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 Pour l'Amour du Prince [Annexe aux Portes II]

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Lun 04 Mai 2020, 19:27




Pour l'Amour du Prince



Dr. FacilierLa première étape avait été un franc succès mais elle ne servirait à rien si la seconde échouait. Les premières étoiles venaient d’apparaître dans le ciel quand l’ancienne pendule sonna dix coups. J’avais rejoint ma roulotte quelques heures auparavant afin d’y préparer l’arrivée du Prince Eric. Les criquets les plus courageux avaient pénétré ma demeure. Malheureusement pour eux, ils n’étaient désormais plus qu’un amas de chair verdâtre qui stagnait au fond d’un pot de verre. Je parcourrai des yeux l’armoire, encombrée de lugubres poupées et de bocaux peu ragoûtants, à la recherche d’une place pour mon nouvel ingrédient. Je l’insérai à côté de ma collection de bézoards dont les reliefs imitaient à la perfection les circonvolutions du cerveau humain. Mon cabinet des curiosités se développait de jour en jour. Je refermai les portes du meuble en bois sur ces mille et unes merveilles qui faisaient ma fierté avant d’en verrouiller l’accès.

Je balayai la pièce du regard. Les murs étaient décorés de masques traditionnels dont les expressions étaient figées dans le bois coloré ; certaines exprimaient l’horreur, d’autres souriaient de manière insensée, d’autres encore affichait le calme et la sérénité. J’appréciais beaucoup cet art tribal qui offrait à ma demeure un style unique. Sur le sol, recouvrant les épaisses lattes de plancher, un grand tapis à poils longs réchauffait l’ambiance et accueillait une massive table circulaire. Au centre de cette dernière, les vingt-deux arcanes de mon tarot étaient alignées en une bande parfaitement droite, chacune chevauchant légèrement la précédente. Le prince n’aurait plus qu’à dévoiler celles qui lui feraient échos :  ‘L’Impératrice’, ‘La Tour’ et ‘Les Amoureux’.

Tout était fin prêt pour recevoir mon hôte royal. Je récupérai le recueil de contes posé sur le lit et refermai derrière moi les tentures d’un coup sec. En quelques pas, je rejoignis le siège le plus proche et m’y installai confortablement. Mes doigts caressèrent la reliure de cuir de l’ouvrage que je posai devant moi. De brèves réminiscences me parvenaient à mesure que j’explorais les illustrations colorées du livre d’histoires. Je reconnaissais çà et là les lieux pastels et les insupportables personnages que j’avais rencontré durant mes péripéties. J’espérais ne jamais avoir à revivre pareille décadence.

Finalement, je découvris la partie qui m’intéressait : celle qui me permettait d’appeler à moi le prince du royaume de GRRAAAA. Je lus plusieurs fois la fable qui recelait les secrets de cet antique pouvoir avant de réellement comprendre son fonctionnement.

«  Grimoire qui recueille les histoires passées, présentes et futures, commençai-je. Répond à mon appel, dévoile-moi tes mystères. »

La page relatant le récit se mua en une carte de la région des Trois Royaumes. Une lueur verte scintillait dans l’enceinte du Château de Mufasa. Le point lumineux semblait immobile. Peut-être lui aussi était-il tombé dans un profond sommeil, à l’instar de l’héroïne du conte de l’ouvrage ? Mon regard se posa sur les cercles d’invocations qui étaient dessinés en haut à droite de la feuille : c’était eux qui m’intéressaient. Je les effleurai du doigt en prononçant des mots incompréhensibles.

Soudain, des éclairs s’échappèrent du livre et formèrent un tourbillon céruléen au centre de la pièce. Les volets de la roulotte - soigneusement abaissés pour éloigner les curieux - étaient secoués de violents soubresauts. Les bocaux s’entrechoquaient dans des tintements aigus tandis que les décorations de bois imitaient le son des tambours dans une mélodie tribale. Les secousses s’amplifièrent et je me demandai combien de temps la caravane pourrait encore tenir face à cette agitation. Bientôt, au centre du tohu-bohu, la silhouette humanoïde prit forme. Je reconnu sans difficulté les traits du prince héritier. Lorsqu’il fût totalement matérialisé en ces lieux, la magie reflua et les tremblements cessèrent.

Quittant ma chaise, je vins à sa rencontre.

« Je vous souhaite la bienvenue, Votre Majesté. »

Je levai mon chapeau et le saluai d’une révérence gracieuse.

« Permettez-moi de me présenter, Votre Altesse. Je suis le Docteur Facilier - un humble marchand de rêves et faiseur de miracles. » annonçai-je en lui offrant une carte de visite stylisée sur laquelle était écrit : Lecture de l’avenir, Charmes, Potions - Faites de vos rêves une réalité.

« Je prie Son Éminence de bien vouloir excuser mes manières mais je n’ai trouvé que cette misérable solution pour vous approchez. Et il fallait que je vous mette en garde. Les cartes m’ont révélées le cruel destin qui vous attend… »

Je marquai une pause pour laisser le monarque digérer tous les informations - mais surtout pour ajouter de l’emphase à mon effet dramatique.

«Mais ne restez pas debout, Mon Prince. Prenez donc place. »

D’un geste, je l’invitai à choisir sa place autour de la table.

