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 [Coupe des Nations] - Un acte de foi

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Ezechyel
~ Ygdraë ~ Niveau IV ~

~ Ygdraë ~ Niveau IV ~
◈ Parchemins usagés : 838
◈ YinYanisé(e) le : 27/08/2014
◈ Âme(s) Soeur(s) : Mircella Rumblee
◈ Activité : Stratège
Ezechyel
Sam 16 Mar 2019, 15:31

Un acte de foi





Aulenduth Borghild observait le plateau d’échec, les sourcils légèrement froncés. Ses doigts fins effleuraient le dessus des pièces blanches depuis quelques instants déjà, sans oser affermir son emprise sur l’une d’entre elles. Il était entrain de perdre la partie. Son hésitation témoignait de son orgueil de mauvais joueur : s’il ne bougeait aucun pion, son adversaire serait dans l’incapacité de vanter sa victoire auprès de quiconque. Son comportement paraissait indéniablement puéril, le Cyraliel étant un homme qui avait rarement goûté à l’amertume de la défaite au cours de sa très longue existence, mais son partenaire savait se montrer patient. « Pardonnez mon intrusion, mais tout est prêt monsieur. » Ezechyel venait d’apparaître à côté de la table des deux Ygdraë. Immobile, les pans métalliques de son armure miroitaient sous les rayons de l’astre du jour, réfléchissant la lumière contre les pièces de l’échiquier. Un sourire s’étira sur les traits du Dagmar qui était visiblement ravi de l’intervention de l’Enök. Il lui donnait une raison, une excuse de ne pas poursuivre le jeu après tout, abandonnant son rival sur un match nul. Sans perdant, ni vainqueur. « Les gardes patrouillent minutieusement chacun des trois secteurs. Ils seront prêts à intervenir en toutes circonstances. » - « Très bien. » fit-il en hochant de la tête. « Je vais aller en informer la Reine. »

Tout avait été organisé pour honorer les volontés des trois grandes Déesses du culte sylvestre. Les Enelyë avaient été consultés dans l’intention de s’assurer que les épreuves se révèlent être au goût de leurs Déités. Plusieurs cérémonies sacrées s’étaient chevauchées avec les préparatifs, les Ygdraë étant consciencieux d’écouter les voix divines avant de concrétiser leurs nobles attentes. Fidèles à elles-mêmes, les Aetheri avaient rapidement balayé toute notion de clémence envers les profanateurs, les infidèles qui ne sauraient montrer un respect infaillible face aux valeurs qu’elles personnifiaient. Phoebe, la Mère de la Nature dont l’humeur implacable causait la perte de beaucoup d’imprudents, incarnait parfaitement ce désir de voir les Mortels se soumettre devant sa puissance aberrante. Elle avait exigé de ses enfants elfiques le façonnage de créatures à l’apparence monstrueuse. Leur force ne devait connaître aucun égal, car elle bénéficiait de la protection de leur illustre Créatrice. Le seul moyen de vaincre était par l’humilité et l’assujettissement devant les préceptes de cette dernière. Quant à elle, l’Aether des Saisons avait opté pour une approche un peu moins impitoyable, mais tout autant exigeante que sa consœur. Son objectif était en soi très simple : survivre. Elle souhaitait tester les habiletés de ses croyants, observer leurs limites physiques et psychologiques, avant de les pousser à leurs derniers retranchements au sein d’un milieu hostile, passablement dangereux. L’environnement artificiel, qui se situait à l’intérieur d’une zone créée par la Magie, était asservi aux caprices des saisons, malmené par des phénomènes naturels – et catastrophiques – en lien avec chacune d’elles. En somme, seuls les plus forts pouvaient espérer s’octroyer une chance de réussite en réalisant ce défi. Finalement, Raanu était sans aucun doute celle qui s'était montrée la plus cruelle. Son épreuve exigeait non seulement une capacité intellectuelle remarquable de la part de ses participants, mais également une résistance accrue au stress que peu pouvait se vanter de posséder, surtout en ces circonstances particulières. Le Temps avait toujours été l’ennemi juré de la Mémoire. Cet unique constat était d’autant plus véridique lorsqu’un puissant enchantement s’occupait de dévorer, lentement, les souvenirs de ceux qui tombaient sous son joug, attisant cet empressement de vouloir en finir le plus vite possible. Toutefois, sans réflexion assidue, il était tout simplement impossible de résoudre les énigmes de la Déesse : la voie vers la Connaissance avait toujours un prix.

Les gardes Enök étaient postés un peu partout, camouflés parmi le couvert des arbres, invisibles à l’œil de quiconque ne portant guère attention aux infimes détails du paysage de Melohorë. En cas de danger, ils étaient prêts à intervenir dans l’immédiat pour escorter les candidats des épreuves hors des zones à risque. Aussi, la surveillance au cœur de la Capitale et de ses alentours avait été renforcée en cette occasion spéciale qui avait attiré un nombre important d’étrangers.  


Explications


Bonjour ♪

Déroulement de l'épreuve : Il y a trois Épreuves qui sont à votre disposition, mais vous devez en choisir qu’une seule ^^

• Si vous choisissez l'Épreuve de Phoebe, votre personnage devra affronter un monstre ressemblant à ça : Ici. La créature sera forcément aussi, voire plus forte même, que vous. Votre but sera donc de forcer votre ennemi à se rendre et ce, sans le tuer ou le blesser : si vous le faîtes, c'est l'échec direct, parce qu'on ne s'en prend pas à la Nature 8D

• Pour l'Épreuve d'Estella, il s'agit tout simplement de survie dans un milieu plutôt dangereux et hostile où vous serrez confronter à plusieurs cataclysmes représentant chacune des saisons ^^ En vrai, vous êtres libres d'inventer ce que vous voulez, mais il faut que ça ait un semblant de cohérence (alors ne venez pas m'inventer une tempête de sable en hiver /sbaf). Si vous voulez quelques exemples, ça pourrait être une inondation pour le printemps, une tempête de neige pour l'hiver, etc.

• Enfin, si vous décidez de prendre l'Épreuve de Raanu, votre personnage devra résoudre une série d'énigmes et/ou de puzzles pour l'aider à avancer à travers plusieurs sections (comme un Escape Room). En gros, tant et aussi longtemps que vous n'aurez pas résolu un problème, vous allez rester coincé là où vous êtes. Bref, le principal défi est que, plus votre personnage prendra du temps à trouver ses réponses, plus il oubliera ses souvenirs. Il y a une Magie très puissante à l'oeuvre qui cause cette amnésie, mais ses effets demeurent quand même proportionnels au temps qu'un individu y reste en contact xD Les séquelles ne sont pas permanentes.

Réussir l'épreuve :

• Puisque la force brute est exclue de vos options dans l'Épreuve de Phoebe, vous devez, en réalité, parvenir à convaincre la créature que vous méritez d'être laissé en vie en la suppliant ou en argumentant, à vous de voir. Rappelez-vous simplement qu'il s'agit de l'Aether de la Nature, donc vos arguments devront forcément aller dans le sens des valeurs que son culte promeuve. Si vous y arrivez, c'est tant mieux. Si vous échouez, le monstre va vous assommer, des gardes vont venir vous récupérez et globalement, ça sera fini pour vous /sbaf

• Pour l'Épreuve d'Estella, vous devez simplement passer à travers un cycle de catastrophes naturelles. Une saison = un cataclysme différent, pour un grand total de quatre qui forment le cycle complet o/. Il est également possible pour votre personnage d'abandonner si l'Épreuve devient trop dangereuse pour lui, mais dans ce cas-là, il se fera automatiquement éliminer.  

