « Au village de Naglen. »« Mais… c'est où ? »« Sur le Continent Pas Dévasté. »« Quoi ? » Otoris était certain d'avoir entendu correctement, mais le mot lui avait échappé. L'hypothèse la plus logique voulait que ce vieil homme soit sarcastique, mais le magicien n'avait pas envie d'envisager cette possibilité. Une autre idée, plus plaisante, s'imposait à lui. Il avait déjà visité le Monde Idéal, dans l'un de ses rêves. Peut-être qu'il s'agissait là encore d'une sorte d'Univers à part ? C'était peu probable, mais particulièrement satisfaisant à imaginer. « Comment s'appelle ce monde ? »

Le vieillard resta figé quelques secondes, cherchant à évaluer l'état du magicien. Cette question n'avait aucun sens, si bien qu'il en venait à la conclusion que quelqu'un avait dû frapper cet élève avec un caillou un peu trop lourd. Son visage paraissait intact au premier abord, pourtant. « Les terres du Yang et du Yin. Tu vas bien ? »« Vous êtes sûr de ne pas avoir inversé deux mots ? »« Non. Mon pauvre, tu as l'air... perdu. » En réalité, "Débile" était le premier mot qui lui était venu à l'esprit, mais il préférait rester courtois. « Viens, je vais t'emmener à la caserne. C'est le seul endroit sûr, par ici. » Ce n'était pas des mots particulièrement rassurants à entendre mais, à défaut de vouloir rester planté ici, Otoris accepta. L'aventure pourrait se révéler enrichissante.



Otoris n'était pas un brillant élève. Si les professeurs pouvaient louer son engouement et sa persévérance, ses incessantes questions flirtant avec les limites du harcèlement n'étaient pas toujours pertinentes, et dérangeaient parfois même le cours de la classe. Alors, les  instituteurs étaient contraints de  sermonner le magicien, quand bien même ses intentions étaient bonnes. Cela le blessait mais, fidèle à l'autorité, il finissait par  accepter sa punition et se retenait de parler. C'était  uniquement dans ce contexte, diraient ses instituteurs, que le garçon pouvait être un bon élément. Ils auraient tort, car il existe une qualité qu'Otoris n'a que rarement l'occasion de montrer durant un cours magistral : l'adaptabilité.

C'est grâce à cette capacité  inouïe que le mage bleu avait pu se faire au Terres du Yang et du Yin. Qu'était-ce au juste ? Eh bien, il ne le savait pas trop. Cet endroit étrange ressemblait par beaucoup d'aspects aux Terres qu'Otoris avait toujours connues et aimées. Cependant, les quelques différences étaient notables : d'une part, l'alignement des races semblait s'être inversé. Les ygdraë, par exemple, étaient présentés comme une race puissante et esclavagiste, dont la politique se trouvait rythmée par les complots et les tragédies. Plus encore, certains événements n'ayant pas – encore – eu lieu dans la réalité semblaient être présents ici. Les sorciers, par exemple, semblaient avoir subi un massacre qui avait drastiquement réduit leurs nombres. Ils étaient des guérisseurs croyant que la magie devait profiter à tous, par  opposition à leurs persécuteurs  les magiciens, qui prônaient la suprématie de la Magie Bleue.

Otoris n'aimait pas vraiment l'idée d'être perçu comme un personnage sanguinaire et arrogant. Alors, quand bien même le nom de magicien lui était le plus familier, il avait décidé de s'en éloigner. Il ne se présentait pas non plus comme un sorcier : à chaque fois que sa race était au centre d'une question, il inventait un mensonge ou changeait de sujet. De toute façon, sa tâche ici était importante : il devait être diplomate. Tout  du moins, c'était le rôle qu'il s'était attribué une fois arrivé à la caserne du village. Otoris s'était dit que, quitte à être enfermé dans ce monde qui lui était étrange, autant y cultiver des compétences. Pour une raison ou pour une autre, les soldats avaient accepté sans poser de questions l'idée de laisser ces responsabilités à un prépubère. Parfois, il était triste à propos de sa famille et de ses amis, mais il se rassurait en s'affirmant qu'il pourrait bientôt les rejoindre. Il n'était ici que depuis quelques semaines : la clé pour quitter cet univers parallèle devait être un peu mieux cachée que cela.

