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 [EDR Orine & Co] Les fleurs du passé

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Mar 01 Oct 2019, 07:42


Image réalisée par Chuby Mi

Les Fleurs du passé.


Elle se tenait là, assise à seulement quelques mètres de lui. Elle était occupée à lire un roman, posé sur ses genoux. D'une main, elle tournait délicatement les pages tandis que l'autre était tantôt utilisée pour remettre ses longues mèches de cheveux bruns derrière ses oreilles, tantôt pour caresser la soie de sa jolie robe. Elle était tout simplement adorable. Elle semblait même rayonner, dans cette simple activité qui ne lui demandait pas grand effort. « Magnifique... » murmura l'homme, ses yeux rivés sur la silhouette de celle qu'il espionnait depuis plusieurs minutes. Non. La vérité était bien plus effrayante : cela faisait des mois qu'il s'était mis à la chercher, à la traquer pourrait-on même dire. Il l'avait trouvé il y a trois semaines environ, peut être un peu plus, aidé par ses camarades eux aussi en recherche de vengeance. Depuis lors, il avait passé son temps à l'observer, sans pour autant oser l'approcher. Il la regardait de loin, caché derrière un buisson ou prétendant être occupé par des activités qu'il n'appréciait guère d'ordinaire. Il s'était fondu dans la masse, se rendant invisible pour mieux pouvoir épier celle qui hantait son esprit depuis qu'elle l'avait quitté... Cela lui avait permit d'en apprendre plus sur elle. De connaitre ses habitudes. De mémoriser ses faits et gestes. L'Orine laissa échapper un petit rire, visiblement amusée par sa lecture. Ce simple bruit suffit à raviver de vives douleurs chez l'hommes. Ce rire, il avait eut l'habitude de l'entendre toute la journée. C'était pour lui qu'elle riait. Autrefois. Une époque qui lui semblait si lointaine et si proche à la fois. Ses traits furent déformés par un mélange d'envie et de rancœur, son regard menaçant toujours braqué sur sa cible. Cette dernière plaça son marque page dans l'ouvrage avant de refermer le livre puis de se remettre sur ses pieds avec grâce. Elle prit quelques secondes pour épousseter sa tenue, faisant tomber les brins d'herbes qui s'y étaient collés.

C'était le moment. Oui, cela faisait suffisamment longtemps qu'il avait attendu. Il devait lui manquer, c'était certain. Prenant son courage à deux mains, l'homme sortit de sa cachette et s'approcha de la belle demoiselle qui ne le remarqua pas avant qu'il ne lui adresse la parole. « Félicia... » La concernée releva la tête à l'entente de son prénom. Son minois souriant et gracieux la seconde précédente se teinta subitement d'étonnement et de ce qui devait sans doute être de la crainte. « Darius ? » demanda-t-elle, comme si elle ne parvenait pas à y croire. « Qu'est ce que... Qu'est ce que tu fais ici ? » L'espion s'approcha totalement de l'Orine, tendant les bras pour attraper ses mains entre les siennes. « Je suis venu pour toi ! » Cette réponse sembla glacer d'effroi la jeune fille qui essaya de se défaire de l'étreinte de l'homme. Il resserra sa prise plus fermement. « Je suis revenu te chercher ! » dit-il le regard plein d'espoir, un sourire fou se dessinant sur son visage émacié. « Me chercher ? Mais voyons, ça ne peut pas... » protesta doucement la brune, une pointe d'inquiétude perçant dans sa voix. « Ne t'en fais pas, personne ne le saura. Mais il faut faire vite ! Par ici ! » Darius commença à faire demi-tour pour regagner la cachette d'où il venait. « Non, c'est impossible. » insista la fille de Maëlith. « Attends, il faut qu'on parle. » essaya-t-elle de le raisonner. « Nous aurons tout le temps de le faire une fois que nous serons à l'abri ! Tu n'est pas en sécurité pour l'instant ! » L'Orine s'arrêta, tirant sur ses mains pour essayer de retrouver sa liberté. L'homme se stoppa également mais ne lâcha pas sa prise. « Darius, je ne peux pas partir avec toi... » Sa voix avait pris un ton implorant désormais, presque comme si elle devinait ce qu'il s’apprêtait à faire et qu'elle lui demandait de ne pas franchir cette ligne. Elle inspira grandement pour se donner du courage puis esquissa un sourire qu'elle voulait apaisant. Ce qu'elle allait lui annoncer n'allait pas lui plaire, elle le savait. « J'ai un nouveau maître maintenant. Je suis liée à quelqu'un d'autre. » Le blond se mit à rire, comme si elle venait de lui raconter une blague hilarante. Cette réaction ne fit que l'inquiéter davantage. « Mais non voyons. C'est moi ton maître. Je sais que tu as dû partir et que nous ne nous sommes pas vu depuis longtemps, mais désormais, je t'ai retrouvé. Nous pouvons de nouveau être ensemble. » Il y avait presque quelque chose de tendre dans la façon dont il parlait, comme s'il tenait véritablement à elle. Sans doute était ce le cas, un peu. La brune glissa quelques regards autour d'elle, comme si elle espérait attirer l'attention des passants, pouvoir compter sur quelqu'un qui vienne la secourir. Néanmoins, personne n'était dans les parages. « Non, Darius écoute moi... Souviens-toi, le Mars... Le Mars a brisé notre lien... Je ne suis plus ton Orine... » L'ancien Maître observa celle qui lui faisait face. Pendant quelques secondes, ses doigts se relâchèrent légèrement, tout juste suffisamment pour donner espoir à la jeune fille de pouvoir se libérer. Elle tira sur ses mains. Ce geste outra l'homme dont le visage se contracta sous la colère. « Non ! Non il n'a pas le droit ! » se mit-il à hurler en agrippant la brune par les épaules.  « Tu es à moi ! A moi c'est compris ?! » Sans pouvoir se contrôler, il se mit à la secouer. « Darius lâche moi ! Tu me fais mal ! » se plaignit l'Orine, des larmes s'étant mise à ruisseler le long de ses joues. « Non ! » Rugis l'homme en giflant la femme. La puissance du coup la fit tomber à la renverse. Avant qu'elle ne puisse reprendre ses esprits, il donna un autre coup qui lui fit perdre conscience.

Légèrement essoufflé, Darius regarda autour de lui. Aucun témoin. Parfait. Sans plus tarder, il souleva le corps de l'Orine et la mit sur son épaule.
1000 mots
Explications


Coucou les loulous  

Alors, la situation est plutôt simple. Durant le début de son règne, le Mars actuel a brisé beaucoup de liens qu'il ne jugeait pas assez bons, liant des Orines à des hommes qu'il jugeait trop médiocres pour avoir le droit d'en posséder. (Il a aussi couper les liens de beaucoup de pro-Aetheri lors de la guerre des Dieux.) Ces hommes ne pouvaient tout simplement rien faire face à cette décision et pendant longtemps, il ne s'est rien passé. Mais récemment, un homme a commencé à rassembler ceux qui, comme lui, ont perdu une Orine. Il leur a mis dans la tête qu'elles leur appartenait toujours et qu'il avait trouvé un moyen de les récupérer. Il les a donc tous persuadé d'enlever leurs anciennes Orine pour pouvoir rétablir leur ancien lien -ce qui est bien évidemment impossible. Pour celles qui sont devenues trop puissantes, il a convaincu ses partisans d'enlever de nouvelles Orines tout juste sorties de Maëlith et qui ne s'étaient encore liées à personne.

Si vous êtes une Orine, plusieurs choix s'offrent à vous. Le premier, si vous aviez déjà un maître par le passé, c'est justement d'être confronté à celui-ci, qui essayera de vous enlever. On peut également essayer de vous enlever si vous n'êtes pas encore liée. Si le kidnapping réussit, vous vous retrouverez dans des cages avec plusieurs Orines, vous pouvez remarquer que certaines d'entre-elles ont des marques gravées dans la chaire et pour l'instant c'est tout. L'autre possibilité est d'illustrer le malaise qui sort de ces disparitions. Elles sont arrivées un peu en masse et ne sont pas passées inaperçues, même si l'on ne comprend pas vraiment encore ce qu'il se passe. Les Orines ont donc peur 8D Le Mars a pu mettre à disposition des mercenaires/gardes du corps pour protéger celles qui pourraient en avoir besoin.
Si vous n'êtes pas une Orine, vous pouvez être l'un de ces mercenaires ou alors un allier de la race qui tente d'apporter son aide. (Vous pouvez essayer de mener une mini-enquête mais vous ne trouverez rien de probant pour l'instant.) Mais soyez cohérent, si vous avez trois en force, Marcus prendra pas la peine de vous contacter, il peut se permettre de recruter les meilleurs et c'est ce qu'il fera. Vous pouvez également être témoin d'une tentative d'enlèvement et essayer d'intervenir (mais ne dites pas que ça se fait dans une rue bondée avec plein de témoins. Ils sont un minimum organisés et essayent d'être discrets. Et pareil, si vous êtes pas très musclé, vous pouvez intervenir mais les chances d'empêcher l'enlèvement sont plutôt minces.) Si vous aviez une Orine et que Marcus vous l'a enlevé, vous pouvez également avoir été contacté par l'homme et essayer de récupérer votre Orine -mais je crois pas que ce soit le cas.

Ce lieu est le premier d'une petite série à venir. Donc hésitez pas à participer  nastae

Vous avez jusqu'au 01 décembre 2019, 23h59 pour poster. Événement réservé aux Orines et ceux qui peuvent justifier leur participation ^^

Gains


Pour 900 mots : Un point de spécialité au choix OU pour 1200  mots : Une Orine que l'on essaye d'enlever.

Pour 450 mots en plus (donc 1350 ou 1650), vous avez le droit à un point de spécialité supplémentaire.
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Ven 18 Oct 2019, 23:02


Image réalisée par jingyu shen

Les Fleurs du passé

« Non, je ne me battrai pas avec vous. » répondit l'homme d'un ton ferme. « Quoi ? Mais pourquoi ? » répondit Hanako, visiblement contrariée par cette décision. L'homme soupira en regardant la figure de celle qui lui tenait tête. « Parce que je suis censé vous protéger, pas vous abîmer et encore moins vous casser en mille morceaux. » répondit le mercenaire, comme s'il s'adressait à une fillette qu'il faudrait raisonner. Ce point de détail n'échappa pas à la blonde et la contraria quelque peu. Vexée, elle croisa les bras sur sa poitrine. « Je ne vous ait pas demandé de me malmener. Simplement d'échanger quelques coups d'épée avec moi. » L'homme observa l'Orine avec un mélange de dédain et d'incrédulité. « Lorsque je me bats, ce n'est jamais pour jouer. Je le fais sérieusement, pas pour m'amuser. Je me donne toujours entièrement à la tâche. » Cela ne sembla pas convaincre davantage la jeune femme, qui défiait toujours son opposant du regard. La demoiselle avait toujours eut un regard très expressif, qui ne laissait pas de doute sur ses intentions : l'homme n'avait donc aucun mal à deviner qu'il n'avait pas réussi à décourager l'entêtée. « Vous ne feriez pas le poids face à moi. » insista-t-il une dernière fois. « Ça, vous ne pouvez pas le savoir avant d'essayé. Je suis bien plus habile que je ne n'en ai l'air. » Hanako leva les bras au ciel, visiblement exaspérée. « C'est incroyable cette inclinaison qu'ont les autres peuples à nous diminuer, en s'imaginant que nous ne sommes rien d'autre que des frêles créatures à défendre. J'ai pas raison ? » La blonde se tourna vers Ran et Bae pour obtenir leur soutient. La première haussa lascivement les épaules avant de retourner à sa lecture. Le second, quand à lui, laissa échapper un rire. « Est ce qu'ils ont vraiment tort, ceci dit ? » « Bae ! » s'indigna l'Orine, ce qui déclencha l'hilarité du jeune homme. « Pardonnez là, elle est quelque peu fougueuse. » « C'est ce que je vois... » « Eh, je suis juste là, je vous entends ! » protesta la concernée. « Et... quand à nous deux... » Elle se mis de nouveau face au mercenaire, qui s'arrêta d'aiguiser sa lame. « Sachez que je suis très douée, pour manier le sabre ! Alors, si vous avez peur de vous mesurer à moi, avouez le et ne cherchez pas d'excuse ! » On avait souvent répété à la demoiselle que la provocation n'était pas une façon très délicate pour parvenir à ses fins, mais celle-ci ne pouvait s'en empêcher : elle souhaitait juste parvenir aux objectifs qu'elle se fixait. « Vous feriez mieux d'accepter. Elle est encore plus têtue que ce que vous pouvez imaginer. » prévint Bae, dans le dos de sa partenaire, qui grimaça sous l'agacement. « Vous êtes sensé veiller sur nous et vous assurer que nous trouvions nos maîtres sans nous faire kidnapper !  Malheureusement, ça ne sera pas une tâche aisée, nous sommes trois et le risque est grand. Vous auriez tout intérêt à nous former et nous apprendre à nous défendre nous même, plutôt que de ronchonner et de refuser catégoriquement. Et puis... » L'homme soupira, visiblement contrarié par ce flux de parole continu. « Haa, très bien. » la coupa-t-il. Hanako mit quelques secondes avant de réaliser qu'il lui avait répondu ainsi. « Que...Quoi ? » « J'ai dit d'accord. Dégainez votre sabre. » « Je... Euh... Je ne l'ai pas sur moi... Je vais le chercher ! » Le visage de la blonde s'était fendu d'un immense sourire satisfait, tandis qu'elle passait aux côtés de son futur professeur.

Le mercenaire attrapa sa protégée par le poignet et, d'un mouvement habile et souple, effectua une prise qui fit chuter la demoiselle dans un bruit sourd. La cible de cette attaque surprise poussa un petit cri qui attira l'attention de ses deux confrères, qui observèrent la scène d'un œil inquiet. « Pas besoin de votre arme pour le moment. Si vous n'avez pas le réflexe de systématiquement vous déplacer avec votre lame, cela ne sert à rien de vous entraîner avec. Les chances sont plus favorables à une attaque lorsque vous serez désarmée. » L'homme parlait d'une voix sévère, froide. Il ne comptait pas faire de cadeau à cette fillette : elle avait voulu se battre, elle obtiendrait ce qu'elle avait demandé, même si ce n'était pas exactement ce à quoi elle se serait attendu. Hanako, cligna des yeux pendants quelques secondes. Ceux-ci étaient devenus humides : ce soudain chamboulement l'avait quelque peu intimidé et l'émotion avait fait monter les larmes. Elle serra néanmoins les dents et retint ses pleurs, se remettant sur pieds aussi rapidement qu'elle le put. « Bien ! » Une détermination nouvelle semblait flamboyer dans son regard, ce qui surprit le maître : il s'était presque attendu à la voir partir en pleurant. L'homme se mit droit et rengaina sa lame, avant de commencer à dessiner un cercle lent autour de sa cible. Celle-ci ne le lâchait pas du regard, tournant sur elle-même pour suivre sa trajectoire. Il jeta un regard sur ses appuis, plutôt désastreux. « Bien, attaque moi. » « Vous êtes sûr ? » « La meilleure des défenses est l'attaque. » La blonde se mordit la lèvre, levant ses petits poins devant son visage. Ses yeux clairs glissèrent sur la silhouette du combattant, s'arrêtèrent sur ce qu'elle crut identifier comme une faille dans sa défense, puis elle s'élança pour porter un coup. Le guerrier para son geste sans la moindre difficulté puis enchaîna sur une nouvelle prise qui renversa de nouveau l'Orine, la faisant encore une fois tomber sur les fesses. « Tes yeux m'ont très clairement dit là où tu allais attaquer. Je n'ai même pas eut à me soucier d'où allais venir l'attaque : c'est comme si tu me l'avais dit à voix haute. Recommence. » L'homme attendit que son élève se remette debout avant de reprendre sa marche. De nouveau, il s'écoula plusieurs dizaines de secondes avant que la demoiselle prenne suffisamment confiance pour s'élancer au corps à corps, ne glissant un regard sur la zone à attaquer qu'au dernier instant. L'homme fut surpris de voir la demoiselle appliquer aussi rapidement les commentaires qu'il venait tout juste de dicter. Ce n'avait pas été très habile et une fois encore, il n'eut aucun problème à déstabiliser la blonde qui finit une énième fois au sol. Cette petite se révélait néanmoins plus prometteuse qu'il ne l'avait imaginé. Finalement, elle n'était peut-être pas qu'un simple chiot aboyant plus fort que ce qu'il aurait dû...

