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| | Dans la forêt de l'est pour deux pommes ... | |
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Kumiko Akira ~ Citoyen ~


   Age : 17 Inscrit le : 01 Sep 2006 Messages : 1294 Âme(s) soeur(s) : *Prend ses cartes* Choisis bien ta carte, petit(e). Camp : Descendant du marquis de Sade... Vous le pensez bénéfique peut-être ?
| Sujet: Dans la forêt de l'est pour deux pommes ... Sam 11 Nov - 21:12 | |
| C'est alors qu'un léger vent glacial s'engouffra dans la forêt devenue obscure par les heures qui avaient défilées sur cette fichue terre .Il faisait frisqué mais ça ne semblait pas déranger les animaux vivants dans cette grande reserve naturelle .C'était un terme réaliste pour désigner cet encroit ,la forêt devenait de plus en plus habitée par les humains et les autres races humanoïdes qui ne faisaient pas attention à leur précieuse Mère nature .Ils dévastaient la forêt avec leurs grandes haches et en faisaient des maisons pour s'abriter du froid .C'est bien beau de vouloir se couvrir de la fraicheur de l'Hiver qui arrivait rapidement mais il faudrait tout de même trouver un point d'entente .Parce que si quelques uns s'abritent en défrichant la forêt ,les animaux perdent eux aussi leur habitat qui est cette précieuse région boisée .Mais c'était sans doute du à l'avarice de l'homme et de son envie de coloniser tout les endroits du monde dans un rêve napoléonien qui semblait les tourmenter .Heureusement ,tout le monde n'est pas comme ça ,et certains humains arrivent à sortir du lot par leur étrangité que les autres de cet espèce n'ont pas su accepté pour la plupart .Tant mieux pour Kumiko ,les pommiers de la forêt seront sans doute éternellement là .
C'est dans cette légère et fraiche nuit que certains animaux se baladaient montrant de leurs yeux de félins ,rayonnant dans la nuit leurs présences incontestacles .Ce n'était pas un moment à rester dehors de sinon ,on risquerait de choper plus qu'un gros rhume et de se faire attraper par une bestiole pour servir de déjeuner .Après tout ,tout le monde devait se nourrir ,ainsi que les loups ,les lynx ,les tortues ou bien les fourmis .Ce n'était pas ce genre de chose qui manquait ici ,c'était tout de même un grand recueille d'espèces diverses d'animaux tant bien mammifères que poissons dans les lacs de la grande forêt .Mais malgré que les oiseaux et les insectes picoraient dans les fruits ,Kumiko adorait se pencher dans les abres pour choper diverses choses à grignoter .Il évitait toujours de déranger l'eau qui dort et attendait que le temps passe pour pouvoir passer à l'action malgré certaines conditions tel la faim ou la fatigue .
C'est aussi dans cette légère et fraiche nuit qu'un animal assez curieux se baladait lui aussi dans cette sombre et peu humide forêt .Par chance ,la Lune était resplendissante ,d'une lueur blanchâtre qui réfléchissait énormément la lumière projettée par le soleil et laissait entrapercevoir dans les branchages sa clarté éternelle bien que très peu visible .Heureusement ,on arrivait à y voir un peu dans cette jungle .On pouvait voir la silhouette du garçon fureter et marcher d'un pas étrange entre les racines et les arbres qui croisaient son chemin .Sa démarche était à la fois sauvage ,effrayante ,rythmique mais aussi assez sensuelle .On aurait dit à la fois une danse .Mais qu'arrivait-il à notre pauvre blondinet atteint du mutisme préféré ?
Il était tout simplement de bonne humeur et le montrait d'une manière peu commune .Il grimpa alors à un arbre comme une araignée qui monte sur un mur et s'aggripa à une branche pour en décroher son fruit .C'était effectivement un pommier et il venait de prendre une pomme verte ,une golden .Il ressentit alors l'acidité du fruit un peu trop mûr pour l'instant mais touours aussi bon .Plus la pomme était acide ,plus il aimait croquer et avaler le nectar qui s'en échappait .D'un coup ,il se pencha alors ,tel une chavue souris ,la tête à l'envers ,balançant légèrement son corps tel un pendule .Les cheveux les plus fins de sa pilosité dégagèrent le visage radieux et le tatouage bleuâtre de Kumiko .Ses autres cheveux ,assemblés comme un rameau de paille avec un élastique noir balançaient au gré du vent mais évitait le sol d'une trentaine de centimètres .Son haut sans manche noir tombait à son tour ,montrant le bas de son maigre ventre .Sa ceinture tenait bien son pantalon .Malgré qu'il ne tombe pas vu sa position ,son bas ,derrière l'articulation du genou ,se tachait par la mousse ,la sève et les écorces de la branche de l'arbre où il était aggrippé avec ses jambes .On pouvait croire que son corps scintillait dans l'obscurité bleu-marine des lieux ,cete peau qu'il arborait était douce et fine ,totalement pâle mais ça lui allait bien avec ses vêtements nihilistes .Une sorte de purée de pois se levait ,on ne voyait pas vraiment très bien mais on pouvait apercevoir les silhouettes des gens au loin .
Il finit alors sa petite pomme et sortit un objet scintillant de sa poche .Il y avait un bon nombre de trou à l'interieur et il semblait métallique .Il sentit alors une bise assez fraiche souffler .Il prit son objet et le mit dans un sens précis .C'est alors qu'un son mélodieux en sortit ,un peu roque et vibrant selon la poussée du vent .Il esquissa un léger sourire ,son harmonica marchait bel et bien et s'était tant mieux .Il ferma alors les yeux et s'intéressa à ce qui l'entourait ,sentant cette douce fraicheur envahir son corps sans vraiment rien produir sur lui .Sa lance soigneusement attachée à sa bandoulière glissa et se planta sur le sol dans un bruit net et unison .Il récupéra un rictus de gaieté .C'est alors qu'il déposa le métal sur sa bouche et commença à souffler à l'interieur en faisant attention à tout les bruits autour de lui pour être dans une harmonie totale avec .Il faisait attention aux feuillages qui s'entrechoquaient ,aux feuilles qui chutaient mélancoliquement sur le sol annonçant toujours cette arrivée de l'Hiver .C'est de cette façon qu'il jouait en harmonie avec la nature ,une dernière chance ,un requiem .
[Musique : "Everythings in it's right place" de Radiohead ] _________________

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|  | | Akuma ~ Arbitre ~


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| Sujet: Re: Dans la forêt de l'est pour deux pommes ... Dim 12 Nov - 21:29 | |
| Chut… Laisse le calme t’envahir… Laisse la fraîcheur pénétrer ton corps, teindre tes doigts, tes lèvres… Laisse le vent caresser ta nuque pour y laisser sa marque bleue et sa douceur… Ne bouge pas… Ne cligne pas tes paupières… Laisse ton souffle former cette buée… Elle aimait ces moments. Ces moments durant lesquels elle se sentait… tranquille. Tous ses soucis s’en allaient, il n’y avait plus rien. Sa haine, sa tristesse… Tout s’envolait avec le vent, tout s’en allait pour laisser le cœur de la jeune fille en paix, pour le laisser se reposer… Akuma avait fini par accepter. Accepter de ne plus écrire de poèmes, accepter de ne plus avoir des vers sortant d’entres ses lèvres. Pour cela, il lui avait fallu du temps… Il lui avait surtout fallu que Eëlana lui explique… Que Eëlana lui dise que l’inspiration avait décidé de se reposer, elle aussi, loin… Et, qu’un jour, elle reviendrait… Il fallait attendre ce jour avec une grande patience… Et lorsque ce jour arriverait… alors, la jeune fille pourrait voir des lignes ordonnées sur ses pages, des lignes belles et droites emplies de la poésie qu’elle aimait tant créer.
Les jours passaient, et elle s’occupait du mieux qu’elle le pouvait. Elle avait fini par quitter la ville, délaissant sa chambre de l’hôtel, la laissant tout de même réservée, au cas où. Elle avait fini par quitter les rues malfamées où les hommes souls s’approchaient des femmes misérables qui leur offraient leur corps pour vivre. Elle avait finit par quitter le bruit incessant des soldats qui arpentent les rues, toujours à la recherche de cette sorcière qui avait attaqué plusieurs patrouilles, laissant des morts derrière elle. Elle avait voulu tout quitter et revenir dans sa plaine, là où l’attendait sa modeste cabane, là où l’attendaient ses piles de roche, là où l’attendait son matelas. Là où elle pourrait peut-être retrouver l’inspiration. Et l’inspiration avait fini par revenir. D’abord timidement… Il n’y avait que des mots… Des mots qui se mélangeaient, des mots qui s’entremêlaient, formants des paquets incompréhensibles… Des mots dans lesquels la jeune fille se noyait, tentant de garder la tête au-dessus de la surface… Après un moment, elle put dresser un petit texte… Quelque chose qui eut un sens. Un sens confus, flou… Un sens qu’elle-même peinait à comprendre… Mais un sens, tout de même. La vie est faite de couleurs Dans lesquelles on nage. Des fois, on pleure ; D’autres, on rit. Se superposent les malheurs Sur de nombreuses pages, Se mélangent les horreurs, Mais l’on sourit. Ce n’était pas ordonné, les vers n’étaient pas réguliers. Mais il y avait ce sens qui était revenu. Et Akuma fut satisfaite. L’inspiration était revenue. Et il n’y avait que cela qui comptait.
