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 Sans l’autre, à défaut du dépit, tu mourras de maladie [Ignis]

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Djinshee
~ Lyrienn ~ Niveau III ~

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MessageSujet: Sans l’autre, à défaut du dépit, tu mourras de maladie [Ignis]   Sam 24 Nov 2018, 00:25

Elle marchait vers la lumière. Celle-ci était faible, timide, mais tout ce qui comptait était qu’elle était là. En réalité, ce n’était pas très loin, et le temps n’était pas spécialement moche : de hauts nuages recouvraient le ciel, rendant l’atmosphère grise, mais calme. C’était plutôt agréable. Il semblait que personne n’avait de problème majeur, que tout le monde prenait cette journée pour un jour de repos, un jour paisible et bien mérité. Sauf elle. Elle, elle continuait de marcher, essoufflée, les muscles endoloris. La peau de son visage était sèche et mordue par le froid. Ses yeux étaient plissés, un peu gonflés, son nez rougi. Elle était blottie dans son épaisse cape. Sa tête était rentrée dans sa capuche, d’où s’échappaient quelques mèches rousses. Elle ressemblait à une vieille mamie mal lotie ; elle se sentait sale, mal, et molle.

   Sot’Rahgol. C’était précisément le genre d’endroit où elle n’avait rien à faire là. Pourtant elle y était de son plein gré. Ou presque. C’était ici qu’elle devait être. Elle le savait.

   Elle n’en pouvait plus. Elle était si abattue par la fatigue qu’elle ne comptait même plus sur sa magie pour la soutenir. Elle ne cherchait qu’à atteindre cette auberge, qu’à en franchir le seuil, qu’à s’assoir près du feu et ne plus jamais bouger. En soi, c’était simple. Mais aujourd’hui, encore plus qu’hier, cela relevait d’un défi éprouvant. Ses pas lents et douloureux l’amenèrent finalement à son but. Ce fut avec un certain soulagement que Djinshee poussa la porte. Une vague de chaleur vînt aussitôt l’accueillir et la Lyrienn s’engouffra à l’intérieur. Elle resta quelques secondes plantée au milieu de la pièce, le temps de s’imprégner de l’atmosphère. Divin.

   -Bienvenue. On a attrapé la crève ?

   Djinshee posa ses yeux sur l’homme, qui l’observait avec amusement. Elle répondit par un « hm » que ses cordes vocales furent incapables d’exprimer. Il avait l’œil, le gérant. Après tout, ce n’était pas comme si elle avait trois couches de vêtements sur elle, une peau anormalement pâle, des yeux éteints, la fâcheuse manie de renifler et la carrure d’une vieille peau atteinte de rhumatismes. Ayant pitié d’elle, il lui proposa de l’alcool, un grog, puis une boisson chaude, mais la Lyrienn refusa. Sans se dévêtir, elle préféra se diriger vers la cheminée. Ses doigts vinrent rencontrer les flammes dansantes. Elle le faisait discrètement. Il n’y avait pas grand monde, juste une personne ou deux en plus du patron, mais elle avait pris cette habitude. Le contact avec son élément lui fit un bien fou. Cependant, il était incapable de la soulager de ses maux physiques. C’était comme une malédiction dont elle ne pouvait se défaire. D’habitude, elle n’était jamais malade. Là, elle l’était depuis trois semaines. Tout ça à cause de ce foutu bracelet. Au début, ça n’avait été qu’un petit rhume. Puis l’anecdote s’était transformée en angine, en bronchite, en fièvre et en grippe. Maintenant, on n’était même plus capable de donner un nom à la maladie tant elle avait de symptômes. Tout ça à cause de ce foutu bracelet. Une babiole en cuir qu’elle n’avait pas eu le choix de mettre : à peine l’avait-elle touché qu’il s’était scellé autour de son poignet. Elle l’avait reçu accompagné d’un petit parchemin : "Sans l’autre, à défaut du dépit, tu mourras de maladie". L’expéditeur lui était totalement inconnu. Par négligence, elle avait brûlé le papier. Elle détestait la poésie et les gens qui se donnaient un style. Ça l’agaçait. Quant au bracelet, elle avait tout essayé pour s’en débarrasser, sans succès. Ce truc gravé de motifs sans queue ni tête la rendait malade et s’infiltrait dans ses pensées. Il lui disait des choses. Il lui demandait de trouver quelque chose, ou plutôt quelqu’un. Il lui indiquait un chemin. Il lui disait de viser cette cible mouvante, de la retrouver pour… pour elle n’en savait rien. La maladie n’était que du bluff, un pauvre chantage. Elle avait voulu ignorer l’objet au prix de sa santé. Elle avait été assez surprise de voir qu’elle aussi, pouvait être malade comme un chien. C’était Elh qui lui avait demandé d’obéir, histoire d’en finir. La gamine avait gardé un œil sur elle pendant tout ce temps. Elle avait passé sa dernière nuit à son chevet, car Djinshee avait été prise d’une fièvre terrible. La rousse avait cru devenir folle. Il lui avait fallu ça pour l’extirper de son orgueil et la convaincre d’agir. Donc elle avait quitté Sülh. Cela faisait longtemps qu’elle n’était pas partie. Et ça lui faisait bizarre.