Les coups s'échangèrent encore et encore, durant près d'une heure. Les progrès n'étaient pas fulgurant : la demoiselle aurait encore du chemin à parcourir avant d'être à niveau et d'espérer pouvoir se battre efficacement. Mais sa volonté la poussait à se relever après chaque chute, sa détermination ne diminuant pas malgré ses échecs répétés. « Encore ! » s'impatienta Hanako lorsqu'elle vit son enseignant prendre de la distance. « Regarde toi : tu es tremblante. Tes gestes sont devenus lents et encore plus prévisible qu'au début de la séance... Il ne sert à rien d'épuiser ainsi ton corps. Nous reprendrons demain, si tu en est capable. »
_________________________________

Hanako marchait vers l'Ygdraë. Elle lui tendait les bras, prêt à l'accueillir. Cela faisait tellement longtemps qu'elle attendait ce moment ! Elle l'avait rêvé des centaines - non des milliers de fois ! Son cœur battait la chamade dans sa poitrine, l'excitation au comble du possible. « Viens à moi... » répétait-il de sa voix chaleureuse. Une voix chaude, de celles qui vous réconforte lorsque vous vous sentez un peu malade, qui vous rassure lorsque vous avez peur, qui vous berce avant de dormir... L'Orine se sentit immédiatement en confiance. Rassurée. Elle avait redouté cet instant autant qu'elle l'avait espéré. Mais voir ainsi son maître, aussi souriant, cela la rassurait...

La chute lui coupa le souffle. Désorientée, la Hanatsu suffoqua pendant quelques secondes, essayant d'inspirer profondément pour ravoir accès à l'oxygène. Ses sens captèrent quelques détails qu'elle ne parvint pas à comprendre immédiatement : le ciel étoilé, des bruits de lutte, et un sifflement terrifiant murmurant en boucle « Viens à moi. » Finalement, Hanako prit conscience du poids de l'homme au dessus d'elle. « Allez ! »  hurla-t-il en se relevant dans un saut habile, attrapant la blonde par le poignet pour la forcer à se relever. « Que se passe-t-il ? » demanda, inquiète, l'Orine tout en obtempérant. L'homme lâcha sa protégée pour parer une flèche qui fonça droit sur lui. « Les griffons !  » répondit simplement le mercenaire. La réponse était évidente : ils se faisaient attaquer. Ce qu'ils avaient redouté arrivait finalement : des personnes malveillantes essayaient de les kidnapper. Le cœur battant, l'intrépide se tourna vers l'endroit où devait se trouver les montures qu'ils avaient utilisé jusqu'à présent. Malheureusement, son regard ne se posa sur rien d'autre que de la brume : de partout, un brouillard qui n'avait rien de naturel s'était élevé. « Vite ! » la pressa le Chasseur. Prise d'un élan inconscient, l'Orine décida de tenter le tout pour le tout et fonça, tête baissée, dans la brume, là où aurait du se trouver les animaux. Finalement, sa bravoure fut récompensée puisqu'elle parvint aux hybrides. Sans réfléchir, elle sauta sur le dos de l'ailé, attrapant les reines. Son esprit embrumé remarqua les trois griffons supplémentaires : ses amis étaient toujours là. « Hanako ! » cria une voix atrocement familière. « Bae ! » répondit celle-ci en écho. Son ventre se serra, son cœur éclata en morceau : elle sentait la peur et la douleur dans la voix de son ami. N'écoutant que son instinct, la blonde s'apprêta à sauter de sa monture pour essayer de retrouver son camarade mais, au même instant, une créature surgit de la brume, la gueule ouverte et prête à mordre. Le griffon sur lequel elle avait grimpé s'ébroua instinctivement et l'emmena avec elle, dans les cieux, tandis qu'il étendait ses ailes.
1720 mots
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Sam 19 Oct 2019, 00:39


Image réalisée par L-E-N-T-E- S-C-U-R-A

Ran remonta la couverture jusqu'au menton de sa sœur. Ce n'était pas sa véritable sœur, bien évidement : elles avaient deux mères différentes et des pères aussi opposés que l'on puisse l'imaginer. Les deux jeunes femmes avaient néanmoins grandies dans la même demeure, élevée comme de véritables sœurs. Un sourire étira les lèvres de la douce tandis qu'elle bordait la blonde. Elle avait toujours aimé prendre soin des autres. C'était quelque chose d'inné, chez elle. Parfois, on la comparait à une petite maman, titre qui la faisait rire puisque la maternité n'était pas une perspective qu'elle envisageait sérieusement. Bien entendu, si son maître lui en faisait la requête, elle n'hésiterait pas à satisfaire ce souhait mais ce rôle là était bien différent que celui que l'Orine pensait incarner. Elle se voyait davantage comme une ange gardien. Plutôt discrète, qui n'attire pas l'attention mais qui est toujours là, derrière, pour réparer les bêtises et assurer les arrières. Un peu comme les bonnes Fae des contes que lui racontait sa mère, avant qu'elle ne quitte le village. « Fais de beaux rêves... » murmura tendrement la Hanatsu avant de se relever et de quitter la tente où l'on avait installée la guerrière en herbe.

Ran rejoignit les deux hommes, à l'extérieur. Ils étaient assis à côté d'un feu, tous deux occupés : Bae s’entraînait pour perfectionner son Art Divin tandis que le mercenaire examinait une carte. La demoiselle s'approcha de la marmite qui mijotait autour du feu. Le repas avait l'air prêt. Silencieusement, la demoiselle s'empara d'une assiette qu'elle remplit puis tendit à leur protecteur. « Tenez. » dit-elle d'une voix douce sans regarder l'homme dans les yeux. « Merci. » Le combattant s'empara de son plat et se mit immédiatement à avaler ce qu'il y avait à l'intérieur, sans faire de commentaire. Aussi discrètement qu'elle le put, la cuisinière observa la réaction de l'homme pour essayer de deviner ce qu'il pensait de son plat, tandis qu'elle servait une portion pour son homologue masculin et pour elle même. La jeune femme s'apprêta à poser la question qui lui brûlait les lèvres avant de se désister : elle n'osait pas déranger l'homme. A la place, elle s'assit sur le rondin que l'on avait installé pour elle et commença à manger en silence, soufflant sur sa cuillère avant de la mettre dans sa bouche.

« Eh bah, vous nous l'avez épuisé, notre Hanako. » commenta Bae tout en regardant le mercenaire. Celui-ci haussa les épaules. « Pour qu'elle s'endorme avant même d'avoir avalé la moindre bouchée, c'est qu'elle devait vraiment être exténuée. » Ce n'était pas tout à fait vrai. Ran avait veillé à lui faire manger une pomme avant qu'elle ne se couche, mais la timide ne jugea pas nécessaire de le préciser : le souci était toujours le même puisque la blonde avait sauté le repas, fait plutôt exceptionnel lorsque l'on connaissait le personnage. Même si elle semblait petite et frêle, elle possédait un appétit d'ogre et il valait mieux l'avoir en peinture plutôt qu'en pension. « C'est elle qui a insisté pour s’entraîner. » « Oh, ce n'est pas étonnant. Son futur maître est un combattant et elle espère pouvoir le surprendre en se montrant à la hauteur. Depuis qu'elle a reçu sa liste, elle ne fait que s’entraîner au sabre. Comme vous l'avez dit tout à l'heure, les Orines ne sont pas toutes connues pour leur talent au maniement des armes. » Même si la blonde comptait bien défaire ce stéréotype, la vérité était qu'elle partait avec un handicap certain : là où certains peuples étaient élevés dans la culture du combat, celui de Maëlith s'épanouissait dans l'Art et la Beauté. Ran ne doutait néanmoins pas un seul instant que la blonde parviendrait à son objectif. Hanako était de celles qui fonçaient droit devant elles dès l'instant où elles avaient un objectif en tête, et qui ne s'arrêtait qu'une fois y être parvenues... Les deux sœurs étaient bien différentes en ce point : la plus grande se montrait souvent hésitante, réfléchissant au point de se mettre elle même des barrières.

« Que faites-vous dans la vie ? J'ai cru comprendre que vous faisiez partie d'une confrérie, c'est cela ? » L'homme acquiesça, posant finalement sa carte : le garçon n'était pas mieux que l'assoupie, tous deux étaient bien trop bavards. « Les Corvus AEris. » « N'êtes-vous pas censé chasser des monstres ? » demanda Bae, curieux. « Les monstres peuvent revêtir différents visages. » répondit le Chasseur. « Certains se cachent sous les traits d'animaux, mais certains ont figure humaine. » Il s'écoula une seconde de silence pesante. « Ceux-là sont bien souvent les pires. Les animaux n'attaquent que parce qu'ils ont une raison. Ils cherchent à se nourrir, à défendre leurs petits ou à étendre leur territoire. Mais la barbarie des hommes, elle, n'a pas besoin de raison pour exister. » Ran sentit son ventre se contracter. Elle avala sa bouchée avec difficulté. « Et c'est ce genre de monstre dont je dois vous défendre. Finalement, votre amie n'avait peut-être pas tort. Peut-être n'est ce pas si idiot que d'apprendre à vous défendre sérieusement. » Ran fronça les yeux mais garda le silence. Elle n'était pas certaine d'être d'accord. Bien sûr, elle trouvait formidable que son amie se plonge dans cette discipline mais les Orines étaient, selon elle, avant tout des messagères des Arts. Leur mission n'était pas de dégainer les armes. « Eden... Pensez-vous vraiment que nous soyons en danger ? » Le mercenaire prit quelques secondes pour réfléchir. « Je pense que le Mars n'aurait pas engagé autant de mercenaires si ce n'était pas le cas. Il doit avoir une véritable raison. Si vous n'êtes pas en danger, il le croit tout de même. Mieux vaut être prudent. » conclut le Corbeau. La Hanatsu se mordilla de nouveau les lèvres. Elle craignait une réelle attaque. Elle avait entendu parler des mystérieuses disparitions qui avaient eut lieu, ici et là. Qui terrorisaient les mères de Maëlith lorsqu'elles savaient que leurs filles s'en iraient affronter un monde dangereux, encore plus que d'ordinaire.

« Quelque chose cloche. » Eden s'était redressé subitement, faisant grincer son armure. Il observait les alentours du campement. Une épaisse brume s'était levée depuis les arbres et commençait à avancer lentement vers eux. « Ce n'est qu'un peu de brume, non ? Le climat n'est plus aussi clément que sur les terres d'émeraude. Ce doit être normal. » Le chasseur scruta le brouillard d'un œil soucieux puis dégaina son arme. « Cette brume n'est pas d'origine naturelle.Je peux sentir la magie en émaner ! » Son regard s'était soudainement durcit. Il scrutait le territoire à la recherche de son ennemi. « Allez chercher votre amie et prenez les griffons pour vous enfuir. » ordonna le Chasseur. Ran, qui était restée pétrifiée, ne bougea pas davantage. Ce fut Bae qui agrippa par les épaules et la força doucement mais fermement à se relever. Ensemble, ils se dirigèrent vers la tente où dormait leur amie. Mais, alors que la brune allait s'engouffrer dans l'ouverture que maintenait ouverte son camarade, la jeune fille s'immobilisa, se sentant soudainement appelée par quelque chose d'inexplicable. « Viens à moi... » Ran voulut lutter et rejoindre le duo d'Orines. Malheureusement, la tentation fut trop forte. Comme si elle n'était plus maîtresse de son corps, la Hanatsu se sentit pivoter puis rejoindre le brouillard.
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Ran se réveilla dans un sursaut. Elle était glacée jusqu'aux os. Par réflexe, elle essaya de tirer sur son kimono, afin de s'enrouler davantage dedans. Cela ne lui apporta aucun réconfort. La jeune fille claquait incontrôlablement des dents. Ses membres étaient engourdis et, même si elle ne pouvait pas voir son reflet, elle ne doutait pas un instant que ses lèvres devaient avoir une teinte bleutée. L'humidité du lieu n'aidait pas à se réchauffer. La vision de l'Orine s'habitua peu à peu à l'obscurité ambiante. Bientôt, elle fut capable de discerner les barreaux de ce qu'elle identifia être une cage. Un cage dans laquelle elle était enfermée. La gorge nouée par l'appréhension, la demoiselle bougea jusqu'à être capable de se mettre debout. Cette entreprise fut laborieuse : le sol n'était pas stable. Il tanguait. Ou plutôt, il vacillait : sa prison était suspendue dans les airs grâce à une épaisse chaîne métallique.

« A l'aide ! » se mit à croasser la captive. Sa voix était enrouée. Elle se racla la gorge avant de réitérer son appel au secours. « Est ce qu'il y a quelqu'un ? S'il vous plait j'ai besoin d'aide. » Pendant plusieurs secondes, personne ne lui répondit. Ran sentit le désespoir s'infiltrer dans ses veines, aussi vicieusement que de l'alcool : elle en avait déjà fait les frais, une fois, lorsqu'elle avait abusé sur le saké. Il vous embrouille l'esprit, vous fait perdre vos moyens et malgré vos efforts : impossible de retrouver le contrôle. « Je vous en supplie... » gémit la jeune femme, des larmes commençant à monter à ses yeux, brisant sa voix.

« Arrête. » Ran sursauta. La voix venait de derrière elle. En plissant les yeux, la prisonnière parvint à distinguer une silhouette, puis une seconde, à l'autre bout de sa cage. « Par Phoebe, je ne suis pas seule. » soupira de soulagement la demoiselle tout en s'approchant des inconnues.  « Qu'est ce qui m'est arrivé ? Où sommes nous ? » La demoiselle qui avait parlé déglutit : elle était visiblement en piteux état, à bout de force.  Elle aussi tremblait de froid. « Nous sommes perdues. » chuchota la femme. « Tout est perdu, c'est la fin. »
1657 mots
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Dim 20 Oct 2019, 19:31


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Les Fleurs du passé


« Ran ? » demanda Bae en voyant son amie s'arrêter juste devant la tente qu'il maintenait ouverture pour elle. « Est ce que tu te sens bien ? » demanda le garçon, sentant l'inquiétude monter en lui. Il jeta un regard sur la brume qui s'était dangereusement approchée de leur campement, formant des bras fantomatiques rampant jusqu'à eux. Un frisson de dégoût secoua l'androgyne. Ran ne sembla pas l'entendre. Elle semblait comme sous le choc, les yeux grands ouverts, les pupilles dilatées. Elle n'avait jamais été douée pour réagir dans les situations de crise et se laissait facilement envahir par la panique. « Bien, attends-moi là, d'accord ? Je vais réveiller Hanako puis on te rejoint tout de suite. » Le jeune homme exerça une légère pression sur le bras de son amie, comme pour la rassurer, lui rappeler qu'il était là pour l'aider. Sans plus s'attarder, le blond s'engouffra dans la tente. Elle était bien plus spacieuse que ne le laissait présager l’extérieur, agrandie magiquement pour permettre à au moins cinq personnes de séjourner confortablement. Bae scruta l'intérieur de la chambre : il fallait partir, et vite. Ils n'auraient pas le temps de plier la tente : sans doute reviendraient-ils plus tard pour récupérer leurs affaires. Il était néanmoins nécessaire de prendre le minimum vital : qui sait combien de temps ils devraient attendre, avant de pouvoir revenir sur leurs pas ? Un sentiment de panique commença à le submerger et l'adolescent ferma les yeux tout en prenant une profonde respiration. « Bien... Faisons les choses dans l'ordre... D'abord, Hanako, on verra le reste ensuite. » se murmura-t-il à lui-même pour se remettre les idées en place. Suivant ses propres conseils, le Hanatsu s'approcha de la couchette où avait été installée la combattante. Il secoua cette dernière avec un peu plus de rudesse qu'il ne l'aurait voulu : l'angoisse rendait ses gestes nerveux, brusques. « Hanako... Hanako, réveille-toi, vite. Nous devons partir. » Il hésita à lui dire qu'ils se faisaient attaquer : il ne voulait pas effrayer sa camarade. La blonde grogna puis se tourna sur sa couchette, émergeant lentement du sommeil. Elle n'avait jamais été de ces gens qui parviennent à sortir efficacement du lit. Ne faisant aucun effort pour être discret, Bae s'approcha d'une commode dans laquelle il attrapa une généreuse bourse d'argent : celle que leurs avaient laissé leurs mères avant de partir pour leur Voyage. Il la glissa dans le sac à dos où la nourriture et des provisions de secours avaient été rangées, puis mis le sac sur ses épaules. Il chancela : le bagage était bien plus lourd qu'il ne l'avait cru au premier abord. « Hanako ! » rappela le garçon, remarquant que sa camarade ne s'était toujours pas levée. Le garçon hésita un instant puis se décida finalement à s'emparer de ses armes et de celles de son amie. « Hanako, c'est pas drôle, tu dois te lever maintenant, on n'a pas le temps pour - »

« Non ! Recule ! Ne t'avance pas vers le brouillard ! » Bae ne termina pas sa phrase, son sang se glaçant dans ses veines. Sans plus prêter attention à la blonde, il se rua dehors. Un hoquet de surprise le stoppa : la brume n'était plus qu'à quelques mètres de la tente. Avec horreur, il vit la silhouette gracieuse de l'Orine se faire peu à peu engloutir par l'obscurité tandis qu'elle s'enfonçait dans le piège de leurs assaillants. « Ran ! » hurla-t-il avec le stupide espoir que cela suffirait à la faire réagir, à lui faire retrouver ses esprits. A sa droite, le mercenaire se mettait à sauter, à droite et à gauche, valsant avec les griffes de fumée, sa lame produisant pourtant des étincelles lorsqu'elle essayait de pourfendre la brume. Le blond resta immobile une seconde, avant que son corps ne réagisse de lui-même : il s'élança à la suite de son amie. Instinctivement, il retint sa respiration et ferma les yeux lorsqu'il plongea à son tour dans le brouillard, tendant les bras droit devant lui pour essayer d'attraper la brune. « Ran ! » appela-t-il à nouveau. Il effectuait des moulinets avec ses mains, mais ses doigts ne faisaient que se refermer sur du vide. Finalement, à court de souffle, il finit par respirer et ouvrit timidement les yeux. Étonnement, rien ne se produisit. Il s'était imaginé devoir affronter un homme effrayant ou des créatures monstrueuses. Au lieu de cela, il se trouvait simplement dans une bulle, lui permettant de voir à portée de bras.