«Vous désirez boire quelque chose, peut-être ?»




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Adam Pendragon
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Adam Pendragon
Jeu 07 Mai 2020, 11:31

    Un serviteur m’avait donné la liste des invités. Elle était encore incomplète et ne concernait que les personnages importants de plusieurs Royaumes, dont certains qui ne figuraient même pas sur nos livres de géographie. Aladdin n’y était pas, même si tout le monde était convié, sans distinction. Les riches, les pauvres, les grands, les petits, les hommes, les femmes. Seuls les animaux de compagnie devraient se priver de la salle de bal. Nul doute que des calèches amèneraient des princesses toutes plus attrayantes les unes que les autres. Ça me fit soupirer. J’allais devoir jouer les coqs de bassecour, gonfler le torse, l’ensemble de mes muscles, arborer un costume princier inconfortable et faire semblant d’être intéressé par la politique et le mariage. Ce dernier point était vrai mais il n’y avait qu’Aladdin qui comptait pour moi. Dans mon insouciance, je ne me rendais pas compte que cet amour était idiot et déraisonnable. J’avais juste eu le coup de foudre et ne lui avais même pas adressé la parole. Enfin, le problème restait toujours le même : moi, le Prince Héritier, était autant intéressé par les femmes qu’un saumon par une robe de mariée. Elles n’éveillaient rien en moi. Le vide intersidéral. Ça ne m’empêchait pas d’en trouver belles mais ça s’arrêtait là. Je ne voulais pas les toucher ni avoir d’enfants. C’était ce qu’on me demandait de faire, pourtant. J’envisageais la chose comme une sorte de torture. Je savais que, techniquement, ce serait possible. La volonté n’y serait juste pas. Alors que faire ? Me marier et demander à un autre homme de féconder ma femme ? La féconder moi-même ? Je pris un air dégoûté.

    Alors que je réfléchissais, une lumière verte commença à se diffuser autour de mon corps. Je me levai de ma chaise, déstabilisé par ce soudain changement. Ma sœur avait été victime d’une malédiction et, depuis, je me méfiais de la magie comme de la peste. Pourtant, je savais que pour faire évoluer ma condition, il me faudrait faire appel à un mage. C’était une obligation. Pour finir avec Aladdin, j’étais prêt à tout, sauf peut-être à abandonner mon chien, à commettre un meurtre ou ce genre de choses.

    Le décor autour de moi se modifia de fond en comble. Je perdis mes yeux sur des masques curieux qui éveillèrent mon appétit en termes de voyages. La décoration de ma chambre princière était assez banale. Les dorures se mélangeaient aux peintures de maîtres. Tout était trop beau et trop grand. Je rêvais d’une bicoque au bord de l’eau, de mes pieds nus dans le sable et de la pleine liberté de faire ce que je désirais, le tout loin des femmes qui étaient intéressées par moi uniquement pour mon statut. J’étais sans doute jeune et con, à rejeter ce que des milliers d’individus auraient souhaité avoir. Peut-être cherchais-je seulement à défier l’autorité de mon père, à faire tout le contraire de ce qu’il aurait désiré que je fasse, par principe. Ou peut-être n'étais-je simplement pas fait pour tout ça. Je n’avais rien du Prince courageux qui part défendre sa Princesse en combattant un dragon.

    Enfin, une silhouette attira mon attention. Je restai muet, attendant d’en savoir plus. Je n’avais pas d’épée sur moi et, de toute façon, je ne savais pas m’en servir. Je pris la carte entre mes mains et la lus. D’un naturel plutôt avenant, je faisais vite confiance aux gens, souvent à tort.

    - « Vous pouvez m’appeler Éric. »

    Toutes ces formalités m’agaçaient. Je voulais qu’on m’appelle Éric, Éric tout court.

    - « Je comprends, ce n’est pas facile de m’approcher. Le protocole et tout ça… »

    Souvent, je me déguisais en homme du peuple pour pouvoir profiter de moments simples mais, généralement, les gardes de mon père me ramenaient vite au bercail. Quand il parla des cartes et d’un cruel destin, je fronçai les sourcils. Allais-je finalement me marier à une Princesse ? Je m’assis, préoccupé, et répondis à son offre.

    - « Volontiers. »

    Il aurait pu chercher à m’empoisonner que ça n’aurait fait aucune différence. Je ne me méfiais presque pas.

    - « Vous avez parlé de cartes… »

    Je me remémorai ce que j’avais lu un peu plus tôt.

    - « Vous êtes une sorte d’enchanteur, n’est-ce pas ? Vous pouvez voir l’avenir ? Je peux vous payer pour voir le mien, surtout s’il est aussi horrible que vous le dîtes. Peut-on changer les choses, au moins ? Qu’est-ce qui vous préoccupe me concernant, Docteur Facilier ? »

    Je ne voulais pas lui en dire trop pour l’instant mais peut-être que je tenais là la chance de finir avec Aladdin, loin de mes responsabilités.

