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 [Événement] - Celle que l'on ne contredit pas.

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Aria Mitsuko Taiji
~ Démon ~ Niveau V ~

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◈ YinYanisé(e) le : 20/03/2013
☿ Âme(s) Soeur(s) : Le danger
✭ Activité : Croqueuse d'Hommes

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MessageSujet: [Événement] - Celle que l'on ne contredit pas.    Jeu 05 Avr 2018, 21:43

Celle que l'on ne contredit pas




Un large sourire entendu s’installa sur le visage de l’Asmodée. Une Démone bien en chair devait séduire son invité d’honneur aujourd’hui, dans l’objectif d’obtenir un contrat juteux. La Dame avait bien l’intention de déchoir le Belphégor en place et, pour ce faire, elle se devait de jouer la partie finement. L’homme en question détenait la plus importante masse guerrière des Seigneurs non liés et il n’était pas aisé, même non souhaitable, de l’attaquer de front. Elle voulait le tuer et prendre sa place dans le plus grand secret. Aussi, elle ferait la même chose avec tous les Kāmada Byāran non liés. Ils n’étaient que des entraves sur le chemin de son objectif véritable : tuer le Monarque Démoniaque. Oh, elle ne le faisait pas de façon sérieuse, ayant bien d’autres choses en tête, mieux placées sur l’échelle de ses priorités ; cela dit, elle voyait ce jeu comme une sorte de… divertissement. Elle sourit, ayant bien conscience que d’autres Démons qui ne lui étaient pas attachés nourrissaient les mêmes envies. Le fait est que ces imbéciles prévoyaient de le livrer aux Anges. Elle avait des projets différents. Elle voulait le tuer en face, le rendre impuissant et incapable de se défendre. Elle ne désirait pas la facilité, cette dernière réservée aux lâches et aux faibles. Non. Elle nourrissait un objectif de grande envergure, minutieusement travaillé. Elle ne voulait pas de bouffons qui exécuteraient le travail pour elle. Ainsi, c’était également pour cette raison qu’elle allait s’employer à éliminer un par un tous les potentiels assassins du Bhūta Rāja. Elle ne laisserait pas à ces insectes la possibilité de lui voler son assassinat. Quelque part, actuellement, l’on pouvait aisément dire qu’elle lui faisait plutôt office de protecteur ; un parfait paradoxe en surface, une stratégie étudiée en profondeur. Seulement, ce n’était pas tous les jours qu’un jouet de cette envergure se présentait à elle. Elle voulait s’amuser avec Zane autant qu’un chat avec une souris ; sauf que, dans son cas, la souris faisait sa taille et avait légèrement la rage. Autrement, il n’y aurait eu aucun défi et, donc, par conséquent, aucun intérêt. Elle aurait pu s’amuser à empoisonner ses conquêtes mais… à quoi bon ? Non… Ce qu’elle devait faire c’était…

« Vous n’allez pas pouvoir me garder ici indéfiniment ! » hurla presque un homme. « Oh Kahel, vous m’enquiquinez… » fit-elle d’un air doucereux en tirant sur sa laisse. L’anneau en fer autour du cou de l’ailé le rapprocha d’elle. « Vous savez, j’en ai maté un certain nombre des comme vous… Ne soyez pas malheureux de votre sort. Beaucoup de Souverains déchus de leur fonction voudraient vivre à mes côtés. On ne peut pas dire que vous ayez une vie difficile. J’aurai très bien pu vous amener en Enfer… ». D’un geste désespéré, il lui cracha au visage, ce qui provoqua un rictus mauvais. « Ah oui ? C’est ainsi ? Très bien. Moi qui étais restée sage jusqu’à présent, non désireuse de mettre votre peuple plus bas que terre à la mémoire de ma très chère sœur, voilà que le faible se rebelle et crache sur son bourreau le plus magnanime… Vous me décevez, Kahel… Je vous croyais meilleure que votre fille au jeu de la diplomatie mais vous êtes mauvais. Ce n’est pas étonnant que les Anges se soient fait massacrer sous votre règne… ». Elle essuya la bave d’une main, tirant sur la laisse davantage avant de la frotter sur le visage de l’Ange. L’Asmodée resta silencieuse un instant avant que son sourire ne s’élargisse. « Et si nous organisions un jeu ? ». « Non… Ne faites pas ça… Je ferai tout ce que vous voudrez. ». « Hum… Laissez-moi réfléchir… ». Elle prit une mine exagérément songeuse. « Requête rejetée. Vous n’aviez qu’à méditer sur votre comportement avant. Et puis, entre nous, je suis certaine que vous ferez tout ce que je désire à l’avenir. ». Quand les chiens aboient, il suffit d’en tuer un pour faire taire la meute. Dans le cas présent, elle allait plutôt tuer la meute pour faire taire l’ancien Souverain. « Vous allez m’accompagner. Je suis certaine que vous n’aimeriez pour rien au monde manquer le spectacle. ». Depuis qu’elle lui avait mis la main dessus – cet idiot essayant d’aider ses semblables sur la Terre Blanche – elle le droguait pour le maintenir à un niveau de puissance en dessous du sien. Elle se demandait comment elle allait pouvoir utiliser l’homme ; car c’était bien de ça dont il était question. Elle ne se serait jamais embarrassée de lui autrement.

Quelques jours plus tard, après avoir contacté de multiples Seigneurs qui furent heureux de montrer qu’ils possédaient, eux-aussi, de nombreux Anges et qu’ils étaient joueurs, les préparatifs furent prêts. La Dame avait réfléchi à des règles qui laisseraient une chance aux emplumés. S’ils réussissaient à s’enfuir des Terres Arides alors ils seraient libres. S’ils se faisaient capturer alors… alors leur avenir dépendrait de leur nouveau maître. Simple et efficace. Elle espérait que beaucoup de Démons viendraient jouer. Après tout, le nombre d’Anges étaient plutôt grands. Elle tiendrait néanmoins les comptes. Elle refusait que les Démons soient supérieurs aux Anges ; toujours une histoire de difficulté et de mérite. Aussi, elle avait prévu de laisser un accès pour quelques maléfiques qui se présenteraient en échange d’un petit service. Certains étaient prêts à payer cher pour ce genre d’activité et elle le savait parfaitement. « Bien, Kahel. Je vais laisser un temps d’avance aux vôtres parce que, comme je l’ai dit, cela ne m’amuse pas plus que cela de faucher les individus déjà à terre. Je le fais uniquement parce que vous avez eu un comportement déplorable. La prochaine fois, je vous conseille de vous abstenir. Tout ce qui arrivera aujourd’hui est votre faute, ne l’oubliez pas. ». Le plus beau dans tout ça c’est qu’elle avait convaincu beaucoup de la mort de l’ancien Roi.

969 mots

Explications


Coucou =D

Alors je vous fais un petit lieu pour vous dégourdir les pattes ! ^o^

L'idée est simple : il s'agit d'une chasse à l'Ange. La nouvelle a eu une bonne publicité ce qui fait que l'événement est loin d'être secret. Les Anges des Jardins sont tout à fait au courant x) Pour les instructions de base :
- Vous ne pouvez pas reconnaître Aria. Elle prend une autre apparence en tant qu'Asmodée (cf l'avatar).
- Si vous êtes un Démon, l'objectif est de capturer et/ou tuer le plus d'Anges possible. En sachant que vous pouvez ne pas les tuer et les garder en esclaves. Faites en fonction de vos spécialités. Il se peut que si votre personnage est trop faible, il n'attrape pas grand chose xD
- Si vous êtes un Ange, vous avez été relâchés sur les Terres Arides. On vous a dit clairement que si vous sortiez du territoire démoniaque, vous seriez libres. Donc l'objectif c'est de sortir de là et de survivre. On vous a laissé un temps pour vous éloigner et on vous a relâché au beau milieu des Terres Arides. Le territoire est grand donc on n'en sort pas facilement. Pareil que les Démons, faites selon vos spécialités.
- Personne ne libère Kahel. Il est avec l'Asmodée et se serait suicidaire x)
- On est le matin au commencement. Ensuite vous prenez le temps que vous voulez vu que ça va durer plusieurs jours. Le territoire est grand comme j'ai dit hé hé o/

Les Anges, étant sous le contrôle des Démons, et les Démons peuvent participer. Si vous êtes un Ange qui ne répond pas au critère évoqué et que vous voulez participer (pour aider vos congénères par exemple) j'accepte votre présence, uniquement si vous repartez avec un malus physique. Ce sera une blessure physique très grave jusqu'au niveau III et une blessure grave à partir du niveau IV. Si vous êtes niveau III, vous pouvez éventuellement réussir à blesser un Démon et aider un Ange (donc pas le sauver mais l'aider en ce sens). Si vous êtes niveau IV et plus, vous pouvez éventuellement réussir à tuer un Démon et sauver un Ange. Si vous êtes "autre" (donc ni Ange ni Démon) et que vous voulez participer, venez me voir avec une idée, un projet, quelque chose qui justifierai la présence de votre personnage ici. Si vous êtes contre les Démons, les malus physiques s'appliqueront à vous aussi. Si vous êtes avec les Démons vous devrez un service à l'Asmodée (on en discutera, un petit truc en fonction de votre personnage et de sa puissance).

N'oubliez pas les difficultés dues au territoire aussi =) Les Terres Arides sont pas forcément tip top niveau sécurité.

Vous avez jusqu'au 05 juin 2018, 23h59, pour poster ^^

Gains


Pour les Démons :
900 mots = 1 point de spécialité ou 1 compagnon Ange qui sera sous votre contrôle. Celui que vous aurez réussi à chopper si vous voulez le garder en vie ^^
Pour 450 mots de plus, soit 1350 mots minimum = 1 point de spécialité supplémentaire.

Pour les Anges :
900 mots = 1 point de spécialité
Pour 450 mots de plus, soit 1350 mots minimum = 1 point de spécialité supplémentaire.

[Vous ne pouvez pas cumuler les gains. Soit vous faites 900 mots minimum, soit vous faites 1350 mots minimum. Vous ne pouvez pas faire, par exemple 2 x 900 mots pour avoir 2 points de spécialité ou 900 mots + 450 + 450 pour en avoir 3].

Pour les autres, vous suivez le barème du camp que vous soutenez.

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Edwina Nilsson
~ Magicien ~ Niveau VI ~

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MessageSujet: Re: [Événement] - Celle que l'on ne contredit pas.    Ven 13 Avr 2018, 20:50

Edwina marchait entre les rochers. Cela faisait quelques longues minutes qu’elle cherchait l’inconnu avec comme seul désir prégnant celui de lui faire passer l’envie d’essayer de lui tendre des pièges. La colère diminuait au fur et à mesure que le temps passait, laissant place à une tristesse qu’elle avait du mal à maîtriser. Elle détestait tuer des innocents. Elle détestait encore plus lorsque ces derniers se laissaient faire ou ne pouvaient réagir. Seulement, à quoi bon ressasser ? Elle ne pouvait pas changer les choses. « Et puis, tu as tué tellement de monde. Ce n’est pas quelques idiots de plus qui risquent de te transformer en Démone le jour de ta mort. ». L’Impératrice Blanche soupira. « Tu pourrais tuer encore plus d’individus si tu y mettais un peu du tien. ». Elle préférait ne pas répondre. Non seulement ce n’était pas prudent de parler à haute voix mais, en plus, cette autre elle n’était que le fruit de son imagination ou de sa magie, sans doute des deux. Toujours est-il que, pour l’instant, personne ne la voyait à part elle. « D’ailleurs, ce n’est pas aujourd’hui que devait avoir lieu cette fameuse chasse à l’Ange ? Je crois que c’est la raison pour laquelle le beau Démon est parti tout à l’heure. Avoue que la façon qu’il a eu de te mener contre le mur était excitante. ». « … ». Elle avait failli répondre mais non, vraiment, si elle craquait, ce serait le début d’un encore plus long monologue qui n’en finirait pas. « Quoi ? Je ne fais que dire tout haut ce que tu penses tout bas. ». Absolument pas. Cette version d’elle-même était aussi irritante que malfaisante. Quant à cette propension à tout ramener au sexe, c'était aussi usant que déplacé. « Je vois, tu ne veux pas en discuter. » fit l’autre qui marchait un peu devant elle tout en se retournant pour lui montrer un sourire amusé. « Et si nous parlions de Lucius ? ». « Arrête ! ». Elle se stoppa, fermant les yeux pour respirer un instant. Cette chose avait réellement le don de la faire sortir de ses gonds. Parfois, elle voyait juste sur elle. D’autres fois, ses théories étaient totalement infondées. Si elle était un ersatz de son inconscient, elle ne voulait même pas savoir ce qu’il y avait dans celui-ci. Ses rêves lui suffisaient amplement pour comprendre que ses désirs refoulés étaient aussi terribles qu’immoraux.

Sa réflexion fut stoppée par un gémissement. Contournant un rocher plus haut que les autres, elle découvrit un Ange qui s’empressa de lui lancer une motte de terre qu’elle dévia sans trop de mal. L’Impératrice Blanche plaça ses mains devant elle, paume ouverte vers l’homme, montrant par là même qu’elle ne lui voulait aucun mal. « Je suis avec vous. » souffla-t-elle doucement. Il ne semblait pas puissant ; simplement sale et apeuré. Sur son torse dénudé, plusieurs brûlures prenaient place, un élément qui raviva quelque peu la colère de la Belle. Zane exagérait. Avait-il besoin de permettre à son peuple de torturer ces individus qu’il esclavageait déjà ? Bien sûr, elle savait parfaitement qu’il n’était pas bénéfique. Elle savait parfaitement que tout ce qu’il touchait devenait corrompu par les vices. Elle savait tout ça mieux que quiconque pour l’avoir observé des heures. Pourtant, les choses étaient légèrement différentes. Cet homme, proche du Monarque Démoniaque, s’en était pris à elle. Elle ne pouvait pas le tolérer et avait bien du mal à croire que la Bête n’était pas au courant. La prochaine fois qu’ils se croiseraient, elle lui réserverait une surprise qu’il n’était pas prêt d’oublier. S’il la prenait pour une idiote, il allait bien vite comprendre son erreur. Elle avait autant envie de l’étrangler avec sa propre couronne que de lui grimper dessus. Agacée, elle soupira bruyamment, l’Ange ne sachant que penser de ce comportement étrange et des habits couverts de sang de son interlocutrice. « Bon. » fit-elle d’une voix clairement déterminée. « On va essayer de sortir d’ici. Vous avez une arme ? ». Il fit non de la tête. Elle l’impressionnait un peu et ce n’était pas forcément dans le bon sens. Elle lui lança sa dague. « Tenez. ». Elle se rendit compte assez rapidement qu’il ne la suivrait probablement pas. Elle ne pouvait pas le forcer. « Tâchez de survivre. » lui lança-t-elle avant de passer son chemin.

Edwina réfléchit tout en marchant. Elle avait bien envie de sauver un Ange, au moins un. Le fait est que la situation l’empêchait d’acquérir leur confiance rapidement. À moins que… Elle tendit la main, faisant apparaître dans cette dernière la Couronne des Cieux. Un petit sourire illumina ses traits pour la première fois depuis quelques heures. Ce serait l’occasion idéale de tester les effets de l’artefact mais, plus encore, de justifier son apparition soudaine dans la société angélique. Si elle aidait un Ange, il serait le témoin du fait qu’elle faisait partie, auparavant, de ceux qui étaient détenus par les Démons. Il était malheureux que sa légitimité se nourrisse d’une circonstance aussi malsaine mais elle était trop vieille pour s’apitoyer sur ce genre de considération. Elle était devenue Reine uniquement parce que les Sorciers avaient annexé les Terres du Lac Bleu et qu’elle les en avait chassés. Les bonnes choses provenaient le plus souvent des mauvaises, et inversement. Plaçant l’objet sur le sommet de sa tête, elle sentit son corps se transformer, deux ailes d’un blanc immaculé apparaissant dans son dos. C’était… douloureux et étrange. Elle ne savait qu’en penser et elle se sentait… différente. Prise d’un vertige, elle s’agrippa au premier rocher qu’elle trouva, légèrement déstabilisée par le poids des deux membres célestes. Elle sentait que la Magie Bleue n’irriguait plus ses veines. C’était comme perdre quelque chose au profit d’une nouveauté difficile à accepter. Aussi, ce fut un cri qui la sortit de son état de latence. Elle voulut courir sauver celle qui semblait être en difficulté mais ses ailes s’entrechoquèrent et elle s’étala de tout son long sur le sol dur. L’entreprise s’avérait périlleuse et elle le fut d’autant plus lorsque celui qui venait de finir l’Ange la remarqua. Il y a des êtres maléfiques qui aiment parler longuement, expliquer à leur victime qu’ils vont la tuer doucement. Il y en a d’autres qui préfèrent agir et se passent volontiers de beaux discours. Celui-ci correspondait au dernier cas. Sa forme démoniaque était celle d’une hyène géante aux yeux jaunes et à la peau putride. Étourdie par les effets de la Couronne, l’Impératrice Blanche fut tout à fait éveillée lorsqu’elle sentit une griffe acérée lui transpercer la peau au niveau de la hanche. Le monstre sur elle, ses yeux s’écarquillèrent devant la puanteur de son haleine. Elle allait aviser mais la créature fut mise à terre par un autre Ange qui venait d’apparaître. Celui-ci, elle le connaissait parfaitement. Il ne pouvait pas la reconnaître et sans doute était-ce mieux ; il l’aurait probablement laissée sur place.

