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Saphira ~ Apprenti Magicien ~


   Age : 16 Inscrit le : 28 Juil 2006 Messages : 40 Camp : Bénéfique.
| Sujet: Blanc Sur Noir [Libre] Jeu 4 Oct - 23:59 | |
| Le silence était presqu'absolu. Des pas déterminer résonnait dans l'air pour se dissiper dans un infini bordé par une brise d'automne. Les feuilles des arbres qui bordaient le cimetière éclatait de leur couleur diverse sous le crépuscule. Le vert intense de la nature cédait sa place à un décor plus triste, plus mort mais qui en même temps était magnifique. Les grands érables éclatait d'un orange ou d'un rouge vif et se laissait border par le doux vent qui apporter une légère odeur indescriptible. Une odeur froide, annonçant l'approche de l'hiver. Dans cette arc-en-ciel de rouge et d'orange, quelque sapin ou épinette rebelle se dressait fièrement, criant leur capacité à survivre au température hivernal de leur épine toujours d'un vert profond, tendre. Un rideau d'un feuille séché se promenait sur le sol, suivant les courants des murmures lointain de l'hiver. Quelque nuage gris flottait au dessus du paysage donnant de l'ampleur à toute la tristesse que ce cimetière avait dû accueillir, supporter. Un quartier de lune était bien en place, fixe, il semblait attendre le départ définitif du soleil pour pouvoir enfin régner le temps d'une nuit sur un monde de plus en plus sombre.
Une femme toute de blanc vêtu, longeait la grande grille empêchant un accès incontrôler à la terre des morts. Elle était tout aussi silencieuse que la nature, avançait avec détermination sans se préoccuper de toute évènement extérieur, regardant droit devant. Envahi d'une peine immense et d'une colère apaiser, la femme avait un visage impassible, peut-être même vitreux, comme si elle était hypnotiser par un but ou une ardeur quelconque. Cette femme mystérieuse était une magicienne, un de ces êtres qui peuvent utiliser une magie dites blanches, la magie des êtres bénéfique. Curieusement elle ne semblait pas porter attention aux certains dangers qu'elle courait en cette endroit de recueil, un sortilège empêchant les êtres bons de se défendre en utilisant leur capacité magique. Peut-être aussi qu'elle l'ignorait tout simplement. Bref, cette femme tourmenté atteignit une immense structure de fer rouiller par la pluie. Des motifs aux allures de bêtes étranges ornaient celle-ci, majestueusement. Ces artéfacts donnait un certain cachet à toute cette clôture métallique, comme si on voulait nous laisser croire que nous allions pénétrer dans un lieu hautement important, cherchant à imposer une certaine puissance. Cette immense structure était en fait le portail principal de l'endroit. Là où la plupart des visiteur entrait, là où est-ce que le corbillard pénétrait le lieu fin d'y déposer un cadavre, un de plus. La main de la magicienne se posa doucement sur un des barreaux de la porte, celui-ci était froid et sec. D'une légère poussé, la dame ouvrit le portail ce qui produisit un grincement infernal. Seul bruit qui brisa le parfait silence dans lequel baignait la dame depuis déjà un bon moment. Sans prendre la peine de le refermer, la magicienne poursuivit son chemin sur l'allée principal de l'endroit, composé d'un pavé noir à moitié disparu sous les feuilles ou bien arracher par l'usure. Personne ne semblait vraiment prendre soin de ce lieu, en fait, personne ne semblait tout simplement le visiter pour autres chose que de vils sortilège lors des soirs de pleine lune. La mémoire de nos ancêtre était donc si peu importante? Après tout, c'était bien eux qui nous avait nous enseigner, eux qui ont bâtit un monde merveilleux que la nouvelle génération prend un malin plaisir à détruire, toujours en quête du pouvoir absolu.
Saphira, tel était le nom de la magicienne, était toujours silencieuse et semblait guidé par une force supérieur. En fait, elle aussi était venu ici dans un but précis, ignorant les multiples tombent qui se dressait devant elle. Elle voulait retrouver son fils, ils avaient été durement séparé, des décennie plus tôt. Pourquoi le cimetière? Elle l'ignorait, l'instinct maternelle pourrait s'avérer une bonne réponse. La dame bifurqua alors soudainement, surprenant des spectateurs invisibles. Un petit groupe de monarque s'envola près d'elle pour aller se déposer sur une tombe qui ressortait de l'ordinaire. Kazuki qu'il y était inscrit. Ce n'était pas une des reines de ce monde? Elle serait alors morte? Peut-être tout simplement disparu. Il s'était passer tellement de chose depuis son départ que ce qui ce passait dans le pays affectait à peine la magicienne. À quoi bon s'intéresser à quelque chose que ne la regardait que de loin? Oui elle sera toujours là en temps de crise, mais sinon à quoi servirait-il de pleurer une personne qu'elle n'a jamais vu si ce n'est qu'en photo?
C'est devant un grand chêne que la femme s'arrêta finalement. D'immense racine ressortait de la terre et lui aussi commençait lentement à perdre ses feuilles, à changer de couleur, ne pouvant résister à la force écrasant de l'hiver qui approche. Son fils n'était peut-être pas là, mais il y avait été et cela signifiait qu'elle était sur la bonne voie. Elle s'accroupit et pris une petite poignée de sable glacé qu'elle fit glisser lentement entre ses doigts. Une petit nuage se souleva alors avant de retomber sur le sol un peu plus loin. Saphira soupira alors, non pas de mécontentement mais un brin d'espoir naissait maintenant en elle. Elle se releva lentement sans regarder autour, fixant toujours devant elle, les deux bras allongée de chaque coté de son corps fin. Fermant les yeux, elle fit le vide dans son esprit, espérant ainsi augmenter les chances d'avoir une prémonition qui pourrait l'aider, la guider vers sa prochaine destination.