• Finalement, pour réussir l'Épreuve de Raanu, vous devez résoudre tous les énigmes/puzzles qui se présenteront à vous.  Si jamais la Magie parvient à vous faire tout oublier, vous échouez. Tout comme l'Épreuve d'Estella, il est aussi dans vos choix d'abandonner de manière volontaire, mais le résultat restera le même. Dans tous les cas, votre personnage retrouvera la mémoire qu'il a perdu dès qu'il quittera le secteur ^^

Impact dans la zone : C’est la première épreuve de la Coupe des Nations qui va être suivie du grand public. Vous pouvez en parler dans vos RP. Pour rappel, l'appellation « Ygdraë » n'est très pas répandue, donc la majorité des étrangers continuent encore à les désigner en tant qu'Elfes ^^ Après, la race est assez refermée sur elle-même depuis l'Ère de la Conciliation et cet événement est le premier qui les expose autant au reste du monde. Si jamais vous avez envie de visiter Melohorë, sachez que le lieu est hautement surveillé (plus que d'habitude) et que les gardes ne laissent entrer que ceux qui ont une bonne raison d'être là et ceux qui ne représente aucun danger pour la race ^^

Candidats PJ : Ceux qui se sont inscrits.

Candidats PNJ : Ça a peu d'importance puisqu'il n'y aura aucune interaction entre vous. Certains peuvent avoir réussi, d'autres peuvent avoir échoué ou abandonné. La sélection des candidats ne s'est pas fait de manière divine, donc ce sont les Souverains qui ont choisi ^^

Durée du RP : Trois mois. Les inscrits ont jusqu'au 16/06/2019 pour poster.

Message : Un message unique compris entre 720 et 3000 mots.

Gains


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Sam 11 Mai 2019, 17:12

Lunaly
Un acte de foi
Était-ce pire que de se faire poursuivre par des humains armés jusqu’aux dents ? Lunaly n’était pas en mesure d’y réfléchir. Elle était plaquée contre un rocher, les yeux exorbités. Elle reprenait difficilement son souffle après la frayeur qu’elle venait d’avoir et la fuite qui s’en était suivie. Sa gorge était nouée. Elle faisait du bruit à chacune de ses inspirations et de ses expirations. Sa cachette ne servait à rien. On devait l’entendre à des kilomètres à la ronde. Et son cœur aussi faisait un boucan pas possible. Lui aussi, on l’entendait, elle en était sûre. Le monstre l’entendait. Il allait la trouver et la manger tout cru. Il allait la trouver et elle ne pourrait rien faire. Elle plaqua une main contre sa bouche. Ça ne servait à rien. Elle avait besoin d’air et faisait toujours autant de bruit. Alors elle ferma les yeux, très fort, puis cacha sa tête dans ses épaules. Il allait la trouver…

« Avec un peu de chance, il ne mange pas les grenouilles ? »

Cette pensée lui était venue comme ça, comme une lueur d’espoir. Après tout, elle n’en savait rien : elle avait détallé tellement vite en voyant ce monstre qu’elle n’avait aucune idée de comment celui-ci avait réagi en la voyant, elle. Peut-être qu’il ne la cherchait pas, tout compte fait. Ou peut-être qu’il voulait devenir son amie. Aucune des hypothèses alternatives qui émanaient de ses pensées ne la convainquait. Elle avait beau essayer, elle avait eu trop peur pour pouvoir y croire. Et puis, elle l’entendait roder à deux pas. Il ne pouvait qu’être à sa recherche. Ou plutôt, il ne pouvait que se diriger vers sa cachette toute pourrie.

Un souffle chaud vînt caresser le haut de son crâne. Lunaly couina de terreur et s’élança en avant. Il était là. Pourquoi courait-elle ? Il allait la manger, quoi qu’elle fasse. Il était plus grand, plus rapide, plus fort. Ça ne servait à rien, mais elle continuait. C’était stupide. Tellement stupide.

-Hiiii !

Son pied s’était pris dans un truc par terre. Lunaly venait de trébucher et de s’étaler comme une crêpe. Elle se retourna. Le monstre était juste là, à l’observer, prêt à frapper. Pour la deuxième fois, elle fut impressionnée par sa taille. Elle n’avait donc pas rêvé : ce monstre faisait bel et bien la hauteur de deux humains normaux, soit à peu près cinq fois la sienne. Avait-elle encore le temps pour s’enfuir ? Certainement pas. Elle protégea son visage.

-Noooonnn attendez Monsieur le monstre je vous en supplie ne me mangez pas !

Pourquoi l’avait-on choisie ? Pourquoi l’avait-on emmenée ici ? Jamais elle n’avait voulu participer à quoi que ce soit. Elle n’était pas assez forte pour tout ça. Et puis, elle ne cherchait pas à s’élever, ni à devenir une vedette. C’était se rendre la vie bien trop compliquée, ce dont elle ne rêvait en aucun cas. Lunaly se préparait psychologiquement à recevoir le choc violent qu’allait lui rendre le monstre. Cependant, celui-ci n’arriva jamais. La Fae risqua un œil. Le monstre s’était figé, cherchant à droite et à gauche, humant l’air. Elle s’était rendue invisible sans s’en rendre compte. Tremblante, la Kirottu s’éloigna. Il scrutait en sa direction. Il devait savoir où elle était. A peu près.

-Je… J’arrêterai d’être invisible que si vous me promettez que vous allez ni me manger, ni me tuer, ni me faire du mal ! S’essaya-t-elle.

Elle venait de réaliser que sa voix trahissait sa position. Vite, elle changea d’endroit. Techniquement, maintenant qu’elle avait un avantage, elle aurait pu l’attaquer. Cependant, l’offensive n’était pas conseillée pour cette épreuve, et surtout, Lunaly se briserait comme une brindille au simple fait de se jeter sur lui. Elle n’avait pas la carrure et encore moins l’esprit d’une combattante.

-Pourquoi vous voulez me manger moi ? Franchement, vu comment vous êtes grand vous n’auriez pas beaucoup à vous mettre sous la dent. Et puis, pourquoi vous pouvez pas, euh… manger de l’herbe, par exemple… comme les chevaux ? Elle n’était pas bien sûre de cette illustration. Ça fait de mal à personne, de manger de l’herbe. Ou alors des pommes, c’est meilleur les pommes. En plus, comme ça, on pourrait être amis. Mais faut que vous soyez d’accord et que je puisse vous faire confiance, parce que là, vous me faites peur, Monsieur. Mais c’est pas pour vous vexer, hein. Enfin, je vous ai appelé Monsieur le monstre tout à l’heure parce que je sais pas comment vous vous appelez. Mais je voulais pas dire ça, je le pensais pas. Enfin, je veux dire, vous n’êtes pas moche. Juste que quand j’ai vu votre grande taille, j’étais impressionnée. Vous êtes vachement grand, vous savez. Mais non, je ne me permettrais pas de juger votre physique. Enfin, je peux pas. Moi aussi je suis moche. Enfin non : c’est juste moi qui suis moche. Je ressemble à une grenouille. Ou un insecte, je ne sais pas trop. On dit l’un ou l’autre. Parfois les deux. Donc je peux vous le dire, je sais ce que c’est que d’être mal aimé. Est-ce que vous êtes mal aimé, vous aussi ? Je n’espère pas. Ce n’est de la faute de personne si on est comme-ci ou comme-ça. Moi je pense que la nature est bien faite et qu’on finit tous par trouver sa place, quelque part. Par exemple, moi, je suis sûre qu’un jour je ne serai plus un monstre. Et après je me ferai des amis. Et après je deviendrai fleuriste. J’aurai un grand jardin et j’y ferai pousser plein de trucs. Et j’aurai des fruits et des légumes, aussi. Ça serait vachement bien ! Je rêve de ça parce que je suis allée dans des endroits où les gens n’avaient pas l’air de trop aimer la nature. Du coup, je m’étais dit qu’il fallait que je fasse ce jardin pour montrer à quel point c’est cool, la nature.

Elle continuait de bouger. Elle avait le souffle court à force d’exaltation, qui avait momentanément remplacé la peur et le frisson de l’audace. Lunaly marqua une pause pour observer la réaction du monstre. Lorsqu’elle reprit, elle avait une petite voix fluette et un peu hésitante.

