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 Il ne reste que les ténèbres | Solo

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Priam et Laëth
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Priam et Laëth
Lun 30 Mar 2020, 17:34



Burnt to the ground by Dominik Mayer (on artstation.com)

Il ne reste que les ténèbres

Rêve de Laëth



Debout au bord de la falaise, Laëth observait la plaine. Un dégradé de couleurs, du noir au rouge en passant par l’orange, enflammait la scène. Les cris des lames, les hurlements des combattants et les murmures des mourants montaient jusqu’à elle dans des crissements réjouissants, puis tourbillonnaient dans les cieux saturés de cendres. Un sourire s’étendit sur ses lèvres. Sa hallebarde fermement plantée près d’elle et son poing serré autour du manche, elle passa sa main sur son visage maculé de sueur, de terre et de sang. Lorsqu’elle releva la tête, ses iris verts se figèrent sur la ligne d’horizon – seulement découpée par le château encore miraculeusement intact. D’un anthracite profond, elle se fondait dans les nuages. Par-delà, il n’y avait plus que mort et désolation. Partout où son armée était passée, les vies s’étaient envolées. Les villes en flammes succédaient aux villages rasés. Nul ne résistait à l’assaut des combattants ; leurs valeurs terrassaient l’ennemi. Matérialisées par leurs coups, elles tranchaient, éventraient, démembraient, décapitaient, assassinaient sans relâche. Toutefois, ce n’étaient là que des sacrifices nécessaires pour le Bien. Bientôt, il ne resterait plus rien des vils de ce monde. Les engeances seraient bannies. La vie supplanterait la mort et la désolation céderait la place à la prospérité. Les ténèbres périraient. Il n’y aurait plus que la lumière. Blanche, pure, belle. Aveuglante. Son sourire s’agrandit, triomphal. Elle déploya ses ailes et sauta de la falaise.

Sa silhouette survola le champ de bataille. Son ombre jetait sur leurs adversaires le visage de la peur. La guerrière les éliminait de gestes vifs ou à l’aide de quelques sorts. Elle aimait voir leur carmin défigurer la pâleur de leur terreur et maquiller leur trépas. Elle aimait qu’il fendît les airs en gouttes acérées et caressât sa peau. Elle aimait entendre les suppliques et les gémissements qui jaillissaient de leurs bouches devant la figure de la mort. Elle aimait ne pas les écouter et prendre la vie de toutes ces ignominies. Elle y prenait plaisir. C’était plus qu’une mission ou un devoir : c’était une chasse, un jeu, un passe-temps. L’Ailée remonta en flèche vers les tours du château. Elle tournoya jusqu’à prendre son élan pour se jeter contre l’une des fenêtres. La force du choc la fit voler en éclats, et la jeune femme roula sur le sol jonché de verre. Lorsqu’elle se redressa, un regard circulaire lui permit de constater qu’elle était seule. La chambre avait été vidée. Vivement, elle ramassa sa hallebarde et se releva, avant de se diriger vers la porte. Elle fit disparaître son arme. Les couloirs de la demeure étaient sinueux. Le dédale lui en rappelait un autre, celui où de hautes portes débouchaient sur des mondes inconnus. Elle parvint face à l’une d’elles, barricadée par d’épaisses planches en bois. Elle sourit narquoisement et tendit la main. La structure, toute en métal, trembla, puis sortit de ses gonds et s’écroula sur le carrelage. Les lattes censées la protéger s’étaient brisées sous la force de l’action.


