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 La bague au doigt. [Cassandra]

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Callidora
~ Vampire ~ Niveau IV ~

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◈ YinYanisé(e) le : 21/06/2015
☿ Âme(s) Soeur(s) : Un steak. Saignant.
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MessageSujet: La bague au doigt. [Cassandra]   Dim 29 Oct 2017, 01:19


La clarté lumineuse des rayons du Soleil heurtait sa vue. Jacob porta la main à son front pour s’en prémunir. Plus que jamais, s’aveugler lui était interdit, et en ces temps troublés, il lui fallait conserver le peu de raison qu’il lui restait encore. Éreinté par les justifications incessantes exigées par sa sœur, harassé par le poids du regard désapprobateur de son père sitôt qu’il prenait la parole, le jeune homme ignorait désormais la signification de la tranquillité. Cette écrasante indifférence dans laquelle il avait vécu toute son enfance lui paraissait aujourd’hui bien douce face aux reproches muets de toute son ascendance. Préoccupé par la situation, l’homme à ses côtés esquissa un sourire qui se voulait réconfortant, observant la petite fille à leurs côtés. « La réunion aura bientôt lieu, tu sais. Ils comprendront. » À dire vrai, le Magicien ne voyait pas comment venir en aide à ce frère toujours méprisé et qui pourtant avait sauvé leur existence d’un sinistre sort. Un sacrifice que, par orgueil, personne ne saluerait. L’autre poussa un soupir. « Je n’ai pas peur, Nicholas. J’ai fait ce qu’il fallait pour protéger notre famille. Elle était un poison, et je ne pouvais laisser son venin se propager. » Abattre la pièce maîtresse avait été une sacrée paire de manches, et si le sommet de leur modeste château de cartes avait été soufflé par une brise furieuse, les fondations ne devaient pas en être ébranlées. « Je n’ai pas aimé ça. Je l'admirais. Sincèrement. » On l’accuserait, et sa faute serait condamnée pour les mauvaises raisons. Ses regrettables penchants pour la sorcellerie serviraient de prétexter pour l’écarter, lui qui avait osé faire ce que tous refusaient. En récompense de son office macabre, il avait récolté le droit de damner son âme. Une main ferme se posa sur son épaule. « Tu peux compter sur mon soutien. Ce n’est pas moi qui mérite son héritage. Tu devrais être le doyen, Jacob. » Ce ne furent pas ces quelques mots qu’il avait passé sa vie à envier qui firent sourire le jeune homme. Quelquefois, la renaissance surgissait de l’inattendu. Une ombre chinoise se louvoyait à l’horizon, un panier de fleurs entre les mains. Divine, comme à chacune de ses apparitions. « Vous connaissez ma femme ? »

« Bouge-toi, la larve. On a encore de la route à faire. » Accompagné d’une gifle superflue, l’ordre dissipa les dernières brumes de sommeil qui s’attardaient sur l’esprit du Sorcier. D’humeur maussade, il se releva tant bien que mal. Cela faisait plusieurs semaines que des courbatures en tout genre alourdissaient son corps, et si leur présence était devenue familière, elle n’en était pas plaisante pour autant. La même règle valait à propos de son mentor forcé. « Toujours aussi agréable, Worn. » L’improbable périple entrepris sur les conseils appuyés de Ludmilla s’apprêtait à prendre fin, et malgré le temps, rien ne parvenait à rapprocher les deux hommes, sinon la haine et le mépris. En nouvelle preuve de cette inimitié totale, l’Alfar le gratifia d’une remarque acerbe en grinçant des dents. « Je n’ai pas de temps à perdre avec tes jérémiades. Ta compagnie m’ennuie, et j’aimerais en finir au plus vite avec ton entraînement. La patience n’a jamais été mon point fort, en particulier lorsque je n’ai pas de victime sous la dent. » Toute réponse aurait été stupide. En dépit des défaillances de son intelligence, Jacob avait appris à se taire en de telles circonstances. L’indifférence demeurait le meilleur moyen de cheminer auprès de cet individu dérangeant. Quelques heures passèrent, sans qu’il ne sache combien. Incapable de rentrer seul, il suivait les indications de l’autre sans rechigner. Une fois le manoir en vue, le brun se surprit à ressentir une pointe d’inquiétude à l’idée de quitter cet impitoyable meurtrier. D’une voix timide, il posa la question qui lui brûlait les lèvres depuis le début des festivités. « Est-ce que tu comptes parmi ta somptueuse collection la chair de ma tante ? » L’Alfar s’arrêta, incrédule. L’idiotie de certains ne connaissait manifestement aucune limite. Un soupir lui échappa avant qu’il ne lève les yeux au ciel, exaspéré de constater encore la médiocrité de l’élève que sa chère partenaire avait choisi. « Crois-tu que je serais là à perdre mon temps avec toi si c’était le cas ? » Le Sorcier ouvrit la bouche et la referma aussitôt.

