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 Le tic-tac du temps [obtention de métier]

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Mar 13 Sep 2016, 11:48


Raphaël se tenait à l’intérieur d’un magasin qui vendait des chapeaux. Une boutique plutôt luxueuse d’ailleurs. Mais ce n’était pas aux chapeaux qu’il s’intéressait, mais à l’horloge qui trônait dans un endroit de la pièce, plus ou moins visible de tous. Elle était bien mise en valeur à l’endroit où il l’avait posé. Le jeune homme observait les détails sculpté sur le bois, et même la peinture. Elle était parfaitement travaillée, et les mécanismes semblaient parfaitement réglés. Enfin, c’est ce que son regard d’amateur lui disait, après tout, il n’y connaissait pas grand-chose.  Il avait beau commencer à être sérieusement lié au temps à force d’avancer sur la voie du temps, il n’en demeurait pas moins qu’un amateur en ce qui concernait la mécanique. Oh, il pouvait bien bricoler des choses faciles, et avec sa capacité à imaginer, et inventer, il se débrouillait assez. Enfin, quand ses constructions ne se cassaient pas la figure parce qu’il n’avait pas fait attention, et sauter quelques étapes, oubliant des vis au passage. Etrangement, bien qu’il n’en fasse pas étalage, il aimait le travail manuel. Cela l’occupait, lui vidait l’esprit.

Soudain, une voix résonna à côté de lui. « Monsieur, vous désirez quelque chose ? » Raphaël se retourna, regardant l’employée qui venait de lui adresser la parole. La femme voulait certainement savoir si souhaitait un chapeau, ou quelque chose comme ça, bien qu’il ne se soit pas intéressé une seule seconde au chapeau depuis qu’il était entré, ne faisant qu’admirer l’horloge. « Oui, je voudrais savoir, qui a construit cette horloge ? » La femme jeta un coup d’œil surpris à l’instrument en question, puis revint sur l’Elémental. « Hum… Je crois que c’est un homme du nom de Warick Gayne si je me souviens bien » « D’accord, merci. Vous savez où il travail ? ». L’employée lui donna l’adresse, et le brun sortit de la boutique.

L’Elémental observait la petite boutique devant laquelle il était. C’était assez simple, assez peu remarquable en fait. Il posa la main sur le bois de la porte, et la poussa, ce qui fit sonner une petite clochette accrochée un peu plus haut. Elle sonna à nouveau lorsque la porte se ferma. Il continuait de regarder autour de lui. L’intérieur était aussi simple que l’extérieur. Enfin, simplement l’entrée, car le petit aperçut qu’il pouvait voir de l’arrière-boutique semblait être un grand bordel. Et le bruit de métal qui tomba au sol, ainsi que les grognements de douleur qu’il entendit, ne fit que confirmer sa théorie. Ce qui d’ailleurs provoqua un sourire chez Raphaël. Quelques minutes après, un homme à lunette apparut. C’était quelqu’un de plutôt pâle, et ses cheveux, ainsi que sa barbe blanche, ne faisait que ressortir cet aspect très pâle. Il se fit la réflexion que cela lui donnait un aspect fantomatique, un peu comme dans les descriptions dans les livres, bien que ce soit sûrement l’imagination un peu fertile des auteurs. Quoique… C’était peut-être la vérité. Cela restait à voir. Raphaël gardait l’esprit ouvert. Toutes les choses qu’on racontait n’existait pas forcément, mais qui sait, les fantômes étaient peut-être aussi réel qu’eux.

