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 Le plus beau voyage, c'est celui qu'on fait l'un vers l'autre | Kaori Zenmao

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Ven 22 Nov 2019, 13:55


Le jeune Zéphyr était poussé à devenir de plus en plus indépendant et autonome dans ces excursions. Après celle vers Avalon avec Samah’ra, qui s’était bien déroulé surtout parce que la jeune femme l’avait aidé à s’y retrouver dans la ville, cette fois, l’Humain partait seul. Il n’avait même pas de marchandise avec lui, pas de livraison à faire, rien à vendre et pas de prix à délibérer. Il était totalement libre de ses mouvements, de la route qu’il prenait ainsi que de ses destinations. Il s’agissait plus là de quelque chose d’initiatique, avec une date fixe de retour comme seule limite. Il devait rentrer à la prochaine lune avec une longue histoire à raconter sur tout ce qu’il avait vu et appris, de par lui-même.

Le plus beau voyage, c'est celui qu'on fait l'un vers l'autre | Kaori Zenmao L2tbBien-sûr, il ne partait pas sans rien. Avec lui se trouvait ses éternels compagnons à une bosse, deux dromadaires dont il avait la garde. La première était une femelle, Chimène. Elle était douce, docile, facile à vivre… Elle avait été la première monture de Zéphyr et elle était la prunelle de ses yeux. Jusqu’au jour où cette très chère dromadaire était devenue gestante… Zéphyr avait été aux petits soins avec elle, ne lui imposant aucun chargement pendant les 15 mois qui suivirent. C’est ainsi que Trotteur s’ajouta à la troupe. Au contraire de sa maman, ce petit était un vrai casse-pied. Il n’avait qu’un an et Zéphyr avait un mal fou à l’éduquer. Il refusait catégoriquement d’obéir à tous les ordres de son maître, préférant l’ignorer et se cacher derrière sa mère. Quand il le pouvait, il se mettait même à fuir à toute allure, forçant Zéphyr à lui courir après. Il était désormais solidement attaché à la selle de sa maman, pour éviter ce genre de comportement…

Le jeune homme était parti du Désert il y avait de cela quelques jours à peine. En revenant de la mission à Avalon, il avait simplement reçu une missive de la part d’Elliott, le chef du groupe qu’ils formaient avec d’autres Humains et une Ange pour lui expliquer ce qu’il devait faire. Il n’avait pas hésiter une seconde avant de préparer sa monture et le petit, charger des vivres et se mettre en route. Il était tellement heureux de pouvoir prouver à tous qu’il était tout aussi méritant que n’importe quel autre humain né ainsi ! Ce n’était pas son cas. Zéphyr, lui, avait grandi parmi les Lyrienns. Malheureusement, puisqu’il n’avait développé aucune magie, les siens l’avaient tout simplement chassé et exilé. C’est de cette manière qu’il avait fait la connaissance d’Elliott et des autres… Il s’en souvenait encore très bien. Il ne parlait même pas le langage commun correctement à l’époque ! Elliott lui avait sauvé la vie et lui avait donné un nouvel objectif à atteindre. Il ne voulait pas décevoir celui qui était devenu son mentor…

En premier lieu, il avait presque suivi le chemin vers les Côtes de Maubëe par automatisme. C’était sa dernière destination et il n’avait pas réfléchi par où il voulait commencer. Une fois qu’il avait atteint les frontières du royaume des Déchus, Zéphyr bifurqua vers les vastes Terres d’Émeraude. C’était là-bas qu’Elliott l’avait trouvé, il y avait de cela plus de dix années. Il ne savait pas vraiment où puisqu’il n’avait appris à déchiffrer la géographie du Continent Naturel que bien plus tard. Il avait été blessé en tombant dans un fossé plein de ronces, ce qui lui avait valu des cicatrices sur le visages. Deux précisément, une qui barrait son nez et l’autre vertical vers la fin de son sourcil. On lui avait proposé de consulter des Mages pour s’en débarrasser, mais il avait refuser. Elle faisait parti de lui et de son histoire, il ne voulait pas oublier que c’était Grace, l’Ange Gardien d’Elliott, qui s’était occupée de lui. Ses souvenirs avec eux étaient bien trop importants.

Le plus beau voyage, c'est celui qu'on fait l'un vers l'autre | Kaori Zenmao 07wzÀ la fin de la journée, il s’arrêta quelque part dans les Terres d’Émeraude, au Nord de Stenfek, la ville des Réprouvés. Il n’y avait jamais mit les pieds et il hésitait un peu, il fallait l’avouer. Cette race était connu pour ne pas apprécier les autres spécimens et pour attaquer avant de discuter. Mais Stenfek était la cité la plus « civilisée » du peuple, après tout, regroupant ceux qui aimaient un peu plus les échanges avec le monde extérieur. Ce ne serait pas une mauvaise idée d’y faire un tour après tout, ce n’était pas non plus comme s’il s’apprêtait à entrer dans un territoire démoniaque… De plus, la tolérance envers les commerçants du Royaume de Babelsba était la plupart du temps de mise. Tous préférait y voir les avantages du commerces plutôt que les inconvénients de faire entrer des étrangers chez eux.

Zéphyr s’endormit sous les étoiles, contre Chimène qui produisait assez de chaleurs pour trois. L’Humain avait tout de même emmené plusieurs couvertures en peau du Désert dont lesquels il s’était installé.

