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 Le lien des Insurgés | EDR Orine.

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Sól
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Sól
Lun 01 Juin 2020, 11:28


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Le lien des Insurgés

Aki soupira tout en croisant les bras sur sa poitrine, un air boudeur sur le visage. « Vous avez compris ce qu’ils voulaient dire ? » demanda-t-elle aux trois autres jeunes femmes qui l’accompagnaient. « C’est une quête que vous devrez accomplir seules. » récita-t-elle d’une voix grave, tentant d’imiter le timbre bas et impressionnant de son Maître. Alaric avait toujours eu un don pour se donner un air mystérieux, ce qui agaçait la jeune Orine, tout autant que cela l’impressionnait. « Je pense qu’il voulait simplement nous encourager… Tu sais bien qu’ils ne peuvent pas nous aider. On doit se débrouiller sans eux. » « Mais pourquoi ? Ils en savent de toute évidence plus que nous ! Et puis, il meurt d’envie de nous aider ! Je le sais ! Je le sens ! Et je suis certaine qu’il en va de même pour vos Maîtres également ! » Haruki esquissa un léger sourire. Aki était la plus jeune du groupe. Elle ne servait pas son Maître depuis aussi longtemps que ses consœurs et elle avait encore bien du mal à gérer les émotions contradictoires qui étreignaient ces êtres si particuliers. Elle ressentait leur désir de pouvoir changer les choses, et leur sens du devoir, qui les poussait dans l’inaction, dans la simple contemplation. La tâche des enfants des étoiles était bien cruelle : eux qui connaissaient le Destin de chaque chose, de tout être en ce monde, se retrouvaient dans l’interdiction d’agir lorsque leur cœur les y poussait… « Et puis, regarde : ils ne nous ont pas laissé sans rien ! » Les deux Sœrei se tournèrent vers leurs ainées. Fuyu était concentrée, passant sa main au-dessus de la carte qu’elle avait emmenée avec elle. Elle tentait de localiser les jeunes femmes sur la liste de Natsu. Son Maître l’avait laissé en évidence pour qu’elle puisse la trouver avant leur départ. S’il lui était impossible d’agir directement, rien ne l’empêchait d’aiguiller les acteurs qu’il observait depuis sa tour d’ivoire. « Vous trouverez des réponses à vos questions. » récita Aki d’un air contrarié. « Ça veut tout et rien dire à la fois ! Est-ce que ces personnes vont gentiment nous indiquer où se trouvent les Disparues ? Ou est ce qu’on va juste perdre notre temps en – » « J’en ai trouvé une. » annonça Fuyu en rouvrant les yeux. Aussitôt, ses trois acolytes se penchèrent par-dessus son épaule pour observer l’endroit qu’elle désignait de l’index. « Quoi, Melohorë ? Mais, c’est juste à côté ! » ronchonna la plus indisciplinée du groupe. « Ce n’est qu’une seule fille, parmi toute la liste. Ne t’en fais pas, nous irons plus loin que cela. » Sur ces bonnes paroles, les quatre Orine se levèrent et se tinrent par la main. Le vent se leva et, comme s’il les avait balayés, les silhouettes disparurent.



« Bonjour. » La petite voix, timide, s’était à peine fait entendre : il régnait dans la taverne un brouhaha qui avait avalé son timbre discret. Intimidée, la Hanatsu se racla à nouveau la voix. « Bon-Bonjour ! » répéta-t-elle, légèrement plus fort. La tenancière se tourna vers la silhouette frêle. « Oh, mon enfant ! » Berenilde tendit une main en direction de la jeune femme et, avec délicatesse, s’empara de sa main. A peine ses doigts frôlèrent-ils les siens qu’elle fut traversée par un spasme au niveau du visage, qui se transforma bien vite en sourire bienveillant. « Une Orine. » murmura la tenancière pour elle-même. Elle en était certaine : elle possédait la capacité de deviner la Nature de chaque personne qu’elle touchait. Avec un comportement tout maternel, la gérante sortit de derrière son comptoir et prit le visage de la voyageuse entre ses mains. « Ça va, tu n’es pas blessée ? Le Voyage n’a pas été trop long ? » demanda-t-elle, la mine inquiète. La plus jeune répondit d’un signe de tête, affirmant que tout s’était bien passé et qu’elle était saine et sauve. A vrai dire, elle n’était pas sereine. On lui avait demandé de venir jusque-là, afin d’assurer sa protection. Ce simple fait l’angoissait, puisqu’il s’agissait d’une mesure unique, anormale. Ceci dit, avec ces prédateurs qui rôdaient, l’idée de devoir affronter le monde extérieur, seule, était plus inquiétant encore. « Ne te fais plus de souci ! Tu es en sécurité, désormais ! Viens, je vais te montrer ta chambre ! Tu la partageras avec une autre jeune fille. Elle aussi attend son Maître. Il devrait arriver sous peu. As-tu eu des nouvelles du tien ? » La Hanatsu regarda ses souliers, l’air honteux. « Il ne… Il ne peut pas effectuer le déplacement jusqu’ici… » admit-elle avec chagrin.