« Bonjour, vous désirez ? » Demanda l’homme sur un ton un peu bourru. Raphaël s’approcha du comptoir, s’appuyant dessus, un sourire sur les lèvres, ne sachant comment s’expliquer. « Alors jeune homme ? Vous avez quelque chose à me demander » « Euh… Oui ! Oui bien sûr. Sinon qu’est-ce que je ferais ici. Sérieux, ce serait ridicule de venir sans raison. Commença Raphaël, parlant toujours aussi vite, puis il reprit aussitôt. Enfin, bref. Je voulais savoir, vous cherchez pas un apprenti par hasard ? » « Dites-moi, vous parlez toujours aussi vite et racontez toujours autant de bêtises à la fois ? » Lança l’horloger, ironique, ce qui eut l’effet inverse. Plutôt que de vexer Raphaël, il rit. « On me le dit souvent, même quand je raconte des choses sérieuses, tout comme là. J’aimerai vraiment devenir votre apprenti » « Désolé, je prends pas d’apprenti. Surtout que les jeunes sont rarement sérieux » Rétorqua l’horloger en faisant demi-tour pour retourner dans son atelier. « Eh ! Attendez ! » S’exclama l’Elémental.

Raphaël passa au-dessus du comptoir, suivant l’homme dans l’atelier. « S’il vous plait ! Je suis vraiment motivé pour apprendre ». Le vieillard se retourna en croisant les bras. « Je suis sûr que vous n’y connaissez rien en horloge, alors pourquoi un tel intérêt ? » « Justement parce que je suis curieux d’apprendre comment ça marche, et que ça m’intéresse vraiment. J’ai pas peur du travail manuel, ni d’un travail dur. S’il vous plait, laissez-moi une chance »L’homme sembla réfléchir un moment, ses yeux sombres, tranchant avec la pâleur de son visage, observant les yeux bleus de Raphaël. « Vous n’allez pas me lâcher pas vrai ? »Question rhétorique évidemment. « T’appelle comment petit ? » « Raphaël, et vous c’est bien Warick » L’horloger hocha la tête. « Alors vous m’acceptez comme apprenti ? » Questionna Raphaël, presque en sautillant par l’excitation. Warick lui lança un regard bourru. « On verra, disons que pour le moment je réfléchis » L’Elémental se concentra pour ne pas sourire. Cela faisait quelque temps qu’il espérait trouver quelque chose de sérieux pour travailler, quelque chose qui le passionnerait. Les Corvus, bien que cela l’amusait et l’occupait, il considérait ça seulement comme une activité. Il n’avait encore jamais essayé, mais il avait l’impression que travailler sur les horloges pouvait lui donner cette passion et cette envie de progresser dans cette activité. Non, dans ce métier.

Une fois dans l’atelier, Warick se dirigea vers une table, où il fit un peu de place, déplaçant instrument et autre. L’endroit était dans un véritable bordel. Pourtant, c’était dans ce genre d’endroit qu’il se sentait pas mal. « Attention ! S’exclama soudain Warick. Regarde où tu mets les pieds un peu » Raphaël s’était immobilisé lorsqu’il lui avait crié dessus, maintenant son pied en l’air dans un équilibre précaire. Il remarqua quelques papiers qu’il avait failli écraser. Il alla poser son pied un peu plus loin, marchant presque sur la pointe des pieds. « Eh bien, on voit que c’est votre atelier. Vous devez être le seul à vous en sortir ici » « Vient t’asseoir plutôt que de faire des commentaires désagréables » Raphaël s’exécuta, saisissant l’un des rares tabouret de libre. « Tu as faim ? J’ai pas grand-chose, juste un peu de fromage, du pain, et quelques fruits » « Eh bien, pas de problème ». L’horloger partit prendre ce qu’il avait, et les déposa sur la table, puis s’assit sur un tabouret. Tandis que tous deux se servaient, Warick ne cessait de jeter des regards à Raphaël. « Alors, pourquoi est-ce que tu veux devenir horloger ? C’est le genre de métier que les gens veulent rarement faire. C’est un peu trop incertain si l’on n’est pas talentueux. Et même en l’étant ça peut être compliqué. »