Le lendemain matin, Zéphyr se permit un plus long sommeil qu’à l’accoutumée. Il avait senti les rayons du soleil filtraient à travers ses paupières et le réchauffaient, mais il avait décidé de se reposer encore un peu. C’était sans compter sur le bruit de sabots qui s’éloignaient au galop… Il se leva d’un bond, encore un peu groggy et regarda Trotteur en train de prendre la poudre d’escampette. Il attrapa la corde la plus proche de lui et se mit à courir derrière le petit dromadaire comme un dératé.

« Trotteur, non ! Pas encore ! Ça suffit, revient ici ! »

L’animal se mit à blatérer à plein poumons, sans arrêter sa course. On aurait dit qu’il se moquait de Zéphyr… Et c’était sûrement le cas. Du moins, ça ne l’aurait pas surpris que ce petit ingrat lui fasse ce sale coup ! Il avait déjà réussi à ronger la corde qui le maintenait attaché à sa mère pendant que l’Humain dormait… Trotteur s’arrêta un peu plus loin, attiré par quelque chose. Une silhouette féminine, apparemment. Zéphyr ne voyait pas clairement les traits de la démoiselle, de là où il se trouvait. Mais c’était sa chance ! Il n’avait qu’à sauter sur Trotteur et… Lancer sa corde ! Malheureusement, le jeune dromadaire l’avait vu venir. Il avait sauter au dernier moment et s’était remit à courir, alors que Zéphyr était tombé le nez le premier sur le sol, aux pieds d’une personne inconnue.

Post I - 1053 mots

Zéphyr : #00ccff

Si tu veux en savoir plus : sa fiche & les PNJ que je mentionne ~
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Ven 22 Nov 2019, 19:47

Le plus beau voyage, c'est celui qu'on fait l'un vers l'autre.
Munie de son sac à dos, la jeune Orine continuait son voyage depuis les terres d’Avalon jusqu’au territoire des Magiciens, dont plusieurs touristes qu’elle avait rencontré lui avait vanté la beauté. Bien qu’elle doute qu’il existe un endroit plus beau que ses Terres d’Émeraude natales, elle avait décidé de se laisser tenter et avait donc entrepris une longue marche en direction de l’Est. Elle était bien consciente qu’il lui faudrait un bon moment avant d’arriver si elle continuait à pied mais ça ne semblait nullement la déranger. Les vivres que lui avait gentiment donnés la propriétaire de l’auberge dans laquelle elle logeait avaient été rapidement engloutis. Il ne lui restait plus que quelques bouts de pains et deux pommes, qui constitueraient sans doute son repas pour ce soir. Elle n’avait aucune idée du prochain endroit où elle pourrait s’arrêter pour acheter à manger alors elle avait décidé de se serrer un peu la ceinture.

Alors que le soleil commençait à se coucher, la jeune fille s’apprêtait à passer la nuit à la belle étoile, n’ayant pas réussi à arriver jusqu’à Stenfek, la ville la plus proche. Il lui faudrait encore plusieurs bonnes heures de marche, à un bon rythme, avant de pouvoir y entrer et elle ne se sentait pas la force de continuer à marcher… Ainsi, elle trouva un endroit à l’abri du vent et s’y installa, s’enroulant dans une couverture qu’elle avait emportée à son départ de Maëlith. Sa maison lui manquait tellement… Elle aurait aimé pouvoir y retourner, ne serait-ce que pour aller pleurer sa mère. Son deuil ne serait pas terminé avant qu’elle ne puisse se rendre au cimetière fleuri de son espèce. Alors que de nombreux souvenirs de son enfance innocente défilaient sous ses yeux, Kaori commença à s’endormir, les mains posées sur son kodachi. Depuis qu’on avait essayé de l’enlever quelques jours plus tôt, la demoiselle ne dormait plus que d’un œil et gardait toujours une arme à proximité.

Un bruit la sortit de son sommeil alors que l’aube commençait à poindre à l’horizon. Ce n’était que Nobu, revenu de seule Phoebe savait où, se posant sur le sac de la jeune femme pour s’y reposer. Sa maîtresse eut un léger sourire, attendrie par son comportement et caressa doucement sa tête. Son regard se tourna vers le ciel et, sachant qu’elle n’arriverait pas à se rendormir, elle préféra admirer les couleurs qui s’étalaient au-dessus d’elle. Un magnifique mélange de bleu et de jaune pastel, d’une douceur qui lui rappela les bons plats que lui avait servi son amie d’Avalon. Elle se laissa emporter par la nostalgie pendant de longues minutes tout en regardant le soleil qui se levait. Cette journée commençait plutôt bien. L’Orine rangea sa couverture dans son sac et enfila une veste pour se protéger du froid de cette matinée avant d’étirer avec délice tous ses muscles. Revigorée par ses petits exercices, elle entreprit de continuer son voyage, déposant délicatement le colibri dans l’une de ses poches. Celui-ci ne semblait pas prêt de se réveiller…

