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 Escapade et embuscade [Event Métier & Animaux]

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Devaraj S. Taiji
~ Chaman ~ Niveau VI ~

~ Chaman ~ Niveau VI ~
◈ Parchemins usagés : 3002
◈ YinYanisé(e) le : 21/12/2014
◈ Âme(s) Soeur(s) : La Folie
◈ Activité : Dictateur | Vagabonder à la recherche du morbide - Vénerer l'Aether de la mort - Joueur de tambour professionnel pour des soirées à thème "nu autour d'un feu" - Herboriste .
Devaraj S. Taiji
Dim 05 Avr 2020, 21:27

Escapade et embuscade



Co-écrit par Priam & Devaraj


Le début du printemps offrait à la nature ses premières couleurs. Les arbres se paraient d’un vert tendre et fleurissaient de bourgeons bombés, l’herbe renaissait après l’assaut du froid et le plumage des oiseaux enchantait les cieux. Les terres du Lac Bleu et ses habitants goûtaient leur habituelle tranquillité, se sachant protégés par de nombreux soldats, qui veillaient à la paix à l’intérieur comme aux frontières. Rien n’aurait pu troubler cette matinée ensoleillée. Pourtant… « Regarde ! » - « Quoi ? » - « Le Lac ! » Des remous agitaient la surface du Lac Bleu. Les deux étudiants, intrigués, observèrent. A mesure que les secondes s’égrenaient, les mouvements s’intensifièrent : ils se firent plus amples et plus profonds. Un grondement retentit, puis les eaux se séparèrent, créant ainsi un trou. Durant un instant, il ne se passa rien. Puis, du cœur du lac jaillirent des formes bleues. D’autres suivirent, rapides, dans des grognements méconnaissables. Toutes se précipitèrent sur les berges. « Que… » L’un des deux adolescents les téléporta pour échapper à la scène. Les créatures rasaient presque le sol. Leurs courtes pattes, à quatre doigts chacune, soutenaient un corps trapu. Leurs longues oreilles flottaient derrière eux, secouées par le vent de leur course. Ils passèrent tous ceux qu’ils trouvèrent sur leur chemin. Plus que vifs, ils étaient agiles et visiblement doués d’une forme d’intelligence. La masse se répandit autour du Lac Bleu à une vitesse effarante. Certains, même, disparurent tout bonnement. Ils s’étaient téléportés ailleurs, sur d’autres territoires, par groupes. Où qu’elle allât, la marée, mue par ce qui ressemblait à une rage dévastatrice, se rua sur tout ce qu’elle put trouver à détruire. Leurs mâchoires puissantes claquaient sur la pierre, le bois, les tissus, ou toute autre matière que leurs dents solides pussent broyer. Quelques personnes réagirent promptement et tentèrent d’endiguer la menace : malheureusement, plus ils se sentaient attaqués, plus les êtres bleus devenaient agressifs et brutaux. Très vite, la Brigade des Gardiens des Pontons se retrouva noyée et pas assez nombreuse pour faire face à l'invasion, encore moins pour en comprendre l'apparition.

Des milliers de kilomètres plus loin, l'Apothicaire du Domaine des Digitales contemplait le tas d'enveloppes empilées sur son bureau. Dehors, les oiseaux s'égosillaient au passage des travailleurs qui partaient préparer les champs aux prochaines plantations en entonnant un chant entraînant. Il sourit pour de vrai derrière son masque et termina d'écrire à la plume d'encore la dernière invitation. « Monsieur, Madame ???, je vous prie de trouver ci-joint un libre-passer au Domaine des Digitales, afin que vous puissiez y découvrir les bienfaits et potentiels économiques qu'offrent ces terres agricoles. Vos compétences ou ambitions sont parvenues à nos oreilles et nous souhaitons agrandir notre communauté afin de faire du Domaine un haut lieu en pharmaceutique, herboristerie, médecine et biologie. Il existe un ponton qui débouche à l'entrée du Domaine et qui sera ouvert pendant les deux prochaines semaines. Il ne tient plus qu'à vous de l'emprunter, peut-être uni d'un de ces animaux bleus qui envahissent actuellement le monde et que nous nous engageons à protéger. Nous récompenserons tous ceux arrivant en compagnie d'un ou plusieurs Kinshälas, un poste de leur choix parmi nous, d'une maisonnette ainsi que d'un accès libre à l'ensemble de notre boutique, avoir échangeable en monnaie de votre choix. Mais qu'est-ce-que l'or comparé à la gloire et la fierté de faire parti des meilleurs ? Signé : L'Apothicaire. » Ses doigts fins appliquèrent un dernier cachet prouvant son identité. Il plia soigneusement le parchemin.  « C'est vous qui les avez sorti du Cœur Bleu ? » Mamie Vadou le fixait, les poings sur les hanches, inquisitrice. « Moi ? Mais pas du tout ! » répondit le concerné, d'un ton offusqué. Son dos se reposa sur le dossier de sa chaise et ses jambes se croisèrent. Il se tenait partiellement affalé, partiellement assis comme un roi. Le résultat était mitigé. « Mensonges ! La grêle va s'abattre sur nous ! » La vieille femme poussa un cri strident mais son sourire démentait sa colère. « Non. Je tiens vraiment à faire un élevage de ces bestioles. » L'homme se leva, posa les deux mains sur le paquet d'enveloppes. Ses yeux brillèrent quelques instants à travers le masque. Après une brève incantation, les lettres s’envolèrent gracieusement et disparurent, téléportées dans les boites aux lettres de ceux qui avaient été sélectionnés pour leurs ambitions, envies ou talents. Satisfait, le mage se détourna de son bureau et prit Mamie Vadou par la main pour la guider hors de la pièce. « Il paraît que je possède un don particulier pour organiser des chasses aux trésors. » Sur le palier, ils pouvaient voir les champs coloriées ainsi que les maisons basses au crépi blanc. « J'espère que les framboisiers vont bien. » commenta l'homme en s'avançant dans la cour, avant de disparaître.

Explications

Donc, les Kinshäla (c’est leur petit nom sur le forum <3) viennent de l’un des mondes du Cœur Bleu. Ils sont sortis du Lac Bleu, et se sont rapidement dispersés autour de celui-ci. Certains groupes se sont même téléportés ailleurs. Dès leur arrivée dans un lieu, ils détruisent tout ce qui n’est pas vivant : ils ne s’en prennent aux animaux, aux individus, etc., que s’ils se sentent menacés. Plus on leur tape dessus, plus ils s’énervent et deviennent violents. Il n’existe que trois moyens de couper court aux dégâts qu’ils causent : les apaiser en leur témoignant de l’affection (réellement ou grâce à la magie), les assommer (ils ont la tête dure, il va falloir taper fort 8D) ou les tuer (mais si vous les tuez, je vous écorche /sbaf Nan bon en vrai si vous jouez une race maléfique et que vous êtes assez puissants pour ça, vous pouvez). Physiquement, ils ressemblent à Stitch, le héros de Lilo et Stitch (cf. image). Ils sont rapides, agiles et disposent d’une mâchoire puissante. En termes de taille, lorsqu’ils sont à quatre pattes, ils font quarante à cinquante centimètres de haut. Ils ne parlent pas et s’expriment par grognements ou ronronnements. Une fois qu’ils ont adopté une personne, ils sont fidèles à vie. Attention, car ils ont tendance à être capricieux et réclament beaucoup d’amour.

Les Gardiens des Pontons essayent donc de retenir l'invasion et d'en comprendre l'apparition, qui se trouve dans un dysfonctionnement du Cycle. Ils sont en sous-effectifs et demandent de l'aide à la population.

Pendant ce temps, toutes sortes de personnes ayant des talents dans les métiers du Domaine des Digitales [faune, flore, agriculture, médecine, pharmaceutique, herboriste, alchimiste, éleveur, vétérinaire, etc...] ou l'ambition de le devenir, reçoivent la lettre de recrutement écrite par l'Apothicaire, qui en profite pour organiser une chasse au trésor dont le but est de récupérer les Kinshälas pour les amener au Domaine via le ponton ouvert, afin qu'ils soient nourris/logés/en sécurité.

Vous avez la description du Domaine par là => hop
Ainsi qu'un premier rp par . Merci de ne pas sortir de l'enceinte du domaine qui est de toute façon assez grand. Bref, n'allez pas vous promener chez les Chamans&Ombres qui construisent leur ville sur la Terre d'Edel. xD

Gains

Pour 900 mots => 1 point de spécialité au choix et un Kinshäla capable de se téléporter et d’insuffler l’amour ou la rage dans le cœur des individus qu’il croise (dépendamment de la puissance magique du propriétaire) [2 pouvoirs de base à mettre à l'animal si vous le déclarez en PJ].

Les gains suivant s'appliquent pour 450 mots de plus, soit 1350 mots
Si vous décidez de venir au Domaine et d'y prendre un poste :
- Un Métier de votre choix que vous exercerez au Domaine des Digitales [faune, flore, agriculture, médecine, pharmaceutique, herboriste, alchimiste, éleveur, vétérinaire]
- Une maisonnette au Domaine des Digitales [ Terre d'Edel]
- Un avoir pour la boutique du Domaine des Digitales

Pour les Magiciens => Si vous décidez de rejoindre les Gardiens des Pontons pour les aider à endiguer l'invasion :
- Le Métier de Gardien des Pontons niveau I

N'oubliez pas de déclarer vos gains, maximum un mois après la fin du rp.

Vous avez jusqu'au 05 juin, minuit.




