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 Réponds-moi et je serai à toi | Kaahl

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Ven 14 Aoû 2020, 23:32

Réponds-moi et je serai à toi | Kaahl 1525539476-carnet6

« À l’attention d’Elias Salvatore,

Je vous donne rendez-vous à Koubai, village agricole en Terres d’Émeraude. Je pense que nous y serons tous deux en sécurité, si tant est que vous n’êtes pas allergique aux fraises, et que vous ne prévoyez pas d’attenter aux lieux ou à ma personne. Si l’endroit ne vous satisfait pas, je vous prie de me le faire connaître. Il n’est pas aisé de savoir où rencontrer le Prince Noir en toute sécurité, et j’ai présumé que vous possédiez, au vu de votre popularité, des ennemis sur tous les continents.

En revanche, si le lieu vous convient, je vous y accueillerais lors du premier jour qui marquera la saison des Astres. Retrouvez-moi près des plantations de fraisiers, deux heures après que Jeriel est atteint son Zénith.

Sincèrement vôtre,

Diana Aldaria. »
La lettre avait été envoyée après les résultats de l’épreuve sorcière de la Coupe des Nations, peu de temps avant le couronnement du nouvel Empereur Noir. Diana était donc certaine qu’elle était parvenue à son destinataire. Savoir cela l’angoissait particulièrement, à présent que l’heure du rendez-vous s’approchait. Quelque part, elle espérait que l’homme lui ferait volontairement faux bond. Elle avait eu le temps de réfléchir à son avenir, si celui-ci s’annonçait être à ses côtés, et elle avait eu la présence d’esprit de l’appréhender. Elle se sentait fautive de ne pas respecter la petite liste de maîtres potentiels qui lui avait été confiée lors de sa sortie de Maëlith. Cette liste prouvait que le Mars n’avait jamais jugé qu’elle serait une Orine honorable pour le Salvatore et, peut-être avait-il raison. Après tout, elle était une abomination de la nature et elle le savait désormais.

En étant un clone ayant eu directement l’âge de quitter la Cité Mère, Diana n’avait pas pu profiter de l’entièreté de l’enseignement que les autres Orines avaient reçu pendant leur enfance. Elle se sentait inexpérimentée et, là était la raison de son absence de maître. Elle avait voulu profiter de la vie et se nourrir de chaque rencontre, espérant être ainsi plus capable de servir convenablement, sans passer pour une incapable. Elle avait eu tort. Si Diana s’était liée tout de suite à sa sortie, sans jamais écouter son souhait d’indépendance, alors elle n’aurait pas été dans des situations catastrophiques. Peut-être n’aurait-elle jamais eu ces cauchemars horribles qui l’assiégeaient autrefois. Peut-être n’aurait-elle jamais tenté de mettre fin à ses jours. Peut-être n’aurait-elle jamais été violée... Elle n’avait jamais compris pourquoi la nature des Terres ne l'avait pas préservée ce jour-là.  Mais, comme la Lune Rouge était apparue peu après, elle avait cessé de se demander pourquoi. Phoebe semblait avoir été prise d’un mal bien plus important que le sort d’un clone, qui, au final, avait été aidée. Diana espérait que tout était rentrée dans l’ordre à présent. Cela faisait peut-être bien une année que l’évènement s’était passé.

La brune plaçait une main sur son ventre plat. Ses yeux bleus scrutaient l’horizon alors qu’elle était assise sur un banc. Devant elle, une plantation de fraisiers et de fleurs colorées donnait à l’air une odeur sucrée. L’Orine suivait la courbure du sentier qui la traversait. Elle ne savait ni par où, ni comment l’homme allait arriver. Par la route nord ? Celle du sud ? Par le sentier qui lui faisait face ? Ou allait-il directement apparaître par téléportation devant elle ? Elle devait se préparer à toutes éventualités. Aussi, elle veillait à ne pas s’avachir dans son assise et à garder une posture altière, les jambes soigneusement pliées, l’une contre l’autre, sur le côté. L’Orine avait aussi fait un effort vestimentaire, bien qu’elle ne se fût pas aussi bien apprêtée que lors de l’Épreuve. Ses cheveux étaient ornés d’une fine couronne de fleurs et elle portait une robe empire blanche des plus simples. Elle ne se sentait pas à son aise dedans, préférant amplement les pantalons aux jupons, mais n’avait pas cru bon de se montrer, habillée comme une aventurière, devant l’Empereur Noir. À dire vrai, elle avait peur de lui, même ici alors que les lieux pouvaient la protéger. Aussi, elle ne souhaitait pas commettre d’impairs en sa présence. Comment devait-elle l’appeler quand il sera là, d’ailleurs ? Sa Majesté l’Empereur ? Votre Sublime Altesse Royale ? N’était-ce pas un peu trop ? Elle ne l’avait pas encore rencontré et il était déjà si difficile de deviner ses désirs...

