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 La Chasse à l'Homme (Abel Raham - Kitoe)

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MessageSujet: La Chasse à l'Homme (Abel Raham - Kitoe)   Sam 26 Nov 2016, 01:04




La Chasse à l'Homme (Abel Raham - Kitoe)

L'Antre des Damnés, c'était la première fois que je venais en ces lieux et pour être honnête je ne contais pas y revenir de si tôt. J'avais pourtant bien entendu parler de ce lieu et surtout les nombreuses mises en garde de toutes les personnes que je questionnais. J'étais resté assez dubitatif et avait décidé malgré tout de faire le voyage et ne fus pas déçu. Déjà c'était un endroit morbide, comme si la nature elle même avait été corrompue par les forces du mal qui régnait ici. Durant tout le trajet je restais aux aguets, je me retournais de temps en temps pour vérifier mais je ne voyais rien. Pourtant ces créatures qui me suivaient étaient ne venaient pas de mon imagination et je pouvais observer leur ombre du coin de l'œil. Je pressais le pas, plus le temps passait et plus je sentais le nombre de mes poursuivants augmentait alors que la distance qui les séparait de moi diminuer peu à peu. Ils attendaient apparemment d'être assez nombreux pour m'attaquer.

Mes pas devinrent rapidement une petite course, selon ma carte il ne devrait pas se trouver encore très loin dans cette direction. J'entendis un cri monstrueux derrière moi et sans même prendre le temps de me retourner je me mis à courir aussi vite que possible, espérant que je ne me trompais pas de direction. Je ne savais pas par quoi j'étais poursuivis mais je ne tenait pas à le savoir, tout ce qui comptait c'était de me mettre en sécurité au plus vite. Devant moi, je pouvais distinguer ce qui ressemblait à une immense grille. Quand mes doigts l'atteignirent je l'ouvris aussitôt pour la refermer immédiatement. J'observais de l'autre côté de la grille mais il n'y avait rien du tout, j'étais pourtant sûr que j'étais suivis par une véritable horde monstrueuse. Mon imagination avait-elle provoqué tout ça? Je restais un moment contre la grille histoire de me calmer.

Que faisais-je là? Tout avait commencé quelques jours auparavant lorsqu'un mystérieux messager vint me porter une invitation. Une lettre m'invitant à rejoindre le manoir Taiji pour un bal costumé, pour ma part j'avais opté pour un costume aux couleurs chatoyantes ainsi qu'un masque recouvrant la partie supérieur de mon visage, ce n'était pas énorme pour un bal costumé mais je n'avais pas pu trouver mieux sans dépenser toute une véritable fortune que je n'avais pas. Une fois reposé et remis de mes émotions je me retourna pour vérifier que je me trouvait bien au bonne endroit. En levant les yeux je remarqua que le ciel me sembla menaçant, il régnait ici un atmosphère que je n'appréciait pas du tout. Puis mon regard se porta plus bas pour découvrir l'immense bâtisse qui me faisait maintenant face, j'étais finalement arrivé à destination. Une forêt épaisse me séparait encore du manoir, il ne se passa rien de particulier cette fois.

Je pénétra donc dans le manoir, passant les lourdes et gigantesques portes pour me rendre compte que j'était très loin d'être le premier sur place, toutes sortes de gens étaient réunis de toutes les races confondues et même certaines qui pourraient être normalement en conflit comme des Anges avec les Démons, les Magiciens et les Sorciers. Je discuta brièvement à certains d'entre eux pour en savoir un peu plus sur cette soirée qui restait assez mystérieuse notamment dans son but. Il y avait vraiment de tout, des riches comme des pauvres, rien ne nous rapprochait comme si ces invitations avaient été envoyées un peu au hasard. Je commençais à trouver cette soirée de plus en plus étrange, j'aurais aimé voir l'organisateur pour lui poser quelques questions mais comme je ne le trouvais pas je voulu quitter les lieux mais une barrière s'était dressée tour autour du manoir. Cette fois c'était sûr c'était un piège.

Je chercha rapidement un moyen de m'enfuir mais rien à faire, nous étions tous coincé pour un moment à cause de cette maudite barrière. Je retourna avec les autres pour essayer d'en apprendre toujours plus mais rien à faire, personne ne semblait savoir la raison de notre présence. C'est finalement un homme à l'allure de majordome qui arriva du haut des gigantesques escaliers qui se dressaient jusqu'aux étages. Sans doute connaissait-il la raison de tout cela. Il frappa dans ses mains pour attirer l'attention de tout le monde, derrière lui se trouvaient de nouvelles personnes, des personnes armées. Je n'aimais pas ça, pas du tout même...
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Kitoe
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MessageSujet: Re: La Chasse à l'Homme (Abel Raham - Kitoe)   Lun 28 Nov 2016, 22:22

C’était la première fois qu’elle sortait de l’Enfer. Car non, elle ne l’avait pas quitté depuis sa transformation. Fait étonnant, surtout venant d’elle, qui était si curieuse. Seulement elle avait connu tant de changements que son adaptation avait pris du temps. En fait, elle n’était toujours pas terminée. Elle n’avait pas encore d’habitudes précises, ni de but. Elle vivait comme elle pouvait, errait, en découvrait chaque jour un peu plus sur elle-même sans s’en rendre vraiment compte. Pour la première fois aussi, il lui semblait que sa vie n’était pas heureuse. Elle regrettait un peu celle d’avant. Pourtant, elle ne parvenait pas à imaginer pouvoir la reprendre un jour. Elle était divisée, entre une sorte d’attitude d’instabilité miséreuse et d’une délectation étrange, écœurante mais plaisante. Le bien et le mal se confondaient un peu dans sa tête ; chez les Démons, faire le mal était bien, et réciproquement. Mais si le fait de faire le mal était bien, alors c’était mal, puisque c’était bien… Souvent, elle soupirait après s’être fait cette réflexion, haussait les épaules, mangeait un gâteau en se disant que de toute façon, elle faisait ce qu’elle voulait, que les gens en Enfer étaient bizarres, puis allait dormir un peu. Oui, c’était fatigant…


   Heureusement, aujourd’hui était un autre jour, très particulier. Elle marchait tranquillement, tenant soigneusement la lettre cachetée entre ses mains, prenant soin de ne pas la froisser. Elle souriait d’un air rêveur. Elle était contente. On l’avait invitée à une soirée déguisée ! C’était une première, alors elle avait fait du mieux qu’elle avait pu et avait dégoté une robe colorée : rouge, un peu bouffante, avec quelques rubans par-ci par-là. Elle avait peaufiné le tout avec un châle un peu plus criard. Elle était très fière de sa trouvaille, qui, elle trouvait, la rendait plus mignonne.


   Elle faisait à peine attention à où elle mettait les pieds. Elle était bien trop heureuse pour cela. Elle entrouvrit les lèvres pour réciter la lettre, qu’elle avait apprise par cœur à force de la lire.


   J’ai le plaisir et le grand honneur…


   Il faisait très sombre dehors. L’atmosphère était vraiment étrange. Sombre. Glaciale. L’impression d’être vu dans un désert mort.


   J’ai le plaisir et le grand honneur de vous convier au somptueux Bal Costumé du Manoir Taiji…


   Un manoir ! Ce devait être une sacrée belle maison ! Elle avait hâte de la voir !


   Elle s’arrêta devant le grand portail, à l’entrée. Elle le contempla quelques secondes et remit correctement les fleurs qu’elle avait mis dans ses cheveux avant de le passer. Derrière, la demeure se tenait. Elle la considéra avec des yeux ronds d’émerveillement. C’était… Waaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah. Et elle était invitée à un bal ici !! Elle termina sa route, sautillant joyeusement jusqu’au grandes portes. Elle les poussa, éprouvant un peu de mal. Elles étaient si lourdes ! Pas étonnant, vu leur taille. Elle réussit à se faufiler dans l’entrebâillement et avança. Sa tête était levée vers le plafond. Ce n’était pas tous les jours qu’elle entrait dans ce genre d’endroit. Tout était immense, riche. C’était fascinant. Elle gardait la bouche entrouverte. Elle avait un air bête, comme ça. Elle se sentait minuscule, une petite fourmi dans la chambre d’une abeille majestueuse. Elle s’arrêta au centre du rassemblement, qu’elle ne remarqua que quelques secondes après, lorsque retentit dans le hall un claquement régulier. Kitoe imita le troupeau et se tourna vers le trouble de ses pensées. C’était un homme bien habillé, droit. La jeune fille pencha la tête. Elle le trouvait très… rigide. Ce ne devait pas être facile tous les jours. Pourtant, on devinait clairement son petit sourire en coin. Il pivota en un angle droit parfait et recula d’un pas. Il tendit le bras vers eux, les costumés. Ceux qui se trouvaient derrière lui s’avancèrent un peu. Certains avaient des armes dans les mains. Ils semblaient tous heureux. Kitoe leur rendit leur sourire, même si elle n’était pas sûre de tout comprendre. C’était étrange, tout de même…


   -Mesdames, Messieurs, la chasse est ouverte. Annonça le majordome.


