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Les inscriptions ouvriront de nouveau le 30 novembre ^o^ En attendant, voici une chanson de bonne humeur >> ICI << Le staff vous souhaite un joli mois de novembre <3

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 | Le monde des songes |

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Qui vous a donné du rêve wesh ?
Edwina
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 8% [ 7 ]
Wriir
4%
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Devaraj
3%
 3% [ 3 ]
Anîhl
1%
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Raeden
3%
 3% [ 3 ]
Caleb
10%
 10% [ 9 ]
Chelea
0%
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Vanille
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Lilith A.
2%
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Mancinia
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Reddas
2%
 2% [ 2 ]
Lilith S.
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Lhyaerae
3%
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Kitoe
3%
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Kaahl
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Zane
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Kyra
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Djinshee
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Ethan
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Helly
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Melissandre
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Kryll
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Livaï
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Toble
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Soma
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Aylivae
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Wrath
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Erza
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Ignis
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Callidora
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Eerah
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Saphir
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Caliel
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Jun
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Gabrielle
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Edwina Nilsson
~ Magicien ~ Niveau VI ~

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◈ YinYanisé(e) le : 07/03/2010
✭ Activité : Ultimage

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MessageSujet: | Le monde des songes |   Sam 02 Sep 2017, 00:19



Le monde des songes

« Il n’y a que vous que cela fait rire. ». La silhouette à qui ces mots étaient adressés se mit à danser en souriant d’un air enfantin. « À trop t’inquiéter, tu vas finir par avoir des rides. Laisse-moi donc jouer avec leurs songes… ». « Harabella risque de ne pas apprécier. ». Elle rit, joueuse. « Pas dit que cela soit un rêve. Il se peut que les choses virent au cauchemar. ». L’homme soupira. Il ne l’aimait pas. Imprévisible et idiote, il se demandait comment elle avait fait pour devenir ce qu’elle était aujourd’hui. « La moitié des peuples en vivra bientôt un, je ne vois pas en quoi vos lubies sont intéressantes. ». « Que tu es rabat-joie ! Imagine : un même rêve, pour tous… Ils ne s’en rendront pas compte tout de suite mais quand le doute commencera à germer, ils se diront qu’il y a là des signes à entrevoir, un sens à comprendre… ». Il leva les yeux au ciel. « Donc votre objectif est simplement de tromper les Mortels sans aucune finalité… ». « C’est mal me connaître. ». Elle rit. « Et puis, les Ombres et les Génies n’ont pas trouvé le repos depuis bien longtemps. Ce serait dommage que tu m’empêches de faire ce que bon me semble. ». Il était agacé. « Je ne vais pas vous en empêcher mais ne comptez pas sur moi pour vous aider. ». « Oh, comme tu es grognon ! ». Elle s’était approchée, essayant de caresser sa joue avec sa main. La réponse de l’homme fut un regard haineux qui calma vite les prétentions de son interlocutrice. Elle essayait de se donner un genre avec lui, de se faire passer pour plus intelligente qu’elle n’était. Elle essayait de l’amadouer, de le rallier à sa cause. Le son de sa voix le hérissait. Le fait qu’elle ait pris la liberté de le tutoyer lui donnait des envies inavouables. Il la détestait mais il devrait se la coltiner durant des Ères. « Bien. Ne te joins pas à la fête si tu ne veux pas. Tu risques de manquer quelque chose de grandiose… ». Il ne répondit pas, préférant partir sans plus de cérémonie. Il se demandait encore pourquoi il avait cherché à l’arrêter. Cette femme était une gourde vulgaire et indigne. Il la ferait tomber de son piédestal mais il lui faudrait être patient.

_____________________________________________________________________________________

Règles HRP : 720 mots minimum – 3 jours pleins entre chaque réponse* – Un petit résumé à la fin sous spoiler de votre message – Fin : 31 octobre

* Exemple : Si vous postez le samedi, ce jour est rongé. Dimanche + lundi + mardi passent (trois jours pleins), et vous ne pouvez poster qu'à partir du mercredi =)

Explication du rp : Il s’agit d’un rêve que tous vos personnages vont avoir en commun (donc si jamais vous en parlez un jour en rp avec quelqu'un qui y était, ça sera amusant huhu). Il se déroule avant l’annonce de la victoire de Sympan, juste après les épreuves individuelles de la coupe des nations. Les races qui ne dorment normalement pas sont endormies par magie divine. Tout le monde se retrouve dans un palais au beau milieu d’une réception et d’un bal (il s’agit de la salle 1). Il y a plusieurs salles avec différents thèmes. Vous devez noter dans le résumé dans laquelle se situe votre personnage pour plus de facilités. Vous pouvez bien sûr aller où vous voulez, changer de salle etc. Je vous donne les thèmes à la fin de chaque description. À vous d’interpréter ^^ Vous êtes dans un rêve alors vous pouvez avoir des étourdissements un peu, des absences, passer d'une salle à l'autre sans vous en rendre compte etc. Votre personnage ne peut pas mourir.
Salle 1 : Il s’agit d’une salle bleue-claire et très grande. Il y a à manger et de la musique. Les invités sont en costumes et robes. Elle représente ce qui doit être.
Salle 2 : Il s’agit de deux salles en réalité. La première, celle par laquelle chacun entre, est remplie de costumes divers et variés et débouche sur la deuxième qui est une salle identique à la première sauf que chacun est masqué. La lumière est tamisée. Elle représente les envies cachées.
Salle 3 : Il s’agit d’une salle semblable à la première à l’exception que ceux qui s’y trouvent perdent leur apparence originelle pour revêtir celle de quelqu’un d’autre. La musique n’est plus harmonieuse et les couleurs sont parfois ternes, parfois explosives. Elle représente la folie et les possibilités.
Salle 4 : Il s’agit d’une salle semblable à la première mais plongée dans le noir le plus absolu. La musique retentit toujours. Elle représente la découverte et l’instinct.
Salle 5 : Il s’agit d’un bain public. La salle est remplie de fumée et la lumière est tamisée. Elle représente les confidences murmurées.
Salle 6 : Il s’agit d’une plaine d’herbes grasses où il ne se passe rien hormis ce que je ferai apparaître. Elle représente le futur.
Salle 7 : Il s'agit d'une grande pièce remplie d'étagères et contenant des souvenirs chers aux êtres qui s'y rendent. Elle représente le passé.

Quand le rp sera terminé, on votera pour les "meilleures prestations" même si ça reste très subjectif ^^ Les trois podium auront un gain. Je donnerai les points de rp associés =)

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Wriir
~ Ombre ~ Niveau VI ~

~ Ombre ~ Niveau VI ~
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◈ YinYanisé(e) le : 14/04/2015
☿ Âme(s) Soeur(s) : Une traqueuse.
✭ Activité : Sème des petites graines et fauche les vivants. Professeur à Basphel.

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MessageSujet: Re: | Le monde des songes |   Sam 02 Sep 2017, 10:57


Les instructions avaient été données. Un nouveau morne quotidien s'abattait sur les "miens", alors que nous allions changer l'existence de tous ceux qui ignoraient la nôtre. Nous nous dispersions à travers les quatre coins de ce monde, brisant les chaînes de la vie en collectant les âmes et les pleurs des proches, mais en faisant aussi reculer la mort quand au détour d'un soupir extatique, la femme se voyait gratifiée d'une nouvelle once de vie en elle.

Ainsi était mon quotidien. Inlassablement. Inéluctablement. Éternellement. Tant à faire, tant à organiser et personne à qui se confier. A quoi bon de toute façon, qui pourrait comprendre ce que je réalisais. J'étais le Gardien de la Vengeance, Sanctus, un instrument de mort pour ceux qui réclamaient une justice alternative.

La salle où je me trouvais avait beau m'être exclusive, elle ne laissait transparaître aucune décoration, aucun embellissement si ce n'était l'architecture des longues colonnes qui donnaient le sentiment de transpercer le ciel. J'avais besoin d'être seul mais dans ces moments-là l'ennui me rongeait petit à petit. Tsss .... Je ne pouvais me permettre d'être oisif, Umbrae ne dispensait aucun amusement à un peuple qui n'en avait de toute façon cure. Sans compter que la guerre prenait une tournant qui allait décider si notre sort serait un peu meilleur ou pire encore

Je me frottais les sinus du pouce et de l'index alors que je sentais une étrange magie m'entourer. Difficile à assimiler, plus ardu encore de la combattre. Je sentais un poids s'abattre sur moi, une lancinante faiblesse que nous ne pouvions pas endurer en temps normal. Ma bouche s'ouvrit instinctivement alors qu'un bâillement se fit entendre. Avant même que je ne m'en rende compte, j'étais avachi sur ma chaise, les yeux clos vers un univers qui m'était habituellement interdit.

Quand ma vision chassa ce flou qui l'obscurcissait, la première chose qui me fit tiquer était ce brouhaha ambiant tout autour de moi. Je quittai un silence absolu, la solitude tout relative d'Umbrae certes mais bien présente pour me retrouver là où au fil des décades passées comme Ombre je savais que rien de bon ne m'attendait. J'ai pu lire ou entendre que la musique adoucissait les mœurs mais de mon expérience je n'arrivais pas à imaginer où pouvait vivre le crétin qui pensait cela réellement.

La lumière disposée tout le long des murs pour faire briller de mille feux l'entrée menant à la salle principale me fit plisser les yeux, agressés par cette surenchère d'éclats. La soirée - en quel honneur et à la demande de qui ? - débutait à peine même si des dizaines et dizaines de personnes vaquaient en badinant, minaudant, riant à gorge déployée autour d'un verre alcoolisé.

Était-ce une épreuve dans le conflit que nous menions contre les Aetheri ? En sondant les personnes présentes ici, il y avait les races des deux camps. Avais-je été téléporté ici à mon insu pour accomplir le grand final d'une Vengeance qui me dépassait ? Comment n'aurais-je pas été informé avant d'une mort entrant dans mon Sceau ? Non ... je songeais à demi-mot à un caprice divin de peur que mes pensées soient sondées, ce n'était pas la première fois que cette mise en scène était utilisée pour une révélation bien souvent sanglante. Il allait falloir se montrer vigilant, l'Ombre que j'étais ne restait rien face à la toute puissance divine.

