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 [XXIX] - Une leçon de violon interrompue

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MessageSujet: [XXIX] - Une leçon de violon interrompue   Dim 02 Sep 2018, 12:10

Catégorie de quête : XXIX : Fuite
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Intrigue/Objectif : Hostìa est dans le Berceau cristallin pour des vacances, avec sa mère et sa petite-sœur. Elles ne le savent pas, mais leur mère fuit les autorités. Alors que Hostìa est en pleine leçon de violon, des soldats arrivent et emmènent sa mère de force, alors que son hôte Amy cache Hostìa et la téléporte sur l’île de Sülh, en se sacrifiant. Cet événement fait naître dans son esprit une haine pour Gabriella et les lyrienns de glace. Quant à sa sœur, elle est introuvable.

« Lâsse-moi, nom d’un ssien ! » aboya Hostìa. Sa petite-sœur lâcha le bas de sa robe et elle s’éloigna, les yeux emplis de larmes. « Hostìa, enfin. Je t’ai dit de bannir les jurons ! » La lyrienne fit la moue. Quand sa sœur la regarda, sous les jupes de sa mère, elle levait le menton et avait un regard victorieux. En guise de réponse, elle lui adressa un geste injurieux. « Maman ! » s’écria sa petite-sœur en lui tirant la jupe. Sa mère avait très bien vu ce qu’elle avait fait, alors même qu’elle avait paru être très absorbée par le tricot de leur hôte, Amy. Sa réaction fut instantanée : en un quart de seconde, elle s’était retrouvée juste devant Hostìa. Elle prit son élan et lui asséna une gifle qui lui fit voir des étoiles. « Ne t’avise pas de recommencer ! » la menaça-t-elle en la montrant du doigt. Ses yeux regardaient sa fille, mais elle avait l’impression qu’ils étaient ailleurs. Depuis que le trio était venu prendre des vacances au Berceau cristallin, elle ne semblait jamais réellement présente. Par réflexe, Hostìa porta sa main à sa joue rougie et ses yeux s’emplirent de larmes. Holithìa réprima un rire, ce qui donnait envie à sa grande-sœur de l’étrangler jusqu’à faire sortir ses yeux de ses orbites.

La famille était dans le Berceau cristallin depuis plusieurs jours. Les filles ne comprenaient toujours pas pourquoi leur mère les avait emmenées dans un lieu pareil. C'était soi-disant pour prendre des vacances, mais elles n'en croyaient pas un mot. La famille de sa meilleure amie, tous lyrienns d'eau, les hébergeait. Mais pour ces premiers jours, seule la vieille Amy était présente dans la maisonnée et Hostìa attendait l'arrivée de Kaolia avec impatience, car elle s'ennuyait ferme. En plus, leur mère était imprévisible et elles ne savaient jamais quoi attendre d'elle. Un jour, elle pouvait se montrer gentille et attentionnée. Le suivant, elle pouvait les frapper ou pleurer dans son lit en refusant de sortir. Hostìa savait que toute cette histoire était liée à ses frères qui étaient partis sur l'île de leur élément. Leur famille était déchirée, comme toutes les familles ou presque depuis l'arrivée de la Reine de Glace au pouvoir. Hostìa ne comprenait absolument rien à la politique, mais elle se souvenait de ce qu'elle avait appris à l'école. Elle y accordait de l'importance, car elle voulait mieux comprendre le mal être de sa mère, et peut-être, le guérir d'une façon ou d'une autre. Secrètement, elle espérait ne jamais subir de Révélation pour rester toute sa vie sur l'île de Sülh, sans changer d'île ou sans aller à Melohorë, s'il s'avérait qu'elle était une ygdraë.


« Hum… eh bien, j’ai fini. » Amy était gênée, témoin de la gifle de la petite fille. Elle posa ses aiguilles à tricot sur sa chaise à bascule et se leva en se tenant le dos, son pull en main. Il était fait de laine violette et était trop large pour Hostìa. Mais selon Amy, elle l’avait ensorcelé pour qu’il prenne automatiquement la taille de sa porteuse. Chaque jour, du matin au soir, elle s’asseyait sur sa chaise et tricotait des vêtements aux deux filles en fredonnant de vieilles comptines. Même si Hostìa trouvait ses vêtements moches, ils étaient plus que bienvenus : le Berceau cristallin était un territoire où le froid régnait en maître, bien loin du climat tempéré de l’île de Sülh. Et Hostìa en souffrait beaucoup. La nature était à l’agonie, seuls les végétaux les plus résistants parvenaient à survivre sous la couche de neige. Les forêts étaient couvertes d’un linceul qui menaçait de prendre Hostìa, elle aussi. Elle détestait cette région. Elle détestait ces vacances. Elle gratifiait donc sa famille de son humeur exécrable.