Les yeux de la brune quittèrent le sentier pour regarder son luth. Celui-ci reposait sur le côté droit du banc. Sa présence rassura légèrement l’Orine. Pendant un instant, elle hésita à se saisir de son compagnon de voyage pour gratter ses cordes. Diana ne résista pas longtemps à l’appel et tira l’instrument jusqu’à le reposer sur ses cuisses. Ses yeux se fermaient alors qu’elle réfléchissait à son premier accord. Quand la brune décida de ce dernier, une jolie mélodie s’élevait dans les airs. Pendant que la musique calmait ses angoisses. Elle réfléchissait plus calmement à la suite des évènements. Son Énigme était déjà prête et elle n’avait pas l’intention de simplifier la chose quand le Salvatore viendra à elle. Peut-être sera-t-elle pour lui un jeu d’enfant à résoudre ? Pourtant, Diana espérait le contraire, seulement pour voir un grand homme peiner devant une invention de son esprit. Ses espoirs étaient sans doute vains mais peu importait ; l’Empereur était fou pour vouloir se lier à une Orine aussi étrange.

Elle remua un peu pour se mettre dans une position plus agréable. Ses cuisses s’étaient desserrées pour lui permettre une meilleure prise sur son instrument. Son buste était à présent légèrement penché en avant, au dessus du luth. Elle balançait calmement le haut son corps de gauche à droite, sous le rythme de la musique, telle une fleur sauvage bercée par les faibles brises de ce début d’après-midi. Derrière elle, le petit village de Koubai était tranquille et la majeure partie de sa population entretenait ses innombrables plantations. Elle était donc seule et son masque de fille sophistiquée tomba pendant un instant. Cependant, quand elle entendit un faible bruit à ses côtés, l’Orine cessa instantanément sa mélodie tout en ouvrant les yeux et en se redressant, aussi droite qu’elle l’était précédemment. En tournant vivement sa tête vers le son, une mèche lui barra le visage. Elle s’empressa de la replacer soigneusement.

1050 Mots
Je vais essayer de pas t'agresser avec des pavés /sbaff

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Kaahl Paiberym
~ Sorcier ~ Niveau VI ~

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Kaahl Paiberym
Sam 15 Aoû 2020, 12:03



« Tu sais, Daé, il y a beaucoup de choses qui m’effraient mais le Destin est pire que la mort. Je ne sais pas comment tu fais. » Nous étions étendus, l’un à côté de l’autre. Il faisait nuit et mes cheveux étaient étalés dans l’herbe. La rosée du matin ne l’avait pas encore humidifiée et la chaleur de la journée semblait toujours présente, contre elle. Il ne répondit pas. Au lieu de ça, il sourit. Je reportai mon regard vers les étoiles et les constellations. J’admirai l’Oracle des Ténèbres, perdu dans mes pensées. Après quelques minutes, je finis par reprendre la parole. « J’apprendrai les rouages du temps et je les détruirai. » Ce fut à mon tour de sourire, avec une insolence qui pouvait également se lire au fond de mes prunelles. Je détruirai l’ordre établi, parce que le véritable Chaos ne pouvait naître dans un monde où chaque action, ou presque, était préétablie. Je ne pouvais pas être nommé Empereur Noir, être l’Élu de la Lune Noire et me contenter d’un morceau de pain, jeté là par le Destin. Les souvenirs de mon frère m’avaient ouvert les yeux, un peu trop diraient certains.