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Ven 08 Mai 2020, 18:29




Pour l'Amour du Prince



Le prince se montra beaucoup plus docile que je ne l’avais espéré. Je m’étais attendu à ce qu’il hurle d’indignité, qu’il résiste, qu’il essaye de quitter cette vieille roulotte. C’est pourquoi j’avais décidé de m’emparer de cet artefact ; il me permettait de discuter avec le prince en lui refusant toute sortie. Sans doute avais-je présumé de son comportement sur base de ce qui était arrivé à sa soeur ? Je l’aurai cru bien plus méfiant à l’égard de la magie. Pour sa défense, je n’avais rien à voir avec les sorcières qui déchaînaient leurs sombres desseins sur les Trois Royaumes. Avec mon costume violet, je ressemblais davantage à un homme respectable que ces vulgaires harpies aux allures démoniaques. Le jeune homme se contenta de m’écouter posément et de répondre calmement en retour. Une imperceptible expression de triomphe passa brièvement sur mon visage. Cela devrait être bien plus facile que ce que j’avais imaginé. Mais je me repris bien vite ; en affaire, il ne fallait jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué - ou dans mon cas, piégé.

Les traits de mon hôte s’étaient crispés à chacune des marques de noblesse que je lui avais attribuées. Détestait-il à ce point le pouvoir et la royauté ? Quel comble pour le souverain le plus prisé des trois Royaumes ! Et dire que tant de princesses avaient la culotte humide rien qu’en imaginant les courbures de son corps d’éphèbe. C’est vrai qu’il était beau. Je l’observai attentivement, décrivant tous les détails de son visage à mi-chemin entre l’enfant et l’adulte. Ses yeux bleus étincelaient d’un éclat envoûtant, presque mystique. Je me mordis la lèvre inférieure pour ramener mon esprit à la réalité. Un goût métallique et salé gagna mes papilles. Je me détournai vers le fond de la pièce et commençai à aspirer furtivement le doux liquide qui s’échappait de la blessure. Je passai la lourde tenture pourpre et fouillai dans la malle pour en sortir une vieille bouteille de vin et deux coupes en argent. Je revins victorieux dans la pièce principale, mes trouvailles à la main.

« Vous m’excuserez, je n’ai que du vin rouge à vous proposer. »

Je déposai les coupes sur la table et les remplis à moitié avant de m’asseoir de l’autre côté. Je me penchai vers lui comme pour lui révéler un secret.

« Oui, les cartes. »

D’un geste souple, je désignai les arcanes étendues face cachée.

« Me payer ? Mais mon très cher Eric, ne trouveriez vous pas cela indécent de ma part ? commençai-je d’un air faussement indigné. Je vous ai soustrait à la tranquillité de votre palais sans m’enquérir votre consentement, je vous expose à des dangers que vous ne soupçonnez même pas et tout cela pour quoi ? Pour vous réclamer de l’argent afin de vous en dire plus sur ce soi-disant destin que je vous ai évoqué à mi-mots ? »

Je marquai une courte pause pour accentuer l’emphase du moment. Mes doigts effleuraient amoureusement le jeu de tarot, mes yeux toujours profondément ancrés dans ceux du jeune homme.

« Vous conviendrez que cela ne révélerait pas les actes d’un enchanteur mais d’un vulgaire charlatan. Non, je ne suis pas de ceux-là. Si je vous ai appelé à moi, c’est que je crains réellement pour la sécurité de votre Royaume - et votre bonheur bien évidemment. Je suis sûr que vous vous demandez ce que j’ai à gagner dans cette histoire ? Eh bien, un allié de votre trempe est toujours un avantage incontestable dans ce vaste monde. N’est-ce pas, Eric ? »

J’attrapai mon verre et bus une longue gorgée de ce cru millésimé. Un bref instant, j’essayai de me rappeler le marché qui m’avait permis d’en faire l’acquisition. La tête d’un homme me revint en mémoire. Ce vignoble devait désormais être producteur d’une véritable petite exploitation - à moins qu’il ne sois mort ? Je ne me souvenais plus du sort que je lui avais réservé. J’espérais qu’il soit toujours en vie : ce breuvage était exquis. D’une robe bordeaux, il était d’une étrange complexité, exhalant un goût de fruits rouges tout en apportant une certaine rondeur en bouche.

« Pour revenir à votre requête, ce sera un véritable honneur pour moi de vous révéler la destinée qui vous attend. Bien évidemment, rien n’est figé et il ne tient qu’à vous d’emprunter les chemins détournés vers un avenir meilleur. Je pourrais bien entendu vous aider à déterminer la route qui répondre le mieux à vos attentes, si cela vous sied, Prince Eric, précisai-je en lui adressant un clin d’oeil plein de sous-entendus. Bien, commençons la séance. Veuillez désigner trois cartes et les retourner dans l’ordre de votre choix. »




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Adam Pendragon
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Adam Pendragon
Sam 09 Mai 2020, 19:04

    - « Merci. »

    Je regardai un instant le verre, rempli à la moitié. Le vin rouge m’irait très bien. J’étais plutôt partisan de la bière mais ce n’était pas ce que l’on trouvait le plus dans un château. C’était sans doute la raison de mon amour pour cette dernière d’ailleurs. Le fait est que mon palais n’était pas spécialement formé pour le vin. Il m’aurait donné de la piquette que je n’aurais très certainement pas fait la différence avec une grand cru. Je faisais semblant de m’y connaître, en règle générale, haussant la tête en signe d’approbation lorsque des invités prestigieux commentaient avec une expression stupide ce qu’ils buvaient. J’avais toujours trouvé le vin rouge plutôt âpre en bouche, sans parler de l’haleine qui allait avec. Néanmoins, je n’étais pas foncièrement contre et restais dans l’optique qu’il fallait que je goûte un peu de tout. Je bus donc et trouvai, étonnement, la boisson douce et plutôt bonne.