« Merci, tata Amy... » dit-elle à contrecœur, en fixant sa mère. Une larme roula sur ses joues alors qu’elle levait les bras pour qu’Amy lui enfile le pull. Quand ce fut fait, la lyrienne se gratta discrètement les bras ; la laine lui piquait la peau, mais elle ne souhaitait pas se reprendre une baffe. « Et Holithìa, voici tes chaussettes en coccinelle ! » les chaussettes étaient ridicules. Elles étaient rouges à pois noirs, et des antennes étaient colorées au niveau de ses pouces de pied. Des chaussettes ridicules, pour une fille ridicule. Parfait. Sa sœur s’empara de ses chaussettes comme s’il s’agissait d’une relique divine. « Ouuuiiii ! » cria-t-elle en les mettant aux pieds. « Hostìa, ne regarde pas ta sœur comme ça. » Elle adressa à sa mère un regard innocent. « Mais z’ai rien fait ! » Elle croisa les bras et se gratta une nouvelle fois les bras. C’était insupportable. « Le pull, il me gratte trop ! Z’en ai marre ! Ze veux revenir à la maizon, notre vraie maizon. Z'êtes nulles, toutes ! »

La petite lyrienne recommença à pleurer. Elle renifla et s'en alla en courant vers sa chambre, son unique havre de paix dans un pays mordant de froid. « Ze les déteste, ze les déteste ! » Elle asséna un coup violent dans son buffet, comme si cela pouvait calmer sa colère. Il n'en était rien. La lyrienne voulait aussi enlever son pull et le déchirer, le jeter par la fenêtre... mais elle avait trop froid. Et ça l'agaçait encore plus. En bas, elle entendit sa mère crier en montant les escaliers. Elle allait passer un sale quart d'heure, et ça irait plus loin qu'une gifle... cette dernière courut vers son lit et se cacha sous ses draps, le haut de sa tête seul dépassant de la couverture. Mais soudain, elle entendit la voix d'Amy résonner. Sa mère redescendit, et Hostìa entendit le bruit de la canne d'Amy frapper le bois des marches. La lyrienne ne savait pas si elle devait être rassurée ou non : tata Amy était-elle plus en colère que sa maman ? Des coups de canne, ça faisait plus mal que des coups de poing.
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MessageSujet: Re: [XXIX] - Une leçon de violon interrompue   Dim 02 Sep 2018, 16:19

Des coups légers retentirent contre la porte de Hostìa. Elle n’avait pas envie de répondre, alors elle se retourna dans son lit, pour faire face au mur, puis elle ferma les yeux en feignant de dormir. Comme si cela allait régler ses problèmes. « Puis-je entrer, mademoiselle ? » Il s’agissait de la voix tremblante d’Amy, agrémentée d’une pointe d’ironie. La lyrienne ne savait pas par quel maléfice c’était rendu possible, mais elle se faisait envahir d’un sentiment désagréable de culpabilité. Elle ouvrit les yeux et s’assit dans son lit, puis répondit d’un air fier : « ‘suis pas une madmoizelle, suis une princesse ! » Amy interpréta sa réponse comme une affirmation, et elle ouvrit la porte. Elle passa sa tête dans l'entrebâillement et eut un rire léger en voyant la lyrienne au fond de son lit. « Tu sais, les problèmes existent même quand tu fais semblant de ne pas les voir. » Hostìa se rabougrit et lui jeta un regard sombre, mais elle ne s’enfouit pas une nouvelle fois sous sa couverture. Amy soupira et alla s’asseoir au bord du lit, en s’aidant de sa canne bleue. « Moi, j’aimerais ignorer que je suis vieille. Mais mes rhumatismes me le rappellent à chaque mouvement de mon corps. » La vieille dame posa sa canne sur la couverture du lit et se massa le genou. En la voyant faire, Hostìa sécha ses larmes et s’approcha de sa tata. Soudainement, ses problèmes de pull qui pique semblaient moins importants. « Oh non, ça a l’air horrible, les rutismes ! » Amy eut un sourire triste et, soudain, se tourna vers un mouchoir qui s’était mis à voler jusqu’à la lyrienne. « Une princesse ne pleure pas. Sèche tes larmes. »

