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 Un matin comme les autres ? [Terminé]

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MessageSujet: Un matin comme les autres ? [Terminé]   Un matin comme les autres ? [Terminé] EmptyMar 13 Juil 2010, 19:41

Alors que le soleil commençait à poindre à l'horizon, nimbant le ciel d'étranges couleur oscillant entre le rose et le orange et envahissant peu à peu la ville d'une douce clarté, je me retournai dans mon lit, profitant avec délectation de mes dernières seconde de sommeil. C'est alors que je sentis quelque chose de non identifié me picoter les orteilles de mon pied gauche qui pendouillait hors du lit. Non identifié ? Bien sûr que non, c'était évidemment Kiro qui me mordillait joyeusement pour me forcer à me lever. De toute façon je n'aurais pas pu me rendormir avec ses oiseaux qui gazouillaient gaiement sans vouloir s'arrêter ne serait-ce qu'une seule seconde.
Je me décidai donc à me lever et envoyai valser ma couverture de satin à l'autre bout de ma chambre. Ceci eut l'effet escompté, c'est à dire faire peur à mon chat qui abandonna bien vite mon pied pour se réfugier sous mon lit. Ceci était le rituel de quasiment tous mes matins : à chaque fois je voulais traîner un peu plus longtemps au lit, à chaque fois mon chat m'en empechait, à chaque fois je lui faisait peur pour qu'il me laisse émerger tranquilement, à chaque fois il revenait à la charge peu de temps après, quand je ne m'y attendait pas. Bien sûr au grand jamais nous n'aurions voulu que ce rituel ne cesse car c'était comme un petit jeu entre nous et je prenais un malin plaisir a imaginer toute sorte de moyen de lui faire peur alors que lui trouvait toujours le meilleur moment pour revenir m'embeter.
Donc je me dirigeai vers ma salle de bain et fis ma toilette soigneusement puis vint l'un des moments les plus importants de la journée à mes yeux : le moment de choisir mes vêtements, d'endosser un personnage, de choisir un rôle pour la journée qui s'annoncait. C'était toujours un moment de profond conflit intérieur : pourquoi un vêtement pourquoi pas un autre enfin bref toujours la même rengaine pour, au final, au bout d'un interminable temps de reflexion, choisir enfin ce que j'allait mettre en me forçant à ne plus changer d'avis, sinon on n'y serait encore demain.
Et ce n'était jamais totalement satisfait de mon apparence du jour que je me préparai un petit déjeuner bien copieux, histoire de prendre des forces pour la journée qui débutait toujours par ces même rituels.
Enfin, après un bon petit festin partagé avec mon compagnon de tout les instants et après avoir fait la vaisselle avec résignation, je descendis enfin, quittant mes appartements privés pour arriver dans ma partie préféré de l'atelier : la boutique.
La matinée continua ensuite comme toute les autres. En effet, comme toujours j'ouvris la porte et le volet de la vitrine et retournai la pancarte accroché à la clanche, le côté "Ouvert" face visible.
Ensuite, comme le matin il n'y avait jamais foule, je me rendis dans l'arrière boutique, le sanctuaire de l'atelier et également la pièce la plus vaste, contenant les stocks de tous les tissus que j'avais amasser depuis la réouverture de l'Atelier Shidori, que j'avais acheter un peu partout dans le monde, que j'avais récupéré de mes ancêtres ou encore des tissus que j'avais fait faire spécialement pour moi par des tisseurs de qualité. Mais cette pièce était surtout mon espace de travail, là où toutes les robes et autres de mes créations qui étaient vendus voyaient le jour, de l'esquisse à la confection. On pouvait d'ailleur y trouver l'outil phare de mon travail, mon antique machine à coudre que j'avais retrouvé parmi tous les trésors que contenait le grenier de l'atelier.
Et alors que je m'installai pour poursuivre mon travail de la veille à savoir la confection d'une tunique en lin multicolore qui avait énormément de succés en cet été chaleureux, un tintement de clochette m'avertit que quelqu'un venait d'entrer dans ma boutique.
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Anya Eorgor
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Anya Eorgor
MessageSujet: Re: Un matin comme les autres ? [Terminé]   Un matin comme les autres ? [Terminé] EmptyMar 13 Juil 2010, 20:25

*Plus qu'une journée...*

C'était ce que pensait Jun...plus qu'une journée avant qu'il ne puisse retourner à la lumière, prendre de nouveau le contrôle de son propre corps qui prendrait la place de celui de la sorcière. Le jeune homme était un esprit protécteur plutôt patient mais parfois, il lui arrivait d'en avoir mal des agissements malsains de Mitsuko et de vouloir faire le bien pour contre balancer tout cela. Néanmoins, cela n'était possible que lorsque le charme faisait son effet...c'est à dire trois jours par semaine où l'esprit de la sorcière serait enfermer dans un coin du cerveau de Jun comme il l'était actuellement dans le sien.
Lorsque cet enchantement agirait, il pourrait aller soigner des gens, comme le voulait son métier de médecin, se ballader, prendre soin de l'oeuf d'animal ailé qu'il avait pu obtenir au péril de sa vie dans les terres arides, bref, continuer à vivre son existence.

Mitsuko, elle, cherchait depuis longtemps une sorte de sort pouvant briser cette échange que lui imposait sa descendante mais cela ne semblait pas possible...elle devrait donc, dans vingt quatre heures, voir son corps se métamorphoser en celui d'un homme et l'esprit de ce dernier en prendre le contrôle. C'était navrant parfois, même désespérant que Jun puisse la soumettre à ce genre d'exercice stupide mais elle n'avait pas le choix et de la sorte, elle pourrait penser à tout un tas de chose qu'elle ferait une fois le sort terminé. Même si au début elle avait cherché un antidote, se fondant un peu sur l'exemple de certains Béluas ne contrôlant point leur transformation comme les loups garous par exemple, il s'était avéré qu'il ne s'agissait pas de se phénomène mais d'autre chose...quelque chose de beaucoup plus puissant...enfin, avec le temps, elle s'était fait une raison.

Voilà ce qui animait nos deux protagonistes en ce début de matinée alors qu'ils venaient de se réveiller. La jeune femme se leva doucement, encore enroulée dans ses dras de soie puis, d'un mouvement décidé, se leva de son lit sans aucune grimace, habituelle aux autres personnes le matin. Elle s'étira doucement puis decida de s'habiller, regardant son corps dans la glace qui lui faisait face. Ses cheveux légérement ébouriffés lui donnait un petit air négligé qui avait son charme et elle pouvait sentir que Jun se forçait à ne pas regarder ce reflet aux courbes féminines qui s'imposait presque à lui.
La jeune femme aurait aimé torturé Jun jusqu'à ce qu'il regarde mais elle n'avait pas le temps car elle allait rendre une petite visite à un couturier venant d'une très grande lignée...
Après avoir choisit ses sous-vêtements, elle prit une robe blanche très simple qu'elle serra à la taille avec un ruban noir, noir que l'on retrouva sur les bijoux de la jeune femme fait de perle de cette couleur. Choisissant des chaussures à talon assorties aux bijoux, elle se décida à utiliser une potion qui pourrait la faire voyager jusqu'à l'atelier des Shidoris sur le continent du matin calme, laissant à ses longs cheveux blonds leur aspect ébouriffé.

Elle y fut très rapidement, quelques secondes seulement après avoir bu la potion en question. La jeune femme contempla l'atelier se rémémorant ce qu'elle savait sur cette famille...sa célébre ascendante, la reine Mitsuko, reine de toutes les créatures maléfiques en avait parlé dans plusieurs de ses journaux intimes et la jeune femme qui se trouvait maintenant devant la porte avait fais des recherches complémentaires, ce que son métier de bibliothècaire facilitait. Elle avait d'ailleurs découvert plusieurs mystères qui rodaient autour de cette famille...telle, par exemple, les morts étranges qui l'avait frappé...tout ceci l'intéressait au plus haut point.

C'est donc pour en savoir plus mais également pour voir de ses yeux les talents de couturier décrits par son ascendante et par l'opinion générale il y a de cela des centaines d'années, que la jeune femme entra dans cet atelier.
La porte fit un léger teintement.
Elle savait que le propriétaire des lieux était un magicien mais elle avait hâte de voir de quoi il avait l'air...
Elle pourrait se faire faire une robe...peut-être un costume pour Jun aussi...pourquoi pas?


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MessageSujet: Re: Un matin comme les autres ? [Terminé]   Un matin comme les autres ? [Terminé] EmptyVen 16 Juil 2010, 22:54

Ce petit teintement de cloche, à la fois léger mais également plein de signification m'indiquait qu'une personne venait d'entrer dans la boutique. Aussi cela voulait bien évidemment dire que je devais moi aussi m'y rendre, cessant toute activité en cour pour aller à la rencontre d'une ou d'un client potentiel. C'est donc par obligation en premier lieu mais aussi par curiosité que j'abandonna mon arrière boutique ainsi que ma machine, mes tissus et mes quelques articles en cour de réalisation.
Aujourd'hui le personnage que je m'étais créé pour cette journée était un dandy nonchalent et espiègle. Ainsi m'étais-je habillé assez sobrement mais pas trop quand même car il fallait bien attiré le regard et l'une de mes satisfaction était de me voir observé de haut en bas, l'autre s'arretant sur les moindres détails de mes vetements. Donc j'avais choisi aujourd'hui un pantalon droit assez large au niveau du bassin mais qui se resserrait sur les mollets créant ainsi plein de plis étranges. J'avais choisis d'assortir cela à une chemise très ceintré du même vert emeraude que mes yeux recouverte par une veste toute aussi ceintrée, s'arretant devant à peine à la taille mais derrière, se terminant en une longue queue de pie, si longue qu'elle touchait presque le sol. Enfin les accessoires qui semblaient indispensable pour parfaire mon personnage était le haut de forme noir avec une bande emeraude posé négligemment sur mes cheveux blonds que j'avais volontairement laissé ébourrifés, la cravate noire également qui, déserrée comme je l'avais mise, nourrissait l'aspect nonchalent de mon costume et enfin des bottes en cuir sobres et discrètes mais qui étaient tout de même indispensables. C'est donc dans cet accoutrement que j'avais mis tant de temps à choisir que j'écarta le rideau séparant l'arrière boutique du magasin.
Il était indéniable que la femme que se trouvait à présent devant moi avait du goût. Bien sûr, même si sa petite robe blanche resserrée à la taille par un ruban noir respirait une simplicité et une sobriété non feinte, je me doutais que, comme moi, cette jeune demoiselle, accordait sans l'ombre d'un doute un temps non négligeable à lélaboration de sa tenue et que rien n'était là par hasard. Un parfait exemple avec ses bijoux fait de perles noires, rappelant ainsi la vouleur de la ceinture, apportant égalemment un contraste brutale mais pas pour autant dénué de raffinement avec la blancheur de la robe. De plus le contraste naissait également entre l'extravagance certaine de ses bijoux précieux et ouvragé et la simplicité évidente de sa robe de coton. De plus les petits talons aiguilles assorties au bijoux venaient apporter une dimension féminine qui était accentuée par la poitrine mise en valeur par un décolleté ni trop obscène ni trop prudent. En fait tout dans la tenue de cette jeune femme respirait des contrastes savamment mélangés, des boucles blondes en bataille de sa coiffures à la dentelle de son soutient gorge à peine visble sous la robe blanche, tout évoquait une nonchalence relevé par un brin d'une sensualité un tantinet provocatrice.
Vous pensez sans doute que pour en venir à de telles conclusion je n'ai pas cessé de scotché mon regard indécent sur cette jeune femme, mais ne me croyez pas stupide, un seul petit coup d'oeil discret m'avais suffit et je passais pas ainsi pour un voyeur mal poli et obsène.
En tout cas j'avais apprécié le style vestimentaire ambigu de la jeune femme. Et je me décidai donc à l'aborder, la regardant d'un regard pétillant de mystère et de malice alors que mon attitude général respisrait plutôt une nonchalence amusée.

"Et bien Damoiselle que venez vous cherchez en ces lieux ? Quel écrin serait assez digne pour une telle beauté ?"