« Alors ? » demanda Ayami d’un ton sec. Elle n’avait pas voulu se montrer aussi désagréable mais la situation critique dans lequel se trouvait son peuple la mettait à fleur de peau. Le manque de sommeil n’arrangeait pas les choses. « Ils s’excusent mais refusent de nous venir en aide… Ils n’ont pas les capacités pour le faire. » « Tss ! » La Muse Erato mordilla l’ongle de son pouce. Son joli visage, d’habitude si fin et délicat, était déformé par la colère. Heureusement, personne ne pouvait la voir, à part la messagère qui venait lui faire son rapport. Depuis le début de ces disparitions, la diplomate avait dépêché plusieurs de ses meilleurs éléments chez différents peuples, afin de nouer des alliances et espérer trouver de l’aide. Les résultats avaient, jusqu’à présent, été plutôt mitigés. Maintenant qu’une cible pesait au-dessus de leurs têtes, le Peuple des Arts était devenu obsolète. La demande s’était faite moins pressente, ces derniers mois. Un constat qui faisait enrager la Muse des Relations. « Ils nous le payeront. » pesta la jeune femme. Lasse, elle soupira avant d’appuyer ses doigts sur ses tempes douloureuses. Jusqu’à présent, leur Peuple avait pu compter sur l’aide de l’Ordre d’Hébé, qui avait escorté les demoiselles en groupe jusqu’à leurs prétendants. Quelques mercenaires s’étaient vu confier la même mission, ce qui avait considérablement augmenté le nombre de Liens ainsi noués : les défenseurs avaient réussi à protéger de nombreuses Hanatsu, malgré quelques échecs cuisants. Les Réprouvés avaient accepté de défendre les demoiselles qui traverseraient leur territoire mais, finalement, elles n’étaient pas si nombreuses à passer chez leurs voisins : les terres d’émeraudes étaient plus vastes et tant qu’elles ne traversaient pas les frontières des pleines verdoyantes, elles n’avaient rien à craindre. L’alliance avec les Humains, en revanche, s’était montrée plus étonnante et plus efficace que prévue. Ils avaient sauvé certaines des leurs et, depuis, quelques Enfants de Sympan avaient escorté des groupuscules jusqu’à leurs Maîtres. Leur Anti-Magie avait permis de déjouer plusieurs pièges. Cette alliance inattendue se révélait cher en affaire mais, pour la sécurité des Filles de Maëlith le prix semblait bien faible. Ayami avait tenté de nouer une alliance semblable avec les Orisha, leur demandant également de les aider à découvrir qui était derrière tout cela, mais les supporters de Delta étaient restés sourds à leurs appels. C’était une décision fâcheuse. Malgré leurs efforts, leurs recherches n’avaient mené à rien. Elle comptait sur les informations que pourraient leur rapporter les témoignages, dont elle attendait un compte rendu. Et, pendant ce temps, les ravisseurs continuaient à faire on ne savait quoi à ces pauvres disparues… Des avis de recherche avaient tournés, et la plupart des peuples avaient accepté de livrer celles et ceux dont l’implication parviendrait à être prouvée au peuple des Orines. C’était une maigre compensation mais, dans leur situation, les jeunes femmes ne pouvaient pas vraiment exiger plus. « Avez-vous réussi à contacter toutes les Orines ? » demanda la Muse. « Toutes celles qui ont été séparées de leur ancien Maître, oui… Quelques-unes ont accepté de rentrer ici temporairement, mais beaucoup ont préféré rester auprès de leurs élus. » « Bien… » Dans ce cas, elle ne pouvait plus rien pour elles.