Je me redressai. Je n’avais plus le même physique. J’étais plus jeune. Ma peau était laiteuse. Mes cheveux étaient bleutés, presque blancs. Je flottais au milieu des points scintillants qu’étaient les étoiles. Il n’y avait aucun son et, pourtant, j’entendais un chant silencieux. Je ne contrôlais pas vraiment ce rêve. J’étais conscient de moi, j’arrivais à réfléchir mais mes pensées ne se traduisaient pas en actes. Je comprenais que la présence de Daé m’avait sans doute été imposée, tout comme son absence actuelle. Mon discours m’avait été murmuré, par une force qui me dépassait. Cette force, ainsi nommée, apparut dans mon chant de vision. C’était un homme aux longs cheveux bleutés, pastels. Son regard avait dû être foncé un jour. Il tendait sur le doré aujourd’hui, un doré clair semblant sans fond. Son aura n’était pas bénéfique. Il était sage mais appartenait aux ténèbres. « Comment trouves-tu les étoiles ? » me demanda-t-il. « Elles m’effraient. » répondis-je, avec une voix trop enfantine pour qu’elle pût être la mienne. Pourtant, elle me semblait étrangement familière. Le Monde des Rêves savait jouer avec les sens de ceux qu’il enfermait en son sein chaque nuit. Il me semblait que, ces derniers temps, mon existence connaissait une accalmie. Je me retirais presque du monde des individus normaux, pour frôler des considérations plus complexes, toutes celles qui amenaient la dépression, toutes celles qui m’emmèneraient vers ma fin. Le malheur semblait attendre au tournant ceux qui s’aventuraient trop loin sur le chemin de la connaissance. J’avais aussi conscience que les grands principes placés entre mes doigts me donnaient un pouvoir inédit. C’était paradoxal. Je n’avais jamais été aussi puissant et, pourtant, je me savais impuissant, à suivre comme un mouton un chemin qui avait été tracé pour moi, à marcher au milieu des Esprits de ceux qui avaient connu le trépas avant moi, à rêver dans un monde qui ne m’appartenait pas et dans lequel d’autres forces entraient en jeu. J’étais un pantin et je comprenais la folie qui étreignait Devaraj. Peut-être était-elle la seule solution pour les esprits trop conscients de la réalité ? La folie. La drogue. L’alcool. L’oubli. Ces quatre solutions ne me convenaient pas. Je fronçai les sourcils, luttant contre lui pour reprendre la maîtrise du rêve. Ça le fit rire mais il me laissa de l’amplitude. Je soupirai et me mis à jouer avec les étoiles, pour créer une constellation en forme de corbeau qui vint se poser sur ma main. Les songes ne s’encombraient d’aucune logique.

J’étais arrivé en avance, afin de pouvoir profiter de Koubai. Un saladier de fraises à la main, je me promenais entre les habitations et les vergers. J’avais pris une apparence différente, si bien que quelques murmures s’élevaient sur mon chemin. La question que tous se posaient était celle de savoir si je n’étais pas une Orine homme, par hasard. J’en avais le style vestimentaire. J’avais détruit le Sorcier pour le remplacer par l’Ange. C’était plus prudent, même si j’avais obtenu un semblant d’apaisement interne difficilement. La partie angélique de mon être n’aimait pas celle qui était maléfique. Elles se battaient. Les fraises avaient eu le mérite de concilier tout le monde. Je m’arrêtai pour contempler une jeune femme ramasser les fruits rouges. Elle releva la tête en m’apercevant et ses joues rosirent sous l'insistance de mon regard. La réaction me fit rire. Ce n’était pas en tant que Mage Noir que je provoquais ce genre de troubles. C’était aussi la raison pour laquelle j’avais décidé de rencontrer Diana ainsi. Ange, mon aura magique était bénéfique. C’était un cadeau que je lui faisais, en sachant que si j’arrivais à répondre correctement à son énigme, la suite serait beaucoup moins évidente pour elle.