Voyager aux premières lueurs du jour était agréable. Elle était sûre de ne croiser personne d’autre et pouvait pleinement profiter du chant des oiseaux. La brise qui faisait légèrement voleter ses cheveux était agréable, bien qu’elle lui donne un peu froid aux joues. Pour pallier à cette fraîcheur, elle relevait un peu le col de sa veste et redressait les épaules, de sorte qu’on ne voyait plus vraiment son cou. Elle était bien loin d’être charmante comme ça, mais au moins elle était protégée des assauts du vent. Et puis, ce n’était pas comme si quelqu’un allait la voir de toute façon… Pendant bien trois ou quatre heures, elle continua à avancer. La température avait augmenté de quelques degrés et elle pouvait enfin se débarrasser de sa veste. Nobu s’était réveillé et avait décidé de faire un petit bout de chemin avec elle avant de se faire la malle à nouveau. Mais comme dit le dicton, un de perdu… Dix de retrouvés. Et cette grosse bête qui s’avançait vers elle valait bien au moins dix Nobu ! Une pointe de panique s’installa dans le cœur de la jeune fille alors qu’elle observait le dromadaire qui s’approchait d’elle à une vitesse assez impressionnante. Cependant elle réussit à garder son calme et à ne pas s’enfuir en courant. À vrai dire, elle avait peur de se faire courser si elle commençait à s’en aller…

Le bond de l’animal la prit par surprise et elle ne put retenir une exclamation, se couvrant tout de suite après la bouche. Elle vit alors que quelqu’un coursait la bête. Un jeune homme aux cheveux bleus qui… qui venait clairement de s’étaler à ses pieds. La demoiselle eut un petit mouvement de recul, prise au dépourvu par cet inconnu. Prudente, elle se pencha au-dessus de lui, se demandant bien qui cela pouvait être… Le propriétaire du dromadaire sans doute, à en juger par la corde qu’il tenait. Doucement, elle s’accroupit, en faisant bien attention de ne pas laisser un seul interstice pour que l’on puisse regarder sous sa robe. Bien qu’elle se méfiait comme la peste des hommes désormais, elle se sentait en position de force face à lui, qui avait encore le nez dans la terre.

« Vous allez bien ? » commença-t-elle. Elle tendit ses mains vers lui pour l’aider à se relever, se redressant elle aussi sur ses pieds par la même occasion. « Je ne suis pas vraiment une experte avec les animaux, mais je peux peut être vous aider avec celui qui vient de s’enfuir… S’il est amateur de pommes ou de pain, je crois avoir ce qu’il faut pour l’appâter. » continua-t-elle avec un joli sourire.

Elle ne se voyait pas abandonner une personne qui avait besoin d’aide, pour la seule et unique raison qu’elle avait eu une mauvaise expérience. Elle ne voulait pas laisser cet évènement la changer radicalement et lui gâcher la vie. Et puis, il n’avait pas l’air d’être un mauvais bougre… Il était même plutôt charmant, malgré les cicatrices qui lui barraient le visage. Elle essaya d’ailleurs de ne pas trop les fixer, sachant que c’était impoli, mais elle restait quand même assez curieuse de leur origine…



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Sam 23 Nov 2019, 18:15

Quelle charmante façon de rencontrer quelqu’un… Pensa Zéphyr, pestant intérieurement sur ce petit Trotteur de malheur qui, il le savait, prenait un malin plaisir à le mener par le bout du nez. L’Humain était presque certain que chacun de ses gestes avaient été calculé pour en arriver là. Le dromadaire toujours en liberté et son maître, tombé piteusement au sol dans une tentative désespéré pour l’attacher à nouveau. Quel sale petit… Ingrat ! L’homme se releva alors, un peu honteux de se présenter ainsi à une personne dont il n’avait même pas pu encore voir le visage. Il n’avait aperçu qu’une robe blanche et une femme, sans doute, à l’intérieur. Il prit tout de même le temps d’épousseter un peu ses vêtements pour être plus présentable et reprendre un peu de contenance face à la demoiselle.

Sublime demoiselle… À la seconde où il posa ses yeux sur elle, son cerveau se mit en pause. Il avait du mal à ne pas la décrire mentalement… Elle semblait jeune, sans doute un peu plus que lui. Sa peau avait l’air si douce, qu’on aurait pu croire que la jeune femme était née la veille. Elle avait cet air d’innocence et de fragilité, sans doute était-ce dû à sa taille ? Zéphyr mesurait facilement vingt centimètres de plus et encore, il pensait sous-estimait ces chiffres. Que faisait-elle seule au milieu des Terres d’Émeraude, avec un seul sac-à-dos pour compagnie ? Il n’avait pas encore remarqué son petit compagnon ailé, bien trop occupé à regarder les couleurs qui composait la jeune femme. Du vert pour ses cheveux et du rose, qui rappelait celui du coucher de soleil sur l’océan tant il était profond, presque vivant. Zéphyr ouvrit la bouche comme pour dire quelque chose mais aucun son n’en sorti. Il resta bloqué dans cette position encore quelques secondes, en remarquant les jolies tâches de rousseur qu’elle portait si bien.