L’Ange pénétra dans la pièce. Devant un grand trône, huit personnes se serraient les unes contre les autres. Sans un mot, elle les toisa, ses ailes étendues de part et d’autre de son buste. Ils n’avaient pas de visage. Une fillette sanglota. Son regard froid courut sur ses traits innocents, mais ses pleurs ne la rendirent pas plus loquace. Elle s’avança. L’un des jeunes hommes se redressa et se jeta sur elle. Comme elle bloquait son attaque, elle trancha sa gorge d’un coup de dague. « Non ! » Elle poussa le corps sur le côté, qui retomba dans un bruit mat. Elle avança, encore. Deux autres se ruèrent sur l’intruse, épées aux poings et rage au ventre. En quelques mouvements calculés, elle les désarma. Munie de ses deux poignards, elle ouvrit le ventre de l’un et creva les yeux de l’autre. Les gémissements de la mère déchiraient la nuit. Elle n’en avait que faire. Ses prunelles glissèrent sur les victimes restantes. Les trois filles et leurs deux parents. « Je vous en supplie, pas mes enfants. Prenez ma vie mais pas la leur, piti-ah ! » L’attrapant par les cheveux, Laëth lui plaqua son arme sur la gorge. Elle plongea son regard dans celui de l’homme qui, lui, ne bougeait pas. Sous les cris terrifiés des trois gamines, elle égorgea la femme. Puis, sans se détourner de leur père, elle les saisit une à une pour saigner leurs cous graciles. Devant le seigneur, elle demeura immobile. Elle ne pouvait pas voir ses yeux, mais elle devinait qu’il la jaugeait. « Monstre. » Un rire bref lui échappa, qui s’épanouit en sourire ironique. « Je suis la lumière. » affirma-t-elle d’une voix égale en plantant la lame dans son cœur. Un hoquet le secoua, puis il parvint à souffler : « Elle t’aveugle. » Il s’éteignit. Et il ne resta que les ténèbres.



Message I – 810 mots




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Priam et Laëth
Lun 13 Juil 2020, 00:07




La première pierre

Interforum | Laëth


Épreuve de l'Interforum : Lien du sujet. Votre foyer a disparu, il ne reste rien, rien de ce que vous avez convenu. Il ne reste de votre ancienne vie que des ruines, et de vos anciens amis que des souvenirs. Vous êtes seul, maintenant, seul avec votre monde et il ne reste plus personne pour vous dire quoi faire. Plus de guides, mais plus de contraintes … alors, maintenant, vous comptez bien réinventer votre univers à votre manière. Vous êtes la nouvelle première pierre fondatrice de votre monde, à vous de nous montrer ce que vous en auriez fait.

Éléments de compréhension :

Agenouillée, l’Aile d’Acier glissa ses doigts entre les cendres. Elle retourna sa main et en saisit une poignée qui s’écoula entre ses phalanges. Des larmes noircies par l’océan de braises mortes traçaient des sillons douloureux sur ses joues blêmes. Ses ailes blanches, grisées par la poussière et rougies par le sang, pendaient dans son dos comme deux lourds fardeaux. Elle releva la tête. Le ciel était d’ébène et l’horizon n’existait plus. Tout se noyait dans le néant né des ravages des flammes. Le passé n’était rien qu’un amas de souvenirs, le présent dépérissait, et le futur ne s’esquissait plus. Laëth s’entoura de ses bras. Assailli par un sanglot, son buste ploya vers l’avant. Elle avait déjà trop pleuré, mais sa peine paraissait intarissable. Elle se laissa tomber sur le côté. La cendre soulevée par la brise joua dans ses cheveux bruns éparpillés sur le sol. Son casque reposait à quelques pas de là, jeté sans considération. Le reste de son armure ne suffisait pas à la préserver des attaques de la réalité. C’étaient des piques acérées qui pourfendaient son palpitant. L’obscurité dominait le monde. Plus rien ne brillait. Seule sa silhouette luisait faiblement, comme une luciole que la Mort viendrait cueillir. Elle aurait dû combattre, protéger, sauver, concilier. Elle avait tout laissé brûler. Elle avait failli.

Les Sorciers vivaient pour le chaos. Lorsqu’elle avait compris à quel point ce besoin de détruire s’était immiscé en Kaahl, il était déjà trop tard. Il menait son double-jeu avec tant de finesse, elle avait tellement cessé de douter, et elle l’aimait d’une façon si sincère et profonde qu’elle avait peiné à le percer à jour ; et quand la lumière avait été faite, l’ombre l’avait dévorée. L’univers avait péri dans des guerres irraisonnées. La valse fragile du Mal et du Bien s’était muée en un déchaînement mortifère. L’Ange avait tout perdu. Lumnaar’Yuvon avait encore flambé. Les Jardins de Jhēn, Iyora et Orhmior avaient été rayés de la carte. Priam était mort. Leurs parents, ses amis, ses proches ; tous ceux qu’elle aimait étaient tombés sous les coups des lames ou la langue des flammes. Lux in Tenebris avait dévoré Kaahl jusqu’à ne laisser de lui qu’un souvenir impérissable, visible dans les cicatrices que portait la terre. Partout, les plantations avaient été remplacées par des champs de cadavres, et là où l’eau n’abreuvait plus les sols, c’était le sang qui nourrissait les cendres. L’ombre d’Ezechyel planait. Peut-être la regardait-il ? Elle peinait à imaginer ses pensées. Son habituel sourire taquin ne devait pas s’amuser à chatouiller ses lèvres, pas en ce jour. Il ne restait de l’ancien monde que la mémoire des survivants. S’il y en avait.

