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Bonne rentrée tout le monde hé hé

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 [XXIII] À la Lueur de la Chandelle [Solo]

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AuteurMessage
Mancinia Leenhardt
~ Humain ~ Niveau IV ~

~ Humain ~ Niveau IV ~
◈ Parchemins usagés : 7128
◈ YinYanisé(e) le : 01/05/2015
☿ Âme(s) Soeur(s) : Sur un chemin confus et illusoire
✭ Activité : Joaillière [Rang IV] | Médecin | Soeur Combattante de la Coterie de Bois-Lune

Caractéristiques
◤ ◤: Agilité : 30 - Force : 25 - Charisme : 41 - Intelligence : 30 - Antimagie : 45
◤ ◤: Lance des Nibelungen - Dague de Cuisse Trident - Dague de Manche - Épée du Jugement - Le Trishula
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MessageSujet: [XXIII] À la Lueur de la Chandelle [Solo]   Mer 20 Juin 2018, 17:57

Catégorie de Quête : XXIII. Métier
Partenaire : Solo
Intrigue : Neah travail tard dans la nuit pour demander à ses fournisseurs d'effectuer des livraisons, faisant suite à une légère tempête ayant endommager quelques habitations des alentours. L'Ange compare sa gestion à son devoir dans l'Armée Angélique.


La pénombre de la soirée avait depuis longtemps envahi les terres du Lac Bleu, assombrissant Vervallée et les Jardins de Jhēn au fil de l'avancement de la nuit. Dans la demeure où se trouvait Neah, il ne restait que quelques endroits encore éclairés à la lueur riche et discrète des chandelles. Dans ses appartements, il avait pris l'encrier, la plume et un parchemin se trouvant dans son secrétaire avant de s'installer à son bureau. Quelques objets tintèrent, poussés par le papier. Essuyant la plume, il y eut un léger bruit de frottement, tout à fait audible dans le silence religieux de la pièce. Il eut un instant d'hésitation, laissant une goutte d'encre tacher son support. Puis, il laissa son poignet tracer de charmantes lettres rondes. Écrire à ses fournisseurs était une tâche longue. Ce devait être le cinquième de la soirée, mais pourtant, l'Ange avait un mal fou à se prêter à l'exercice. N'étant que rarement satisfait de ses formulations, s'obligeant par esprit de contradiction à recommencer. Son père l'avait pris à ses côtés, Neah le faisait plus par devoir que par réel envie, mais cela ne l'empêchait pas de vouloir défendre la réputation de sa famille dans le domaine de la construction. On lui déléguait quelques tâches depuis plusieurs mois déjà, mais il lui restait encore de nombreuses choses à apprendre.

En vérité, Neah aurait souhaité se consacrer corps et âme dans l'Armée Angélique. Servir sous l'autorité de l'Élue des Cieux, reprendre leurs territoires et permettre aux siens de s'extirper de cette situation étaient sa vocation première. La plume qui s'était agitée, tantôt saccadée, tantôt frénétique, sur le parchemin s'arrêtait, hésitante, une nouvelle fois, avant d'être posée. Il devait réfléchir posément. Malgré le calme ambiant et le ciel clair de cette nuit, une tempête avait secoué les environs quelques temps plus tôt. Rien de réellement dramatique, mais quelques toits avaient soufferts des vents courroucés. Nombreux étaient les Anges à s'être tourné vers leur entreprise pour réparer les dégâts et le résultat était que les matériaux allaient manquer si ce rythme se poursuivait, mieux valait prendre de l'avance avant d'en tomber à court. C'était son rôle que d'y veiller. Il y aurait quelques travaux de rénovation à prévoir dans les semaines à venir. Il devait gérer ces stocks et ce n'était pas chose aisé. S'il en prenait peu, il devrait refaire une demande et attendre que cela soit acheminé, s'il en prenait de trop, ils risquaient d'avoir du mal à les entreposer dans au magasin. L'Ange avait pris l'habitude de savoir où était rangé quoi, ce qui partait le plus vite et le moins rapidement, mais cela variait d'une semaine à l'autre. Ses prévisions, parfois, ne se basait que sur l'instinct, plus que sur des chiffres. Stupéfiant.

