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 [RPPT] - Le Rêve qui crée le doute, le Rêve qui révèle, le Rêve qui exauce

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Lun 02 Mar 2020, 20:54

[RPPT] - Le Rêve qui crée le doute, le Rêve qui révèle, le Rêve qui exauce  - Page 4 1j1b
Le Rêve qui exauce



« Et vous avez envie d’eux ? » Circë se remémorait les mots de l’homme. Elle fixait le plafond, cherchant un sommeil qui semblait la fuir. Sa jambe droite ressortait de la fourrure. Elle avait un peu chaud et finit par rouler pour se positionner sur le ventre, tout en écartant ce qui la couvrait jusqu’ici. Ses yeux se mirent à observer une toile. Elle avait commencé la peinture et avait entrepris de faire un petit quelque chose pour chacune de ses connaissances. Elle avait pensé à Ezechyel, forcément, et elle lui destinait sa dernière création, même si elle ne savait pas encore comment la lui faire parvenir. Elle demanderait sans doute à Devaraj. « Est-ce que vous rêvez qu’ils… » Qu’ils quoi ? Elle finit par soupirer. Ça n’avait rien à voir avec un rêve ou une envie. Ce n’était pas le problème. Le problème résidait dans les réactions incontrôlables de son propre corps dès qu’elle se sentait enfermée. C’était comme être prisonnière. Dès que des bras venaient l’entourer, elle manquait d’air et paniquait. Peut-être fallait-il qu’elle essaye de faire le premier pas ? Si elle maîtrisait la situation, sans doute les choses se passeraient-elles mieux ? Ce Déchu avait eu le mérite de la troubler, au point qu’elle y réfléchissait depuis un certain temps maintenant. Devaraj avait raison aussi. Le sexe ne devait plus être un problème. Quant à ses croyances, sur l’élu, peut-être devrait-elle simplement les envoyer au feu ?

Comme elle n’arrivait toujours pas à dormir, elle attrapa la dague. Elle avait été surprise quand, en passant à côté du Roi avec l’objet, ce dernier lui avait raconté que l’homme s’était masturbé récemment, en pensant à un certain Jezekael. Elle n’avait aucune idée de qui il s’agissait au juste. Elle s’était stoppée, avait observé Devaraj, un trouble manifeste sur le visage, et avait décidé de continuer son chemin sans rien ajouter. Il interpréterait son comportement comme il le souhaiterait. Ses yeux sur l’artefact, elle se demandait comment est-ce qu’il marchait et s’il faisait ça avec tout le monde. Si elle l’avait à côté du Déchu alors… Hum. Il ne valait mieux pas. À moins que ? Elle ne savait pas vraiment. C’était assez indiscret, finalement. Cela dit, malgré tout, ça la faisait relativiser d’entendre des anecdotes appartenant à autrui. Ça lui montrait la normalité, les choses qu’elle pourrait essayer si elle arrêtait de fuir. Avec qui ? C’était la question. Devaraj sans doute puisqu’ils allaient se marier. Pouvait-elle ? Il avait l’air de préférer les hommes. Jezekael en était un.

Il claqua des doigts. Elle s’endormit. Il apparut et fixa la toile un instant. Il sourit.

La chambre était plongée dans la pénombre. La fenêtre ouverte amenait une brise estivale, une fraîcheur qui faisait du bien. La température était bien trop élevée durant la journée et la nuit était la bienvenue ; elle conférait un bien-être qui aidait l’esprit à se reposer. Les rideaux ivoires, aériens, se balançaient doucement, en rythme avec le vent. Ils semblaient danser. Circë portait une robe blanche, fragile. Elle était si fine qu’elle en était transparente. Ses cheveux ondulaient sur ses épaules. Elle sourit. À quoi rêvait-elle ? Sans doute à quelque chose de hautement interdit. Seulement, elle ne pouvait contrôler ses songes. Peut-être que si, en fait. Elle avançait dans la pièce avec agilité. Un homme dormait au beau milieu d’un lit bien trop grand pour lui seul. Elle ne le voyait pas. Elle ne savait pas de qui il s’agissait. Elle allait le découvrir. Le jeu l’amusait. Tel un félin, elle avança ses deux bras pour prendre appui. Ses mains caressèrent le drap doucement. Son genou droit se hissa sur le matelas, puis le gauche. Petit à petit, elle remonta, ses mollets frôlant d’abord ceux de l’endormi, puis ses cuisses, puis son bassin. Il était grand. Elle s’arrêta une fois que ses cuisses furent autour de son ventre. Elle s’assit là lentement et amena ses mains de chaque côté de son visage. Ezechyel. Elle admira ses cheveux blonds, en bataille et son visage, si détendu. Sa tête était un peu penchée sur le côté. Elle pouvait saisir ses lèvres d’un simple mouvement. Elle n’avait qu’à plonger vers lui délicatement. Il n’en saurait jamais rien si elle s’y risquait. Son regard roula jusqu’à son cou. Elle avait envie de mordre sa peau. Les doigts d’une de ses mains se mêlèrent à sa chevelure et elle descendit sa bouche jusqu’à sa joue qu’elle embrassa. Elle avait envie qu’il se réveille. Ce ne serait pas drôle sinon.

745 mots
Cadeau pour Ezechyel | L’œuvre des Omije : C'est un tableau peint par Circë et ensorcelé par Jun. Le possesseur peut se téléporter à l'intérieur. Il y a tout un monde à découvrir, un monde dans lequel se trouvent d'importants gisements d'Omije non magiques.
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Sól
~ Réprouvé ~ Niveau II ~

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Sól
Mar 03 Mar 2020, 13:16


Image réalisée par jingyu shen

Arz'Lus

Hanako se mordilla la lèvre, nerveuse. Son regard noisette était dardé sur l'homme dont elle rêvait depuis plusieurs Lunes maintenant. Ezechyel était là, à moins de dix mètres d'elle. Si proche d'elle, et pourtant si loin à la fois. L'Orine avait fait tout ce chemin pour pouvoir se lier à lui, et voilà qu'on lui apprenait qu'il n'était plus question de répondre à une Énigme pour que son Lien s'établisse. A partir de cet instant, pour qu'une fille de Maëlith puisse trouver son Maître, elle devrait l'embrasser. Cela ne semblait pas être insurmontable. En fait, cela semblait même plutôt simple : il y avait moins de risque d'échouer, non ? Poser une énigme sur laquelle elle avait travaillé depuis son enfance, aidée de ses consœurs dans son village natal, voilà une épreuve qui présentait plus de difficultés qu'un baiser passionné. Oui, sauf qu'il y avait un léger problème. Hanako n'avait jamais embrassé personne. Jamais sur les lèvres, du moins. Et si elle se révélait être terrible dans cette discipline ? Les Muses lui avaient enseigné de nombreux Arts -du théâtre à la musique en passant par la poterie- mais jamais on ne lui avait dit comment embrasser. Encore moins embrasser avec la langue ! Sa mère lui avait révélé, une fois, comment s'était déroulé son premier baiser avec son père. Mais c'était il y a plusieurs années et sa mémoire semblait résolument bloquée, lui refusant l'accès à ce souvenir spécifique. Et si elle ne se montrait pas à la hauteur ? Et si elle ratait son premier baiser devant tous ces gens ? Que l'Ygdräe décidait à cause de cela de revenir sur le Lien et demandait au Mars de lui donner une autre Orine ? La blonde ne saurait comment réagir. Elle serait anéantie... Elle qui avait rêvé depuis tant de temps de pouvoir servir les intérêts d'Ezechyel, le voir la rejeter lui briserait le cœur.

Sentant une boule d'anxiété gonfler dans son ventre, la Hanatsu s'empara de la chope d'un réprouvé et en bu le contenu d'une seule traite. La bière n'était pas sa boisson préférée. Elle appréciait largement plus le thé ou le chocolat chaud. Ou encore le vin chaud des magiciens. La bière, malgré son goût amer, possédait cependant un avantage non négligeable : elle réchauffait les cœurs et donnait du courage à ceux qui en buvaient abondamment. Et du courage, Hanako allait en avoir drôlement besoin ! Inspirant profondément, elle se leva du banc sur lequel elle était installée puis traversa la foule de Réprouvés, dont la moitié des hommes étaient vêtus de tenues légères montrant leurs muscles saillants et attrayants. Elle ne leur prêta aucune intention et se dirigea jusqu'au blond avec la ferme intention de l'embrasser.

Une fois face à lui néanmoins, Hanako se rappela soudain un détail crucial. Comment avait-elle pu oublier quelque chose d'aussi élémentaire ? Arz'Lus exigeait un combat singulier entre les deux amants avant d'accéder à la récompense attendue. Cela compliquait encore plus les choses. La blonde savait Ô combien l'enfant de la Nature était doué dans cette discipline. C'était un guerrier reconnu par beaucoup. Se mesurer à lui afin d'avoir le droit à un baiser ne serait pas une mince affaire. Il était néanmoins trop tard pour faire demi-tour. Elle était venue jusqu'ici, ce n'était pas pour abandonner avant même d'avoir essayé. Si elle baissait les bras à la première difficulté, son futur Maître n'aurait aucune raison d'accepter ses services. Elle n'en serait pas digne. L'alcool qu'elle venait d’ingurgiter sembla faire effet, car le petit corps de l'Orine sembla bouillir, mélange de courage inconscient et d'excitation débordante. Comme si elle n'était plus au contrôle de son propre corps, Hanako se vit attraper le blond par le col de son vêtement et le forcer à prêter attention à elle. Ils se trouvaient à seulement quelques centimètres l'un de l'autre. Elle pouvait sentir son souffle chatouiller son visage, humer son parfum. Cela lui donna envie de sauter à son cou immédiatement. Les bonnes manières inculquées à Maëlith l'en empêchèrent néanmoins. « Je te défie, Ezechyel ! » déclara-t-elle, ses yeux verrouillés aux siens. Ce n'étaient pas les mots les plus romantiques qu'aurait pu prononcer la blonde, mais en cet instant, ils avaient presque quelque chose d'érotique pour la jeune fille. « Tu devras m'embrasser, et tu deviendras enfin mon Maître ! » affirma-t-elle avec entrain.

Un homme était en train de lui masser les épaules, comme pour lui insuffler force et courage avant le combat imminent. Un cercle s'était formé autour d'eux. De l'autre côté se tenait Ezechyel. Il était encore plus impressionnant qu'elle l'avait imaginé dans ses rêves les plus fous. Plus séduisant aussi. Finalement, elle n'avait pas seulement envie de l'embrasser pour pouvoir se Lier.  « Besoin d'un petit coup de pouce avant d'entrée dans l'arène et de nous divertir ? » demanda l'homme en train de détendre ses épaules. Il avait chuchoté ces mots à ses oreilles. « Oui... Oui, ce ne serait pas de refus. » La blonde déglutit. « Je... Je crois que je vais vomir. » Ce ne serait pas du meilleur effet. Les Muses ne lui avaient jamais appris à recracher ses tripes avec grâce. « Ça va passer... » « Faut que je sois super forte. Vraiment. Avec des muscles aussi puissants que les Réprouvés autour de nous... Mais sans avoir l'air d'une brute pour autant. Changez juste la force, pas l'apparence. » expliqua-t-elle à son bienfaiteur. « Oh, et j'aurai besoin d'aile aussi ! Les Réprouvés, ça a des ailes, ce n'est pas seulement pour faire joli hein ? Ça doit bien leur servir de temps en temps. Alors donnez-moi des ailes. » Aussitôt, Hanako sentit dans son dos deux excroissances s'ébrouer. Au lieu de marcher pour gagner le centre du cercle, la Hanatsu déploya ses ailes et tapa du pied, s'élançant ainsi dans les airs. L'action lui sembla aussi naturelle que de respirer. Un sourire satisfait se dessina sur ses lèvres lorsqu'elle atterrit.