« Je, euh… Bonjour. Oui, oui, je vais parfaitement bien ! »

Il avait d’abord hésité, sa voix ayant du mal à sortir de sa gorge, encore sous le charme de la beauté de la demoiselle. Et puis il avait enchaîné avec un ton sans doute un peu trop enjoué pour quelqu’un qui venait de s’érafler le nez sur toute la longueur. Rien qui ne choque ou qui soit grave, d’ailleurs il ne le sentait même pas, l’esprit ailleurs. Mais c’était sans doute un poil ridicule pour un spectateur qui observait la scène… Il n’avait même pas pris conscience qu’elle avait tendue la main vers lui, ni qu’il l’avait prise et gardait enfermer dans la sienne depuis tout à l’heure. Il la lâcha comme si sa peau venait de le brûler, précipitamment. Ses réactions, maladroite, en devenait comique. Il reprit ensuite la discussion sur un sujet qu’il maîtrisait un peu mieux et duquel il était assez sûr de lui. Depuis le temps, il n’était pas encore passer expert mais il en connaissait assez sur les dromadaires, race nationale des Humains pour monture et encore plus parmi les marchands de Babelsba. Dans le désert, les camélidés faisaient littéralement partis de leur quotidien, à tous.

« Oh, lui. C’est un petit vaurien ! » dit-il en élevant le ton et en regardant le coupable, pour qu’il comprenne qu’on s’adressait à lui. « Il le fait exprès, de toute façon. Mais au point où j’en suis, toute aide est bonne à prendre… Je suis censé l’élever et l’éduquer, mais il ne se laisse pas faire. Il a la tête dure, vous savez ! » Il préféra la vouvoyer, par précaution. D’expérience, il savait que certaine personne se vexait si on s’adressait à elle de manière trop familière, bien que ça ne semblait pas être le genre de la jeune femme qui se tenait toujours face à lui. Un éclair de génie sembla lui passait devant les yeux.

« Que je suis malpoli ! Je ne me suis même pas présenté… Il faut dire que ma chute m’a quelque peu… Secoué. » Et pas que. Le joli minois de la demoiselle aussi. « Veuillez m’excuser. Je suis Zéphyr Worthington et je suis actuellement en voyage initiatique. Je vis parmi des commerçants et je dois apprendre à me débrouiller tout seul. Et c’est mal parti, je n’arrive même pas à faire obéir mon… Enfin, le petit de Chimène. Elle est là-bas, vous la voyez ? C’est toute première monture et c’est une vraie crème à côté de son fils. Lui, il a la tête dure… »

Voilà qu’il se mettait à raconter sa vie. Zéphyr se mit à avoir les joues légèrement rose. Peut-être qu’elle n’en avait rien à faire et qu’elle proposait son aide simplement par politesse, après tout. Elle était sans doute en train de faire quelque chose, de se rendre quelque part plus précisément. Elle était clairement en plein voyage, et il ne savait rien de sa destination. Il parlait, parlait, parlait, certainement de manière automatique pour combler le silence et pour penser à autre chose qu’à dévisager cette pauvre femme. Il lui était littéralement tombé dessus, encore une fois…

« Je… Je tenais à m’excuser, également. J’ai du vous importuner dans votre voyage. Puis-je savoir où vous vous rendez ? Vous savez, je peux tout aussi bien passer la journée à lui courir après, j’ai l’habitude ! Je ne voudrais surtout pas vous retenir, une si magnifique femme telle que vous doit avoir des obligations ou un homme à rejoindre… »

Il recommençait à déblatérer un discours sans queue ni tête qui le mettait plus mal à l’aise qu’autre chose. Il avait bien envie de se frapper le front ou alors de s’insulter, mais cela l’aurait rendu encore plus ridicule. Déjà qu’il devait passer pour quelqu’un de bizarre… S’il ne faisait pas peur, à agir de cette façon ! Quelle catastrophe, cette journée décidément ! À peine levé que Trotteur se sauvait et le mettait dans de beaux draps. Oui, après tout, c’était la faute de ce fichu dromadaire ! Zéphyr était prêt à parier de là où il était, il observait la scène en ricanant intérieurement. Il devait être la réincarnation d’un esprit malin, à tous les coups…

« Il… Il devrait être intéresser par la pomme. Il mange beaucoup de céréale mais les sucreries les attirent généralement. »



Maintenant, il n’osait plus vraiment la regarder. Il se perdrait dans son regard ou il dirait encore des choses inutiles pour combler les blancs. Il préféra se tourner vers Trotteur, la corde à la main. Il était déterminé à lui passer la corde au cou, au sens premier du terme, évidemment. Trotteur avait beau mettre la patience de son maître a rude épreuve, il restait toujours comme son bébé, au fond. Éduquer un enfant n’était facile pour personne…

Post II - 1104 mots
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Sam 23 Nov 2019, 21:22

Le plus beau voyage, c'est celui qu'on fait l'un vers l'autre.
Kaori fut soulagée de voir que l’inconnu semblait aller bien et, qu’à part quelques égratignures, il ne semblait pas blessé. Un léger sourire passa sur son visage lorsque leurs regards se croisèrent. Puis, tout comme lui, elle commença à l’observer avec attention. D’abord ses cheveux et ses yeux d’un bleu qui lui rappelait celui du ciel ensoleillé de ses après-midis de jeu à Maëlith. Ses yeux glissèrent le long de ses cicatrices, sans pour autant s’y attarder, avant de descendre vers les petites blessures sur son nez. Il allait falloir faire quelque chose pour ça… Au moins y passer un peu d’eau. Son regard finit par venir se poser sur les vêtements de son interlocuteur. Simples et confortables, elle devina que lui aussi était en voyage et ne se contentait pas juste de sortir ses dromadaires pour une petite balade de santé… Elle n’essaya pas de l’analyser plus que ça, elle aurait tout le loisir de le faire plus tard, après avoir fait connaissance. Il était impoli de dévisager aussi longtemps une personne, et puis l’ambiance allait vite devenir gênante si personne ne lançait la conversation. Ce que fit l’homme, d’un ton plutôt enthousiaste.