Fous-êtes vous de penser sauvages ; Ceux qui seront vos juges dans l'éternité de la Mort.
«Pourquoi Dev sourit quand il va sur un lieu de culte ?
Parce que Léto t'aime ! » - Jil, 2019

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Devaraj S. Taiji
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Devaraj S. Taiji
Mer 15 Avr 2020, 10:24




Les Kinshäla
La Bridage s'agitait au rythme inhabituel de l'urgence et des alertes criées dans les champs qui bordaient le chalet ainsi que des pas de course dans les couloirs. « La crise, Tibère ! » hurla Millenium en débarquant dans le bureau de l'Argonaute. « De quoi ? » Ce dernier était assit derrière son large bureau en acajou,  les pieds croisés sur son précieux sous-main en peau de crocodile, en train de lire un journal -les Potins Croustillants des Terres Bleues- qui cachait la majorité de son visage grisonnant. L'homme baissa le feuillet en papier afin de pouvoir regarder la magicienne, et remonta ses lunettes sur son nez d'un air visiblement dubitatif, ses épais sourcils froncés dans une grimace amusée. « Tu savais que le Nylmord était homose- » « C'est la fin !!! » « Ah bon, j'espère que notre cuisinier a eut le temps de revenir du marché aux vins, parce-que c'est une denrée essentielle à toute bonne gestion de crise. » Il posa finalement le journal en vrac sur le bureau, puis se passa la main dans sa chevelure blanche, ce qui eut pour effet de l'électriser complétement. « Quelqu'un a détraqué le cœur bleu ! » Tibère abandonna ses mèches pour plisser sa barbe. Il se leva pour s'approcher de l'unique fenêtre, qui donnait sur les champs, où les Kinshäla courraient encore par troupes. « Comme quoi certains ont de l'hum- » « C'est XANTIUS ! » « Phff, hahahahahahahahaha !! »

Une ombre cacha la lumière qui entrait par la porte laissée grande ouverte. « Ça te fait rire que je doive recalculer les voyages de deux-mille-six-cent-trois voyageurs dans les prochaines heures en fonction de la destination de chaque passager et des horaires précises des centaines de pontons du lac en attendant que nous réparions les dégâts, qui vont d'ailleurs nous coûter trois-mille-six-cent-deux pièces d'or, seize jours de travail pour cent artisans à huit heures par jour ? » Tibère examina sérieusement le chef des Brigadiers engoncé dans son costard blanc, la mâchoire serrée. « Hahahahahahahahahahaha !!! » Des talons se firent entendre dans le couloir. Bientôt l'Archimage Arkas apparaissait à son tour sur le seuil, le nez plongé dans un journal -Courgettes et aubergines- dont elle leva le nez. « Moi je savais que le Nylmord dormait avec le rouquin ! » « A la bonne heure ! » Tibère essuya quelques larmes de rire le long de ses yeux. LaPérousse raidit son dos à l'entrée de l'Archimage, qu'il dévisagea avec une froideur à faire frissonner un Lyrienn de la Glace. Il trouvait les habits moulants de cette femme ainsi que ces discussions frivoles particulièrement honteux et indignes de son rang. Millenium s'écria. « Et comment vous allez vous occuper de ces machins ?! » Elle leva si brusquement les bras que ces derniers emportèrent une statue de dragon en porcelaine qui était posée sur le bureau. Tibère rattrapa la catastrophe de justesse, son regard s'assombrit. « Ça suffit. Je ne vois pas pourquoi Xantius s'amuserait à téléporter des petits animaux bleus partout dans le monde. De toute façon, Xantius est mort depuis plusieurs siècles, j'aimerai que vous tourniez la page et que vous vous trouviez un autre amoureux ! » Elle ouvrit grand la bouche, choquée, pendant que l'Archimage ne pouvait s'empêcher de pouffer. « C'est vrai qu'il était mignon ! » « Je vais aller au cœur bleu pour voir ce qu'il en est. » « Tututu, Tibère ! C'est trop dangereux, j'irai moi. Vos vieux os ne supporteraient pas ce plongeon. » Le vieil homme foudroya du regard sa supérieure. « Non moi. » « Moi. » « Tirons aux dés. » « Les vôtres sont pipés. Prenons les miens. »


« Comment ça le cœur bleu est détraqué ?! Ce n'est pas possible, il s'agit du ponton le plus stable de tous les temps, c'est écrit page deux-cent-soixante-six, chapitre quinze du Guide pour les novices ! » s'époumonait Ignatius tout en courant à la suite du brigadier qui était venu le chercher au Lion d'Or pour le tirer de son sommeil avec violence. Ils se dirigeaient vers les plaines après être sortis des Jardins de Jhen au pas de course, en évitant adroitement les passants qui vaquaient à leurs occupations matinales. Ignatius, lui, n'était pas matinal du tout et peinait à se réveiller tout en pestant car il n'avait pas eu le temps de faire sa toilette correctement, ni de se coiffer. Une balade champêtre, ce n'était pas ce qui allait arranger son humeur ! « Où va-t-on, je croyais que nous nous dirigions vers le pont- AH ! Qu'est-ce-que c'est ce machin ?! » Le Magicien n'avait jamais eu d'affinité particulière avec les animaux, sauf si ces derniers pouvaient l'aider à gagner des cœurs ou des sous. Il trouvait que leur proximité rendait les gens sales et stupides et ne voyait pas ce qu'il pouvait y avoir d'attachant dans une bête incapable de communiquer. Bref, ce n'était pas vraiment son truc, c'est pourquoi il poussa un cri horrifié en voyant les quelques Kinshäla qui se trouvaient dans les champs où ils étaient montés après s'être échappés du lac. Plusieurs autres membres de la brigade se trouvaient-là ainsi que des Anges et des Magiciens qui habitaient non loin. « Il semblerait qu'une marque d'affection aide à les rendre inoffensifs. » Le douanier se retourna vers le visage horrifié du Comte. « Nous avons besoin de toute l'aide disponible pour les calmer. » précisa-t-il en voyant que l'apprenti n'osait plus s'avancer. Il trouvait ces créatures extrêmement moches, sans délicatesse ni dignité. « Bah, on peut peut-être leur donner à manger quelque chose qu'ils aiment. » grogna le mage, qui répugnait à toucher ces créatures. En réalité, ce n'était pas une mauvaise idée...  

980 mots




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~ Ange ~ Niveau III ~

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Mer 06 Mai 2020, 11:16



Stitch Day 2018 by TsaoShin (deviantart.com)

Escapade et embuscade

Evénement | Priam


RP précédents : À la croisée des rêvesLa musique est vie (Kaahl).
RP ou brèves liés : Le battement de la véritéAux cœurs écervelésLes morceaux de corps retrouvésLe Génocide démoniaqueQuand le vent tourne, partie III.




« C’était merveilleux, non ? » - « Hum. » Il avait les yeux fixés sur quelqu’un, plus loin. Ils étaient encore rougis des larmes qu’il n’avait pu s’empêcher de verser durant la prestation et il lui semblait que son cœur battait toujours au rythme des notes. « Tu ne veux pas aller lui parler ? » - « Non. » - « Moi j’aurais envie de parler à mon futur beau-frère. » Priam lui jeta un regard noir, que Nalim ignora superbement et continua : « Savoir un peu comment il est, ce qu’il aime dans la vie – à part la musique et ta sœur –, s’il préfère la viande ou le poisson – mais je crois qu’il est végétarien, pense à vérifier avant de l’inviter. Enfin, ce genre de petites choses, tu vois ? » Le diplomate, qui observait le Baron Paiberym, tourna son visage vers son traducteur, l’air surpris. « Qu’est-ce qu’il y a ? Tu fais une drôle de tête. » Il ne put pas s’empêcher d’esquisser un sourire narquois. C’était plus fort que lui. « Ils ne vont pas se marier. » déclara le brun en prenant soin d’insister sur les mots clefs. « Tu crois vraiment qu’il se serait déplacé jusqu’à Iyora s’il n’y avait rien du tout entre eux ? C’est un Magicien, certes, mais il a bien d’autres choses à faire que d’aller sauver l’honneur d’une Ange parmi tant d’autres, fût-elle ta sœur. » Le jeune homme plissa les yeux. Il n’aimait pas qu’on lui rappelât cet épisode, parce que sa cadette n’avait visiblement pas frappé en plein visage l’Honorable. Qu’elle semblât pardonner ses fautes le mettait hors de lui. Elle aurait dû s’énerver et lui en vouloir. « Elle ne l’aime pas. » - « Tu lui as demandé ? » - « Non. » - « Alors ne tire pas de conclusions hâtives. » Priam aurait aimé lui rétorquer « parce que vous lui avez demandé, au Baron, s’il aimait ma sœur et comptait l’épouser ? », mais c’eût été une question posée par énervement, sans fondement. Comme la plupart des habitants des terres magiciennes, il savait pertinemment que c’était le cas. Ou, au moins, ce que le Mage Blanc prétendait – la mauvaise foi poursuivait sans relâche le fils de Réprouvés. Une part de lui-même mourait d’envie d’écrire à Laëth, même s’il craignait la réponse – ils correspondaient mais n’avaient jamais reparlé de sa prétendue grossesse et de toutes ses suites. L’autre préférait attendre qu’elle confessât d’elle-même. L’idée lui déplaisait profondément, toutefois, il devait bien admettre que le doute l’assaillait. Les bras toujours croisés, il détaillait l’homme. Il avait tout pour lui. Pourquoi ne l’aimerait-elle pas ? Elle s’était si bien acclimatée aux Jardins qu’elle avait peut-être fini par s’absoudre de tout carcan culturel réprouvé – ou juste sur ce plan-là, peut-être. Son seul réconfort consistait dans la croyance que l’amour ne se fondait pas sur des critères objectifs. Il y avait une part d’aléatoire, de hasard. Une chance infime que la réaction de Laëth aux rumeurs et la lettre de Hena battaient en brèche. Il grimaça. « On verra. » fit-il en se détournant. « Ça se trouve il se tape la Comtesse Marivaux machin. Vous lui avez demandé ? » Nalim haussa des sourcils inquisiteurs. « Et notre travail sur le langage ? » Priam grogna ; il sourit. « Non, je ne pense pas qu’il « se la tape », comme tu dis. » - « Ce serait sans doute mieux. Qu’ils restent entre eux. » Le politicien ne répondit pas. Au contraire, constatant que son disciple ronchonnait toujours plus, à base d’arguments caducs, qui relevaient plus de l’émotion et du racisme que de toute rationalité, il poussa plus loin : « On devrait faire un pari. Si ta sœur l’aime, je gagne. Si elle ne l’aime pas, tu gagnes. » Il arborait une expression taquine. « Si je gagne, est-ce que j’ai le droit de vous couper la langue ? » Le diplomate eut un moment d’arrêt, visiblement étonné, puis éclata de rire. « Non ! Je serais ruiné. » - « Alors non. » - « Tu n’es pas très joueur. » - « Seulement si le gain est intéressant. » Seulement s’il était certain de gagner – pour ce jeu-ci et face à Nalim. Et ce n’était pas le cas du tout. L’intellectuel ne perdit pas son sourire. « Sinon, tu peux lui demander ce qu’il pense du Génocide démoniaque. Il est sur toutes les lèvres, en ce moment. Ça peut être une bonne entrée en matière. Ou de l’assaut que nous avons mené en Terre Blanche. Ça porte peut-être moins à spéculer. En revanche, c’est un sujet plus controversé, malgré son issue favorable. Ou alors, les morceaux de cadavres qu’on a pu retrouver un peu partout. C’est macabre, mais c’est un homme intelligent. Je suis sûr qu’il aura des théories intéressantes. Évite de lui faire comprendre que tu aurais aimé trouver sa tête au détour d’un chemin et tout devrait bien se passer ! » Tout au long de son petit discours, le visage de Priam s’était crispé – ce qui n’avait fait que l’encourager à poursuivre ses taquineries. « Vous savez, parfois, je me dis que rien que parce que je vous supporte, je devrais avoir une médaille de la tolérance. » Le diplomate s’esclaffa. « Tu préfères que je te parle de la petite Magicienne que tu as dévisagée à la dérobée pendant une bonne partie du spectacle ? » Le fils de Bipolaires grinça des dents. Il n’avait pas besoin que Nalim la nommât pour savoir qu’il parlait d’Aliénor. Il attrapa un petit four sur le buffet et l’enfourna dans sa bouche en s’éloignant.