   -Hein ?


   La voix de l’adolescente résonna, brisant ce silence qui serait sûrement le dernier. Les chasseurs se ruèrent en bas des escaliers. De ceux déguisés, certains commençaient déjà à s’agiter. Kitoe fut bousculée. Elle protesta sans se gêner. Non mais ! Elle tenta de résister, puis, fatiguée, se laissa aller au gré de la panique et suivit quelqu’un au hasard. Ladite personne enfonça une porte et partit aussitôt se planquer derrière un meuble, où elle reprit son souffle, complètement terrifiée. La Démone se plaça devant elle.


   -Qu’est-ce qu’il se passe ? Demanda-t-elle à haute voix


   -Chuuuut ! Vas te cacher ! Casse-toi ! Ils vont nous tuer.


   Elle allait riposter, quand… attends… Tuer ? Pour tout avouer, c’était un mot dont le sens lui échappait, d’une certaine façon. Elle savait juste que c’était « mal » … Mais bon, elle obéit. Elle ne sut pas pourquoi, mais elle le croyait. Il devait avoir raison. Elle ne comprenait pas mais ne pouvait cacher sa nervosité grandissante. C’était pas bon, tout ça… Elle se tourna vers l’immensité de la salle dans laquelle elle se trouvait. Une grande salle à manger. La table monumentale prenait presque toute la place. Et si elle se cachait dessous ? Alors qu’elle s’apprêtait à mettre son plan à exécution, la porte s’ouvrit en grand et deux personnes armées entrèrent en trombe. Kitoe s’enfuit lorsqu’elle réalisait qu’on allait lui sauter dessus et passa dans une toute autre pièce. Elle se glissa dans un coin à l’ombre d’une étagère, le souffle court. Elle était perdue. Allait-on la trouver, ici ? Elle vit qu’elle n’était pas seule. Il y avait un homme notamment. Il ne semblait pas armé. En fait, elle n’en savait rien – elle ne différenciait même pas ceux étant déguisés de ceux qui ne l’étaient pas – mais elle avait besoin de parler. Elle était stressée, c’était comme ça.


   -Coucou… Murmura-t-elle, sa voix tremblante malgré elle.



   C’était tout ce qu’elle avait trouvé à dire.


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MessageSujet: Re: La Chasse à l'Homme (Abel Raham - Kitoe)   Mar 29 Nov 2016, 10:44




La Chasse à l'Homme (Abel Raham - Kitoe)

Instinctivement j'avais presque réussi à comprendre ce qui nous attendait avant même que le majordome ne le confirme avec sa phrase, nous n'étions pas dans un bal costumé ordinaire sinon pourquoi ces hommes derrière lui portaient-ils des armes? Ces mots "La chasse est ouverte" résonnèrent dans ma tête et je ne fus pas le seul. Alors que ceux qui avaient un minimum d'intuition ou d'instinct de survie avaient parfaitement compris  le piège qui venaient de se refermé sur eux et essayait de s'enfuir rapidement, les autres un peu plus naïfs restaient sur place sans comprendre un tel empressement. Jetant un petit coup d'œil derrière moi je pus apercevoir une jeune femme, probablement très riche au vu de ses vêtements et bijoux, qui ne bougeait pas. L'instant d'après son corps était transpercé de part en part par un carreau d'arbalète, son sang éclaboussa la pièce d'une teinte rouge et morbide annonçant un véritable carnage.

Ces hommes armés étaient les fameux chasseurs et nous, nous étions leurs proies. J'avais réussis à introduire mon épée à lame brisée à la fête, je ne pouvais pas laisser mon réceptacle à la merci de la première personne venue, mais nul doute qu'elle serait inutile face à ces hommes qui de toute évidence étaient des professionnels. On nous avait piégé dans cet immense manoir désormais condamné. Je ne comprenais pas encore toutes les règles, ce qui m'inquiétait le plus était d'ignorer combien de temps durerait cet chasse macabre. Peut-être la fin serait-elle donnée uniquement à la mort de toutes les proies. J'espérais que non car toutes les proies n'étaient pas armées, certaines n'étaient clairement pas taillés pour se défendre, contrairement à ceux qui nous poursuivait. Moi même il me serait difficile de les affronter, la situation était compliquée.

J'avais cependant un énorme avantage comparé aux autres, ma vitesse accrue. Grâce à ma magie je pouvais me déplacer bien plus vite que n'importe qui ne possédant pas cette capacité. Je m'en servis pour quitter la pièce pendant que ceux qui réagissaient trop tard se faisaient éliminer tel des insectes. Ce n'était pas important, je ne les connaissais pas et eux non plus alors seule ma propre vie comptait pour le moment et rien d'autre. En parlant des autres, je trouvais leurs méthodes complètement ridicules, je les voyais tenter désespérément de se cacher alors que je me déplaçais rapidement et avec la plus grande discrétion, ne restant jamais au même endroit plus de quelques secondes pour vérifier que je n'étais pas suivis. De cette façon j'avais moins de chances de me faire acculer dans un coin où je me serais caché.

Dans tout le manoir on pouvait entendre des cris, des supplications, des râles d'agonie, signes que ces chasseurs ne faisaient pas dans la demi-mesure. Après plusieurs minutes à courir pour éviter de me faire prendre je pénétra dans une pièce apparemment vide. La salle était bien plus petite que toutes les autres qui étaient toujours grandes et impressionnante, l'endroit parfait pour se cacher et attendre que la mort vienne d'elle même pour vous trouver. Sans crier gare une petite voix me fit sursauter, d'un simple bond je me retrouvait au centre de la pièce et le regard braqué sur la personne qui venait qui se trouvait là. La respiration courte je me rendis compte que ce n'était qu'une enfant, sa voix si faible et tremblotante montrait qu'elle était perdue, sans trop savoir quoi faire. De toute évidence ce n'était qu'une des proies qu'on avait invité dans ce manoir.

Mon regard s'assombrit, ils avaient osé mêler des enfants à tout ça. Je comprenais sa réaction, elle avait peur et essayait de se cacher du mieux qu'elle pouvait mais l'endroit qu'elle avait choisi n'était vraiment pas le bon. De plus son manque de prudence dont elle avait fait preuve en me parlant, elle ne comprenait peut-être même pas ce qui était en train de se passer autour d'elle. Je resta un moment silencieux, cherchant quelque chose à lui dire mais rien ne me venait. Je lui tendis la main, même si mes chances de survie diminuait drastiquement si elle m'accompagnait, je ne pouvais pas laisser une enfant toute seule. C'est à ce moment là qu'un homme entra dans la pièce, un homme armé d'une épée de toute évidence. Son visage aux très monstrueux montrait bien sa soif de sang, et en un instant il se jeta sur moi frappant en tentant de me frapper avec un coup vertical.

Un simple petit mouvement sur le côté et le coup me rata complètement, son épée vint s'écraser sur un meuble à portes vitrées. Un long soulagement s'échappa d'entre mes lèvres car de toute évidence le chasseur en face de moi n'était pas du tout un professionnel. Déjà déséquilibré il me suffit d'un coup de poing pour le faire tomber au sol, je pris alors la première chose qui me tomba son la main. C'était un éclat de verre, je le frappa d'abord à la gorge, ne lui laissant aucune chance. Puis je continua de le frapper, cette fois en plein visage, l'homme avait beau hurler de douleur je continuais encore et encore. Son sang giclait partout dans la pièce et sur moi. Même alors qu'il ne bougeait plus, je continuais de frapper plusieurs fois avant de me calmer.