Adoptant une approche dite du "mouton", je suivais calmement la majorité vers le cœur de l'événement. Si je pus déceler la surprise, l'étonnement chez d'autres personnes, nul cri d'effroi ne vint briser la musique ambiante et générer une panique générale.

Une fois dans la salle principale, je vis l'exact opposé de l'endroit que je venais de quitter. Parures, dorures, tentures, bref, fioritures partout où mon regard se posait. La plupart des convives arborait des tenues chamarées d'or et de bijoux, alors que mon habit noir tranchait avec la myriade de couleurs qui me donnait parfois l'impression d'être atterri dans un kaléidoscope.

Un rapide balayage des lieux m'apprit deux choses : la première que cette salle de bal ne supposait rien de plus que sa fonction première, la deuxième que d'autres pièces étaient accessibles aux invités qui entraient et sortaient par diverses ébrasements décorés.

Je ne perçus aucune tête connue dans la salle principale, aussi quittais-je sans le moindre regret cette ambiance trop bruyante à mon goût. Ne sachant pas quoi trouver, je déambulais à l'instinct en comptant sur ma bonne fortune - j'aurai pu trouver cela amusant quand on savait ce que j'étais, de compter sur ce que je n'avais jamais eu - et finit par arriver vers un endroit éminemment plus agréable : une large plaine verdoyante, mes pieds se perdant dans les hautes herbes à première vue non entretenues mais qui dénotaient une volonté réelle de laisser les choses naturelles croître comme bon leur semblait. L'endroit était bien moins fréquenté mais j'en savourais chaque seconde. Je verrai si je pouvais me permettre de rester ici autant que possible ou si ce qui ne manquera pas d'arriver m'obligerait de nouveau à me frayer à travers cette masse grouillante de vivants.
Post n°1 / 902 mots:
 


Merci Rose-Alyyyyyyyyyyyysse Signification de la phrase latine : Carry my soul into the night
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Devaraj S. Taiji
~ Chaman ~ Niveau VI ~

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MessageSujet: Re: | Le monde des songes |   Sam 02 Sep 2017, 11:21

Le monde des songes
-Salle 6, bains publics -

Le soleil couchant brûlait les ruines d'un ancien hameau dévasté par la guerre. Peut-être était-ce lui qui l'avait d'abord brûlé il y a des années lorsque les maisons tenaient encore debout d'ailleurs, il ne se souvenait plus du nombre exact de ses victimes, ni des détails des longs combats, qui avaient maintenant trop duré. Le Chaman savait que la fin était imminente, il savait qu'il avait fait de son mieux lui et ses compatriotes. Il se demandait ce qu'ils avaient pu faire pour que les Aetheri se montrent si réticents et colériques, eux qui voulaient pourtant simplement les aider à éliminer l'ennemi commun que formait Delta. Mais beaucoup de connaissances lui échappaient, beaucoup trop, pour qu'il puisse comprendre ne serait-ce que des bribes de cette guerre, cela aussi, il le savait. Maintenant, c'était une pause, et l'attente lourde du dénouement.

Le Fumeur Macabre était seul sur un petit promontoire, seul vivant parmi beaucoup de mort qui le regardait de près ou de loin. Devrait-il rentrer à l'Île Maudite, retrouver les siens et se ressourcer ? La tentation était grande... Mais il ne le fera pas, pas avant de voir des signes bien précis annonçant la fin. Revenir s’affaisser dans des bras aimés n'était pas permis, car ce n'était pas la Vie mais bien la Mort qui ornait son visage de sa noirceur si terrifiante aux yeux de ces millions d'ignorants. Cela faisait sourire le Chaman, grimace pleine de mépris et de haine. S'ils savaient à quel point le monde des esprits et la capitale de l'Au-Delà étaient bien plus stables et admirables, comparés à cette mauvaise mélasse vivante remplie d'hérétiques qui osaient dépenser leurs si petites et ridicules vies en blasphémant les Dieux, ces Aetheri-même, Edel et Ezechyel, sans qui ils ne seraient plus rien ! Cette pensée même le remplissait d'une ardeur frôlant les méandres de la folie, des envies inavouables qui faisaient briller ses deux orbes fantomatiques. Il pouvait sentir le regard bleue inquiet de son fidèle esprit compagnon Khaal, l’observation malsaine et discrète des Esprits Parasites qui lui tournaient autour en attendant un moment de faiblesse psychologique pour le briser et tuer son esprit... Ils étaient les vautours autour d'un agonisant, mais qu'à cela ne tienne ! Devaraj ne refera pas deux fois l'erreur de se faire piéger par l'Emprise mortelle d'un Parasite. Il en venait même à... apprécier leur compagnie, aussi fou que cela puisse paraître. Leur aura dangereuse, morbide, chargée de colère et de vengeance... Tout cela le grisait complètement au même titre qu'une drogue ! Il pouvait frôler leurs anciennes puissances du bout du doigt, car elle transparaissait encore dans leurs formes éthérées, déformées. Il observait et se demandait, comparé à ces vieux rois déchus, ces seigneurs trahis par la Mort qui cherchaient un corps à posséder pour pouvoir revivre... Qu'est-ce-que valait sa propre magie, sa rage, son endurance ? Probablement rien. Le gouffre qui les séparaient lui donner le tournis et une profonde envie addictive de combler cette distance !

Perdu dans ces pensées diverses, le Chaman revint alors au campement, pris d'une profonde fatigue. Devaraj laissa la pipe à herbe à ses cinq camarades et enroula son corps meurtri dans une fourrure. Son peuple avait pour coutume de parler aux Dieux par les songes, et il espérait bien que cela se réalise cette nuit.  


Il y avait beaucoup de bruits, des sonorités qu'il n'aimait pas; trop mondain, trop hypocrite. Il préférait le son d'un tambour lascif et les courbes nus d'un corps dansant plutôt que ces... marionnettes bouffies dans leurs costumes. Enfin ! Il se garda bien de toucher à la nourriture... Le souvenir d'un bal sanglant et empoisonné hantait encore son esprit. Discrètement, le Chaman se dépêcha de quitter cette salle. Lui qui portait encore ses peintures de guerres, noires rouges, oranges; signes son idole, la Mort; sa passion et sa force; ne s'accordait pas vraiment au reste de la réception. En logeant les portes, il se sentit violemment attiré par l'une d'entre elle, qui ressemblait à la première avec un Chaos ambiant, une folie éphémère. Plus loin, une pièce plongée dans les ténèbres le tenta encore au plus profond de son être, il allait même y mettre un pas, le cœur battant d'excitation. Mais il se retrouva dans un grand bain public, où quelques inconnus s'acheminaient. La fumée qui s'évaporait avait des odeurs hallucinogènes, il se demandait si les autres ressentaient la même chose ou si ce n'était qu'une illusion. Rien ne l'étonnait après tout, cet endroit lui rappelait joyeusement Somnium et la Porte des Songes, un lieu éternellement changeant sans logique, qui lui plaisait particulièrement. L'attrait de l'eau claire et brûlante fût alors insoutenable. Fiévreux et ressentant soudainement toutes ses blessures accumulées, ses courbatures, son corps qui hurlait, il se dévêtit sans gène et descendit doucement dans l'eau. Un soupir d'aise s'échappa de ses lippes, sa main remonta sur le bord du bassin dont les mosaïques lui semblaient vivantes... Il eut un doux étourdissement, avant de se retrouver avec sa pipe allumée, à rajouter un peu plus de fumée dans la salle, son corps anesthésié par l'eau.

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Anîhl
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MessageSujet: Re: | Le monde des songes |   Sam 02 Sep 2017, 11:56

La rumeur de voix me parvient vaguement, comme si elle était assourdie par un voile. Puis les voix se parent de silhouettes : je suis dans une salle lumineuse et colorée par les robes des femmes qui se pavanent au bras de leur cavalier. Je suis à un bal. De la musique s’élève, mais il me semble qu’elle a joué depuis le début. J’esquisse un pas et un bruit de tissu qu’on froisse me fait réaliser que je porte moi aussi une robe.
-Pourquoi je dois porter ça ? demandé-je à Silo, qui me tient par le bras à l’image des couples qui nous entourent.
-C’est juste pour l’occasion, me répond-il en réajustant son nœud papillon. En plus, elle te va très bien.
Il me sourit, une lueur espiègle au fond du regard. Je grogne. Il est très élégant, dans son frac noir. Je me demande un instant où est-ce que nous avons bien pu trouver l’argent pour nous acheter de telles tenues, mais la question disparaît aussi vite qu'elle est venue.
La musique adopte maintenant le rythme ternaire de la valse et semble tout à coup emplir tout l’espace.
-Dansons, m’enjoint Silo en se saisissant déjà de ma taille.
-Je ne sais pas –
Mais je suis entraînée par mon frère et nous tourbillonnons au milieu des autres convives. À ma surprise, je n’ai aucun mal à suivre la musique.
Je ne sais pas combien de temps nous dansons. La valse semble ne jamais prendre fin. Mais nous décidons soudain d’un commun accord de nous arrêter et de rejoindre les rangs de ceux qui observent le spectacle.
-Il doit y avoir un buffet, ici, dit Silo.
Intéressée, je tends le cou. Je ne tarde pas à repérer les longues tables alignées les unes à côté des autres et couvertes de plats. Je n’ai jamais vu autant de nourriture au même endroit. En me frayant un chemin à travers la foule vers le buffet, je heurte quelqu’un mais n’y prête pas attention. Silo se charge des excuses à ma place, tandis que j’atteins les riches victuailles. Je découvre avec émerveillement l’abondance de mets si raffinés qu’ils semblent briller sous la lumière. J’hésite un instant devant tant de choix, puis me saisis de ce qui ressemble à une minuscule tarte salée.
-Un petit four, murmure Silo à mon oreille.
-Comment tu sais tout ça ? lui demandé-je la bouche pleine.
Silo sourit d’un air un peu mélancolique.
-Il m’est arrivé d’aller à des réceptions, à la Citadelle Blanche.
Je cesse un instant de mâcher et une vague sensation d'irritation envahit mon estomac, sans que je sache pourquoi. Je détourne le regard et j’oublie Silo, je ne me préoccupe même plus de savoir s’il est à côté de moi. Un grand miroir couvre un bout du mur, face à moi. Comme si les autres convives n’existaient pas, je n’y vois que mon reflet. Je suis méconnaissable. Je porte une longue robe bleue qui balaie le sol et laisse à découvert mes côtes. Mes cheveux sont relevés sur ma tête dans un chignon compliqué duquel s’échappent quelques mèches savamment disposées de part et d’autre de mon visage. Mes yeux sont charbonneux et donnent l’impression que mes iris sont transparentes.
La vision disparaît et je me retrouve dans la salle de bal, bruyante et peuplée. Je me rends compte que la musique s’était arrêtée pendant quelques instants. Silo est toujours à côté de moi mais il est plongé dans un dialogue avec un inconnu. Aucun d’entre eux ne semble porter attention à ma présence, mais cela ne me vexe pas, car je n’éprouve pas le besoin de me mêler à leur discussion.
Je me tourne vers le buffet pour attraper un deuxième petit four, mais je ne suis plus dans la salle de bal, je suis dans une pièce faiblement éclairée remplie de petits bruits étranges. Je ne vois pas âme qui vive mais j’ai le sentiment que je ne suis pas seule.
Je regarde autour de moi. Les murs de la pièce sont très hauts et couverts d’étagères dont le sommet se perd dans la pénombre. Les rayonnages débordent d’objets. Je m’approche de l’une d’entre elles et découvre une multitude de vieux bibelots couverts de poussière. Il y a aussi des jouets pour enfants, la plupart sont cassés. D’autres ne se sont jamais arrêtés de fonctionner, et ils émettent encore des petits bruits essoufflés. Je comprends la source des sons bizarres qui emplissent la pièce. J’effleure du bout des doigts certaines de ces reliques, tout en parcourant le dédale des étagères. Je finis par m’arrêter devant les restes d’une carafe en terre cuite, dont un bout a été brisé. Les bords raides de la cassure sont couverts d’une couleur sombre, comme si une substance avait séché dessus. Au moment où je tends la main vers le broc, un bruit plus fort que les autres me fait sursauter et je me retourne vivement.
Je devine que quelqu’un s’approche de moi, il me semble même entendre sa respiration. Je plisse les yeux et balaie les alentours du regard.
-Montrez-vous, dis-je et ma voix semble engloutie par les objets du passé.
Il y a un silence. Puis une silhouette apparaît entre les étagères et s’avance d’un pas tranquille vers moi. Je ne reconnais pas la chevelure blonde et le regard bleu de la femme qui s'avance vers moi.
-Qui êtes-vous ? demandé-je d'une voix forte.
La femme me fixe, sans me répondre. Je sens le malaise m'envahir progressivement. Les traits de l'inconnue me semblent vaguement familiers. Personne d'autre que Silo n'a les yeux d'un bleu aussi intense.
L'identité de la femme se révèle soudain à moi, limpide.
-Tu es ma mère ? chuchoté-je.