Les yeux sombres derrière les lunettes de Warick l’observaient attentivement. Raphaël avait l’étrange impression d’être sondé, comme s’il ne pouvait rien cacher à cet homme. Ce n’était pas la première fois, il avait déjà eu cette impression avec des gens très observateur, ou bien des créatures tel que ceux résidents au Palais de Dasha. L’Elémental détestait cette sensation. Déjà que d’habitude il n’arrivait pas à rester immobile, avec lui qui l’observait le faisait bouger un peu plus. Sa jambe n’arrêtait pas de tressauter, l’une de ses mains tapotant le bois de la table, tandis qu’il mangeait sa tartine de chèvre avec l’autre. « Nerveux ? » Demanda l’horloger en voyant ses gestes. Raphaël haussa les épaules. « J’arrive pas à rester immobile, et c’est encore pire quand on m’analyse comme vous ». Sa réponse sembla faire sourire l’homme, qui attendait toujours que Raphaël réponde à sa question, ce qu’il finit par faire. « Dans ma vie j’ai rarement fait quelque chose qui me plaisait. Soit parce qu’on me laissait pas vraiment le choix, soit parce que je savais pas quoi faire. J’aime bien voyager, mais avoir un métier qui nous plait dans la vie c’est mieux » Raphaël avait l’étrange impression que Warick l’écouterait sans le juger. « Et donc, tu te dis que fabriquer des horloges te plairais ? Comment tu peux le savoir » « Je me suis pris d’une passion pour le temps depuis un moment, et j’adore le travail manuel, et celui où on a besoin de réfléchir. Et une fois qu’une chose m’intéresse, je m’investis, j’apprends, je cherche à développer. Et je pense que dans ce métier, c’est plus difficile que ce que j’imagine, et qu’il y a sûrement des centaines de choses à apprendre et développer. Ce n’est peut-être pas suffisant comme raison, mais je dis ce que je pense » Warick l’observa pendant quelques instants, silencieux.

Dérangé par ce regard, Raphaël se concentra sur les fruits qu’il faisait tourner entre ses doigts, en mangeant quelques-uns. Il avait un peu de mal avec ses yeux noirs posés sur lui. « Bon, voyons ce que tu peux faire, commença Warick. On va voir si tu arrives à retenir quelque chose de ce que je vais t’apprendre. Des choses de bases, et je verrais à la fin si je te prends ou non »Raphaël sourit, et se frotta les mains. « C’est partit alors » Raphaël sourit. Il espérait avoir trouvé un nouveau maître. Warick se leva, et, sans perdre de temps, il commença à lui montrer les plans d’une horloge, lui apprenant les différents termes plus ou moins techniques, et ce qui était représenté sur les schémas. Raphaël était heureux de voir la complexité de ce qu’il découvrait. Il était content d’avoir la mémorisation absolue, et un certain esprit de réflexion, sinon il n’aurait pas compris une bonne partie de ce que venait de lui expliquer l’homme.

Les deux travaillèrent encore longtemps, aucun des deux ne semblant se fatiguer. La lumière de la lune s’infiltrait par les fenêtres en hauteur, éclairant la pièce, bien qu’il soit obligé d’allumer des torches. En réalité, c’était plus Warick qui travaillait que Raphaël. Ce dernier n’y connaissait rien en horloge, mais il découvrait, et le vieil homme était plutôt un bon professeur. Il avait beau être bourru, et sembler avoir un sale caractère, tout ça ne faisait que dissimuler qu’une certaine gentillesse. De plus, il était passionné par son métier, et il expliquait plutôt bien. Enfin, heureusement que Raphaël apprenait vite, sinon il se demandait si l’homme n’aurait pas perdu patience. Pourtant, au bout d’un moment, Warick se redressa, son dos craquant. « Bon, on va arrêter là pour le moment. T’as un endroit où dormir ? » Raphaël s’étira également. « J’ai pas eu le temps de passer à l’auberge, j’étais trop occupé à vous trouver. Mais bon, au pire je dormirais dehors » Warick soupira, posant ses mains sur ses hanches. « Je vais pas te laisser dormir dehors. J’ai un oreiller et une couverture en plus. Tu devras dormir par terre, et je devrais réussir à te faire une place dans l’atelier, ma chambre étant pas assez grande, mais c’est déjà ça ». Raphaël bondit sur ses pieds en souriant. « Merci, merci beaucoup » Dit-il. Warick passa une main dans ses cheveux, détournant la tête. « Ouai, bon, on va pas en faire tout un plat » Sa gêne fit sourire l’Elémental, qui ne fit aucune remarque pour une fois.


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