C'était pompeux et cela frolait presque le ridicule mais teinté d'une petite nuance de malice voir d'ironie, cela en devenait l'amorce parfaite, collant parfaitement à l'ambiance qui reignait en ce mement même entre nous deux dans la boutique.
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Anya Eorgor
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MessageSujet: Re: Un matin comme les autres ? [Terminé]   Un matin comme les autres ? [Terminé] EmptyMer 21 Juil 2010, 00:36

Mitsuko n'eut pas longtemps à attendre avant qu'un jeune homme apparaisse dans la pièce où elle se trouvait. Même si la jeune femme aimait séduire et gagner en toute circonstance, elle ne faisait néanmoins point partie de ces personnes qui ne savent pas apprécier les qualités de ses adversaires, de ses amants ou de ses amis. Elle trouvait d'ailleurs que les individus qui ne trouvaient que des défauts à autrui étaient d'une inintelligence sans borne.
C'est donc avec une facilité et une analyse plutôt rapide qu'elle se délecta à étudier le jeune homme qui lui faisait face.

Bien sûr, elle savait déjà qu'il était magicien mais elle ne l'avait pas deviné en l'appercevant bien que quelqu'un d'extérieur aurait pu penser que, venant elle même à la base d'une famille de magicien, elle aurait pu reconnaître un des siens facilement. Ce n'était pas le cas car, même si certaines races de créatures telles les sirènes, les anges, les déchus, les elfes ou les vampires ont des caractèristiques physiques spéciales, les magiciens ou même les sorciers n'en faisaient pas partie.
Bref, en tant que bibliothècaire et avide de culture, elle avait parcouru plusieurs ouvrages sur la famille Shidori et donc savait quelques informations utiles comme la race de ses membres depuis des générations.
Elle savait également que c'était le seul Shidori restant et que, visiblement, il n'était pas marié ou autre car la jeune femme l'aurait surement senti...un parfum de femme, une bague, un bijoux ou même une présence féminine dans cette atelier...

Bref, ne nous attardons pas sur ce que la sorcière savait dès le départ. Ce qu'elle apprit en venant dans l'atelier et en appercevant cet homme qui devait avoir à peu près son âge à vu de nez sans que Mitsuko ne puisse en être tout à fait sûre, était qu'il était pour le moins séduisant. Il fallait avouer qu'il n'était pas très grand ni même très costaud comme certaines femmes rêves leur homme idéal, mais cela n'avait pas beaucoup d'importance pour la sorcière. Elle vit qu'il avait les cheveux de la même couleur qu'elle et elle se plu à contempler les yeux verts de celui-ci lorsqu'il la regarda pour la première fois. Ce qui l'attira était l'art qu'avait déployer Orion pour s'abiller. La jeune femme connaissait bien sûr le prénom de l'homme qui lui faisait face, s'étant renseignée auparavant.

Revenons-en aux vêtements. Elle fut réellement impressionée par le costume du magicien qui lui allait à ravir. Elle aimait ce style et visiblement, celui qui lui faisait face jouait le jeu du dandy à la perfection. Ainsi, la jeune femme trouvait qu'elle avait réellement bien fait de venir à l'atelier Shidori...oui vraiment...
Il avait une manière si subtile de marier les couleurs... Il faisait ressortir ses yeux avec sa chemise et son chapeau et la veste ceintrée qu'il portait mettait son corps en valeur. La sorcière était réellement admiratrice de cette veste qui descendait en queue de pie et si elle s'était écoutée, elle aurait surement contempler le jeune homme un peu plus longtemps.

Néanmoins, cette dernière était d'un naturel plutôt "contrôlé" et si Orion pouvait se sentir flater d'un tel regard qu'on pouvait qualifier de "déshabillant", la jeune femme n'allait pas non plus trop insister. Elle aimait manipuler les gens et elle était plutôt pour une méthode "oui/non", c'est à dire interessée au début permettant à sa proie d'espérer quelque chose d'elle et faisant naître la dépendance à son égard, puis s'éloignant légérement ensuite dans le but d'obtenir tout ce qu'elle désirait de sa victime qui, affolée, voulait retrouver la situation d'avant et se rapprocher de nouveau d'elle.

Bref, de toute manière, il était évident que Mitsuko n'était point là pour manipuler Orion...non...elle voulait se faire faire une robe et peut-être en savoir un peu plus sur cette famille de couturiers. Néanmoins, comme le magicien devrait certainement prendre ses mesures, elle lui parlerait à ce moment là...

Le regard du jeune homme était plutôt malicieux et son ton légérement ironoque lorsqu'il lui demanda ce qu'il pouvait faire pour elle. Sa demande était fort plaisante et Mitsuko lui sourit donc tout naturellement, comme charmée par de tels compliments qu'elle savait voulu de son interlocuteur. Ce ton et la nonchalance du magicien éveillèrent la curiosité de Mitsuko.

Elle articula donc, sur le même ton que lui, légérement teinté d'ironie, se décidant à jouer à ce petit jeu qui venait de commencer et qui allait surement être très plaisant...

"Voyez vous mon cher Damoiseau, j'étais venue en ces lieux pour me faire confectionner une robe, ayant entendu parlé de la famille Shidori dans plusieurs ouvrages dont j'ai eu le plaisir de parcourir les lignes, apprenant les talents de cette lignée de magiciens hors du commun. Néanmoins, je ne m'attendais point à trouver un si élégant jeune homme en cet emplacement mais plutôt un maître confirmé. Vous m'envoyez fort étonnée et si vous êtes réellement celui que je cherche, je suis honorée d'avoir devant moi un homme à la fois talentueux et tout à fait séduisant."

Elle le regardait dans les yeux à présent, ayant cessé de contempler ses vêtements. Elle espérait qu'ils allaient continuer ce petit jeu car c'était vraiment distrayant...elle ne pouvait espérer mieux.









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MessageSujet: Re: Un matin comme les autres ? [Terminé]   Un matin comme les autres ? [Terminé] EmptyMer 21 Juil 2010, 21:41

Alors que je l'observait, malicieux et amusé, je m'aperçus que son regard, légèrement rosé, semblait me mettre à nu d'une manière plutot osée. Mais, meme si j'avais l'impression que ses yeux étaient teintés de malice et de provocation, je n'arrivais pourtant pas à la voir autrement que comme une ange délicate et pure. Bien sur, je n'y croyais pas et je me doutais que cette façade diablement angelique cachait une prédatrice redoutable, capable de s'inventer un personnage pour destabiliser ses interlocuteurs et ainsi les tenir au creux de sa main. Je connaissais bien cette façon de proceder pour la simple et bonne raison que je m'y adonnait moi aussi dans le but de troubler ceux qui m'entouraient, leur cachant ainsi mes faiblesses. Cependant, cette fois c'était différent car la demoiselle ne semblait pas etre de ceux qui se laisse avoir par ce petit manège et je me trouvais donc sans aucun doute face à la personne la plus à-meme de me percer à jour et, si jamais elle parvenait à y arriver, dieu seul savait à quel point elle pourrait faire ce qu'elle veut de moi.

Devant moi se tenait donc vraisemblablement ma plus grande menace jamais rencontrée, ma plus dangereuse adversaire. Mais qu'à cela ne tienne, je ne serais pas pret à m'avouer vaincu, pas avant m'etre vaillamment defendu, et le jeu promettait d'etre haletant et palpitant. Ce serait un combat très serré et très lourd serait le prix à payer pour le perdant.

Je choisis donc, face à ce regard qui me deshabillait si habilement et si insolemment de ne pas me laisser intimider ni de me montrer flatter et me sentir vainqueur comme aurait pu le faire n'importe quel male pensant avec ses biceps. Au lieu de cela, je préférai l'asticoter de mon regard pétillant de malice, la titiller, lui posant silencieusement la question :
Veux-tu en voir plus ?
Mais en dehors de mes yeux, toute mon attitude respirait une nonchalence désinvolte qui, elle, disait plutot :
Tsss . . . Si tu vraiment en voir davantage ce n'est pas moi qui t'aidera et tu devras te débrouiller toute seule
Et mon regrad renchérissait alors :
Mais c'est pas cela qui te dérange n'est-ce pas ?
Et face à moi, elle semblait se complaire dans cette apparence d'ange si diablement délicate, où toute lueur de provocation était invisible. Pourtant ce regard si faussement angelique me mettait terriblement mal à l'aise et sous ma prétendue assurance, j'étais transit de peur à l'idée de perdre ce duel.

C'est ainsi, donc que s'amorça une joute silencieuse entre nos deux regards et, alors que j'avais l'impression que nous étions restés pendant une éternité les yeux dans les yeux, ce n'est qu'au bout de quelques instants qu'elle brisa le silence pour s'adresser à moi sur le meme ton à la fois pompeux et ironique que j'avais employé avec elle, ce qui signifiait qu'elle avait choisi délibérément d'entrer dans mon jeu.

"Voyez vous mon cher Damoiseau, j'étais venue en ces lieux pour me faire confectionner une robe, ayant entendu parlé de la famille Shidori dans plusieurs ouvrages dont j'ai eu le plaisir de parcourir les lignes, apprenant les talents de cette lignée de magiciens hors du commun. Néanmoins, je ne m'attendais point à trouver un si élégant jeune homme en cet emplacement mais plutôt un maître confirmé. Vous m'envoyez fort étonnée et si vous êtes réellement celui que je cherche, je suis honorée d'avoir devant moi un homme à la fois talentueux et tout à fait séduisant."

Et alors qu'elle attendait visiblement ma réponse ses yeux amusés, qui m'effrayaient tellement, vissés dans les miens, je fus surpris et perturbé d'etre face à une personnequi connaissait la grandeur passée de mes ancetres. Elle n'était donc pas venue ici par hasard apparemment ce qui renforça grandement mes craintes d'avoir devant moi une si redoutable adversaire. Et meme les compliments qu'elle m'adressa, censés me mettre en confiance, et qui conclurent sa phrase me troublèrent. En effet, j'avais la désagréable sensation qu'ils sonnaient faux et je craignais qu'elle ne sache déjà quasiment tout de moi, meme si je ne pouvais pas en etre vraiment sur.
Cependant, je n'allais pas me laisser destabiliser dés ses premiers mots, il m'en fallait quand meme plus.

"Il me semble, très chère, que vos yeux si délicats veulent la preuve de mon talent"

Je lui souris, insolent.

"Bien sur, cela va s'en dire que j'ai tout ce qu'il faut"

En un instant je fus parti dans l'arrière-boutique, en un instant je fus revenu à ses coté, les bras chargés de robes plus somptueuses les unes que les autres. Je l'invitai alors à se mettre face à un grand miroir à l'encadrement baroque et qui allait du sol jusqu'au plafond.
Je mis alors une à une mes quelques créations devant elle, de sorte qu'elle puisse rapidement s'imaginer les porter.
Toutes les robes que j'avais choisies exploraient toutes les nuances du blanc et des couleurs pastelles aussi délicates qu'un soupir et étaient quasiment toutes brodées de pierres précieuses discrètes et délicates, à l'image de la rosée du matin posée sur les pétale d'une fleur. Et meme si toutes ces tenues étaient splendides, elle reflétaient une apparente simplicité, une sobriété, qui ne convenait pas à cette jeune femme.
Quand j'eus fini de lui montrer mes robes, mon regard sans planta dans le sien.

"Bien sur une élégance telle que la votre ne peux trouver parmi ces quelques créations un écrin digne d'elle et seule une robe unique, faite sur mesure et spécialement pour vous peut espèrer sublimer encore davantage votre beauté"

Je me rapprochais alors d'elle au point que nos visage ne soit plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre.

"Cependant je pense que ni le blanc de la pureté ni les pastels délicats ne vous conviennent et que seul vous sied le rouge de la passion"

A peine ces paroles murmurées à l'oreille de la jeune femme, je fus déjà revenu à une distance plus respectable et moins ambigue

"Eh bien je crois dans ce cas mademoiselle qu'il va falloir commencer par prendre vos mesures"
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MessageSujet: Re: Un matin comme les autres ? [Terminé]   Un matin comme les autres ? [Terminé] EmptyMer 28 Juil 2010, 01:18

Mitsuko, en lisant les journaux intimes de son ascendante avait été étonnée de voir que cette dernière avait été changé en vampiresse peu de temps avant sa mort...ce qui en faisait une déchue buveuse de sang en fait. Bien sûr, cette dernière avait de grands pouvoirs alors ce changement ne l'affecta pas plus que cela. On disait que certaines créatures perdaient leurs facultés et leurs pouvoirs passés pour devenir vampire à part entière, c'était d'ailleurs ce qui était le plus courant. Néanmoins, d'autres créatures faisaient une sorte de mutation et devenait les deux, multipliant leurs facultés. La dernière solution était très rare et c'était ce qui, semble-t-il, était arrivé à son ascendante.