Ils étaient partis tard dans la nuit. Le nombre de connaissances de Nalim était tout simplement effarant : il était à peu près impossible de faire un pas sans croiser quelqu’un dont le visage lui était familier, que ce fût de près ou de loin. Priam avait donc peu dormi. Perché sur Yuvon, il se laissait bercer par le mouvement régulier de ses pas, les yeux dans le vague. Il n’était pas du tout préparé à voir une nuée bleue passer à vive allure devant lui en s’attaquant aux cultures des champs magiciens. Il cligna des paupières. Derrière les bêtes enragées, un groupe d’individus accourait, des vivres, des couvertures en pilou-pilou, des jouets et toute autre sorte de choses improbables dans les bras. La jument s’était arrêtée et observait la scène, redressée. Son dos creusé et le fait qu’elle avait balancé la majorité de son poids sur son arrière-train indiquaient à l’Ange qu’elle était prête à fuir à tout moment. Pour l’apaiser, il gratta distraitement son garrot. Les étranges créatures bleues ne paraissaient pas intéressées par eux : elles se contentaient de détruire tout le matériel qui tombait sous leur nez. « Venez nous aider ! » le héla l’un des coureurs, essoufflé. Se ressaisissant enfin, l’Ange intima à sa monture de s’approcher : elle piétina, renâcla, entama une marche en crabe. « Yuvon. Aldanter. » (Yuvon. Avance.) L’animal leva les antérieurs et frappa le sol de ses sabots. Quelques destructeurs bleus, alertés par ses gestes frénétiques, s’étaient retournés et les regardaient en grognant. « Il ne faut surtout pas les provoquer ! Descendez ! » Priam, concentré sur la jument, leva le nez vers les Kinshälas. Quelques-uns se rapprochaient en courant. Il s’apprêta à empoigner la hache dans son dos. « Ne les attaquez pas ! » Yuvon prit le galop. Priam jurait. Il utilisa le Sanctuaire d’Ahena sur son cheval, puis le contraignit à faire demi-tour. Il dirigea ensuite sa magie vers les fauteurs de trouble : elle parut les apaiser un peu, le temps pour lui de se rapprocher du Magicien qui lui avait donné des indications. Il lui lança une poche qui contenait des gâteaux, des plaids et quelques jouets. « Pour les calmer, il faut leur témoigner de l’affection ! Ce sont des Kinshälas ! » Se faisant, il s’accroupit : l’un des monstres se dirigeait vers lui, hargneux et menaçant. Le Mage tendit une madeleine devant lui. « Tiens, c’est pour toi. » Dès cet instant, l’animal s’arrêta. Sa face se détendit et ses yeux s’éclaircirent. Il attrapa le gâteau entre ses puissantes mâchoires et l’avala tout rond, avant de venir frotter amicalement sa tête contre le genou du donneur. Priam mit aussitôt pied à terre et imita son interlocuteur, distribuant les biscuits, les peluches et les couvertures. Les trois Kinshälas qui s’étaient agacés du comportement de Yuvon l’assaillirent bientôt d’affection. Renversé sur le dos, il subissait un léchage intensif de visage, alors même qu’il tentait de l’éviter. L’équidé, un peu en retrait, demeurait attentive au moindre geste des bestioles. Parvenant à écarter l’animal le plus insistant, l’Ange se redressa. « D’où viennent-ils ? » - « Du Cœur Bleu. » La surprise glissa sur ses traits, avant que sa figure ne disparût à nouveau sous les coups de langue de celui qui l’avait adopté. Heureusement qu’il n’avait pas encore pris sa douche : il en aurait bien besoin.



Message unique – 1512 mots


Merci Jil pour l'avatar ! (et Djinshee Escapade et embuscade [Event Métier & Animaux] 3298876942)


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Bellada Ward
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Bellada Ward
Jeu 07 Mai 2020, 14:01

Escapade et embuscade.
La petite magicienne laissa échapper un bâillement bruyant. Elle avait passé une courte nuit et malgré la fatigue, la force de l'habitude l'avait tiré de son sommeil : impossible de se rendormir bien qu'elle s'y entêta un long moment. Elle enviait un peu son époux qui, lui, n'avait aucune difficulté apparente pour rattraper les heures de sommeil perdues. Il ronflait légèrement, ce qui avait arraché un sourire à Bellada, qui s'était levée et habillée avant de descendre à la cuisine. Elle avait encore deux voire trois heures de libre devant elle, avant que l'un de ses petits-enfants ne vienne la rejoindre. Eux aussi dormaient profondément - elle avait jeté un coup d’œil à travers la porte entrebâillée de leur chambre - et étaient sans doute plus épuisés encore que le vieux couple. Le spectacle qui avait eu lieu la veille avait été remarquable. Il leur avait fait éprouver une palette d'émotions tout à fait éblouissante, mais le contre coup de tant de sentiments avait été une fatigue émotionnelle, qui se résorbait désormais dans les bras de Harabella. Les plus jeunes avaient été particulièrement touchés. Sans oublier qu'ils avaient largement dépassé leur couvre-feu habituel, en allant discuter avec les musiciens après la représentation ! Bellada avait néanmoins rappelé tout ce petit monde à l'ordre, en soulignant qu'il était l'heure de partir s'ils ne désiraient pas rater le dernier voyage par ponton. Les aïeuls Ward étaient donc rentrés chez eux en compagnie des petits excités, qui étaient pourtant tous tombés comme des mouches dès la tête posée sur leurs oreillers.

Ce matin-là, la mage bleue avait mis la table comme à son habitude. Elle avait disposé des bols et des tasses, mis des petites cuillères ou des cuillères à soupe. Sorti les pots de confiture et de miel, à côté des assiettes remplies de petits sablés et des tranches de pain frais. La dame de maison avait ensuite sorti une casserole dans laquelle elle avait fait bouillir de l’eau. En attendant que le liquide se mette à faire des bulles, elle commença à sortir les ingrédients nécessaires pour la préparation de son gâteau. Elle avait envie de cuisiner et le petit Florius avait fait savoir son désir de manger de sa fameuse tarte aux pommes lors de son séjour chez sa grand-mère. Cela faisait longtemps que le petit n’était pas venu lui rendre visite – cinq semaine, selon le calcul de la vieille dame. Autrement dit, Bellada avait l’irrépressible envie de lui faire plaisir. Et puis, c’était si vite fait qu’elle ne voyait pas pourquoi elle lui refuserait cette petite gourmandise. La magicienne ensorcela donc sa balance pour mesurer la quantité de tous les ingrédients secs. Elle eut tout juste le temps de terminer cette étape que son eau se mit à s’évaporer. La cuisinière sortit la casserole du feu et transvasa le liquide bouillonnant dans une théière, pour y faire infuser sa boisson. La jardinière s’empara ensuite d’un petit panier d’osier et sortit dans son jardin. D’un petit pas pressé, elle se rendit dans son jardin, où elle se dirigea vers l’imposant pommier qui créait un point d’ombre. A l’aide d’un escabeau, elle cueillit quelques fruits murs.