« Ran réponds moi ! Où es-tu ?! » Un rire lui répondit en écho, brouillant sa source. C'était un son féminin, qui n'inspirait néanmoins rien de bon. « Oh, regardez comme c'est adorable... Un héro qui saute dans le danger pour sauver son amie... C'est tellement touchant. » Bae dégaina son Kama - il craignait de sortir son Yari et de blesser accidentellement l'Orine. « Qui êtes-vous ? Et que nous voulez-vous ? » Un second rire, identique au premier, s’éleva du flou. Cette fois-ci néanmoins, le son se stabilisa, la brume s’aggloméra jusqu’à former une silhouette humanoïde et devenir tangible. Peu à peu, une femme se matérialisa. Elle était élégante, sa tenue semblant inadéquate pour le combat. « Je pense que tu connais déjà la réponse... » minauda-t-elle, un sourire étrange flânant sur son visage. Bae sentit sa gorge se serrer. Ses mains se mirent à trembler, malgré l'effort qu'il mettait à les garder statiques. « Rendez moi Ran ! Tout de suite. » L'Orine avait essayé de prendre un ton menaçant, même s'il n'y était pas parvenu. « Non, ça ne va pas être possible. » rétorqua l'ennemie du tac au tac. Elle semblait s'amuser de la situation. « Mais rassure toi, nous n'allons pas la laisser seule : votre amie et toi allez venir avec nous. » Elle pencha la tête sur le côté, comme pour évaluer la réaction du jeune homme, qui frémit de dégoût. « Bien... Si je tarde trop, ils vont encore m'en vouloir.... » finit-elle par déclarer, comme à regret. « Angus, attaque. » ordonna-t-elle à la brume. Bae ramena son arme devant lui, prêt à riposter, ses yeux scrutant avec affolement son environnement. Tout comme la femme était née du brouillard, une forme monstrueuse se dessina dans la pénombre. Un mélange démoniaque entre un canidé et un reptile. L'androgyne en resta béa, incapable de bouger devant la créature de cauchemar qui se matérialisait face à lui. Pourtant, le monstre ne comptait pas rester immobile. A peine eut-il émergé du flou qu'il bondit sur sa proie.

Bae laissa un cri de terreur lui échapper tandis qu'il se jetait au sol pour échapper à son opposant. L’adrénaline montant soudainement dans les veines du blond, il coupa les lanières du sac à dos qui l'entravait d'un coup de Kama puis roula sur le ventre. Apeuré, il se mit à ramper aussi vite que possible. C'est alors qu'un phénomène étrange se produisit : la brume se souleva soudainement, juste assez pour que l'Orine puisse apercevoir Hanako. Désespéré, il appela son nom à l'aide et l'entendit répondre, juste avant que le rideau opaque ne se rabaisse tout aussi subitement. Le blond sentit des crocs s'enfoncer dans son mollet, lui arrachant un cri de douleur. Sans qu'il ne puisse les retenir, des larmes dévalèrent ses joues. La bête tira fortement sur la jambe de sa victime, l’entraînant avec lui dans l'obscurité. Dans un dernier élan de résistance, Bae planta sa lame dans le sol pour se retenir. Serrant le manche de toute ses forces, il se maintint quelques secondes avant que le sol humide ne cède et ne le relâche entre les griffes de ses assaillants.

« Lâche le ! » Une lame trancha la brume. Le monstre rugit de douleur tout en lâchant sa prise. L'adolescent en profita immédiatement pour se mettre à quatre pattes et avancer aussi vite que possible dans la direction opposée aux combats. Dans son dos, des bruits d'armes s’entrechoquant, des bruits gutturaux et des cris humains. Essayant de faire attraction de tout cela, le jeune homme redoubla d'effort pour s'échapper à ce cauchemar. Il finit par arriver à l'endroit où il avait laissé son sac, qu'il agrippa de sa main libre. Durant plusieurs secondes qui lui semblèrent une éternité, Bae continua à avancer à l'aveuglette, avant de déboucher hors du nuage brumeux. Au début, il ne vit pas les griffons, et un élan de panique le submergea. Sans qu'il ne puisse se contrôler, un rire dément le secoua, à mi chemin entre le délire et le désespoir. Épuisé, l'Orine se laissa tomber à plat ventre sur le sol et se mit à sangloter à travers ses hoquets euphoriques. La douleur dans sa jambe était insupportable, mais peut-être pas autant que la réalité qui s'imposait froidement à lui : il était dans une situation catastrophique.

Un sifflement strident raisonna dans l'air. Bae se figea, n'osant plus respirer, ne sachant pas ce qui l'attendait. Eden sortit du néant et faillit trébucher sur le corps du blessé. « Que... Merde ! » Le mercenaire bloqua une attaque avant de s'abaisser pour attraper son protéger qu'il lança sur son épaule, comme s'il ne pesait pas plus qu'une plume. Il porta à nouveau un sifflet à ses lèvres et souffla puissamment dedans. La seconde suivante, un griffon atterrit face à lui. Sans perdre une seconde, il jeta le blond en travers de sa monture et sauta sur le dos de l'animal qui prit aussitôt son envol. Tout cela s'était passé tellement vite que le blond n'avait pas réalisé ce qu'il venait d'arriver. L'air frais fouettait douloureusement son visage, mais il ne put qu'en apprécier l'effet revigorant. Pendant une seconde, il pensa être hors de danger. C'est alors que son regard se posa sur la forme brumeuse qui s'était étendue depuis le nuage. Une griffe qui s'étirait pour essayer de les attraper. « Attention ! » hurla-t-il, paniqué. Le guerrier se retourna, juste à temps pour tendre sa main et créer un jet de flamme. Cela eut pour effet de produire une explosion, dont le souffle brûlant propulsa le griffon qui se mit à vriller sur lui même.
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Ven 01 Nov 2019, 09:17


Image de Ina Wong
« Je n'ai pas de jambe pour danser, pas de poumons pour respirer ni de vie pour vivre ou mourir. Pourtant, je suis capable de faire tout cela. Que suis-je ? » L'homme observa la jeune femme en face de lui, fronçant les sourcils. « Mmh... Vous ne cherchez pas à me simplifier la tâche, n'est ce pas ? » L'Orine garda le silence mais esquissa un sourire taquin. En effet, elle ne comptait pas se laisser avoir par le premier prétendant venu. Puisqu'il était apparu sur sa liste, c'est que le Mars et les Muses avaient vu en lui un grand potentiel, mais cela ne suffisait pas à convaincre la brune. Il avait d'abord fallut qu'il fasse ses preuves avant que la demoiselle n'accepte de lui poser son énigme. Mais après l'avoir côtoyé pendant plus d'une semaine, Moon avait vu en lui l'homme qu'il deviendrait et elle s'était laissée séduire par l'idée de passer sa vie à ses côtés. Le guerrier passa une main dans sa barbe, les sourcils froncés, prenant le temps de réfléchir à la réponse qu'il allait donner. « Bien, je pense avoir trouvé. » déclara-t-il finalement avec un sourire complice. « Je vous écoute. » l'encouragea la brune en lui retournant son sourire. « Il s'agit des fla- » L'hommes se stoppa dans sa phrase, le visage contracté par la douleur. « Rémi... Est ce que tout va bien ? » demanda la jeune femme, visiblement soucieuse en observant son futur maître porter une main à sa poitrine. Avec effroi, la Hanatsu vit le visage de l'homme prendre une teinte rouge dangereuse, qui se mit lentement à tourner au violet et la demoiselle comprit qu'il ne parvenait plus à respirer. « Par Phoebe, je... un instant ! » Moon se leva précipitamment et alla vers la table de la cuisine, attrapant un verre qu'elle rempli d'eau. Elle ne savait pas exactement quoi faire pour aider l'homme. En réalité, elle ne comprenait pas comment il s'était débrouillé pour avoir le souffle ainsi coupé et ne plus parvenir à respirer. Dans tous les cas, elle ne pouvait se contenter d'attendre et de rester témoin passive de la scène. Les mains tremblantes, elle se hâta de retourner vers l'homme, qui était tombé de son fauteuil, glissant jusqu'au sol où il s'était écroulé. Son visage avait désormais une teinte alarmante que la belle essaya d'ignorer tout en l'aidant à se redresser un peu pour l'inciter à boire. « Te-Tenez, buvez de l'eau, ça vous aidera ! » dit-elle en essayant de paraître la plus convaincante possible. Malheureusement, ni elle ni son prétendant n'étaient dupes : ces quelques gorgées d'eau n'auraient aucun effet sur la condition préoccupante du malade. Celui-ci obtempéra néanmoins, à cours d'autres idées pour se sauver. La boisson ne passa pas la barrière de ses lèvres qu'il fut pris de convulsion. Cédant à la panique, Moon se mit à frotter vigoureusement le dos de l'homme.

L'Orine se figea. Son visage et ses vêtements étaient recouverts de rouge. Pâteux. Chaud. Le sang sur sa peau la fit frémir de dégoût. Son futur maître lui adressa un dernier regard, comme pour s'excuser d'avoir craché ainsi sur elle, puis son regard s'éteignit complètement. La demoiselle sentit ses lèvres trembler, ses yeux s'humidifier. « Rémi... Rémi, répondez-moi... » implora-t-elle d'une toute petite voix qui ne lui ressemblait pas tandis qu'elle secouait la dépouille de l'homme, comme pour le forcer à se réveiller. Malheureusement, ce n'eut pas l'effet escompté et le combattant resta immobile. La gorge nouée, Moon sentit une première larme couler le long de sa joue, qu'elle essuya d'un mouvement rageur, bientôt suivit de secondes, puis d'un flot de larmes. « Concentre-toi ! » s'ordonna-t-elle tout en disposant ses mains tremblantes au dessus de l'homme. Elle essaya de sentir le flux de magie la parcourir, afin de ressusciter le défunt. Malheureusement, l'angoisse l'empêchait de se concentrer : elle ne pouvait pas arrêter de penser au sang poisseux sur son visage, au regard vide de son prétendant, à son visage rougit... Les larmes s'étaient maintenant transformées en torrent, déstabilisant sa respiration.

La porte de la petite chaumière s'ouvrit avec fracas, faisant sursauter l'Orine qui tourna son buste pour chercher à comprendre ce qui avait causé ce vacarme. Son esprit embrumé et paniqué fut soulagé de voir un homme entrer dans le salon de la demeure. « Au secours... » gémit-elle. « Rémi il... il s'est étouffé. Je n'ai rien pu faire il a... il juste arrêté de respirer et... et... » Sa phrase fut interrompue par un nouveau sanglot qui secoua tout son corps. Le nouveau venu prit le temps de refermer la porte derrière lui, puis s'approcha lentement de Moon et de l'homme par-dessus lequel elle était penchée, ses petites mains s'accrochant désespéramment à sa chemise. L'inconnu s'accroupit et posa ses propres mains, grandes et chaudes, par dessus celles de la brune, qui releva le visage pour s'attarder sur celui du nouveau venu. Sa peau était pâle, comme s'il manquait de sommeil. Son regard était sévère et ses traits crispés. Pourtant, il se dégageait de lui quelque chose de bienveillant, comme s'il essayait de la réconforter. La Hanatsu obéit à la douce pression exercée par l'étranger et lâcha prise. « C'est trop tard... Il est parti. Il n'y a plus rien que vous puissiez faire. » « Si je... Je peux encore le ramener,je peux - » « Non, c'est fini, Ayami... » Moon esquissa un mouvement de recul. « Je... Je ne suis pas Ayami, je suis Moon. » prononça d'une voix froide l'Orine. Elle sentit un froid glacial l'envahir. « Ayami était ma mère... » Un sourire mélancolique vint percer le visage de l'homme, qui pencha la tête sur le côté. « Tu lui ressembles tellement... » murmura l'homme. La gorge de la jeune fille se serra désagréablement. Ses larmes avaient cessé de couler : sa tristesse et son désespoir avaient été remplacés par une tension motivée par l'instinct de survie. « Qui êtes-vous ? Comment connaissiez-vous ma mère ? » Moon essaya de retirer ses mains de l'emprise de l'inconnu mais celui-ci serra davantage sa prise, l'empêchant de retrouver sa liberté. « Tu vois, Aya...Tu aurais dû m'écouter... Si tu étais restée avec moi, au lieu de rejoindre cet autre homme, tu serais encore en vie... avec notre enfant... » Moon fronça les sourcils. Elle ne comprenait rien à ce que cet homme lui racontait. « Monsieur, vous me faites mal. Veuillez me lâcher, s'il vous plait. » exigea d'une voix autoritaire bien que chancelante la calligraphe. « Vous me faites mal. » répéta d'une voix geignarde le ténébreux, comme pour se moquer de sa victime. « Mal ? Tu veux savoir ce que c'est d'avoir mal, pour de vrai ? » La lueur chaleureuse qu'avait perçu plus tôt l'Orine s'était totalement éclipsée, remplacée par un air dément et inquiétant.

violence /-18\:

La porte s'ouvrit à nouveau. « Tout va bien, ici ? J'ai entendu hurler. Rémi ? Qu'est ce que... » La venue inattendue d'un nouvel homme déstabilisa le tortionnaire qui ne prêta plus attention à sa victime. Celle-ci s'empara de la cruche posée à côte de son visage et la jeta en direction de son assaillant. Celui-ci fut de nouveau surpris par cette attaque et vacilla en arrière, lâchant enfin sa cible qui se mit à courir vers le nouveau venu. « Au secours ! Il m'a -Il m'a ! » le mot ne parvenait pas à franchir ses lèvres. Le sauveur n'eut néanmoins pas à chercher plus loin et, décelant la détresse de la demoiselle, il se précipita dans la direction d'où elle avait surgit, près à attaquer celui qui avait malmené la malheureuse. Néanmoins, lorsqu'il apparut, la cuisine était déserte. Le fou s'était simplement volatilisé.

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Dim 03 Nov 2019, 17:44




Demoiselle en detresse


Ca faisait maintenant une semaine que j'avais été au rocher au clair de lune. Et je dois dire que depuis, c'était la galère. Glorhal avait bien l'intention de me faire comprendre que je n'avais pas à le désobéir… Je le trouvais un peu injuste, après tout n'avais-je pas le droit de faire ce qui me semblait juste? D'accord, il avait jugé cela trop dangereux, que l'ont étaient pas encore prêt et je pouvais le comprendre. En toute honnête, si maintenant je n'avais pas fait la rencontre de Dhavala et qu'il ne m'aurait pas aidé, je n'aurais certainement pas réussi. Mais j'étais revenue, je lui avais promis de ne plus lui désobéir de la sorte, mais non, monsieur continuait à m'en faire baver comme pas permis. Dès qu'il y avait une tâche un peu plus ingrate à faire, c'était pour ma poire. Enfin bon, autant ne rien dire et être une gentille fille docile, car sinon je pouvais empirée mon cas. Les deux autres essayaient bien de m'aider de temps en temps, mais ce n'était pas tous les jours facile, il fallait le faire discrètement s'ils ne voulaient pas s'attirer les foudres du braskä.
En fait, ce que je ne supportais pas, c'est qu'il m'aille annoncer qu'a la base il avait pensé qu'on commence à se diriger vers l'antre du marais, mais que finalement vu que "certaine" n'était pas capable d'écouter, on allait changer de direction. Je le prenais assez mal, car je rêvais d'aller là-bas. C'était assez étrange sans doute, mais je voulais voir tout ce que cet endroit avait à nous montrer, voir les plantes et les animaux qui avaient réussi à vivre dans un endroit aussi peu hospitalier. Mais non, il en avait décidé autrement. Mais bon, peut être que c'était le meilleur moyen pour que je me tienne à carreau à partir de maintenant, même si je trouvais cela complètement injuste.