Il s’approcha d’elle en se hâtant. « Vous allez bien ? » dit-il une fois accroupi. Il semblait vraiment prendre à cœur son état de santé, ce qui était aussi surprenant que malaisant pour la jeune femme. Elle détestait cordialement l’Olori. Il s’arrêta sur elle, semblant soudain troublé. Mince… L’avait-il reconnue ? Au lieu du rejet auquel elle s’attendait, il lui attrapa les poignets pour la relever. Une fois qu’ils furent tous les deux debout, il y eut un nouveau temps de latence. Elle vit distinctement le mouvement de rapprochement qu’il opéra. Que… Que faisait-il ? Elle crut pendant une fraction de seconde qu’il allait l’embrasser, comportement qu’il contint à la dernière minute. « Excusez-moi. » fit-il sans préciser pourquoi il s’excusait. Il semblait confus, comme un homme venant tout juste de tomber amoureux. La scène en était si étrange qu’elle en avait presque oublié sa blessure. Elle sentit soudain une douleur aigue, s’affaissant légèrement sous son effet. Elle perdait du sang. Les yeux de l’homme se fichèrent sur sa hanche. Elle se sentait partir de nouveau, la Couronne des Cieux jouant également dans le processus. « Je vais vous amener en lieu sûr… ». Ce fut les derniers mots qu’elle entendit, tournant totalement de l’œil. Elle qui pensait sauver des Anges, voilà qu’elle se faisait secourir par l’un d’eux. Quelle piètre performance.

1382 mots



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MessageSujet: Re: [Événement] - Celle que l'on ne contredit pas.    Mar 17 Avr 2018, 23:54

La traque de Xantha durait depuis des heures. Transformée en chat pour plus de discrétion et d’agilité, la démone était à bout de souffle : elle n’arrivait pas à tenir le rythme de sa cible. Ce n’était pas un ange qu’elle poursuivait, mais un démon. Sa technique était fourbe, ce qui n’était pas dans ses habitudes. Mais Xantha apprenait de ses erreurs.  Autrefois, elle serait venue à cette chasse à l’ange sans rien apporter ni préparer, comme un enfant excité. Cette fois pourtant, la fièvre de la chasse ne l’avait pas aveuglée à ce point. « Tu vas mourir dans les terres arides, petit insecte », lui avait assuré son frère. Contrairement à la jeune démone, lui avait déjà fait l’expérience du terrain lors d’une battue. « Tu mourras emportée par le vide. Ou encore brûlée… ou bien tu mourras de faim après t’être perdue. » Il ne lui avait pas pour autant donné de conseils. « J’me demande bien comment un larbin comme toi s'en es sorti alors », avait-elle rétorquée. Cette remarque lui avait valu une petite bataille familiale qui lui laissait encore des cicatrices au visage.

En arrivant aux terres arides, Xantha s'était rendue compte qu’elle s’était attendue au pire à cause de lui. Elle n’avait pas eu trop de mal à s’adapter à son environnement, sauf pour ces satanées fuites brûlantes qui lui avaient causé du tort. Malgré sa formation de chasseuse, elle n’avait réussi à retrouver la trace d’aucun ange et s’était brûlée la jambe gauche à cause des fuites de vapeur. Cette brûlure lui faisait un mal de chien à chaque fois qu’elle posait la patte sur la terre craquelée, et elle ne pouvait même pas s’arrêter pour lécher sa blessure… car ce démon qu’elle avait pris en filature avait une endurance à en faire pâlir les meilleurs coureurs. Mais soudain, il sembla que son travail allait être récompensé : le démon continuait à courir, mais il changea de forme. En l’espace de quelques secondes, sa silhouette humaine se déforma jusqu’à devenir celle d’un monstre ; il avait pris l’apparence de l’Autre. Et bien qu’elle ne puisse pas le voir de face, il avait l’air bien assez effrayant de dos. Ce démon s’avérait plus puissant que ce qu’elle avait espéré.

« Courez ! » Cette voix fluette était celle d’une ange. Et les bruits de pas qui suivirent l’ordre indiquaient qu’ils étaient plusieurs. Dès que Xantha atteint le haut de la vague de lave séchée, elle vit la scène se dérouler sous ses yeux : le démon inconnu, qu’elle surnommait Norman, avait largement accéléré la cadence et poursuivait trois anges… à lui tout seul. Bien qu’ils soient en supériorité numérique, les anges ne faisaient pas les fiers face à un tel monstre. Si elle n’avait pas pour projet de lui piquer son repas, la démone aurait pu l’admirer pour ça. Xantha dut elle aussi accélérer pour ne pas les perdre de vue. C’était sa chance : elle allait ramasser les miettes, pour avoir au pire un trophée, au mieux un nouvel esclave. À une dizaine de mètres en face d’elle, les sorts fusaient contre le démon, mais il les esquivait sans peine. Malheureusement, ce dernier avait l’air tellement puissant qu’elle le verrait bien se faire les trois anges… à moins qu’elle ne l’entrave elle-même avant d’achever son menu… en tous cas, ce n’était plus de son ressort. La bataille dépendrait de lui et elle s’adapterait. Tout en réfléchissant, la démone galopait en évitant les rebonds des sorts angéliques. Certains brisaient la couche de lave et faisaient jaillir la vapeur brûlante : Xantha était surprise de la puissance de leurs sorts. Il ne fallait pas sous-estimer ces larves.

Les anges fuyaient comme des lapins : la panique se sentait de là où elle était. Cette sensation était d’autant plus forte que quand la démone chassait des animaux… et il fallait avouer que pour des anges, peuple qu’elle estimait le moins au monde, ils faisaient de bonnes tentatives ; l’un des trois tenta même de prendre le démon par surprise, se sacrifiant pour que les autres puissent profiter de cet avantage. Mais le démon réussit à s’en apercevoir avant de recevoir le premier coup. Alors que l’ange rompait son invisibilité, pris d’un élan vengeur, le démon se retourna en une fraction de seconde et lui enfonça ses deux griffes dans l’abdomen, pour en ressortir un mélange de chair et de tripes. Il n’en fallut pas plus pour que Xantha tombe de jalousie devant Norman.

Elle crut que cette scène d’horreur aurait causé le malaise des anges, ou au moins quelques secondes de choc, mais leur réaction fut tout autre. Vert de rage, l’ange aux bouclettes blondes se retourna aussitôt et, en poussant un cri de colère, fit jaillir de ses mains un immense rayon blanc qui l’éblouit, mais qui aurait eu un effet plus létal si elle se l'était prise directement. Aveuglée, la chatte trébucha et se roula parterre, alors que le démon en chasse n’avait été nullement perturbé par ce sort ; il avait une nouvelle fois esquivé l'attaque angélique. À côté d’elle, une partie du sol avait été carbonisé par le sort. Mais la colère de l'ange déclencha quelque chose de pire ; alors qu’elle s’ébrouait en projetant des boulettes de terre autour d’elle, Xantha sentit comme un tremblement sous elle, de plus en plus fort, jusqu’à manquer de la faire tomber une nouvelle fois. Une demi-seconde plus tard, le sol s’écartait sous ses pattes. La chatte laissa échapper un miaulement d’effroi, heureusement non-remarqué par Norman, et se précipita vers un côté du craquement. Heureusement, elle avait choisi le bon côté car de l’autre, une immense crevasse venait de remplacer le sol carbonisé. Cela perturba aussi les autres coureurs, et un deuxième ange tomba dans une crevasse en poussant un cri effroyable –ou délicieux, rompu par un bruit macabre d’os et de roche. Il n'avait pas eu le temps de déployer ses ailes.

Vu comment cela s’annonçait… Xantha n’aurait aucune miette à se mettre sous la dent. Au moment où elle enjamba le corps sans vie de l’ange ambitieux, une idée germa dans son esprit, à mesure que son courage s’amenuisait. Pourquoi était-elle si motivée à ramener un esclave ? Pour prouver sa valeur à sa famille, et surtout à ses minables de frères. Pourtant, l’essentiel était qu’ils croient que sa chasse avait été fructueuse. Dès lors, elle avait deux solutions : soit continuer sa stratégie et espionner d’autres chasseurs sur les prochains jours, en risquant encore de se faire cramer le corps, soit prendre un souvenir du cadavre qui gisait à ses pieds et revenir au sein de sa famille en reine.

L’équation était plutôt simple, d’autant plus que Xantha avait peur que le démon en chasse remarque qu’elle le suivait depuis le début. Il était bien trop puissant pour elle : en une pichenette, il pourrait la tuer aussi facilement qu’il l’avait fait avec le malheureux allongé sous elle. La démone stoppa net sa course et attendit que les bruits de lutte s’éloignent. Cette fois, l'ange avait pris son envol et tentait de semer le démon en l'entraînant dans les jets de vapeur.  Bientôt, la silhouette monstrueuse de Norman disparut dans l’horizon gris. Quand elle fut assez rassurée par le silence revenu dans les alentours, la démone concentra sa magie et, au bout d’une dizaine de minutes, parvint à reprendre sa forme originelle. Le chat était comme une seconde identité pour elle ; Xantha avait passé tellement de temps bloquée sous cette forme qu’elle avait du mal à redevenir démone, sans oublier que la transformation était douloureuse. Elle avait l’impression que sa peau se déchirait et que ses sens l’assourdissaient l’espace d’une seconde. C’était une très longue seconde.

« Voyons-voir, Bob. » Oui, elle avait décidé que cet ange s’appellerait Bob. Elle raconterait à son frère comment elle l’aurait laissé la supplier et comment elle lui aurait ri au nez en entendant son prénom. « Quelle partie de toi va-t-on arracher ? » Xantha dégaina son poignard et s’assit sur le corps. Il était déjà presque froid. « Plutôt un œil ou une oreille ? » Avant de se décider, Xantha prit le temps d’admirer son cadavre. Elle n’avait jamais vu un ange mort d’aussi près. Son expression était tordue dans un cri sans fin, ses yeux grand ouverts à jamais. C’était une vue magnifique qu'elle aurait pu apprécier pendant des heures. Xantha réfléchit un moment en tripotant son couteau puis prit sa décision. « Pourquoi choisir alors que je pourrais garder tout ton visage ? » La bouche de la démone se déforma en affichant un rictus mauvais, alors qu'elle prenait son élan en visant le cou du cadavre.
Mots : 1452
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Kyra Lemingway
~ Déchu ~ Niveau III ~

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MessageSujet: Re: [Événement] - Celle que l'on ne contredit pas.    Mer 25 Avr 2018, 22:00



Cours petit cours! Ce monde n'est pas fait pour toi
Cours petit cours! Ils essaient de t'attraper
Cours petit cours! Courir est une victoire
Cours petit cours! La beauté s'étend derrière les collines
Cours petit cours! Le soleil va te guider
Cours petit cours! Ils meurent pour t'arrêter
Cours petit cours! Cette course est une prophétie

Celle que l'on ne contredit pas


Assise sur le sol battu de ma chambre, je ramenais mes jambes à mon menton. Ma chambre… Ce mot sonnait si doux à l’oreille, si réconfortant. Pourtant je me refusais à l’idée que le seul lieu où je coucherais serait… Non. Elle était peut-être triste, froide, sans vie. Mais elle était " ma chambre ". J’enfouissais ma tête dans le creux de mes genoux afin d’y cacher les quelques larmes qui osaient perler au creux de mes paupières. Dans ma bulle de sécurité improvisée, j’arrivais à entendre des bruits sourds provenant d’au-delà des murs de ma résidence glacée. Je tendais alors l’oreille. Ça ne semblait qu’être Arystar et Zora qui beuglaient comme deux damnés. Deux Démons en charge de certains d’entre nous. Des sous-fifres qui ne se privaient pas de rejeter la frustration de leur condition sur nous… J’essayais de comprendre ce qu’ils se disaient. Ce qu’ils faisaient. Histoire de me préparer un tant soit peu à ce qu’ils avaient prévus de m’infliger la fois prochaine. Malgré le temps, on ne s’habitue pas à leurs esprits tordus. Mais la pierre étouffait les bruits et les cris et tout ce que je parvenais à entendre ce n’était que des bafouillages incompréhensibles qui ne parvenait même pas de ces deux bourreaux. Je relevais la tête, craignant alors le sujet de leur discussion puisqu’en ignorant le sujet et, instinctivement, je portais la main à mon coup à la recherche de cette petite clochette et de son tintement rassurant. J’étais incapable de me rappeler comment cet objet était entré en ma possession. Mais peu importe, car j’étais heureuse de l’avoir.

Le bruit métallique de la porte s’ouvrant soudainement me fit sursauter. Zora se trouvait dans l’encadrement, le torse bombé et un rire mauvais encastré sur la face. Je ne pus réprimer un regard mauvais dans sa direction au moment même où il pénétrait la pièce. Mais à l’instant où il remarquait mon expression, je le voyais soudain prendre une attitude agressive à mon égard. Terrifiante. Je me contentais alors de baisser les yeux tout en me mordant la lèvre, maudissant ma faiblesse. Je sentais finalement une main – sa main – m’attraper par le col et, avant que je n’aie le temps d’esquisser le moindre mouvement ou de prononcer le moindre mot, le Démon me traînait sans aucun ménagement hors de la cellule. « Bouges-toi ! On va faire une petite balade… ». Je déglutissais. Ce qui avait des airs de jeux enfantins pour eux se révélaient être en vérité un véritable enfer pour moi. Quel sens devais-je alors réellement donner à cette " petite balade " ? A quoi devais-je m’attendre ? J’essayais de m’imaginer le pire. Au moins je serais un minimum " rassurée " si la réalité ne dépasse pas mon imagination.
Si seulement ça avait été le cas…

Etrangement on partait réellement d’ici. Moi qui ne l’avait pas pris au mot lorsqu’il était venu me chercher, je dois admettre avoir été surprise. Mais si j’avais connu la destination plus tôt, je pense que la stupéfaction aurait fait place à la terreur bien plus rapidement que dans le cas présent. Pourquoi nous emmenaient-ils là-bas ? Qu’est-ce que j’avais fait ? Non… J’étais dans l’erreur en considérant que c’était personnel. Ce n’était pas moi. C’était nous. J’observais ce rassemblement avec toute l’horreur que mon être pouvait contenir. Un horreur qui devait bien trop transparaître sur mon visage, car je voyais mon bourreau exprimer un rictus terrifiant à mon égard. Je déglutissais à l’instant où je sentais le souffle de Zora au creux de mon oreille. En même temps je sentais en moi monter un sentiment que j’avais étouffé jusque-là. Un sentiment qui ne demandait qu’à être libéré et à s’exprimer. « Vite. Cours Petite Chose. Montre-nous ce que tu sais faire. », me susurra le Démon en me libérant de mes chaînes. Quoi ? Qu’est-ce qu’il venait de dire ? Je restais tétanisée sur place, mon esprit en plein conflit après ce qu’il venait de me dire. Était-ce une blague de mauvais goût ? Allait-on me supplicier si je lui obéissais pour avoir osé « m’échapper » ? Et si je ne lui obéis pas, qu’est-ce qu’il se passerait ? Allait-on m’accuser de désobéissance, et m’affliger une punition en conséquence ? J’osais un regard dans sa direction, cherchant une réponse dans la joie folle de ses pupilles. Je devais être l’une des rare à ne pas être partie au quart de tour une fois libérée de ces entraves. Mais je connaissais leurs blagues lugubres. Je craignais que ce n’en soit encore une. « BOUGE ! ». Cette unique injonction avait agi comme une décharge, et je décampais immédiatement comme il me l’avait ordonné, courant sans savoir même où je me dirigeais. Je fuyais ce lieu, sans me retourner, ne voyant alors pas Zora murmurer quelques obscurs mots à son frère.

Je courrais vite. Je courrais loin. Du moins l’espérais-je. Ce qui était certains cependant, c’est qu’une fois que je fus certaine d’être hors de portée et de vue des Démons, je m’effondrais sur le sol brûlant de ces terres. Brûlant… Un rire nerveux échappa de mes lèvres. Les trois flocons que j’arrivais à sortir ne tiendraient jamais le coup ici. Si je m’en sors, ce sera un véritable miracle. Je soupirais et essayais de me relever, pour finalement me retrouver à nouveau à terre. Mes jambes tremblaient comme jamais et c’était comme un poids en mon sein qui ne cessait de grandir, mais que je m’efforçais à contenir. Les frissons qui me parcourait l’échine me faisaient comprendre qu’il ne valait mieux pas que je laisse cette chose, cette émotion, m’envahir bien que cette dernière brûlait de jaillir. Je peinais à reprendre mon souffle dans ce climat aride et hostile. Et les ricanements qui se faisaient entendre derrière moi me faisaient prendre conscience que rien ni personne ici ne feraient en sorte de me mettre à mon aise, bien au contraire. C’est donc avec beaucoup de peine que je reprenais cette course folle contre un adversaire qui se nommait assurément « Mort ».

Je devais me battre contre moi-même pour chacun des pas que je faisais. C’était comme si mon propre corps voulais m’empêcher de fuir. Chacune de mes respirations me brûlait la gorge et les poumons, les muscles de mes jambes me faisaient souffrir le martyr, ma nuque était plus tendue que la corde d’un arc et c’était comme si on m’avait planté un couteau dans les flancs, rendant mon souffle sourd et saccadé. Ma vue se brouillait de larmes de douleurs et de désespoirs, et rapidement j’entendais quelque chose me courir après. Me rattraper. J’essayais d’accélérer l’allure, mais je ne récoltais  qu’une splendide chute, des égratignures supplémentaires et une cheville tordue. Je m’apprêtais à me relever et repartir, mais c’était déjà trop tard.