C’est durant sa récolte que le feulement de l’un de ses chats attira son attention. « Qu’est-ce qu’il se passe encore ? » rouspéta-t-elle tout bas. Est-ce que Queena embêtait encore Lilas ? La magicienne avait remarqué que ces deux animaux de compagnies ne s’entendaient pas véritablement. La première ne ratait jamais une occasion de faire la vie dure à la seconde, qui passait le plus clair de son temps à se cacher dans des endroits improbables pour échapper aux tourments de la capricieuse chatte. Une fois, Bellada avait failli l’écraser en s’asseyant sur le canapé : l’étrange petit félin avait trouvé refuge derrière le coussin où elle s’était installée. Fort heureusement, elle avait entendu le couinement plaintif et s’était vite redressée. C’est pour ces raisons que l’habitante ne s’était pas inquiété en entendant les protestations de la féline. Pourtant, en la voyant courir à vive allure puis se retourner, le dos rond et les poils hérissés, la Ward fronça les sourcils et jeta un coup d’œil en arrière, pour comprendre ce qu’il s’était passé. Elle ne trouva aucune trace de Lila – qui était en fait cachée dans la poche de son tablier depuis qu’elle s’était levée. En revanche, ses yeux tombèrent sur une étrange créature. La chose ressemblait à un chien au pelage bleuté. Se déplaçant à quatre pattes, la bestiole reniflait le sol avec avidité. Sans s’en rendre compte, il s’approcha de la jardinière. « Qu’est-ce que c’est donc que ce drôle de toutou ? » s’interrogea l’ingénue sur un ton attendri. Son sourire bienveillant laissa cependant bien vite place à une mine consternée en voyant la bête commencer à grignoter avec appétit la table en bois du jardin. « Oh non ! Zouh ! Pchiou ! Vzoum ! Ouste ! » se mit-elle à vociférer en agitant les bras dans la direction du chien. L’animal, attiré par la voix, releva le bout de son museau et observa la femme potelée. Il gligna des yeux avant de s’approcher de l’échelle sur laquelle elle était perchée. Il renifla l’objet. « Oh non non non ! Ne t’avise pas de - Ah ! » Trop tard : l’animal avait déjà croqué dans l’escabeau. Avec une agilité inattendue, Bellada s’accrocha à une branche du pommier, passant son bras dans l’anse de son panier. Nullement incommodé, le canin continua à ronger l’échelle tombée au sol. « A l’aiiide ! » appela madame Ward, quelque peu paniquée. Elle avait trop peur de descendre, n’étant pas au courant que cette espèce ne s’intéressait nullement aux humains. En désespoir de cause – elle doutait parvenir à réveiller qui que ce soit et ses voisins étaient trop loin pour l’entendre – la magicienne se mit à lancer des pommes sur l’intrus. Elle voulait l’effrayer sans pour autant le toucher, visant donc volontairement à côté de sa cible. Intrigué, le chien s’intéressa quelques secondes aux fruits avant de relever la tête vers celle qui faisait pleuvoir des objets sur lui. Il jappa d’une étrange manière, qui n’avait pas grand-chose à voir avec l’aboiement d’un chien. Puis il retourna à son dîner, croquant avidement dans le bois de l’échelle. La vieillarde inspira profondément par le nez. Elle devait partir et retourner s’enfermer chez elle… Tant qu’il était occupé à manger cette échelle, il ne lui portait pas d’attention… C’était le moment où jamais. Avec des mouvements précautionneux, la vieille dame regagna le tronc du pommier d’où elle se laissa glisser. « Hooo… Je suis trop vieille pour ces folies ! » se plaignit-elle d’une voix où perçait la détresse. Dans son entreprise, elle avait fait tomber toutes ses pommes, qu’elle ne prit pas le temps de ramasser. Alors qu’elle s’apprêtait à trottiner aussi vite qu’elle le pouvait vers la porte du salon, son pied se coinça dans une racine et la grand-mère dégringola en hurlant de frayeur. Cette fois-ci, le petit animal l’avait repéré, et il décida d’abandonner son manger – qui était de toute manière presque terminé- pour venir inspecter cette drôle de personne. Paniquée, Bellada jeta ce qu’elle avait à sa disposition : les pommes qu’elle avait fait tomber. L’animal les esquiva en grognant, montrant une rangée de crocs acérés qui firent couiner la magicienne. Ses munitions s’amenuisèrent cependant rapidement et la vieille dame se mit à lancer son panier. L’objet sembla satisfaire le petit affamé, qui remua la queue et grogna, d’une façon plus amicale cependant. Bellada écarquilla les yeux, surprise de voir cette distraction fonctionner. Pourtant, le vorace gourmand termina bien vite son en-cas et se tourna à nouveau vers sa cible initiale, qui se déchaussa et lui jeta son soulier. Il le goba d’une traite, ainsi que l’autre chaussure. Finalement, le petit être arriva à hauteur de la grand-mère, qui inspira brusquement tout l’air que ses poumons pouvaient emmagasiner et de retenir sa respiration. Curieux, le canin se mit à renifler la vieillarde, agitant son postérieur. Il s’assit sur ses pattes arrières, l’observant toujours avec curiosité. Lentement, il pencha la tête, attendant sans doute de voir ce que lui lancerait ensuite sa nouvelle amie… Cette dernière, comprenant que la bestiole n’avait aucunement l’intention de la dévorer vivante, retrouva sa respiration. Toujours un peu inquiète, elle tendit néanmoins une main tremblotante en direction du chenapan. « Tout doux hein… Ne me croque pas ou je me fâche… » menaça-t-elle d’un ton misérable.  Il n’y avait aucune peur à avoir, cependant : le chien baissa instinctivement ses oreilles en arrière puis se laissa cajoler. A mesure qu’elle constatait que l’animal n’était pas un danger pour elle, Bellada caressa le petit être avec plus d’entrain : il semblait apprécier l’attention et, à nouveau, sa queue s’affola. « Quelle drôle de petite bête que voilà… » murmura la campagnarde en laissant échapper un petit rire soulagé.

Ce fut à cet instant qu’un événement inattendu se produisit. En un clignement de cils, Bellada et le drôle d’animal apparurent dans un champ. La grand-mère sentit une violente nausée lui brasser le ventre. Sa tête tourna légèrement et elle laissa entendre un gémissement. Son nouveau camarade s’approcha d’elle et lui lécha affectueusement le visage. Il jappa à nouveau, comme pour l’encourager à se redresser. « Un Kinshäla ! » s’exclama une voix ravie, non loin de la nouvelle venue. « Vous avez participé à la chasse au trésor ? Vous n'êtes pas arrivé par le ponton ? » demanda l’agricultrice, un peu surprise. Elle avait un visage rond et un sourire éclatant qui inspira immédiatement la sympathie de la jardinière. Son sentiment s’affirma davantage lorsque la deuxième vieillarde vint lui tendre une main pour l’aider à se redresser. « Ou suis-je ? » demanda la magicienne avec une pointe d’inquiétude. « Vous êtes arrivée au Domaine des Digitales, pardi ! »

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Merci Perce-Neige  nastae
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Astriid
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Astriid
Jeu 07 Mai 2020, 19:35

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Escapade et Embuscade





Des coquelicots parsemaient les herbes folles d'une prairie, leurs pétales délicats tremblant dans la brise matinale. La quiétude de la terre d'Edel fut troublée par les cris surexcités d'une Ygdraë se précipitant dans le paysage idyllique, terminant sa course en une roulade avant de rester un moment allongée dans l'herbe encore humide de rosée, le souffle court. Avec un air extatique, Astriid ferma les yeux, le coeur encore battant de sa course et inspira profondément, s'imprégnant du délicieux parfum de la terre riche et en bonne santé. Pouvoir quitter Melohorë pour la première fois lui rosissait les joues et ajouter des pépites brillantes dans ses yeux verts. Une ombre massive cacha le soleil à l'elfe qui entrouvrit un oeil en fronçant les sourcils, même la saveur de l'astre était différente ici et elle comptait profiter au maximum de l'expérience. Raïm, inconscient ou indifférent à l'idée de refroidir l'enthousiasme d'Astriid, la dominait du haut de ses deux mètres, les poings sur les hanches. Avait-on idée d'être si inutilement immense ? C'était absurde.
Les Ygdraë avaient demandé au mentor d'accompagner Astriid lorsque celle-ci avait reçu l'invitation de l'Apothicaire pour leur recrutement temporaire au Domaine des Digitales. Il était difficile de dire lequel des deux avait été le plus déçu de cette décision. Raïm était un compagnon peu agréable pour l'elfe qui s'extasiait devant la moindre petite fleur qu'ils rencontraient ou la forme de tel nuage, il n'aimait pas parler et encore moins écouter les assommants monologues d'Astriid. Il n'avait pas desserré les dents de tout le voyage et elle avait préféré faire semblant de ne pas remarquer qu'il avait enfoncé des boules de cire dans ses oreilles au bout de seulement vingt minutes de trajet avec elle. Son profond désintérêt avait évolué en une intense migraine quand il s'était rendu compte qu'ils devaient capturer des petits monstres. Il était déjà responsable d'un petit monstre elfique qui aspirait son énergie comme un de ces satanés vampires suçait le sang de ses victimes. Il comprit au bout de la dixième explication d'Astriid que non, tuer les Kinshäla n'était pas une option envisageable dans cette mission.
Il apostropha sa protégée toujours étendue dans l'herbe. «On y va où tu comptes attendre qu'une de ces bestioles te passe sur le corps ?»

~ Musique ~
L'Ygdraë ignora sa question et se releva en frottant les herbes restées sur sa chemise. Elle se pencha pour attraper une pâquerette et la glisser derrière son oreille avant de resserrer sa tresse. Astriid était très inspirée par l'atmosphère qui se dégageait ici et elle était heureuse d'avoir l'opportunité de découvrir le Domaine. Cédant à son envie du moment, elle esquissa quelques pas de danse sur une mélodie qui trottait dans sa tête depuis qu'ils étaient arrivés sur place. Le message était clair : "Regarde-moi bien et tente de trouver les raisons pour lesquelles j'en aurai quelque chose à faire de ce que tu penses". Il régnait dans l'air une note exotique et piquante qui caractérisait la découverte d'un nouvel endroit et Astriid aurait voulu passer au moins dix années pour fouiner dans tous les coins. Raïm se retint de prendre l'elfe par la taille pour la caler sur son épaule et chercher les monstres bleus. Il soupira lourdement et se passa la main dans les cheveux. Ça allait être une longue journée.

