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 [Coupe des Nations sorcière] - Frappe-moi, accable-moi, mutile-moi

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Priam et Laëth
~ Ange ~ Niveau III ~

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◈ Parchemins usagés : 3837
◈ YinYanisé(e) le : 02/02/2018
◈ Âme(s) Soeur(s) : La bière et le saucisson | L'adrénaline et les problèmes
◈ Activité : Berger [III], traducteur [II], diplomate [I] | Soldat [III], violoncelliste [I]
Priam et Laëth
Mer 03 Juin 2020, 23:58




Éclaire-moi, soutiens-moi, purifie-moi

Coupe des Nations | Sorciers | Laëth


RP précédent : Aux cœurs inhumains.
RP liés : La vulnérabilité (dernier message de Kaahl)Ibalopọ.


Elle n’avait plus qu’une idée en tête. La causalité guide les événements. Les choses arrivent parfois pour une bonne raison. Les pourquoi ont des réponses. Le viol d’Hena, sa mort, Kaahl Paiberym et Elias Salvatore, la bataille en Terre Blanche, le visage du Roi des Démons, sa blessure, ses cauchemars et ses rêves sybillins, la lettre de Leenhardt, sa convocation à la Coupe des Nations sorcière ; son monde qui se délite dans un chaos insoutenable. Dans sa souffrance, elle avait pavé des chemins de réflexion. Elle aurait pu songer à tout cela comme à des épreuves envoyées par les Ætheri pour la renforcer. Elle aurait pu, si tout ne s’était pas enchaîné aussi impitoyablement et si ces événements n’avaient pas été les catalyseurs de sa douleur. Elle percevait là une punition. Elle avait failli, quelque part.

C’était Ezechyel, qui l’avait poussée vers Kaahl. Sans doute parce qu’il était son fils. Peut-être ne voulait-il pas le voir sombrer dans les ténèbres ? Personne n’ignorait les affres de la magie noire – encore moins celui qui les avait subies. Elle avait ressenti que Jun était moins terrible que ce que les gens de Lumnaar’Yuvon voulaient bien prétendre. Il connaissait l’amour, la tristesse, l’espoir. Il savait le poids du devoir et les rouages de l’inévitable. Tout a un prix ; pour le bien de son enfant, il l’avait sacrifiée. Impossible de se défaire des quelques mots qu’il avait prononcés à son oreille, dans le labyrinthe. Ils la condamnaient. Il aurait fallu lui en vouloir. Elle n’y parvenait pas. C’était peut-être juste cet horrible destin. Peut-être que l’intervention du Prince des Cauchemars avait été nécessaire pour accrocher fermement le cœur de Laëth à l’Honorable Vautour.

S’était-elle mis Ahena, Delix et les Dieux Vertueux à dos, en tombant dans les bras du Trompeur ? Avait-elle éveillé leur courroux en cédant à des instincts trop bas pour sa condition d’Ange ? Ses songes, avec cet homme blond, les faisaient-ils croire à une perversion de son âme ? Sa réconciliation avec les Zaahin leur arrachait-elle des grimaces de colère ? Nourrissaient-ils à son égard des espoirs qu’elle avait déçus ? Les hypothèses se succédaient. À chaque reprise, leur ballet se terminait sur la même note : la nécessité de la piété. Déchirée, elle avait décidé de revenir se blottir dans les bras des divinités, pour racheter ses fautes et expier ses péchés. Ses prières seraient plus fréquentes et ses offenses dépériraient. Elle suivrait une ligne de conduite animée par le Bien et la Lumière.



« Je ne veux pas y aller. »

Au cœur de la cité sorcière, les yeux levés vers les hauts bâtiments taillés dans une pierre d’ébène miroitante, Laëth se remémorait ses propos. Elle frissonna. Elle l’avait dit, répété, ressassé. Elle ne voulait pas plonger dans la gueule de la Vorace. Toutefois, au fil de ses réflexions, elle avait changé d’avis. Elle ferait honneur aux Ætheri et à son peuple. Elle survivrait. La victoire ne serait peut-être pas à sa portée, soit parce qu’elle n’en aurait pas les capacités, soit parce que l’épreuve contreviendrait à ses valeurs – rien n’était à exclure, car les Sorciers s’opposaient tant aux Anges qu’aux Réprouvés et manquaient rarement une occasion de pénaliser les autres. Peu importait. Elle devait faire de son mieux.