Une contestation lui vint à l’esprit, mais les mots ne franchirent pas ses lèvres. Elle prit le mouchoir et se sécha ses yeux brûlants, avant de se moucher bruyamment. En bas, elle entendit sa soeur crier à travers les couloirs, en courant tout le long du salon :
« J’vais sortir, j’vais sortir ! » Sa petite-soeur n’avait que neuf ans et n’était pas sortie toute seule depuis leur arrivée dans le berceau cristallin : elle devait être accompagnée à chaque fois de Hostìa, mais cette dernière ne voulait jamais quitter la chaleur de la cheminée pour s’enfoncer dans la neige glacée de la montagne. Depuis, les disputes s’étaient intensifiées entre les deux soeurs et elles devenaient insupportables pour les deux aînées. Comme le disait un ancêtre de la famille Dilmanyë, les foyers de femmes connaîtraient une fin infâme. Chaque jour passé entre les quatre habitantes donnait raison à ce proverbe. « N’oublie pas ta longue-vue, et si tu as le moindre souci, pose tes lèvres sur ton pendentif ! » Le pendentif était censé donner la localisation exacte de son porteur à la personne liée, en étant activé par la salive du porteur. Sauf que, personne ne le savait, mais le pendentif qui ornait le cou de Holìthia n’avait plus aucun pouvoir magique. Le vrai pendentif avait été remplacé par une réplique que Hostìa avait fait façonner, et c’était elle qui possédait le vrai chez elle. Il représentait la différence de traitement que leur mère leur attribuait. Sa petite-sœur avait toujours été la favorite, et elle ne pouvait le supporter. Ce méfait était comme un baume à sa jalousie.

Holithìa claqua la porte d’entrée. Sa sœur se pencha vers la fenêtre et la regarda courir maladroitement dans la neige, en direction de la forêt de sapins qui faisait face à la maison. Amy l'observa attentivement, alors que la lyrienne regardait sa petite-sœur s'éloigner du jardin.
« Malheureusement, ce n’est pas à moi de t’éduquer, mais sache que si tu étais mon enfant, je t’aurais déjà privée de beaucoup de choses. Tu as critiqué le cadeau que je t’ai fait, et par Myrnxethi, c’est très méchant de ta part. Je peux te pardonner, mais à une seule condition », lui dit-elle en levant le doigt. Hostìa détacha son reard de la fenêtre et se tourna vers la vieille lyrienne d'eau. Elle écouta attentivement en tripotant son mouchoir souillé. « Joue-moi 'L’aube du printemps'. » À l’aide de son pouvoir de télékinésie, elle anima le violon de la petite fille et l’amena jusqu’à son lit. Hostìa se leva en reniflant, après une courte hésitation, et s’empara de son instrument de musique si précieux.

Amy avait un talent qui attirait tout le respect de Hostìa : sa maîtrise de la musique. L'aînée ne maîtrisait pas seulement le violon, mais aussi la flûte traversière et le piano. Elle savait enchanter les sens et émouvoir la petite lyrienne jusqu'aux larmes. Elle pensait être très forte en violon, jusqu'à ce qu'elle rencontre Amy ; en plus, elle ne la laissait jamais jouer un morceau entier, car elle l'assommait de critiques. C'était des moments durs, de remise en question, mais Hostìa s'était déjà beaucoup améliorée en quelques jours. L'aube du Printemps était un morceau difficile à faire, car le rythme était irrégulier, en allant de plus en plus vite, et les accords utilisés étaient en-dehors des compétences de la lyrienne. Mais Amy faisait exprès de lui en demander trop pour qu'elle s'améliore plus vite. C'était très dur.