   Celui ou celle qu’elle devait trouver était quelque part par ici. Elle ne savait pas où exactement. Dans le coin. Djinshee retourna au comptoir, demanda une chambre pour la nuit, puis tira un tabouret. Elle s’assit, les coudes posés sur ses genoux, contemplant les flammes. Elle avait remonté sa manche droite pour mettre son bracelet en évidence. Maintenant, elle n’avait plus aucun signe. Elle ne savait plus où aller. Tout s’arrêtait là. Elle se sentait soudain seule, vouée à elle-même. Sans s’en apercevoir, elle s’était habituée à ces pensées, presque instinctives, qui lui indiquaient une direction. Elle venait de perdre un guide. Maintenant, elle n’était plus que malade. C’était le prix à payer pour ses choix. Elle avait pris le risque de suivre un objet magique en espérant arriver à quelque chose, une solution. Mais peut-être qu’il n’y avait pas de solution. Si ce n’était qu’une farce, ou bien un piège ? Si ce n’était qu’une malédiction, un fardeau avec lequel elle était vouée à vivre ? La jeune femme attendait depuis un long moment. Elle émettait un milliard d’hypothèses plus ou moins tangibles sur le pourquoi du comment. En même temps, Djinshee continuait de jouer avec le feu. Derrière elle, la porte s’était ouverte, laissant un méchant courant d’air s’immiscer à l’intérieur.

   -Bienvenue. Répéta le propriétaire des lieux. Vous avez pas l’air en point non-plus, vous. Vous voulez un grog ?

   La Lyrienn détourna le regard de son activité. Un homme venait de rentrer, mais elle n’y prêta pas tout de suite attention. Elle venait plutôt de se rendre compte qu’elle se sentait un peu mieux. C’était naïf de sa part que de remercier Shaana à ce moment-là.


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Ignis
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MessageSujet: Re: Sans l’autre, à défaut du dépit, tu mourras de maladie [Ignis]   Dim 25 Nov 2018, 11:51

La porte claqua dans son dos, rabattue violemment par un méchant courant d'air, le faisant sursauter. Il se maudit intérieurement, le bruit sourd lui ayant vrillé les tympans. Le propriétaire des lieux l'apostropha. Ne lui en voulant vraisemblablement pas pour le traitement qu'il avait infligé à sa porte, il lui proposa un grog, non sans avoir souligné avant qu'il n'avait pas l'air bien. Ignis répondit par un grognement. C'était un doux euphémisme. Il faisait peur à voir. Pas que ce ne soit différent en temps normal, mais là, c'était poussé à son paroxysme. Les brûlures de son visage ressortaient dans un jeu d'ombres et de lumières, les traits tirés, émincés, les ravines plus marquées, plus profondes. En fait, tout son corps avait subi. Ses joues étaient creusées, ses yeux enfoncés dans leurs orbites, ses membres aussi raides et étriqués que des branches de bois mort, prêt à rompre à tout instant.