Prenant une longue respiration je me relevais lentement, c'était agréable. Tellement agréable que j'aurais pus continuer encore et encore mais il y avait plus urgent, tout ces cris avaient surement alertés tout un tas d'autres gens qui n'allaient pas tarder à venir voir se qui pouvait bien se passer. Mon attention se reporta alors sur la jeune fille. J'avais le bas visage recouvert de sang, le haut étant toujours caché par mon masque, je lui adressa un sourire et lui tendit à nouveau la main.

- D'autres ne vont pas tarder à arriver, on devrait quitter cette pièce au plus vite.
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MessageSujet: Re: La Chasse à l'Homme (Abel Raham - Kitoe)   Mer 30 Nov 2016, 18:32

Lorsque l’épée rata sa cible et que le verre éclata, Kitoe passa ses mains sur sa tête. Elle était recroquevillée par terre et fermait si fort ses yeux qu’elle en avait mal. Son cœur battait à toute allure. Elle s’attendait à chaque instant à ressentir de la douleur, un coup, une lame, n’importe quoi. La peur l’avait assaillie aussi vite que cet homme armé était rentré ici. Elle n’osa regarder qu’une fois que le fracas cessa, et qu’un bruit sourd fit vibrer le sol. Le méchant psychopathe était à terre, celui qu’elle venait d’interpeler dominait clairement. Il avait un objet brillant dans la main. Du peu qu’elle pouvait voir, son visage était rempli de rage. Elle admirait ce dernier, impressionnée. Elle était paralysée. Ses membres étaient glacés. Elle respirait à peine, figée comme une statue aux yeux ébahis, et qui n’en finissaient pas de l’être. Elle ne réagit même pas quand le sang gicla jusqu’à elle. Pâle de nature, elle le semblait encore plus maintenant que quelques taches rouges constellaient son visage. Elle eut une pensée pour Raggenn. Elle avait une impression de déjà-vu. Les rôles étaient différents. Cette fois, elle n’agissait pas. Elle n’était qu’une âme spectatrice sans aucun pouvoir. Néanmoins, un même sentiment régnait : celui de la haine. De la colère. Mais elle était faible. Elle était… vidée et submergée.

  L’homme se releva. A ses pieds, le cadavre défiguré baignait dans son propre sang. Il la fixait de façon effroyable. Ses pupilles dénuées de vie la transperçaient et ne se détachaient plus d’elle. Elles la montraient, la désignaient, elles avaient des tas de choses à dire. Pourtant, techniquement… elles ne savaient rien…

  Kitoe pleurait. Elle souriait. Riait un peu. Pleurait. Riait encore. Puis de nouvelles larmes venaient succéder aux précédentes, encore et toujours plus nombreuses. Ses rires ressemblaient à des sanglots accentuant l’atmosphère de mort. Elle leva les yeux vers l’assassin. Il lui souriait. Elle le lui rendit puis attrapa sa main. Elle s’aperçut qu’elle tremblait, mais cela diminua lors du contact. Elle était plus froide que le corps par terre, et rencontrer de la chaleur lui fit un bien fou. Elle murmura un faible « oui » à sa proposition et serra un peu plus sa main.

  -J’aime bien ton masque, rajouta-t-elle timidement.

  Elle renifla et essuya ses joues trempées. Ca allait mieux. Ils sortirent de la pièce. Ils furent accueillis par… hm… comment dire… un vieux champ de bataille. Les riches meubles sans-dessus-dessous, des traces rouges un peu partout, Kitoe était déjà passée par là et n’était pas sûre de reconnaître l’endroit.

  -… Non… Non ! NOOOONNNN !!!

  C’était une voix d’homme, mais aigüe. Très aigüe. La Démone fronça le nez. Il y eut un choc sourd contre le mur à sa droite. Une femme d’une quarantaine d’années, richement habillée, fit son apparition du même côté. Elle chassa la mèche brune qui gênait sa vue. Dans l’autre main, elle tenait un sabre. Elle s’avança vers eux. Kitoe sentait le danger, maintenant. Cette dame avait une prestance presque effrayante. L’adolescente recula. Elle se pressa à l’homme masqué, puis, au dernier moment déguerpit, alors que la prédatrice n’était plus qu’à deux mètres. Elle s’élança aussitôt à leur poursuite. Kitoe ne lâchait pas l’homme. Elle n’allait pas le lâcher.

  Elle ne sut pas dans combien de salles différentes ils passèrent. Pas plus de cinq, certainement. Une chose était sûre ; ils étaient alors encore loin d’avoir fait le tour du propriétaire. Elle savait juste qu’ils étaient montés à l’étage. Ils croisèrent deux confrères gibiers ainsi qu’un chasseur qui les poursuivit brièvement. La dame était plus tenace. Et elle les rattrapait. Kitoe vira à gauche, ouvrit une porte et la claqua aussitôt. Elle fonça ensuite vers une chaise et la plaça devant. Soulagée, elle se laissa glisser par terre, essoufflée. Ils avaient eu chaud… Elle contemplait le plafond avec de ses yeux écarquillés et humides. Ils avaient vraiment eu chaud… La tension redescendit un peu. Elle se calma.

  Ils se trouvaient dans un endroit très agréable et chaleureux. Une grande chambre, comportant un salon, et… bah la définition qu’avait Kitoe d’une chambre. Elle préféra s’intéresser au salon et s’enquit de l’explorer un peu. Elle était à la recherche de quelque chose, quelque chose de petit, quelque chose qu’elle ne connaissait pas encore. Sur la petite table basse, elle s’empara d’une petite cuillère. Elle se concentra. C’était une jolie petite cuillère, peut-être la plus belle qu’elle avait jamais vu de toute sa vie – elle était dorée par endroits. L’objet glissa de ses doigts et retomba sur la table. Elle sourit et reprit les deux dés de chocolat. Sa petite voix fragile ne la quittait pas.

  -Tu veux ?

  Elle lui en tendait un, le sien était déjà dans sa bouche. Comme le disait le dicton : après l’effort, le réconfort. Ils avaient échappé à la méchante dame, ils pouvaient bien se payer ça. Et même après la sauvagerie dont avait fait preuve cet homme, elle tenait à partager. Elle était trop loin de le détester.

  Kitoe fit le tour de la chambre. Elle ne put résister à la tentation d’essayer le lit. Elle s’affala dessus. Les couvertures étaient douces et moelleuses… Si elle avait habité ici, elle aurait probablement passé les trois quarts de sa vie dessous… Elle soupira, et se détendit. Elle contemplait le magnifique portrait, juste au-dessus de la seconde porte, qui elle n’était pas bloquée…


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MessageSujet: Re: La Chasse à l'Homme (Abel Raham - Kitoe)   Jeu 01 Déc 2016, 00:28




La Chasse à l'Homme (Abel Raham - Kitoe)

Je trouvais cette fuite était des plus ridicules, la femme qui nous poursuivait ne semblait pas avoir un quelconque talent pour le combat même si je devais avouer que son arme pouvait impressionner. Alors que je courais derrière la jeune fille que je venais de sauver, je regardais toujours autour de moi en essayant de tracer un plan basique des lieux dans ma tête. Si elle n'avait pas été là à me trainer par la main j'aurais tout simplement pus piquer un sprint jusqu'à un lieu sûr sans personne pour me trouver mais je n'étais pas sûr qu'elle réussisse à me suivre. C'était l'un des nombreux désavantages lorsqu'on travaillait en équipe et encore, je n'avais pas vraiment l'impression que cet enfant serait d'une grande aide mais je ne pouvais pas me résoudre à la laisser seule au milieu de toute cette folie. A chaque nouvelle pièce je pouvais observer des scènes macabres, des corps sans vie sur le sol et du sang partout sur les murs, c'était un véritable carnage.