J’aimais les musiciens. C’était comme si ceux qui jouaient d’un instrument possédaient le pouvoir d’éveiller ma curiosité. Quelle que fût la race qui m’habitait, ce fait ne changeait jamais. Mes yeux parcoururent le dos de l’Orine. Ce n’était pas parfait, loin de là, mais je ne jugeais pas. La tolérance de l’Ange, pour une fois, égalait celle du Sorcier. En matière de musique, seul l’entraînement payait. Ma main disparut dans le tissu de mon kimono quelques secondes. Mes doigts glissèrent le long d’un ruban que j’ôtai de la poche. Ce fut le bruit de ce dernier qui attira l’attention de la brune. Je souris, continuant le mouvement de ce qui s’enroula autour de sa tête. Je ne voulais pas qu’elle me vît, pas tout de suite. Une fois que la magie l’eut noué correctement, je m’approchai. « Vous ne devez pas avoir un grand instinct de survie pour désirer être liée à moi, Diana. » Elle n’était pas la seule dans ce cas. « Rasseyez-vous, je vous en prie. Vous pouvez aussi continuer de jouer, ça ne me dérange pas. » Je pouvais peut-être même l’accompagner. C’était tentant mais je tremblais déjà à l’idée de la lier à moi et, par extension, à toutes les facettes de ma propre personnalité. Le Sorcier n’était pas le seul à effrayer l’Ange. Le Vampire était assoiffé, la Déchue était violente et autodestructrice. En tant qu’Ailes Blanches, je compris aisément que la meilleure façon de protéger cette femme était de ne pas répondre correctement à l’énigme. Pourtant, elle pouvait aussi s’avérer être une ressource inestimable. Je m'assis et, doucement, je lui pris la main, afin de guider ses doigts jusqu’au saladier. « Voulez-vous une fraise ? » demandai-je. « Je crains d’avoir eu les yeux plus gros que le ventre. » Je souris. « Ne m’en veuillez pas pour le ruban. Je préfère simplement que la vision de ma personne ne trouble pas votre jugement. »

1106 mots
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Dim 16 Aoû 2020, 21:47

Réponds-moi et je serai à toi | Kaahl 1525539476-carnet6


Le ruban sur les yeux, l’Orine frémit. Sa nuque, heureusement cachée par sa chevelure ébène, se teintait de frissons. Son premier réflexe fut de mettre une main sur le tissu qui occultait sa vision. Il était doux, mais le fait de ne rien voir la plongeait dans un malaise profond. Pourtant, elle n’essayait pas de le retirer. Diana ne voulait pas jouer avec les désirs étranges de celui qui l’avait rejointe, craignant sa réaction si elle le faisait. Cependant, pour une étrange raison, l’Orine était soulagée qu’il fut enfin ici. Elle avait sans doute trop appréhendé leur rencontre et, même si elle avait à ses côtés l’Empereur Noir en personne, il ne lui semblait pas percevoir l’extraordinaire malveillance à laquelle elle s’était attendue. Cependant, peut-être était-elle trop naïve, comme ses sœurs Orines, et ne se méfiait-elle pas assez du mal qui s’approchait ?

Doucement, elle laissa retomber sa main sur les cordes de son luth, en écoutant la remarque de l’homme sur son instinct de survie. Celle-ci lui arracha un sourire discret, légèrement amer. Elle ne le désirait pas. Tout du moins, pas vraiment.  Diana aurait voulu continuer à arpenter les différentes contrées de ce monde et vivre éternellement du théâtre. Mais ce rêve était impossible. Elle était née Orine ; avec ce vide constant dans la poitrine, un vide qui ne faisait que s’agrandir en l’absence du Lien. Aujourd’hui, la brune n’était plus certaine de pouvoir continuer à lutter longtemps contre lui. Ce vide l’avait presque amenée à commettre l’irréparable et à se conduire elle-même aux portes de la mort. Elle n’était que peu de choses face à sa condition. Elle n’était que peu de choses face aux rouages du Destin. Si elle n’avait pas été la représentante de son peuple lors de l’épreuve sorcière, jamais elle n’aurait fait cette proposition au Prince Noir, nouvellement devenu Empereur.