-Alors… vous n’allez pas me manger ? Si ça se trouve, je suis toxique en plus. Comme les grenouilles, ou même certains insectes. Il paraît que les coccinelles c’est toxique. Mais je n’irai jamais en manger, c’est mignon les coccinelles…

Est-ce que lui parler allait vraiment changer quelque chose ? Est-ce qu’il comprenait, au moins ? Elle n’en savait rien. Il restait impassible. Elle avait la sensation de parler dans le vide. Elle se fatiguait, par la même occasion, en faisant tourner son cerveau à cent à l’heure pour trouver un élément consistant à avancer. Et puis, sa magie n’était pas suffisante pour se maintenir invisible encore longtemps. Il fallait qu’elle reparte se cacher avant de ne plus pouvoir tenir. Ce qu’elle fit, allant se blottir au creux d’un nouveau rocher. Malheureusement, le monstre semblait savoir où elle se trouvait. Par son odeur, ses bruits, sa température corporelle ou elle ne savait quoi encore. Il allait calmement parce qu’il savait qu’il était plus fort, quoi qu’il arrive. Ils avaient tout leur temps, après tout. Alors que Lunaly s’était remise à fermer les yeux, cherchant à échapper à la réalité, elle sentit une forte emprise l’extirper de sa planque.

-Noooooonnnn je vous en supplie ne me tuez pas Monsieur le m-… !

Cette fois-ci, elle hurlait, elle pleurait. Ses maigres forces ne lui permettaient pas de se glisser hors de ses grosses mains de géant. Elle était à sa merci. Elle allait mourir.

-Non je vous en supplie ! Je ne peux pas… Je peux pas mourir maintenaaaannnt.

Elle qui avait toujours cru pouvoir un jour vivre Anteeksi pour arrêter de se cacher du reste du monde, sous prétexte qu’elle n’était qu’un monstre. Elle ne pouvait pas finir ici après n’avoir rien accompli. C’était du gâchis. Pourquoi les Aetheri l’avaient-ils choisie, elle ? Pourquoi la faire mourir ici et comme ça ? Ça n’avait aucun sens.

Le maigre corps de Lunaly était secoué par ses sanglots. Il lui semblait qu’elle n’avait jamais autant pleuré de toute sa vie. Elle attendait le pire, tellement impressionnée par cette créature immense, qui la traquait depuis le début. Pourtant, le pire n’arrivait pas. Il n’y avait rien d’autre que le silence, ponctué par ses pleurs et le souffle régulier du monstre. Timidement, elle leva les yeux vers lui. Il la regardait, rien d’autre, et tout à coup elle se sentit bête.

Elle ne mourrait pas.

~1434 mots~
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Dim 02 Juin 2019, 16:03

[Coupe des Nations] - Un acte de foi Stepha10
Four Seasons par Stéphane Wootha Richard
Un acte de foi




L'Automne n'avait jamais été sa saison préférée. Le temps n'y était jamais égal et on ne pouvait jamais être certain de la manière de se vêtir pour affronter tout ça le mieux possible. Alors évidemment, ce fut par cela que l'épreuve des Ygdräes commença. Certainement était-ce là un signe d'Estella pour faire comprendre à Dazia que toutes les saisons étaient nécessaire au cycle de la vie et qu'il ne fallait pas en rejeter une en bloque. Si c'était la volonté de la Déesse, alors qu'il en soit ainsi, la Chaman ne pouvait consciemment aller contre. C'était là les pensées qu'elle était en train de tourner dans son esprit tandis qu'elle affrontait la première phase de son épreuve de la Coupe des Nations. Elle avait été choisi pour représenter son peuple chez les Elfes. Elle se devait de leur faire honneur. Si elle n'y arrivait pas, si elle ne faisait pas son maximum, mettant toutes ses capacités et sa persévérance, cela serait assurément le déshonneur pour elle, et ça, elle était certaine de ne pas le supporter. Mais pourquoi se montrer alarmiste ? Ce n'était pas les saisons qui allaient venir à bout d'elle, à ça non. La Nature était sa maison, elle avait passé quasiment toute sa vie en son sein, que cela soit lorsqu'elle était une Eversha ou bien au service des esprits et des Dieux.

Dazia frissonna une nouvelle fois, secouant la tête dans tous les sens pour chasser les rigoles d'eau lui coulant dans les yeux. Il n'arrêtait pas de pleuvoir. Inlassablement, impitoyablement. Son horizon ne se résumait plus qu'à ça. De la pluie qui s'infiltrait partout, ne lui laissant pas un instant de répit. Un grondement sourd se fit entendre, se répercutant dans les arbres autour d'elle. Cela faisait même trembler les arbres. Elle n'avait absolument aucune idée de ce que cela pouvait être mais ça ne lui disait rien qui vaille. Puis elle releva brusquement la tête tandis qu'elle prenait conscience de ce qui était en train de se passer. Avant qu'elle n'ai eu le temps de se redresser et de sortir du fourré dans lequel elle s'était glissée pour se protéger au maximum des intempéries, une vague d'eau, de boue, de broussailles et autres branchages déferla entre les arbres. En un instant, elle se fit emporter comme un fœtus de paille, tourbillonnant au milieu des gravats charriés par l'inondation et la coulée de boue. Si elle ne voulait pas mourir noyé ou assommée par l'un des nombreux débris flottants, il fallait qu'elle sorte vite de là.

Une branche l'assomma à moitié tandis qu'elle buvait la tasse. Elle n'allait pas tenir bien longtemps comme ça. Ses forces s'épuisaient rapidement à batailler pour rester à la surface. Si elle ne finissait pas noyé, elle se ferait empaler par un objet charrié, se retrouverait coincée ou tout autre chose du même genre. Péniblement, elle tenta d'agripper une branche qui passait à sa portée. Il lui fallait quelque chose de fixe. Si elle arrivait à grimper dans un arbre le temps que tout ceci passe et se calme, elle aurait la vie sauve. Elle réussit finalement à se retenir à un tronc assez résistant pour en pas être emporté. Il ne lui restait maintenant plus qu'à se hisser vers sa frondaison à la force des bras. Ses derniers étaient déjà tout épuisés d'avoir lutté. Puisant dans ses derniers ressources du moment, grognant sous l'effort, elle grimpa peu à peu jusqu'à pouvoir s'installer à califourchon sur une grosse branche solide. A cet instant, c'était l'oreiller le plus moelleux qu'elle n'ai jamais eu. A tel point, qu'épuisée, elle finit par s'endormir.

Ce fut les frissons et un premier flocon tombé sur le bon de son nez qui réveillèrent la Chaman. Ses vêtements étaient encore bien humides du bain forcé qu'elle avait pris et la température avait drôlement chuté. L'inondation était partie mais avait laissé place au froid. C'était le temps de la saison froide et chaque seconde qui passait voyait le thermomètre descendre de plus en plus. Le vent était en train de se lever et de forcir de plus en plus. Avec lui, les flocons se faisaient plus nombreux, plus durs et plus abrasifs. Après le trop plein d'eau, c'était à présent une tempête de neige qui était en train de se forger. Tout comme elle n'avait pas les vêtements adaptés pour les pluies torrentielles, il en était de même pour les froids extrêmes. Si elle ne réagissait pas rapidement, ce n'était plus noyée qu'elle allait mourir mais congelée sur place. Elle se laissa glisser à bas de l'arbre, alors qu'elle commençait déjà à ne plus sentir le bout de ses doigts. Le blizzard tourbillonnait de plus en plus, lui giflant le visage et la moindre parcelle de peau nue.