    Mes yeux se posèrent ensuite sur les cartes. Mon hôte avait le sens du spectacle. Je me demandai même s’il ne travaillait pas pour un cirque ou une autre curiosité similaire. J’aimais les mises en scène et pensai qu’il serait peut-être bon de l’inviter au bal.

    - « C’est vrai que dit comme ça… »

    L’argent n’était pas un problème pour moi et ne l’avait jamais été. J’étais privilégié, si bien que j’avais du mal à me faire à l’idée que l’on puisse souffrir d’un manque de moyens. Je voyais, au contraire, la vie du peuple comme étant bien plus attrayante que la mienne, faite d’une liberté que je voulais absolument obtenir. J’avais du mal à envisager les mauvais côtés, même si mon père et ses conseillers me les avaient déjà expliqués. Je ne les croyais pas. Je pensais qu’il était bien plus épanouissant de gagner son argent à la force de ses mains plutôt que d’être oisif toute la journée à apprendre un protocole inutile et pompeux.

    - « Du Royaume ? »

    C’était assez étonnant qu’il m’ait invoqué moi plutôt que mon père. C’était lui qui gérait les affaires politiques. Peut-être était-ce simplement que mon bonheur et l’avenir du Royaume étaient liés ? Ma sœur avait bien été maudite pour une histoire d’oubli d’invitation. Quant à ma mère, elle n’avait pas survécu à la magie de Maléfique. J’étais trop petit pour réellement m’en souvenir. Tout ce que je savais m’avait été raconté.

    - « Oui… J’imagine. »

    Je devais avouer qu’avoir un Prince en allié était toujours un avantage. Même si je ne le désirais pas, j’avais du pouvoir. J’en aurais d’autant plus lorsque le jour de mon couronnement arriverait. Je n’étais pas pressé. Je voyais pourtant que mon père m’observait de plus en plus. Parfois, il me testait en me demandant mon avis. J’avais quelques idées, des idées qu’il trouvait bonnes mais ça ne changeait rien : ça ne m’intéressait pas.

    - « Vous me rassurez. Rien n’est pire que de savoir son destin figé à jamais. J’aime croire que je suis maître de ma vie, même si c’est compliqué vu mon rang. »

    Je n’avais pas envie de décevoir mon père non plus. J’étais pris dans une sorte d’impasse entre mes envies personnelles, mes obligations et une forme de culpabilité qui apparaissait dès que je désobéissais ou n’en faisais qu’à ma tête. Je préférais de loin ne penser à rien et partir à l’aventure sur un navire.

    Je répondis au clin d’œil par un sourire. C’était rare quelqu’un qui essayait de m’aider à aller vers le chemin que je désirais, si rare que ma confiance en cet homme s’en trouva renforcée. Ça faisait du bien de ne pas être jugé et remis à sa place par des conseillers hautains qui savaient soi-disant mieux que tout le monde ce qu’un Prince devait être.

    - « D’accord. Voyons voir… »

    Je bus une nouvelle gorgée de vin avant de tourner les yeux vers les cartes. Je trouvais l’exercice amusant, plein de mystères, intrigant. J’avançai ma main et lui fit faire quelques aller et retour, en essayant de ressentir une attirance particulière. Je relevai brièvement le regard vers le Docteur Facilier avant de me replonger dans ma tâche.

    - « L’Impératrice… »

    J’avais retourné la première carte. Je me hâtai pour les deux autres, les nommant également à voix haute : la Tour et les Amoureux. Ma mine dut se faire interrogative.

    - « Qu’est-ce que cela veut dire, Docteur Facilier ? »

    738 mots



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Dim 10 Mai 2020, 17:03




Pour l'Amour du Prince



Sans surprise, le prince dévoila successivement les trois cartes qui lui étaient destinées. Je lis de l’empressement dans ses yeux lorsqu’il m’interrogea sur la prédiction. Sans plus attendre, je tapotai de l’index l’image de la première arcane.

L’Impératrice était assise sur un trône incrusté de pierres précieuses. Elle revêtait une élégante robe bleutée et des bijoux somptueux ornaient son cou délicat. Ses cheveux d’or étaient noués en un chignon parfait. Les traits raffinés de son visage angélique tranchaient avec la noirceur de son passé. Elle regardait droit devant elle, toisant le monde de ses yeux de glace. Ses mains rugueuses - que des années de travaux forcés avaient profondément meurtries - reposaient sur son ventre arrondi par la maternité.

« Éric, je vous présente la future régente du Royaume de GRRAAAA - votre épouse. »

Je lui laissai le temps d’admirer le physique de sa future conjointe avant de reprendre.

« Permettez-moi de vous remettre la situation dans son contexte. » commençai-je en amorçant une rotation du poignet.  