Mais dîtes moi? Pourquoi notre sorcière était-elle en train de penser à cela dans un moment pareil? En fait, Mitsuko se disait que sa façon de se comporter parfois était celle d'une vampire. Elle aimait bien séduire ses proies et attendre le dernier moment pour les saisir...on dira qu'il s'agit d'une cuisson à point. Elle se demandait donc si ce côté un peu vampire ne coulait pas dans son sang? Et qu'en était-il de la partie ange/déchue? Oh bien sûr, elle n'avait pas de pouvoirs semblables à ceux de ces deux races mais elle se plaisait parfois à croire que Jun était semblable à un ange et elle à un ange déchu. C'était assez mystérieux la façon dont d'une femme à la fois ange déchu et vampire, sa lignée avait pu se transformer en une famille de magicien puis la créer elle, une sorcière. Peut-être y avait-il quelques mystères là-dessous.

C'est ainsi que la jeune femme ressentit une étrange envie de jouer avec le magicien qui était devant lui. Si ses yeux ne cessaient de contraster parfaitement avec son attitude, il deviendrait sa proie. Bien sûr, elle n'avait pas envie de boire son sang, quoi que, cela serait à discuter car elle s'était toujours demandée ce que cela ferait de boire le sang d'autrui. Après tout, certaines légendes contaient que boire ce liquide si précieux rendait plus fort et multipliait ses facultés. D'autres par contre disaient que boire le sang d'autrui menait à ce que ce dernier puisse contrôler chaque partie du corps du buveur dans laquelle le sang aurait circulé. Oui, les légendes n'avaient parfois ni queue ni tête et se révélaient souvent contradictoires. Mais de temps en temps, il s'avérait que l'une d'entre elles soient véridiques...il fallait donc les appliquer, non?

C'est ainsi que, pensive, la jeune femme ne quittait pas le couturier des yeux, sans laisser paraître les traces d'un quelconque duel entre lui et elle. Et pourtant, cela se ressentait.
Il lui parla ensuite comme s'il était sûr de lui, sûr de ses talents et des dons que lui avait légué sa famille. La sorcière se demanda si sous cette apparente sureté, qui laissait penser que le jeune homme pouvait affronter n'importe quel adversaire, ne se cachait pas un soupçon de peur. Oh, bien sûr, Mitsuko pouvait contrôler les émotions mais, bizarrement, elle n'avait point l'envie d'exercer tous ses dons aujourd'hui, laissant pour l'heure la magie de côté mais concervant tout de même sa faculté de manipulation et son apparence angélique.
Elle fit donc mine de n'avoir point vu ce sourire insolent que le jeune homme lui faisait, lui rendant un sourire plutôt heureux de voir qu'il s'occuperait sans doute bien d'elle.

C'est ainsi qu'après être parti un instant, Orion revint avec une montagne de robes sublimes que la jeune femme admira un instant sans le montrer. En fait, après quelques instants d'admiration face à ces étoffes magnifiques qui donneraient à son corps une apparence encore plus angélique, la sorcière se mit à penser qu'un couturier se devait de comprendre les besoins de ses clients et qu'en l'occurence, le magicien devrait lui proposer quelque chose de plus...audacieux.
La jeune femme sentait néanmoins les protestations de Jun qui, visiblement, aimait beaucoup ces modéls. Elle fit donc le vide dans sa tête pour ne plus entendre cet imbécil faire ses commentaires sans valeur et sans importance. Qu'il était simplet cet esprit protecteur! De toute manière, s'il continuait, elle ne ferait pas faire de costume pour lui. Cela finit de le faire taire.

Pour seul commentaire aux robes, la jeune femme murmura simplement d'un ton neutre :

"J'aime beaucoup votre miroir..."

Ce qui était la pure vérité mais qui pouvait constituer un commentaire étonnant dans ce genre de situation. Oh, certe, ce n'était qu'à peine audible en fait...mais tout de même...

Peu de temps après, Orion remonta légérement dans l'estime de la demoiselle qui ressenti alors comme une envie de l'avoir. Oh, rien de sous-entendu mais on dira simplement que sa curiosité et son instinct de manipulatrice s'étaient vraiment éveillés...et ce n'était pas forcément positif pour le jeune homme.
Elle sourit, comme amusez de la remarque puis lorsque le visage du jeune homme se rapprocha d'elle, elle ne bougea pas, soutenant son regard. Cette situation aurait pu paraître dangereuse pour toute femme normale qui se serait surement offensée d'un tel geste, mais pas elle...c'était amusant et elle ne bougerait pas, même s'il la menaçait soudain avec un couteau. Elle pouvait entendre sa respiration, les battements de son coeur, sentir son odeur et cela lui permettait de le connaître un peu plus.

Quand il s'éloigna, elle le regarda un instant sans rien dire, puis un mince sourire apparut sur ses lèvres, légérement énigmatique.
Elle ne dit rien mais pensa que, finalement, elle utiliserait la magie...

Lorsqu'il lui indiqua qu'il devait prendre ses mesures, elle acquiessa.
D'un geste lent, elle enleva le ruban de sa robe et, passant furtivement et rapidement ses deux mains à ses épaules, elle détacha en même temps, les deux petits boutons attachant sa robe au dessus de ses épaules. La robe glissa lentement vers le sol pour finir à ses pieds. Elle ne bougea pas. Regardant le magicien dans les yeux, comme attendant qu'il vienne prendre ses mesures.
La jeune femme, vêtue simplement de ses sous-vêtements, de ses talons aiguilles et de ses bijoux, utilisa son contrôle des émotions pour donner soudainement très chaud à son interlocuteur, chaleur semblable à celle que l'on ressent parfois lorsque l'on est embarassé ou surpris et qui a pour conséquence de faire rougir nos joues...
Puis, le regardant droit dans les yeux, elle lui murmura doucement et innocemment, sur un ton plutôt amusé et flatté :

"Il me semble que la couleur rouge passion vous sied parfaitement à vous aussi..."

Elle enjamba sa robe, se dirigeant vers le magicien puis remuant légérement les lèvres sans qu'aucun son n'en sorte, une petite poussière semblable à de la cendre noire se créa aussitôt, faisant virevolter la robe, ainsi que le ruban sur un endroit où ils ne risquaient pas d'être salis.
C'était un sort de magie noire...enfin, elle avait appris cela lorsqu'elle était enfant et habitée chez ses parents, suivant des cours de magie blanche. Cela dit, la poussière avait changé de couleur depuis qu'elle était passée dans le camp adverse...

Ne se préoccupant point de sa robe, elle sourit au magicien, d'un sourire angélique, comme toujours. Néanmoins, son regard avait une autre expression, semblable à celui d'un prédateur devant sa proie...

"Allez-y, je vous en prie"


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MessageSujet: Re: Un matin comme les autres ? [Terminé]   Un matin comme les autres ? [Terminé] EmptyVen 30 Juil 2010, 16:50

Et bien voilà, on pouvait dire que le combat d'esprits entre les deux personnages que nous incarnions était bel et bien engagé, à mes risques et périls. Heureusement, j'étais rassuré de constater qu'elle n'était apparemment pas suffisemment redoutable pour prendre l'avantage d'entrée de jeu et il me semblait que nos aptitudes à dérouter autrui se valaient sensiblement.
C'est donc un peu moins inquiet et un peu plus sûr de moi que je revêtis cette apparente nonchalence un brin amusée, un brin insolente qui était caractéristique du personnage que j'avais choisi d'endosser pour aujourd'hui.
Et, à quelques pas d'elle, j'attendais impatiemment sa réaction. Bien sûr, cela allait de soi que je ne lui montrais pas mon attente ni même mon interêt prononcé pour elle et pour sa façon de se comporter. En fait elle devait avoir comme image de moi celle d'un homme dont le physique était plutôt juvénile mais dont l'attitude était celle d'un jeune dandy insolent.

Et, alors que je m'attelais silencieusement à faire semblant de l'ignorer, je vis cependant la jeune femme qui acquiessa simplement, un mince sourire énigmatique ornant ses lèvres douces et rosées. Je lui adressai en réponse également un sourire mais le mien était amusé et ponctué d'un regard empreint d'une délicieuse malice. Mais, alors que je m'appretais à revenir tout près d'elle pour lui prendre ses mesures comme je le lui avais dit il y a à peine quelques instants, elle esquissa un geste qui retint toute mon attention et me décida à attendre encore un peu avant de retourner à nouveau de façon si osée à quelques centimètres d'elle. En effet, elle donnait l'impression d'avoir commencé un ballet d'une lenteur haletante et dont les mouvements étaient diablement sensuels.
Ce semblant de danse lui permit d'enlever tout d'abord le ruban noir de sa petite robe blanche comme si il s'agissait d'une promesse obcène concernat les évènement à venir. Ensuite vint l'apothéose de sa diabolique parade de séduction où elle détacha sa tunique d'un geste discret mais rapide et précis. Le vêtement, qui au premier regard m'avait évoqué une pureté délicate, descendis vers le sol avec une douceur insolente un brin perverse, devoilant avec une perfection sensuelle le corps si désirable de la jeune femme. Et, alors que la robe arrivait lentement à ses pieds, elle ne bougea pas, ses yeux si angéliques vissés dans les miens.

Tout chez elle, à ce moment précis, avait une cruelle allure de défis et semblait me crier haut et fort que, quoique je fasse, je n'étais pas de taille contre elle. Et pourtant, je trouvais cette attitude bien moins ambigue et énigmatique que le comportement qu'elle avait eu précédemment et j'en fus quelque peu déçu. En effet, les contrastes qu'elle avait soigneusement entretenu jusque là venaient de voler en éclats à mes yeux à cause de cette danse trop sensuelle pour être innocente.
Bien sûr il y avait ce visage éternellement angélique mais la pureté qu'il incarnaitsemblait s'être soudain teinté d'un soupçon de vulgarité. Elle avait dorénavant pour moi des allures de prédatrice, à la façon d'une plante carnivore dont l'apparente beauté et l'ennivrant parfum n'étaient qu'un piège pour l'insecte qui se laissait trop facilement séduire.

Aussi, c'est un brin agacé que je réagis naturellement à cette provocation si osée, non pas comme certains hommes qui seraient bien vite tombés sous son charme et se seraient empressés de cueillir cette fleur délicate ni comme d'autres, tétanisés d'embarras, mais en adoptant une ignorance non feinte refletant ce semblant de deception qui s'était emparré de moi.
Cependant, alors qu'un tantinet ennuyé par cette mascarade, je saisissais mon mètre ruban qui se trouvait autour de mon cou de sorte qu'il soit toujours à portée de main tout en illustrant mon rang de couturier de renom, un sentiment indésirable et au combien dangereux s'empara malgrè moi de tout mon corps, me figeant brusquement surplace. Cette émotion incontrolable se traduisait par une chaleur semblable à celle qui nous étreint lorsque l'on éprouve de la surprise, de l'embarras ou même du désir sauf que, dans ce cas précis, cette chaleur terrifiante, loin de simplement m'étreindre, m'étouffait.
Et, alors que j'étais toujours immobil, ce sentiment qui s'était imposé à moi me força à reconsidéré ce que j'avais si brillamment ignoré. En effet, cette séductrice, qui un instant plus tôt se tenait devant moi, avait disparu pour laisser place à une jeune femme angelique et innocente vêtue simplement de sous vêtements, de talons aiguilles et de bijoux.
Cette vision ne fit que rendre cette chaleur malsaine davantage insupportable et, alors que mes yeux effrayés tentaient en vain de fuir les courbes si parfaites de la jeune femmes desquelles ils ne pouvaient se détacher, une main se porta machinalement à mes joues brûlantes et furieusement empourprées alors que l'autre retomba lourdement, entraînant dans sa chute mon mètre ruban qui, après avoir glissé le long de mes épaules, se retrouva à pendre au bout de mes doigts.
Je devais être sans nul doute des plus pathétiques. Et comme pour approuver cette réflexion personnelle, la jeune femme s'adressa à moi dans un murmure à la fois écoeurant d'innocenceet un brin amusé.