La jeune lyrienne se raidit et coucha le violon sur son épaule. Elle posa le menton dessus et leva son archet.
« Tchh ! Es-tu une limace ? Tiens-toi droite ! » La pluie de critiques commençait donc à s'abattre sur elle. Docile, la lyrienne courba son dos et plaça ses doigts pour faire le premier accord. Les battements de son coeur s'accéléraient alors qu'elle se préparait à commencer le morceau. « Détends-toi avant de commencer. Souffle. Voilà, c'est bien. » Hostìa s'imagina dans une prairie. Elle imagina la brise qui venait chatouiller son visage et frôler ses cheveux. Le soleil brillait haut dans le ciel, les fleurs recouvraient la prairie de couleurs magnifiques. Elle entrait dans un état qui se rapprochait de la méditation, pour parvenir à se concentrer et à être habitée par la musique. La lyrienne rouvrit les yeux, pour les poser sur son instrument de musique.

L'archet prit son appui sur les cordes du violon, puis les caressèrent pour esquisser les premières notes de L'aube du Printemps. Hostìa tanguait au rythme de son archet et ses doigts dansaient en effectuant les accords. Mais au bout de quelques secondes, la lyrienne loupa quelques accords et, déconcentrée, fit grincer son archet contre les cordes du violon.
« Non, non et non ! Recommence ! » Hostìa s'exécuta. Elle s'imagina une fois encore dans cette prairie magnifique, puis loupa exactement les mêmes accords qu'à la première tentative. Amy ne s'énerva pas, mais elle changea de technique en lui faisant décomposer la musique. Elle corrigeait chaque fausse note, chaque mouvement imprécis. Hostìa hochait la tête et recommençait, encore et encore. Chaque essai la piquait dans son ego, mais elle continuait et gardait son calme, à l'image de son professeur. Un jour, elle serait meilleure qu'Amy.
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MessageSujet: Re: [XXIX] - Une leçon de violon interrompue   Lun 10 Sep 2018, 23:18

Hostìa valsait avec son violon. Ses cheveux ondulaient au rythme des mouvements de son archet, en faisant flamboyer ses mèches violettes. Les yeux fermés, la lyrienne avait l’impression de s’envoler en faisant chanter le bois de l’instrument. Elle avait réussi à jouer la première moitié de L’aube du Printemps, après une heure à se faire taper le tibia par Amy. Ses jambes tremblaient, mais elle avait réussi, et elle était très heureuse. Dans ces moments, elle se disait que rien ne la rendait plus heureuse que le son du violon ; elle s'évadait dans un autre monde, dans un monde fait de bois et de vibrations. Hostìa fit chanter la dernière note jusqu’au bout de la course de l’archet. Puis la musique s’évanouit et elle rouvrit les yeux, en redécouvrant un tout autre monde. Plus triste, plus froid. « C’est bien », applaudit modestement Amy. De sa part, le moindre sourire signifiait une joie sans pareille, alors un applaudissement ! C’était un réel succès. Hostìa sourit de toutes ses dents et sauta dans les bras de la vieille dame. « Attention à ton violon, enfin ! » Elle faisait mine de s'énerver, mais Hostìa savait qu'elle l'adorait, au fond. Pourtant, son sourire s’évanouit si vite qu’il était difficile de se souvenir à quoi il ressemblait. « Tu es fatigante, jeune pousse... » Hostìa lui lança un sourire insolent, auquel elle répondit par un regard de défi. Sans crier gare, Amy posa sa canne et prit d’assaut la petite fille avec des chatouilles. La lyrienne se tortillait comme un serpent en rigolant à plein poumons et en essayant de repousser Amy. « Non, tu ne m’auras pas ! » répondait-elle en continuant de plus belle.

Mais d’un seul coup, sa prise sur sa proie se relâcha et elle tourna la tête vers la fenêtre, les sens en alerte.
« Tante Amy ? » Hostìa sécha les larmes qui perlaient à ses yeux et se releva en allant vers la fenêtre, désireuse de savoir ce qui l'intriguait autant. Mais avant qu’elle ait put faire un pas, cette dernière lui asséna un coup en la faisant tomber contre le mur. « Silence ! » Elle commença à geindre et à pleurer à cause de la douleur, sans comprendre la violence de l'aînée. « Tais-toi donc ! » Quand Hostìa croisa son regard enflammé, elle eut un hoquet de peur et plus un son ne sortit de sa bouche. Elle se recroquevilla au pied de son lit en entourant le bois de ses mains, son pouls commençant à s’accélérer. Au bout de quelques secondes, il tambourinait si fort dans sa poitrine et dans sa tête qu’elle craignait qu’Amy lui donne un coup de canne en lui disant de faire moins de bruit.