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Mar 03 Mar 2020, 21:18





Guerra


Faminea


Mortadelle


Murène



Itak marmonnait dans sa barbe en grattouillant machinalement Murène sous le museau. Il aimait bien les Réprouvés normalement, parce-que c'était rigolo de boire avec eux et parce-qu'ils avaient des haches. Mais parfois, il les aimait pas, comme là, quand ils essayaient de s'en prendre à ses petits minous innocents d'amour. Le chevalier regarda la paume de sa main qui saignait, mordue et griffée plusieurs fois par des petits crocs tranchants et mortels. Pas grave, Mortadelle semblait aimer son sang, mais elle était mignonne. Il pourrait mourir pour eux, ce qui était stupide, mais impossible à changer. Itak était parti en tournant le dos au village pour s'en éloigner le plus possible. Le décor changeait au fur et à mesure qu'il avançait, perturbant quelque peu ses sens naturels. Pourquoi n'avait-il pas sentit le déclin du jour ? Cette forêt changeait drastiquement vite d'épaisseurs et d'espèces d'arbres. Par où était le village, déjà ? Malgré ses nombreux voyages, Itak avait la fâcheuse tendance à ne pas savoir se repérer, du moins la partie humaine de son être. Il ne tenait sa survie qu'à son totem, qui lui, pouvait au moins le guider vers une source de nourriture. Il s'arrêta brusquement et huma l'air. « Nous allons camper, comme tous les jours, pas vrai ? Mrrrrrhouuu. » « Mrrrrrrrrrrrhouuuuuuuuu.... » répondirent en cœur les chatons. Tiens, ils avaient les yeux rouges. Ça leur allait bien. Leur cri résonna, lugubre : c'était joli. Il passa sa langue contre ses dents : ses deux canines habituelles lui faisaient mal ? C'était acide et ça le démangeait, comme si elles réclamaient leur dû. « Hum, ça fait longtemps que nous n'avons pas chassé, pas vrai ? » La nuit, c'était le meilleur moment pour chasser. Tout cela était si naturel pour lui, qu'il ne s'en soucia pas le moins du monde. Ses habits s'étaient arrangés pour une tenue de chasse noire, plus discrète. Il sentait l'odeur d'une proie qui était passée là avant lui, ce devait être un lapin. La piste était facile : un sentier, un amoncellement de buches, une hache abandonnée toute seule -quelle erreur !-, un tas de vêtements -hum, étrange-, de l'eau chaude -beurk- et... un homme. Ce n'était pas un lapin, constata Itak avec toute l'intelligence dont il était capable. Pourtant, il n'en fût pas chamboulé. Le sang humain était meilleur.

« Bonsoirrrrrrr. » Un sourire horrible déformait ses traits alors qu'il s’extirpait comme un fantôme des buissons qui le cachaient. Il voyait parfaitement, mieux que de jour. « Mrrrrrrrhouhou. » Les chatons se déployèrent en cercle autour du bassin d'eau chaude, sans toutefois oser s'approcher trop près du bord. Ils étaient mécontents et agités, leurs poils hérissés et les oreilles rabattues sur le crâne. Et pour cause : « Pourriez-vous sortirrrrr, nous n'aimons pas l'eau. » Oui, comme ça l'homme se rapprochera du bord et il pourra le mordre. Lui n'avait pas peur de l'eau, parce-qu'il n'avait peur de rien. Mais être entièrement mouillé le dégoutait. Hum. « J'ai du vin rouge et c'est bien meilleur que la bierrrrre. » « Mrrrrrrrh. » Les chatons avaient compris le piège. Ils étaient intelligents, ces petits. Une bouteille venait d'apparaître dans sa main, venue de son simple souhait d'avoir de quoi attirer sa proie. Il ne buvait jamais de vin. C'était pour les riches et les péteux. Il buvait seulement du sang. « Tenez regarder, je vais vous montrrrrer l'étiquette. » Itak fit quelques pas pour se mettre au niveau de l'homme. Surmontant son horreur de l'eau et de la vapeur humide qui s'en échappait, puis se pencha pour effectivement rapprocher son appât des yeux de l'homme. Il remarqua que l'homme était beau, et qu'il aurait encore plus de plaisir à le mordre. Pourquoi ne pas le transformer et en faire un de ses enfants ? Les chatons aussi, aimeront son sang. Tout ceci était très réjouissant. C'est là exactement que son pied droit se prit derrière son mollet gauche et qu'il trébucha dans le bassin à plat ventre en hurlant. Son cri eut le même son qu'une hyène, pourtant, il était en véritable détresse alors que son corps disparaissait dans les limbes de la source : il ne savait pas nager.

731 mots - j'ai fais n'imp

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Jun Taiji
✞ Æther de la Mort ✞

✞ Æther de la Mort ✞
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Jun Taiji
Sam 07 Mar 2020, 13:16

« Mais lâche-moi, raaah ! » Læn essayait de se dégager de la prise de l’homme. Il le répugnait avec son gros ventre et ses doigts pleins de poils blanchâtres. Il sentait le saucisson et ça lui donnait envie de gerber. « Va t’acheter de la salade, espèce de porc ! » grogna-t-il entre ses dents, vexé de s’être laissé attraper par ce Comte d’il-ne-savait-pas-quel-endroit moisi. « Arrêtez de vous tortiller ! » ordonna l’homme, ce qui eu pour mérite de faire rougir le « Magicien » comme un homard des grandes eaux, rougir de dépit, et aussi d’impuissance. Il avait envie de lui refaire le portrait à ce bonhomme ! Pas de sa faute, à lui, si sa fille était une sale dévergondée qui ne fermait pas à clef la porte de sa chambre. Alors ouais, il avait voulu mater un peu. Mais, franchement, où était le mal ? De toute façon, elle n’était même pas belle. C’était juste pour voir comment c’était foutu là-dessous, de la curiosité quoi. Il avait bien sa sœur mais il l’aimait trop pour chercher des réponses métaphysiques sur son corps à elle. Puis il savait que s’il essayait, il allait simplement se faire frapper. Ensuite il saignerait du nez, elle se moquerait et ça le soûlerait. « Lâche-moi, sale vioc ! » Au lieu de quoi, le « sale vioc » pinça un peu plus fort l’oreille de l’Ondin, ce qui lui arracha un cri de douleur. « Raa ! » Après quelques minutes à attendre devant la porte, la mère de Læn finit par ouvrir. Lorsqu’elle vit son fils, elle soupira bruyamment. Le jeune homme prit une mine boudeuse tout le long de la discussion, niant les faits. Non il n’avait pas retiré les draps de sur Marie-Madeleine, non il ne s’était pas amusé avec le bout de ses seins – en fait il avait trouvé ça très drôle – et non il n’avait pas essayé d’aller voir plus bas avant qu’elle ne se réveille en criant. Il soutint qu’elle l’avait invité et que ce n’était qu’une dévergondée et les gros yeux qui pesèrent sur lui n’y changèrent pas grand-chose, si ce n’est qu’il se mit à rougir de mauvaise foi comme un coquelicot. Il mentait et ça se voyait. Lorsque la porte se referma, et comme il savait que sa mère allait le gronder pendant mille ans, à propos de son immaturité, et bla, et bla, il s’engouffra dans l’escalier, monta dans sa chambre, ferma à clef – hé hé – et s’étala sur son lit sans même prendre la peine d’enlever ses chaussures. Comme il entendait la voix de sa daronne de derrière le battant, il mit des bouchons d’oreille et enleva son haut qu’il roula en boule et jeta quelque part. Il fixa son oreiller cinq minutes, se remémora vite fait la forme de seins de Marie-Madeleine et sourit, un peu bêtement, avant de s’endormir en serrant son coussin entre ses bras.

S’il croyait qu’il pouvait lui interdire des choses, il se trompait lourdement celui-là, là ! Il n’avait pas le droit ? Il ne devait pas venir ? C’est ça oui ! Il allait venir et plutôt deux fois qu’une ! Ce n’était pas parce que cet homme avait une certaine aura qu’il pouvait lui dire quoi faire ! En réalité, Læn était bien trop con pour se rendre compte que tout ceci n’était qu’une mise en scène destinée, justement, à le faire apparaître au milieu de… Il ne savait même pas au milieu de quoi il était. Pas grave ! Le dessus de sa main passa sur son nez et sa bouche négligemment. Il s’était encore fait défoncer et ses narines venaient de se remettre à couler. Ça pissait le sang et c’était chiant. Il s’arrêta, pinça un temps qui lui sembla considérable – il avait la patience d’un suricate – et finit par se boucher la narine saine pour souffler le caillot de sang par terre. Voilà. Il n’allait pas se laisser enquiquiner par un peu de sang.

Quand il arriva enfin, il se retrouva devant le vieux. « Ouais… » fit-il, pour toute réponse. Il n’arrivait pas à se sortir ce type de la tête en temps normal mais il arrivait quand même à le critiquer – pour le plaisir de le faire. En sa présence, il ne savait plus vraiment… Il était plutôt beau. Peut-être qu’il devrait un peu mieux se tenir ? Surtout que… Elle devait être là, elle. Il venait de le dire. Le regard de Læn se tourna vers l’ombre, un peu plus loin, une jeune femme que l’homme ne cessait d’encenser. Il fantasmait sur elle, forcément, comme un morveux qui avait envie de quelqu’un de plus expérimenté et plus âgé qu’il ne l’était. Elle était devenue une idée qui ne voulait plus quitter ses pensées. Lorsqu’elle s’approcha, son corps réagit instantanément, ce qui le rendit un peu honteux. Il rougit. En sentant ses propres joues brûlantes, il grimaça. Ça commençait à l’agacer, ce genre de réactions à la con. Il l’avait déjà vue une fois mais elle n’était pas aussi étincelante, dans ses souvenirs. Ils devaient être un peu effacés… ou alors elle était devenue encore plus désirable. Il l’ignorait, une expression mi-désireuse mi-colérique figée sur le visage. Il frissonna quand elle le toucha et grimaça. Merde, il n’avait pas envie qu’elle le voie avoir des frissons. Il la suivit, se mit en position avant de faire la moue. « Je ne sais pas danser. » dit-il, énervé de devoir le lui avouer. « Puis j’ai pas franchement envie de danser. » ajouta-t-il, grognon. Ouais, il avait plutôt tendance à détruire ses chances quand il en avait. Il était ce petit con chieur qui semblait toujours mettre les pieds dans le plat et casser les assiettes, même quand il savait que ça ne lui apporterait rien à part des ennuis.

968 mots
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Jun Taiji
✞ Æther de la Mort ✞

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Jun Taiji
Sam 07 Mar 2020, 23:13

Le Rêve




Jun sourit. Le Monde des Rêves. Il y avait de beaux rêves et de mauvais rêves. Lui était la partie mauvaise, à en croire son tout nouveau statut divin. A’Zar volait dans l’onirisme, sous sa forme habituelle. Ses énormes ailes rachitiques fendaient l’air chimérique. Il finit par se poser sur une colline qui s’était formée à son attention. Il sentait un vent de rébellion en provenance de certains Djinns. La discrétion n’était pas chose possible lorsque le Divin tournait autour des fomentateurs. Ça lui allait bien. Si les Génies pouvaient réussir à faire tomber certains Ætheri, il prendrait leur place avec plaisir. À vrai dire, il trouvait, bien malgré lui, que l’on se perdait au milieu de toutes ces entités divines. Lui, ce qu’il voulait, c’était de l’ordre. Il n’aimait pas le chaos.