On avait fini par s'arrêter aux abords d'un petit village, enfin plutôt d'une zone de repos pour voyageur j'avais envie de dire. Il n'y avait qu'une auberge et quelques maisons. Sans doute un endroit agréable pour ceux qui souhaitaient vivre en toute tranquillité.
Pour une fois, il avait accepté que nous ne dormions pas à la belle étoile, ça lui arrivait quelquefois et on pouvait alors profiter d'un peu de confort le temps d'une soirée et d'une nuit. Moment que nous apprécions particulièrement. On mangea donc tranquillement avant de profiter d'une bonne salle d'eau avec de l'eau chaude.

Seulement, au moment d'allez me coucher, je m'approchai du Glorhal, sa surveillance accrue m'avait poser un désagrément non négligeable. «Glorhal, est ce que je peux allez à l'extérieur quelques heures? Ça fait longtemps que je n'ai plus vu Laël et tu sais qu'il n'aimera pas s'approcher d'ici.» Le braskä posa ses yeux sur moi, comme s'il essayait de savoir si je préparais autre chose. «Je te laisse deux heures.» Je le remerciais alors chaleureusement et je partis rapidement, deux heures c'était vraiment court et il fallait encore que je trouve mon ami, même si je savais qu'il n'était jamais bien loin.

Une fois à l'extérieur, je commençais à regarder l'endroit où il pourrait être et je n'eus pas à le chercher plus longtemps, vu que je le vis arriver en trottinant dans ma direction. Et une fois à proximité, il s'abaissait pour que je puisse lui monter sur le dos. «Vous avez enfin eu une permission de sortie. » Je hochais la tête et il se mit à gambader. Qu'est-ce que ça me faisait du bien !

Mais la promenade fut de courte durée. Car alors que l'ont se trouvaient assez loin de l'auberge, j'aperçus une jeune femme courir dans notre direction, elle semblait apeurée et un peu plus loin, d'autres ombres semblaient a sa poursuite. «Laël, il faut allez lui donner un coup de main, dépêche-toi. » Je le sentis nerveux et je pouvais le comprendre, j'étais la seule personne qu'il acceptait sur son dos et à qui il daignait parler, mais je voulais aider cette jeune fille et il le savait. Il se mit au galop malgré ses craindre. Une fois arriver près de la jeune fille, elle paniqua davantage, sans doute lui semblait-il être coincé.
Je lui tendis alors la main et l'incita à la saisir. «Je ne te veux pas de mal, dépêche-toi de monter.» Je m'excuserais auprès du cerf plus tard. La jeune fille ne semblait vraiment pas rassurée, elle me regarda un moment, comme si elle essayait de savoir si elle pouvait réellement me faire confiance. J'étais en train d'envisager de la faire monter de force, ce qui était sans doute une mauvaise idée, quand des voix d'homme retentirent. Et visiblement ça la décida et elle m'attrapa rapidement la main enfin.

Laël s'éloigna rapidement des hommes et on gagna un endroit tranquille où on put enfin descendre. J'aurais peut-être dû directement me rendre auprès de Glorhal, mais je voulais en savoir plus avant. Je demandai alors à la jeune fille ce qui s'était passé. «Je m'appelle Naminé. Ces hommes veulent m'enlever.» «Pourquoi?» Suite à ma question, elle me regarda avec une grande attention, comme si elle essayait de savoir ce que je pensais réellement. «Écoute, je veux bien t'aider. Mais je ne veux pas me mettre dans les ennuies si tu es juste une petite fugueuse tu comprends ?» «Bien sûr, je comprends. Ces hommes ne sont pas là pour me ramener chez moi. C'est juste que je suis une orine et je ne sais pas… Ils doivent espérer quelque chose en me rendant captive. Mais il se trompe !» Une certaine détermination se lisait dans son regard. Les orines… C'était le peuple que je connaissais le moins tant je le trouvais mystérieux.
Mais alors que j'étais en train de réfléchir a ce que l'ont allaient pouvoir faire, Laël s'agita et je compris rapidement quand un homme apparu derrière l'urine. Il cria alors à ses compagnons qu'il nous avait trouvés et essaya de saisir l'orine. Rapidement, il se ramassa un coup de bois du cerf ce qui le fit reculer de quelque pas. L'homme posa un regard mauvais sur nous et il était facile de comprendre ce qu'il avait en tête pour ceux qui osaient s'interposer entre lui et son objectif. «Monte sur le dos de Laël, il faut que l'on s'en aille d'ici rapidement !» Pendant que Naminé montait sur le dos de mon ami, je repoussais les assauts de l'homme. Rapidement, je compris qu'il aurait vite l'ascendant sur moi, je n'étais pas assez entrainé. Enfin, disons plutôt que je manquais énormément de pratique comparée à lui. Comprenant que je ne pourrais pas le combattre, je me rendu invisible et je montais sur le dos du cerf ou je réapparus. Et pendant qu'il se lançait au galop dans la plaine, je me concentrais un moment pour créer d'autres cerfs chevauchés illusoires, ceux-ci prenant d'autres directions que celle qui nous intéressait. J'espérais tenir l'illusion assez longtemps, mais ma concentration était mise à mal à cause de la douleur de mon flanc.

Quand je vis enfin le village à proximité, je poussais un soupir de soulagement. Une fois près de l'auberge, je descendis du Laël et Naminé m'aida à marcher jusqu'à l'intérieur. Rapidement, je remarquais que Glorhal se tenait devant moi et visiblement il n'était pas vraiment ravi. «Aurais-tu un réel souci avec les consignes ? Je t'avais donné deux heures et tu les as largement dépassés. Et… qu'est-ce qui t’est arrivé?» Il venait enfin de remarquer la blessure et sans doute mon état de panique sur mon visage. «Elle a besoin d'aide ! Des hommes veulent s'en prendre à elle.» «Et pourquoi veulent-ils s'en prendre à vous?» Il était méfiant, c'était assez normal, mais j'espérais que la réponse suffise à ce qu'il nous aide cette fois-ci. Je ne voulais pas la laisser toute seule et je n'étais pas certaine qu'il accepte qu'elle nous accompagne sur le long terme. «tu ne peux t'empêcher t'aider les autres toi. Va auprès de Nërwen pour te soigner, toi Naminé, je suis désolée, mais je vais avoir besoin que tu viennes avec moi. » Je n'aimais pas trop le fait qu'il la prenne avec lui, mais il alla aussi chercher Valar et du coup j'étais un peu plus rassurée. Oh je ne craignais pas pour l'orine, auprès du braskä elle ne risquait rien. Mais il était assez bourru et quand on ne le connaissait pas, il pouvait faire peur à mes yeux.

Ils partirent alors tous les trois à la recherche des hommes qui pourchassais Naminé, inquiète, je laisse cependant mon amie s'occuper de moi sans dire un mot. Elle soigna rapidement la plaie et je pus allez nettoyer le tout. J'étais en train de raccommoder mes vêtements quand je les entendis revenir. Il était clair qu'ils avaient combattu et Glorhal m'expliqua qu'il y en avait bien un qui avait réussi à fuir, mais les autres étaient maintenant hors de combat. (Autre mot pour dire qu'il les avait simplement tués). N’aminée elle semblait vraiment rassurée. Elle nous remerciait chaleureusement.
Je lui ai rapidement demandé ce qu'elle comptait faire maintenant et elle m'a répondu qu'elle allait reprendre sa route. J'espérais vraiment qu'elle n'aurait plus de soucis et que celui qu'elle choisirait la traiterait bien. Je n'avais pas eu beaucoup l'occasion de la connaitre, mais d'une manière générale, ces êtres mystérieux ne méritaient pas de tomber entre de mauvaise main. Je lui souhaitais bon voyage et le lendemain, on partit chacun de notre côté.

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Jeu 21 Nov 2019, 15:02

Les fleurs du passé.
Quelques rayons de soleil effleurèrent le visage de la jeune femme, la tirant par la même occasion de son sommeil. C’est avec lenteur qu’elle ouvrit les yeux et poussa un petit gémissement en se rendant compte qu’elle avait oublié de fermer les rideaux. Elle n’aurait pas dit non à dormir encore une petite heure de plus… Jouer les touristes à Avalon pouvait rapidement devenir épuisant tant la ville était grande et regorgeait de choses à faire et à voir. La demoiselle avait décidé de prolonger son séjour pour encore quelques semaines. Étant devenue une bonne amie de la propriétaire, elle avait réussi à négocier pour payer la moitié du prix de la chambre. En échange, elle lui rendait plusieurs services. Nettoyer deux ou trois chambres, aider à faire la vaisselle… Naïve comme elle était, elle ne se rendait pas forcément compte que la vieille femme n’hésitait pas à se servir d’elle pour les corvées qu’elle n’avait pas le cœur à faire.

L’Orine se redressa doucement dans son lit et étira ses bras avec délice avant de poser ses deux pieds à terre. Elle fouilla quelques secondes dans son sac avant d’en sortir une robe blanche, toute légère. Le temps dans la cité était un peu capricieux, mais il faisait néanmoins toujours assez chaud, ce qu’appréciait la jeune fille. Elle passa une écharpe autour de sa taille pour la marquer, puis enfila une veste de kimono, légère, que sa mère lui avait offerte peu de temps avant son départ. Un sourire triste passa sur son visage alors qu’elle glissait ses doigts sur les motifs floraux du vêtement. Maëlith lui manquait, ses amies Orines aussi. Elle se demandait souvent comment elles allaient, ce qu’elles faisaient, mais n’osait pas envoyer de lettres pour avoir des nouvelles. Elle savait qu’elle aurait bien trop envie de rentrer si jamais elle recevait une réponse… Elle devait découvrir le monde et trouver celui qui partagerait sa vie. C’est sur cette pensée que Kaori enfila ses chaussures, prête à entamer une nouvelle journée dans la ville des Déchus.

Elle poussa la porte de la chambre et descendit les quelques marches pour rejoindre le rez-de-chaussée. Là, elle salua sa nouvelle amie avec un large sourire et s’assit à une table. Autour, d’autres clients prenaient leur petit-déjeuner et conversaient entre eux. Quelques-uns lançaient des regards vers la touriste avant de murmurer entre eux. Celle-ci remarqua à quel point elle attirait l’attention et se demanda un instant si elle était réellement la bienvenue ici. Écourter son voyage la rendrait très triste, mais si elle n’était pas à sa place à Avalon, elle préférait ne pas se mettre en danger. Lorsqu’elle releva la tête, la propriétaire de l’établissement était à côté d’elle, attendant sa commande. La jeune femme lui lista ce qu’elle souhaitait manger avant de demander.

« Dites… Pourquoi me regardent-ils tous comme ça ? J’ai fait quelque chose de mal ? Je ne suis pas à ma place ici peut-être ? interrogea-t-elle, les yeux arrondis par l’inquiétude.
- Oh… tu n’es pas au courant… répondit la vieille femme d’un air désolé.
- Au courant de quoi ? s’informa la demoiselle.
- On raconte qu’il y a eu plusieurs enlèvements d’Orines, dans les Terres d’Émeraude, mais aussi dans d’autres villes du monde… La plupart avaient déjà un Lien, mais d’autres… D’autres sont de jeunes filles comme toi, parties à l’aventure et à la recherche de l’élu de leur cœur.
- Mais… c’est horrible ! Qui peut bien faire une chose pareille ? s’écria la Hanatsu, paniquée.
- Je m’inquiète un peu pour toi… Ne traîne pas trop tard dans les rues le soir, et reste autant que possible dans des endroits fréquentés. On ne sait jamais ce qui pourrait arriver… »

Trop choquée pour répondre, l’Orine se contenta d’un hochement de tête. En son for intérieur, elle pria Phoebe pour que ses amies aillent bien. Certaines allaient bientôt devoir quitter la capitale et elles pouvaient très bien devenir la cible d’un de ces psychopathes. Rongée par l’inquiétude, elle toucha à peine à son assiette lorsque son amie lui apporta. C’est donc le ventre serré que la jeune fille sortit de l’auberge, espérant que prendre l’air l’aiderait à reprendre ses esprits et à mettre toutes ses idées au clair.

Sa ballade dans les rues d’Avalon lui permit de se détendre un peu et de profiter de quelques heures de calme, loin de ses pensées tourbillonnantes. Regarder tout ce monde vivre, se mettre en marche, travailler… Tout ça lui mettait un peu de baume au cœur et lui permettait d’oublier ce qu’elle avait appris le matin-même. Malgré cela, elle ne se sentait pas entièrement en sécurité… Elle n’osait plus croiser le regard des gens, de peur qu’il puisse s’agir d’un kidnappeur. Ainsi, sa tête restait baissée vers les pavés lorsqu’elle marchait. Elle manqua plusieurs fois de bousculer des gens mais au moins elle se sentait un peu plus en sécurité, bizarrement. Comme on lui avait conseillé, elle ne s’aventurait pas dans les petites ruelles, restant dans les grandes rues et ne s’arrêtant que sur les diverses places pour voir un peu ce qu’il y avait à faire.

Elle n’avait plus le cœur à danser, pourtant c’était ce qu’elle faisait toujours lorsqu’elle s’arrêtait sur des places. Elle se trouvait un petit endroit, sans personne autour, et commençait à enchaîner quelques mouvements. Parfois, elle recevait quelques pièces d’or, qu’elle économisait avec grand soin. La plupart du temps, ses prestations se finissaient par des chutes ce qui, au final, l’amusait plus qu’autre chose. Elle avait appris à ne plus se soucier des rires moqueurs et des messes basses. Tout ce qui comptait, c’était qu’elle s’amusait.

Sans qu’elle ne s’en rende compte, la nuit commençait déjà à tomber et amenait avec elle toute une horde de personnes peu fréquentables. L’Orine se mordilla la lèvre et accéléra le pas pour retourner à l’auberge où elle logeait. La température avait baissé de plusieurs degrés et de nombreux frissons secouaient son corps frêle. Alors qu’elle se rapprochait de son objectif, une main la poussa sur le côté, la faisant ainsi tomber dans une ruelle adjacente. La demoiselle ouvrit la bouche pour protester mais une paume puissante scella ses lèvres alors que, de son autre bras, l’inconnu la soulevait par la taille. N’étant pas bien lourde, il n’aurait aucun mal à la balader un peu partout…

En comprenant ce qui était en train de se passer, la jeune fille commença à se débattre, mettant des coups de pieds dans le vide. Elle tentait de crier, mais ses protestations étaient étouffées. Ses bras étaient piégés dans son dos. Elle était totalement impuissante. L’homme se pencha à son oreille pour lui murmurer d’abandonner. Cette voix… Elle la reconnaissait ! C’était celle de l’un des clients de l’auberge ! Elle n’avait aucun souvenir de son visage cela dit et, dans le noir, elle ne pourrait pas non plus voir quoi que ce soit… Retrouvant de la hargne, elle mordit férocement la main qui la rendait muette, plantant ses dents jusqu’au sang. Une insulte passa la bouche de son ravisseur qui finit par enlever sa paume, de peur qu’elle lui inflige de nouveaux dégâts.

Kaori saisit alors sa chance et hurla à l’aide à pleins poumons. Des battements d’ailes se firent bientôt entendre et l’inconnu décida de lâcher l’affaire et de s’enfuir, abandonnant sa proie au milieu de cette ruelle. Un petit attroupement de Déchus vint à la rencontre de la jeune fille qui les rassura avec un petit sourire. Tout son corps était pris de tremblements et l’expression sur son visage ne laissait aucune place au doute. La pauvre était en état de choc. Quelques âmes charitables décidèrent de l’aider et de l’accompagner jusqu’à l’auberge dont elle avait à grand mal réussit à prononcer le nom. Ils expliquèrent la situation à la propriétaire et furent surpris de la voir aussi compréhensive. Lorsqu’ils sortirent de l’établissement, celle-ci était déjà en train de monter à l’étage pour rendre visite à l’Orine et pour la consoler.

