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 [IX] - Ovation du public : Les calamités d'Edel

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Léto
~ Chaman ~ Niveau V ~

~ Chaman ~ Niveau V ~
◈ Parchemins usagés : 1283
◈ YinYanisé(e) le : 24/05/2014
✭ Activité : Graffeuse

Caractéristiques
◤ ◤: A : 26+4 | F : 39+4 | C : 33+2 | I : 21+2 | M : 28+4
◤ ◤: Les Griffes d'Ogum + La Silencieuse + Longue chaîne + Armes amovibles [Lame, Masse, Faucille] + Katana
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MessageSujet: [IX] - Ovation du public : Les calamités d'Edel   Sam 23 Juin 2018, 23:17

Catégorie de quête : IX. Apprentissage
Partenaire(s) : Solo
Intrigue/Objectif : Il s'agit de l'un des premiers jours où Latone prit le contrôle du corps de Léto en l'absence de cette dernière, affairée dans l'Au-delà. Latone a pour mission de s'en occuper, d'apprendre à se comporter en tant que mortelle. Ici, Latone a cédé aux pulsions de ce corps et souhaite l'utiliser en situation de combat pour connaître ses forces… mais aussi, malheureusement pour elle, ses propres faiblesses.


Sa main mastoc effleura sa joue, une sensation indescriptible, même en se situant sur le même plan. Ce fut l'une des rares fois où le sourire de la Chamane la troubla, son comportement ne semblant annoncer rien de bon. La furie ambulante resta de marbre, jusqu'à que la seconde rompit le silence ; des mots qui changèrent à jamais leur destin. Leur fil rouge respectif se décroisait en cet instant, pour se joindre à nouveau à quelques occasions. Le cycle se répétait en une spirale infinie. Jusqu'où iront-elles ainsi ? C'était comme si Léto s'éteignait sous ses yeux, et qu'elle ressentait pour la première fois les propres palpitations de son cœur.

~~~


Dans le corps de Léto.

La soif lui monta à la gorge, alors que l'eau, ici, était constamment partout. Mais sous une forme que l'Esprit vagabond trouva très vite inappropriée pour l'alimentation de ce corps. Avec toute la fougue dont elle était capable d'extérioriser, le corps de Léto fut comme forcé de se diriger vers un objectif bien flou. Latone, en possession de cet héritage que lui léguait sa comparse – avec une confiance inouïe – ne se privait plus de découvrir ce que ce monde avait à lui offrir. Les obligations de Zyurm ne la retenaient plus tant qu'elle répondait au souhait de Léto : poursuivre leur aventure.

Cependant, contrairement aux autres défunts, elle n'avait jamais vécu ce poids lourd de traîner une enveloppe charnelle, de s'en occuper précieusement et de la préserver des atteintes qui mèneraient inévitablement à son extinction. Qu'importaient les circonstances, cette peau, ces muscles, ce sang, tout ceci ne lui appartenait pas à proprement parler. Elle se surprenait d'ailleurs d'être capable de le nourrir en air, de faire fonctionner toute sa mécanique interne sans grand mal. Mais le reste, tout ce que Léto était à même de faire subir à son enveloppe… Latone ne s'en sentait pas encore capable. Avoir accès au corps était une chose, le manier en était une autre. La magie qui coulait en ses veines était une source pleine de tentations, mais la bleue connaissait suffisamment la Chamane pour savoir que c'était loin d'être un outil qu'elle cherchait à parfaire. Non, le plus impressionnant dans tout cela, c'était cette masse musculaire. Forgée dans l'effort, les larmes et la douleur. Rien qu'en serrant ce poing, Latone se sentait… puissante. Une certaine emprise lui alourdissait les épaules, mais cette énergie n'en restait pas moins intense. Même si Léto pensait que sa comparse était le catalyseur de sa force actuelle, Latone n'en possédait aucune similitude. Elle voulait… s'approprier son essence, s'en imprégner. Comment pourrait-elle faire honneur à cette forme si elle était incapable de la maîtriser ? Latone avait eu cette révélation, comme une évidence enfantine : elle allait se battre, épuiser ce corps jusqu'à qu'elle atteigne ses limites. D'ici-là, se faire passer pour Léto serait vain, et une trahison aux yeux des Ætheri.