« Oracle… Ils sont là. » L’homme se tourna à l’entente de son titre. Un sourire illuminait son visage masqué. Le Grand Jour était enfin arrivé : il rétablirait enfin l’ordre naturel des choses. Il s’apprêtait à réparer ce que le Mars avait osé briser, en retirant le Lien de leurs Orines. L’Oracle, comme il se faisait appeler, se leva et enfila la toge pourpre brodée d’or. Une fois prêt, il se rendit dans la salle adjacente à son office. De nombreux hommes, tous vêtus de bleu, tenaient dans leurs bras des jeunes femmes, pour la plupart livides et frêles, parfois même inconscientes. Toutes portaient des robes blanches. Le Prêtre s’approcha du premier duo, qui se tenait devant l’autel. La femme était à moitié évanouie, prise d’une terrible fièvre. Son corps frêle subissait le contre-coup des expérimentations dont elle avait été la victime. « Prêt à retrouver ta Dulcinée ? » L’Ancien Maître esquissa un sourire nerveux avant d’acquiescer. « Prêt ! » affirma-t-il. Un sourire carnassier se dessina sur le visage du chef. Sur ces mots, l’élu déchu s’empara des mains de celle qui lui avait autrefois appartenu. L’homme, dans sa tenue de cérémonie, s’empara alors d’un ruban qu’il commença à lier autour des doigts entrelacés. Une fois fait, il continua en enroula les corps des deux protagonistes. Il s’était mis à psalmodier d’étranges chants tout en continuant son rituel. Il était sûr de lui : ses gestes étaient précis, nets, sans la moindre trace d’hésitation. Il avait étudié durant des années pour parvenir à ce moment. Il avait appris à maîtriser la Magie de l’Enclave, jusqu’à parvenir à développer un Don, lui permettant de renouer le Lien, d’une façon plus terrible que tout ce qui s’était vu jusqu’à présent : une fois que ce lien-ci était effectué, personne ne pouvait plus le briser, sans en tuer les deux protagonistes. Soudainement, l’Oracle se figea, gardant le silence. « Pose lui ton énigme. » La jeune femme frémit. Elle essaya de luter un instant contre l’envie irrésistible de poser son énigme, avant de s’abandonner… Ces Monstres avaient brisé le Lien qui l’avait uni à son Maître légitime. La Séparation avait été affreuse. Plus douloureuse encore que lorsque Marcus l’avait fait, la première fois… La magie à l’œuvre, cette fois-ci, était bien moins adaptée, plus brouillonne. Cela lui infligeait une peine épouvantable… Elle se sentait désespérément vide. Il lui manquait quelque chose. Une part d’elle-même. Une part qu’elle ne pourrait récupérer qu’en se liant à nouveau. Elle se sentait comme une catin, à s’offrir à ce monstre aussi facilement… Pourtant, l’envie de se sentir à nouveau entière la poussa dans ses bras. « … Je peux être de folie, de sable ou de beauté. Qui suis-je ? »

Explications


Bonjour ! ^^

Voici donc la suite de l’intrigue Orine. Encore une fois, c’est posté dans les terres d’émeraudes mais votre personnage peut se trouver n’importe où. ^^

Il se passe plusieurs choses dans ce poste, auquel votre personnage a pu réagir.
- Un groupe d’Orine a obtenu une liste de celles qui ont été agressées par le groupe d’insurgés. Elles viendront poser des questions à votre personnage pour essayer d’en apprendre davantage. Ces informations seront remontées au Conseil des Muses, qui enquêteront plus profondément sur ce qu’il s’est passé.
Les Orines en question sont Haruki, Natsu, Aki et Fuyu. Je vous ai mis des avatars pour donner une idée de ce à quoi elles ressemblent. ^^
Vous êtes plutôt libre sur ce qu’elles peuvent donner comme information (bon, dites pas qu’elles savent où se trouve le repère des méchants etc… 8D). Les membres du groupe portent tous une marque au milieu du coude : c’est une forme de lotus noir, avec des flammes. Leur chef est appelé « Oracle », votre Orine a pu entendu le nom.
- Les Orines originellement ciblées, c’est-à-dire celles dont Marcus a coupé le Lien durant la guerre des Dieux, ont été rapatriées à Maëlith. Elles sont peu à avoir accepté et beaucoup préfèrent prendre le risque de rester auprès de leur Maître – ça peut être de leur volonté ou parce que le Maître en question ne veut pas. Les Hanatsu qui n’ont pas encore de Maître sont soient escortées par des membres de l’Ordre d’Hébé, soit par des Mercenaires. Les autres ont été amenées sur les Terres d’Emeraudes où elles seront protégées grâce à la Bénédiction de Sympan. Elles sont dirigées vers certaines auberges, qui les hébergent gratuitement. A cause des évènements dangereux qui ont lieu, il est désormais demandé à certains Maîtres de faire eux-mêmes le déplacement jusqu’à ces auberges. Celles dont le Maître ne peut pas faire le déplacement attendant qu’un groupe d’escorte puisse venir les chercher pour les accompagner.
- Il y a quelques tensions au niveau des alliances avec d'autres peuple. Pour ces raisons, la Liste de certaines Orine a pu changer, afin de privilégier certains peuples qui viennent en aide aux Orines et désavantager ceux qui refusent.
- Les méchants passent à l’action, pour de vrai ! Les kidnappings se font plus rares mais arrivent encore.
Leur commandant, qu’ils nomment « l’Oracle », a fait de nombreuses expérimentations sur les Orines qu’ils ont capturées. Il a brisé les liens de celles qui étaient liées – et ça les met dans un état de douleur vraiment insoutenable, beaucoup sont aux portes de la mort et elles sont toutes prêtes à tout pour renouer un lien, même à se soumettre en posant une énigme facile- et le chef commence à en créer des nouveaux. Celles qui étaient encore Hanatsu (niveau I) passeront directement à l’étape du lien forcé, mais elles n’auront pas été bien traitées non plus et potentiellement abusées par celui à qui elles sont promises. Elles ont aussi subi quelques expérimentations, pour que l’Oracle puisse étudier la nature du Lien mais, de façon globale, elles sont moins affaiblies que celles qui ont vu leur Lien coupé.
Le gros problème, c’est que le nouveau Lien qui est créé par ces hommes sera irréversible. Si quelqu’un essaye de le briser, l’Orine mourra tout simplement -et son maître aussi mais ça, on s’en moque /sbaff.  