Post 1 - 947 mots:
 


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MessageSujet: Re: | Le monde des songes |   Sam 02 Sep 2017, 12:46

D'une façon où d'une autre, cette guerre allait avoir leur peau à tous, au propre comme au figuré. Depuis combien de temps étaient-ils en train de se battre, encore et encore ? Leur vie ne semblait être que bain de sang après bain de sang. Affrontement éternel pour une raison ou pour une autre. N'y aurait-il jamais le repos pour eux tous, qu'ils soient pour les Aetheri ou Sympan ? Etait-ce leur destin à tous, de devoir s'entretuer ? Toutes ses questions, ses interrogations, se bousculaient dans sa tête tandis qu'il se tenait à l'orée de la salle de bal, à regarder les gens parler rire, danser, comme si le monde extérieur n'existait plus. Etait-ce leur manière d'exorciser, d'éloigner pendant quelques heures ce qui se passait à l'extérieur, sur tous les territoires ? Possible. Mais dans ses cas là, que faisait-il là ? Il n'arrivait pas vraiment à se rappeler où était la fête ni même qui l'organisait ou encore pourquoi il était venu alors qu'il y avait tant à faire dehors. C'était certainement du à la fatigue et l'épuisement qui s'accumulaient dans son corps et dans son esprit depuis le tout début de cette histoire.

Quoiqu'il en soit, cela devait être important. Une décision de son supérieur peut être ou de lui-même pour une raison dont il n'arrivait pas à se souvenir sur l'instant. Car on ne pouvait pas dire qu'il était un grand sympathisant des bals. Ou en tout cas, plus depuis des siècles. Et la dernière fois qu'il s'était retrouvé à une telle réunion, il avait fini à terre, baignant dans son sang. Peut être qu'il serait devenu Ange plus tôt. Mais rien n'en était moins sur. Son regard balaya la pièce pour tenter de déterminer si quelque chose clochait, si un danger pouvait menacer. Mais rien en particulier ne ressortait de la foule. Il crut un instant reconnaître la silhouette d'un homme peinturlurer mais un couple de danseur passa devant lui et lorsqu'il s'éloigna, il n'y avait plus personne. Certainement un effet de son esprit. Il se frotta un instant les yeux avant de faire demi-tour. Et de se faire bousculer par une invitée qui ne prit même pas la peine de s'excuser. A croire que le buffet supplantait tout. Son cavalier le fit à sa place mais l'Ange le rassura d'un geste. Ce n'était rien. Il n'y avait pas mort d'homme après tout. Il l'expliqua au cavalier de la jeune femme en robe bleue avant de les laisser seul.

Raeden quitta la salle. Il avait besoin de prendre l'air ou tout du moins de se retrouver dans un endroit un peu plus calme, avec moins de monde et moins de brouhaha. Peut être qu'ainsi, il pourrait prendre le temps de se recentrer et de se reconcentrer un peu pour se rappeler le pourquoi de sa venu. Car s'il avait une mission, c'était quand même mauvais signe de pas s'en souvenir. Où alors, c'était là la façon que son corps et son esprit avaient de lui dire qu'il fallait vraiment qu'il se repose. Il ne se souvenait pas connaître les lieux ni même y être jamais venu et pourtant, il se retrouva pile à l'endroit qu'il avait besoin, devant une grande plaine herbeuse. Comme s'il avait marché des heures et des heures pour quitter toute civilisation. Mais il n'était pas seul. Un homme, tout de noir vetu était déjà présent. Il lui semblait légèrement familier. Peut être l'avait-il déjà croisé au cours d'un événement quelconque. L'Immaculé vint donc se porter à ses côtés, sans rompre le silence. De longues secondes, voir même plusieurs minutes s'écoulèrent ainsi, avec pour seul bruit, celui de la plaine.


C'est étrange comment un tel lieu peut se retrouver au détour d'une porte. Une simple porte qui pourtant sépare deux mondes totalement opposés.

Assurément, il y avait de la magie dans l'air. Après tout, c'était assez courant dans monde, baigné de magie. Il suffisait que le propriétaire des lieux ait les facultés pour faire une telle chose ou bien ait les moyens financiers pour employer quelqu'un pouvant le faire à sa place. Peut être aimait-il venir se ressourcer de temps en temps ici, loin de la mondanité ? Des suppositions, des conjectures, encore et toujours. Raeden jeta un coup d'oeil sur l'homme à ses cotés avant de replonger son regard dans l'étendue herbeuse.

Nous serions nous déjà vu quelque part ? Votre visage semble me dire quelque chose. Ou alors, vous avez de par le monde un sosie ou bien de la famille qui vous ressemble.

La mémoire du Liddell était habituellement infaillible, mais là, depuis le début de la soirée … Soirée vraiment ? N'était-il pas en journée ? Même le temps lui jouait des tours … il y avait des brides de souvenirs qu'il n'arrivait pas à se rappeler, à se remémorer.

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Chanson sur Raeden. Merci Shawn ^^:
 

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Edwina Nilsson
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MessageSujet: Re: | Le monde des songes |   Sam 02 Sep 2017, 12:59

Edwina soupira, penchée vers l’unique fenêtre de la tour dans laquelle elle vivait. Parfois, lorsque les affaires du Royaume étaient trop importantes, l’Archimage Eorane lui rendait visite, discutant avec elle de tel ou tel sujet. D’autres fois, l’Archimage Nylmord la rejoignait afin de lui apporter des provisions et de lui donner des nouvelles du monde. Pourtant, la plupart du temps, elle était seule, tout simplement. Elle avait fini par demander des parchemins sur lesquels elle pourrait écrire. Elle lisait également avec attention le livre que la Dame Rouge lui avait ramenée peu de temps avant et avait commencé à suivre les préceptes religieux enseignés au sein de l’ouvrage. Elle souhaitait que son peuple connaisse un cercle vertueux, continue dans cette voie de progrès et d’harmonie. Elle souhaitait que Sympan gagne, non parce qu’elle détestait les autres Dieux, simplement parce qu’elle savait pertinemment que là était la voie du salut pour les siens. La Reine sourit en apercevant deux oiseaux batifoler sur une branche d’arbre. Le temps lui paraissait long ici et elle avait des envies de libertés, d’aventures et d’interdits. Elle ne souhaitait pas être la princesse en haut de la tour d’ivoire qu’un preux chevalier viendrait libérer. Elle souhaitait se libérer seule. Néanmoins, elle était pleinement consciente que tant qu’elle n’aurait pas accouché, eu égard aux nombreux ennemis qu’elle avait, elle ne pourrait quitter cet endroit. L’Archimage Nylmord avait voulu la protéger de l’emprise du Monarque Démoniaque et sans doute avait-il raison. Cependant, il y avait un « mais », une partie d’elle-même qui refusait de se considérer comme soumise à l’emprise du Diable. Pourquoi était-elle obligée de fuir dans un conte pour échapper… échapper à quoi au juste ? Son bras droit la prenait pour une enfant, incapable de gérer une situation si un maléfique entrait dans l’équation. Pourtant, elle trouvait que côtoyer les Démons était une meilleure alternative que les ignorer ou les fuir. Garder ses ennemis proches était un atout de taille. Elle soupira de nouveau. Elle ne voulait pas se soumettre aux caprices du mal mais être son égal.

