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 La venu de la Bête... | PV: Léto [-18]

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Aëran
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MessageSujet: La venu de la Bête... | PV: Léto [-18]   Sam 24 Jan 2015, 15:45



Mon regard s’était de nouveau posé sur le papier imbibé d’encre. Des mots écrits de sorte à ce que nous soyons les seuls à nous comprendre. Accoudé à la rambarde de la terrasse, je contemplai la cité et sa flore. Léto et moi, c’était une histoire compliquée, sans début et sans fin. La liberté primait entre nous, comme si elle nous éloigné et nous rapprochait en même temps. Nous visions le même but pour un destin surement divergeant. Je passais ma main dans mes cheveux, laissant la brise de la nuit me caresser. Que devais-je faire en l’attendant ? Comment devais-je me préparer ? Rentrant à l’intérieur de la demeure, je plaçai la lettre dans un petit coffre de bois. Mon regard se perdit tout autour de moi, et je me rendis compte que j’étais bien seul dans cette maisonnette. Aucun bruit ne se faisait entendre si ce n’était le brouhaha de la rue. Soudainement, quelqu’un frappa à la porte. Sursautant, ne mis attendant pas, je regardai d’abord à la fenêtre, la main sur mes armes. Poussant d’un doigt le rideau, je vis la tête de Telis, mon voisin et meilleur ami. Je soupirai et lui ouvris en souriant, ne le laissant pas entrer pour autant. Me regardant de haut en bas, il lâcha en riant : « On dirait que tu t’apprêtes à faire une con*erie ! » Il lorgna au-dessus de mon épaule, comme un gosse. « Je ne tiens pas à ce que tu déguelasses mon foyer… je sais jamais où tu traî… » Je le vis se déchausser. « C’est bon je peux entrer ? » Tout en levant les yeux, je lui fis de la place pour qu’il puisse s’incruster chez moi. « C’est toujours très propre ici dit moi… je ne serai pas étonné de trouver quelques cadavres dans un placard » dit-il pour me taquiner, sachant pertinemment qu’il y en avait surement un qui traînait quelques part. « Bon, elle s’appelle comment ta donzelle ? » me questionna-t-il en voyant les fleurs sur l’une des commodes. Je soulevai un sourcil, en temps normal il ne poserait pas la question. « Je te demande moi le prénom de chacune des conquêtes que tu ramènes ? » fis-je en grommelant. Il se mit à rire, puis finalement conclue : «Enfin quelqu’un à qui tu t’intéresses vraiment » Je plantai mon regard dans le sien, puis m’assis sur les coussins disposer au centre de la pièce central celle qui disposer les autres pièces : « Léto, elle s’appelle Léto » Il s’assit aussitôt, l’air perplexe « C’est un drôle de nom pour une femme… » Je pensais à elle et la vis finalement en homme, comme la première fois où je l’avais rencontré. « Oui, et le féminin lui va aussi bien que le masculin… » « Je vois… », fit-il d’un air amusé. Remarquant mon soudain mépris face à ce qu’il pensait, il se mit à tirer sur la corde : « Mais je ne juge pas, tu as toujours eu des goûts douteux ! » Lui donnant une bourrasque derrière la tête, je lui sommai de se taire en riant.

Le temps passa vite, et finalement, il se rechaussa pour partir. Avant de me quitter, il se retourna et ses yeux perdirent de leurs intensités : « Fait tout de même attention que ce qui te ronge, ne la ronge pas elle… Si tu tiens à elle, garde le monstre qui est en toi à sa place. » Je baissai un peu la tête avant de répondre avec un sourire forcé : « Ne t’en fais pas, je ferai attention ». Oui, je tenais à elle, au point de ne pas laisser ce qui me tue, la tuer.

La porte claqua, et la clef rouillée tourna dans sa serrure. Il était difficile de savoir ce qui allait se passer, mais peu m’importait si quelque chose en moi bouillait, car je ferais en sorte qu’il ne jaillisse pas. Le feu fut allumé et la toilette fut faite. Pour moi, tout avait été traversé, j’avais eu Léto en étant le plus naturellement possible, elle m’avait eu de même. Elle savait pour mon gout du sang, pour mon gout de chair et tous les a côtés de ma vie, mais elle ne disait rien. Je ne savais que penser de son silence à ses sujets, ou plutôt de ses sourires, de ses blablas incessants que j’aimai tant écouter… Je n’étais pas fait pour être heureux, et le grondement inaudible de mon âme me montrait que de toute évidence je n’en avais pas le droit. Regardant le reflet de mon corps dans le miroir, je le jetai par terre. Celui-ci se brisa sur le sol et je fermai la porte derrière moi. Celui que j’avais en moi me damnait et ne me permettait que d’être seul avec lui.

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Léto
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MessageSujet: Re: La venu de la Bête... | PV: Léto [-18]   Mar 27 Jan 2015, 00:26


C'est avec la conviction d'être aussi libre que le vent que Léto s'éloigna de Mégido, la cité sans murailles. Avant de se décider à rallier Drosera, elle s'était maintes fois demandé si Aëran avait réussi à déchiffrer son message ; Thémis, qui en avait quand même dans la tête, n'avait même pas fait gaffe, mais Léto restait convaincue que l'alfar saurait reconnaître la patte personnelle de l'Orisha. Au pire, ce n'est pas comme si sa visite allait le rebuter ! Au bal d'Or, il lui avait bien touché deux mots sur sa nouvelle demeure, remplie de secrets et mystères qu'il voulait lui faire découvrir. Il n'en fallut donc bien peu pour faire impatienter la jeune femme.

Renouer avec les ronces de Drosera ne lui plaisait guère, leur notion d'Art était trop différente de la sienne. Néanmoins, sa relation avec Aëran outrepassait le temps et l'espace : elle pouvait l'attendre des années, loin de lui, qu'elle se comporterait de la même manière en sa compagnie. Son sang racial aidait à se contenter du peu d'attaches entre eux, cela lui convenait parfaitement et l'elfe noir semblait aussi s'y faire… même si parfois, Léto se faisait violence de lui demander concrètement ce qu'il en était. Les sentiments mutuels étaient troubles aux yeux de l'Orisha ; l'aspect physique n'était pas remis en cause, les deux s'y complaisaient merveilleusement, mais pour ce qui est du côté psychologique, c'était toujours aussi flou. Léto se demandait, entre autre, s'il avait d'autres amants, d'autres aventures en son absence, et si c'était le cas, où se situait-elle parmi ces conquêtes ? Pareil de son côté, elle hésitait souvent entre se laisser poussée par les vices de son peuple et respecter l'elfe. Être Orisha n'aidait néanmoins pas à cette tâche, et les débordements surviennent petit à petit, de plus en plus fréquemment. Un détail reste néanmoins inchangé : elle porte une affection démesurée pour Aëran. Et rien que pour le prouver, elle gravissait les terres et franchissait l'océan rien que pour le rejoindre ; ce n'était clairement pas que pour leur pratiques sexuelles des plus particulières.

A force, Léto connaissait le trajet comme sa poche, et apprit même l'existence de quelques raccourcis, car elle se doutait bien que ni Aëran, ni Thémis n'attendront pas son retour indéfiniment sans s'en inquiéter. C'est qu'elle était toujours un peu tête en l'air et qui lui arrivait encore de se perdre bêtement… Pas cette fois-ci au moins. La forêt des murmures l'accueillit de nouveau, avec sa brume à glacer le sang, ses arbres aussi vivants que ses ancêtres, ses épines qui lui rappelaient – sans trop rentrer dans les détails – sa première nuit avec l'alfar… Cette dernière pensée lui fit dissiper toutes les précédentes craintes, la faisant alors papilloter gaiement jusqu'à Drosera sans trop de souci. Enfin, avoir déjà affronté les dangers de ce lieu l'avait rendu confiante.

La Majestueuse finit par se dresser devant elle, les rayons du crépuscule la rendant plus impressionnante que jamais. Je ne suis pas en retard ! C'était une première, cela aurait été un peu fâcheux de s'incruster en pleine nuit. Cela n'aurait peut-être pas embêté Aëran, les voisins n'auraient sûrement pas le même avis, indiscrète comme elle était… Tant mieux, tant pis, qu'importe. Pas besoin de traîner davantage ! La blonde rentra dans la cité, sous les yeux toujours aussi perçants des elfes noirs. Ces regards ne l'intimidaient plus, plus depuis qu'elle se savait sous la protection de son amoureux. Elle feignit un sourire qui ne les atteignait pas, sans surprise. L'Orisha ne gagnait rien non plus à paraître désagréable et ce n'était guère son genre, toutefois ces fils des ronces ne pouvaient point le savoir.

Selon les indications d'Aëran, il avait réussi à atteindre le deuxième plateau. Cela rassurait un peu la blonde qui n'appréciait guère Linaewen, pour y avoir vécu quelques ennuis ; notamment le fait de se retrouver totalement démunie et loin de ses pairs. Au moins le plateau de Círyon l'avait vu vivre une belle soirée autour d'un plateau des plus raffinés. Repenser à ce souvenir la fit instinctivement sourire, en plus de lui faire comprendre qu'Aëran avait fait du chemin depuis la dernière fois. Elle était contente pour lui et espérait bien qu'il atteigne son rêve, celui qu'elle a tatoué à même sa peau rien que pour lui. Plus qu'un plateau, et il y arrivera.

" Oh, pardon ! Je me suis trompée de maison ! " S'exclama-t-elle lorsqu'elle vit le visage relativement différent de l'alfar à travers l'interstice de la porte.

Malgré le fait qu'elle sache que sa demeure se trouve près des dômes de Círyon, Léto mit un petit temps à se manifester à ce qui était pour elle la plus probable résidence. Au moins, l'importuné en question eut la gentillesse – ou la pitié ? – de lui indiquer l'adresse sur demande. Ainsi se retrouva-t-elle à faire face à la porte qui renfermait le mystérieux territoire de son amant. Le soleil commençait à rougir, symbolisant bientôt son heure de laisser place à sa jumelle astrale. Léto fixa la serrure avant de faire quoique ce soit : il était tentant de la crocheter pour se faufiler à l'intérieur, comme pour une surprise, n'importe quel orisha libre en était capable. Hélas, le contexte ne se prêtait point à ce jeu, et elle finirait indéniablement empalée par un Aëran sur ses gardes. Même s'imaginer cette scène lui donna un frisson d'excitation, elle commençait vraiment à trop prendre à la légère son rapport avec la douleur… Sur cette conclusion, sa main alla taper, avec la délicatesse dont elle était capable, par trois fois l'entrée. Une profonde inspiration s'ensuivit, puis un splendide sourire, accompagnée d'une posture droite pour accueillir comme il se doit l'homme qui hantait les songes de ses nuits.


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Aëran
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MessageSujet: Re: La venu de la Bête... | PV: Léto [-18]   Sam 31 Jan 2015, 12:27


L’atmosphère de la maisonnette s’était emplie d’une énergie stressante et pétillante à la fois. J’étais assis sur le coin de la table de la salle à manger, attendant patiemment la venue de Léto. Je fus plusieurs fois tenté de vérifier le jour de sa venue pour me prouver que je ne m’étais pas trompé. Passant nerveusement ma main dans mes cheveux, j’aperçus mon reflet dans le verre sombre de la fenêtre. Soupirant, je détournai le regard, je ne pouvais malheureusement pas briser tous mes reflets. Ma tension commençait tout juste à redescendre lorsque j’entendis frapper à la porte. Mon sang ne fit qu’un tour et je me pétrifiai un court instant. Un pincement au cœur me fit comprendre que je devais être à cet instant le plus heureux des hommes, et cette perspective me donna envie de vomir et de rire en même temps. « J’arrive », lançais-je soudainement avec détermination pour me sortir de cet état de peur.

Quelques secondes plus tard, ma main tournait la clef dans la serrure, mais je m’arrêtai lorsque j’allais tourner la poignée. Je n’avais même pas pris la peine de regarder qui était derrière. Portant la main sur les couteaux, j’ouvris doucement la porte, mais lorsque je pris connaissance de ma visiteuse, un grand sourire s’étala niaisement sur mon visage. « Hurm » fis-je en essayant de canaliser cet étalement d’amour : « Entre je t’en prie ! » lançais-je en lui ouvrant la porte et en me reprenant. Lorsqu’elle passa près de moi, je passai ma main libre sur sa taille et l’arrêtai net : « Tu ne comptes pas entrer sans m’embrasser… si ? » mes yeux pétillaient de malice, et un nouveau sourire étira mes lèvres. Il n’y avait pas de mots pour dire à quel point j’aimais la prendre de court et la taquiner. C’était un peu un renouvellement de mes sentiments, ils resurgirent comme un geyser, eux qui étaient restés dans un coin lorsque nous nous étions séparés. Mon nez percuta maladroitement le sien, prouvant tout bonnement ma nervosité que je tentai de cacher. Ma main lâcha automatiquement la poignée pour venir glisser sur sa nuque, caressant du pouce sa joue. L’autre vint la plaquer à moi, j’étais tellement heureux que j’en oubliais presque mes voisins. Uleni ferma frénétiquement ses rideaux mauves, ne voulant pas être spectatrice d’un amour qu’elle n’aurait sans doute jamais, tandis que Telis avait le nez collé sur sa vitre pour voir son meilleur ami donné tout son être pour une femme, moi qui n’avait sans doute jamais rien offert avant, et certainement pas ma personne. Mes lèvres se décollèrent des siennes, un peu désorientées : « Tu peux entrer maintenant… » Lui murmurais-je en la lâchant à contrecœur. Je vis alors Telis avec un large sourire, et je refermai la porte devant ses yeux.