Les jours s’étaient gentiment succédés. Sourires et calmes. Mots qui emplissaient les pages. Plus aucun sens, mais ce n’était pas grave. Les mots… Encore des mots… Le froid qui réchauffe le cœur… Le froid qui le protège avec douceur… Qui le protége de la chaleur dévastatrice, qui le protège de la haine… Le froid qui enferme le cœur dans sa coque emplie d’une joyeuse tristesse… Le froid… Elle avait terminé son nouveau livre de la magie et avait appris de nouveaux rituels. Des rituels sur la douceur de la glace, comme toujours. La glace, toujours la glace… Que pouvait être la sorcière sans cela ? La glace… Kan’pa… Son compagnon trop sage qui avait toujours cette habitude de lui apporter des cailloux provenant des volcans, des pièces argentées ou dorées… Des objets qui devenaient des sculptures, des pendentifs ou simplement des objets de décoration… Kan’pa… Celui qui partait parfois des jours entiers pour ne revenir que quelques instants, profitant des caresses affectueuses de celle qu’il avait choisie, celle qu’il avait rencontrée en lui dévoilant une ombre, deux grandes ailes…
Puis lui était venue l’idée de s’éloigner à nouveau. Non, elle ne voulait pas aller dans la ville. Hors de question de retrouver ces gardes qui la distrairaient, ni ces hommes trop parfaits, ni ces supers-héros omniprésents, ni ce brouhaha permanent des marchants qui réveille les oreilles fines dès le matin… Non, elle ne voulait rien retrouver de tout cela. Ce qu’elle voulait, c’était du calme… Du calme… La forêt… Oui, la forêt. Cet endroit mystérieux dont l’unique nom était « la forêt »… La forêt… On l’appelait aussi « les bois », mais cela n’avait pas de sens. Pas pour la jeune fille. Il y avait du bois partout, même en ville, même si cette forêt en possédait beaucoup… La forêt… Endroit où se réunissait toute sorte d’animaux, pour se parler… Communiquer, vivre leur vie librement… La forêt… La jeune fille eut alors conscience qu’elle n’avait jamais vu la forêt. Elle avait vu de nombreux arbres, mais tous séparés… Elle avait vu la montagne et d’autres arbres, recouverts de leur si merveilleux manteau d’un blanc éclatant… Mais jamais elle n’avait vu la forêt. Elle savait que c’était un endroit où se réunissaient également des loups et autres animaux qui mangeaient de la viande qu’ils se procuraient en tuant. Elle connaissait des choses, sur la forêt. Les livres lui avaient parlé. Mais jamais n’avait-elle vu de ses propres yeux une étendue éternelle d’arbres… Jamais n’avait-elle effleuré le tronc d’un arbre qui, durant toute sa vie, avait vécu près de ses semblables, là où se trouvait un ancêtre qui remplaçait lui-même un autre ancêtre…
Kan’pa avait voulu venir, lui aussi. Il s’était perché sur l’épaule de la sorcière et y était resté, fermement décidé à ne pas la quitter durant ce petit bout de chemin qui allait s’imposer. Akuma avait marché. Et il ne lui avait pas fallu trop de temps avant d’apercevoir les premiers arbres, au loin, à l’horizon… Il ne lui avait pas fallu longtemps pour découvrir leur splendeur. Pour mieux profiter du spectacle, elle s’était élevé dans les airs… Et la forêt lui avait alors dévoilé… Elle lui avait dévoilé à quel point sa taille pouvait être imposante, à quel point ses arbres pouvaient se tenir serrés… Un poids s’était formé au cœur de la jeune fille. La forêt la menaçait… La forêt ne voulait pas d’elle… La forêt lui ordonnait de s’en aller. Avance… Avance, laisse le calme t’envahir et avance… Franchis le portail et découvre ce qui se trouve derrière… Elle s’était avancée. Et son cœur s’était ouvert, tel une fleur qui éclot après une froide nuit. Elle avait enfin vu la beauté. La beauté de toutes ces feuilles qui avaient pris une couleur chaude… Une couleur qui annonçait avec joie la fin de la lourde chaleur du soleil pesant, une couleur qui tendait ses longs bras pour laisser traverser la douceur du vent et le serrer contre elle…
Oh, si belle forêt, tu m’as fait si peur… ! J’ai cru que tu ne voulais pas de moi, j’ai cru que tu ne voulais qu’un peu de froid caresse ta chaude splendeur… Tu es si belle, si colorée… J’ignorais que tu pouvais être ainsi, souriante, belle, protectrice… Lorsque j’avance, je regrette chacun de mes pas car j’écrase chacune de tes feuilles tombées… Des feuilles qui n’ont pas encore quitté leur courte vie, des feuilles que je n’oublierai jamais… Tu n’appartiens à personne, personne ne t’appartient. Tu es libre, je suis libre, le monde est libre. Je me sens si bien dans ton cœur chaleureux… La nuit était venue, et la fraîcheur avait choisie de l’accompagner. Une brise commença à soulever la chevelure blonde de la jeune fille, les plumes fauves du faucon… Les feuilles chantaient une douce mélodie, berçant les petits animaux cachés, qui dormaient… Tout était calme, silencieux, doux… Ô, forêt, tu savais que j’aime la fraîcheur ? Tu savais à quel point j’aime sentir le vent me glacer la nuque… Si belle forêt, si douce forêt…
Il fallut un moment avant que Akuma se rende compte qu’un bruit étrange venait de pénétrer son oreille… Kan’pa avait déjà dressé le coup, sens décuplés par l’attention. Un bruit qui ne venait pas de la forêt… Chut, écoute… Un son rauque… Un son qui suivait le vent, tournait autour des arbres, effleurait les feuilles… La jeune fille s’avança, les sens en alerte, prête à se saisir de sa dague qui restait éternellement accrochée à sa taille. Ce son, quelqu’un l’avait produit. Le vent était venu murmurer la présence d’une personne… Il y eut un silence… Et le son revint pénétrer l’oreille de Akuma… Suivi d’un autre… et d’un autre, encore… Des sons plus ou moins aigus, plus ou moins graves… Tous empreints de cette touche rauque… Des sons qui formaient une danse, tournant autour des troncs avec des gestes lunatiques… Lentement, ils formèrent une mélodie qui résonna dans la tête de la jeune fille, avec cette douceur qu’elle aimait tant… Cette douceur…
Elle voulait savoir d’où venait cette mélodie… Kan’pa déploya ses ailes, s’envolant et disparut derrière le feuillage des arbres. La jeune sorcière attendit tout en s’approchant avec lenteur et prudence… La forêt ne lui disait pas qu’un danger était là… Il n’y avait pas de danger… La forêt ne le disait pas… Pas de danger… Kan’pa revint, se posa sur une branche non loin. Akuma lui jeta un regard, posant des questions. Qui ? Un homme… Un humain perché à un arbre… Un humain dont l’arme était plantée sur le sol… Pas de danger… Méfie-toi… Elle avança encore, jusqu’à enfin apercevoir celui qui était l’auteur de cette mélodie aux sons étranges. Oui, c’était un humain. Et la première chose qu’elle remarqua fut sa chevelure dont la longueur dépassait la plupart des chevelures masculines que la sorcière avait vues. Les hommes avaient souvent l’habitude de couper leurs cheveux plutôt courts, pour ne pas se laisser gêner. Lui, il avait les cheveux longs, très longs… Ils descendaient sur ses épaules pour ensuite parcourir son dos et enfin se balancer au-dessus du sol… Des cheveux qui, malgré l’obscurité de la nuit, montraient une couleur claire… Si Kan’pa avait été absent, Akuma aurait confondu cette chevelure avec celle d’une femme.
Et maintenant, que faire ? Elle avait vu l’homme, vu l’objet étrange qu’il tenait dans ses mains. Cet objet qui luisait grâces aux rayons de lune qui s’infiltraient avec peine entre les feuilles des arbres serrés. Ne sois pas idiote… Elle fit l’idiote. Emergeant de derrière les buissons, elle s’approcha de l’homme, totalement à sa merci s’il lui venait soudainement l’idée de saisir cette lance plantée sur le sol… D’ailleurs, cette arme était peu commune… Elle avait deux lames ovales à moitié enfoncées sur le sol, encadrée par deux lames bien plus petites, bien plus courtes… Deux pointes. Elle ne savait que faire parfaitement consciente de sa stupidité face à cet inconnu. Elle fit quelques pas vers lui, le fixant du regard, et s’arrêta. Elle attendit. Attendit la réaction de l’humain. Et se tint prête au cas où il se sentirait en danger, au cas où il deviendrait le danger. _________________ ~¤~ Akuma's Theme ~¤~

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| Sujet: Re: Dans la forêt de l'est pour deux pommes ... Lun 13 Nov - 21:22 | |
| Ecoutez ça .Ce vent ,cette froideur glisser le long de vos manches de spectateurs .Dans cette noirâtre nuit ,on ne distingait que deux silhouettes .Une dressée et une autre bizarrement postée .Les arbres avaient créé des rangées ,comme des tombes alignées pour des représentants des champs de batailles .Cette fraicheur n'était que peu imposante pour l'enveloppe charnelle de Kumiko qui ne semblait pas pester de la froideur de cette immense forêt naturelle .Pourtant ,elle était imposante et malgré lui ,il sentit un courant d'air frais entrer dans l'immense "gisement de bois" comme dirait les bûcherons .
Il avait joué au gré du vent ,comme les nuages qui se laissait porter d'une manière tout à fait aléatoire .Ca l'avait tout de même un peu impressionné de sentir cette présence arriver dans la forêt pourtant il n'était pas à une de ses entrées ,il était perdu dans cette immense et vaste prairie d'arbre .L'hiver leurs avait faits perdre un bon paquet de feuilles en plus mais il en restait qui s'accrochait à leurs branches pour ne pas tomber et finir en engrais pour faire pousser de nouvelles souches et fleurs .Tant pis pour elles .Cette présence lui avait légèrement donné froid mais sans plus ,c'était pas avec ça qu'il allait choper une maladie bien grave ou même une maladie tout court .Il continuait donc de jouer sa mélodie ,celle-ci ressemblait à une symphonie mortuère ,un requiem pour la nature qui se crevait à combattre contre ses enfants les hommes en général .
Tout dans le rythme ,il faisait glisser doucement son instrument au ton rauque le long de sa bouche pour jouer avec les éléments naturels .Les branches qui s'entrechoquaient étaient les percussions ,le vent jouait un cuivre quelconque ,le déplacement des feuilles était un xylophone doux ,tout ça ,dirigé par un seul maître ,le vent .Il était à corps perdu dans la nature et dans la musique ,cherchant toujours la perferction alors il se mettait dans son monde .Il avait ses yeux fermés ,même pas mi-clos et ses deux voir trois actions n'étaient que le déplacement de son corps ,le souffle dans son harmonica et la dernière la plus importante ,l'ouïe .Il prenait tout en note ,même les pas léger qu'il venait d'entendre et s'arrêter face à lui .
Ca devait être un drôle de spectacle que de voir une personne jouer de la musique aggripé la tête en arrière à une branche en se balançant légèrement d'avant en arrière avec un apparence comme la sienne .Ses cheveux longs suivaient le trajet infini de l'air bousculé ainsi que ces morceaux de tissu qui lui servaient de vêtement .Il ne put s'empêcher d'esquisser un sourire .Il avait déjà deviné rien qu'à l'ouïe que la personne était une femme de petite carrure .Son pas était léger et fin à ce qu'il avait entendu ,pas du tout celui d'un homme même discret .
Son arme ,planté dans la terre ,bascula sur le côté pour tomber au sol ,il ne pouvait donc plus l'attraper sauf en tendant le bras mais ce n'était pas dans ses intentions de la prendre .Il ouvrit de légers yeux presque invisibles pour apercevoir celle qui était dressée devant lui .Il voyait une personne à l'envers ,elle semblait être une jeune fille .Il craîgnit alors pour sa vie .Pourquoi ? Parce qu'une fille à l'air innocent et neutre dans une forêt obscur dans une soirée glaciale n'était pas forcément anodin .L'ankou aurait-il changé d'apparence ? Etait-ce la dernière victime de l'année ? Où était la charette ? Il se rassura lui-même de peu car ses soupçons n'étaient pas partis .Pendant ce temps-ci ,il jouait toujours de son petit instrument de métal .Il ne put s'empêcher de fermer ses yeux .