Soudainement la porte du cimetière se referma rapidement. Si vite, que le son qui s'en suivit était affreusement intense, fort et résonna plusieurs secondes dans l'air qui était si paisible. À part ses paupières qui 'souvrit, rien de la magicienne ne bougea. Sans sourciller, la dame était maintenant à l'écoute du moindre petit son, de moindre indice que pourrait lui indiquer pourquoi le portail se serait refermer avec autant de force. Tout ce qu'elle savait, c'est que ce n'était surement pas le vent, qui l'aurait refermé bien avant qu'elle ne ferme les yeux. Sachant qu'elle n'avait aucune défense magique, Saphira était un peu effrayé mais restait dans la même position, sans montrer son éventuelle crainte, fixant toujours le grand chêne devant elle. _________________ - Pouvoirs : Télépatie, Voler, Magie Blanche, Projection Astral, Prémonition
- Armes : Baton, Poignard |
|  | | Akuma ~ Arbitre ~


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| Sujet: Re: Blanc Sur Noir [Libre] Mar 16 Oct - 21:58 | |
| Ce jour-là, Akuma avait à nouveau rempli son sac de statuettes et était partie dans la ville. Elle ne voulait perdre de temps à marcher, elle alla se poster dans le coin où un pentacle restait éternellement dessiné, repassé régulièrement pour ne pas qu’il s’effaçât. La sorcière, d’un geste agacé, avait calé son sac sur son épaule puis était partie. En silence. Sans la moindre trace. Un pouvoir excédant dans l’harmonie. L’harmonie. C’était ce que la sorcière recherchait depuis maintenant longtemps. Elle s’était entraînée, mine de rien. A présent, elle savait manier ses sorts avec fluidité, cacher son aura et celle de Kan’pa en même temps. Elle savait aussi faire apparaître une multitude de ce qu’on avait tendance à appeler des Boules de Feu Bleu. Mieux, elle avait réussi à unir neige et magie noire, formant une magie des neiges redoutable mais finalement peu compliquée. Théoriquement. Car emplir des centaines de mètre sous une tempête alourdie par une aura noire ayant pour but d’accentuer et d’accélérer la pénétration du froid dans un ou plusieurs corps, ce n’était pas aussi facile que cela paraissait pour quelqu’un qui débutait en la matière. Unir deux magies à l’apparence totalement différente, c’était original… Peut-être. En tout cas, peu procédaient ainsi. Mais ce n’était pas vraiment la pensée de la jeune sorcière qui passa une après-midi particulièrement agaçante. Elle se sentait d’humeur massacrante, sans aucune raison. Et les clients maladroits qui firent chuter des figurines de pierres, provoquant ainsi leur perte, ne firent que décupler cette mauvaise humeur. Un enfant qui n’arrêtait pas de tourner autour du stand de la demoiselle, regardant les statuettes avec une convoitise presque menaçante se retrouva soudain avec une main gelée qui, pour sûr, allait être devoir être amputée. Un bourgeois, d’habitude excusé maladroitement par la sorcière, crut sentir les derniers battements de son cœur. Un groupe de bambins se surprit à claquer des dents. Heureusement, les produits furent très vendus, comme d’habitude. Et, frappant l’air de sa longue cape grise, Akuma s’éloigna, la tête haute de ceux qui sont vexés.
Elle était à nouveau dans sa misérable demeure, penchée devant une feuille, faisant pivoter sa plume entre ses doigts. La feuille resta vierge. Au bout de dix minutes à chercher désespérément à se sortir de sa colère sans raison, la sorcière rangea sa plume, jeta sa feuille où étaient griffonnés quelques mots sans importantes. Pourquoi était-elle si rageuse ? Pourquoi avait-elle soudain envie de faire exploser une ville entière ? Pourquoi chaque battement de cœur faisait-il circuler dans ses veines un sang brûlant de haine ? Akuma ne trouva pas de Parce Que. Elle éprouvait un sentiment qui n’avait pas de raison d’être, et c’était loin d’être la première fois. Elle avait besoin de se défouler sur quelque chose. Cela faisait longtemps qu’elle ne s’était pas amusée avec de stupides soldats. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas torturé pour le plaisir. Pour le plaisir. Sadisme. Caractère brûlant, impossible à contrôler. Envie de faire mal, envie de rire sauvagement. Envie de répandre le sang puis s’abreuver cette rage. Caractère commun à beaucoup. Surtout chez les maléfiques. Les maléfiques. Le mal. Un alignement minable auquel elle s’était raccrochée contre son grès. Le mal. Ce n’était pas un camp. Le camp de la sorcière, c’était le sien. Elle agissait pour elle. Quand elle aidait, c’était pour soulager sa conscience. Quant elle torturait, c’était pour soulager sa haine. Le sadisme et la haine étaient-ils liés ? La haine. Sentiment commun à tous. Chez les Blancs comme chez les Noirs. Akuma avait envie de détruire. Elle devait se défouler sur quelque chose. Ne pas exploser, juste faire sortir la rage.
La nuit était tombée alors que la sorcière sortit de chez elle. De nombreux nuages cachaient le ciel et masquaient la lune, la délivrant pendant quelques instants de temps à autre. Un vent comme elle l’aimait soufflait avec une douceur qui aurait effrayé un enfant. Quelquefois, on sentait une rafale plus forte que les autres, et on pouvait se demander si une tempête n’allait pas arriver. C’était le genre de nuit où on avait envie de rester chez soi, en sécurité. Une nuit idéale pour sortir. La demoiselle s’était vêtue d’une robe noire à manches courtes, serrée à la taille par un délicat ruban noir. La robe couvrait les cuisses de l’adolescente, s’arrêtant juste au-dessus des genoux. La sorcière avait enfilé des socquettes et des chaussures souples et légères pour offrir à ses pieds le plus de liberté possible. De toute façon, Akuma dénuderait ses pieds si nécessaire, cela ne la dérangerait pas. Les cheveux blonds de la jeune s’étaient éclaircis ces derniers jours. La nuit, ils étaient blancs comme la neige, luisant aux rayons de la lune lorsque des nuages ne la cachait pas. Quant aux yeux de la demoiselle, ils brillaient de magie dans la nuit. Elle savait qu’elle pouvait remédier à cela, en masquant son aura. Néanmoins, rien ne les empêchaient d’exhiber une vive couleur de sang. Ce n’était pas un problème, loin de là. Le sang. Une si belle couleur… !