Dazia se mit à chercher un endroit à l'abri du vent, un lieu où elle pourrait se réfugier. Si au moins, elle coupait le vent, elle pourrait plus facilement ensuite lutter contre le froid. Mais pour le moment, elle était simplement en train de se perdre dans les bois. Ses extrémités étaient en train de geler et si elle ne faisait rien rapidement, elle les perdrait à coup sur. Elle finit par tomber sur un affleurement rocheux, dans le sens littéral du terme. En tâtonnant, elle comprit que c'était là un amas de grosses roches et qu'entre elles, légèrement enterrée, se trouvait une cavité. Elle s'y glissa comme elle put, se roulant en boule comme un animal pour conserver le plus possible la chaleur de son corps. Même si l'ouverture n'était pas grande, l'air glacial arrivait quand même à s'infiltrer à l'intérieur et à lui glacer les os. Elle entreprit de ressortir à moitié pour amasser quelques branchages devant l'abri de fortune. Avec la neige qui s'entasserait dessus au fil des secondes, ça formerait rapidement un muret naturel avec quelques aérations qui lui permettront de quand même survivre. Ou en tout cas, de limiter la chute de température dans sa cavité.

Son corps était inlassablement assailli de frissons, ne lui laissant aucun répit. Et en même temps, son esprit s'engourdissait la faisait sombrer dans une torpeur qui deviendrait vite mortelle si elle n'y faisait pas attention. Elle luttait pour rester éveillée, jusqu'à même se donner des baffes pour faire circuler le sang. Sans s'en rendre compte cependant, elle dut tomber dans le sommeil ou perdre connaissance car lorsqu'elle rouvrit les yeux, le bruit des rafales de vent à l'extérieur s'était tu. Elle se sentait groggy, amorphe. Chaque mouvement, chaque respiration, la laissaient pantoise et prête à sombrer dans le sommeil dans l'instant. Pendant un temps qui lui parut durer une éternité, la jeune femme gratta la neige qui s'était accumulée. Elle grogna sous l'effort quand elle poussa sur les branchages qu'elle avait installé plus tôt. Quand elle s’extraie enfin de son abri de fortune, elle se rendit compte que la météo avait changé du tout au tout depuis sa dernière excursion à l'extérieur. Le ciel était totalement dégageait, les oiseaux chantaient et l'air était doux. Son corps était affaibli. Il fallait qu'elle trouve quelque chose à se mettre sous la dent.

Elle commença par fouiller les sols, y extraire quelques racines comestibles. Cela apaisa quelque peu sa faim et lui redonna quelques forces. Elle finit même par réussir à attraper un écureuil pour pouvoir se mettre quelque chose d'un peu plus consistant dans son estomac. Obnubilée sur les premières nécessités de la vie, c'est à dire se nourrir et boire, la Chamane ne se rendit pas compte tout de suite que certaines plantes grandissaient assez vite et que leurs racines étaient en train de craqueler le sol et de créer des crevasses. Et alors, elle sentit la première secousse. A peine un frisson mais qui suffit à la mettre en alerte. Il était en train de se passer quelque chose de pas normal et encore une fois, elle était en plein milieu. En même temps … Cela faisait parti des épreuves. Il fallait qu'elle les affronte jusqu'au bout. Maintenant, elle était sur le qui-vive, prête à réagir, à faire face même si jusqu'à présent, elle n'avait pas pu faire grand chose à part survivre. Une autre secousse se fit ressentir, plus forte, déstabilisant légèrement la jeune femme.

Et les choses s’enchaînèrent. Les vibrations se firent de plus en plus présentes, de plus en plus violentes, de plus en plus nombreuses et de plus en plus longues. La nature autour d'elle craquait et criait, se balançait et flanchait. Elle se mit à courir. Il fallait qu'elle sorte de la. Les arbres étaient en train de tomber, des crevasses étaient en train de s'ouvrir, creusant des plaies profondes dans le sol. Une fissure s'élargit d'un coup quasiment sous ses pieds. Elle freina comme elle put mais l'impulsion qu'elle avait mis dans ses jambes pour fuir tout ça la propulsa en avant, droit vers le trou. Elle se contorsionna dans tous les sens, bataillant frénétiquement des bras et des jambes et réussit à attraper les racines d'un arbre qui dépassaient tandis qu'elle était en train de chuter. Le brusque arrêt faillit lui faire lâcher prise et elle poussa un cri quand la douleur se répercuta dans son épaule. Grimaçant et suant, elle tira de toutes ses forces sur ses bras pour remonter à la surface, en priant les Dieux pour que les racines ne lâchent pas avant qu'elle ne soit arrivée.

Dans un dernier effort, elle se laissa tomber sur la surface meuble de la terre qui avait arrêté de trembler, au contraire de ses muscles. Elle avait chaud et suait à grosses gouttes. Elle essuya son front d'un revers du bras mais cela n'aida pas vraiment. La température ne faisait qu'augmenter. Elle aurait bien aimé prendre un petit rafraîchissement et se reposer un peu mais le Destin lui réservait autre chose. Après tout, elle n'était pas là en vacances. Elle était là pour faire ses preuves face à Estella. Elle fronça le nez. Une odeur de fumée était en train de parvenir à ses narines. L'air était sec, cassant, suffocant. Les feuilles autour d'elle commençaient à se racornir, se flétrir, et roussir. Tout autour d'elle craquait. Avant même d'être réellement certaine de ce qui était en train de se passer, la Mior se mit en mouvement. Si c'était bien ce qu'elle pensait, il fallait qu'elle sorte de là au plus vite. Un souffle brûlant lui roussit les poils de la nuque tandis qu'elle se mettait à courir. Presque malgré elle, dans une curiosité morbide qui pouvait lui faire perdre plusieurs précieuses secondes, elle jeta un coup d'oeil par dessus son épaule sur ce qui était dernière elle. Un mur de flamme. Le plus gros qu'elle n'ai jamais vu. L'incendie faisait ravage, dévorant tout sur son passage. La fumée le précédait, faisant tousser et suffoquer Dazia.

Les yeux larmoyants, la respiration rauque et courte, la visibilité devenait de plus en plus faible. Plus d'une fois, la jeune femme trébucha et se prit les pieds dans des racines ou autres aspérités du sol qu'elle n'avait pas vu. L'incendie gagnait du terrain sur elle. Des tisons rougeoyant et brûlants volaient dans les airs, enflammant les feuilles et les branches autour d'elle, lui brûlant le visage, rougissant la peau de ses bras. Elle était perdue, épuisée, à bout de souffle et de force. Mais elle devait continuer à aller de l'avant sinon elle finirait en tas de cendre. Elle ne savait pas s'il était possible de mourir dans ces épreuves ou bien, si on venait les sauver au dernier moment, mais elle ne préférait pas tester. Ainsi lorsqu'elle vit le miroitement de l'eau sur sa droite, n'hésita-t-elle pas. Elle sauta dans le petit étang qui se trouvait à, s'immergeant complètement. Elle resta autant que possible sous l'eau mais rapidement, ses poumons réclamèrent de nouveau de l'air. Elle remonta donc à la surface, juste de quoi sortir le nez et la bouche pour prendre de grandes respirations avant de replonger, faisant cela tout le temps que dura l'incendie … Jusqu'à la fin de l'épreuve.


2 138 mots

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Jämiel Arcesi
~ Alfar ~ Niveau II ~

~ Alfar ~ Niveau II ~
◈ Parchemins usagés : 753
◈ YinYanisé(e) le : 01/03/2019
◈ Activité : Étudiant à plein temps ; Luthier en parallèle
Jämiel Arcesi
Ven 07 Juin 2019, 15:40

Un acte de foi


Les Ygdraës, encore. Jämiel fini par se dire que les Aetheri avaient le sens de l'humour. Ou était-ce une autre forme d'épreuve vis-à-vis de lui. Le cœur palpitant, l'Alfar détaillait avec attention la ville de Dhrosca et ses habitants – tous ses habitants – tandis qu'il traversait la capitale en direction de son épreuve. Il avait déjà prit le temps de faire le tour de la capitale en attendant son tour, mais il tenait à conserver chacune de ces images à l'esprit. On ne le laisserait pas revenir de si tôt. D'un pas lent, essayant de prendre un air assuré devant le peuple protecteur des Yggdrasils, il se remémorait la conversation qu'il avait eu avec ses parents alors qu'il avait apprit qu'il avait été élu participant à la Coupe des Nations. Il n'avait alors pu retenir un rictus victorieux en direction de son aîné : c'était lui qui avait été choisi. Lui, et non son frère. Néanmoins, il ne pouvait contenir cette pointe d'appréhension qui avait germé en son sein car il savait qu'on ne tolérerait aucun échec de sa part. Ses parents le lui avait également fait comprendre. Il se laissait guider, la tête haute mais la poitrine serrée par un stress trop évident à deviner sur ses traits tendus, en direction de l'épreuve qu'il aurait à subir.