Escapade et embuscade [Event Métier & Animaux] Zktc

Plus ou moins sérieusement, Astriid se mit à la recherche des Kinshälas, très fréquemment, elle s'arrêtait pour observer tel arbuste et le dessiner dans un petit carnet. Le Braskä, les mains derrière la tête, un long brin de blé dans la bouche n'était manifestement pas décidé à l'aider. Elle leva les yeux au ciel, elle le soupçonnait de somnoler à moitié en la suivant. Cette mission était des plus importantes et elle ne devait pas faillir! C'était ses premiers pas en dehors de son pays avant même d'avoir pu passer le regard des Enelyë et les Ygdraë avaient été assez compréhensifs pour la laisser sortir à condition d'être accompagnée par le taciturne Braskä. On leur avait expliqué que par sa nature, Astriid était pré-disposée à approcher les Kinshälas. Elle avait un bon contact avec les animaux, ayant toujours vécu avec des chiens et elle était agile et ne risquait pas de chercher à user de la force pour attirer dans ses bras les fauteurs de trouble. En réalité, Astriid avait hâte de rencontrer un de ces Kinshäla. Il y avait beaucoup d'étranges animaux à Melohorë mais aucun qui ressemble à la description faite par les Gardiens des Pontons. Elle avait récupéré une carte à l'un des Gardiens et avait décidé de chercher à rejoindre les différents villages et hameaux des Terres d'Edel, songeant qu'elle trouverait les petits monstres là où ils pouvaient trouver de la nourriture et des choses à détruire.

Ils marchaient depuis plusieurs heures, inspectant les environs à la recherche du moindre bruit inhabituel ou du moindre mouvement suspect quand Raïm s'arrêta brusquement au milieu d'une plantation de pommiers. Le Braskä réquisitionnait une sieste et Astriid leva les yeux au ciel pour ce qui lui semblait être la millième fois. Elle pria Raanu de lui donner la patience devant le manque cruel de volonté de son compagnon. Sans attendre sa réponse, Raïm s'installa confortablement et menaça l'elfe de la tuer lui-même si elle s'éloignait trop de son champ de vision. Elle eut une moue moqueuse et lui tira la langue dès que le Boräk eut fermé ses yeux. Sitôt qu'il eut fermé les yeux et que sa respiration devint régulière, elle s'éclipsa pour continuer son exploration. Le verger était immense et de petites abeilles vrombissaient avec curiosité aux longues oreilles d'Astriid. Elle entama une une comptine elfique que son frère lui chantait quand elle était enfant. En passant sous un des arbres fruitiers, elle entendit un mélange de roucoulement et de grognement. Sans cesser de chanter elle ralentit et fit mine de retourner sur ses pas pour repasser sous le pommier suspect. Arrivée au tronc, elle leva les yeux pour rencontrer les immenses yeux noirs de ce qu'elle devina être un Kinshäla. Il émit de nouveau son petit bruit caractéristique et voyant qu'Astriid ne bougeait pas, il descendit souplement sur la branche inférieure en utilisant ses griffes sans quitter l'Ygdraë des yeux. Enfin plus proche, il tortilla sa truffe humide vers elle, comme pour humer son odeur. Astriid s'approcha également, fascinée par la créature, elle était tout simplement adorable. A peine un mètre les séparait maintenant et elle pouvait voir une trace mauve sur les poils bleu clairs de son ventre, preuve visible des méfaits de l'animal qui avait du laisser traîner ses pattes dans de la confiture de myrtilles. Il avança un peu plus sa tête vers l'Ygdraë et un roucoulement interrogatif monta de sa gorge. Astriid se retint de se pâmer devant la mignonnerie. Ce n'était pas un monstre, c'était une peluche ! Elle voulu lever une main vers l'animal et immédiatement, le petit animal bleu grogna et claqua ses mâchoires en direction de la main tendue. Surprise par la rapidité du Kinshäla, Astriid n'eut pas le temps de retirer sa main et ses yeux s'emplirent de larmes quand la bête mordit sauvagement deux de ses doigts. Elle poussa un hurlement de surprise et de douleur ce qui eut pour résultat de faire grogner le Kinshäla encore plus fort avant de fuir en remontant dans l'arbre et en sautant agilement de pommier en pommier pour s'éloigner de l'elfe qui tenait sa main blessée contre elle.

Aussitôt, Astriid chercha à suivre l'animal quand la main de Raïm s'abattit sur son épaule. Le Braskä avait accouru aussitôt qu'il l'avait entendue crier et l'empêcha de poursuivre l'animal pour observer la blessure de sa protégée. Il jura entre ses dents, espérant que la bestiole n'était pas venimeuse. Les Ygdraë auraient sa tête s'il ne la ramenait pas vivante à Melohorë. Il prit le temps de nettoyer la blessure et de bander ses doigts tandis qu'elle gigotait, pressée de suivre la piste du Kinshäla. L'animal s'était arrêté, dressé sur une branche, ses larges oreilles dressées dans leur direction, semblant les narguer, avant de reprendre la direction du village proche du verger.
Sitôt soignée, Astriid prit la main de Raïm pour l'encourager à suivre la piste de l'animal et ils eurent le temps de le voir disparaître dans un abri en pierre entre deux pommiers. Une odeur douceâtre de pommes en fermentation montait de l'abri et Astriid devina que c'était ici que les habitants du Domaine préparaient et entreposaient les conserves de compotes de pommes. Un bruit de verre cassé confirma les pensées de l'elfe qui entra prudemment dans la remise, suivie de Raïm. Le mur à leur droite était constitué d'étagères remplies de conserves en verre de différentes tailles, dont la moitié jonchaient le sol, leur contenu riche et sucré attirant déjà plusieurs abeilles dans la remise. Raïm agita inutilement sa main devant son visage pour tenter de chasser les insectes tandis qu'Astriid pénétrait plus loin, évitant les morceaux de verre cassé. Elle repéra enfin sa cible, perchée sur une colonne de caissettes en bois remplies de pommes. Un fruit dans une patte, le Kinshäla léchait le reste de compote sur les griffes de son autre patte, ne prêtant aucune attention aux deux intrus. Soit il estimait qu'ils ne constituaient pas un danger pour lui, soit il était trop concentré sur son activité pour se rendre compte de leur présence. Astriid s'approcha de nouveau de l'animal, gardant cette fois ses mains près de son corps. Elle se mit à chanter doucement pour prévenir le Kinshäla qui tourna la tête vers elle. Elle lui rendit son regard et l'animal pencha la tête sur le côté, ronronnant doucement comme pour chanter lui aussi. Elle sourit et prit une poignée de fruits secs dans sa poche. C'était un en-cas qu'elle avait prévu pour elle mais qu'elle avait décidé d'utiliser comme une offrande de d'amitié à l'animal. Elle tendit la main une nouvelle fois et le Kinshäla prit sans hésiter les fruits, griffant un peu sa main au passage et entreprit de se goinfrer tout en la surveillant. Elle se rapprocha et tenta de passer sa main sur lui. Elle retint un cri victorieux quand il la laissa lui caresser les doux poils de son dos. Il semblait même apprécier la caresse de l'Ygdraë qui prit confiance et lui chatouilla le ventre. Quelques minutes plus tard, le Kinshäla était dans ses bras et ronronnait tandis qu'elle cherchait ses points sensibles, un sourire large sur son visage, heureuse de s'être trouvé un nouvel ami. Ils n'étaient pas si méchants ces petits monstres. Bon certes, il avait eu le temps de saccager la remise et les réserves de compotes en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire mais ce n'était qu'un détail.
Une conserve se fracassa par terre derrière Astriid, leur faisant lever la tête à tous les deux et ils virent le Braskä se jeter sur un second Kinshäla qui s'était invité dans la remise, attiré par le bruit et l'odeur des pommes. Avec un grognement, l'animal envoya une pomme à la tête du Boräk qui mugit littéralement et poursuivi le petit monstre qui s'était enfui dehors. Raïm voulut le suivre mais son élan fut brisé lorsqu'il glissa sur un reste de compote et s'étala de tout son long. Astriid sortit à son tour pour pouvoir assister à la suite des événements qui s'annonçait magique. Le second Kinshäla s'arrêta, observa le Basräk puis imita la chute du géant en se gaussant de lui. Plus vif que l'éclair, l’œil mauvais, Raïm se releva et saisit la bestiole qui se mit aussitôt à hurler en griffant le visage du Braskä. Il glapit quand le Kinshäla enfonça ses petites dents pointues dans les mains épaisses du géant et lâcha instinctivement la terreur qui s'enfuit aussitôt. Astriid était sur le point de rire quand son protecteur se retourna vers elle, l'air sombre et elle ravala son fou rire, serrant plus fort son Kinshäla dans ses bras pour le protéger de l'ire du Braskä.

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Escapade et embuscade [Event Métier & Animaux] Vsmm

Moi, la rousse, j’l’ai suivie,
Elle m’faisait trop envie.

Calanthe la meilleure  nastae
Merci Mancy pour la signature  nastae  
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Kaahl Paiberym
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Kaahl Paiberym
Jeu 21 Mai 2020, 11:00


Ses affaires étaient étalées par terre et avaient guidé mes pas jusqu’au salon. Mes yeux se portèrent sur son corps. Elle était désirable, magnétique. Bien sûr, j’allais jouer pour elle, parce que je n’étais pas en position de refuser. Je devais la prévenir : elle maniait le feu de façon dangereuse. J’aurais préféré qu’elle fût nue. J’avais envie d’elle, de passer mes doigts dans ses cheveux et de l’étaler sur le piano. Au lieu de quoi, je lui obéis, jusqu’au moment fatidique et non moins excitant qu’elle choisit pour planter ses crocs dans ma gorge.