Lorsque mon nouveau compagnon d'infortune tourna brusquement sur la gauche ce fut pour pénétrer dans une pièce qu'elle s'empressa de verrouiller à l'aide d'une chaise. La chasseuse qui nous poursuivait insista quelques temps en frappant à plusieurs reprises sur la porte mais ne parvint pas à la faire bouger d'un centimètre. Au bout d'une petite minute elle s'arrêta, sans doute partie à la recherche d'une nouvelle cible qu'elle pourrais déchiqueter à son plaisir. Je repris rapidement mon souffle les mains appuyées sur mes genoux, cette petite course m'avait légèrement fatigué mais ça allait encore. Je devais cependant m'économiser le plus possible, surtout sur l'utilisation de ma magie, je n'avais aucune idée du temps que durerait ce jeu de chasse en espérant qu'il se termine avec une autre finalité que la mort de tous les chassés.

J'observais les alentours, cherchant un moyen de nous défendre dans cette immense chambre, il devait bien y avoir une arme ou quelque chose avec laquelle se battre. Après quelques minutes de fouilles intensives je dus me rendre à l'évidence, soit je n'avais vraiment pas de chance soit tout ce qui pouvait servir d'arme avait été soigneusement retiré par l'organisateur. Il me restait toujours ma lame mais en tant que réceptacle je préférais ne pas l'utiliser, qui sait les conséquences que ça pourrait avoir si je l'abîmais ou la perdait, rien de bon c'était certain. Apparemment La jeune fille avait trouvé son bonheur  en la présence d'un morceau de chocolat, quand elle m'en proposa un j'accepta par simple gentillesse car de toute façon je n'avais plus faim depuis ma vie en tant que génie. Il y avait surement de nombreux avantages à être de mon espèce mais pour le moment il m'était difficile de les déceler.

D'un coup je me demanda si cette fille avait réellement conscience de ce danger  , elle se jeta littéralement sur le lit qui se trouvait au centre de la pièce. Oui nous avions certes fermé la porte mais pour combien de temps? Si sa se trouvait les chasseurs frapperaient par un autre côté par exemple ou en réussissant à enfoncer la porte nous séparant d'eux. Je n'avais pas peur pour ma part, mais elle c'était encore plus impressionnant, prenant le temps de tester le matelas  qu'elle semblait apprécier. J'entendis alors un bruit de porte qui s'ouvrait. J'eu à peine le temps de me retourner qu'un homme en costume comme nous pénétrait dans la pièce. En nous voyant il balbutia quelques mots en sanglotant et c'est alors que je remarqua le carreau d'arbalète qui avait traversé son abdomen, il tenta de prononcer un dernier mot avant de s'écrouler devant nous.

Je jeta un rapide coup d'œil par la porte puis entendit un clic très distinctif, j'eu juste le temps de m'écarter qu'un nouveau carreaux traversa la pièce m'entaillant légèrement au visage. Ce n'était vraiment pas passé loin cette fois, je serais surement morts si je n'avais pas bougé que quelques centimètres. Puis de nouveau ce clic qui indiquait le temps qui lui était nécessaire pour recharger son arme à distance capable de tuer un homme d'un seul coup. Il fallait se débarrasser de lui au plus vite sinon d'autres arriveraient sans que l'on puisse rien faire. Je pris une longue inspiration puis passa du côté gauche de la porte à celui du droit et l'homme tira à nouveau mais sans me toucher cette fois. Il fallait trouver une solution et vite car nous étions piégés dans cette salle, d'un côté comme de l'autre il était difficile de trouver une issue

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MessageSujet: Re: La Chasse à l'Homme (Abel Raham - Kitoe)   Ven 02 Déc 2016, 23:29

Kitoe recula d’un coup et tomba du lit. Elle jeta un œil au-dessus des étoffes qu’elle venait d’amonceler. Le nouveau venu s’écroulait déjà, une grosse tache rouge au milieu du ventre. Elle se baissa, jusqu’à être complètement allongée par terre, sur l’épais et riche tapis dont la surface prenait une bonne partie de la pièce. Son regard en détresse se dirigea vers Monsieur Masque. Que comptait-il faire ? Est-ce qu’il y avait un méchant dans les parages ? Allait-il le tuer sauvagement ? Elle espérait que la réponse était oui. Une flèche traversa la chambre et se planta dans un mur, quelques mètres derrière lui. Elle s’aplatit un peu plus, comme si elle essayait de ne faire plus qu’un avec le tapis. Il était confortable, d’ailleurs… Monsieur Masque disparut de son champ de vision. Elle aurait aimé le suivre, mais ne voulait pas sortir de sa cachette. Elle rampa sous le lit et y resta. De là, elle pouvait voir la porte et les pieds de son peut-être-ami. Hm, et s’ils fermaient la porte, le problème serait réglé, non ? Ils prendraient une autre chaise et puis voilà. Ils pourraient ensuite dormir, et surtout manger toute l’argenterie jusqu’à ce que tous les méchants chasseurs meurent – ils finiraient bien par mourir d’une façon ou d’une autre. Un carreau se planta au pied du lit, une cinquantaine de centimètres devant elle. Elle tressaillit. On la voyait, d’ici ? Mais comment allait-elle faire pour atteindre la porte sans se faire toucher ? Il fallait bien qu’elle tente quelque chose… Elle n’allait pas laisser Monsieur Masque faire tout le boulot, même si elle était tentée… Elle chercha son couteau dans sa poche habituelle. Elle chercha longtemps. Elle n’avait pas de poches. Pas sur cette robe. Elle avait laissé son arme avec son autre tenue… Mince, mais elle n’allait tout de même pas sortir de sous le lit, ou elle allait être traquée comme un lapin… Elle pivota pour changer d’angle de vue. Des objets et des meubles qu’elle voyait, rien ne l’inspirait. Elle soupira pour se calmer. Elle n’avait pas envie de se battre… Elle voulait juste être tranquille, participer à un bal costumé et se faire des amis…

  -Vous pouvez pas plutôt nous laisser tranquille ? Suggéra-t-elle, la gorge nouée. Puis, à l’intention du masqué. Tu peux fermer la porte s’il te plaît…

  Le chasseur avait trouvé un bon angle. On ne le voyait pas trop, mais lui voyait tout. Il ricana.

  -Essayes toujours…

  Il était décidément très méchant. Il s’opposait même à la fermeture de la porte alors qu’elle ne lui avait rien demandé à ce propos. C’était à Monsieur Masque, qu’elle parlait, pas à lui ! Elle quitta sa cachette mais resta néanmoins du bon côté, celui où le lit la protégeait. Il allait voir, celui-là, ce que c’était que de l’embêter… Kitoe fixait le sol, les yeux grands ouverts. Ses jolies mains se desséchèrent, ses ongles devinrent des griffes. Elle sentit ses ailes réapparaître près de ses omoplates, ses yeux changer et son corps s’amaigrir, sa peau noircir. Elle laissa la marque de ses griffes dans le tapis, abîmé jusqu’à la toile. Elle bondit, passa par-dessus le lit et fonça de l’autre côté de la pièce. Il allait voir, celui-là. Elle sentit une violente douleur dans le bras, ralentit un peu le temps de réaliser ce qui lui arrivait, et rattrapa son ennemi qui avait commencé à s’éloigner. Elle le plaqua au sol et lui arracha son arbalète des mains, la faisant voler plus loin. Elle s’écrasa contre le mur d’en face et la flèche qu’il avait préparée partit dans le plafond. Kitoe lui asséna un coup de poing.

  -Tu m’as fait mal, espèce de débile ! Cria-t-elle.

  Elle empoigna la flèche qui s’était plantée dans son bras, la retira d’un coup et la lui planta au fond de la bouche. Elle le frappa plusieurs fois ensuite. Il se noyait dans son sang, crachait et poussait des petites plaintes étranges. Il était déjà mort quand elle s’arrêta. Alors, comme si elle fuyait l’extérieur, elle alla se réfugier dans la chambre, ferma la porte et se laissa glisser contre. Elle avait repris forme humaine. Ses jambes tremblaient. Elle haletait. Ca l’avait fatiguée, sans compter que ses émotions la submergeaient de nouveau. Elle tenait son bras blessé. Elle leva les yeux vers Monsieur Masque. Elle aussi, avait du sang un peu partout. Sa robe s’était un peu déchirée lors de sa transformation et les fleurs dans ses cheveux ne ressemblaient plus à rien. Elle voulut lui sourire et lui tendre la main comme il l’avait fait plus tôt, mais…

  -Ca fait mal… Sanglota-t-elle.

  Elle avait vraiment très mal.