La capitale était en fête. Malgré la liesse, elle conservait des aspects lugubres. On célébrait l’écrasante victoire des Sorciers sur les Démons. Ismaël Windsor, gouverneur de la majeure partie de l’ancien territoire angélique, devait jubiler. Chez les Anges, la joie l’avait aussi emporté sur la méfiance ou la crainte, durant quelques jours au moins. Des questions demeuraient en suspens, parmi lesquelles celle de savoir quelles étaient les créatures qui avaient déferlé sur le champ de bataille, annonçant le repli des Ailés. Elle savait. Elle n’avait pas été surprise. Elle n’avait rien dit. Le silence devait dominer. Il avait scellé ses secrets.



Dans l’auberge, il y avait Za. Za, et un ventre arrondi. Lorsqu’elle l’avait vue, une forme d’apaisement l’avait envahie. C’était un visage familier. Cependant, elle s’était rappelée leur relation et les mauvais souvenirs qui s’y rattachaient. Seule la curiosité avait résisté aux assauts mémoriels. De qui était-elle enceinte ? Elle ne lui demanda rien. Elle se contenta de la saluer de loin. Elle se doutait que la Réprouvée, depuis son départ de Lumnaar’Yuvon, la tenait encore moins en estime. En dehors du cadre de la Coupe des Nations, elle aurait peut-être essayé de lui trancher la tête. À en juger d’ici, l’Aile Blanche n’aurait eu aucun mal à la battre, mais l’expérience n’en serait pas moins restée désagréable. Elle songea qu’il lui faudrait dire à Priam qu’elle participait – il l’accompagnait. Même si elle ne l’appréciait pas, son frère serait sûrement content de pouvoir la voir. Pourvu que la blonde, probablement folle de rage à l’idée de se trouver parmi les Mages Noirs, ne tentât pas de l’assassiner, lui aussi.

Les autres participants lui étaient inconnus – elle en avait croisé certains, dans un conte, mais ne s’en souvenait pas encore. Brièvement, tandis qu’on les conduisait jusqu’à une demeure, elle se demanda si elle croiserait Stanislav, dans les rues d’Amestris. Il festoyait sans doute, comme tous ses pairs.

Le parfum sauvage du sang la prit à la gorge, et elle répéta l’opération qu’elle avait effectuée en Terre Blanche, à l’approche du Monarque Démoniaque : elle anesthésia son nez. Dès qu’elle approcha, ses iris verts se portèrent sur la figure sévèrement taillée d’une femme rousse. Elle serra les dents. Il avait donc choisi le format de l’épreuve. Ne pas le voir constituait sans doute un soulagement, quoiqu’elle se questionnât sur la raison de son absence. Au moins, elle n’aurait pas à résister au tumulte émotionnel qui l’aurait sans aucun doute lacérée, en sa présence. Cependant, elle redoutait ce que son esprit avait pu conceptualiser pour tester les concurrents. L’annonce la fit tressaillir, et elle se remémora les mots qu’il lui avait dits, dans ce cauchemar où son subconscient l’avait dépeint comme un Vil. Tu as peur, Laëth ? Peur de l’amour que tu ressens pour moi ? C’est pour ça que tu préfères me voir comme un Démon ? N’aie pas peur. Arrête de faire de moi un Démon et je serai un Ange. Il avait fait apparaître des ailes immaculées dans son dos. Puis il l’avait jetée dans les bras de l’inconnu. Elle serra les poings. Elle avait peur, oui. De l’aimer sans vraiment le connaître, de l’aimer même en sachant qui il était véritablement, de l’aimer envers et contre tout – et de s’y perdre. Elle avait peur qu’il lui fasse du mal et qu’il la trahisse comme il l’avait fait dans ce rêve – et d’en être brisée. Ce n’était qu’une chimère mais elle lui avait paru trop réelle. Elle avait résonné avec ce qu’elle traversait actuellement.

Une torture, douloureuse et éternelle. L’Ange soutint le regard de la Sorcière, sans ciller, quand les ruines de ses propres remparts s’affaissaient encore un peu plus. C’était toujours plus terrible. S’il demandait la réalisation d’une telle chose, quelles étaient les chances pour qu’il ne s’en servît pas ? Sa lucidité battait en brèche ses sentiments. Elle aurait voulu pouvoir se rassurer naïvement. Elle n’y parvenait pas. Le reste du discours lui parut ténu, sans toutefois la laisser indifférente. Comme de nombreuses fois durant les dernières semaines, elle avait la sensation que son esprit dérivait vers d’autres mondes, détaché de son corps comme du réel.