"Il me semble que la couleur rouge passion vous sied parfaitement à vous aussi . . ."

Ah la diablesse!! Que m'était-il passé par la tête pour l'avoir sous-estimée à ce point. Et, comme pour se moquer de l'assurance que j'avais si stupidement affichée, elle prenait brillamment un cruel avantage sur moi, me laissant tétanisé et violemment empourpré.

C'est alors que, pour mon plus grand malheur, ou bonheur, cette chaleur fourbe m'engourdissant l'esprit au point que je ne savais plus vraiment que penser d'elle, la demoiselle enjamba sa robe pour se rapprocher de moi, tellement près, trop près.
Quelle ironie, alors que c'est moi qui, quelques instants plus tôt, voulait faire de même, je ne voulais, en ce moment précis, que prendre mes jambes à mon cou et m'enfuir le plus loin possible d'elle ou . . . dans ses bras?
Certainement pas!! Cette maudite chaleur ne me ferrait jamais divaguer à ce point.
Et, alors que je luttais desespérement à la fois contre cette émotion clandestine pour ne pas qu'elle me controle totalement et contre moi-même pour ne pas céder à la panique, elle me sourit tel un ange innocent? ou bien tel un prédateur bien décidé à faire main basse sur sa proie? J'étais bien incapable de savoir ce qu'elle était maintenant surtout lorsqu'elle vint me destabiliser encore davantage en me soufflant doucement ses murmures diaboliques à l'oreille.

"Allez-y, je vous en prie"

La situation était très grave!! Il fallait absolument que je réagisse car, dorénavant, il ne me restait plus que très peu de temps avant que je ne tombe entre ses griffes.
Mais quelle attitude adopter face à elle? Quelle attitude serait suffisemment cohérente pour ne pas être balayé d'un revers de la main par cette dangereuse damoiselle? Bien sûr, je me doutais que l'ignorance ne me serait plus d'aucun secours car je n'arriverais plus à être crédible.
C'est ainsi que, pressé par le temps, j'abandonnai l'image du dandy nonchalent pour adopter celle du jeune homme timide et embarassé. Original n'est-ce pas?
Et, alors qu'elle attendait amusée tout contre moi, un sourire stupide et géné s'afficha sur mes lèvres alors que ma main qui ne tenait pas le mètre ruban vint machinalement ébouriffer mes cheveux en signe d'embarras.

"Euh . . . Vous savez, vous n'étiez vraiment pas obligée de . . . euh . . . de vous deshabiller, j'aurais très bien pu prendre les mesures par dessus votre robe surtout que . . . euh . . . c'est plutôt génant."

Le ton de ma voix collait parfaitement au personnage idiot que je venait de créer tout comme mes paroles où se melaient des silences embarassés et de longues phrases inutiles que je déblaterais presque sans respirer.
Mon sourire imbécile s'élargit.

"Bon, je devrais peut-être me dépecher pour ne pas que vous restiez comme ça trop longtemps, en plus vous devez avoir froid."

Je m'attelai donc tant bien que mal à essayer de récuperer mon mètre ruban afin de tenter de prendre les mesures de la demoiselle.
Dans cette situation précise, il m'était rigoureusement impossible de me concentrer suffisemment pour avoir ne serait-ce qu'un peu l'air professionnel car ce sentiment d'embarras profond qui m'avait envahi, cette chaleur qui m'étouffait, m'empechaient de reprendre un minimum contenance et, en plus d'avoir brisé mon assurance, ils me rendaient maintenant tout tremblant et maladroit.
En effet, je fus obligé de m'y reprendre à plusieurs fois pour mesurer son tour de bassin car, soit j'effleurais malencontreusement ses hanches dénudées, ce qui avait pour effet de me destabiliser au point d'en lacher mon mètre, ou alors, à genoux devant elle, je me forçais à détourner le regard pour ne pas me retrouver face à une vision des plus génantes ce qui m'empechait malheureusement de prendre la mesure. Bien sûr, je ne pouvais faire autrement que de conclure chacun de mes gestes fébriles et déplacés par un sourire des plus stupides et génés avant de me confondre en excuses.
Une fois son tour de bassin enfin correctement mesuré, je m'empressai de noter le resultat pour ne surtout pas devoir recommencer, avant de m'attaquer au tour de taille.
Cette mesure fut un peu plus facile à prendre bien que chaque contact entre mes doigts et la peau desespérement si douce de son ventre me faisait chavirer et frissoner d'embarras si bien que la mesure m'échappait, me forçant ainsi à répéter l'opération une fois de plus. Il en alla de même pour la longueur de ses jambes et la longueur de son buste.
Mais le pire était à venir.

En effet, je les avais gardées pour la fin car je me doutais très bien que ces mesures seraient de loin les plus délicates et les plus embarassantes à obtenir : Le tour de poitrine et l'écart poitrine.
C'est ainsi que, tremblant comme une feuille, je l'entourrai de mon mètre ruban. Cela va de soi que je m'y repris à de nombreuse fois avant de parvenir à mes fins car chaque effleurement de ses courbes si parfaites me déboussolait suffisemment pour ne plus savoir ce que je faisais.
Et vin enfin je clou de ce spectacle si pathétique.
Je pris lentement ma respiration puis, doucement, et bien maladroitement il fallait l'avouer, je déposai donc le mètre sur les saillants de sa poitrine si insolente, dans le but de prendre la seule mesure qui me manquait.
C'est alors que je décidai de relever la tête pour voir comment la damoiselle réagissait devant tant de maladresse et d'embarras.

Je n'aurais pu trouver pire moment pour cela car, dès que mon visage, si furieusement ridicule avec mes joues si violemment empourprées, rencontra celui toujours si innocent et angelique de la jeune femme, tout accent d'embarras et de stupidité disparut pour ne laisser place qu'à une profonde détresse un brin désespérée. Et, inévitablement, dès que nos yeux se rencontrèrent, je me noyai dans son regard si envoutant, si pur mais si séducteur. Ceci donna alors le contrôle absolu au sentiment indésirable, faisant voler en éclat toute résistance que j'avais tenté d'établir.

C'est alors que j'imaginai son visage délicatement entre mes mains et sa bouche comme si elle était mienne.
La chaleur suffocante qui irradiait maintenant chaque parcelle de mon corps me fit lacher mon mètre ruban qui tomba sur le sol, me fit saisir le visage de la jeune femme, me fit approcher si près d'elle, tellement près d'elle que je sentais le battement de son coeur contre ma poitrine, que je sentais sa respiration lente et calme sur mes joues toujours si diablement empourprées.
Et, au moment où mes lèvres allaient s'emparer des siennes, goûtant ainsi au fruit défendu et signant ma défaite, dans un coin de mon esprit j'entendis un profond cri de desespoir qui me ramena un instant à la raison. Cela fut suffisant pour brusquement m'éloigner d'elle et afficher une fois de plus ce sourire si imbécile. Et, inévitablement, je me confondis en excuses.

"Je . . . Je suis vraiment désolé . . . Je ne sais pas ce qui m'est passé par la tête . . . J'ai eu la désagréable sensation de n'être plus moi même quelques instants . . ."

Ah la diablesse, elle me tenait finalement entre ses griffes et pourtant . . . il me semblait que, en cet instant précis,, j'aurais donné n'importe quoi pour que jamais elle ne me lache.
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Anya Eorgor
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MessageSujet: Re: Un matin comme les autres ? [Terminé]   Un matin comme les autres ? [Terminé] EmptyMer 04 Aoû 2010, 21:56

Mitsuko aimait observer les réactions des gens...elle l'avait toujours fais. Petite, à la fenêtre de la maison de ses parents, elle regardait vers le bas, voyant passer des magiciens de toute sorte ou des invités parfois. Elle se prit à penser qu'elle avait peut-être déjà vu Orion avant, mais elle ne connaissait pas le passé du jeune homme qui se trouvait devant elle. Peut-être n'avait-il jamais mis les pieds dans le village de magiciens dans lequel elle avait vécu.
Bref, elle aimait observer, deviner la race des passants, leurs intentions, leurs sentiments, leur passé, leur présent, ce qu'ils pensaient, qui ils étaient. Oui, c'était pour elle une grande occupation. Bien sûr, en grandissant, elle avait appris à contrôler les émotions des gens et s'amusait plus à les contrôler qu'à les observer. Mais, des fois, ça la prenait tout de même de se contenter d'observer sans rien toucher à la scène qu'elle avait sous les yeux.

Cela étant, avec une grande expérience derrière elle, la jeune femme attendait la réaction d'Orion...se demandant comment il allait s'y prendre avec elle en sous-vêtement devant lui. Peut-être avait-il déjà vu des femmes dans cet accoutrement, des hommes sans doute également...mais la réaction pouvait changer du tout au tout car les corps étaient différents, les attitudes différentes et la sorcière savait qu'elle y était allée un peu fort. Elle sourit, se disant qu'après tout, c'était ça de jouer avec elle. Peut-être que le magicien se comporterait en professionel, peut-être pas...

Elle guettait la mondre réaction et si, au début elle avait pensé que peut-être n'était-il pas tellement surpris et plutôt déçu quant à son assurance, il s'avéra par la suite que la petite sensation qu'elle lui avait envoyé faisait effet.
En fait, ça ne plu pas du tout à Mitsuko. En effet, ayant remarqué chez Orion un étrange comportement précédement, elle se dit qu'elle n'aurait peut-être pas dû lui insuffler cette chaleure. C'était un peu comme réussir à passer un test en ayant triché, ça l'insuportait, vraiment!

Jun, là haut, était en train de se moquer d'elle, lui faisait remarquer qu'elle n'était pas aussi irresistible qu'elle le pensait. Bon, certe, le jeune homme la trouvait belle, il devait l'avouer, mais, connaissant le caractère de la sorcière, il pouvait aisément comprendre les réticences de certains. Enfin, il n'y en avait pas eu beaucoup et ils n'étaient pas non plus là pour le dire.
Néanmoins, Jun pensait que Mitsuko n'était pas si vulgère ou osée que cela. Il la connaissait et savait qu'elle ne se serait jamais déshabillée complétement devant Orion. Elle avait rarement des aventures d'une nuit. Ne baignait pas non plus dans le pêché originel. En fait, la sorcière se contentait de jouer, des fois ça allait un peu plus loin mais jamais au fond de la chose. Elle était un peu étrange en réalité car ce qui l'intéressait était juste l'aspect jeu, séduction et non le reste. Une fois qu'elle savait quelqu'un sous sa botte, elle s'en désintéressait complétement si elle n'avait rien à lui faire faire.
Avoir un semblant d'amitié (mot ne convenant bien sûr pas vraiment) avec elle était comme être en constante compétition. Compétition pour savoir qui serait le meilleur, compétition de manipulation, compétition pour éveiller la curiosité de l'autre...
Les gens qui ne savaient pas garder leurs mystères, avancer en reculant de temps en temps et se prêter à ses petits jeux étaient des personnes qu'elle détestait, ignorait ou dont elle se servait. Voilà les styles de relations possibles avec la jeune femme : esclave, ennemi, moins que rien et "personne intéressante". Autant dire qu'il vallait mieux être dans les derniers...

Bref, c'est avec une patience hors du commun et un bon contrôle de soi que Mitsuko réussit à ne pas faire transparaître ses émotions, paraissant de glace. Elle attendait toujours de voir ce que le jeune homme allait faire et ne fit aucun commentaire lorsqu'il laissa tomber son mètre ruban au sol. Ca l'énervait...pas qu'il agisse de la sorte, non. En fait, elle était vraiment énervée contre elle même et sa mauvaise idée d'utiliser ses pouvoirs. Bon, elle allait voir ce qu'il allait se passer.

A peine avait-elle pensé cela qu'Orion quitta son apparence de dandy nonchalant pour prendre celle d'une jeune homme plutôt gêné...il avait perdu quelques années tout d'un coup aux yeux de la sorcière qui avait oublié sa colère et était maintenant dans un état de curiosité avancée face à cet étrange phénomène. Sans vraiment qu'elle le veuille, il lui faisait penser à un caméléon, pouvant changer d'apparence quand il le souhaitait, un peu comme elle quoi...sauf que dans ce domaine là, elle était surement beaucoup plus douée car avantagée par son pouvoir de changer d'apparence.
Elle l'observait se gratter la tête, rouge comme une pivoine et du se retenir pour ne pas rire. Qui était donc ce magicien étrange réellement? Se moquait-il d'elle, contrôlant parfaitement ses faits et gestes ou était-il réellement troublé et, de ce fait, avait laissé tombé son masque sans s'en rendre compte?