Je me réveillai. Mon regard rencontra le plafond et je me rappelai soudainement de la présence de Justinien à mes côtés. Après le spectacle, nous étions rentrés au château. Gustine n’avait eu de cesse de parler de la prestation durant le trajet, et même après. J’avais prétexté être fatigué pour échapper à ses nombreux compliments, relayés par son mari et les nourrices de mes enfants. Ils étaient touchants mais j’avais bien d’autres choses en tête. La prise de la Terre Blanche n’était plus qu’une question de semaines et je devais être d’une efficacité et d’une minutie remarquables. Je n’avais pas le droit à l’erreur si je souhaitais obtenir le maximum d’avantages de celle-ci : finir de tuer le Talleb, écarter sa femme, me venger de ses actes, assurer la valeur de ma parole auprès des Anges et d’Hébé pour le futur, déplacer correctement les Momies et tuer le Monarque Démoniaque. Cette dernière idée était née récemment, en rêve. J’arrivais de plus en plus à contrôler mes songes. Pas tous, néanmoins. Celui que je venais de faire n’était que le fruit d’une situation que j’avais subie. Je repensai quelques secondes au corps de Laëth, magnifié par l’aura du peuple nocturne. L’idée de la transformer lorsque je serais capable de le faire m’effleura l’esprit. Impossible. J’avais besoin d’elle comme elle était, représentante de la pureté mais attachante et fougueuse. Je plaçai mon avant-bras sur mes yeux. Je désirais la voir mais ni elle ni moi n’avions le temps pour ça. J’avais même demandé aux espions que j’avais infiltrés à Iyora d’arrêter de m’envoyer leurs rapports pour le moment. Je ne pouvais pas me détourner de mon objectif. Les jours que je passais chez les Magiciens actuellement seraient les derniers avant un certain temps. Je profitais de ma famille, parce que je pressentais un drame.

Mes doigts caressèrent doucement la joue du bébé et je finis par me lever pour le déposer dans son lit, au sein de sa chambre. Je n’avais plus le choix. J’avais lu l’ouvrage que mon père avait déposé dans ma chambre. Je savais que l’utilisation des Momies n’était pas gratuite. C’était ça ou sacrifier des soldats. Ce serait ça, même si les conséquences potentiellement dramatiques de la voie que j’avais choisie me tordaient déjà l’estomac. Je devais faire preuve de pragmatisme. Il n’y avait pas de bon choix. Il n’y en aurait jamais. J’avais été préparé à ça. Je savais qu’à terme, lorsque je serais Empereur Noir, je perdrais petit à petit tout ce à quoi je tenais. L’espoir de contrebalancer le mal avec Umbra in Lucem était vivace dans mon esprit mais j’en ignorais les conséquences. Si je réussissais à monter sur le trône blanc également, chose qui n’avait jamais été réalisée par le passé, je m’exposerais aux affres de la nouveauté et à ses risques. Lux in Tenebris était furieuse que je la contrôlasse. Elle me soufflait d’éliminer ces bébés, de rendre malade Gustine, de faire un carnage et de répandre le chaos. La maîtrise que je maintenais sur elle était difficile à sauvegarder. Pourtant, j’aimais. Mes liens amicaux et l’amour que je portais à mes enfants étaient bien plus puissants que la Magie des Ténèbres. La Magie de la Lumière lui barrait la route et j’arrivais à rester stable, à sourire, à ressentir, à me détendre même, parfois. Parler avec cet abruti de Déchu m’apaisait, quand il était joignable. Quant à Laëth, elle était devenue plus qu’un simple outil. La possibilité que je pusse mourir avait tendance à renforcer le bien en moi, étrangement. Mon état inquiétait mes proches.

Si je ne survivais pas à la prise de la Terre Blanche, j’avais pris mes dispositions, afin que Gustine, son mari et les enfants ne manquassent de rien. J’avais également fait le nécessaire concernant Adam et Laëth. Le notaire avait été surpris de mes choix, concernant le Déchu, surtout. Il avait souri discrètement au nom de la sœur Belegad, une manière subtile de me signifier un petit « Alors les rumeurs n’étaient pas si infondées finalement. » Je n’avais pas relevé, me contentant de partager mon patrimoine et de remettre des lettres d’adieu. Celle destinée à l’Ailée était terrible puisque je lui révélais être un Sorcier. Je n’avais pas envie de la laisser dans le doute. Je voulais m’expliquer et l’exercice m’avait libéré de certains de mes fardeaux. Si je trépassais, je viendrais l’observer, sous la forme d’un Esprit, jusqu’à ce qu’elle se remette. Je lui avais écrit le nom d’Adam. Je voulais qu’elle allât le voir lui, parce que j’étais certain que, malgré leur différence raciale, il saurait l’apaiser comme personne. Il saurait l’écouter et la consoler. J’avais aussi écrit à Gustine, pour lui confier mes sentiments à son égard et lui parler de ce que je souhaitais pour les enfants, à l’avenir. Adélie avait également sa lettre, que j’avais voulu légère et humoristique. Je lui indiquais même de manger une tarte aux fruits pour moi de temps en temps. Et Adam… Adam, je n’avais pu me résoudre à envisager de l’abandonner. Je lui avais expliqué certains mystères et l’avais supplié de rencontrer mon frère et de devenir Chaman. J’avais argumenté en soutenant que, puisqu’il ne faisait rien de ses journées et qu’il ne serait probablement pas Roi au moment de mon décès, il n’y aurait rien qui le retiendrait vraiment à Avalon.

« Baron ? » « Oui Gustine ? » « Il y a une certaine Capitaine Bétina Vaughan pour vous, dans le hall. » Je pris un air étonné. « Ainsi qu’un soldat du même nom, Nector. » « Merci. » lui dis-je en me dirigeant vers l’escalier en boitant. Je descendis les marches avec difficulté et me retrouvai rapidement devant les concernés. « Bonjour, Capitaine. » lançai-je vers Bétina. « Soldat Vaughan. » dis-je, en direction de la deuxième personne présente, que je ne connaissais pas. La jeune femme me regarda un instant. Elle semblait embêtée. « Bonjour Baron Paiberym. Je sais que vous avez été relevé de vos fonctions jusqu’à ce que votre jambe aille mieux mais la situation est un peu particulière. Des animaux sont sortis du Cœur Bleu ce matin et ravagent absolument tout sur leur passage. » Je me rappelai des paroles que j’avais entendu le matin même, dans la bouche d’un Magicien, sans m’attarder dessus. « Ah ? » fis-je, dans l’objectif d’en savoir plus. « Ce sont des Kinshäla. Ces animaux ne sont pas foncièrement méchants mais particulièrement turbulents. Les apaiser demande… une preuve d’amour. » « Une preuve d’amour ? » « Oui. Il faut leur témoigner de l’affection, d’où l’intervention de la Section Marivaux dans l’affaire. Le Nylmord refuse de les tuer ou de les blesser. Le faire serait bien pire. La solution la plus sécurisée est de les calmer, par magie ou non. » « Et vous voulez que je vous aide ? » « Oui. Ça ne vous demandera pas beaucoup d’efforts physiques mais tous les bras sont les bienvenus afin d’éviter qu’ils saccagent tout ce qu'ils croiseront. Si vous réussissez à en trouver au moins un et à le rendre docile, ce sera toujours ça. » « D’accord, je vais vous aider. Je m’habille davantage et j’arrive. » « Encore une chose. Si j’ai fait le déplacement c’est parce que j’aimerais que vous vous occupiez de Nector Vaughan, que voici. Il vient juste d’entrer dans la Section et puisque vous vous en sortez bien, je me suis dit que je pourrais tester votre habileté à guider quelqu’un. En tant qu’ancien professeur, ça ne devrait pas vous poser problème. » Je regardai l’homme et lui souris, avant de reporter mon attention sur le Capitaine. « Je ferai de mon mieux. » « Bien. Je vous laisse dans ce cas. Si vraiment votre jambe est trop douloureuse, ne vous forcez pas. » « Ça devrait aller. »