La jeune femme se redressa vivement, et d’un puissant battement d’ailes, se propulsa dans les airs. La pénombre encombrait les cieux. Depuis les nuages, les silhouettes des macchabées paraissaient minuscules, et les feux encore vivaces ne ressemblèrent bientôt plus qu’à quelques mèches de bougie égarées. Elle s’éleva encore, au-dessus des fumées noires, jusqu’à côtoyer les étoiles. « Les Étoiles sont cruelles. » lui avait dit Jun. Elle les observa, silencieuse, avec au cœur toutes les émotions qui l’essoufflaient. La douleur, la tristesse, la colère, et tous leurs pairs. Leurs serres se cramponnaient à elle. Ils avaient l’appétit vorace et insatiable des charognards qui craignent la faim. Elle luttait, mais elle n’avait jamais su lutter contre ce qu’elle ressentait. Laëth ferma les yeux. Petit à petit, les astres s’éteignirent. Il n’y eut plus aucune lumière. Tout ce qu’elle avait connu se dissolvait.

Lorsque l’Immaculée rouvrit les paupières, elle flottait dans une réalité qui n’offrait rien aux sens. Elle ne voyait pas, n’entendait pas, ne sentait pas, ne goûtait pas, ne touchait pas. Il n’y avait que sa propre tangibilité qui subsistait. Le sel des larmes, le son de la respiration, les battements d’ailes. La souffrance. C’était ce qu’elle faisait subir à l’existant : elle annihilait tout, même la notion du temps. Les sensations mouraient parce que tout ce qu’elles apportaient à l’être était trop insoutenable pour être réel. L’Ange était seule. Il n’y avait plus personne, plus rien. Pour celle qui aimait plus qu’elle ne le pouvait et dont l’âme débordait de passions étouffantes, c’était un tribut plus pénible encore. Elle aurait voulu pouvoir remonter le temps et corriger ses erreurs. Mais les Étoiles étaient cruelles.

Laëth attrapa le médaillon qui pendait à son cou et l’ouvrit. Le miroir qui y était incrusté s’anima, comme à son habitude. Elle sourit, car elle reconnut aussitôt les étendues dorées. Une gamine aux longs cheveux bruns courait derrière un garçon. Elle connaissait par cœur la silhouette d’enfant de son frère, même après toutes ces années. « Priam, otto ! Yu weii pogaan ilaar ! » « Priam, attends ! Tu vas trop vite ! » Il rit, et son rire se perdit en écho dans l’immensité des ténèbres qui entouraient la guerrière, loin du soleil éclatant de Lumnaar’Yuvon. La petite fille persévéra, mais elle était maladroite : une pierre sur son chemin la fit chuter. Le cri qu’elle poussa fit s’arrêter son aîné, qui revint sur ses pas. « Laëth, ek weii ? » « Laëth, ça va ? » En sanglotant, elle lui montra un genou rougi par le sang. Aussitôt, il lui tendit la main. « Ge smak daun, gyon op nodotaim. » « Être mis à terre, se relever. » Il sourit à la fillette et, comme elle, elle lui rendit son sourire à travers ses pleurs séchés. Si la vie la jetait au sol, c’était à elle de se relever. Si son monde s’écroulait, c’était à elle de le redresser. Dans l’intimité de l’esprit, on n’a pas d’autre maître que soi-même.

La fille de Réprouvés tendit la main devant elle. Des étincelles blanches crépitèrent au bout de ses doigts. « Et tu auras le pouvoir d’éclairer l’obscurité, comme le feu ! » Les mots d’Othaline, qui l’avaient si bien condamnée à aimer et qui n’avaient pas su l’empêcher d’échouer, retentirent une fois de plus. Néanmoins, ils ne s’accompagnaient pas de l’angoisse qu’ils avaient toujours fait peser. Elle était le feu qui éclaire. Elle l’avait toujours été et le serait toujours, parce que la Lumière qui l’auréolait n’avait plus peur du noir. Il l’avait terrifié et elle l’avait combattu, longtemps. Lentement, elle s’en était accommodée, jusqu’à comprendre que sans lui, sa vie ne valait rien. C’était l’équilibre, qui permettait tout. La Lumière et les Ténèbres étaient des despotes qui devaient trouver un terrain d’entente et accepter leur coexistence.