"Euh . . . Vous savez, vous n'étiez vraiment pas obligée de . . . euh . . . de vous deshabiller, j'aurais très bien pu prendre les mesures par dessus votre robe surtout que . . . euh . . . c'est plutôt génant."

"Bon, je devrais peut-être me dépecher pour ne pas que vous restiez comme ça trop longtemps, en plus vous devez avoir froid."

Comme c'était mignon...il voulait prendre ses mesures par dessus sa robe et s'inquiétait pour elle. Pourtant, à ce moment là, Mitsuko n'avait pas du tout froid et n'y pensait même pas. En fait, elle était en attente de la suite, regardant le jeune homme d'un air un peu interrogatif, comme si elle ne savait pas qu'il aurait pu prendre ses mesures par dessus ses vêtements. Après tout, il vallait mieux être précis...

Elle se disait que l'homme qui était en face d'elle était surement réellement comme cela...mais elle ne savait pas, hésitait encore entre plusieurs possibilités et observait les gestes d'Orion qui s'apprêtait à prendre ses mesures.
Il était troublé, oui, énormément. La jeune femme appréciait quand il lui touchait la peau, avec son mètre ou en l'effleurant de ses doigts. Ca la chatouillait et aussi maléfique soit-elle, ça lui plaisait et lui faisait du bien.
Elle se remémora un souvenir de son enfance. Elle avait trouvé une grande plume par terre d'une couleur rougoyante et l'avait emmené dans sa chambre. Elle aimait beaucoup se la passer doucement sur les bras et les jambes, riant toute seule de cette étrange sensation de douceure qui la chatouillait. Et bien, à ce moment là, dans l'atelier d'Orion, c'était exactement la même chose.
Elle ne faisait même pas attention au fait qu'il était maladroit...elle appréciait chaque seconde, se délectait de ces espèces de caresses. Oui, elle voulait ce magicien, mais se demandait comment...comme esclave? Non ce ne serait pas intéressant. Elle voulait le posséder mais sans qu'il soit à sa botte. C'était légérement contraire et elle savait qu'il devait toujours rester une proie pour elle, une sorte de proie inaccessible en somme, qu'elle prendrait plaisir à essayer de conquérir sans y parvenir. Mais comment faire?

La sorcière décida d'appliquer un mécanisme simple : deux pas en avant et un pas en arrière. Les deux pas en avant, elle les avait fait en lui laissant entrevoir son corps et en lui insufflant une douce chaleure pourtant si dangereuse...elle devrait maintenant faire le pas en arrière...oui...c'était une bonne stratégie.

Néanmoins, quelque chose qu'elle n'avait pas vraiment prévu se passa. En fait, elle aurait aimé qu'il se comporte ainsi quelques minutes plus tôt, mais maintenant, elle ne voulait plus. Vraiment plus. Sinon, elle ne pourrait pas entretenir la relation qu'elle souhaitait avec lui. Il mesurait sa poitrine, la jeune femme gardant son air innocent et regardant ses prouesses de maladresse, appréciant toujours chaque instant. Soudain, leurs regardes se croisèrent et il prit son visage dans ses deux mains...il était si près...trop près...et elle crut un instant qu'il allait l'embrasser...elle ne savait pas quoi penser et s'il le faisait, elle le considérerait comme un esclave...ou un moins que rien...et pourtant, c'était de sa faute à elle si tout cela arrivait...

Néanmoins, il n'alla pas jusqu'au bout se fondant ensuite en excuses...
Elle le regarda d'un air compatissant, puis décida de faire comme si de rien n'était, partant sur autre chose...le fameux pas en arrière comme on dit.
D'une voix cristalline, elle se fondit également en excuses.

"Oh, je suis désolée de vous avoir mis mal à l'aise...ce n'était point mon intention mais auparavant, tous les couturiers chez qui je me suis rendue m'ont demandé de me déshabiller afin que les mesures soient le plus précises possible..."

En fait, cela n'était pas le clou du spectacle et ne constituait qu'un quart de pas en arrière...les trois quarts, les voici :
Elle regarda Orion étrangement en faisant un bref petit geste de la main qui eut pour effet de faire revenir ses habits vers elle qu'elle enfila avec élégance. Puis, elle prit de nouveau la parole.

"D'après ce que j'ai pu lire, votre famille est l'une des meilleures lignée de couturiers que les terres du Yin et du Yang aient pu avoir, même si votre gloire s'est flétrie avec le temps. Je dois avouer que je ne suis pas venue ici par hasard mais pour vous rencontrer, observer vos talents et en apprendre un peu plus sur vous. Je sais que la famille Shidori a fais de merveilleuses robes pour des dames très importantes...j'en posséde d'ailleurs plusieurs que mon ancêtre a commandé par le passé. Je sais aussi que votre famille habillait les hommes importants du royaume."

Mitsuko sourit.

"Bien sûr, je suis venue ici pour me faire confectionner une robe dont je ne peut douter de la magnificence...mais je viens également pour faire confectionner un costume à un homme qui m'est cher..."

Jun faillit s'étouffer lorsqu'il entendit "homme qui m'est cher"...
Il comprit alors ce que la jeune femme faisait car, soyons franc, jamais en d'autres circonstances Mitsuko aurait dis que l'esprit qui l'habitait lui était cher. Elle reculait...c'était ça la stratégie...faire espérer puis décevoir...faire de nouveau espérer...puis recommencer...c'était parfait.

La jeune femme, mine de rien, s'intéressa à la boutique en détournant son regard plein de pureté du magicien, attendant sa réponse en faisant mine de ne point faire attention à lui.


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MessageSujet: Re: Un matin comme les autres ? [Terminé]   Un matin comme les autres ? [Terminé] EmptyMer 11 Aoû 2010, 22:58

Mais que m'arrivait-il?
La chaleur qui s'était emparée de moi de force commençait à disparaître, emportant avec elle ce sentiment d'embarras si indésirable, et pourtant . . .
Pourtant quelque chose avait changé, comme si cette émotion clandestine avait fait naître quelque chose de nouveau au plus profond de moi.
Mais de quoi s'agissait-il pour ainsi autant me troubler?
Du désir? Pour sûr elle était désirable mais je n'étais pas de ceux qui, devant le corps parfait d'une femme, perdaient tous leurs moyens et se laissaient asservir.
Etait-ce de l'amour? Mais comment diable aimer une damoiselle qui m'était inconnue, aussi jolie soit-elle. Et, même si, il fallait l'avouer, elle m'intriguait au plus haut point, on était encore loin de pouvoir assimiler ce sentiment de curiosité à de l'amour.
Et si c'était plutot de l'admiration ou quelque chose dans le même genre? Il y avait peut-être un peu de cela même si c'était en réalité bien plus compliqué.
En effet, moi qui craignait au début qu'elle ne me perse à jour, j'avais maintenant peur de moi même et du fait de me livrer à elle de mon plein gré car, même si j'essayais tant bien que mal de refouler cette nouvelle sensation, plus que de l'admiration, c'était presque de la soumission que je ressentais à cet instant précis.

Et alors qu'elle me regardait d'un air compatissant, je ne pouvais détacher mes yeux d'elle, oubliant un instant le personnage que j'étais censé incarner et montrant ainsi ma véritable personnalité. Mes yeux, qui un instant plus tôt pétillaient d'embarras, étaient maintenant cernés d'angoisse et d'effroi et brillaient de détresse et de faiblesse alors que mes joues, si rouges il y a peu de temps, étaient devenues d'une blancheur maladive.
Et, alors que, résigné, je ne pouvais que la contempler, me mettant ainsi au supplice, elle se confondit elle aussi en excuses, sa voix étant claire et toujours désespérement pleine d'assurance.

"Oh, je suis désolée de vous avoir mis mal à l'aise...ce n'était point mon intention mais auparavant, tous les couturiers chez qui je me suis rendue m'ont demandé de me déshabiller afin que les mesures soient le plus précises possible..."

Et, alors que je ne pouvais toujours pas détourner mon regard de l'envoutante damoiselle, celle-ci plongea alors ses yeux teintés d'une étrange lueur dans les miens, me faisant ainsi frissonner de tout mon être.
J'en étais donc arrivé au point d'oublier complètement ma carapace aux multiples humeurs pour rester complètement démuni face à elle, entièrement à sa merci.
Elle fit alors un geste presque imperceptible et, l'instant d'après, elle se retrouva à nouveau vêtue de sa robe à la blancheur immaculée.
Ce qui devait provoquer un profond soulagement en moi n'eut absolument aucun effet tellement j'étais glacé de crainte et d'effroi, englué dans une profonde détresse.

Elle prit alors de nouveau la parole mais sa voix me sembla lointaine, presque inaudible où peut-être était-ce mon esprit qui volait en ce moment même à des années lumières delà, perdu dans un trouble indicible.

"D'après ce que j'ai pu lire, votre famille est l'une des meilleures lignée de couturiers que les terres du Yin et du Yang aient pu avoir, même si votre gloire s'est flétrie avec le temps. Je dois avouer que je ne suis pas venue ici par hasard mais pour vous rencontrer, observer vos talents et en apprendre un peu plus sur vous. Je sais que la famille Shidori a fais de merveilleuses robes pour des dames très importantes...j'en posséde d'ailleurs plusieurs que mon ancêtre a commandé par le passé. Je sais aussi que votre famille habillait les hommes importants du royaume."

Elle venait de m'encensser de compliments sur les talents de ma famille et de me révéler l'interêt qu'elle me portait et pourtant, je n'eus aucune réaction, comme si je n'avais pas réussi à saisir le sens de ses paroles.
Et, alors que j'étais desespérement immobil, elle m'adressa un sourire des plus angélique mais que je ne relevai même pas tant mon trouble était profond.

"Bien sûr, je suis venue ici pour me faire confectionner une robe dont je ne peut douter de la magnificence...mais je viens également pour faire confectionner un costume à un homme qui m'est cher..."

Un homme qui lui est cher . . .

Cette phrase, la seule dont j'avais saisi entièrement le sens, résonna à mes oreilles aussi fort qu'une explosion, ce qui interrompit brusquement ma rêverie.

Un homme qui lui est cher . . .

Ainsi donc son petit jeu de séduction n'avait été qu'une cruelle mise en scène . . .
Bien sûr, j'avais d'ors et déjà flairé la tromperie dès le départ et pourtant, je ne savais pas pourquoi, mais je m'étais pris à l'espérer sincère et interessée par moi.
Brusquement ramené à la réalité et blessé, même si je ne savais pas vraiment pourquoi, je profitai d'être de nouveau lucide pour endosser à nouveau ma carapace aux émotions multiples.
Voilà ce qui arrivait quand je laissais ma personnalité fragile refaire surface, je finissais toujours un peu plus anéanti que je ne l'étais déjà tout en restant toujours aussi désespérement faible et craintif.

Ainsi, alors qu'elle détournait complètement son attention de moi pour s'interesser à ma boutique, j'endossai avec peine un nouveau personnage.
Celui que je choisis étais le mélancolique énigmatique très peu bavard, histoire d'être un minimum crédible aux yeux de la jeune demoiselle même si ceux_ci ne semblaient plus du tout vouloir se poser sur moi.
Bien sûr, vu que ma personnalité véritable était à nouveau enfouie au plus profond de moi, je ne montrai en rien que j'étais affecté par le comportement de la jeune fille et je détournai à mon tour, mais peut-être un peu à contre-coeur,mon attention d'elle.

Je me dirigeai alors dans l'arrière boutique, je m'assis à mon bureau et pris une feuille et un crayon pour tenter de dessiner la robe idéale que j'allais confectionner à cette cliente hors du commun.
Cependant, même si mon attitude montrait que je m'étais complètement désinteressé de la damoiselle,, il en était tout autrement pour mon esprit qui se remit à vagabonder, l'image de ce visage si diablement angélique toujours omniprésente dans ma tête.

