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 La peau blanche comme la neige, les joues rouges comme le sang, les cheveux aussi noirs que l'ébène [Pv Saül]

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Aria Mitsuko Taiji
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MessageSujet: La peau blanche comme la neige, les joues rouges comme le sang, les cheveux aussi noirs que l'ébène [Pv Saül]   Lun 16 Oct 2017, 18:22

Le corps de Neige s’écroula sur le sol sans qu’elle ne puisse rien y faire. Fort heureusement, elle n’était guère tombée de bien haut. Malgré les égratignures de ses bras qui commencèrent à saigner, un sourire ne tarda pas à illuminer ses traits, faisant place à la grimace qui y régnait précédemment. En effet, c’est en relevant la tête pour découvrir le paysage qui s’étendait devant elle qu’elle comprit qu’elle avait réussi. Sa mère serait furieuse lorsqu’elle l’apprendrait mais la Sorcière était adulte maintenant et l’agacement qu’elle ressentait depuis toujours quant au sujet n’avait jamais été aussi grand. Elle avait donc décidé de franchir le pas. Elle se l’était promis la dernière fois qu’elle avait observé Elizabeth lui tourner le dos pour se rendre sur les Terres du Yin et du Yang, dans le vrai Monde, après avoir refusé catégoriquement de l’y emmener. Le monde des contes, et elle le savait, faisait partie du véritable monde mais il n’en était qu’un infime fragment et les personnages rencontrés étaient, pour la plupart, d’une platitude sans nom, leur histoire se répétant inlassablement. Elle comprenait ce désir chez sa mère de contrôler un ersatz du royaume de Méli, elle comprenait son souhait d’avoir une héritière légitime, mais ce que, elle, Neige, voulait, Elizabeth n’en avait cure. Aujourd’hui, après des années à chercher un moyen de sortir de l’endroit où elle avait vu le jour, la brune avait enfin réussi.

Neige se releva donc au milieu d’une forêt, époussetant ses vêtements en tissu et sa cape de plusieurs gestes de la main afin d’enlever la poussière qui s’y était déposée. Elle n’était pas certaine que les habits fabriqués dans les contes pourraient survivre bien longtemps ici mais ils lui seraient utiles le temps qu’ils tiendraient car il ne faisait pas très chaud. À présent qu’elle était ici, et après la joie qu’elle avait ressenti dans un premier temps, la Sorcière sentit une forme d’angoisse l’étreindre. Elle ne connaissait rien de ce monde, sa mère ayant refusé de lui en parler. À dire vrai, Neige ne savait même pas ce qu’Elizabeth venait faire ici. Elle la soupçonnait de rendre visite à son père qu’elle imaginait être le mari de celle-ci. Elle était bien loin de la vérité. Elizabeth avait consenti à un rapport avec un homme uniquement pour être certaine d’avoir un héritier. Elle n’avait jamais revu la Bête en question et s’en fichait royalement. Elle avait même totalement omis de dire à Neige qu’elle était la fille d’un Roi. Le monde réel n’avait que très peu d’importance pour celle qui avait décidé de créer son Empire dans un monde qui ne reconnaissait pas l’autorité des Souverains des Terres du Yin et du Yang. Dans les contes, il y avait des monarques différents. Seuls ces derniers comptaient aux yeux d’Elizabeth. La seule erreur de la Taiji avait été de penser que sa fille se contenterait de l’univers créé par la Déesse Méli. C’était justement à cause de cette maladresse que Neige se retrouvait à présent dans un endroit qu’elle ne connaissait absolument pas. Si la jeune femme savait être une Sorcière, elle ignorait totalement qu’un Roi se trouvait au-dessus de sa tête par exemple. Elle méconnaissait un tas d’éléments qui, pour d’autres, auraient paru élémentaires. Ainsi, les différentes races lui étaient inconnues, tout comme leur essence ou leurs territoires. Sa naïveté, en réalité, ne lui donnait que très peu de chances de survie car le fonctionnement des contes était totalement différent de celui de la réalité. Le narrateur seul décidait de la place de tel ou tel personnage et il n’y avait pas d’évolution possible, si ce n’était pour les héros de l’histoire.

La jeune femme soupira après quelques minutes à rester parfaitement immobile. Et maintenant, quoi ? Perdue au milieu d’une forêt qui se trouvait elle-même dans un endroit inconnu, on ne pouvait pas dire que son aventure commençait très bien. Surtout qu’elle se rendit compte que si elle avait réussi à sortir du Monde des Contes, elle n’avait aucune idée de comment y retourner. Neige entama quelques torsions avec ses doigts dans ses cheveux d’un air nerveux, sentant son ventre se nouer. Et si le fait qu’elle soit née dans un conte signifiait qu’elle ne pouvait survivre longtemps ici ? Et si… elle allait mourir, dans trente secondes ? Commençant à ventiler, elle prit appui sur le premier arbre qui lui passa sous la main, enlevant de son autre main la capuche marron qui couvrait en partie sa tête pour avoir de l’air. Heureusement, le chasseur si célèbre là d’où elle venait n’existait pas ici…