Les contrées enneigées formaient son élément primaire. Son nom n'était pas né précisément ici, mais ce fut bien l'amas des flocons qui l'avait baptisée. Au sein du Berceau Cristallin, elle se sentait vivante, plus légère qu'à l'accoutumée. Toutes les ressources de ce corps la tiraillaient, telle une compression constante. Cette tension, elle devait la relâcher ici, là où cette chair se laisserait davantage dompter. Pas une âme à l'horizon, qu'elle et le danger. Latone devait devenir ce danger. Celui-ci prit enfin la forme qu'elle traquât depuis tout à l'heure : un mastodonte à la robe immaculée, un avertissement de sa part lui signala que le conflit serait inévitable si elle s'entêtait. Son sourire déforma le bas de son visage, et une nouvelle flamme embrasa ses yeux : cet ours était l'obstacle idéal.
" Toi là ! Héla-t-elle avec assurance, le torse bombé. Elle dirigea l'index vers l'animal ahuri, telle une gamine impolie. Tu es une force de la nature, pas vrai ? Comme s'ils se comprenaient, le colosse hurla en signe d'ultime menace. Ce mot, Latone ne le craignait guère. Laisse cet arbre tranquille et viens te frotter à une championne ! " Le calme frissonna avec son rire.

Force était de constater que le mastodonte faisait passer Léto pour une lapine tout juste bonne à être gober. Mais Latone ne pouvait se résoudre à l'abandon. Qu'était-ce donc que ce mot, d'ailleurs ? Elle se refusait à ne pas exploiter le potentiel de ce corps, de cette vie ! L'ursidé asséna un coup de patte dont les griffes effleurèrent les lanières de son fourreau. Ce recul servit autant à esquiver l'attaque qu'à profiter de l'ouverture pour bondir en avant grâce au nouvel appui. Énivrée par la bestialité, ce ne fut pas une lame qu'elle fit fuser en sa direction ; non, c'étaient ses phalanges qui s'écrasèrent contre la fourrure blanchâtre. Folle, l'était-elle sans doute, mais pas assez : derrière ses actes inconsidérés se cachaient des tentatives que Léto n'aurait même pas envisagé. Pour l'avoir maintes fois observée durant ses bals mortels, ce qui faisait défaut à la hargne de ce corps était une simple pulsation, un petit coup de pouce qu'on pourrait tout simplement qualifier de "Latone". Ainsi, le pauvre colosse qui n'avait rien demandé en cette douce journée hivernale sentit une vague de chaleur lui traverser l'échine. La magie accumulée dans son poing manifesta des arcs électriques dans le but de le paralyser et de reprendre l'ascendant. Ce pouvoir représentait quasiment à lui seul toute sa fierté ; son rire reprit de plus belle face à cette route toute tracée vers la victoire. Je vais gagner !

Plus dure est alors la chute lorsque nous sommes privés de nos ailes. Son attaque, sa magie… Latone n'était pas digne d'en user. Elle le comprit enfin alors qu'elle sentit la neige la cueillir lors de son envolée, écartée d'un simple coup par son adversaire tout en poils et muscles. Elle roula plusieurs fois jusqu'à s'immobiliser à terre, ses mains peinant à soutenir son propre poids. Le sang de Léto perla sur son visage et chaque goutte qui tâcha la poudreuse fut une incompréhension supplémentaire : pourquoi son pouvoir était si faiblard ? Comment cette simple bête pouvait encore tenir sur ses pattes alors qu'ensemble, elle et Léto faisaient des merveilles ?
" Ce n'est pas possible… L'ursidé se rapprochait dangereusement, de plus en plus vite. Elle le sentait, l'entendait. À peine une étincelle… " L'apparente rage de l'ours la fit sortir momentanément de sa torpeur pour se décaler à temps et reculer. Son visage ne trahissait pas encore la frayeur, plutôt à chercher ce qu'il n'allait pas. Une erreur, pensa-t-elle en guise de réconfort : elle devait en avoir le cœur net. Latone reprit comme il faut ses appuis et ne tarda pas à se jeter sur son adversaire lors de sa charge ; en lui infligeant une bonne correction, à cette vitesse, cela devrait suffire à le déstabiliser. Quelles ne furent sa surprise et sa déception lorsqu'elle se fit elle-même repousser par son propre élan. En guise d'unique conséquence, de longues griffes lacérèrent le ventre.