« Alors, tu vas abandonner ? » Priam marchait à ses côtés. Deux gardes les suivaient. Laëth leur jeta un regard par-dessus son épaule puis riva ses yeux sur le sol. Lorsqu’elle releva la tête vers son frère, un éclat dur y étincelait. « Non. Je vais essayer. » Il fronça les sourcils. « Laëth… » Elle leva la main pour lui faire signe de se taire, puis changea immédiatement de sujet de conversation. « Za est l’une des participantes. » Il demeura muet, et elle sentit qu’il avait fait un effort pour ne pas se tourner trop vivement vers elle. « Elle doit fulminer. » fit-il. « Tu lui as parlé ? Elle va bien ? » - « Je lui ai juste dit bonjour. Et ça a l’air d’aller. Elle est enceinte. Tu le savais ? » Le cœur du brun rata un battement. Il essaya tant bien que mal de masquer son trouble avec l’espoir que, s’il transparaissait, elle l’interpréterait autrement. « Non, je ne savais pas. C’est… surprenant. » Il repensa à leur nuit, dont il n’avait pas parlé à sa sœur. Les chances étaient infimes, toutefois, le doute le pinça. En moins d’une seconde, il avait disparu, remplacé par l’irritation. Elle accueillait bien des hommes entre ses cuisses. Il s’en moquait. Il n’était pas amoureux et n’avait pas l’intention de la faire sienne. Cependant, l’idée que ce Démon qui ressemblait tant à Isiode et Isley Yüerell posait régulièrement ses mains – et tout un tas d’autres choses – sur elle et pouvait être le père potentiel de cet enfant l’écœurait plus encore qu’il ne l’aurait cru. Mais c’était moins répugnant que de visualiser sa cadette en tortionnaire. « Tu ne peux pas imaginer une méthode de torture. Ne te sacrifie pas pour une épreuve organisée par des Sorciers… »



« Mais tu ne vas pas l’épouser ? » Elle plissa le nez. Il lui avait déjà posé ce type de questions, plus ou moins à propos de la même personne. L’Immaculée ne goûtait pas l’ironie de la situation. Ce n’était qu’un rappel à la douleur qui rongeait son cœur. « J’y ai réfléchi. » Priam fronça violemment les sourcils et ses yeux dorés s’assombrirent. « Ce sont des mariages diplomatiques. » justifia-t-elle en croisant son regard. « J’ai essayé d’imaginer quels bénéfices pourrait en tirer notre peuple. Avec la Terre Blanche… » Son aîné l’attrapa par le poignet et l’arrêta. Les deux soldats qui les suivaient s’interrompirent et se mirent au garde-à-vous. Ils ne les quittaient pas des yeux. Laëth planta ses prunelles torturées dans celles de son interlocuteur. « Et les conséquences, si tu dis oui ? Tu y as pensé ? » À titre personnel, qu’elle épousât un Sorcier le répugnait au plus profond de lui-même. La haine qu’il ressentait à leur égard était viscérale. « Ça jetterait l’opprobre sur toi. Tu es une Ange et une fille de Réprouvés. » - « Et alors ? Si c’est pour le Bien, qu’est-ce que ça peut faire ? » La désinvolture de son ton le révolta. « Qu’est-ce que ça peut faire ? Mais tu t’entends ? Quels bénéfices est-ce que tu voudrais en tirer, hein ? Quelles garanties que ça se passe comme tu l’entends ? C’est un Sorcier. Tu crois qu’il va te faire des fleurs parce que tu lui fais les yeux doux ? » À mesure qu’il parlait, l’expression de Laëth se durcissait. Il se moquait d’être indélicat. « Et ton Magicien, hein ? Je ne sais pas ce qu’il se passe entre lui et toi, mais si vous vous aimez vraiment, j’imagine que la situation finira par s’arranger. Quelle tête est-ce qu’il fera si tu lui annonces que tu as épousé Elias Salvatore ? » Elle se le demandait bien, justement. Il devait savoir qu’elle savait. Il n’était pas stupide et avait dû imaginer son raisonnement. « Est-ce que le Prince Noir vous donnera l’autorisation de vous marier ? » Excellente question, et sa curiosité aurait bien aimé avoir la réponse. « Est-ce que les Anges et les Magiciens accepteront une telle union, avec tous les risques qu’elle comporte ? Elias pourrait très bien espionner, grâce à toi. Tu es une Élue d’Hel’Dra, et tu fais partie de l’armée. Ton Baron aussi, sans parler de l’importance qu’il commence à prendre. S’il est rationnel, il ne devrait même pas vouloir te revoir après ça. » Elle se dégagea vivement de son emprise et cracha : « J’ai déjà réfléchi à tout ça. » Il croisa les bras et esquissa un signe du menton vers elle. « Alors ? » Elle laissa le silence serpenter un instant, avant d’articuler sèchement : « Je ne sais pas. » - « Nutaar, Laëth ! »