Le Calciné jeta un regard noir sur le bracelet à son poignet gauche. Tout ça, c'était à cause de lui. Depuis qu'il avait ouvert le colis qui lui était adressé et que ce foutu objet s'était refermé sur sa chair, tout était allé de mal en pis. A croire que dernièrement, les messages mystérieux étaient devenus la mode. Cela avait commencé par une simple toux. Rien de bien grave. Certainement qu'il avait respiré un peu trop de poussière de foin et qu'il s'était irrité la gorge. Sauf que cela n'avait fait qu'empirer. Avec la fièvre, vint les courbatures, les maux de tête, les douleurs au ventre. Et puis, il s'était mis à délirer. Enfin, c'était ce qu'il croyait au début. Des images et des idées fugaces, qui surgissaient comme cela dans son esprit, des pensées qui semblaient lui indiquer une direction, lui montrer un chemin à prendre pour retrouver quelqu'un. Sauf qu'il avait refusé de s'y conformer et que les choses n'avaient fait qu'empirer. A tel point qu'il s'agissait une nouvelle fois de son patron qui avait du prendre les choses en main et ordonné au Déchu de suivre ses hallucinations. De toute façon, dans l'état déplorable dans lequel il était, il ne lui était d'aucune utilité à l'auberge.

Après avoir pris confié une nouvelle fois Lemon aux bons soins de l'aubergiste et de sa femme, Ignis avait pris la route. Inconsciemment, il avait entretenu l'espoir que ce départ mettrait un terme au mal qui le rongeait de l'intérieur. Malheureusement, cette pensée fut vaine. Plus d'une fois, durant son périple, il avait été incapable de reprendre la route. Mais les rêves, les pensées parasites ou il ne savait trop quoi ne le laissaient pas en paix, le forçant à reprendre son chemin. Il arrivait au bout de ses forces quand il avait franchit les limites de ce village perdu dans le Berceau Cristallin dont il ne s'était pas attardé à retenir le nom. Tout ce qu'il comptait faire, c'était entrer dans la première auberge venue pour se laisser choir sur une paillasse. Sauf que ses pas et les images parasites de son cerveau le poussèrent à aller plus loin, presque de l'autre côté du village. Après, il avait de la chance, ce n'était pas non plus un bled énorme et il ne possédait pas trente six mille endroits où passer la nuit.

Il laissa choir son fessier sur un banc dans un coin de l'établissement. Il se fit l'incongru réflexion que ce devait être un bon endroit car ses genoux ne grincèrent pas, chose qu'ils n'avaient plus fait depuis que toute cette histoire avait commencé. Une tasse de grog fut déposée devant lui et il referma ses doigts raides dessus. La chaleur se répandit à travers la terre cuite, jusque dans ses os et il ferma un instant les yeux pour savourer cette quiétude, d'autant plus que les images parasites avaient cessé d'émettre. Il but une gorgée, laissant son regard, de ses yeux fatigués, balayer la salle autour de lui. Il n'y avait pas grand monde. Son attention s'attarda, sans qu'il ne s'en rende vraiment compte, sur une femme à la chevelure de sang. Il la détailla un instant jusqu'à ce que ses yeux se posent sur son poignet. Avant même d'avoir pris le temps de réfléchir, il était debout auprès de la dame à serrer entre ses doigts le poignet sur lequel trônait un bracelet de cuir. Le même que celui que lui-même arborait au même endroit.


Où est-ce que vous avez eu ça ?

Sa voix était rocailleuse, rêche, tout comme son contact contre la peau de la jeune femme, et n'avait à cet instant, rien d'amicale. Il en avait ras le bol de toute cette histoire et de toute façon, il était plus prompte à la colère qu'à la diplomatie. Depuis que toute cette merde avait commencé, elle était l'unique personne qu'il voyait avec un tel objet. Cela ne pouvait pas être une coïncidence. Tout comme le fait qu'à cet instant, il ne ressentait plus aucune douleur, plus de difficulté à respirer ou d'envie de vomir. Il se sentait encore faible, comme après une longue maladie et qu'il fallait un pu de temps pour s'en remettre. Il resserra sa poigne sur elle, la foudroyant de ses yeux pâles. Attendant une réponse.