L’illustration s’anima et le décor prit vie autour de nous.

« Nous sommes au Grand Bal organisé par vos soins. Les filles de tous les royaumes sont réunies dans ce lieu avec la seule idée en tête de vous arracher un tendre baiser. Elles échafaudent des plans plus mesquins les uns que les autres pour arriver à leur fin et - l’une d’entre elle réussit à vous mettre la corde au cou. Les jours passent dans une lassitude extrême ; vous vous détournez de cette femme qui ne porte un amour qu’au pouvoir et à la domination. Malheureusement, votre père ne tarde pas à rendre l’âme et vous êtes acclamé comme le nouveau roi. Le statut de reine ne semble guère suffire à votre épouse. Vos disputes sont de plus en plus régulières et les désaccords se multiplient quant à vos décisions politiques. »

Au fil de mes paroles, les scènes de querelles, de tromperies et de mensonges se succédaient dans un spectacle silencieux et révélateur.

« Et puis, la sorcellerie se mêle à cette idylle tourmentée. L’usurpatrice tombe enceinte d’un héritier illégitime. Son influence au sein du conseil grandit au gré des décrets controversés que vous avez soutenus. Elle n’a pas de difficulté à trouver des alliés dans sa quête et votre mort n’est qu’une étape vers son salut. »

L’assassinat du prince se déroulait sous nos yeux sans que nous ne puissions rien faire. L’ancienne domestique avait enfoncé le poignard au creux du sternum de son époux. La lame s’était enfoncée sans rencontrer la moindre résistance. Le sang coulait à flot, maculant les draps de soie. L’hypocrite simula une expression d’effroi quand elle appela la garde. Elle désigna la fenêtre béante dont les voilages gondolaient sous l’effet du vent. Sa voix cristalline perça le silence pour prononcer le nom de l’innocent qui paierait cet épouvantable crime. Un nom qui sonna clairement aux oreilles du prince : Aladdin.

« En tant que mère du futur héritier, et grâce à ses complices, elle s’empare de la tête du gouvernement. Désormais, plus personne ne s’oppose entre elle et sa vengeance. »

La magie cessa et nous retrouvâmes dans ma roulotte face à la table de divination. Ma gorge était sèche. J’attrapai mon verre pour le vider de son contenu. Ce que nous avions vu n’était que l’une des dizaines de milliers de destinées possibles pour le prince. A dire vrai, c'était le pire de ces scénarios mais cela, je me gardai bien de le lui dire.

« Voilà la vision qui m’a été révélée à votre sujet mais il y a pire », précisai-je en caressant la seconde carte.

Il s’agissait de la représentation de l’une des plus hautes tour du palais. Des nuages sombres s’élevaient dans les cieux parcourus de lumières sporadiques. Un éclair frappa la tête du clocher attisant les flammes qui se propageaient déjà à l’intérieur de l’édifice.

« Les soldats de l’armée de GRRAAAA sont le dernier rempart entre la reine usurpatrice et les barbares qui dévastent les Trois Royaumes. Personne ne semble être en mesure d’arrêter l’avancée de ces êtres maudits. Pourtant, elle ne compte pas perdre la bataille. Elle invoque la puissance des sorcières les plus puissantes pour exterminer la menace. Son offre ? La mainmise sur la vie et les âmes de tous les habitants du royaume. Entendant cela, les guerriers se révoltent contre la souveraine mais - déjà - ils expirent leur ultime soupir. Si les harpies ont accepté d'accéder à sa requête, elles ne sont pas dupes : le sang s’écoule le long des cuisses de celle qui ne porte plus la vie en elle. Nulle larme ne ruisselle sur son visage alors que le liquide poisseux se répand sur le sol. De légers soubresauts parcourent ses épaules alors que sa figure se tord dans un rire dément. Elle a eu sa vengeance sur le monde mais à quel prix ? »

A nouveau, les images s’effacèrent pour nous ramener à la réalité. D’un geste expert, je remplis nos coupes, marquant une pause dans ma narration. Je laissai au prince le temps de digérer toutes les horreurs auxquels il avait assisté.

« J’imagine que vous comprenez désormais mon désir impérieux de vous mettre en garde ? Ce n’est pas seulement votre lignée qui est en jeu mais la vie de chacun de vos sujets. Il est encore temps de changer le destin de tous ces êtres mais il faudra que vous m’autorisiez à vous bénir de ma magie. Cette dernière carte vous révélera ce que je vous propose. »

Mon doigt frappa l’ultime arcane. Sur l’illustration, les amoureux s’enlaçaient, chacun cachant son visage dans le creux du cou de son partenaire. Au dessus d’eux, la représentation d’un ange semblait accédait à leur requête. Les tourtereaux se redressèrent dévoilant les silhouettes du Prince et d’Aladdin.