Un pied me plaquait violemment au sol, n’améliorant pas ma condition. « Trop facile. ». Sans ménagement, il m’attrapait par les cheveux pour me relever, m’arrachant au passage un hurlement de douleur. « Même pas une journée pour t’attraper. Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire de toi ? », railla le Démon avec un rictus mauvais. Mais je voyais très bien à ses yeux qu’il avait déjà décidé de mon sort. Pour le moment, il ne faisait que jouer avec moi… La panique m’envahit aussitôt. Je ne pouvais pas mourir. Pas maintenant. Pas ici. Pas comme ça. Cette pensée agit comme un électrochoc sur moi, et je commençais à me débattre comme si la démence venait de m’atteindre, griffant et hurlant autant que je le pouvais. Je sentais la colère monter toujours plus. Et alors qu’il semblait se rire de ma soudaine réaction, j’arrivais à le mordre au bras, le faisant lâcher prise dans un râle de douleur et de haine, me permettant par la même de gagner quelques mètres symboliques. J’avais déployé mes ailes afin de m’enfuir plus rapidement, plus facilement. Mais c’était trop tard. Je me retrouvais une fois de plus la face contre terre, à manger la poussière. « Et bien, et bien… On a du caractère on dirait. ». Mon pouls s’accéléra et des larmes commencèrent à poindre au creux de mes paupières. Un frisson me parcouru l’échine alors que je sentais le souffle du Démon se rapprocher du creux de mon oreille. « Essaye de t’enfuir encore une fois et je te crève. ». A ces paroles je ne pus retenir mes larmes. Ainsi c’était vrai ? Je pourrais vivre un jour de plus ? Pourquoi ? Qu’est-ce qui lui avait fait changer d’avis ? J’apercevais une silhouette plus loin. Elle m’apparaissait flou à travers le flot de larmes. Mais je savais tout de même la reconnaître. Arystar…

Une pensée étrange s’invita alors. Merci.
La fuite n'est qu'un détour. Si le détour est parfois salutaire, il est le plus souvent inutile.

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Eden Laswell
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MessageSujet: Re: [Événement] - Celle que l'on ne contredit pas.    Mer 09 Mai 2018, 14:34

Celle que l'on ne contredit pas

Eden était debout, au milieu de la prairie. L’odeur de la verdure et des fleurs de saison emplissaient ses narines au fur et à mesure qu’il respirait un air qu’il ne pouvait imaginer plus pur. Les oiseaux chantaient virevoltant telle une danse endiablée au-dessus du fleuve. Il faisait beau, chaud mais une légère brise rendait le tout encore plus agréable. Il aurait pu rester planter là pendant des heures à ne rien faire, ou à courir derrière un quelconque animal se promenant dans les environs. Il vit la silhouette d’une jeune fille l’appelant au loin. Dans un sourire enfantin, il prit sa direction et commença à courir vers elle. Il n’était plus qu’à une vingtaine de pas quand une turbulence le sortit soudain du monde des songes.

Grognant, il griffa frénétiquement le sol. Ce n’était qu’un rêve ? Impossible… Tout semblait si réel, si vrai. Les odeurs, le fleuve, la prairie, tout ressemblait trait pour trait à sa maison d’enfance. Il ne voulait pas que cela s’arrête, cela avait beau n’être qu’un fantasme, un mirage, il était tellement plus agréable que sa vie actuelle, qu’il aurait tout donné pour échanger les deux. Une larme commença à couler. « C’est pas bientôt fini là-dedans ?! » La voix de son bourreau résonna un temps. Elle frappa un grand coup sur la cage en fer avant de se baisser laissant apparaitre son visage à l’enfant. « Tiens-toi tranquille deux minutes, tu auras bien besoin de tes forces pour ce qui va suivre. » Eden recula dès qu’il le vit avant de se recroqueviller dans un coin tout en essuyant maladroitement les gouttes qui déferlaient sur l’une de ses joues. Cette attitude enfantine amusa quelque peu son bourreau qui ne cacha même pas un sourire narquois avant de disparaître hors de son champ de vision. Il n’osa même pas demander ce qui allait suivre. De toute façon, le Démon se refuserait à lui répondre. Pendant ses mois d’esclavage, si le jeune garçon avait appris une seule chose, c’était bien de ne pas croire aux bonnes nouvelles et bonnes surprises venant de ces créatures. Aussi, il commença doucement à s’inquiéter. Tout ce qui pouvait faire plaisir à son bourreau avait généralement l’effet inverse sur ses détenus. Et à entendre les rires, il devenait être particulièrement heureux aujourd’hui. Une autre turbulence plaqua le garçon contre l’arrière de la grille. Ils bougeaient ? Pris dans ses pensées et par ses rêves, il n’avait pas fait attention à sa situation. Il se mit à genoux et se déplaça sur le côté de la cage. Le décor n’était que roche, sable et chaleur. Pas d’arbres, pas d’eau, pas même d’animaux en vue. Rien que de la pierre à perte de vue. Pourtant, rien que de voir cela, le changeait des quatre murs de prison qu’il voyait habituellement. Cela n’avait rien d’un paradis, pour sûr, mais au moins, il pouvait voir l’extérieur sans prendre le risque de se faire taper dessus. Et puis il faisait chaud. Trop chaud, certes, mais pour lui qui s’était habitué à l’austérité et la fraîcheur des cachots, cela donnait un peu de baume au cœur. Avoir un peu de lumière naturelle lui faisait le plus grand bien. Il restait scotché devant les grilles à regarder le vide qui peuplait cet endroit, et pourtant, ce vide lui suffisait pour oublier quelques instants sa condition. Cela n’avait rien de la beauté perdue des Terres Blanches, mais c’était mieux que rien. Puis, au détour d’un virage, il vit du monde. Beaucoup de monde. Anges, Démons, il y avait un beau rassemblement. Son expression passa vite de l’étonnement au désespoir et à l’inquiétude. Comme s’il venait de se rappeler sa condition, il jeta de brefs regards un peu partout au fur et à mesure qu’il se rapprochait de la meute. Que comptaient-ils faire de tous ces Anges entasser comme cela ? C’est comme ça que tout se finirait ? Abattu au milieu des siens par une horde Démons assoiffé de sang ? N’avait-il pas assez souffert comme cela ? Soudain, la roulotte s’arrêta et l’un des sous fifres de son maître le prit violemment par le bras. « Viens par-là Blondinet, tu vas avoir l’occasion de nous montrer l’étendue de tes talents » Eden ne pût s’empêcher de donner des coups de pieds à son bourreau tant dis que ce dernier l’amenait vers un petit groupe d’Anges. Agacé par le comportement du gamin, le Démon le projeta lourdement au sol en grognant. Eden se tint la tête. Quelques flots de sang coulèrent sur sa main. Satanée roche, il y en avait aussi ici. Son maître lui tira sur son collier pour le forcer à se relever. « Je pensais t’avoir dit de garder tes forces. » Il montra l’horizon et la distance infinie qui les en séparait. Un sourire malsain déforma les traits du Démon. « Voilà ta chance de nous montrer de ce que tu sais faire et de gagner ta liberté gamin » Il ne croyait pas un mot de ce qu’i racontait, il ne pensait pas une seconde que l’enfant parviendrait à s’échapper. Eden, lui, ne comprenait même pas où il voulait en venir. Il regarda l’endroit pointé du doigt et dut utiliser ses mains pour baisser la luminosité lui arrachant les yeux. C’est ce moment que choisit le Démon pour lui enlever son collier. « Vas-y Blondinet, cours. » Eden se retourna tétaniser par l’appréhension. Que devait-il faire ? « Cours j’ai dit, si on te retrouve, je peux t’assurer que la comparaison entre ce que tu as vécut et ce qui arrivera te fera perdre tout envie de vivre. » Le Démon le poussa lourdement au sol avant d’éclater de rire devant le regard paniqué de l’enfant. Autour de lui, des Anges courraient. Fuyaient-ils vers un salut inespéré ou vers leur fin ? C’était une bonne question mais Eden ne prit pas le temps de se la poser et se releva avant de partir en trombe.

Autant, le temps peut paraître long quand on errait sans rien faire dans un cachot pendant des jours, autant, qu’il était court quand on devait fuir une horde de Démons. Surtout quand cette dernière n’avait qu’une seule envie : leur remettre la main dessus. Eden ne comprenait pas ce jeu. Pourquoi leur demander de fuir si c’était pour leurs courir après des jours durant ? Ça n’avait aucun sens. Pourtant les menaces de son maître, ou ancien maître, avaient été claires. Il courra pendant ce qui lui sembla être des heures rejoignant un groupe de jeunes Anges dans leur fuite. De nombreuses fois, il regarda derrière lui avec la peur de voir un visage familier surgir d’on ne sait où. Le groupe alterna entre course et marche pour se reposer. Ils ne s’arrêteraient pas pour faire une pause, il n’était pas question de gaspiller cette marge qui les séparaient des Démons. Tous étaient d’accord sur ce point. Du moins au début…  Très vite, les jambes se firent lourdes et les pensées s’obscurcissaient. Aucun Ange du groupe n’avait la condition physique pour marcher un marathon, alors pour en courir un… La détention et le traitement quotidien de leurs bourreaux avaient sapé leur force physique. Ils avaient beau avoir la volonté et la détermination de s’en sortir, l’adrénaline qu’elle fournissait ne fût pas suffisante et le rythme baissa très vite. Sans compter qu’ils n’avaient pas d’eau et que la chaleur, contrairement à eux, ne faiblissait pas. « J…J’peux plus… » Un des Anges s’arrêta, à bout de souffle. Un autre lui prit le bras. « Tu ne peux pas t’arrêter là ! » Il essayait d’adopter un ton enthousiaste mais n’arrivait même pas à se convaincre lui-même. « On va mourir si on reste là ! » « On va mourir dans tous les cas ! Regarde-nous ! On n’a pas une chance contre les Démons ou ce climat ! » Il enrageait. « Les dés étaient pipés depuis le début, on ne peut pas s’en sortir. » Comme pour accentuer ses propos un bruit sourd et continu commença à s’entendre au loin. Tous les Anges du groupe tendirent l’oreille, affolés. « Cachez-vous ! » Eden n’avait pas attendu la consigne, il prit le bras d’une jeune Ange qui semblait des plus épuisé et se terra avec elle derrière un énorme morceau de caillasse. Un  autre tenta de les imiter mais trébucha sur le sol rocailleux. « Merde ! » Il jeta un regard désespéré en arrière où il vit un Démon arriver en trombe à dos de cheval. Les deux derniers membres du groupe tentèrent de l’aider à se relever mais ils n’arrivèrent que pour rejoindre le nombre de victimes de l’histoire. Le Démon les faucha sans même prendre la peine de descendre de sa monture. Les trois moururent en un instant devant les yeux d’un jeune garçon qui ne contrôla pas ses larmes coulant de plus belle sur ses joues. « Qu’est ce qui s’est passé ? » La jeune fille, bien cachée par le rocher, n’avait rien vu de la scène mais les éléments sonores avaient suffi pour l’inquiéter sur le sort de ses congénères. Eden mit sa main sur la bouche de l’inconsciente mais cela ne suffit pas. Peut-être l’avait-il entendu, peut-être les avaient-ils vus auparavant, difficile à dire. Quoi qu’il en soit, le Démon se dirigea derrière le rocher. Eden savait comment cela se finirait. Il prit la main de la jeune fille et l’encadra des siennes dans l’un de ses derniers sourires enfantin. Il se releva devant le regard morbide de sa congénère qui comprit rapidement ce qu’il souhaitait faire. « Tiens, tiens, un rat sort de sa cachette. » Le Démon était à pied désormais et nettoyait cliniquement le sang de sa hache. « Comme tu as eu la courtoisie de m’éviter ta recherche, je vais t’accorder une mort rapide. » L’Ange déglutit mais il était trop tard pour regretter son choix. Au moins, elle pourrait vivre, libre. Le Démon s’approcha et le força à s’agenouiller. Il abattit sa hache mais au lieu de fracasser le crâne d’Eden, elle se retrouva sur le sol à quelques pas des deux hommes. Eden avait fermé les yeux entendit le bruit de l’instrument tombé au sol et se força à entrouvrir un œil. Le Démon qui semblait si imposant quelques secondes auparavant l’était nettement avec une flèche en travers de la gorge. Aucun son ne sortait même lorsqu’il tenta désespérément de tirer la flèche et de de contenir le sang dégoulinant avec ses mains. Il s’écroula sur Eden, mort. Des pas se firent entendre accompagnés d’un rire calme. « Quel honte, on apprend pourtant à ne pas gâcher la nourriture. » La femme poussa avec une force insoupçonnée le cadavre à côté de l’Ange. Elle leva le menton du jeune garçon pointant son regard droit dans le sien. « J’ai de grands projets pour toi mon petit. » Sa voix était douce mais inquiétante. « J’espère que tu sauras me divertir. Sinon je pourrais très bien te punir bien plus sévèrement que ce tu ne serais l’imaginer. Ne me fais pas regretter l’investissement que je fais en te sauvant la vie. »

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Kitoe
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MessageSujet: Re: [Événement] - Celle que l'on ne contredit pas.    Lun 21 Mai 2018, 22:50

Kitoe leva tranquillement les bras au ciel pour s’étirer. Aaaaaahhhhh, ça faisait longtemps qu’elle n’était pas sortie de ce trou. L’Enfer, c’était cool, il n’y avait aucun doute là-dessus. Mais sa maman lui avait toujours dit que c’était sain de sortir de temps à autres, histoire de s’aérer l’esprit. Il était temps de remettre cette jolie consigne d’Ange au goût du jour. C’était ainsi que Kitoe s’était levée, déterminée à aller chasser le pigeon. La Démone avait pris l’apparence de Lia, mais elle ne comptait pas rester ainsi. Malgré quelques nuages solitaires, le temps était à ravir… Et il n’y avait plus grand monde à l’horizon. Il était temps de se bouger. Tranquillement, la jeune fille s’approcha du petit groupe d’Anges qui restait. Il était assez loin et déjà pris en chasse par deux de ses congénères. Elle accéléra mais ne décida pas de les rejoindre. Tel un chien ameutant des Weltpuffs, elle allait prendre le bétail par un autre flanc. Kitoe marqua sa course en un arc de cercle. Il fallait d’abord qu’elle parvienne à dépasser ces deux idiots. Mais c’était… Impossible ! Elle n’y arrivait pas. Elle n’y arrivait pas, et en plus elle devait se concentrer pour garder le contrôle. Bordel, pourquoi elle avait pris cette apparence ? Elle savait très bien que ça rendait Lia jalouse, et qu’après elle…

-Laisse-moi tranquille ! Tu sais pas faire !

Lia avait hurlé comme une hystérique, si bien qu’elle avait capté l’attention des deux Démons. La gamine leur lança un regard mauvais et piqua un sprint. Elle était bien déterminée à gagner la course. Ça, c’était son domaine ! Kitoe était une mémé à côté. Il allait falloir qu’elle s’en rende compte, un jour. Lia courrait si fort qu’elle était à deux doigts de se déchirer un muscle. Elle était énervée. Elle ne comprenait pas pourquoi elle n’arrivait pas à dépasser ces deux-là. Ils devaient tricher, c’était pas possible. Elle allait leur dire deux mots. Alors qu’ils rattrapaient leurs proies, Lia dégainait son couteau émoussé, s’apprêtant à sauter dans le dos de l’un. Elle poussa un cri de guerre ridicule et bondit. Elle s’agrippa aux épaules du Démon, visa directement sa poitrine. Il contre-attaqua. L’enfant se sentit faire des roulés boulés. Son dos heurta violemment le sol, lui arrachant un râle. Deux Anges profitèrent de la diversion pour s’enfuir. Il n’en restait que trois. Lia avait saisi la cheville d’une femme. On aurait dit un serpent hystérique, ou un troupeau de rats passant entre les jambes de l’Ange. La gamine était prête à l’écorcher, mais elle lui échappa. Lia se sentit piétinée.

-Aaah ! Bordel de ***** !

Quelle incapable, cette Lia. Kitoe se remit sur pieds et fonça. Elle au moins, elle n’allait pas perdre de temps avec ces diables. Les membres de la Démone s’allongèrent. Elle maigrit et reprit sa forme initiale. Sa robe se déchira à quelques endroits. Elle était ridiculement petite.

-Dégagez bande d’incapables, vous m’avez saoulée !