On le mena dans une pièce. Une grande pièce de pierre blanche dont un lierre commençait déjà à envahir ses murs, ses racines solidement cramponnées aux porosités du matériaux. Le bruit du verrou derrière lui l'arrachai à sa contemplation. Il fixai la porte close, silencieux. Il n'y avait plus de demi-tour possible à présent. Il n'en avait jamais été question de toute manière. Tandis qu'il détaillait l'endroit à la recherche de l'objectif de l'épreuve, le regard sévère de son père comme ses mots s'imprimèrent dans son esprit et sa respiration s'accéléra. Il ne pouvait décidément pas se permettre d'échouer. Surtout pas ici. Pourtant l'affaire semblait mal partie. Il ne trouvait rien lui donnant un indice sur ce qu'il devait réaliser ici. Il avait bien essayé d'imaginer à quoi les Ygdraës auraient bien pu le confronter, mais il n'avait jamais émit l'hypothèse d'une telle situation. Il était seul et la pièce paraissait semblable à n'importe quelle autre pièce qui puisse exister. Du moins, chez les Ygdraës. Probablement devait-il sortir d'ici, trouver une clé pour ouvrir la porte par laquelle il était arrivé? Ou bien avait-ce un rapport avec celle-ci ? Il s'accroupit et s'attarda quelques minutes sur une porte juste assez haute pour laisser passer une Fae. Cet endroit n'était finalement peut-être pas si commun qu'il n'en avait l'air...

Il laissai glisser ses doigts sur la petite porte en fer forgée finement gravée de motifs en arabesque, et essayai d'en pousser le battant. Mais la petite porte de poupée lui résista avec force et il n'essuya qu'un échec. Avec un soupir d'impatience, le Sarethi commença a faire le tour de la pièce, s'attardant parfois sur des objets en espérant y trouver quelque chose sans trop savoir quoi. Un objet qui n'était pas à sa place peut-être, un peu à la manière de cette porte miniature ? Ou juste un indice, ce serait déjà un bon début. Il poussai un nouveau soupir, de dépit à présent, en même temps qu'il se saisissait d'un livre se trouvant sur la table basse au centre de la pièce. Il le feuilleta rapidement, réfléchissant sans grande conviction à la situation dans laquelle il se trouvait, jusqu'à ce qu'il trouve un morceau de papier cousu entre deux pages sur lequel se trouvait un étrange dessin. Un sourire se dessinai alors sur son visage tandis qu'il comprenait enfin ce qu'il devait faire. Ces Elfes étaient plus fourbes qu'ils ne le laissaient paraître. Il reposai le livre sur la table, ouvert à la page où il avait trouvé le dessin, et commençai à ouvrir chaque livre se trouvant dans la pièce, à soulever et retourner chaque objet la décorant, regroupant tout les indices qu'il arrivait à trouver.

Au bout de trop longues minutes, il s'installait face à ses trouvailles, cherchant les liens entre eux et entre la petite porte. Il se saisit d'une petite boite et observait la serrure à trois points. Il n'avait rien sur la table qui pouvait l'ouvrir, il avait forcément manqué quelque chose. Le Sarethi la laissa de côté, se focalisant sur le reste. Ça ne devait pas être là par hasard. Il avait trouvé plusieurs feuillet, comme celui du livre, sur lesquels étaient dessiné des motifs. Tous bien trop caché pour être vu d'un simple coup d’œil. Le regard figé sur les bouts de papier, le pouce sur la tempe, il ne voyait pas quoi faire de ces dessins. Il n'avait pas la moindre idée de ce à quoi ils pouvaient faire référence. Jusqu'à ce qu'il lève la tête, ses prunelles tombant sur la porte de fer qu'il rejoint rapidement, les feuillets en main. « Évidemment ! », s'écria le jeune Alfar en détaillant les motifs de la porte avant de poser les feuilles face à lui pour les arranger de façon à ce que le puzzle ressemble à ce qui était forgé sur le métal de la porte. Mais une fois le travail achevé, une moue mécontente se dessinai sur son visage tandis qu'il observai la porte qui n'avait pas bougé. Une minute s'écoulait où il se demandait ce qu'il aurait dû faire, s'il avait réellement trouvé la bonne solution, avant qu'il n'attrape rageusement l'un des morceau de papier pour le plaquer sur la porte. Un phénomène étrange se produisit alors. Il sentit le papier se fondre avec le métal sous sa paume, donnant un nouvel éclat à la petite porte par la même. Un nouveau sourire illumina son visage tandis qu'il répétait l'opération avec le reste des dessins, jusqu'à ce que la porte ne soit entièrement teinte de nouvelles couleurs chatoyantes. Un léger *clic* se fit entendre. Jämiel tentai à nouveau de pousser la porte qui céda rapidement. « Enfin... ».

Il se saisit de la fine petite clé cachée dans la petite salle et s'attarda sur elle un instant. Quelque chose n'allait pas... La victoire était à portée de main, mais il y avait un problème quelque part et il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. D'un haussement d'épaule il fit demi-tour en direction de la porte par laquelle il était entrée pour l'ouvrir. Cependant il dut se résoudre au fait qu'il ne pourrait pas sortir. Du moins pas par-là. Sans serrure, ni poignée, le passage allait être difficile. Il ne voyait pas d'autres portes pourtant... Alors à quoi pouvait-elle lui servir ? Il alla s'asseoir à la table et y trouva une petite boite en métal, fermée par une serrure à trois points. En la détaillant il fronça des sourcils avant de retenir une exclamation. Il savait ce qui n'allait pas à présent. Il manquait deux clés. Mais surtout, il avait oublié qu'il lui en fallait deux autres pour l'ouvrir car il avait tout simplement oublié l'existence même de cette boite. Jämiel se relevai brutalement, bousculant la table et ce qui s'y trouvait, alors qu'un vent de panique s'emparait de lui. Qu'est-ce qu'il lui arrivait ? Comment avait-il pu tout bonnement omettre ce détail? Plus il y songeait, plus il se questionnait, plus son souffle s'accélérait au rythme des battements de son cœur. Il jetait des regards rapide sur les quatre coins de la pièce, cherchant à comprendre ce qu'il se passait, pour finir par clore les yeux en fichant son poing sur le mur dans un râle désespéré. La douleur en résultant, quoi que désagréable, fut malgré tout bénéfique, son esprit se concentrant sur celle-ci faisant alors abstraction du trouble qui s'était emparé de lui, lui permettant de reprendre avec plus ou moins de calme la situation dans laquelle il se trouvait.