Ses yeux fixèrent les différentes strates du Rêve. Il avait envie de la guerre qui se préparait. Ça l’amusait. Les Génies étaient des manipulateurs et, surtout, ils possédaient quelque chose que les autres peuples n’avaient pas. Certains rapprochaient les Démons des Génies mais ceux là n’avaient aucune idée d’à quel point un Djinn se rapprochait bien plus d’un Dieu que d’un Vil. Ils étaient des faiseurs de miracles. Ils répondaient aux Vœux de ceux qui les formulaient et plus leur magie était grande, plus le résultat était saisissant. La contrepartie ? Légèrement agaçante mais les Ætheri en demandaient une aussi : la fidélité, l’abandon dans les prières, l’abandon de soi, même, parfois. Roi sur sa colline, il scrutait ce Monde infini, ce Monde qui était chéri par Edelwyn, autant que Somnium, autant que tout ce qui la rapprochait du souvenir de Naram-Sin. La Lune était toujours à son zénith lors des grands moments de l’existence de sa moitié. Il savait qu’elle le voyait, parfois, apparaître dans ses songes, tel un mirage, lui et ses cheveux bleus, lui et son air insolent, lui et ses mots empoisonnés, qui offraient autant qu’ils prenaient. Je t’aime mais je te haïrai, à jamais. Et ça, tu ne pourras pas l’oublier, tout comme mon nom. Et je te mentirai. Je t'ai déjà tant menti. Mais je te mentirai, pour que jamais tu ne t'ennuies avec moi. Les Génies étaient inaccessibles, de doux rêves empoisonnés qui perdaient ceux qui leur couraient après. Combien de fois s’était-elle perdue dans ses iris bleutées ? Trop à son goût. « Ismérie… » murmura doucement l’Æther ; car là était son véritable nom. Il n’arrivait pas à l’écarter de ses pensées et tout ce qui touchait au Monde des Rêves portait étrangement sa signature, comme un petit rappel. Les Mortels couraient après le Sympan comme Edelwyn avait couru après Naram-Sin. Amusant. Le Sympan venait du Soleil. Il n’était pas le seul. Il sourit et s’envola.


Jun s’approcha de l’homme qui était censé rejoindre Laëth pour le Lärtneesh. « Réveille-toi. » lui murmura-t-il. Il avait repris une forme humaine. Il s’approcha doucement d’une pièce aux multiples volutes. Le vent faisait virevolter ces dernières. Les vitraux des fenêtres reflétaient de magnifiques couleurs sur le sol. Un tapis tressé dans des teintes chaudes recouvrait ce dernier et, au beau milieu de celui-ci, une théière fumante embaumait la pièce. Il portait un simple pantalon bouffant, blanc, ce qui faisait ressortir sa peau dorée, basanée. Il s’assit par terre, en tailleur, et attendit qu’elle arrive. Il sourit. Dommage par l’homme en question : il ne saurait jamais la vie de la jeune femme et ne serait jamais lié à elle. À côté du plateau contenant les tasses à thé se trouvait un objet particulier, sphérique, blanc crème et lisse. Son nom complet était légèrement long et, au fil des années, il avait fini par être simplement nommé Xuroäal. Il permettait à deux êtres, ayant un lien particulier, d’approfondir ce dernier davantage. Le Lärtneesh pouvait intervenir en tout temps, entre les individus éprouvant de l’amour l’un envers l’autre. Cela pouvait se faire au sein d’un couple ou au sein de la famille. Un temps, il avait été dévoyé pour des raisons plus professionnelles, mais le phénomène était resté très rare et particulièrement mal vu, puisque là n'était pas son objectif initial. Quoi qu’il en soit, le Lärtneesh était un échange. Personne ne le pratiquait à sens unique. Il impliquait un échange complet ou non des souvenirs mais la plupart de ceux qui le pratiquaient pour la première fois dévoilaient absolument tout. Lorsqu’il était refait, plus tard, le flot des souvenirs reprenait là où les deux s’étaient arrêtés. Quoi qu’il en soit, le Lärtneesh n’était pas chose à prendre à la légère. C’était un engagement, une vision pleine, entière, qui pouvait révéler les plus noirs secrets de ceux qui s’y adonnaient. Rien n’était caché dans les souvenirs montrés et rien ne pouvait en être omis. Le souvenir était tel quel, en plus de faire ressentir les émotions qui y correspondaient. Véritable épreuve, lier ses mains sur le Xuroäal signifiait s’abandonner à l’autre entièrement, lui donner sa vie, ses failles, ses secrets. En échange, la trahison ne devenait plus possible et les Destins se liaient, irrémédiablement.

Le Dieu releva la tête lorsqu’il vit Laëth. Il sourit d’un air taquin. « Je me disais… Puisque vous êtes devenue sa Mère et que je suis son père, on pourrait… » Il rit avant même de terminer sa phrase, une étincelle de malice dans le regard. Il ne savait pas si elle se souvenait de son songe précédent. Un jour, il jouerait peut-être du piano pour elle, lui aussi. Amusant, là encore. Naram-Sin avait appris à Aria qui lui avait ensuite appris à lui. Le piano du Manoir Taiji, celui que Naram utilisait jadis, était encore désaccordé. Ça faisait des siècles… des millénaires. Aria ne souhaitait pas y toucher. « Laissez tomber. Je suis d’humeur nostalgique. Je me suis donc dit que quitte à être ici, j’allais moi-aussi me laisser prendre au jeu. » Il n’allait pas tout lui dévoiler. Elle en ressortirait folle, si son subconscient ne la réveillait pas au bout de dix minutes. Il doutait cependant que l’instinct de survie de cette femme se montrerait un jour. Elle était douée pour se plonger dans les griffes du mal. Il espérait qu’elle réussirait à bonifier le cœur de son fils. Il n’aimait pas trop les Sorciers.

Doucement, il posa l’une de ses mains sur la sphère. Il servit le thé de l’autre main.

1046 mots

Explications


Bonjour ♪

Voici donc la troisième coutume, qui est une coutume des Orishas =) Comme je l'ai déjà dit, vous pouvez toujours poster pour la première coutume et la deuxième si vous voulez, que ce soit en solo ou à deux si vous voulez terminer ^^

Coutume des Orishas : Lärtneesh
Elle est pratiquée par les individus qui s'aiment, peu importe la nature de cet amour, et qui ressentent l'un envers l'autre un lien tout particulier, au point de vouloir absolument tout partager avec l'autre, au point de vouloir s'abandonner entièrement à lui. Le Lärtneesh se fait par l'intermédiaire d'un objet sphérique, une boule nacrée, généralement blanche et lisse, qui se nomme Xuroäal (ça veut dire "arrondi" dans la langue Orisha mais quand on parle du Xuroäal les gens savent à quoi il est fait référence). Les protagonistes posent leurs mains sur l'objet de façon à ce que chacun ait une main sur celle du partenaire. Ensuite, l'artefact agit. Le Lärtneesh ne marche pas si la volonté n'est pas là. Il faut un vrai consentement. Une fois le processus en marche, il ne prend que quelques minutes. Pourtant, la personne va vivre l'intégralité de la vie de l'autre, ce qui va lui donner l'impression de vivre des années, voire des siècles, et, forcément, avoir un impact sur son psychisme et sa personnalité. Après la cérémonie officielle, les deux protagonistes pratiquent la Fäal Llaphyllal qui est un bain purifiant, visant à calmer les sens et à retrouver la sérénité, parfumé et magique. Les souvenirs ainsi vécus ne peuvent être dévoilés à quiconque et chacun devient le gardien de l'existence de l'autre.

Pour le jeu effectif du Lärtneesh, soit vous faites simplement des messages concernant le fait de lier ses mains sur la sphère et la Fäal Llaphyllal, soit vous pouvez écrire des bouts de la vie de votre personnage pour l'autre ^^ Comme vous voulez. Je vous conseille aussi de fournir la vie de votre personnage pour votre partenaire, au moins dans les grandes lignes en HRP, que ça serve à quelque chose ensuite ^^ Vous pouvez aussi faire un rp flash-back des grands moments de sa vie en dehors de ce rp ci =)

Je vous renvoie à mon sujet HRP si vous voulez en savoir plus pour la suite> ICI

Conséquences des vœux dans la réalité
Plus vos personnages feront de vœux aux Génies, plus ils deviendront totalement apathiques OU ultra-sensibles au réveil.

Conséquences de la Coutume Orisha dans la réalité
Un lien effectif va être créé entre vos personnages. Chacun sera obligé de garder ce qu'il a vu secret et ne pourra en parler à personne si ce n'est l'individu en question, sauf si ce qu'il sait a déjà été abordé en dehors du Lärtneesh. En plus de cela, même si la trahison ou les sentiments négatifs seront toujours possibles entre les personnages, le temps finira toujours par les réunir. Quoi qu'ils se soient faits, quoi qu'ils se soient dits, ils finiront toujours par se pardonner et par passer outre. C'est un lien éternel qui tend à une relation saine et bénéfique pour les deux. Ils seront comme un tout. En plus de cela, tout va dépendre des spécialités. C'est à dire que si votre personnage a 4 d'intelligence, il va oublier la plupart des choses qu'il a vu et ça ressortira plus tard uniquement. Pareil, s'il a une force basse, il risque d'être traumatisé s'il tombe sur des souvenirs difficiles - un peu comme quand vous vous réveillez après un cauchemar horrible et que vous y pensez plusieurs jours. Ceux qui ont une grande intelligence vont comprendre facilement que ce qu'ils ont vécu n'a rien d'un Rêve au sens traditionnel du terme.

Enjoy  nastae
Gains

Messages multiples, 720 mots chacun minimum
- Le gain associé à la coutume en question du thème où vous avez posté. Ce tour-ci c'est ça :
> Connaissance de l'autre : Votre personnage sait tout de la vie de [Pseudo à placer]
> Partage émotif : Parfois, les sentiments de [Pseudo à placer] s'invitent dans le quotidien de votre personnage. Il sait que ce ne sont pas ses sentiments mais celui de l'autre mais les subit plus ou moins.
- 1 point de spécialité tous les deux messages

Message unique, 1350 mots minimum, un par thème
- Le gain associé à la coutume en question. Ce tour-ci c'est ça :
> Connaissance de l'autre : Votre personnage sait tout de la vie de [Pseudo à placer]
> Partage émotif : Parfois, les sentiments de [Pseudo à placer] s'invitent dans le quotidien de votre personnage. Il sait que ce ne sont pas ses sentiments mais celui de l'autre mais les subit plus ou moins.
- 1 point de spécialité

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Dim 08 Mar 2020, 10:19



Le Rêve du Lärtneesh

 Somnium, source de ses plus terribles maux. Devaraj n'avait pas besoin de réfléchir particulièrement longtemps pour savoir qu'il se trouvait dans le monde des Songes. Ce dernier était suprêmement reconnaissable à travers son inconstance et ses mille et un changements... Finalement, ils se ressemblaient beaucoup, eux deux. De quoi alimenter un bon million de discussions passionnées et de disputes futiles, à l'égal d'un vieux couple. Aujourd'hui, Somnium était particulièrement réaliste et de «bonne humeur» comme disait Devaraj, comme si les Rêves étaient une seule et unique personne qui existait réellement. Somnium était de «mauvaise humeur» quand ils se «disputaient» et qu'il se retrouvait alors dans un cauchemar horrifiant. A Somnium, Devaraj devenait le plus sage des fous, pourquoi ? Il connaissait l'essence de ce monde, en partie. La magie des Chimères coulait dans ses veines à lui aussi. Il connaissait l'existence des Génies et surtout, il avait la folie de croire que tout ceci était réel, que cet endroit existait dans la matérialité. Tout ce qui faisait partie de la réalité pouvait aussi devenir vrai, ce n'était qu'une question de point de vue.