Elle les bouscula violemment et partit en tête. Elles étaient si proches, ces trois petites tafioles. Et elle avait faim. Kitoe effectua un battement d’ailes pour sauter sur l’une de ses proies, laissant aux autres la liberté de continuer comme des lâches. Avec un peu de chance, ils feraient preuve d’esprit d’équipe et de bonté excessive, et la récolte serait bonne. En tous les cas, la jeune Ange qui venait de se casser la gueule criait et pleurait de terreur. Kitoe se posta à califourchon au-dessus d’elle. Les autres étaient occupés à se battre. Elle était heureuse. La simple idée de son corps immonde souillant la pureté de l’Aile Blanche lui procurait du plaisir. Elle passa ses mains autour du cou de sa victime et se pencha pour se rapprocher de son visage, comme elle aimait tant le faire. Elle hésitait encore entre la bouffer sur le champ et en faire son esclave. Elle avait vraiment faim. Oh, et elle pouvait bien se permettre de grignoter… La Démone s’empara subitement de son bras et mordit. L’Ange poussa un cri. Kitoe vit un pied terreux lui rentrer dans la figure. Elle roula sur le côté. Le goût de sang et de chair se mêlait à la poussière dans sa bouche. Elle avala le tout et reprit son souffle. Oui, elle fatiguait, mais elle n’avait pas l’intention de s’arrêter. Elle ne le ferait que lorsqu’elle serait sur le point de mourir. Alors c’était reparti ! Kitoe les poursuivait sans relâche. Elle ressemblait à un animal. Un animal sauvage, affamé depuis des jours. Un chien qui avait trop pris goût au sang. Ces deux autres Démons commençaient à l’agacer. Ils étaient encombrants. Ce fut ce qu’elle pensa jusqu’à ce que l’un d’eux ne rattrape la femme, celle-là même qu’elle avait tenté de croquer. Kitoe se jeta sur son rival. Elle était à elle ! La Sarani griffait, mordait. Elle chercha son couteau pour retenter un homicide, qui échoua une nouvelle fois. Décidément, ce con était rapide. Il venait de la balancer plus loin telle une vulgaire chaussette. Elle se remettait à peine sur pieds que lui assommait l’Ange. Que c’était gentil, voilà qu’il lui simplifiait le travail… Elle fonça de nouveau. Elle ne réalisait toujours pas qu’elle n’était pas à la hauteur de cet homme. Il était visiblement plus musclé, plus grand. Plus tout en fait. Mais elle ne démordait pas. Elle se battait pour son bout de viande, ou du moins, celui qu’elle avait désigné comme sien. Elle avait besoin d’assouvir sa cruauté, d’abreuver son sadisme, et éventuellement d’entretenir son cannibalisme. Elle avait besoin de tout ça plus que son rival. Lui avait certainement connu plus de gloires qu’elle. C’était à son tour. Kitoe fut surprise, mais on ne peut plus heureuse de réussir à faire basculer son ennemi. Ce dernier intercepta le couteau qu’elle brandissait. Elle parvînt néanmoins à le blesser.

-****** de ****** de ***** de *****, brailla-t-il avec agressivité.

Ce après quoi ils se donnèrent mutuellement un coup de poing. Le couteau vola plus loin. La gorge de Kitoe se resserra soudain. Elle ne respirait plus. Elle se voyait juste s’allonger à côté de l’Ange inconsciente. Cette emprise ne s’arrêtait pas, au contraire : elle s’accentuait. La Démone se débattait. Elle croyait. Elle ne savait pas trop, mais il lui semblait que ses mains étaient accrochées à celles de son rival. Flûte, il n’allait quand-même pas la tuer… Non ! Elle n’avait pas envie ! Est-ce qu’il pouvait simplement se calmer ? Elle utilisait de peut d’air qui lui restait pour tenter de contrôler les émotions du tentateur. Ca ne devait pas être super efficace… Et pourtant, il la lâcha… pour la frapper. Sa tête partait à droite, puis à gauche. Elle avait mal au ventre. Mais bientôt, chacun de ses membres lui faisait mal. Elle avait si mal qu’elle se demandait si elle n’avait pas des os brisés. Elle ne savait pas. Elle n’arrivait plus à se défendre, malgré la petite voix agaçante de Lia qui lui beuglait de se battre. Ses deux personnalités l’empêchaient de comprendre ce qu’il se passait vraiment. Lia n’avait aucune idée de comment elles en étaient arrivées là, et Kitoe s’efforçait de la chasser, en vain. Elles se succédaient trop vite.

-La ferme. Déclara soudain Kitoe.

-Je t’avais dit, t’aurais dû mettre le pull nounours et on aurait gagné !

-Trop chaud.

Et puis, elle aurait très bien pu le mettre, Lia, puisqu’elle y tenait tant. Mais Mademoiselle avait fait des caprices pour garder sa jolie robe, qui n’était maintenant plus qu’un haillon crasseux. Franchement, elle se demandait ce qu’elle attendait pour tuer cette gamine.

Kitoe saignait d’un peu partout. Elle ne voyait plus grand-chose avec tout ce liquide qui coulait sur son visage. Autant qu’elle ne sentait plus grand-chose. Elle toussait comme si elle avait attrapé elle ne savait quelle maladie, et ne cherchait plus à lutter contre ce Démon tant elle avait mal. Elle se contentait d’observer ce joli pigeon étalé à sa gauche. Elle avait bien amoché son bras en la mordant. Elle n’en était pas peu fière. Mais elle l’avait tant convoitée, elle n’avait jamais été aussi proche de sa victime, et pourtant celle-ci allait lui échapper. Triste constat… Elle ne sut pas pourquoi l’homme cessa de la frapper. Peut-être qu’il la laissa pour mourante ? Peut-être qu’il souhaitait juste s’éloigner de cette femme qui parlait toute seule ? En tous les cas, Kitoe resta impuissante lorsque le Démon porta l’Ange pour la ramener chez lui.

-Bra-vo ! Kitoe, tu es trop trop forte !  Bra-vo ! Kitoe, tu es trop trop forte ! 


-Tais-toi...


Elle se sentait vraiment mal. Elle se sentait sombrer dans un coma profond. Elle allait se dessécher ici jusqu’à son réveil. Comme une… huître. Alors que la femme tentait désespérément de chasser Lia en clignant des yeux, un visage apparut dans son champ de vision. Les deux personnalités continuaient de se disputer. L’inconnu n’en était pas dérangé.


-T’es qui toi ? Demanda soudain Lia.


Il était assez vieux et barbu. Son visage était illuminé par la sérénité et la bienveillance.


-Je m’appelle Balthazar. Je vais vous aider, ne bougez pas.


-Hein ? C’est nul comme prénom, du coup je vais t’appeler B…


Sa voix était faible et pâteuse. Doucement, B porta le corps cadavérique de la femme. Lia disparut. La douleur du mouvement était encore pire que la précédente. Finalement, elle aurait préféré faire l’huître. Kitoe s’évanouit pour de bon.

1569 mots
1 point de Force et 1 point d'Agilité


Keukou:
 
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Raeden Liddell
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MessageSujet: Re: [Événement] - Celle que l'on ne contredit pas.    Sam 02 Juin 2018, 20:48

La lumière du jour éblouit l'Ange. Instinctivement, il porta le bras à son visage pour cacher ses yeux. Pourtant, dissimulé dernière la fumée du volcan, le soleil n'était pas des plus puissants. Mais avant qu'on ne l'amène ici, cela faisait plusieurs jours que l'Immaculé se trouvait dans le noir, enfermé dans un cachot. La récompense de son propriétaire pour avoir osé survivre au dernier combat. Il ne comprenait pas ce qui se passait. Affaibli par le manque de nourriture et ses blessures non soignées, désorienté, il s'était attendu à se retrouver une nouvelle fois dans une arène lorsque la grille avait pivoté. Mais ce n'était pas ce qui s'était produit. Au lieu de cela, ils lui avait mis un sac puant sur la tête et l'avaient trimbalé il ne savait où. Ils riaient fort et gras, comme s'ils se réjouissaient par avance de ce qui allait arriver. L'euphorie se sentait, l'air ambiant était à la fête … Pour certains en tout cas.

Un relent de fumée le prit à la gorge et le fit tousser. Il ne portait en tout et pour tout qu'un pantalon élimé, à peine mieux qu'une serpillière. Sa peau était rougie et asséchée par la température dans ces lieux. A cet instant, il ne rêvait que d'eau, mais si sa réincarnation et sa nouvelle vie lui avait appris bien une chose, c'était que les rêves ici bas étaient le meilleur moyen de mourir. Sa vue finit peu à peu par s'adapter. Il était toujours obligé de plisser les yeux mais au moins, il distinguer à présent les silhouettes des gens l'entourant et plus seulement un flash aveuglant. Il y avait beaucoup de monde … Et d'Anges. A part quant il avait été extrait du Fleuve des Âmes, il ne s'était jamais autant retrouvé parmi les siens. Cela ne présageait absolument rien de bon. Avaient-ils décidé de les exterminés en masse, finalement ? Mais il fut choqué quant il apprit réellement ce qui allait advenir. Il n'en croyait pas ses oreilles. C'était un piège. Il n'y avait pas d'autres possibilités.

Avant qu'Eraël ne puisse cependant se remettre de cette annonce, ils les relâchèrent tous, les poussant pour qu'ils s'éloignent. Pendant quelques secondes, aucun des prisonniers ne réagit, n'arrivant pas encore à réaliser ce qui était en train de se produire. Puis, lorsque l'un d'entre eux se mit à courir, ce fut le départ et telle une huée d'oiseaux, ils s'égaillèrent tous dans toutes les directions. Le Tatoué s'élança à son tour. Il n'avait aucune idée d'où il allait, d'où se trouvait les frontières des Terres Arides. Tout ce qu'il savait, c'était qu'il y avait possiblement sa chance de partir d'ici au bout du chemin, quelque soit ce chemin. Aller droit devant soit, quelque soit les obstacles. Ne surtout pas tourner en rond. Il n'arrivait à penser à rien d'autre en fait. Réfléchir lui était présentement impossible. Il avait déjà du mal à se concentrer sur ce qu'il devait faire. Mettre un pied devant l'autre, faire abstraction de la douleur qui irradiait de la plaie sur son flanc, focaliser sa vision sur le terrain en face de lui. C'était tout ce qui comptait.

Le temps. C'était ce qui aurait du jouer en sa faveur. Un peu. Sauf que l'Ange n'y avait prêté aucune attention. Il n'aurait su dire si cela ne faisait que quelques minutes qu'il avait été relâché ou bien des heures. Mais quoiqu'il en soit, ce n'était pas assez. Un bruit se fit entendre derrière lui et il se retourna brusquement. Pas assez vite cependant. Un Démon se jeta sur lui, le plaquant violemment au sol. Il n'était pas là pour le capturer. Cela se voyait à la joie morbide dans son regard, au rictus hideux qui se promenait sur ses lèvres, à ses mains autour du cou de la victime, en train de lui broyer le larynx. Des points noirs commençaient déjà à danser dans la vision d'Eraël. Il allait mourir ici, après tout ce qu'il avait vécu, alors que la liberté était peut être à deux pas de là. La colère s'empara de lui. Il ne pouvait pas baisser ainsi les bras. Il n'avait pas le droit de se laisser mourir sans réagir, sans rien faire. Son bras se mit à tatonner autour de lui, à chercher quelque chose qui pourrait lui venir en aide. Sa main finit par rencontrer quelque chose de lourd et de solide. Il ne savait pas ce que c'était mais il s'en moquait. Tout ce qui lui importait, c'était qu'il pouvait s'en servir.

Son point se referma dessus et il l'abattit de toutes ses forces contre la tempe de son agresseur. Autant de fois qu'il le pouvait, autant de fois qu'il en avait la force. Le Vil relâcha la pression sur sa gorge pour tenter de lui attraper le bras et faire que les coups arrêtent de pleuvoir. Mais le prisonnier ne comptait plus se laisser faire. Il finit par réussir à faire tomber l'homme de lui et lui assena un nouveau coup de pierre. Celui-ci eut le mérite de mettre KO l'Aile Rachitique. Le combattant ne chercha pas plus loin. Il reprit sa fuite, la pierre ensanglantée toujours fermement empoignée. Atteindre la frontière. C'était tout ce qui comptait, tout ce qu'il devait garder à l'esprit. Des éclats de voix se firent entendre et il se jeta par terre, dans une petite crevasse entre deux blocs rocheux. Un groupe de Démons encerclaient quelques Anges qui s'étaient visiblement rassemblés pour tenter d'avoir plus de chance dans leur échappatoire. Ca aurait pu marcher comme idée. Mais ce n'était malheureusement pas le cas.

Eraël entendit les cris des Ailés blancs avant même de percevoir le bruit sourd des chocs de peau contre peau. Ils étaient en train de les tabasser à mort. Le Tatoué serra les poings et fit crisser ses dents. Il ne pouvait rien faire. Il avait envie de se précipiter pour aider les pauvres victimes mais il savait que s'il faisait ça, il signait son arrêt de mort. Son instinct de survie était le plus fort et faisait abstraction de tout le reste. Lentement, douloureusement et à contre cœur, il se mit à ramper, à s'éloigner de cet endroit. Les cris avaient fini par se tarir mais les coups continuaient de pleuvoir. Il savait que ce son continuerait de le hanter jusqu'à la fin de ses jours, quelque soit l'heure à laquelle ça arriverait. Le sol accidenté et chaud brûlait sa peau, l'égratignait et la mettait à mal. Mais il continua d'avancer tel un serpent, pendant une durée indéterminée. Il avait peur de se relever, de ne pas être assez loin de la scène horrible qui venait de se produire. Il était lâche, son comportement le prouvait. Il le savait, mais il ne pouvait s'empêcher de continuer à avancer, à ramper.

Puis il n'eut plus rien derrière quoi se cacher. Alors il se redressa et se remit à courir, droit devant lui. Eviter les zones où du raffut se faisait entendre. Se mettre des œillères et fermer son esprit à ce qui se passait autour, aux horreurs qu'il pouvait entendre. Une fois qu'il serait sorti du territoire, il pourrait se permettre de penser à tout cela. Mais pas avant. Son regard devait continuer de se porter sur le futur, sur les pas qui lui restait à faire. Au loin, malgré la fumée, il avait l'impression que le paysage s'éclaircissait, que le terrain changeait en quelque chose d'autre, de moins chaotique et volcanique. Etait-il arrivé? La liberté se trouvait-elle en face de lui? Il voulait tant y croire qu'il en perdit les quelques notions de prudence qu'il avait. Il marcha sur une couche de lave séchée et celle-ci s'écroula sous son poids. Il dégringola dans une cavité peu profonde mais quand même trop basse pour qu'il ne puisse remonter à la force de ses bras. Une ombre fit son apparition à l'orée du trou.


Quel dommage, tu étais si proche. Je t'ai vu combattre dans l'arène ... Tu as du potentiel ... On va faire de toi un champion ... Mon champion. Tu me dois bien ça, après avoir tué le mien.

Le Démon sourit et Eraël frissonna.

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MessageSujet: Re: [Événement] - Celle que l'on ne contredit pas.    Dim 03 Juin 2018, 15:03

Le carton d'invitation tournait nonchalamment dans les doigts du Vampire. Il ne lui était pas adressé. Pas directement. C'était quelqu'un d'autre qui l'avait reçu en premier et qui avait trouvé intéressant de lui faire parvenir en y rajoutant quelques mots manuscrits. « Pour combler ta soif ». La main du Dentu trembla en relisant cette phrase, rien qu'à l'idée de l'appel du sang. Et ça serait l'occasion d'en mettre plein la vue aux autres membres de sa Fratrie. Elana était morte mais ils continuaient à le considérer comme le petit dernier qui ne valait pas grand chose. Il les haïssait. Même si elle n'était plus de ce monde, il détestait les liens qu'ils avaient pu entretenir avec elle, tous autant qu'ils étaient. Il deviendrait le plus fort et le plus puissant, pour leur rabattre le clapet, pour elle. Les Démons étaient sa porte d'accès dérobée. Et c'était l'un d'entre eux qui l'invitait à une petite fête. Une chasse à l'Ange. Leur sang était exquis.

Tu devrais t'y rendre.

C'est un peu trop salisant à mon goût

Lâche !

Le Vampire feula et se jeta sur le chat, tout croc dehors. Mais le félin était beaucoup plus agile et rapide que lui et l'esquiva sans peine. Il se percha sur un meuble et le regarda de haut, au sens propre comme au sens figuré. Il en rajouta une couche, comme pour faire enrager un peu plus le Sanguin.

Tu joues les distingués mais tu te défiles à la moindre difficulté … T'es bien un Taka !

Un objet vola dans la pièce et vint se fracasser non loin du Maltanus. L'animal avait l'art et la manière de faire sortir Scar de ses gonds. Et cela semblait d'ailleurs l'amuser. Mais la bête était aussi avare de pouvoir que l'homme et elle trouvait que ce dernier n'allait pas assez vite. Il avait pourtant toutes les cartes en main. Cette invitation démoniaque pouvait être un tremplin. Il serait honteux de ne pas s'en servir. Il fallait passer au delà des petites manies du Vampire ne pas se salir les mains. Le mettre en colère était le meilleur moyen qu'il agisse, simplement pour le contredire. Ca marchait à tous les coups. Et le Dentu le savait. Il tombait dans le piège à chaque fois mais son ego l'empêchait d'agir autrement. Il ruminait encore tout ceci alors qu'il voulait les terres de l'Asmodée. Il n'avait pas d'Anges à proposer dans la partie. Mais cela avait-il de l'importance ? Après tout, il possédait la double nationalité Démoniaque, on ne pouvait pas donc lui refuser sa présence aujourd'hui.

L'adrénaline commençait déjà à couler dans ses veines, par anticipation de ce qui allait se produire. Il n'était pas sur d'être capable de se contrôler dès l'instant où le sang commencerait à couler. Mais au moins, il était sur place et c'était le moment adéquate pour se faire des contacts. Rencontrer des gens, évaluer la situation. Mais l'impatience le gagnait. Il pouvait déjà savourer le goût de la panique sur le bout de la langue. Les proies furent lâchées, et s'éparpillèrent comme des moutons affolés. Scar se retint à grand peine de ne pas se jeter directement à leur poursuite. Il se devait de garder le contrôle, de faire bonne figure. S'il perdait pied, il perdrait assurément le peu d'intérêt que certains démons pouvaient lui porter. Il aiguisa sa lame et trempa ses aiguilles dans la fiole de poison qu'il avait apporté. A peine une goutte, pas plus, sinon, il risquait de tuer les personnes sur qui il s'en servirait, alors qu'il voulait entendre leur cri pendant qu'il se nourrirait d'eux.