Amourachée d’un grincement sinistre que le temps avait amplifié, la porte pivota sur ses gonds, révélant le visage d’Olympéa. D’une spontanéité parfois dérangeante, elle se jeta dans les bras de son fils, heureuse de le revoir en vie, comblée qu’il revienne seul. « Tu es rentré ! » Sans autre forme de procès, elle lui planta un baiser sur les lèvres. Mal à l’aise, Jacob défit ses mains de la taille de sa mère. Son attitude devenait de plus en plus étrange, et il allait finir par se demander si ce n’était pas la consommation douteuse à laquelle elle s’adonnait qui provoquait de telles dérives. Elle ne lui laissa pas le temps d’y réfléchir. « Alors, as-tu pu voir celle que tu cherchais ? » Le Sorcier secoua la tête. En cet instant, l’unique envie qui s’inscrivait dans ses entrailles était celle de f*utre le camp le plus loin possible de cette maison de fous où il passait pour l’hérétique. « J’ai rapporté ce qu’il fallait pour le dîner. Je te le donnerai tout à l’heure. » Sans plus de considération pour sa génitrice et ses extravagances, il jeta à peine un œil aux autres individus, simples obstacles vers sa chambre où l’attendait le réconfort ultime : un matelas digne de ce nom. Un rictus amer lui échappa néanmoins lorsqu’il passa devant son frère, sa femme et son père. « Quelle joie de voir tout ce beau monde réuni. » Sitôt qu’il en aurait l’occasion, il n’hésiterait pas à tous les étriper. Peut-être Ludmilla était-elle finalement la seule que sa vengeance ne toucherait pas. Assailli par la fatigue, il monta quatre à quatre les escaliers, ne se souciant pas une seconde de ce que lui disaient ceux d’en bas. Remarques et questions s’entrechoquaient sûrement entre leurs dents, et il n’avait pas envie de leur parler. Parvenu au lieu de tous les plaisirs, il pénétra à l’intérieur. Une curieuse obscurité envahissait la pièce. Haussant les épaules, il se débarrassa de son haut, balança le sac qui martyrisait ses épaules sur son lit et se laissa tomber à son tour, soulagé. Soudain, un bruit étrange le fit se redresser. Une jeune femme venait d’apparaître, surgie d’une salle de bains qui lui avait toujours été réservée. « T’es qui, toi ? » Sur la défensive, et contrarié de voir son sommeil reporté, il avança vers elle en croisant les bras sur sa poitrine, faisant osciller la croix qu’il arborait depuis quelque temps. Cette situation ne lui disait rien qui vaille. Personne n'entrait dans le manoir sans que la doyenne en soit informée. « Et qu’est-ce que tu fous dans ma chambre, pour commencer ? » Sans crier gare, quelque chose roula du sac, dégageant un parfum pour le moins répugnant. Jacob se tourna vers l’objet pour le ramasser, ne se souciant guère du membre arraché qu’il tenait entre ses doigts. Son regard agacé se reporta vers celle dont il ignorait toujours l'identité et qui troublait sa potentielle quiétude. « Ma mère a toujours eu son ingrédient mystère pour les repas de famille. Parles-en, et tu finiras comme ça. » Manifestement, ils avaient une invitée, et on avait oublié de le prévenir.
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Mancinia Leenhardt
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◈ YinYanisé(e) le : 01/05/2015
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MessageSujet: Re: La bague au doigt. [Cassandra]   Sam 16 Déc 2017, 13:57

Cassandra se prélassait dans un bain où la température de l'eau n'en était que délicieuse, dans une pièce éclairée avec douceur et richement décorée. Elle fredonnait une mélodie entre ses lèvres charnues entrouvertes, fourbissant son bras avec son savon à base de suif et de cendres. Une existence à mille lieues de ce dont elle était habituée depuis son éveil sur la Plage de Sable Fin. Sans doute l'Humaine aurait pu prétendre nager dans le bonheur, contrôlant complètement tous les aspects de cette vie qui était désormais la sienne, mais l'illusion aurait rapidement été brisé. Certes, elle se moquait de se battre pour sa survie, la demoiselle aimait même dominer ceux qui croyaient s'en prendre à sa personne sans en payer le prix, mais elle n'était ni noble, ni riche, ni quoi que ce soit. Juste une Humaine seule aux mains d'une famille qui se voulait aristocratique à sa manière. Elle profitait seulement d'une opportunité qu'on lui tendait. Et tout était partit d'un petit mensonge. Depuis l'étrange songe du haut de son arbre, sa situation s'était améliorée au fil du temps lorsqu'elle avait apprise à contrôler son corps, son antimagie n'étant pas aussi désagréable que certains de ceux dont elle partageait la race, la jeune femme se faufilait aisément dans la masse. Pourtant, elle n'était pas aussi troublante qu'elle l'aurait cru. Sa ressemblance avec Mancinia Leenhardt ne lui ouvrait pas les portes qui auraient dues être siennes.