L'homme regarda ses mains puis toucha son visage, curieux. Il s'était légèrement métamorphosé pour devenir plus bronzé qu'il ne l'était déjà, et ses cheveux étaient blancs. C'était nul, il préférait le doré qui brillait au soleil. Il avait gardé un pagne blanc, des bijoux d'apparats, ses tatouages. Un diadème lui pendait sur le nez et l'agaçait lorsqu'il marchait. Le Chaman aussi les épaules. Si Somnium voulait qu'il ressemble à un Orisha, il sera Orisha. Il se trouvait au bord d'un lac, au creux d'un des vallons des Montagnes de l'Edelweiss. Les pentes herbues se succédaient en forêts et pâturages alors que le lac ondulait sous l'air frais. Il ne faisait pas aussi chaud dans la vraie chaîne montagneuse, il se savait pour y avoir grandi. Peu importe. On aurait dit un de ses souvenirs d'enfance modifié par les altérations du temps et de la mémoire. Le ciel était bleu turquoise sans la moindre trace d'un nuage et les montagnes hérissées de neige venaient se cogner contre ses limites. Les oiseaux chantaient alors qu'une musique lancinante bourdonnait sans source, au rythme régulier des tambours. Non loin de la berge se trouvait un chalet en bois qui lui sembla familier. Tout naturellement, il se dirigea vers l'entrée comme s'il rentrait chez lui. « Bonjour ! » A qui disait-il bonjour ? Il fouilla dans sa mémoire modifiée. Ah oui, à son petit frère. Quelle absurdité... Le Chaman sourit, indolent, devant le scénario pré-fait de cette stupide pièce de théâtre. La pièce à vivre était au premier étage. « Est-ce-qu'il y a quelqu'un ? C'est moi, Devaraj ! Je peux entrer ? » Comme s'il prévenait les gens avant d'entrer chez eux. Quelle idée sénile, encore plus pour leur demander la permission. La preuve qu'il n'était pas dans son état normal et ne contrôlait pas toutes les constantes de sa propre personnalité. C'était amusant. Comme un jeu. Pour le moment. A l'intérieur, c'était chaleureux et accueillant. La baie-vitrée donnait vue sur le lac alors que l'autre extrémité de la pièce se perdait dans un méandre de bibliothèques. Beaucoup de babioles envahissait le bureau et la table. Il aura bien pu vivre ici, c'était bien fait. Il y avait même un masque tribal accroché au mur. Devaraj regarda attentivement son frère. Était-il son vrai frère, ou un clone inventé de sa propre imagination, ou un copieur ? Dans le doute, mieux valait le prendre pour le vrai. Comme il s'agissait de la première fois qu'ils se voyaient depuis le génocide... Le Chaman se demanda si le Sorcier n'allait pas faire une syncope en le voyant arriver. Le choc pourrait peut-être le réveiller et alors, il se retrouvait bien malin tout seul au milieu de rien.

« Kaahl... » Le Chaman se darda de son sourire horriblement malaisant, celui qu'il avait hérité de son père. « Je suis toujours en vie. Ça veut dire que tu as arrêté de bouder ? » Non, bien sûr, mais c'était rigolo de le demander. Devaraj s'était approché d'un bureau dont il regardait les couvertures de livres d'un air absent. Il marmonna comme pour lui-même. « Au moins tu dors, puisque tu es ici. C'est bon signe... Moi... » Son visage s'assombrit brusquement. C'est vrai. Que faisait-il ici ? C'était dangereux pour sa stabilité émotionnelle, de rêver. Il aurait voulu continuer d'éviter cela mais de toute évidence, son corps était encore trop faible et dépendant pour y parvenir. Comme s'il allait se reposer en dormant. Il se réveillait à chaque fois encore plus fatigué qu'il ne l'était avant. « Moi, je ne devrais pas être en train de dormir, mais tout va bien, ah ah ah ah ah ah ah ah ! » Son regard s'arrêta sur un artefact, une sphère arrondie qui n'avait pas plusieurs raisons pour être ici. « Tiens. Faisons cela. Tu arrêteras de bouder ainsi. » Cela, c'était partager tous ses souvenirs respectifs avec l'autre. Une information capitale dont il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus, même en fouillant sa mémoire. Pourtant, il savait que cet objet faisait quelque chose et qu'il avait envie de ce quelque chose. « Comment ça marche... » Le Chaman tourna la pierre entre ses doigts, la fit sauter d'une main à l'autre, manqua de la faire tomber puis finalement l'appliqua contre son front sans réfléchir. « Tu sais ? » La musique s'estompa et il attendit la réponse de son frère.

916 mots
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Priam et Laëth
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Priam et Laëth
Mar 10 Mar 2020, 15:56



In green by Vetyr (on deviantart.com)

Le rêve

Coutume orisha avec Jun et Stanislav



Les rideaux colorés dansaient dans le vent. Un air de piano résonnait, qu’elle connaissait sans parvenir à mettre le doigt sur le souvenir qui y était lié. La mélodie valsait avec sa mémoire sans lui laisser le temps de se poser. Doucement, elle s’effrita et le silence reprit ses droits. Laëth observait l’horizon, là où le soleil tombait jusqu’à disparaître. Sa main droite caressa la pierre du balcon, puis elle se détourna et rentra dans la demeure. Il faisait chaud et l’atmosphère était épaissie par la fumée qui se courbait sous l’impulsion de la brise. Elle traversa la pièce. Les vitraux jetaient sur ses pieds nus des éclats de couleur qui contrastaient avec la pureté immaculée des murs. La jeune femme portait un haut court qui laissait voir son ventre et un pantalon fluide, resserré au-dessus des chevilles. Le tout, d’un vert apaisant, était recouvert par un voile léger et translucide. Des fils et des perles dorés étaient brodés sur la tenue. Sa peau avait repris les teintes or dont Lumnaar’Yuvon l’avait parée. Elle marchait à travers un long couloir. Une impression de déjà-vu enserrait son esprit, quoiqu’elle fût incapable de se rappeler l’instant qui vacillait au bord du lac de ses souvenirs. Ce n’était qu’une chimère. Elle s’arrêta et tourna la tête vers l’une des fenêtres ouvragées. Sourcils froncés, elle demeura un instant immobile, puis reprit son chemin. Après ce qui lui sembla à la fois une éternité et moins d’une seconde, après avoir prié pour arriver rapidement à destination, elle se trouva face à une double porte joliment sculptée. Elle tourna la poignée et poussa.

Jun

Elle s’arrêta sur le pas de la porte. Jun. Son habituel sourire taquin apparut dès qu’il la vit. Les yeux plissés, elle referma toutefois derrière elle. Au son de sa voix, elle fronça les sourcils. Bien que sa phrase se perdit dans l’éclat de son rire, elle avait parfaitement compris où il voulait en venir – et de qui il parlait. Se souvenait-elle de ce rêve durant lequel elle avait mordu Kaahl et prit sa vie pour mieux la lui rendre ? Possible. Peut-être que tout s’enchevêtrait dans une logique indistinguible ; peut-être que tout paraissait naturel dans le grand factice. « Hum. C’est ça, puis c’est peut-être à mon tour de vous emballer, aussi ? » rétorqua-t-elle, consciente du sous-entendu. Pour les moins érudits, les rêves fortifiaient la confiance. Ils s’y croyaient inatteignable sous prétexte que ce n’était pas réel. Un cauchemar pourrait survenir, certes ; mais au réveil, il ne demeurerait qu’une sensation désagréable, à oublier dans les jours à venir. Et si c’était cela ? L’Ange fronça le nez et s’approcha. La fumée de la théière effectuait des contorsions hypnotiques. Elle s’assit face au brun, en tailleur. L’objet sphérique, blanc cassé, qui reposait près des tasses l’intrigua. Elle reporta son attention sur l’homme, troublée. « Nostalgique ? » Elle se sentait paisible. Ce n’était pas la réalité ; c’était l’atour ouateux d’un songe. Quelque part, elle dormait à poings fermés. Non ? L’impression oscillait, comme indécise. Peut-être que c’était vrai, après tout. Et quel jeu ? Encore une farce de ce Maître du Jeu ? De rois sans divertissement ? Non, ça ne faisait pas sens. Ses pensées filant, elle poursuivit : « J’espère que ce qui vous chagrine ne va pas vous conduire à transformer cette journée en cauchemar. » Le Prince des Cauchemars. Ce titre l’avait marquée. D’un geste calme, elle tendit sa main vers la tasse fumante et la porta à ses lèvres. Ça ne brûlait pas. « Qu’est-ce qui vous pèse ? » Une nouvelle fois, ses yeux glissèrent vers l’étrange sphère. Sans pouvoir se l’expliquer, elle l’attirait. Laëth reposa le thé et s’inclina un peu, jusqu’à poser ses doigts sur le dos de la main de Jun. Quelque chose d’inattendu se produisit.

Stan

La salle qui s’offrit à elle était vide de toute présence. Dans les murs ocre se découpaient des fenêtres en ogive. La lumière extérieure jetait sur le sol ses lumières flamboyantes. Laëth s’avança, la plante de ses pieds rejoignant le moelleux d’un tapis. Lorsqu’elle baissa les yeux, elle aperçut un orbe crème, lové dans la douceur du tissu. Elle l’avait déjà vu, non ? Non. La jeune femme fit le tour de l’objet puis s’assit sur un coussin, à genoux, face à la porte. Elle l’observa un instant, puis lorsqu’elle regarda à nouveau le sol, se rendit compte de la présence d’une boîte de gâteaux secs et d’une carafe d’eau fraîche, dans laquelle reposait des tranches de citron vert et des feuilles de menthe. Deux verres accompagnaient le tout. Machinalement, l’Ange servit la boisson, puis en but quelques gorgées. La porte s’ouvrit, et un homme apparut. Elle fronça les sourcils, les yeux plissés, occupée à le scruter. Ce visage taillé dans la pierre, ces yeux clairs et sombres, cette allure… Il lui disait quelque chose, mais… Puis, alors qu’elle le reconnaissait, ses traits se déridèrent et une lueur surprise s’agrippa à sa rétine. Elle l’avait croisé aux Révélations, juste avant d’être téléportées aux Sources. Il lui avait décliné son identité, cependant, elle se trouvait incapable de s’en souvenir. « Bonsoir. » le salua-t-elle en glissant ses mains sur ses genoux, son verre posé devant elle. « Je t’ai servi un peu d’eau. » Souplement, elle désigna le plateau qui accueillait le pichet et les gâteaux. « Comment vas-tu ? » Tout paraissait simple et naturel dans les rêves, même s’adresser avec une telle familiarité aux visages sans noms. Elle posa sa main sur la sphère.



Message VI – 924 mots

Explications : Comme je fais cette coutume avec Jun et avec Stan (et comme Jun a réveillé le monsieur mystère qui devait rêver avec Laëth niarkniark), je placerai les rêves à deux moments différents de la timeline <3 Quand j’ai rien indiqué, c’est que ça vous concerne toutes les deux ; quand j’ai indiqué le nom de votre personnage, c’est que le passage n’est destiné qu’à vous. Voilà <3
Bon je voulais vous écrire quelques bouts de la vie de Laëth, mais après avoir retapé tout son carnet de bord et écrit les explications ci-dessous, je ragequit, désolée XD Je ferai peut-être ça au second tour <3 (dites-moi si jamais y'a un passage/thème qui vous intéresse plus que le reste)
La vie de Laëth 8D :





[RPPT] - Le Rêve qui crée le doute, le Rêve qui révèle, le Rêve qui exauce  - Page 4 1628 :


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Stanislav Dementiæ
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Stanislav Dementiæ
Mer 11 Mar 2020, 04:57


Images de Carmen Cornet # & Joanna Wolska #
Tu souris légèrement en voyant ta fille te remercier muettement. Peut-être la gâtes-tu un peu trop ? Alice ne cesse de te le répéter, affichant grossièrement sa jalousie. Peu importait. Oriane était ta favorite parmi tous les enfants que tu avais créés et, pour cela, elle avait le droit à ton attention toute particulière. Une bénédiction tout autant qu'un fardeau. Si tu n'avais pas expressément interdit à ses frères et sœurs de la laisser s'épanouir, plusieurs se seraient fait un malin plaisir de lui jouer de mauvais tours sous le simple prétexte de s'être attiré tes faveurs. Sans parler d'Alice, quelques-uns des Vampires constituant ta descendance avaient de quoi présenter une sérieuse menace pour qui n'en serait pas protéger par un ordre direct de ta part. Tu soupires en entendant la réponse que donne le brun, légèrement amusé, sans doute un peu agacé également. Oriane a visiblement hérité de ton goût pour les enfants indisciplinés et non dociles. Une chose était certaine : si elle décidait de lui donner le baiser, elle s'engageait sur une route longue et sinueuse. Les premiers temps seraient les plus compliqués : lui apprendre à maîtriser sa soif serait aussi douloureux pour elle que pour lui. Læn était un gamin fougueux qui avait appris à parler avec ses poings plutôt qu'avec les mots. Lorsque la faim le tiraillerait, il serait compliqué à contraindre car son tempérament belliqueux serait décuplé. Sans doute aurais-tu désapprouvé cette descendance, si elle t'avait été proposé par un autre. Encore une fois, tu devenais faible là où ton cœur s'attendrissait. Fort heureusement, la domination naturelle qu'avait un créateur sur sa descendance se révélerait être une véritable bénédiction.

