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Carrabosse ~ Esprit Frappeur ~


   Age : 16 Inscrit le : 25 Juil 2006 Messages : 673 Âme(s) soeur(s) : Et ta soeur hein ? T'occupe pas d'la grand-mère, pédale. Camp : MOUHAHAHAHA (cette réponse devrait suffire XD)
| Sujet: Re: Sombres nouvelles Ven 13 Avr - 16:38 | |
| Aku ----> Ai faillis faire pareil ^^ Dis-moi, tu as un topic de fanfic toi aussi ? Il m'avais semblé qu'en y allant un jour, il n'y avait plus rien d'écrit, ou la page ne s'était pas chargée, je sais plus ...
Slize ---> j'ai aussi commencé par les Fourmis (j'adore, les idées la façon d'écrire, et même la disposition des chapitres ^^), et j'ai continué avec le Père de nos Pères ... Il vient d'en sortir un nouveau je crois, il va falloir que je mette la main dessus, ainsi que sur les thanatonautes ... Lui et Amélie Nothomb, c'est mes deux auteurs du moment (découverts ya pas si longtemps que ça en plus ...) _________________
made in "Bloody Art", by ErikaMamie Carra vous informe que son aimable personne (xD) sera absente du 16 février au 8 mars, ceci en raison d'un long voyage au pays des glaces, des chapkas et de la vodka ... (--> Sibérie asiatique) Elle espère vous retrouver bientôt, et vous assure qu'elle reviendra au mieux de sa forme ^^ |
|  | | Artemisia Akane ~ Jeune Mordu ~


   Age : 18 Inscrit le : 03 Avr 2007 Messages : 48 Camp : Celui de la nuit éternelle
| Sujet: Re: Sombres nouvelles Lun 16 Avr - 21:12 | |
| un ami m'a prêté les thanatonautes, pour le peu que j'en ai lu pour le moment il a l'air vraiment bien ^^ et le Père de nos Père je l'ai simplement dévoré, pas eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait le pauvre XD prochaine nouvelle: La mort, normalement pour jeudi soir ou vendredi après-midi si j'ai pas le temps de retaper :p (et oui les cours ont repris ^^) _________________ Try to survive your stupidity
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|  | | Ruika ~ Haut-Elfe ~


   Age : 18 Inscrit le : 09 Mar 2007 Messages : 240 Âme(s) soeur(s) : Qu'est-ce que l'amour ? Le saurais-je un jour ?? Camp : Ni Bénéfique...Ni Maléfique...Neutre..mais cela ne m'empéche ni de faire le mal ou le bien !
| Sujet: Re: Sombres nouvelles Mar 17 Avr - 11:57 | |
| Euh..je vien m'incrustée dans la conversation vu que vous parlez literatture et que j'en suis une grande fan...(sinon j'aurais pas pris la section L au Lycée et puis on j'ai pas vraiment le choix !! XD) La je vien de finir trois livres (eh oui,j'ai tendance a lire plusieurs livres en même temps !^^) et les trois etait bien,mais y'en a deux que j'ai adooreé par dessus tout !! C'est : "La Ligne Noir" que je vous recommande,je l'ai dévorée en un seul soir(euh..93 chapitre entout et chais plus combien de page !! XD),quand je passe pas mes soirée sur internet,je les passe a lire !! ^^ Et le deuxieme c'est :"Le Centieme Homme" Sinon, je connais un peu Werber,j'ai du lire quelques livre de lui,mais faudra que je les relise !! Par contre chez moi y'a que du Stephen King (mon pere est completement fan de lui !!) et du Tolkien ou alors c'est les bouquins de ma soeur,mais c'est des chair de poule et c'est pas trop mon truc...je prefere d'autre trucs. Donc il faut que j'aille a la médiateque, me cherchée des livres !!XD Oups..Désolée,je me suis emportée,mais c'est pas ma faute quand on touche l'une de mes passions,je peux plus m'arretée !! ^^ Euh..ben voila..et Slize,elles sont super tes nouvelles,je les adoore...comme..euh..non non rien !!! XD Vivement les autres !! _________________
 Demi-Elfine Autoriser pas Mitsuko !! |
|  | | Aaricia ~ Zhon ~