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Du coup je pense que ça se situe peu de temps avant la reprise dans un endroit de ton choix. Il n’est pas très important je pense en vrai, c’est juste ce qui ressemble à une forêt. À toi de voir si tu veux préciser ^^


« La gloire de la défense, le plaisir de la défaite. »

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MessageSujet: Re: La peau blanche comme la neige, les joues rouges comme le sang, les cheveux aussi noirs que l'ébène [Pv Saül]   Mer 01 Nov 2017, 19:01

Assailli par une migraine furieuse, le jeune homme battit des paupières. Une timide lumière perçait les planches inégales qui masquaient à demi l’unique fenêtre de la pièce, n’osant pas tout à fait réveiller les résidents malgré l’heure tardive. La vision d’une main à la finesse exquise lui arracha un sourire. De vagues réminiscences de la veille flottaient devant lui, embrumées par l’oubli que l’alcool provoquait quelquefois. Se redressant légèrement, il décala de quelques centimètres les doigts de la charmante créature. Celle-ci ouvrit les yeux et s’étira doucement, son corps manifestement tourmenté par leurs efforts nocturnes. Malgré la tempête qui s’attardait à ses tempes, il s’efforça de se remémorer du prénom de la belle. « Blanche ? » La jeune femme secoua la tête en riant. Du menton, elle désigna une seconde silhouette qui se tortillait pour s’échapper des draps, et dont la vue lui semblait familière. « Non, c’est ma sœur. » La satisfaction se peignit sur le visage du Démon. S’il n’en gardait que peu de souvenirs, la dernière soirée avait sans nul doute tenu ses promesses. « Oh, je vois. » Parfaitement détendu, il ne se pressa pas pour prendre congé de ses partenaires comme il le faisait habituellement. La femme qu’il retrouverait dans quelques heures était d’une compagnie sensiblement plus froide. Blanche venait d’ailleurs de s’approcher de lui, de plaisantes intentions en tête. « Que pourrions-nous faire de plus pour te satisfaire, hm ? » D’un geste doux, Saül la repoussa. La raison pour laquelle il avait abordé les deux sœurs lui revenait en mémoire, et s’il ne disait jamais non à un divertissement de ce genre, il préférait le reporter à plus tard. Certaines choses ne pouvaient attendre. « Il y a une Déchue qui, par le passé, n’a pas manqué de me décevoir. Je veux que ses péchés la tourmentent chaque jour, que pas une seconde elle ne puisse penser à sa rédemption. Sa réputation, hélas, n’est pas encore faite. Vous pourriez peut-être m’aider ? »

Cela faisait un certain temps que le brun avait délaissé les chaleureuses promesses de la maison pour s’aventurer en un lieu bien moins agréable. Un enthousiasme sincère marquait pourtant ses pas, ravi qu’il était d’imaginer le visage de sa victime préférée se décomposer sitôt qu’elle comprendrait que l’instigateur de ses tourments ne la laisserait jamais en paix. Un jour, ils se croiseraient à nouveau, et le triomphe serait complet. Enveloppé dans un manteau de fourrure d’une taille démesurée, le Démon ne croisait âme-qui-vive, à l’exception de quelques créatures qui refusaient de se montrer à lui, sans doute effrayées par son aura pour le moins ténébreuse. Le calme ne le dérangeait, bien que les premiers signes de l’ennui faisaient une apparition discrète. L’impatience grandissant, il accéléra le rythme. L’obscurité ne tarderait pas à dévorer le ciel, et s’il en connaissait les nuances, il appréciait de se trouver à l’abri lorsqu’elle tombait sur le monde. D’humeur morose, il adopta une mine renfrognée, raffermissant sa prise sur sa fidèle hallebarde. Mieux valait que personne ne le surprenne en cet instant, sans quoi l’imprudent risquait fort de se retrouver transpercé de part en part avant que son identité ne soit révélée. Quelque chose attira néanmoins son attention. Une jeune femme se tenait seule au milieu des bois, appuyée contre un tronc. Le sourire aux lèvres, Saül s’approcha à pas de loups pour surgir derrière elle. D’une voix désincarnée, il s’adressa à elle sans que rien ne laisse deviner sa présence. « On dirait bien que l’agneau s’est perdu. » L’effet de surprise était garanti.