Elle avait griffonné sur un papier. Des idées, des croquis. Tout ce que les ténèbres qui l’auréolaient soufflaient à son esprit tourmenté. Elle voulait marcher dans la lumière ; mais l’ombre la traînait dans son sillage. C’était peut-être cathartique. À évacuer la noirceur de son âme, elle n’y serait éventuellement plus confrontée. Pour un temps. Elle vidait.

Les émotions lui étaient venues en premier. Pas de répit pour celle dont le cœur débordait. Un désespoir intense, puis une tristesse horrible. Une joie culminante. Un retour à la neurasthénie. C’était pénible. À rendre fou n’importe qui. Elle le savait. Elle le vivait.

Couler du métal brûlant sur la chair. Enfoncer de petites piques. Faire glisser des plaquettes en acier entre les dents, pour inciser les gencives, entre les doigts et les orteils. Cisailler en continu. Peut-être que la douleur finissait par devenir coutumière. Elle l’ignorait et ne voulait pas le savoir.

Faire éprouver les Vertus avec une profondeur insupportable. Susciter la culpabilité face à la moindre faute. Conduire à l’expiation du plus infime des péchés. Douter de ses propres mérites. Demander le pardon sans espoir réel de l’obtenir. Elle se raccrochait à la Lumière.

Matérialiser les cauchemars et les peurs. Ils ne la lâchaient pas. Depuis son arrivée dans la cité, ils semblaient s’être renforcés. L’atmosphère propre au peuple noir pesait sur sa psyché. Les chimères devenaient des démons. Elle dormait peu et ne mangeait pas plus. Chaque instant passé avec son frère était précieux, parce qu’il savait lui apporter l’éclat qu’il lui manquait.

Laëth brûla tout à la flamme d’une bougie, elle-même horrifiée de ce que son intellect matraqué pouvait élaborer. Elle ne voulait faire souffrir personne. Elle désirait simplement apporter le Bien et la Lumière.



Elle pleurait dans les bras de Priam. Il était monté dans sa chambre. Elle l’avait mise sens dessus-dessous. Le sol était jonché du matériel pour écrire, les draps débordaient du lit et elle avait poussé la chaise de bureau, tombée sur le carrelage, avant de se laisser choir sur le matelas. Sa souffrance et son obstination l’avaient guidée jusqu’à une extrémité. Au bord d’un gouffre, elle avait le choix entre reculer ou sauter. « Abandonne l’épreuve. » L’ambiance générale d’Amestris était corrosive pour sa quintessence. Les Sorciers esquissaient des sourires narquois dès qu’ils reconnaissaient en elle une Immaculée. Tout ce qui la retenait de ne pas les exécuter, c’était une fatigue trop difficile à surpasser. La condition des esclaves la révoltait et lui donnait envie de lancer des insurrections. Elle aurait voulu tous les sauver. Elle se rebellait contre son moral écartelé et ses résultantes néfastes, contre ses douleurs et ses larmes. Elle en avait assez de pleurer ; mais toutes ses ruades se heurtaient au néant. « Laëth, abandonne. Ça ne sert à rien. C’est idiot. La victoire, c’est de ne pas jouer leur jeu. C’est de rester fidèle à toi-même et à ce en quoi tu crois. » Il appuya ses lèvres sur son front, à la naissance de ses cheveux. « Rentrons. Il faut que tu te reposes, et que tu parles à quelqu’un. » Je ne peux pas. « Si tu gardes tout pour toi, ça ne peut pas bien se terminer. » Elle l’enlaça plus fort.