Lasse, Edwina finit par rejoindre son lit, s’enroulant dans le drap blanc. Fixant le plafond elle repensa à la mort de Raeden et à tous les événements qui s’étaient déroulés précédemment. Elle s’en voulait, même si elle préférait ne pas y penser. D’un autre côté, elle se demandait ce qu’il se serait passé si elle n’avait pas été l’assassin. Plongeant malgré elle dans une réflexion désagréable, elle finit par s’endormir un temps qui lui parut très court. Autour d’elle apparut une salle de bal gigantesque. Le décor et l’architecture lui rappelaient le palais de Cael. Ses yeux se portèrent sur son corps. Elle était en robe, aussi bleue que la salle, cintrée à la taille puis évasée autour de ses hanches et de ses cuisses. Elle avança légèrement, prise d’une sorte de tournis. L’ambiance lui paraissait si particulière. Elle dormait quelques temps avant, dans un monde divin qui plus est. Comment avait-elle atterri ici ? Était-ce un rêve ?

La Souveraine regarda autour d’elle, consciente que quelque chose clochait. Avait-elle envie de savoir quoi ? Pas franchement. Elle qui rêvait d’interdits et de libertés, voilà qu’elle avait été exaucée. L’hypothèse la plus probable était celle d’un songe. Peut-être que sa magie faisait de nouveau des siennes après tout ? Légèrement inconsciente, elle finit par hausser les épaules et se perdre dans la foule. Qu’importe, elle aviserait en fonction de ce qu’il se passerait. L’inconnu était aussi excitant qu’effrayant mais cela faisait trop de jours qu’elle était seule à ressasser le passé pour laisser la peur l’envahir maintenant. Aussi, Edwina finit par s’approcher d’une porte qui avait attiré son regard. La main sur la poignée de celle-ci, elle regarda une dernière fois la salle. Les êtres semblaient disciplinés, les pas de danse coordonnés. Il lui semblait qu’il s’agissait d’un monde de faux semblants, d’étiquettes, le monde qu’elle vivait chaque jour en tant qu’Ultimage. Elle préférait le quitter ; ce qu’elle fit.

La jeune femme arriva dans une salle totalement plongée dans l’obscurité. La musique retentissait toujours mais elle ne voyait strictement rien. Plaçant ses mains devant elle pour éviter de buter dans un meuble ou autres, elle commença à avancer, se fiant plus à son instinct qu’autre chose. Dès qu’elle entendait un bruit trop proche d’elle, elle déviait de son chemin d’origine pour en emprunter un autre. Il ne faisait aucun doute que des êtres dansaient ici. Elle se demandait simplement comment ils faisaient pour ne pas se percuter. Finalement, ce qui devait arriver arriva et la Reine finit par mettre la main sur quelque chose, quelque chose de doux et soyeux.

775 mots

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Caleb Suellan
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MessageSujet: Re: | Le monde des songes |   Sam 02 Sep 2017, 13:14


Dans un instant suspendu dans le temps, les tourments de mon âme semblaient s’être apaisés. Je me délectais de cette seconde à la saveur si légère. Une unique seconde. Autour de moi, les autres valsaient, se gavaient, palabraient et pinaillaient. Je ne les écoutais pas. Dans un soupir, je me mis à frotter mes tempes, redevenus douloureuses. Désireux de soigner mes maux, je me dirigeais d’un pas fatigué vers le meilleur remède que je connaisse. En quelques gorgées, je vidais un premier verre de vin, attrapant le second dans la foulée. Je n’étais pas sot au point d’ignorer ce qu’il se tramait. D’une humeur plutôt conciliante, je jouais néanmoins le jeu. Il y avait de quoi boire, cela suffisait à me rendre coopératif, même si l’absence de café était préjudiciable à mes hôtes. Mon regard glissa sur l’assemblée, à la recherche d’un visage familier et amical parmi cette foule d’étrangers, qui n’avaient pourtant aucun secret pour moi. Quelques silhouettes attirèrent mon attention sans éveiller en moi une once d’affection. Il n’était guère l’heure de déclencher les hostilités alors je me gardais bien d’approcher. De toute manière, il n’y avait qu’une femme que je voulais retrouver. Les autres m’importaient peu. Elle n’était pas là. Je pouvais bien l’attendre. Quoi qu’il en soit, il me fallait à tout prix quitter ces mondanités. Je ne supporterais pas davantage de rires et de danses maladroites, esquissés par des duos convaincus d’être les plus merveilleux des couples et des danseurs. Alors que j’envisageais brièvement de faire un croche-pied à un homme particulièrement agaçant, pour la simple beauté du geste, je m’égarais entre ici et ailleurs.

Durant un court moment, je me demandais vaguement si les musiciens m’avaient devancé et vidé les réserves de boisson avant que j’arrive. La musique était peu agréable à l’oreille et les instruments, désaccordés. La vérité était plus simple : j’avais quitté la première salle pour une autre, où les goûts musicaux étaient plutôt discutables. J’avais toujours mon verre à la main, c’était le plus important. Mes doigts tapotèrent le cristal en rythme. Puis je me figeais. Depuis quand avais-je de longs ongles parfaitement manucurés et peints de rouge ? Je me retournais brutalement pour observer mon reflet, dans une fenêtre, un miroir ou un plat en argent. « Sérieusement … » bougonais-je d’une voix qui ne m’appartenait pas. « Sérieusement ! » répétais-je, passablement contrarié. Mon ton était si tendre et délicat que la colère devenait risible. Certains avaient de l’humour, en ce monde. Je pouvais accepter de perdre mon apparence momentanément au profit d’une autre, pour satisfaire les lubies maladives d’un être qui ferait la fortune d’un bon médecin. Mais pourquoi fallait-il que j’emprunte ces traits-là ? « Evidemment … » murmurais-je en tournoyant sur moi-même dans une envolée de dentelles. Je glissais mes mains dans mes cheveux, agrippant les boucles en soupirant. Être une femme, l’espace de quelques minutes, n’était pas une épreuve insoutenable. Je me rappelais – très difficilement-  qu’un jour j’étais tellement ivre que je m’étais persuadé d’être une papaye sauvage. Mais pourquoi elle ? Je risquais ma peau. Elle n’avait pas que des amis. « Hum. » Je plaquais mes paumes sur mon ventre. « Mais quelle ligne ! » m’exclamais-je. C’était une brindille, cette femme. « Mais quelle ligne ! » Visiblement, détruire le monde était un sport qui entretenait le corps. « Elle fait cinquante kilos à tout casser, personne n’a pensé à lui en coller une pour la calmer ? » Moi je l’envisageais, en tout cas. Même si je savais pertinemment que la vraie me mettrait une raclée au bout de quelques secondes. J’emmêlais mes doigts dans ma nouvelle chevelure cuivrée. Après avoir vidé le contenu d’une ou deux – trois ou quatre en réalité – coupe de vin, je me mis à galoper à travers la salle. J’avais envie de tester l’agilité et l’élégance de ce corps.

Si la Khæleesi me voyait ainsi, elle risquait de me le faire payer. Cette idée ne m’effrayait pas et à vrai dire, je m’amusais comme un fou dans son corps, l’alcool aidant. J’espérais même croiser ma chère Vanille. Cette pensée arracha un sourire. Je continuais à boire, à grimper sur les tables et à rire, en compagnie d’illustres inconnus qui me contemplaient d’un œil circonspect. Il n’était pas facile de danser et valser, perché sur des talons d’une dizaine de centimètres. Et cette robe, ce corset ! Je commençais à peiner à me souler, et ça, c’était inacceptable. Elle était déjà toute petite et toute fine et n’avait rien à enfermer. Je le savais, je l’avais déjà vu toute nue. « Quelqu’un a un couteau ? » demandais-je à l’assemblée, pour donner un coup dans le laçage et me libérer. La question risquait d’en faire frémir plus d’un, vu le tempérament de psychopathe de mon visage, mais je m’en fichais. « Personne ? » me lamentais-je en me baladant avec une bouteille à la main. La mine boudeuse, je m’assis sur une chaise. Je voulais boire, moi.

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Chelae Arcesi
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MessageSujet: Re: | Le monde des songes |   Sam 02 Sep 2017, 15:12

J’ai faim. Elle eut une sensation de chute. Oh, je tombe… Celle de se cogner, de se heurter. Tout était noir. C’était un gouffre sans fin où la peur était annihilée. D’où venait-elle, déjà ? Qu’avait-elle fait juste avant, avant de tomber ? Il devait bien y avoir quelque chose… ou pas ? Dormir… Aussi bizarre que cela puisse paraître, c’était autant une sensation physique que psychologique. Elle n’avait pas de mâchoire pour bailler, ni d’yeux à fermer, mais il y avait une lourdeur... quelque part. Dans sa tête. Une douce et profonde lourdeur qui l’entraînait toujours plus vite dans cette chute ascensionnelle. Est-ce qu’elle montait, ou elle descendait ? Laissez-moi juste reprendre des forces… Un sifflement vînt agresser le silence. Il se transforma peu à peu…

  On lui rendit la vue. Mais la première chose qui la frappa fut le bruit. Un bruit fort, calme, régulier. Celui des voix, plein de voix. Et du bleu. Chelae vacilla. Ses muscles se détendaient tout seul. Elle manqua de tomber mais se rattrapa. Elle fut elle-même surprise par son réflexe. Elle regarda son pied à la façon d’un zombie qui découvre la gravité. Puis sa tenue. Elle n’avait rien à voir avec ce qu’elle portait avant ! Attend, qu’est-ce qu’elle portait avant ? … Oh, elle réfléchirait plus tard ! Elle était vêtue d’une robe trop courte, et qui plus est vert feuille. D’où elle sortait, cette robe ? Elle avança doucement dans la foule une fois de s’être assurée qu’elle pouvait marcher, considéra un à un les visages, puis les tenues. Dans un geste de pudeur, elle tirait la sienne vers le bas. Elle se décomposa lorsqu’elle remarqua qu’en plus de n’avoir pas eu de choix vestimentaire, elle était vraiment affreuse et ridicule, comparée aux autres !

  Ses sens devinrent plus nets. Elle ne se sentait pas du tout à sa place. Enfin si, puisqu’il semblait s’agir d’une réception, ou d’une fête mondaine, mais elle n’était pas prête ! Elle aurait été aussi bien en robe de chambre…

  Ses pas la menèrent près du buffet. Se rappelant avoir pensé avoir faim, sa main attrapa trois amuses bouches d’un coup. Chelae se réprimanda toute seule dans sa tête.

  C’est vraiment impoli ! Déjà que tu es habillée comme une huître, si en plus tu te mets à te goinfrer… et tu n’as même pas faim !