La capitaine s'approchait d'Otoris. « Mes troupes ont reçu l'ordre. Le conflit sera résolu, grâce à vous. » Le garçon lui offrit son plus beau sourire, heureux de voir que sa méthode avait marché. Comment aurait-il pu en être autrement ? Il avait la Conciliation dans le sang. La querelle dont il était question avait de quoi intimider. Voilà des générations que cette guerre froide persistait : la famille de bûcherons du village était en conflit avec le clan des taverniers. Les chefs respectifs de ces groupes pouvaient tous deux prétendre à l'héritage d'un petit chalet local, situé sur la colline. Un cycle de vendettas avait alors démarré, le conflit s'éternisant jusqu'à atteindre un point de non-retour. Otoris, en médiateur improvisé, avait tout naturellement conseillé aux gardes de la ville de couper la maison en deux avec une grosse scie et des marteaux. Il suffirait ensuite d'ajouter d'immenses paravents au niveau de la séparation pour que les chefs du clan des taverniers et des bûcherons ne se voient pas. Chacun aurait sa partie de la maison, et tout se passerait à merveilles.

« Ne te réjouis pas trop vite. Il y a un autre problème. » Otoris arrêta immédiatement de tricoter. C'était sa manière de signaler qu'il était sérieux, et que sa concentration atteignait son maximum. « Un groupe secret se rassemble tous les soirs près de l'arbre tordu. Leur nom serait Méchantes & Maléfiques. Apparemment, ce sont des magiciennes sous couverture, donc elles ont de mauvaises intentions. »« Vraiment ? Mais alors il faut  les arrêter ! »« On ne connaît pas leurs identités, donc on ne peut rien faire dans l'immédiat. Ce qu'on sait, c'est qu'elles utilisent des noms de code. Ils sont Cunégonde, Mertlebis, Castagnette et Sabrina. »« Et qu'est-ce qu'elles ont fait de si mal ? Peut-être que c'est juste un malentendu. »« Elles prévoient d'aspirer la jeunesse de tous les enfants du village. » Otoris s'imagina alors couvert de rides. « C'est terrible ! Qu'est-ce qu'il faut faire pour les attraper ? »« Pour le moment, elles n'ont pas agi. On pense qu'elles prévoient de tester leur potion dans les prochains jours. L'ingrédient principal doit être dérivé d'une personne en particulier, apparemment. Le chevalier local. » La capitaine posa un parchemin sur la table. « Tiens, regarde, c'est ce qu'elles ont laissé tombé près de l'arbre tordu. » Otoris parcourait le papier du regard. Il aurait presque préféré ne pas savoir lire le langage commun à cet instant, car la recette semblait affreuse. Elles avaient détaillé le processus de synthèse pour une sorte d'élixir de jouvence extrême. Le sang et la moelle osseuse du chevalier dénommé Alcide devaient être bouillis et mélangés au reste de la potion pour créer un onguent, qu'elles appelaient l'Alcide hyaluronique.

« C'est… c'est franchement angélique… » Il s'était très rapidement habitué à la terminologie du nouveau monde. Il fallait simplement espérer qu'une fois de retour à Basphel, il ne se mettrait pas à louer la bonté d'une personne en la qualifiant de démoniaque. « Mais en quoi je peux aider ? Je suis médiateur, pas gladiateur. »«  On s'est dit que vous pouviez servir de doublure. On vous habille comme le chevalier, elles vous attrapent et pendant ce temps-là je vais le prévenir pour qu'il les attaque. C'est le seul à pouvoir les battre : mes soldats sont occupés à scier le chalet. » Devenir un appât ne plaisait pas à Otoris. « Mais j'aurais de grandes chances de mourir ? »« Oui. » L'enfant prit le temps de réfléchir à ce plan. Il ne pouvait pas laisser ces monstres mettre au point un liquide si hydratant et lissant pour la peau. En plus, elles étaient méchantes. « J'accepte. »

1470 mots.


