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 [Echange de corps] Le triangle [Balthazar (Babelda)]

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Mer 13 Mar 2019, 21:21

C’était celui de gauche. Djinshee pianotait sur le rebord de la table. Son autre main se contentait de soutenir sa tête. C’était bien joli tout ça, mais ça ne réglait pas son problème : d’une part, cet endroit était bondé, et en plus, il était accompagné. Et pour combien de temps en avaient-ils, ces deux-là, à discuter ? Ne pouvait-il pas partir, ce gamin de droite, ne serait-ce que cinq minutes histoire qu’elle tente quelque chose ? Surtout qu’elle ferait ça propre, ou du moins, elle essaierait. Il ne serait même pas au courant que son ami serait mort et ne ferait que s’imaginer que l’autre s’est barré comme un vulgaire connard. Djinshee les regardait sans se gêner, l’air pensive. De toute façon ils ne pouvaient pas la remarquer, ils lui tournaient le dos.

Celui de gauche, c’était Wayne. D’après ceux qui l’avaient engagée, il s’agissait du dernier des enfoirés, un homme qui s’amusait à revêtir de multiples visages pour se mettre le plus de personnes dans la poche et leur faire manger de la terre en retour. C’était un Sürgür, apparemment. Djinshee n’avait rien contre eux pour en être une elle-même – et elle se cachait bien de le dire. Lui en profitait pour mentir sur son Elément. Oui, c’était ça qu’on lui avait dit : c’était un menteur, un profiteur de m*rde, un traître et un lâche. Et il couche très mal, avait rajouté la fille du fond, ce que Djinshee avait fait mine de ne pas entendre. Elle n’avait pas trop aimé cette fille à partir du moment où elle avait déclaré cela. Pas qu’elle détestait toutes les personnes qui couchaient, ni celles qui tombaient dans les bras de ses futures victimes. Ça, elle n’en avait strictement rien à foutre. En revanche, les gens qui tentaient sans cesse de rajouter des détails pourris et excessivement inutiles comme ceux-là, ça, ça l’agaçait : au mieux on n’en avait rien à foutre, et au pire, comme ici, c’était gênant. S’en était d’ailleurs suivi un silence – court, mais un silence quand-même – qu’on avait fini par chasser d’un raclement de gorge.

Mais elle s’égarait. La question n’était pas de savoir si elle aussi le considérait comme une ordure, mais qu’elle fasse son travail. Il n’y avait pas de bon ou de mauvais. Sauf le garçon de droite. Il fallait vraiment qu’il dégage. Djinshee émit l’étrange idée qu’être à la place de l’ami de sa cible l’aurait bien arrangée. Elle aurait su de quoi ils parlaient, et elle aurait pu, sans effort, l’emmener dans un endroit plus calme pour pouvoir l’éventrer en toute sérénité. Ça avait beau être absurde, c’était quand même amusant. Être à sa place… Elle laissa l’ombre d’un sourire se dessiner sur ses lèvres.

-Tu m’écoutes ?

La jeune femme sursauta et s’agrippa à la table dans un réflexe inexplicable. Elle le regardait avec des yeux ahuris. Bordel de merde, mais qu’est-ce qu’il foutait là ? Ou plutôt, qu’est-ce qu’elle foutait là ?

-Balthy ? Dans sa voix naissait les prémices d’une moquerie, certainement amicale, mais qu’elle n’avait pas envie de subir.

-Euh… Oui. Oui, ça va. Assura-t-elle de sa voix étonnamment masculine.

Balthy ? C’était quoi ce nom ? Djinshee passa une main dans ses cheveux et se figea à mi-chemin. Pourquoi est-ce qu’ils étaient si courts ? Elle reposa sa main sur la table. On aurait dit qu’elle était en plein choc post-traumatique. Doucement, elle se retourna en direction de la table où elle avait cru se trouver un instant plus tôt.

-Oh p**in. Parvînt-elle à articuler.

Pour le coup, elle avait presque oublié la présence de sa victime à ses côtés. Qu’avait-elle consommé exactement ? Nageait-elle en plein délire ? N’était-ce pas son propre corps qu’elle voyait là-bas, à à peine cinq mètres de leur table ?

-Bon, allez, tu vas me dire ce qui ne va pas ? Il se retourna à son tour pour suivre son regard. C’est cette femme que tu regardes ? Qu’est-ce qu’elle a ? Tu la connais peut-être ?

Djinshee tressaillit encore. Elle réfléchissait à toute vitesse. Que devait-elle répondre ? Oui ? Non ? Devait-elle jouer le jeu ? Que devait-elle régler en premier : travail ou vie privée ? Elle n’avait jusqu’ici jamais remis ses priorités en cause, et encore moins dans un cas aussi inédit que celui-ci. Mais d’une part, elle se résonnait en songeant qu’elle avait encore du temps pour le tuer, d’autre part, que quelqu’un d’autre qu’elle-même se trouvait actuellement dans son corps, et elle dans celui d’un inconnu, ce qui la dérangeait profondément. D’autant plus que, lui aussi, dans son corps, devait être tout aussi chamboulé qu’elle et n’hésiterait pas à venir se manifester auprès d’eux. A moins qu’il ne soit complètement taré et ne décide de profiter de sa nouvelle condition de femme. Djinshee frissonna bien malgré elle. L’idée qu’on lui vole son corps avait un aspect très flippant.

-Euh… Oui, je la connais, c’est… étonnant.

D’un signe de la main, elle lui fit signe de venir.