  En effet, elle n’avait même pas faim. Elle hésita à tout remettre dans le plat mais se ravisa. Tant pis… troublée, elle s’éloigna.

  Que se passait-il exactement ? Pourquoi était-elle la seule à sembler perdue ? Où était-elle ? Si elle ne supportait plus trop d’être seule à se poser autant de questions, elle se voyait mal aborder quelqu’un. Comment la regarderait-on ? Il fallait mieux qu’elle s’écarte…

  Il y avait plusieurs salles, desquelles d’autres invités sortaient ou entraient. Elle se dirigea au hasard. Plus que tout au monde elle souhaitait disparaître, aller quelque part, n’importe où mais qu’on ne la voit pas dans cet état. Elle se retrouva dans une salle sombre. Non, pas sombre. Noire. L’obscurité la plus totale. Ses pupilles se dilataient en vain. On n’entendait que des voix tantôt surprises, amusées, tantôt effrayées. Elle avança timidement. Elle avait peur de se heurter. C’était peut-être une mauvaise idée, en fait… Elle se retourna dans l’idée de faire demi-tour… Où était la lumière ? Où était la sortie ? Elle balayait plusieurs fois le noir. Rien. Elle était égarée dans le vide. Sa panique s’accrut. Il fallait qu’elle trouve un point d’appuis. Vite ! Elle avança encore. Elle avait peur. Elle n’allait plus jamais sortir, c’était ça ? Ne pas céder… Sa main devant elle rencontra une surface plane, lisse et verticale.

  -Pardon ! S’écria-t-elle.

  Elle n’arrivait pas à y croire. Elle venait de demander pardon à un mur. Elle pria pour que personne ne l’ait entendue, puis se rappela que personne ne devait la voir. Elle souffla et s’assit par terre.

  Elle devait reprendre son calme. Elle se massa les tempes. Voilà que son crâne en faisait des siennes ! Il fallait qu’elle trouve une explication à tout ça. Alors. Reprenons depuis le début. Elle était dans… un palais, admettons. Elle ne se souvenait pas y être entrée. Avant, il y avait cette sensation étrange de chute. Et encore avant… De la fatigue, une profonde fatigue, et une grande faim. Impossible d’aller plus loin. Pourquoi ses souvenirs lui étaient-ils inaccessibles ? Sa migraine gonflait, gonflait à chaque battement de cœur.

  Son esprit s’embruma de nouveau.

  Et la brume devînt matérielle. Nouvel endroit. Elle prit du temps à s’habituer à la lumière.

  -Où…

  Elle examina l’environnement. Rien à voir. Elle n’était toujours pas seule, mais pas non plus oppressée par la foule. C’était bien, pas tro…

  -Mais qu’est-ce que vous faites, tous ?

  Chelae se pétrifia au propre son de sa voix. Elle venait de réaliser au même moment la nature de l’endroit. Son regard était supposé fuir les quelques corps dénudés, il réussit pourtant à se poser sur un homme en particulier. Elle le considéra avec détachement, bien que son visage eût un air ahuri.

  Et pourquoi ai-je l’impression d’avoir été droguée ?

  Elle tressaillit. Et pourquoi sa pensée venait-elle de résonner partout dans la salle ?

~874 mots~

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MessageSujet: Re: | Le monde des songes |   Sam 02 Sep 2017, 16:25


« Je suppose que la rencontre s’est bien passée. » murmura-t-il, après s’être brièvement attardé sur le sourire de sa femme. « Elle est moins sotte qu’elle n’en a l’air. » se contenta-t-elle de répondre, tout en s’essayant sur la méridienne. Elle croisa doucement les jambes, pensive. En réalité, elle la prenait pour une idiote. Elle avait juste eu assez d’instinct pour plier le genou devant elle, pour survivre. « Je crois qu’elle a compris qu’elle ne parviendrait jamais à régner convenablement, si le peuple continuait à s’accrocher à mon souvenir de la sorte. » Il rit. « Pauvre enfant. Contrainte de partir simplement parce que tu l’as prévenu de ton retour. » Elle haussa les épaules. « Elle savait qu’elle n’avait pas le choix. De plus, je lui ai proposé un arrangement si remarquable qu’elle s’est gonflée d’égo et n’a pu que flancher devant les mille et une possibilités que cela lui offrait. » La Guerre touchait à sa fin. Il était temps de préparer l’avenir. « Je suis surpris que tu lui aies cédé le Spectre. » Elle eut un vague sourire en coin. « Ce n’est que temporaire. » La décision n’avait guère été plaisante à prendre. C’était pourtant une nécessité. Lady Marellye avait fait son temps et la Khæleesi était trop occupée pour s’occuper de cela, dans l’immédiat. Elle pouvait bien faire croire à la Sirène qu’elle lui faisait une faveur. Elle serait peut-être utile, dans un futur proche, pourvue qu’elle ne découvre pas les projets de son aînée. « Elle paiera son impertinence. Plus tôt qu’elle ne le croit. » soupira-t-elle en s’allongeant. Elle leva légèrement les yeux au ciel en entendant la réponse de son époux. « Tu te trompes. » articula-t-elle tout bas, en fermant les yeux.

La musique semblait résonner jusque dans les tréfonds du Palais. Le chef d’orchestre battait la mesure et les danseurs valsaient, au cœur d’une chorégraphie parfaitement réalisée. La Khæleesi arqua très légèrement les sourcils, plongée durant un instant dans une confusion inexplicable. Ses yeux verts glissèrent sur l’architecture grandiose des alentours, sans qu’elle ne pipe le moindre mot. « Fais comme si tout cela était tout à fait normal, princesse. » Elle reconnaissait cette voix. « Silas. » Le Sorcier sourit. Ils étaient au cœur de la piste, à esquisser quelques pas ensemble. « Tu n’as pas l’air enchantée de me voir. A moins que tu sois agacée d’avoir été traînée ici de force ? » Elle ne répondit pas. Il baissa les yeux sur la tenue qu’elle portait. Une élégante robe rouge qui ne faisait que souligner sa sensualité. « Très jolies vêtements. Je te les arracherai bien. » Dans un soupir, elle s’écarta de lui. Il l’empêcha de s’éloigner, la tenant fermement par le poignet. Elle lui asséna un regard assassin. Il sourit, levant sa main près de ses lèvres pour y déposer un baiser. « Fais attention à toi, princesse. » - « Est-ce un avertissement ou une menace ? » Il médita un instant. « Va savoir. » Elle tourna les talons. Après avoir attrapé une coupe de champagne pour passer sa contrariété, elle se laissa sombrer dans la curiosité. Elle avait envie d’explorer cet endroit inconnu. Elle choisit de s’arrêter dans un lieu surprenant, comme un champ à perte de vue où il n’y avait rien d’autres que les herbes folles, qui ondulaient doucement. C’était certainement le coin le plus calme. Forcément, cela l’intriguait. Elle erra un instant dans la plaine, sans se soucier des autres.

Megæra avait quitté la grande salle de réception. Elle se sentait nauséeuse et avait cruellement besoin d’air. Elle avait l’impression d’étouffer. Son existence avait été bouleversé par de nombreux changements et elle peinait à le supporter. Cette excentricité était de trop. Que faisait-elle ici ? Pourquoi ? Qu’est-ce qui n’allait pas ? Elle n’en savait rien. Elle attrapa les voiles de sa grande et vaporeuse robe noire, désireuse de s’échapper. A bout de souffle, elle s’arrêta après quelques minutes de course, prenant sa tête entre ses mains. Cet endroit ne lui plaisait pas. Les salles étaient toutes plus étranges les unes que les autres et renforçaient son malaise. A sa plus grande surprise, lorsqu’elle releva la tête, elle n’était plus là où elle s’était reposée, mais noyée dans la fumée, sous une lumière tamisée. Il faisait chaud, et la Sirène fit glisser le châle qu’elle avait sur les épaules. Des bains ? Ils étaient quelques-uns à se prélasser dans l’eau. Megæra hésita, partagée entre l’envie de fuir à nouveau et la petite voix qui lui ordonnait de plonger. Elle était une Ondine depuis peu. Elle passait le plus clair de son temps dans les mers et les lacs, pour satisfaire ses instincts. Elle longea doucement le bord du bassin, sans savoir quoi faire. Puis elle ralentit le pas. « Devaraj ? » murmura-t-elle doucement.

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Lilith Arkendar
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MessageSujet: Re: | Le monde des songes |   Sam 02 Sep 2017, 17:16

Un Monde de Songes

Un pas, une danse. La musique s’arrêta un court instant, seulement celui d’un interlude, mais la rouquine lâcha la main de son cavalier en lui offrant un sourire puis inclina la tête pour le remercier. Elle connaissait ses traits, même son nom et pourtant, s’il avait fallu qu’elle le prononce et qu’elle se concentre sur lui, la pirate n’aurait pas été en mesure de le faire. Comme sur sa propre personne d’ailleurs. Elle pouvait faire cette danse, se tenir droite, échanger avec le monde qui l’entourait sans qu’une grossièreté ne vienne troubler cette ambiance. Pourtant, c’était elle sans l’être, Lilith le savait. Elle agissait d’instinct.

Son regard se perdit autour d’elle. Cette vaste salle bleue et les robes de bal demeuraient bien éloignées de son univers. Le protocole et l’étiquette, tous ces langages ne lui parlaient pas. Qu’il s’agisse de cette femme aux cheveux noirs, à la robe bleue, et de son compagnon, en pleine discussion, ou de cette autre demoiselle, dotée d’une robe… Surprenante… L’envie lui prit d’allait lui adresser la parole pourtant, son regard termina sa course sur ce qui lui paraissait bien plus important : un buffet gigantesque. Enfin, cela correspondait davantage à ses centres d’intérêts. Pourtant, une fois face à ce dernier, les amuse-gueules qu’elle portait à ses lèvres ne parvenaient pas à assouvir son appétit insoutenable. Elle arrêta un serveur pour obtenir quelque chose de plus consistant. En vain. Sa voix ne portait pas.

A cet instant, Tsakiel, son second, passa près d’elle et fit une remarque sur sa robe qu’elle ne comprit pas. Ses rires étaient suffisamment expressifs et soulignaient le caractère inhabituel de la chose. Pourtant, rapidement, il s’arrêta et désigna un tableau sur un mur. Un frisson remonta le long de l’échine de la pirate lorsque l’alfar se mit à rire.