En se réveillant le lendemain, la jeune fille se sentait un peu mieux. Ses tremblements persistaient cependant et elle ne se sentait clairement plus en sécurité dans cet endroit. Quelques larmes roulèrent sur ses joues avant qu’elle ne laisse totalement cours à sa tristesse. Trouverait-elle un jour un endroit où elle se sentirait bien ? Où on n’essaierait pas de la manipuler ? Au vu de la situation actuelle, elle doutait de pouvoir un jour se sentir à sa place quelque part. Devait-elle retourner à Maëlith ? Au moins là-bas personne ne lui voudrait du mal… Elle regrettait tant d’être partie désormais, d’avoir laissé tout ce qu’elle avait toujours connu derrière elle. Elle releva la tête et vit son visage noyé de larmes dans le miroir. Non… elle devait se reprendre. Elle ne laisserait personne l’effrayer assez pour pouvoir diriger sa vie. Elle se tapota les joues et les sécha à l’aide des draps. Elle en avait assez vu à Avalon, elle devait partir.

Rassemblant toute ses affaires et enfilant des vêtements confortables, elle décida qu’elle allait entreprendre un nouveau voyage. Cette fois, elle irait vers l’est. Elle avait entendu parler de la beauté des terres du lac bleu et elle souhaitait les voir de ses propres yeux. Elle avait tant à découvrir encore et elle ne voulait plus perdre une minute de plus. Au fil du temps, elle s’était découvert une véritable passion pour les voyages et les autres cultures. Son vœu le plus cher était d’en apprendre le plus possible sur les autres et de s’enrichir de toutes ces nouvelles connaissances. D’un pas décidé, elle descendit les dernières marches qui menaient à l’accueil.

Elle fut surprise d’y voir la propriétaire lui tendre un petit sac de vivres. Apparemment, elle avait bien compris que sa petite protégée allait quitter le nid… Attendrie, la jeune femme passa derrière le comptoir pour la prendre dans ses bras.

« Je reviendrai un jour… Promis. »

Les deux amies se sourirent puis l’Orine se retourna. Dire au revoir aux gens était toujours aussi déchirant mais elle n’avait pas d’autre choix… Les vivres rangés dans son sac et ce-dernier sur son dos, elle commença à s’avancer vers le portail et d’autres nouvelles aventures.


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Lun 25 Nov 2019, 17:47


Le jour s’était levé depuis quelques heures à présent et Claire n’avait encore rien fait de la journée. Elle avait essayé de peindre, mais rien ne venait. Elle avait essayé de lire, mais elle n’arrivait pas à se concentrer. Alors elle avait essayé de chanter, mais tous les sons qui sortaient de sa bouche lui semblaient faux. Elle se sentait nauséeuse, mais elle ne voulait pas rester dans sa chambre. Elle ne voulait rien faire et en même temps ne savait pas quoi faire de son corps. Alors, elle était sortie. Elle avait traversé quelques rues mais rien n’égayait ses sens. Elle était toujours aussi déprimée. Elle revint sur ses pas au bout d’une vingtaine de minutes. Elle venait de franchir le pas de la porte lorsque le propriétaire vient vers elle en lui tendant une lettre. « C’est arrivé pour vous ce matin. » lui dit-il. Elle prit l’enveloppe délicatement et reconnu l’écriture de son amie. Elle avait été rapide. C’était gentil de sa part. Le début d’un sourire se dessina sur son visage. C’était peut-être les réponses qu’elle attendait vainement depuis son départ de Maëlith !

Elle ressortit de l’auberge et s’installa dans la petite taverne en face. Elle commanda un verre de lait chaud et lut la lettre d’un trait. Au fur et à mesure qu’elle avançait dans sa lecture, l’esquisse de son sourire s’effaça. Non. Ce n’était pas à ce genre de réponse qu’elle s’attendait.

Le serveur lui posa son verre devant elle. Elle ne le toucha pas encore. Elle réfléchissait. Elle attendait que les minutes défilent. Elle regardait d’ailleurs les aiguilles de la grande horloge de la ville bouger doucement, rythmiquement au fil du temps. Si elle avait été plus joyeuse peut-être qu’elle aurait écrit une chanson sur ce même tempo. Mais son cœur depuis quelques mois n’était pas à la fête.

Elle avait fini par envoyer une missive à l’une des ses amies Orine, partie le même jour qu’elle de Maëlith, afin de lui demander conseil. Que devait-elle ? Elle qui se retrouvait encore sans Maître ? S’y était-elle mal prise ? Peut-être avait-elle commis des erreurs ? Peut-être avait-elle mal cherché ? Claire ne savait plus quoi faire.

Son amie lui avait écrit des paroles encourageantes pour la suite de sa recherche. Claire devait garder confiance et elle retrouverait son Maître quand l’heure serait la bonne. Mais la jeune Orine avait du mal à intégrer son discours sachant que son amie avait déjà trouvé son maître de son côté. Elle avait l’impression d’échouer lamentablement et n’avait pas besoin de la pitié d’autres Orines plus chanceuses qu’elle. Claire essaya de se raisonner en se disant qu’elle lui avait demandé son avis et que son amie avait eu la gentillesse de répondre. Elle ne voulait que son bien-être et même si elle n’arrivait pas à voir comment elle allait faire pour se sortir de ce mauvais pas, elle devait au moins lui être reconnaissante.

Mais Claire était également gênée par la suite de la lettre. En effet, sur les dernières lignes son amie la prévenait d’un danger qui pouvait potentiellement la concerner. Une rumeur courait au sein de la communauté orine et elle souhaitait l’avertir. Cette rumeur évoquait des malotrus qui enlèveraient les Orines. La raison n’était pas très bien connue. Certains pensaient que c’était une rébellion contre le Mars. D’autres pensaient à de la simple jalousie ou envie. Son amie, elle, pensait que c’était sûrement pour les rendre esclaves d’une quelconque façon. Elle la conseillait de faire attention car, le fait qu’elle ne soit pas liée à un Maître l’a rendait d’autant plus convoitée. En lisant ces mots, Claire ne savait vraiment plus quoi penser. Est-ce qu’il était possible qu’il puisse exister des gens avec d’aussi mauvaises attentions ? Pouvait-on être aussi méchant ? Aussi égoïste ? Pouvait-on être aussi jaloux ? Claire savait ce qu’était la jalousie. Elle-même se rendait compte qu’elle était envieuse de son amie qui avait trouvé son Maître … Mais jamais elle n’irait jusqu’à blesser quelqu’un pour cela. Du moins, elle l’espérait. Ces kidnappeurs ne se rendaient-ils pas compte qu’en enlevant des Orines destinées à d’autres, ils rompaient un lien sacré ? Comment allaient faire les véritables Maîtres en devenir de ces Orines ? C’était une honte d’agir ainsi ! Claire ne pouvait pas croire que des personnes avec des desseins aussi impurs puissent véritablement mettre à exécution de tels stratagèmes. Non. Claire n’y croyait pas. Elle froissa la lettre dans sa main. Décidément, son amie n’avait pas apporter la positivité que Claire recherchait. Tant pis, elle devrait faire avec. Elle entreprit de boire son verre de lait qui n’était plus si chaud et demanda à l’aubergiste s’il avait du papier à lettre. Ce dernier lui fit envoyer quelques liasses dans sa chambre. Elle y retourna alors pensant écrire quelques mots à son amie. Il fallait tout de même qu’elle la remercie. Dans sa chambre, elle prit sa plus belle plume. Puis, avec de l’encre de chine, commença à rédiger sa missive. Elle l’informait des résultats toujours infructueux de sa recherche. Claire essaya de mettre quelques mots joyeux dans ses phrases. Elle ne voulait pas que son amie pense qu’elle n’allait pas bien. Claire la remercia ensuite de ses pensées touchantes et de ses encouragements. Elle savait qu’elle pouvait compter sur elle. Claire s’arrêta quelques instants d’écrire et réfléchis à la suite. C’est vrai qu’elle avait de la chance d’avoir une si bonne amie. Cette dernière n’avait pas hésité à lui répondre et elle l’avait même prévenu d’un danger potentiel. Claire reprit alors sa lettre et la remercia également de sa mise en garde. Finalement elle signa en bas de la page. Claire mit sa lettre dans une enveloppe neuve et la cella avec le cachet que lui avait prêté l’aubergiste.

Voilà, elle avait terminé. Maintenant que devait-elle faire ? Elle n’avait plus envie d’aller dehors. Elle préférerais rester à l’intérieur. Alors, elle pensa à cette rumeur. Est-ce qu’il y avait vraiment des Orines enlevées ? Si c’était réellement le cas, Claire espérait qu’elles allaient bien et qu’il ne leur aurait fait aucun mal. Elle adressa une prière à Phoebe. Elle pria pour ces Orines. Pour qu’elles soient retournées à leur Maître. Pour qu’elles soient délivrées et protégées. Une partie d’elle-même pensait que tout ceci n’était que fadaises, mais s’il y avait le moindre doute pour que tout cela soit vrai, autant prier pour leur retour.

Claire frissonna. Elle alla chercher son pull fétiche qu’elle mit autour de ses épaules. Cela la réchauffa instantanément. Cependant, elle avait toujours cette impression d’être vide et seule. Il fallait absolument qu’elle le retrouve. Pourquoi n’était-il pas à Avalon ? Elle l’avait cherché partout ! Normalement, il aurait dû être ici ! Que se passerait-il si en voulant le chercher dans les rues, elle tombait sur un des prétendus kidnappeurs ? Pourraient-ils la forcer à donner son énigme ? Serait-elle alors lié à un des enleveurs d’Orines ? Comment le vivrait-elle ? Est-ce qu’elle se sentirait quand même comblée ? Ressentirait-elle encore ce vide qui ne la laissait plus ? Que dirait le Mars ? Serait-il en colère ? Est-ce qu’il pourrait décider de rompre le lien volé ? Et dans ce cas-ci que devrait faire Claire ? Pourrait-elle partir ? Est-ce qu’elle se sentirait seule de nouveau ? Est-ce que c’était normal qu’elle espère secrètement qu’on la kidnappe et qu’on lui vole son lien ? Peut-être que c’était cela son remède ! Que quelqu’un lui vole son énigme … Elle serait alors liée et … Mais son vrai Maître alors ? Que deviendrait-il ? Il n’aurait pas son Orine, et alors, qui l’aidera ? Par Phoebe, il ne fallait pas que Claire soit kidnappée ! Il fallait qu’elle trouve son Maître sans délai ! Lui seul pourrait la protéger ! Lui seul pourrait la mettre à l’abri et la contenterai ! Et de son côté, elle seule pourrait l’aider à trouver sa voix ! A vivre comme il devrait vivre ! Il fallait qu’elle le trouve ! Vite !

Claire se releva d’un coup. Il ne fallait pas qu’elle perde une seule minute. Il fallait qu’elle retourne dehors ! Qu’elle tape à toutes les portes ! Qu’elle entre dans toutes les auberges ! Et peut-être même aller le chercher dans les maisons closes ! Elle devait le trouver ! Maintenant !


1372 mots.
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Mar 26 Nov 2019, 21:11


Bellone ferma les yeux tandis que l'eau coulait le long de ses tempes. « Vous savez, je serais vraiment ravi de pouvoir vous héberger tous les trois, si vous en avez envie. » déclara Johan en dévorant des yeux les deux femmes, installées dans un coin du salon, un peu à l'écart. « J'ai largement la place. Vous ne vous sentirez pas à l'étroit, je vous le promets. Demandez à Bellone, j'ai déjà organisé des soirées avec beaucoup plus d'invités ! » dit l'artiste en se tournant vers Handri. « C'est très gentil à vous, vraiment, mais nous ne pouvons abuser de votre hospitalité. » Le mercenaire regarda à son tour les deux Orines. « Et puis, nous devons nous mettre en route. Un long voyage nous attend. » dit le guerrier. La musicienne ouvrit un œil pour observer le duo. Le peintre afficha une mine déçue et ouvrit la bouche pour argumenter son point de vue, mais la demoiselle ne put entendre sa réplique. De l'eau venait de rentrer dans son oreille, ce qui la fit frémir et grimacer. « Oh, désolée. » s'excusa Sun-Hi en redressant la cruche dont elle versait le contenu sur les cheveux de sa consœur. « J'y suis allée un peu trop fort. » « Ce n'est rien. » rassura la brune en se réinstallant sur sa chaise. La coiffeuse improvisée s'empara d'une serviette et essuya sommairement les cheveux de sa cliente, avec des gestes délicats. Bellone était à demi endormie. Son aînée avait passé plusieurs minutes à lui appliquer des soins capillaires, tâche hautement appréciée par la concernée qui avait sombré aux portes de Harabella sous les caresse de la femme. « Bien, il va falloir redresser ta tête pour que je puisse les couper droits. » La Hanatsu obtempéra. « Parfait. Ne bouge plus. » Le bruit du ciseau rompant sa chevelure serra légèrement le cœur de la jeune fille. Elle s'était laissé pousser les cheveux, depuis plusieurs mois. Elle avait apprécié cela, mais en voyant sa camarade au carré parfait, l'envie de retourner à sa coiffure initiale l'avait regagné et elle avait demandée à Sun-Hi de l'aider, cette dernière ayant accepté avec entrain.

« C'est un drôle de numéro que tu as dégoté. » commenta la coiffeuse en glissant un regard furtif sur le déchu. Cette remarque fit sourire la concernée. « Oui, il est un peu spécial, mais il est vraiment gentil. Et puis, il a pris grand soin de moi depuis mon arrivée ici. » Bellone se mordit la lèvre avant de froncer les yeux. « Enfin... Depuis que cet autre déchu a échoué à répondre à mon énigme... » Un silence gêné s'installa entre les deux jeunes filles. « Il n'a pas apprécié ce résultat ? » « Non, pas du tout, même. Mais bon, je ne pouvais pas espérer meilleure réaction de la part d'un orgueilleux dont l'honneur a été bafoué aussi vulgairement. » « En effet... » chuchota la belle danseuse avec un sourire désolé, bien que sa partenaire ne puisse pas la voir. « Au moins, il ne m'a pas violenté... » La brune soupira. « Johan a été témoin de la scène et il m'a proposé de m'héberger si j'acceptais en échange de lui rendre des services. » Sun-Hi immobilisa son geste. « Des services ? A quel genre de services faisait-il allusion ? » Bellone sourit. « Rien d'indécent, n'ais crainte. » La jeune femme se détendit et reprit la découpe. « Il avait besoin d'une nouvelle source d'inspiration car la dernière en date l'avait simplement abandonné... Et soit disant trouvait-il en moi quelque chose qui éveillait sa flamme intérieure ou quelque chose comme ça... » Un petit rire secoua la demoiselle. « Je pense surtout qu'aucune autre femme n'allait accepter avant un petit bout de temps, alors il s'est rabattu sur moi. » « Mais non voyons. Ne dis pas ça. Moi, j'ai l'impression que tu l'as beaucoup inspirée, au contraire... C'est toi sur ces toiles, non ? » L'Orine braqua son regard sur l'un des tableaux qui avait été accroché au mur. « Oui... » admit-elle, un peu satisfaite à la vue de l'oeuvre la représentant. « Ca devait être bien de pouvoir servir de muse à un artiste. Il n'est pas encore au sommet de son art, mais il a définitivement du potentiel. Ca ne m'étonnerait pas qu'une Orine vienne lui poser une énigme, un jour prochain. Avoir pu être la personne ayant guidé ses traits doit être très gratifiant. » Un sourire flânait sur les lèvres de l'apprentie muse. « Oui... Je dois avouer que c'était assez flatteur. J'avais l'impression de remplir mon rôle, en quelque sorte. Non pas que je me sois sentie liée à lui comme à un Maître... Disons plutôt que j'étais devenue... Une oeuvre d'Art... Juste le temps de quelques coups d’œils, mais c'était suffisant. » « Mmh... » « Et puis, grâce à lui, j'ai aussi réalisé que j'aimais vraiment beaucoup l'architecture. Enfin, je le savais déjà mais... Disons qu'il m'a encouragé pour m'impliquer davantage sur ça. » « C'est très bien. » dit sobrement la danseuse. Elle n'était pas très expressive mais était réellement heureuse pour sa comparse.