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Sam 06 Avr 2019, 16:31


"Moi j'te l'dis, l'futur, c'est l'élevage de lamas !" déclara l'homme en tapant sa chope à moitié vide contre le comptoir. "La laine de mouton est trop bon marché et puis d'toute façon, elle gratte et elle pique ! Les gens n'en veulent plus, ils en ont mare. Quand à celle de Weltpüffs..." Wayne sembla chercher un argument pendant quelques secondes, comme s'il n'avait pas de réel argument qui lui vienne en tête. "Pour eux, c'est tout le contraire ! Leur foutue laine est bien trop chère, dès qu'elle sort des territoires déchus. Ces radins d'emplumés mettent des taxes exorbitantes sur leurs produits ! Aucun moyen que des classes moyennes d'Aeden puissent se permettre de s'offrir des vêtements faits à partir de leur pelage." Balthazar soupire avant de prendre une gorgée de son propre verre d'eau. Son camarade lui avait pourtant proposé de lui prendre un verre d'alcool -"t'a mère n'en saura rien, gamin" avait-il promit- mais le rouquin savait que la concernée n'aurait pas approuvé qu'il consomme ce genre de boissons. Même si elle n'était pas là pour vérifier et le surveiller, le simple fait de savoir cela coupait toute envie d'essayer à l'adolescent. Légèrement exaspéré, il secoua la tête en signe de désaccord. "Je me moque bien de la laine, qu'elle vienne d'un Weltpüffs ou d'un lama." expliqua-t-il. "Moi, je veux élever des animaux qui soient vraiment utiles pour notre peuple... Des bêtes que nos compatriotes voudront tous s'arracher." Et les bestioles dont lui rabattait le vieux lyrienn n'avaient rien à voir avec ses attentes. Qui voudrait d'un mouton comme animal de compagnie, franchement ? "T'es dur en affaire, toi... Ta mère t'a bien appris..." "Je sais simplement ce que je veux." trancha l'adolescent. Depuis tout petit, il avait toujours sut qu'il deviendrait un éleveur et rien d'autre. Comme l'avaient été sa mère ou ses oncles. Le métier de ses proches l'avaient baigné dans ce domaine depuis sa plus petite enfance et il ne s'imaginait pas pouvoir faire quelque chose d'autre... Lorsque l'on avait essayé de l'en éloigné en l'envoyant étudier à Basphel, il avait tout simplement commencé à faire l'école buissonnière jusqu'à obtenir ce qu'il désirait : retourner auprès de ses parents pour continuer à élever les bêtes avec lesquelles il avait grandit... Mais maintenant, il devait réfléchir à ce qu'il voulait faire lui, et non pas rester coincé par les choix de ceux qui l'entouraient. La question restait encore sans réponse, malgré les conseils de Wayne, qui continuait à argumenter l'intérêt que pourrait avoir l'élevage de lama tandis que le plus jeune balayait mentalement toutes les possibilités qui pouvaient s'offrir à lui...

Il ne s’aperçut pas immédiatement de ce qui s'était produit. "Peut être que je devrais me diriger vers autre chose que des animaux communs... Maman me parle souvent de créatures fantastiques... Si je parviens à m'en procurer deux ou trois de chaque espèce, je pourrais commencer à les élever... Non. Pas plusieurs à la fois. Il vaut mieux commencer avec une seule espèce, pour voir comment ça fonctionne : sur ce coup là, je serai seul. On ne m'aidera pas, les autres seront bien trop occupés avec leur propre travail. Je ne dois pas me reposer sur eux." L'adolescent releva la tête et c'est à cet instant qu'il remarqua que quelque chose clochait : il n'était plus au comptoir, alors qu'il n'avait pas bougé. Pire : son regard venait de capter la silhouette de son propre corps. Ne comprenant pas ce qu'il se passait, le rouquin resta immobile, tout simplement perplexe devant la situation. Papillonnant des yeux, il se vit commencer discuter avec Wayne, alors qu'il était assis ici, à une table. Baissant la tête, il remarqua que le corps que'il habitait avait changé de morphologie - ou plutôt, ce n'était plus le sien. Il s'agissait d'un corps féminin mais néanmoins puissant. En relevant la tête, il s'aperçut que lui-même -ou plutôt, la personne à qui devait appartenir ce corps et qui contrôlait désormais le sien- lui faisait signe de le rejoindre. Sans trop hésiter, l'adolescent descendit de sa chaise et se rapprocha du duo. Sans un regard pour son camarade, il s'adressa à la voleuse de corps. "T'es qui ?" Non, mauvaise question : peut lui importait de qui il s'agissait. "Est ce que tu sais comment faire pour me rendre mon corps ?" Le jeune homme se trémoussa sur place, mal à l'aise. "Je suis bien plus à l'aise dans mon propre moi. Alors si ça ne te dérange pas, je voudrais pouvoir le réintégrer. Je suppose que toi aussi, tu préfères être à l'intérieur de toi-même." "Mais... Mais qu'est'ce'qu'tu racontes, ma pauvr'dame ?" questionna Wayne qui s'était mis à l'observer sans rien comprendre au charabia qu'il racontait. "Alors, comment fait-on ?"


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Jeu 18 Avr 2019, 00:15

Elle le regardait avec de grands yeux, incapable de se remettre de sa stupeur. Elle s’était surestimée en pensant pouvoir reprendre ses émotions en mains le temps que son corps n’arrive jusqu’à eux. Mais la chose était si inédite qu’elle n’avait pas pu. En fait, son trouble s’était empiré. C’était ça, sa voix ? Ou est-ce que le fait qu’une autre personne soit dans son corps modifiait son timbre ? Bon sang, elle qui avait toujours cru qu’elle était plus grave… Sans parler du fait qu’elle n’aurait jamais cru accorder autant d’importance à sa voix un jour – elle s’en était foutue jusqu’à présent, et continuerait allègrement de le faire à l’avenir. Surtout qu’elle n’avait pas l’oreille très musicale. Djinshee balbutia. Préférer être à l’intérieur de soi-même… Elle secoua la tête. Venait-elle vraiment de penser ce qu’elle venait de penser ? Pour le coup, la Lyrienn baissait dans sa propre estime. Elle rougit. Djinshee ne rougissait jamais, mal là, c’était vraiment gênant, aussi bien d’un point de vue verbal que contextuel. En plus, rougir, c’était quand-même un peu la honte, ce qui n’arrangeait rien à son embarras.

-Je, euh… J’en sais rien.

Elle lança un regard courroucé à Wayne. Il pouvait pas la fermer cinq minutes, lui ? Juste le temps qu’ils règlent leur problème, c’était trop demander ? Et en plus, lui l’appelait « ma pauvre dame », non mais… Voilà une bonne raison de le tuer, tiens. Djinshee se permit de rajouter un titre à son palmarès déjà bien rempli, entre celui de Traitre et de Profiteur de m*rde : Petit Con. Maintenant qu’elle y pensait, c’était d’ailleurs étrange qu’on ne le lui ait jamais attribué auparavant. On lui avait pourtant bien tout énuméré, si elle se souvenait bien – à la base, elle avait voulu s’y soustraire, puis avait fini par se prendre au jeu, assez fascinée par tous les noms dont il était parvenu à s’affubler. Wayne laissa ses épaules s’affaisser.

-Tu d’vrais boire un coup, t’es tout bizarre Balthy. Vous voulez un coup aussi mam’zelle ? C’est p’tet ça que vous vouliez depuis le début ? Si faut faire tout un cabaret juste pour ça… Il suffit de demander, vous savez. Un service, ça s’arrange toujours…

Djinshee posa ses yeux sur le verre d’eau en face d’elle. Elle afficha une mine dégoûtée, et, du bout des doigts, elle le repoussa. Elle ne l’avait pas tout de suite vu. Heureusement qu’elle ne l’avait pas renversé d’un coup de coude, sinon… sinon… Un frisson lui parcourut l’échine. Il ne fallait pas y penser. Il y avait d’autres choses bien plus préoccupantes que cet effrayant verre d’eau.