L'élixir de longue-vie [Alcide & Otoris] 3v8q
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Priam et Laëth
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Priam et Laëth
Mer 14 Oct 2020 - 16:43



Beach at Night by Dominik Mayer (on artstation.com)

L’élixir de longue-vie

En duo avec Otoris



Les Anges étaient cannibales, et ça, c’était franchement bizarre. Alcide fit la moue. Laëth n’avait rien d’une cannibale. Il n’avait jamais fait de repas entier avec elle, mais elle mangeait les sucreries qu’il lui offrait. Elle aimait les gâteaux, les crêpes, les glaces, et toutes ces bonnes choses que les cannibales ne peuvent décemment pas aimer – puisqu’ils ne sont eux-mêmes pas bons. Peut-être n’était-elle pas une Ange ? Impossible. Il avait vu ses ailes, et il se dégageait une aura… une aura. Une aura d’Immaculée. Les yeux plissés, le gamin bougea sa bouche de gauche à droite, plusieurs fois, à un rythme rapide. Finalement, il s’avança vers une silhouette. « Madame ? » - « Petit, bonjour. » Elle lui sourit, d’un sourire un peu tordu. Il le lui rendit, en un peu mieux. « On est où, ici ? C’est une fête foraine ? Un manoir hanté ? » Il avait entendu parler de ces choses-là, qui pouvaient jouer sur les peurs et l’absurde. Cela lui semblait tout indiqué. Visiblement surprise, la femme le dévisagea de bas en haut. « Yin du et Yang du Terres les sur. » Le jeune Magicien tourna légèrement la tête sur le côté et ouvrit la bouche, puis la referma. Il inspira, la rouvrit, la referma, se redressa, fronça les sourcils, articula poliment : « Je suis désolé, mais je ne comprends rien à ce que vous dites. » - « Sourd es tu ? » - « Non. » - « Commun langage le pas parles ne tu ? » Il dévisagea la dame, avec une grimace d’incompréhension. « Je ne… Hum. C’est pas grave. » Il lui adressa son plus grand sourire. « Bonne journée, Madame ! » - « Garçon mon, journée bonne ! »

Les Anges étaient cannibales, mais ce n’était pas tout. Les Démons œuvraient pour la paix et la prospérité, au nom de l’amour et des licornes pailletées – une espèce rare, et heureusement, parce que leur pelage scintillant donnait rapidement la migraine, s’il ne déclenchait pas des crises impromptues d’épilepsie. Les Sirènes nageaient dans le ciel : elles bondissaient gaiement d’un nuage à l’autre. Leurs chants répandaient la joie dans les cœurs et avaient le don de rassurer n’importe qui. On racontait que les bébés commençaient à faire leurs nuits dès lors qu’une Ondine passait, chaque soir, lui fredonner une berceuse. Personne ne les voyait agir de la sorte, car elles étaient discrètes et timides. Les Réprouvés étaient des tailleurs réputés pour la finesse de leur dentelle, mais aussi des danseurs classiques à la renommée mondiale. Certains prétendaient que leurs mains étaient si délicates qu’elles auraient pu se faufiler dans la plus étroite des serrures. Quant aux Déchus, ils vivaient dans des monastères au sein desquels on pouvait venir se ressourcer et trouver une aide psychologique pour surmonter les épreuves de l’existence – ou expier ses fautes de manière violente. Ils menaient une vie humble et tranquille, bercée par les murmures de nombreux cours d’eau et les sifflements des coups de fouet – ce qui était un détail qui pouvait se raccrocher à la réalité, mais d’une façon telle que l’innocence d’Alcide ne pouvait l’envisager. Quiconque aurait parcouru les Terres du Yang et du Yin aurait songé qu’il s’agissait d’un endroit surprenant, voire complètement fou. L’enfant, qui ne connaissait rien d’autre des Terres du Yin et du Yang que les récits que l’on avait pu lui en faire, s’adapta relativement vite à ce monde à l’envers.