Si vous avez des questions, hésitez pas à venir me demander.

Vous avez jusqu'au 31 juillet, à 23h59 pour participer.

Gains


Pour 900 mots : 1 point de spécialité;
Pour 1200 mots : le Lien des Insurgés : ce pouvoir vous permet de tisser un lien avec toutes les Orines que vous rencontrez. En vous concentrant, vous pouvez savoir où elles se trouvent, dans quel état elles se trouvent et des informations sur le Lien établi avec leur Maître*. Lorsque vous êtes en danger, ce pouvoir vous permet également de prévenir les Orines les plus proches de vous, qui ressentiront un fort pressentiment.
* savoir si le lien a été effctué ou non, depuis combien de temps, si le Lien est fort ou non etc...

Pour 450 mots de plus (1350 ou 1650) : 1 point de spécialité.
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Siruu Belhades
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Siruu Belhades
Ven 31 Juil 2020, 22:43


Image réalisée par Ina Wong

Le lien des Insurgés

Yuan n’arrivait pas à écouter les questions de ses interrogatrices. Elle s’en posait trop elle-même. Comment est-ce que cela avait pu arriver dans une auberge soi-disant sécurisée ? Pourquoi Feiya et pas elle ? La Hanatsu se sentait coupable, car aussi douloureuse soit la disparition de sa meilleure amie, une part de son être était réjouie d’avoir survécu. Est-ce qu’elle attirait le malheur sur elle ? Sa dernière péripétie avant l’enlèvement avait été la mise à sac de la maison qui l’hébergeait, au cœur d’un village montagnard. Pour quelle raison la malchance semblait-elle la poursuivre ? Est-ce que c’était lié au bijou qui lui avait été donné ? Est-ce qu’elle avait offensé Phœbe ou Kennocha d’une manière ou d’une autre ? Est-ce qu’elle s’était attiré les foudres d’Elizabeth ? Est-ce qu’elle réfléchissait trop ? Répondre à la batterie d’interrogations qui lui était présentée serait impossible, tant qu’elle n’aurait pas trouvé d’explication plausible au chaos qui hantait son existence depuis la mort de sa mère.

« Bon, on va réessayer. » Fuyu effleurait presque la joue de Yuan de ses doigts. Elle ne voulait pas la toucher, de peur de la faire paniquer. « Est-ce que tu as vu quelque chose qui pourrait nous aider à identifier ceux qui ont commis ce crime ? » Le contrôle des émotions était une forme de manipulation, mais en ces circonstances, l’usage de ce genre de dons se montrait nécessaire. Alors, l’aînée apaisait le trouble de la jeune orine. « Ils utilisaient des portails de téléportation. Et l’un d’eux avait… » Yuan essayait de garder son calme. Ce n’était pas le moment d’hésiter. « Il avait un papier. Une carte. C’était le dernier à avoir passé le portail. » Elle voulut ajouter une conclusion, mais n’en trouvait pas. Peut-être que cette carte était l’artefact qu’ils utilisaient pour générer lesdits portails. Peut-être que c’était simplement une manière de se repérer. Si elle avait pu les observer davantage, sans doute se serait-elle sentie plus utile à l’heure actuelle.