-Non. Elle ne veut pas de coup. Finit-elle par répondre, s’efforçant de ne pas surveiller sa boisson.

Elle était froide et cassante. Cet homme était franchement énervant, en plus d’être lourd. L’idée même qu’il tente une approche avec son corps l’insupportait. Djinshee se jura que s’il allait plus loin, elle lui foutrait son poing dans sa gueule sans aucune hésitation. De toute manière, ce n’était pas pire que ce qui l’attendrait très bientôt : la mort.

-Hé, pas la peine d’être aussi sec, elle peut répondre toute seule. Et puis bordel, vous allez m’expliquer un peu ?

Au lieu de lui répondre, car ça lui aurait demandé trop d’efforts de bienséance, Djinshee se leva de son tabouret pour faire face à son propre corps. Elle n’avait pas la moindre idée de comment s’y prendre pour remédier à ce problème. Mais si c’était elle qui avait provoqué ce phénomène rien qu’en pensant à le faire, elle pouvait bien le reproduire en sens inverse.

-Balth…

-P**ain, mais tu vas arrêter de m’appeler comme ça, oui ? Le coupa-t-elle en désignant la rousse. C’est lui, Balthy ! Enfin, je suppose. Mais c’est pas moi. Moi je suis censée être dans ce corps, et lui dans le mien. Enfin, pas le mien, mais celui-là. Le sien, quoi.

La chose avait l’air de dépasser Wayne. Djinshee détourna le regard. Elle allait le frapper. Si elle continuait de voir sa tronche de c*****d, elle allait le frapper, et ça allait pas être joli. Plus ça allait, plus sa patience s’écourtait et plus il lui semblait que ce mec était en fait le dernier des imbéciles. Pourtant, d’après tout ce qu’on lui avait dit, il était loin de l’être. Elle ne s’était quand-même pas trompée ? Non, impossible, c’était bien lui. On lui avait montré son visage, et elle avait la Marque de l’Assassin. Wayne plissa les yeux. Visiblement, à sa façon de les pointer du doigt, bien tout comprendre demandait un certain effort. A croire qu’il se remettait encore moins bien de la nouvelle que les deux intéressés.

-Attendez… ça veut dire que…

-Ferme-la un peu, et laisse-moi me concentrer. Et toi, Balthy… Retire ce chapeau de ma tête. C’est ridicule.

Pourquoi est-ce qu’il lui avait mis ce chapeau, d’ailleurs ? Il se foutait d’elle, en plus ? Djinshee inspira profondément. Elle n’allait pas y arriver si elle continuait de se focaliser sur des détails. Ils verraient après.


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Lun 22 Avr 2019, 18:09


Heureusement qu'il n'était pas encore travaillé par ses hormones. Si ça avait été un autre garçon que lui, Balthazar n'aurait pas parié cher du sort réservé à cette enveloppe corporelle. Qui sait ce qu'un adolescent quelque peu tiraillé par des phénomènes physiologiques qu'il ne comprenait ni ne contrôlait aurait pu faire... A cette simple pensé, de nombreux exemples lui vinrent en tête, à commencer par la palpation de la généreuse poitrine qui trônait fièrement sur son nouveau torse. D'autres partie de l'anatomie féminine aurait également pu être explorée par un personnage quelque peu vicieux et inexpérimenté. Mais, fort heureusement, lui n'était pas un stupide adolescent gouverné par des pulsions irrationnelles. Ou disons plutôt que l'étrangeté de la situation ne lui avait pas laissé le temps de s'adonner à ce genre de pratique. Il avait été bien trop abasourdi et quelque peu inquiet -mais juste un tout petit peu. Et puis, ce n'était pas plus mal. En imaginant qu'il ait été capable de faire une telle chose, cela signifiait également que la demoiselle enfermée à l'intérieur de son véritable corps en aurait aussi eut la possibilité. Et ça, c'était tout bonnement proscrit ! Non, il avait bien fait de venir directement ici, à garder un œil sur ce que cette inconnue allait faire.

Le Lyrienn ignora pendant une bonne partie son camarade, l'intruse parvenant à le gérer à sa place. De toute manière, il doutait que ce goujat eut été d'accord d'obéir à une femme, d'autant plus si elle se trouvait être jolie -ce qu'elle était sans doute, vu les regards appuyés que lui lançait le marchand. L'homme avait beau avoir des qualités en tant que conseiller, son intérêt devenait fort limité lorsqu'il s'agissait de galanterie. Balthazar croisa instinctivement les bras sur sa nouvelle poitrine. C'était étrange. Il avait déjà entendu ses sœurs parler de ce genre de comportement mais n'y avait jamais réellement porté d'importance. Lui même n'avait jamais eut à le subir et ne l'imposait pas aux autres, l'intérêt sur la question lui paraissait donc très peu limité. Mais là, face à ce spécimen remarquablement malpoli et insupportable, il pouvait enfin comprendre ce à quoi faisaient allusions les filles et les femmes de son entourage.

"Tu pourrais être plus gentille, quand même. Il m'a simplement proposé à boire, ce qui est plutôt appréciable." intervint finalement le roux - ou la rousse, plutôt. Même s'il n'appréciait pas tant que cela la compagnie de son camarade, le voir se faire traiter de la sorte était encore plus insupportable pour lui, si bien qu'il prenait sa défense. Pourtant, une part de lui aussi aurait voulu lui dire de se taire et de les laisser régler cette affaire à deux. La part qui lui susurrait de se méfier de cette inconnue était néanmoins plus forte, si bien qu'il décrivit un pas en arrière pour mettre de la distance entre eux lorsqu'elle s'exprima directement à lui. "Ne m'appelle pas Balthy." répliqua-t-il idiotement. Pourtant, entendre ce sobriquet de la bouche de cette femme -ou de lui même- rendait la chose plus agaçante encore que lorsqu'il s'agissait de leur camarade. "[color:a9b4=003366]Non, je l'aime bien, ce chapeau." En réalité, il n'avait aucune idée de ce qu'il avait sur la tête. Il aurait très bien pu s'agir d'un bonnet en forme de poireau, qui le rendrait effectivement des plus risible, mais il n'en avait cure -potentiellement car ce n'était pas vraiment lui, qui le portait. C'était cette femme étrange qui lui donnait des ordres qu'il n'avait aucunement envie de suivre. L'adolescent fixa son homologue dans les yeux, un air de défi sur le visage.