Le brun ne se contenta pas d’une telle entrée en matière. Une idée lui était venue, et il comptait bien jouer la comédie jusqu’au bout. S’il ignorait d’où lui venait ce penchant insensé pour les extravagances en tout genre, il y trouvait un malin plaisir. Croisant les bras sur sa poitrine, il se planta devant l’inconnue et prit un air vaguement inquiet. « Vous devriez faire attention, ces bois ne sont pas sûrs. Il paraît qu’un démon y rôde et enlève les jeunes femmes qui s’y égarent. Personne ne sait ce qu’il advient d’elles ; on entend seulement leurs cris résonner toute la nuit. » Retenant le fou rire qu’il sentait affleurer à sa gorge, Saül ne se gêna pas pour détailler la nouvelle venue de haut en bas. Il fallait reconnaître qu’elle n’était pas déplaisante, et les ondulations de sa chevelure sombre semblaient faites pour que la main d’un homme les saisisse. Son allure avait pourtant quelque chose de figé. Peut-être la blancheur de sa peau lui rappelait-elle celle de sa mère. Quoi qu’il en soit, la belle n’avait pas l’air d’ici. Un large sourire prit place sur ses lèvres. « Ah, par chance, ce n’est que moi ! Que faites-vous là ? Sans vouloir vous vexer, vous avez plus l’air d’une princesse qui espère que son cher chevalier vienne la délivrer d’une tour d’ivoire que d’une aventurière. » Si ses paroles s’enrobaient quelquefois des atours du mensonge, personne ne pouvait reprocher au Démon de ne pas laisser une part de vérité émerger de ses élucubrations. « Vous ne semblez pas vraiment à votre place. » Sans qu’il ne sache ce qui le perturbait, une étrange sensation se diffusait en lui lorsqu’il l’observait. Cela n’avait pas grande importance. Les femmes étaient toutes les mêmes, quoi qu’elles puissent en dire. Restait à savoir ce que celle-ci pouvait lui apprendre. « Avez-vous un endroit où dormir, au moins ? Le jour ne va pas tarder à tomber, et il n’est pas prudent de rester dans les parages quand l’obscurité avale le Soleil. » La forêt n'était pas plus dangereuse qu'une autre, détail que sa délicieuse découverte pouvait parfaitement ignorer. Après tout, il lui fallait bien assurer la crédibilité de son histoire.
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MessageSujet: Re: La peau blanche comme la neige, les joues rouges comme le sang, les cheveux aussi noirs que l'ébène [Pv Saül]   Mer 08 Nov 2017, 13:42

Neige sursauta lorsqu’une voix s’imposa à elle. Une main sur la poitrine, elle s’écarta précipitamment de l’arbre. Était-ce lui qui avait parlé ? Cela arrivait, de temps en temps. Il fallait se méfier de ces derniers. Parfois, certes, ils étaient des alliés extraordinaires, d’autres fois, ils étaient de la pire espèce. « Qu… » commença-t-elle, son air effrayé faisant place à un air curieux. Si le chêne avait parlé alors il lui suffirait de s’en écarter suffisamment pour s’en défaire. Certains avaient des racines habiles mais ce n’était, heureusement, pas le cas de tous. Seulement, la jeune femme dut bien changer d’avis lorsqu’un homme s’imposa à sa vision. À vrai dire, elle ne savait pas qui préférer entre les deux bien que la silhouette qui lui faisait à présent face était assez… Comment aurait-elle pu dire ça ? Attrayante ? Le fixant de la tête aux pieds tout en lui retournant la politesse de façon inconsciente, elle se demanda s’il était plutôt un prince ou un roi maléfique déguisé en prince. Il fallait toujours se méfier avec les faux semblants. Cela étant dit, les rois maléfiques ne faisaient jamais le déplacement dans les bois, ils envoyaient leurs sbires. La population des forêts étaient assez restrictives lorsqu’il s’agissait des hommes : le prince charmant parti en quête de sa princesse, le chasseur, le bûcheron, le sbire maléfique, les personnages secondaires censés aider le personnage principal. Or, il était trop détaillé pour n’être qu’un personnage de second plan. Il y avait quelque chose de particulièrement princier qui se dégageait de lui et la texture de ses cheveux semblait si agréable qu’il devait s’agir d’un personnage de la plus haute importance. « C’est que, de façon générale, les démons vivent plutôt dans des grottes ou des cavités souterraines… » fit-elle dans un murmure. Le problème c’est qu’elle réfléchissait sur ce qu’elle connaissait. Ici, elle était inculte jusqu’au bout des ongles. En tout cas, l’avantage de la présence de cet inconnu était qu’elle avait oublié sa probable mort prochaine. Elle l’écouta donc jusqu’au bout tout en jouant avec l’une de ses mèches de cheveux.