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MessageSujet: Re: La Chasse à l'Homme (Abel Raham - Kitoe)   Sam 03 Déc 2016, 13:58




La Chasse à l'Homme (Abel Raham - Kitoe)

Alors que j'avais déjà prévu d'utiliser ma magie pour me précipiter sur cet homme qui nous barrait la route pendant qu'il rechargeait son arme, la solution vint finalement de ma coéquipière. Je la pensais fragile, c'était pourtant bien ce que son apparence laissait suggérer mais ces mêmes apparences sont trompeuses et je venais d'en avoir la preuve. Ce que j'avais en face de moi n'était pas une enfant, loin de là, la forme qu'elle avait prise ressemblait à une créature démoniaque aux griffes acérées et aux ailes noires. Pas de doute possible c'était un véritable démon, en un instant elle se jeta sur l'homme qui nous gênait, il ne lui fallut pas longtemps pour l'avoir d'un seul coup avant de lui en asséner beaucoup d'autres. Quelle surprise, un spectacle des plus impressionnants venait de se dérouler devant mes yeux encore ébahis. Dans ces circonstances nous nous étions plutôt bien trouvés, je devais malgré tout rester méfiant envers cette jeune démone. Qui savait quels plans diaboliques elle pouvait avoir en tête.

A son retour elle avait repris une forme humaine comme si rien ne s'était passer, la seule différence était le sang qui recouvrait son visage et ses vêtements. Le contraste entre les deux en était assez dérangeant. La première chose qu'elle fit fut de fermer cette porte par laquelle je comptais bien m'enfuir, apparemment elle n'était pas de cet avis et préférait rester dans cette chambre en espérant que personne d'autre n'y rentre. Mais c'était impossible, au moins un chasseur savait où nous étions, la folle avec son sabre et nul doute qu'elle reviendrait avec suffisamment de personne pour casser cette porte qui nous séparait d'eux. Encore pire si elle connaissait les lieux alors elle devait déjà être en train de faire le tour et nous n'aurions aucun moyen de fuir. Il fallait sortir de ce piège qui ne tarderait pas à se refermer sur nous.

Alors que je m'apprêtais à lui faire part de mes craintes, je remarqua que la démone se tenait le bras comme si quelque chose l'avait blessé. Le sang qui coulait de son épaule n'était pas celui de l'homme à l'arbalète qu'elle venait de tuer mais le sien. La pauvre avait dut se prendre un carreau d'arbalète, ça devait faire mal mais heureusement qu'il n'avait pas réussi à la toucher autre part que dans l'épaule, si ça avait été une jambe ou encore pire dans la poitrine les choses auraient été bien plus compliquées. Je jeta un rapide coup d'œil à cette blessure, je n'étais pas un expert mais je pouvais déterminer qu'il n'y avait rien de grave, je déchira un bout de mon costume non taché par le sang et l'enroula autour de sa blessure. C'était rudimentaire et des soins plus appropriés auraient été meilleurs mais je n'avais rien de mieux à lui proposer. Je poussa un soupir puis lui souris.

- Voilà, ce n'est pas grand chose mais ça devrait aller pour l'instant. Évite juste de trop bouger ton bras ou ça risque de te faire encore plus mal. Reprend ton souffle pour le moment, je vais chercher un moyen de nous sortir de cette galère.

Malgré mes paroles je ne trouvais pas de moyens de nous en sortir hormis cette porte qu'elle avait fermée. Enfin il y avait toujours une autre solution plus risquée, passer par la fenêtre. C'était dangereux mais je pouvais le faire, puis mon regard se reporta sur elle, avec une blessure au bras c'était impossible. Pas le choix, nous devions passer par la porte malgré ses réticences à sortir. Je devais lui faire comprendre que rien ne nous protégeait ici, bien au contraire. J'ouvris doucement la porte pour vérifier que la voie était libre et heureusement il n'y avait aucun chasseur à l'horizon, c'était maintenant ou jamais. Je pris la main de la démone, en faisant attention à prendre celle qui ne lui ferrait pas mal, et la regarda droit dans les yeux.

- Écoute, je sais que tu penses qu'on est en sécurité ici mais pas du tout. Ces hommes et femmes qui sont à nos trousses ne s'arrêteront pas face à une simple porte ou même face à une barricade. Si ils arrivent nous serons bloqués et je n'ai pas besoin de t'expliquer ce qui se passera ensuite.


Je relâcha sa main, lui laissant le choix en espérant qu'elle accepte de me suivre de son plein gré. En réalité si elle restait ici je me sentirais obligé de rester moi aussi, ça avait beau être une démone je ne pouvais me résoudre à la laisser à son sort, surtout maintenant qu'elle était blessée. Je sortis de la pièce et commença à avancer avec prudence dans ce couloir, puis ce dernier partait ensuite dans deux directions. Je ne savais pas du tout où aller, je jetais un coup d’œil à droite puis un autre à gauche mais toujours personnes. Je regarda par dessus mon épaule pour vérifier si la démone me suivais.

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MessageSujet: Re: La Chasse à l'Homme (Abel Raham - Kitoe)   Sam 03 Déc 2016, 23:32

Kitoe laissa faire Monsieur Masque. Même si le fait qu’il s’occupe d’elle lui faisait plaisir, elle avait toujours aussi mal et elle pleurait sans pouvoir contrôler ses larmes.


   -Merci…


   Elle avait une petite voix suraigüe. Elle regardait le bandage qu’il lui avait fait. Elle confirmait, ça n’était pas grand-chose. Un pansement avec la couette du lit aurait été plus confortable, non ? Elle ne redit cependant rien, parce qu’il était gentil, après tout… Elle le laissa même rouvrir la porte. Et en plus, elle n’avait pas la force de s’opposer à lui. Elle était trop occupée à avoir mal, et s’énerver contre le méchant chasseur qui n’avait pas été de tout repos. Elle songea que cela faisait longtemps qu’elle ne s’était pas énervée. Elle n’était pas sûre d’avoir agi à cause de la peur ou de la colère. Elle était encore complètement dépassée par ce qu’il se passait dans sa tête. Elle n’était pas du genre à tout analyser et elle se contentait de ne faire que ce qu’elle voulait, quand elle voulait. Elle ressortit de ses songes lorsqu’il la prit par la main. Elle remarqua qu’elle regardait depuis tout à l’heure le cadavre costumé d’un air vide. Elle remarqua aussi qu’elle était bien mieux dans ses pensées. Le visage masqué de son nouvel ami apparut dans son champ de vision. A travers ses larmes et ce masque, elle pouvait très bien voir ses yeux. Bleus. Elle trouvait le contraste étrange, en même temps qu’elle l’aimait bien. « C’est nul, le bleu… » marmonna une voix dans sa tête. Sa mère aussi avait les yeux bleus. Mais sa mère était nulle, donc par extension, le bleu était nul. Peut-être, mais sur lui, elle trouvait ça bien.


   La jeune Démone n’était pas d’accord avec lui. Ils pouvaient très bien rester là… Ca leur éviterait de croiser cinq cent cinquante-trois mille huit cent soixante-deux virgule sept psychopathes tous les centimètres, et ça leur permettrait de dormir, parce que c’était maintenant tout ce qu’elle voulait. Elle grimaça pour accentuer sa tristesse. Il la décevait un peu pour le coup… Elle décida de ne pas le suivre. Ils étaient très bien ici, il suffisait simplement de traîner le cadavre dehors pour faire plus propre, et le tour était joué. Un petit appartement gratuit… Monsieur Masque avait disparu. Elle ne l’avait même pas vu partir. Elle fit un gros effort pour se lever et essuya ses larmes. Elle fit vite le tour de la chambre. Oui, il était bel et bien parti. Paniquée, elle sortit dans le couloir et tourna la tête des deux côtés. Elle le découvrit un peu plus loin. Il l’attendait, visiblement. Elle le rattrapa avec assez peu de conviction. Elle continuait de se dire que c’était un très mauvais plan. Un plan sans but, qui plus était. Ils allaient devoir courir jusqu’à l’infini, poursuivis par des chasseurs jusqu’à l’infini sans jamais plus se cacher dans une chambre, c’était ça ?


   -Tu veux aller où ?


