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 [CDN Génie] - Rêver, sans laisser ton Rêve être ton Maître

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Bellada Ward
~ Magicien ~ Niveau I ~

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◈ YinYanisé(e) le : 30/07/2018
◈ Âme(s) Soeur(s) : Gilbel ♥
◈ Activité : Cuisiner avec amour !
Bellada Ward
Jeu 03 Sep 2020, 23:01



Rêver, sans laisser ton Rêve
être ton Maître


Le Sylphe battit bêtement des paupières ; réflexe désuet devenu obsolète par sa condition d’être immatériel. Il n’avait aucunement besoin de s’adapter à la nouvelle luminosité qui contrastait avec l’environnement ambiant de son habitacle mais des siècles de vie mortelle avaient forgés quelques réflexes persistant par-delà sa nouvelle vie. Curieux, l’être constitué de Rêve analysa son nouvel environnement. Il se trouvait dans une salle aux tons rouges et ocres – à moins que sa vision ne le trompe encore ? Autour de lui, une vingtaine de personnes écoutaient la voix envoûtante qui l’avait déjà, à plusieurs reprises, invoqué dans ce vaste univers. Le faiseur de rêve pencha légèrement la tête sur le côté en observant les concurrents qui s’apprêtaient à entrer dans leur Univers. Lui-même était intangible, immatériel. Il n’était fait ni de chaire ni de sang : seule l’imagination permettait de briser sa couverture. Il devenait tour à tour un élément du décor, une tâche sur la moquette ou bien, plus rarement, un autre concurrent dont on avait vaguement conscience dans ce sas intermédiaire où régnait le flou. Le plus souvent, on ne le remarquait tout simplement pas. Phobos sentait ce qui lui servait de corps essayé de s’agiter pour essayer de plaire aux uns puis aux autres, se pliant sans contrainte aux attentes qu’il percevait. c'était plus malléable que l’argile, plus ductile qu’aucun autre matériau. Curieux, il dévisageait quelques participants : une jeune femme à l’apparence impressionnante et intimidante ; un blondinet à l’air fier de lui… Deux enfants. Ils se ressemblaient quelque peu mais, à vrai dire, les enfants étaient tous identiques aux yeux du Génie. Finalement, ils s’engouffrèrent tous derrière leur porte. Le manipulateur resta seul – il ne l’était pas, bien sûr, il ressentait la présence de bon nombre de ses frères et sœurs – un moment avant de se décider sur quelle porte emprunter. Il se décida sur celle arborant un regard vairon et un troisième œil.

Ce Rêve là était complexe. Une étrange atmosphère habitait cette partie éphémère de Somnium. Un quelque chose l’empêchait de paraitre totalement sous l’envoutement des Charmeurs. Il se tenait droit, et observait le monde autour de lui. Il semblait scruter le néant dans lequel il était apparut et, bien loin de sembler désemparer, il donnait l’impression de chercher à percer les limites de son monde, les frontières du Songe que les organisateurs étaient aptes à tisser pour lui. L’Orisha posa son regard perçant sur l’être chimérique. Le contact ne dura qu’une fraction de seconde, mais ce fut assez pour lui donner l’impression d’avoir été souillé. C’était comme ci ce simple regard avait vu à travers lui, au plus profond de son être, de son âme. Il avait été sondé. Sous ces trois yeux, il avait été plus nu que jamais auparavant. Si ça avait été capable d’exprimer une quelconque émotion, Phobos aurait probablement grimacé : d’agacement ou de colère, peut-être d’un mélange des deux. Il se contenta de disparaître dans les recoins de cette dimension : cet individu était doué de Lucidité. Il comprenait les lois qui régissaient cet univers. Ça serait incapable de créer quelque chose de suffisamment subtile pour le tromper, pour créer un monde illusoire capable de le piéger pour l’éternité : la tâche revenait de droit à des êtres plus sophistiqués, plus puissants.

Le paysage changea : il venait d’immerger dans l’univers créé par le petit Mage Bleu. Il n’était plus enfant à présent : son corps avait muri, arborant les traits de l’adolescence. L’esprit innocent essayait de reconstituer des repères : il invoquait la silhouette familière d’un être cher. Pourtant, le temps fictif avait ici fait son œuvre et la fillette avait elle aussi grandit. C’était là tout un être à créer, à façonner. Le Sylphe s’imprégna des souvenirs qui étaient rattachés à cette personne. Ne restait plus, finalement, qu’à extrapoler. Les traits se faisaient moins poupons, moins juvéniles, mais gardaient tout de même la douceur de la jeunesse. La chevelure s’était faite plus longues, plus fougueuse. Les yeux étaient restés les mêmes. Lorsque la voix s’éleva dans les airs, le timbre s’inspira des gazouillis trouvés dans la mémoire nébuleuse : seuls les tisseurs de mensonges étaient capables d’y lire pleinement, afin de rendre cet univers plus attrayant que jamais. Le Sylphe laissa sa place à quelqu’un d’autre pour laisser le Concurrent interagir avec le poupin qu’il venait de façonner.