« Parfaitement bien ? Ce n’est pas ce qu’a l’air de dire votre nez… Ce ne sont que des égratignures mais il serait fâcheux qu’elles s’infectent, nous nous occuperons de ça après avoir attrapé votre dromadaire. » proposa-t-elle en relevant les yeux vers lui. Nobu avait le pouvoir de soigner les blessures et, bien qu’il ne soit pas très puissant, il pouvait au moins faire disparaître ces vilains petits bobos.

Son attention se porta sur leurs mains et elle se demanda un instant si il comptait la lâcher ou non… Alors qu’elle s’interrogeait, le jeune homme la lâcha, un peu brusquement, ce qui prit la demoiselle un peu au dépourvu. Elle laissa son bras retomber le long de son corps, se surprenant à penser que la chaleur de la main de cet inconnu commençait à lui manquer. L’Orine avait toujours les extrémités froides, quel que soit le temps. Sentir la chaleur d’une autre personne était plutôt agréable, à vrai dire peu de personnes l’avaient touché. Et les hommes… Il devait bien être le premier à l’avoir tenu de cette façon. Cette pensée amusa la jeune femme qui s’imagina toutes les premières fois qu’il lui restait encore à vivre. Toutes ces découvertes qu’elle avait encore à faire, tous ces gens qu’elle devait encore rencontré… Ça donnait le vertige mais c’était tellement excitant !

La maladresse de celui qui lui faisait face l’amusait plus qu’autre chose. Elle se rappelait de ce que lui avait raconté sa mère, sur sa première rencontre avec son père. Celui-ci s’était retrouvé tout perdu, à chercher ses mots et à balbutier lorsque leurs regards s’étaient croisés puis, dès qu’il avait réussi à construire des phrases à peu près correctes, il ne s’était plus arrêté de parler pendant des heures. Ce souvenir lui tira un sourire alors qu’elle écoutait ce qu’était en train de lui raconter Mr. Bavard. Il semblait très attaché à ses animaux qui, de ce qu’elle crut comprendre, étaient assez importants là où il vivait. Le vouvoiement ne la fit pas sourciller. Étant éduquée pour rester respectueuse et polie en toute circonstance, elle se serait sans doute un peu offusquée de ne pas être traitée avec le même respect dont elle faisait preuve envers les autres. Bien qu’elle soit extrêmement tolérante, l’impolitesse était l’une des seules choses qu’elle ne pouvait supporter.

« Oh ne vous en faîtes pas, je comprends tout à fait ! Il est parfois un peu compliqué de reprendre ses esprits alors que l’on vient tout juste de tomber… Je suis un peu maladroite alors ce genre de choses m’arrivent souvent. » ajouta-t-elle avec un rire quelque peu timide. « Enchantée Zéphyr, je m’appelle Kaori, Kaori Zenmao. Et vous êtes tout à fait excusé, tout naturellement. » finit-elle, ses lèvres légèrement. Son attention se porta alors sur l’endroit que lui montrait sa nouvelle connaissance et elle vit en effet un nouveau dromadaire qui, lui –ou plutôt elle de ce qu’elle avait compris-, semblait beaucoup plus calme que celui qui s’était fait la malle quelques minutes plus tôt. « Oh… En effet elle a l’air adorable… J’aimerais bien aller la voir après, si toutefois il m’est permis de m’en approcher… » Ses yeux se plongèrent dans ceux du jeune homme, se faisant presque suppliant. Elle semblait vraiment vouloir en savoir plus sur ses animaux, et peut-être même les toucher. Pour l’instant, elle ne s’imaginait même pas pouvoir monter dessus, ça devait être tellement effrayant ! Surtout si ils commençaient à s’emballer et à partir au triple galop… Son pauvre petit cœur ne le supporterait pas.

Et qu’est-ce qu’il pouvait s’excuser aussi ! Au moins il était poli… La voyageuse allait devoir trouver un moyen pour lui montrer qu’il ne l’importunait pas et, qu’au contraire, elle se sentirait un peu plus en sécurité en ayant quelqu’un à ses côtés, ne serait-ce que pour l’accompagner jusqu’à Stenfek, qui n’était désormais plus si loin. Ses joues prirent une teinte rosée lorsqu’il la complimenta. Magnifique femme ? Elle savait que peu d’hommes résistaient au charme des Orines, et pourtant… Elle n’avait encore jamais reçu ce genre de paroles, bien que les regards des Déchus luxurieux d’Avalon sur elle ne laissait aucune place au doute. La demoiselle détourna le regard, ne sachant pas vraiment quoi répondre.

« Je suis en quelque sorte en train de faire un voyage initiatique moi aussi… C’est un peu long à expliquer, nous aurons tout le loisir d’en discuter après avoir appâté ce petit. » finit-elle par dire, posant une main sur son épaule dans l’espoir de lui donner un peu de courage.

Puis elle se tourna vers son sac et fouilla à l’intérieur avant d’en sortir une belle pomme. Son amie l’avait gâté en lui donnant ses plus beaux fruits. Bien contente de ne pas les avoir entièrement engloutis hier, elle se redressa et fit quelques pas en direction de l’animal. Elle n’était certes pas très rassurée par la taille impressionnante de la bête, mais elle était déterminée à aider le maître de celui-ci. Tout doucement, elle tendit la main vers le dromadaire, la gardant bien à plat pour qu’il puisse voir l’appât.