Une pierre apparut au bout de ses doigts. Elle la posa sur ce qu’elle aurait voulu être un sol. Peu à peu, de jeunes pousses naquirent et se répandirent en cercles concentriques autour du fragment d’édifice. L’herbe n’était pas verte mais dorée comme les blés. L’Ange se pencha et retira ses bottes crottées, qu’elle jeta un peu plus loin. Elle avança. Le contact à la fois doux et piquant de la toison sous sa plante de pieds la faisait frissonner. Partout où elle allait, l’herbe se propageait. Sur son chemin, des arbres s’épanouissaient. Où elle posait le regard, des cavités creusaient le relief et des rochers jetaient des ombres nouvelles dans ce pays sans soleil. Elle leva les yeux : devant elle, un ponton de bois se construisit progressivement au-dessus d’une eau claire, qui disparaissait plus loin en chutes d’eau. Elles se perdaient dans le ciel. Leur chant se mêlait à la mélopée silencieuse des étoiles qui se miraient à la surface de l’onde. Elles éclairaient faiblement l’île volante qui s’était créée sous ses pas. Renversant la tête en arrière, l’Aile d’Acier admira les astres. Les lunes blanche et bleue irradiaient tranquillement. Lorsqu’elle se redressa, elle remarqua que sa tenue de combat avait disparu au profit d’amples vêtements blancs, resserrés à la taille. Il n’y avait plus trace de sang sur sa peau, et à dire vrai, il n’y avait même plus trace de douleur dans son cœur. Le paysage diffusait une magie qui dissipait tous les tourments.

Parvenue au bout du ponton, la brune se retourna. Là où la pierre aurait dû se tenir, les murs nacrés d’une cité ouvraient leurs bras à son regard émeraude. De son point d’observation, elle devinait qu’un grand feu animait l’enceinte de la ville : il projetait sur les murailles et les fenêtres des reflets ambrés. Au creux de la nuit, il était ce feu qui éclaire. Elle en avait déjà rêvé. Elle avait déjà construit cette cité, dans des songes oubliés que le spectacle lui rappelait. « Laëth ! » Elle pivota et ses yeux s’écarquillèrent de surprise. Le cri provenait de navires volants qui voguaient en sa direction. Elle connaissait cette voix, comme elle connaissait toutes celles qui s’élevèrent par la suite. Un large sourire fit frémir ses lèvres. C’était son monde ; celui-ci n’admettait pas que l’âme noircît dans la solitude et le désespoir. Elle était la Lumière, celle que l’Obscurité ne peut pas étouffer.

La ville dans sa tête
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Message unique – 1456 mots

Vous inquiétez pas, j'ai posté à 23h56 sur l'interforum XD #survivor




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Priam et Laëth
Jeu 22 Oct 2020, 14:36




Les rêves sont des promesses

Défi des votes


Défis des votes | Top-sites 50 : 30 pages : Laëth fait un rêve érotique à propos d’Adam.


« Je t’avais bien dit que tu étais amoureuse de moi. » Il était penché au-dessus d’elle, allongé sur la tranche. Ses yeux dorés couraient sur son visage. Leur caresse invisible mordait sa peau de frissons. Elle n’aurait eu qu’à détourner le regard pour rompre le charme mais c’était comme si ses iris se rattachaient aux siens, à sa figure, à chacun de ses traits. Ils le scrutaient comme s’ils l’avaient toujours connu et le découvraient à chaque nouvelle seconde. C’était un manège éternel, dont ils ne semblaient pas se lasser. Les cheveux de l’homme retombaient avec souplesse sur son front. Les rayons naissants du soleil rehaussaient leur éclat. Ils projetaient sur sa barbe comme une poussière brillante. La lumière du petit matin auréolait les choses de douceur et d’irréalité. Elle donnait l’impression qu’elles se situaient entre deux mondes ; celui du vrai et celui du rêve. « N’importe quoi. » Il sourit, de cet insupportable sourire qui lui donnait envie de lui arracher les dents une par une. Ou de l’embrasser si longtemps qu’il en eût les lèvres trop fatiguées pour s’amuser encore. « Fais attention, il me semble que la mauvaise foi fait partie des nouveaux péchés... » Les doigts de la jeune femme remontèrent le long des côtes nues d’Adam, puis son index toucha délicatement son bout du nez. « À vouloir me prévenir sans cesse, tu risques de gagner des ailes blanches. » Il rit. « Je les perdrais aussitôt. »