   Age : 15 Inscrit le : 10 Juin 2007 Messages : 24
| Sujet: Re: Sombres nouvelles Mar 12 Juin - 22:15 | |
| Vraiment GENIAL Franchement quand on te lit c'est si sobre si ... plaisant ^__^ quand j'ai commencé à lire j'ai pas pu m'arrêter lol c'est tellement bien! Par contre à certains moments ça fait vraiment psychopathe. Mais c'est tout de même bien écrit et les quelques fautes d'orthographe que j'aie relevées sont souvent des fautes de frappe -.- mais bon pas grave xD L'hilariste est excellent mais on comprend pas la toute fin... Quant aux deux premières elles sont superbes et on comprend super bien ce qu'il se passe!! Toi tu ferais un bon écrivain si tu veux mon avis enfin bon je t'encourage vivement à écrire un livre ou un recueil de nouvelles !  Aller Slize couraaaaaaage |
|  | | Slize ~ Apprenti Shinigami ~


   Age : 18 Inscrit le : 01 Mar 2007 Messages : 311 Âme(s) soeur(s) : Donnez-moi une âme et après peut-être pourrai-je trouver sa soeur Camp : Les ombres sont mon seul refuge
| Sujet: Re: Sombres nouvelles Lun 16 Juil - 20:46 | |
| voilà enfin ma première nouvelle en "et si?" :) bonne lecture!
Et si... L’enfer était sur Terre?
-Bonjour. -Où suis-je ? -Détendez-vous, je ne suis que le Passeur -Qui ? -Le Passeur, moi. -Mais qui êtes-vous ? -Je vous l’ai dit : le Passeur. Certains m’appellent aussi Charon. -Charon ? -Cessez de répéter tout ce que je dis. Oui Charon, le Passeur. -Vous faites la traversée du Styx. -C’est cela. Et de l’Achéron. Et d’autres fleuves encore. Alors dépêchez-vous de payer, il y a d’autres âmes qui attendent. -Je n’ai pas d’obole sur moi ! -J’accepte aussi les cartes de crédit. -Ah bon… Je la passe comme ça ? -Oui... Parfait… Suivez-moi... Vous pouvez vous asseoir là. -Il semble bien fragile ce bateau… Ces flots noirs partout sont impressionnants, on dirait plus une mer infinie qu’un fleuve. -Ici c’est le Styx. Nous allons le remonter pour traverser le Phlégéton, le Cocyte, puis enfin l’Achéron. -Nous allons directement en Enfer ? -Non, l’Achéron n’est pas le bord de l’Enfer mais le rivage qui vous mènera au jugement. -Il y a beaucoup d’âmes qui passent ? -Ah ça ! Vous ne vous en êtes pas rendu compte mais vous êtes dans la file depuis… en quelle année êtes-vous mort ? -1997. -Alors ça fait 1592 ans que vous attendez. -On est en 3500 ? -3589 pour être précis. -Hé ben !... Le monde a beaucoup changé depuis ? -Ah ça, oui… -Qu’il fait chaud ici. -Nous remontons le Phlégéton, le fleuve de feu. Nous arriverons bientôt au Cocyte, aux bords duquel se trouvent les âmes des gens qui n’ont pas été enterrés, puis nous le redescendrons jusqu’à l’Achéron où se trouvent d’énormes rochers. -Quel long périple. -En effet… -Est-ce qu’une troisième guerre mondiale s’est déclarée ? -Oh oui. Il n’y a pratiquement qu’un dixième de la race humaine qui a survécu, mais ça se repeuple gentiment. De nombreuses autres espèces sont sur le bord de l’extinction et d’autres sont définitivement perdues… -Sont-ce là tous les morts qui n’ont pas été enterrés ? -Oui. Ils sont nombreux depuis le temps. Lors de vos guerres il y en a des masses qui viennent. Je crois que seuls les grecs autrefois prenaient gardes aux dépouilles durant les guerres. -Il y a des milliers de gens ici ! -Il y a de nombreuses guerres. -Est-ce que… -Silence ! Nous approchons de l’Achéron, naviguer en ses eaux est difficile. -Bien… Mon dieu, ces blocs de pierre sont impressionnants. Je ne voudrais pas savoir ce qui arriverait si nous en touchions un… Ah ! Je crois discerner là-bas un rivage avec une jetée… -On est arrivés… Excusez-moi mais comme je vous l’ai dit, j’ai du travail. Je demande un assistant depuis que la Faucheuse a l’Ankou, mais je n’y suis pas encore. -Mais… -Bonne journée !... -Pfff… Et qu’est-ce que je fais maintenant ?... A quoi ça ressemble par là ?... Mouais, bon, ça monte beaucoup quand même. Ce sommet auréolé d’un rouge sanguin ne m’inspire pas confiance… Tiens ? Qu’est-ce que c’est qui s’approche, venant de là-haut ? -Bonjour. -Euh, bonjour. -Je suis Lucifer. Venez, je vais vous amener à Hadès. -D’accord mais… -Shhht… il n’aime pas attendre. -On doit aller tout là-haut ? -Oui… -Vous ressemblez beaucoup à un ange avec vos grandes ailes, pour un seigneur des Ténèbres. -Mais voyons… je suis un ange, je suis même le plus veau des anges. Et le Seigneur des Ténèbres n’est autre que Belzébuth, mais il sort rarement de son trou. -Si vous n’êtes pas Seigneur des Ténèbres, qu’êtes-vous alors ? -Le justicier des Enfers… -Et… -Voilà Hadès. Je vous déconseille les questions avec lui. Bonne journée ! -Bonne journée… Quel endroit peu accueillant. Ces portes de fer noir sont vraiment impressionnantes… Tiens, qu’est-ce donc que cette personne qui vient ici ?... -Bonjour. -Bonjour. -Je suis Saint Pierre. Je vais vous ouvrir les portes. -Ah. Merci. -Et voilà. -SUIVANT J’AI DIT ! -Me voici… -Aaah… Nom et prénom !? -Euuuh… Delamorse Christophe. -Satan !? -Voilà le dossier. -Bien bien !… Pas bien joli tout ça !… Bon allez, en Enfer ! -Bien. -Hein ? Quoi ? Comment ça en Enfer ? Et j’ai pas mon mot à dire ? -NON ! -Par ici je vous prie. -Mais attendez c’est dément ça ! -SUIVANT ! -C’est bon je lui ai trouvé une place. -Je veux mon avocat ! -Il est le suivant. Par ici. -Non ! Pas l’Enfer, nooooooooooooooooooooon… **************************************************************** -Gaaaaaaaaaaaaaahhhhhh… -Félicitations ! C’est un garçon. -Comment va-t-il s’appeler ? -Christophe ! _________________ "Post lucem tenebrae!"