« Je vous prie de m’excuser. Mes mains tremblent trop, à présent. Si je me remets à jouer, je ne ferais qu’agresser nos tympans et mon peuple. » Elle espérait qu’il ne prendrait pas mal son refus. Cependant, Diana était véritablement trop émue pour jouer correctement. Son palpitant était comme un tambour battant un rythme effréné. Elle pouvait presque l’entendre. Cependant, ce ne fut point cet élément qui accapara l’attention de son ouïe. Assise sur son banc, elle écoutait le bruissement de tissu à ses côtés. Diana sentit ensuite le courant d’air qui lui caressait la joue alors qu’on passait près d’elle, pour la rejoindre sur son assise. Son visage pivotait vers le nouveau venu et pendant un instant elle se dit qu’elle devait avoir une drôle de tête avec son ruban sur les yeux. Devait-elle faire comme si tout était normal ? Devait-elle lui accorder un sourire alors qu’elle n’en avait pas envie ? Diana se contenta de pincer ses lèvres dans une moue crispée mais concentrée. Maintenant, elle se demandait si elle devait faire la conversation ou aller droit au but et lui poser son Énigme. Le contact entre leurs deux mains coupa court à ses maigres réflexions. Son premier instinct fut d’essayer d’en échapper par un mouvement de recul. Cependant, la poigne solide, mais très étrangement douce, de l’homme contrecarra sa faible force. Diana se laissa donc entraîner, appréhendant la destination que prenait sa main. Son froncement de sourcils s’intensifia. Quand, dans la seconde qui suivit, ses doigts rencontrèrent le bord du saladier et que la proposition du Salvatore retentit, ses épaules se relâchèrent instantanément. Elle se sentit stupide. Quoi d’autre aurait-il pu lui faire toucher, après tout ? Soulagée, elle sourit sincèrement. Était-elle réellement en compagnie de l’Empereur Noir ? Elle commençait à en douter. Ce n’était pas ce qu’elle avait imaginé. En vérité, elle aurait pensé que cette rencontre allait être des plus horribles, qu’il allait lui arracher son Énigme, et qu’elle n’aurait ensuite plus que ses yeux pour pleurer. Pour dire vrai, elle le trouvait plutôt aimable. C’était un bon acteur, sans aucun doute.

Doucement, elle saisit la première fraise qui lui tomba sous le doigt et la ramena à elle. « Merci. » Parler sans voir son interlocuteur lui paraissait étrange. « Vous devez tout de même avoir un très petit ventre. J’ai entendu dire que les fraises de Koubai se mangeaient sans faim. » Son visage semblait sérieux mais la commissure de ses lèvres, légèrement relevée, la trahissait. Diana entrouvrit avec pudeur ces dernières pour croquer un bout du fruit. La réputation des fraises n’était pas trompeuse et la saveur sucrée lui explosa en bouche. Même si elle avait toujours le ruban sur les yeux, elle fermait ces derniers pour déguster amplement.

« C’est assez désagréable, de ne rien voir. » dit-elle, une fois son morceau avalé. « Enfin, c’est plutôt déstabilisant. » précisa-t-elle rapidement. « Je ne peux pas voir ce que vous faites, ni connaître vos expressions. Et si vous étiez en colère, sans que je ne le sache ? » demanda-t-elle pour exemple. « Je n’ai peut-être pas un grand instinct de survie... » commença-t-elle en reprenant les premiers mots du Salvatore. « …mais je trouve que ne pas savoir est une chose effrayante. » Elle marqua une légère pause durant laquelle une petite moue perplexe traversa son visage. « Cependant, je ne vous en veux pas. Je commence à m’habituer. » Elle avait la sensation d’être une funambule, et que la seule chose qui l’empêchait de sombrer était la confiance qu’elle devait placer en l’homme. Elle savait qu’elle ne devait pas avoir foi en lui mais, jusque-là, il n’avait rien fait de terrible. Il lui avait même offert une fraise... Peut-être cherchait-il à l’empoisonner avec du sucre ou alors à l’amadouer comme une enfant ?