- C’est un faux. Affirma-t-il.

La scène de désolation représentait des chaines avec des silhouettes non déterminées. Fascinée, rien ne pouvait lui paraître plus réel. Pourtant, l’homme continua.

- Tout est caché sous la surface.

D’un geste leste, l’alfar effleura la toile qui commença à s’animer puis à se déchirer pour afficher une nouvelle peinture. L’orisha s’approcha pour observer ce qu’il représentait, sans parvenir à en percevoir les traits. En relevant les yeux, autour d’elle, tout avait changé.

Elle ne s’en étonna pas. C’était ainsi. De toute façon, elle savait ce qu’elle devait faire. Cette nouvelle salle n’était là que pour lui donner l’occasion de choisir sa tenue afin d’avoir accès à la seconde pièce. Comment ? Pourquoi ? Elle le savait, cela lui suffisait. D’autres personnes étaient autour d’elle, dans cette même agitation. Un brouhaha incessant ne lui permettait pas d’entendre distinctement les mots et de participer à une conversation. Des portiques mettaient en valeur des tenues possibles pour pouvoir continuer à avancer. De la robe de reine, à celle de la servante, du paysan à l’assassin. L’immensité des choix n’avait aucun lien avec la taille de la salle.

Les yeux de la rouquine descendirent un instant vers cette robe émeraude qu’elle portait, bien trop lourde pour correspondre à ses envies. Sans hésiter, elle en dénoua le corsage, et la laissa glisser le long de son ventre, puis de ses cuisses pour se découvrir complètement sa peau ocrée. La nudité n’avait ici rien d’anormale. En tout cas, aux yeux de la flibustière peut-être. Néanmoins, la pirate prit soin de laisser sa chevelure écarlate couvrir son dos blessé non sans avoir l’impression honteuse que le monde entier pouvait voir à travers ses longues mèches. Libérée du fardeau de l’épais tissu, ses mouvements lui paraissaient plus souples. Sans même procédé à de longues recherches, la tenue qu’elle souhaitait s’imposa à elle : du cuir, noir, évidemment. Très près du corps, la recouvrant pratiquement complètement, et mettant ses formes en valeur. Il avait suffi d’un regard pour que l’instant suivant, elle le portait. Un loup sur le visage, la porte de la seconde pièce s’ouvrit.

Instantanément, la rouquine se retrouva au milieu de la salle. Lilith avançait toujours, elle cherchait cet individu. Il devait être là. Pourquoi, elle ne le savait pas, mais c'était ainsi.  

- Tu te fais attendre. Souffla-t-elle en guise de salutations.

Le vouvoiement ne faisait pas partie de ses habitudes. Ici comme ailleurs, elle n’en userait pas.

.
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Mancinia Leenhardt
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MessageSujet: Re: | Le monde des songes |   Sam 02 Sep 2017, 18:10

Mancinia ressentait encore la morsure de la lame qui pénétrait dans ses chairs, cette sensation atroce qu'était la Mort était une expérience étrange, même lorsqu'on s'éveillait du cauchemar. Ce n'était pas la première fois, mais ce rêve avait été particulièrement saisissant, sans doute en raison du cadre particulier qu'avait été cette Coupe des Nations. Aurait-elle été semblable si elle était morte lors des combats récents ? Ces sombres pensées étaient effrayantes, mais elle devait être reconnaissante envers les Aetheri d'être toujours en un seul morceau. Est-ce que ce combat connaitrait-il une conclusion prochaine ? Ou ne connaîtraient-ils jamais plus la paix avant des décennies ? Kamiya était à ses côtés, somnolant sur son oreiller, lui-même reposait sur sa table de nuit. Une escale nocturne dans une auberge pour poursuivre leur route d'un trait. Certes, il était absurde et risqué pour sa personne de faire une chose pareille, mais personne n'oserait l'attaquer sans prendre mille et une précautions. Les deux compagnons retournaient à Utopia. Elle voulait retourner chez les siens. C'était là où elle devait être, elle le savait. Partie depuis plusieurs semaines, peut-être même des mois, il était temps de prendre un peu de repos et d'agir en conséquence des événements qui se bousculaient de plus en plus rapidement.

Se retournant dans son lit pour observer le plafond, Mancinia était aussi fatiguée que son esprit était assaillit de ses sempiternelles questions. Non, elle ne devait plus se remettre en question et douter de ce qu'elle était. Jamais elle ne devrait plus éprouver de malaise quant à sa position, elle la méritait et bien plus que certains de ceux qui n'avaient rien fait pour empêcher l'escalade de violence sur leur territoire. C'est pour cette raison que l'Humaine devait rentrer. Tant que ses yeux n'observaient pas eux-mêmes ce qui était fait, la jeune femme ne saurait si elle avait pu partir avec appréhension sous la demande de ses supérieurs. Sans réellement en prendre conscience, elle sombrait dans le monde des songes. Une douce musique éveillait ses sens, était-ce du piano ? C'était si agréable. En ouvrant les yeux, son regard se posait sur un sol empierré. Elle était debout et son regard se posait dans une salle relativement vaste où se trouvait un nécessaire pour se faire une des plus belles toilettes. Pour quoi faire ? Elle n'était rien en comparaison de plus belles femmes de ce monde. Qu'elle soit en guenilles ou en robe coûteuse, est-ce que cela la changerait ? Mais après tout, ce n'était qu'un rêve, pourquoi ne pourrait-elle pas en profiter ? Mancinia ne réalisait pas vraiment le nombre de personnes qui l'entourait, avaient-elles seulement un visage ? Est-ce que cela importait ?

La jeune femme choisi de revêtir une robe longue dans une nuance de bleu qu'elle n'avait jamais vu auparavant, mais qui lui offrait une silhouette fine et élégante, les galons qui terminent les manches avec un effet de drapé font de chacun de ses gestes un moment de grâce. Sans doute que ce songe la sublimait plus qu'elle ne l'était dans la réalité, mais peu lui importait. Dans un rêve, ne pouvait-elle pas faire selon ses souhaits ? Ajustant sa robe en l'agrémentant d'une fine ceinture brillante et d'une tiare d'argent ornée d'améthystes, ainsi que des chaussures à talons dans lesquels la demoiselle n'était pas habituée. L'Humaine choisi ensuite un masque d'or qui lui recouvrait la partie haute du visage et se glissa dans la salle d'où s'échappait la musique, la douce lumière tamisée l'invitait à la rêverie. Elle avait besoin de rêver, peu importe son étourderie. Prenant une coupe de vin au passage, Mancinia se faufilait parmi les invités en dansant, tournant sur elle-même d'un pas léger, sans faire attention à quoi que ce soit. L'instant d'après, comme si les rêves se mêlaient à la réalité, elle rencontrait avec un heurt une ravissante femme à la longue chevelure rousse. Elle demeurait un instant à la dévisager avec une pointe de tristesse, ignorant pourquoi ce sentiment venait l'assaillir comme si elle venait de faire la pire bêtise de ce monde.

C'est moi qui ne faisait pas attention, admit-elle dans un sourire.

Mancinia déposait son verre vide sur le plateau et en reprit deux, sans réfléchir vraiment.

Tu souhaites un verre en ma compagnie ?



Cassandra souriait et se laissait guider par ses sens. Peu importait la perte de sa vision, obstruée dans ce qui était un songe. Était-ce une illusion de crainte ? Son esprit cherchait-il à l'embrumer ? Elle qui était soumise aux mêmes lois que les Mortels, désormais, avait recherché le repos au sommet d'une branche. Est-ce que ses rêves seraient-ils également des tourments ? Peu importait. Celui-ci lui plaisait. C'était dans son sang que de débusquer ce qui devait-être, les songes n'y échapperaient guère. Un orchestre étourdissait son sens de l'ouïe en égayant ce lieu d'une mélodie et elle-même ne ressentait aucun danger dans l'immédiat. Pourquoi en serait-il autrement. Est-ce que l'autre rêvait aussi ? N'était-ce pas une perte de temps quand une seule question hantait son esprit : quand pourrait-elle enfin mettre un terme à sa vie ? Peut-être qu'il y aurait moyen, ici et maintenant, de la retrouver et de lui faire payer son besoin de se débattre et de respirer, mais même en lui ôtant la vie dans ses pensées, cela ne vaudrait jamais son véritable effroi. Bien que l'idée était séduisante. Ça ne prendrait qu'une seconde pour lui arracher la vie, mais sans la traque au préalable rien ne serait pareil. Cassandra marquait une halte dans sa progression après avoir entendu un rire et ici, quelqu'un trébuché. Sa rêverie cherchait-elle à l'impressionner ?

Carnassière, elle se demandait bien qui de ceux-ci serait sa première proie. Frétillante en s'interrogeant sur le chemin suivre, devait-elle poursuivre sa route, se risquer à droite ou favoriser la gauche ? Un véritable mystère. A choisir, autant prendre par surprise la première chose qui se manifesterait à sa gauche. Au bout de plusieurs mètres, chantonnant un couplet dans son esprit pour ne pas trahir sa présence, Cassandra ressentait quelque chose devant elle, d'une taille laissant aisément deviner un être humain. Sans la moindre considération pour cette personne, l'Humaine se faufila à sa hauteur, ignorant avant de le surprendre si elle lui tournait le dos ou non. L'étreignant avec un bisou dans le cou sans la moindre crainte de subir un courroux quelconque.

Eh bien, qu'avons-nous ici, hum ?