Le départ de la chasse fut donné. Scar se joignit à un petit groupe de Démons au niveau pas très élevé. Mais cela n'avait pas d'importance. Maintenant, tout ce qui comptait, c'était le sang qui coulerait. Dans sa gorge, de préférence. Il n'était pas le meilleur des pisteurs mais ce n'était pas grave,  étant donné que l'un des Ailes Rachitiques s'y connaissait un peu. De toute façon, c'était leur territoire, ils le connaissaient toujours mieux que les Anges. Ils finiraient bien par tomber sur l'un d'entre eux. Même plusieurs, s'ils avaient de la chance. D'ailleurs, on ne pouvait pas dire que les Immaculés faisaient réellement preuve de discrétion et de prudence. Les traces qu'ils laissaient dans leur fuite étaient plus que visible, même pour un néophyte. Ils découvrirent même le cadavre de l'un d'entre eux en train d'être déchiqueté par l'une des bêtes peuplant ce lieu. D'un commun accord, ils décidèrent de ne pas s'approcher. Ce n'était pas la peine de déclencher les foudres de l'animal, même s'il n'était pas des plus puissant.

Puis la chance leur sourit. En face d'eux, trois Ailés fuyaient sans faire attention à ce qui les entourait. Deux d'entre eux soutenaient un troisième membre au milieu d'eux. Ils avaient du faire une rencontre avec une bête ou bien se faire prendre dans l'un des pièges naturels des lieux. Quoiqu'il en soit, maintenant que les Démons les avaient repéré, ils étaient à eux. Ce qui tombait d'ailleurs bien, parce que eux aussi étaient trois. Ainsi, ils auraient chacun leur victime et pourraient en faire ce qu'il voulait. Lorsqu'il était arrivé ici, Scar s'était dit que cela serait bien qu'il en ramène un prisonnier pour lui servir de cobaye. Mais avec l'excitation, l'envie du sang devenait de plus en plus poignante et incontrôlable. Au final, il n'était pas sur de ce qu'il ferait. Les Démons déployèrent leurs ailes et se projetèrent sur les deux fuyards encore valides. Ils lui laissaient le blessé. Ou plutôt, là, blessée. Cela lui convenait parfaitement. Le Maltanus, s'il avait été là, aurait certainement considéré cela comme de la lâcheté mais le Dentu n'en avait cure. Tout ce qu'il voyait dans cette opportunité, c'était une récompense à moindre effort.

La prisonnière s'écroula au sol dès l'instant où ses deux supports ne furent plus là pour la retenir. Elle était blanche, totalement. Et ce n'était pas qu'une façon de parler. Scar se rendit invisible et s'approcha d'elle. Elle était étendue par terre, à moitié redressée sur ses coudes à regarder avec horreur l'affrontement qui se déroulait sous ses yeux entre les Démons et les Anges. Sa jambe formait un drôle d'angle, comme si elle était cassée. La fracture était ouverte et laissait s'échapper nonchalamment un filet de sang. Les yeux du Vampire se focalisèrent dessus dès qu'il sentit l'odeur caractéristique. Il se laissa tomber à ses pieds, se penchant en avant pour venir lécher le précieux liquide. Il avait envie de la goûter et ne pouvait résister à l'appel du sang. Lorsque son palais la savoura, un puissant frisson le parcourut. Elle hurla, surprise de la sensation sur sa jambe, les yeux exorbités par la peur, regardant autour d'elle, affolée, tout en se traînant en arrière. Mais elle ne voyait rien. Et pourtant, elle avait senti.

Lorsqu'elle recula, il suivit le mouvement, rampant au sol pour rester à sa portée, pour pouvoir continuer à profiter du nectar. Il avait oublié pourquoi il était ici et même où était cet « ici ». Tout ce qui lui importait à cet instant, c'était cette ligne rouge qui coulait le long de la peau de la jeune femme. Sa soif de sang lui fit perdre le contrôle de sa magie et le fit redevenir visible aux yeux de l'Immaculée. Elle cria de nouveau à son apparition et tenta de lui échapper mais il lui sauta dessus. Ses crocs luisaient à la lumière du jour. Il la plaqua au sol, perdant le contrôle de ses actes à chaque seconde qui passait. Son sang était absolument divin. Ne se retenant plus, il plongea ses crocs dans  la chair tendre de son cou. Elle chercha à se débattre mais elle était trop faible et la soif lui donnait un regain d'énergie, à lui. Des éclats de voix et une main se posant sur son épaule le firent se retourner brusquement, prêt à attaquer quiconque tenterait de lui voler sa proie, canines bien en avant.


Hé, du calme l'ami ! Aurais-tu changé d'avis ? Je croyais t'avoir entendu nous dire que tu voulais garder une proie vivante pour chez toi.

Le Démon était couvert de sang, et très peu lui appartenait. Le regard injecté de sang du Vampire balaya les lieux autour d'eux et tomba sur les cadavres de l'autre Démon et d'un Ange. Le troisième Ange était inconscient dans un coin. Il n'y avait pas de doute à avoir, le Maléfique avait tué son comparse. Pourquoi ? Sans raison, parce que s'en était ainsi chez les siens. L'Aile Rachitique suivit le regard de Scar et esquissa un sourire.

Oh, ne t'en fais pas … tu n'es pas le prochain … Je t'aime bien. Alors, tu vas la tuer ou la garder ?

Scar observa la femme qui était tombée dans l'inconscience. Sa soif avait été rassasiée, même s'il devait encore lutter pour la museler.

La garder.

1 616 mots
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MessageSujet: Re: [Événement] - Celle que l'on ne contredit pas.    Lun 04 Juin 2018, 00:13

Raeden froissa le rapport qu'il tenait dans la main. Ses misérables n'avaient absolument aucun respect pour la vie. Avoir exterminé les Anges et pris le Fleuve des Âmes n'avait apparemment pas suffit à leur yeux. A présent, ils criaient sur tous les toits, à qui voulait l'entendre, qu'il y aurait une grande chasse à l'Ange sur l'un des territoires des Terres Arides. De grandes festivités, organisées par l'Asmodée elle-même, qui se moquait apparemment que les non démoniaques en ait vent. Peut être était-ce même une invitation pour leur remuer le couteau dans la plaie. Il était évident que l'Ailé ne pouvait pas ne pas réagir. Mais il ne pouvait pas foncer tête baissée. Il aurait pu monter une équipe, rassembler une partie des soldats sous ses ordres pour mener une expédition là-bas et tenter de sauver le maximum d'Anges. Mais il savait comment étaient les Terres Arides. Il s'y était déjà rendu plusieurs fois, en solitaire. Il savait le danger qu'elles représentaient. Et surtout, il était conscient que cette fois-ci, ce n'était pas seulement quelques Maléfiques qu'il aurait à éviter mais bien tout un rassemblement. Il ne pouvait pas mettre ses hommes en danger.

Il prit donc le parti d'y aller seul. L'Immaculé se doutait que d'autres Anges se rendraient sur place. Même si c'était assurément un piège, ils n'allaient quand même pas laisser des frères et des sœurs se faire massacrés sans réagir, à la vue de tous. D'accord, c'était certainement le cas tous les jours depuis l'attaque des Démons. Mais aujourd'hui, c'était différent. C'était public et à plus grande échelle. Raeden n'était cependant pas idiot. Il se doutait bien qu'il ne pourrait pas sauver tous les malheureux présents là-bas. Ce n'était même pas sur qu'il puisse en sortir un seul vivant de là-bas. Mais il pourrait toujours apporter son aide, d'une façon ou d'une autre. Soigner des blessures, donner une arme, insuffler un nouvel espoir pour qu'ils sachent qu'ils n'étaient pas oubliés. C'était peut être peu, mais c'était tout ce qui comptait. De toute manière, son choix était fait. Il prépara donc son paquetage, emportant eau et nourriture, armes et bandages. Il prit le soin de laisser un mot sur son bureau. Ainsi, s'il ne revenait pas, les autres finiraient par savoir où il était allé.

Le ciel était plombé, l'air enfumée et difficilement respirable. Dès l'instant où l'Ange s'était téléporté sur les lieux, la lourdeur et la moiteur ambiantes s'abattirent sur lui et trempèrent ses vêtements de sueur. Il ne savait pas réellement où il devait se diriger. Il devait redoubler d'attention et de prudence. Entre les Démons, le paysage traître et les bêtes sauvages, ce n'était pas un lieu de plaisance et il y avait de quoi faire ici. Il tourna brusquement la tête vers la gauche quand son ouïe sur-développée lui fit entendre des cris dans cette direction. Il n'entendait que deux voix mais il n'arrivait pas à déterminer à quelle distance exactement ils étaient de lui. Sans plus de détour, il partit dans cette direction. Il ne pouvait cependant pas foncer tête baissée. C'était un trop grand risque qu'il ne pouvait se permettre de courir alors qu'il ne connaissait pas la situation exacte ni à quel adversaire il aurait à faire face.


Oh oui, vas-y, supplie-moi petite vermine. Continues de crier que je puisse entendre le doux son de ta voix ! Vas-y fais le.

Seul des cris lui répondirent. Derrière un affleurement de lave séchée, Raeden aperçut enfin la scène. Un Ange était étendu par terre, un Démon accroupit au dessus de lui. Ce dernier maintenait enfoncé une lame dans le ventre de sa victime et s'amusait à la tourner et à la retourner dans tous les sens pour infliger encore plus de douleur. Le cri d'agonie du pauvre malheureux s'étouffa tandis qu'il poussait son dernier soupir à l'instant où l'Immaculé s'élançait. Sa masse percuta de plein fouet le Démoniaque, les envoyant bouler au sol tous les deux. Le Maléfique n'était pas un membre de bas étage. Sa rapidité et sa force prouvait qu'il n'était pas quelqu'un à sous-estimer, bien au contraire. Les deux adversaires se retrouvèrent debout l'un en face de l'autre en un rien de temps, aussi agile que les prédateurs qu'ils étaient. Ils se toisèrent et s'observèrent pour analyser l'autre. Mais Raeden savait que le temps jouait contre lui. S'il voulait pouvoir ramener l'Ange à la vie et le sauver, il n'avait qu'une dizaine de minutes pour agir. Après ça, il serait trop tard, il ne pourrait rien faire. Il fallait donc qu'il se débarrasse de son adversaire au plus vite.

Quelle surprise avons-nous là ? Un Emplumé venu en sauver un autre. Comme c'est touchant. Mais tu es arrivé trop tard mon poulet !

L'habitant des lieux passa le premier à l'attaque. Il revêtait sa véritable forme qui consistait en un être à moitié squelettiques pourvu d'innombrables cornes sur le visage. Il essayait d'ailleurs visiblement d'embrocher Raeden avec. Ses ailes noires étaient déployées et il s'en servait pour tenter de faucher les jambes de l'Immaculé. Celui-ci connaissait la technique. Ca lui était déjà arrivé de l'utiliser lui-même. Il s'esquiva en faisant un bond avant d'abattre la lame de son épée sur les membres rachitiques. Le sol commençait à craqueler autour d'eux. Ils devaient assurément se trouver sur l'une de ses couches formées par la lave du volcan lorsqu'elle refroidissait. Bientôt, elle allait s'effondrer sous leur poids et leur affrontement. Le temps jouait contre eux et encore plus contre l'Anjonu. Il redoubla d'effort, augmenta la puissance et la vitesse de ses coups.

Un pan du sol céda sous le pied droit du Démon, ce qui amena sa gorge directement à portée de la lame de l'Ange. Celui-ci prolongea son mouvement et trancha la gorge de son adversaire. Sans perdre une seconde de plus, il se précipita auprès du corps du Sonu et fit appel à sa magie pour le ramener à la vie et soigner en même temps la blessure dans son abdomen. L'Ange prit une brusque inspiration et ouvrit grand les yeux, paniqué. Après tout, la dernière chose dont il se souvenait, c'était qu'il était en train de mourir. Ce qui ne devait évidemment pas être agréable à se remémorer. Il chercha à s'échapper des mains qui le retenaient. Il n'avait pas réalisé que ce n'était plus un ennemi qui tentait de le tuer mais un ami venu l'aider.


Du calme, chut, je suis là pour t'aider. Ca va aller. C'est fini.

Ca ne le serait pas vraiment tandis qu'ils ne seraient pas sortis du territoire mais il fallait le calmer le plus rapidement possible. Si cela ne marchait pas, l'Ange n'aurait pas d'autre solution que de l'assommer.

Je m'appele Raeden. Je vais te sortir de là. Accroche toi à moi.

Et sans plus de cérémonie, il le téléporta aux Jardins de Jhen avant de revenir immédiatement ici. Même si cette action avait puisée dans son énergie, il ne pouvait pas ne pas tenter d'en sauver d'autres. Avec son empathie, il ressentait leur émotion, leur détresse. Il lui était impossible d'en rester indifférent. Il se remit donc en route. Cette fois-ci, ce ne furent pas des cris mais un bruit d combat qui attira son attention. Il s'agissait d'un affrontement aérien entre un Ange et un Démon. Aucun des deux n'arrivait à prendre le dessus sur l'autre. La situation semblait sans issu quand un geyser jaillit brusquement du sol et percuta les deux adversaires, les précipitant à terre, mettant les deux inconscient. Raeden se porta au côté du Bénéfique. Il avait eut la surprise de le reconnaître. C'était ni plus ni moins que son ancêtre. C'était Samaël. Qu'est ce qu'il fichait ici, cet idiot ?! Lorsque l'Anjonu le souleva, celui-ci hurla en se réveillant.

Raah, mon dos ! …. Rae … Raeden ?

L'antédiluvien tenta de focaliser son regard sur l'être venu lui porter secours. Sa vue était brouillée par un voile de douleur. Son descendant le redressa mais quelque chose clochait. Les jambes de l'Ancien ne semblait pas répondre.

Ne t'en fais pas. Je vais te ramener.

Attrapant le bras de son comparse, il se pencha et fit basculer ce dernier sur ses épaules. Le blessé gémit. Raeden se redressa et fit sortir ses ailes. Mais au moins où il s'apprêtait à prendre son envol, une douleur insoutenable se fit sentir dans son plumage gauche. L'adversaire de Samaël n'était pas mort. Il s'était redressé et venait d’asséner un violent coup dans les ailes de l'Anjonu à l'aide Le Démoniaque avait fait appel à son reflet de l'Autre. De sa forme monstrueuse, il en retirait des membres difformes mais surtout, puissants et griffus, acérés et dévastateurs. Serrant les dents, tentant de faire abstraction de la douleur, le Liddell les fit apparaître dans les Jardins de Jhen, s'écroulant au sol, l'une de ses ailes ne répondant plus à son contrôle.

1 602 mots



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MessageSujet: Re: [Événement] - Celle que l'on ne contredit pas.    Lun 04 Juin 2018, 19:23

Ils n'auraient jamais du s'aventurer ici. Il le savait. C'était tout simplement de la folie et ils avaient été idiot, tous autant qu'ils étaient. Qu'est ce qu'ils avaient cru ? Que parce qu'ils avaient décidé de se regrouper et qu'ils avaient préparé l'expédition dès qu'ils avaient eu vent de la Chasse à l'Ange, ils s'en sortiraient mieux que les autres ? Ramassis de c*nn*ries et ils s'en rendaient compte maintenant, mais c'était trop tard. Samaël avait beau avoir des siècles d'existence, sur ce coup là, il ne s'était pas montré plus intelligent que les autres. Et maintenant, ce n'était plus pour la survie des autres qu'il luttait, mais pour la sienne. Ils auraient dû être plus prudent. Ils n'auraient pas du se pointer comme cela, la fleur au bout de la lame. De toute façon, à présent, c'était trop tard pour revenir en arrière. Ils ne flagelleraient une fois qu'ils seraient sortit de là, si les Dieux voulaient bien être avec eux, rien qu'un petit peu.

A peine arrivé ici, ils étaient tombés sur des Démons. Ils s'étaient attendus à en croiser, mais pas aussi vite, pas comme ça. Des Anges, pas de trace. Mais les Vils, c'était impossible de les éviter. Venu porter secours, c'était à présent à eux d'être sauvé. C'était devenu eux les proies chassées. Quand la situation avait dégénéré, c'était-à-dire dès le début, ils s'étaient mis à courir. Il n'y avait que cela à faire. Il y avait trop d'Ailes Rachitiques en face d'eux. Engager le combat aurait été suicidaire et n'aurait servi à rien, même aux yeux d'Extrémistes. Aucun d'entre eux ne connaissait le terrain, ni même n'avait jamais posé un pied ici. Ils s'étaient un peu renseigner avant de venir, pour ne pas être totalement des incultes quant au lieu dans lequel ils pénétraient. Mais c'était une chose d'aller à la pèche aux informations. C'en était une autre que d'être dans le vif du sujet. Sam ne s'était pas attendu à ça. Il ne savait même pas à quoi il s'était attendu exactement. Cela faisait tellement longtemps qu'il ne s'était pas retrouvé réellement sur le terrain, en plein affrontement, qu'il avait l'impression d'être un bambin dans la fosse.


Stop ! Ce n'est pas en détalant comme des lapins que l'on va réussir à faire quoi que ce soit … De quoi avons-nous l'air ? De pures idiots, ni plus ni moins … On est venu ici pour une raison bien précise. On savait ce qui nous attendait quant on a décidé de venir ici. On était conscient des risques et on a prit notre propre décision, chacun de nous. Faut que l'on se reprenne là !