Tu te déplaces à travers les ombres, réapparaissant en un battement de paupière derrière le magicien, face à Oriane. « Dans ce cas, c'est ton jour de chance. » rétorques-tu d'une voix basse, murmurant presque à l'oreille du garçon. « Oriane et moi sommes d'excellents danseurs. » Un sourire se dessine à nouveau sur ton visage tandis que tu insuffles de l'hypnose à tes nouvelles paroles. « Alors laisses toi guider et danses pour nous... » C'est un ordre, mais qui pourrait presque prendre l’inflexion d'une demande, d'une espérance. D'un vœu. Sans lui laisser le temps de se défiler, tu places tes mains sur les siennes, te collant à lui, comme si tu désirais t'y fondre. Ne manquais plus qu'une chose pour parfaire le tableau : la musique. Tu n'as pas à prononcer le moindre mot car, à peine la pensée est-elle formulée qu'elle se voit être exhaussée : résonnant de nulle part, une mélodie douce mais entraînante s'élève, guidant vos mouvements. Aucun orchestre n'est là pour permettre un tel phénomène mais cela te semble des plus normal, bien loin de t'inquiéter ou de te surprendre. Tu t'élances donc lentement, suivant le rythme de la mélodie, guidant d'un seul geste tes deux partenaires. Vos silhouettes se meuvent avec harmonie, se fondant l'une dans l'autre.

Finalement, tu décides que le jeu a assez duré : la soif te fait naturellement sortir les crocs. Avoir ton repas juste sous les yeux t'excite et, finalement, tu n'y tiens plus : tu libères l'une des mains du mage, la tienne suivant la courbe de son bras pour remonter jusqu'à son épaule. Tes doigts caressent sa nuque avant de plonger dans sa chevelure. D'un geste tendre mais ferme, tu tires lentement sa tête en arrière. Son parfum semble se dégager encore plus fort que précédemment, attisant ton envie d'accéder au liquide pourpre qui palpite sous sa peau diaphane. « Détends-toi... » murmures-tu au brun. Tu résistes quelques secondes supplémentaires, glissant un regard à ta protégée. « Honneur aux Dames... » dis-tu, l'invitant à procéder à la première morsure, à l'endroit que tu lui présentes gracieusement. Toi, tu te contentes de ramener la main que tu tenais encore jusqu'à tes lèvres. Sans plus attendre, tu y plantes tes canines tranchantes. Le Sang explose dans ta bouche, éveillant tes papilles avec délices. Le liquide coule à flot, inondant tes sens, te faisant presque perdre la tête. Tu assouvis ta pulsion jusqu'à la dernière seconde, te retirant de sa chaire au dernier instant, pour que ta fille puisse le faire sien.

739 mots

Spoiler:




Merci Kyky  nastae
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Ezechyel
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Ezechyel
Mer 11 Mar 2020, 13:45

[RPPT] - Le Rêve qui crée le doute, le Rêve qui révèle, le Rêve qui exauce  - Page 4 Mieu-d14
Le Rêve qui crée le doute


Le son des pleurs transperça le silence de la nuit, vrillant en note aiguës au creux de nos oreilles alors que nos corps, mus par la détresse de cet appel, s'agitèrent sous nos draps. J'ouvris un œil, à mi-chemin entre la conscience et le Rêve. Les cris s'amplifièrent subitement, gagnant une telle puissance qu'ils en arrachèrent les dernières attaches que je conservais avec le sommeil. Me retournant sur le dos, je poussai un grognement, plaintif, contrarié, avant de repousser, à travers un bruissement de tissus, les couvertures qui me recouvraient. À mes côtés, je sentais Mircella remuer sur le matelas. Ses doigts empoignaient fermement la literie comme si cette dernière pouvait la préserver de l'inconfort du réveil, quand bien même son emprise sur le Monde des Songes glissait inévitablement vers un brusque retour à la réalité. « C'est à ton tour d'aller le voir. » souffla l'ancienne Reine à mon oreille après s'être tournée sur le côté. « Je sais. » rétorquai-je en soupirant, résigné, néanmoins, à accomplir le devoir qui m'incombait. J'avais déjà renoncé au bien-être procuré par la chaleur de notre lit en y extirpant mes jambes. J'étais désormais assis sur les draps froissés, le torse – nu – à la merci de la froideur qui régnait dans l'enceinte de notre chambre. L'Elfe se faufila lentement jusqu'à moi, lovant, dans une étreinte languissante, ses bras autour de mes épaules. Le menton en appui sur ces dernières, elle colla son visage contre le mien en y apposant un baiser qui me déroba un frémissement de plaisir. « Alors que fais-tu encore ici ? Vas-y avant qu'il finisse par réveiller toute la maison. » Son expression arbora un air taquin. « Je ne bougerais pas de ce lit si c'est ça qui t'inquiète. » murmura-t-elle. « Tu es si doué pour l'endormir en plus de ça. » Je souris. « D'accord, d'accord. J'ai compris. Je reviens dans dix minutes. » Je plaquai une dernière fois mes lèvres contre les siennes avant de me lever sans me départir de ce sourire espiègle qui maquillait mes traits. Je traçai mon chemin jusqu'à la porte de la pièce que j'ouvris avec délicatesse. Alors que mes pas, qui faisaient légèrement grincer le bois du plancher sous la plante de mes pieds, se laissaient guider vers la source du vacarme, mes oreilles se dressaient de temps en temps pour s'assurer qu'Ærya et Dærion, en dépit des lamentations de leur petit frère, dormaient toujours à poings fermés. La naissance des jumeaux datait de trois mois déjà et pourtant, j'avais l'impression que cela faisait une éternité. Entre les éveils nocturnes de Byleth qui se répétaient à chaque nuit et le désagrément qu'il faisait, en contrepartie, subir à ses aînés, nous avions, Mircella et moi, constamment les mains pleines dès qu'il s'agissait de nos enfants. Par chance, Thalia, la sœur jumelle du nouveau-né, nous avait béni par son tempérament calme et posé, tout à l'inverse de son frère.

Mes doigts s'enroulèrent autour de la poignée de la chambre avoisinante, celle où sommeillait les deux nouveaux-nés, avant d'entrer en ouvrant la porte. Les hurlements du bébé étaient assourdissants, mais étrangement, Thalia, qui se trouvait juste à ses côtés, continuait de profiter d'un repos paisible. Je me dirigeai vers le berceau dans lequel le nourrisson s'agitait avec virulence en égosillant ses pleurs. Dans un geste empli de tendresse et d'amour, je soulevai Byleth de sa couche pour le loger dans mes bras. Alors que je le berçais tranquillement près de mon cœur, mes lèvres, entrouvertes, chantonnaient une mélodie en Hyriël. J'aurais pu me servir de la Magie pour endormir mon fils, mais l'expérience m'avait vite fait comprendre que l'acte était inutile : n'étant pas en mesure de manipuler les Rêves, assoupir simplement la conscience du bébé ne faisait que retarder l'instant où il se réveillerait à nouveau en pleurant. C'est pour cette raison que je privilégiais à présent les berceuses et les caresses affectueuses au détriment des sorts et des enchantements. Apaisé par le son de ma voix, l'Ygdraë se laissa glisser dans le domaine d'Harabella en moins de cinq minutes, ses pleurs faisant rapidement place à des petits ronflements attendrissants. Le sourire aux lèvres, je replaçai le sylvestre à l'intérieur de son berceau, puis quitta à pas feutrés la pièce afin de retrouver ma femme dans notre lit. En traversant le seuil de la chambre, je remarquai que Mircella s'était déjà rendormie, écoutant son souffle régulier retenir au cœur de l'obscurité. Tout en pénétrant à l'intérieur de mes draps, j'approchai lentement mon corps vers celui de l'Elfe assoupie avant de fermer les yeux.    



Ce fut la caresse qui effleura ma joue qui me tira graduellement de l'emprise du sommeil. Un frisson lécha mon épiderme lorsque mes sens, désormais en alerte, purent sentir la fraîcheur pénétrer dans ma chair. C'était sans compter le poids qui pesait légèrement sur mes jambes, mon torse et mes épaules. Je tournai la tête. Mon regard s'égara un moment à travers l'océan qui valsait au creux des prunelles de Circë penchée au-dessus de moi. Une lueur envieuse illumina mon visage. J'étais fasciné, envoûté. Par le mouvement de ses doigts sur mon faciès, dans mes cheveux et la proximité de nos corps qui se touchaient lascivement. Et ses lèvres, si proches des miennes. Un sourire naquit sur mes traits. L'espièglerie s'incrusta sur mon rictus avant que je murmure : « C'est comme ça que tu dis bonsoir ? Ou tu voulais simplement me faire la surprise ? » J'agissais comme si tout était normal, perdu dans les méandres insondables des Songes. Ma main alla jouer avec les mèches argentées de la visiteuse qui cascadaient sur l'arête de mon nez. « À quoi veux-tu jouer ce soir ? » lui posai-je avant de déposer un baiser sur ses lèvres.


1025 mots
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Ezechyel
Mer 11 Mar 2020, 20:24

[RPPT] - Le Rêve qui crée le doute, le Rêve qui révèle, le Rêve qui exauce  - Page 4 El-cir10
Le Rêve qui crée le doute


« Ça fait plus de dix minutes qu'elle te regarde. Tu devrais aller la voir. » En guise de réponse, un grognement s'évada de ma gorge, alors que je buvais goulûment une lampée de bière. La chaleur suffocante qui imprégnait l'air de la taverne était insupportable. Elle asséchait l'intérieur de ma bouche en laissant derrière elle un goût pâteux qui rendait désagréable toute prise de parole. C'est pourquoi j'attendis d'engloutir le reste du liquide avant de déposer le contenant sur le bois de la table. J'hélai un serveur pour qu'il puisse me remplir mon verre et ce n'est qu'après que je daignai enfin prêter attention à mon compagnon de tablée qui me dévisageait avec un sourire taquin. Énervant. Mes doigts se contractèrent abruptement en poings. Je faisais preuve d'une grande patience en m'abstenant de lui sauter à la gorge pour effacer cette mimique ridicule de ses lèvres. Même si l'envie me démangeait, même si je devais brider toutes mes pulsions virulentes afin de restreindre la puissance de la tempête. C'était lamentable. Malgré mes promesses et mes résolutions, l'instabilité de mon essence de Réprouvé parvenait sans arrêt à reprendre le dessus sur moi, emplie de rage, de colère, de violence, comme si ma part angélique n'était que le fruit d'un émoi passager, illusoire. « Alors quoi, tu veux que je te félicite pour avoir compté ? » maugréai-je avant d'avaler une énième gorgée d'alcool. L'homme rit. « Arrête de jouer le con. Tu sais très bien où je veux en venir. » Mes traits se durcirent subitement. « Non. Il n'en est pas question. » Mon ton était étrangement ferme, catégorique. Le Bipolaire avait raison : j'avais bel et bien saisi l'allusion. Comment aurait-il pu en être autrement? Tout Lumnaar'Yuvon n'avait que ce sujet à la bouche depuis quelques jours. Énervé, je portai de nouveau le récipient à mes lèvres.

Qu'est-ce que je n'aurais pas donné pour être soûl à cet instant précis? Un état d'ivresse avancé m'aurait permis d'échapper à cette discussion indigeste sans que quiconque remette en question l'absurdité de mon comportement. Ou peut-être que non. Je n'en savais rien. Je jouais dans le domaine des probabilités et des hypothèses en ignorant ce que je faisais exactement. À bien y penser, peut-être était-ce dans mes meilleurs intérêts de rester à jeun pour éviter de faire une connerie dont je n'aurais aucun souvenir le lendemain, non? Heureusement pour moi – ou malheureusement, selon le point de vue – je tenais bien trop ma boisson pour que deux insignifiants verres de bière puissent avoir une chance de m'achever aussi facilement. Je soupirai, frustré par cette absence flagrante d'échappatoire et résigné à participer à l'inévitable conversation sur l'Arz'Lus. Ce que la vie pouvait être chiante parfois. « Pourquoi ? » questionna le Réprouvé en écarquillant des yeux étonnés. Je ne répondis pas. Son faciès s'illumina néanmoins par lui-même en dépit de mon silence.