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Reddas Von Wyvernzern
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MessageSujet: Re: | Le monde des songes |   Sam 02 Sep 2017, 19:31


Une doucereuse senteur sucrée s’immisça sans sommation dans mes sens et suscita une impatience telle que j’en salivai silencieusement. Harassé par l’inconstance de la mouvance de l’assistance, je serpentai lestement entre les interstices fugaces pour me glisser jusqu’au buffet. Je saisis nonchalamment un bol de fraises et entamai ce que j’escomptais être une succulente dégustation des fruits vermillon, avant de me rendre compte de leur insipidité manifeste. Chaque bouchée m’insatisfaisait, ne parvenait à combler cette appétence pour la chair délicatement déchirée. Leur jus carmin nappait mon palais d’une tiédeur exaspérante, décuplée par l’omniprésence invisible d’une fragrance aussi tentatrice que malicieuse. Insatiable, je me saisis d’une flute à la contenance purpuracée. Je sirotai le breuvage sans qu’une once de satiété ne me saisît. L’irritation m’assaillit ; je déposai la liqueur médiocre et mirai l’assemblée. Subitement, il me sembla scruter une présence familière, tandis que d’insoupçonnables saveurs submergèrent mes papilles. Surpris par cet accès soudain de sapidité, je perdis ma cible du regard, sans que je ne fusse en mesure de l’identifier. Par la pareille, la délicatesse gustative s’estompa, cédant place à un acariâtre excédent de fiel. Que j’engloutisse le bol n’altérât nullement l’amertume, l’instant de grâce éphémère s’était incontestablement volatilisé, entraînant de surcroît ma patience jusqu’aux confins de la pétulance. L’insalubrité de ma mitoyenneté directe décrédibilisait les règles de la bienséance. L’absence de domestiques constituait un outrage à la convenance, à moins qu’ils ne bénéficiassent d’agréments comparables aux convives ? Je me retournai pour saisir le verre ; il avait été renversé, maculant la nappe de tâches ostensiblement rougeâtres. L’ère de la réception s’achevait ; celle de la traque commençait. Je m’extirpai de la masse grouillante qui convergeait aveuglément vers le buffet et me délestai du bol en le logeant dans les bras du premier indigent que je croisais. « Cesse ce simulacre de galanterie et retourne-t-en aux fourneaux. » L’hégémonie des gueux se devait d’être méprisée et combattue, mais ma lutte se localisait ailleurs, en territoire plus abstrus et pernicieux. Je m’éclipsai de la salle sans porter attention au devenir du récipient.

Une brise fraîche souffla dans le couloir, quoiqu’elle transportât des relents chargés immodérément en saumure et en sable. J’abhorrais cette odeur, mais persistai néanmoins dans sa direction. Quelqu’un m’y attendait, m’avait soumis cette invitation que je ne pouvais qu’honorer. Je m’y hâtai, pressé par une échéance qui ne saurait tarder. Un majordome croisa ma route, poussant un chariot sur lequel était disposées trois cloches fermées. Je savais leur contenu froid, mais ne m’embarrassais guère à m’enquérir de leur nature. Il me fallait expressément revêtir la peau d’un autre, aussi, l’œil vif, je repérai immédiatement mon demi-masque abandonné. J’enfilai nonchalamment un manteau pourpre à la fourrure royale et me munis d’une canne en ébène. Je tapai trois coups au sol : la porte s’ouvrit pour que j’y pénétrasse. Je réitérai la manœuvre dans la nouvelle pièce, et la voix se leva, apostrophant ses destinataires espièglement. Esquissant un sourire d’assurance, je me rapprochai des deux femmes, m’accaparant d’une nouvelle flûte au liquide cramoisi que je tendis pour trinquer. « Nous voici au complet, très chères dames. » Ma proie était capturée. De ce fait, il convenait de célébrer l’acquisition par un festin exquis tenu dans un cadre raffiné. « Permettez-moi de garnir ces chaleureuses retrouvailles par le biais d’appréciables victuailles. » Pour la troisième fois, j’employai l’ouvrage finement boisé aux trois coups pour convoquer l’assistance d’un domestique. Le majordome de tantôt se manifesta et nous servit un plateau personnalisé d’amusettes. Sablés, cerises et nougats étaient gracieusement arrangés pour accompagner les nectars que nous dégustions. Les cloches, quant à elle, demeuraient fermées, quoique le majordome s’enquit discrètement de mes désirs relatifs à leur devenir. « Monsieur désire-t-il que je les dévoile ? » L’appréciation se faisait en deux temps, conséquemment, je lui répliquai subrepticement. « Conservons la surprise. L’exhibition de ces merveilles se fera en terrain propice et en cadre idyllique. » « Onirique, monsieur. » D’un geste gracieux du poignet, je congédiai mon interlocuteur, dont la familiarité ne m’importunait guère, pour recouvrer la compagnie des demoiselles. « Il vous tarde, sans nul doute, de découvrir ce festin confectionné sur mesure. Je me languis pareillement de son exhibition, mais tiens cependant à respecter certaines conventions… » Du bout de ma canne, je désignai l’escalier massif qui se dressait à l’arrière de la salle. « Vous plaira-t-il de gravir ces marches pour savourer ces délicats en-cas ? » Je m’apprêtai à ouvrir la marche en saisissant la coupelle de cerises.

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Lilith S. Taiji
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MessageSujet: Re: | Le monde des songes |   Sam 02 Sep 2017, 19:44

Lilith parcourait une salle de bal depuis maintenant quelques minutes. Elle fixait tour à tour les visages des invités, en reconnaissant certains car elle les avait déjà rencontrés, d’autres parce qu’ils étaient célèbres à travers les Terres du Yin et du Yang. À vrai dire, elle cherchait plus des objets de valeur à dérober qu’à discuter tranquillement autour d’un verre. Il y avait tellement de pauvres à travers le monde et tellement de riches qui gaspillaient sans se soucier des premiers le moins du monde. L’Ange vit enfin un pigeon merveilleux, un homme à l’air bête, le regard fixé sur les fesses d’une invitée à la robe bien trop moulante pour être encore chaste à la fin de la réception. Lilith s’empara d’un verre de vin blanc et, une fois proche de l’homme, se le renversa dessus tout en le bousculant « Oh je… c’est… ». Se confondant en excuses, elle commença à le toucher l’air de rien, jouant avec son châle, pour lui faire les poches discrètement alors qu’il sortait un mouchoir de l’une d’elle, son regard rivé sur son décolleté. Et une bourse bien pleine, une. Lilith lui fit son plus beau sourire, prenant le tissu de ses mains avant qu’il ne commence à éponger sa poitrine, tout en faisant glisser avec sa bague en or. « Je vous remercie monsieur. Vous ne pouvez pas savoir à quel point votre bienveillance me touche. ». Puis, sans plus de cérémonie, elle tourna les talons. Elle devait dissimuler son butin quelque part afin d’en grossir le contenu tout au long de la soirée. Fixant sa robe un instant, elle se fit la réflexion que la fente qui courait le long de sa jambe droite remontait bien haut, peut-être trop, la dénudant à chaque pas qu’elle faisait.

L’Ange finit par passer une porte, plongée dans ses pensées, imaginant la tête des orphelins à qui elle ramènerait un tel butin. Ils pourraient manger pendant plusieurs jours. Arrivant dans des bains, la chaleur la fit légèrement vaciller. Elle plissa les yeux quand elle reconnut le Fumeur Macabre, accompagné. Elle se rappelait que trop bien de ses paroles, de l’aveu qu’il lui avait fait quant à son désir pour elle et de ses gestes violents. Ils avaient trouvé un arrangement, ils s’étaient rapprochés mais elle n’oubliait pas cet instant pour autant. Ses sentiments à son égard étaient paradoxaux. Aussi, au lieu de le saluer, elle tourna simplement les talons, profitant du fait qu’il ne l’avait sans doute pas encore vu pour filer. Retournant dans la première salle, elle s’aperçut que son ventre était devenu plus gros, comme si les souvenirs avaient fait réapparaître son état de grossesse. Elle les balaya d’une traite, sa taille de nouveau menue. Tout lui semblait normal, elle ne se posait aucune question sur ce fait des plus étranges.

Lilith déboula sur une nouvelle pièce, mystérieuse et semblant appartenir à un autre temps. S’approchant d’une étagère sur laquelle se trouvaient tout un tas d’objets, elle sursauta lorsqu’elle sentit la présence d’un homme derrière elle ; et pas n’importe lequel. Il lui agrippa le poignet d’un geste trop ferme pour ne pas être souhaité ainsi. Les lèvres à son oreille, il lui murmura quelques notes d’introduction. Jun Taiji semblait être le plus bipolaire des hommes. Peu de temps auparavant, il s’était excusé auprès d’elle. À présent, il lui tordait le poignet d’une façon naturelle. Il semblait agacé. Il l’était probablement. Il avança, la plaquant contre les planches de l’étagère, faisant tomber quelques objets au passage sans s’y attarder. Quand il fut sûr que l’Ange ne lui échapperait pas, coincée entre le meuble et son corps, il prit la liberté de balader sa main libre dans ses cheveux, descendant ses doigts sur son cou. « Edel vous honore là où elle m’ignore. ». Il parlait de l’enfant qu’elle portait, ou plutôt, des enfants. « J’aurai pu vous tuer d’une façon si sale jadis… J’aurai pu vous violer… J’aurai pu arracher vos entrailles… Et je ne l’ai pas fait. ». Sa main voyageait un peu plus bas. Il ne la désirait pas. Il voulait simplement asseoir son autorité sur elle. « Je considère néanmoins que je vous dois un service… Après tout, je vous ai pris un enfant… ». Sa voix était lente, lascive. « Retenez bien car je ne vous le murmurerai plus. Un jour, quand vous serez heureuse, quand vous m’aurez oubliée, je viendrais me glisser entre vos draps pour vous alourdir d’un nouveau fardeau. Nous verrons bien qui de l’enfant d’Edel ou du mien aura le plus grand Destin… ». Il finit par la lâcher et en rire, s’éloignant sans plus de précisions, laissant Lilith dans un état de confusion et de peur palpables. Elle resta dans la même position quelques temps, sans la moindre réaction, profondément choquée. Quand elle réussit enfin à stabiliser son état, à arrêter le tremblement de ses jambes, elle se rendit compte qu’il lui avait dérobée le fruit de son vol dans l’exploration qu’il avait fait de son corps.

Avançant dans une direction inconnue, elle entendit quelqu’un demander à une personne si elle était sa mère. Ne souhaitant pas déranger les protagonistes, elle fit demi-tour machinalement, marchand en fixant le vide.