« Revenons au Grand Bal. Votre regard croise celui d’Aladdin. Il est encore plus beau que dans vos souvenirs. Il s’avance vers vous d’une démarche qui ne laisse flotter aucun doute. Qu’importe les convenances, vous n’osez vous soustraire à cette passion dévorante. Vous êtes tétanisé à l’idée que quelqu’un s’interpose entre vous. Il n’est plus qu’à quelques centimètres et votre coeur bat la chamade. Vous avez imaginé ce moment si souvent qu’il vous semble familier. Il caresse votre joue de sa main leste et s'amuse avec vos lèvres avant d’y apposer les siennes. Sa langue râpeuse trouve un chemin jusqu’à la vôtre. Vous frissonnez autant d’excitation que de peur : tous les invités ont les yeux rivés sur vous. Malgré la féerique de l’instant, vous ne pouvez vous empêcher de chercher votre père des yeux. Vous l’apercevez au loin. Vous savez qu’il vous voit et - pourtant - son visage est lisse de tout reproche et de toute colère. Un mouvement de tête vous rassure sur le fait qu’il ne s’opposera pas à votre décision. Vous fermez les yeux pour profiter à votre tour de ce baiser. »

L’illusion continuait à vivre autour de nous quand je me décidai enfin à m’enquérir de la réponse de ma victime.

« Alors, qu’en dites-vous ? Avons-nous un accord ? »





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Adam Pendragon
Lun 11 Mai 2020, 12:44

    Je clignai plusieurs fois des yeux lorsque le Docteur Facilier m’annonça que cette femme serait mon épouse. Je me penchai légèrement sur la carte. Elle était enceinte et paraissait si… froide. Non c’était impossible. Comment aurais-je pu me marier à cette mégère ? La question demeura sans réponse de mon côté alors que s’animait devant moi une mise en situation qui me plongea, petit à petit, dans le désespoir. Mon attention focalisée sur les événements, je déglutis bruyamment. Cette femme, la mort de mon père, mon couronnement, nos disputes… Cela me ramena à des pensées antérieures. Épouser une femme, par convenance, pour faire bien, n’était peut-être pas la solution. Elle me mettrait la corde au cou.

    - « Un héritier… »

    Les mots de l’enchanteur me firent comprendre la naïveté de mon mode de fonctionnement. Si j’avais pensé qu’un autre que moi pourrait féconder ma future femme, il m’apparut clairement que cette solution n’était pas envisageable. Et si un manipulateur le faisait ? Et si une malédiction était lancée sur toute ma famille en profitant des infidélités de ma femme ou de mon consentement à la laisser voir d’autres hommes ? Ma mort me glaça des pieds à la tête. Je sentis une colère sourde me saisir à la gorge. Je ne savais pas qui était cette femme mais j’eus envie de la tuer, pour l’empêcher de nuire à l’avenir. Ma fureur gagna des proportions encore plus énormes lorsqu’il fut question d’Aladdin. Comment osait-elle l’accuser à tort ?

    - « Pire ? »

    Comment les choses auraient-elles pu être pires ? J’aurais aimé ne jamais le savoir. Pourtant, le discours de Facilier ne s’embêta pas à considérer ma volonté de fuite. La scène reprit, me laissant pantois et impuissant. Je pris mon verre lorsqu’elle s’interrompit et bus cul sec. L’âpreté du vin me sembla douce par rapport à ce que je venais de voir. Dans ces circonstances, je ne pouvais plus demeurer hors de mes responsabilités. Elle venait de me revenir à la gueule, comme une claque immense assénée par un géant.

    Quand mon interlocuteur remplit de nouveau ma coupe, je replongeai mes lèvres dedans avec empressement, comme si ça suffirait à me faire oublier les horreurs que je venais de voir. Tout ça pour un mariage, avec la mauvaise personne.

    - « Oui je… je comprends. »

    J’étais tellement choqué qu’il ne me vint même pas à l’idée de remettre en question ce que cet homme venait de me montrer. Pour moi, il était bon et s’inquiétait vraiment. C’était d’ailleurs la raison qui l’avait poussé à m’attirer dans sa roulotte alors même qu’on aurait pu l’accuser d’enlèvement. Heureusement, il semblait y avoir une solution. Je redevins attentif lorsqu’il expliqua la carte des Amoureux. Ce que je vis commença à me détendre. Aladdin, au bal, si beau, si désirable. Je pouvais presque sentir ce que Facilier décrivait : mon cœur battre la chamade à la vue de son élu, mes mains devenir moites à son approche. C’était comme un rêve. Le regard qu’il me lançait était sans appel. Je savais qu’il en avait envie, lui aussi. Imaginer la suite m’excita. Je ne rêvais que de ça : une nuit dans ses bras, après lui avoir avoué mon amour. Le plus important, et je m’en rendis compte facilement, fut le regard de mon père : sans jugement. Ça m’apaisa, alors même que tout ce qui se déroulait devant mes yeux était faux. Je le voulais. Je désirais tellement que ça se produise, que le Royaume GRRAAAA soit en paix et que tous acceptent les élans de mon cœur.

    Mes yeux eurent du mal à quitter la vision. Je n’avais pas envie de retourner à ma vie actuelle. Il fallait que je me souvienne de ce qu’il m’avait montré avant, des risques, des conséquences de mes actions et je préférais me plonger dans le déni en admirant ce que pourrait être ma vie. Il l’avait bien dit, non ? S’il me bénissait de sa magie, c’était ce qu’il se passerait ? Si j’acceptais alors je sentirais la langue d’Aladdin caresser la mienne, ses mains sur moi… Et si mon père acceptait cet amour, peut-être pourrions-nous même nous marier et… peut-être que ma sœur pourrait prendre ma relève si nous trouvions de quoi lui enlever sa malédiction ? Une femme au pouvoir serait une bonne chose. Aladdin et moi pourrions alors vivre notre vie, partir en voyage. Aurore se chargerait de faire des enfants et la lignée continuerait ainsi.