La jeune marcha d’un bon pas vers la ville. Elle connaissait le chemin par cœur, l’ayant inlassablement parcouru lorsqu’elle était incapable de changer d’endroit en un instant, sans l’aide d’un pentacle déjà dessiné à l’arrivée. Le pentacle, c’était elle qui le traçait avec sa magie. Et lorsqu’elle apparaissait en son centre, elle le faisait au plus souvent disparaître. La sorcière parcourut une partie du chemin à pied. Déjà, elle se sentait mieux, proche de la nature. Elle décolla, vola avec vitesse, permettant au vent de fouetter ses cheveux aux lueurs argentées, lui offrant la possibilité de siffler des mélodies à ses oreilles. Akuma se posa. Soucieuse de ne pas gaspiller d’énergie, elle arracha des brins d’herbe, les recouvrit de gel et les disposa de sorte qu’ils forment un pentacle. Lorsqu’elle fut placée, elle fit disparaître le gel. Un instant plus tard, elle avait disparu.
Dans la ville silencieuse, on entendit soudain des cris de surprise et des hurlements d’horreur. Le pas régulier de dizaines de soldats s’ajouta, suivi des hurlements que pousse des hommes avant de mourir. Des lanternes s’allumèrent. Le silence retomba. Dans toute une ruelle, des cadavres de gardes jonchaient le sol. Tous vidés de leur sang. Mais le meurtrier avait disparu, sans laisser la moindre trace.
Perchée sur le toit de l’Eglise, cachée dans l’ombre du clocher, Akuma regardait les lumières se réunir en un point. Elles restèrent un moment puis furent ajoutées par des nouvelles. D’autres soldats affluèrent vers la foule. Le fait allait déjà de bouche à oreille, surveillé de près par l’ombre d’un oiseau qui survolait les gens. Dans une ruelle, un ou plusieurs meurtriers avaient fait un véritable carnage. La ville était en danger. Mais elle l’avait toujours été. Dans les rues malfamées que peu osaient pratiquer vivaient de sanguinaires meurtriers et autre crapules du genre. La nuit, ils prenaient souvent une vie. Fréquemment, c’était un sans-abri qui avait le malheur de dormir sur le chemin d’une de ces brutes. Quelquefois, une maison était dévalisée. De ce fait, même s’il n’y avait qu’un seul quartier malfamé, ceux qui se trouvaient dans les parages étaient truffés de dangers. Le danger était partout. Là où la vie subsistait rodait un danger. Le danger de la Nature, le danger de l’Etre.
Akuma resta perchée sur le toit de son église pendant longtemps, observant la ville d’un œil vif. De sa position, elle voyait pratiquement tout. Seules les ruelles les plus sombres pouvaient cacher ce qu’elle ne pouvait voir, mais cela ne l’inquiétait nullement. L’adolescente savoura le vent dont les rafales s’étaient adoucies, devenant brises. L’ombre d’un oiseau passa au-dessus d’elle. Elle leva seulement son bras à l’horizontale. Un instant plus tard, un faucon hobereau y était perché, enfonçant ses serres dans le bras de la demoiselle. Un mince filet de sang coula, la douleur était bien futile. De plus, la sorcière s’y était habituée depuis longtemps. La jeune passa le doigt sur le plumage du rapace, appréciant le toucher de cette douceur. Le faucon tourna sa petite tête vers sa compagne, rivant ses pupilles sur les siennes. Akuma perçut l’image du plaisir. Elle esquissa un fin sourire, forma dans sa tête des couleurs chaleureuses et agréables, montrant ainsi que le plaisir était réciproque. Un langage muet entre les deux compagnons. Un langages d’images et de sensations, dénué de mots. Si on enlevait à la sorcière tout savoir sur les mots, elle ne deviendrait pas folle. Elle aurait la possibilité de penser avec des couleurs, des formes, des symboles.
La jeune tourna la tête vers la ville, glissa son regard vers les rues des riches bourgeois. Elle observa ensuite la rue commerçante, si nue sans ces artisans qui criaient à tout vent. Là où elle avait massacré des soldats ne se tenaient que des taches écarlates de sang, parfois éclairées par la lune. La demoiselle adorait le toit de l’église. Elle surplombait la ville sans qu’on la pût la voir. Elle était au-dessus de ces croyants qui vénéraient Dieu. Elle se sentait au-dessus de Dieu. C’était une bien agréable sensation, surtout en sachant que le dit Seigneur avait des faiblesses, comme tout humain. Le dit Seigneur n’était-il pas un simple être comme les autres ? C’était vers là que flânaient les pensées de la jeune femme, n’étant pas vraiment une adepte de la religion. La nuit était redevenue silencieuse, les gens étaient tous rentrés chez eux. Seuls quelques meurtriers rôdaient, près à voler des vies. La demoiselle observa une ombre se faufiler furtivement entre deux ruelles. Elle repéra une silhouette perchée sur un toit, tenant dans ses mains ce qui ressemblait à un arc ou une arbalète. Même la nuit, la ville vivait, même si elle avait un aspect endormi. C’était cette vie nocturne qui rendait les rues si dangereuses.