S'il avait pris ce métier par devoir, autant dire qu'il lui permettait d'apprendre de nouveaux rouages et de se rendre encore plus utile. Aux siens et au sein de l'Armée qu'il chérissait tant. Gérer une entreprise, c'était comme gérer des soldats. On analyse et interprète une situation, on cerne les points forts et les faiblesses de cette activité, on identifie les solutions à mettre en oeuvre, on écoute les conseils de ses aînés pour prendre des décisions, on combine plusieurs éléments pour la stabilité financière. Gérer une entreprise, c'était aussi un combat au quotidien. En tant que responsable, il devait disposer de ses armes et garder un oeil sur ce qu'il se passait autour, au-delà de la trésorerie, de la mesure de la rentabilité et de l'élaboration de plan de financement, il y avait des tas d'éléments à prendre en compte : le cheval de bataille, c'était de trouver des clients et les conserver. Faire en sorte qu'ils reviennent vers vous en cas de problème. Ça le faisait rire quand on comparait ça avec de la politique, comme si des alliés avaient besoin de vous et que les négociations en cours devaient être équitables. C'était en partie vrai. Les frais inhérents de son activité demeuraient le stock et le personnel. Surtout que son univers économique était relativement hostile. La guerre, la crise démographique et la concurrence étaient des ennemis redoutables. Oui, le langage économique était aussi impitoyable que le langage des armes...

Si autrefois ses parents géraient une entreprise de marbrerie prospère, le conflit avec les Démons et la perte de la Terre Blanche les avaient contraints à diversifier leur activité pour ne pas sombrer. Ne pas devenir ce qu'ils ne souhaitaient pas. Cette nouvelle polyvalence leur as permis de donner du travail aux Anges dans le besoin, de leur donner un but et de ne pas les laisser sur le bord de la route. Sans parler de l'utilité pour accroître leur chiffre d'affaires et, par conséquent, donner l'opportunité à l'activité d'être rentable. Ils leur avaient fallu du temps et de l'audace pour oser franchir ce pas, mais cela avait payé. Ce n'était pas le manque d'imagination, mais plutôt à cause des habitudes enracinés dans sa famille. Il était difficile de repartir de rien, de refaire du nouveau sur des cendres. Ils y étaient pourtant parvenus, dans la mesure du possible. Neah repose sa plume. Il relit ce qu'il vient d'écrire à son fournisseur de bois, espérant que ce dernier saura livrer les quantités demandées dans le temps imparti. Contre rétribution correcte, naturellement, histoire que son entreprise soit l'une des premières sur sa liste de distribution. Se calant sur son siège, les yeux fermés, l'Ange se demande si poursuivre si tard est une bonne idée ou s'il doit attendre le lendemain matin pour continuer. Il n'était pas spécialement en retard et les médicaments pour apaiser sa blessure le faisaient somnoler.

Un bras cassé au cours d'une escarmouche. Rien de gravissime. La plaie était refermée et ne persistait qu'une douleur, une gêne dans bras gauche qu'il massait machinalement. Le temps l'effacerait sans doute. Comme certaines de ses dizaines d'autres blessures. Neah se remue doucement ses paupières, ses yeux étaient imperceptiblement humides, toutefois, dans leur fond, luisait cette colère contenue, étouffée. Ces travaux physiques l'avaient empêché de réfléchir, de penser et de se souvenir. Du moins, au cours des longues journées, car la nuit, les cauchemars de ces moments revenaient le hanter. La violence des combats, la peine des pertes. Ses plaies étaient encore vives pour ne pas avoir Mancinia à ses côtés. La connaissant, elle aurait été présente pour lui. Elle l'aurait soutenu. Mais elle n'était pas là. Reviendrait-elle un jour ? Neah est désoeuvré de son absence, amer de l'avoir laissée ainsi sans réellement voir l'évolution de son état, de lui parler au quotidien, mais l'Humaine aurait sans doute voulu qu'il se démène pour les siens. Il l'imaginait assez fulminer, s'emporter et lui promettre mille tourments s'il restait les bras croisés. Qu'aurait-il pu faire de plus que ce qu'il avait accompli ces dernières années, tiraillé entre son amour et son devoir ? Comment supporter de la voir ainsi, allongée, terrassée par ce long sommeil ?