« Viens là petit… Elle est rien que pour toi, tu vois ? » murmura-t-elle, arrivant assez près de l’animal. Elle se surprenait elle-même à réussir à s’en approcher autant.


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Dim 24 Nov 2019, 19:52


Désormais un peu anxieux quand à son apparence, Zéphyr touche l’arrête de son nez qui, effectivement, lui piquait un peu. Ce n’était qu’une égratignures mais ça devait être drôlement ridicule en plein milieu du visage… Pour la énième fois ce matin-là, il maudit ce petit Trotteur. On n’avait pas idée de donner un nom pareil à un animal capable de courir si vite ! Il le portait si bien et s’en servait magnifiquement pour le faire regretter à son maître, chaque jour que Babelsba faisait. Mais il avait mieux à faire que de remettre en question ses choix passés, il était plutôt temps d’apprendre à ce petit ce qu’était la vie d’un dromadaire dans leur Royaume. Remonté à bloc et un peu plus en confiance, étrangement, maintenant que Kaori était à ses côtés. Ils venaient pourtant de faire connaissance, et encore, il n’en avait que peu apprit sur cette dernière. Elle avait proposé de prendre plus de temps pour discuter plus tard, et avait même évoqué le fait de vouloir approcher Chimène. Ce n’était pas rare pour des étrangers d’être attirés par les dromadaires, ces montures impressionnantes pouvant atteindre jusqu’à deux mètre de hauteurs, voire plus en comptant leur bosse. Lui-même avait été bien curieux la première fois qu’il en avait croisé et très vite, était tombé amoureux de leur démarche, paraissant aussi maladroite que noble à ses yeux. Il avait fallut un temps d’adaptation avant de ne plus avoir la nausée avec les mouvements de côté subit pour le chamelier. Par la suite, ces balancements étaient devenus source d’apaisement pour Zéphyr, qui lui avait parfois aussi servi de berceuse lorsqu’ils étaient plus jeune. En tant qu’éleveur de ses propres bêtes, il serait honoré et même fier de pouvoir présenté une chamelle à Kaori et assouvir toute sa curiosité sur le sujet. 



Pour le moment, il était préférable de se concentrer sur le vilain petit chamelon de tout juste une année qui riait au nez de Zéphyr, tranquillement allongé à l’ombre d’un arbre solitaire qui avait poussé au beau milieu de la vallée. L’Humain se prépara à tenter un autre approche qui incluait toujours de faire usage de sa corde et de la force, espérant être plus rapide et futé que l’animal - ce qui lui avait déjà valut une chute mais que voulez-vous, cet homme était aussi têtu que le petit qu’il essayait d’éduquer. À croire qu’il tenait plus de son maître que de sa génétrice, côté caractère… De son côté, la jeune femme avait sorti la pomme promise de son sac. Elle était belle, rouge et brillante, reflétant un peu la lumière du soleil qui était au rendez-vous dans un ciel clément, sans aucun nuage. Contre toute attente, c’est Kaori qui se lança la première. Elle semblait un peu hésitante et manquait de confiance dans ce qu’elle faisait, ce qui était tout à fait compréhensible. Elle était courageuse, ne serait-ce que d’approcher et d’essayer quelque chose pour aider, dans l’inconnu total. Zéphyr resta en retrait. Il voulait voir sa technique et surtout, la réaction du petit face à l’étrangère. D’autant que s’il se sentait acculé, à deux contre un, il recommencerait à déguerpir sans demander son reste. Pour l’instant, il ne bougeait pas. Il avait tout de même relever la tête pour regarder notamment ce que faisait Zéphyr, en riant intérieurement c’était à parier, et pour décrire un peu la nouvelle personne qui avançait. Celle-ci, il ne la connaissait pas. Cela se voyait dans son comportement, il était beaucoup plus attentif aux moindres de ses mouvements, ne pouvant pas vraiment les prédire sans l’avoir observer longuement auparavant.

Kaori arriva au niveau de Trotteur, plus qu’à une grande foulée. Il n’avait toujours pas fuit, son regard posé sur autre chose de bien plus intéressant que l’étrangère, bien qu’il ne soit pas insensible à son charme lui non plus. Il se releva, d’un coup, passant d’un point de vue inférieur à la jeune femme à au-dessus d’elle. Il devait juste la dépassait d’une tête, mais c’était assez pour être étourdissant. Il renifla d’abord ce qui semblait lui être destiné, posant le bout de son museau sur le fruit. Du sucre ! Ses yeux s’ouvrirent un peu plus quand il comprit que c’était une friandise et pas une nourriture lambda. Il l’attrapa alors en une bouchée et s’efforça de la mâcher, appréciant chaque petite particule de la pomme délicieuse. Il en était tellement content qu’il ne surveilla plus Zéphyr, lui laissant le temps d’approcher, caché comme il le pouvait derrière la frêle silhouette de la jeune femme. Le petit dromadaire donna un petit coup de tête contre l’abdomen de la gentille dame à la pomme, affectueusement et son maître en profita pour lui mettre le grappin dessus.