Akuma remarqua une forme blanche près du cimetière. Ce ne pouvait être quelqu’un de nuisible à la ville, sinon il ne se serait pas vêtu d’une couleur si voyante. La silhouette longeait les grilles qui la séparait du havre des morts. Havre que les maléfiques se plaisaient à gacher, abîmer, enduire de leur aura. Combien de rituels noirs s’étaient-ils déroulés là ? Même Darkness en personne avait osé foulé ce sol. Darkness. Un nom répandant encore la peur. Une entité maléfique qui dépassait tout ce dont on pouvait imaginer. Il ne venait pas des ténèbres familières des êtres de la magie noire, il venait d’un endroit bien plus lointain, inconnu de tous. Il ne venait pas d’ici, n’avait pas sa place dans ce monde. C’était le point de vue de la sorcière qui avait cependant refusé de se dresser contre lui. A quoi bon ? Tant qu’il n’avait pas anéanti ce monde, il ne faisait pas grand chose de mal. Elle n’avait pas voulu s’allier à lui. Elle voulait garder sa liberté, ne pas commettre la même erreur de tant de gens. Ne pas devenir une esclave, un pion. La silhouette blanche arriva devant le portail. Un grincement résonna jusqu’à l’église. La porte de fer avait été ouverte. La personne pénétra dans le cimetière pour y vaguer. Elle parcourut l’allée principale, passa devant les tombes, s’arrêtant devant l’une d’elle.
La sorcière fit un grand geste du bras, l’oiseau jusqu’à perché prit son envol. Il emporta mentalement la jeune avec lui, lui offrant les images qu’il percevait avec ses yeux. Elle vit la silhouette se faire de plus en plus grande au fur et à mesure que le faucon s’en approchait. Tout en profitant du vent qui caressait les plumes que l’oiseau partageait avec elle, Akuma s’assit sur le toit, toujours cachée. Bientôt, elle reçut les premières informations. Elle sentit une tristesse qui n’était pas d’elle. Un deuil, pas forcément lié à la mort. C’était une mère qui marchait dans le cimetière, à la recherche de son enfant qui y était peut-être enterré. Elle remarquait que le cimetière n’était pas entretenu, en déduisait que peu y pénétraient avec autre chose pour but que d’employer de vils sortilèges les soirées de pleine lune. Elle observait une tombe majestueuse (Akuma était assez venue dans le cimetière pour savoir que c’était Kazuki qui était, disait-on, enterrée à cette place), pensant que les choses nombreuses qui s’étaient passées dans le pays étaient futiles tant la femme était préoccupée par ses propres problèmes tout aussi nombreux. Par-dessus tout, elle voulait retrouver son fils de qui elle avait été séparée des décennies plus tôt, et elle serait prête à employer tous les moyens. Akuma demanda au faucon s’il n’y avait pas d’exception. Il n’en voyait aucune. L’adulte s’arrêta devant un grand chêne et le contempla un instant, faisant glisser son regard sur les racines qui sortaient du sol, puis sur les branches dont certaines étaient nues. Mais la plupart gardaient encore leur feuillage rougeoyant marquant l’approche de l’hiver. La femme pensa que son fils n’était peut-être pas là, mais qu’il était passé au moins une fois par le cimetière, ce qui signifiait qu’elle était sur la bonne voie. La sorcière sentit un petit quelque chose d’inhabituel chez la femme lorsqu’elle fit cette déduction. Elle s’accroupit, saisit une poignée de sable avant de laisser glisser les grains entre ses doigts. La sensation suspecte se refit sentir en la demoiselle lorsque la mère poussa un soupir d’espoir. La dame sentait avec une sorte de sixième sens que son fils avait laissé sa trace ici. Quel était exactement ce sixième sens ? Sa tête était droite, ses yeux ne semblaient pas vraiment regarder, ou bien ils fixaient un point précis. La femme se redressa, fine silhouette aux gestes à l’apparence un peu raide, sans doute à cause de ces bras qui pendaient le long de son corps. L’adulte s’immobilisa et tenta d’entrer lentement dans un état semi-conscience.
A la demande de la sorcière, Kan’pa coupa tout contact. L’oiseau s’était discrètement approché de la femme, faisant mine qu’il ne faisait que passer. Pour accentuer cette apparence, il prit quelques virages, se posa sur une tombe éloignée du grand chêne et de l’être. Il secoua quelque peu son plumage puis s’envola à nouveau et disparut dans l’ombre de l’église. Akuma le cueillit en souriant. Il y avait une époque où elle se refusait de violer l’esprit des gens, trouvant cela bien plus que simplement impoli. Cette époque était révolue. La sorcière savait que bien des gens se montraient cruels alors qu’elle faisait des effots pour les respecter. Elle savait que ceux qui pouvaient s’introduire dans l’intimité des gens le faisaient sans aucune gêne, violant cet endroit personnel qu’était l’esprit. Et elle savait que si Kan’pa avait le pouvoir de percevoir et offrir des informations, ce n’était pas pour que cela ne servît à rien. Cette nouvelle opinion en tête, la demoiselle avait retrouvé goût à la magie de son compagnon. Elle se souvint de ce jour où il était venu à elle et avait clairement montré qu’il n’avait pas l’intention de la quitter. Elle lui avait donné un nom, mais elle n’en avait pas vraiment besoin. Cependant, elle avait quand même voulu que l’oiseau est une identité moins incomplète. Elle avait aussi souhaité lui offrir le symbole que cachait son nom. La présence du faucon était comme une délicieuse vague de froid que Akuma pouvait savourer. _________________ ~¤~ Akuma's Theme ~¤~


Dernière édition par le Mar 16 Oct - 22:07, édité 2 fois |
|  | | Akuma ~ Arbitre ~


   Age : 16 Inscrit le : 28 Juin 2006 Messages : 366 Âme(s) soeur(s) : ¤~ Was the ice which surrounds my heart pierced ? ~¤ Camp : † Let me to write it with your blood... †
| Sujet: Re: Blanc Sur Noir [Libre] Mar 16 Oct - 21:59 | |
| Une révélation s’imposa brusquement. Kan’pa avait plongé dans l’esprit d’une magicienne. Alors c’était cela, ces sensations étranges ? La magie blanche ? Jusque là, elle s’était montrée bien discrète. La sorcière esquissa un sourire à l’idée de rencontrer une magicienne. Elle ne savait pas comment se passerait leur entrevue, mais une chose était certaine : pas de combat dans le cimetière. La demoiselle sauta du toit de l’église, vola vers le cimetière en restant cachée dans l’ombre, passant derrière les hautes battisses. Bientôt, elle atterrit non loin du cimetière. Après avoir masqué son aura, ne montrant qu’une infime partie, faisant ainsi croire qu’elle était du premier niveau de puissance, c’est-à-dire le plus faible, elle parcourut les quelques dizaines de mètres en marchant. Elle passa la grille, fit deux pas puis s’arrêta soudain. Une brève réflexion et la jeune se retournait et posait sa main sur le portail. Elle le poussa avec force. Un horrible grincement retentit, aussitôt suivi d’un bruit de métal qui résonna plusieurs secondes avant que le silence retombât. Kan’pa était resté sur le toit de l’église. Son pouvoir se développa jusqu’à sa compagne. Il comprit ce qu’elle voulait, prit son envol et alla survoler la magicienne pour se poser sur une tombe à une vingtaine de mètres pour être sûr de ne pas manquer la moindre pensée ni la moindre sensation. Première information : la femme avait peur. Seconde information, suivant la précédente avec logique : cette peur était masquée et contrôlée.