« Un endroit où dormir… Non je ne crois pas. » fit-elle. « Mais je suppose qu’un tel endroit apparaîtra bientôt. ». C’était toujours comme ceci que les choses se passaient. Vu de l’extérieur, la dernière phrase de Neige ressemblait à l’acceptation d’une proposition implicite. Pour elle, c’était simplement logique. Si les protagonistes restaient perdus dans les bois indéfiniment, l’histoire devenait ennuyeuse. « Par contre… Sans vouloir vous offenser, je me demande ce que vous entendez par : ce n’est que moi ? ». Elle marqua une légère pause avant de s’expliquer. « Vous n’avez pas l’air d’un simple voyageur, là pour remplir une scène trop vide. Vous devez bien avoir un rôle central, non ? Alors… je me demande bien lequel. Êtes-vous un bûcheron ? Un chasseur ? Un prince ? Ou un sorcier décidé à tuer la princesse ? ». Elle s’approcha un peu de lui, étudiant l’arme qu’il tenait. « Parce que, je vous préviens, je ne suis généralement pas la princesse, plutôt la vilaine sorcière… Enfin, j’essaye. ». En réalité, ils étaient tous les deux des princes mais ce n’était sans doute pas le genre d’histoire qui termine par un « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». En le regardant un peu plus, Neige commença à ressentir quelque chose d’étrange. Il était beau comme un prince mais il n’avait pas le sérieux de ces derniers. Le problème c’est qu’elle n’arrivait pas à mettre la main sur ce qu’il était et que cela commençait à l’agacer. Peut-être était-il un esprit de la forêt, le genre malicieux dont il fallait également se méfier. Mais pourquoi avait-il une arme dans ce cas ? Et s’il était un guerrier alors pourquoi ses cheveux étaient-ils si soyeux ? C’était insensé. Et puis, même si elle semblait faire une fixette là dessus, il était, sans contestation possible, très séduisant. La jeune femme se pinça les lèvres, totalement perdue. Il y avait bien des histoires contant l’existence d’êtres aux mille visages mais ils étaient si rares qu’elle doutait d’en croiser un un jour. Avançant sa main vers la chevelure de l’homme, elle en caressa une mèche doucement. « Qu’êtes-vous à la fin ? » murmura-t-elle en le dévisageant. Elle ne lui avait pas répondu sur ce qu’elle faisait ici mais, à vrai dire, elle n’en avait aucune idée elle-même. Elle avait voulu découvrir le monde, le vrai, mais, à présent qu’elle se trouvait dans ce dernier, elle se sentait totalement inapte à entreprendre quoi que ce soit.

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MessageSujet: Re: La peau blanche comme la neige, les joues rouges comme le sang, les cheveux aussi noirs que l'ébène [Pv Saül]   Mar 14 Nov 2017, 11:35

De la première impression qui s’imprima sur sa rétine, Saül ne garda en tête que l’égarement manifeste dont souffrait l’inconnue. Si jouer les chevaliers servants ne lui plaisait en aucune manière, la situation pouvait aisément tourner à son avantage, pour peu qu’il ne commette pas d’imprudence. Malgré les maladresses qu’engendrait tout apprentissage, séduire le comblait, et il comptait bien s’y employer à chaque occasion. Son opportunité du jour tenait néanmoins un discours qui lui paraissait dépouillé de toute réalité. D’abord étonné, il ne tarda pas à éclater de rire. Dans quel genre de monde vivait-elle pour lui servir de pareilles balivernes ? En sa compagnie, il ne risquait pas de s’ennuyer. « Vous ne devez pas fréquenter beaucoup de démons. Par les temps qui courent, ils seraient plutôt du genre à se pavaner dans les palais qu’ils dévastent qu’à ramper au fond d’une grotte misérable. » Il fallait reconnaître que certains de ses congénères développaient un certain goût pour le luxe, bien que rapidement effacé dès lors que la promesse du danger paradait à l’horizon, et lui-même n’échappait pas à la règle. Durant quelques secondes, le diablotin douta, se demandant si elle n’était pas affligée par la stupidité, pensée qui s’évanouit sitôt qu’une phrase au sens équivoque franchit ses lèvres. D’une légère révérence, il lui fit part de sa satisfaction, un sourire en coin. « Si tel est le désir de Madame, la chose peut s’envisager. » En revanche, se contenter de lui plaire ne suffirait pas à égayer sa soirée. Saül avait toujours eu des exigences que rien ne pouvait faire plier.

En l’occurrence, à bavasser comme la brune le faisait sans sembler entreprendre quoi que ce soit, les femmes perdaient souvent tout intérêt à ses yeux. Si les discussions interminables ne lui déplaisaient pas, il ne s’encombrait généralement pas de ce genre de politesses, encore moins lorsqu’il ne comprenait pas grand-chose à ce qu’on lui déblatérait. Quel délire saugrenu se cachait sous ce joli minois ? Contrariée de l’entendre lui livrer des questions en rafale au lieu de compliments amplement mérités, il croisa les bras sur sa poitrine, haussant les sourcils. « Hm. Je crains que vous ne manquiez cruellement d’imagination. Les choses ne sont pas toujours aussi lisses qu’elles le paraissent. Jouer le gentil petit prince ou le méchant voleur est affreusement barbant. J’ignore d’où vous vient cette curieuse idée que chacun doit avoir une place dans l’histoire, mais ce n’est pas mon cas. » Son regard s’attarda quelques instants sur les courbes de la demoiselle. Supporter ses élucubrations en vaudrait peut-être la peine, à condition qu’elle se montre moins timorée qu’elle ne l’avait été jusque-là. « Est-ce que vous allez passer la soirée à chercher un rôle pour toutes les créatures que nous allons rencontrer ? Si c’est le cas, je vous préviens, je risque de vous faire taire plus vite que prévu. » Ces derniers mots chargés d’une menace à peine voilée revêtaient pour le Démon une signification bien différente. Sa hallebarde se leva pour reprendre place dans son dos.