*Akuma : il est rare de voir une jeune fille dans ce genre de lieu à ce genre d'heure .Puis-je avoir l'identité de mon unique auditrice humanoïde ?* _________________

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| Sujet: Re: Dans la forêt de l'est pour deux pommes ... Mer 29 Nov - 0:12 | |
| Elle le regardait sans ciller, encore étonnée par la longueur de ses cheveux clairs. Mais son regard glissait lentement vers le visage de l’homme, observant ainsi ses traits fin, ses sourcils délicats pareils à ceux d’une femme, ses yeux bridés, son regard doux… Mais ce qui accrochait le regard de la sorcière était ce tatouage sur le front, ce tatouage en forme de trident. Maintenant qu’elle était sortie de derrière les buissons, elle pouvait bien voir ce tatouage et l’observait, pensive, se demandant d’où il pouvait bien venir. Encore et toujours l’idiote curiosité… Ne pouvait-elle pas la laisser en paix un instant plutôt que de lui imposer une foule d’inutiles questions ? Cela en devenait agaçant… Eëlana n’aurait pas aimé que la jeune fille agisse de cette manière… Tant pis… Oui, tant pis.
Eëlana… Lorsqu’elle pensait à elle, Akuma sentait son cœur la brûler… Eëlana… C’était l’équivalent de Dieu. Puissante et sage... Celle qui avait protégé Akuma pendant de si vastes périodes, qui lui avait appris le maniement de la lance, qui lui avait donné la force nécessaire pour assouvir sa vengeance… Celle qui l’avait serrée dans ses bras, qui lui avait murmuré des mots doux, qui lui avait offert tout son amour… Je l’aime… C’était la lumière de son cœur… De son cœur qui s’embrasait douloureusement… La sorcière avait une infime partie bénéfique en elle… Une partie que Eëlana avait voulu lui offrir, lui demandant seulement de l’accepter… Eëlana… L’Hikari de mon cœur… Mais ce n’était pas le moment… Akuma était face à un inconnu, alors penser à Eëlana et laisser son cœur battre la chamade, laisser les émotions prendre le dessus était fortement déconseillé devant un inconnu. Elle devait repousser ce sourire doux qu’elle voyait dans sa tête, ce sourire qui n’était autre que celui de cette lumière, de cette déesse… Un sourire qu’elle dut se résigner de repousser… Pour mon bien…
Et revenir à la situation présente. Un jeune homme à la longue chevelure, perché à une branche d’arbre la tête à l’envers et jouant de la musique qui suivait le vent dans ses moindres mouvements. Non, ce n’était pas si simple… D’abord parce que sa position n’était pas commune… Et ensuite, surtout parce que la musique était une nouveauté… Akuma n’avait jamais entendu telle mélodie… Une mélodie qui dansait avec le vent, qui l’accompagnait, le suivant dans ses moindres mouvements, secouant les feuilles, les soulevant, s’incrustant dans la chevelure de la sorcière pour entrer en contact avec sa nuque, la caresser de ce froid toujours plus doux, toujours meilleur…
La vie est faite de milles questions Se bousculant pour aller à l’avant, Des questions sans réponse, sans bourgeon Ni pétales soulevés par le vent.
Questions qu’on ne peut chasser ni tuer, Questions qui oppressent sans s’arrêter, Questions résonnant inlassablement, Questions jamais épuisées par le temps.
La vie est faite de milles malheurs, Se succédant sans jamais voir les heures, Durant lesquelles on pleure, frappé, blessé, Cruellement attristé et brisé.
Malheurs qu’on ne peut fuir ni éviter, Malheurs auxquels on ne peut résister Malheurs qui saignent les nombreuses veines, Malheurs riant en sentant notre peine.
La vie est faite de milles défauts, Mais il faut l’accepter telle qu’elle est, Car elle sait la bienveillance ; les hauts Qu’elle nous procure nous fait jouer, Sourire, rire, et sentir la joie.
Oui, son inspiration était belle et bien revenue… Un poème que les gens pouvaient comprendre dans sa totalité, ou presque… Un poème décoré de rimes et d’un rythme… Oh… ! Eëlana, comme elle aurait été joyeuse si elle avait pu lire ce poème, si elle avait pu lire les nombreux autres… Comme elle aurait été joyeuse d’observer sa fille écrire ces vers… Eëlana manquait tant à Akuma… Cette dernière n’avait pu tenir éloigné le sourire de sa Hikari bien longtemps… Lorsque les vers prirent forme dans son esprit, lorsqu’ils furent récités, prêts à être écrit sur une feuille qui n’était pas, la jeune fille avait de nouveau pensé à sa Hikari… Elle n’avait pu tenir… Non, elle n’avait pas tenu…
Que faisait-elle ici, devant ce jeune homme qui venait de fermer les yeux ? Elle avait envie de partir loin d’ici, loin de toute forme de vie et de se laisser mourir, baignée par ses larmes… Elle avait envie de rejoindre Eëlana et son sourire, sa voix, sa douceur… Elle était si faible, lorsqu’elle y pensait… Dès qu’elle pensait à sa Hikari… Elle avait appris à se contrôler lorsqu’elle pensait au Démon Traître, comme elle avait pris l’habitude de l’appeler. Mais elle ne pouvait se résigner à garder une expression de marbre lorsque des vers résonnaient dans sa tête, des vers nouveaux qui se créaient d’eux-mêmes grâce à l’inspiration. Et elle ne pouvait se résigner de rester de marbre lorsqu’elle pensait à sa Hikari…
Et autre chose résonna dans la tête de la jeune sorcière… Ce n’était pas des vers, ce n’était pas des mots sans sens… C’était une voix… Non, pas la conscience… Une voix masculine… Il fallut un moment pour Akuma avant de comprendre, de réaliser ce qu’était la voix et d’où elle venait… Un message télépathique, dont l’auteur n’était autre que l’homme musicien. Voilà, elle donnait déjà des sortes de surnoms alors qu’elle ne le connaissait pas… Elle détestait ses mauvaises habitudes, mais ne les perdait toujours pas.
Et, fidèle à elle-même, elle laissa une question supplémentaire résonner dans sa tête : pourquoi la télépathie ? Il pouvait y avoir plusieurs raisons… Il ne voulait pas briser le silence qui enveloppait avec douceur tout ce qui l’entourait… Il était muet, ne pouvant ou ne savant pas parler… La jeune sorcière ne chercha pas plus loin, elle ne voulait pas se fatiguer, elle en avait marre de toutes ses questions, de toutes ses hypothèses qui cherchaient désespérément une place qui n’existait pas. Elle en avait assez, assez de tout, de tout.
Oui, il était rare de voir une jeune fille dans ce genre de lieu, surtout lorsque la lune était déjà haut dans le ciel étoilé… Et alors ? Si elle était ici, c’est qu’elle l’avait voulu… Elle avait voulu connaître une chose inconnue… et qui se révélait merveilleuse. La forêt… Certains la disaient mystérieuse… D’autres emplie de dangers inimaginables… Et quelques rares gens osaient parfois dire que c’était leur refuge, l’endroit où ils pouvaient trouver la paix… La paix… C’était ce que recherchait Akuma depuis quelque temps… Combien de temps ? Dix jours ? Vingt ? Trente ? Elle ne saurait le dire, elle n’avait plus la notion du temps, tout lui échappait… Et ce depuis que sa précieuse inspiration l’avait quitté… Depuis un moment… Depuis longtemps, pour certains… Depuis peu, pour d’autres… Elle ne savait pas et n’avait pas envie de savoir… Tout ce qu’elle voulait, c’était la paix… Eëlana, crois-tu que tu pourrais m’offrir une parcelle de ta paix, de ta sérénité ? Juste une parcelle… Une minuscule parcelle…
L’identité ? Il voulait savoir l’identité de la sorcière. Il voulait entendre une phrase du genre « Je m’appelle Akuma, je suis une sorcière. ». Citation trouvée dans un livre… : "Un nom peut tout dire, une race est bien pire". Autrement dit, il était déconseillé de se présenter ainsi, surtout à un inconnu tel que cet homme. Eëlana lui avait elle-même répété plusieurs fois la règle. Mais "si un nom peut tout dire, il peut aussi mentir". Mais elle en avait marre de réfléchir, marre de se méfier sans arrêt… L’arme de l’inconnu était à présent au sol, et le temps que le jeune homme tende le bras, Akuma serait déjà en position de défense, pouvoirs éveillés, armes en mains. Donc cela n’avait plus vraiment de danger… Et si, un jour, quelqu’un voulait la tuer, elle l’attendrait de pied ferme et le laisserait poursuivre son but qui était également le rêve de la jeune fille. Oui, jeune fille qui était loin d’être adulte dans sa tête, malgré son grand âge, malgré son physique qui laissait voir une femme presque au seuil de son adolescence, avec toutefois un visage plus jeune.
*Kumiko : En ce monde, l'on me nomme Akuma.*
Eëlana l’avait toujours appelée Kawa… ou, parfois, Hikari. Pour elle, la jeune sorcière était une rivière lumineuse dont le courant dépendait des sentiments, des émotions… Une rivière qui pouvait aveugler et noyer, broyer, dévaster tout ce qui se trouvait sur son passage… Une rivière qui pouvait coulait doucement, reflétant une lune paisible, lavant les cœurs malheureux… Mais Eëlana faisait partie d’un autre monde. _________________ ~¤~ Akuma's Theme ~¤~

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| Sujet: Re: Dans la forêt de l'est pour deux pommes ... Sam 2 Déc - 20:31 | |
| Deux piliers .Voilà ce que l'on pouvait voir .L'un envoyait un son et l'autre le recevait .Sans cesse un son différent ,partant au gré du vent qui en était la source d'inspiration .C'était une danse mais elle n'existait pas comme cette mélodie éphémère .Seul le vent connaissait ces pas et s'élançait à la perfection dans un rythme improvisé mais toujours juste .Il n'y avait aucun accrochage ,aucune défaillance dans sa technique ,rien . Le garçon avait vraiment l'habitude de jouer de la musique avec le vent mais il étiat rare qu'il entre aussi bien en harmonie avec lui .Mais le plus étrange était qu'il ne possèdait aucun don qui lui permettait de contrôler le vent .Il était juste le roi du silence et savit de quoi était constitué chacun des sons qui l'entouraient .
Kumiko voyageait avec le vent et sa mélodie .Il savait déjà ce qui l'entourait .Il y avait les arbres en masse tous hautement dressés ,les feuilles et les branches qui crissaient entre elles .Il y avait les bourgeons ,nouveaux espoirs pour la nature qui souffrait de jour en jour .Il distingait aussi les animaux .La plupart était enfouie dans leur pelage en train de dormir ,tous bercés par la musique de l'harmonica mais seul les hiboux et les chouettes prenaient encore le temps de hululer .Bien sur ,le son doux de leurs cris était accompagné de cette magnifique mélodie .Et il y avait face à lui cette personne ,cette jeune fille droite dressée face à lui dans l'autre sens .Il voyagea autour d'elle ,l'examinant sans la voir .Puis il se focalisa sur quelque chose .Il jouait selon ce qui l'entourait mais surtout via la respiration de cette ravissante demoiselle .
Malgré son appel à l'identification ,la jeune fille ne semblait pas vouloir se prononcer .Il fallut alors un petit moment pour qu'elle transmette un message par télépathie au garçon .Celui-ci était bien plus original que ceux qu'il entendait parfois ,ça lui fit plaisir .Elle se nommait Akuma apparemment .
Il esquissa un léger sourire ,ayant une douce idée dans sa tête bien qu'un peu étrange .Il gardait ses yeux fermés ainsi que son rythme totalement parfait ,voulant tenter quelque chose .Et tout dans une finesse impeccable ,il envoya par télépathie dans le même élan de sa mélodie .