Soudain, un vacarme éclata au rez-de-chaussée. Sa mère cria alors que la porte d’entrée de la maison s'écrasait sur le sol dans un bruit sourd. Aussitôt, les deux femmes se tournèrent vers la sortie de la chambre.
« Hostìa, va sous le lit ! » Ses ordres ne pouvaient être contestés, mais Hostìa était figée par la peur : son cerveau ne semblait pas vouloir lui répondre. « Vite ! » Elle s’apprêta à lui asséner un coup de canne, ce qui acheva de motiver Hostìa. Elle lâcha le pied du lit et se glissa dessous, ses cheveux se mêlant à la poussière. En bas, sa mère pleurait et des hommes aboyaient des ordres qu’elle ne parvenait pas à comprendre. Quant à Amy, elle restait assise sur le lit sans bouger. Quand Hostìa se pencha pour la regarder, elle devina qu’elle était en train de canaliser sa magie, une main posée sur son front, l’autre dirigée vers la jeune lyrienne. « Ils font quoi à ma maman, elle va aller bien ? Tante Amy ? Amy ! » Cette dernière ne répondait pas : elle était concentrée et n’entendait certainement pas les questions de la petite.

Les pas lourds des inconnus se firent plus proches : ils étaient en train de monter les escaliers. En les entendant s’approcher, Hostìa eut un autre hoquet de peur et s’écrasa contre le mur, comme si elle pouvait fondre dedans. Ils firent irruption dans la chambre, la porte s'écrasant contre le mur, des débris atterrissant un peu partout dans la pièce. Une odeur nauséabonde envahit Hostìa alors qu’une sensation de chaleur se faisait sentir dans son entrejambe. Elle était morte de peur et frissonnait. Elle avait les yeux rivés sur les pieds des inconnus, sans remarquer le portail qui se formait juste au-dessous de son corps.
« Que fais-tu, vieille femme ? » Une voix grave avait mis fin au silence assourdissant qui avait envahi la pièce pendant de longues secondes. Elle ne répondit pas, et ces hommes n’étaient pas très patients. Hostìa entendit un coup sourd, puis le corps d’Amy tomba juste devant elle, cachant tout son champ de vision. Mais elle parvenait encore à garder sa concentration, puisque le portail continuait à s’agrandir au-dessous de Hostìa. Hostìa se grattait les bras de façon convulsive, sans savoir quoi faire. « Réponds ! » Elle ne pipait mot, et Hostìa tendit la main vers elle, par réflexe. Mais soudain, son corps se retrouva dans le vide d’une façon inexpliquée. Alors que la pièce disparaissait de son champ de vision, en une fraction de seconde, elle vit Amy se faire envelopper d’une couche de glace. « Tante Amy ! » Puis toute trace de cette chambre, dans le Berceau Cristallin, disparut.
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MessageSujet: Re: [XXIX] - Une leçon de violon interrompue   Mer 14 Nov 2018, 22:02

« Aaaaahhhh... » Hostìa était en pleine chute. Le vent glacial lui gelait le dos et elle ne pouvait rien faire pour se stopper. Elle ne savait pas encore manier ses pouvoirs et elle était sans défense. Alors que la chambre du Berceau Cristallin disparaissait dans un cercle, la jeune lyrienne parvint à détacher son regard de ce dernier pour se retourner vers ce qui l'attendait au bout de la chute. Ses larmes étaient arrachées de ses pupilles pour s'envoler dans les airs. Ses yeux voyaient une étendue d'eau s'agrandir sous elle, tel un rideau d'acier.