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Djinshee
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MessageSujet: Re: Sans l’autre, à défaut du dépit, tu mourras de maladie [Ignis]   Lun 26 Nov 2018, 23:20

Elle n’attendait plus ; elle rêvassait. Elle se sentait si bien ici qu’elle venait d’oublier la raison de sa venue. Son nez n’était plus bouché, sa gorge ne la grattait plus, ses muscles n’étaient plus douloureux. Elle ne s’était pas sentie aussi soulagée depuis longtemps. Trop longtemps. Il ne lui restait qu’un peu de fatigue, qui, dans quelques minutes, risquait de l’entraîner dans un profond sommeil. Contemplant les flammes, elle repensait à Sülh, au quotidien qu’elle avait quitté pour un temps indéterminé. Elle repensait à ses amis, à Elh. Cette fille était si gentille. Elle se demandait comment elle arrivait à la supporter, parfois. Son calme était fascinant. Elle l’enviait un peu. Mais bon, tout n’était qu’une histoire d’élément.

   Son coude glissa de sa cuisse et Djinshee crut qu’elle allait se prendre ses genoux dans les dents. Une emprise sur son bras droit la tira dans l’autre sens. La rousse se redressa et leva les yeux vers l’insolent. Oh… Pour le moment, c’était plus son visage que ses paroles qui l’intriguait. L’homme n’était pas beau à voir, et il ne faisait aucun doute qu’il avait été brûlé. Elle s’y connaissait assez bien là-dedans pour en avoir la certitude. Ce n’était pas la première fois qu’elle voyait un cas aussi avancé. Mais ce qui la surprenait, c’est que généralement, ces gens-là étaient morts. Pas lui. Un instant elle envisagea qu’il s’agissait d’une vieille victime venue lui rendre justice des années plus tard. Puis elle analysa la question qu’on venait de lui poser.

   -C’est un joli cadeau qu’on m’a envoyé avec une lettre. Pourquoi, c’est vous l’expéditeur ? Elle changea subitement de ton pour devenir plus sèche. Vous voulez bien me lâcher, oui ?

   Il lui faisait mal, mais ça, elle ne l’admettrait jamais. Djinshee se dégagea d’un coup sec et quitta son tabouret. Elle profita du recul pour examiner entièrement cet inconnu.

   -C’est vous que je suis censée trouver ?

   Sous sa manche gauche, elle finit par deviner le bracelet que lui aussi portait. Elle attrapa à son tour son poignet pour le voir de plus près. Ce ne devait pas être lui, l’expéditeur : il avait exactement le même qu’elle. Lui aussi était rentré dans cette auberge avec la crève. Elle jeta un œil autour d’eux.

   -Viens.

   Djinshee fouilla dans sa poche pour retrouver la clef de sa chambre. 06. Elle entraîna l’inconnu avec elle. Elle n’aimait pas parler en public, surtout lorsque c’était trop calme, comme ici. Elle détestait les gens qui écoutaient indiscrètement des conversations qui ne les concernaient pas. On pouvait lui retourner la remarque, mais elle, ce n’était pas pareil : de temps en temps, c’était son boulot. La Lyrienn fit entrer le grand brûlé et ferma la porte derrière elle. Sans attendre, elle se défit de son épaisse cape et la jeta sur le lit, qui trônait au milieu de la pièce.

   -Pas trop malade ? Dis-moi ce que tu sais sur tout ce bordel.

   Tout ce qu’elle souhaitait, c’était qu’il en sache plus qu’elle. Elle n’aimait pas ce mec, mais elle était capable de coopérer avec n’importe qui pour se débarrasser de cette m****. La rousse fit quelques aller-retours entre la porte et le lit, tout en déboutonnant son manteau. Elle ne faisait pas un strip-tease. Elle se débarrassait juste de ses couches de vêtement en trop, qui la gênaient et l’énervaient maintenant qu’elle n’en avait plus besoin. Elle le jeta encore une fois sur le lit avant de continuer sa promenade dans la petite pièce. Elle écoutait et réfléchissait mieux lorsqu’elle bougeait. C’était un moyen d’extérioriser sa nervosité naturelle.