"Bon... Hum... Je vois que vous avez un sacré problème à régler, tous les deux, alors vous savez quoi ? Je pense que je ferais mieux de vous laisser gérer ça, vous avez l'air d'avoir la situation en main, n'est ce pas, Balthy ?" Wayne eut le réflexe de regarder la silhouette trapue du jeune homme, avant de se souvenir de la bizarrerie dont il était témoin et de se retourner vers le véritable Balthazar, hésitant. "Ouai, 'fin bon, j'vais vous laisser. Tenez, je vous laisse même la clé de ma chambre ! Vous pouvez l'utiliser comme vous en avez envie pour faire... tout ce que vous penserez nécessaire pour régler ce désagrément."


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Mer 08 Mai 2019, 01:11

Une sorte de panique l’envahissait alors qu’elle voyait toutes ses initiatives causer l’exact inverse de ce qu’elle avait voulu faire. Djinshee regarda bêtement Wayne disparaître, la bouche entrouverte après avoir manqué de souffler un « non » quelque peu désespéré. Il y avait quelque chose d’enfantin dans son attitude. Comme si, à cinq ans, elle regardait un parent s’en aller, la laissant toute seule dans une grande maison vide. Elle était parvenue à retenir ce simple mot, mais l’avait pensé tellement fort qu’il n’eut pas été nécessaire qu’elle émit un son. Elle n’aimait pas ça. Elle perdait le contrôle. Djinshee se rassit, comme si on venait d’aspirer toute son énergie. Soit il la trouvait trop insolente et irrespectueuse, soit il n’aimait pas qu’on lui donne des ordres. En tous les cas, il avait peut-être raison : elle s’agitait trop. Du moins, trop pour lui. Elle allait devoir prendre sur elle, plus que d’habitude. C’était la seule solution pour régler tout ça au plus vite.

-Bon, écoute. J’aimerais qu’on en finisse rapidement avec cette histoire, parce que j’ai des choses bien plus importantes à faire dans la vie. Et j’imagine que toi aussi.

Parce que oui, elle qui n’aimait pas perdre du temps, elle craignait que sa mission ne s’éternise. Voire pire : qu’elle échoue. Si c’était d’une part, humiliant, elle ne voulait surtout pas se discréditer et risquer de ruiner sa réputation alors que celle-ci venait à peine de prendre forme. Certains disaient que l’échec permettait de se forger et de devenir meilleur. Certes. Néanmoins, ce n’était pas une raison pour l’attendre et l’accueillir à bras ouverts. Réussir, c’était aussi montrer qu’on était déjà meilleur. Et de ce côté-là, Djinshee valait mieux que ça.

-Je ne sais pas comment faire pour retrouver nos corps respectifs.

Elle soupira. Là, en revanche, c’était raté. Cuisant et difficile à admettre. Elle qui était persuadée d’être responsable de cet incident, elle était incapable de le résoudre. Comme à chaque fois qu’elle se trouvait un nouveau pouvoir, elle avait l’impression de retourner de nombreuses années en arrière, alors qu’elle ne maîtrisait pas encore son élément.

-Je… Je pense qu’on va devoir faire avec, le temps de trouver une solution. Bon… Comment t’appelles-tu, si ce n’est pas Balthy ? Moi, appelle-moi… Djinshee.

Elle avait songé à mentir un instant, à s’inventer un autre nom, mais elle ne s’y était finalement pas tentée. C’était une idée stupide. Elle l’avait déjà fait par le passé, et ce genre de mensonge à long terme avait fini par être révélé au grand jour. Et puis, comme disait Valkäjh : l’important dans la communication, c’est la confiance. Elle sentait qu’il allait leur en falloir. Elle trouverait une autre approche pour descendre Wayne, et son ami ne serait même pas au courant qu’il y avait un lien avec elle.

Djinshee avait les yeux rivés sur son propre visage, mais regardait dans le vague. Elle était crispée, les sourcils froncés. Elle grattait doucement le bois de la table avec ses ongles. Elle cherchait la force de se calmer, de se débarrasser de son orgueil surdéveloppé. Ça lui demandait de la concentration, autant qu’il lui en aurait fallu pour résoudre un problème complexe. Se restreindre avait toujours été un exercice difficile pour elle.
Le volume n’avait jamais baissé depuis que Djinshee était entrée dans cette taverne. Il y avait un brouhaha incessant, constant, régulier. C’était bruyant, assez désagréable au départ, puis on s’y habituait et on finissait par en faire abstraction. C’était simple : il suffisait de lâcher prise, de se laisser emporter par l’ambiance. Alors pourquoi, elle, tout à coup, tout ce bruit la dérangeait-elle ? Étaient-ce ces voisins de table qui observaient la scène du coin de l’œil depuis le début, qui l’agaçaient ? Le fait qu’ils voient son corps avec ce chapeau ridicule ? Elle n’en savait rien. Ici, c’était juste énervant. Elle avait besoin de bouger, de se dégourdir les jambes, de s’étirer là où ses muscles commençaient à se tendre. L’inconfort s’était immiscé en elle, et la seule façon de s’en débarrasser était de sortir d’ici. N’importe où, pourvu qu’ils ne s’éloignent pas trop de sa cible. C’était tout de même la raison initiale de sa venue ici. Il ne fallait pas l’oublier.

-Est-ce qu’on pourrait aller au calme ? Il y a trop de monde ici, on ne va pas s’entendre.

Elle avait repris un peu d’assurance. Avec une certaine mauvaise foi, elle espérait que ça ne paraitrait pas trop insolent aux oreilles de Monsieur.


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Lun 17 Juin 2019, 11:39



« Balthazar. » répondit sobrement l’adolescent. Son côté taciturne aurait pu être pris pour de l’insolence ou du dédain, mais il s’en moquait, à vrai dire. Il avait toujours été avare en mot et il n’allait certainement pas changer ses habitudes pour cette femme qui lui donnait des ordres. De toute façon, elle non plus ne semblait pas s’inquiéter de ce genre de détail. Le rouquin soupira en passant une main dans sa tignasse, prenant bien soin de ne pas déloger le bonnet du sommet de son crâne, juste par esprit de contradiction. Il se sentait contrarié, depuis que la dénommée Djinshee lui avait avoué ne pas savoir comment retrouver leurs corps respectifs. Il croisa les bras sur son torse, observant sa partenaire d’infortune tout en jouant distraitement avec la clé que lui avait laissé son ami avant de s’éclipser. Ah ça d’ailleurs, il le lui revaudrait ! Qu’elle idée de le laisser seule dans cette situation avec une inconnue ? Pour ce qu’ils en savaient, cette femme pouvait être une folle avec des pulsions sanguinaires, qui sauterait sur la première occasion pour l’assassiner ! Hypothèse tout à fait probable vu le comportement agressif qu’elle avait manifesté jusque-là. Et Wayne, au lieu de s’assurer qu’il ne risquait aucun danger avec elle, avait préféré prendre la fuite ! Plus couard que lui, on ne faisait pas !