Marchant au milieu de la pièce, j’écartai les bras
: « Bienvenue chez moi ! » Balayant l’entrée du regard, je rajoutai : « C’est modeste, mais bien assez pour nous deux… puis ce n’est pas comme si j’avais une famille à loger » continuant de lui sourire, je la pris par la main. « Viens » fis-je ne la tirant vers une porte. La main sur la poignée, je me tournai vers elle : « Je ne croule pas sous l’argent, je n’ai pas grand-chose à offrir non plus, mais j’espère que les choses simple et belle te suffiront… » J’ouvris alors la porte de la terrasse. Les grandes fleurs de nuit avaient éclos, elles parfumaient l’air et les bocaux de lucioles posées ci et là rendait l’ambiance féerique : « Je ne suis pas adepte du feu, je préfère largement la lumière provenant de la nature… » Pourtant, quelques bougies avaient été installées pour mieux éclairer l’endroit, et celle à côté des fleurs faisant danser des reflets mauves sur les murs de roches. Je ressemblais à un adolescent, et je finirais par avoir des crampes aux joues que cela ne m’étonnerait pas. La tirant doucement vers le balcon, je me mis à regarder en bas. La rue était éclairée et quelques personnes se tenaient là, attendant. Lorsque qu’ils nous virent, une douce mélodie nous parvinrent : « Drosera n’est pas qu’une sombre cité dans une forêt encore plus sombre Léto… C’est aussi un endroit où tout art y a sa place, la musique, la peinture, la joaillerie, mais aussi le côté sombre de tout art, celui de la guerre, de la mort… Cela peut être dur à comprendre pour quelqu’un qui ne vit pas comme un Alfar, mais je te demande de ne pas avoir peur de ce qu’il y a ici, comme la première fois où tu es venue, où j’avais l’impression que tout et tous le monde dans cette cité t’effrayait » je glissai mes mains sur ses joues, puis dans ses cheveux : « Je te demande de ne pas m’accepter que moi, mais tout mon peuple, et j’en ferais pareille pour le tien… » C’était un peu abrupt comme ça, mais je n’avais pas envie qu’elle est peur de ma culture, d’où je venais… en contrepartie, j’accepter de ne pas croire qu’en mon peuple, mais également au sien. Mon front vint se poser contre le sien, bercé par la musique qui n’avait pas cessé, je fermais les yeux et glissais mes lèvres sur sa peau pour l’embrasser. Il n’y avait pas à hésiter, j’aimais vraiment cette femme.

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Léto
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MessageSujet: Re: La venu de la Bête... | PV: Léto [-18]   Jeu 05 Fév 2015, 16:01

L'attente commençait déjà à devenir insupportable, Léto était évidemment presser de le revoir, de renforcer davantage le lien qui l'unissait à lui. A ce titre, il aurait été d'ailleurs judicieux de proposer à Aëran de tisser entre eux le Lien du Destin, l'accomplissement typique d'une relation entre un orisha et son partenaire. Or, elle avait finalement décidé de ne pas le faire devant l'énorme hésitation. Non pas qu'elle était rebutée à l'idée d'être liée éternellement à l'alfar, elle n'était pas non plus effrayée par les conséquences et les potentielles souffrances que cet acte engendra. Ce qui l'empêchait de faire ça, c'était tout simplement que Léto n'avait aucunement besoin de tisser le Lien pour se faire savoir qu'elle éprouvait de l'affection pour lui ; elle ne l'avait pas plus fait avec son grand frère, ses parents, ni même Thémis. Personne n'avait besoin de ces chaînes – aussi bénéfiques qu'elles puissent être – pour se prouver que son sourire et ses sentiments étaient sincères. En gros, pourquoi faire compliquer quand la simplicité est si évidente ?

Quoiqu'il en soit, se remémorer cela avait permis à la blonde de patienter jusqu'à l'ouverture de la porte. Le visage de l'elfe se fit éclairer par l'astre céleste, révélant son propre sourire qui accentua celui de l'Orisha. Cette dernière était tellement attendrie par cette ambiance romantique qu'elle ne réagit pas tout de suite à la permission d'entrer. Nullement besoin de préciser que la malice de son amant la prit de court, sans pour autant que ce ne soit désagréable, heureusement ! Son sourire se mit à gigoter gauchement sur ses lèvres, fluctuant entre la stabilité et le chaos.

" Ah, euh, oui, bien sûr ! C'est normal, haha, pardon. " Enchaîner davantage une suite plus ou moins cohérente était vain face à l'envie de refaire connaissance avec le corps désiré.

Aussi maladroite qu'Aëran, le geste était peu gracieux, certes, mais qu'est-ce qu'on s'en fichait au final. Léto profita ainsi de tout son être de la proximité et de la chaleur offerte si généreusement. Elle aussi, c'était à contrecœur qu'elle y mit un terme, elle ressentait le sentiment de l'elfe à cet égard. Enfin, ils avaient encore des heures, même des jours, pour palier à cela. Evidemment, la blonde n'était pas venue que pour batifoler et s'envoyer en l'air, mais aussi faire la girouette en sa compagnie et vivre des aventures, sûrement, trépidantes. Les territoires en dehors de Mégido avaient cette tendance à lui faire faire de drôles de découvertes.

On peut dire qu'en termes de découverte, elle avait du pain sur la planche avec la nouvelle demeure de l'alfar. Curieuse comme elle était, les yeux bicolores de Léto balayèrent presque intégralement la pièce où ils se trouvaient. Aëran vivait donc seul dans cette demeure, voilà qui la rendait fière : ils étaient maintenant deux à avoir leur petit chez-soi. Cela ne compensait pas vraiment la distance, mais au moins ils avaient des endroits où se retrouver seul à seul. Malgré la modestie des lieux – qui, en passant, était égale à sa propre maison – ne la dérangeait point, il avait parfaitement résumé ses pensées :

" Bien assez pour nous deux. " Répéta-t-elle, précédant un petit rire taquin.

Léto aimait beaucoup ce jeu, elle ne s'en lasserait jamais. Enfin, si un jour vous trouvez un jeu qui la lasserait, vous m'appellerez. Ceci dit, l'alfar était en plein contrôle des évènements vu qu'il était le maître ici. La jeune femme se laissa donc naturellement guider par le jeune homme, le suivant jusqu'à un endroit merveilleux. Alors qu'elle allait vivement confirmer que "les choses simples et belles" lui plaisaient – inutile d'en faire l'inventaire pour s'en convaincre – l'Orisha se laissa subjuguer par la surprise. Toutes les couleurs, les lumières, la musique ; par Antarès, la musique ! C'était peut-être banal pour n'importe qui, mais ses sens devaient avoir une approche d'analyse presque aussi similaire que celle d'un alfar. Bouche bée, elle n'osa pas couper son amant dans son élan. Elle captait que c'était important pour lui et comprit bien vite pourquoi.

Ses joues commencèrent à prendre des rougeurs. L'Orisha voulait baisser les yeux, se concentrer à réfléchir, mais l'alfar ne lui en laissa pas l'occasion. Comme il avait l'habitude de le faire, il colla son front contre le sien, cherchant la proximité, ses lèvres ; tout cela, elle le céda sans aucune forme d'opposition. Il avait raison, elle ne pouvait guère se permettre de juger tout un peuple sur une mauvaise passe, pas plus qu'elle pouvait espérer trouver la félicité totale auprès des orishas. Léto était peut-être stupide, ou enfantine, mais quand on la guidait sur la bonne voie, elle parvenait à s'en sortir correctement. Le baiser passionnel terminé, elle éloigna légèrement son visage pour le fixer dans les yeux.

" J'accepte, je t'accepte toi et tout ton peuple. Pas difficile de la convaincre quand on était si proche d'elle-même, en même temps ; elle sourit instantanément pour la suite de ses propos. Tu n'es pas aussi obligé d'accepter mon peuple, tant que tu m'accepte moi je suis contente. Lui passer le collier des obligations, il en était hors de question, surtout pas de sa part. Elle ne se rendit compte alors que maintenant qu'elle l'avait instinctivement serrer dans ses bras lors de leur échange amoureux, et cette posture accompagnée de la mélodie lui évoqua une idée des plus amusantes. On danse ? Elle en rigolait intérieurement, c'était très hilarant de l'imaginer faire les pas avec elle. Oui, allez, on danse ! Il n'était peut-être pas obligé d'accepter des détails pour elle, mais quand il était question qu'elle s'amuse, Aëran n'avait tout bonnement pas le choix ! Je te préviens avant, je risque parfois de t'écraser les pieds, alors… désolée ! "

Sur un sourire amusé, ses mains allèrent se faufiler dans le creux des siennes et elle tira facilement avec ses bras musclés pour l'entraîner au rythme de la musique. Quitte à ce qu'il lui fasse don de ce moment féérique – ou "alfarique" dirons-nous – autant que la jeune femme en profite jusqu'à saturation. C'est donc sur des tours, des orteils amochés et des regards débordants de désir que la soirée continua, s'installant confortablement sur la cité sombre. Depuis la soirée passée au bal d'Or, Léto s'était légèrement amélioré dans cet art qu'est la danse. Après s'y être initiée avec Kumiko, elle avait toujours voulu essayer avec Aëran ; vu qu'il était alfar, il devait bien se cantonner à accepter cet art-ci. Mais bon, c'était surtout le moment en lui-même qui la motiva, car elle était seule avec lui, car elle s'amusait beaucoup, car elle était amoureuse. Toute cette attention de sa part, n'était-ce pas aussi une preuve que l'elfe tenait autant à elle ? Difficile à dire, même avec l'empathie des orishas, après tout elle n'était jamais allée au loin. Léto était d'ailleurs ouverte à aborder ce sujet, avec cependant son approche si caractéristique.

" Mon juishi, tu as préparé tout ça pour moi ? Demanda-t-elle innocemment en lorgnant de nouveau du côté des fleurs lumineuses, des faisceaux s'abattant sur les murs et de la musique prenant racine en bas, sans pour autant cesser la danse. C'est vraiment beau, et gentil. Elle était tellement hypnotisée tout à l'heure qu'elle n'avait même pas pu faire part de son ressenti ; c'est alors que le visage adorable de la blonde laissa place à l'expression joueuse qu'elle était. Je devrais peut-être te faire un cadeau aussi. Ce n'est pas toi qui voulait un tatouage rose fuchsia, si ? " La plaisanterie, c'était bien l'outil avec lequel Léto était la plus à l'aise pour exprimer son affection. Mais bientôt, inévitablement, cet outil sera trop usé et elle devra s'en remettre à la confession intime la plus pure pour nourrir leur lien et dissiper l'anxiété naissante, avant qu'il ne soit trop tard.


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MessageSujet: Re: La venu de la Bête... | PV: Léto [-18]   Ven 13 Fév 2015, 13:01




Nos pas résonnaient dans la sombre ruelle de Drosera, je feignais la douleur lorsque Léto m’écrasait le pied, juste pour pouvoir avoir encore plus d’attention que je n’en avais déjà. Intérieurement, je souriais de bon cœur, la voir aussi heureuse me comblait également. Je crus pourtant entendre, au loin, quelqu’un, quelques choses, mais rien à cet instant, ne pouvait m’inquiéter. Elle m’avait accepté, elle acceptait mon peuple, que lui demander de plus ? J’avais une main sur sa taille l’autre tenait la sienne, et nos pas étaient maladroits. Je tentai de me souvenir des pas de danse qu’Elina m’avait appris pour me rendre dans cette haute société qu’elle appelait le haut parti, mais ma mémoire se floutait sur son visage, et ma mémoire refusait de revenir en arrière.

Quelque temps passa sans que je ne puisse dire combien, et Léto prit la parole. Tout en faisant mine de considérer sa question, je lui souris : « Non, c’était pour l’une de mes maîtresses, mais tu es arrivé trop tôt… » Mes yeux brillaient de malice, et je déplaçai vite mon pied pour ne pas qu’elle ne me l’écrase. Cette femme était si maladroite que si je n’en étais pas amoureux, je me moquerai d’elle sans vergogne. À sa remarque, je lui souris une nouvelle fois, laissant un petit silence afin de terminer la danse. Lorsque nous nous arrêtâmes, je pris son visage avec ma main, lui mettant les lèvres en poisson, et faussement menaçant lui dit : « Dit donc Léto, tu ne te mettrais pas un peu trop à ton aise avec moi ? » mon sourire repris sa place, ne pouvant rester trop longtemps sérieux dans une situation pareille. Je rapprochais donc mon visage du sien et l’embrassait furtivement avant de rajouter : « Si tu comptes me badigeonner de ton fuchsia immonde, il va falloir me passer sur le corps ».  Je me retins un instant pour ne pas ouvrir les bras et l’accueillir, simulant plutôt le défi du regard. J’avais conscience de sa force physique, et tout franchement, je n’attendais que ça, mais tous deux nous retenions d’un désir bestial qui nous animait lorsque nous étions tous les deux.  