   Non, elle ne comprenait pas. Se promener, croiser des croisements où ils croiseraient la mort et la peur. Si elle avait eu son couteau, peut-être se serait-elle mieux sentie. Elle était vraiment déçue de ne pas l’avoir amené. En plus, elle aurait pu le montrer à Monsieur Masque. Elle aimait bien son couteau. Il était un peu émoussé et oxydé, et certains disaient que ça coupait moins bien. Mais comme d’autres s’en méfiaient, elle était un peu sceptique vis-à-vis de cet argument.


   -Je sais ! Dit-elle soudain, reprenant un peu de dynamisme.


   Elle prit la main de Monsieur Masque et termina de longer le couloir avec lui. Elle n’avait aucun point de repère, n’avait pas la moindre idée d’où elle allait, et d’où elle devait aller exactement pour atteindre son but. C’était un éclair de génie, et ça suffisait amplement à lui donner de la motivation. Même si elle était fatiguée, elle avait l’impression de marcher vite et d’être efficace. Elle ne courait pas pour ne pas se faire plus mal, comme l’avait prescrit son ami – de toute manière, elle le sentait suffisamment maintenant pour le savoir elle-même.


   -Il faut qu’on s’arme, déclara-t-elle d’un ton qui se voulait décisif. Ca n’était pourtant pas encore ça.


   Il fallait qu’ils s’arment, et il existait un endroit qu’elle connaissait très bien pour ce genre de choses : la cuisine. Elle y trouverait peut-être un couteau qui ressemblait au sien, mais pas que… Elle visait aussi bien évidemment le garde-manger. Elle était dans un manoir de riches, la nourriture devait être tout aussi géniale.



   Kitoe tourna à gauche, certaine qu’elle arriverait à retrouver les escaliers pour le rez-de-chaussée – les cuisines étaient toujours en bas, non ? – avec son sens de l’orientation incroyablement sous-développé. Elle sursauta soudain. La douleur à son bras s’intensifia et elle gémit. Une porte venait de claquer.




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MessageSujet: Re: La Chasse à l'Homme (Abel Raham - Kitoe)   Jeu 08 Déc 2016, 13:32




La Chasse à l'Homme (Abel Raham - Kitoe)

En utilisant ma Vitesse Accrue je pouvais aisément courir assez vite pour échapper à une grande majorité des chasseurs rencontrés jusqu'à présents. C'était un énorme avantage et j'espérais pouvoir le garder tout au long de la nuit. J'aimais me battre mais très loin de moi l'idée de vouloir me suicider en me jetant contre les chasseurs sans mon équipement. Je continuais donc de courir sans tenir compte de tout ce qu'il se passait devant mes yeux, à chaque pièce sa scène d'horreur. Les corps sans vie des pauvres invités qui s'étaient retrouvés piégés et n'avaient pas eu la force nécessaire pour s'en sortir, les murs étaient recouverts de leur sang et de leur chaire, un spectacle des plus horrifiques. Nous croisâmes aussi plusieurs personnes, chasseurs comme chassés mais ces derniers semblaient être trop occupés entre eux pour tenir compte de notre passage. Après plusieurs minutes d'une course effrénée je finis par m'arrêter, je ne ressentais peut-être pas la fatigue comme les autres mais je savais que je venais de demander énormément d'efforts à mes jambes surtout mais aussi à tout le reste de mon corps.

Puis ce fut cette respiration bruyante et un corps venant se poser contre moi qui me remit rapidement les idées en place. Lorsque je m'étais mis à courir je n'avais pas du tout pris en compte le fait qu'elle ne puisse pas suivre mon rythme. Je la laissais faire, même lorsqu'elle m'insulta je garda mon calme. C'était moi le responsable de sa détresse, j'essayais de la calmer un peu en lui caressant doucement le sommet de sa tête. J'attendais patiemment qu'elle retrouve un état normal, guettant tout de même les alentours pour ne pas nous retrouver en mauvaise posture, après tous ces efforts ça aurait vraiment été frustrant. J'espérais grandement qu'elle ne m'en tienne pas trop rigueur mais je n'avais pas eu le temps de réfléchir à un meilleur moyen de s'enfuir face à deux chasseurs.

- C'est finit tu peux te calmer...je suis désolé pour ce qui vient d'arriver. Mais je ne voyais aucun autre moyen de nous en sortir et dans la précipitation je n'ai rien trouvé de mieux...

J'attendais sa réponse lorsqu'un autre invité habillé d'un costume blanc teinté de rouge fit irruption dans la pièce. Je sentis ma nouvelle amie, si je pouvais encore l'appeler ainsi, tenter de se redresser avec difficulté. J'avais vraiment raté mon coup cette fois tant on pouvait la sentir mal, le simple fait de rester debout semblait lui être difficile. L'homme nous mit en garde quant à l'arrivée imminente de nouveaux chasseurs et partis. Nous partîmes ensemble peu de temps après et à force de chercher nous finîmes par tomber sur ce qui semblait être la cuisine. Une très grande pièce remplis de toutes sortes de meubles surement remplis de denrées aux saveurs exquises. Pour moi qui ne mangeais jamais c'était sans importance et tout ce que je cherchais était des couteaux pour nous défendre, j'avais certes déjà ma lame brisée mais elle n'était pas des plus pratiques.

Pendant ce temps la jeune fille qui m'accompagnait s'était assise la tête reposée sur l'un des nombreux plans de travail. Elle était vraiment épuisée, encore plus que ce que j'imaginais jusque là. Je me mis à ouvrir systématiquement chaque tiroir, chaque meuble pour en identifier le contenu mais rien de bien important. Puis mes yeux se posèrent sur un plat laissé là, ça ressemblait à du chocolat alors j'en pris un petit morceau et l'ingéra. Evidemment je ne sentis rien dans ma bouche, aucun goût, pas même une simple petite saveur. Pourtant j'avais des souvenirs comme quoi j'adorais le chocolat. Un long soupir s'échappa de mes lèvres, je pris le plat et l'apporta à mon compagnon, peut-être que ça lui fera du bien de manger quelque chose. Je lui adressa un sourire chaleureux avant de poser le gâteau juste sous son nez.

- Tiens, j'ai trouvé ce gâteau qui ne demande qu'a être mangé, j'espère que tu aimes le chocolat. En tout cas on semble être en sécurité ici et je ne vois pas signe d'un chasseur alors tu peux te faire plaisir.

Puis je me remis à fouiller un peu partout, il y avait beaucoup de choses utiles mais rien de vraiment utilisable en combat. Tout au plus des couteaux qui semblaient vraiment tranchants, je fis quelques mouvements avec et me rendis compte à quel point ça allait être difficile de se battre au corps à corps. J'envoya mon arme jusqu'à un point de la pièce et ne pus retenir un léger sourire en coin, c'était bien plus facile comme arme de lancer. Ce n'était certes pas un arc mais tout de même. Au total c'était une douzaine de couteaux que je dénicha, il y en avait plus mais je n'avais pris que ceux qui pourraient servir en tant qu'armes.

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MessageSujet: Re: La Chasse à l'Homme (Abel Raham - Kitoe)   Sam 10 Déc 2016, 19:08

Kitoe se sentit bousculée et elle s’accrocha instinctivement au bras de Monsieur Masque. Elle le serra pour passer la douleur.


   -Fais attention ! Pleurnicha-t-elle.


   Elle ne remarqua qu’ensuite la menace du chasseur. Elle se cacha un peu plus derrière son ami, baissée pour éviter que sa tête ne dépasse.


   -Laissez-nous, monsieur le méchant ! Vous voyez bien qu’on a une arme ! Nous aussi on chasse !


   Persuadée que sa ruse était au point, elle s’osa à dépasser un peu de son bouclier humain. Elle fut encore une fois bousculée, et protesta un peu plus fort. Monsieur Masque reculait. Mécontente, elle le poussa dans le sens inverse. Qu’attendait-il ? Pourquoi fuyait-il ? Il lui chuchota quelques mots. Partir à trois ? Euh… Pourquoi ?