« Oh. » La ligne de son sourire s'élargit. Je me crispai. « Tu préférerais te faire défier par Mircella, c'est ça ? » Mon visage s'empourpra sans même que je m'en rende compte. « Ce n'est pas– » - « Laisse tomber. » me coupa mon comparse en agitant la main dans les airs. « Ton Ange est bien trop prude pour oser. » - « Ce n'est pas mon Ange. » grommelai-je, menaçant, mais le Réprouvé en fut à peine troublé. « À quoi bon le cacher ? Tout le monde sait la façon dont vous vous reluquez à longueur de journée. » - « Ça va. On est juste amis. » protestai-je. « "Juste amis". Qui essaies-tu de convaincre en sortant des conneries pareilles ? » Il s'interrompit brièvement. « Avez-vous déjà couché ensemble ? » posa-t-il sans la moindre gêne. « C'est pas de tes affaires. » - « Donc, ça veut dire non ? » - « Va te faire– » - « Chut! Ton admiratrice numéro un arrive. Ou c'est plutôt la numéro deux ? » J'eus juste le temps de lui flanquer un coup de poing sur le nez avant que l'Orine, mue par un je-ne-sais-quoi, vint brusquement m'empoigner par le col de la chemise en plantant férocement son regard dans le mien. Réagissant au quart de tour, j'emprisonnai ses poignets entre mes doigts, humant son haleine aux effluves d'alcool, avant de lâcher un petit rire volontairement provocateur. « Amène-toi si tu tiens t'en que ça à perdre. » ricanai-je. Hanako possédait un corps svelte, fragile, si typique de son peuple qui vénérait les Arts et le Beau. Quelle chance avait-elle de pouvoir remporter la victoire contre moi, un guerrier expérimenté? Certes, j'étais né de l'union entre une Ygdraë et un Réprouvé – mes oreilles aux terminaisons en pointe attestaient de mon héritage mixte – mais ma force n'était plus à prouver à quiconque depuis longtemps. Quand la jeune femme tourna finalement les talons, le Bipolaire à mes côtés commença à s'esclaffer, à croire que le poing que je lui avais foutu en pleine figure ne s'était jamais rendu. « Qu'est-ce qu'il y a de si marrant ? » demandai-je agressivement. « Ça te dérange plus de briser le cœur de ta petite Ange ? » Finalement, il méritait que je le cogne une seconde fois. « Ce que t'es con. » me contentai-je néanmoins de soupirer. « Si j'ai accepté, c'est parce que Hanako veut juste se lier à moi. » - « En t'embrassant. » Malgré moi, je rougis. « C-c'est la façon de procéder de toutes les Orines. Y'a rien de mal à ça. » Silence. « ...Ne dis rien à Mircella ou je te casse la tronche. » - « Vous êtes vraiment amoureux ! » - « Ta gueule ! » vociférai-je en retirant mon haut.

Quelques instants plus tard et je me dressai au centre du cercle, en face de Hanako. « C'est nouveau les ailes. » commentai-je simplement à son atterrissage. Comment les avaient-elle obtenues? Depuis combien de temps les dissimulait-elle sur ses omoplates? À aucun moment je ne jugeai pertinent de lui poser ces questions. Je me fichais bien des réponses en vérité. Elle m'avait défié et je comptais gagner. Fin de l'histoire. Le reste, les détails insipides, n'avait pas la moindre importance à mes yeux. Sans plus attendre, je m'élançai sur la jeune femme pour lui rentrer dedans dans l'intention de la déséquilibrer. Ma tactique ne rencontra pas tout à fait le succès escompté. Le corps de l'Orine était plus fort, plus solide qu'avant. Je reculai. Alors que je tournoyais prudemment autour d'elle, mon esprit réfléchissait à toute vitesse à un plan d'attaque. Lequel? Peu importe. Quel que soit le choix pour lequel j'opterais de toute façon, un fait demeurait certain : je ne pouvais plus me permettre de foncer tête baissée.  

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Sól
~ Réprouvé ~ Niveau II ~

~ Réprouvé ~ Niveau II ~
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Sól
Mer 11 Mar 2020, 21:51


Image réalisée par jingyu shen


Voyant le Réprouvé foncer sur elle, la blonde bougea légèrement le poids de son corps en avant pour amortir le choc. Lorsque l'impact la fit reculer un peu, elle força face à son opposant. Un sourire narquois se dessina sur ses lèvres lorsqu'elle constata que ses nouveaux muscles lui permettaient de résister au guerrier, de lui tenir tête : aucun doute, si elle n'avait pas parlé avec cet homme juste avant de combattre, elle n'aurait jamais eu la moindre chance de se tenir encore debout après ce premier assaut. Elle se serait retrouvée par terre, les quatre fers en l'air, vaincue en moins d'une minute. Échec cuisant et humiliant auquel elle venait d'échapper de peu. Grognant sous l'effort, la combattante repoussa le bipolaire le plus loin possible. Tandis que l'homme dessinait de grands cercles autour d'elle, l'évaluant, la jaugeant avec ce qui semblait être un semblant de méfiance, Hanako se mit à tournoyer sur elle-même, ne le quittant pas une seconde des yeux. Tout son être semblait focalisé sur lui : sa posture, son regard, son esprit. Le rictus satisfait qui s'était dessiné sur son visage gracieux ne semblait pas vouloir disparaître : se voir prendre autant au sérieux par un homme qu'elle estimait tant la réjouissait et elle ne pouvait s'empêcher de sourire, bien que sa mimique prenne un air savamment malicieux, presque moqueur.

Le temps passait et l'Orine ne pouvait s'empêcher de sentir la pression grandir. Son corps était certes plus puissant que d'habitude, lui permettant de rivaliser avec le Réprouvé, cela ne lui garantirait pas pour autant la victoire. Or, perdre n'était pas non plus une option pour la jeune femme : elle devait obtenir ce baiser. Tandis qu'ils se jaugeaient mutuellement, la blonde en profita pour réfléchir à une tactique. Peu à peu, une ébauche de plan se dessina dans son esprit. Ce n'était pas une stratégie digne de grands guerriers comme le peuple d’hybrides, mais la Hanatsu doutait d'être capable d'en imaginer un plus élaboré que celui-ci en si peu de temps. Le combat était un art qu'elle ne maîtrisait pas suffisamment pour tergiverser plus longtemps. Le plus dangereux, à cet instant-là, était de laisser l'homme trouver un plan qui la mettrait à coups sûrs au sol. Hanako devait passer à l'action le plus rapidement possible.

Sans lâcher son opposant du regard, la jeune femme se laissa tomber au sol et attrapa une pierre dans son poing. Elle se releva précipitamment et jeta son projectile droit sur l'homme. Quoi que, pas tout à fait : la blonde avait visé légèrement sur la droite de son adversaire, espérant ainsi l'inciter à se déplacer sur la gauche. Sans perdre de temps en essayant d'analyser si son but était atteint, la fille de Maëlith déploya ses ailes et se propulsa dans les airs, allongeant de cette manière son bond. Tendant l'un de ses pieds droit devant elle, la combattante visa la tête du garçon des champs. Elle ne plaisantait pas : elle voulait véritablement gagner. Ce n'était plus seulement pour se Lier mais également parce qu'elle s'imaginait pouvoir gagner les faveurs du garçon de cette façon. Malheureusement, sa force couplée à ses nouveaux appendices lui donnèrent trop d'élan et elle passa au-dessus de son antagoniste - à moins que celui-ci n'ait simplement esquivé son attaque, lisant facilement en elle et sa gestuelle trop flagrante. Atterrissant maladroitement, Hanako pivota sur elle-même pour faire de nouveau face au blond. L'effet de surprise était passé mais elle n'avait pas dit son dernier mot pour autant. Elle combattrait jusqu'au dernier instant, jusqu'à ce qu'il la cloue au sol. Sa tactique changea légèrement et la jeune femme se contenta d’enchaîner les assauts : elle envoyait ses poings dans la direction que dictait celui qu'elle poursuivait, variant parfois en envoyant un coup de jambe. Elle ne devait pas le laisser réfléchir. Elle devait le submerger d'attaque jusqu'à ce qu'il abdique. Son entrain était souvent coupé par les ripostes du blond mais elle rechargeait aussitôt.

Mouliner de l'air semblait être une expression définissant plutôt bien le tableau. L'Orine s'agitait mais touchait rarement sa cible, parvenant cependant à le frôler à certaines occasions. Elle se fatiguait pour rien. Il fallait trouver une autre solution. Donnant le tout pour le tout, la guerrière s'élança pour une autre ruse. Usant de ses ailes, elle fonça sur l'homme, déployant délibérément celles-ci pour donner l'impression de donner un assaut aérien comme elle l'avait fait précédemment. Pourtant, au dernier instant, elle se laissa choir au sol et opta pour un coup de pied au sol, afin de déséquilibrer le guerrier. Appuyant sur ses maigres bras pour se donner l'impulsion nécessaire, elle remonta sur ses jambes et poussa son adversaire.
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Stanislav Dementiæ
~ Sorcier ~ Niveau II ~

~ Sorcier ~ Niveau II ~
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◈ Âme(s) Soeur(s) : Aggripina, la seule, l'unique.
◈ Activité : Mangeur officiel de chaire fraiche
Stanislav Dementiæ
Jeu 12 Mar 2020, 06:17


Images de nephila clavipes # & Sabrina Glik#
Stanislav s'arrêta devant la porte, le cœur battant la chamade dans sa poitrine. Un mélange d'excitation et d'appréhension le gagnait. Il ne se souvenait plus exactement de ce qui l'attendait derrière le mur, mais il savait au fond de lui que c'était quelque chose d'important. Après une seconde de réflexion, l'évidence le frappa. « C'est un rendez-vous. » se dit-il mentalement. Malgré cette information, beaucoup de détails lui échappaient encore : qui était la personne qui l'attendait;  de quelle nature serait cette entrevue ou encore quelles pouvaient être les raisons le poussant à s'y rendre. Son évidente ignorance quant à ce qui l'attendait ne l'empêchaient nullement de s'y rendre sans ressentir d'appréhension ou de méfiance, bien au contraire : le sorcier se sentait anormalement détendu et serein - si l'on omettait la légère anxiété qui lui tiraillait le ventre à l'idée de rencontrer quelqu'un. Le brun profita de cette petite interlude pour lisser ses vêtements du plat de la main. Eux aussi étaient dans un état singulièrement différent de la réalité : jamais il ne s'était vu accoutré d'habits d'aussi bonne facture. Les couleurs des fibres étaient vives, des broderies venant même décorer les encolures des habits : son buste était recouvert par une chemise verte sapin, le mélange de lin et de coton rendant la fabrique agréable au porté et d'un veston de laine ; son bas consistait en un large pantalon brun et en une paire de bottes en cuir souple ; l'ensemble était confortable et informel. La tenue semblait flambant neuve, comme si personne n'avait eut à l'user avant qu'il ne puisse en hériter : repassée et libérant une légère odeur de citron et de jasmin ; sans le moindre trou de mite ni de tâches de sang séché. Malgré le caractère exceptionnel de la situation, l'homme ne remarqua rien d'inhabituel. Son esprit était entièrement focalisé vers cette porte et ce qui l'attendait derrière. Il ne devait pas être en retard. Il ne pouvait plus faire patienter son homologue plus longtemps. Le mage noir inspira profondément puis entra dans la pièce, l'impatience le rongeant.