Sa famille lui manquait souvent. Nounou Bonbon aussi. Toutefois, comme on lui avait promis qu’ils arriveraient bientôt, par bateau volant, il prenait son mal en patience. Ce n’était pas très difficile, car il ne voyait pas ses journées défiler. Fait Chevalier chez les Sorciers – il s’était demandé s’il n’en était pas un, en vérité –, il courait de village en village pour sauver la marâtre et le meurtrier – mots qui n’avaient absolument pas le sens qu’il leur avait toujours attribué, auparavant. Dans ces missions, il avait toujours deux acolytes : son fringuant poney Junino et une grenouille qu’il avait trouvé sur le bord de la route. Comme elle avait le pouvoir de réaliser les meilleurs gâteaux du monde – même si c’était pour les jeter à la figure des « gentils » – et qu’elle avait toujours l’air de sourire, il l’avait appelée Gustine.

Malheureusement, tout héros a des ennemis. Alcide n’échappait pas à la règle. Que ce fût le fruit du hasard ou le résultat d’une grande machination, sa moelle osseuse et son sang avaient soudainement acquis une valeur insoupçonnée. Si on les lui retirait, il ne serait plus Alcide le Chevalier Bleu, mais l’Alcide hyaluronique, ce qui, en plus de le laisser perplexe, le dégoûtait. Des Magiciennes voulaient s’en servir pour priver les enfants de leur jeunesse. Or, non seulement il n’avait pas l’intention de mourir avant de revoir sa famille, mais en plus il était hors de question que ces gentilles dames fissent le moindre mal à des coupables. Pis encore, elles visaient précisément les habitants de son village d’arrivée, et donc de son village préféré : celui de Neglan. Dès que la nouvelle s’était répandue, les soldats étaient entrés en contact avec lui, et ils avaient élaboré un plan. Infaillible.

Le médiateur du village se ferait passer pour lui. Fort de cette stratégie, il lui avait fait parvenir l’une de ses armures. La visière du casque, mal fixée, ne cessait de lui tomber devant le visage. Cependant, il s’agissait de la plus solide qu’il possédât. Il ne voulait pas prendre de risques inutiles.

C’est ainsi que, le jour J, le diplomate servit d’appât. Il avait pour ordre de se promener aux alentours de l’arbre crochu. De son côté, Alcide devait le suivre, en toute discrétion. Vêtu de noir, il avançait à pas de loup, Gustine sur son épaule. Junino était demeuré à la lisière de la forêt. Néanmoins, un sifflement suffirait pour qu’il revînt au grand galop. « Minuit, Gustine ! C’est l’heure du… non, pas des rimes ! Du crime ! » Tapis dans des fourrés, il se tint prêt. Les trois harpies, aussi cabossées que cabochardes, apparurent soudainement. Leurs rires stridents s’apparentaient presque à des hurlements. Elles volaient, les deux pieds posés sur leurs baguettes magiques, et leurs balais à la main. Le petit garçon saisit son épée à deux mains et s’élança hors des buissons. « AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH ! »



« Je te jure, Adelle ! Pendant que je me ruais sur les trois Magiciennes, les gardes qui n’étaient pas occupés à scier le chalet ont tiré le médiateur de là, et puis j’ai tué les trois dames, et après c’était la paix, et tous les enfants étaient heureux, et plus personne avait peur ! Et même que je rencontrais le roi et la reine, et ils me faisaient Chevalier la couronne ! C’était trop bien ! » Adelle sourit et passa une main dans les cheveux du gamin. « Tu as une imagination débordante. » Elle s’accroupit et lui planta un baiser sur la joue. « C’est vraiment arrivé, je te dis ! C’était réel ! » Elle sourit et ébouriffa sa tignasse.



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