   Et si c’était un piège ? Djinshee ne cessait de songer à ce Lyrienn d’Eau. Son âme contraire. Il avait encore tenté de la tuer il y a peu. C’est pourquoi son visage lui venait à l’esprit. Une situation pourrie comme celle-là, au final, ça lui ressemblait. Cet homme dont elle ne connaissait pas le nom était particulièrement tortueux. La première fois qu’elle l’avait rencontré, il avait fait une tentative de meurtre classique, sans avoir imaginé un quelconque guet-apens. Au fil des mois et des ans, lentement mais sûrement, il avait perfectionné ses ruses et ses techniques de chasse. Il ne revenait jamais à un moment précis. Il pouvait apparaître deux fois dans la même semaine, puis disparaître pendant un an. Djinshee s’en sortait toujours avec plus ou moins de chance. Elle se demandait parfois s’il ne faisait pas exprès de l’épargner. Peut-être cherchait-il à monter le plus grandiose des scénarios avant de l’éliminer. Malgré cela, à chaque fois qu’il revenait, elle avait peur. Elle savait pertinemment qu’il était plus puissant qu’elle. Elle savait aussi que la chance, le hasard et tout le reste n’allaient pas éternellement la sauver. Viendrait un jour où il finirait par l’avoir. Mais quand ? La prochaine fois, c’est-à-dire maintenant ? Non, elle ne devait pas tomber dans la paranoïa. Ce qu’elle oubliait, c’était qu’il avait aussi l’art de frapper lorsqu’elle s’y attendait le moins. La situation avait beau être tordue, ce devait être un peu gros à son goût. Cela n’empêcha pas la Lyrienn de jeter un œil sévère au Calciné. Peut-être aussi qu’il lui faisait penser à son âme contraire : elle sentait déjà qu’ils n’étaient pas faits pour s’entendre.


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MessageSujet: Re: Sans l’autre, à défaut du dépit, tu mourras de maladie [Ignis]   Dim 02 Déc 2018, 18:22

Pendant un instant, Ignis s'attendit à prendre une gifle ou à recevoir un coup quelconque. Après tout, il était rare que les gens aiment qu'on leur agrippe le bras de cette façon en les invectivant. Surtout quand c'était un parfait inconnu à la mine affreuse qui le faisait. Mais rien ne vint. Au lieu de cela, la jeune femme lui demanda si ce n'était pas lui l'expéditeur du courrier contenant ce cadeau. Ce n'était donc visiblement pas elle la responsable de toute cette histoire vu qu'elle pensait qu'il s'agissait de lui. Tout en disant ça, elle se débarrassa de son emprise et mit un peu d'espace entre eux, sans pour autant fuir. Car après tout, à première vue, elle était dans le même pétrin que lui. Et si elle disait vrai ? Qu'ils étaient sensé se chercher l'un et l'autre, que c'était vers elle que ses visions l'avaient mené ? Après tout, ce n'était pas plus idiot qu'une autre théorie. Ca n'expliquait pas pourquoi cela tombait sur eux ni à quoi rimait toute cette histoire mais ça donnait au moins une raison à sa venue ici.

Elle l'entraîna à sa suite, montant à l'étage avant de le pousser dans sa chambre et de refermer la porte derrière eux. Quand elle évoqua son état de santé, il refit un inventaire silencieux de ses douleurs … Mais il n'y en avait plus, à part celle de la fatigue. Cela avait arrêté dès l'instant où il s'était retrouvé à ses côtés. C'était assurément lié, ça ne pouvait pas être une coïncidence. Encore moins avec le fait qu'elle possédait elle aussi un bracelet, reçu dans un mystérieux colis par un expéditeur inconnu. Au moins, il avait eu la réponse à sa question. Maintenant, c'était peut être à son tour de répondre aux interrogations qu'elle lui posait. Ils étaient dans le même pétrin, ils pouvaient bien s'entraider. Il ne fallait pas être devin pour se rendre compte qu'ils ne s'appréciaient pas même s'ils se connaissaient que depuis quelques minutes. En même temps, il n'avait rien fait pour qu'il en soit autrement.