Tandis que Fuyu fit quelques pas en arrière pour se concerter avec ses camarades, une autre orine — celle qui s’était présentée comme Haruki — s’approcha de Yuan. « C’est très bien. Merci de ton aide. Est-ce qu’autre chose te revient en tête ? » La Hanatsu tentait de mobiliser ses souvenirs, mais force était de reconnaître que sa mémoire demeurait floue. « Je ne sais pas si ça vous serait utile. Mais ils avaient quelque chose, sur leur coude. Un symbole de lotus, avec quelque chose autour. Je ne sais pas si tout le groupe portait le même, mais ça y ressemblait — enfin je crois —. Je n’ai pas pu les voir assez longtemps. » Celles qui menaient l’enquête s’échangèrent un regard discret. Cela corroborait des faits déjà entendus. « Désolée, je perds peut-être la tête. »« Non, absolument pas. » Entendre des récits similaires commençait à faire bouillonner le sang de certaines enquêtrices. Elles avaient la désagréable sensation de mettre le doigt sur ces insurgés, sans pouvoir les attraper. Il fallait que les assauts prennent fin, mais la démarche à suivre restait brumeuse et récolter ces informations était douloureux.

Aki, la plus jeune des interrogatrices, semblait trouver la situation pénible. « Les chevaliers de l’ordre d’Hébé, ceux que tu as appelés pour enfoncer la porte. Est-ce qu’ils ont eu le temps de voir la fuite des attaquants ? » Yuan opina du chef. Elle doutait qu’ils aient plus d’informations, mais ne le fit pas savoir. Ce groupe d’orines le constaterait en les interrogeant. « Et, à tout hasard, est-ce que tu as entendu le mot “Oracle” ? Il est ressorti de notre enquête. »« Non, je ne crois pas. Ils n’ont pas dit grand-chose. Ou alors les… » La gorge de la Hanatsu se noua de nouveau. Elle empêchait les larmes de monter à ses yeux, se préparant à articuler sa prochaine phrase. Il fallait répondre aux questions et se montrer forte, au moins pour les minutes qui suivraient. « Ou alors les hurlements de Feiya ont couvert leurs paroles. »



Feiya n’ouvrit qu’un œil. L’autre ne répondait pas à ses ordres, et demeurait mi-clos. Il avait reçu un mauvais coup pendant l’assaut, et l’ecchymose qui l’entourait semblait particulièrement rouge. Elle avait suivi des cours en médecine et savait que, dans ces cas, la douleur et la décoloration devraient se résorber en une dizaine de jours. Les orines se devaient de savoir soigner leurs futurs Maîtres. Cependant, elle ne s’était jamais doutée que ce serait elle qui subirait les coups en première. Au moins, elle demeurait satisfaite d’avoir tenté de résister à ses agresseurs. Elle espérait être sortie de cette situation rapidement, où qu’elle soit. Yuan n’était pas à côté d’elle. C’était sans doute pour le mieux. Presque indifférente au départ, ses sentiments finirent par plonger après qu'elle ait fini d'analyser son environnement.

Devant son regard affaibli, un spectacle affreux. Une de ses congénères se liait à un homme, lui posant une question d’une simplicité enfantine. C’était honteux. Une parodie malsaine de l’ordre naturel. Le désespoir se lisait dans les yeux de l’orine, entrelacée par des rubans à un inconnu souriant qui ne méritait que le mépris. De quel droit se permettait-il de souiller la pureté et la légitimité d’un Lien ? Il semblait clair que le maître de cérémonie — apparemment appelé Oracle — était le seul vrai instigateur de cette mascarade. Si elle n’avait pas été attachée, sans doute que Feiya aurait tenté en vain de l’éliminer. Malheureusement, sa bonté et sa combativité ne la protégeraient pas de ce qui allait arriver.



Durant une fête d’anniversaire, Yuan et Feiya avaient un jour déclaré être officiellement les meilleures amies de Maëlith, du monde et de l’univers. La notion de cosmos leur paraissait abstraite, comme pour chaque mortel en dehors de rares élus. Cependant, ça ne les dérangeait pas : quoiqu’il puisse exister en dehors de ce monde, elles savaient que ça ne pouvait de toute évidence pas contenir une amitié plus soudée que la leur. Yuan avait alors quinze ans, et Feiya atteindrait le même âge le jour suivant. Elles savaient que, dans vingt-quatre pleines lunes, leurs mères mourraient. Elles acceptaient lentement cette idée, ne manquant pas de chaleur maternelle et de soutien de la part de leurs proches.