Sa mâchoire s'écarta davantage, tremblante, ses yeux furent injectés de sang tant celui-ci ne savait plus où circuler ; si ce n'était en dehors de cette carcasse qu'il était censé maintenir en vie. Latone haleta piteusement, son souffle était chaud et irrégulier, toujours debout face à l'ennemi mais tant amochée. Elle commençait à ressentir cet état avec lequel elle était familiarisée lorsqu'elle n'entreprenait ni la fusion, ni la possession. Elle se rapprochait un peu plus de sa propre essence.
" N-Non… " Gémit-elle en ressassant cette première fois où, autrefois, elle amena bêtement Léto vers l'étreinte d'Ezechyel. Son cri fit écho par-delà les sommets rocailleux, leurs manteaux duveteux troublés par la portée de sa voix.

Je n'étais pas la force de Léto. Nous nous étions fourvoyées. Je n'étais… qu'un effet. Je n'avais pas plus d'énergie à lui insuffler si ce n'était ma propre persévérance. Il lui manquait juste quelques leçons à réaliser, des voies à emprunter pour parfaire ce qu'il lui manquait tant. Mais moi… j'avais encore tout à apprendre. Ses mains nues s'accrochèrent à la musculature de l'animal, elle le poussa à se tenir un peu plus droit sur ses pattes arrière. Ainsi accroché par les membres avant, il ne pouvait griffer davantage cette folle humaine, si ce n'était de tenter de lui arracher la tête. Cependant, elle le repoussa sur tous les plans, avec ce regard proférant des malédictions, ces veines apparentes qui trahissaient des limites bientôt atteintes, ces dents si serrées qu'elles pourraient se briser sous l'impulsion. Ce n'était pas que Latone refusait la défaite : elle ne pourrait pas la tolérer. Faire subir cela à Léto était inconcevable. Et si Léto ne possédait pas cette incroyable force, elle serait morte à l'heure actuelle. Là fut son seul salut : des coups, des coups, et encore des coups – des poings, pieds et lames à en pleuvoir – jusqu'à que la douleur ne soit plus perceptible et que l'autre souffre à n'en plus se relever.

Finalement, ce n'était pas aussi facile lorsque l'on n'était pas Léto. La déchaînée Descente, électrifiant les corbacs avides de leur valse avec l'injustice, ne semblait être qu'une bonne fortune ; une dose mortelle d'adrénaline impossible à reproduire en l'état. Ses bras tant réconfortants s'enlacèrent autour des épaules carrées, le réceptacle tremblotant continuellement au contact de la neige. Paralysée entre le gel et la ferveur sanglante, Latone observait sa Némésis mourir sous ses yeux. Lentement, sûrement. Une victoire au goût amer. Une réussite qui n'était pas teintée de cette même lueur d'autrefois. L'engouement et les applaudissements demeuraient absents. Si lointain. Rien n'allait dans cette réalité. Son mal n'était pas dû à la barbarie dont elle fit preuve à l'égard de sa possession, mais plutôt à cette instabilité-là. Elle était tout simplement rejetée. Ce n'était pas elle. Elle ne le méritait pas. Latone, un nom tant loué par une jeune fille insouciante, et pourtant si terni… Douce ironie que de vouloir glorifier le nom de Léto pour que l'ombre de Latone ne soit plus.

Des pas, une silhouette gravit la colline que leurs deux cadavres en sursis surplombaient, forcément attirée par les effusions de sang.
" J'ai… J'ai fait une bêtise ! … Soigne-la ! Elle s'agrippa fortement au premier pan de tissu qui lui passa sous la main, les yeux de la battante injectés de chagrin écarlate. Soigne-la, maintenant ! " Ce fil rouge l'étranglant ne pourrait être rompu.


1856 mots ~


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