Balthazar reporta son attention sur celle qui habitait son corps, dérangé dans ses pensées par la requête qu’elle avait formulé. Il acquiesça tout en desserrant la mâchoire qu’il avait serré au point d’en devenir douloureuse. « La chambre de Wayne est à l’étage. » dit-il en agitant la petite clé devant sa partenaire. Le lyrienn se fraya un passage au travers des badauds jusqu’à un escalier peu rassurant qu’il emprunta néanmoins sans se poser de question. Il se dirigea ensuite jusqu’à la troisième chambre sur la gauche dont il ouvrit la porte avant d’y entrer. Une fois que l’usurpatrice de corps l’eut rejoint, il referma la porte. Le brouhaha qui dérangeait la femme se réduisait désormais à un faible murmure, bien plus soutenable que le vacarme dans lequel ils étaient plongés plus tôt. Le plus jeune tira l’unique chaise de la pièce jusqu’à lui et s’y assit, laissant le lit à sa camarade. La pièce était peu meublée, ne contenant que le strict minimum : en plus du lit et de la chaise, une table où était posée une bassine d’eau, une armoire ainsi qu’un porte manteau complétaient la décoration. C’était à peu près tout ce qu’il y avait à dire dessus.

Le Blaise observa sa partenaire. Il ne s’était toujours pas fait à l’idée d’observer son propre corps se mouvoir sous les volontés de quelqu’un d’autre et, sans qu’il ne puisse se l’expliquer, il sentit une certaine exaspération l’envahir. Proche de la colère, en réalité, ce qui était un comportement irrationnel de sa part : cette personne était tout autant victime du coup du sort qu’il ne l’était et semblait tout aussi encline à retourner dans son enveloppe corporelle que lui. Après avoir soupiré une fois de plus, le garçon se pencha en avant, coudes sur les genoux et menton sur ses mains jointes. « Bien, il faut trouver une solution à ce problème. » Non pas que ce corps soit déplaisant à manipuler mais… Si. Il ne se sentait pas totalement entier. Ou trop encombré, à certains endroits. Et puis la simple idée d’habiter dans le corps d’une femme le mettait terriblement mal à l’aise dès qu’il y réfléchissait trop. « Je suis à peu près certain que c’est toi qui a provoqué ça. » Ce n’était pas une accusation, juste une constatation. Il avait utilisé un ton neutre pour énoncer ce fait. « Je pense donc que c’est également toi qui pourra nous renvoyer dans nos corps respectifs. Je ne te serai pas d’une grande utilité. » Sans doute aurait-il pu aller gambader à l’extérieur que les chances de réussite de leur mission n’aurait pas diminué. Mais laisser son corps hors de sa portée était tout bonnement inconcevable. « Alors tu dois te concentrer. Qu’est-ce que tu faisais, juste avant de te rendre compte que l’on s’était… Hum… disons transposés. Tu t’en souviens ? Peut-être que si tu refais la même chose, tout redeviendra dans l’ordre. » Une possibilité plaisante mais en laquelle il ne croyait pas réellement. Le destin aimait généralement se moquer de ses victimes et il en fallait souvent bien plus pour se défaire de ces coups du sort.


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Dim 13 Oct 2019, 19:24

Si le calme qui s’imposa dès lors que Balthazar ferma la porte lui permit de respirer un peu, se retrouver seule avec son usurpateur devînt encore plus gênant, car le temps qu’elle passait hors de son corps lui faisait de plus en plus réaliser la gravité de la situation. C’était une sensation étrange, et qui, pour des raisons évidentes de probabilité, n’avait pas de mot pour la décrire. Celui le plus proche était peut-être violé, mais elle préférait ne pas y penser, puisqu’il trainait derrière lui tout un tas d’autres sens qui donnaient à la situation une ambiance plus qu’embarrassante. Chassant ses idées dérangeantes de quelques battements de paupières, Djinshee alla s’assoir au bord du lit et posa ses coudes sur ses cuisses. Ce qu’elle faisait avant qu’ils ne se retrouvent dans cette situation, c’était exactement ce qu’il n’avait pas à savoir. Autrement dit, seul le mensonge pouvait la tirer de là, bien qu’elle sache que pour retrouver son corps originel, la non coopération n’était pas toujours l’alternative la plus rapide, surtout lorsqu’on se savait responsable du problème. Djinshee contracta sa mâchoire. Mais elle se voyait mal lui expliquer la raison de sa présence ici. Même avec toute la bonne volonté du monde, personne ne pouvait renoncer à une amitié en un claquement de doigts.

-Je regardais les gens dans la pièce. Je me suis juste attardée sur vous. C’est tout.

Elle haussa les épaules et chercha son regard pour lui prouver sa bonne foi. Pouvait-elle vraiment s’arrêter là ? La gestion des détails dans un mensonge pouvait se trouver délicate dans certains cas. Néanmoins, là, il fallait qu’elle en sorte. Après tout, n’importe quoi – d’autre qu’un assassinat – aurait pu lui traverser l’esprit à ce moment-là, et il ne pourrait pas lui en tenir rigueur. Elle baissa les yeux.

-Enfin, je me disais que ton ami avait l’air de tenir une conversation passionnante avec toi. Alors que moi, on m’a simplement plantée là. Certains de mes amis ne sont pas aussi sympathiques qu’ils ne le laissent paraitre, apparemment.

Elle n’était pas toujours très douée pour mentir, et ce malgré l’expérience. Elle espérait qu’il morde tout de même, mais n’attendit pas sa réaction pour continuer.

-J’ai déjà essayé. Je n’arrive pas à faire l’inverse. Je ne sais même pas si c’est vraiment moi qui ai fait ça. Tu devrais essayer aussi, on ne sait jamais. Et je t’en prie, retire-moi ce chapeau.

Elle se leva brusquement pour le lui arracher de la tête. Tout à coup, son équilibre changea. Djinshee crut tomber à la renverse et s’accrocha instinctivement au dossier de la chaise sur laquelle elle était assise. Son interlocuteur était toujours face à elle. Deux choses avaient changé : lui, et son angle de vue. La Lyrienn prit le temps d’observer ses bras, ses mains, puis à peu près toutes les parties de son corps qu’elle était capable de voir. Elle était redevenue elle, et lui, lui.