La colère se faisait entendre dans sa voix mais elle n'était dirigée contre personne en particulier. Le groupe s'était arrêté derrière un affleurement rocheux, accroupis pour ne pas se faire repérer. Ils parlaient aussi à voix basse. Les quatre, autant qu'ils étaient, se sentaient honteux de la façon dont ils avaient réagit. Ils voulaient remédier à ça. Ils acquiescèrent donc d'un hochement de tête, sans rien rajouter de plus avant de se remettre en marche. De temps en temps, ils croisaient des cadavres, des deux camps même si malheureusement, c'était plus souvent des ailes blanches maculées de sang que des ailes noirs. Cela rappelait douloureusement les dernières images qu'ils avaient eu des Terres Blanches. Le silence s'était installé, seulement ponctué par le bruit de la nature hostile autour d'eux. Ils devaient être sur leur garde à chaque instant. La tension ne quittait pas les épaules de Samaël qui avait l'impression d'être épié. Mais à chaque fois qu'il se retournait ou qu'il tournait la tête, il ne voyait rien ni personne. L'air embrumé donnait une impression de touffeur, de moiteur et accentuait le malaise d'être en ces lieux. Il limitait la vision, déformait les sons.

C'est ainsi qu'ils ne virent presque qu'au dernier instant la petite meute de bêtes sauvages qui leur fonçait dessus. Elles étaient beaucoup plus nombreuses qu'eux. Même si elles n'étaient pas réellement puissante, leur nombre faisait pencher la balance en leur faveur. Samaël tenta de rester avec les autres. A plusieurs, dos à dos, ils auraient plus de chance de survivre. Mais il n'avait pas été assez rapide et il se retrouvait à présent isolé de ses comparses. Quelques corps d'animaux jonchaient déjà le sol mais ce n'était pas assez à son goût. Heureusement pour l'Ancien, la plupart des bêtes étaient concentrées sur l'endroit provoquant le plus de bruit. Sans ça, il n'aurait pas donné cher de sa peau bien longtemps. Il entendait cependant deux bêtes rôdaient autour de lui, incapable à discerner dans la fumée. Il porta un bras devant son visage, retenant une toux. Il avait l'impression que la brume s'était épaissie et qu'elle devenait plus agressive, irritante. Un crissement de griffe sur le sol le fit se redresser et pivoter son fléau à l'instant où l'une des bêtes surgissait de la brume pour lui sauter dessus. Elle fut stoppée en plein élan, sa cage thoracique broyée sous le choc.

La deuxième atterit sur le dos de l'Ailé et ils se débattirent pendant plusieurs secondes. Le sol commença à se craqueler sous leur poids. A l'instant où l'Okan réussissait à faire tomber la bête par terre, la lave séchée céda. L'Ange ne dut sa survie qu'au réflexe de faire apparaître ses ailes. Dans la frénésie de l'affrontement, il avait perdu les autres. Aucun bruit d'affrontement ne lui parvenait et il n'arrivait à rien distinguer autour de lui. Par prudence, pour ne pas tomber de nouveau sur des animaux ou dans une crevasse insondable, il préféra rester en vol. Il n'y avait que peu de risque qu'il percute quelque chose. Enfin, c'était ce qu'il croyait. Il lança une prière aux Dieux pour que ses compagnons de voyages s'en sortent et qu'ils les retrouvent aux Jardins. Mais alors qu'il continuait presque nonchalamment de battre des ailes, il percuta justement quelque chose. Ou plutôt, quelque chose lui rentra dedans à pleine vitesse. Il s'agissait d'un Démon qui avait du remarquer son ombre dans le ciel et qui s'était élancé à sa poursuite. Ils ballottèrent, tournoyant dans tous les sens, leurs ailes s'entrechoquant tandis que chacun cherchait à prendre le dessus sur l'autre. Les membres entremêlés, ils fonçaient droit à la chute. Au dernier instant, ils se séparèrent pour mieux reprendre de l'altitude et recommencer leur affrontement.

Ancun des deux n'arrivait à prendre le dessus sur l'autre. Leurs armes leur étaient inutile à cet instant, la promiscuité entre eux ne permettant que des coups chair contre chair. Le Démon tentait d'étrangler Samaël tandis que ce dernier essayait de s'en prendre aux ailes de son adversaire. Ils auraient pu continuer ainsi jusqu'à ce que la fatigue choisisse de les départager si la nature n'en avait pas décidé autrement. Un geyser pourfendit le sol et atteignit leur altitude. La puissance du choc ne leur laissa aucune chance et les précipita au sol tous les deux. Cela avait au moins eut le mérite de les séparer. Malheureusement, l'impact liquide les avait assommé tous les deux. La collision avec le sol fut rude, n'ayant à aucun moment été retenue. Ce fut une douleur vive dans le bas du dos qui ramena Samaël à la conscience. Il avait l'impression qu'une charrette lui avait roulé dessus. Quelqu'un était en train de le soulever et son regard mit un instant à s'adapter. Son cerveau prit aussi son temps pour analyser ce qu'il voyait. Raeden ? Qu'est que son descendant faisait là? L'Anjonu le mit sur ses épaules et lui-même grogna de douleur. Le reste se passa de façon plutôt flou mais il se retrouva aux Jardins, avec l'autre Liddell. Cependant, la peur commençait à s'installer en lui .... Il ne sentait plus ses jambes.


1 411 mots



Merci Zelephounet
Chanson sur Raeden. Merci Shawn ^^:
 

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Loziel
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MessageSujet: Re: [Événement] - Celle que l'on ne contredit pas.    Mar 05 Juin 2018, 18:58





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Physique : Vêtements sombres tâchés de sang et de poussière. Hallebarde attachée dans le dos.

Pouvoirs :
- Le Pacte Démoniaque
- Le Reflet de l'Autre
- La Tentation du Diable
- Contrôle des ombres
- Contrôle du feu




Le moins que l’on puisse dire était que la traque se révélait sensiblement moins amusante qu’il ne l’avait tout d’abord pensé. Cela faisait plusieurs heures que le jeune homme déambulait à travers le paysage ravagé de sa terre natale sans que la chance ne se décide à lui sourire. Au loin, la présence menaçante de Jvālāmukhi lui assurait un avenir glorieux à se consumer dans les flammes s’il ne mettait pas vite la main sur une créature à lui offrir. Hélas, le sacrifice ne figurait pas sur son plan de carrière. Assailli par une quinte de toux, il s’arrêta un instant pour reprendre son souffle. Faire fi de la poussière qui s’agglutinait contre ses vêtements ne le dérangeait pas ; en revanche, la téméraire qui osait s’aventurer entre le tissu et sa peau lui déplaisait davantage. Ramenée en une tresse imposante qui louvoyait le long de son épaule droite, sa chevelure échappait encore à ce funeste sort. La hallebarde dans son dos le démangeait, avide de sentir la chair céder sous ses caresses fatales et la chaleur du sang frais arroser la lame. Le Démon secoua la tête, le goût amer de la déception ne tardant pas à envahir sa bouche. Pas une seule victime. Quelle piètre performance. On ne l’avait pourtant pas convié aux festivités par hasard. S’il ne souillait pas les ailes d’un Ange de rouge dans les minutes à venir, son orgueil risquait fort d’en prendre un coup.

Les premiers symptômes de la fatigue endolorissaient ses muscles. Plongé dans une profonde insatisfaction, il reprit sa route sans tarder, à la recherche de ses proies. En fin de compte, faire cavalier seul n’avait peut-être pas été la meilleure option. Qu’il s’agisse de couper toute porte de sortie à une jeune femme pour la conduire à assouvir ses désirs lui venait instinctivement ; débusquer des adversaires mus par le désespoir et acharnés dans leur survie revêtait une toute autre difficulté. Cela l’excitait, en un sens. Un regain d’énergie s’insinua en lui. L’échec lui demeurait inconcevable, et il ne comptait pas en rester là. Une maigre consolation se dressait par ailleurs à l’horizon ; la blessure infligée à l’un de ces adversaires fantômes. Au gré de ses pérégrinations à travers les Terres Arides, il était tombé par surprise sur un immaculé esseulé. Instinctivement, sa hallebarde avait pris place entre ses doigts, décrivant un arc de cercle pour se planter dans le flanc de son ennemi. La souffrance dans les yeux de ce dernier avait déclenché chez l’autre un rire mêlé de joie et d’hystérie, quand bien même elle n’était pas parvenue à son terme. Cette seconde d’inattention avait suffi pour une réplique brutale, et avant de comprendre ce qui lui arrivait, le brun s’était retrouvé à terre, son arme à ses côtés, sa victime évanouie dans la nature. Ce n’était que partie remise. À ce souvenir, un sourire carnassier se dessina sur ses lèvres. Isis le lui avait appris par le passé : meurtrir les Anges était un loisir divin.

Contrairement à ses habitudes, le jeune homme manifestait une certaine prudence à l’égard de son environnement. Par moments, il apercevait certains de ses camarades courir tête baissée dans une direction quelconque, et il ne pouvait s’empêcher de penser que la fragilité du sol leur jouerait des tours. Lui-même avait failli chuter à plusieurs reprises. L’instabilité du magma séché représentait un désavantage à ne pas négliger, sous peine de voir son existence s’achever prématurément. Et ce n’était pas à la sienne qu’il souhaitait mettre fin. Soudain, un mouvement attira son attention. Entre les branches grisâtres des arbres décharnés, il crut apercevoir une blancheur vagabonde. Le moment ou jamais de passer à l’action. « Toi, tu ne m’échapperas pas. » Fermement déterminé à en découdre avec la créature, il entama une course à travers les roches désertiques. Jusque-là relativement décontracté, son allure modéré lui avait permis d’économiser ses forces. Des craquelures brunes défilaient sous ses pas en un motif imperceptible. Lui ne quittait pas des yeux la lueur immaculée. D’abord vacillante, celle-ci devenait de plus en plus assurée à mesure que les secondes s’écoulaient. La jeune fille, probablement épuisée de la traque et des traitements douteux que l’Enfer lui avait réservé, adoptait un rythme de marche relativement rapide. Ce n’était que l’affaire de quelques minutes, et si la chance lui souriait, aucun de ses congénères ne parviendrait jusqu’à elle avant lui.

Enthousiasmé par la perspective d’ajouter une victime à son tableau de chasse, le brun avait regrettablement oublié que la zone dans laquelle il se trouvait n’était pas des plus hospitalières. Des colonnes de fumée grisâtre s’élevaient de la terre ça et là. Un mauvais présage qu’il ne remarqua même pas. Ivre du sang qui pulsait à ses oreilles, il n’entendit pas le funeste jaillissement. Surgie des profondeurs, la vapeur se dressa devant lui. Ce fut sa jambe qui en fit les frais avant qu’il ne roule sur le côté. Le tissu n’offrit qu’une maigre protection. Une certaine douleur remonta le long de sa chair. Désormais couvert de terre, le Démon se releva sans tarder, s’efforçant d’ignorer la désagréable sensation. En dépit de ce malencontreux incident, il ne lui fallut que quelques minutes pour rattraper l’Ange. Acculée contre un rocher, de violents tremblements secouaient le corps de celle-ci. Une lame hésitait entre ses doigts. L’autre s’immobilisa, certain de son succès. « On dirait bien que la petite souris est prise au piège. » La pointe de sa hallebarde se ficha dans le sol. Parfaitement à l’aise, le brun se frotta les mains. L’horreur s’invita dans les prunelles de la jeune femme. Entre deux sanglots, quelques mots étouffés lui parvinrent. « Laissez-moi tranquille. Je vous en prie... » À en juger par les traces violacées qui meurtrissaient sa chair, l’un de ses semblables était déjà passé par là. Qu’importe. Il avait envie de s’amuser.

Être magnanime ne faisait pas partie de son caractère. En réalité, le Démon prenait un malin plaisir à prolonger la souffrance de ses proies. Que ce soit de douleur ou de désir, il aimait les entendre crier. D’un geste mesuré, il fit pivoter ses mains vers lui. L’Ange vit avec stupéfaction ses propres paumes se tourner vers sa poitrine sans qu’elle n’y consente. Les secousses de ses doigts ne purent empêcher le tissu de se déchirer. « S'il vous plaît, soyez clément. » Ses lamentations ne changeaient rien. C’était à lui de dicter les règles du jeu, quand bien même il restait un novice en la matière. Afin de le lui prouver, il orienta ses gants de manière à ce que la lame repose contre le coeur de la jeune femme. « Ne crains rien, ma jolie. Je sais exactement ce que je fais. » Une jouissance malsaine accentuait l’or de son regard. Soudain, un craquement sonore lui fit tourner la tête, accordant quelques secondes de répit à l’immaculée. Un mystérieux observateur venait de chuter à leurs côtés. Manifestement sonné par le choc, il lui fallut un certain temps pour reprendre ses esprits. Le Démon fronça les sourcils. Une colère noire lui fit cracher une simple question. « Qu’est-ce que tu fais ici ? » La ressemblance était frappante. Secouant la tête, il avisa les ailes du nouveau venu. Tout ceci ne faisait aucun sens.

Qui était-il ? Puisqu’il ne pouvait serrer le poing, sa mâchoire se contracta. Tout à coup, cette joyeuse mascarade ne l’amusait plus. Soufflées de son esprit, ses pensées s’éteignaient face à la rage sans nom qui lui dévorait désormais les entrailles. Lentement, le poignard s’enfonça dans la chair de l’Ange. Une gerbe de sang jaillit de ses lèvres. Insensible à ses cris, il ne quittait pas le blessé des yeux, s’attendant à tout instant à voir son père dévoiler ses véritables traits. Seul le chagrin se lisait sur son visage, accompagné d’une touche d’incompréhension ou d’impuissance. Cela n’avait aucune importance. Le jeune homme ne prit même pas le temps d’achever sa première victime. L’enjeu de sa présence sur ces terres maudites avait brusquement disparu. Il fallait agir. Vite. Son instinct prit les commandes. Sans laisser le temps au blond de récupérer ses forces, il abattit sa hallebarde contre son crâne afin de le rendre à l’inconscience. Une lueur cruelle couvait dans son regard. Le corps tituba. Le Démon empoigna la chevelure ensoleillée d’un geste brusque. « On va aller faire un tour quelque part, toi et moi. » Peut-être commettait-il là la plus grande erreur de son existence. L’absurdité de la situation l’empêchait de réfléchir. Cependant, il n'avait jamais cru au hasard. D’une manière ou d’une autre, Saül comptait bien découvrir le fin mot de l’histoire.

~ . ~

Quelques instants plus tard, deux Démons jusque-là inconnus firent leur apparition sur la scène. Si l’inquiétude ne creusait pas leurs traits, une mauvaise humeur manifeste s’y logeait. L’un d’eux jeta un œil au cadavre qui reposait dans une mare de sang. L’autre donna un coup de pied brutal dans l’un des rochers. « J’étais sûr qu’il était là. On va se faire massacrer si on ne le retrouve pas vite. » La perspective de rentrer bredouilles suffisait à faire resurgir la peur du tréfonds de leurs entrailles. La clémence de leur Maître ne se manifestait qu’en de rares occasions, et ils ne doutaient pas de son inventivité lorsqu’il s’agissait de punir les échecs. Le premier se frappa le front en découvrant la morte. « Si celui qui a fait ça lui a mis la main dessus, je ne donne pas cher de sa peau. Pourquoi a-t-il fallu que ça tombe aujourd’hui ? » En vérité, le fugitif aurait eu bien d’autres occasions de prendre la fuite, et qu’il choisisse celle-ci était des plus regrettables. Ils avaient été négligents, et cela risquait bien de leur coûter plus cher qu’ils n’étaient prêts à payer. Agenouillé, l’autre récupéra quelque chose sur le sol. « Regarde. On est sur la bonne voie. » Un rictus démoniaque se dessina sur les lèvres de son acolyte. Tout n’était peut-être pas perdu. « L’Oeil soit loué. » Une mèche blonde en leur possession, ils reprirent leur recherche.

1 672 mots




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Isiode & Isley
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MessageSujet: Re: [Événement] - Celle que l'on ne contredit pas.    Mar 05 Juin 2018, 22:15




Celle que l’on ne contredit pas

# Tuer ou être tué




La voix d’Hayden était claire et vibrante tandis que son regard nous transperçait de toute part. Il était extrêmement nerveux par la situation, mais moins encore que Nora, qui faisait les cent pas derrière nous, bien décidée à partir seule, s’il le fallait, jusqu’aux Terres Arides pour arrêter – s’il était encore possible – le jeune Hemmiel. Cependant, Travis essayait tant bien que mal de lui mettre un peu de raison dans la caboche, mais la jeune guerrière ne voulait rien entendre, si ce n’était pas les ordres de notre capitaine lui-même. Tout ce qu’elle voulait, c’était partir et retrouver son élève dans les plus brefs délais.

« Soldat Wagner, ça suffit comme ça. »

Le timbre n’était en rien menaçant et pourtant, on pouvait clairement percevoir une note d’avertissement dans l’inflexion de sa voix. Depuis que nous avions rassemblé toute la Troupe Xēna à la suite de la découverte faite par Nora, le capitaine Endeover se montrait particulièrement implacable et intransigeant, avec raison. L’un de ses soldats avait pris la poudre d’escampette pour sauver un être qui lui était cher en plein cœur des Terres Arides, territoire démoniaque déjanté et agité depuis que l’annonce d’une chasse aux Anges avait été éparpillée à travers les Terres du Yin et du Yang. En soi, il ne blâmait pas l’intention derrière la décision prise par l’aspirant, mais il critiquait durement le manque de jugement et de prudence de l’apprenti. Certes, il s’agissait de sa deuxième sœur, qu’il semblait avoir perdu lors de l’attaque des Démons sur les Terres Blanches, et même si nous ne connaissions rien à l’histoire qui les liaient tous les deux, il aurait mieux fait de nous en parler avant de s’arrêter sur une telle décision et fuir, comme ça, en pleine nuit, sans avertir qui que ce soit de sa destination et de ses intentions. En soi, le capitaine avait beau comprendre ce qui avait poussé le jeune homme à partir ainsi, il était désormais furieux.