Akuma avança tranquillement dans l’allée, sans prendre la peine de marcher en silence, même si ses pas avaient cette légèreté devenue naturelle qui faisait que les pieds effleuraient les cailloux, les faisant quelques fois rouler de quelques centimètres. Dès fut à portée de regard, la magicienne serait obligée de tourner la tête si elle souhaitait regarder correctement l'inconnue qui se présentait à elle. Kan’pa était toujours aux aguets, employant son pouvoir qui avait l’excellente particularité de passer inaperçu. _________________ ~¤~ Akuma's Theme ~¤~

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|  | | Saphira ~ Apprenti Magicien ~


   Age : 16 Inscrit le : 28 Juil 2006 Messages : 40 Camp : Bénéfique.
| Sujet: Re: Blanc Sur Noir [Libre] Jeu 15 Nov - 4:17 | |
| [Bon j'espère que le RP n'est pas tombé aux oubliettes! J'attendais la participation de ceux qui était censé nous rejoindre mais bon.. il n'auront qu'a bous rejoindre plus loin! ]
L’air était froid et sec. Quelques nuages passaient maintenant devant la lune assombrissant légèrement le décor qui était déjà un peu inquiétant. Depuis le renfermement brutale de la porte de fer, la magicienne n’avait toujours pas bougé. Se concentrant sur le moindre son, le moindre changement d’atmosphère, se fiant entièrement à ses sens pour lui signaler l’arriver probable d’un intrus, dangereux ou pas. Elle ferma ses yeux en prenant une grande respiration, peu à peu dans son esprit se formait un image des lieux, du chemin qu’elle avait traversé avant d’arriver là où elle était. Saphira recherchait une porte de sortie des plus sûr s’il adviendrait que la rencontre prochaine serait une menace. Bien qu’elle sache se défendre physiquement, elle ne voulait guère violer l’intimider des cadavres enterré ici, les déranger dans leur repos éternelle. Elle ne trouva rien, non pas qu’elle était pris au piège, mais les seules images qu’elle voyait ne lui reflétait que les lieux par lesquels elle était déjà passer. Elle devait se concentré plus ardemment, forcer son esprit à imaginer l’organisation du cimetière en ayant le moins d’erreur possible. Cette tâche lui parraissait impossible.
Elle entendit alors quelques pierres roulées sur le sol ce qui lui fit rouvrir les yeux. Elle sentait une présence derrière elle, vous savez, comme quand on a l’impression d’être regarder, suivis des yeux sans pour autant voir la personne qui cause ce certain malaise. Bref, la magicienne qui ne voulait pas commencer la discutions en regardant un chêne et en ignorant de quoi avait l’air son interlocuteur, se retourna. Le geste fut rapide, fluide et naturelle. La maitrise de ces émotions étaient l’une des forces de la magicienne et elle le savait. Aussitôt tourner, Saphira eu un haut le cœur, ou plutot l’impression que quelqu’un le lui serrait fortement mais pas assez pour le faire arrêter de battre. Devant ce tenait d’une beauté majestueuse. Un peu plus grande qu’elle, un corps mince et soigneusement découper et un visage de jeune fille qui était très femme en même temps. Des cheveux blond-claire, si clair que sous le reflet de la lune ils paraissait blanc, sans pour autant l’être plus que ceux de la magicienne. Ce corps presque parfait, se visage si doux, lui rappelait des souvenirs parfois violent. Saphira savait que derrière ses yeux calme, se cachait une force destructrice inimaginable. Sans détourner les yeux de ceux de la femme qui avait fait éruption dans le cimetière, la magicienne fit un pas vers l’avant, voulant se rapprocher de la personne à qui elle s’apprêtais à adresser la parole.
- Que me vaut l’honneur de votre visite, Akuma.
Le ton était neutre et grave. Malgré le fait qu’elle soit impressionner par les prouesses magiques de la sorcière, Saphira n’avait plus peur, du moins pour l’instant. Le vent, qui s’était refroidit, soufflait toujours légèrement, balayant quelques feuilles aux couleurs flamboyante sur son passage. Reposé, la magicienne poursuivit.