À la vitesse où elle tombait, Hostìa avait l'impression de se détacher de son corps. Elle voulait s'en détacher. Mais ses larmes n'y changeraient rien : son grand saut arriverait inexorablement à sa fin, dans une chute très douloureuse, voire mortelle. Elle ne se rendait pas compte de la distance à laquelle elle avait été jetée. Mais il lui sembla qu'elle avait passé des heures à chuter, comme dans un cauchemar qui ne prend jamais fin. Et la confrontation avec l'eau arriva nette. Comme un coup de poing de géant, le choc secoua son corps tout entier. La petite fille atterrit sous la surface et un goût salé envahit sa gorge ; un mélange d'eau de mer et de sang. Ses yeux piquaient alors que le soleil s'éloignait d'elle, au profit de l'obscurité des abysses. En réalité, elle était tombée de trois mètres.

La lyrienne était sonnée. Mais dès qu'elle reprit ses esprits, elle se retourna vers la surface puis écarta les bras, et se mit à faire des brasses. La mauvaise chute lui avait cassé le bras gauche, mais elle ne s'en rendait pas encore compte. Toute son attention et son énergie n'était mobilisée que pour une seule chose : survivre. Et pour cela, il fallait qu'elle revienne à la surface. À chaque brasse qui l'approchait de son salut, son énergie était aspirée par l'eau qui l'empêchait de respirer. Elle était devenue son pire ennemi, à la lyrienne qui adorait barboter dans le ruisseau près de son jardin. Quelle ironie ! Après un autre laps de temps qui lui sembla être infini, ses bras arrêtèrent de rencontrer de la résistance : elle se hissa à la surface et respira la meilleure bouffée d'air de sa vie.

Elle était à une cinquantaine de mètres de la rive. La lyrienne reconnaissait ces plages : elles bordaient les côtes est de l'île de Sülh. Hostìa était à la maison. Elle poussa un soupir de soulagement alors qu'elle se rapprochait de la berge nue de tout lyrienn. Heureusement, il faisait beau et le courant était faible. Hostìa haletait quand ses pieds touchèrent enfin le sable. La gravité l'avait rendue lourde comme une baleine. Ne pouvant supporter son propre poids, avec son gros pull tricoté par Amy gonflé d'eau, la lyrienne tomba à genoux et termina sa marche à quatre pattes. Une fois échouée sur la rive, elle resta immobile quelques minutes, allongée, en pleurant. Hostìa était dans la confusion la plus totale. Plusieurs émotions lui traversaient l'esprit, et cela la faisait complètement saturer. Une fois immobile, une douleur vive l'avait pris au bras et chaque mouvement la tiraillait. Mais elle devait marcher jusqu'au village le plus proche. Avant cela, la lyrienne prit un long moment pour se ressaisir, fait de moments de stupeur et de crises de larmes. Tante Amy était morte. Sa mère... sa mère était quelque part, avec méchants hommes. Et sa sœur ? Qu'allait-elle voir une fois revenue à leur maison ? Le passage vers l'île de Sülh était désormais scellé. Et si les méchants l'y attendaient ?!

Une fois qu'elle parvint à retrouver ses esprits, le soleil se teintait d'orange, prêt à entamer sa descente vers l'horizon. Hostìa connaissait par cœur la côte est de l'île : elle s'y baladait très souvent avec ses deux acolytes, Jim et Kaolia. Ils connaissaient tous les recoins de la berge, avec ses grottes mystérieuses et ses bosquets romantiques. Et dans le village qu'elle avait en tête, il y avait Hoshykë, un jeune pêcheur qui lui ébouriffait les cheveux à chaque fois en guise de salutations. Elle savait que lui l'aiderait, d'une façon ou d'une autre. Hostìa rampa jusqu'à ce qu'elle voie de la verdure sous son corps. Elle chercha un arbre sur lequel s'appuyer pour se lever et au prix de mille efforts, elle y arriva. Une fois debout, la lyrienne sécha ses larmes et puisa ses restes d'énergie. 
« Déesse Meli...  donnez-moi votre force. S'iouplaît... » Était-ce la réalité ou seulement un songe ? Après avoir prononcé ses paroles, elle sentit une chaleur apaisante sur la peau en contact avec le tronc d'arbre. Cela lui redonna un peu de courage. La chance allait-elle tourner ? Hostìa fit un premier pas. Puis un second. Elle se tenait le bras, un peu penchée, mais elle y arrivait. Elle y arrivait. Le chemin serait long, mais pas impossible. La fille de la famille Dilmanyë le devait, au moins pour sa sœur perdue.
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