Me penchant sur la rambarde, je jetais quelques pièces aux musiciens, qui se laissèrent engouffrer par la nuit en un instant. La main sur la balustrade, je les regardai s’éloigner, ne me tournant vers Léto que lorsque mes yeux ne les virent plus. Le pollen des belles-de-nuit géantes me chatouillait les narines, elles berçaient l’endroit de ce doux parfum sucré. Pour autant, leur beauté égalait leur dangerosité, leurs racines et leurs pétales étant mortels lorsque l’on savait sans servir. Cueillant l’une des fleurs à épines qui grimpaient sur la terrasse, je m’approchai de Léto, faisant tourner la tige entre mes doigts. Tournant autour d’elle, tel un prédateur, je m’arrêtai derrière son dos. Ma main libre la ramena vers moi en douceur, et alors que mes lèvres parsemaient de baisés son cou, je caressais son bras droit avec les pétales blanches et douces. Quelques instants s’évadèrent dans la nuit avant que je ne décide de mordiller sa peau et de la griffer doucement avec les épines de la fleur. Ces moments n’appartenaient qu’à nous, et je considérai que personne n’avait le droit de les interrompre. Malgré le fait que nous soyons chez moi, seuls, je me sentais épié, et avec une douceur infinie, je la ramenai à l’intérieur sans jamais m’arrêter de la caresser.

La fraicheur de cette sombre nuit avait envahi toutes les pièces, et seul le feu de la salle à manger réchauffait l’endroit. C’est là que je décidais d’emmener Léto. Je la tournais vers moi, la regardant longuement avant de commençer à l’embrasser tout en l’allongeant sur la table. Léto était une adepte de la bestialité, du moins c’était ce que je pensais… je savais qu’elle aimait la douleur, la brutalité… et la penser frustrer à cet instant me faisait pleinement jubiler, me donnant encore plus envie d’elle. Dévoilant son ventre, je me mis à la butiner, puis à la mordre. Ma main droite empoignait fermement son haut, et l’autre se cassait les phalanges sur la table en bois, tellement celle-ci serrait du poing. À force de retenue et de lenteur, je ne faisais qu’accroitre mon propre désir. Mes deux mains se rejoignirent alors brutalement, déchirant d’un coup de dent son haut et tirant de chaque côté pour humer son odeur. J’essayai, tant bien que mal, de la ramener vers moi, de la cambrer pour coller nos peaux, mais ma force ne me le permettait pas. Un faible bruit derrière moi me fit arrêter mes caresses, et je n’eus même pas le temps de relever la tête que déjà ma tête partait sur le côté dû à un lourd coup.

Mon corps alla s’écraser par terre, mais toujours conscient, j’évitais un coup de pied au visage. Désorienté, je me relevai rapidement, cherchant du regard Léto puis cherchant par la suite un moyen de défense. Ma ceinture contenant mes couteaux était tombée près de la table, dont un molosse aux muscles plus que développés, me barrait le passage. Les tatouages sur les mains des hommes me firent écarquiller les yeux. Comment osaient-ils une attaque dans les murs mêmes de Drosera ? Je ne m’inquiéter pour le moment pas de Léto, qui était apte à se défendre contre ses bêtes qui ne semblaient armés que de lames à bout rond, signe qu’ils ne compter pas nous tuer. En revanche, je m’inquiétais pour les coups que je pouvais prendre, ma corpulence ne me permettant pas d’encaisser énormément. Évitant machinalement les attaques, je pris à deux mains le vase derrière moi et lui éclata en plein visage. Les débris tombèrent à terre, tandis que certains restèrent incrustés dans sa peau sale, mal rasé. Bien entendu, je ne m’attendais pas à ce que cela l’empêche de continuer, ils avaient été entraînés à la douleur, tout comme moi avant. Me précipitant vers ma ceinture, je fus arrêté net par un enfant à l’allure de sauvage. Celui-ci bougeait dans tous les sens, m’assommant de coups de pieds et de coups de points bien placés. Interceptant ce que je pouvais, je commençai à reconnaître l’entraînement de mes maîtres. Attendant alors le moment propice, je l’attrapai par le cou, serrant de toutes mes forces. Je n’étais pas bien fort, mais j’étais encore capable de tuer un enfant, et l’adrénaline m’aidait à cette démarche. Ses ongles labourèrent mon avant-bras, tandis que les miens s’enfoncèrent dans sa chair. Le sang ruisselait sur ma main, accentuant mon envie de me battre. Cela ne dura qu’un instant, et son corps joncha par terre. Prenant un des couteau, j’égorgai l’autre balourd qui m’avait attaqué par-derrière. Je ne comptais pas mourir aujourd’hui, pas ce soir, et je me battais avec toute la rage que la vie m’avait donnée, mais l’entraînement ne suffisait pas, ni la volonté, et le nombre prima. Ma tête vacilla un instant, et l’on me soutenu en me prenant par les bras. Mes pieds traînaient au sol tout en essayant parfois de bouger. Ma vue était floutée par le sang qui avait coulé à l’intérieur, la maison ressemblait à un taudis, tout était renversé, tout était fouillé, les portes défoncées, les vases brisés, les coussins et les matelas retournés. Je ne savais pas ce qu’ils cherchaient où même ce qu’ils allaient y trouver, mais je savais une chose, mon corps était indestructible, quelques soit les douleurs, j’y survivrai, comme à chaque fois.

Nous fûmes enroulés dans un drap sale, et jeté par la terrasse dans une charrette remplie de foin. De là, je me sentis tiré par les pieds et jeté ailleurs, comme un déchet. Je savais que la route serrait longue jusqu’à la grande bâtisse de mon enfance, mais je savais surtout que j’en sortirais briser, et que le chemin pour en arriver jusqu’ici serait à refaire. Ma bouche se crispa, et je fermais les yeux lorsque de petites larmes salées décidèrent de rouler sur mes joues. Il n’y avait maintenant qu’une chose à faire : attendre le jugement.  


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MessageSujet: Re: La venu de la Bête... | PV: Léto [-18]   Lun 16 Fév 2015, 14:29

Naïve comme elle était, Léto prit la mention de la "maîtresse" au premier degré. Contrairement à beaucoup d'autres, elle n'en fut point jalouse, son sang orisha aidant à la tâche, mais surtout parce qu'elle connaissait déjà Aëran comme étant un coureur de jupons. Il l'avait bien confirmé lors de leur premier tête à tête. Au final, qu'en avait-elle à faire ? Pas grand-chose, elle aimait l'alfar et ce dernier le lui renvoyait bien, à son humble avis. Tant qu'elle dégustait pleinement leur relation, Léto n'allait sûrement pas en faire un scandale.

" Ah bon ? Dommage pour elle. " Elle demeurait moqueuse, mais compatissait pour la perte de cette prétendue maîtresse ; elle n'allait pas s'en plaindre d'être celle qui en profite.

Ensuite de quoi, le jeune homme continua de la taquiner, relevant une nouvelle fois le fait qu'elle soit à l'aise en sa compagnie. Elle n'y pouvait fichtrement rien, c'était lui le premier à l'avoir défendu contre le monde, à l'avoir guidé sur une voie certes dangereuse mais prudente. Léto ne serait pas ce qu'elle est aujourd'hui sans cet homme, tout comme elle ne serait pas là si leur liaison ne revêtait pas une grande importance pour elle. Elle le respectait, l'enviait, le désirait, il lui faisait éprouver tant d'émotions que l'Orisha ne pouvait jamais se lasser de sa présence. Au moins se sentait-elle bien en sa compagnie, ce n'est pas comme s'il était son premier vrai ami et son tout premier amour sincère. Si tel était son caprice, elle s'enchaînerait elle-même à lui pour l'éternité. Elle s'accommodait étrangement aux maillons, contrairement à ses pairs.

S'ensuivit le début d'une délicieuse séance de bestialité entre les deux. Léto aurait voulu, justement, le dominer pour l'obliger à arborer le rose sur son corps, mais Aëran avait un don pour la soumettre, rien qu'avec une fleur. Elle demeura immobile sous les picotements provoqués par les épines, se mordant discrètement la lèvre à cette sensation. La nature alfar pouvait décemment lui convenir sous cet angle, l'acceptation de son peuple était à cent pour cent acquise avec ça. L'Orisha se laissa guider par les instincts de son amoureux, s'enfermant avec lui à l'intérieur, gémissant et soupirant sous les assauts de plus en plus intenses. A mesure qu'elle goûtait à ces plaisirs, elle était convaincue qu'il était le seul à pouvoir les lui procurer, c'est peut-être pour ça qu'elle se réservait qu'à lui pour ce genre de choses. Léto ne voulait, toutefois, pas non plus le restreindre qu'à ça ; elle l'aimait beaucoup et se projeter avec lui dans l'avenir l'émoustillait. Elle adorait ce tableau de le voir roi et elle se faufilant comme une délinquante pour le rejoindre, c'était à se tordre de rire des fois. Nul doute qu'un glorieux destin les attendait, seul le temps faisait encore obstacle à cette merveilleuse perspective. Son haut aussi leur barrait la route, elle ria aux éclats lorsqu'il l'arracha d'un coup sec. Il n'y avait plus que les nombreuses bandelettes qui masquaient sa poitrine, par mesure pour cacher le peu de femme qu'elle conservait encore. Juste un mouvement et elle serait à lui toute la nuit…

Elle alla ouvrir la bouche pour proclamer son affection grandissante, elle-même ne savait pas réellement ce qu'elle était sur le point de dire. Finalement, elle ne le saura jamais, car le bruit sourd du fracas coupa court au rituel. Quelques gouttes de sang tombèrent sur sa langue ; ce n'était pas à elle de le boire d'ordinaire, ce n'était pas elle qui devait saigner. La lueur des flammes fit alors apparaître brièvement la figure des intrus, suffisamment longtemps pour qu'elle se rende compte dans quel pétrin ils s'étaient de nouveau retrouver. Un regard vers son amant à terre provoqua alors un choc en son sein, la faisant se redresser automatiquement sur la table.

" Non ! " Elle se prit un violent coup qui la fit rouler sur la table.

Elle entama un mouvement maladroit pour se dégager du meuble qui volta plus loin, se laissant tomber au sol avant de se relever tant bien que mal. A peine eut-elle levé la tête qu'elle se prit encore un coup au visage, sans vaciller cette fois. Léto repoussa l'assaillant, cherchant par la même occasion Aëran. Il était aux prises avec d'autres. Encerclés mais séparés, l'Orisha ne pouvait guère l'aider dans cette position. Sans réfléchir pour deviner qui ils étaient et pourquoi ils faisaient ça – soyons sérieux, on s'en fiche pour l'instant – la blonde tenta une esquive, en vain. Collée au mur, se sachant peu agile, elle n'eut d'autres choix que de charger elle-même, maîtrisant le gars qui tentait de renverser la grande dame qu'elle était. Elle le chopa par le bras, puis le col et lui fit un croche-patte assez puissant pour le fracasser par terre. Ça n'en finissait néanmoins jamais : deux grands gaillards prirent la relève de leur pote. Léto avait beau être forte, elle n'était pas adepte du combat à mains nues, et ses armes se trouvaient plus loin dans son paquetage. Pour ça, c'était peine perdu. Elle tenta un nouvel assaut, endurant les coups pour se rapprocher d'eux et les frapper de toutes ses forces. Si ça marchait pour certains, d'autres encaissaient très bien, et les premiers finissaient toujours par se relever encore une fois.

" Costauds… " Gémit-elle en essuyant ses lèvres tachetées de sang, à ce rythme elle finira par céder.

Plus l'affrontement s'éternisait, plus Léto s'adonna aux risques ; usant notamment de sa main pour bloquer les lames à la volée, quitte à se couper les doigts, et profitant de la contre-attaque pour leur briser les dents. A mesure que son sang coulait de plus en plus abondamment, son incompréhension face à la situation s'accentuait : ils étaient si peu affectés par les coups, ils ne braillaient rien du tout et la regardaient avec des yeux morts. Elle commençait à avoir peur, il fallait renverser la tendance : elle leur balança une vague de peur mais ils y semblaient immuniser. Elle invoqua alors le lien du destin, trop tard : à peine eut-elle commencé à forger les premiers maillons qu'ils la bourrèrent de coup. L'un de ses genoux embrassa le sol, elle sentit ses côtes et vertèbres se casser une à une. En essayant de lever ses yeux pour chercher une issue, elle tomba sur Aëran, gisant à terre, en sang. Il ne bougeait plus et on commençait à le traîner loin d'ici. La blonde serra si fort des dents que ses gencives durent se fissurer, une gerbe de sang s'échappant lorsqu'elle ouvrit la bouche.

" Laissez-le ! Aëran ! Elle poussa sur sa jambe encore valide, une charge hasardeuse mais qui parvint à percer à travers deux adversaires. Lâchez-le j'ai dit ! " Son aura de douleur s'étendit sur eux : ils ne bronchèrent même pas et elle s'en rendit bien vite compte.

Facilement restreinte sous le nombre, le choc de son inutilité l'immobilisa sur le coup. Elle n'eut même pas le loisir de geindre ou de larmoyer qu'on l'assomma, son corps s'étalant platement. L'inconscience la berça un temps pour lui épargner davantage de souffrances jusqu'à l'inévitable. Pour la première fois de sa vie, Léto portera des chaînes, et non par choix.