Sa transformation en simple mortelle lui avait fait perdre la force et l'éclat dont elle était doté autrefois.

Cassandra avait du se rendre à l'évidence, personne n'était dupe et elle risquait même de s'attirer des ennuis. Mancinia avait un nom et des relations. Autant des alliées, que des ennemis et certains assez haut placés. Mieux valait se faire discrète quant à ses réelles origines, alors, pour mieux troubler son entourage, quoi de mieux que de faire partie de son entourage ? Prétendre être sa cousine pour mieux l'approcher le moment venu, abattant ainsi son bras funeste et accomplissant sa mission. Ensuite ? Elle l'ignorait. Sans doute se trouverait-elle une nouvelle cible intéressante. Si la jeune femme avait d'abord réfléchis à l'éventualité de faire la traversée du Désert et de se rendre à Utopia, Capitale des Humains, elle s'était ravisée. Certes, il s'agissait là du seul endroit où elle était certaine de croiser sa cible. Un excellent moyen de souillé les bons souvenirs de l'Humaine dont elle cherchait la chute, mais c'était prendre des risques inconsidérés en ces périodes troublés. Sans parler que son Destin en avait décidé autrement. Croisant une femme charmante aux mots mielleux qui ne la trompait guère au détour d'une ruelle, elle s'était rapidement intéressée à cette pauvresse à l'apparence familière. Désirant sans doute prendre soin d'une cousine pour mieux s'attirer ses faveurs ensuite, mais le comportement de cette famille l'intriguait et elle aurait été bien sotte de refusée. Ici, ses instincts n'étaient pas un frein.

Au contraire, les moeurs douteuses de ce lieu lui plaisait d'autant plus. C'était un véritable cadeau des Aetheri. Le temps de la préparation était le plus excitant, autant faire perdurer le plaisir. Ceci étant dit, malgré les coups violents commis par les Démons, le nom de Mancinia ne résonnait plus comme avant. Comme si elle en avait assez de défendre les plus faibles. Ce n'était sûrement pas Cassandra qui lui en voudrait, de véritables nuisibles qui empêchait sa cible de déployer son plein potentiel. Un cliquetis dans la pièce d'à-côté luit fit prendre conscience que celui dont elle attendait la venue venait de pénétrer dans sa chambre. Se hissant sur ses pieds à l'aide de ses bras exerçant pression contre les parois de porcelaine, son corps nu émergea de l'eau. Pourvue de formes remarquables, sans être excessives, Cassandra, ou son Originel, n'était pas à plaindre. La jeune femme se saisit d'un tissu duquel elle enroula son corps encore mouillé et sortit un pied agile. Pourquoi prendre la peine de s'habiller pour le rencontrer après tout ? L'homme, agréable au regard, paru étonné de la voir ainsi. Cassandra aimait surprendre, autant qu'agacé ses interlocuteurs. Jacob osait-il réellement la mettre en garde ? C'en était presque comme si la provocation elle-même la provoquait. S'essayant en croisant ses longues jambes sur un fauteuil de velours confortable, se moquant bien de mouiller le tissu, elle n'eut aucune peine à lui répondre.

Êtes-vous certain qu'il ne s'agisse point de ma propre chasse envers une domestique bien curieuse et qui ne sait demeurer à sa place ?

La vue d'un cadavre ne la troublait guère, elle regrettait seulement que ce soit moins artistique. Il faut dire que la dernière femme qu'elle avait séduite avait été retrouvée dans un état peu enviable par ses proches. Son trépas avait été sanglant. Peut-être même que les autorités avait émit l'éventualité qu'une bête sauvage en soit à l'origine.

Je suis étonnée que quelqu'un tel que vous ne puisse pas mettre un nom, pourtant reconnu chez les Magiciens, sur mon visage.

Cassandra sourit d'un air taquin.

Non ? demanda-t-elle avec une mine faussement déçue.

Elle fit semblant de réfléchir quelques instants.

C'est que ma cousine n'est pas aussi intéressante qu'on le prétend.

Espérait-elle que la lumière se fasse dans son esprit ? Sans doute. Au fond, peu lui importait, c'était sa personne qui était au centre de l'échiquier pour l'instant.

Cassandra est mon nom. Je m'installe ici pour une longue période et il est dans mes intentions de me faire des amis.

Son sourire carnassier et l'éclat brillant dans ses yeux ne pouvait trahir les ténèbres qui la consumaient derrière son joli visage.

930 mots


~ Rythme d'un Escargot Tétraplégique ~


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