C'est alors qu'inconsciemment, je laissai la magie m'envahir et, sans réflèchir, j'utilisai mon pouvoir de transmutation sur ce que j'avais sous la main, à savoir un morceau de soie rouge d'une incroyable finesse.
C'est ainsi qu'à l'abri des regards, je venais de créer sans vraiment m'en rendre compte une robe magnifique qui serait sans aucun doute à la mesure de la splendeur de la sorcière qui me hantait.
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Anya Eorgor
MessageSujet: Re: Un matin comme les autres ? [Terminé]   Un matin comme les autres ? [Terminé] EmptyDim 15 Aoû 2010, 19:22

Une personne peut-elle en connaître parfaitement une autre?
Mitsuko pensait à ce sujet car elle avait vu tant de facettes chez le magicien qui était devant elle que la sorcière se demandait quelle était sa véritable identité. Bien sûr, pour le sujet, elle pensait qu'on ne pouvait jamais connaître quelqu'un car on ne pouvait voir que la partie que la personne voulait bien nous montrer. Elle souriait intérieurement car c'était semblable à ses nombreux mensonges. En effet, elle prenait souvent plaisir à cacher sa véritable identité, se prenant un jour pour une elfe naïve, parfois pour une rehla pleine de sagesse ou pour une démone aussi chaude que la braise. Les gens qu'elle croisait lui faisaient confiance, la croyaient et c'était ce qui lui plaisait tant dans ses relations avec les autres : le fait qu'elle sache beaucoup plus sur eux qu'eux ne savaient sur elle. Mitsuko pouvait ainsi les manipuler à sa guise.

Elle n'avait qu'une certitude : le véritable Orion était celui qui semblait angoissé, appeuré et la sorcière n'avait qu'une envie. Oh oui, une seule petite envie. Le prendre dans ses bras, la tête contre sa poitrine, sa main dans les cheveux du magicien les lui caressant doucement. Elle avait envie de lui murmurer des mots pour le rassurer, lui dire que tout allait bien. Il se sentirait apaisé et elle pourrait alors l'encercler de ses épines venimeuses, faire en sorte qu'il ne soit qu'à elle, qu'il lui jure fidélité pour le reste de sa vie et qu'il soit dépendant de son bon vouloir. Elle pourrait jouer avec les cheveux blonds du couturier...oui, ce serait certainement amusant, plaisant. Soupirant intérieurement, elle se dit qu'elle ne pouvait pas faire ça car elle savait ce qu'il se passerait ensuite : elle se lasserait de lui. Encore une fois, elle ne le voulait pas comme ça. Peut-être pourrait-elle le détourner du bien? Après tout, son ascendante était une spécialiste de ce genre de choses...pouvant détourner anges, elfes, magiciens et même fées du droit chemin...

Non vraiment, elle ne savait pas quoi faire avec Orion et elle ne fit donc rien pour le moment.
En tout cas, la jeune femme remarqua bien que son petit pas en arrière avait fait mouche, atteint sa cible. Elle ne savait pas encore ce qu'il se passerait mais l'important était que le magicien ait réagit. Enfin, elle ne l'avait pas vu bouger ou autre mais il semblait différent. C'est alors que, tout en regardant ailleurs, la sorcière prit conscience que le véritable Orion avait laissé de nouveau place à une nouvelle tromperie, une nouvelle personnalité, une nouvelle facette. La jeune femme allait surement faire de même, après tout, il n'y avait pas de raison.

Sans un mot, il passa dans l'arrière boutique. Elle ne pouvait plus le voir et elle n'allait pas venir vers lui même si elle allait faire un pas en avant. Ce pas était un tout petit pas mais elle voulait voir la réaction du magicien. Trouvant un fauteuil dans la pièce, elle s'y assit, dans une position traduisant une élégance et une éducation parfaite. Elle appuya sa tête contre le dossier et ferma les yeux, écoutant les bruits qui sortaient de l'arrière boutique parfois. Elle savait qu'Orion travaillait sur sa robe et que, bientôt, elle devrait quitter cet endroit pour retourner chez elle, à ses affaires. Pourtant, elle aurait aimé rester plus longtemps et la sorcière se sentait un peu comme une enfant jouant avec une amie et dont la mère lui fait remarquer qu'il est tard et qu'il faut rentrer à la maison. L'enfant veut gagner du temps, continuer à jouer avec son amie..."encore cinq minutes maman...s'il te plait!". C'était exactement pareil en ce moment même. Elle voulait rester ici.

Sachant que le magicien allait surement en avoir pour un petit bout de temps, elle entre-ouvrit sa bouche légérement et augmenta l'intensité de sa respiration pour que celle-ci soit plus profonde. Oui...elle avait l'intention de faire semblant de dormir.
Utilisant son pouvoir de contrôle des sensations sur elle-même, elle l'employa pour se calmer, s'apaiser et, petit à petit, des pensées s'emparèrent d'elle. Sa tête se pencha un petit peu sur le côté et quiconque entrerait ici se laisserait certainement tromper par cette mascarade car même sa respiration semblait laisser penser qu'elle dormait. Son visage était relaché et une image de pureté, de naïveté et de fragilité se dégageait d'elle.

Elle voulait savoir ce que ferait le couturier en la découvrant, installée de la sorte dans son fauteuil, endormie. Peut-être irait-il chercher une couverture qu'il lui mettrait dessus? Peut-être devinerait-il qu'elle faisait semblant de dormir? Peut-être l'ignorerait-il comme il avait commencer à la faire peu de temps avant de disparaître dans son arrière boutique?
Elle se posait beaucoup de questions et se plaisait à imaginer toutes les possibilités de réactions du magicien.

Jun trouvait que Mitsuko se comportait un peu bizarrement. Normalement, elle menait toujours la danse, sans laisser aucune possibilité à son adversaire de gagner mais là...c'était différent. Il avait l'impression qu'elle le testait ou cherchait juste à mieux le connaître en observant ses réactions.
Il la trouvait vraiment perverse de jouer ainsi mais il savait qu'il aurait aimé qu'elle joue comme cema avec lui. Malheureusement, ils ne pourraient jamais se trouver côte à côte dans la même pièce. Jun pensait qu'il était le soumis et que Mitsuko était la dominante dans leur duo. Elle l'avait toujours mené par le bout du nez et il faisait toujours ce qu'elle voulait. Mais, contre toute attente, le jeune homme savait aussi que Mitsuko aimerait trouver quelqu'un plus doué qu'elle à ce petit jeu. Cependant, ce voeux était semblable à un fantasme et la sorcière ne le laisserait pas se réaliser.

Mitsuko ne faisait pas attention aux pensées de Jun car ça lui arrivait souvent de songer à des choses sans importances ou complétement érronées.
En fait, actuellement, elle parcourait dans son esprit des paysages magnifiques qu'elle avait pu contempler dans sa vie. La vérité était que, même étant maléfique, Mitsuko savait apprécier ce qui était beau. Elle se rappelait ce ciel orangé se refletant sur l'océan...un couché de soleil était toujours unique et magnifique...de même qu'un levé de soleil. Mais la jeune femme aimait également la nuit...des images et des sons parcouraient son esprit, tel le son de la pluie qui tombe au loin et qui se rapproche petit à petit de là où on se trouve.

A force de faire semblant de dormir, elle se trouvait dans un espèce d'état se trouvant entre l'éveil et le rêve et elle ne remarqua pas que la pluie qu'elle entendait dans ses souvenirs s'abbattait maintenant également à l'extérieur de l'atelier Shidori, plongeant le continent du matin calme dans un apaisement où seul le bruit de la pluie tombant sur le sol et sur les habitations se faisait entendre. Il y avait également une odeur spéciale, propre à la pluie, une odeur un peu humide mais en même temps chaude, une odeure de terre qui avait brillé au soleil matinal jusqu'à maintenant et qui se retrouvait maintenant innondée...

Mitsuko entendait toujours les bruits près d'elle, dans l'atelier, se demandant depuis combien de temps elle était ici. Elle se sentait bien, détendue...
Peut-être était-ce imprudent mais elle avait envi de tenter le coup. Elle était à la merci du magicien qui lui confectionnait surement à l'heure actuelle une magnifique robe et, pour tout avouer, elle aimait ça.


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MessageSujet: Re: Un matin comme les autres ? [Terminé]   Un matin comme les autres ? [Terminé] EmptyMar 17 Aoû 2010, 22:42

Le personnage silencieux, à la fois énigmatique et mélancolique, que j'avais endossé ne brillait pas par son imagination et avait l'air de manquer cruellement d'inspiration. En effet, un nombre déjà conséquent, mais qui pourtant ne cessait d'augmenter, de feuilles froissées envahissait mon bureau.
Et, alors que je cherchais désespérement une idée lumineuse pour m'aider à créer un vêtement qui en valait la peine, derrière moi avait lieu un improbable spectacle. En effet, ma magie ne cessait de se mettre à l'oeuvre afin de confectionner une robe à l'image de celle qui restait inlassablement gravé dans mon esprit, comme si, malgré moi, les sentiments que le véritable Orion éprouvais et que j'avais essayé d'enfouir au plus profond de mon être s'exprimaient au travers de mes pouvoirs.

Ainsi, mon don de transmutation transforma donc d'abord le morceau de soie rouge en une robe bustier parfaitement ajustée, cela va de soi, aux mesures si durement acquises de la sorcière, et qui était à la fois insolente et aérienne de part son décolleté enjoleur et sa jupe légère, mais aussi d'une élégance peu commune avec des drapés qui lui donnaient une forme unique et réffinée.

Ce fut ensuite ma maîtrise de la glace qui poursuivit cette oeuvre d'art en changeant l'eau du verre situé sur mon bureau en une multitude de petits glaçons étincelants.
Le contrôle du feu vint s'y méler afin d'enfermer ces minuscules écrins de glace une flamme rougeyante, volée aux bougies qui éclairaient mon plan de travail, puis la magie blanche se chargea de rendre ces diamants ephémères éternels.
Ainsi jamais la glace ne devait fondre et jamais la flamme qui y était emprisonnée ne pourrait s'éteindre.
Puis, toujours par l'action de la magie, le millier de ces petites pierres précieuses vinrent se répandre sur la robe comme si de nombreuses goutelettes de feu ruisselaient sur le tissus d'une incroyable finesse de la robe.

Ma magie capable de créer une barrière magique vint apporter la touche finale à ce vêtement d'exception en impregnant chaque fibre de la précieuse étoffe de ce pouvoir de protection.
C'est ainsi que cette création, bien plus que d'être uniquement une tenue à l'incroyable splendeur, était devenue un bouclier capable de proteger celle à qui cet écrin était destiné.

Le résultat était saisissant car, autour de la robe sur laquelle perlait la multitude de gouttes enflammées, des volutes dorés de magie dansaient, ensorcelants, reflètant ainsi la protection magique qu'offrait ce vêtement merveilleux.
J'esquissai alors un sourire mais c'était un sourire empreint de tristesse car une image venait d'apparaîte dans mon esprit, celle de la sorcière qui me hantait, son irrésistible sourire ornant ses lèvres délicates, pendue au bras d'un homme dont le visage ne m'était pas visible et qui devait sans doute être l'être cher de la damoiselle.
Je ne savait pas pourquoi cette image faisait naître en moi ce semblant de tristesse amère ou plutôt je ne voulais pas le savoir.

Et, alors que je froissai un énième feuille, toujours insatisfait de mes dessins, ma magie se remit à l'oeuvre mais, cette fois, elle ne refletait plus un enthousiasme léger, comme lors de la confection de la robe, mais plutot de la résignation.
C'est ainsi qu'un morceau de la même soie rouge que la tenue de la sorcière devint une chemise ceintrée et élégante, et que deux morceaux de soie blanche se transformèrent en une veste queue de pie et en un pantalon droit.
Sur ce costume vinrent se parsemer la multitude de gouttes enflammées immortalisée par ma magie blanche et scellant ainsi le lien entre les deux vêtements et donc, inévitablement et à mon grand désarroi, celui entre les deux personnes à qui ils étaient destinés.

Puis vint enfin mon pouvoir capable de créer un bouclier magique qui se mit à l'oeuvre non pas dans le but de protéger cet homme que je ne connaissais pas, mais de protéger quelqu'un qui comptait énormément aux yeux de la sorcière que je ne voulais jamais voir triste.
C'est ainsi que, dans mon arrière boutique, derrière moi, trônaient comme deux chefs-d'oeuvres la robe et le costume parfaitement assortis l'un à l'autre, tous deux enlacés par des volutes dorés de magie.