*Akuma :
Bourgeons ,Branches ,troncs ,arbres et forêts endormis C'est au démon qu'est dédié cette mélodie Virevoltant ,glissant tel le vent Petite demoiselle au charisme grand
Akuma
Dans ce refuge sombre nommé la Terre Alors tu te dis te nommer ainsi Akuma , démon ,tu peux en être fière Mais as-tu un nom autre part qu'ici
Akuma
Akuma ,comme un courant d'air froid Akuma ,rien qu'au nom donne l'effroi Akuma ,ils ne te résisteront pas Akuma ,Deux ex Makina
Akira ,je suis et ne te connais pas Kakémono en masse je peux voir Union du froid et de la mort esquissé Mais toujours couvert d'aléas Abandon froid et mortuaire
Akuma *
Une étrange chanson venait de sortir de son crâne pour être transmis directement dans celui de la femme face à lui .Toujours avec un sourire esquissé ,il jouait mélodieusement .Pourquoi avait-il fait une telle chanson ? Il ne le savait même pas et il ne savait pas non plus comment elle allait réagir à ça .C'était une éloge de cette demoiselle qui lui était inconnue pour l'instant et il ne pouvait pas savoir si ils allaient être en commun eux deux .D'ailleurs ,il ne s'était même pas présenté lui non plus normalement ,il l'avait fait par musique ,simplement .
Il ouvrit légèrement une de ses paupières plissées pour entrevoir la jeune fille de ses yeux grisâtres .Elle avait elle aussi une très belle chevelure blonde bien qu'elle était un peu imperceptible à cause de la noirceur de la nuit .Elle était bel et bien de petite taille mais son charme était présent .Et dire qu'elle se nommait Akuma ,il deviat bien y avoir une raison précise . Quand il repensa à la chanson ,ça lui fit se rappeler de son frère étrangement .Il n'était pas atteint du mutisme mais il n'avait pas un grand talent artistique comme le jeune muet .Il ne savait pas vraiment ce qui était advenu de lui .Peut-être était-il dans un autre monde ,ça ne lui faisait ni chaud ni froid ... _________________

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| Sujet: Re: Dans la forêt de l'est pour deux pommes ... Mer 6 Déc - 23:22 | |
| Etrange comme les choses peuvent tourner, des fois… Une nuit, au fin fond d’une forêt pleine de vie, deux êtres inconnus l’un pour l’autre… Deux êtres qui ne s’attaquèrent pas… Deux êtres qui ne se jetèrent pas de regards noirs de haine… Deux êtres qui se contentèrent de s’observer en silence… Cela était contraire à la nature… Les sorciers, comme les races en général, avaient considéré les humains comme des moins que rien, des incapables, ne pouvant se procurer des pouvoirs sans objet magique… Les humains avaient bien senti la méprise et la renvoyait, montrant les dents à chaque inconnu, par prudence, par méfiance, car ils risquaient de mourir à chaque instant… Même deux personnes de la même race pouvaient se haïr. Seulement, la sorcière ne s’était pas attaquée à l’homme musicien… Et l’homme musicien n’avait visiblement pas voulu se défendre avant l’attaque qui, de toute façon, ne viendrait pas. Elle l’observait et, surtout, l’écouter jouer la musique, profitait de chacune de ses merveilleuses notes qui suivaient si bien les mouvements du vent…
Le cœur de la jeune fille avait repris son rythme normal, même si elle pensait encore à sa déesse… Même si ce jeune musicien gardait ses yeux fermés, même s’il ne cessait de jouer sa mélodie, elle le sentait la regarder à travers ces paupières closes, tournoyant autour d’elle à l’aide du vent qui prenait plaisir à jouer avec sa chevelure. Si cet homme n’était pas un inconnu, la jeune sorcière aurait fermé les yeux, pour oublier le monde, pour oublier la réalité et plonger entièrement dans cette musique qui avait choisi, pour rythme, celui de sa respiration. Sa respiration qui n’avait pas changé, qui n’avait pas suivi le cœur dans son désespoir, son amour… Sa respiration longue, régulière, à la fois bruyante et discrète…
Pourquoi les deux à la fois ? Cela était contraire à la nature. Mais de nombreuses choses étaient contraires à la nature. Mais, pour les êtres, les choses contraires à la nature n’étaient autres que les exceptions. "Toute règle a ses exceptions." Il se pouvait, qu’un jour, le ciel soit vert. Il se pouvait, qu’un jour, l’on rencontrât des démons bénéfiques. Il se pouvait, qu’un jour, l’on rencontre un humain doté de pouvoirs sans posséder d’objet le lui permettant. Tout cela était dit contraire à la nature, mais tout était possible, car tout pouvait être exception à la règle de la nature.
Elle lui avait répondu par télépathie, comme il aimait le faire. La télépathie résonnait dans les esprits tout en laissant plongés dans leur silence… La sorcière n’avait pas imaginé que la télépathie pût lui être si pratique… Elle s’imagina un instant perdre la voix, perdre cette capacité qu’était celle de communiquer par parole orale… Des paroles qui étaient faites pour entrer par les oreilles et atteindre directement le cerveau… Peut-être serait-elle devenue renfermée sur elle-même, sans communiquer à personne… Renfermée dans ses images, ses sentiments… Elle-même put admettre que cela aurait facilement pu arriver si elle n’avait pas reçu le don de la parole. La télépathie permettait au jeune homme de communiquer avec les gens, ce qui laissait une porte ouverte… Elle, aurait probablement fermé cette porte, laissant ainsi une chance s’échapper, s’envoler pour ne revenir peut-être jamais.
Les fines lèvres de l’Homme Musicien s’étirèrent légèrement, formant ainsi un sourire discret éclairant ce visage aux paupières closes. Et les questions, encore les questions… Pourquoi ce sourire ? La réponse qui avait été de nature télépathique ? Le contenu de la réponse ? Une pensée commentant la réponse ? Une idée qui n’avait rien à voir ? Un souvenir ? Quoi ? Pourquoi ce sourire ? Sourire bien ou mal intentionné ? Il restait perché, ses yeux demeuraient clos, sa musique persistait… Il ne semblait pas avoir de mauvaise intention, dans ce sourire. "Paraître et Sembler ne sont pas Etre" Oui, elle le savait… Mais elle n’avait aucune envie de se méfier, et surtout pas de ce Musicien… Non, elle voulait suivre la mélodie et y puiser la paix. Elle le répéta une fois, puis encore une… Fatiguée par sa méfiance, fatiguée par ses questions…
La voix masculine se manifesta à nouveau… en chantant. Un étonnement, d’abord. Pourquoi chantait-il ? Stop, questions. Il chantait une chanson, à elle. Une chanson pour elle. Il chantait. Alors écoute. La chanson suivait la musique. Belle chanson, belle musique, belle mélodie… Se laisser rêver par cette voix, cette musique… Se laisser transporter hors de soi et écouter, admirer, rêver…
Lui aussi le savait. Il savait qu’on l’appelait Démon dans ce monde. Démon cruel, sanguinaire… Nommée Démon par le Démon qui aurait voulu la voir Démon. Oui, ici, on la nommait Akuma, on la nommait Démon… Oui, ici, elle se nommait Akuma, elle se nommait Démon… Depuis longtemps, depuis toujours… D’abord nommée ainsi par le Démon, puis par la terre, puis par ce monde entier… Fière ? Oui, peut-être… Fière d’avoir un nom si maléfique, si effrayant pour certains… ? Peut-être… Jamais n’avait-elle été fière de se présenter sous ce nom que, malgré tout, elle n’aimait pas. Elle n’était pas d’une race démone, même si le Démon l’avait souhaité toute sa misérable vie. Même s’il l’avait espéré jusqu’à l’appeler ainsi, espérant peut-être que cela changerait les choses et l’accepterait dans la race démone. Alors, là où avait vécu le Démon, là où il avait imperceptiblement laissé sa trace, on appelait la demoiselle Akuma, elle s’appelait Akuma et ne le niait pas, ne le changeait pas. Terre sombre, compliquée, chargée d’émotions et sentiments trop nombreux, trop puissants… Terre malheureuse, terre haineuse, terre maudite.
As-tu un nom autre part qu’ici ? Question qui fut répétée encore et encore, comme si elle ne l’avait pas comprise. Mais la question était on ne peut plus claire. La jeune fille avait-elle un autre nom autre part qu’ici ? Où ? Le paradis, l’enfer et la vie étaient tous en ce monde, sur terre. Celle qui ne l’avait jamais appelée Akuma n’était ni en enfer, ni au paradis. Elle était autre part, dans un monde de douceur glacée, un monde où persistaient calme et sérénité, un monde où demeurait Eëlana. "Kawa… Ma rivière argentée éclatante de lumière…" Eëlana… La lumière de mon cœur, Mon Hikari… Un amour sans limite, unique sentiment entourant la déesse dans ses moindres sourires, ses moindres paroles… Eëlana…
Plus de contrôle, plus de marbre. Une larme. Une larme qui luisait au coin de l’œil, qui prenait contact avec la peau pour s’écouler lentement, suivant le chemin de si nombreuses larmes jaillies avant elle, traçant le chemin de tellement de larmes qui rouleront après elle… Une larme qui aurait voulu éclater pour hurler sa peine à la lune, aux étoiles. Mais elle se contentait de descendre la joue, sans précipitation, sans rapidité… Elle avançait très peu, mais elle avançait, avec toujours cette envie de se détruire pour enfin se libérer.
Akuma ferma lentement les yeux, permettant ainsi à la larme de s’écouler moins lentement, plus vite… Qu’elle s’en aille… Mais elle restait… Roulait-elle encore ? Ou s’était-elle immobilisée ? Un courant d’air froid… Kan’pa… Il était là, tout près d’elle, perché sur sa branche d’arbre… Il ne bougeait pas. Ecoutait-il la mélodie ? Entendait-il la voix ? Improbable, mais la musique atteignait ses oreilles, et peut-être pouvait-il lui aussi sentir la douceur… Peut-être… Ou peut-être pas… Après tout, ce n’était pas plus qu’un animal… Rien de plus qu’un animal… Rien de plus… Un animal sans cervelle… ! Non, elle ne devait pas penser cela de son unique compagnon, de celui qui ne cessait de la surveiller malgré ses absences, de celui qui tenait à elle. Elle montrait peu de douceur, préférant en récolter qu’en semer, mais il restait avec elle et ne la quittait pas, ne la trahissait pas avec une autre personne de ce monde…
Que désignait le "ils" ? Les gens de ce monde ? Ceux qui la méprisaient ? Comme ces soldats qui, peut-être à l’instant même, rodaient encore dans la ville à la recherche cette sorcière meurtrière ? Eux ne lui résisteraient-ils donc pas ? Et ce Musicien ? Qu’était-il pour les repousser ainsi, et les interpeller de cette manière ? Un fantôme ? Même un fantôme ou une ombre appartenait à ce monde. Et il semblait bien que tous étaient condamnés à y rester pour l’éternité. Akuma n’était pas une exception. Mais Eëlana ? Avait-elle possédé une vie en ce monde ? Pour mettre son enfant au monde, cela avait bien fallu. Et si Akuma était classée parmi les sorcières, Eëlana également… jadis. "Ils" tremblaient rien qu’en entendant ce nom que l’on utilisait également pour nommer le Malin. "Ils" ? Eux. Ces mortels qui, qui le veuillent ou non, qu’ils le disent ou non, étaient terrestres. Ils vivaient dans ce monde composé de terre et d’eau, de feu et d’air. Ils vivaient dans ce monde où les sentiments contrôlaient tous. La haine, l’amour, la tristesse… Trois sentiments destructeurs, horribles, que craignait Akuma malgré elle. Ils vivaient dans ce monde, et le détruisait car il n’avait pas voulu d’eux. Akuma également. Qu’elle le veuille ou non. Elle ne faisait pas exception à la règle. Les sentiments contrôlaient chacun de ses gestes et paroles, et elle participait à la destruction du monde, rien qu’en tuant des misérables soldats.