Sans lui laisser le temps d’échapper à son emprise, la chevelure du démon s’enroula autour d’un poignet trop audacieux. D’un geste doux, ses doigts s’égarèrent sur une pommette à la blancheur charmeuse qui ne tarderait pas sans doute à se couvrir de rouge. Son autre main s’abattit sans plus de précautions au creux des reins de l’inconnue. « Ne prends pas cet air effarouché. Je ne te ferais aucun mal. En revanche, je ne garantis pas que te ne me le demanderas pas toi-même d’ici quelques heures. » Réjoui par cette perspective éventuelle, le jeune homme déploya ses ailes en un bruissement sinistre. S’éterniser au milieu des bois n’aurait servi qu’à renforcer la méfiance bien légitime dont sa captive temporaire faisait preuve à son égard, et de toute manière, il ne tenait pas à passer la nuit dehors, que ce soit auprès d’elle ou non. Les mèches du brun s’allongèrent démesurément pour envelopper le corps de la belle d’un soyeux linceul. « Il est temps de changer de décor. Vous feriez mieux de ne pas trop gigoter, je ne contrôle pas toujours très bien la magie. » Sur ces rassurantes paroles, il s’élança, se moquant éperdument de savoir si le voyage la tentait ou non. Maintenue contre lui par sa chevelure aux stupéfiantes capacités, elle avait tout intérêt à ne pas se débattre. Prendre de la hauteur lui donnait toujours de délicieuses idées, et il appréciait sentir le vent lui fouetter le visage. Quelques mètres au-dessus du sol changeaient un homme, et la sensation inégalée de puissance qu’il ressentait en s’élevant ainsi justifiait à elle seule toutes les chutes qu’il avait un jour connues. « La vraie question, à propos des gens, n’est pas de savoir qui ils sont, mais ce qu’ils ont envie d’être, et si cela peut s’accorder avec ce que vous voulez d’eux lorsque vous croisez leur chemin. Le reste est sans importance. Mais puisque vous tenez tant à le savoir, je suis un démon. On m’appelle Kalhaëm. » Sitôt qu’il avait compris les privilèges et autres joyeusetés morbides auxquels sa véritable identité le condamnait, Saül avait commencé à utiliser un nom qui n’était pas le sien. La supercherie était loin d’être parfaite, et à son grand regret, il se trahissait souvent. Il n’en restait pas moins que ce qu’il prenait aux autres, il le prenait par lui-même, et non parce qu’il était le fils de quelqu’un.

À l’origine simple point à l’horizon, un village ne tarda pas à grandir dans leur champ de vision. Pour le plus grand bonheur du diablotin, celui-ci ne semblait pas exagérément peuplé, suffisamment cependant pour qu’une auberge s’y trouve. « Oh, et petit conseil. Si vous voulez à tout prix qu’on ignore vos origines, évitez de demander avec trop d’insistance celles des autres. Vous donnez l’impression d’avoir quelque chose à cacher. » Sans manifester plus d’intérêt à l’endroit d’où elle venait, bien que sa curiosité à ce propos ne soit en rien éteinte, le jeune homme se concentra pour entreprendre sa descente à l’abri des regards. L’atterrissage fut sensiblement moins doux que leur arrivée, le démon relâchant sa magie brusquement. Leur charmante envolée avait pour conséquence une certaine fatigue dont il ne se débarrasserait pas immédiatement. D’humeur joyeuse malgré la tension qui s’attardait encore sur ses muscles, il fit le tour du bâtiment et en désigna la porte du menton. D’une main, Saül tendit un flacon de verre. « Vous prétendez être une sorcière, n’est-ce pas ? Prouvez-le moi. Cette fiole contient un liquide tout à fait particulier, qui, une fois ingéré, provoque des effets fort désagréables pour celui qui les subit, quoi que très amusants. Empoisonner quelqu’un ne devrait pas vous poser de problème, n’est-ce pas ? » Un sourire malicieux aux lèvres, il n’attendit pas sa réponse et ouvrit le battant de bois. Aussitôt, la clameur tapageuse qui résonnait toujours au sein de ces établissements cessa. Le démon s’approcha du bar et laissa sa main s’abattre sur le comptoir. « Patron ! Tournée générale pour ces braves gens ! » Sa déclaration fut saluée par une salve d’applaudissements et de cris enthousiastes qui, à son goût, ressemblaient davantage à des beuglements animaux. Faisant fi du mépris qu’il sentait affleurer envers eux, il s’approcha de l’entrée pour murmurer quelques mots à la douce créature que personne n’avait encore remarqué. « Oh, bien sûr, si l’aventure ne vous tente pas, vous pouvez toujours prendre une chambre à l’étage et aller vous reposer. Cela dit, sans protection, je ne garantis pas que ces charmants individus vous laissent dormir tranquillement. » Quoi qu’elle décide, le brun ne doutait pas que ce serait plaisant à voir.
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MessageSujet: Re: La peau blanche comme la neige, les joues rouges comme le sang, les cheveux aussi noirs que l'ébène [Pv Saül]   Mer 22 Nov 2017, 14:47