   Et voici qu’ils étaient déjà partis. Kitoe ne se souvenait même pas du départ. Simplement, elle courait. Simplement, elle souffrait le martyr. Simplement, elle avait retenu son souffle et voilà qu’elle avait mal à la tête, qu’elle entendait son sang siffler dans ses oreilles, qu’elle voyait à moitié rien à cause de ses cheveux qui s’étaient écrasés sur son visage. Elle se remit à pleurer en pleine course et à ventiler comme elle n’avait encore jamais ventilé. Elle tenta plusieurs fois d’interpeler Monsieur Masque pour lui demander – le supplier – d’arrêter, mais c’était comme si l’air avait pris un ticket pour un aller simple : il en entrait dans ses poumons des quantités astronomiques mais n’en ressortait jamais suffisamment pour pouvoir prononcer un mot. Sa gorge était un véritable désert battu par la tempête.


   Lorsqu’ils s’arrêtèrent, Kitoe ne savait pas plus où ils avaient débarqué qu’avant. Elle s’avachit plutôt dans les bras de son ami, respirant bruyamment. Elle resta comme ça, comme une vieille poupée en équilibre instable un long moment. Elle ne dégagea même pas les cheveux qui, mêles à ses larmes, collaient à sa peau, ou restaient dans sa bouche. Un feu glacé brûlait à l’intérieur et c’était désagréable. Elle avait un goût de sang dans la gorge à force de courir. Ses jambes n’étaient plus qu’un amas de chiffons froissés, et surtout, surtout son bras… Son épaule… Son bandage était imbibé de sang. Chaque battement de cœur était un coup de couteau de plus dans sa chair déchirée. C’était une brûlure, un pincement, le trou béant d’où s’échappaient des forces, des milliers de choses à la fois. Son corps était l’empire de la douleur, elle en était prisonnière.


   Ses doigts serrèrent Monsieur Masque. Elle était furieuse contre lui.


   -Je te déteste ! T’avais dit que fallait pas bouger le mauvais bras…


   Elle était nulle en médecine, donc elle ne pouvait pas savoir, mais là elle avait bien senti que BORDEL C’ETAIT LE MAUVAIS BRAS. Il allait voir que ça faisait mal, tiens… Il allait voir, hein ? Elle allait prendre son couteau, elle allait le blesser. Oh ! Mince, du sang… Du sang ? Non, du chocolat, et elle allait le manger. Huhu. Ouais…


   Mais ils n’en étaient pas encore là, malheureusement. Alors que l’adolescente s’était peu à peu plongée dans une sorte de torpeur éveillée, l’irruption d’un troisième individu dans les parages l’en extirpa. Elle se redressa tant bien que mal et s’appuya contre la première chose qu’elle trouva pour ne pas perdre l’équilibre. Elle avait la tête qui tournait, et son ventre était tout bizarre… Le nouvel arrivant en question était bariolé. Elle crut lire de la peur sur son visage. Ses joues étaient devenues rouges à force de courir.


   -Ils arrivent ! Haleta-t-il, paniqué.


   Puis il prit la fuite, leur indiquant, peut-être dans l’espoir qu’ils le suivent, le chemin qu’il prenait au moment même. Kitoe tira sur la manche de Monsieur Masque. Elle chancela.


   -Il faut partir…


   Elle le tira dans la direction que venait de prendre l’inconnu. Elle était vraiment pas bien. Son estomac la brûlait et se tordait. Elle avait envie de vomir, mais à part le chocolat de tout à l’heure, elle n’avait pas grand-chose à régurgiter… Elle laissa son bras droit le long de son corps, car c’était ainsi qu’il lui faisait le moins mal. De l’autre elle tenait Monsieur Masque, même si elle avait envie de le presser contre son ventre. Elle devait se concentrer pour ne pas vomir. Elle marchait bizarrement. Elle était basculée en avant, et mettait tout son poids pour faire avancer son ami. La notion de cuisine restait gravée dans son esprit. Ne plus y penser et ce serait la peur qui l’envahirait. C’était leur seul espoir, non ?


   Pourquoi s’obstinait-elle à rester avec Monsieur Masque ? Il lui avait fait très mal… Cependant, elle se sentirait très seule sans lui, et elle n’avait pas envie d’avoir à parler au vide – celui-ci s’avérait être très ennuyeux…


   Ils allaient depuis plusieurs minutes et n’avaient plus croisé personne. Le monsieur bariolé qu’ils avaient croisé plus tôt n’avait dit que des bêtises. Personne n’était jamais arrivé. Il régnait un silence de mort. Quelques bruits de pas résonnaient de temps à autres dans les couloirs, mais ça s’arrêtait là. Ils semblaient seuls, et l’idée d’atteindre la cuisine pouvait soudain paraître idiote. Pas pour Kitoe en tout cas. Son regard était vidé, et elle avait froid. Elle avait aussi un peu pâli, mais c’était à peine visible, puisqu’elle était déjà très blanche. Elle marchait, perdue dans ses songes, ses incroyables rêves dans lesquels elle n’avait plus envie que de dormir au pays de la gourmandise. C’était un véritable zombie. Il lui arrivait, durant quelques secondes, de fredonner un air, puis elle replongeait dans son mutisme. Elle ne savait plus s’ils étaient descendus au rez-de-chaussée. Elle savait juste qu’ils traversaient des couloirs, en croisaient d’autres, et qu’elle attardait parfois son regard sur certaines portes, elle ne savait pas trop pourquoi. Elle en poussait des fois, mais ce n’était jamais la cuisine, et ça la rendait un peu triste. Jusqu’à la dernière. Elle l’entrouvrit, comme toutes les autres, puis passa sa tête parce qu’elle n’était pas sûre. Ses yeux s’agrandirent un peu. Ce fût comme si elle se réveillait doucement. Elle tourna la tête vers Monsieur Masque.


   -C’est la cuisine ?



   Elle voulait avoir confirmation, parce qu’elle avait un peu de mal à y croire. Elle se glissa ensuite à l’intérieur, trouva un tabouret, s’assit et posa sa tête sur le grand plan de travail, fatiguée.




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MessageSujet: Re: La Chasse à l'Homme (Abel Raham - Kitoe)   Mar 13 Déc 2016, 17:52




La Chasse à l'Homme (Abel Raham - Kitoe)

En utilisant ma Vitesse Accrue je pouvais aisément courir assez vite pour échapper à une grande majorité des chasseurs rencontrés jusqu'à présents. C'était un énorme avantage et j'espérais pouvoir le garder tout au long de la nuit. J'aimais me battre mais très loin de moi l'idée de vouloir me suicider en me jetant contre les chasseurs sans mon équipement. Je continuais donc de courir sans tenir compte de tout ce qu'il se passait devant mes yeux, à chaque pièce sa scène d'horreur. Les corps sans vie des pauvres invités qui s'étaient retrouvés piégés et n'avaient pas eu la force nécessaire pour s'en sortir, les murs étaient recouverts de leur sang et de leur chaire, un spectacle des plus horrifiques. Nous croisâmes aussi plusieurs personnes, chasseurs comme chassés mais ces derniers semblaient être trop occupés entre eux pour tenir compte de notre passage. Après plusieurs minutes d'une course effrénée je finis par m'arrêter, je ne ressentais peut-être pas la fatigue comme les autres mais je savais que je venais de demander énormément d'efforts à mes jambes surtout mais aussi à tout le reste de mon corps.

Puis ce fut cette respiration bruyante et un corps venant se poser contre moi qui me remit rapidement les idées en place. Lorsque je m'étais mis à courir je n'avais pas du tout pris en compte le fait qu'elle ne puisse pas suivre mon rythme. Je la laissais faire, même lorsqu'elle m'insulta je garda mon calme. C'était moi le responsable de sa détresse, j'essayais de la calmer un peu en lui caressant doucement le sommet de sa tête. J'attendais patiemment qu'elle retrouve un état normal, guettant tout de même les alentours pour ne pas nous retrouver en mauvaise posture, après tous ces efforts ça aurait vraiment été frustrant. J'espérais grandement qu'elle ne m'en tienne pas trop rigueur mais je n'avais pas eu le temps de réfléchir à un meilleur moyen de s'enfuir face à deux chasseurs.

- C'est finit tu peux te calmer...je suis désolé pour ce qui vient d'arriver. Mais je ne voyais aucun autre moyen de nous en sortir et dans la précipitation je n'ai rien trouvé de mieux...