« Le Capitaine Vaughan m’a donné ça. Elle a dit que ça pourrait vous servir. » Il tenait, dans une petite pochette, quelques poils de l’animal. Je tendis la main pour les attraper. « Tout à fait. » Ça nous éviterait de tourner des heures à la recherche des créatures. « Quel âge avez-vous, Nector ? » Je posais décidément beaucoup cette question, ces derniers temps. « Dix-neuf ans. » « Vous venez de terminer vos études donc. Vous ne désiriez pas aller à l’université ? » questionnai-je, en m’avançant vers la table du salon. Gustine était retournée dans la cuisine. Elle confectionnait des gâteaux pour un goûter avec ses amies mais m’avait promis de m’en faire un rien que pour moi. « Non. Je n’étais pas très doué. » Je lui souris. « Je ne doute pas du fait que vous ayez d’autres talents. » « J’espère, même si ma mère n’est pas de cet avis. » dit-il, en passant une main dans ses cheveux. Je lus le malaise en lui, les agissements pesant d’une mère maladroite. Ce garçon, bien qu’adulte, avait cruellement besoin d’un mentor. « Elle changera d’avis lorsque nous aurons résolu le problème des Kinshäla. Et puis je suis sûr qu’elle ne pense pas ce qu’elle vous dit. Elle doit songer que cela vous poussera vers l’excellence, même si je ne suis pas d’accord avec cette méthode. Pour sa défense, ce n’est pas facile d’être parent. » avançai-je. « Je suis sûr qu’elle est très fière de vous. En tout cas, vous êtes un homme à présent alors, si vous voulez un conseil, vous devriez vous absoudre de ce qu’il se dit sur vous et vous préoccuper de ce qui vous rend heureux. Faire partie de l’armée vous plaît-il ? » « Oui, je crois. » « Qu’est ce qui vous y a poussé ? » questionnai-je, tout en traçant un pentacle. Il me permettrait de retrouver les Kinshäla présents sur une distance donnée. La puissance de ma magie se révélerait sans aucun doute durant l’opération. J’étais certain de pouvoir couvrir la totalité de l’île. « C’est mon père. Il est dans la Section Senghor. Seulement, je ne suis pas très attiré par les animaux et je préférais m’occuper de la sauvegarde de la paix et de l’aide aux plus démunis. Je ne sais pas si j’ai bien fait… J’aurais voulu suivre ses traces. » Il se confiait facilement. En d’autres circonstances, je ne me serais jamais mêlé de sa vie. Nous ne nous connaissions pas. Je n’avais pas à intervenir. Néanmoins, puisqu’il m’exposait ses difficultés, je ne pouvais pas le laisser avec ces dernières. « Je peux comprendre que des parents aient envie de voir leurs enfants prendre les mêmes chemins qu’eux. J’avoue avoir, moi aussi, peut-être un peu trop planifié l’avenir des miens. J’ai envie qu’ils réussissent et si l’un d’eux devenait professeur ou s’engageait dans l’armée, je sais que je serais en faculté de le guider, pour avoir vécu moi-même la situation avant lui. Pourtant, au-delà de cet aspect sans doute égocentré, j’ai la conviction qu’il faut savoir accepter la différence. Votre père n’est pas vous. Vous avez des goûts divergents des siens et je pense qu’il est normal que vous vous démarquiez. Si vous suivez ses traces sans le désirer vraiment, au fond de vous, vous serez malheureux. Je crois que ce qu’un parent peut vivre de pire, c’est de voir son enfant triste. » Il fit la moue. Je lui souris. « J’ai encore très peu d’expérience mais je sais que si mes enfants étaient malheureux, je serais dévasté. Que vous soyez dans une Section différente de celle de votre père vous permettra sans doute d’avoir des discussions plus enrichissantes, tout en partageant un domaine d’activité. Vous vous accomplirez dans ce que vous aimez et lui, en vous voyant épanoui, en ressentira une grande joie. Je ne dis pas détenir la vérité mais c’est ainsi que je vois les choses. » Je finis le pentacle. « Rassurez-vous, écartez les culpabilités et les peurs infondées. Et s’il s’avère qu’après votre formation, l’armée n’est pas faite pour vous, il ne sera pas trop tard pour changer de voie. » « Oui. Je crois que vous avez raison. J’aurais aimé devenir couturier mais… » La carte de Caelum apparut, agrémentée de petits points bleutés : les animaux. Nector s’était interrompu de lui-même. Je lui souris. « Si vous voulez, nous pourrons en reparler après notre mission. »

Une fois arrivée sur place, je lui indiquai une grange, un peu plus loin. « Vous allez vous rendre à l’intérieur du bâtiment. Il y en a un dedans. Ne faites rien qui pourrait l’énerver. Soyez doux. Témoignez-lui de l’affection, d’une manière ou d’une autre, et ne vous laissez pas impressionner. » « D’accord. » Sa voix n’était pas assurée. « Je suis sûr que vous y arriverez. S’il se passe quoi que ce soit, criez. Je ne serai pas loin, dans le champ d’à-côté. Je vous entendrai. » Je lui fis un signe ferme de la tête, afin de l’encourager, et me téléportai directement sur ma cible. L’animal releva le nez en sentant ma présence. Il était en train de dévorer les récoltes. Il se mit à grogner, oreilles plaquées sur la tête. Je n’étais pas sensible aux bêtes en tout genre. Beaucoup les adoraient. Je les trouvais sales et répugnantes. Il dut sentir mon inimitié puisqu’il se mit à râler de plus belle. Je pressentis qu’il ne m’attaquerait pas mais je n’avais pas envie de lui témoigner le moindre signe d’affection. Il me dégoûtait. Je voyais sans mal la bave sur ses lèvres. Ses poils devaient se déposer absolument partout où il avait le malheur de passer. Il détruisait tout de façon désordonnée. Il n’y avait rien de propre chez cette chose. Je grimaçai, un rictus déformant ma bouche. Impossible de m’approcher. Impossible de le calmer où, du moins, pas sans me forcer. Je n’étais pas certain de pouvoir passer outre. Ce que je tolérais chez les personnes, je ne le tolérais pas venant de la faune. Le voir me donna même envie de me gratter, comme si des fourmis, soudainement, s’étaient mises à parcourir ma peau. Le Kinshäla se fit un peu plus menaçant. Il m’enjoignait à quitter son territoire autoproclamé. Il attrapa un caillou dans sa main et me le lança dessus d’un air retors. J’avais envie de le tuer. Ce n’était pas la solution. Je l’aurais sans doute fait, en d’autres circonstances. J’essayai de déployer Umbra in Lucem, pour l’apaiser, mais rien n’y fit. Il continua de se montrer agressif. Je n’étais pas en mesure de l’aimer. Il le comprenait. « Hum… » fis-je en réfléchissant. Je ne pouvais pas échouer. La solution possible m’agaçait d’avance. D’un autre côté, ce serait un exercice intéressant. Je devais maîtriser ma forme angélique. Peut-être que l’Ange en moi aimerait ce monstre et serait plus à-même de l’accepter.

i2j6.bmpD’un geste de la main, je fis apparaître l’une des fioles de potion angélique. Je la portai à mes lèvres, cadenassant la plupart des mes émotions au préalable. C’était toujours une épreuve. Le bien qui m’englobait lorsque je rejoignais le peuple de Laëth m’était insupportable. Le jugement que je portais sur moi-même était sans appel. Je devais néanmoins passer outre. Je laissai donc l’artefact produire son effet, deux ailes blanches apparaissant dans mon dos et, pour la première fois, un changement physique. Je le sentis aisément. J’étais plus grand et mes épaules et muscles du dos bien plus développés. Ma magie avait décidément un humour douteux. Ces métamorphoses n’étaient pas pratiques, même si je pouvais les annuler à volonté. Mes yeux, bleus, se posèrent sur la créature. Celle-ci avait relevé une oreille et semblait se questionner sur la situation nouvelle. Je sentis ma propre volonté de changement, ce regard presque cruel sur mes actes et mes positions idéologiques. Il fallait que je contrôle davantage cette partie de moi. Ce n’était pas le problème actuel. C’était le Kinshäla, le souci. La rencontre de nos deux êtres put se faire plus aisément. Mon caractère maniaque s’était estompé. Je trouvai même certaines de mes habitudes particulièrement ridicules à y réfléchir. Qui de sensé serait réellement insatisfait d’un froissement sur un tissu ? Ce n’était pas primordial. Quant à cette créature, elle était peut-être poilue, agitée et sale, mais ce n’était pas important. Elle avait, comme tout le monde, besoin d’être aimée. Je m’accroupis à sa hauteur, essuyant un grognement récalcitrant. Il ne m’empêcha pas de refermer mes bras sur la boule de poils. Elle se débattit en râlant mais n’eut pour seule réponse que mes doigts sur sa tête, à s’activer dans une papouille affectueuse. « Calme-toi. » lui dis-je doucement. « Ça ne sert à rien de détruire les récoltes. Si tu as faim, je peux te donner à manger. » Après quelques minutes, la créature bleue se mit à ronronner.

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Siruu Belhades
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Siruu Belhades
Ven 05 Juin 2020, 23:57


Crédits : The River of Ang-roth par Ferdinand Ladera
Siruu était installé depuis quelques semaines ici. C'était mieux que ce à quoi on s’attendrait, puisqu’un chaman – Jahan – l’hébergeait. Les maisons ici variaient en formes comme en couleurs, empruntant leur esthétique à des peuples et des époques qu’il ne connaissait pas. Les tentes et les tipis se mêlaient aux pyramides dans certaines zones, tandis que d’autres avaient opté pour des constructions en bois. Le sorcier buvait lentement l’infusion que son hôte lui avait préparée. De l’herbe, surtout. C’était amer et intense, sans être désagréable. Ce qui lui causait plus de malaise, en revanche, c’était l’ennui. Et, contre ce mal, il n’y avait qu’une solution.

« Tu devrais te rendre utile. » La voix enjouée du chaman était encore un peu faible, à cette heure du matin. Maintenant que Siruu y réfléchissait, il se rendait compte qu’il ne connaissait pas l’Hiwa de cet homme. « Mo’Kazaal’Udo, content que tu te poses enfin la question. »« Arrête de lire dans mes pensées, s’il te plaît. » Ce n’était pas la première fois. La sensation d’être épié au sein de son propre esprit rebutait le journaliste au plus haut point. Et, en parlant de journaliste… comment pourrait-il continuer à exercer son métier d’aussi loin ? Pour le moment, il pouvait se permettre de disparaître de la circulation, mais viendrait un moment où il devrait reprendre le travail. Il avait passé de nombreuses heures, depuis son arrivée, à étudier la question. Une solution viable avait été trouvée, mais sa fréquence de parution demeurerait impactée. Pendant ce temps, il apprenait les usages d’ici. Les mœurs étaient plus douces que ce qu’il imaginait, mais les esprits locaux lui avaient affirmé qu’il ne fallait pas se faire d’illusions : Awaku No Hi ne serait pas aussi agréable.

« Tu sais où je peux trouver du travail ? » C’était un peu tard, pour répondre à la première remarque de son hôte. Siruu avait du mal à se réveiller, aujourd’hui. « Il y a toujours le Domaine. » Le mage noir en avait entendu parler, dès ses premières heures à flâner entre les rues. L’idée d’intégrer le Domaine des Digitales demeurait pertinente, mais que pouvait-il apporter à cet endroit ? Il n’avait pas envie de ramasser des plantes à longueur de journée, et ses qualités en tant que guérisseur laissaient largement à désirer. Il y avait bien les poisons, mais est-ce qu’il pouvait être employé de manière aussi conventionnelle ? Ce n’était pas quelque chose qu’il avait envisagé jusqu’alors.