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MessageSujet: Re: La venu de la Bête... | PV: Léto [-18]   Sam 21 Fév 2015, 13:05



Je savais le trajet long et déjà mes liens me labouraient la chair. Mes yeux étaient clos, ma peau collait sur le sol dû au sang qui avait séché, mes muscles refusaient de bouger, et  je sombrais peu peu à peu dans l’enfance qu’avait été la mienne. La chair de mon dos me brûler à chaque claquement de fouet, je ressentais le dégout vis-à-vis de tout, des caresses que je n’avais jamais désiré aux viandes mortes que je devais avaler… Soudainement, je sentis le bateau tanguer, nous emmenant loin de tout semblant de sécurité, et je fus bercé par les vagues percutant la coque, me laissant aller à mes songes.

Je ne sus pas vraiment combien de temps je fus enfermé dans cette cale humide et froide, mais lorsque l’on mit sortit, les rayons du soleil me brulaient la peau et les yeux. Je restai un instant pétrifié, et on me fit boire de l’eau tiède, mais on ne nous donna point de nourriture. S’en suivit une longue marche dans les terres arides où chaque pas était une torture. Fière, et surtout habituée aux douleurs physiques, je ne montrai rien à mes congénères. Le groupe devait s’être divisé, car il n’en restait que quatre avec nous. Mes yeux, qui avaient dégonflé lors de la traversée, arpentaient les hommes qui se tenaient droits sur leurs chevaux. Des hommes robustes aux allures de guerrier, des Alfars dressés à tuer et à obéir aux ordres. Il me semblait les reconnaitre, ses enfants de jadis, ceux avec qui j’avais appris à me battre, peut-être même m’étais-je disputais quelques cadavres lorsque nos estomacs grondaient à l’unisson ? Mon regard se tourna vers Léto. Que faisait-elle ici ? Qu’allaient-ils lui faire ? On tira sur ma corde pour me sortir de mes réflexions. C’est, ainsi que nos yeux se croisèrent, caché par son casque de cuir, je ne l’avais pas bien reconnue, mais je me souvenais bien de lui. Le petit garçon aux nez cassés, tordus d‘un côté, qui m’apportait un peu de nourriture lorsque j’en étais privé, un peu de compagnies aussi quand on m’interdisait d’en avoir. Courageux, intrépide, le voilà aux crochets de ses maîtres. Je fronçais des sourcils, nul ne pouvait entraver ma Liberté, si je devais mourir, je le ferais sans jamais m’agenouiller devant qui que ce soit, enfin… si je le pouvais.


Malgré leur résignation, et au vu des humiliations qu’ils subissaient tous les jours, nous rabaisser était un lot de compensation qu’ils ne pouvaient pas négliger: « T’as échangé Elina contre cette moitié femme ? » me dit l’un des hommes en riant. « T’as échangé ta fierté contre une laisse ? ». Les autres se mirent à rire, même si finalement, ils avaient la même chose autour du coup. « Toujours le mot pour rire hein… ta si chère fierté te perdra, comme ta chère petite amie » le simple fait qu’il parle d’elle eu l’effet escompté, puisque je me vis donner un coup dans la patte du cheval qui cambra, faisant chavirer l’homme. L’adrénaline avait cela de pratique que les douleurs s’estompent et que le courage grandit. Rapide, je piquais le poignard attaché à sa ceinture et lui mis sous la gorge alors qu’il était encore à terre. « Qu’est-ce que t’attends ? » ricana-t-il sans aucune émotion, dressé à se faire tuer sans broncher. D’un geste vif, je plantai la lame dans son entre jambes, tournant le poignard dans sa chair. Peut-être connaissait-il la douleur, peut-être s’en était-il accommodée,  mais s’il lui restait un minimum de fierté, peut-être celle-ci en serait durement toucher. Cette douleur aussi, il ne la connaissait pas, qu’il essaye de s’en accommoder pour voir. Je le vis serrer des dents si fort, que son émail céda presque sur la pression exercée. Aussi vite que possible, je rebondis sur mes jambes, faisant face aux autres soldats qui n’avaient rien loupé de la scène. Seul un resta sur sa selle, me faisant dos. Les hommes avaient sorti leurs armes, prêts à se défendre. Prêt à bondir, je vis le soldat sur son cheval sortir une petite arbalète et la pointer vers Léto. Instinctivement, je jetais le poignard comme un couteau de lancer, et la lame se logea dans sa main. Un crie de femme se mit alors à sortir d’entre ses lèvres, un crie si fort et si aiguë, que je ne pouvais imaginer qu’elle fasse partie de la bâtisse. Elle tomba de cheval et son casque roula sur la terre sèche. Ses cheveux ébène dégringolèrent en cascade sur ses épaules, et mes yeux s’écarquillèrent de surprise. Devant moi se tenait la fille de Durzol, ma petite sœur de dix-sept ans. « Tu n’as jamais été bien maligne, mais je ne pensais pas que tu tomberais aussi bas… » On tira sur ma corde pour me faire agenouiller, et on me donnait un grand coup de pied dans la tête. Elle vacillait un instant, avant de tomber dans la poussière de ces terres non hospitalières. Ma dernière image fut celle de ma sœur adoptive, me donnant un ultime coup dans le nez. Une nouvelle fois, je sombrais.

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MessageSujet: Re: La venu de la Bête... | PV: Léto [-18]   Dim 01 Mar 2015, 23:29

Son père lui dit un jour qu'il était fier de sa famille car aucun d'entre eux n'avaient connu l'esclavage sur plusieurs générations. Il avoua que les Sùlfr, et leurs branches antérieures, étaient à l'écart de la société orisha, que leur dignité faisait autant leur force que leur faiblesse. En laissant sa fille partir pour Mégido, il permit à leur famille de renouer une nouvelle fois avec ses racines, d'une certaine manière changée les choses sans pour autant briser ce qui caractérisait tant les Sùlfr. Cette nuit-là, Léto chuta, devenant la première Sùlfr enchaînée depuis bien longtemps.

L'Orisha ne sut combien de temps elle resta inconscient depuis son combat. Elle se réveilla au fond d'une cale sombre, à l'intérieur d'une cage en fer rouillé. Avec ses dons raciaux, il lui serait aisé de crocheter la serrure, de libérer Aëran et de fuir. Sauf qu'on la gardait bien à l'œil, sûrement au fait des capacités des siens. Son œil ocre, moins amoché que le rouge, chercha pendant une bonne minute la silhouette de son amant en vain. Il devait être plus loin, dans les ténèbres de la coque. Ces hommes, elle s'en rappela très bien : elle avait tué l'un d'entre à la forêt des murmures. Son tout premier meurtre, involontaire évidemment. Ils portaient les mêmes habits, se comportaient comme eux. C'était un véritable retour en arrière qu'elle vécut, le pire étant que, cette fois, c'était elle la vaincue, bien que pas encore morte.

N'étant pas habituée à ce genre de soumission, Léto se permit d'être assez rebelle, usant longuement de sa langue pour faire perdre patience à ses bourreaux. On la menaça de l'enchaîner, de la bâillonner, elle ne céda pas. Pas par courage, seulement par ignorance. La jeune femme n'a jamais été torturé auparavant, pas dans le but de la faire souffrir du moins. Et eux en avaient tous les pouvoirs, elle était trop aveugle pour s'en rendre compte. Ainsi, ils n'hésitèrent pas à la sortir de cage pour la tabasser ; enchaînée comme elle était, elle ne pouvait pas répliquer, même si le métal à même sa peau ne semblait avoir aucun effet sur son état d'esprit. Bien vite, ses tortionnaires remarquèrent que les coups ne l'affectaient que peu. Leurs tympans s'apprêtant à saigner, l'un des gars se saisit de son couteau, l'approchant des lèvres de l'Orisha pour lui couper définitivement la langue.

" Fais pas ça, idiot ! Elina la veut le plus intacte possible !
- Une langue de plus ou de moins… Son collègue lui donna un coup sur l'épaule.
- J'ai une meilleure idée. "

Le plus malin du duo se saisit d'un flacon, dont il fit avaler son contenu de force à la blonde. Cette dernière continuant de pester à leur égard, il fut facile de lui faire administrer cet élixir. Impossible de recracher, notamment à cause de la paume refermée sur sa bouche, Léto dut laisser la dose se dissoudre sur sa langue et ses gencives. Après quoi, on la remit violemment dans sa cage, pour ne plus jamais la rouvrir jusqu'aux terres arides. Elle ne mit même pas cinq secondes à comprendre qu'elle était devenue incapable de prononcer le moindre mot.

Sur le chemin de la mystérieuse bâtisse, Léto resta silencieuse – toute façon, elle ne pouvait guère faire autrement – se laissant traîner sous l'influence d'Aëran. Ce dernier avait beau rester droit et de marbre, il continuait d'avancer. Elle ne comprenait pas, elle l'avait toujours connu fort et rebelle. Elle pensait qu'il lui aurait au moins soufflé quelques mots, mais rien. La blonde baissa les yeux, la laisse la tirant indéfiniment sous ce cagnard. Le cliquetis familier des chaînes l'aida à passer le temps, à se convaincre que ce cauchemar trouvera une conclusion en sa faveur. Je suis forte, je suis forte, je suis forte, je suis forte. Si elle ne pouvait pas parler, on ne pourra jamais l'interdire de penser, beaucoup, très beaucoup.

Enfin elle crut reconnaître son premier amour lorsqu'il répondit sec à la remarque de leurs kidnappeurs. Encore plus lorsqu'il prit la défense de sa belle. Et toujours lorsqu'il se livra à une barbarie sans nom. Léto ne voyait pas les détails de la scène depuis cet angle, mais se délectait de la douleur de son adversaire, se nourrissant pour retrouver un peu la forme. Son extase prit brutalement fin lorsqu'elle remarqua l'arbalète pointée sur elle. Son sang ne fit qu'un tour avant que l'agresseur – qui s'avéra être une connaissance d'Aëran – se retrouva à terre. Son empathie naturelle mua en compassion pour son ami : il était entouré d'ennemis redoutables… Et puis cette compassion se transforma en colère à l'encontre de ces personnes, osant les défier une nouvelle fois.

" Ne le touchez plus ! Ses doigts, non entravés, jouaient autour du poignet métallique pour produire les sons à la place de ses cordes vocales figées, tandis que son regard soutenu ses menaces. Je vous interdis de le frapper ! Rares étaient ses excès de colère, ainsi étaient-ils particulièrement dévastateurs.
- C'est la dernière fois que tu l'ouvres ou c'est sa gorge que j'ouvre. " Il posa la dague sur le cou de l'alfar, faisant instantanément taire la blonde.

Tout mais pas ça. Elle se refusait d'être celle qui fera souffrir Aëran. Elle préférait même mourir pour qu'il soit libéré et n'ait plus jamais à rester sur ses gardes. Elle ne pouvait pas faire autrement, elle était une orisha, une femme particulièrement empathique envers les enchaînés, les êtres constamment plongé dans la crainte d'être traqué. Elle faisait parti du peuple qui se libérait et libérait les autres, à tout prix. La Liberté était inscrite dans leurs gênes, elle n'y faisait clairement pas exception.

Tout du moins, ce n'étaient pas les héritages qui la délivreront de ses liens pour l'instant. On posa le corps mou de l'alfar sur un des cheveux, on imposa à l'autre castré de se démerder pour suivre la cadence. Il suivait tant bien que mal, humilié jusqu'à la fin de ses jours. Quant à Léto, elle resta à faire la gueule, les yeux toujours braqués sur son amant malmené. Elle pourra même plus se figurer les quatre autres visages en peinture, plus jamais. Sa rogne demeura intacte jusqu'à ce qu'ils atteignent la base de la secte, là où l'alfar a vécu la majorité de sa vie, là où Léto ne désirait guère découvrir les horreurs de l'esclavage. Qu'elle le veuille ou non, ce sera pourtant le point de départ de la découverte. Qui sait, en admettant qu'elle en ressorte un jour, elle pourra se convaincre d'être une pure orisha, pour avoir au moins connu les vices de cette privation de liberté.

Toutes ses émotions s'écroulèrent à l'intérieur. Il faisait froid, pas comme avec la neige et tout, mais froid comme s'il n'y avait pas de vie, que la mort régnant entre ces murs. Chaque visage qu'elle put entrapercevoir sur leur route la fit frissonner, ils avaient l'air totalement vidés d'énergie, comme s'ils ne faisaient que subir. Le pire, c'étaient les hurlements, les coups de fouet qui résonnaient entre les briques. Elle percevait également des complaintes d'enfants dans le lot. Son moral commença à sérieusement en prendre un coup. Avant même qu'il tombe en berne, on l'obligea à lever la tête. On s'était arrêté dans une pièce plus chatoyante que les autres, avec des tentures rougeâtres. Ça ressemblait à une salle de réunion, des longues tables vides les encadraient, seule celle en bout était occupé par une femme au teint blanchâtre. Cette dernière fixait longuement le corps étalé de l'alfar par terre, tout en sirotant du vin rouge ; du moins, Léto supposa que c'en était vu la texture d'ici. Le goût âpre de la vinasse qu'elle s'était gorgée autrefois lui revint en bouche, la dégoûtant en lui faisant poussant un gémissement plaintif. De par ce geste, elle se rendit compte que sa voix était revenue, mais elle se sentait incapable de dire quoique ce soit dans leur position. De même, ce bruit attira le regard de la femme assise. Ses iris étaient horriblement acérés.