« Enfin ! Merci à tous les Ætheri de m’avoir entendu ! » dit-il en levant les yeux vers le ciel. Lui qui pensait devoir y passer une bonne partie de la journée, venait d’attraper Trotteur en moins d’une dizaine de minutes. Il se tourna vers la jeune femme, sa sauveuse, lui offrant un sourire sincère. Le dromadaire était toujours contre elle, à frotter sa grande tête pour recevoir des caresses. « Et merci à vous, Kaori. Je pense que vous venez de vous faire un ami… Petit ingrat ! Si c’était moi qui avait tenu cette pomme, tu me l’aurais chiper et tu serais parti aussi vite ! » le sermonna-t-il avec une voix de papa poule peu crédible. Il revint ensuite vers la demoiselle. « Venez donc avec moi. Chimène est beaucoup plus douce que Trotteur et elle aime aussi les caresses. D’ailleurs, je vous dois un repas pour la cause. Vous avez donné une pomme pour attraper ce petit farceur, alors j’espère que vous accepterez que je partage, à mon tour, mes vivres avec vous. »

Le jeune homme semblait beaucoup plus à l’aise avec Kaori désormais. Il était tellement soulagé, en même temps, qu’il ne pensait plus qu’au temps économisait grâce à elle. Vraiment, si elle pouvait rester avec lui le temps que le chamelon se calme et passe cette vilaine crise d’adolescence par laquelle il passait, tout serait simplifier. Du moins, Zéphyr espérait qu’il se calme une fois sevré et adulte. À moins que ça ne soit pire avec les premières envie de procréer… Décidément, depuis qu’il était né, tout était chamboulé. Il chassa de son esprit l’image de son bébé en train de monter une de ses congénères, pas encore prêt pour se genre de chose. Tant qu’il restait loin des autres femelles que sa mère, il resterait pur et son papa serait tranquille.

Cette fois-ci, il attacha avec une triple épaisseur de corde Trotteur à la selle de sa maman, posait sur le sol pour le moment, avec les vivres que Zéphyr avait emmené pour la durée de son voyage. Il n’y avait que des aliments secs et quelques fruits provenant du Désert, ainsi qu’assez de graines pour prendre soin des montures. La gourde d’eau était déjà à la moitié mais trouver des points d’eau sur les Terres d’Émeraude n’était pas vraiment un problème comme dans les dunes de sables du Royaume des Humains. Il s’installa sur le sol, tout proche de Chimène et lui flatta l’encolure. Il invita Kaori à s’approcher et faire de même.

« N’hésitez pas. Je suis sûr qu’elle vous ait aussi reconnaissante que moi… » 

Même allongée, Chimène faisait deux fois la taille de Trotteur. Il laissa alors le temps qu’il fallait à Kaori pour venir au plus près des animaux. Les dromadaires, insensibles aux fluctuations de températures, dégageait une chaleur réconfortante à tout instant. Zéphyr se posa même contre sa chère Chimène, qui ne s’en plaignait jamais.
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Lun 02 Déc 2019, 18:22

Le plus beau voyage, c'est celui qu'on fait l'un vers l'autre.
Curieuse comme elle était, Kaori aurait sûrement de nombreuses questions à poser à Zéphyr, et celui-ci allait devoir s’accrocher pour pouvoir y répondre. La jeune fille avait la fâcheuse manie de bombarder les gens de ses interrogations, leur laissant à peine le temps de réfléchir sur ce qu’ils devaient dire. Cela pouvait rapidement s’avérer agaçant et il fallait donc s’armer de patience pour pouvoir ne serait-ce que prendre la parole. Néanmoins, elle se rendait vite compte de ses erreurs et se confondaient toujours en excuse avant de devenir aussi muette qu’une carpe et d’écouter les réponses à ses questions, les joues rosies par la honte de s’être laissée emporter. Encore jeune, l’Orine ne maîtrisait pas encore bien tous les codes sociaux et était sans nul doute loin d’atteindre la grâce et l’élégance des Muses de Maëlith, qu’elle avait toujours admiré et dont elle souhaitait secrètement faire partie un jour.

« Ne bouge pas… C’est bien, tu es vraiment adorable quand tu te tiens tranquille, tu le sais ça ? » sourit-elle. Bien qu’elle ait eu extrêmement peur de Trotteur lorsque celui-ci lui avait foncé dessus, elle se sentait un peu plus en confiance maintenant qu’il était allongé. Et puis, elle savait qu’elle n’était pas seule et que quelqu’un viendrait à sa rescousse si quelque chose venait à mal se passer. Le rôle de la demoiselle en détresse lui allait trop bien à son goût… « Tu te régales ? » demanda-t-elle au chamelon alors que celui-ci venait lui manger dans la main.

Voir l’animal se relever lui avait tiré un petit mouvement de recul. Plus impressionnée qu’effrayée, elle resta sur place et observa sa nouvelle connaissance qui passait la corde autour du cou du jeune dromadaire. Un léger sourire passa sur ses lèvres, dû à la satisfaction d’avoir pu aider quelqu’un et de se rendre utile à quelqu’un dans ce monde... Elle commença à caresser doucement la tête du petit fuyard et fut un peu étonnée par le toucher de celle-ci. Ce n’était en aucun comparable au pelage d’un chat ou d’un chien, et bien loin de la douceur du plumage d’un oiseau. Pourtant elle ne trouvait pas ça désagréable.