« Bonjour. » Une dame discrète le salua d’un regard. On lui avait indiqué cette hutte, mais il ne semblait pas y avoir grand-monde. Ils n’étaient que deux… ah, non. Une troisième âme était là, allongée sur le sol. « Bonjour. Ne lui marchez pas dessus. » Elle désigna de l’index le misérable homme. « Il est malade. »

Jusqu’ici, Siruu n’avait pas envisagé que les grandes souffrances et les maladies touchent la Terre d’Edel. Cependant, maintenant que l’idée lui traversait l’esprit, elle n’était pas dénuée de sens. La Vie n’est pas toujours synonyme de joie ou de bonne santé. « Il salive énormément. Vous savez si… »« Il a ingéré ceci, pour gagner du temps. Enfin… pour ne pas repartir au travail tout de suite. » L’inconnue l’avait coupé net, tout en gardant un ton poli, voire timide. Elle tenait de sa main gauche plusieurs graines, que Siruu reconnut comme étant des fèves de Calabar.

« Vous comptez faire quelque chose ? » Elle haussa les épaules. « Je suis pas médecin. On peut juste attendre, je suppose. Ça ne coûte rien. » Siruu fixait le malade gesticulant au sol. L’aider semblait relever du sens commun, même pour un sorcier. « Vous cultivez de la belladone ? » La rousse, pressentant que l’étranger avait eu une idée, éclaircit sa voix. « Oui, pourquoi ? » Le mage noir n’avait que des souvenirs vagues de son apprentissage, mais était assez confiant. « Il y a antagonisme entre les deux substances. Si on lui en donne, il devrait aller mieux. »« Bon, et bien je vais en chercher. Surveillez-le. »


La situation s’était empirée, après que l’homme ait ingéré une infusion à la racine de belladone. S’ils n’avaient pas été sur la Terre d’Edel, il serait sûrement mort une douzaine de fois. L’inconnue n’eut rien besoin de dire. Elle se tourna simplement vers le sorcier, qui continuait à faire boire de force le malade. Siruu s’arrêta, inquiet. « Je ne comprends pas… »« Donc ça ne marche pas ? »« Au mieux, ça accélère les symptômes. » Puis, l’éclair vint. Il avait été stupide. « Ah oui, c’est vrai. Si on donne trois fois et demie la dose, l’effet antagonisant marche, mais si on donne plus de quatre fois la dose, les deux poisons se renforcent et tuent plus vite. » La chamane prit une planche en bois. « Bon, on aura essayé. Il n’y a plus qu’à l’assommer. » Quand la Mort est bannie, les techniques sont bien plus radicales. En un coup net, le malade perdit le peu de conscience qui lui restait.



Quelqu’un venait d’entrer dans la pièce où Siruu attendait. « J’ai été mis au courant de votre intervention dans le traitement de Léandre. » Le sorcier déglutit. Les conséquences de son mauvais jugement n’avaient pas été si graves – et il pouvait remercier Edel pour ce cadeau –. Toutefois, il souhaitait à tout prix éviter de se faire d’ennemis ici, et empoisonner des étrangers n’allait pas l’aider. À Amestris, il avait tout le loisir d’évoluer dans un environnement hautement compétitif. Ici, c’était sa seule chance d’obtenir un peu de paix. « Ce n’est pas de votre faute, vous ne saviez pas combien de fèves ont été mangées… ni quelle concentration de poison elles contiennent en cette saison de l’année. Ici, le sol est comme béni. Les végétaux qui y poussent sont riches. Les arômes sont plus intenses, les remèdes plus efficaces, et les poisons plus violents. » Siruu sourit à cet inconnu. Il avait un vocabulaire trop soutenu pour être digne de confiance.

« Vous pouvez vous improviser médecin ici quand vous voulez, ça ne dérangera personne… mais visiblement ce n’est pas votre spécialité. » Le sorcier acquiesçait, visiblement gêné. La médecine n’était pas faite pour lui. Les sorciers étaient incompatibles avec le principe même de soin. « Vous avez de la chance, L’Apothicaire et Mamie Vaudou emploient énormément de personnes, dans différentes disciplines. C’est ce pour quoi vous veniez à la base, non ? »« Oui. Je pense pouvoir me rendre utile dans mon domaine. »« Les poisons. C’est ça, votre domaine ? » Siruu hocha la tête, anticipant la réaction de l’inconnu. « Ils recherchent aussi dans ce secteur. Vous recevrez un Kinshäla, et ils peuvent vous loger sur place. »« J’ai déjà un endroit où dormir. Qu’est-ce qu’un Kinshäla ? » L’inconnu sourit. « Vous verrez. »

1108 mots.
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Lyz'Sahale'Erz
Jeu 09 Juil 2020, 15:10


Un gémissement de douleur sortit d’entre mes lèvres. Si seulement… « Sacrilège ! » lâchai-je, agacé. « Tekoa ! Ne dis pas ce genre de choses ! » me fit remarquer ma nourrice, tout en dosant le riz pour le repas de ce midi. Elle tourna les yeux vers moi et s’arrêta. Sa tête se pencha sur le côté, alors que son expression signifiait clairement quelque chose du style « Mais que fait donc encore ce gamin ? ». Elle demanda. « Que fais-tu ? » « Je m’étire ! » « Et c’est ça qui te fait rouspéter ? » « Oui ! Je n’arrive pas à toucher mes pieds avec mes mains ! » « Et alors ? » « Et alors, tous les grands chasseurs y arrivent ! » « Qui est-ce qui t’as dit ça ? » « C’est Mo’Eva’Udo ! » « Elle a dit n’importe quoi. » Un silence s’installa, le silence de la honte. « Ah la sale… ! » commençai-je. « Tekoa ! » me réprimanda tout de suite la femme. Je fis une grimace. Elle m’énervait à me restreindre. « De toute façon, bientôt je serai grand et je n’aurai plus besoin de nourrice ! J’ai même des poils qui poussent ! » « » « Si c’est vrai ! » dis-je, en lui montrant mon visage. « Ça, Tekoa, c’est plus du duvet, comme les oisillons. » dit-elle, en se moquant de moi sans le cacher. « Si c’est des poils ! » « Si ça te fait plaisir de le croire… En tout cas, tu vas devoir encore m’avoir dans les pattes un certain temps, ne serait-ce que pour vérifier que tu tannes bien les peaux et que tu ne fanfaronnes pas devant les autres en racontant n’importe quoi. » « Je ne raconte pas n’importe quoi ! J’ai vraiment vu quelque chose de bizarre dans les bois ! » « Oui oui, comme la fois où tu as joué avec de la peinture et que tu as dit que c’était un oiseau qui t’avait fait cette trace rose sur la tête. » « C’était un oiseau pour de vrai ! » me défendis-je. Elle savait que je disais la vérité mais elle aimait bien m’embêter. À chaque fois, je ne marchais pas, je courais.  

« Bon mais… Faut que j’aille voir Mo’Eva’Udo pour me venger maintenant ! Quand je dis que les filles ça pue ! » « Je suis une fille, je te signale. » « Je sais bien… » Je me rattrapai comme je pus. « … mais toi c’est différent ! Puis t’es plus une femme qu’une fille, tu vois ? » « Ouais c’est ça. » dit-elle, en faisant un sourire de circonstance, faussement crispé devant mes bêtises. « Et Raya ? » C’était le mot tabou. Je me mis à rougir si violemment qu’on aurait pu croire que je venais de tremper ma tête dans la peinture représentative de la passion et de l’amour. Ce n’était pas loin. Il y avait les filles, en bas, puis les ours, tout en haut, et à égalité avec les ours : il y avait Raya ! « Quoi Raya ? » demandai-je, en reprenant mes étirements pour cacher mon trouble. « Elle est derrière toi. » Je sursautai soudainement, manquant de tomber, et passai ma main dans mes cheveux pour les recoiffer bien, avant de me rendre compte qu’elle venait de me faire une farce. Entre colère et déception, je serrai les poings et décidai de m’éloigner en râlant. Ma nourrice éclata de rire. Quel comédien celui-là, pensa-t-elle.

Je coupai par le bois. Je n’avais pas le droit d’y aller mais je ne faisais jamais ce qu’on me disait. C’était d’ailleurs pour cette raison que j’avais plusieurs cicatrices et que quelques croutes parsemaient ma peau ici et là. Malgré la peur, la douleur et tout ça, parce que je revenais souvent en pleurant dans les jupons de ma nourrice, je n’apprenais jamais de mes erreurs. Elle disait d’ailleurs souvent que les Ætheri ne m’avaient pas fabriqué avec toutes les cases au bon endroit, ce qui me faisait d’autant plus râler. « De toute façon, quand je serai le plus grand chasseur du monde, rira bien qui rira le dernier ! » dis-je, alors que j’étais seul.

Soudain, il y eut un mouvement dans le feuillage. Je sursautai et me baissai, accroupi. J’étais un chasseur. J’attendis un peu et, comme rien ne venait, je commençai à m’avancer, curieux. Ce genre de comportements m’avait déjà valu bien des péripéties. Une fois, je m’étais fait une entorse au doigt en ayant peur d’une grenouille qui avait sauté des branchages alors que je m’étais approché d’elle. Je ne l’avais pas dit à ma nourrice, bien sûr. J’avais inventé une histoire bien plus glorieuse, que les Esprits s’étaient sans doute empressés de démonter. Ceux-ci s’amusaient beaucoup en m’observant. Je fis quelques pas, toujours dans la même position. Mes jointures me firent un peu mal mais il fallait souffrir pour être un chasseur compétent. Un grognement me fit m’immobiliser. Je déglutis, soudain anxieux et tendu. J’étais toujours prêt à me battre contre les ours, en théorie, mais, en pratique, c’était un peu différent. Lorsqu’un monstre bleu avec des grandes oreilles sortit de sa cachette, je poussai un cri aigu et partis en courant.

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