« Et toi ? Comment s'était, aveclui ? » Les visages des deux jeunes femmes se renfermèrent. Sun-Hi soupira tout en donnant un coup de peigne dans la chevelure d'ébène. « Eh bien... Comme tu peux l'imaginer, ce n'était pas aussi joyeux qu'ici. » En effet, Bellone pouvait imaginer. Sa seule présence signifiait que quelque chose clochait. « Ce n'est pas un artiste, mais il est tout de même... » Sun-Hi chercha ses mots pour qualifier le mercenaire. « Intéressant ? » « Il sait faire la conversation ? » « Oh ça, non, pas du tout. Je suis un peu rassurée de savoir que je ne ferai pas le chemin toute seule avec lui. » Une nouvelle pause. « Mais, malgré ça... Je ne sais pas. Il est gentil et, même s'il est maladroit, je sens qu'il fait des efforts pour ne pas avoir l'air d'un rustre. Et puis, au moins, il est doué dans son domaine. Le Mars ne le paye pas pour rien. » « Ah oui ? » « Oui, la dernière fois, il a plaqué au sol un homme qui s'est approché un peu trop près de moi. Ce n'était qu'un voleur de bas étage, il n'y avait pas de réel risque pour moi... » « Il a tout de même essayé de te voler, non ? » souligna Bellone. « Oui... M'enfin, Handri ne lui en a pas laissé l'occasion... Si seulement tu avais pu voir ça. C'était très drôle. Bien sûre, je me suis retenue de rire à haute voix, ça n'aurait pas été très poli, même pour ce bandit. » La conversation retomba à nouveau et les jeunes filles gardèrent le silence, l'une concentrée dans sa tâche et l'autre perdue dans ses pensées. « Dis... Ces rumeurs que j'ai entendu et que vous m'avez raconté... Tu penses qu'elles sont vraiment fondées ? » demanda la plus jeune, la gorge nouée. « Oui, j'en ai bien peur. Le Mars n'aurait pas déployé autant de ces soldats pour nous protéger si ça n'avait pas été le cas. » « Mais... Pourquoi ? Que nous veut-on ? » « D'après ce que j'ai entendu, on ne nous veut rien, à nous. C'est surtout aux Sorei que l'on s'en prend. A celles qui se sont liées. Mais certaines filles ont disparues quand même et donc, par mesure de sécurité, on nous a envoyé de l'aide... J'imagine que l'on ne voulait pas tenter ces fous à se tourner vers nous... Seules, nous représentons des cibles faciles. » « Oui mais... Et à ces femmes, qu'est ce qu'ils leur veulent ? » « Ça, seule Phoebe le sait. »

« Voilà, j'ai terminé. » déclara Sun-Hi en séchant les cheveux désormais courts de sa camarade. Elle lui tendit un miroir à main dans lequel la jeune fille se jugea. « Haaan ! Tu es ma-gni-fique ! » s'extasia Johan de l'autre bout de la salle. « Cette coiffure te va simplement à ravir ! Non, non vraiment je ne peux pas te laisser partir maintenant.Te voir ainsi, ça me donne plein de nouvelles idées et... Et puis, en compagnie de ta charmante amie... Non vraiment, mes trésors, je- » « Johan... » réprimanda le soldat d'un air menaçant.

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Jeu 28 Nov 2019, 12:03

Les fleurs du passé.
L’air frais du matin caressait délicatement la chevelure claire de la jeune Orine. Un sac rempli de vivres et de vêtements sur le dos, celle-ci commençait son voyage initiatique sur les terres du Yin et du Yang. Partie il y a à peine une heure de Maëlith, elle se sentait déjà un peu fatiguée et décida de faire une pause pour se reposer et apprécier une dernière fois le paysage de son pays natal. Elle n’avait aucune idée d’où elle souhaitait aller, tout ce qu’elle voulait c’était essayer de retrouver sa vieille amie, Kaori, avec qui elle avait passé une bonne partie de son enfance. Lors de son départ, elles s’étaient promis de se retrouver et de voyager ensemble. Avec un peu de chance, elles trouveraient leur Maître en même temps et pourraient vivre toujours l’une près de l’autre. Elles s’étaient donné rendez-vous près du territoire des Magiciens. Celui-ci n’était pas très loin et il faudrait sans doute un peu plus d’une semaine pour y arriver, si elle marchait d’un bon pas.

Seulement, Shiori n’était pas très forte physiquement et elle était bien moins endurante que sa congénère. Ainsi se pensa-t-elle qu’elle ne serait jamais au rendez-vous à temps, ce qui lui pinça le cœur. Elle songea à lui envoyer une lettre, mais elle n’avait aucune adresse à inscrire. Pour son plus grand malheur, elle n’avait pas de petit compagnon ailé qui pourrait l’aider à lui faire passer un message. Elle avait toujours été un peu jalouse de la relation que son amie entretenait avec Nobu mais était contente qu’elle puisse voyager en compagnie d’un petit être aussi fidèle. Ce devait être tellement rassurant…

La demoiselle se leva et reprit la route, la boule au ventre. Quelques jours avant de partir, elle avait eu vent des rumeurs d’enlèvements d’Orine, ce qui ne la rassurait pas le moins du monde. De ce qu’on disait, ces kidnappeurs ne faisaient aucune différence entre celles qui étaient déjà liées, et celles qui venaient à peine de quitter la capitale. Il y avait de quoi s’inquiéter… Shiori ne savait pas vraiment se défendre, et en serait même incapable si jamais quelqu’un venait à l’agresser. C’est pourquoi elle gardait en permanence son poignard auprès d’elle. Celui-ci lui venait de sa mère, qui elle-même l’avait possédé lors de son voyage en dehors des Terres d’Émeraude. Il s’agissait donc d’une arme très ancienne, qui allait sans doute passer de génération en génération.

La jeune fille ne se doutait pas que, quelques mètres derrière elle, un homme la suivait depuis son départ de la ville. Celui-ci savait se faire discret. Il s’était déguisé en voyageur pour ne pas attirer l’attention, et feignait de suivre la même route que celle qui le précédait. Pas un seul instant il ne la lâcha des yeux, même lorsqu’elle s’assit pour manger une pomme. Il n’avait pas encore prévu de faire quoi que ce soit, il attendait que la nuit tombe pour qu’elle soit totalement à sa merci. Un sourire malsain passa sur son visage alors qu’il détaillait de nouveau la silhouette de l’Orine. Plus que quelques heures à attendre…

Le soleil commençait doucement mais sûrement à décliner et la blonde grimaça un peu à l’idée de devoir dormir à la belle étoile. S’il y avait bien une chose qu’elle détestait, c’était bien la fraîcheur de la nuit, loin de ses couvertures et de son lit confortable. La demoiselle s’était bien trop habituée à vivre dans l’aisance, ne s’étant jamais véritablement préparée au jour de son départ. Elle avait aidé Kaori à s’entraîner à allumer de petits feux de camp et à mémoriser la carte du Continent Naturel mais elle n’avait pas retenu grand-chose il fallait bien l’avouer… Elle était à ce moment encore très concentrée sur ses études qu’elle considérait comme primordiales. Peut-être aurait-elle du s’armer un peu mieux face à toutes les épreuves qui l’attendaient, en dehors de son cocon douillet... Quoi qu’il en soit, elle finit par se trouver un endroit qui l’abriterait du vent pour la nuit. Alors qu’elle se baissait pour fouiller dans son sac à la recherche de vêtements chauds, elle ressentit une présence menaçante derrière elle. Alors qu’elle s’apprêtait à faire volte-face, un homme l’attrapa par le bras et lui posa une main sur les yeux.

« Eh bien, eh bien… Votre mère ne vous a-t-elle pas appris à être plus prudente jeune fille ? » susurra une voix à son oreille, faisant par la même occasion frissonner Shiori. Celle-ci fut incapable de lui répondre, bien trop choquée par ce qui était en train de lui arriver. « Vous ne criez pas ? Voilà qui est bien arrangeant, je vais pouvoir m’amuser un peu… » conclut l’inconnu dans un rire.

Un corps massif vint se plaquer contre le dos de la jeune femme et, de son bras droit, la tenait fermement pour qu’elle ne bouge pas. Son autre main commença alors à caresser les lèvres ouvertes de la blonde, dont aucun son ne réussit à sortir. Pourtant Phoebe savait qu’elle avait envie de crier, d’hurler au secours, de supplier qu’on lui vienne en aide. Avec une lenteur atroce, les doigts de l’homme caressèrent chaque partie du corps de la demoiselle, insistant sur les parties les plus intimes de celle-ci. Quelques larmes vinrent s’écraser sur la peau du kidnappeur qui décida qu’il avait assez joué avec elle. Il aurait tout le temps de profiter de cette beauté dans les jours à venir.

« Pardon ma douce, je n’aime pas frapper les femmes mais je ne vais pas avoir d’autres choix pour que tu te tiennes tranquille… » glissa-t-il une nouvelle fois au creux de son oreille.

Une douleur vive à l’arrière du crâne arracha enfin un gémissement à la jeune femme avant que celle-ci ne s’effondre contre son agresseur, inconsciente. Elle ne sentit rien alors qu’elle se faisait balloter sur l’épaule de son kidnappeur, celui-ci se mettant en marche vers un endroit bien particulier. Il avait pris soin de prendre les affaires de l’Orine pour ne laisser aucune preuve de son existence.

Froid… Il faisait horriblement froid. Le sol était dur et glacé. La terre était-elle sensée être ainsi ? Plus jamais elle ne dormirait à la belle étoile ! Ses membres étaient courbaturés et sa tête, oh sa pauvre tête… C’était comme si quelqu’un était à l’intérieur et frappait contre les parois, hurlant pour sortir. Lentement, les paupières de Shiori s’ouvrirent et se braquèrent sur un ciel sans étoile, qui n’était pas vraiment un ciel mais plutôt une plaque de fer. Ne comprenant pas ce qu’elle faisait ici, elle se redressa vivement et poussa un petit cri de surprise lorsque la terre se mit à bouger sous elle. Un tremblement de terre ? Non… Non, ce n’était pas de la terre… Elle en prit finalement conscience au son que faisait la plaque de métal quand elle la frappait. Alors que ses yeux s’habituaient doucement mais sûrement à l’obscurité, elle leva à nouveau les yeux sur ce qu’elle avait pensé être la voûte céleste mais se rendit bien vite compte qu’il s’agissait en fait du haut d’une cage, retenue en haut par une immense chaîne.

Sa mémoire commença peu à peu à lui revenir et elle comprit que cet homme avait réussi à l’enfermer ici. Son regard commença alors à glisser aux alentours, cherchant désespérément un moyen de sortir, mais il n’y avait rien. Rien d’autre que des cages où étaient enfermées d’autres femmes. Elles ne faisaient pas un bruit, certaines regardaient même dans le vide, comme si elles s’étaient résignées à leur sort. La demoiselle se sentit écrasée par une vague de tristesse. Toutes ces rumeurs étaient donc fondées…

Soudain, elle réalisa que son amie avait peut-être été elle aussi une victime de ses kidnappeurs. Elle s’approcha des barreaux et s’y accrocha, cherchant des yeux la touffe verte de son amie. « Kaori ? Kaori ? Tu es là ? » Elle l’appela ainsi jusqu’à ce que l’une de ses congénères la supplie d’arrêter, la voix tremblante et emplie de sanglot. N’ayant reçu aucune réponse, la jeune femme fut quelque peu rassurée. Son ami n’était pas là… alors pourquoi ressentait-elle cette envie si pressante de pleurer ? Alors que ses larmes coulaient le long de ses joues, elle murmura :

« Je suis désolée Riri… Je ne pourrai pas tenir ma promesse… »


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Sam 30 Nov 2019, 20:20

[EDR Orine & Co] Les fleurs du passé  1525539476-carnet6
Les fleurs du passé
[Diana]

Les yeux fermés, elle écoutait. Le vent murmurait. Son souffle était une douce caresse sur sa peau diaphane. Le soleil, lui, réchauffait son corps en cet après-midi délicat. Le moment était parfait. Le temps semblait s’être arrêté. Elle sentait sa poitrine se soulever lentement à chaque inspiration avant de se creuser plus doucement encore. Couchée dans l’herbe d’un champ, elle écarta les bras pour caresser délicatement la végétation qui l’entourait. C’était parfait. Le calme avant la tempête… Elle s’était isolée de son groupe de théâtre. Elle avait eu le besoin de s’isoler et de n’être qu’avec elle-même. La nature était apaisante. Même si Diana sentait que son appréhension ne faisait qu’augmenter au fil du temps, entendre la faune chanter dans le champ réussissait à la calmer. Cependant, malgré cette impression que le temps n’avait plus d’emprise ici, elle savait que chaque souffle la rapprochait de l’inévitable. Le temps n’arrêtait jamais sa course effrénée.

Aussi, sentant son esprit de nouveau s’agiter, elle ouvrit les yeux lentement pour admirer l’azur du ciel. Quelques nuages parsemaient cette étendue bleue. Semblable à du coton, elle essaya d’imaginer des formes dans ceux-ci. Là, il y avait un dragon. Là-bas, une baleine voguait paisiblement. Un sourire se dessina sur ses lèvres et Diana se releva doucement. Elle retira la terre et l’herbe qui s’était emprisonné dans ses cheveux. Le tableau qui se peignait là était assez simple. Diana avait beau être une Orine, elle aimait cette simplicité, aussi bien dans sa manière d’être que dans ses habitudes vestimentaires. Peu était les femmes de son peuple à revêtir quotidiennement pantalon et chemise passe-partout. C’était peut-être de là que son problème était né. Elle cauchemardait tous les soirs. Harabella s’était-elle détournée d’elle pour la punir de son manque de… complexité ? Non… Ce n’était pas ce mot qu’il fallait utiliser… A dire vrai, Diana avait l’impression de ne plus connaître son vocabulaire. Elle avait passé tant de temps à apprendre et à réciter un texte écrit pour son personnage que ces mots-là avaient envahi son cerveau pour y prendre toute la place.

Assise sur la terre, elle repensait d’ailleurs à cette pièce de théâtre qui avait occupé toute sa vie dernièrement. Elle ne savait pas trop si cela avait un rapport mais il lui semblait que depuis qu’elle avait commencé cette aventure, ses cauchemars étaient moins virulents. Sa théorie qui lui faisait dire qu’Harabella l’avait peut-être punie lui semblait alors encore plus vraie car elle se disait que… Elle se disait qu’elle était sur la voie du pardon depuis qu’elle exerçait cet art qu’est le théâtre. Quoi qu’il en soit, même si cette activité lui prenait toutes ses journées, elle ne regrettait rien. C’était difficile et prenant mais c’était aussi… épanouissant. Elle revivait depuis qu’elle avait commencé à connaître tous les rudiments du métier. C’était comme si, au travers des différents personnages qu’elle incarnait, elle apprenait à se connaître un peu plus. Elle apprenait à se dévoiler et à faire peu à peu fi de sa pudeur naturelle. Elle aimait partager. Le théâtre était parfait pour elle. Cependant, à présent que les dernières répétitions avaient eu lieu, elle ne se sentait plus aussi sûre. Elle avait une peur bleue d’oublier une de ses répliques. Mais Viola lui avait assuré que même si elle oubliait, Diana connaissait assez bien la pièce pour improviser quelque chose. Le théâtre n’était pas simplement un texte. C’était une histoire que nos personnages connaissaient sur le bout de doigt.

Et c’était aussi une histoire qui allait bientôt prendre vie. Demain, dans l’après-midi, Diana savait qu’elle serait sur scène, devant un public, pour la première fois. C’était si angoissant et les remarques des habitants de la ville, impatients de découvrir cette nouvelle pièce, n’avait rien pour arranger son appréhension. C’était pourquoi elle s’était isolée. Cependant, à présent, il fallait rejoindre les membres de son groupe. La soirée commençait à s’annoncer et ils avaient prévu de profiter du crépuscule pour fêter la fin des répétitions. Elle se leva donc totalement et commença à marcher sur le sentier qui menait au village.

« C’est elle ? » « … ne sais… trop… Faudr… oir… visage… »  Si Diana avait parfaitement entendu la première voix, l’autre semblait parler plus faiblement. Elle ne distinguait que quelques mots ou syllabes. En temps normal, elle n’y aurait pas prêté attention. Cependant, quelque chose la poussa à accélérer discrètement le pas. Un frisson avait parcouru sa nuque et elle sentait les poils de ses bras se hérisser. C’était totalement absurde. Pourtant, elle ne ralentit pas sa course. Elle avait entendu quelques rumeurs et un courrier lui était parvenu récemment pour lui faire part d’une nouvelle plutôt effrayante. Celle-ci disait que des Orines non liées avaient commencé à disparaître, enlevées par des malfrats. Était-ce parce qu’elle avait connaissance de ce fait qu’elle réagissait ainsi ? N’était-ce pas stupide ? Peut-être était-ce simplement deux individus qui discutaient innocemment d’une tout autre histoire. Peut-être n’y avait-il pas de quoi s’inquiéter ?