    Je relevai les yeux vers l’enchanteur, sûr de moi, motivé dans ma réponse et totalement crédule.

    - « Bien sûr. J’accepte. Je ne vous remercierai jamais assez ! »

    J’étais juste idiot et amoureux. Les deux allaient généralement ensemble.

    785 mots



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Mar 12 Mai 2020, 18:17




Pour l'Amour du Prince



Mes yeux violacés pétillèrent de plaisir à l’annonce du prince. Je ne pus empêcher mes lèvres de s’arquer en un sourire satisfait qui laissait apparaître une dentition impeccablement blanche, contrastant avec la noirceur de ma peau. J’avais eu de la chance de tomber sur des proies aussi naïves. Décidément, les membres de la royauté se laissaient facilement tromper et pervertir. Je m’interrogeais un instant sur ce qui avait bien pu les mener à accéder au pouvoir. La logique voudrait que les dirigeants soient supérieurs à leurs sujets. Après tout, c’était à eux que les paysans déléguaient leur protection. Ils leur faisaient une confiance aveugle quant aux décisions prises pour le bien commun. Pourtant, ceux que j’avais rencontré étaient plus candides et irréfléchis que des moutons au sein d’un troupeau suicidaire. Sans doute leur vie de luxe - éloignée de toutes les difficultés du quotidien - les avaient amenés à négliger les dangers de la vie. A moins que ce ne soit leur écoeurante suffisance et leur ego démesuré qui les confortaient dans l’idée fantaisiste de leur suprématie et de leur invulnérabilité. Toujours est-il qu’il m’avait suffit d’ouvrir la gueule pour qu’ils s’y jettent à corps perdus.

« Je suis ravi d’entendre que vous m’accordez votre confiance, Éric. Je ne vous décevrai pas, je vous le promets. »

Mon engagement consistait simplement à lui permettre de jouir de son très cher Aladdin sans que personne ne s’y oppose. Si j’étais convaincu de lui offrir le coeur de ce prince des voleurs, j’étais également certain qu’il ne tarderait pas à déchanter de ce voeu que je lui accordais.

« Si vous consentez à ce que je réalise cette vision, nous devons nous serrer la main pour conclure cet engagement. C’est une sorte de gage de ma bonne foi ; je ne peux utiliser la magie qu’avec l’accord des bénéficiaires. Cela explique également pourquoi je vous ai exposé la situation au lieu d’agir de mon propre chef, commençai-je à indiquer d’un ton feignant la bienveillance. Je préfère vous prévenir : vous risquez de sentir une légère piqûre. Ne vous en faites pas, c’est tout à fait normal. Il s’agit d’un mécanisme de protection, pour s’assurer que la personne qui réalise le voeu est bel et bien celle qui en profitera. »

Mes mains se déplaçaient lestement dans les airs, formant des gestes irréfléchis qui accompagnaient mes paroles.

« Imaginez qu’un vil gredin prenne votre apparence pour me duper et qu’il me demande de le faire tomber dans un sommeil profond. Dans ce cas, grâce à la marque que j’appose, je suis sûr que c’est bien lui et non vous qui sera la cible de mes pouvoirs. Cela m’évite bien des déconvenues vous savez. Je n’aimerais pas que l’on me range du côté des sorcières comme Maléfique à cause d’un léger malentendu. »

Je simulai un frisson à l’évocation de ma génitrice. En réalité, j’avais besoin de lui prélever du sang et ce mouvement me permettait de le faire à son insu. C’était bien moins risqué de cette manière : je savais que beaucoup se méfiaient à juste titre des rituels impliquant le fluide vital. A dire vrai, tous les néophytes savent que l’utilisation du sang n’est utilisée que dans le cadre des sortilèges de magie noire. Reprenant un peu de consistance, je tendis la main vers mon contractant dans le but de parachever notre accord.

Séparateur

Il restait encore quelques heures avant que les premiers rayons du soleil percent l’horizon et emportent avec eux la silhouette princière. Mieux valait le prévenir avant qu’il ne lui prenne l’envie de quitter ma roulotte. Je songeai qu’il était plus amusant de poursuivre mon numéro de magicien honnête : sa déconvenue ne serait que plus grande au moment fatidique.

« Je préfère vous prévenir que je ne suis pas en mesure de vous renvoyer dans votre château pour l’instant. Mes pouvoirs ne me permettent pas de réaliser ce genre de chose - c’est d’ailleurs pour cela que j’ai dû recourir à ceci. »

Je désignai le recueil de contes d’un geste de la tête.

« Il va donc nous falloir patienter que l’aube se lève pour que les effets se dissipent et vous renvoient d’où vous venez. Pour l’heure, nous sommes tous les deux coincés à l’intérieur de cette roulotte. Autant rendre les choses… amusantes. Qu’en pensez-vous ? »

Je jetai un oeil lubrique à mon interlocuteur. Il m’attirait mais il ne fallait pas que je cède à mes pulsions sous peine d’annihiler mes efforts.