Façon peu commune de présenter son nom. Nom télépathiquement chanté. Akira… Union du froid et de la mort esquissée… Il se qualifiait de mots peu aimables… En quelque sorte, il se disait en partie, ou entièrement, mauvais. Mort, froid, mortuaire… Des mots sombres qui plurent à la jeune fille qui aimait tant la glace, qui pensait tant à la mort… Un humain qui ne semblait pas forcément joyeux malgré ses sourires. Un humain qui jouait incroyablement bien avec la musique. Un humain à l’arme et au tatouage étrange. Un humain à la longue chevelure. Un humain. Akira.
Et, durant ce moment durant lequel sa voix transmettait la chanson, il ne cessa pas de sourire, continuant sa mélodie s’alliant au poème chanté. Elle ne put se tenir immobile, visage gris et neutre malgré la larme toujours présente. Des balancements réguliers, des paupières closes… La chanson ne se terminait pas… Répétée encore et encore, elle donnait l’impression de n’avoir aucune fin. Même si le jeune homme avait depuis longtemps terminé, sa voix résonnait encore dans la tête creuse de la jeune demoiselle, comme il le disait si bien, dont le nom insultait le monde entier, et elle-même. Comment, dans ce monde, une mélodie si belle pouvait-elle voir le soleil autre que par le biais de la déesse Eëlana… ? Une mélodie qui fut probablement créé instantanément par l’Homme Musicien… Comment avait-elle pu rencontrer le vent, le suivre jusqu’aux oreilles de la jeune fille ? Comment ? Et, toujours, Pourquoi ? Pourquoi l’avait-il fait ? Pourquoi cette chanson dédiée à la sorcière directement ? Pour quel but ? Des questions encore… Akuma ne fit aucun effort pour les chasser ni même les critiquer… Jamais n’avait-elle pu croire qu’un inconnu pût se comporter ainsi… Chut… Tais-toi, et laisse le calme froid t’envahir tout entière…
Au fil des jours, plus elle procédait à cet acte, plus elle s’emportait dans un calme difficile à imaginer… Un vide étrange l’envahissait tout entière, comme-ci elle avait créé une barrière entre elle et ses problèmes. Ses milles questions, ses larmes, ses sentiments… tout se retrouvait éloigné de la jeune fille qui ne possédait alors plus rien… Derrière ce corps se cachait alors un néant impénétrable, infranchissable… A cet instant, la même sensation se faisait ressentir en elle… Elle se trouvait dans un état second, dans une sorte de transe… Ses yeux ne s’étaient pas ouverts, son visage fermé ne montrait plus aucune expression… Vide, tellement vide… Un visage pareil à celui des statues… Son corps se balançait au rythme du vent, au rythme de la mélodie, au rythme de la chanson pourtant terminée depuis de longues minutes… ou peut-être seulement quelques secondes…
Lentement, elle reprit peu à peu conscience de la présence du jeune humain perché sur son arbre… C’était lui qui avait offert la mélodie… Merci…
*Akira :
Akuma, Démon, mais quelle importance ? Trembler, claquer des dents, c’est inutile. N’est pas violente ma simple présence, Seulement froide, mais noire et hostile.
Akuma, ainsi me nomme un Démon, Possédé du Diable, haineux, traître, Déçu par ma personne, ma race, mon Moi méprisé comme par les prêtres.
Akuma, nommée ainsi par ce monde, Mais nommée autrement par la Déesse, Habillée telle une blanche prêtresse, Haïssant cette sombre terre immonde.
Akuma, disparue et oubliée Lorsque, désertant cette terre sombre, Etant moins remarquée qu’une triste ombre, Rends visite à la lumière exilée.
L’Etincelle ainsi sourit, sa Kawa Rivière lumineuse, est revenue. Elle la caresse, et me rends émue, Car le cours d’eau n’est autre que mon Moi.*
Son cœur avait parlé pour elle, et elle n’avait pas eu la force ni le désir de le retenir. Ce fut un autre poème qui, plus tard, allait se retrouver inscrit sur une feuille. Un autre poème dansant dans l’esprit creux de la jeune sorcière qui, encore peu consciente, l’avait immédiatement transmis à l’Homme Musicien, à Akira. Elle ne sut pas si elle l’avait parlé ou chanté ; mais il s’allait à la mélodie dont les notes résonnaient inlassablement dans sa tête, dont les mots s’inscrivaient infatigablement dans ses pensées. Toujours balancée par le vent froid, toujours fermée de toute douleur actuelle, toujours distante de toute vision. Yeux toujours clos, visage toujours vide. _________________ ~¤~ Akuma's Theme ~¤~

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|  | | Kumiko Akira ~ Citoyen ~


   Age : 17 Inscrit le : 01 Sep 2006 Messages : 1294 Âme(s) soeur(s) : *Prend ses cartes* Choisis bien ta carte, petit(e). Camp : Descendant du marquis de Sade... Vous le pensez bénéfique peut-être ?
| Sujet: Re: Dans la forêt de l'est pour deux pommes ... Mar 12 Déc - 22:26 | |
| Il n'y avait plus belle musique que le silence entre les deux êtres l'un qui contemplait l'autre et l'autre qui contemplait le monde .Un homme ,une femme ,deux êtres totalement différent qui ont choisi de rester dans une forêt sombre entremetteuse .Il y avait certaines choses qui rapprochaient les deux personnes .Ca devait être la couleur de leurs cheveux peut-être ou bien aussi leur amour pour la musique . Mais quel musique aussi ? Celle qui venait du coeur comme celle que jouait sans cesse Kumiko Akira ,le jeune garçon pendu par les pieds à son arbre avec son harmonica qui ne cessait de cracher des notes totalement improvisée .
Le vent balançait légèrement les cheveux du musicien .C'était une caresse d'une étrange froideur .Elle rafraichissait son corps fin et maigre .Cette fraicheur ,cette brise ,cette caresse ,c'était celle de la vie de son frère qui revenait en lui en s'insufflant dans ses narines tel Dieu qui donne la vie à la glaise qu'il nomme "homme" .
Mais son corps restait statique ,jouant cette infinie mélodie qui se répètait toujours dans des sons différents .On avait l'impression qu'il ne se préoccupait pas de ce qui l'entourait .Mais bien au contraire ,il était ce qui l'entourait ,il était le vent qui se faufilait entre les arbres pour rejoindre les oreilles de cette femme dorée . Qu'est-ce qu'il aurait aimé que son frère soit là pour l'écouter .D'ailleurs ,où pouvait-il bien être ? Shinji ? Où étais-tu ? Mort ? Peut-être bien .Et il s'en fichait car le temps était éphémère et qu'il n'avait plus de larmes à faire couler pour sa mort .
Une fois son frère chassé de son esprit ,il se concentra sur cette mélodie qui lui venait n'importe comment .Il se surprenait lui-même à faire des choses incroyables tellement elles étaient improbables .Il se croyait dans un conte de fée mais il savait que ça n'existait pas et que les contes étaient bien souvent des plus cruels .
C'est alors qu'il sentit des distorsions .Il ne rêvait pas ,la jeune demoiselle se balançait quelque peu .Elle était donc restée pour écouter de son vieil intrument ? L'harmonica ? Pourtant ,c'était bel et bien un son plutôt désagréable ,pensaient les autres quand ils l'écoutaient . Une voix ,il entendit une voix dans sa tête qui n'était pas la sienne .Il l'avait déjà entendu une fois il y a quelques brises plus tôt .C'était Akuma ,cette femme qui l'écoutait .Elle récitait quelque chose qui n'était pas matériel .C'était dans sa tête ,une chanson ? Ca ,il ne le savait pas ,il ne savait pas si elle chantait car ,mécaniquement ,il s'était axé sur ses paroles interieur pour qu'elles s'accompagnent parfaitement.
Elle écouta cependant toutes les paroles que lui transmettaient Akuma .Elle avait fait un très beau poème mais il trouva étrange qu'elle commence par autre chose dans son dernier paragraphe .Il se demandait aussi qui pouvait bien être Kawa .Il fallait dire que Kumiko était un ignorant ,il sortait tout droit de sa montagne paumée .
Il esquissa un léger sourire .Il avait l'air doux et gentil .Pourtant ,il s'était dit qu'il était la mort et le froid réuni .Il symbolisait le froid ,l'incapacité à faire ressortir certaines émotions et la mort dans l'absence de parole et son inanimation .Il n'y pouvait rien ,ce n'était pas sa faute mais il avait maintenant un moyen de chanter en même temps que jouer de la musique .
Il écarta une de ses mains ,jouant de son instrument alors d'une main .Il la laissa tomber lentement ,accompagnant le son par son instrument .Il monta alors un de ses doigts accompagné de son bras .Il pointait un arbre ,celui d'à côté .Qu'avaut-il de particulier ? Rien du tout .Il avait encore quelques derniers fruits de la saison passée et des feuilles comme tous les arbres présents dans la forêt .Il écarta soudainement la main et on vit les fruits dégringoler un par un ,en rythme sur le sol ainsi que des feuilles .C'était des percussions . Comment faisait-il ça ? Simplement avec la gravité .
Puis il ouvrit lentement les yeux ,laissant voir une lueur grisâtre à l'interieur .C'était ses yeux ,gris comme les nuages de mauvais augures .C'était de très beaux yeux qu'on lui disait mais il leur répondait par des gestes en disant qu'il ne le savait pas .Après tout ,c'est le regardeur qui fait le tableau .
Il aperçut le visage de la jeune fille .Elle était d'une grande beauté mais tellement neutre .La froideur et la mort lui allait bien au physique mais pourtant il la trouvait charmante et pas franchement si mortuaire .Elle était d'une petite taille mais ça ,il s'en fichait .Il semblait tellement admiratif qu'il commença à faire une drôle de mélodie .Il faisait une mélodie en désaccord avec le vent mais sans le déranger .Cette mélodie n'était autre qu'un thème qu'il aurait aimé appliquer à une personne tel que elle .Sur un air de "After the flood" de Talk Talk avec ses percussions toujours dans un accord quasi parfait ,il se lença à corps perdu .