- La curiosité probablement, je ne voit pas en quoi une modeste magicienne comme moi vous intéresserait. Une simple sort et je suis déjà dans l’au-delà.
La voix était calme, ne démontrant aucune émotion autre qu’une certaine détermination. Saphira savait que la sorcière ne la retrouvait pas pour un combat quelconque, ou pour de futiles insultes qui sont généralement obligatoire entre sorcier et magicien. Durant sa captivité, dans le palais du Millenium de Crystale, alors qu’elle observait son fils grandir par le puits, elle avait pu observer la sorcière. Non pas qu’elle aimait s’incruster dans la vie des gens, mais le fait qu’elle s’attaque à des personnes de son propres camps avait de quoi l’intéresser, et puis, les combats épicés auxquelles elle assistait parfois la distrayait dans sa vie d’extrême solitude. C’est alors que pour la première de leur rencontre, la magicienne bougea, leva son bras droit dans les airs, brandissant l’index. Un petit monarque vint se déposer sur son doigt tendu et docilement, elle avança son autre main vers les ailes orangées du papillons en les effleurant à peine. Elle agita alors sa main droite, faisait fuir l’animal qui se confondait dans les feuilles au chaude couleur. Sur ses doigts, une fine poudre de la même couleur que les ailes du papillon était rester accroché. Lentement, Saphira approcha sa main de ses yeux et y frotta doucement ses doigts orangé. La couleur se rependit alors uniformément sur les paupières de la femme puis son regard se reconcentra sur la yeux de la sorcière. Bien que sa magie était inéfficace en ce lieu, elle avait entendu parler que la poussière de monarque fournissait une certain protection, aussi petite soit-elle.
- Alors, vous qui êtes si puissant, que me voulez-vous au juste? _________________ - Pouvoirs : Télépatie, Voler, Magie Blanche, Projection Astral, Prémonition
- Armes : Baton, Poignard |
|  | | Akuma ~ Arbitre ~


   Age : 16 Inscrit le : 28 Juin 2006 Messages : 366 Âme(s) soeur(s) : ¤~ Was the ice which surrounds my heart pierced ? ~¤ Camp : † Let me to write it with your blood... †
| Sujet: Re: Blanc Sur Noir [Libre] Dim 17 Fév - 15:30 | |
| Comme cela avait été agréable de se défouler sur quelques gardes pitoyables ! Elle avait pu déchaîner sur eux toute une violence jusque là concentrée à la perfection. Mais, Akuma le savait, on ne pouvait maîtriser la violence aussi longtemps qu’on l’eût voulu. Un jour ou l’autre, elle finissait toujours pas reprendre le dessus, ne demandant qu’à exploser. D’où l’intérêt de cette ville où traînaient des dizaines de victimes sans importance. Il était probable que la sorcière se fût sentie responsable les premières fois, elle qui n’aimait pas spécialement tuer des innocents. Mais le choix ne lui était pas proposé. Elle pouvait toujours écrire quelques poèmes d’horreur pour se calmer, déchirer des feuilles mortes ou foudroyer un arbre mort, mais il arrivait toujours un moment où elle ne pouvait que se délecter de la souffrance de ses victimes avant de faire couler leur sang… Vampires et compagnie n’avaient plus qu’à se servir. Donc ses pulsions meurtrières étaient passées, ou du moins elles le semblaient. La demoiselle affichait son habituel calme froid. Ses yeux de braise n’étaient plus que deux lueurs mystérieuses dans l’obscurité des rues qu’elle avait traversées. Et, dans la lumière de la lune, tout le reste était blanc, gris, ou noir… Les quelques brins d’herbes qui poussaient çà et là entre les tombes étaient bien trop peu éclairées pour montrer leur verdoyante nuance, les arbres étaient presque nus, le tas de feuilles à leurs pieds n’étaient que signe de l’hiver qui s’approchait et serait bientôt difficile pour beaucoup, comme il avait l’habitude de l’être. La sorcière était bien incapable de comprendre les gens lorsqu’ils disaient détester le vent glacé qui, disaient-ils, mordaient leur peau, gelait leur os, leur provoquait des tremblements désagréables… Ils n’avaient pas cette familiarité avec le froid. Dommage pour eux ! Ils ne pouvaient que mourir et être enterrés dans ce cimetière que foulaient deux personnes. L’une était toute habillée de vêtements longs, amples, blanc, cachant sa silhouette que l’on pouvait toutefois deviner grâce à la finesse de son visage définissant un âge assez avancé (au moins la trentaine) dont la pâleur s’unissait à celle des cheveux aux lueurs argentées par la lune. L’autre, au contraire, portait un habit plus moulant, serré à la taille, laissant voir à quiconque une silhouette svelte dont on avait quand même du mal à supposer la force, et sa chevelure presque blanche ne faisait contraster avec cette noirceur. L’une, immobile, silencieuse, les yeux clos, avait déployé ses sens, attentive surtout au moindre bruit de l’extérieur. L’autre au contraire se mouvait sans aucune discrétion, faisant rouler quelques pierres, mais tout en restant attentive à l’esprit intérieur de la magicienne.