Neige trouvait cet homme décidément bien étonnant. Qu’entendait-il exactement lorsqu’il lui chantait qu’il n’avait pas une place bien définie dans l’histoire ? La jeune femme était bien trop inculte pour ce nouveau monde qui s’offrait à elle et, prenant conscience de ce fait, décida qu’il était peut-être temps de cesser de trop bavasser et d’apprendre de ce qu’elle verrait. Il lui semblait pouvoir être un bon professeur. Puisqu’il appartenait au Monde Réel, alors il savait. Pourtant, il parlait également de « prévisions ». Avait-il prévu quelque chose ? Était-il libre d’être le narrateur de cette histoire ? Et si rien n’était défini quant à leur place respective, est-ce qu’elle pourrait, également, revêtir les traits de celui qui contait ? Elle avait toujours rêvé de façonner un récit à l’image des Faes. Pourtant, sa mère ne lui offrait que des rôles, ceux qui arrangeaient ses affaires. Prise de sensations étranges quand il posa ses doigts sur elle, sa peau blanche se couvrit d’une jolie couleur rosée, l’action de l’homme ravivant des braises éteintes depuis la dernière fois qu’elle avait rencontré un Prince Charmant un peu trop aventureux. Elle avait dû l’assassiner de telle façon à ce qu’il ne puisse jamais aller chercher la Princesse qui finit, de ce fait, par mourir de faim, enfermée dans sa geôle. La Sorcière se demandait ce qu’elle devrait entreprendre avec cet homme. Elle n’avait pas le script en main, ni d’instructions d’Elyzabeth. Peut-être devait-elle simplement se laisser aller sans réfléchir ? Le Destin lui donnerait sans doute les réponses qu’elle attendait. Et puis, la compagnie de cet inconnu était grisante. Il avait l’art et la manière d’éveiller en elle les prémices du désir. Oh, elle n’avait jamais rien fait de bien folichon mais sa mère avait tenu à lui expliquer maintes et maintes fois, et le ferait sans doute encore, les bases des relations entre les individus car elles étaient la clef, selon elle, de la manipulation la plus primaire et efficace. Elle avait donc une vision plutôt pragmatique des différents mécanismes, même si son corps et son esprit se laissaient totalement chambouler par leurs effets. Elle n’était pas assez puissante pour contrôler quoi que ce soit.

Aussi, pressée contre lui, elle l’écouta, essayant de faire fi du vent et de son étonnement quant à ses dons on ne peut plus surprenants. Un Démon ? À l’entente de cela, au lieu de s’écarter de lui – ce qui aurait provoqué inévitablement sa chute – elle s’agrippa à son corps de plus belle. Elle ne souhaitait pas qu’il la lâche. Kalhaëm ? Au moins, elle connaissait son identité à présent. « Neige. » murmura-t-elle à son oreille, tout en mettant de côté une question qu’elle souhaitait lui poser pour plus tard, quand ils seraient de nouveau sur la terre ferme et qu’il ne tiendrait pas sa vie entre ses cheveux. En attendant, elle se mit à contempler son cou et les lignes de son oreille et de sa mâchoire, légèrement échaudée par leur proximité.

À l’entrée de l’auberge, Neige resta incertaine un instant. Elle avait, bien entendu, pris grand soin de cacher la fiole que Kalhaëm lui avait tendue mais elle n’était pas sûre de comprendre. Il voulait qu’elle empoisonne ces gens ? Pourquoi faire ?  « Vous êtes bien un Démon… » souffla-t-elle pour marquer son acceptation. Aussi, sans un mot de plus, elle se détacha de lui, marchant entre les tables avant de s’asseoir à l’une d’elle. Les hommes assis autour de celle-ci furent visiblement ravis de sa présence mais elle resta de marbre, pensant à autre chose et n’entendant pas réellement leurs revendications. Et si elle devenait elle-même le narrateur de l’histoire ? Et si elle obéissait à cet homme d’une façon inattendue ? Que se passerait-il ? Et si elle prenait le contrôle ? Et si elle embrassait le risque ?