867 mots

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Lhyæræ Déliana
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MessageSujet: Re: | Le monde des songes |   Dim 03 Sep 2017, 01:05

Lhyæræ ouvrit les yeux dans une salle immense, une salle de bal. Elle fut prise d’un long frisson. À chaque fois qu’elle s’était retrouvée embarquée dans ce genre de réception, les choses s’étaient mal terminées pour elle, comme si les Bipèdes prenaient un malin plaisir à finir leurs fêtes dans un bain de sang. Le sang, de manière générale, ne la gênait pas le moins du monde, sauf quand c’était le sien. Légèrement mal à l’aise dans cette atmosphère, elle se rendit compte qu’elle portait une robe vert-émeraude et que son dos était entièrement dénudé dix minutes plus tard. Elle ne souhaitait pas rester ici. Les souvenirs la rattrapaient et sa faiblesse de l’époque la mettait dans un état proche de la rage. Elle n’aurait jamais dû se laisser toucher si facilement. Elle revoyait cet être planter un couteau dans son ventre et elle avait beau se promettre encore et encore de le retrouver et de le tuer très lentement, elle n’avait aucune idée de qui il était. Et puis, si cela se trouvait, Wriir l'avait déjà tué... La scène lui paraissait floue, le sang qu'elle avait perdu ce jour là l'ayant empêchée de rester réellement consciente. Lhyæræ finit par soupirer, se dirigeant vers le buffet pour y attraper une coupe de champagne qu’elle vida, puis une deuxième. Elle ne savait pas pourquoi mais elle avait l’impression qu’elle était coincée ici. Elle n’avait aucune idée de comment elle était arrivée en ce lieu mais elle ne voyait aucun moyen de s’en échapper. Il y avait bien ces portes qui menaient sans doute vers d’autres pièces mais… « Hum. ». Si elle n’essayait pas, sa situation ne s’améliorerait pas. L’Ondine fixa les alentours. Elle avait envie de tuer des Bipèdes. Autant boire une troisième coupe, ce qu’elle fit tout en se rendant compte d’une présence qui l’avait marquée précédemment : Vanille Caël Deslyce. La Sirène était aussi sublime que mystérieuse et Lhyæræ n’avait toujours pas réussi à déchiffrer les paroles énigmatiques qu’elle lui avait murmurée un jour. Elle n’était pas certaine de vouloir savoir… ou peut-être que si. La curiosité la piquait mais s’approcher d’une vérité pouvait également s’avérer dangereux, surtout lorsque cela concernait l’ancienne Reine des Abysses.

Plongée dans ses pensées, Lhyæræ n’en sortit que lorsque Vanille quitta l’endroit. Reprenant ses esprits, elle décida de faire de même mais refusa d’emprunter la même direction. Elle passa par différentes pièces avant d’arriver dans un lieu propice à son espèce : des bains, la chaleur de leur eau s’élevant dans les airs sous la forme d’une fumée voluptueuse. Elle sourit en pensant que l’endroit serait parfait pour approfondir certaines pratiques avec son époux. Curieuse, elle fit le tour de la pièce du regard. Ils se croisaient régulièrement, pourquoi pas maintenant ? Ses idées furent bien vite rattrapées par la réalité. Contrariée par sa non présence, elle pencha doucement la tête sur le côté. Tant pis, elle devrait se contenter de discuter avec des Bipèdes. Peut-être y avait-il quelque chose à en tirer, après tout ? Des informations sur la situation du monde ou n’importe quoi d’autre qui lui ferait passer le temps. Ses yeux se posèrent sur un homme à l’apparence étrange. Elle fit la grimace. « Hum… ». Décidément, à part les élèves de Basphel et Wriir, elle ne supportait pas grand monde ces derniers temps. Tant pis, elle n’avait pas besoin d’eux et s’ils se montraient désagréable, elle les dévorerait, surtout le peinturluré. Cette pensée la fit de nouveau sourire alors qu’une femme venait juste d’arriver pour lui adresser la parole.

Doucement et sans plus se soucier d’eux, elle passa ses mains derrière sa nuque pour détacher le nœud de sa robe. Tenu à présent uniquement par ses hanches, le tissu finit à ses pieds dès qu’elle l’y aida légèrement. Elle retira son unique sous-vêtement sans la moindre gêne ; elle n’avait jamais compris ce dogme pudique qui semblait régner en maître chez la plupart des peuples terrestres. Alors qu’elle s’avançait vers l’eau, une voix résonna dans la salle, une question concernant de la drogue. Elle haussa les épaules et détacha ses cheveux avant de s’avancer réellement dans l’eau.

Lhyæræ écarta les yeux de surprise. « Je… ». Sa queue de Sirène n’était pas apparue et elle se retrouvait à barboter telle une Bipède dans le bain. Son visage se décomposa. Partagée entre la colère de se savoir peut-être flouée, la peur d’avoir perdu sa caractéristique ondine à jamais et la curiosité quant à cet étrange phénomène, elle finit par lever les yeux et par croiser le regard de quelqu’un. À vrai dire, elle ne chercha pas à comprendre le pourquoi du comment, articulant simplement. « Baisse les yeux sinon je te tue… ».

739 mots

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Kitoe
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MessageSujet: Re: | Le monde des songes |   Dim 03 Sep 2017, 12:52

Elle n’aimait pas l’admettre, mais elle commençait à fatiguer. Il fallait qu’elle se cache, n’importe où. Qu’elle sème ce psychopathe. Kitoe regarda par-dessus son épaule. Il allait la rattraper. Elle haletait tellement qu’elle n’avait plus d’air. Elle lâcha une sorte de ricanement ridicule, tourna dans une rue prise au hasard, dérapa. Une impasse. Elle tomba par terre et s’écorcha les bras, les mains et les genoux. Elle n’eut le temps de reprendre son souffle qu’elle dût déjà lever les yeux en direction de son agresseur. Elle lui fit part du plus déformé des sourires. En échange il lui montra son plus beau coup de pied, lui arrachant une plainte aiguë.

  -Pas la mâchoire, j’me suis mordu la langue… gémit-elle.

  Le Démon lui souriait de toutes ses dents. Il allait la tuer. Il allait la torturer un peu, puis la tuer. Kitoe rampa jusqu’au fond de la ruelle. Ca puait. Le sang, la pourriture, la mort. Ca n’était pas la première fois que quelqu’un se faisait coincer ici, apparemment. Sans compter l’os de côte sur lequel elle posa la main. Elle le lui lança en pleine face mais il l’évita habillement. Il se jeta sur elle tel un fauve prêt à dévorer sa proie. Elle n’était qu’une petite souris. Son épaule se faisait charcuter. Kitoe poussa un cri. Il fallait qu’elle réagisse… Elle sentit soudain sa force décupler. Elle frappa son assaillant à la nuque. Elle frappa tellement qu’elle la lui brisa. Le Démon s’affaissa sur elle. Elle n’eut la force de dégager son cadavre. Elle était assommée, sonnée. Elle avait mal. Allait-elle mourir, vidée de son sang ? Elle ne savait plus trop… Elle voulait dormir…

  … Ca n’était vraiment pas une bonne idée de rester là. Elle allait crever.

  Trop tard.

  Elle n’était plus du tout au même endroit. La salle était immense, tout comme la foule. Elle passa sa main sur son épaule. Plus rien. Elle était guérie, en pleine forme, et portait une jolie robe noire, comme elle les aimait. Une robe toute douce, en plus ! Etait-ce un rêve ? Elle n’en avait pas la moindre idée, mais en tous cas, elle n’allait pas dire non. La jeune fille commença à sautiller joyeusement. Qu’allait-elle donc faire ? Elle repéra très vite le buffet et s’y jeta. Ses yeux brillaient. Autant de nourriture au même endroit ! Elle piocha un peu partout, goûta trois fois chaque assortiment. Que c’était bon ! Elle était aux anges, son visage rayonnait de joie. Il fallait qu’elle se fasse une réserve de ces petits trucs croustillants à la tomate. C’était définitivement ses préférés. Sans plus de gêne, elle s’empara carrément du plateau puis disparut.

  Elle se promena encore, zigzagant, dansant, fredonnant des airs qu’elle improvisait, et qui donnaient un résultat dissonant. Non, ce n’était même plus du fredonnage en fait. Elle chantait très fort.

  Sans qu’elle ne s’en rende trop compte, elle se dirigeait vers une nouvelle salle. Elle était si concentrée sur sa chanson, ce magnifique plateau plein de petits fours qu’elle avait volé qu’elle en oubliait tout le reste. Elle ne se figea que lorsqu’elle réalisa qu’il faisait complètement noir. Elle fit plusieurs tours sur elle-même. Avait-elle perdu la vue ? Elle sentit quelque chose rencontrer son épaule. Elle sursauta et attrapa l’objet en question. C’était quoi ? Une main ?

  -Hé, ho. Qu’est-ce que tu fais, toi ?

  Elle remonta pour arriver à l’épaule de son interlocuteur – ou son interlocutrice.

  -Toi non plus tu vois rien ?

  Hm… cette histoire devenait problématique… De l’autre main, elle releva un peu son plateau.

  -Tu veux ? J’ai rapporté à manger.

  Pique-niquer avec des inconnus dans le noir… Pourquoi pas.

***

   Kitoe I aurait aimé s’endormir dans l’insouciance. Elle ignorait l’objet réel de son inquiétude, mais elle n’écartait pas la simple hypothèse du contexte actuel. En tous les cas, elle s’endormit et se retrouva aussitôt transportée dans un rêve, à son goût un peu trop lucide. Elle prit du temps à s’auto-persuader qu’il ne s’agissait que d’un songe. Ses sens lui semblaient parfaitement éveillés pour cela. Mais elle se dit qu’il ne valait mieux pas trop se poser de questions pour le moment. Elle s’avança donc dans cette masse grouillante qu’était la foule. Elle regardait de tous les côtés, bouche bée, ses yeux grands ouverts. L’endroit était somptueux, les gens sophistiqués. Elle ne comprenait pas ce qu’elle faisait parmi eux.

  Un homme lui passa devant d’un pas décidé. Il avait un récipient dans la main, un récipient qu’il tendit sans plus de gêne à un autre. Elle ne comprit pas ce qu’il déclara, mais au son de sa voix, il n’avait pas l’air d’être très aimable. Kitoe s’approcha du pauvre homme, qu’on avait laissé en plan. Elle avait du mal à croire qu’on l’ait traité avec si peu de courtoisie. Elle avait presque envie de s’excuser à la place de l’insolent.

   -Euh… je… Balbutia-t-elle avant de sourire. Non, en fait elle avait vraiment envie de s’excuser à sa place. Et puis, elle était dans un rêve, donc elle pouvait bien se permettre de faire des choses stupides. Excusez-le. Enfin, je ne le connais pas, mais je me sentais obligée de le dire.

  Elle rit doucement. Non, ça ne pouvait pas en être un. Ca n’était pas un rêve… si ?

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