Prince Elias Salvatore,

C’est sans regret que je vous annonce mon refus quant au mariage. Vous vivez pour défendre le chaos, je n’existe que pour combattre le Mal et répandre le Bien. J’imagine que vous ne sauriez que faire de cela. Quant à moi, je ne veux pas me détourner de ce qui fait l’essence de mon peuple.

Sans surprise, j’ai abandonné l’épreuve. On m’a dit une fois que je serai à la hauteur de tout ce que j’entreprendrai ; mais on ne peut apparemment pas aller contre soi-même sans se parjurer.

Laëth Belegad

L’Ange avait hésité à être plus virulente. Mais, officiellement, elle s’adressait à un inconnu et à un prince. Le dialogue officieux ne pouvait s’établir qu’en filigrane.



Message unique – 2639 mots
(Sans les phrases reprises de Kaahl et d'un de mes précédents rp)

Laëth abandonne et refuse le mariage.
Merci pour cette CDN, et bonne lecture [Coupe des Nations sorcière] - Frappe-moi, accable-moi, mutile-moi  - Page 2 3298876942




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Mer 03 Juin 2020, 23:58


By Godfrey Escota

Frappe-moi, accable-moi, mutile-moi


Lédovinia se tenait à l’une des fenêtres de la maison principale. Son époux était assis plus loin. Mathias paraissait absorbé par le journal qui était devant lui mais il n’en était rien en réalité. Il scrutait discrètement, parfois, la silhouette de sa femme. L’ombre de celle-ci s’étalait sur le sol. Cette ombre, il la redoutait, au sens figuré. Elle n’était plus la petite chose fragile qu’il avait épousé jadis, cette femme de laquelle il pouvait user et abuser. Sa tenue, une longue robe sombre en velours, remontait jusqu’à son cou. Elle semblait Reine, dans cette position. Ça la rendait insupportable à ses yeux. Chez les Taïmon, les hommes seuls dirigeaient. Il n’y avait pas de femmes au pouvoir. Elles étaient considérées comme incapables. Elles devaient être soumises. Lédovinia l’était de moins en moins. Ses silences étaient empoisonnés. Elle ne le critiquait jamais mais son regard le scrutait parfois avec un soupçon de pitié et de malveillance. Cette vipère était à massacrer au plus tôt. Néanmoins, Mathias ne pouvait pas se permettre un second assassinat. Il avait… hum… disons, un peu trop écartelée Nazarine la dernière fois qu’il avait joué avec. Sa première femme le savait. Depuis, un climat de peur régnait dans la maison, un climat qui existait déjà auparavant mais qui s’était renforcé. Seulement, sa première épouse n’avait rien changé à ses habitudes. Elle déambulait, silencieuse. « La prise de la Terre Blanche est une excellente nouvelle. » dit-elle d’une voix ferme. Mathias leva les yeux de son journal. Elle n’était plus face à la fenêtre mais face à lui. Il n’avait pas envie de lui donner raison. « Une femme n’a pas à parler de politique. Restez à votre place, Lédovinia. » articula-t-il avec la sécheresse d’un désert particulièrement aride. « Veuillez m’excuser. » murmura la concernée après un léger mouvement de la tête. Le Sorcier plissa les yeux. Il lui semblait avoir décelé sur ses lèvres un petit mouvement, comme un sourire qui se serait apprêté à naître mais qui aurait été stoppé dans sa course. Était-elle en train de se moquer ? Pris d’une envie presque pathologique de l’humilier, il plia le papier et le posa sur la table. « Allez-y, dîtes-moi pourquoi est-ce une bonne chose d’après vous, si vous êtes si intelligente. » Elle sentit le ton acerbe. « Nous venons d’étendre notre territoire et avons acquis de nouveaux esclaves. » « Hum. » fit-il simplement, comme si ses arguments n’avaient pas le moindre poids. « Un enfant de cinq ans aurait pu m’avancer la même chose. Vous êtes pathétique Lédovinia. Restez à votre place, vraiment, ce n’est pas bon pour vous de penser que vous pouvez être plus que ce que vous êtes déjà. Vous êtes une femme, ma femme, et je vous conseille de ne pas oublier ce détail. » Comme elle le fixait, il ajouta : « Et je vous conseille aussi de baisser les yeux. Je n’aimerais pas avoir la main trop lourde la prochaine fois que je vous fouetterai. Ce serait bien dommage que vous finissiez comme Nazarine. » Elle l’observa quelques secondes, de trop pour l’homme qui attendait une soumission totale de ses femmes, puis baissa les yeux avant de se tourner de nouveau vers l’extérieur. D’ici quelques temps, il sortirait de sa vie.