Et Akuma se délectait presque de toutes ses informations qui lui parvenaient de cet esprit si « blanc ». Violer cet esprit lui plaisait. Kan’pa retenait le plus d’informations possibles pour ensuite les éjecter vers la sorcière. Et son pouvoir avait la particularité non négligeable d’être imperceptible lorsque son esprit pénétrait celui d’une personne. Apprendre sur une personne alors que l’on est simplement debout, à observer son dos… C’était une faculté fabuleuse ! Et en ce moment, la magicienne se sentait observée, sensation mue comme un sixième sens que l’on avait plus ou moins lorsque l’on était attentif à son entourage… Sixième sens que la sorcière avait exploité de son côté, grâce à sa Magie Noire. Savoir que l’on est observé et écouté juste en le sentant était également considérable. La magicienne jugeant inutile de rester dos à un inconnu s’était retournée d’un mouvement fluide. Alors, dans cet endroit si gris, blanc, si noir, l’on put voir des couleurs. La magicienne put discerner la lueur presque surréaliste qui brillait dans les yeux rouges tel le sang de la sorcière. Celle-ci put observer le ciel sans nuage qui semblait vivre dans le regard de la dame. Le vent fit voler quelques feuilles qui, se tournant face à la lune, laissait découvrir leur couleur chaude et orangée, ou bien marron et terne. Toutes deux se montraient calmes, comme si elles se connaissaient déjà et s’entendaient bien. Ou bien comme si elles se préparaient à se haïr et se battre. Le vent s’était refroidi, pourtant la sorcière n’y était consciemment pour rien. Malgré la tranquillité affichée par la magicienne, Akuma sentit sa surprise puis sa frayeur quand elle la vit. La jeune avait réduite son aura à celle d’une sorcière simple de niveau bas, pourtant elle faisait tout de même peur à une magicienne qui ne pouvait voir qu’une force égale à la sienne. Très vite, la frayeur s’effaça. Il n’en restait plus qu’une méfiance, ce qui était bien normal puisque qu’elles étaient censées être ennemies. Cependant, cela n’empêcha pas la femme de faire un pas en avant alors que l’immobilité aurait pu lui être conseillée. Ce qui suivit fut un peu plus étonnant encore. La magicienne prit la parole. Et, d’une voix neutre, grave, où se percevait la détermination, elle nomma Akuma par son nom. Celle-ci prit le soin de cacher sa surprise derrière son visage tranquille et ses yeux de sang. La surprise s’en alla rapidement tandis que la sorcière se demandait comment on pouvait la reconnaître d’un regard, elle qui ne laissait aucune description d’elle, qu’elle fût visuelle ou écrite. Donc la magicienne devait l’avoir déjà vue, sans qu’elle-même s’en rendît compte. Depuis qu’elle avait atteint son niveau de Traître, elle était capable de sentir les gens qui l’espionnaient. Donc la magicienne avait dû l’épier avant, lorsqu’elle était encore dans sa haine des Démons… Ou encore avant, lorsqu’elle était toute jeune… Ou les deux… La sorcière serait curieuse de savoir quand et comment la dame avait fait pour la connaître ainsi. Donc, si la mère l’avait reconnue, il devenait inutile de cacher son aura. Toutefois, la demoiselle choisit de continuer « pour la forme » pourrait-on dire. La situation devenait plutôt cocasse. Chacune en savait probablement trop sur l’autre. Car, d’après Akuma, la magicienne ne s’était pas forcément arrêtée aux apparences durant la période d’espionnage. A condition qu’elle en ait l’occasion, elle avait observé la sorcière avec plus d’attention et en savait plus que sa simple identité. Qui sait, peut-être connaissait-elle sa haine ? Quant à la sorcière, elle avait repéré un petit point important sur son interlocutrice : elle cherchait son fils. Elle ignorait même s’il était vivant ou mort. Cela aussi pouvait être exploité. Oui, la situation prenait une tournure plutôt inattendue à vrai dire, puisqu’il était fort probable que chacune puisse attaquer l’autre moralement. Physiquement… L’une n’avait aucune chance face à l’autre qui, de toute façon, n’attaquerait pas. Donc, une dernière pensée retentit dans son esprit : où se trouvaient les limites de la connaissance de la magicienne à propos de l’Arbitre ?
Affichant toujours une assurance mêlé au calme, la dame formula une supposition quant à la raison de la présence de la sorcière avec elle. La curiosité, probablement, avait-elle articulé. Il était vrai que celle d’Akuma était plutôt excessive. Lorsqu’elle était peu expérimentée, elle avait eu de la chance de ne pas finir dans de beaux draps à cause de ce défaut. Même si ce défaut était aussi une qualité : porter un intérêt sur diverses choses l’incitait à en apprendre toujours plus. Son domaine préféré était bien évidemment la Magie Noire qui cachait bien des secrets, même à Parah d’Ox. Comment avait-elle pu monter si rapidement en puissance sans sa curiosité qui lui avait permis de rattraper ce qu’elle avait vu comme un retard ? La magicienne n’avait pas peur de parler du danger qui se tenait face à elle. Elle ignorait – le contraire était impossible – que Akuma respectait les morts au point de ne pas se battre, sauf cas exceptionnel qui confirmerait la règle. Donc elle avait en tête que sa vie pouvait se terminer d’un instant à l’autre. Les gens de pouvoir étaient si susceptibles ! Et pourtant, elle n’hésita pas avant de déclarer qu’un simple sort suffirait à l’expulser dans l’au-delà. Quoique… La dame n’avait-elle pas eu de la frayeur en voyant la sorcière ? Etait-elle vraiment capable d’agir ainsi dans une telle situation ? Ou bien savait-elle qu’elle ne serait pas attaquée ? Non, elle ne pouvait connaître la règle de la demoiselle. Pourtant, elle semblait tant avoir appris sur elle… Akuma fut prise d’un doute. Agacée, elle le repoussa.