Le visage de la femme se leva vers le nouvel arrivant. Stanislav la reconnue aussitôt : Laëth Belegad. Depuis qu'il avait posé les yeux sur elle, lors de cet étrange bal où des révélations indésirables avaient été dévoilées, son visage ne s'était jamais vraiment effacé de son esprit. Son nom également n'avait fait que tournoyer en boucle dans les pensées du scientifique. Elle l'avait obsédé d'une façon toute particulière : le souvenir de cette rencontre était tout ce à quoi il pouvait se rattacher, aussi avait-il dû chérir ces quelques secondes d’interactions qu'ils avaient eu ensemble, se rejouant inlassablement leur dialogue. Malheureusement, la mémoire était faillible et les traits de la demoiselle avaient commencé à se brouiller dans son esprit, se faisant moins nets, plus incertains. La voir ici rafraîchit le souvenir effaçant les doutes. La jeune fille ne s'en était sans doute pas rendue compte mais elle avait fait grande impression sur le sorcier. Bien plus qu'elle ne pouvait se l'imaginer. Après une seconde d'hésitation, où la joie submergea le brun, celui-ci esquissa un sourire et alla s'installer sur les coussins en face de la brune. « Merci. » dit-il en récupérant le verre que sa camarade lui tendit. Il but quelques gorgées de l'eau citronnée. « Tout va... Pour le mieux. Et toi ? » S'il l'avait pu, il se serait contenté de l'écouter toute la nuit, la laissant s'exprimer librement -une façon de graver des souvenirs supplémentaires jusqu'à leur prochaine rencontre. Sa voix avait quelque chose d'apaisant, une sonorité presque familière. Ils n'étaient pas là pour cela, cependant. L'envie fut malgré tout plus forte que la raison et le mage ne put s'empêcher d’alimenter davantage la conversation. « Ça faisait longtemps, depuis notre rencontre... J'avais très envie de te revoir. J'ai... J'ai beaucoup pensé à toi. » Elle découvrirait à quel point cet aveux était véridique. A quel point elle avait occupé son esprit. Beaucoup auraient été effrayées en découvrant être le centre de tant d'attention. Le serait-elle, elle aussi ? « Alors, tu es prête à commencer ? » demanda-t-il en s'emparant de l'orbe nacré qui reposait entre eux. En découvrant la sphère, il avait enfin comprit la raison de leur venue et cela expliquait également l'anxiété qui se tapissait en lui. L'homme déglutit avant de sourire à nouveau et de positionner ses mains de sorte à accueillir celles de Laëth. « La curiosité est un vilain défaut. » rappela-t-il au dernier moment, avant que les souvenirs submergent sa conscience, l'empêchant d'entendre la possible réponse de la demoiselle.

Des souvenirs qui n'étaient pas les siens submergèrent aussitôt le Dementiæ. Son esprit fusionna si intimement avec celui de l'Ange qu'il ne pensa même pas à s'inquiéter qu'elle put en découvrir autant à son sujet que lui au sien. Les goûts, les odeurs, les couleurs : tout lui parvint avec une acuité nouvelle, d'un point de vue qu'il n'aurait jamais pensé à explorer autrement. C'était comme redécouvrir le monde avec une grille de lecture diamétralement opposée à celle qu'il avait toujours connu. Lorsque l'exercice se termina, quelques minutes plus tard -lui avait l'impression d'avoir vécu des dizaines d'années - Stanislav observa sa partenaire en papillonnant des yeux. Il ne savait comment réagir face à ce qu'il venait d'apprendre. Le sorcier s'empara de nouveau de son verre et but quelques gorgées supplémentaires. « A toi aussi, ta maison d'enfance te manque ? » Il n'avait pas su quoi dire d'autre. Parler de leur enfance semblait-être le seul moyen de les rapprocher, de leur donner une histoire semblable.

994 mots




Merci Kyky  nastae
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Adam Pendragon
~ Déchu ~ Niveau V ~

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Adam Pendragon
Jeu 12 Mar 2020, 08:57

    Je fixai l’étrange homme, ma bière à la main. Je souris tout en réfléchissant à la proposition en admirant les chats. Ils étaient mignons avec leurs yeux rouges. Ce n’était pas commun. Peut-être n’était-ce pas réellement des chats ? Une autre espèce, que je ne connaissais pas, ou un croisement entre un chat et… quelque chose avec les yeux rouges.

    - « Peur ? »

    J’avais fini par relever. Jusqu’ici, j’étais simplement en train de penser que mon état de nudité risquait de le gêner si je sortais. Tout le monde n’était pas très à l’aise avec ça.

    - « L’eau n’est pas très profonde vous savez, sauf à certains endroits. »

    Je comprenais facilement qu’on puisse avoir peur de l’eau. Ne pas avoir pied quand on ne savait pas nager pouvait conduire à la mort. L’épuisement pouvait conduire à la mort. Les Sirènes pouvaient avoir le même effet, sans parler des autres créatures qui vivaient dans les profondeurs. Au moins, les Sirènes étaient plutôt belles, sauf lorsqu’elles prenaient leur horrible tête à la chevelure emplie de serpents et aux traits tirés et presque difformes.

    - « C’est gentil mais je préfère la bière. »

    Ce n’était pas le vin de l’homme qui allait m’attirer. Ça laissait un goût âpre en bouche et colorisait les dents parfois. J’avais déjà vu un autre bucheron sourire avec du rouge entre les dents et ce n’était pas très séduisant, contrairement à cet inconnu avec ses chats. Le fait qu’il soit sorti de nulle part me rendait curieux.

    - « Je veux bien voir l’étiquette cependant, oui. »

    Même si ça ne m’intéressait pas beaucoup, ça avait l’air de lui faire plaisir. C’était aussi la base des relations sociales. Si je voulais en savoir plus sur lui, il fallait que je m’intéresse à lui.

    - « Si vous vous y connaissez en vin, vous devez être un Mag… »

    Je n’eus pas le temps de continuer. Quelque chose d’assez inattendu se passa. L’homme qui n’aimait pas l’eau semblait aussi avoir deux pieds gauches.

    - « Atten… tion ! »

    De l’eau avait éclaboussé mon visage, me coupant dans mon élan. C’était trop tard, de toute façon.

    Je ne pus m’empêcher de rire un peu face à la situation et au cri de détresse de l’inconnu. J’arrêtai néanmoins lorsque je me rendis compte que la peur était réelle et que l’autre pataugeait de manière grossière et désordonnée dans le bassin. Forcément, il avait dû tomber dans une zone où il n’avait pas pieds.

    Il me fallut encore quelques secondes pour comprendre qu’il ne savait pas nager et agir. Je lâchai donc ma bière à la hâte et quittai mon confort pour aller chercher l’homme. Je plongeai pour aller le repêcher. On n’y voyait rien avec la nuit et le bassin sembla soudainement bien plus profond, comme si quelqu’un avait remplacé le simple bain naturel en abysses infernaux.

    Je nageai, nageai et nageai encore sans réussir à le retrouver. Je n’avais aucun mal à respirer mais, plus j’avançais, plus je sentais les effets de la profondeur sur mon corps : d’abord une douleur au niveau des oreilles puis une sorte de poids étrange, comme si l’eau cherchait à m’écraser. Et cette obscurité affreuse…

    Je fis le vœu inconscient d’y voir plus clair et de retrouver l’inconnu. Une lueur s’alluma quelques mètres plus loin et plus bas, me figurant le corps de l’homme. Je nageai vers lui, l’attrapai et commençai à remonter, une longue ascension qui me parut prendre des siècles.

    Sans aucune transition, nos deux corps tombèrent lourdement sur le sol. Il me sembla voir des petits yeux rouges se rapprocher de nous mais mon attention était davantage portée sur le corps inerte de l’amateur de vin.

    - « Ho ! Réveille-toi ! »

    Fini la politesse, pas dans une telle situation. Déjà qu’elle me coûtait en temps normal alors au diable les belles phrases et les vouvoiements.

    Comme il ne bougeait pas, je passai une main dans mes cheveux. Je cherchai une solution.

    - « Bon… d’accord… comment fait-on déjà ? »

    Je plaçai mes mains de façon maladroite sur son torse.

    - « Au milieu… par-là, oui… ça doit être ça… »

    Je n’étais sûr de rien mais la situation ne demandait pas vraiment de certitudes. Faire à moitié bien serait toujours mieux que de ne rien faire. À quatre pattes sur lui j’appuyai sur sa cage thoracique avec mes mains, lui pinçai le nez puis soufflai dans sa bouche. Je n’avais aucune idée de comment on faisait mais, curieusement, l’utilisation possible de la magie ne me vint pas du tout à l’esprit. Je faisais ça à l’ancienne et sans doute très mal. J’allais sans doute me faire cracher dessus une gerbe d’eau en plus. Tant pis. De toute façon j’étais déjà trempé.

    - « Réveille-toi ! Oh ! Qui va nourrir tes chats après ? »

    787 mots



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Aliénor Vaughan
~ Magicien ~ Niveau II ~

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Aliénor Vaughan
Ven 13 Mar 2020, 22:52



Le Rêve qui crée le doute



« Qu’est-ce que vous faites ? » « Ça ne vous regarde pas. » « Malheureusement, si. » murmura Lhéasse en tirant une chaise pour s’asseoir à côté de la Magicienne. Ils ne s’étaient plus adressé la parole depuis qu’elle l’avait giflé. « À qui est-ce que vous écrivez ? » Aliénor passa sa langue sur ses lèvres et les pinça, avant de modifier la direction de son regard pour poser ses yeux sur le Sorcier. « Vous êtes trop près. » « Excusez-moi. Je ne voulais pas vous mettre mal à l’aise. » C’était peine perdue. Sur l’échelle du malaise, leur relation frôlait les quatre-vingt-dix-neuf pourcents. « J’écris au Baron Kaahl Paiberym. » « Rien de compromettant, j’espère. » « Bien sûr que non ! » s’écria-t-elle en fronçant les sourcils. « Je ne sais pas. C’est quand l’oiseau est en cage qu’il se rend compte qu’il aimait bien la vie à l’extérieur de celle-ci. » Il sourit. « Vous avez de la chance. Votre cage est grande et dorée. Vous ne devriez pas vous y sentir trop à l’étroit. » La Magicienne grimaça. Il était déplaisant à souhait, derrière ses grandes phrases philosophiques. Elle ne les comprenait d’ailleurs pas toujours. « Alors… Que lui voulez-vous au Baron ? Lui aussi semble avoir un succès incompréhensible ; auprès de votre sœur au moins. » Il était de mauvaise foi. « C’est… justement pour ça que je lui écris. J’aimerais qu’il refuse l’invitation d’Isabeault. Je ne veux pas qu’il l’y accompagne, elle se vanterait pendant trois siècles ! » « Machiavélique. J’aime. » dit-il alors que son sourire s’étirait tranquillement. « Ce n’est pas… » « Hum. Dîtes-moi ce que c’est alors ? » « De… hum… Une bonne action pour les oreilles de tout un chacun. » Il pencha un peu la tête sur le côté et ses yeux parcoururent la lettre. Elle n’indiquait clairement aucune intention amoureuse. Aliénor demandait simplement au Baron de ne pas accepter la demande de sa sœur. Elle ajoutait qu’il la remercierait sans doute puisqu’elle était réellement insupportable. Elle finissait par présenter le présent qu’elle lui envoyait et louait ses talents de pianiste, en espérant que cela lui plairait. « Vous soudoyez donc un homme, en lui offrant un présent, en partant du principe qu’il n’acceptera pas la demande de votre sœur, que vous lui présentez d’ailleurs comme insupportable… » « Elle l’est, oui, ou non ? » finit par demander la Mage Blanche. « Certes mais elle reste facile et ça plaît à certains hommes. Cependant, je ne vois pas ce qu’elle aurait à faire d’un Baron. Ce n’est pas bien glorieux pour une Comtesse. » « … Vous n’y connaissez rien. Il n’y a pas que la hiérarchie nobiliaire dans la vie, Marquis. Et puis… » Elle sourit. « Vous devriez savoir que le Baron est Marquis chez les Sorciers. » Elle rit, comme prise d’une soudaine envie de surjouer et de se moquer de lui. Bien sûr, il était au courant et ne réagit pas le moins du monde à sa remarque, quand bien même il trouvait la situation navrante au possible. Au lieu de quoi, il lui en fit une qui, il en était sûr, lui ferait passer l’envie de se gausser. « Les filles du Comte Vaughan auraient-elle un attrait pour tout ce qui touche les Mages Noirs ? » demanda-t-il. Elle fronça les sourcils. « Je me serais bien passée de ce mariage. » « Vous n’êtes pas la seule… » murmura-t-il. « Et le cadeau, qu’est-ce ? » « C’est… J’ai eu du mal à le trouver mais c’est une note de musique en argent qui, une fois tournée, fait apparaître un piano. » « C’est amusant. » « Quoi donc ? » « Vous êtes incapable de citer les Souverains Magiciens du passé mais vous connaissez les goûts de cet homme. » « … Ce n’est pas amusant. » « Peu importe. Au lit maintenant. Vous ne voudriez pas avoir des cernes ? C’est moche. » « C’est vous l… » Sa voix se perdit dans sa gorge lorsqu’elle croisa son regard. Elle baissa les yeux et prépara brièvement le colis avant de se déshabiller pour revêtir sa chemise de nuit, derrière son paravent. Lhéasse déroula son propre lit et attendit qu’elle fût changée pour faire de même. Il se coucha par terre. « Bonne nuit. » « … Bonne euh… » Il lui semblait qu’il ne dormait jamais. Dès qu’elle ouvrait un œil, il avait les siens ouverts. Une fois il lui avait attrapé la cheville alors qu’elle s’apprêtait à descendre chercher de l’eau, en lui demandant ce qu’elle comptait faire au juste. C’était clairement exténuant, sans parler des rumeurs en tout genre qui florissaient sur cette étrange relation. Elle était sûre qu’Isabeault n’y était pas étrangère. « Contemplation. » dit-il avec un sourire amusé. Il savait que ça la mettrait tellement mal à l’aise qu’elle ne réussirait pas à dormir tout de suite. Il fallait bien qu’il s’amuse un peu.