*Akuma :
Etrangité dans un bois saugrenu Que font seuls ici deux rustres inconnus ? Femmes fatales et autres canailles Les deux présents sortent de cette paille
Etrangité dans cette mélodie bienvenue Seuls les voies du coeur y sont atteintes Dans ce vent périssent les plaintes Virgile ,dis-moi que ces notes ne sont pas perdues
Etrangité dans une rencontre bien spéciale Chat de Cheschire face à miroir de glace Akira ,qui ne veut laisser sa place Akuma qui l'écoute sans mal
Je ne suis qu'un piètre poète Black Bart devrait avoir honte de moi Mais stop aux trentes midinettes La femme d'or est face à moi
Il stoppa alors ses percussions .Il devait dorénavant y avoir un tas énorme de pomme autour de l'arbre .Il ne savait pas ce qui défilait dans sa tête ,toute ses paroles qu'il avait prononcé par télépathie n'était que le reflet de ce qu'il pensait .Il avait ouvert les yeux et il souriait ,continuant sa mélodie simplement en fixant la jeune femme dans les yeux .Il ne savait pas non plus quand est-ce qu'il allait s'arrêter .Ca ,c'était à voir . _________________

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| Sujet: Re: Dans la forêt de l'est pour deux pommes ... Dim 28 Jan - 18:54 | |
| Elle ignorait ce qu’il lui prenait véritablement, encore enfoncée dans son inconscience qui s’en allait petit à petit, les pensées et les questions reprenant peu à peu leur place. Que faisait-elle ici, avec cet inconnu, alors qu’elle était censée faire tout autre chose ? Et faire quoi d’ailleurs ? Elle répéta son poème, le gardant pour elle-même cette fois-ci. Quelque chose avait fait que sa mémoire avait refusé de lui répondre, jusqu’à ce que le poème revienne de lui-même. Les sons reprenaient vie dans la tête de la jeune sorcière, les images tentaient de s’éclairer elles-même. Akuma vit une fillette pleurer, un soldat s’effondrer, une tempête de neige tout engloutir, une femme sauter d’un ravin. Elle entendit le hurlement d’un loup confiant sa peine aux étoiles, une enfant hurler de peur, un homme aboyer des injures, le bruit d’une chute, un murmure… Tout ce qu’elle pouvait imaginer était de retour pour à nouveau l’embrouiller et la rendre folle. Seulement, l’inconscience était là et gardait le calme tout près du cœur pour que ce dernier ne s’affolât pas.
Tout ce qu’elle avait souhaité était d’avoir une vie qui sortait du commun, qui était plus paisible et plus joyeuse que toutes les autres vies. Elle avait pensé que la vengeance arrangerait les choses, mais non. Certes, elle se sentait plus tranquille lorsqu’elle pensait au Traître. Eëlana aussi, d’ailleurs, devait se reposer en paix à présent. Pourtant, elle n’était pas plus joyeuse qu’avant et s’ennuyait lamentablement… lorsqu’elle ne se sentait pas malheureuse. Le passe-temps qui consistait à blesser des soldats et à en tuer ne l’amusait plus. Etre recherchée dans toute la ville ne lui plaisait pas, même si cela n’avait rien d’ennuyeux. Décidément, elle était née pour être malheureuse sans aucune raison…
Elle rejeta cette pensée, se concentra à nouveau sur la mélodie. L’inconscience disparue, la sorcière rouvrit ses yeux. Elle revit le jeune homme pendu à son arbre la tête vers le bas, les paupières closes, jouant de son instrument sans cesser, berçant le vent de sa mélodie, l’accompagnant. Il semblait même le contrôler… Même si cela n’était pas, cela paraissait. Akuma aimait sentir la brise lui glaçait la nuque. Le musicien affichait un doux sourire enjolivant ce visage qui paraissait parfait dans cette pénombre.
Il écarta un bras, le laissa lentement tomber. Une longue note de musique accompagna ce geste. Son bras se dressa, un de ses doigts repliés se tendit et désigna l’arbre se dressant à côté d’eux. Perplexe, Akuma observa l’imposante plante. Pourquoi la montrer ainsi du doigt ? Qu’avait-il qui le différenciait des autres ? Rien, lorsque la sorcière l’observait. L’humain avait les yeux fermés, en plus. Que pouvait-il trouver à cet arbre ? Tout à coup, un fruit tomba sur le sol dans un bruit qui résonna mat dans les oreilles de la jeune sorcière qui en fut quelque peu surprise, sans sursauter pour autant. Un autre fruit tomba, puis un autre… Entre la chute de chaque fruit, entre l’atterrissage de chacun d’eux, il y avait un bref temps de pose, toujours le même… C’était un rythme qui suivait la musique. Et le Musicien était l’auteur de ce qu’on appelait aussi des percussions, quoique fut le moyen qui lui permettait de produire une telle chose.
Il ouvrit les yeux, qu’Akuma observa, détournant les yeux de l’arbre. Elle y vit aussitôt une lumière petite, discrète, qui en émanait. Une lueur grise, qui brillait et semblait, aux yeux de Akuma, illuminer tout ce qui se trouvait autour d’elle et du Musicien. Elle aimait bien leur forme, même si elle l’avait vue plusieurs fois… Une forme de yeux bridés. Mais c’était la lueur qui enjolivait le visage. Et l’humain observait Akuma. Un moment de silence se passa, silence seulement troublé par le bruit d’une mélodie, de percutions, des arbres tendant leurs oreilles… Pas vraiment un silence, si l’on y pensait. Mais Akuma se comprenait. Le Musicien reprit ce contact avec elle, lui offrant à nouveau des vers.
Un bois saugrenu… Lorsqu’elle l’observait, Akuma le sentait doux, beau, protecteurs, libre… Fier de son immensité, de la force qu’elle lui procurait, de la fraîcheur qu’il procurait… Saugrenu ? Par sa sauvagerie, peut-être… Que font ici deux rustres inconnus ? Que font deux personnes inconnues l’une à l’autre dans cette forêt si différente de leur dite civilisation, si libre et sauvage, si juste et sage ? L’une voulait découvrait le bois, l’autre… Akuma l’ignorait. Pour se détendre, profiter de cet endroit vert et fier, pur et frais ? Lui seul le savait. Et Dieu, peut-être, s’il existait. Ayant grandi dans un coin reculé, elle ignorait tout de lui, sauf une chose : il avait faibli et un maléfique s’était pris pour lui pendant un long moment, avant de révéler sa véritable identité. Cette bataille, et surtout le massacre que la sorcière avait accompli contre sa propre volonté ne s’effaceraient jamais de sa mémoire.
Différents de tous les hypocrites qui grouillaient sur ce monde, différents des autres canailles. Akuma, différente d’eux ? Cela dépendait de chaque point de vue. Elle avait agi comme eux. Elle avait massacré et s’était vengée comme chaque être maléfique, elle avait sauvé des gens comme chaque être bénéfique. Les seules choses qu’elle n’avait pas faites étaient ne pas raconter des histoires, ne pas se mêler aux cancans des jeunes femmes, ne pas s’amuser à draguer les hommes en s’attachant à leur physique. Femmes fatales, disait le jeune homme. Elle pensait voir où il voulait en venir. Les voies du cœur atteintes par la mélodie, les plaintes effacées par le vent… Akuma savait au moins une chose sur ce poème : elle ne l’oublierait pas. Jamais, elle ne pouvait en être sûre. Elle savait qu’elle vivrait longtemps, il se pourrait que sa mémoire éjectât des souvenirs sans qu’elle le veuille, même si c’était loin de ce qu’elle espérait. Elle ne voulait jamais l’oublier. Jamais oublier la mélodie, non plus.
Elle écouta le reste du poème. Un vers lui sauta aux oreilles. Le dernier. La glace venait de l’eau. La glace n’était que de l’eau qui n’était plus liquide. L’or était précieux. L’or était lumineux. L’or était rare. Cet humain qui se nommait Akira, cet humain qui communiquait par la pensée, cet humain qui jouait d’une mélodie, cet humain qui créait des poèmes… Il se disait piètre, se disait vouloir garder sa place. Il se voyait gris, peut-être misérable… A cause des autres, ou pas, il ne semblait pas se trouver particulier, peut-être ne s’aimait-il pas réellement bien… Peut-être que si. Quoi qu’il en fût, Akuma appréciait sa mélodie, appréciait ses poèmes, appréciait entendre sa voix résonner dans sa tête sans passer par les oreilles.
La sorcière jeta un bref regard vers l’arbre qui avait perdu ses fruits malgré lui. Plus aucun ne tombait. Un tas se trouvait au pied de l’imposante plante. Un fruit avait éclaté. Il avait dû tomber de haut, celui-ci. Et Akuma n’avait même pas ressenti la différence de son, car elle se contentait de suivre la mélodie. Elle était sortie de son inconscience, mais se sentait bien, paisible… C’était une sorte de méditation qu’elle s’était elle-même apprise. Eëlana lui avait dit qu’elle avait besoin de se reposer de cette manière. Sa jeune Kawa avait suivi le conseil.
Le Musicien continuait de sourire et de jouer la mélodie. Un moment, il serait obligé d’arrêter. Lui et Akuma seraient forcés de se séparer, s’en allant chacun de son côté. La sorcière ne répondit rien, laissant simplement le temps filer, les notes se répéter encore et encore. Elle n’avait plus de mots pour former des phrases, plus de phrases pour communiquer avec le Musicien. Elle se contentait de rester silencieuse et d’écouter la mélodie et le murmure des arbres qui l’accompagnait. _________________ ~¤~ Akuma's Theme ~¤~

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| Sujet: Re: Dans la forêt de l'est pour deux pommes ... Dim 4 Mar - 1:34 | |
| L'humain n'avait pas l'air de vouloir acherver cette interminable mélodie. Il avait noté que la jeune fille était sortie de son "inconscient" en se focalisant sur son mode de respiration qui était bien plus automatique une fois qu'elle était elle-même. Kumiko s'étonnait lui-même de pouvoir faire ce genre de choses. Il se demandait comment ila avit fait pour progresser autant alors qu'il n'avait pas combattu, ni pratiqué. Il avait sans doute appris ça dans le vif.
Pendant qu'il jouait, il se posait des questions bien étranges. Pourquoi était-il né ? Il n'en avait aucune idée. Il pensait à son enfance de dégoûts et d'horreurs à cause de son handicap qu'il possédait. Malgré ça, il avait rencontré des gens qui avaient su l'aimer comme un ami ou bien comme un frère. Peut-être qu'il était destiné à rencontrer des gens mais il ne croyait pas à cette vie tracée de toutes pièces. Maintenant qu'il avait enlevé ses chaînes et qu'il était parti de cette montagne, il se sentait libre comme le vent malgré qu'il ne soit pas vraiment son ami.
Les yeux ouverts, il regardait sa spectatrice entourée des autres personnes présentes qui étaient les arbres et les animaux. Peut-être n'aimaient-ils pas la musique qu'il jouait ou bien est-ce que ça les avait appesé ? En tout cas, il espèrait que ça leur plairait mais il y avait une chose que la nature ne savait pas, Kumiko voulait garder entre la sorcière et lui les discussions qu'ils avaient en vers malgré que ce ne soit pas des alexandrins. Il esquissa un sourire masqué par ses mains qui tenaient l'instrument au son roque et mélodieux à la fois.