Seul leur lien lui avait fait comprendre qu'elle n'était pas morte. Sans lui, sans doute se serait-il laissé complètement sombrer. Cela aurait été une accumulation de malheurs qu'il n'aurait supporté. Ce que son peuple avait vécu le hanterait à jamais. Il ne pourrait pas oublier. Il n'y arrivait pas. Et cela se ressentait dans sa virulence, dans ses paroles sèches ou ses gestes brusques, son acharnement à combattre les Engeances ou son dévouement envers Ahena. C'était une rage véritable, sans doute justifiée et pourtant...Il savait que ce n'était pas lui. Il avait changé. Peu lui importait que les comptes l'épuise à saturer son esprit jusqu'à des heures indécentes. Il devait avancer. C'était ce qu'on lui répétait sans cesse. Avancer vers quoi ? Vers l'extinction ? À chaque fois, le sourire ironique venait éclairer son faciès et son interlocuteur ne savait que répondre. Mancinia l'aurait compris. Ou bien, c'était lui qui la comprenait désormais. Ce sentiment d'être inférieur, de ne savoir que faire pour aider son peuple et de le voir dépendant du bon vouloir de quelqu'un. À moins que ce ne soit guère pareil. Jamais les Anges n'avaient vu dans les Gardiens un moyen de dominer les Humains et beaucoup de ces derniers ne se voyaient pas asservis pour autant. Sans doute que cette malédiction de voir les anciens périr en leur absence exacerbait la haine à leur encontre.

Sans doute était-ce là une épreuve des Aetheri qu'ils devaient surmonter ensemble. Peut-être que tout ceci était un moyen de renforcer leurs liens. C'était ironique au fond, alors que l'Impératrice Blanche menait la belle vie, ne se souciant guère de la souffrance de ceux qu'elle avait recueillie par pitié, demeurant sourde à leurs appels. Eux, dans leur relation avec les Humains, jamais ils ne furent ainsi. Et surtout, jamais il n'avait eu de relation avec le Malin. Pouvait-il comparer son lien avec Mancinia à l'ensemble de leur peuple ? Jamais les Humains ne seraient alliés des Démons. Tandis que l'Ange venait de dépasser la moitié de son travail, il se redressait doucement, précautionneusement, ne quittant pas les lignes et lettres irrégulières du regard. Ses pas résonnant feutrés, il s'arrêtait devant la cheminée éteinte. À quelques pas sur une console une chandelle brûlait encore, éclairant de sa lueur mordorée. Devait-il déjà usé de cette magie aujourd'hui ? Il ne pouvait pas s'en empêcher. C'était plus fort que lui. Prenant le livre qui reposait au-dessus de l'âtre, il le retournait le retournait dans tous les sens. Longtemps, il avait voulu le détruire pour n'entretenir que sa souffrance. Pourtant, quelque chose en lui ne pouvait s'y résoudre. Cette magie lui permettait d'être si proche, tout en étant si loin, de celle qu'il aimait le plus en ce monde.

Neah ouvrit le livre après un instant d'hésitation et Mancinia se matérialisa presque instantanément près de lui. Elle était allongée, apaisée, toujours dans la même tenue. Sa main dans la sienne durant ce qui lui parut une fraction de secondes, puis elle s'évanouit à nouveau dans le néant. Elle dormait encore. Longtemps, il avait recherché un moyen auquel il n'aurait pas réfléchis pour aider sa Protégée à se sortir de son long sommeil, mais rien n'avait marché. Comment ce livre lui était parvenu ? Il ne s'en souvenait plus vraiment. Seulement que cela lui permettait de veiller sur elle malgré la distance. Avait-elle réellement besoin de lui, après tout ? Comment avait-il pu tuer un reflet ayant l'apparence de Mancinia lors de son expédition à Nementa Corum ? Était-ce son châtiment que de la voir désormais endormie éternellement ? Elle se tourna vers lui, son regard croisa le sien et il distingua cette étoile se reflétant dans le bleu de ses yeux. Un sentiment sans nom envahi son corps. Était-ce là son punition ? Payait-elle pour lui ? Pour eux tous ? De leurs mauvais choix ? Ce n'était pas Juste. Au loin, dans le couloir, la course discrète de Bendy se fit percevoir dans le silence quasi cérémonial du moment. Cela dure un instant. La nuit était avancée depuis longtemps, l'heure était venue de se reposer. Poussant un soupir soulagé malgré l'amertume de son coeur, l'Ange est presque heureux. S'allongeant sur son lit, avant de fermer les yeux, il revit le visage assoupi de Mancinia. À ses côtés cette fois.

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