Il entortilla l’une des mèches de la brune autour de son index, puis descendit sa bouche vers la sienne. Laëth ferma les paupières pour accueillir son baiser. Une de ses mains remonta sur sa nuque, qu’elle pressa doucement pour l’amener un peu plus vers elle. L’homme prit appui sur l’une de ses paumes pour basculer à genoux et venir se mettre à califourchon sur son bassin. Il glissa l’autre dans le creux de sa taille pour l’inciter, d'une légère pression, à se redresser. L’Immaculée s’appuya sur ses coudes. Les lèvres de son amant papillonnèrent contre son cou. Chaque battement lui arrachait un soupir ou une respiration hachée. À chaque fois qu’il la touchait, tout son corps se tendait et se délassait à la fois. « Adam… » - « Hum ? » Il mordillait sa mâchoire. Se soutenant à l’aide d’un bras, elle le repoussa pour le faire tomber sur le dos. Comme il ne la lâchait pas, elle le suivit dans sa chute. Son sourire se perdit contre la joue de l’homme. « Je te déteste. » Ça le fit rire. Ça le faisait toujours rire. Et ça la faisait sourire, sans doute moins malgré elle qu’elle n’aurait voulu le prétendre. Se soutenant à l’aide d’un bras, elle le poussa pour le faire tomber sur le dos, avant de revenir aussitôt mêler sa peau nue à la sienne.

Les rêves n’ont pas de règles, mais ils connaissent parfois des schémas, des constances, des invariants. Adam avait toujours eu, au cœur des songes de l’Ange, une place particulière. Avant même qu’ils ne se connussent véritablement, ils s’étaient apprivoisés d’une façon plus intime que ce que la réalité ne leur avait jamais permis. Elle avait appris son corps sans qu’il le lui eût enseigné ; il avait dessiné ses courbes sans les avoir jamais esquissées. Il avait été amant, antagoniste et amoureux ; il n’y avait jamais eu de place pour l’ignorance ou l’indifférence. Leur chemin était pavé par les Étoiles, celles-là même qui veillaient autant sur les nuits que sur les vies. Il n’y avait aucune échappatoire, comme il en allait du sommeil pour les moins érudits. L’Aile d’Acier pouvait lutter dans le monde réel : l’onirisme la dépassait. Son subconscient noyait sa raison et ce qu’elle croyait avoir de libre-arbitre. Il se complaisait dans les bras du Déchu, qu’elle aimerait pour les quelques secondes de rêve qu’on lui injectait. C’était ainsi. Il n’y avait pas de choix. Il n’y en avait jamais eu. Leur étreinte se refermait sur un futur qui ne leur appartenait pas.

Laëth soupira d’aise et se blottit un peu plus contre lui, leurs jambes enchevêtrées. Il dormait déjà. Ses doigts jouèrent avec légèreté dans ses cheveux, avant de venir se reposer contre son torse. Elle détailla encore son faciès, comme si elle craignait qu’il ne s’effaçât de sa mémoire. Un sourire fleurit sur ses lèvres, puis elle tourna la tête pour appuyer son oreille contre sa poitrine. Ses yeux dérivèrent jusqu’à la table de chevet. Un vase rouge y reposait. Dans celui-ci, des roses blanches s’épanouissaient. Il les lui avait offertes. Elles lui avaient plu. Pourtant, plus elle les regardait, plus un sentiment diffus se nouait autour de son cœur. Une sorte de mélancolie enfantine, suave et douloureuse à la fois. Comme un souvenir éthéré. Comme si quelqu’un qu’elle avait oublié lui manquait. Comme une promesse qui attendait sa réalisation, mais dont elle ignorait tout. Elle tendit le bras et effleura le pourtour délicat d’un pétale. Comme un écho venu du fond de l’âme, comme une attente toujours ancrée au cœur.



Message III – 804 mots




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