-C’est toi qui as fait ça ? Ou… le chapeau ?

Cette deuxième option lui paraissait absurde, mais pourtant, il était apparu au moment même où ils avaient changé de corps, et ils avaient retrouvé leur corps originel dès lors qu’elle l’avait décollé de sa tête. Absurde, mais intéressant. Il fallait qu’elle lève le doute.

-Tu permets que je réessaie ?

Sans même attendre son avis, elle se concentra, changea de corps et tapota sur sa tête. Elle aussi avait un chapeau depuis le début ? Et il ne le lui avait même pas dit ? Elle le retira et se retrouva aussitôt transportée dans son véritable corps.

-C’est le chapeau. Conclut-elle. Elle devînt tout à coup hésitante. Bon… tu devrais aller retrouver ton ami avant qu’il ne commence à se poser des questions. Et… je vais continuer d’attendre les miens, qui ne viendront probablement jamais. Salut.

Cette fois-ci, Djinshee attendit sa réponse avant de quitter la chambre. Elle haïssait cette situation embarrassante autant qu’elle lui trouvait de l’intérêt. Elle ignorait où se trouvait Wayne. Elle l’avait marqué de la Marque de l’Assassin, mais celle-ci avait disparu dès lors qu’il avait posé les yeux sur elle. La solution la plus simple qu’elle avait sous le coude à ce moment-là était d’attendre que les deux amis se réunissent : soit elle suivrait Balthazar de loin, soit la cible rentrerait naturellement à l’auberge. Le problème restait au final toujours le même : Balthazar. Elle n’avait pas envie de l’impliquer dans cette histoire. Il n’avait pas à l’être, encore moins maintenant qu’il la connaissait. La Lyrienn se mordit l’intérieur de la joue. Une fois de retour dans la pièce principale, elle alla retrouver sa place. On ne la lui avait pas piquée, contrairement à son verre, qui s’était fait la malle. Ce dernier avait certainement trouvé meilleur buveur, alors elle s’en fichait. Elle n’avait pas envie de grand-chose actuellement, si ce n’était de trouver un moyen d’en finir.

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Lun 25 Mai 2020, 08:22

« Pourquoi t’es-tu attardé sur nous ? » demanda le garçon. Ou la fille. Il ne savait plus trop comment se déterminer, maintenant qu’il avait changé d’enveloppe charnelle. Cette situation le déstabilisait un peu trop à son goût. Mais ce n’était pas le moment de s’en préoccuper : le plus important était de comprendre ce qu’il s’était passé, afin de régler le problème et de pouvoir retourner à leurs vies respectives – et ainsi, il n’aurait plus à se torturer l’esprit avec ce genre de questions. Et pour cela, il avait besoin de se concentrer. Le souci était qu’il se sentait particulièrement irrité, sans qu’il ne puisse comprendre pourquoi exactement. Bien évidemment, la circonstance dans laquelle ils étaient amenés à collaborer était embêtante, mais cela n’expliquait pas tout. Le Blaise se sentait particulièrement agacé. Comme si le simple fait de devoir parler à cette inconnue le mettait sur le nerf. Toute cette histoire lui faisait perdre du temps et, en grand pragmatique qu’il était, il détestait s’attarder sur des choses qu’il considérait comme inutiles. Et tout cela était définitivement inutile. Contrariant. Essayant de faire fi de tous ces désagréments, le roux inspira profondément et fit tourner sa tête, profitant de la sensation dans sa nuque pour essayer de se détendre. Habituellement, il se serait mit à faire craquer ses doigts un à uns mais puisqu’il ne s’agissait pas de son corps, il ne voulait pas imposer cela à sa propriétaire. « Ah. » lâcha l’adolescent lorsque la femme lui avoua avoir éprouvé de l’intérêt pour son ami. Visiblement, elle avait d’aussi bon goût en homme qu’en amis… Quelle triste de vie. Malgré ces pensées, il n’éprouvait pas réellement de peine pour elle. Plus une indifférence teintée d’impatience. « Je ne faisais rien de spécial. » C’est tout ce qu’il eut le temps de répondre avant que son corps se lève et s’approche de lui afin de lui ôter son bonnet.

Balthazar vacilla légèrement. Il sentit son estomac se soulever légèrement. Il dû papillonner plusieurs fois des yeux avant de retrouver son calme. « Oh. » Ils venaient de retrouver leurs corps respectifs. Avec un mélange de soulagement et d’incompréhension, le garçon observa le bonnet dans sa main. Que s’était-il passé ? Était-ce le chapeau ou bien Djinshee qui avait fait quelque chose pour qu’ils retrouvent leur état normal ? « Je n’ai rien fait. » répondit-il à l’interrogation de la rouquine, s'exprimant d’un ton sec. Sans aucune raison valable, il se trouvait vexé d’avoir été ainsi accusé. Même si, en réalité, cela aurait été un compliment plus qu’autre chose, il ne pouvait s’empêché d’être outré et de se mettre sur la défensive, usant d’agressivité plutôt que de calme. « Quoi ? Non. » Quelle drôle d’idée ! Pourquoi cherchait-elle à réitérer cette désagréable expérience ? Avait-elle perdu la tête ? Si elle voulait réessayer ses drôles d’expériences, elle n’avait qu’à le faire avec quelqu’un d’autre ! Il n’avait pas envie de lui servir de cobaye. Elle ne lui laissa néanmoins pas le choix et avant qu’il ne puisse protester, sa conscience se transféra à nouveau dans le corps féminin. Fortement agacé, le Blaise fronça les sourcils et claqua sa langue contre son palais tout en se levant de la chaise. Il était prêt à se disputer avec elle pour qu’elle cesse ses bêtises et qu’elle le laisse en dehors de ses activités douteuses ! Fort heureusement, elle ne s’éternisa pas autant que la première fois et retira aussitôt le bonnet, rompant le charme. « Tu veux bien arrêter avec tes conneries ? » râla-t-il, usant du tutoiement sous l'agacement. « Le chapeau ? Oui, enfin, je ne sais pas toi mais ce n’est pas moi qui l’ai fait réapparaitre, ce bonnet ! Alors t’es sympa, mais arrêtes avec ça et fiche moi la paix. » Le plus important, c’était qu’elle ne recommence pas. Du moins, pas avec lui. Ce qu’elle faisait avec les autres, ça ne le regardait pas, après tout !