À cette époque, Yuan continuait d’avoir ses hallucinations, mais, pas à pas, commençait à les envisager comme un don. Elle ne souffrait plus de son étrangeté, et Feiya l’avait acceptée et confortée. Elles discutaient de style vestimentaire, débattaient sur l’utilité des grelots et révisaient ensemble les cours portant sur les traditions étrangères. Cette période, avec le recul, était si parfaite qu’elle ne semblait même pas être trop belle pour être vraie. Elles se sentaient prêtes à affronter chaque obstacle qui se dresserait devant la vie qui leur avait été présentée. Elles s’imaginaient avoir à protéger leurs Maîtres d’attaques de dragons, et coopérer pour sauver leur groupe sans qu’aucune âme ne soit blessée. Elles croyaient que leurs Maîtres seraient eux aussi d’excellents amis, et qu’ils formeraient un quatuor idéal. Aucune d’entre elles ne songeait à ce que leur amitié puisse être mise à mal par quelque chose d’aussi violent qu’un enlèvement.

« Donc, si tu trouves le Maître idéal sur ta Liste, quelle énigme tu lui donnes ? » – « N’importe laquelle ? » – « Non, mais il faut que ça soit simple ! » – « Si c’est le Maître idéal, il saura bien répondre dans tous les cas. » – « Bon, mais imagine que… un nain lui a jeté un sort de bêtise temporaire, et qu’il doit absolument devenir ton Maître dans les cinq prochaines minutes. » – « Mais ça a pas de sens, comme contexte. Et puis pourquoi un nain ? » – « Je sais pas… mais réponds quand même. Alors, tu lui donnerais quoi, comme énigme ? » – « Hmmm. Qu’est-ce qui est jaune et qui court vite ? »



Yuan cillait des yeux. Elle n’avait pas envie de dormir, mais se sentait plus fatiguée qu’elle ne l’avait jamais été. La nuit était tombée, et l’enlèvement avait eu lieu dans la matinée. Cet événement avait déjà gouverné sa journée et, pourtant, elle ne pouvait l’écarter de ses pensées. « Vous allez les trouver et les récupérer ? » Elle fixait Fuyu, qui était en train de quitter l’auberge avec le reste de son groupe. Elles avaient interrogé les chevaliers de l’ordre d’Hébé, avec un succès mitigé. Au moins, cela avait pu garnir leur liste des témoins, et certaines informations inédites avaient été notées.

L’aînée eut un regard hésitant. « Nous allons faire de notre mieux, c’est tout ce que je peux promettre. » La Hanatsu se montra compréhensive. De toute manière, elle ne gagnerait rien à hurler contre celles qui voulaient l’aider. C’était sans doute le plus frustrant. Crier à l’univers et exiger des explications n’y changerait rien. Dans tous les contextes difficiles, le cerveau cherche des solutions ou des réactions qui apaiseraient la douleur. Cependant, telle est la magie du deuil : c’est l’une des rares situations où aucun acte et aucune parole ne change quoi que ce soit. C’est fait, et c’est tout. Car oui, Yuan vivait une forme de deuil. Elle enterrait l’idéal qu’elle avait tracé pour sa vie, et n’était maintenue optimiste que par l’espoir de revoir son amie.

« Tu veux boire quelque chose ? » Le tenancier de l’auberge s’adressait à la jeune femme. Il n’était pas directement responsable de la protection des orines, puisque cette charge revenait techniquement aux chevaliers de l’ordre d’Hébé qu'il avait engagé. Et, de toute façon, cet assaut-là n’aurait pas pu être évité. Toutefois, une pointe de culpabilité le saisissait tout de même. C’était désagréable, de savoir que quelqu’un venait de violer sa propriété pour y commettre un crime. « Je n’ai pas d’argent. Il était avec elle. » Yuan avait mis un certain temps à répondre. Elle hésitait à exprimer de la colère, mais n’en avait pas l’énergie. Elle n'aimait pas crier. « Ce sera gratuit. Comme pour le reste de ton séjour ici. » Cédant à l’offre, elle acquiesça. « Un café, s'il vous plaît. » Elle s’asseyait sur une chaise, tandis que le tenancier la servait. Ce n’était pas une commande commune à cette heure-ci mais, de toute façon, cette journée n’avait rien de banal.