La voix du jeune homme lui fit lever la tête et elle put admirer un magnifique sourire de sa part, ce qui ne manqua pas de l’intimider. Elle balbutia un petit « Oh mais c’est normal voyons… », ne sachant pas réellement comment réagir face aux individus de sexe masculin. C’était la première fois qu’elle avait une véritable interaction avec quelqu’un du sexe opposé et elle ne voulait pas tout gâcher par une parole ou un geste maladroit. Ses paroles et son attitude envers le dromadaire la détendirent un peu et lui firent même lâcher un petit rire d’amusement. Alors qu’elle donnait une dernière caresse à la bête, elle accepta la proposition de son nouvel ami et le suivit donc jusqu’à l’endroit où il avait passé la nuit, ayant récupéré son sac au passage. Son compagnon de route, Nobu, avait décidé de venir se poser sur son épaule.

Toujours aussi intimidée par la taille de ces animaux, elle n’osa pas trop s’approcher, tenant les lanières de son sac comme si elle cherchait à se rassurer. Lorsqu’elle vit l’Humain se mettre à l’aise contre la dromadaire et que celle-ci ne bronchait pas le moins du monde, elle décida qu’elle ne courrait aucun risque et commença donc à faire quelques pas dans sa direction, toujours un peu hésitante. Elle ne quitta pas Chimène des yeux pendant les quelques pas qui lui suffisait à faire pour pouvoir s’asseoir près du voyageur et, lorsqu’elle commença à s’abaisser pour pouvoir s’installer, elle continuait à l’observer comme si elle lui demandait l’autorisation. Finalement, elle se retrouva installée dans l’herbe fraîche, poussant un petit soupir de soulagement en voyant qu’elle n’avait pas bronché. Comme le lui avait proposé Zéphyr, elle tapota doucement l’encolure de l’animal avant de tourner son attention vers les vivres disposés devant elle. À vrai dire, elle n’en connaissait pas la plupart et elle ne savait pas vraiment quoi choisir. Elle jeta son dévolu sur des fruits secs qui lui semblaient familiers, qu’elle avait sûrement déjà du goûter à Avalon.

« Je pense qu’après cette petite aventure, on peut se tutoyer. » dit-elle en se tournant vers lui avec un sourire. « Je vais pouvoir répondre à tes questions maintenant qu’on est un peu plus au calme et que tu n’as plus à t’occuper d’un petit fugueur ! Je me dirige vers les Terres du Lac Bleu, j’ai entendu beaucoup de rumeurs disant que c’était un endroit magnifique alors j’ai décidé d’y faire un tour. Quant à la raison de mon voyage… Je suis une Orine. À mes dix-sept ans j’ai dû partir de chez moi pour me mettre en quête de mon Maître, celui avec qui je serai liée jusqu’à la fin de sa vie. Pour nous, Orines, c’est une quête vitale, autant pour nous-même que pour le peuple tout entier. » expliqua-t-elle. Elle ne souhaitait pas trop entrer dans les détails, sachant que ce serait un peu compliqué à assimiler d’un coup. « Je voyage donc un peu partout dans le monde, pour en apprendre plus sur chaque peuple et ses traditions, pour me renseigner sur les coutumes de mon futur Maître. Oh, tiens, Nobu, occupe-toi de ce monsieur s’il te plait ! »

Le colibri avait commencé à voleter autour de la tête du jeune homme, comme attiré par la couleur vibrante de sa chevelure. En entendant les paroles de sa maîtresse, il stagna devant le nez de l’Humain et posa le bout de son bec sur les légères égratignures de celui-ci. Une douce lumière s’en échappa et Zéphyr put sentir une sensation de chaleur inonder la zone qui avait été ciblée par l’oiseau. Celui-ci se recula et siffla, quelque chose de beau et mélodieux aux oreilles de tous mais qui, pour Kaori, avait un véritable sens puisqu’elle pouvait communiquer avec lui. Comme à son habitude, il réclamait un dû pour l’utilisation de ses pouvoirs. Et puisqu’il appréciait la tignasse de son patient, il exigeait que ce soit l’une de ses mèches. La jeune femme n’avait jamais réellement compris son adoration pour les cheveux mais elle ne s’en était jamais réellement plainte. Jusqu’à aujourd’hui. Elle se voyait mal demander à un quasi-inconnu de la laisser lui couper une petite mèche, et encore moins lui expliquer que c’était son oiseau qui le réclamait. Il la prendrait sans aucun doute pour une folle…

« Voilà qui est mieux, ces vilaines égratignures ne risqueront pas de s’infecter. » déclara-t-elle en suivant son colibri des yeux. Celui-ci avait décidé de se poser sur la bosse de Trotteur, sûrement attiré par la chaleur que dégageait l’animal. Son regard se posa de nouveau sur le nomade alors qu’elle attrapait un nouveau fruit qui, cette fois, lui était parfaitement inconnu. Il s’agissait d’une baie bien charnue, de couleur rouge foncée et parsemée de ce qui ressemblait à des petites épines mais qui n’étaient pas piquantes du tout. Intriguée, elle demanda à Zéphyr de quoi il s’agissait. « Comment s’appelle ce… fruit ? Légume ? J’en avais vu sur les marchés à Avalon, mais je ne me souviens plus du nom… »


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Le plus beau voyage, c'est celui qu'on fait l'un vers l'autre | Kaori Zenmao

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