Cependant, dès l'instant où ma magie eut fini la confection de ces deux splendides ecrins, elle cessa également de les faire flotter dans les airs pour les laisser tomber sur le sol et ainsi les laisser se froisser ou pire, se salir.
Heureusement, je fus le plus rapide, abandonnant le pathétique personnage que j'incarnais et donc par conséquent mon bureau, pour m'emparer délicatement des créations que ma véritable personnalité avait confectionné par l'intermédiaire de ma magie, exprimant ainsi les sentiments que j'éprouvais au fond de moi.
Délicatement je les pliai puis les emballai dans un papier noir qui les protègerait. Je les disposai ensuite dans une boîte rouge sur laquelle était gracieusement écrit "Shidori".

Une fois mes créations à l'abri, je déposai le paquet sur mon bureau, au milieu de toutes les feuilles froissées, et je sortis dans le jardin pour réfléchir calmement à l'étrange rencontre qui me troublait tant.
Cette sorcière à l'allure si angélique avait réussi là où tout le monde avait échoué avant elle : elle était parvenue à évincer d'un battement de cils ma carapace qui me protégeait grâce aux milles émotions derrières lesquelles je pouvais à tout instant me cacher, dévoilant ainsi au grand jour ma véritable personnalité.
Et ce que j'avais prédit c'était finalement réalisé : si elle parvenait à me voir tel que j'étais réellement, alors elle pourrait faire absolument tout ce qu'elle veut de moi. En effet, j'avais maintenant le sentiment de vouloir lui appartenir car cela faisait si longtemps que je n'avais personne à qui me raccrocher.
Voilà le risque encouru lorsque mes faiblesses reprenaient le dessus : j'étais facilement manipulable et contrôlable tellement le véritable Orion avait désespérement besoin d'attention.

Et, alors que je ruminais ces noirs pensées, une pluie battante commença à se déverser du ciel qui était devenu d'un gris aux multiples nuances. Je serais bien vite trempé mais peu m'importais car un importantt duel faisait rage à l'interieur de moi, retenant toute mon attention.
D'un côté, une voix autoritaire me disait d'oublier cette sorcière et de revêtir ma carapace, endossant ainsi un autre personnage, alors que de l'autre côté, une petite voix me murmurait de laisser, pour une fois, mes véritables sentiments me guider. Mes véritables sentiments? Ils semblaient me crier de courir la rejoindre dans ma boutique mais hélas, il était évident qu'elle n'y était déjà plus.
Et alors que j'allais faire taire cette petite voix en incarnant un nouveau personnage, le visage irésistiblement angélique de la sorcière réapparut dans mon esprit, faisant ainsi voler en éclat mes dernières défenses et m'apportant une seul certitude : je voulais la voir.

Sans me poser de questions, je courus dans ma boutique, espèrant de tout coeur qu'elle y soit toujours pour que je puisse, une fois encore, me perdre dans ses yeux.
J'avais laisser ma carapace derrière moi mais, de toute façon, à quoi bon endosser des émotions qui n'étaient plus crédibles face à elle.
Une fois à l'intérieur du magazin, je constatai, à mon grand soulagement, que la damoiselle était toujours présente, paisiblement endormie sur un fauteuil.
Elle avait l'air si fragile, si vulnérable . . .

Poussé par un instinct protecteur, je voulus enlever ma veste pour délicatement la déposer sur la demoiselle, lui évitant ainsi d'avoir froid. Malheureusement, mes vêtements étaient trempés à cause de la pluie battante qui continuait d'ailleurs de tomber toujours aussi fort.
Je me précipitai donc dans l'arrièe boutique pour y chercher une étoffe pouvant éventuellement faire office de couverture. Je trouvai un morceau de cachemir d'une douceur irréelle qui ferait sans doute très bien l'affaire.
J'en profitai également pour prendre la boîte rouge contenant les commandes de la sorcière et revins dans le magazin.
Je la recouvris donc du tissus et déposai son paquet à côté d'elle.
Je me dirigeai ensuite vers le comptoir de la boutique où je m'accoudai, attendant qu'elle se réveille et veillant sur elle, mes yeux ne pouvant se détacher de son visage parfait.

Une voix fit alors à nouveau irruption dans mon esprit mais celle-ci semblait bien moqueuse.

Crois-tu que cette demoiselle soit attirée par tes faiblesses ?
Si tu veux l'interesser tu ferais mieux de continuer ton manège en changeant constamment d'émotions.
Tu n'as rien à y perdre car de toute façon, tu sais aussi bien que moi que le véritable Orion n'a été et ne sera jamais capable de rien.


Les paroles de cette voix étaient cruelles mais en même temps empreintes de la dure vérité, aussi désagréable à entendre soit-elle : qui pourrait s'interesser au véritable Orion, faible, peureux, incapable?
Je me résignai donc à endosser un nouveau rôle mais cette fois ce n'était pas pour me protéger mais pour tenter de plaire.
C'est ainsi que je devins un personnage malicieux et provocateur dans le regard mais enfantin et naïf dans l'attitude.
Et, alors que je priais pour qu'à son réveil, la sorcière s'interesse à ce nouveau Orion que j'avais confectionné spécialement pour elle, la petite voix moqueuse apparut de nouveau dans mon esprit.

A trop vouloir aller plus haut on finit toujours par se brûler les ailes . . .
Tu ne pourra pas dire que tu n'étais pas prévenu . . .
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Anya Eorgor
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MessageSujet: Re: Un matin comme les autres ? [Terminé]   Un matin comme les autres ? [Terminé] EmptySam 21 Aoû 2010, 12:34

Jun songeait. Oui. L'état actuel de Mitsuko lui en donnait l'occasion et il ne saurait dire pourquoi mais il se rappela une dispute qu'il avait eu avec la sorcière. Celle-ci avait décidé de séduire un rehla qui pouvait lui en dire beaucoup plus sur son ascendante de part sa sagesse et son ancienneté. Le soucis est que cette fois ci, le rehla s'était vraiment pris au jeu de cette jeune femme blonde, soi-disant ange, qui voulait en savoir plus sur les forces obscure pour être sûre de ne jamais devenir déchue. Bien sûr, ce rehla savait que leur relation ne pourrait jamais aller bien loin vu l'attitude et le physique de cette jeune femme incarnant magnifiquement ce qu'était la pureté. Mitsuko, elle, savait parfaitement ce qu'elle faisait et se plaisait à le voir s'enfoncer dans les profondeurs de l'amour qui causerait sa perte future.

Jun, lui, ne pouvait supporter cela une seconde de plus et c'est ainsi, qu'un soir, au manoir, il se décida à lui dire clairement ce qu'il pensait. Ce soir là, la sorcière n'était pas dominante mais lui oui. Il avait son corps et elle se contentait d'une place dans le cerveau du jeune homme. Il semblait donc avoir l'avantage. Mais ce ne fut pas le cas. L'esprit, après avoir crié ce qu'il pensait à Mitsuko, après s'être emporté contre cette femme si cruelle mais qu'il n'arrivait pas à haïr, après avoir vidé son sac, eut l'impression qu'il avait eu tord. Elle lui avait répondu calmement et briévement mais avec des mots crus et des injures qui avaient encore plus énervé Jun. Il était sûr que si Mitsuko s'était trouvée devant lui à cet instant là, il l'aurait giflé. Le soucis c'est que le jeune homme, une fois que la colère fut retombée, éprouva des remords. Oui, il regrettait de s'être emporté de la sorte, il regrettait d'avoir dit des mots qu'il ne pensait pas et se sentait si coupable qu'il en aurait presque pleuré à se moment là. Et c'est cela qui fit que ce fut la sorcière qui gagna finalement cette dispute parce qu'elle n'éprouvait pas le moindre remord.

Dès lors, il avait sû qu'il n'y avait pas beaucoup de sentiments qui pouvaient se vanter d'être éprouvés par Mitsuko sauf si elle le voulait comme à présent, dans l'atelier Shidori, là, assise dans ce fauteuil, dans le calme le plus absolue que seuls les battements de la pluie troublaient.
Seulement, dans le contexte actuel, où l'esprit de la sorcière semblait en pause, celui de Jun ne cessait de penser à Orion et à cet étrange relation qui s'était installée. "Hantant" Mitsuko depuis qu'elle était née et sa mère avant elle, Jun se plaisait souvent à se dire qu'il était celui qui la connaissait le mieux. Il savait donc que, souvent, elle jouait un jeu jusqu'au bout. Soit elle se faisait féline et séductrice, soit elle se faisait pure et innocente...mais aujourd'hui, elle avait dansé entre les deux et il se demandait ce que cela voulait dire. Que représentait ce magicien pour elle? Une victime? Un animal de compagnie? Un esclave? Un jouet? Il ne savait pas et l'accès aux pensées de la belle lui était refusé depuis un petit moment, ce qui n'arrivait pas souvent. Jun était jaloux et il n'arrivait pas à comprendre pourquoi. Il détestait ce magicien et il n'avait qu'une envie : que Mitsuko décide de sortir de cet endroit le plus vite possible et qu'elle ne revoit plus jamais cet homme blond.

Jun avait en effet pour mission de protéger la sorcière et autant dire qu'il prenait cela très à coeur même s'ils ne s'entendaient pas vraiment. Il l'aimait, ça c'était sûr. Quel amour exactement? Ca s'était moins sûr et presque indéchifrable car leur relation était aussi enigmatique. Il savait très bien qu'un amour charnelle ne pouvait se faire entre eux...il savait aussi que Mitsuko n'éprouvait rien pour lui à ce niveau là. Parfois c'était dur, certe, mais il était heureux parce qu'il était toujours avec elle, même s'il en était souvent blessé. En particulier lorsqu'elle prenait certaines libertés avec des hommes, des libertés qui n'allaient pas très loin car, encore une fois, la jeune femme perdait tout intérêt à la chose après la phase de séduction. Souvent, il se disait qu'il s'en fichait parce qu'eux n'étaient qu'ephémaires, lui l'avait pour toujours. Ca avait été pareil au début ici. Il avait bien vu que cela contrariait le couturier que Mitsuko lui demande un costume pour un être cher et Jun s'était dit que ce serait lui qui porterait le costume, lui et lui seul. Mais maintenant, il était jaloux d'Orion...jaloux quand il l'avait senti revenir de son arrière boutique puis repartir pour enfin ramener une couverture à Mitsuko qui faisait semblant de dormir...Mitsuko qui avait apprécié ce geste et la douceur du tissu...Mitsuko qui se moquait de lui et de ses pensées qu'elle jugeait stupides en silence...

La jeune femme avait en effet fait le vide dans son esprit, n'écoutant que le bruit de la pluie...un bruit si plaisant, tout comme celui du tonnerre au loin dont on peut contempler les éclairs assis dans un fauteuil face à une fenêtre. Elle aimait les bruits de la nature et elle aimait ce fauteuil dans lequel elle était assise depuis un petit moment déjà. Seulement, elle n'aimait pas du tout les pensées de Jun qui, soyons franc, gâchaient un peu l'atmosphère qu'elle avait créée en l'absence d'Orion. Lorsqu'elle l'entendit revenir, elle écouta le bruit léger de ses pas, examina leur direction et sû qu'il la cherchait. Elle sourit intérieurement, amusée par les réactions de cet homme. Elle l'entendit repartir puis revenir quelque temps après. Et lorsque la sorcière sentit l'étoffe lui caresser doucement la peau, elle en éprouva des frissons.
Le magicien posa quelque chose à ses côtés et elle devina qu'il avait finis de lui tailler l'ensemble qu'elle lui avait demandé et l'avait probablement mis dans une boîte magnifique. Elle se sentait un peu épiée mais ça ne la dérangeait pas et elle se plaisait à donner une belle image au magicien, une image dont il se rappelerait longtemps, une image qui hanterait ces nuits, une image qui l'obséderait tellement qu'il serait près à faire n'importe quoi pour la contempler de nouveau en vrai.