Après un instant passé avec ces hommes, elle revint vers le Démon, un petit sourire aux lèvres. Elle s’approcha de lui, posant l’une de ses mains dans son cou. « Je ne suis pas sûre de vouloir jouer à ce jeu en réalité. Depuis notre rencontre j’éprouve un profond désir pour vous dont je ne sais que faire… ». Elle disait la vérité, n’ayant pas à cœur de cacher cela plus longtemps. Les sentiments dans les Contes étaient simples et sans équivoque. Il n’y avait pas de place pour la subtilité ou si peu. Le public idéal était les enfants et ils devaient pouvoir comprendre l’histoire. Aussi, certaines notions étaient inconnues à Neige, comme la mort définitive. Elle s’approcha donc plus, finissant par poser ses lèvres sur celles de Kalhaëm, sa langue venant chercher la sienne, la jeune femme passant outre le baiser chaste réservé aux fins heureuses du type « Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Son contact créait un courant dans l’ensemble de son corps qu’elle aurait bien nourri mais elle devait lui avouer sa victoire. « J’espère que votre poison n’est pas trop douloureux… ». En réalité, elle en avait mis sur ses lèvres et sur sa langue, empoisonnant l’homme lors de leur baiser. Elle trouvait ce scénario bien plus réjouissant s’il restait concentré sur les personnages principaux, c’est-à-dire lui et elle. Cependant, elle était totalement inconsciente des dangers potentiels. Pour elle, la mort n’était jamais une fin en soi. Mourir dans un conte signifiait simplement disparaître un temps avant d’être réintégré. Elle choisit ce moment pour lui poser la question qui lui avait brûlé les lèvres lors de leur trajet. « Et vous, qu’avez-vous envie d’être ? ».

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« La gloire de la défense, le plaisir de la défaite. »

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MessageSujet: Re: La peau blanche comme la neige, les joues rouges comme le sang, les cheveux aussi noirs que l'ébène [Pv Saül]   Hier à 01:08

Accoudé au comptoir, Saül gardait les yeux rivés sur le contenu de son verre, un air désabusé au visage. Ses doigts remuaient faiblement. En molles ondulations, le liquide doré glissait contre la paroi sans y laisser de marque. Ses pensées à la dérive, il avait l'impression de chuter perpétuellement, agité par des mouvements désaccordés qu’il ne contrôlait pas vraiment. Désagréable sensation. N’était-il pas au fond semblable à ces volutes d’alcool, pris dans le tourbillon d’une vie dont d’autres phalanges choisissaient la direction ? Il soupira. Un jour, lui aussi serait l’une de ces mains. Charmé par une caresse imprévue, le brun revint à la réalité, légèrement surpris de trouver la jeune femme engagée dans une telle proximité. Autrement plus audacieux, son langage ouvrait d’alléchantes perspectives qu’il n’était pas en droit de refuser. Sa franchise lui plaisait. Rares étaient les femmes qui disaient sans détour ce qu’elles voulaient. Arraché à sa mauvaise humeur, il esquissa un sourire triomphant. Elle jouait avec le feu. En avait-elle seulement conscience ? Le Démon ne se dégagea pas de son étreinte, intrigué de la suite. Oserait-elle ? D’une vivacité insoupçonnée, la chaleur de son baiser se diffusa en lui, jetant les premières étincelles du brasier qui bientôt dévorerait son ventre. Sa main s’aventura au creux des reins de Neige pour l’attirer davantage contre lui. Il en fallait si peu pour désirer une femme. Son enthousiasme retomba lorsque la vérité tinta à ses oreilles. Le brun haïssait être fourvoyé. Sa prise se raffermit. Ignorait-elle donc ce que signifiait sa véritable nature ? Une colère froide au fond des yeux, un sourire crispé s’empara de ses lèvres. « Je pourrais vous tuer tout de suite, vous savez ? Heureusement, je suis d’humeur magnanime. » Nul doute qu’elle le paierait. Saül prendrait son temps. Rien ne pressait, et le mélange malencontreusement ingéré compliquait la situation. L’ennui ne serait pas au rendez-vous.

Quoi qu’il en soit, l’endroit n’était plus approprié pour la scène qu’il souhaitait mettre en place. Sans la distraction offerte par la jeune femme, la compagnie de ces imbéciles n’aurait pas tardé à lui faire commettre un massacre des plus ennuyeux. La potion ne tarderait pas à faire effet. D’un geste doux, le brun effleura la joue de sa partenaire pour la soirée. Sa déclaration ne fut qu’un murmure à peine soufflé. « Une auberge si misérable ne sied pas à une femme telle que vous. » De sa main libre, le Démon laissa tomber quelques pièces sur le bois pour régler les consommations. Partir sans payer ne servirait qu’à lui attirer des problèmes inutiles et il ne voulait pas s’attarder plus que nécessaire. « Dommage que vous ayez voulu jouer les rebelles. Nous aurions pu passer une nuit des plus torrides. » Ses phalanges descendirent vers le poignet de Neige pour le comprimer avec vigueur. Son visage se ferma. D’un ton où perçait une menace à peine voilée, il la mit en garde. « Ne recommencez pas. » L’avertissement était suffisamment clair. Que le poison ait été mortel ou non, elle n’avait pas besoin de le savoir. La laisser dans l’incertitude lui conférait un simulacre de pouvoir auquel il n'était pas prêt à renoncer. Sans lui demander son avis, il tourna les talons, l’entraînant à sa suite. En silence, ils parcoururent une bonne partie du village désormais désert. Saül repéra une maison à l’écart des autres dont la silhouette lui semblait prometteuse et s’y dirigea d’un pas vif. Une fois parvenu sur le côté, il se tourna vers la belle pour la gratifier d’une révérence grotesque. « Voilà le château où se déroulera la fin de l’histoire. Attendez-moi ici. » La patience ne faisait pas partie de ses qualités, et s’il pouvait apaiser ses nerfs auprès du propriétaire des lieux, il ne s’en priverait pas.