La dame bougea. Et trompa son apparente assurance. Elle avait peur d’être attaquée. Non, elle ne ressentait pas la peur qui nous fait trembler, écarquille nos yeux, nous vole la maîtrise de la parole. Cette peur était maîtrisée et parfaitement placée sous la forme d’une méfiance. Le sentiment lui-même restait silencieux. Elle savait simplement qu’elle était proche d’un danger, sans pour autant d’effrayer. Grâce à Kan’pa, Akuma pouvait confirmer son théorie. Elle n’avait pas affaire à un faible d’esprit. Comment la magicienne s’était-elle trahie ? De façon à la fois très simple et très parlante. Elle avait levé son bras droit dans les airs, l’index dressé. Un papillon s’y était déposé, ses ailes orangées luisant à la lueur de la lune. Jusque là, c’était peu important. Si le papillon avait soudain foncé sur lui, la sorcière lui aurait réglé son compte sans faire un geste, et la dame le savait. Celle-ci effleura l’animal du doigt de son autre main. Akuma aperçut une fine poudre luisant à la lueur de la lune. La magicienne fit fuir la papillon en agitant sa main droite puis répandit un peu de poudre sur ses paupières. Ce n’était évidemment pas une geste de coquetterie. La sorcière s’était renseignée sur les magiciens et avait emprunté un livre de magie blanche à la bibliothèque de la ville. Elle y avait lu que la poussière de monarque était censée apporter une petite protection à laquelle il était difficile de croire sans en avoir la preuve. A présent, la demoiselle pourrait avoir sa preuve. De plus, elle avait vu que la magicienne était consciente du danger qui se présentait à elle. Cette dernière prit de nouveau la parole, demandant à Akuma ce qu’elle faisait dans le cimetière, tout en ayant répondu en partie quelques instants plus tôt.
« Il est vrai… Juste un seul petit sort… Mais, en tant que maléfique… je trouverais cela… indigne d’intérêt. » Sa voix avait cette particularité d’être lente et froide à en faire frissonner certains, contrastant avec ses yeux rouges comme le sang chaud qui coule d’un cadavre qui était encore doué de la vie deux secondes auparavant. La sorcière avait formulé ses paroles en sachant que la réaction de la magicienne serait loin d’être celle que l’on aurait pu attendre. Elle avait laissé sous-entendre qu’elle pouvait la torturer, pour ainsi goûter au plaisir sadique de celui qui sent la souffrance de sa victime ; la magicienne n’allait pas trembler pour si peu. « Je vous félicite… Vous êtes renseignée… Vous devez être prudente… non ? » Sarcastique, elle esquissa un de ses rares sourires. L’Arbitre ne souriait que très peu, mais elle avait une façon bien à elle de choisir l’instant où elle devait sourire. Elle pouvait sourire pour quelqu’un qu’elle aimait… Evidemment, ce n’était pas la raison principale, étant que peu de gens étaient dignes d’être aimés par elle, non pas parce qu’elle se sentait supérieure par son statut, mais parce qu’elle les avait toujours trouvé mauvais, tous autant qu’ils fussent. Par race, ils étaient inclassables. Ce qui voulait dire qu’un jour, il était possible que Akuma jugea un démon digne de vivre. Pour la demoiselle, la vie devait être méritée. Elle était certes douloureuse mais importante, et des êtres pathétiques et misérables comme la plupart qui grouillaient sur ce sol ou dans les airs n’avaient rien à faire sur cette terre qui se voyait si malsaine par ces êtres. Elle l’avait vu maintes fois alors qu’elle n’était qu’une sorcière apprentie, loin de connaître l’étendue de sa magie noire. Tous ces gens qui l’ignoraient. Le pire est qu’entre eux, ils n’étaient que peu solidaires. En général, c’était chacun pour soi. Mais, dans ce monde, il était possible de sourire à une de ces ignobles personnes… Il fallait juste avoir ses raisons… Quant au vouvoiement, il servait à rester distant avec les gens, mais pas seulement pour les respecter.
« Il était dangereux… que vous veniez… Pourtant, vous l’avez fait… Aimez-vous ce cimetière ? » Sur ces mots, elle daigna enfin bouger. Toujours aussi bruyante, elle se mit de profil, fit quelques pas vers Kan’pa qui prit son envol. Il planta légèrement ses serres dans son bras en se posant. Elle lui adressa un regard, lui caressa le plumage. Contrairement à Akuma toute vêtue de noire, le faucon disposait de cuisses rousses, de serres jaunes, d’une gorge et de joues crème. Mais c’était la seule chaleur qu’il possédait, fortement refroidie par son plumage sombre et ses yeux noirs et luisants, parfois un peu vides comme à ce moment. Lorsqu’il volait, on lui voyait une grande envergure. Oui, c’était un bel oiseau. Par ce geste doux, malgré son visage neutre, la sorcière dévoilait l’affection qu’elle ressentait pour cet oiseau, son ami. « Aimez-vous les morts ? » Un croassement grinça dans les oreilles des deux femmes tandis qu’un corbeau passait à toute allure au-dessus d’elle, ayant probablement aperçu quelque proie un peu plus loin. Akuma relâcha lentement son bras, laissant le temps au faucon de secouer ses ailes afin de se déplacer jusqu’à l’épaule de la demoiselle qui cessa de montrer toute marque d’affection rêveuse et se tourna vers la magicienne. « Il semblerait que… autrui soit aussi ou plus doué… que soi pour répondre… à des questions concernant… l’intimité. » La dernière phrase fut soulignée d’un regard plus intense qu’il l’avait été jusque là. Une phrase dont le sens implicite nécessitait un minimum de réflexion.
Quelques propos dits l’air de rien, un petit dernier mieux tourné, juste pour en apprendre un peu plus sur la mentalité de cette magicienne, juste pour saisir en toute délicatesse son esprit qui ne se rendrait compte de rien, et le tourner entre ses doigts pour ainsi l’étudier. A partir d’un de ces êtres, la sorcière pourrait fait naître une idée personnelle sur cette race, une idée qui évoluerait au fil des rencontres des magiciens, pour qu’elle vît elle-même à quoi ils ressemblaient vraiment, pour qu’elle n’eût plus besoin de se fier à des ouï-dires tout en sachant qu’ils avaient une part de mensonge. Akuma avait juste besoin de savoir… et tuer n’apprenait rien. _________________ ~¤~ Akuma's Theme ~¤~

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