J'attendais sa réponse lorsqu'un autre invité habillé d'un costume blanc teinté de rouge fit irruption dans la pièce. Je sentis ma nouvelle amie, si je pouvais encore l'appeler ainsi, tenter de se redresser avec difficulté. J'avais vraiment raté mon coup cette fois tant on pouvait la sentir mal, le simple fait de rester debout semblait lui être difficile. L'homme nous mit en garde quant à l'arrivée imminente de nouveaux chasseurs et partis. Nous partîmes ensemble peu de temps après et à force de chercher nous finîmes par tomber sur ce qui semblait être la cuisine. Une très grande pièce remplis de toutes sortes de meubles surement remplis de denrées aux saveurs exquises. Pour moi qui ne mangeais jamais c'était sans importance et tout ce que je cherchais était des couteaux pour nous défendre, j'avais certes déjà ma lame brisée mais elle n'était pas des plus pratiques.

Pendant ce temps la jeune fille qui m'accompagnait s'était assise la tête reposée sur l'un des nombreux plans de travail. Elle était vraiment épuisée, encore plus que ce que j'imaginais jusque là. Je me mis à ouvrir systématiquement chaque tiroir, chaque meuble pour en identifier le contenu mais rien de bien important. Puis mes yeux se posèrent sur un plat laissé là, ça ressemblait à du chocolat alors j'en pris un petit morceau et l'ingéra. Evidemment je ne sentis rien dans ma bouche, aucun goût, pas même une simple petite saveur. Pourtant j'avais des souvenirs comme quoi j'adorais le chocolat. Un long soupir s'échappa de mes lèvres, je pris le plat et l'apporta à mon compagnon, peut-être que ça lui fera du bien de manger quelque chose. Je lui adressa un sourire chaleureux avant de poser le gâteau juste sous son nez.

- Tiens, j'ai trouvé ce gâteau qui ne demande qu'a être mangé, j'espère que tu aimes le chocolat. En tout cas on semble être en sécurité ici et je ne vois pas signe d'un chasseur alors tu peux te faire plaisir.

Puis je me remis à fouiller un peu partout, il y avait beaucoup de choses utiles mais rien de vraiment utilisable en combat. Tout au plus des couteaux qui semblaient vraiment tranchants, je fis quelques mouvements avec et me rendis compte à quel point ça allait être difficile de se battre au corps à corps. J'envoya mon arme jusqu'à un point de la pièce et ne pus retenir un léger sourire en coin, c'était bien plus facile comme arme de lancer. Ce n'était certes pas un arc mais tout de même. Au total c'était une douzaine de couteaux que je dénicha, il y en avait plus mais je n'avais pris que ceux qui pourraient servir en tant qu'armes.

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MessageSujet: Re: La Chasse à l'Homme (Abel Raham - Kitoe)   Jeu 15 Déc 2016, 22:00

Elle ne comprenait pas. Elle était à bout, elle avait envie de se reposer, elle n’attendait que ça, et le sommeil ne venait pas. Elle restait là, bien ancrée à la réalité, le front posé sur ce foutu plan de travail carrelé. Elle ignorait ce qu’était en train de fabriquer Monsieur Masque, mais il faisait un sacré bordel. Ca ne la dérangeait pas spécialement. Le bruit ne lui avait jamais été un problème pour s’endormir, d’autant plus qu’elle savait qu’il ne lui ferait rien. Ou du moins, l’idée qu’il puisse s’en prendre à elle ne lui effleura pas l’esprit. Elle ne l’entendit pas s’approcher. Elle n’entendit que sa voix mais ne prêtait même pas attention au sens de ses paroles. Elle était immobile. Elle ne pivota la tête qu’une fois que le silence reprit. Il y avait un plat… Elle se redressa mollement. Elle avait une magnifique marque de carrelage sur le front. L’émerveillement la réveilla un peu. Le saint Graal. Le cadeau des Dieux. L’illumination. Ses envies, sa fatigue avaient été vues et entendues. Par qui, aucune idée, mais c’était une gentille personne. Sa main valide glissa toute seule vers le merveilleux gâteau tandis qu’elle reposait sa tête. Elle porta la part à sa bouche et l’avala en moins de deux. Elle s’empara de la suivante.

  -Il est troooop bon… Tu l’as goûté ? Tu n’as pas faim ?

  Elle resta un moment silencieuse, les yeux fermés, avant de manger la deuxième part. Ca lui faisait un bien fou... Ca la détendait et elle avait moins l’impression d’être malade. Monsieur Masque avait recommencé à s’agiter. Cette fois-ci, bizarrement, ça la dérangeait un peu… Elle marqua une pause. Elle ne fit pas l’effort de relever tout de suite la tête. Elle écouta, jusqu’à ce qu’un tintement retentisse, un bruit sec et violent.

  -Tu fais quoi ?

  Elle regardait d’un air las le mur où le couteau avait terminé sa course. Evidemment, elle ne l’avait pas vu. Elle soupira et quitta sa place. C’était vraiment bizarre de marcher. C’était comme si ses jambes avaient été rouillées depuis toujours, et qu’on venait de mettre de l’huile dans ses articulations. Sauf qu’il y en avait trop. Ca avançait sans effort, mais ça pouvait tout aussi bien « glisser » pour qu’elle se vautre et s’étale par terre comme la vieille serpillère qu’elle était actuellement. Elle aperçut enfin le couteau scintillant, qui, s’étant pris un mur dans le nez, gisait par terre. Elle se baissa pour le récupérer. Elle le porta au niveau de ses yeux.

  -Il est beaucoup plus grand que le mien. Commenta-t-elle pour elle-même. Et plus propre aussi.

  Monsieur Masque en avait trouvé une dizaine, tous de tailles différentes mais tous aussi brillants.

  -Tu veux tous les prendre ?

  Elle lui sourit. Elle aimait bien. Les couteaux c’était cool. Très pratique. Tout en coinçant sa nouvelle arme dans un ruban au niveau de sa taille, elle se remémora l’image de son sourire lorsqu’il lui avait tendu la main un peu plus tôt. Il avait tué sauvagement. Les couteaux lui allaient parfaitement. Elle s’approcha de lui, faisant un détour par le gâteau. Elle cassa sa part en deux pour lui en offrir puis s’attarda sur les nouvelles armes qu’il avait déniché. Elle termina sa friandise et s’appuya à la table. C’était bizarre, elle n’avait plus envie de manger… Enfin si, sa tête avait le plat en ligne de mire – elle le fixait – mais son ventre n’était pas d’accord. Pourtant, c’était bon puisqu’elle n’avait plus envie de vomir depuis…

  -Je… il fait froid, non ? ...

  Il faisait froid depuis tout à l’heure, mais là c’était pire. Elle s’assit sur le tabouret le plus proche pour reprendre sa position initiale. Ainsi elle fixait de très près le plan de travail. Elle avait les bras croisés contre son ventre pour capter un peu de chaleur. Le gauche soutenait le droit, avec lequel elle était incapable de faire le moindre effort. Elle changea de sujet.

  -On fait quoi en attendant ? En attendant quoi ? Que les méchants viennent ? Qu’eux finissent par rentrer chez eux, comme par magie ?  J’ai envie de dormir, mais j’y arrive pas. Elle roula la tête vers lui. Elle avait encore pâli. Je sais pas… Est-ce que je que peux essayer ton masque ?

  Elle aimait vraiment beaucoup son masque. En revanche, elle ne savait pas si elle voulait voir sa tête. Pas qu’il avait l’air moche, mais c’était Monsieur Masque… Et un Monsieur Masque sans masque, c’était nul.

  Kitoe fit une nouvelle tentative d’endormissement. Ca ne marchait définitivement pas. Peut-être parce qu’elle avait une épaule charcutée. Peut-être… parce que… son instinct de professionnelle lui disait que cette cuisine était nulle. Peut-être… en voilà, une bonne occupation : trouver pourquoi elle ne parvenait pas à dormir. Peut-être parce que Monsieur Masque la perturbait. Peut-être parce qu’elle n’était pas allongée. Peut-être parce que la table était carrelée. Peut-être parce qu’à défaut d’être bruyant, c’était trop silencieux. Bah non, puisqu’elle n’avait pas réussi non plus tout à l’heure… Silencieux. Elle en fit la remarque : il était vrai que c’était vachement silencieux, depuis un moment…



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