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|  | | Slize ~ Apprenti Shinigami ~


   Age : 18 Inscrit le : 01 Mar 2007 Messages : 311 Âme(s) soeur(s) : Donnez-moi une âme et après peut-être pourrai-je trouver sa soeur Camp : Les ombres sont mon seul refuge
| Sujet: Re: Sombres nouvelles Lun 16 Juil - 20:49 | |
| si jamais: les nouvelles que je poste ici sont aussi disponibles sur Wikisource français si ça vous intéresse, sous leurs titres originaux ("Noir et Blanc", "Zéro Absolu", "L'Hilariste" et "Réaction en Chaîne", ainsi que "Et si... L'enfer était sur Terre?") _________________ "Post lucem tenebrae!"

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|  | | Kumiko Akira ~ Citoyen ~


   Age : 17 Inscrit le : 01 Sep 2006 Messages : 1294 Âme(s) soeur(s) : *Prend ses cartes* Choisis bien ta carte, petit(e). Camp : Descendant du marquis de Sade... Vous le pensez bénéfique peut-être ?
| Sujet: Re: Sombres nouvelles Lun 16 Juil - 20:58 | |
| Je dois avouer que cette nouvelle, je l'aime particulièrement. Elle me fait penser à l'approch que j'ai par rapport au sujet de la réincarnation. Et elle est très bien mené. Quand on a lu La Divine Comédie de Dante, on peut très bien imaginer ce que traverse Christophe.
Et puis le prénom Christophe est bien utilisé à cause de son commencement par "Christ".
M'enfin, très bon boulot ^^ _________________

Je n'suis pas raisonnable, je n'suis pas fréquentable... |
|  | | Ketsueki Kichigai ~ Ectoplasme ~


   Age : 88 Inscrit le : 24 Avr 2007 Messages : 356 Âme(s) soeur(s) : Trop de femmes pour n'en aimer qu'une seule... Camp : Jamais ne se plier à un autre que soi-même
| Sujet: Re: Sombres nouvelles Lun 16 Juil - 21:06 | |
| Mythologie Grecque, tu ne pouvais que m'avoir avec ça pour bien commencer... Simple, humouristique... peut-être pas assez abouti, niveau finitions... 'fin, c'est correct et j'aime bien. Bon Boulot  |
|  | | Aaricia ~ Zhon ~


   Age : 15 Inscrit le : 10 Juin 2007 Messages : 24
| Sujet: Re: Sombres nouvelles Lun 30 Juil - 1:26 | |
| Sympa (j'me fais un peu de pub au passage : c'est moi qui lui ai donné le nom/prénom ) Ouaiis bah cOmme je le diisaiis ce seraiit vachement biien que tu fasses un liivre Ou un recueiil d'hiistOiires du genre!! _________________ «Croisez-la en chemin»
 »Vous ne resterez pas longtemps inactif« †Qui aime bien câstre bien†
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|  | | Slize ~ Apprenti Shinigami ~