Déjà, le songe suivant le happait. Il s’agissait d’un enfant. Le second bambin : le sorcier. Phobos n’avait jamais aimé les enfants : ces êtres primaires dont il fallait sans cesse s’occuper, se préoccuper. Pourtant, depuis que c'était devenu l’esclave des désirs, ça avait trouvé en ces petites créatures des alliés insoupçonnés. Les plus jeunes étaient incapable de se retenir, ils exprimaient leurs sentiments avec une spontanéité galvanisante ; sans se soucier de retenir leurs pulsions inassouvies. Ils se pliaient volontiers aux caprices des Créateurs suprêmes, entrant dans le jeu sans la moindre hésitation. Leurs désirs n’étaient que des émanations élémentaires, brutes. Tel des joyaux, il était désormais de leur devoir de la tailler pour en faire un véritable chef-d’œuvre. Déjà, plusieurs Djin s’approchaient, avide d’exhausser les volontés du nourrisson, de construire autour de lui une niche dont il serait incapable de se défaire. Ca se fendit de ce qui, chez lui, correspondait sans doute à un sourire. Le souhait était simple, instinctif : un besoin de destruction puissant, presque effrayant. Ici néanmoins, ça ne craignait rien : il n’était pas encore assez puissant pour le menacer ; il n’était pas non plus conscient du mensonge dans lequel il s’enfonçait. Malsain, l’enfant de Pandore se joignit au mélodieux Chaos.

La temporalité n’avait plus ni queue ni tête. Phobos se matérialisait ici et là, à la fin du songe avant de revenir au début, apportant sa patte aux détails : il n’était pas suffisamment puissant pour réussir à s’attaquer aux plus grosses créations mais parvenait à laisser sa trace. Une fois, il incarna un chérubin. La fois suivante, il prenait les traits d’un homme charmant dont la compagnie satisfaisait la Rêveuse, avant de se mouler dans le costume d’un homme d’affaire courroucé. Il enfilait les masques les uns après les autres, s’approchant plus ou moins proches des faux devins. C’était ce qu’avait dit Pégase. Qu’ils se prendraient pour des Dieux. Malheureusement, la vérité était cruelle : ils n’étaient que les pantins de leurs jeux macabres. Nombreux seraient ceux à ne pas se réveiller. Ceux-là n’auraient rien d’héroïque, encore moins de glorieux. Ceux qui s’en échapperaient pourraient se targuer d’avoir façonné un monde à leur image mais, là encore, la vérité leur faisait défaut : ils n’avaient rien créé du tout. C’étaient eux, les bâtisseurs silencieux et discrets, qui avaient montés les voûtes, fait pousser l’herbe, éclairé leurs mondes.

Orgueilleux, ça s’immisça dans l’intimité d’un autre concurrent. Ses pensées le troublèrent. Il créait pour aussitôt déconstruire. Ses raisonnements étaient bien trop complexes pour le simplet que c'était, ça n’en suivait pas le moins du monde les contours. Tout était trop éclairé pour sa conscience minimale. Phobos grogna. Si cet enquiquineur ne parvenait pas à se décider, alors il ne pouvait pas se concentrer et effectuer ses tâches ! Il était incapable de tisser une trame sur autant de doutes et de détours. De mauvaise humeur, le génie se fondit dans l’Univers voisin.

C’était une conquérante. Elle était mère, Reine, Impératrice, Divine. Ses volontés dictaient sans l’ombre d’un doute les acteurs : chacun savait quoi dire, quoi faire, tant elle leur facilitait la tâche en extériorisant ses volontés. Ici, dans ce domaine, la conscience de l’Humaine ne parvenait pas à nuire aux Maîtres des Rêves. Un « sourire » se fendit sur ça. Il suivait le mouvement, endossant les rôles qui s’offraient à lui. Parfois, il émettait quelques erreurs : ses camarades avaient tôt fait de les masquer, de les enjoliver pour les rendre invisibles. L’Amour, puis le Pouvoir, l’éradication puis le Bien. Parfois, une étrangère récurrente s’invitait. Phobos était incapable de deviner sa Nature : était-elle le fruit de l’imagination dévorante de l’Isemssith ou bien tait-ce l’un des leurs qui s’immisçait dans la conscience de la Rêveuse ? Intrigué, ça observait avec avidité cette mystérieuse Reine Noire. Elle semblait venir d’un autre monde. Un jour, ça désirerait devenir une telle créature ; à la frontière de la réalité et du mythe. Nouvelle grimace : cette Humaine parvenait à se défaire de leur étreinte, elle regagnait des bribes de conscience et, avec elle, la lucidité la poussait impitoyablement vers le Réveil.

Phobos visita le suivant. Puis celui d’après. Les visages s’enchainaient. Parfois, il revenait plusieurs fois au même endroit, constatant avec un semblant d’amusement l’évolution de l’univers – jamais cependant il ne retourna dans celui de l’Orisha.

L’Orine se tenait là, face à cette deuxième partie d’elle-même qu’elle avait invoqué. Elle s’y attachait sans se rendre compte de la mascarade : son bien aimé n’était qu’un mensonge de plus, une illusion supplémentaire qui jouait avec ses sens. Elle était idiote – presque autant que ça. Le Sylphe en profita pour se joindre à la danse : celle-ci ne s’échapperait pas de leurs griffes avant longtemps.

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