« Oui c’est ça, retournons à nos affaires et surtout, ne nous revoyons jamais ! » Il ne savait ce que c’était mais cette fille dégageait véritablement quelque chose qui l’insupportait. Le plus vite ils se sépareraient, le mieux il se porterait ! Suivant donc ses conseils, le roux ferma à clé derrière elle puis descendit dans la taverne. Aucune trace de Wayne. Ce n'était pas étonnant, ceci dit. Ce couard avait dû aller se terrer quelque part en espérant que tout rentre dans l'ordre, mais sans se fatiguer à donner un coup de main ! Le Lyrienn soupira tout en secouant légèrement la tête. Le garçon jeta un dernier regard mauvais à la rousse avant de quitter le bâtiment à son tour. Il avait quelques idées d'où son crétin de mentor avait bien pu aller se cacher en attendant que la tempête passe. Il s'y dirigea donc et chercha l'homme. Ses deux premières tentatives - un bar et un petit parc où il aimait souvent se poser pour dormir - se révélèrent infructueuses. La troisième fut la bonne, ceci-dit. Il aurait préféré qu'elle ne le soit pas. Balthazar soupira, déjà agacé parce qu'il allait trouver à l'intérieur, puis entra dans le bordel. Se faisant aussi discret que possible, il essaya de lever les yeux pour ne pas croiser la vue d’une femme un peu trop dénudée pour la bienséance, mais peu importait là où se posait son regard, il ne restait jamais plus de quelques secondes avant d’apercevoir une paire de sein ou des fesses. Il sentait le rouge lui monter aux joues, en même temps que la colère lui faisait serrer les poings. « Eh, toi, t’es un peu trop jeune pour venir ici ! » l’apostropha une femme. « Je suis à la recherche d’un ami. Wayne. Vous le connaissez sans doute. C’est un habitué. »


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Dim 05 Juil 2020, 22:55

Elle s’y était mal pris. Elle n’était pas toujours douée pour mentir. Son comportement avait été étrange pour elle-même. Elle donna à peine un regard à Balthazar lorsqu’il quitta l’établissement. En revanche, elle le marqua pour le suivre plus facilement. Djinshee resta assise une dizaine de secondes. Ce n’était pas beaucoup mais elle ne voulait pas le perdre. Aussi, il était absolument hors de question qu’il ne la revoie ou elle serait foutue. Elle n’avait pas l’intention de foirer cet assassinat. Elle débutait encore. Ça pourrait être excusable. Ça pourrait aussi détruire sa crédibilité dans le métier. Ce qu’elle faisait était risqué. Devait-elle reporter ça à plus tard ? Elle n’en avait pas vraiment la patience. L’incident de l’échange de corps l’avait irritée malgré tout et l’histoire avait été plus embarrassante qu’autre chose. Djinshee avait l’impression d’avoir perdu beaucoup de temps et c’était détestable.

Lorsqu’il se fut suffisamment éloigné, la Lyrienn quitta l’auberge à son tour. Son avancée était irrégulière. Elle suivait le garçon de loin. Elle avait attaché ses cheveux pour qu’on ne les voit moins et marchait souvent proche des quelques passants pour se fondre dans le décor. De manière évidente, il ne savait pas où il allait. Wayne avait peut-être dégagé, qui sait ? Néanmoins, elle suivit le gamin jusqu’au bout. Son chemin se termina dans un bordel. Djinshee murmura un juron. Wayne était là-dedans ? Ou est-ce que c’était simplement Balthazar qui venait se divertir ? Non, quand-même pas, il était encore jeune… La Lyrienn se mordit la lèvre. Elle ne pouvait décemment pas entrer là-dedans sans attirer l’attention. Ou alors elle devait se faire passer pour une… non. Elle n’était pas prête pour ça et elle espérait qu’elle ne le serait jamais. Alors ? Que faisait-elle ? Changer de corps pour tuer Wayne directement n’était en fait pas l’idée du siècle. Balthazar saurait qui serait le responsable et lui se retrouverait avec un mort sur la conscience. Et puis, avait-il juste une arme sur lui ? Elle n’en savait rien. Elle n’avait pas vérifié. Quelle conne. Si Djinshee avait été fanatique, elle se serait sûrement frappée pour sa stupidité. Mais elle ne l’était pas. Elle n’avait pas le temps de s’accabler sur ce défaut maintenant. Pour le moment, elle devait juste se reprendre et trouver une meilleure solution. Elle s’éloigna de l’établissement.

***

-Wayne ?

-Hmm ?

L’homme en question était confortablement installé dans un fauteuil. Une femme dont la dentelle était la seul vêtement, avait commencé les préliminaires.

-Y’a un gamin qui veut te voir.

Le Lyrienn soupira profondément et ferma les yeux, exprimant un certain désespoir. Il laissa retomber sa tête en arrière.

-Ouais. Il a qu’à venir.

Il n’avait pas congédié sa prostituée. De toute façon, elle ne faisait que le caresser. Rien qui ne pourrait blesser les pupilles de son ami, même si à cet instant précis, il aurait aimé ne pas le considérer comme tel. Lorsque Balthazar entra dans la pièce, il le salua d’un signe de la main.

-Vous avez fini vos histoires tous les deux ? Ses lèvres s’étirèrent en un sourire taquin. Vous n’avez pas… ?

Il se doutait de la réponse. Il ne disait cela que pour le faire réagir. Il trouvait Balthazar trop sage, parfois. C’était dommage. Sortir du cadre rendait la vie plus excitante. Il lui désigna la femme qui était à ses côtés.

-Ou bien tu veux t’adonner à certaines pratiques avec elle ? Je peux te la laisser.

Après tout, il y en avait plein d’autres.

***

Djinshee fit le chemin inverse, en direction de l’auberge où elle avait rencontré pour la première fois sa cible et son ami. Si elle comptait réutiliser cet étrange pouvoir de changement de corps, il fallait que sa propre situation, celle qu’elle avait racontée, fut relativement réaliste : en reprenant son corps, Balthazar devait croire qu’elle ne l’avait absolument pas suivi. Arrivée à la porte, elle se reconcentra sur le visage du gamin.

***

La première chose qu’elle vit fut une femme dont la tenue ne cachait presque rien. Naturellement, elle fronça le nez. Elle détourna les yeux pour croiser ceux de Wayne. Elle n’avait pas la moindre idée de ce qu’avait pu dire Balthazar juste avant, ou s’il avait même parlé. Peu importait. Elle voulait juste faire sortir ce type d’ici et l’éloigner de Balthazar. Elle devait faire vite avant que ce dernier ne reprenne possession de son corps. Elle tuerait Wayne ensuite.