« Une partie de cartes, cela vous tente cher Prince ? proposai-je avant d’ajouter : sans magie, bien sûr ! »





Post IV - 755 mots
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Adam Pendragon
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Adam Pendragon
Mar 12 Mai 2020, 19:53

    Je le regardai et finis par lui serrer la main. La morsure fut bien présente. Elle picota mais rien de trop douloureux. Je m’en remettrais vite. Maintenant que c’était fait, que je ne pouvais sans doute plus revenir en arrière, je commençai à me questionner. Je ne m’interrogeais pas sur lui mais plutôt sur la suite des événements. Je le pensais honnête. Mon excitation grandit doucement mais surement. Le bal serait donné le lendemain soir. Pendant celui-ci, je rencontrerais Aladdin et nous nous embrasserions devant tout le monde. L’excitation ne vint malheureusement pas seule. Je ressentis aussi de l’anxiété, une peur panique de ce que le voleur pourrait penser de moi.

    - « Ah oui ? »

    Je l’avais dit de façon distraite, mes yeux se tournant vers le livre plus par mécanisme que par réelle volonté. Au fond de ma poitrine, les doutes m’assaillaient. Je n’étais pas si expérimenté. J’avais eu quelques aventures sans conséquences, des baisers volés et quelques attouchements. Le chapelier du Royaume en avait d’ailleurs fait les frais, à mon plus grand regret. Il avait été banni par ma faute, parce que le personnel du château nous avait surpris dans une position délicate. Je n’étais jamais allé aussi loin avec personne et…

    - « Amusantes ? »

    Je ne relevai que ce mot. Nous allions restés tous les deux jusqu’à l’aube, dans cette roulotte. Je le regardai un instant, avant qu’il ne révèle les plans pour le reste de la soirée. Je ris.

    - « Une partie de carte fera très bien l’affaire, sans magie. »

    Mes doutes revinrent. Est-ce que je pourrais assurer ? Et si Aladdin me trouvait ridicule ? Avait-il de l’expérience ? L’amour charnel n’était pas quelque chose que l’on apprenait à un Prince. Bien sûr, l’on m’avait expliqué qu’en tant qu’héritier de la couronne, je devais épouser une femme et lui faire un héritier mais la pratique n’avait jamais été évoquée. J’aurais préféré avoir déjà testé certaines choses avant de me marier à mon grand amour. L’angoisse de le voir me quitter pour quelqu’un de moins hésitant, alors même que nous n’étions pas encore ensemble, se resserra un peu.

    - « Il faudra sans doute que je me repose. Je ne sais pas si vous avez de quoi me faire dormir mais la journée de demain sera longue et la soirée… Comment dire ? Je n’aimerais pas paraître fatigué alors que je vais pouvoir enfin approcher Aladdin et le faire mien. »

    Si jamais la soirée se terminait dans mon lit et que je m’endormais à cause du manque de sommeil, je ne me le pardonnerais jamais.

    Je pris les cartes qu’il me tendit et commençai à jouer en sa compagnie.

    - « Est-ce que vous avez encore de ce vin ? Honnêtement, je ne suis pas un grand amateur de vin rouge, je n’y connais rien. Je préfère la bière. Seulement, le vôtre était vraiment bon. »

    Il me paraissait agréable, d’autant plus qu’il n’aimait pas Maléfique. J’avais déjà demandé à mon père de pardonner la sorcière et de l’inviter au bal. Je restais méfiant à son égard mais je voulais que le Royaume vive en paix. Si personne n’enterrait les vieilles querelles, si personne ne faisait un pas vers l’autre, alors rien ne changerait jamais. Les conflits ne pouvaient que se renforcer et virer à l’amertume et à la haine. Si un jour je devenais roi, je n’avais pas envie que cela arrive. Je voulais faire table rase du passé.

    - « Puisque nous allons passer la nuit ensemble et que vous m’avez déjà été de si bon conseil, j’aimerais faire appel à vos connaissances encore une fois. Ça n’a rien à voir avec le Royaume. C’est plutôt… personnel. »

    J’avais bien essayé de penser à autre chose mais mes doutes ne me quittaient pas, même en jouant.

    - « Je sais être amoureux d’Aladdin. Je ne l’ai pas vraiment côtoyé mais quand je l’ai vu, j’ai su. Seulement, je suis encore jeune et ces choses-là… »

    J’étais un peu gêné.

    - « Pour le dire autrement, je n’ai pas beaucoup d’expérience en… sexe. Je ne suis pas sûr de savoir comment m’y prendre avec lui et je n’ai pas envie de décevoir ses attentes à cause de mes hésitations. Je le crois plus dévergondé que je ne le suis. Je suis Prince, il doit s’attendre à quelque chose de plutôt satisfaisant et s’il s’aperçoit que je ne sais pas exactement comment m’y prendre, il risque de… partir. Comme vous avez l’air de beaucoup voyager et de savoir énormément de choses, je me demandais si vous pourriez me donner quelques conseils… Ce n’est pas mon père qui m’apprendra comment faire l’amour à un homme. »

    Je ris à cette constatation, toujours nerveux.

    794 mots


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