Feiya faisait face à celui qui serait son futur Maître. Elle n’aurait jamais pensé que ce serait la manière dont son Lien se tisserait mais, de toute évidence, il fallait l’accepter. « Pose-lui ton énigme. » La voix de l’Oracle résonnait dans son oreille, quand bien même elle faisait mine de ne pas l’entendre. La Hanatsu, malgré son œil au beurre noir, était moins affaiblie que celles qui avaient vu leur lien rompu. Elle avait subi plusieurs expériences, et celui qui se trouvait devant elle l’avait abusée il y a quelques minutes seulement. Elle n'avait pas encore réussi à encaisser ces événements. Tout s’était déroulé si vite, et elle regrettait chacun de ses faits et gestes qui auraient pu mener jusqu’à cet instant. Elle s'imaginait dans une réalité où elle aurait choisi de faire une promenade, et où les assaillants ne l'avaient pas trouvée dans sa chambre.

Entrelacée par des rubans à cet inconnu abject, elle tentait de résister à la magie de l’Enclave qui la possédait. La sensation était désagréable : ses tendons donnaient l'impression de vibrer et de se déplacer, et elle manquait d'air. Les secondes défilant, Feiya comprit que personne ne viendrait la sauver, et qu’elle devrait faire ce que l’Oracle lui avait demandé. En posant son énigme, cette immonde cérémonie prendrait fin. C'était le seul moyen de ne plus subir, dans l'immédiat. Cependant, que dire ? Quelle devinette était au niveau de cet homme pitoyable ? Elle voulut trouver une charade complexe, espérant qu’il échouerait. Malheureusement, son cerveau lui donnait l’impression d’abriter une dizaine de charbons incandescents. Une partie d'elle espérait tomber dans l'inconscience, mais la magie de l'Oracle était redoutable. Elle devait poser son énigme, et vite.

Feiya prit son expression la plus détachée et insolente. Elle n’avait jamais perçu le Lien comme une enclave jusqu’ici. Comme toutes ses congénères, elle le voyait comme sa destinée, et le seul moyen pour orine d'être épanouie. Néanmoins, en l’occurrence, elle devait se rendre à l'évidence : elle n'aurait jamais voulu se lier à cet homme, et se lier à lui revenait à s'emprisonner. Alors, elle souhaitait profiter de ces derniers instants de liberté pour montrer à son Maître à quel point elle le détestait. « Qu’est-ce qui est jaune et qui court vite ? »

2085 mots. J'ai joué les PnJ. Merci pour l'événement ^^ !
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Mancinia Leenhardt
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◈ YinYanisé(e) le : 01/05/2015
◈ Âme(s) Soeur(s) : Neah Katzuta | Ange | Compagnon
◈ Activité : Joaillière [Rang IV] | Médecin [Rang III] | Éleveuse de Vaches [Rang I] | Investisseur [Rang II]
Mancinia Leenhardt
Jeu 27 Aoû 2020, 11:57


Illustration - Lovecacao
Le Lien des Insurgés


L'Ange était en déplacement, moment exceptionnel s'il en est tant elle favorisait la sécurité auprès des siens. Elle avait l'impression d'avoir voyagé toute une vie en compagnie de Lumi et l'Elfe lui avait permis d'éviter bien des tourments, mais l'heure n'était plus à tout ceci. Érina était partie en direction des terres d'Émeraude puisque de nouveaux médicaments semblaient disponibles, mais le transporteur était tombé malade et malheureusement, retardait la livraison. Les médecins ne pouvaient pas se permettre d'attendre, il y avait encore énormément de patients à s'occuper et, dans un souci de bonté, s'est ainsi qu'elle s'était portée volontaire. Que craignait-elle, après tout ? Les longs déplacements à pieds ne lui convenaient pas et ses jambes étaient lourdes, fatiguées, presque brisées si elle voyageait longtemps, encourageant les pauses fréquentes malgré les risques. Sans doute était-ce une exagération certaine, mais entretenir sa musculature n'était guère sa priorité. L'Apprentie Médecin avait donc prit une monture et s'en était allée, sans réfléchir à l'idée d'une éventuelle escorte. Sans doute une aide lui aurait été utile parce que ... Et ... elle s'était égarée. Comment était-ce possible ? Pouvait-on jouer autant de malchance ? Ou peut-être lui avait-on tout subtilisé ? Parce que ce n'était pas seulement le chemin vers le petit village que l'Ange avait perdu, mais tout. Son cheval était attaché auprès d'un arbre avec ses affaires et elle s'était éloignée pour chercher un buisson où se soulager - on n'était jamais assez prudent et au retour ... Plus rien. Il était probable que sa mémoire ne lui fasse défaut, l'orientation n'était pas son fort.