Après quelques minutes, de réflexions, il déglutit en comprenant l'urgence de la situation. Il avait bien trop sous-estimé cette épreuve et à présent il se trouvait dans une situation délicate. Il devait faire vite. Qui sait jusqu'où les Ygdraës avaient poussés ce vice. Et il refusait de se faire avoir par un peuple comme celui-là. Il se devait de remporter la victoire. Cependant, malgré cet ordre provenant du fond de son âme, il ne pouvait empêcher les sueurs froides de la peur goûter le long de ses tempes. Aussi, en même temps qu'il se mettait à la recherche des deux autres clés, il se plongeait dans sa mémoire, essayant de contrer par ce moyen cette étrange et terrifiante amnésie. Néanmoins, ses fouilles se révélaient bien moins efficaces et il mit bien trop de temps à son goût pour trouver la clé qui n'ouvrait que le troisième verrou. Malgré cela, un sourire satisfait se dessinait sur ses lèvres. C'était toujours une supplémentaire. Il allait lui montrer que lui aussi était capable de grande chose ! En rangeant la clé dans sa poche, il fronçait des sourcils. Lui... Il avait beau y mettre toute la volonté du monde, il n'arrivait pas à mettre de visages sur ce lui. Ni même un nom. Pourtant il était certain de connaître cette personne, et même très bien. Un rire nerveux lui échappait tandis qu'il se mettait à la recherche de la dernière clé, celle qui lui permettrait d'enfin s'échapper de cette prison. « Me voilà bien... ». S'il continuait à cette allure, ce serait probablement son existence même qu'il viendrait à oublier. Il pouvait très bien annoncer son abandon pour éviter une telle catastrophe et limiter les dégâts. Il saurait parfaitement retrouver l'identité de cette personne à présent inconnue. Pourtant il ne se pardonnerai jamais d'avoir ainsi baissé les bras si près du but. Personne ne lui pardonnerai. Qui plus est, ce serait un terrible déshonneur pour lui, pour les Arcesi, mais pour la race Alfar dans son entièreté. Le Sarethi serra les poings. Face à ce constat il n'avait pas le choix et mettrait tout en œuvre pour arriver à ses fins, même s'il devait abandonner sa propre identité pour ça.

La troisième clé en poche, il se précipita vers la boite pour en défaire le verrou. Il ne se souciait plus de ses souvenirs. Il avait retenu qu'il devait sortir vite, et se concentrer sur l'épreuve et sa mémoire à la fois était contre-productif. Il avait dû faire un choix. En découvrant le contenu de la boite il poussa un soupir d'exaspération. « Ce sera sans fin ?... ». L'Alfar scrutait le papier sur lesquels étaient écris des chiffres et des lettres. Il lui fallu un moment avant de comprendre que ce qui lui paraissait être un assemblage alpha-numérique tout à fait hasardeux faisait en fait référence à un ouvrage qu'il avait ouvert un peu plus tôt. Le premier qu'il avait lu en réalité. S'il s'amusait quelques fois avec des amis à faire ça de temps à autre, le code ici était bien plus compliqué que celui qu'ils utilisaient entre étudiant. Aussi il mit bien plus de temps qu'il ne l'aurait aimé à trouver le message caché pour un exercice auquel il s'adonnait régulièrement. « Immatérielle je suis pourtant là, au mot caché je me présenterai à toi. ». Il poussa un soupir à ces mots. Si au début il avait trouvé l'épreuve intéressante, il commençait à être agacé. Il avait l'impression d'être l'âne auquel on tendait la carotte qu'il ne pourrait jamais attraper, et il n'aimait pas ça. Il prit le temps de revenir dans ses souvenirs. Mais rien n'en sorti. Étrangement, il ne ressenti rien de négatif de cette perte. Après tout, il ne savait pas s'il aimait ou non ces personnes. Avait-il seulement des liens affectifs ? Probablement, tout le monde en a. Et lui ? Qui était-il ? « Jämiel Arcesi. 13 ans. Alfar. », se répondit-il mentalement. Au moins il se connaissait encore. Pour combien de temps ? Au mot... Le message se répétait en boucle dans sa tête. Au mot... Le mot... Un verrou retentit derrière lui. Il laissa échapper un sifflement, en même temps qu'un rictus narquois se posait sur ses lèvre.
© ASHLING POUR EPICODE




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Bellada Ward
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Bellada Ward
Sam 08 Juin 2019, 18:02


"Bon, c'pour aujourd'hui ou pour demain ?" râla une fois de plus la sorcière, perdue au milieu des arbres. "Vous comptez m'laisser poireauter ici p'dant combien d'temps, au juste, hein ? J'ai pas qu'ça à faire moi ! J'ai une coupe des nations à remporter !" Mertle fit un tour complet sur elle même, essayant de chercher les deux hommes qui l'avaient escortés jusque dans ces bois. "Eh Oh ! V's'êtes sourds ou juste totalement crétins, au point de perdre votre concurrente ?!" En voilà des manières ! Abandonner l'une des participantes à ce grand tournoi international en pleine nature, sans qu'elle n'ait le moindre espoir de retrouver son chemin ni même reçu les règles concernant l'épreuve qu'elle allait devoir effectuer ! Outrée, la mage noire s'arrêta et croisa les bras sur sa poitrine, tapant impatiemment du pied. "J'vous préviens ! Mon roi entendra parler d'cette histoire ! Et croyez moi, il s'ra pas comptent ! Il viendra réclamer vengeance, suite à cette odieuse trahison ! Pénaliser un concurrent, simplement à cause de sa race d'origine ?! C'est tout bonnement inacceptable ! Vous l'regretterez, c'est certain !" menaça la vieille bique, criant à plein poumon après les gardes qui étaient depuis longtemps déjà repartis. Contrariée par la tournure des événements et se rendant compte que personne n'arrivait pour la reconduire en lieu sûr, la sorcière commença à sentir l'anxiété la gagner. Néanmoins, ne voulant pas perdre la face, elle décida d'aller s'asseoir sur un gros rocher, non loin du lieu où elle s'était arrêté, s'aidant de son balais pour avancer à travers la végétation plus que luxuriante - bien trop envahissante à son gout. "Qu'est'c'qu'vous cherchez à faire, en m'laissant poireauter comme ça, dans une forêt sans ch'min ? Vous v'lez qu'j'me casse une jambe, c'est ça ?! Pouah ! Bien essayé ! Mais ça arrivera pas ! Ch'ui plus costaude qu'j'en ai l'air moi !" Puis elle ajouta tout bas, sifflant entre ses dents : "Bande de crétins dégénérés, avec du gazon à la place de la cervelle ! Quand ils m'retrouveront, j'leur ferai manger mes chaussures tient ! Z'y comprendront que-tchi !" Penser à un plan machiavélique semblait la rassurer quelque peu, la plongeant dans une zone de confort à laquelle elle était habituée, après des années d'expertise.

Mertle resta assise là, sans rien faire, priant silencieusement que quelqu'un vienne la retrouver pour qu'elle puisse enfin s'en aller de cet endroit perdu. Le temps sembla s'étirer à l'infini et si quelqu'un lui avait demandé combien de temps elle avait dû patienter avant que quelque chose n'arrive, elle aurait sans doute répondu qu'il s'était agit de plusieurs heures alors qu'il n'avait été en réalité question que de quelques minutes. Mais finalement, des bruits de pas se firent à nouveau entendre, se rapprochant jusqu'à elle. "Ha ! Vous v'là donc enfin, bande d'bons à riens !" Quelque peu raidie après être restée autant de temps positionnée sur son rocher, la vilaine mis plusieurs secondes avant de parvenir à se remettre debout. "Ouhlàlà, mon dos et mes fesses ! J'ai plein de courbatures, à cause de vous ! J'espère que vous m'offrirez un massage gratuit ! C'est à cause de votre imprudence, tout ça ! Si vous n'étiez pas aussi incapable je-" La vieille bique fut coupée dans son élan. Elle venait de voir la chose qui s'était approchée jusqu'à elle. Et ce n'était pas les deux elfes qu'elle s'était attendue à voir. "Par la folie de Lord ! Qu'est ce que- Que- Vous- Enfin- Non ! T'approches pas ! Espèce de brindille unijambiste et répugnante ! Reste loin d'moi !" Une pointe d'hystérie avait gagné la vieillarde qui, voyant le monstre s'approcher d'elle, avait essayé de mettre le plus de distance entre eux deux. Elle tenait son vieux balais pour imposer une certaine distance de sécurité, comme pour le repousser, essayant au passage de le taper avec les brindilles de l'objet. Malheureusement, la créature n'eut aucun mal à passer outre son arme et jeta le balais à plusieurs mètres de leur position, arrachant un cri fort disgracieux à la mégère. Désarmée et au bord de la crise de nerd, la sorcière effectua un demi-tour et commença à trottiner le plus rapidement possible, essayant d'ignorer les douleurs causées par son arthrite. Mais cette fuite désespérée n'eut bientôt plus de sens car la chose referma sa prise sur le col de mage noire, qui se laissa traîner, impuissante, sur le sol terreux. "Non ! Non, lâche moi !" essaya-t-elle d'ordonner, sans plus de résultats. Le désespoir la gagna un instant, et elle s'imagina déjà les milles et uns supplices que s'apprêtaient à lui faire subir cette créature inconnue. Elle se mit à crier de désespoir, des cris qui auraient presque pu éveiller la compassion de ses assaillants.