Que dalle, nada. Un beau matin, il y avait un colis sur le pas de ma porte, à croire que les gens aiment bien ça, déposer des choses sur le pas de ma porte … Enfin bref …. il y avait ce colis avec à l'intérieur ce bracelet.

Il fit un geste du bras pour que l'objet qui cerclait son poignet soit bien visible. Elle possédait le même, elle devait probablement le connaître par cœur comme lui-même connaissait le sien.

Quand j'ai déchiré le papier et que j'ai touché le bracelet, ce dernier s'est refermé sur mon poignet. Impossible de m'en défaire.

Dans la panique qui s'en était suivi, ce qu'il n'avait pas vu, c'était le papier plié en deux, dans le colis, qui était tombé et avait glissé entre deux lattes du plancher sans qu'il ne s'en aperçoive. S'il l'avait trouvé, peut être que cela l'aurait aidé. Ou pas. Mais il ne pouvait pas le savoir étant donné qu'il n'était même pas au courant de son existence.

Puis j'ai commencé à se sentir mal. A être perclus de douleur, à régurgiter … Comme si tous les maux des Terres du Ying et du Yang m'étaient tombés sur la gueule. Et avec ça, les hallucinations … Enfin, les visions ou je ne sais quoi qui m'ont poussé à venir dans ce bled paumé. Et vous, c'est quoi votre histoire ?

Il la regardait faire les cents pas dans la pièce comme un fauve en cage. Etait-elle nerveuse ou bien faisait-elle ça tout le temps parce qu'elle était une hyperactive ou quelque chose du genre ? Il n'en savait rien. Ce qu'il savait pas contre, c'était qu'à agir ainsi, c'était lui qu'elle allait finir par rendre nerveuse. Déjà que toute cette histoire avait de quoi lui mettre les nerfs à vif. A cet instant, tout ce qu'il voulait, c'était s'allonger sur ce lit où elle avait jeté sa cape et qui lui faisait de l'oeil depuis qu'il était rentré dans la chambre, et pioncer jusqu'à plus saoul. Il ne savait pas combien de temps ce répit au niveau santé allait durer. Il fallait en profiter un maximum avant que ça ne soit trop ça. Tout bien considéré, il ne se gêna finalement pas pour poser son cul sur le matelas. C'était loin d'être de la première qualité mais en réalité il n'en avait rien à faire. Il avait au moins fait l'effort d'écarter l'habit et de ne pas s'asseoir dessus.

Vous ne pouvez pas vous arrêtez une seconde ? Vous allez finir par me donner le tournis alors que la nausée s'était enfin arrêtée !

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MessageSujet: Re: Sans l’autre, à défaut du dépit, tu mourras de maladie [Ignis]   Dim 09 Déc 2018, 01:23

Ils en étaient au même point. Ils étaient dans le flou complet. Ça l’agaçait. Et après ? Qu’étaient-ils censés faire ? Qu’était-il censé se produire, après qu’ils soient réunis et guéris ?


-Pareil pour moi. Un colis anonyme avec le même bracelet, et un papier aussi. C’était écrit par un amateur de poésie, qui disait que j’allais mourir malade « sans l’autre ». J’imagine que l’autre, c’est toi.

C’était à peu près ça. Elle ne se souvenait plus de l’intitulé exact pour n’y avoir prêté que très peu d’attention. Pas très malin de sa part, mais elle ne pouvait changer ce qui avait été fait.

-Toi, tu n’avais pas de lettre ?

Peut-être qu’il avait lu une phrase qui compléterait la sienne. Histoire de savoir quoi faire après. Parce que le principal problème, c’était de savoir jusqu’à quand ils allaient être liés. Elle se doutait que s’ils s’éloignaient de nouveau, ils devraient se revoir bientôt avant d’attraper la lèpre. Cette histoire l’agaçait d’autant plus qu’elle n’avait pas que ça à faire. Encore moins lorsqu’il s’agissait de faire un yoyo inutile. Elle voulait rentrer, revenir à des choses plus sérieuses et plus constructives que juste rencontrer quelqu’un, un abruti en plus, à cause d’un vulgaire bracelet. Ces dernières années, elle n’était impliquée dans rien d’autre que ce qui concernait sa race. C’était aussi ce qui l’interpelait : pourquoi s’intéresser à elle et à cet étranger ? Quel était le but, et qui avait fait ça ?