" Ainsi donc, voilà la profiteuse qui a volé mon jouet. Elle avala une gorgée et sourit, un sourire carmin. Ou devrais-je dire, "le profiteur". Son rire était aussi méprisable que sa position dans la secte. Quel est ton nom, gracieuse créature ? La blonde déglutit, elle avait un pouvoir si lourd sur elle.
- Léto… Elle eut du mal à le prononcer, à croire que les effets ne s'étaient pas totalement estompées. Le regard de la cheffe s'assombrit, l'enchaînée ressentit sa déception malgré la distance.
- Je m'appelle Elina, et laisse-moi t'apprendre, Léto, que mon nom a plus de poids sur le cœur d'Aëran que le tien. Peut-être ne t'en rend-tu pas compte, mais ça ne saurait tarder. Elle lança un regard aux tortionnaires. Préparez notre invitée comme il se doit, qu'elle prenne ses marques pour s'intégrer à merveille.
- Et pour l'alfar ? Elle fusilla du regard son serviteur, se retenant de le réprimander pour ne pas l'avoir appelé par son nom.
- Laissez-le moi pour le moment. Je préfère garder la meilleure partie – celle où on les installera dans la même pièce – pour après. " Un sourire ravi se dessina sur son visage lorsqu'on exécuta ses ordres.

Léto perdait complètement la notion du temps. Cette femme l'avait paralysée, rien qu'avec les mots, l'arme la plus destructrice qui puisse exister. L'Orisha tenta de garder un contact visuel constant sur Aëran, en vain lorsque les ténèbres empêchaient sa vision d'aigle de voir très loin. On lui retirait son pilier de soutien, le seul qu'elle avait en ces terres reculées, pour ne la laisser pourrir que dans une cellule malpropre. Elle fut déshabillée, les bras étirées et enchaînées en l'air, les jambes de même au sol, et on couvrit son corps nu presque intégralement de bandes imprégnées de magie. Le tout se fit dans un silence singulier, car ceci fut la plus grande descente de Léto dans le cauchemar le plus craint de ses semblables. Je suis faible, je suis faible, je suis faible, je suis faible.


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MessageSujet: Re: La venu de la Bête... | PV: Léto [-18]   Sam 07 Mar 2015, 19:25



Lorsque je repris mes esprits, ma tête me faisait un mal de chien. Je sentais le sang sec sur mon visage qui me tirait la peau, et je bougeai à peine que déjà deux soldats me mirent à genoux. Un souvenir, un mirage peut-être… j’avais pris un coup sur la tête, peut-être était-ce la raison de cette hallucination. Mes yeux étaient vide, tout mon corps l’était à cet instant, je n’arrivais plus à penser, si ce n’était que j’avais l’impression d’un retour en arrière indéfinissable. « Étonné ? » murmura-t-elle d’une voix cristalline. « Pas vraiment… » Finis-je par dire après un long silence. S’approchant de moi, j’essayai de me lever en fronçant des sourcils, mais l’un des gardes appuya fermement sa main sur mon épaule pour que je reste plus bas qu’elle, là où était ma place, comme avant. Je serai des dents, ne daignant pas la regarder, mais elle prit mon visage entre ses doigts et leva mon menton : « Mort, voilà ce que tu devrais être… mais j’ai décidé qu’il en serait autrement… il y a mille morts bien pires que celle du corps Aëran ». Un grognement sortit de mon ventre, d’entre mes lèvres et de mes narines. Elle seule savait à quel point le monstre qui m’habitait pouvait à tout moment resurgir, et c’est lui qu’elle provoquait, le monstre qu’elle aimait tant. « Amenez-le. Je veux qu’il voit, je veux qu’il souffre. »

Me débattant, je t’entai de me défaire des bras de mes assaillants, j'étais fou de rage, assaillis par tant de sentiments incompréhensibles, je tendis mon cou pour arracher un morceau de chair à l’un des soldats qui recula. De ma main libre, je crevai les yeux de l’autre. Que peut-on faire à un homme qui n’a que la Liberté pour le guider et qui serait prêt à tout pour sauver sa belle ? Le corps n’a pas d’importance, seuls l’instinct, ce sentiment d’insoumission, et celui du désir à de l’importance. Maintenant, je voulais la voir morte, comme autrefois lorsque j’avais voulu y croire. Elina souriait, j’avais beau la frapper, l’éviter, la poignarder, rien n’y faisait… elle aimait cet homme sans peur, cet homme guider par sa lame et sa colère. Je ne saurais surement jamais pourquoi, mais un bref instant je crus l’avoir aimé un jour. Une nuit, peut être bien un matin… cela m’avait parcouru l’esprit un bref instant, aussitôt envolé, mais je pouvais voir que mes gestes aussi bien remplie de rage, étaient aussi plein de passion. Comment pouvait-on croire que le fait de haïr une personne pouvait être aussi proche de l’amour ? Qui avait-elle était pour moi et qui était-elle aujourd’hui ? Je la sentis soudainement faiblir, fronçant machinalement des sourcils à chaque échange de coups.

La porte s’ouvrit brutalement, grinçant au passage. Détournant la tête, je restai sans bouger un instant à la vue de cette petite fille appelant sa mère : « non… » Murmurais-je avant qu’Elina ne décide de frapper une dernière fois. Ma tête vacilla sur le côté, et la scène devint floue. Je vis Elina frapper du revers de la main sa fille, lui criant de retourner dans ses appartements. Une Alfar, une petite fille Afar…

« Je commence déjà à me lasser… » Murmurais-je en me réveillant dans une pièce séparée par des barreaux. Secouant la tête, je pus voir que Léto était en face de moi, enchainée et dénudée, où seuls quelques rubans cachaient son corps. Je me remis alors à grogner, ne comprenant moi-même pas mon état. J’étais rongé de l’intérieur, comme si finalement quelque chose voulait en sortir. Une rage sans limites. « Léto ? Tu m’entends ? » Finis-je par dire, ma voix résonnant comme un écho. « Tu auras bien le temps de lui dire tout ce que tu regrettes ou tous tes mensonges plus tard » j’arpentais alors la cage dans laquelle nous étions, au-delà des barreaux, je pouvais reconnaitre la chambre d’Elina, ses appartements. Je regardais alors plus intensément, cherchant la trace de la petite fille vue tout à l’heure. Elina soupira : « Mozaga… » Elle s’approchait alors des barreaux et y posa sa main : « Ta fille s’appelle Mozaga. » Elle tournait déjà les talons, ignorants mes plaintes. « Espèce de… » Lâchais-je en serrant des dents et en tirant sur la chaîne. À première vue, elle devait avoir 10 ans… avec le décalage du temps entre les lieux, elle avait dû être fécondée lors de mon viol, lors de ma première fois. Elle était en quelque sorte le fruit de ce viol. Ce n’était pas qu’elle avait une grande importance à mes yeux, mais au fond, elle était de mon sang.

Tournant la tête vers Léto, je la contemplai. Les plaies, la salissure apportée lors du voyage… malgré cela, je la trouvais toujours aussi belle. Un garde vint alors m’apporter à manger et à boire. Dans mon cas, seul un pied était attaché, et le garde ne se risqua pas à entrer dans la cage au fauve. Il fit glisser le plateau en fer
: « et Léto ? » fis-je en fronçant des sourcils. « Elina tient à ce que tu restes en vie pour le moment ». Il ne répondit bien évidemment qu’à moitié, s’empressant de partir.

De là où j’étais, et en tirant férocement sur ma chaîne, j’arrivais à toucher Léto à travers les barreaux de la cage en pierre et en fer qui nous séparait. Je pris alors le morceau de pain, et tira jusqu’à m’en faire saigner le pied : « Mange » ordonnais-je en tendant le bras. « Tu auras besoin de force pour a suite ». Dans ma tête, je me demandais bien de quelle suite je parlais… mais n’était-elle pas logique ? En réalité, la seule question que je me posais était : pourquoi ? J’avais fui cette institution en étant sûre qu’ils me tueraient s’ils me retrouvaient… mais à la place, je me retrouvais ici, vivant… et de quel mort pouvait-elle bien parler ? Pour le moment, j’avais une brève idée de cette mort, mais je ne voulais pas y penser. Je soupirais en baissant la tête, celle-ci contre les barreaux froids : « Peut-être n’aurais-je pas dû tenter cette histoire avec toi, c’était puéril de croire que j’y avais le droit… »

Quelle que soit la fin de cette réalité, elle ne serait certainement pas heureuse. Allons-nous tous les deux mourir, Léto le corps meurtri, et moi morts dans mon corps, vide, désirant de mourir sans en avoir le droit… qui sait ? Il n’existe ici-bas, que peu de fin heureuse. Relevant la tête, mes doigts lâchèrent le morceau de pain. Mes doigts caressèrent sa joue, un peu comme si finalement, jamais je ne pourrais plus la toucher… « Je t’aime », murmurais-je simplement.  
   
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MessageSujet: Re: La venu de la Bête... | PV: Léto [-18]   Sam 14 Mar 2015, 22:05

Le plus surprenant, ce n'était pas qu'elle ne ressente rien, c'est que ça ne lui fasse rien. Le fait que Léto soit habituée aux chaînes était compréhensible, rien que par le fait qu'on la connaissait pour s'en traîner une gaiement. Mais que d'autres chaînes que la sienne l'entravent et lui interdissent le moindre mouvement… ça ne lui faisait rien, tout bonnement. Evidemment que ça l'empêchait d'aller bien loin, mais elle commençait à se dire que la peur qui l'avait rendue muette tantôt n'était que le fruit d'une brume trop épaisse. Elle ne connaissait rien de la souffrance des orishas, du véritable poids du fer et de l'esclavage ; et maintenant qu'elle y était au fait, elle se sentait aveugle et déçue. Aveugle car elle ne percevait pas cette douleur tant décrite par les anciens enchaînés profitant actuellement de la liberté de Mégido. Déçue car on ne lui permettait pas, encore une fois, de se sentir proche des siens, de découvrir ce qu'est la vraie Liberté après se l'être faite confisquer. L'envie était un terrible péché, mais ce n'était pas de sa faute si rien n'y faisait…

L'Orisha – si on peut encore la nommer ainsi tellement elle en doutait à présent – sentit toutefois que les bandes noircies n'avaient pas qu'unique utilité de masquer sa pudeur. Le moindre mouvement, même libre, lui était interdit : le "vêtement" se resserrait sur sa peau, de plus en plus à chaque lutte. Léto avait d'ailleurs tant forcé sur son bras gauche que ce dernier se mit à saigner au niveau de l'articulation de l'épaule, la bande concernée ayant rongé l'épiderme et grignoté une partie du derme. La parole lui était également ôtée en conséquence, un mot demanderait du mouvement après tout… La blonde resta de marbre pour l'instant, sa frustration était telle qu'elle ne comptait plus se donner la peine dans l'état actuelle des choses. Rien dans son environnement n'attira son attention, elle se contenta juste de rester là, à se morfondre sur son sang ingrat.

Et puis elle entendit sa voix. La blonde se sentait tellement déconnectée de son univers qu'elle n'avait même pas remarqué la venue de son amant. Elle leva légèrement la tête en sa direction, les bandes la punissant d'une étreinte passionnelle, à la limite de broyer son crâne. Je t'entends, Juishi. Voulut-elle répondre, mais comment faire avec ces contraintes ? La jeune femme ne pouvait guère se permettre de finir en morceaux devant lui. L'emprisonnement et l'enchaînement en lui-même ne lui faisaient rien, mais la menace agissait pleinement sur elle, quant à la torture elle s'en accommodait moyennement. Elle était davantage préoccupée par Aëran, troublée à la mention de sa fille. Elle ne l'avait jamais imaginé en tant que père, pas plus qu'elle ne s'était elle-même imaginée mère. Mozaga n'était pourtant pas leur enfant, elle l'aurait su quand même. Cette perspective lui trotta longuement la tête, trop longtemps au final. Elle se "réveilla" lorsque la main d'Aëran la toucha.

Le contact lui fit tournoyer le regard en sa direction, l'unique rotation que les bandages ne pouvaient lui interdire. Il allait bien, un peu amoché par rapport à tout à l'heure du moins. Elle n'aimait pas le voir dans cet état, elle le préférait largement propre sur soi, en bonne santé et la langue léchant le sang de la blonde, dégoulinant de ses lèvres. C'était un peu étrange de penser à ces moments de passion dans un tel endroit, Léto ne se sentait définitivement pas à sa place. Une Sùlfr ne connait pas les prisons et ne daigne guère s'habituer à la froideur des lieux. Instinctivement, elle obéit au conseil de l'alfar, croquant dans la mie rassie. Bien entendu, le tissu se resserra sur sa mâchoire mais elle en avait cure ; tant qu'elle n'allait pas trop vite, c'était supportable, bien que les gémissements plaintifs n'aident pas à assurer sa trempe. Elle voulut s'arrêter très vite, mais Aëran avait choisi le bon mot : "force", ce qui manquait cruellement à l'Orisha. Alors elle continua, encore, jusqu'à cesser totalement l'effort lorsqu'il avoua ses sentiments.