Diana osa un regard en arrière. Les deux hommes qui marchaient derrière elle la fixaient étrangement. Son esprit lui jouait-il un tour ? Son regard se planta de nouveau droit devant elle. Elle accéléra encore le pas. Elle n’aimait pas cela. Elle n’aimait pas cette sensation de panique qui l’envahissait. Était-ce une illusion où elle entendait les pas qui la suivaient se hâter aussi ? Le village n’était pas si loin mais il lui paraissait alors inatteignable. Son esprit s’agitait et essayait de rationaliser sans y parvenir. Après une seconde de latence, elle se mit à courir. Tant pis pour le rationalisme. Tant pis si elle apparaissait stupide à ces deux hommes s’ils n’avaient rien à voir avec la source de son angoisse. Pourtant, alors qu’elle entamait sa course, son sang se glaça. « Putain ! Vas-y ! Choppe là ! » Elle aurait préféré passer pour une personne imbécile à fuir un danger qui n’existait pas plus tôt que ces peurs ne se concrétisent. L’adrénaline se déversait dans ses veines tandis qu’elle courait droit devant elle. Le village était son salut. Il lui suffisait simplement de l’atteindre.

Pourtant, elle sentit un lourd choc dans son dos qui la propulsa au sol, mettant fin à sa course. Un peu hébétée par sa chute, elle ne comprit pas tout de suite les paroles qu’échangeaient les deux individus. Terrifiée, elle n’écoutait même pas la douleur qui irradiait de ses paumes et genoux éraflés et commença à ramper vers le village. Une paire de mains se refermait sur ses chevilles pour l’empêcher de continuer. « Viens, là. On est trop visible sur le sentier. » Diana se sentit trainée par les pieds vers le champ de fleurs qui bordait le chemin. Avec ses ongles, elle s’agrippait comme elle le pouvait à la terre et aux pierres qui parsemaient le sentier, ultime espoir. Avec ses pieds, elle s’agitait pour se libérer ou pour donner des coups. Mais malgré ses efforts, sa force ne lui parvint pas à résister et elle disparut dans la haute végétation. « Lâchez-moi. » supplia-t-elle tout en continuant à agiter ses minuscules pieds dans le but de fuir cette situation. La violence n’était pas une des caractéristiques prisées par les Orines. Pourtant, à cet instant, elle visait un endroit stratégique chez l’homme. Sissi lui avait appris que ce genre était plutôt sensible de cette partie. Elle avait raison. L’homme jurait et la lâcha un court instant. Un instant dont elle profita pour se redresser à repartir. Mais l’autre homme se jeta sur elle pour la plaquer au sol. Il hurla à l’autre d’approcher la charrette. Ce dernier s’éloigna donc en tenant ses parties, comme pour soulager la douleur qui embrasait l’endroit.

-18 /!\ Ames sensibles s'abstenir /!\:

« Il t’a fait du mal ? » Romain avait rejoint le sentier. Il ne s’était pas arrêté pour discuter avec Diana et marchait avec elle vers le village. Dobby, le chihuahua, grognait encore. Son museau était ensanglanté. « Il t’a fait du mal ? » répéta-t-il pour atteindre l’Orine qui semblait ailleurs. « Non. » affirma-t-elle alors. Elle ne voulait pas qu’il sache. Elle était souillée. Elle ne voulait pas que quiconque l’apprenne. Elle se laissait conduire en lieu sûr par celui qui venait de la sauver pour la seconde fois. Tout cela s’était-il vraiment passé ? Elle n’en était plus certaine à mesure que ses pas l’amenaient en sureté. Un déni profond s’installa en elle. Elle avait simplement cauchemardé. Une fois de plus.

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Sam 30 Nov 2019, 20:25





Guerra


Faminea


Mortadelle


Murène



"Mortadelle ! Ma chaussette ! J'ai tout vu !" L'ancienne chaussette, désormais amas de morceaux de tissu déchiquetés. Le rire de son collègue fusa. "Ils vont défaire toute ta valise si tu continues de regarder ailleurs." le railla-t-il. "Très drôle, je surveille la route. Toi, contente de tenir les rennes." Son ton était fatigué. On dirait que ses petits enfants avait atteints l'âge de l'adolescence. Ils courraient partout sur le plancher de la charette, très excités, au point de rentrer dans les meubles et de s’assommer tout seuls, ils multipliaient les conneries au quart de tour. Itak n'avait pas les capacités suffisantes pour tout surveiller. Son attention était requise ailleurs, ainsi que toute sa concentration : ils étaient en pleine opération. Le blond n'avait pas voulu abandonner ses chatons à Arcadia. Qui sait ce qu'ils auraient été capable de faire en son absence ? Détruire la cité faisait parti des options possibles. Et puis il les avait entraîné au combat depuis quelques mois, il voulait voir ce dont ils seraient capable sur de vrais ennemis. Seulement, il n'avait pas prévu de devoir gérer des bestioles déchaînées. Heureusement, la situation à côté était plutôt calme.

Les Chevaliers de la Caste avaient été téléportés d'urgence vers le territoire des Orines. Arcadia avait envoyé un détachement immédiatement après avoir reçu la nouvelle des enlèvements et des disparitions. Non seulement, intervenir dans ce genre de situation faisait partie de leur mission générale, mais ce peuple-là en particulier leur était cher pour le lien économique qui liait les pierres des Thémys aux mines de Maëlith. La Caste avait toujours veillé sur le peuple des Orines. S'il pouvait être difficile de retrouver les jeunes femmes déjà enlevées, ils pourraient au moins assurer la protection armée des villages pour faire en sorte que ces actes honteux cessent et au mieux, capturer et juger les coupables. Cela faisait donc plusieurs jours qu'Itak était arrivé sur les Terres d’émeraude. Il ne connaissait pas très bien ce peuple et n'arrivait pas à comprendre le peu qu'on lui en expliquait, ces histoires d'énigmes et de servitude le dépassaient largement. Tout le monde essayait de comprendre ce qu'il se passait, mais lui n'avait pas besoin de faire des théories très élaborées. Quelqu'un avait voulu se servir dans cette réserve de vierges effarouchées et voilà tout. Son but unique était de retrouver le coupable pour lui botter le cul avec sa nouvelle épée à deux mains. Ses ambitions s'arrêtaient là, pour le moment. Il avait entendu dire que des tensions existait entre leurs deux gouvernements, mais là aussi, il était bien trop ignorant pour pouvoir saisir les ficelles d'un tel jeu. Dans sa tête, il aimait bien Damon Von Ivanova, parce-que l'homme ne faisait pas dans la demi-mesure ou dans l'hypocrisie. Enfin, il ne l'avait jamais vu de près, bien évidement. Il ne faisait que des suppositions sur les racontars des bars de la Capitale.

L'Eversha haïssait la politique autant que les Démons et que la nouvelle reine des Béluas, ce n'était pas peu dire. Quant aux responsabilités, elles lui faisaient peur, l'empêchait de dormir et créaient en lui une angoisse paralysante. Il avait la phobie de se rater et de mettre en danger les autres, de mal et de décevoir ses supérieurs... Récemment pourtant, il avait reçu plusieurs compliments à son retour de l'expédition auprès de la Marche Terne, puis après avoir tenu le rôle de guide auprès des participants de l'Appel. On ne pouvait pas dire qu'il n'était pas travailleur, au contraire. Malgré sa stupidité toujours aussi surprenante, le soldat connaissait le métier des armes sur le bout des doigts, répugnait à désobéir et se montrait vite porteur d'un lien social important au sein des groupes où il était intégré. A croire que la connerie reliait les gens entre eux... Mais le blond avait le coeur sur la main et cela transpirait bien vite et faisait oublier l'absence de son cerveau. On le prenait pour celui qui faisait toujours les quatre-cent-coups, mais aussi pour celui à qui il fallait se confier si l'on avait un soucis. Itak était souvent de bonne humeur et savait transmettre cette dernière aux autres, via sa crétinerie. Ce fait n'avait pas échappé à l'oeil attentif du Chevalier Gracia, qui cherchait un remplaçant pour être son Grand Écuyer. Avec le temps, se disait-il, Itak apprendra, peut-être, à devenir intelligent, et lui donner des responsabilité le poussera en ce sens. Un peu comme les hommes immatures qui deviennent subitement papa. Certes, le Chevalier n'était pas sûr de sa stratégie, mais il avait envie d'essayer. Qu'avaient-ils à y peur, lui comme Itak ?

Chaque peloton s'occupait d'un village en particulier et des alentours, mais devant le manque de résultats, Gracia avait rapidement proposé la stratégie suivante : des Orines du village volontaires sortiraient du territoire comme si elles s'apprêtaient à rejoindre leur Maître attitré. Elles serviraient d’appâts et seraient suivies de très prêt, en toute discrétion, par des Chevaliers. Les Evershas étaient alors des atouts de taille car ils pouvaient revêtir leur forme animal et se fondre dans le décor verdoyant et naturel sans éveiller de soupçons. Naturellement, Itak s'était porté volontaire pour être gardien de l'une des jeunes femmes. Il se faisait chier à surveiller des champs de framboisiers toute la journée. La vie quotidienne de ces femmes était incroyablement ennuyante. Lui, il avait plutôt envie de casser des nez ! Et puis, il fallait qu'il teste sa nouvelle arme de guerre : les chats.

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Le soldat suivait l'Orine à une distance respective. Ils avaient déjà passé la frontière depuis plusieurs heures de marche, et la carte qu'il avait emportait indiquait qu'ils traversaient une zone déserte, seulement remplie par des petits bois et des champs. Ah moins qu'il ne faille tourner le bout de papier dans l'autre sens, auquel cas ils atteindraient un petit bourg avant le début de la nuit. l'homme avait gardé sa forme humaine car son armure et sa cape pouvait l'entourer d'un sors d'invisibilité. S'il n'était pas la personne la plus discrète du monde et que sa maladresse dépassait tout entendement, l'adrénaline qu'il ressentait actuellement le poussait à profiter de son agilité et de ses instincts de félin pour faire le moins de bruit possible. Les chatons étaient influencés par l'état d'esprit de leur Maître et courraient dans l'herbe derrière lui, en silence. Enfin... "Guerra... Où sont tes frères et soeurs ! Par Déiopéa ! Vous me cassez les couilles !" chuchota-t-il un peu trop fort en se rendant compte que la cavalerie n'avait pas suivi ses pas. Son regard se porta aussitôt sur la droite pour voir si la jeune femme ne l'avait pas entendu. Son sang ne fit qu'un tour. Celle qu'il était censé protéger avait disparu ! "Oh bougre de merde !" Elle ne pouvait pas être loin. Elle était peut-être partie faire pipi ? Non, c'était absurde. Le lynx expira lentement et ferma ses yeux pour tendre ses oreilles de félins. Que pouvait-il entendre ?

Espèce de sale pute ? En voilà des manières. Il allait devoir couper la langue de ce malotru, pensa-t-il en se dirigeant lentement vers la source du brouhaha qui lui parvenait, après avoir sorti son épée de son fourreau. Des bruits de luttes, les pas de trois personnes et le bruit de quelque chose que l'on trainait par terre suivit de gémissements. Une partie de son esprit s'inquiéta aussitôt pour la jeune femme, qui semblait en bonne voie pour se faire violer ; une autre partie de lui-même se réjouissait de pouvoir enfin se battre. Sans stratégie, aucune, il se jeta littéralement sur le premier individu qui lui tournait le dos, surgissant brutalement dans le monde visible. Cela faisait trop longtemps qu'il n'avait pas chassé et fait couler de sang ! C'était bien gentil de faire des garde à vous en se tenant droit comme un i à longueur de journée, mais il n'avait pas rejoint la Caste pour rester caché derrière des murailles en pierre. Trop de personnes souffraient partout dans le monde à cause du Mal, de personnes comme cet homme grassouillet qu'il coupa en deux en hurlant. Oui, il voulait agir ! Pour le Bien ! Pour être le gardien des pauvres et des faibles ! Il ne s'était pas rendu compte que dans sa rage soudaine, il avait rappelé à lui les chatons, qui feulaient et montrer les griffes, surexcités par la vision de leur Maître découpant des humains en morceaux.

Les deux premiers avaient été faciles à tuer, mais le troisième était différent. Plus puissant, plus préparé à se battre aussi, car il esquiva agilement le coup envoyé par Itak. Ce dernier s'était en plus essoufflé en se jetant sauvagement sur ces deux premières victimes. Il se rappela vaguement la voix de Gracia lui ordonner : le sang-froid, Itak, le sang-froid ! Quoiiii ? L'homme ressemblait à un Alfar, quelle plaie ! Il ne manquait plus que ça. Itak manqua de s'étrangler en avisant les longues oreilles et la peau blafarde. "Lâche cette femme et viens te battre, connard." grogna-t-il, plissant les yeux. Son adversaire semblait près à égorger sa victime, ce qui ne rentrait pas totalement dans les plans d'Itak. Il serra les dents et s'immobilisa. Un frottement sur ses jambes lui indiqua que les quatre chatons étaient à ses pieds. C'est vrai ! Il devait tester leurs capacités au combat ! L'homme avait suivi son regard et sembla heureusement diverti par la présence de mignons chatons aux pieds d'un Chevalier de l'Ordre d'Hébé recouvert de sang. Le spectacle était, à vrai dire, percutant. L'Orine eut un sursaut de survie et profita de ces quelques secondes pour se détacher de l'emprise de l'Alfar. Itak lui, se plaça aussitôt entre elle et l'ordure des cavernes.

Comme tous les Alfars, ce dernier faisait une grimace dégoûtante entre l'amusement et le mécontentement. "Attention, il y a une statue derrière toi." lança-t-il dans un sarcasme aussi noir que ses yeux, après avoir remarqué que le Chevalier était un Eversha. Itak se mordit très fort la lèvre pour ne pas regarder dans son dos. La probabilité qu'une statue monstrueuse se trouve derrière lui était de zéro, mais... Il avait combattu ces putains de statues dans le passé et ne pensait désormais qu'à étriper ce connard. "C'est avec cette merdouille que tu vas me faire du mal... Mooooooh !" Itak se contenta de répondre avec un sourire mauvais à la raillerie de cet homme détestable. "Vous avez entendu, il vous a traité de merdouille." dit-il d'un ton placide, avec de lancer les quatre chatons mangeurs d'hommes -la bombe- en direction du coupable. "Madame, fermez les yeux." Il souleva l'Orine comme une plume pour la porter loin de cette scène horrible.

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Mancinia Leenhardt
~ Humain ~ Niveau IV ~

~ Humain ~ Niveau IV ~
◈ Parchemins usagés : 11266
◈ YinYanisé(e) le : 01/05/2015
◈ Âme(s) Soeur(s) : Neah Katzuta | Ange | Compagnon
◈ Activité : Joaillière [Rang IV] | Médecin [Rang III] | Éleveuse de Vaches [Rang I] | Investisseur [Rang II]
Mancinia Leenhardt
Dim 01 Déc 2019, 21:15

Une Orine ?

Mancinia avait arqué un sourcil en relevant sa tête de la carte des environs. Elle était venue constater les progressions de l'établissement de ce nouveau point de passage, une demande de Parvaneh qu'elle avait accepté sans discuter. Rester aux abords du Désert la ressourçait vraiment, aider son peuple était bien plus agréable que de s'encombrer des Magiciens, que l'Humaine portait cependant dans son coeur, mais les siens demeurait sa priorité, peu importe ses titres ou ce que les Aetheri envisageaient à son encontre. C'était au fond de ses tripes. Un de ses subalternes était venu la voir en lui disant qu'une femme, se présentant comme une Orine, avait besoin de voir un responsable pour une raison urgente et délicate. Sa présence en ces lieux avait de quoi surprendre, le peuple des Filles de Maëlith, bien que n'ayant rien contre les Humains, pour commercer et avoir entretenues les relations diplomatiques avec eux, les évitaient en raison du Ma'Ahid, contre lequel elles étaient particulièrement sensibles. Ensuite, le Désert avait de quoi en rebuter plus d'un et surtout, cet endroit n'était encore sur aucune carte. C'était un heureux hasard, vraiment.

Faite là entrer.

Sous son ordre, l'homme ressorti pour revenir quelques minutes après avec la voyageuse. Bien qu'elle tenait encore debout et tentait de ne rien laisser paraître, l'Orine était blême. D'autres personnes entrèrent dans la tente, essayant de savoir s'ils pouvaient être utiles d'une quelconque manière suite à cet entretien, se demandant bien ce qu'il pouvait en être.

Ma Dame, la saluait respectueusement cette dernière.
Ma Dame, répondit sur un même ton l'Humaine.