-Au fait, tu t’appelles vraiment Wayne ? Ou alors c’est plutôt Caspian ? Drego ? Jonas ?

C’était quelques-unes des différentes identités qu’on lui donnait, d’après ses informations. Elle avait pris une voix grave et irritée. Elle voulait lui faire peur. Ça lui ferait bouger son cul, avec un peu de chance.

-J’ai croisé des Lyrienns qui te cherchent. J’ai préféré te prévenir. J’aurais peut-être pas dû, vu que je ne sais même pas à qui je m’adresse.

La lueur dans les yeux de sa cible changea et son sourire se dissipa. Elle retînt le sien. Elle l’avait vu plus tôt, il était du genre à fuir les situations qui ne lui plaisaient pas. En principe, celle-ci ne ferait pas exception.


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Dim 09 Aoû 2020, 21:32


« C’est bon, tu peux entrer. » « Merci… » maugréa l’adolescent en prenant soin de contourner la fille de joie sans poser les yeux plus bas que ses épaules. Irrité par cette situation fort désagréable, il ouvrit la porte d’un coup sec et entra dans la pièce, prêt à montrer son mécontentement en hurlant pour insulter son mentor. Ses mots restèrent coincé dans sa gorge en réalisant la scène qui se déroulait sous ses yeux ébahis. La jeune femme dénuée, à genoux devant l’entrejambe de Wayne. Et ce gros pervers, qui le saluait depuis son siège. Balthazar sentit un tic nerveux soulever sa paupière et un coin de ses lèvres. Excédé par le manque de civisme de ce péquenaud, le garçon se pinça l’arrête du nez et leva sa main libre pour cacher à sa vue la vision d’horreur. Même s'il s'était douté qu'il verrait une femme nue, il avait naïvement espéré ne pas la voir en train de ... Enfin, voilà quoi ! « Ouai, on a fini par réussir à retrouver nos corps. Merci pour l’aide, d’ailleurs. Mes parents ont bien fait de compter sur toi pour veiller sur moi. T’es vraiment un gars sur qui on peut compter, dans les situations critiques. » râla le rouquin. Il n’usait que très rarement l’ironie. Face à la gêne qui lui faisait perdre ses moyens, cela semblait pourtant être un bon mécanisme de défense. « Que-Quoi ? Mais non bordel ! Mais qu’est-ce que ! » Il en perdait ses mots. Comment est ce que cet espèce de crétin pouvait insinuer que… Enfin ! Il n’avait que quatorze ans ! Et puis surtout, c’était surement pas avec une nana comme celle-là qu’il ferait ça ! Il devrait à minima trouver un individu qui ne l’exaspérait pas à ce point. Contrairement à Wayne, le jeune Blaise avait des principes. « MAIS NON ! Punaise t’es lourd à la fin ! Sérieusement, tu me saoules ! » accusa le jeune garçon. « Termine ton affaire fissa, qu’on puisse se tirer ! » Il n’avait qu’une envie : quitter le bordel sans choquer davantage ses chastes yeux. « Et puis je te rappelle que… »

« … tu dois encore me montrer comment … on… » Balthazar se plia en deux et recracha ce qu’il avait dans l’estomac. L’acidité lui piqua la gorge. Sa tête se mis à tourner dangereusement, ses genoux cédèrent : il atterrit dans son propre vomi. « Putain… » pesta-t-il les dents serrées. Agacé, il cracha à nouveau dans la flaque nauséabonde pour essayer de se défaire de ce goût infect qui avait inondé sa bouche. Il respira quelques fois pour retrouver son calme et faire cesser les vertiges puis s’essuya la bouche du revers de la main. « Cette espèce de… » commença-t-il. Il n’avait pas eu besoin de voir son reflet ou d’apercevoir son corps ailleurs pour comprendre que cette crétine avait réitéré ses expériences : sa voix avait changé, prenant un timbre plus féminin. Est-ce que ça l’amusait, cette enquiquineuse, ou bien est ce qu’elle essayait simplement de le faire craquer ? Si c’est ce qu’elle voulait, elle allait le trouver, et elle le regretterait ! Enfin… Ca… Ce serait dès qu’il aurait prit le temps de retrouver ses esprits. Il se sentait vraiment mal. Ce voyage corporel l’avait mis très mal… Était-ce à cause de la distance qui séparait les deux corps ? Ou bien est ce que cette vipère s’était bourrée au point d’en devenir malade ? Si c’était le cas, chapeau : elle était encore plus pitoyable que Wayne pour se mettre dans un tel état en aussi peu de temps. Le Lyrienn se râcla la gorge un instant avant de se relever. Sans gêne, il essuya ses mains sur les vêtements qu’il portait. Ce n’étaient pas les siens, après tout. Il n’en avait rien à faire, s’il empestait. Ce serait sa faute à elle, d’abord…

« Ohla, ça va bien ma petite dame ? Vous avez l’air mal en point… » commenta un passant. Balthazar lui adressa un regard menaçant. C’était injuste de s’en prendre à cet inconnu qui, en réalité, ne faisait que se préoccuper de son bienêtre. Crispé, l’adolescent esquissa un sourire. Comme si les muscles nécessaires à son exécution n’étaient pas souvent sollicités, il eut mal. « Oui, ça va. Ne vous en faites pas pour moi. » essaya-t-il de rassurer. Balthazar s’apprêta à retirer le bonnet qui pendait sur sa tête mais se ravisa au dernier moment. Le garçon s’éloigna dans un coin discret pour ne plus être dérangé puis se mit à quatre pattes. Là, il commença à écrire un message dans la terre.

Arrête de jouer avec nos corps. T’es chiante.
PS : Tu schlingues.


Satisfait, le garçon releva la main vers son crâne tout en prenant soin de regarder fixement le message qu’il laissait. Ce serait la première chose que la rousse verrait. En parlant de première vision… Il était surpris que cette chieuse n’ait pas aussitôt rappliqué en trouvant Wayne en train de… Rien que d’y repenser, ça lui redonnait la nausée… Pourvu qu’elle ait pas décidé de se joindre à l’action… Nerveux à cette idée, il tira d’un coup sec sur le bonnet.

S’attendant à nouveau à sentir une forte nausée, Balthazar parvint à se contenir et resta même debout… Jusqu’à ce que les éléments de sa vision s’assemblent dans son esprit. Le corps. Le cadavre. Wayne. Cette fois-ci, ses jambes cédèrent. Il resta immobile un instant puis son estomac se vrilla. Convulsant, il recracha ses tripes.


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[Echange de corps] Le triangle [Balthazar (Babelda)]

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