« Vous allez vous rendre en ville, afin d’admirer les candidats dans leurs œuvres ? » demanda l’une des nouvelles connaissances de Morgane à celle-ci. Les deux jeunes femmes se vouvoyaient. « Je ne crois pas. » dit la concernée. « Mes parents ne sont pas en faveur d'un tel déplacement. » « Pourquoi donc ? » « Ils pensent que des étrangers sont incapables d’inventer de véritables techniques de torture et que le Prince Noir l’a organisée simplement pour les humilier et démontrer publiquement à quel point ils sont pitoyables. » « Mes parents pensent la même chose. Néanmoins, je suis curieuse. » « Je préfère rester ici observer mes esclaves. » susurra la Sorcière. Son amie avait fini par s’habituer à la chose. Elle y prenait même un certain plaisir. Lorsqu’elle venait, Morgane activait la vitre sans teint et les deux Mages Noires passaient de longues minutes à discuter tout en jetant quelques coups d’œil en direction de la chambre de Vantelme et Shadow. « C’est vrai que c’est agréable, même si j’aurais aimé toiser ces incapables personnellement… Je suppose que le représentant des Réprouvés doit être une sorte de bête idiote. » « Comme celui qui représente les Evershas. » Les deux Sorcières étaient habillées d’une façon stricte. Morgane n’en disait rien mais la simple mention d’un Réprouvé l’excitait. « Shadow est un Réprouvé. » dit-elle, en désignant l’un des deux esclaves qui se trouvaient là. Elle pensa brièvement à ce rêve étrange et à ce qu’elle lui avait demandé de faire. Elle était certaine qu’elle aimerait qu'il se glissât dans sa chambre la nuit pour la toucher... « Ils sont plutôt… imposants, physiquement. » Elle ne parlait pas vraiment de leurs muscles. « Il faut bien qu’ils aient une qualité. » « Oui. » Le silence s’installa un instant alors que l’homme dont il était question plus tôt se dirigea vers la salle de bain. « Où va-t-il ? » « Se laver. À croire que, parfois, ils s’adonnent à ce genre d’activités. L’Ygdraë est bien plus propre. » commenta-t-elle. « Je me dis que les participants bénéfiques vont sans doute pleurer devant l’épreuve. » « Ma mère m’a dit qu’il était impensable que ces être limités puissent gagner l’épreuve. » « Limités ? » « Elle pense que se cantonner au Bien revient à se limiter soi-même. Après tout, personne n’en voudra à un Sorcier d’être tendre, parfois, alors qu’un Magicien qui sort de ses gonds et agresse quelqu’un sera mal vu. » « Oh je vois. » Morgane ne faisait que répéter ce qu’elle avait entendu ou croyait avoir compris. Elle était tout sauf intelligente. Elle essayait de sauvegarder les apparences. « Venez. » dit-elle à son amie. « J’aimerais vous montrer quelque chose. » « Quoi donc ? » « Un Réprouvé, nu. » « Nu ? » « C’est cela. Sauf si vous êtes trop prude pour le voir. Cela dit, ce n’est qu’un esclave. Nous pouvons bien disposer de lui comme nous voulons, n’est-ce pas ? » « C’est vrai. » Morgane guida l’étudiante dans sa propre salle de bain. Elle activa le miroir, dévoilant Shadow nu sous sa douche. « C’est… » Au-delà de la surprise, il lui semblait percevoir un certain intérêt dans la voix de son amie. Elle-même y prenait de plus en plus de plaisir. Elle se touchait parfois, en les regardant.

Le soir même, alors qu’elle réfléchissait à la prise de la Terre Blanche, elle inversa le miroir pendant la durée de son bain, de façon que Vantelme et Shadow pussent la voir depuis leur propre salle de bain. C’était un jeu dangereux et amusant, de les laisser, peut-être, observer son corps. Elle n'était pas sûre qu'ils fussent là, après tout.

1142 mots
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