Djinshee sentit ses muscles se crisper un peu plus sous les mots du Calciné. Il reprenait un ton agressif, non seulement pour un rien, mais en plus pour lui dicter ce qu’elle avait à faire. Elle se tourna vers lui pour lui lancer un regard noir. Ses poings étaient serrés. Elle faisait de gros efforts pour maintenir la distance qui les séparait…

-Dans ce cas arrête de me regarder. Et c’est pas en t’énervant que tu vas nous aider à trouver une solution.

… et éviter de l’insulter. Quel … hm ! Pour s’assurer d’avoir la prise, la Lyrienn ne tînt certainement pas compte de sa remarque : elle bougeait si elle voulait, et ça tombait mal pour lui, parce qu’elle comptait sur le peu d’espace qu’ils avaient pour se défouler. Quel péquenot. Elle savait que s’il continuait, elle ne résisterait pas à l’envie de l’amocher un peu plus qu’il ne l’était déjà. Un morceau de peau de plus ou de moins, il ne devait plus être à ça près. Djinshee s’imaginait déjà le prendre avec ses mains brûlantes pour lui en coller une. Il mettait son peu d’apprentissage de la patience à rude épreuve. Elle savait qu’il ne fallait pas, même si quelque part, ce n’était pas pour lui déplaire : elle n’aimait pas contenir son élément trop longtemps. Ce dernier était prêt à rugir à tout moment. La surface de sa peau avait augmenté de plusieurs degrés, mais elle continuait de déambuler dans la pièce, comme si de rien n’était. Seul son visage exprimait son irritation. Elle ne le cachait pas.

Si ça se trouvait, même si elle ne voyait pas pourquoi on les aurait fait chier sans raison, ils avaient juste été les gagnants d’un heureux hasard. Au contraire, s’ils étaient liés ce n’était pas pour rien. Ou si, peut-être qu’on avait juste voulu les faire chier. Peut-être que depuis le début, on s’amusait à regarder la tension monter entre eux deux. Cependant, la rousse refusait d’y croire. Elle savait qu’il existait plus d’un esprit tortueux sur ces terres, mais quand même. Elle préférait toujours penser qu’ils devaient être liés au-delà que par ces bracelets, qu’il y avait une suite à cela. Autrement, ils ne les auraient plus eus à partir du moment où ils se seraient rencontrés. Or, l’emprise de l’objet était toujours la même. La Lyrienn tirait dessus sans parvenir à grand-chose. Malgré toute sa bonne réflexion, elle ne retenait qu’une seule hypothèse, un seul lien potentiel : celui auquel elle avait songé, les premières secondes après qu’elle ait découvert son visage. Djinshee voulut s’asseoir de l’autre côté du lit, mais en quelques instants, s’approcher de cet homme lui était soudain devenu repoussant. Elle n’aurait su en expliquer la raison. Elle cessa de bouger mais garda toujours cette même distance. Elle était dos à lui, hésitante.

-Dis-moi, est-ce qu’on s’est déjà rencontré, ne serait-ce que de loin ? Elle hésita encore un peu. Tu les tiens d’où, ces brûlures ?

Au fond, il n’était pas obligé de répondre. Pendant un temps, aveuglée par la connerie, elle avait elle-même caché beaucoup de choses à tout le monde, sans vraiment savoir pourquoi. Lui qui semblait avoir vécu un accident conséquent, ça ne l’étonnerait pas qu’il soit lui-aussi aveuglé par la connerie. Beaucoup de gens l’étaient parce qu’ils avaient peur d’avoir honte. Alors qu’au final… tout le monde s’en foutait. Là, ça ne pouvait que les aider. Au mieux, ça leur donnerait un semblant de piste. Au pire, ça éliminerait une hypothèse. C’était rien. Mais comme ils partaient déjà de rien, c’était déjà ça de gagné.


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MessageSujet: Re: Sans l’autre, à défaut du dépit, tu mourras de maladie [Ignis]   

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Sans l’autre, à défaut du dépit, tu mourras de maladie [Ignis]

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