Mais Mitsuko avait d'autres projets pour la journée et même si elle aurait pu rester ici longtemps, elle devait se contraindre à ouvrir les yeux. Ce qu'elle fit donc, découvrant le couturier au comptoir de sa boutique, ses yeux rencontrant immédiatement ceux du magicien qui étaient posés sur elle. La sorcière lui sourit en le contemplant longuement, comme finissant de se réveiller. On n'aurait pu dire ce qu'il se tramait dans sa tête mais après un instant, elle se leva, ôtant la douce etoffe de son corps, une étoffe qui sentait à présent son parfum. Elle la plia délicatement et la posa sur le dossier du fauteuil, prenant ensuite la boîte rouge qui lui était destinée pour la positioner à l'endroit même où elle était assise quelques secondes plus tôt. Lentement, elle se dirigea vers Orion, prenant place en face de lui avec comme seule séparation le comptoir du couturier. Elle le regardait toujours, de ses yeux curieux et amusés...elle le sondait, essayait de savoir s'il jouait un nouveau jeu ou non, s'il avait endossé une nouvelle personnalité...elle se mordit la lèvre inférieure puis détourna le regard, semblant d'un coup embêtée. Elle finit par déclarer sans parler le moins du monde du fait qu'elle se soit assoupie dans le fauteuil du jeune homme, ou même le remercier pour l'étoffe :

"Il semblerait que j'ai omis d'apporter de quoi payer."

C'était vrai en plus. Elle avait fais le voyage jusqu'ici qu'avec cette tenue et n'avait point amené de sac ou autre. La jeune femme regarda le magicien dans les yeux de nouveau sans se laisser troubler le moins du monde par les pensées négatives de Jun qui venait de comprendre que les deux seraient amenés à se revoir.

"Hum...j'habite près de l'antre des damnées, une très vieille demeurre que l'on peut observer d'assez loin. Je sais que l'endroit n'est pas très sûr mais je peux remédier à cela."

Elle était restée un peu vague sur son idée mais finit par la préciser davantage.

"J'aimerai que vous vous rendiez chez moi en ce jour la semaine prochaine. Là bas, je vous donnerai la somme que je vous dois et si vous le souhaitez, vous pourrez rester dîner. Néanmoins...j'aimerai que, ce jour, je retrouve l'homme que j'ai entre-apperçut il y a quelques temps."

Jun n'en revenait pas. Jamais elle n'avait fais pareil chose...non, jamais elle avait pris le risque d'inviter une personne au manoir de la reine déchue avant. Certe, elle avait organisé une réception un jour mais cette dernière avait été masquée, de façon à ce qu'elle garde son identité secréte. L'esprit de la sorcière ne laissait aucune pensée filtrer et Jun était totalement perdu. Que voulait-elle obtenir du magicien à la fin? Souhaitait-elle le torturer moralement? Physiquement? Souhaitait-elle l'entrainer dans une valse de plaisir charnelle? Il allait devenir fou si elle continuait d'agir ainsi, sans lui donner la moindre information sur ses intentions.

Mitsuko aurait bien fait taire Jun mais, malheureusement elle ne le pouvait pas. En tout cas, le message qu'elle avait communiqué à Orion était clair : elle voulait le voir lui et non un de ses personnages. Elle ajouta pour finir :

"J'enverrai quelqu'un vous chercher à l'entrée de l'antre des damnées avant que le soleil ne disparaisse à l'horizon. Une fois le soleil couché, je prendrai votre non venue pour un refus. Si vous choisissez de venir, vous aurez le plaisir de me voir dans la robe que vous avez créé aujourd'hui."

Sans plus un mot ni sans attendre une réponse, la jeune femme se dirigea vers le fauteuil, prenant possession de la boite qui lui était destinée, et fit quelques pas en direction de la porte. Elle s'arrêta et se tourna vers Orion, le regardant une dernière fois avant de quitter l'atelier. Là, elle lui murmura doucement ces paroles, sur un ton légérement énigmatique, même si les propos, eux, ne l'étaient pas :

"Je compte sur vous"

Tournant de nouveau la tête vers la sortie, elle disparut. Sa venue dans l'atelier Shidori n'était plus qu'un souvenir du passé. Son parfum devait encore flotter ici et là et le couturier devait surement se poser bien des questions. Et il n'était pas le seul car Jun aussi restait dans l'incompréhension la plus totale quant aux intentions de la jeune femme. Celle-ci n'avait même pas prit le temps de contempler les créations du couturier.
En fait, la raison était simple : elle savait que ce qu'elle découvrirait dans la boîte serait à la hauteure de ses espérances. Elle ne doutait pas que la découverte de l'ensemble pourrait même les surpasser. Et c'est pour cela qu'elle préférait attendre...attendre que le désir de porter ses vêtements, de les voir, de les sentir, attendre qu'il soit si grand qu'elle ne puisse plus résister à la tentation, qu'elle soit obligée de craquer, succombant à ce désir.

Car si un instant peut faire naître un sentiment, le temps de l'attente, lui, l'épanouit encore et encore au point de créer le désir...le désir qui nous hante, nous obséde jour et nuit, un désir insuportable...un désir qui nous pousse vers l'avenir.


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MessageSujet: Re: Un matin comme les autres ? [Terminé]   Un matin comme les autres ? [Terminé] EmptyVen 27 Aoû 2010, 18:03

Je n'aurais pas pu dire combien de temps j'étais resté là, immobil, à la regarder, si paisiblement endormie. J'aurais juste aimé que cela dure, encore et encore, que le temps s'arrête pour garder cet instant eternel. Un instant où rien que le fait de la contempler, elle qui avait l'air en ce moment précis si sereine et si apaisée, me ravissait l'esprit au point que j'en venais à redouter plus que tout l'instant du réveil qui viendrait inéluctablement briser ce rêve éveillé qui ne resterait pour moi qu'un souvenir obsedant.
Bien sûr cette image serais gravée à jamais dans mon esprit mais quoi de plus cruel, finalement, que le fait qu'un moment si parfait ne reste plus qu'un souvenir, ne vous laissant qu'un gout amer de frustration et d'inachevé, hantant vos jour comme vos nuit et ne vous faisant vivre que pour vivre ce moment à nouveau.
Et alors qu'inlassablement mes yeux se ravissaient de la contemplation de cette ensorcelante jeune femme, la petite voix moqueuse de mon esprit revint semer son venin.

Regarde à quel point tu es pathétique.
Tu te laisse envouter alors que c'était peut-être le moment où tu pouvais espérer te délivrer de son emprise.
Tu aurais du de mettre une laisse autour du coup, ça m'aurait évité de te voir dans cet état d'écoeurante béatitude.


Mais qui était-elle dont pour ainsi gacher ce moment si agréable, empreint de sérénité et de beauté?
Si je n'avais pas été déjà prisonnier du charme de la sorcière, j'aurais su, au fond de moi, que cette petite voix n'était autre que la facette méfiante de ma véritable personnalité qui tentais de me secourir et de me protéger.
Malheureusement, son acharnement était vain car tout le reste de mon être s'était laissé envouté par cette femme. En effet, toutes mes craintes et mes angoisses, au lieu de m'éloigner d'elle, m'avait poussé dans ses bras ne laissant plus aucune place à la méfiance qui, finalement, en était réduit à une petite voix moqueuse et sardonique qui ne pouvait plus que s'époumoner dans mon esprit sans pour autant obtenir de resultat et me libérer du charme de la damoiselle.
C'est donc ainsi que je fis taire la petite voix pour ne plus être déranger dans ma contemplation de la beauté parfaite de la jeune femme qui, je n'en doutais pas hanterais mes rêves et mes cauchemars, ne me laissant plus un seul instant de répis, me rendant dépendant de sa présence.

C'est ce moment précis que choisit la damoiselle pour se réveiller, brisant enfin l'insant merveilleux que je vivais et que j'aurais encore voulu vivre pendant longtemps. J'avais envie de hurler, de lui crier de se rendormir mais je n'en fis rien car aussitôt ses yeux ouvert, son regard s'était plongé dans le mien, me faisant frissonner jusqu'aux tréfonds de mon être et réduisant ma colère soudaine à néant. Et comme si cela ne suffisait pas pour s'assurer une emprise total sur moi, elle me sourit, ne me quittant pas de ses yeux rosées.

C'est alors qu'elle enleva le morceau de cachemir qui recouvrait son corps, elle se leva et déposa l'étoffe d'une douceur irréelle sur le dossier du fauteuil après l'avoir soigneusement pliée.
Elle prit ensuite la boîte rouge contenant les créations issues de ma magie, des véritables trésors à l'image de cette sorcière ensorcelante et la posa à l'endroit même où elle s'était assoupie.
Elle se dirigea alors vers moi, lentement.
Je retins mon souffle, n'osant plus respirer, plus bouger, me mettant à sa merci.

Le comptoir fut bientôt la seule frontière qui nous séparait et la damoiselle semblait s'amuser de cela car ses yeux brillait d'une lueur amusé et énigmatique.
C'est alors que, pour mon plus grand désarroi, elle détourna le regard, se mordant la lèvre inférieur, comme si quelque chose la génait soudain.

"Il semblerait que j'ai omis d'apporter de quoi payer."

Mon coeur fit un bond dans ma poitrine, si violent que j'en serais presque tombé à genoux sur le sol car ces paroles sonnaient à mes yeux comme une délicieuse et dangereuse promesse signifiant que je ne tarderais pas à la revoir.
Et alors que, tout bouleversé par cette alléchante perspective qui comblait mes rêves les plus fous, elle reprit la parôle.

"Hum...j'habite près de l'antre des damnées, une très vieille demeurre que l'on peut observer d'assez loin. Je sais que l'endroit n'est pas très sûr mais je peux remédier à cela."

"J'aimerai que vous vous rendiez chez moi en ce jour la semaine prochaine. Là bas, je vous donnerai la somme que je vous dois et si vous le souhaitez, vous pourrez rester dîner. Néanmoins...j'aimerai que, ce jour, je retrouve l'homme que j'ai entre-apperçut il y a quelques temps."

Elle venait de confirmer ce que je m'étais pris espérer des l'instant où elle m'avait déclaré qu'elle n'avait pas de quoi payer.
Si je m'étais écouté, j'aurais sauté de joie comme un enfant de savoir que nous étions ammené à nous revoir. Seulement voilà je ne pouvais pas m'écouter, tous mes sens n'ayant d'yeux que pour elle.
La seule ombre au tableau était qu'elle voulait me voir telle que j'étais réellement si bien que naquit en moi une peur irraisonnée : celle que celui que j'étais soit rejeté, ne comblant pas ce qu'elle pouvait attendre de moi, si tenté qu'elle attende vraiment quelque chose de l'humble magicien couturier que j'étais.

"J'enverrai quelqu'un vous chercher à l'entrée de l'antre des damnées avant que le soleil ne disparaisse à l'horizon. Une fois le soleil couché, je prendrai votre non venue pour un refus. Si vous choisissez de venir, vous aurez le plaisir de me voir dans la robe que vous avez créé aujourd'hui."

Sans un mot de plus, elle se dirigea alors evrs le fauteuil pour reprendre la boîte rouge qui lui était destinée puis se dirigea vers la porte.
Avant de la franchir, elle se tourna vers moi, m'accordant l'ultime regard qui devait m'enchainer à elle.
Elle me murmura alors des paroles sur un ton énigmatique, des mots qui resterait gravé dans mon esprit.

"Je compte sur vous"

Tournant de nouveau la tête vers la sortie, elle disparut.
Elle m'avait filé entre les doigts alors que j'aurais tant voulu la retenir, ne serait-ce qu'une seconde de plus. Seulement voilà, j'étais resté là, sans rien faire, sans bouger, ne pouvant que la regarder, et je l'avais laissé partir.
J'étais maintenant seul et Dieu que la solitude est douloureuse quand on aspire à être tout près de quelqu'un.

Démuni, je me dirigeai alors vers le fauteuil pour reprendre le cachemir et le ranger dans ma réserve de tissus dans l'arrière boutique. Cependant, au moment de le saisir, le parfum enivrant de la jeune femme qui impregnait maintenant l'étoffe me fit tourner la tête presque à m'en fair défaillir.
Je serrai alors ce morceau de tissus qui avait été en contact avec son corps tout contre moi.
Oui je serais là même si pour cela je devais me montrer tel que j'étais réellement et au diable mes appréhensions car tout ce qui comptait en cet instant précis, c'était de revoir cette sorcière qui n'évait pas fini de me hanter . . .
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