Léto se montra énormément surprise. Oui, elle appréciait beaucoup Aëran et savait que c'était réciproque, mais voilà la confirmation qu'elle attendait depuis longtemps. De sa bouche, elle sut maintenant qu'elle avait non pas affaire à un homme qui la désirait, mais à un homme qui l'aimait. L'amour n'est pas un sentiment qu'elle a expérimenté au cours de sa vie – hormis l'amour familial bien sûr – ainsi était-elle indécise quant à l'égard de l'alfar depuis le début de leur relation. L'appeler "mon amour" en orisha n'aidait pas assez à s'y faire, elle avait besoin de lui, de l'entendre dire. Et c'était chose faite, la flammèche intérieure fut attisée en une flamme dévorante. Les liens n'aidant pas à partager tous ses sentiments, elle ne put que le fixer droit dans les yeux, quelque peu larmoyante, et penser très fort à son discours passionnel. Ce n'était pas puéril, je t'ai laissé le droit de peindre cette histoire avec moi. Tu avais beau me dire que tu serais incontrôlable, que je ne supporterais pas la douleur, je te voulais, j'espérais au plus profond de moi que tu m'acceptes comme je suis, et tu l'as fait. Savoir que ma chair est en toi, que mon sang se mêle au tien, c'est la plus belle chose que je puisse rêver, et je ne compte pas te lâcher, je resterai attaché à toi jusqu'à la fin des temps. Qu'importe ce qui nous arrive, qu'importe les autres, qu'importe tout ! M'abandonne pas, Aëran, je t'en supplie, ne te laisse pas abattre, ne pense pas à t'éloigner, reste avec moi. Je t'aime.

" Je t'… t'aime… " Les quelques bandes sur son visage se rétractèrent si puissamment qu'elle avait l'impression que ses globes oculaires allaient partir d'un coup sec, on entendait toutefois un bon craquement d'os sur le coup ; mais lequel, ça, elle-même l'ignorait tellement elle était concentrée sur son amour.

Étant donné que le romantisme ne se prêtait pas à la situation, Elina crut bon de gâcher le moment en resserrant magiquement l'intégralité des bandes sur le corps de Léto. Cette dernière se courba sur elle-même, serrant des dents aussi fort que la douleur le permettait. Elle n'avait même pas à se retenir de crier, ce n'était que peu devant les souffrances qu'elle avait enduré ; pour rappel, la blonde se faisait dévoré par l'alfar ici présent. Mais la vampire ne pouvait le deviner, se contentant de se délecter de sa propre manœuvre. Elle jeta un regard avenant à Aëran, le sourire toujours aussi rougeoyant.

" Je ne permettrais pas ces égarements chez moi. Elle parle beaucoup pour une esclave enchaînée, es-tu incapable de dompter une orisha ? Elle resserra un peu plus son emprise sur sa victime. Laisse-moi te montrer. " Et le sortilège prit brusquement fin, tout comme son sourire.

Léto, dans un mouvement rebelle, s'était suffisamment bien balancée pour cogner sa tête contre les barreaux de la cage. La proximité de l'attaque avait fait reculer la vampire, en plus de risquer de tomber à la renverse. Le front de l'Orisha se coloria d'un bleu-ecchymose, de manière originale. Son regard hétérochrome fixa sa tortionnaire, ce n'était qu'un avertissement. Quant à Elina, elle savait ce qu'il lui restait à faire pour détruire la femme apportant un baume au cœur l'alfar.


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MessageSujet: Re: La venu de la Bête... | PV: Léto [-18]   Jeu 26 Mar 2015, 15:44




Mes doigts étaient crispés sur les barreaux, et je tirai inlassablement sur la chaîne qui me retenait prisonnier. Un geste, un mot de cette femme me donnait envie de la dévorer vivante. Ma mâchoire était serrée, mes yeux emplis d’une haine sans frontière. « Je vais te tuer… je vais te tuer… » Répétais-je inlassablement, faible et balançant la tête de droite à gauche. « Vraiment ? » dit-elle en reprenant ses esprits après l’attaque de Léto : « Ce n’est pas ce que tu as tenté de faire il y a des années ? » sa voix était soudainement devenue profonde, ses yeux eux, accusateurs : « Fuir, pour me laisser morte ». Mon histoire se déroulait sous les yeux de Léto, impuissant. Deux mots de ma belle venaient de me rendre piteux, et le simple fait que nous soyons séparés me mettait hors de moi. J’avais pourtant encore le contrôle, mais mes membres tremblaient de colère, et lorsqu’Elina s’approcha de ma cage, il n’en fallut pas plus pour que je me précipite sur mes barreaux comme un fauve. Elle recula sans vraiment être surprise, et toute arrogance semblait l’avoir quitté.

Je n’oubliais pas que sous ses grands airs, c’était une femme blessée, et si elle pensait avoir le contrôle autrefois, elle savait maintenant qu’elle venait de le perdre, car j’avais trouvé un autre support… que j’avais cette fois choisi. De plus, je n’étais plus un enfant, j’avais du désir, j’avais des sentiments à offrir, et j’avais tout donné à Léto, la laissant en arrière. Son expression changea en une grimace de dégout, ou de déception. La réalité était, s’en doute dur à avaler, c’était aussi compliquer de ce dire que finalement, nous n’avons jamais entièrement le contrôle. Arrachant les clefs à l’homme qui gardait la porte, elle ouvrit précipitamment la porte de la cage. Entre temps, j’avais reculé de quelques pas, grognant presque. L’homme écarquillait les yeux, s’attendant à une exécution, il en était tout autre.

Elina retroussa ses lèvres, montrant ses dents et rapidement de moi. Me prenant par le cou, et me soulevant presque, elle me plaquait contre le mur. Je balançais un coup de genou dans son flanc droit, la faisant lâcher prise, et une bataille commença entre elle et moi. Mes dents arrachaient la peau de la Vampire et elle plantait ses crocs si forts que les veines de mon front étaient gonflées. Ce fut après quelques minutes qu’elle attrapa de ses deux mains mes cheveux pour tenir fermement ma tête, et la frapper répétitivement sur le sol. Elle criait de rage, mais n’utilisa pas toute sa force… dans le cas contraire, surement serais-je mort à l’heure qu’il est. Bougeant difficilement, je l’entendis refermer la porte. Mon corps était recouvert de sang, surement pas que du mien, et j’étais parsemé de troue ou le sang continuai de ruisseler. Je n’avais jamais eu l’avantage sur elle, surement n’en avais-je pas la force mentale. Surement aussi parce que j’avais le contrôle de moi, surement parce que ma survie n’était pas encore remise en question, celui qui contenait ma rage n’était pas encore là. Pourtant, je le sentais. Il s’éveillait, se réveillait au fond de moi. Mon intégrité n’était pas encore en danger, mais il regardait de loin, attendant que je l’autorise à venir me sauver.

Me relevant avec peine, je m’approchai de la porte. Je crachai du sang qui semblait venir de mon nez, et tout de suite le garde vint voir, car sa mission était de me garder ici, mais aussi de me maintenir en vie pour le moment. Sans plus attendre, je l’attrapai par le col avant de coller son visage entre deux barreaux. Je déchirai sa joue, arrachai sa langue quand sa bouche s’ouvrit, pour ne pas ameuter les autres, puis lui brisa le bras avant de lui piquer les clefs. En sortant, je bloquais alors la porte de l’appartenant d’Elina, pour la simple et bonne raison que nous ne pouvions nous échapper ainsi. D’ailleurs, je sentais que bientôt nous changerions d’endroit, un lieu plus sombre et plus humide, où les rats se nourrissent de cadavres et où les seuls bruits sont ceux des victimes. Regardant un instant le soldat, je vis qu’il s’était étouffé avec l’hémorragie de sa langue.  

Ouvrant la cage de Léto, je m’approchais vivement d’elle. Touchant les bandes qui meurtrissaient son corps, je tentai de tirer dessus, ce qui les resserra. Grognant, je me mis à les arracher avec mes dents, commençant par les limer avec mes canines, puis les déchirant d’un coup sec de la tête. Je contemplai un instant Léto qui était maintenant dégagé de ses liens. Rapidement, je fermais la cage dans laquelle nous nous trouvions, puis libérai les jambes de Léto. J’étais un peu hors de moi, un peu hors du temps. Je ne savais pas si demain nous serions toujours en vie, si nous devions mourir en essayant de fuir… j’étais totalement perdu. Mes mains touchaient son ventre, ses cuisses… avant de souffler : que faisais-je exactement ?
« Ce n’est pas vraiment le moment… » Murmurais-je pour moi-même. Détachant maintenant ses bras, je passais mon bras sous son épaule pour l’aider à reprendre son équilibre.

Je me laisser alors choir contre le mur, jetant les clefs par terre
: « Bien, nous voilà coincé maintenant… Si tu as une idée de génie, c’est le moment… »


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MessageSujet: Re: La venu de la Bête... | PV: Léto [-18]   Dim 05 Avr 2015, 14:48

Je vais la tuer. L'œil rubis de Léto n'aura jamais été aussi rougeoyant en fixant cette femme. Elle n'a jamais vécu une telle envie de meurtre depuis la fois où ce pirate l'avait malmenée. D'ordinaire, elle n'était pas friande de tuer, elle ne le faisait que par nécessité. Mais cette vampire, elle serait capable de la faire souffrir longuement, très longuement, avant de brusquement lui donner le coup de grâce. Elle a fait souffrir des enfants, des hommes et des femmes innocents, son Aëran… L'Orisha n'avait aucune raison de se retenir, en plus c'est bien ce que cette vampiresse lui faisait subir, autant lui rendre la monnaie de sa pièce !

Mais pas pour l'instant, là c'était Aëran qui s'en chargeait frénétiquement. Son amant reprenait du poil de la bête littéralement, elle pouvait ressentir sa colère sans même poser son regard sur lui. Ces deux là avaient un long et lourd passif, une trace de l'histoire que Léto ne pouvait effacer dans le cœur de l'alfar. Ce qu'elle pouvait néanmoins tenter, c'est d'y mettre sa patte, de repeindre cette toile pour qu'elle siée davantage à leur couple. Ils devaient agir de concert pour atteindre cet idéal, mais leur séparation compliquait la tâche… Encore plus lorsqu'Elina s'en prit à l'alfar, sans que l'Orisha ne puisse faire quoique ce soit que regarder l'agression avec dédain. Son émail grinça sous la scène qui se déroulait juste à côté d'elle, elle grogna en entendant les hurlements de son amoureux. Autrefois, sa stupidité l'aurait menée à sa perte, elle aurait lutté vainement contre les entraves jusqu'à être vidé totalement de son sang ; ou pire, déchiquetée en morceaux. Son expérience avait fini par garnir ses neurones, lui évitant un acte insensé. Cependant, l'intelligence, bien que moindre, ne suffirait pas à remporter ce combat, elle avait besoin de force, encore plus de force.

Dans l'état actuel des choses, Léto ne daignait guère faire grand-chose. Seule l'attaque soudaine d'Aëran la fit sortir de ses demi-songes, ravie de le retrouver intact dans sa barbarie qui le caractérisait tant. Elle lorgna le sang dégoulinant par terre, elle en avait besoin pour retrouver ses forces ; cela l'étonnerait qu'il y ait de quoi les soigner dans cette pièce. Panser ses plaies, la blonde en avait terriblement besoin, encore plus lorsque l'elfe noir s'acharna sur ses liens. Elle serra des dents, cette torture était interminable, elle ne pouvait pas aimer ça, pas de la part de la femme qui a hanté l'esprit d'Aëran. Penser à cette catin lui épargna quelques secondes la douleur, jusqu'à la libération totale. Elle tomba à quatre pattes par terre, les mains et pieds toujours liés, mais au moins dégagés des entraves initiales. L'enchantement ne semblait plus faire effet, ainsi se risqua-t-elle à bouger, sans succès. Elle dut attendre qu'Aëran libère ses jambes avant de pouvoir se relever difficilement. Ce qui la surprit néanmoins, ce sont les soudains gestes de son beau, les mains de l'alfar se baladaient sur son ventre et ses cuisses, comme s'il n'attendait plus que ça. Les yeux vairons de Léto le dardèrent, elle avait mal pour lui, son empathie à son égard lui brouillait les idées. Elle secoua la tête, ce n'était pas encore le moment de se laisser influencer par l'émotion. La blonde se laissa relever par le jeune homme, avant que la clé de leur liberté ne se glisse entre les barreaux, plus loin.

" Aide-moi… " Elle tendit la main vers le verrou de la cage, elle avait besoin de l'atteindre.

Lorsque ce fut fait, ses doigts effleurèrent le fer, se resserrèrent sur lui. Léto puisa dans ses piètres ressources pour user de son lien du destin, ce qui crocheta magiquement la serrure, la porte s'ouvrit sur le coup. Les orishas pouvaient détruire n'importe quel verrou, tant qu'ils en avaient la force et le courage. Ces critères, c'étaient Aëran qui les lui insufflait, seule elle serait restée abattue… Sortir de la cage n'était qu'un petit pas, bien trop insignifiant devant l'ampleur du danger à venir.

Concrètement, ils étaient clairement cernés de toute part. Aëran avait bloqué la sortie, il connaissait cette bâtisse mieux qu'elle, il a dû se résoudre à l'abandon. Léto détestait le voir comme ça, c'était à elle de faire quelque chose pour qu'il reprenne le flambeau. Elle ferma les yeux et les rouvrit pour voir à travers les murs, usant de sa vision d'aigle pour augmenter la portée de sa vue. Il y avait des gardes, partout, et des esclaves, partout. Cette initiative prit fin rapidement, elle n'avait définitivement plus de force et un mal de crâne insupportable la lancinait, l'empêchant de réfléchir correctement.