Érina ne s'en était pas rendu compte avant aujourd'hui, mais une monture lui apportait une certaine sécurité. Une chose qu'elle ne possédait plus. Désormais, n'importe qui d'un peu plus rapide qu'elle pouvait la pourchasser sans mal, après tout, elle était loin d'être la meilleure sprinteuse de ces terres. L'Ange ne pouvait pas s'empêcher de se retourner à chaque petit bruit qui se faisait entendre, espérant tantôt que ce soit son cheval et, plus tard, que ce ne soit pas un monstre. Si au départ elle marchait doucement les bras enroulés autour de sa poitrine comme seule protection, maintenant elle courrait, sillonnant l'endroit à la recherche de la sortie. Tant pis pour sa monture, tant pis pour ses effets personnels. Son coeur battait a tout rompre dans sa poitrine, non pas à cause de l'effort physique, mais bien par la paranoïa qui s'emparait de son être. Elle se sentait suivie, épiée par une personne qui refusait de se montrer, tapi dans l'ombre, attendant de lui sauter à la gorge. C'en était ridicule, mais juste ... elle avait peur. Il ne lui avait fallu que quelques secondes pour retrouver une attitude d'enfant peureuse et, malgré ses interdictions mentales, elle ne parvenait pas à se rassurer. Était-ce un hennissement au loin ? Elle s'arrêtait, tendant l'oreille en reprenant son souffle. Puis, un mur de feuilles bougea et quelque chose en émergea, la faisant crier à la fois de peur et de surprise. La personne parue effrayée aussi, portant sa main contre sa poitrine et reculant. Les deux femmes s'observaient ensuite, réalisant autant l'une que l'autre que la seconde n'avait rien de dangereux.

Vous m'avez surprise ! s'exclama-t-elle en reprenant son souffle.
Vous aussi ! rit-elle, subitement soulagée. Oh, Hirsute !
C'est votre cheval ? Je venais de tomber dessus.

Érina avait tourné en rond pendant au moins une heure. Rassurant.

J'étais partie voir s'il n'y avait rien dans le coin.

Ce n'était pas une très bonne menteuse, mais sa situation était tellement ridicule qu'elle en avait relativement honte pour ne pas l'ébruiter. Elle détaillait son interlocutrice en réalisant que quelques aspects physiques lui étaient familier, tout autant que l'aura apaisante dégagée. Une Orine. Il était exceptionnel d'en croiser ... perdue au milieu de nulle part !

Où allez-vous, ainsi ? demanda-t-elle.
Au village voisin. Des onguents commandés viennent d'arriver. Je m'étais perdue ... Heureusement que je suis tombé sur vous. Et vous ?

La femme paru subitement triste, baissant les yeux et conservant le silence quelques secondes.

Je rentre chez moi.
Avez-vous eu des ennuis ?
Non. C'est une ... une demande temporaire.
Je vois ! Que diriez-vous de faire la route ensemble ? Nous sommes assez légères pour être à deux sur Hirsute !

L'Orine réfléchit quelques secondes avant de sourire et d'accepter son offre. Elle ne craignait rien d'une Ange, comme Érina ne craignait rien d'une Fille de Maëlith. Après avoir réussi à intégrer les Geishas, elle avait longuement côtoyée celles-ci pour savoir ce qui était permis, ou non. C'était toujours d'une certaine utilité dans sa vie quotidienne. Le village n'était pas très loin, à peine une petite heure au trot. L'une et l'autre semblait soulagée d'avoir trouvé une partenaire de voyage. Elles décidaient de faire escale à l'auberge et de partager un repas ensemble. La Médecin n'irait pas plus loin, mais Seriya trouverait certainement une monture ou un voyageur qui poursuivait son chemin.

Un bon repas chaud ! dit-elle en soupirant de soulagement en voyant l'assiette fumante devant elle. Oh, d'autres Orines ...

Érina avait suivi le regard de sa compagne de voyage avant de sourire.

Allez les rejoindre ! Peut-être rentrent-elles aussi ? Vous pourriez faire le chemin ensemble !
Vous êtes sûre, je ne voudrais pas ... ?
Ne vous en faites pas pour moi. Tout ira bien maintenant !

L'Ange secouait la tête, elle aimait avoir de la compagnie, mais cela lui plaisait aussi de rester avec des membres de sa race. Sans plus se soucier de ce qui pouvait réellement se produire aux alentours, Érina remis la cuillère dans son potage et en savourait chaque bouchée. C'était décidément très bon !

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