« Je suis extrêmement embêté par cette situation… »

C’était un euphémisme.

« Les premières Patrouilles seront envoyées demain pour recueillir des informations sur la zone, mais il sera déjà trop tard pour Hemmiel… »

Notre supérieur réfléchissait et attendait de nous le silence le plus complet. Il n’était pas fier de nous : entre nos combats idéologiques, dont la fréquence s’est tout de même rallongée depuis notre fameux entraînement spécial, et nos initiatives insensées, il ne savait plus quoi faire de nous. Pourtant, il persistait à croire en nous… J’espérais qu’un jour, nous puissions lui rendre la pareille, le rendre enfin fier d’être notre capitaine.

« Je n’ai pas le choix… Soupira-t-il sans oublier de nous lancer un regard foudroyant. Je ne peux pas me permettre de tous vous envoyer là-bas. Il pourrait s’agir aussi bien d’un jeu que d’un piège : nous ne pouvons pas en être sûrs, pas tant que nous n’y avons pas mis les pieds. »

Hayden parlait en marchant, longeant la ligne que nous formions, droits et muets, comme des statues de pierre.

« Soldat Wagner, Galathiel et soldats Yüerell – oui, vous deux – vous irez, tous les quatre, aux Terres Arides le plus rapidement possible. Je veux que vous rameniez Hemmiel aux Jardins au plus tard demain soir.

- Demain soir? S’étonna Acram en faisant un pas en direction d’Hayden. Mais ça nous laisse moins de trente-six heures pour le retrouver!

- Alors ne perdez pas de temps et partez immédiatement! Pour les autres, vous resterez dans vos quartiers jusqu’à ce que je vous en donne l’ordre d’en sortir. Me suis-je bien fait comprendre? »

Silencieux et obéissants, nous acquiesçâmes tous d’un signe de la tête, très lentement.


« C’est la première fois que je voyais le capitaine dans un tel état, me confiais-je à mon frère lors de notre vol jusqu’aux Terres Arides.

- Ce n’est pas étonnant, avec tout ce que nous lui faisons subir… » Soupira Isiode.

Nous volions le plus bas que nous le pouvions, ayant traversé l’Océan, des plaines dévastées, des plateaux enneigés et après des heures incalculables de vol et une pause bien méritée au cours de la nuit passée, nous pouvions enfin apercevoir les Terres Arides droit devant. Étendue de poussières, de lave sèche et de pierres, l’imposant Volcan Ardent surplombait le territoire aussi majestueux que dangereux, laissant émaner de sa bouche une fumée noirâtre qui s’élevait jusqu’aux cieux, d’où notre obligation à voler presque à ras du sol pour nous rapprocher du territoire damné.

« Le territoire est si grand! J’espère qu’Hemmiel ne s’est pas enfoncé trop profondément dans le territoire pour retrouver Elsa…

- Quel imbécile! Pesta alors Nora, ses yeux aussi aiguisés que ceux d’un prédateur à la recherche de sa proie. À quoi pensait-il?! »

C’est ce que nous nous demandions tous, mais en même temps, nous connaissions déjà la réponse à notre question : l’amour, qu’elle soit passionnelle, nationaliste ou fraternelle, nous rendait, plusieurs fois, aveugle et fou. Je pouvais très bien le comprendre…

« Arrêtons-nous ici… » Suggéra soudainement mon frère au reste de notre groupe et, d’un même mouvement, nous nous mîmes à planer pour finalement atterrir non loin de ce qui semblait être le début des Terres Arides.

La végétation, en effet, se faisait plus rare, plus petite et frêle tandis que le sol sain laissait peu à peu la place à une terre fissurée et foncée, comme si elle était malade.

« Acram, Isley, si cela ne vous dérange pas, seriez-vous disposer à rester en arrière pendant que Nora et moi-même irons ratisser le territoire à la recherche d’Hemmiel? Nous n’avons aucune idée de ce qui nous attend et le mieux serait d’avoir une petite unité prête à réagir si la situation tournait à notre désavantage.

- Ça me va », consenti Acram en attendant ma réponse, laquelle je fournis par un simple hochement de la tête.

Sans plus attendre, nous reprîmes notre envol à basse altitude, avalant les distances aussi vite que nous le pouvions et après de nouveaux kilomètres traversés, nous finîmes par nous séparer : Nora et Isiode se dirigeaient droits devant eux, bien décidés à retrouver la trace du jeune Immaculé tandis qu’Acram et moi ralentissions petit à petit la puissance de nos battements d’aile, histoire de rechercher un coin plus ou moins tranquille pour nous poser et attendre le retour des deux guerriers. Cependant, des cris, des hurlements, jaillissaient du territoire, comme si la clameur des hères enfermés dans les entrailles des Enfers était expulsée par les fissures qui zébraient la terre.

« C’est horrible! Explosa Acram. J’aimerais tellement…

- N-Ne fais rien de stupide! Nous… »

Pouvons-nous vraiment faire quelque chose pour toutes ces âmes? Je serrais des dents alors que mes poings se refermaient brutalement. Tous ces Démons jouaient avec nous… Ils nous mettaient à bout, nous prenaient pour des imbéciles… Comment pouvions-nous sauver tous ces Anges? COMMENT?!

« À L’AIDE!! »

Un hurlement, plus strident et fou que les précédents – si nous pouvions vraiment évaluer un cri de douleur à un autre cri de douleur…– rugit non loin de notre position. D’un seul coup, Acram et moi tournâmes nos visages vers la source d’une telle hystérie, apercevant une jeune femme courir à perte d’haleine alors que, derrière elle, une bête affreuse la pourchassait. À cette vision, mon cœur rata un battement.

« AIDEZ-MOI! AIDEZ-MOI!! »

Elle nous regardait droit dans les yeux alors, qu’immobiles dans les airs, nous la contemplions sans mot dire.

« Nous pouvons… Commença Acram d’une voix forte.

- … »

Sans attendre, je volais droit vers la jeune femme, rapidement suivi par mon compagnon et sans attendre, nous dégainâmes nos armes, atterrissant devant la créature enragée aux yeux injectés de sang. L’animal ressemblait à un chien gigantesque au pelage aussi noir que les ténèbres et aux crocs aussi affutés que le tranchant de nos épées. Était-il sous le commandement d’une plus puissante entité?

« Partez! Dépêchez-vous! » Cria Acram à la jeune Ange qui, sans demander son reste, pris ses jambes à son cou.

Et l’instant suivant, le combat fut immédiatement engagé entre la bête et nous. Elle était grosse, mais agile, furieuse et sans pitié. Nous tentions de la repousser au mieux, mais le chien revenait toujours de plus belle, gueule béante, prête à nous embrocher vivant sur ses crocs. Cependant, à un moment du combat, le chien se mit à s’exalter violemment, le sang qu’il était parvenu à puiser de nos blessures semblant le revigorer et l’extasier. Haletants, suant à grosses gouttes, que ce soit en raison de la chaleur pesante des lieux ou de la bataille dans laquelle nous nous étions engagés, Acram et moi essayions tant bien que mal de rester debout face à l’adversité, cette derrière n’attendant qu’une ouverture pour nous déchirer vivant.

« S-Saleté!! S’époumona Acram en fonçant tête baissée sur l’animal.

- ACRAM!! »

Porté par la panique et l’adrénaline, je courus rattraper mon partenaire tandis que la bête, affamée, ne se fit pas prier pour se jeter, elle aussi, sur mon coéquipier. Mais au dernier instant, je parvins à la hauteur d’Acram et à m’interposer entre lui et la bête. Cependant, gueule grande ouverte, la créature ne fit qu’une bouchée de moi, enfonçant profondément ses crocs dans mon armure pour la perforer: un éclair explosa au niveau de mon ventre. Je poussais un hurlement de douleur alors qu’Acram, conscient de ce qui venait de se passer, leva rapidement son épée pour l’abattre sur le visage du chien, en plein dans son œil. L’animal relâcha instinctivement mon corps en le jetant de toutes ses forces sur mon compagnon, qui, tant bien que mal, voulu me rattraper, mais tomba malhabilement au sol à cause de la force du coup. Acram voulu immédiatement se dégager de sous mon poids, mais je l’en interdis, lui lançant un regard vide et trouble.

« N-N-Non…

- Mais Isley, il va pourchasser de nouveau cette…

- T-Tais-toi… »

Doucement, la bête s’approcha de notre position, reniflant minutieusement nos corps avant de redresser subitement la tête, comme si elle venait de percevoir un son – ou un appel? Dans un hurlement de joie, le chien géant reprit sa course.

« Isley? C’est bon, il est parti… »

Silence.

« Isley? »

Seuls une dizaine de jappements lui répondit dans le lointain tandis qu’une voix, étouffée et ensevelie par l’excitation des bêtes, s’éteignait à tout jamais.


1 725 mots


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Isiode YüerellIsley Yüerell
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Zane Azmog
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MessageSujet: Re: [Événement] - Celle que l'on ne contredit pas.    Mar 05 Juin 2018, 23:01


Inspirant l’air autour de lui en bombant le torse, le démon relâcha ce dernier en un souffle impatient qui décrivait à merveille son état d'âme. Celui ou celle qui avait engendré ces jeux prenait un risque, et non des moindres : celui de le contrarier. Zane avait de nombreuses préoccupations qui passaient en priorités à des distractions puériles qu’il était bon de considérer comme une mise en bouche par rapport aux grands jeux du royaume. Mais la bête aurait difficilement pu ignorer l’événement quand il eut fait face à l’attroupement qui le composait. Pour quelqu’un de son niveau, appréhender des Anges s’avérait être aussi ludique qu'une partie de cartes contre des aveugles, d’autant plus dans un lieu qui lui appartenait de droit. Ce milieu hostile étant celui des Démons, la défaite n’était pas tolérée pour les gens de son peuple. Le diable avait acquis un esprit élitiste au fil des siècles, et celui-ci s'affermissait de plus en plus. Toutefois, c’est pour une raison bien plus personnelle qu’il avait décidé d’entrer en scène. En fait. Il y en avait exactement deux. La première concernait son clone, Icare. D’ordinaire à l’abri, protégé et honoré par sa bonne grâce, l’Ange pouvait se targuer d’avoir quelques prérogatives. Pour cette raison, Zane avait pris pour partie de le mettre à l’épreuve, de voir si, comme lui, il disposait de cette volonté propre capable de faire trépider cette flamme au fond de son petit cœur. Sa survie dépendrait uniquement de lui, de la chance et de la protection que lui conféraient les Aetheri. Une apparence semblable à la sienne ne suffirait toutefois pas à susciter son effervescence. Quant à la seconde raison, il s’agissait d’un jeune homme en pleine scolarisation qui se tenait actuellement à ses côtés. Le jeune Lucius avait été traîné ici de force. Il connaissait non seulement la région, mais disposait aussi d’un potentiel latent qui ne demandait qu’à être tonifié. De plus, le Monarque avait bien l’intention d'expérimenter son invention dans ce chaos primitif.

« Père. Tuer des anges miteux ne m’apportera aucune croissance. Ils sont clairement pénalisés en plus de… »

Le jeune démon se fit littéralement couper la parole. En effet, la lame de son cher créateur s’étant légèrement logée dans sa chair, ce dernier cracha une gerbe de sang, visiblement interloqué par l’esprit malin de sa lignée, même s’il en connaissait la plupart des ressorts. Le regard noir du Diable n’admettait aucune pitié. Comment son fils avait-il pu croire un instant qu’il allait lui faciliter la tâche ? Les Azmog étaient uniquement engendrés dans un but où seule la méritocratie avait ses droits. Zane négligeait volontiers ceux qui n’étaient pas à la hauteur, tandis qu’il encensait ceux qui, comme lui, pouvaient porter son nom jusqu’au sommet. Pour devenir une légende, il fallait rendre le mythe crédible. Le concept de vulnérabilité n’existait pas chez les siens. Ceci était un rouage intégrant à sa philosophie. Lorsqu’il retira l’acier de l’omoplate de son fils, le sang lui éclaboussa au visage sous l’indifférence du compositeur. La main sur sa plaie, le jeune homme haletait. Si la blessure avait semblé être superficielle, l’état suffocant et en sueur de l’engeance en disait long sur sa réelle sévérité.

« Pourquoi tu… »

« J’estime que pour se hisser sur des cimes hors d’atteinte en temps normal, il faut être prêt à faire des sacrifices. Les Dieux t’ont mené à moi, et l’œil plus particulièrement, m’a accordé sa confiance en me nommant maitre d’un monde que je peux gouverner à ma guise. Si tu es, comme je le pense, voué à me surpasser, alors ce handicap te mènera vers ta destinée. Je refuse de te voir échouer, mais je refuse encore plus de te voir accéder à la victoire par la simple facilité que t’accorde ce jeu. Regarde autour de toi, fils ».

Le chaos régnait. Mais il ne s’agissait pas d’un chaos harmonieux engendré par une quelconque crise territoriale, non. Celui-ci était déstructuré, si bien du côté des Anges que de celui des Démons. En vérité, aucun de ces emplumés n’aurait normalement eu l’occasion de pouvoir s’enfuir compte tenu de leur vassalité, et pourtant…

« Vois-tu, fils… »

Bondissant telle une bête affamée, le prédateur se manifesta devant l’un des évadés. Comme un serpent qui ouvrit sa grande gueule pour ingurgiter sa proie en une fraction de seconde, sa main s’écrasa prématurément sur la gorge de l’individu. Sous son pied droit qu’il remuait pour intensifier la douleur de la victime, un autre Ange hurlait de tout son être pour qu’on mette un terme à ses souffrances.

« Seuls les cris de terreur font partie constante des trophées qui te seront accordés. »

D’un geste à la fois lent et funestement ramassé, il clôtura sa démonstration en piétinant la tête de l’un et en brisant la nuque du second. Puis, en prenant un élan enthousiaste, il conféra un puissant coup de pied dans les côtés de Lucius pour le faire voltiger au loin, au milieu de l’anarchie ambiante. S’élevant dans les airs, le Roi observa scrupuleusement en croisant les bras, attentif et souriant.

Bien qu’il se trouvait dans un sale état avant même le début des festivités, Lucius se releva assez rapidement pour éviter de se faire heurter par les participants de ce cirque. Il avait l’habitude des coups bas, et il devait admettre devenir de plus en plus réactif vis-à-vis de ça. Alors qu’il tenta de mettre de la distance entre lui et le groupuscule, il se fit soudainement saisir par deux ennemis qui — en toute logique — le prenaient pour un détracteur. Le premier immobilisa son bras tandis que le second entreprit de lui décocher un puissant coup du droit, mais bien que la douleur soit présente, celui-ci profita de ses réflexes aguerris pour esquiver de justesse avant de finalement répondre par un contre bien amorti dans l’abdomen. Il plaça ensuite sa paume au niveau du visage de celui qui le tenait, sa paume libérant alors une salve de sable qui embruma temporairement l’ennemi. Il passa rapidement sa main à l’intérieur de sa chemise pour se nantir du gant armé qui était sien, profitant de l’effet de surprise pour planter ses griffes au travers de son thorax. Pourtant, bien qu’il avait échappé à la première vague, la seconde fut plus résiliente…

Asséné de tous les côtés, il manqua de s’étouffer à plusieurs reprises. Il avait failli en tentant désespérément d’inoculer sa toxine aux individus, et la fureur des animaux acculés ne s’était pas fait attendre. Il se sentit partir, quand soudain… une lueur éveilla ses sens endoloris. Comme une renaissance résultant d’une condition qu’il avait remplie, la mutation de l’adolescent s’était enclenchée. Plus grand, plus large, plus musculeux, plus bestial… Il correspondait merveilleusement à l’idée qu’on se faisait d’un mini-Zane. Vociférant sa rage bicéphale au travers d’un cri perçant qui repoussa à elle seule les assaillants, le garçon se déplaça d’un vif éclair pour plaquer sa première cible au sol. L’air terrifié de la victime, plus que jamais conscient de la fin qui l’attendait tenta le tout pour le tout en portant délibérément sa lame vers la gorge de son agresseur. Hélas pour lui, le poing de la créature frappa comme un marteau sur la jointure de son articulation, la brisant sans plus d’effet de style. Quant aux cibles suivantes, elles furent bien incapables de prendre la fuite malgré la foule qui fourmillait aux alentours. Plus enragé que jamais, comme possédé par le démon intérieur qui vivait en son sein, il frappa son visage, encore et encore. Chaque coup qu’il enfonçait dans ce morceau de viande était plus viscéral que le précédent. Ce n’est que quelques secondes plus tard qu’il cessa les hostilités, tandis que la tête, complètement méconnaissable, voyait ses morceaux rassemblés sur les phalanges de Lucius. La chasse étant alors quasiment terminée, Zane effleura lentement la nuque du garçon. Si Lucius semblait hors de contrôle au point de lui sauter dessus tel un animal en rogne, sa gracile chevelure songea à le neutraliser en s’enveloppant autour de lui.

« Magnifique. Vraiment splendide. » Il regardait son fils avec admiration, sans doute pour la première fois.

« Tu as franchi le seuil… grâce à la drogue que j’ai ingérée à l’intérieur de ton organisme en début de partie. » Il contempla le jeune homme de la tête au pied, étudiant les moindres changements physiques, aussi mineurs soient-ils.

« L’adrénaline est une hormone fascinante. En améliorant sa structure, elle t’a permis de te rendre bien plus fort que tu ne l’es en réalité. Annexée à la dopamine, elle t’a en outre révélé à toi-même. »

Lucius peinait à reprendre son souffle — probablement à cause du dopage —, mais en écoutant son père, il ne pouvait s’empêcher de penser qu’il avait peut-être raison. Cette fureur qui l'avait habité à l’instant. Cette puissance qui avait émané de toute part et qui avait circulé dans ton son sang… il avait apprécié.