Aliénor fronça les sourcils. Elle marchait dans un long couloir, plutôt étroit. Elle se sentait mal. Heureusement, après un temps qui lui sembla être une éternité, elle déboucha sur un endroit tout à fait charmant. Elle sourit et se détendit. Une cascade tombait d’une falaise, bien plus haut, et serpentait en un petit ruisseau entouré de rochers. Autour, de l’herbe grasse parsemée de fleurs multicolores donnait à l’endroit une ambiance bucolique. Une nappe à carreaux était étalée là et un panier en osier devait contenir un pique-nique qui, si elle en croyait son odorat, lui plairait forcément. Sur la nappe, un petit socle en bois maintenait immobile une sphère blanche. Elle s’approcha, dans sa robe à fleurs serrée à la taille par une ceinture assortie au panier. Elle portait un grand chapeau. Comme elle semblait être seule ici, elle s’étala sur le tissu un moment, les yeux dans les nuages. Elle aimait bien les admirer et essayer d’en deviner la forme.

987 mots

Cadeau pour Kaahl:




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Isiode et Isley
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Isiode et Isley
Sam 14 Mar 2020, 00:06



Je m’étais engouffré dans ma tente, giflé par le silence, n’y voyant aucune présence. Hiddleston n’était pas là. Tant mieux. Je voulais être seul. Je voulais… … Je ne savais pas trop ce que je voulais en réalité. Simplement dormir, certainement, puisque mon regard s’était naturellement porté jusqu’à mon sac de couchage. Je m’étais glissé sous les plaids et autres draps, appuyant ma tête contre mon havresac posé par terre. Je n’avais même pas pris la peine de retirer mes vêtements, à l’exception de mes bottes, mon esprit rompu par une étrange sensation. Puis, j’avais fermé les yeux, espérant m’évader, tout en sachant pertinemment que le sommeil serait long avant de m’assommer. Les secondes, puis les minutes s’étaient écoulées dans le sablier sans que je parvienne à trouver une quelconque paix. Je revoyais encore la stèle, baignant sous les rayons de la Lune, tandis que les noms de nos dix disparus flottaient derrière le voile obscur de mes paupières. Ils s’étiraient dans une valse particulière, les faciès qui leur était associé, à chacun, s’imposant brutalement dans ma tête. Quelques-uns d’entre eux ne m’étaient familiers que de visage, j’avais déjà échangé avec certains, d’autres étaient, tout simplement, de vieux compagnons. Des frères d’arme. Avec qui j’avais combattu et pour qui j’avais été prêt, à plus d’une reprise, à sacrifier ma vie. Et au final, j’étais celui qui avait mis un terme à leur existence. C’était étrange. Et je ne savais pas le moins du monde comment je me sentais actuellement. Peut-être… Était-ce du vide. Du vide et de la confusion certainement. Du vide et du détachement. Sans en être complètement indifférent, je me sentais simplement peu affecté, maintenant que la vague avait été repoussée et que mon esprit était de nouveau maître de ces eaux. J’avais fait ce que je devais faire. J’avais fait ce que personne au sein du détachement n’était prêt à faire… Avec compréhension.



Mes yeux s’ouvrirent lentement, mais pincés par une lueur éblouissante, je les avais rapidement refermés, plaquant un bras à la hauteur de mon visage. Je battis quelques secondes des paupières afin de m’habituer à la luminosité, qui contrastait violemment avec l’obscurité que je venais d’abandonner. Où étais-je? La question aurait dû faire chemin jusqu’à mon cerveau et pourtant, je n’y pensais guère. Je ne faisais que fixer le ciel au-dessus de ma tête, sentant de l’herbe sous ma silhouette. Cependant, à un instant, je crus bon de me redresser. Ce que je fis dans des gestes mécaniques et saccadés. Autour de moi, il n’y avait que cette vaste plaine, verte et déserte. Le vent ne se ressentait pas, soulevant à peine les tiges de l’herbe sous mon poids. Toutefois, une structure, de par son emplacement, ressortait étrangement du décor, faisant tache en vérité. Elle se trouvait à quelques centimètres à peine de mes pieds, libérant une douce vapeur chaude et parfumée. Je tendis mon bras jusqu’aux amas blanchâtres suspendus dans les airs, altérant leurs traînées du bout des doigts. Un bain. Ici? C’était particulier, mais c’était ainsi. Puis, ce n’était pas pour me déplaire, l’ambiance respirant le silence et le paysage inspirant la quiétude. Je me redressais, mais n’avais même pas terminé mon mouvement que je sentis un poids s’appuyer contre mon dos – ou était-ce mon dos qui s’appuyait sur ce dernier. Je me figeais brièvement, mon corps se raidissant, tandis que je reconnaissais un poids, certes, mais pas n’importe lequel : c’était celui d’un être humain, par la forme qui se modelait contre ma colonne vertébrale, par la respiration que je pouvais percevoir. La personne se reposait sur moi, sa tête se soutenait à la base de mes omoplates tandis que des mèches de cheveux chatouillaient la base de ma nuque. Lentement, je tournais mon visage vers l’arrière, jetant une œillade par-dessus mon épaule afin de constater la présence d’Edwina. Elle avait les yeux fermés, respirait régulièrement : dormait-elle? En tout cas, elle semblait être en paix. Je clignais des yeux durant plusieurs secondes, me rappelant, par fragment, ce pourquoi je me trouvais ici. Nous nous étions sûrement assoupis plus que de raison, le pique-nique que nous avions préparé traînant encore à quelques pas à peine de notre position.

Tranquillement, je me décalais sur le côté afin de pouvoir la prendre par les épaules et la secouer doucement, sans trop la brusquer, mais à la vue de son visage, je reconsidérais aussitôt mes actions, la contemplant brièvement. Je me surpris à penser que la voir aussi détendue était particulier. Un sourire fendit alors mes lippes, bien malgré moi. Cette impression allait bien au-delà de ma compréhension, parce qu’en observant son visage, je ne pouvais m’empêcher d’y trouver une sorte de réconfort sage, une sérénité rassurante, ce qui m’apaisait inévitablement. Ainsi, dans une pulsion, ma main trouva son chemin jusqu’à sa joue, que je frôlais doucement.

« Edwina? Debout, réveille-toi. »

J’attendis qu’elle s’extirpe de son sommeil avant de me décaler pour lui faire un peu d’espace. Je suivis son regard lorsqu’elle prit lentement connaissance de nos environs : il lui fallait certainement un peu de temps pour reprendre ses esprits.

« On a beaucoup trop dormi. Plus que prévu, il semblerait, lui révélais-je en lui pointant du menton les restes de nourritures qui étaient toujours présents sur la nappe que nous avions étendu au sol, afin d’être plus confortables.

Le soleil et la nourriture aidant, la fatigue avait vraiment eu raison de nous, au final – je crois? Sûrement –, mais ce n’était pas plus mal. Je me sentais étrangement revigoré à présent et un besoin étrange de lui parler était en train de me retourner le cerveau. C’est pourquoi j’attendais patiemment qu’elle reprenne conscience, avisant, cependant, l’objet sphérique qu’elle tenait dans sa paume. Je me mis à le fixer longuement, sachant instinctivement – vraiment? – de quoi il s’agissait. À ce constat, un drôle de sourire s’invita sur la commissure de mes lippes.

« Je dois te parler, commençais-je faiblement, troquant finalement mon rictus pour un visage impassible, avant de remonter les yeux dans sa direction. Mais j'ai de la difficulté à l'exprimer… C’est la confusion dans ma propre tête. »

Mes réactions me paraissaient anormales et décousues, aussi décousues que le fil conducteur de mes réflexions actuelles. Je ne comprenais pas pourquoi j’avais besoin de lui parler de ce sujet et, pourtant, cela m’apparaissait parfaitement cohérent, voire même logique en réalité. Parce qu’il me semblait qu’elle était simplement la seule avec qui je pouvais le partager, partager ce ressenti, cette boule à l’estomac qui, subitement, venait de tomber au creux de mon ventre. Je pris une grande inspiration, frottant mon visage à l’aide de mes paumes.

« C’est compliqué, en fait, puisque je ne sais pas ce qui m’arrive… »

J’étirais un léger sourire, empreint d’un vide particulier, d’une émotion embrouillée, que je lui adressais. Mais à un moment, mes yeux furent inexorablement attirés par la sphère – le Xuroäal – qu’elle avait en main. Il y avait tant de choses que je ne lui connaissais pas et je savais pertinemment qu’elle, tout comme moi, conservait des secrets qu’elle n’avait pas spécialement envie de dévoiler à n’importe qui. Cependant, je ne voyais pas d’autres moyens pour lui expliquer la situation, à l’exception de le lui faire vivre, littéralement. Parce que je n’arrivais plus à comprendre mon propre cœur. Je l’avais tellement contraint, noyé, gelé, qu’il avait fini par suffoquer. Mais au-delà de son étranglement, il continuait de hurler à travers des eaux trop solides et impénétrables pour que je perçoive de nouveau ses cris, ses appels.

C’est pourquoi, tout doucement, je tendis mon bras vers elle, suspendant ma main à quelques centimètres à peine de la sienne. Puis, je braquais mon regard dans l’émeraude de ses yeux, conscient du poids de ce simple geste sur la suite des choses.

« Je serais prêt à te montrer ce qu’il a à l’intérieur de moi, mais toi, l’es-tu? »

Je voulais m’en assurer avant de lui ouvrir quoi que ce soit – mon cœur, mon âme, mon histoire… mais qu’est-ce que je raconte? – et, finalement, ma paume finit par s’apposer sur le revers de sa main. J’expirais une longue respiration, l’intérieur de ma tête se vidant tout en vibrant d’une soudaine fureur alors que des scènes du passé, qui ne m’appartenaient guère, s’imposaient brutalement dans mon esprit.



« … »

Mes yeux papillonnèrent longuement avant de s’ancrer définitivement dans le blanc de son regard. Les sensations se fracassaient entre mes deux oreilles alors que les vocables peinaient à s’extirper de ma bouche. Ce que je venais de voir était… Je ne saurais comment le décrire, choqué et perturbé par les visions, encore, qui tournoyaient dans ma tête.

« Tu… » Murmurais-je, troublé, glissant involontairement mon corps vers l’arrière.

Pour l’entraîner dans une chute qui se résulta par un plongeon spectaculaire, un énorme Splash! retentissant en même temps que mon être s’enfonçait dans les eaux chaudes et enivrantes du bain. Habillé de la tête jusqu’aux pieds, pris dans un état euphorique de panique, je me mis à battre des bras pour remonter à la surface, ne comprenant que bien trop tard que mes pieds touchaient parfaitement le fond du bassin. D’une propulsion, j’extirpais la tête des eaux, prenant de grandes bouffées d’air alors que ma gorge se libérait, à grandes quintes de toux, du liquide qui avait profité de ma surprise pour s’infiltrer dans ma bouche. L’eau m’arrivait aux omoplates, et dans des mouvements rapides, j’essuyais mon visage.


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