La main désormais vide de tout fruit, elle passa ses doigts sur ses lèvres, s’assurant dans un bref passage que le jus rouge ne perlait pas sur elles. Ce n’était pas le cas. Un courant d’air agréable souffla dans leur direction. Diana cala de nouveau son luth contre son buste. « Je tremble moins, maintenant. » expliqua-t-elle simplement avant de jouer une mélodie simple et douce que lui avait apprise son ami Gaspard, un des comédiens avec lesquels elle travaillait. « Puis-je vous poser quelques questions, avant que je ne vous propose de répondre à mon énigme ? » Ses doigts changèrent d’accords. Comme le ruban la gênait un peu, ils étaient un peu plus lents qu’à l’accoutumée. « Craignez-vous vraiment mon jugement, si je vous voyais ? Je ne doute pas que, si l’envie vous prenez, vous pourriez m’arracher mon Énigme alors... craignez-vous, quand vous voyant, je simplifie ma petite devinette pour vos beaux yeux ? » L’Orine repensait aux tableaux représentant l’Empereur Noir. Elle n’avait jamais fait attention à la couleur des yeux de ce dernier. « Si vous craignez que je ne fasse honte à votre intelligence, cessez. Je ne vous ferais aucun cadeau. » disait-elle fermement. Elle ne plaisantait pas avec son énigme. Son visage était d’ailleurs très sérieux. « Aussi, et j’aimerais que vous ne me mentiez pas, si nous venions à être liés, pourrais-je retrouver de temps à autre la troupe de théâtre qui m’a accueillie ? Ou souhaiteriez-vous que je reste continuellement dans vos pattes ? » Elle savait qu’une fois le lien établi, elle n’aurait pas le choix que de se plier aux exigences de son Maître. Elle allait vouloir répondre aux moindres de ses désirs et, s’il ne souhaitait pas qu’elle parte loin de lui, alors elle ne partirait pas. Cependant, Diana n’avait pas encore l’esprit empoisonné et le théâtre, et ses amis magiciens, étaient importants pour elle. L’était-ce plus qu’un potentiel Lien ? À dire vrai, elle ne savait pas. Elle avait été créée pour servir un Maître, et non pas un public de spectateurs. Pourtant, dire adieu à ce dernier lui déchirerait le cœur.

Elle continua de jouer lentement, préférant marquer des pauses pour s’assurer des accords que risquer de faire une fausse note.

1300 Mots
Oula, ça s'annonce mal avec cet essai de non-pavé de mon côté  (:5:)

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Kaahl Paiberym
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Kaahl Paiberym
Jeu 20 Aoû 2020, 17:29



« Si j’étais en colère, je vous aurais déjà désintégrée. » murmurai-je, après avoir positionné de nouveau mes lèvres de façon neutre, afin de ne point laisser paraître mon amusement. Son commentaire sur la taille de mon estomac m’avait fait sourire. Je n’étais plus un Sorcier. J’étais un Ange. En tant qu’Ange, l’audace vis-à-vis de l’Empereur Noir me satisfaisait, d’un côté seulement. De l’autre, je ne pouvais m’empêcher de penser que certains étaient parfois trop taquins pour leur propre bien. L’intimité de notre entretien et le peuple auquel j’appartenais à présent me rendaient magnanime. Dans d’autres circonstances, j’aurais dû lui couper la langue afin que personne ne s’amusât à copier sa remarque. « Bien sûr, je n’aurais pas essayé de le faire ici. L’endroit vous protège, ça aurait été stupide. » Je reportai mes yeux sur le paysage et attrapai mes cheveux d’un geste calme. Sur le côté, je les séparai en trois parties distinctes et commençai une tresse. À force de m’occuper des enfants de l’orphelinat, j’étais passé maître dans l’exercice. Les filles et les garçons qui possédaient des cheveux longs se pressaient souvent autour moi, en répétant mon prénom et en me demandant si je pouvais leur en faire. Le Mage Noir n’était pas dénué de bons côtés et je le savais. Il y avait une part de vérité dans son jeu. Pourtant, ça ne suffisait pas à contre balancer le reste. La rareté de son amour disparaissait devant l’étendue de la noirceur qui l’habitait. « Oui, allez-y. » Il était bon comédien et je le savais. Pourtant, jouer un rôle à chaque seconde de son existence, de mon existence, avait également des mauvais côtés. La perte de son identité en était un. Comment savoir qui se trouvait réellement sous le masque ?