*Akuma:
Un jour, il faudra dire que ceci "est la fin" Il faudra éviter de se faire marcher dessus Et reconnaître les lois de son voisin Mais ce jour n'est pas venu
Voyons nous ce terrible monde Où la terre n'a plus l'impression d'être ronde Rien ne sert de rester à pleurnicher C'est demain que tout est censé commencer
Croyez-moi ou non, Nous sommes libres de ce que nous faisons Crois-tu, toi, qu'un jour, nous serons Empli de joie de vivre et que plus jamais nous ne soupirerons ?
Je ne connais pas de vers plus précieux que les tiens Sans doute parce que personne n'avait osé donner les siens Tu n'es pas seule, il faut le comprendre Rester dans la solitude ne te servira qu'à te pendre
Vis ta vie comme elle vient Malgré que je te donne des ordres Ne sois pas l'esclave de ton prochain Ca ferait vraiment désordre.
Je ne m'attendais pas à avoir une poëtesse face à moi C'est un honneur que tu me donnes, ma foi Une jour ou l'autre, j'espère mieux te connaître Pour savoir qui est cette kawa qui semble hanté ton être.
Ne sois plus pessimiste Et profite de la vie tant que tu existes J'espère qu'un jour, mes vers Ne resteront pas des paroles en l'air.*
A la fin du dernier couplet, Kumiko commença à jouer de l'harmonica en improvisation avec une aisance encore plus distinguée qu'avant, variant selon le vent mais jouant aussi avec sa propre volonté, ce qui n'était pas le cas avant, comme si il jouait un solo d'harmonica intense. Ainsi, une musique effrennée se jouait comme dans un concert, voulant plaire au public.
C'est au bout de quelques minutes qu'après des crescendos et des décrenscendos, Kumiko mit fin à la musique, imposant un silence presque terrifiant. C'était le silence d'une forêt, le silence des arbres, un silence qui inspirait l'art. L'humain sépara son instrument de sa bouche, l'essuyant du revers de la main avec un sourire, se disant que c'était le moment de finir cette mélodie car les bonnes choses avaient toujours une fin. Dans un mouvement souple, il bascula en arrière pour se redresser, ses cheveux blonds suivant le mouvement de sa tête pour battre son dos. Il était debout, à côté de sa lance incrustée durement dans le sol.
Il regarda le tas de fruit au sol et remarqua que c'était des pommes, sans doute des goldens. Il en prit une et croqua dedans puis fixa sa Spectatrice. Il esquissa un sourire et d'un air amusé, il lui demanda, l'air de rien.
*Akuma: Voulez-vous une pomme, très chère ?* _________________

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| Sujet: Re: Dans la forêt de l'est pour deux pommes ... Lun 26 Mar - 22:46 | |
| Une image se forma dans la tête de la jeune femme. Une image comme toutes celles que l’on pouvait imaginer lorsqu’on lisait des contes. La princesse douce qui fermait les yeux, souriait purement et balançait peut-être sa tête, les cheveux soulevés par une brise. Le prince charmant qui jouait de la musique et l’offrait à la femme dont le visage paisible respirait l’innocence pure et claire. Akuma jouait le rôle de la princesse. Seulement, elle ne respirait pas l’innocence. Certes, elle écrivait des poèmes, aidait parfois les anges qu’elle respectait peut-être plus que tout, et avait même essayé de sauver la vie de Dieu. Cependant, elle avait menti, haï, tué. Elle avait usé la magie noire avec égoïsme et n’avait jamais voulu obéir aux ordres. De plus, elle était maléfique de race. La sorcière n’était pas la gentille princesse blanche de pureté. Pourtant, cela ne l’empêchait pas de voir cette princesse jouir de la beauté de la musique du prince. Elle ne pouvait cesser de voir cette joie qu’affichaient les deux visages. Et le prince ? Akira. Lui aussi avaient des caractères qui s’opposaient à cette idées, mais avec moins d’insistance. Et c’était des caractères peu importants. D’abord, cet instrument n’était pas commun chez les richissimes. Il devait posséder un son trop rauque pour les fragiles oreilles propres, un aspect trop grotesque pour les fragiles petits yeux sensibles. En général, d’après ce qu’avait lu Akuma lorsqu’elle était plus jeune, les riches princes et princesses possédaient plutôt des instruments comme des violons polis, des harpes dorées, des pianos luisants. L’humain n’était pas vêtu comme un riche, et cela était on ne peut plus normal. Personne n’avait toutes les chances d’être riches. Tous deux, humain et sorcière, ne se trouvaient pas dans le parc clair et lumineux d’une grande battisse mais dans une forêt sauvage et indépendante, somnolant dans une douce obscurité. Mis à part cela, tout semblait être comme dans cette image.
Sortie de la douce inconscience qui la protégeait un peu plus tôt, Akuma se sentait à nouveau submergée par ce poids insupportable. Mais pourquoi elle ? Pourquoi était-ce elle qui devait porter cette lourdeur et la tenir malgré ses peines ? Pourquoi ne trouvait-elle pas la raison de ce problème pesant ? Pourquoi se sentait-elle incapable de sortir de l’obscurité ? Pourquoi était-elle encore en ce monde, si elle méritait tant de douleur ? Pourquoi, malgré la beauté de la mélodie qui emplissait ses oreilles, malgré ses moments d’inconscience, pourquoi ne pouvait-elle pas fuir les larmes invisibles qui pénétraient en elle pour ensuite s’écouler le long de ses yeux sans que personne ne les vît ? Pourquoi cela ne semblait-il pas suffire ? Pourquoi des larmes salées et voyantes s’ajoutaient-elles à celles invisibles aux yeux de tous ? Comment se faisait-il qu’elle soit encore debout alors qu’à chaque instant, elle avait envie de s’écrouler sur le sol et de ne plus jamais se relever ? La femme, jeune fille dans sa tête, pensa à Eëlana. Elle pensa à la mélodie qu’elle écoutait non sans plaisir. Elle pensa à Kan’pa. Elle pensa aux sourires que lui avait parfois adressés les jeunes enfants à la ville. Elle pensa à ses vers. Elle pensa à la beauté et à la douceur de la nature. Elle pensa à la montagne et sa neige. Elle pensa à la glace qui l’accompagnait souvent où elle allait, protégeant son cœur. Elle sut pourquoi elle arrivait encore à tenir sur ses deux jambes. Un triste sourire étira les lèvres de la sorcière.
L’humain musicien envoya un nouveau poème à l’intention de Akuma. Un jour, il faudrait dire que ceci serait la fin, éviter de se faire marcher dessus, reconnaître les lois de son voisin. Ceci ? La mélodie, la nuit, la rencontre, les mots ou les soupirs… Accepter son voisin, le respecter mais se faire respecter également. Mais ce jour n’était pas encore arrivé. Et l’on pouvait donc se disputer, être puissant ou faible.
Qu’ils vissent (verbe voir au conditionnel imparfait) ce terrible monde où la terre n’avait plus l’impression d’être ronde. Un monde incompréhensible où le blanc et le noir se mélangeaient, où les joies colorées s’embrouillaient avec la grise mélancolie et la noire tristesse, où la rouge haine attaquait leurs créateurs, où les ténèbres souriaient et le paradis pleurait, où les questions restaient seules et nombreuses, où les larmes se multipliaient, où les cris pleuvaient… Rien ne servait de rester à pleurnicher, c’était le lendemain que tout était censé commencer. Le regard de la sorcière se figea. Rien ne servait de rester à pleurnicher. Rien ne servait à pleurnicher. Rien n’était utile aux pleurs, les pleurs n’étaient utiles à rien. Le jour suivant, tout était censé commencer. La fin des larmes, la fin de l’embrouille, la fin des paradoxes… Le début des sourires, le début de l’ordre, le début de la logique… Tout était censé commencer le lendemain. Alors pleurer ne servait à rien, car bientôt toute raison provoquant les larmes serait censée partir. Seulement censée.
Qu’on crût ou pas le musicien, ils étaient libres de ce qu’ils faisaient. Libres de sourire n’importe quand, libres d’aimer n’importe qui, libres d’avancer sans tomber. Libres de pleurer n’importe quand, libres de haïr n’importe qui, libres de trébucher à chaque pas. Libres de croire ou ne pas croire les paroles de l’humain, libres de les écouter, libres de les adorer, libres de les ignorer, libres de les mépriser. Libres de tout. Akuma croyait-elle, elle, qu’un jour ils seraient emplis de joie de vivre et que jamais plus ils ne soupireraient ? Croyait-elle qu’ils respiraient la joie, qu’ils souriraient heureux, que jamais plus cette légèreté s’enfuirait dans un soupir ? Non, elle ne le croyait pas. Pas dans un monde aussi compliqué, aussi difficile que celui-ci. Elle ne pouvait pas le croire, elle se pensait tout bonnement incapable de ressentir un véritable bonheur.
L’humain ne connaissait pas de vers plus beaux que ceux de la jeune fille, peut-être parce que personne n’avait osé donner les siens. Elle était la première à confier des vers à quelqu’un, d’après lui, la première à les prononcer à haute pensée, même si ce n’était pas à haute voix. La jeune devait comprendre qu’elle n’était pas seule, que s’enfermer dans la solitude ne lui servait qu’à se pendre. Elle devait comprendre que des milliers de gens l’entouraient, des gens dont certains méritaient peut-être sa confiance. Elle devait comprendre que verrouiller la porte qui l’enfermait à l’écart du monde réel était faisait l’effet de nouer la corde et de la passer autour du cou. Alors il ne restait plus qu’à sauter.
Qu’elle vît sa vie comme elle venait. Qu’elle reste debout, qu’elle continuât à avancer. Et ce malgré ce qui arrivait. Malgré que le musicien donnât des ordres, Akuma ne devait être l’esclave de son prochain, cela ferait vraiment désordre. Elle ne devait se plier à son prochain, même si, de cette manière, elle se pliait aux ordres de l’humain, ordres qu’elle percevait comme des conseils. Si elle devenait domestique telle un animal battu, cela provoquerait un désordre dans la tête de la jeune fille qui pourrait alors mal finir.
Le musicien ne s’attendait pas à avoir une poétesse en face de lui. C’était un honneur qu’elle lui donnait. Il ne pensait pas qu’il y aurait devant lui une jeune femme capable de créer des vers en quelques instants. Et cette rencontre était pour lui un honneur. Il espérait mieux connaître l’adolescente un jour ou l’autre, pour savoir qui était cette Kawa qui semblait hanter son esprit. Il avait mal compris ce qu’elle avait pensé dans son précédent poème. Elle avait probablement mal employé les mots. Kawa, née dans l’eau d’une rivière, n’était autre que Akuma, née dans le feu d’un incendie. Et l’être qui hantait l’esprit de la jeune se nommait Eëlana, née au cœur de la glace. Femme qui avait donné à sa fille une touche d’affection considérable. Une mère est Dieu aux yeux de son enfant. Ici, c’était le cas. Eëlana était une déesse.