Puis, soudainement, la vieille femme réalisa un point clé essentiel : les elfes étaient connus pour être des êtres pacifistes et bienveillants. Elle ne craignait rien -du moins, elle l'espérait, autrement elle finirait sans aucun doute dans le vendre de cette chose répugnante. Tout ce que ces illuminés aimaient, c'étaient les plantes et les arbres. Alors, ce qu'elle devait faire, c'était simplement de montrer qu'elle aimait la végétation, même si cela n'était qu'un immense bobard. Lorsque la situation l'exigeait, elle pouvait se montrer étonnement agréable, et s'il y avait un moment dans sa triste vie où elle devait faire preuve d'une ingénieuse gentillesse, c'était en cet instant ! Mertle se racla la gorge pour pouvoir parler de façon distincte. "J'aime les arbres, vous savez !" Un rire nerveux lui échappa, mais elle se reprit rapidement. "Lorsqu'j'étais p'tite, j'aimais y grimper pour me cacher d'dans. Ils m'offraient une parfaite cachette. J'me souviens, j'y grimpait pour échapper à ma soeur." Mensonge. La vieille bique inversait ici les rôles : il s'agissait de Bellada qui, dans leur enfance, allait se réfugier sous le couvert des branches feuillues. Mertle, elle, n'aimait pas se retrouver près des insectes qui pullulaient derrières les feuilles. Mais ça, le gnome qui la traînait ne pouvait pas le savoir. "Mon préféré, c'était l'pommier. Mais lorsque c'était la saison, j'allais dans les cerisiers pour manger mes fruits préférés ! Je pouvais y rester toute la journée, sans m'ennuyer !" Pendant un instant, la grand-mère se demanda si le monstre était doté de conscience, ou au moins capable de comprendre ce qu'elle racontait. En réalité peu importait. Vu la situation dans laquelle elle se trouvait, sa seule chance était d'espérer très très fort que la chose l'écoutait, et prendrait pitié d'elle. Elle continua donc à parler tout en ventant au combien elle aimait la nature, s'appropriant tel ou tel faits qu'elle avait observé chez des membres de sa famille. "Et puis, aussi, j'adore les fleurs ! Mon mari m'en apportait tout le temps, lorsque nous nous sommes mis en couple ! A chaque rendez-vous ! Et puis, lorsque j'étais malade, il allait en cueillir, afin de me remonter le moral ! Leur parfum se diffusait dans toute la maison, et ça m'aidait à me sentir mieux. Oh et puis aussi, j'ai un jardin-potager, chez moi ! J'y fais pousser des bon légumes, et des jolis arbres fruitiers ! Ca attire plein d'abeilles, je trouve ça très mignons les abeilles vous savez ?" Faux. Dès qu'elle en avait l'occasion, elle aimait les écraser sous le talon de sa bottine, comme de vulgaires mouches. "Et puis, je suis douée pour faire des potions. Alors forcément, j'ai appris à aimer et à cultiver les plantes qui m'aidaient à exécuter mon art ! Ca demande beaucoup de temps, mais ça occupe mes vieux jours !" Un cailloux quelque peu pointu se trouvait sur le chemin où l'emmenait la bête, lui arrachant un cri de douleur. "Mais enfin, faites attention voyons ! V'voyez bien qu'je suis une vieille dame ! La nature prend soin des vieilles dames ! Comme les arbres centenaires !" Si seulement elle apprenait à se taire, au lieu de dire des âneries... Malheureusement, ce n'était pas dans le mauvais carafon de la vieille Mertle.
1400 mots environs
(avant le matraquage du dialogue)
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Dim 16 Juin 2019, 19:27

Jeanne observait consciencieusement les alentours. Elle était dans une clairière où la Nature était si verdoyante que c'en était presque aveuglant. Le Soleil laissait filtrer ses rayons au travers des feuilles, créant un effet de lumière reposant, tandis que l'eau du ruisseau s'écoulait un peu plus loin, après un espace vide où l'herbe se pliait sous un vent léger, transportant quelques éclats de poussière au loin. Cet endroit était l'un des plus beaux qu'elle n'eut jamais vu. La seule tâche dans ce tableau idyllique n'était autre qu'elle-même. La Déchue était debout, n'osant bouger. En progressant durant cette épreuve, elle s'était rendu compte que l'herbe sous ses pas se calcinait. D'abord surprise de cette réaction, la femme avait eu le malheur de mettre sa main contre un arbre, ce dernier avait eu alors un craquement sinistre et de sa main maudite, l'énergie du chêne se désagrégea, le fissurant, le faisant devenir aussi noir que de l'obsidienne, avant de le voir tomber en morceaux sombres. La Nature mourrait à son contact et elle n'osait plus progresser. La Roche s'abreuve de l'Eau de Vie. Tel était une des phrases qui devaient la guider dans cette série d'épreuves de la Coupe des Nations. Jeanne s'était portée volontaire pour représenter les siens chez les Elfes, ce peuple mystérieux qu'elle ne connaissait qu'au travers des récits de voyage.

L'Aile Noire comptait bien faire honneur aux Déchus, seulement, si elle détruisait ce lieu où elle devait résoudre une sorte d'énigme, elle n'était pas sortie de l'auberge ! Vous affronterez les Fléaux de la Déesse Estella. La femme était alors loin de se douter que le fléau de cet endroit, ce serait elle-même ! Est-ce que rester immobile et réfléchir à une solution fonctionnaient ? Absolument pas. Autour d'elle, l'herbe mourrait progressivement, entraînant avec lui la faune et la flore, comme si elle était un cataclysme. Cela faisait dix minutes que Jeanne était là et si elle ne trouvait pas vite une solution, tout serait détruit et ce serait un échec cuisant. Tout être vivant avait besoin d'eau, elle-même ressentait le besoin de s'abreuver à ce ruisseau, qui l'attirait inexorablement à lui, mais sa crainte de le contaminer et d'anéantir cet endroit par ce geste maladroit la retenait. État-elle un rocher qui devait s'abreuver ? Hum, non. Devait-elle donner de l'eau du ruisseau à des pierres ? Non, ce ne devait pas être cela, vu que ces dernières étaient disposées près de ce dernier comme pour le guider. Dans ce cas, de quel autre liquide pourrait-il s'agir, du vin ? C'est alors que l'idée de ce liquide carmin vint la heurter de plein fouet dans l'évidence. Quel autre liquide vital était indispensable à toute forme de vie ?

Il lui fallait faire rapidement. Jeanne avalait la distance du mieux qu'elle put, mais ne savait comment donner son sang aux rochers qui, déjà, se noircissaient. Elle prit une roche tranchante qui se désagrégeait dans sa main et prit soin de se couper, malgré son hésitation et avec une grimace de douleur. Le rocher à moitié corrompu s'abreuvait de ce petit filet de sang, frissonnant presque. Il y eu ensuite une sorte de long soupir libérateur qui résonnait dans la clairière. Elle ne faisait plus de mal. Et elle sut pouvoir boire l'eau sans crainte, ce qu'elle fit en fermant les yeux, ravie d'avoir réussi et ce, avant de ressentir des gouttes de pluie sur ses cheveux, puis son visage. Un torrent qui se déversait sur sa tête. Son environnement avait légèrement changé en sortant en courant de la forêt, cherchant un abri. Il n'y avait rien à des kilomètres à la ronde. Une tempête effrayante semblait frapper ce côté. Sous un Ciel de Tonnerre, les éclairs fuient. Elle allait devoir tenir assez longtemps et s'enfuir de cette zone avant de se retrouver dans une posture délicate. Quel déluge affligeant ! La température agréable était devenu une chaleur moite et dérangeante, elle peinait à respirer dans sa course qui ne semblait avoir de conclusion. Elle devait régulièrement faire des haltes pour reprendre son souffle et ne voyait rien à plus de quelques mètres.