Mancinia ne savait pas très bien comment l'accueillir, en espérant qu'elle n'en prenne pas ombrage. Elle souffrait visiblement de la perte de sa Magie pour s'en soucier et son interlocutrice lui proposait un siège, qu'elle acceptait, ainsi que de quoi se désaltérer. Elle en faisait de même, s'essayant derrière son bureau, l'invitant alors à parler du problème qui l'emmenait dans cet endroit qu'elles fuyaient de manière générale.

Dame Leenhardt...Je suis Elven, Orine et représentante des miennes. Nous souhaitons venir quérir l'aide des Humains concernant un problème qui nous touche particulièrement.
Dites-moi, Madame, reprit une femme de manière sèche. Pourquoi aiderions-nous les Orines ?
C'est vrai ! approuvait un homme. En quoi cela serait-il intéressant pour nous ?

Tandis que l'Orine se retournait délicatement vers eux pour écouter leurs protestations et leurs interrogations, sans émettre la moindre tentative de défense, Mancinia levait les yeux au ciel avec un agacement certain. Elle aimait les siens, mais qu'est-ce qu'ils pouvaient manquer de réflexion.

Dehors. Tous.

Sa voix avait ainsi trancher, faisant cesser leur jérémiades n'ayant aucun sens devant la détresse des autres. Plissant les yeux, le regard noir, l'avertissement émis par leur supérieure était clair. Cela en étonnait plus d'un, mais personne ne trouvait rien à y redire et tous sortirent, les deux femmes restèrent alors seules.

Maintenant que nous sommes entre adultes, Elven, dites-moi quel est le problème qui afflige les Orines. J'essaierai d'y répondre au mieux de mes capacités.

Elle acquiesçait. Elle était tellement gracieuse que Mancinia avait l'impression que ses cheveux flottaient.

Nous soupçonnons des hommes malintentionnés de parcourir vos terres avec des otages.
Des otages ? s'étonna l'Humaine. Quels otages ?
Mes Soeurs. Des Orines.

L'étonnement marquait ses traits durant un court instant, mais il est de réputation que les Orines soient des créatures rares et délicates. En tant que femme, Mancinia n'y voyait pas vraiment d'intérêt, mais les hommes, eux, semblaient rechercher une sorte de perfection dans leurs traits.

Je vois. Avez-vous une idée de leur motivation ?
Notre Souverain a rendu visite, autrefois, à des Maîtres inaptes pour briser le lien qui les unissait à leurs Orines. C'est quelque chose d'assez délicat. Certains ne l'ont pas acceptés. Ils veulent se venger, les récupérer ou ... Pire encore.

Mancinia imaginait assez aisément la douleur d'un tel lien qui se brisait, mais de là à vouloir faire du mal à l'être qui nous avait connu plus que quiconque lui paraissait difficilement acceptable.

Ça ne me plaît pas...

Elle avait parler à voix haute.

Sur notre territoire, ce genre d'actions sont sévèrement réprimées.
Faites ce que vous estimerez nécessaire. Nous voulons seulement que nos Filles et nos Soeurs reviennent saines et sauves.
Très bien. Je vais envoyer des détachements dans les environs et prévenir la Reine, elle émettra un avis sur l'ensemble du territoire.
Je vous en remercie.

La conversation s'arrêtait là. Ou pas tout à fait.

Seulement, nous attendons une aide en retour si cela s'avérait nécessaire.

L'Orine écoutait, avant d'incliner la tête vers l'avant et de consentir.

***

La lance était vraiment une arme redoutable. Elle avait avalée la distance comme pour rien et réduit au silence éternel l'être qui violentait son corps. En raison de ses mains solidement attachées dans son dos, ses épaules étaient douloureuses, encore plus après avoir été violemment giflée. Si fort que son corps était parti sur la droite et s'était heurté au sable brûlant. L'air du Désert était irrespirable, en avalant un peu de son contenu, Kalyani manquait de s'étouffer. Ce n'était rien contre le coup de pieds dans le ventre, qui l'avait faite définitivement cesser de respirer, ou encore la pluie de coups qui s'étaient abattus sur des endroits où personne ne les verraient. Il n'avait pas arrêté et ce, malgré les oppositions, supplications ou menaces de Diana, assisse à ses côtés et souffrant de voir cet affligeant spectacle. La Captive regardait alors avec un regard plein de dégoût les yeux vitreux de l'homme, déformé dans un rictus de douleur, à quelques centimètres de son visage, alors que le sang se rependant, absorber par un sol aride et y laissant une traînée noire. C'était la première fois qu'elle voyait un cadavre. Ce n'était pas très beau, ni gracieux, mais la colère l'emportait sur sa terreur. Si elle n'était pas née pour être un tas de muscles, c'était certain, mais quelle faiblesse était la sienne. En se contorsionnant suffisamment, Kalyani parvint à se remettre sur ses genoux et à observer la scène qui s'étendait à ses pieds. Diana lui demandait comment elle allait, surtout en voyant sa joue rougie et les douleurs qui marquaient ses traits. Ça allait.

Qu'est-ce qu'il s'était passé ? C'en était ridicule. Un homme désirait récupérer Kotome, la troisième Orine détenue avec elles. C'était la plus âgée des trois, elle avait eu un Maître autrefois, qu'elle avait garder durant des années, mais la Guerre des Dieux avait fait que leur lien s'était brisé, leurs croyances communes ne pouvant plus être emboîtées. Seulement, Diana était en chemin après avoir croiser Kalyani, elles désiraient faire un morceau de chemin ensemble. Son aînée l'avait complimenté pour l'accomplissement de son apprentissage et faisait part de son expérience. Elles étaient tombées sur Kotome au détour d'une ruelle et la route s'était ainsi poursuivie. D'abord, un homme était venu discuter, ils s'étaient éloignés par discrétion, il avait hausser le ton, mais l'Orine ne s'était pas laissée faire. Il avait alors sorti quelque chose de sa poche pour l'asperger, Kotome avait tousser avant de tomber en arrière, inerte. Kalyani avait crier de surprise et malgré l'envie de Diana de réagir, les deux témoins avaient subis le même sort. A leur réveil, elles étaient cachées dans un chariot, vers une destination inconnue. Kidnappées toutes les trois. Visiblement, ce n'était pas ce qui était prévu, mais la colère de l'un avait rapidement été apaisée par celle des autres quand la description exacte de Diana avait surgit. Elle aussi était une cible. Pourquoi ? Kalyani n'avait pas compris, malgré la protestation de sa consoeur, disant que leur lien était brisé.

Puis, les regards s'étaient porter vers elle. Kalyani, non. Elle venait à peine de sortir de Maëlith. Jamais un Maître n'avait encore croisé sa route et celui qui la maltraitait il y a peut désirait obtenir une énigme. Malgré sa crainte, sa détermination était clair. Plutôt mourir que d'être lié à un être aussi abject. Refusant de parler, il avait choisi la manière forte et aucun des autres hommes, même ceux n'approuvant pas son comportement, n'avait réagit. C'est vrai qu'elle était plutôt agréable, avec ses longs cheveux noirs de jais, ses prunelles violettes et ses tâches agrémentant son minois. Elle était encore à perfectionner, ceci dit. Hochant la tête dans le vide, l'Orine se promettait que son Maître serait un homme capable de défendre les autres. Ou tout du moins, de coller une bonne correction à ceux qui le méritaient ! C'est alors que les trois Orines regardèrent leurs sauveurs, ces derniers avaient rapidement mis en déroute le groupe d'hommes. Kotome prit la parole pour remercier le détachement d'hommes et de femmes venus à leur rescousse. Kalyani était époustouflée par la beauté de celle qui leur sourit, avant de parler à son tour.

N'ayez craintes. Nous sommes venus vous aidez.

Le coeur serré, elle se promit de devenir aussi forte et aussi belle, de plaire à un homme méritant et de, surtout, ne plus jamais se laisser avoir ainsi !

1495 mots


[EDR Orine & Co] Les fleurs du passé  Chriss10
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Meuh:
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Dim 01 Déc 2019, 21:25


Sélina éclata en sanglots. Elle était tout simplement incapable de dissimuler ses sentiments, encore moins sa peur. Elle tremblait, en épiant plus ou moins discrètement le petit groupe, qui discutait à voix basse à deux pas de là. Personne ne semblait s’émouvoir de son état. Rien d’étonnant. Elle avait été enlevée par des étrangers avec un petit accent chantant, qui étaient en train de parlementer avec des types à la mine patibulaire. Elle avait beau être un peu crédule et naïve, elle n’était pas sotte au point d’ignorer le sujet de la conversation : son prix de vente. Elle se dépêcha de regarder ailleurs, quand elle aperçut les yeux perçants de l’un des malfrats, qui venaient de jeter un coup d’oeil dans sa direction. Ils étaient tous plus effrayants les uns que les autres. C’était donc ça, la vie en dehors de Maëlith ? Sélina venait tout juste de quitter la Cité des Arts. On ne pouvait pas dire qu’elle était enchantée de ses premières expériences sur les Terres du Yin et du Yang. « Elle est mignonne. » Sélina sursauta. Elle ne s’était pas rendue compte qu’ils s’étaient approchés. Un grand blond était accroupi près d’elle. Il l’observait avec curiosité. « Elles le sont toutes. » marmonna un autre. « Je suis sûr qu’elle pourrait lui plaire. Il est vraiment furieux que Gemma soit morte, à cause de ce crétin soit disant plus méritant. » - « Peut-être. » Un homme - habillé dans un élégant costume noir - demanda avec ses inflexions exotiques : « Nous sommes d’accord, n’est-ce pas ? » Sélina frissonna. « Oui. » Il commença à fouiller dans ses poches. Ils furent interrompus dans les négociations par l’arrivée impromptue de deux visiteurs. « Bonjour ! » s’exclama le premier. Il était indéniablement impressionnant. Un titan à la carrure massive, avec une peau basanée et des cheveux noirs. Charismatique au possible, nonchalant comme personne, il semblait parfaitement à l’aise. D’ailleurs, les autres semblaient un peu nerveux, tout à coup. « Qu’est-ce qui nous vaut l’honneur de votre visite, Fenice ? » Il croisa les bras, avec un sourire en coin. « Il paraît que vous occupez grandement mes Borja, ces derniers temps. Je voulais voir pourquoi. » Il posa doucement les yeux sur la silhouette de la petite Sélina, qui grelottait toujours dans son coin. Il esquissa un sourire d’autant plus carnassier. « Tu m’étonnes … Je ne suis pas déçu du voyage. C’est un joli petit lot. » murmura-t-il, en laissant couler un regard appréciateur sur la jeune femme. « Nous allions partir. » Les clients paraissaient anxieux et contrariés. « Non, pas encore. » - « C’est à dire que ... » - « Je vous déconseille fortement de répondre. » La menace était claire, et le silence tomba lourdement sur la petite assemblée. « Elle est bandante. » Il pencha la tête sur le côté. « Je vais me la taper. Vous pouvez sortir, merci. » - « Mais ... » - « Restez si vous voulez. A titre personnel, ça ne me gêne absolument pas qu’on me mate. Je suis certain que je pourrais même vous apprendre deux ou trois trucs. » Ils finirent par quitter la pièce, vert de rage.

« Ne sois pas si terrifiée, poupée. Je ne vais pas te bouffer. Enfin ... » Il ricana, avant de se mettre à la hauteur de la jeune femme, qui se tassa contre le mur. « Lucia. Enchanté. » Il insista, puisqu’elle restait muette. « Ton nom. » Ce n’était pas une question. Il souriait, mais il était clair qu’il était dangereux et qu’elle devait lui répondre clairement et rapidement. « Sélina. » murmura-t-elle, en bredouillant de façon lamentable. « Mes hommes t’ont attrapé près de nos frontières. Est-ce que tu voulais rejoindre nos terres ? » Elle acquiesça frénétiquement. « Pourquoi ? » - « Ce … Ce sont mes … ordres. » - « Le vieux a donné une liste avec des noms de chez moi ? » Elle hocha la tête, une nouvelle fois. « Montre moi. » Elle hésita. Elle savait qu’elle ne pouvait pas faire confiance à ce type. En même temps … Elle n’était pas certaine de pouvoir lui tenir tête. En plus, il n’avait pas l’air si méchant. Il n’avait rien tenté contre elle, après tout. Elle fouilla dans ses poches, en tremblant, et tendit un morceau de papier au Phénix. Il prit rapidement connaissance du contenu avant d’éclater de rire. « Le vieux est complètement givré. » Elle hoqueta quand il la prit dans ses bras, pour la remettre sur ses pieds. Elle manqua de s’effondrer, et il la rattrapa de justesse. « Doucement, beauté. » Elle tenait à peine debout. Lucia soupira, avec un air taquin sur le visage, avant de la porter contre lui, comme une princesse. « Elle vient avec nous. » Il s’était adressé à l’autre type. Un gars discret, qui griffonnait sur un carnet. Il n’avait pas décroché un seul mot. Il se contentait de rester à l’écart et de prendre des notes. « Très bien. » - « Fais voir. » Il s’empara des notes de son serviteur, tout en gardant la petite Orine dans ses bras. « Putain … Non, bandante, ça n’a rien à voir avec le pansement sur son bras ! Et non, taper, là, ce n’est pas de la baston ! Et non givré ne veut pas dire qu'il est congelé ! » Sélina n’était pas certaine de vouloir comprendre. Elle était trop bouleversée pour s’interroger, de toute manière. Lucia continua à maugréer contre le Vampire. Il avait demandé à Nicolae de noter ce qu’il n’était pas sûr de comprendre, pour lui expliquer deux ou trois choses de la vie. Ils avaient commencé une heure auparavant. Lucia en avait déjà marre. « Ma pauvre gamine ... » ricana-t-il. « Je ferais mieux de te laisser avec ces types. Tu serais bien plus heureuse. » - « Que … Que voulez-vous dire ? » - « Il est sur ta liste. » - « Qui ? » Il désigna son serviteur d’un petit coup de tête. « Nicolae. Crois moi, ce n’est pas un cadeau. »

« Vous ne pouvez pas ! » beugla le blond. « Elle est à nous ! » - « Pas celle-la. » - « Nous avons payé ! » Lucia balança quelques pièces par terre. « Bon retour chez vous. » - « Elle ... » Il s’approcha du Souverain de Spectre, un peu trop vivement. Il fut projeté de l’autre côté de l’entrepôt. « J’ai dit : pas celle-la. » Sélina était tétanisée. Elle avait les doigts crispés autour des avant-bras du Roi et contemplait la scène, effarée. La situation était tendue, parmi les acheteurs. Ils scrutaient le blond - qui semblait être le décisionnaire dans le groupuscule - qui peinait à se relever. Il avait le souffle coupé et la tête qui tournait. Le choc avait été violent. « Nicolae ? » - « Oui. » - « Tue-le. » - « D’accord. » Un ordre qui ne souffrait d’aucune interprétation. Le Vampire tourna sagement les talons pour obtempérer, sans poser de question ni réfléchir. Il se contentait d’agir. Les comparses du futur macchabé ne cillèrent pas. Ils avaient compris. S’ils levaient le petit doigt, ils seraient les prochains sur la liste de Lucia. On ne s’en prenait pas au dirigeant de la Pieuvre. Jamais. Sélina cacha son visage dans le torse de Lucia, quand elle entendit des bruits qu’elle aurait préféré ne jamais connaître. « Chérie … Te colle pas comme ça. Je commence à être sérieusement à l’étroit dans mon pantalon. » Nicolae, qui était revenu, avisa son Maître. « Vous n’avez pas l’air d’avoir grossi pourtant. » Il se mit à rire. « Fais moi confiance, petit, c’est le cas. » Sélina était devenue rouge comme une tomate. Elle avait compris, évidemment. « Vous … Vous pouvez me poser. S’il vous plaît. » souffla-t-elle, une fois à l’extérieur. Elle entendait des éclats de voix. Les hommes de Lucia en venaient aux mains avec les autres comparses, de toute évidence. Elle tâchait de ne pas penser à ça. « Ma poupée … Je n’en ai pas fini avec toi. Mon geste héroïque vaut bien une petite récompense. Je ne serai pas contre une gâterie. » Il tourna immédiatement la tête vers Nicolae, occupé à dévorer des biscuits à la cannelle. « Non, rien à voir avec tes gâteaux. » - « Ils sont bons. » - « Je n’en doute pas. Auxane est bonne et douée. » - « Bonne pâtissière, oui. » Il ricana dans les cheveux de l’Orine. « Oui, aussi. »

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[EDR Orine & Co] Les fleurs du passé

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