Que l’adolescente ne fût plus pessimiste et profitât de la vie tant qu’elle existait. Qu’elle arrêtât de voir chaque chose avec un œil négatif et qu’elle vît le bon côté de chaque instant qui pouvaient s’écouler. Qu’elle fût moins subjective et analysât les situations d’un regard moins triste, qu’elle fût moins objective et qu’elle recherchât chaque bon côté de chaque seconde. L’humain espérait qu’un jour, ses vers ne resteraient pas en l’air. Il espérait que ses mots serviraient au moins une fois dans le monde.
La poésie terminée, le musicien modifia sa mélodie, jouant ainsi un solo plein et effréné, un solo moins répétitif, ressemblant moins un requiem, ressemblant à un accompagnement. Les notes qui suivirent ne semblaient plus guidée par le vent, mais entraîner le vent avec elles. Quelque temps se déroula ainsi, plusieurs minutes sûrement. Akuma ne saurait dire combien. Puis la mélodie se tut, et la sorcière fut comme poignardée par le silence qui s’ensuivit, silence à peine troublé par la brise. Un silence qui l’ancra dans la réalité, faisant tout son possible pour repousser le souvenir de la beauté de la mélodie. Seulement, jamais il n’y parviendrait. La sorcière s’était promise de ne jamais oublier la son rauque de l’harmonica et la mélodie qu’il avait laissé échapper.
L’homme éloigna son instrument de sa bouche aux lèvres étirées qu’il essuya d’un revers de la main. Il bascula en arrière avec agilité et se retrouva debout à côté de sa lance dont la présence importait bien peu à la sorcière à ce moment. Les longs cheveux blonds suivirent le mouvement, se cognèrent au dos de l’humain avant de s’installer le long de son dos. Le musicien regarda le tas de fruit sur le sol et s’en approcha. Akuma le suivit du regard, observa le fruit qu’il saisit et dans le quel il croqua. Une pomme. Il fixa ensuite l’adolescente qui tint le regard posé sur lui, et afficha un nouveau sourire, amusé cette fois-ci. La question qui résonna dans la tête de la sorcière ne venait pas d’elle, pour une fois. C’était l’homme qui lui proposait une pomme. Le sourire amusé que lui rendit la jeune femme, le regard innocent de l’humain… Rien ne laissait entrevoir que, quelques minutes plus tôt, ils échangeaient des poèmes en musique.
*Akira : Avec plaisir.*
Mais non avec joie, pensa-t-elle. Une nouvelle image traversa la tête de la sorcière. Cette image représentait… la scène présente. C’est-à-dire l’humain face à la sorcière, se souriant tous deux. Seul, le point de vue changeait. Celui qui observait devait se trouver cacher parmi les feuilles. Alors Akuma comprit. Kan’pa n’était pas loin, il était encore là, plus près qu’elle ne l’avait cru. Peut-être avait-il voulu la rassurer en lui communiquant cette image… La jeune tourna sa tête vers l’endroit où elle pensait voir le faucon. Mais ce qu’elle vit ne fut qu’un feuillage dense. Pourtant, elle était sûre que l’oiseau était caché, quelque part par-là.
Elle fixa à nouveau l’homme et pensa à sa manière de communiquer. Pas une moindre parole orale. Simplement de la télépathie. Etait-ce par plaisir ou nécessité ? Etait-il incapable de communiquer par la parole orale ? Que ce soit le cas ou pas, il parlait. Même si c’était par la pensée, il avait échangé des mots. Ce fut dans cette logique que la sorcière ne jugea pas le musicien comme étant muet. Et cela lui plaisait de communiquer par la pensée. C’était différent de la parole orale, mais ce n’était pas une raison qui pouvait faire que ce moyen de communication fût jugé comme étant mauvais. Akuma appréciait envoyer ses mots directement par la pensée, sans ouvrir la bouche. D’ailleurs, cela faisait si longtemps qu’elle n’avait pas utilisé sa voix, ne serait-ce pour pousser un petit gémissement ou un soupir de douleur, qu’elle était sûre que ces cordes vocales étaient comme rouillées. Mais en quoi était-ce un problème ? En rien, bien sûr. Les paroles dites par télépathie restaient secrètement entre les deux interlocuteurs, personne ne pouvait les percevoir. C’était comme si… Comme si la forêt, le vent, le bruissement des feuilles… Comme si tout cela n’était qu’un décor, et que seuls ces deux êtres comptaient réellement dans ce monde. Elle aimait beaucoup cette perception… C’était pour cette raison surtout qu’elle appréciait de communiquer par la pensée. _________________ ~¤~ Akuma's Theme ~¤~

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| Sujet: Re: Dans la forêt de l'est pour deux pommes ... Mer 4 Avr - 0:38 | |
| Combien de temps avait-il joué ? Il ne le savait pas. Quand il jouait, la perception du temps s'envolait avec le vent. Il était dans l'incapacité de savoir si tout se passait en une seconde ou en une demi-journée. Les heures lui paraissaient à la fois comme étant des secondes ou bien des journées. Il imaginait à chaque souffle de vent une scènette de la vie quotidienne qui lui paraissait plus ou moins longue. Mais le fait que la sorcière soit présente limitait cette imagination qu'il avait dans sa musique car les images qu'il voyait la mettait toujours en scène. Il découvrait ainsi la sorcière sous des facettes différentes toutes imaginées donc pas forcément vraies.
L'humain était sur le sol, une pomme dans les mains. La pomme avait toujours été considérée comme un fruit simple et anodin alors que ce fruit symbolisait beaucoup de choses pour Kumiko. Après tout, c'était avec la pomme que l'homme se nourissait chaque jours. Ce régime ne le lassait pas, sans doute à cause du côté légèrement sucré de l'aliment ou bien par son aspect dur mais qui cachait un jus limpide et savoureux. Pourquoi avait-il demandé à la jeune demoiselle si elle voulait une pomme ? Par simple politesse, il n'allait pas manger devant ses yeux ainsi. Et pourquoi tant de politesse avec elle ? Il était vrai qu'il l'avait bien souvent tutoyé dans ses textes mais c'était sous une forme plus différente ou le Musicien expliquait des choses qui ne pouvaient être abordées que comme cela. Il voulait garder un aspect à la fois lointain avec elle mais aussi proche.
En tout cas, Akuma répondit positivement à son offre. Il prit alors le fruit dans sa main libre et lui tendit avec un sourire pour le lui donner. Il se tourna ensuite vers sa lance plantée dans le sol. Il la prit à deux mains, gardant sa pomme coincée entre ses dents d'une manière un peu barbare, certes mais c'était un peu sa nature dans un sens. Il la sortit alors en tirant d'un coup puis la déposa sur le sol horizontalement. Il ne savait pas pourquoi il avait fait ça mais la presence de cette arme dressée le gênait un peu. Il s'adossait alors contre le tronc d'un arbre, libérant un léger soupir de bienfait avec un sourire à la limite de la définition orgasmique.
Le fait d'avoir joué pendant peut-être quelques minutes ou quelques heures lui avait procuré quelque chose d'incroyablement divin. Comme si il avait eu un rapport sexuel avec le vent. C'était difficile à définir mais il était maintenant fatigué mais comblé. Il s'était mis à nu face au vent et face à la spectatrice. Il glissa alors le long du tronc, tombant sur ses fesses, son dos épousant la forme de l'arbre. Ses yeux regardèrent la jeune femme qui ne l'avait pas quittée depuis. Il avait un regard satisfait. Dans sa tête, il espèrait qu'elle ne se soit pas ennuyée en l'écoutant toute la nuit jouer de la musique.
Il croqua alors dans sa pomme, équrquillant de grands yeux à la fois surpris et normaux.
*Akuma: Bradia mëm da wurdin.*
Lui-même se surprit de dire ça à la demoiselle. Pourquoi se mit-il à lui raconter ça ? Après tout, il n'y avait pas grand monde à savoir ce que ça voulait dire à moins que l'on s'interesse à des langues retranchées et créées par des personnes qui avaient besoin de se sentir originaux.
*Akuma: C'est du Kobaïen. Ca veut dire "Parler dans le néant".*
Il esquissa un sourire, se disant que ça devait être clair mais ça ne l'était pas du tout. Voir, ça devait être pire. Pourquoi est-ce qu'il avait dit ça ? Peut-être que les paroles qu'ils avaient échangées étaient maintenant tombées dans le néant ou quelque chose dans le genre. Peut-être une réflexion ultra philosophique sur les paroles en l'air ? Il ne savait pas, il avait dit ce qui lui était passé par la tête à ce moment là. Tout ce qui était clair, c'était qu'il avait eu envie de le lui dire.
Il regarda alors les yeux de la demoiselle avec les siens qui n'étaient que plus fins que d'habitude, essayant de les analyser à sa façon. C'était bizarre de le voir comme ça, dans un état à la limite d'une douce folie. Il avait à la fois un air perfide mais aussi un air en qui on pouvait faire confiance dès le premier regard. Il finit alors sa pomme, les pupilles fixant celle de la sorcière.
*Akuma: Vos yeux ont l'air tristes.* _________________

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| Sujet: Re: Dans la forêt de l'est pour deux pommes ... Jeu 12 Avr - 0:34 | |
| Akira ramassa une pomme sur le sommet du tas et la tendit à la sorcière en souriant. Celle-ci parcourut les quelques mètres qui les séparaient et saisit la pomme, sentant ses doigts entrer en contact avec ceux de l’humain. Ce contact lui procura la sensation étrange d’avoir manqué quelque chose de précieux. En effet, vivant renfermée dans sa solitude, l’adolescente n’avait touché presque personne durant sa longue vie. En presque cent ans, elle avait touché… la Déesse, le Démon, le Compagnon… et le Musicien. C’était tout. La jeune femme regarda de ses yeux d’ambre la pomme qu’elle tenait dans sa main délicate. Un main souillée par le meurtre, par la haine… Et elle avait touché Akira avec cette crasse de sang… C’était mal. Elle ne devait rentrer en contact qu’avec ses victimes et personne d’autre. L’humain n’en était pas une et ne devait pas le devenir. Ce contact n’était pas bien, il était mauvais… Bien trop mauvais…
Akuma… Ce nom en disait tellement. Akuma… Démon… Diable. C’était comme-si le Diable était venu en personne pour aller souiller l’âme de cet enfant à sa naissance. Cet enfant qui avait grandi dans l’ignorance, puis dans la haine, et enfin dans le meurtre. Seule la Déesse avait réussi à mettre dans cet être condamné un semblant de pureté. Chacun de ses baisers donnait vie à un amour qui nourrissait cette lumière dans les profondeurs des ténèbres. Et jusqu’où irait le paradoxe ? Akuma, cette sorcière possédant l’empreinte du Diable, haïssait la race démone et rêvait de la faire disparaître à tout jamais. Pourquoi la vie était-elle aussi tordue ? Cruelle, grouillant de sentiments noirs, et tordue… Il n’y avait que trop peu de logique dans ce monde. Et chaque être devait apprendre à vire avec ce manque.
Une alarme retentit dans l’esprit de l’adolescente lorsque l’être humain, serrant la pomme avec ses dents, saisit sa lance et tira d’un coup sec. Le genre d’alerte qui se mettait chaque fois en route quand il y avait quelque |
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