Déterminé à passer la nuit en sa compagnie, bien qu’il n’était pas certain de savoir vers quel dénouement son désir se tournerait, il avisa le mur couvert d’aspérités qui culminait vers une fenêtre malencontreusement restée ouverte et soupira. Cela ne serait pas de tout repos. Le diablotin avait beau fanfaronner, l’escalade n’avait jamais été son point fort. L’ascension fut périlleuse. Chaque prise lui paraissait exagérément glissante. Sa chute fut prévisible. Les muscles endoloris, il se releva en grommelant. « Ce n’était pas inclus dans le manuel ‘Séduire une Sorcière en trois leçons’. » Sans pour autant abandonner son idée, il recommença. Tant bien que mal, il parvint à atteindre le rebord de pierre et s’y hissa avec maladresse. Le silence régnait autour de lui. Relativement modeste, la maisonnée ferait amplement l’affaire. Ne manquait plus qu’à en déloger prématurément les habitants sans alerter le reste des villageois. Faisant appel à toute la discrétion dont il était capable, il partit à leur recherche. Par chance, achever des endormis ne provoquait pas un brouhaha tonitruant. Lorsque son office macabre fut achevé, il se dirigea vers la porte, le coeur léger. D’un geste de la main, il fit signe à la jeune femme d’entrer. Remisés dans la cuisine, l’odeur des cadavres ne parviendrait pas jusqu’à eux. Sur le seuil, il détailla Neige, s’attardant sur ses courbes pleines de charme. Il restait une question à laquelle il n’avait pas encore répondu. « Je veux être moi-même, et non le fils de quelqu’un. Mais je doute que vous puissiez comprendre. » Quant à savoir ce qu’il reprochait à son ascendance, lui-même n’en avait pas la certitude. Sans plus d’explication, il emprunta les escaliers pour rallier la chambre. La fraîcheur de son crime était parvenue à apaiser son esprit, et il ne tenait pas à en raviver la fureur.

Une fois en haut, le Démon se délesta de son large manteau et de son arme. En ces lieux, il n’aurait pas à combattre, et si une lutte devait s’engager, il comptait sur sa force pour le déclarer vainqueur. Une dérangeante sensation lui piquetait la bouche. Mentir lui était désormais interdit. Elle était belle. S’approchant du feu, il s’agenouilla pour raviver les flammes. Contempler le feu avait toujours eu pour effet de le détendre. Haussant les épaules, il se décida à lui en dire plus sur le contenu de la fameuse fiole. « Ce poison a une fâcheuse tendance à délier les langues de ceux qui l’ingèrent. Dans son usage d’origine, du moins. Je comptais m’en servir pour déclencher une bagarre à l’auberge et m'amuser du spectacle, mais vous m’avez coupé l’herbe sous le pied. Cela dit, priez pour que le Sorcier qui l’a préparé n’ait pas fait d’erreur, ce dont je doute. » Si Jacob s’assurait de payer sa dette en lui fournissant les mélanges qu’il souhaitait, le brun avait déjà eu à s’accommoder d’effets secondaires douteux. En l’occurrence, la teinte bleutée que prenait sa main n’avait rien de rassurant. D’un mouvement vif, il se redressa et s’approcha de la brune pour la pousser sur le lit. « Je ne sais pas encore si votre audace me plaît ou m’agace. » La sincérité dont il faisait preuve commençait à lui déplaire sérieusement. Le beau mensonge qu’il tissait autour de lui se fissurait quelquefois, et il n’appréciait jamais ces moments d’égarement. D’une démarche assurée, il la rejoignit sur le matelas, se penchant au-dessus d’elle. « La mort aurait pu vous attendre au tournant, que ce soit par le poison ou de ma propre main. » En écho à ces derniers mots, les phalanges du Démon se baladèrent dans le cou de la jeune femme. Ses lèvres vinrent effleurer les siennes en un mouvement délicat. Sa question se mua en murmure. « Pourquoi avoir pris le risque, Neige ? » Ses phalanges enserrèrent davantage la gorge de la Sorcière. Déchiré par d'impérieuses envies, Saül hésitait.
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MessageSujet: Re: La peau blanche comme la neige, les joues rouges comme le sang, les cheveux aussi noirs que l'ébène [Pv Saül]   

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La peau blanche comme la neige, les joues rouges comme le sang, les cheveux aussi noirs que l'ébène [Pv Saül]

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