" Le… sang… " Souffla-t-elle, tendant sa main cette fois vers le cadavre du garde.

Elle alla, cette fois, elle-même vers la source. La gorge du macchabé en avait à ras-bord, du liquide de la vie. C'était amplement suffisant pour recouvrer ses forces, et celles d'Aëran. Un très mince sourire se dessina sur ses lèvres, ce serait la première fois que l'alfar verrait l'Orisha s'adonner à ce genre de rituel. Peut-être se sentirait même plus proche d'elle après ça… La blonde ne tarda pas, le temps leur était compté : elle plongea ses doigts dans la bouche du cadavre, récoltant le maximum de sang. Elle étala le liquide visqueux sur ses joues, son front, son menton, quelque peu sur ses lèvres, l'arête de son nez, ses tempes. Le bain de sang commençait à faire effet, elle sentit sa forme revenir peu à peu, et l'alfar devait ressentir également cette nouvelle force animer son corps. Mais ce n'était pas suffisant, il lui en fallait plus, et Aëran aussi. Elle l'invita à s'assoir à côté d'elle, elle le prit sous son bras, serrant sa tête sur son épaule ; plus il sera proche, plus ce sera rapide. De même, elle cacha qu'elle avait besoin de lui, après ce qu'ils venaient de se dire. Elle en reprit et tâcha ses bras, ses jambes, rapidement son cou et sa nuque, le sang ruissela le long de sa colonne vertébrale. Elle finit par être toute rouge avec ces nombreuses marques sanguinaires, elle posa sa joue sur la chevelure blanche de son prince charmant – cette dernière vira légèrement rougeâtre par le contact – et le serra plus fort contre elle. Cela l'amusait de le tenir ainsi, en position de force. C'était rare, mais appréciable, après tout l'alfar appréciait son côté androgyne.

Les idées de Léto redevinrent plus sérieuses maintenant qu'elle avait retrouvé sa force. Ils étaient coincés et on reviendra les chercher, c'était inévitable. Si l'idée que cette vampire revienne pour qu'elle lui brise les crocs la séduisait, la blonde savait qu'ils ne feront pas le poids, vu qu'elle avait l'avantage du terrain et qu'elle ne reviendra sûrement pas seule. Son regard hétérochrome balaya la lugubre pièce, s'arrêtant sur le lit d'Elina. Elle repensa subitement à l'envie soudaine de son amoureux tantôt. Ce n'est pas vraiment le moment. Se rappela-t-elle. Et pourtant, était-ce si terrible ? Léto n'était d'ordinaire pas pessimiste, mais il va s'en dire qu'apprendre son état de paria lui avait quelque peu assombri son humeur. Elle l'aimait, elle ne voulait pas mourir comme ça, pas sans l'avoir fait une dernière fois, juste une dernière. Même un baiser suffirait, quelques mots doux et un regard attendri. Toutefois, Léto en voulait plus et Aëran aussi ; ils avaient le lit de leur Némésis à portée de main et encore assez de temps pour en profiter pour le souiller, un ultime affront à cette femme qui a violé l'alfar et briser l'Orisha. Oh que oui, la provocation était tellement alléchante et le désespoir tellement puissant qu'elle ne pouvait que s'y livrer. Ainsi ne lâcha-t-elle pas son amoureux, se dirigeant avec lui vers le lit, elle le plaqua dessus. Quelques gouttes de sang dégoulinèrent sur les draps écarlates, se mêlant à celui-ci merveilleusement. Elle l'enfourcha pour affirmer sa position, tout en lui insufflant de l'énergie, une manière de l'obliger à reprendre conscience.

" Aëran. C'était bizarre de retrouver une intonation convenable, mais ô combien apprécié. J'ai peur, on… on ne peut pas sortir, ils nous trouveront et on nous séparera, encore. Je ne veux pas te perdre, s'il te plait, reste avec moi. Même si on doit mourir, faisons-le ensemble. Je t'aime. Des perles larmoyantes se dessinèrent sous ses pupilles éclatantes, elle surmonta l'épreuve pour ne pas céder aux larmes, pas tout de suite. Viens. Dit-elle en lui bisoutant la commissure des lèvres, effleurant son corps tâché avec le sien. Défions-la. Elle prit son visage à deux mains, ses doigts caressèrent rudement celui-ci, et le darda dans les yeux. Ensemble. " Léto y allait fort, mais elle le voulait, il la voulait. Elle pouvait autant être douce que brusque avec lui, c'est un trait qu'elle adorait chez lui… Mais plus que du désir, c'était une détresse qu'elle exprimait, une envie de profiter des derniers instants pour nourrir leur amour quelques minutes, jusqu'au bout et sans se préoccuper du reste.


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MessageSujet: Re: La venu de la Bête... | PV: Léto [-18]   Jeu 30 Avr 2015, 20:57



L’esclavage, le supplice de cette attente interminable : qu’allions-nous devenir ? Et surtout, comment se sortir d’ici ? Mes sens étaient brouillés, autant que mon esprit. J’étais l’enfant d’autrefois, recroquevillé dans un coin, mordant la main de mon maître à chaque fois que j’en avais la possibilité. Je n’osai même pas regarder Léto, l’aidant à marcher jusqu’au verrou et détournant la tête de celle que j’avais entrainée dans ma chute. Je sombrais peu à peu, laissant la place à quelque chose que je n’avais pas ressenti depuis longtemps. Ce sentiment de vide, accompagné d’une pointe de rage, de haine envers tous. Temis me l’a pourtant mainte fois répété : si tu l’aimes, ne laisse pas cette chose te posséder, mais que puis-je faire d’autre ? Je ne désire pas la voir souffrir, je ne veux pas la voir morte, je voudrais juste ne jamais l’avoir connu.

Léto prit alors le sang du cadavre sous mes yeux, s’en imprégnant, le laissant couler sur sa peau, et je fus stupéfait de la voir reprendre des forces, tandis que mon corps, à son tour, reprenait sa vitalité. À genoux près d’elle, elle mit son bras autour de mon cou, et me rapprochant d’elle, je pus sentir cette odeur si caractéristique de ce sang, qui était encore dans ma bouche. Sa joue tacha mes cheveux qui se collèrent entre eux, et je la laissai finir ce qu’elle avait commencé. Je n’avais jamais vu cette facette de Léto, jamais je n’aurais pu imaginer ce  lien si étroit avec le sang, elle qui était terrorisée par les armes la première fois que je l’avais vu. Je souris un instant, nous allions très bien ensemble.

Alors que son emprise était de plus en plus forte, elle me fit me lever, ne me lâchant pas, et me poussa sur le lit d’Elina. Subitement, je me rappelais la douceur de ses draps, et tout le reste aussi. Mes sourcils ne se froncèrent pas, et je ne repoussais pas Léto, mais ma mâchoire se serra. Ses mots, ses phrases me détendirent, mais je n’oubliai pas où nous étions. Mes mains caressèrent ses cuisses : « la défier… » Murmurais-je en souriant : « J’ai un enfant avec elle, il va falloir faire mieux… » Lâchais-je dans un ultime affront, avant d’agripper ses jambes et de la retourner, me retrouvant dans la position dominante. Me relevant, j’enlevai mes vêtements tachés de sang, avant de retourner vers Léto. Son odeur avait disparu sous les couches de sang, et je passai ma langue sur son cou tout en la mordant pour voir réapparaitre sa peau, puis cette odeur dont je ne me lasserais jamais. Ma peau s’imprégna elle aussi du sang du soldat, tachant à mon tour les draps de satin du Vampire. C’était une drôle de situation, insensé peut être, mais je désirai plus que tout célébrer la vie, dans ce climat de mort. Mes mains caressèrent sa peau, enlevant au passage le sang qui avait séché. Mon corps se crispa, ma respiration devenait peu à peu irrégulière. Devenant alors totalement vulnérable, la fierté m’abandonna pour laisser place aux larmes. Mon front tentait de rester en contact avec celui de Léto, laissant de côté cette bête qui ne demandait qu’à déchirer sa chair. Glissant dans son cou, je la mordis, avant de remonter vers son oreille. Le contact de nos corps se faisait telle une caresse, et je voulais que cela ne s’arrête jamais. Les larmes salées firent un sillon sur mes joues pleines de sang sec, mais aucun son ne sortit d’entre mes lèvres, si ce n’était une respiration maintenant saccadée. Mes doigts s’enfoncèrent alors dans les draps, tandis que de mon autre main, je maintenais Léto par les cheveux. Ce fut lorsque mon corps se tendit à ne plus pouvoir résister, que mes dents s’enfoncèrent dans son épaule, étouffant un râle rauque. Me laissant choir contre elle, ce fut quelques instants après que je me sentis tirer en arrière.

Mes yeux s’ouvrir rapidement, et mon corps repris de l’aplomb, assez pour briser le cou de celui qui me tenait par les épaules
: « Maintenez-les ! » Cria Elina, agrippant sa robe rouge à s’en briser les doigts, tandis que mes sourcils se froncèrent. Deux hommes m’agrippèrent, me donnant des coups de poing dans le ventre, puis au visage. Lorsqu’ils me relevèrent, Elina me donna une si grande gifle, que ma tête vacilla un instant : « Comment… comment oses-tu ! » brailla-t-elle en me donnant de multiples coups : « Tu mériterais que je te tue, tout de suite ! » me cria-t-elle sans ménagement. Un sourire s’étira sur mes lèvres : « Fais ce que tu veux, mais quoi que tu fasses, je resterai toujours celui que tu n’as jamais eu ». Ce n’était pas une question d’amour, parce qu’Elina ne pouvait surement pas donner son cœur à qui que ce soit, mais plutôt une forme de fierté, et j’étais celui qui la rendait la moins fière d’elle-même. Elle m’attrapa le visage d’une main, le relevant : « Tu te laisses aller, sale chien » lâcha-t-elle en remarquant les traces dans le sang sec. Ce surnom, celui que je croyais ne plus entendre… « Emmenez-le ! » Me débattant, je me fis trainer hors de la chambre. Elle se tourna alors vers Léto, dont le visage fut accablé de coups : « Quant à toi ! » cria-t-elle lorsque qu’elle reprit sa respiration : « Tu mourras, soit en certaine ! Et quels que soient cette chose que tu possèdes, ce trait qui l’a attiré vers toi ! » Elle empoigna ses cheveux pour relever sa tête : « Je ferais en sorte de l’effacer de sa mémoire à tout jamais. » Elle jeta violemment sa tête : « Emmenez là aussi ».

Alors que mes bras étaient attachés, alors que mon corps ne touchait qu’à peine le sol, j’entendais au loin les cris de ceux qui apprenaient la maîtrise de la douleur, ceux qui deviendrait comme moi : des sales chiens de la secte. L’humidité avait formé des petites flaques d’eau, et des champignons, ainsi que de la mousse, jonchaient les murs et le sol. Mon corps nu se mit alors à frissonner, car je savais où j’étais, et ce que cela signifiait. Au fond de moi, la bête commençait déjà à sortir de son sommeil.

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Léto
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MessageSujet: Re: La venu de la Bête... | PV: Léto [-18]   Ven 08 Mai 2015, 16:14

La folie s'emparait peu à peu d'elle, à n'en point douter. Dans un endroit pareil, c'était inévitable. Cependant, ce grain qui grandissait en Léto ne provenait pas d'une démence insufflée par ces tortionnaires, mais bien de son propre chef. Elle se sentait trahie, désespérée, il fallait qu'elle rende le double de ce qu'on venait de lui faire subir, et ce qu'on lui fera probablement encore subir… L'orisha ne pouvait pas y arriver seule, cela ne l'irritait pas d'en prendre conscience ; au contraire, avoir l'alfar à ses côtés était une bénédiction. Mais encore fallait-il qu'il veuille bien l'accompagner dans cette descente aux enfers, qu'il ne soit pas suffisamment brisé au point de ne plus la reconnaître.