Jeanne manquait presque de tomber tant la terre devint boueuse, certaines pentes étaient impossibles à descendre autrement qu'en se laissant glisser. Elle était sale, mais la pluie parvenait à enlever le plus gros de la crasse, pour l'élégance, elle repasserait, mais là n'était pas le but de cet épreuve. Là, elle essayait surtout de voir la conclusion de cette pluie diluvienne. Il n'y avait pas de vent, un constate total avec le ciel si sombre qu'on aurait dit qu'il allait s'effondrer sur le monde. Et la tempête atroce qui aurait pu en découler ne semblait pas réellement vouloir frapper les terres. Avancer sans se retourner, sans indications, rien. C'était étonnant qu'aucun éclair n'embrasse les cieux d'encre. Mais... ! Jeanne se frappa le front de la paume de sa main en s'arrêtant, repensant à l'indication de l'épreuve. C'était les éclairs qui fuyaient ce lieu sordide et non elle qui devait s'échapper. Devait-elle générer de l'électricité ? Comment pourrait-elle faire cela ? Aucun de ses sorts ne pouvaient l'aider ! Réfléchis ! Sa maîtrise était le feu. Pouvait-on faire de l'électricité avec du feu ? Elle l'avait apprit, avec Faust...De l'eau, des matériaux conducteurs et du feu. Oui ! La surface d'eau, aucun souci, elle avait de quoi faire en creusant dans la boue un trou qui se remplissait doucement. Elle retirait son bracelet d'argent et lançait son sort, faisait doucement augmenter la température du matériau.

Cela demandait un peu de temps, mais une fois ce dernier à bonne température, elle le mit en partie dans l'eau. Ce contact créa un nuage de condensation qui s'élevait doucement. Et...Et maintenant ? Ce n'était pas aussi simple, hein ? A un moment où elle désespérait quelque peu, un éclair zébra le ciel si puissamment qu'elle en sursautait de peur, manquant de s'étrangler. Elle mit sa main dans la boue et tomba sur le côté, un bruit assourdissant venait de sa droite. Elle se mit les mains sur la tête comme pour se protéger de la fureur du ciel, mais rien ne vint. Encore une fois, elle tremblait de peur toute seule. Jeanne se redressait, les jambes tremblantes, tout en fronçant les sourcils. Les éclairs sans tonnerre étaient couvert par un autre bruit. Quelque chose qui lui arrivait dessus. Un mur d'eau. Gigantesque, meurtrier. La Déchue manquait de s'étrangler et dans sa panique, déployait ses ailes pour essayer d'y échapper. Elle ne voyait toujours rien, mais aucun obstacle ne vint arrêter sa course, fuyant l'amas meurtrier qui avalait la terre sous lui. Si elle restait au-dessus, cela devrait aller, mais la masse avait l'air si haute qu'elle n'osait prendre le risque. A nouveau, elle fuyait.

Cependant, au bout de longues minutes à battre des ailes furieusement, la Déchue s'était épuisée. Cela la contraignit à ralentir le rythme, ce qui lui sauva sans doute la vie lorsqu'une masse grisâtre apparu subitement devant elle. La visibilité quasiment nulle ne lui avait pas permis de voir la haute montagne qui se dressait au milieu de cette plaine désertique. Jeanne était blême. Comment allait-elle faire pour survivre ? Cette montagne était trop haute. Il lui était impossible d'en voir les hauteurs malgré les éclairs. Impossible de contourner sa longue chaîne, comment savoir s'il y avait un bout ? C'était trop tard. La femme essayait de s'accrocher à la paroi tandis que l'eau vint la heurter violemment, manquant de peu de l'éjecter. Jeanne eu très peur. L'eau l'englouti tandis qu'elle retenait sa respiration, mais sans lui faire trop de mal. Il faisait froid. En enlevant ses mains de la paroi gelée, Jeanne sentait la neige dans son dos. Glaciale. Ses yeux faisaient face, non plus à une roche grise, mais à un miroir de glace, où l'eau semblait être retenue. Il faisait désormais si clair que la lumière lui brûlait presque la rétine. Tout avait été inversé. Incroyable. C'était tellement magnifique qu'elle en oubliait un instant la situation dans laquelle elle se trouvait. Sous un Manteau de Glace, la Neige Frisonne. Ça ne lui indiquait pas grand-chose.

Avant toute chose : reprendre son souffle. Remise de ses émotions, l'Aile Noire se demandait bien comment sortir de cet endroit. Tout semblait être à chaque fois sans issue. Comment pouvait-elle survivre à la folie des éléments déchaînés à ce point lorsqu'elle n'était pas elle-même le problème ? Dans ce lieu, il lui était impossible de se redresser, elle était totalement allongée. Elle pouvait néanmoins se retourner sur le vente et, de là, Jeanne se mit à ramper, cherchant une sortie. Et le temps fut encore si long. La température de son corps chutait, elle éternuait et grelottait. Sa tête lui faisait mal et son corps était douloureux, peinant à avancer, n'ayant envie que de dormir. Sa peine à respirer lui fit comprendre l'évidence : de plus en plus, l'air se raréfiait. Il n'y avait pas d'entrée, pas de sortie non plus. Jeanne prit conscience que si elle restait là, elle mourrait d'asphyxie. Devait-elle affronter l'eau au-dehors ? Si la masse lui tombait dessus, sa survie ne pouvait pas être garantie sans savoir où était la surface. Dans les deux cas, c'était soit attendre la mort, soit essayer de survivre à son enfermement sous la glace. En désespoir de cause, Jeanne utilisa ses dernières ressources pour faire appel aux flammes de sa magie. Consumant la réserve d'air amoindrie à une vitesse déroutante, la feu de ses mais plaquées contre la glace commençaient à la faire fondre. Jeanne retint sa respiration avant qu'elle le couloir d'eau ne cède.

L'eau en était était agréable, nettoyant son corps et le réchauffant. Cette mort serait bien plus agréable. Elle eu une pensée pour Béatrice. Malgré ses muscles endoloris et lourds, la Déchue essayait de remonter vers la surface, c'était à pile ou face et ses pires craintes n'étaient pas avérées, en quelques secondes, sa tête traversa l'eau et elle pu prendre sa respiration. Suffocant. En quelques brasses, ses mains heurtèrent les grains de poussière. Une plage. Du sable noir. Le bruit assourdissant au-dessus de sa tête lui fit de nouveau craindre le pire. Elle osait à peine relever la tête. Oui, cette montagne était le reflet de sa magie. Un volcan en pleine éruption. Le Sable Noir Embrase les Veules. Une activité volcanique démentielle, à en faire trembler le sol et à projeter des masses enflammées dans les airs. Jeanne essayait de trouver un abri du regard, mais rien n'y faisait, tout était désertique. Se réfugier dans l'eau empêcherait la morsure de la lave qui s'écoulait sur le côté, mais c'était prendre le risque d'y sombrer à nouveau. La pluie de cendres ne lui permettait pas de reprendre ses aises. Toussant, crachant presque ses poumons. Elle mit son vêtement mouiller devant sa bouche et son nez, mais ce n'était qu'une solution provisoire. Instable. Elle respirait si mal, elle n'avait plus le courage de prendre son envol. Sérieusement ? Elle allait mourir ainsi, brûlée par la chute de la montagne ? La colonne de poussière sombrait sous son poids, elle n'avait pas d'autre choix que de regarder la mort venir à elle. Et Jeanne disparu sous l'amas brûlant.

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