J’écoutai le son de l’instrument, tout en la laissant me questionner. Je souris. Ce n’était pas exactement ce que je craignais. Je ne redoutais rien en particulier. Je voulais simplement lui laisser son libre-arbitre, ne pas l’écraser sous ma présence, ne pas la voir pleurer au moindre froncement de sourcils qui aurait pu apparaître sur mon visage. Heureusement, l’aura de ma magie était actuellement d’une pureté éclatante. Elle ne l’empêcherait pas de respirer. Elle ne l’étranglerait pas d’angoisse. Pourtant, et j’en avais conscience, je restais impressionnant. J’étais actuellement un Ange qui devait jouer les Empereurs Noirs. J’étais un faux Roi. Je n’aurais jamais été reconnu par les miens sous cette forme, à rechercher le bien de mon entourage, à figurer un regard si clair, dénué d’orage. « Je pense simplement qu’il vaut mieux que vous puissiez réfléchir à votre situation sans subir une quelconque pression qui émanerait de ma personne. » Si je l’avais désiré, oui, j’aurais pu lui arracher son énigme. J’aurais pu lui demander de se suicider en le lui ordonnant magiquement. Les chances pour qu’elle le fît étaient grandes. « Quant au reste, mon apparence n’a aucune importance. Je peux la modeler à ma guise. Seulement, je préfère pouvoir discuter tranquillement avec vous sans vous faire peur ou, au contraire, vous attirer. Lorsque nous serons liés, les choses seront différentes, mais si je devais vous effrayer à l’avenir, je veux être sûr de votre consentement préalable. » Je me tus un instant. « Ce sera très loin d’être évident, si je venais à trouver la réponse à votre énigme. Vous n’avez pas idée de ce qui vous attend. » J’avais moi-même bien du mal à assumer le fait de désirer aller jusqu’au bout. Elle devrait se renforcer car, à partir du moment où le Lien serait fait et où sa magie lui permettrait de tout savoir, elle aurait à assumer mon jeu. Qui de mieux qu’une comédienne pour supporter un acteur ? Cependant, contrairement à elle, je ne me contentais pas de jouer sur scène quelques heures. Ma vie était un théâtre perpétuel et je ne savais pas moi-même si j’interprétais une comédie ou une tragédie. « En accédant au trône, j’ai multiplié le nombre de mes ennemis, ce n'est pas à prendre à la légère. » Ma première Orine travaillait sous couverture. Personne n’était au courant de son existence. C’était la logique la plus élémentaire. Elle s’était liée à moi sous mon apparence magicienne. Mes frères auraient compris la fausseté de notre lien de parenté si elle était restée à mes côtés. Ârès avait eu une Orine, lui aussi. Il l’avait envoyée au trépas pour servir ses propres intérêts. « Il n’y a pas que ça, bien sûr. »

Après un léger soupir, je me déplaçai. Ma main se referma sur l’instrument afin de faire taire le son. Je posai le saladier sur le banc. Mon corps glissa sur l’herbe. Assis à genoux, au niveau de ses cuisses, mes mains vinrent se positionner sur ces dernières. « En toute honnêteté… » Je me tus. Peut-être qu’avoir une Créature de Maëlith à mes côtés serait le meilleur moyen de me percer moi-même à jour. Moi, l’Ange, j’y voyais un moyen de vaincre le Mal mais j’étais sans doute le plus opportuniste de tous. Elias n’avait pas besoin d’une Orine, il possédait tout un peuple. Le Magicien jugeait, à raison, qu’elle représentait un risque. Si Laëth venait à avoir vent de son existence, elle chercherait des réponses et poserait inévitablement des questions. Quant à Adam, inutile de préciser ce qu'il désirerait forcément. « Vous êtes un caprice que j’ai décidé de m’offrir mais je ne tiens pas à ce que la nouvelle de notre lien soit confirmée d’une quelconque manière s’il venait à se faire. Vous serez officiellement ma femme et la plèbe en déduira ce qu’elle désirera en déduire. Vous serez libre de vos mouvements et de votre temps. Vous serez protégée et suivie, aussi discrètement que possible. J’aimerais éviter qu’un individu tente de vous assassiner en pensant pouvoir m’atteindre par votre biais. Pour le reste, je ne peux rien vous promettre. Vous savez comme moi que vous désirerez me plaire. Je ne peux prévoir à l’avance ce que seront mes souhaits si ce n’est celui que vous vous renforciez pour être en capacité de me supporter. » Je posai mes lèvres sur son genou un instant, avant de le quitter. « Il n’est pas trop tard pour reculer alors réfléchissez. Vous vous apprêtez à vous lier aux Ténèbres, ne l’oubliez pas. » L'Ange en moi n'aimait toujours pas cette idée.

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