« Tu approuves enfin mes méthodes. Ceci n’est que le prélude de ce que tu peux devenir. Suis-moi. » Zane lui tendit la main. Et contre toute attente, Lucius l’accepta.



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Mancinia Leenhardt
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MessageSujet: Re: [Événement] - Celle que l'on ne contredit pas.    Mar 05 Juin 2018, 23:40

Cela faisait plusieurs jours que l'événement avait été prévu, méthodiquement organisé par plusieurs Seigneurs. Aucun n'avait eut une once d'hésitation à promouvoir leur séduisante idée pour motiver les troupes. Une Chasse. La nouvelle s'était rapidement répandue au sein de leurs rangs et, sans aucun doute, ceux de leurs ennemis. Chacun y avait veiller, d'une certaine manière. C'était tellement agréable de voir les Anges réduit à ramper au sol. Achendia était réellement née dans une époque étincelante pour la gloire de sa race, elle veillerait à être méritante et obtenir ce qu'elle souhaitait. Il était encore tôt, mais rien ne l'empêchait de se raccrocher à ce but. Exaltation. La sienne. Car autant dire qu'une certaine exaltation traversait les Démons ayant la patience d'attendre le début de l'événement, d'autres, impatients, essayaient d'occuper le temps comme ils le pouvaient. La demoiselle passait la langue sur ses lèvres en savourant le goût de la sauce qui recouvrait la viande qu'elle dégustait. Lentement, faisant semblant de réfléchir à un plan infaillible, alors qu'il n'en était rien. Elle désirait juste prendre part à la chasse et y prendre du plaisir. Courser quelques Anges serait un excellent exercice vu l'ennui qui la gagnait depuis quelques temps, la routine infernale qui s'installait. Il n'y avait aucune sécurité à la guerre et l'idée que des emplumés survivants essaient de sauver les misérables écrasés sous leurs pieds l'excitait. Encore un excellent moyen de réduire leur nombre si besoin est. Un accident était si vite arrivé. Dans cette auberge modeste de Sahōdara, la vie indécente suivait son cours. Ce serait bientôt l'heure du début des hostilités, autant ne pas se mettre en retard.

La Cité était éloignée du Jvālāmukhi, mais la Démone doutait que les captifs prennent cette direction pour s'enfoncer au coeur de leur territoire, ou risquer de subir une éruption abrupte. Quoique cela leur donnerait un air de poulet rôti, une oeuvre artistique relativement intéressante. Pouvait-on imaginer une route complète réalisé avec leurs corps carbonisés, à jamais suppliciés aux yeux de tous ? Sourire aux lèvres et désireuse d'obtenir sa part, la Démone s'était mise en marche dans la direction opposée, vers l'un des villages en construction et où la main d'oeuvre devait sûrement servir de gibier. Cette évidence lui permit de prendre un peu d'avance sur les plus inexpérimentés. Elle ne valait pas encore les Démons de plus haut niveau, mais ce n'était pas en redoutant les choses que la créature progresserait. Autant y aller à coup de poing. Et c'est ainsi qu'elle se retrouvait perché en haut d'une des falaises d'un grand canyon, en plein milieu de la l'après-midi. La chaleur n'était pas insoutenable, mais relativement désagréable. Le ciel dégagé permettait aux rayons ardents de venir éclairer les lieux à des kilomètres. Si quelqu'un bougeait, Achendia le verrait. Elle allait en choper un. Pour la Gloire de L'Oeil. Cela devait bien faire trois heures qu'elle attendait, assise, buvant quelques gorgées de vin en s'adaptant à son environnement.

Aucune aura n'est parvenue à ses sens, se seraient-ils enfuis plus loin ? Pourtant, elle ressent quelque chose. Assez brouillon et bancal, mais une présence vers l'est s'agitait. Elle paraissait bouger un peu, mais lentement. Autant suivre cette piste, aussi mince soit-elle. Les minutes s'écoulaient au fil de ses battements d'ailes et toujours aucune trace du fuyard. Pourtant, la Démone ne s'en formalisait pas : elle ne s'attendait pas à ce que la tâche s'annonce aisée, bien qu'elle était persuadée de parvenir à ses fins. Pour parvenir à s'échapper, ce dernier devait être un minimum dégourdi. Rapidement, elle parvint à une zone située en plein milieu du canyon. Si un Ange était bien là, cette femme ne tarderait pas à lui mettre la main dessus. La précipitation ne faisait pas partie de ses moeurs et sa précédente sensation pour le moins étrange le laissait supposer que même en voulant s'enfuir, sa proie n'irait pas bien loin. Ou alors elle irait loin, mais à la vitesse d'une tortue. Le silence occupant tout l'espace, Achendia décida de descendre de quelques mètres pour passer la zone au peigne fin. Alors qu'elle pensait joyeusement entamer une partie de cache-cache, des traces attirèrent son attention. Des tâches rougeâtres, voire violacées dans la lueur du Soleil. Une couleur et un aspect qu'elle ne connaissait que trop bien. Du sang. Cette sombre découverte, plutôt que de l'inquiéter, semblait le ravir au plus haut point. Un large sourire étirait ses lèvres. Les événements devenaient de plus en plus intéressants.

Sentant qu'elle était doucement en train de gagner du terrain, la Démone se mit à suivre ces traces, prenant grand soin à se fondre dans le décor. Suivant la piste en restant néanmoins sur ses gardes, en ne sachant sur quoi elle allait tomber, Achendia demeurait méfiante. S'agissait-il bien d'un Ange ? Ou était-ce encore une blague d'un des siens pour lui faire perdre son temps ? Cela ne l'étonnerait pas, ces lubies faisaient parties du jeu. Ses quelques interrogations furent bien vite balayées par une découverte encore plus macabre : un bras, de la main jusqu'au coude, orné d'une fameuse menotte, gisait au sol. Bien que surpris quelques instants, plutôt que d'être prise d'effroi, elle se demandait si elle n'allait pas devoir rapatrier le fugitif en pièces détachées. Elle qui pensait mener une partie de cache-cache se trouverait-il finalement à devoir reconstituer un puzzle ? Il n'y avait qu'une seule manière de le savoir.  Celle de poursuivre cette chasse. Les traces de sang qui jonchaient le sol en abondance finirent par la mener jusqu'à une petite grotte. Quoi de plus logique, un animal blessé cherchera toujours un refuge pour se cacher des prédateurs. Y pénétrant avec prudence, Achendia ne mit que très peu de temps à tomber devant ce qui semblait être un cadavre de femme. La malheureuse gisait pitoyablement contre un mur, son corps abîmé étant pris de multiples secousses. Elle vivait encore, dans un état inutile.

Notre demoiselle soupirait intérieurement : sa proie était dans un bien piteux état. Déçue ? Probablement. Cette dernière avait du faire une sale chute, s'arrachant le bras sur un des pics escarpés des environs et se serait traîné ici. Avoir des ailes et ne pas savoir voler. Misérable. La femme mit son pied sur la blessure de l'emplumée, lui arrachant un cri si faible, qu'il en aurait fait pleurer tout être bénéfique. Elle, ça la faisait rire. C'était pitoyable. Elle s'était traînée ici pour rien. Crever dans son coin ou entre leurs mains, quel était la différence ? La Démone allait la ramener en la traînant derrière elle. Tant pis si elle mourrait, non ? C'est vrai que les règles demandaient de ne pas spécialement les tuer, mais...Qu'en pouvait-elle si sa proie était inapte ? Elle s'abaissait pour lui saisir les cheveux. Un instant. Les traces n'était pas lisses, droites et unies. C'était des tâches, comme des gouttes. Quelqu'un l'avait porté. La petite chose blessée dans sa chute n'était pas seule. Comme Achendia l'avait escomptée, le gamin qui s'était dissimuler derrière un rocher lui faisait face. Il n'opposait aucune forme de résistance : son état ne le lui permettait pas. Ce dernier mit ses au-dessus de sa tête, devinant que rien n'arrêterait une arme si cette dernière décidait de se débarrasser de lui, mais terrifié à l'idée de souffrir avant de mourir. Silence. Voici ce qui est installé depuis son arrivée. Le silence. Il ferme les yeux et serre les dents, tremblant.

Il y a quelques semaines, Raijin aurait été avec des amis. Il aurait marché avec eux, du moins s'il ne pleuvait pas. Il aurait seconder son père dans son ébénisterie pour parfaire son art. Pourtant, il est enfermé. Retenu prisonnier d'une bande d'êtres sanguinaires. Il aurait pu s'enfuir, mais cette action aurait été vaine. Il le savait. Il s'en était douté. Il avait cru à la liberté, mais c'était un espoir fugace. L'Ange le savait. Il avait cru aux paroles de son amie, désormais mourante des suites de sa blessure. Et ce qui l'attendait était sûrement pire. La Démone baisse les yeux. Son humeur taquine disparaît bien vite pour laisser place à l'excitation quand elle s'aperçoit du petit être terrorisé devant elle. Il était faible. Il le méritait. Elle déploie ses ailes, victorieuse et fière, dévoilant sans honte ce qu'elle était, pose ses mains sur ses hanches et prend un air provocant.

Inutile de t'enfuir, mon petit Ange. Tu es à moi.

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MessageSujet: Re: [Événement] - Celle que l'on ne contredit pas.    Mar 05 Juin 2018, 23:57




Celle que l’on ne contredit pas

# Elle sera toujours là




« Hemmiel! Dépêche-toi! Il te rattrape! »

En voyant toutes les difficultés qu’avaient Hemmiel à suivre notre rythme de vol, j’écartais brusquement mes ailes pour me ralentir et je pivotais sur moi-même pour faire face au Démon qui nous poursuivait inlassablement. Après plusieurs minutes à essayer de le localiser, j’étais finalement parvenu à sentir la présence du jeune apprenti tout près de notre position. L’entreprise fut ardue, non pas seulement à cause de ma Magie plus ou moins défaillante, mais surtout en raison des créatures démoniaques qui s’étaient mises à nous chasser quelques temps après que nous ayons été séparés du groupe d’Isley et d’Acram. Maintenant, si nous étions parvenus à distancer la majorité de nos adversaires, celui qui nous pourchassait depuis un bon moment déjà ne lâchait pas prise, bien décidé à nous rattraper et seuls les Ætheri pouvaient savoir ce que cette engeance nous réservait s’il finissait par nous mettre la main dessus.

« Isiode, qu’est-ce que tu fais?

- Va aider Hemmiel avec sa sœur! Je vais le ralentir pour vous! »

Je savais parfaitement que Nora allait répliquer, mais au lieu de l’écouter, je fonçais droit sur le démon, lançant une offensive frontale, laquelle fut rapidement bloquée par le Démon qui contrattaqua aussitôt, envoyant l’une de ses pattes décharnées au niveau de ma poitrine pour la lacérer. Je ne lui laissais pas la chance de me toucher, évitant son coup en reculant. Immédiatement, l’engeance réitéra son offensive. À chaque nouvelle attaque, je m’éloignais de la créature démoniaque et, bien heureusement pour moi, cette imbécile semblait avoir complètement oubliée mes compagnons qui filaient, je l’espérais, à toute vitesse jusqu’à la frontière des Terres Arides.

« Ils ne s’en sortiront pas. »

Je ne fis aucunement attention à ce qu’il disait, poursuivant simplement le combat dans lequel je m’étais engagé pour mes camarades. Ils s’en sortiront et de ceci, j’étais convaincu. Nora était la meilleure épéiste de notre Troupe et s’il y avait bien quelqu’un contre qui ce Démon n’aurait pas voulu se frotter, c’était bien elle. Surtout après avoir été témoin de l’agression qu’il avait chargé sur Hemmiel alors que ce dernier tentait vainement de fuir avec sa sœur, affaiblie et maigre. À présent, elle était avec son élève : je me reposais aveuglément sur le jugement de la guerrière. C’est pourquoi je me permis d’y aller un peu plus franchement, cessant d’éviter et de planer comme vautour autour de mon adversaire.

« Ils mourront et crois-moi, je me délecterais de leurs chairs avec avidité. »

Une fois encore, je me fermais à ses provocations, simplement concentré au combat. Il était temps que je l’abatte et que je fonce rejoindre mes coéquipiers. Si je reste ici trop longtemps, je risque de ne pas pouvoir m’en sortir vivant.

« À quoi tu penses? T’échapper? »

Brusquement, le Démon m’attrapa par la gorge, ses doigts crochus et sales s’enfonçant un peu plus chaque seconde dans ma chair. Je me débattais comme une furie dans sa poigne, cherchant de l’air. Le Démon rigolait, comme hypnotisé à me voir ainsi agoniser dans ses mains. Était-ce si satisfaisant de contempler la Mort d’aussi près? Ces créatures, décidément, étaient complètement dérangées! Subitement, je levais mon épée avant de porter un coup d’estoc à l’estomac de mon ennemi. Dans un cri, celui-ci me relâcha prestement tandis que je retirais précipitamment mon épée de ses chairs.

« Toi… »

Je ne le laissais pas finir sa phrase, lui administrant un second coup à la hauteur de la tempe, ce qui eut tôt fait de le déboussoler. Le visage fermé et inexpressif, je le regardais chuter dans les airs et avant même qu’il n’atteigne le sol, j’étais déjà parti, bien trop pressé de retrouver mes camarades et m’assurer que tout allait bien pour eux. Essoufflé mais non moins déterminé, je filais le plus vite que je le pouvais au-dessus des Terres Arides. Dans toutes les directions, je pouvais entendre des hurlements poussés par mes confrères, des rires gutturaux crachés mesquinement par les infernaux des Enfers. Je pris une grande respiration, tentant de me détacher de tout ce que je percevais si distinctement en contrebas, mais chaque cri de souffrance était semblable à un couteau que l’on m’enfonçait dans l’estomac, comme si les Démons prenaient soin de tourner et de retourner la lame dans mes plaies à toutes les fois qu’ils poussaient un pleur dans la gorge de mes compatriotes. Brièvement, je fermais les yeux, portant une main à mon cou, dont la main du Démon marquait toujours la peau. Pardonnez-moi… Pardonnez-moi de ne pas pouvoir faire plus… Lentement, j’ouvris les yeux, apercevant devant moi trois silhouettes que je reconnus aussitôt. Porté par l’espoir et l’adrénaline, je refermais de plus en plus mes ailes sur mon corps, dans l’intention d’accélérer la vitesse de mon vol. Cependant, quelque chose clochait… J’avais un très mauvais pressentiment. Et doucement, je relevais la tête.

Une ombre planait au-dessus de leur tête et se rapprochait… se rapprochait… Très vite, trop vite…!

« Nora! Au-dessus de vous! »

Dans un sursaut, la guerrière leva la tête vers le ciel et s’aperçu de l’ombre difforme et chétive qui fonçait dans leur direction à toute vitesse, comme un rapace dont l’odeur du sang avait excité tous les sens. Dans un puissant battement d’aile, je me précipitais sans réfléchir sur la créature démoniaque, le plaquant de plein fouet en plein vol alors que nous chutions, tous les deux, dans un tourbillon de plumes blanches. Je poussais un cri lorsque la bête enfonça l’une de ses griffes dans mes côtes et, d’un coup de pied, je le forçais à me lâcher. Contrôlant, dès lors, son vol, le Démon ne s’échoua pas au sol, mais fut, alors, blessé par ma partenaire qui venait de lancer son épée droit dans la poitrine du monstre. Il fallait fuir, il fallait fuir au plus vite. Puisant dans mes dernières forces et toujours, toujours poussé plus vite par l’adrénaline, je me mis à voler de toutes mes forces hors du territoire. Derrière moi, Nora et Hemmiel faiblissaient mais n’abandonnaient pas pour autant la route. Elsa, au contraire, pendaient à leurs épaules faiblement, son visage pâle témoignant de tout le sang qu’elle avait perdu lors de ses précédentes confrontations avec les Démons. Et ce ne fut qu’un peu plus loin, lorsque la végétation reprenait ses droits, que nous nous permîmes de nous échouer au sol, glissant et culbutant au sol au lieu d’atterrir doucement. Mon flanc droit me brûlait.

« Est-ce que tu vas bien, Isiode? »

Je ne répondais pas, les dents serrées.

« V-Vous êtes là! E-Enfin, je vous ai retrouvé! »

Acram… Lentement, je me retournais vers notre partenaire. À l’aide de son épaule, il maintenait un corps, celui de mon frère. Immédiatement, je voulus me relever, mais Nora m’en empêcha, plaquant une main ferme sur mon épaule.

« Isley? » Murmurais-je faiblement, dans l’espoir qu’il me réponde.

Mais il n’eut rien. Rien. Lentement, mes yeux s’écarquillèrent. Je le remarquais enfin. Tout son torse était criblé de trous… Que s’était-il passé? Mais avant même que je puisse poser la question, un hoquet attira soudainement mon attention. Nous nous tournâmes vers Hemmiel qui, désespéré, tenait fermement le corps de cette fameuse Elsa. Nora s’approcha alors de son apprenti et posa deux doigts sur le cou de la jeune fille. Pétrifiée, le regard de l’Ange s’assombrit. La mission, dans son intégralité, était un pur et simple échec. Je ne comprenais même pas comment nous étions parvenus à nous en sortir vivant. Mais nous n’étions pas d’humeur à faire la fête ou même à savourer une quelconque victoire. Nous avions perdu, lamentablement. Et tout ce qui restait n’était plus que des larmes.


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[Événement] - Celle que l'on ne contredit pas.

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