Cette peur se dissipa au rythme d'Aëran : ses gestes brusques, ses murmures provocateurs, ses caresses. La blonde se mit à sourire sincèrement depuis leur arrivée dans cette bâtisse. C'était tout simplement lui qu'elle avait au-dessus d'elle, elle le reconnaissait enfin. Avec cette simple constatation, elle oublia tout le reste, jusqu'à leur environnement, se contentant des draps comme berceau de leur amour à toute épreuve. Cela pouvait être dangereux d'ignorer la situation épineuse dans laquelle ils se trouvaient, mais elle n'en avait cure : elle l'aimait et c'était l'occasion ou jamais de le lui prouver. Le corps de l'orisha frétilla au moindre contact de son bien-aimé, sa langue la faisait trembloter comme une feuille, tandis que ses morsures lui arrachèrent quelques rires étouffés. Il n'y avait que lui pour la "violenter" avec le niveau de modération parfait, le juste milieu. En savourant ses attaques, elle repensa à ses mots. Un enfant… Faire mieux… En comprenant malgré elle ses intentions, elle chercha à embrasser fougueusement son cou, tandis qu'il mordillait le sien. Ils avaient l'air de deux bêtes sauvages, certes, mais des bêtes passionnées qui se complétaient à merveilles. Qu'importe le monde, ils avaient leur univers et personne n'avait le droit de le souiller. Tout en se mêlant au sang de la victime et le sien, Léto vit son envie de le dominer s'estomper. Cette fois-là, elle voulait juste être une femme, qui aime son homme et qui est prête à tout lui accorder. Ce sentiment s'intensifia lorsqu'elle remarqua le liquide lacrymal sillonné les joues de son amour. Son lien empathique envers lui dépassa des limites insoupçonnées. Tout en enfonçant ses ongles dans les omoplates de l'alfar, ses lèvres tracèrent leur chemin jusqu'au front de celui-ci lorsqu'il prenait d'assaut son cou, et redescendirent le long de sa joue jusqu'au cou quand il effleurait son oreille. Influencée par cet homme, elle se surprit à passer parfois sa langue sur le sang sec qui recouvrait son corps, même si sa bouche finissait irrémédiablement par laisser un suçon sur la peau d'Aëran. Avec les morsures de l'homme et les succions de la femme, leur corps respectif n'avait jamais été aussi lié qu'auparavant. Elle ne le lâcha pas, elle refusait qu'on le lui arrache, il était à elle. Et la réciproque fut acceptée, lorsqu'elle le sentit la marquer à jamais, elle ferma de concert les yeux. Ce moment là devait être le plus long dans sa tête, le temps semblait s'écouler si lentement depuis la conclusion de leur défi. Dès qu'il se plaqua sur son corps, elle rouvrit les yeux et vit l'image brève d'un homme heureux, lui arrachant des larmes de bonheur. Cette scène restera ancrée dans sa mémoire pour l'éternité, et souhaitait même le contempler encore plus longtemps.

Et la réalité les sépara encore une fois. Léto crut revivre la scène chez Aëran, mais cette fois elle était tirée en même temps que lui, et ils étaient plus nombreux. Même en ayant recouvré ses forces et repris de l'aplomb grâce à son âme-sœur, elle ne fut pas assez rapide pour riposter et se fit mettre à genoux de force avant qu'ils ne s'adonnent à la frapper au visage, encore et encore. Léto ne pouvait même pas chuter pour profiter d'un peu de répit car on la maintenant en place, tout comme elle ne pouvait entendre ce que la vampiresse disait à l'alfar. Elle cracha du sang par terre, elle ne parvenait pas à prononcer le moindre mot. Les atteintes à son visage avaient cessé, pour laisser place aux menaces d'Elina. L'orisha voulait faire n'importe quoi pour la blesser, voire la tuer, mais son corps refusa le moindre effort supplémentaire. Tout ce qu'elle parvint à faire, c'est lui renvoyer la balle dans son camp lorsqu'elle put la fixer avec haine dans les yeux. L'instant d'après, la blonde se vit abandonner tout espoir de sortir d'ici.

Une fois de plus, elle était enfermée dans une cage, mais ce n'était pas la même pièce. On l'avait emmené plus en aval dans les profondeurs, les hurlements étaient plus nets à ce niveau. Sur le trajet, elle se souvint d'avoir sursauté lorsqu'ils longèrent une porte où un cri similaire à celui d'un animal s'en était échappé. Ce son la hantait continuellement depuis. On avait changé ses bandages pour de nouveaux, bloquant une fois de plus sa magie et le moindre mouvement lui était encore interdit au risque se voir les bandes lui dévorer la peau. Léto connaissait déjà ce tour, ce n'était pas une raison pour ne pas lutter… La vampire le savait déjà, elle avait tout prévu. Tu ne me briseras jamais. Pensa-t-elle en la fixant à travers les barreaux. Un sourire carmin lui répondit, avant qu'elle n'entre dans la cage et lui fasse subir d'innombrables tortures.

Même en sachant qu'elle ne devait pas crier, la jeune femme ne pouvait se retenir, resserrant malgré elle les liens magiques sur son corps affaibli. Comment résister au fer rouge qui ronge l'épiderme ? Comment se taire sous l'influence d'un enchantement manipulateur ? Comment rester de marbre aux coups et aux menaces ? Comment ne pas pleurer lorsqu'on insiste sur une plaie déjà ouverte ? Les tortionnaires étaient si pourris, pour imaginer tant de possibilités et d'outils pour faire craquer leur victime. Ce cauchemar n'en finissait plus ; elle ne voulait pas qu'on la libère, juste que ça s'arrête simplement, quitte à passer le reste de sa vie là-dedans. Mais la table était encore remplie d'objets inutilisés et Elina n'avait, à son goût, pas encore les mains suffisamment sales. A force d'y passer, Léto ne cherchait même plus à voir ou comprendre ce qu'on lui faisait subir. Jusqu'au moment où le nouveau tour arriva, le pire selon elle car il réclamait toute sa conscience. On referma sa cage et on y laissa s'y glisser un animal au corps cylindrique, semblable en tout point à un serpent, à l'exception près des centaines de picots qui parcouraient ses écailles. Le reptile s'approcha de sa victime, sans jamais cesser de siffler entre ses crocs.

" Mon petit chéri te plait ? Il est friand de chansonnettes, si tu tiens à sa sympathie. " Léto ne comprit pas ce qu'elle cherchait à accomplir avec ça. Elle ne fit que fixer le serpent qui commença à remonter sa jambe, les picots la titillant lors de la montée, avant d'y enfoncer violemment ses crocs.

La douleur était exagérément puissante ; le reptile sécrétait, en effet, un venin qui accroissait sa sensibilité. L'orisha ne pouvait guère le savoir, hurlant par réflexe et provoquant ainsi les liens à lui ronger davantage la peau. Elle rassembla le plus de forces possibles pour se taire, cela dura assez longtemps avant que le serpent cesse de s'attaquer à sa jambe et s'aventure plus haut. Non, pas mon ventre, pas mon ventre ! Il ne fallait surtout pas qu'on le lui touche, elle y tenait énormément, en tant que mère protectrice.

" Chante, allez, que je t'entende ! Tu sais ce qui se passera sinon ! L'orisha paniqua, dans tous les cas elle était perdante, mais autant souffrir au profit des liens plutôt que laisser l'animal s'en prendre à ce qu'il lui restait d'Aëran.
- Et Elle serra les dents, les effets étaient immédiats, au moindre mot… Elle lutta davantage pour continuer, s'attirant l'attention du serpent qui arrêta son ascension. Et ma voixest ma violence Ses yeux fixèrent toujours le reptile, il ne devait surtout pas bouger. Secheles larmes geleesdu ciel Elle chantait faux, Antarès la guidait pour que cela sonne bien pour son bourreau. Et plus jamaisnous seronssilence Elle se risqua à regarder la vampire, cette dernière se retenait de rire. Avec cettechanson dans nosprunelles Et alors qu'elle était sous la bonne voix, Elina resserra magiquement les liens, la coupant dans son élan et encourageant le reptile à l'attaquer plus loin.
- Chante, chante ! " Elle ria aux éclats, pas assez fort pour couvrir la détresse de l'orisha, bien qu'assez pour montrer sa satisfaction quant à la parfaite agonie de sa victime. Il n'y avait pas de meilleur orchestre que la fanfare des chaînes…


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MessageSujet: Re: La venu de la Bête... | PV: Léto [-18]   Mar 12 Mai 2015, 19:05



Ma tête vacillait de droite à gauche. Mes yeux ne s’étaient pas encore ouverts, refusant certainement de reconnaitre l’endroit où je me trouvais. Les murs avaient beau être épais, j’entendis ces cris d’agonies qui brutalisaient mes nuits lorsque j’étais enfant, ces appels au secours que j’avais tenté d’oublier… jusqu’à aujourd’hui. Je n’ai jamais été bien fort, autant psychologiquement que physiquement, j’avais seulement ce côté sombre qui tentait en vain de survivre, qui m’habitait sans que je puisse le définir ou lui donner un nom, c’est ce qui avait attiré l’attention. Mon ouïe tenta de séparer les bruits, de les isoler des uns des autres, et ce fut ainsi que j’entendis sa voix, ces cris. Je n’avais pas besoin de tendre l’oreille, pas besoin de me concentrer, elle était juste là… à côté de ma cellule. Mes yeux s’ouvrirent et je tirai inlassablement sur mes liens à m’en faire saigner les poignets. « ELINA ! » Hurlais-je pour calmer ma rage : « ELINA JE VAIS TE TUER ! JE VAIS TE TUER, TU M’ENTENDS ? » Ma colère était si intense, si puissante, que je recouvris ma vitalité en un instant. Jouant de mes doigts, donnant des à-coups, les dents serrées, je réussis à me libérer un bras. Mon sang coulait sur ma peau, et je continuai de m’acharner sur cette chair à vif. Lentement, mes yeux se brouillèrent, la haine, la tristesse, l’amour, l’incapacité d’agir, tout cela se mélangeaient, et je n’arrivais pas à tout mettre en ordre. Ma main libre se plaça devant mes yeux, et mon visage se crispa, laissant couler ses perles salées qui n’avaient pas perlé depuis longtemps. J’avais essayé de vivre, en sachant pertinemment que le passé me rattraperait. J’avais essayé, avec ardeur, d’oublier cette étape de ma vie, de me dire que les mauvais jours étaient derrière moi, que même si il fallait toujours resté sur ses gardes, j’étais en sécurité à Drosera, que je pourrais protégé ceux que j’aime… mais au fond, je savais que cela n’avait été qu’un mensonge, un de plus, pour supporter le fait que je ne serai jamais tout à fait libre, et toujours rattaché à cet endroit. Tout était brouillé, tout allait trop vite, je n’arrivais tout simplement pas à suivre.

Les minutes passèrent, puis les heures, toutes plus horribles les unes que les autres. On pensa à me mettre un bas, à m’abreuver, et je me laissais faire sans contester. On ne voulait pas ma mort, on voulait juste me détruire, et il n’y a pas pire que l’imagination pour ça. Je ne savais pas ce qu’il faisait à Léto, je n’entendais que sa voix, et je n’arrivais pas à penser à autre chose, à me libérer de cet attachement. Mes muscles étaient fatigués de lutées, mon bras pendait le long de mon corps, ma tête était face au sol, pendante aussi… Je ne pouvais rien faire, absolument rien. Je n’avais aucun plan, aucune chance, nous étions seuls ici, et on ne pouvait compter sur personne. La lourde porte s’ouvrit alors difficilement, et une enfant y passa sa tête. Elle devait avoir huit ans, elle paraissait sale, les cheveux noirs comme sa mère, et les oreilles pointues comme moi. Je rabaissai la tête, je ne l’avais jamais connu, je n’en avais pas envie, pas la force, pas le courage d’affronter un enfant issu de viols répétés. Elle s’approchait doucement, et me frappa dans le ventre, d’une force d’enfant, mais suffisamment pour que je lui prête attention. Ses yeux étaient remplis de larmes, et sa bouche se déformait pour ravaler ses sanglots
: « C’est toi mon père ?... » dit-elle d’une voix sanglotant, avant de rajouter, ivre de colère et de déception : « JE TE DÉTESTE ! T’ES TROP NUL ! » Ses poings s’étaient serrés, elle semblait vouloir frapper, vouloir se défouler. Elle avait tant espéré qu’on vienne la délivrer, elle avait tant rêvé d’un père à la hauteur, un père que je ne pouvais lui donner au vu des circonstances.

Nos yeux se croisèrent, et de ma main libre, je l’attrapai rapidement par le haut :
« Ne compte pas sur moi pour m’excuser de quoi que ce soit, si j’avais su ton existence, je t’aurais tout aussi bien laissé ici. » Je la relâchai et elle tomba les fesses par terre. C’était la vérité, lorsque j’étais parti, j’avais mis de côté mes sentiments, et ils n’étaient revenus que récemment. Je soufflais, je n’aimais pas cette gamine, mais d’un côté, et sans la connaitre, quelque chose était né à la seconde même où j’avais appris son existence. Je pris alors ces propres mots : « C’est toi qui es nulle, si tu étais digne de ton père, tu ne serais pas resté là, prisonnière à ton sors, attendant que je vienne te chercher. Déjà à ton âge je n’acceptais aucune soumission, ni de ta mère ni de quiconque… alors, relève-toi ! » La petite trembla, et se releva rapidement, « pourquoi tu obéis ? » Lâchais-je désespéré. Elle ne comprenait pas la leçon, où peut être mis prenais-je mal finalement. Si elle restait ici, elle risquait de s’attirer mes foudres, mais pendant un instant, j’en oubliai les cris de Léto qui perçaient les murs, puis j’entendis enfin une chanson. Sa voix, tremblante, qui me perçait de part en part. J’avais l’impression qu’on m’écorchait à vif. Je recommençais alors à tirer sur mes liens, tentant de me libérer entièrement, oubliant l’enfant.

Le noir ne m’avait pas encore enveloppé, que mon corps se laissait déjà aller à son autre. Je ne savais pas comment qualifier cela, je savais juste que j’étais en danger, et que l’on ne se relevait pas d’une mort psychique si facilement. Cet autre avait besoin de moi, autant que j’avais besoin de lui. Pour le moment, je tentais de le retenir autant que je le pouvais, mais déjà mes veines bouillaient, déjà ma tête tournait, et déjà mes cris de rage rejoignirent ceux des autres. La petite fille resta figée, ne fuyant pas, regardant juste son père se battre pour sa survie, mais aussi pour celle qu’il aime.


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