   Age : 18 Inscrit le : 01 Mar 2007 Messages : 311 Âme(s) soeur(s) : Donnez-moi une âme et après peut-être pourrai-je trouver sa soeur Camp : Les ombres sont mon seul refuge
| Sujet: Re: Sombres nouvelles Mer 23 Avr - 19:34 | |
| Pour les intéressés, voici la version complétée de l'Hilariste. Il n'y a pas beaucoup de texte en plus mais surtout du contenu... vous comprendrez sans doute en lisant Bonne lecture (la longueur dépasse un message, désolé donc du double post)
L’Hilariste
Non, c’est impossible. Et pourtant, quelque part dans ma tête, une petite voix me nargue, me contredit. Mais pourquoi est-ce que je vous parle de ça en premier ? Je vais plutôt me présenter. J’ai 38 ans, je suis célibataire et étais employé de bureau d’une petite compagnie que de toute façon, personne ne connaît. Au travail je n’ai pas à me plaindre : je suis relativement bien payé et mes supérieurs ne sont pas trop affreux avec moi… Cependant, je suis bien souvent seul, je ne suis pas vraiment populaire, sans pour autant être la tête de turc du service – heureusement pour moi – et malgré une quinzaine d’années de travail acharné, toutes mes demandes d’augmentation sont rejetées. Mon histoire commence il y a quelques jours seulement. Afin de me rendre plus populaire, j’essayais différents trucs pour remonter dans l’estime de mes collègues. Ce jour-là c’était un recueil de blagues qui figurait dans mon arsenal. Bien qu’elles ne m’aient pas semblé très drôles, j’en avais appris quelques-unes par cœur pour les ressortir plus tard. Le livre en question était un petit livre sans prétention relié de cuir noir avec, en lettres rouges, l’inscription Les blagues du Timaud. Je l’avais acheté pour une bouchée de pain à un étalage où un homme apparemment vieux, avec des cheveux sales et un teint de revenant, ne vendait que cet unique objet, et il s’empressa de disparaître une fois l’échange monétaire effectué. J’allais habituellement au travail avec les transports publics, mais il pleuvait ce jour-là, d’une pluie torrentielle, signe que les transports publics seraient bondés. Aussi pris-je ma voiture. Elle était on ne peut plus commune, avec des angles légèrement arrondis et une couleur métallique. Je ne savais pourquoi mais à chaque fois que je l’utilisais, j’avais un accident, comme si elle avait été frappée d’un mystérieux coup du sort. Oh ! un accident mineur vous me direz. Néanmoins elle était de ce fait toujours cabossée à certains endroits. Je la pris donc et partais travailler. Une fois encore ma malchance opéra, et une voiture devant moi recula à un feu rouge, percutant mon pare-choc avant et détruisant mes phares. Je sortis donc sous la pluie, armé d’un constat dans une main et d’un stylo dans l’autre, et allais vers l’autre voiture. Laquelle démarra en trombe alors que j’arrivais à sa hauteur. Le feu était vert. Cela ne faisait rien, j’avais une bonne mémoire et j’avais mémorisé le numéro de la plaque d’immatriculation. J’en étais quitte à aller porter plainte plus tard. Je retournais dans ma voiture et allais au bureau. Le bâtiment où je travaillais se fondait admirablement avec les autres tant il était anodin. Surtout certainement grâce à ses murs en béton gris et ses fenêtres carrées aux stores métalliques. Il faisait une dizaine d’étages de haut, tous appartenant à un service différent, mais tous rigoureusement semblables. Je travaillais dans une de ces boîtes carrées en tôle gris beige et avec un bureau, un ordinateur et un téléphone, ainsi qu’une panoplie de bibelots que j’avais ramené. Je travaillais donc, jusqu’à ce qu’une alarme programmée me rappelle qu’il était pour moi l’heure de manger. J’allais toujours manger avec mes collègues, qui m’acceptaient malgré mon impopularité en voyant la peine que je me donnais pour me rendre plus intéressant à leurs yeux. Nous allions toujours au même endroit, un petit restaurant pas mauvais et pas trop cher, nommé A la barbe d’Henri, en référence au chef de l’établissement qui avait une longue barbe fournie et qui s’appelait Henri. Le restaurant lui-même était très sympathique, quoiqu’un pue petit. Trois petites tables pour deux étaient placées vers les fenêtres, tandis qu’une grande table dressée spécialement pour nous prenait le reste de l’espace disponible dans la pièce. Les murs était décorés de simili bois, tenant vainement de faire croire à la clientèle que les e restaurant était fait de rondins. La pièce était éclairée par un chandelier électrique qui diffusait une lumière bien trop vive pour de véritables bougies. Durant le repas, celui qui amusait le plus la « galerie » sortit une blague, et nous rîmes tous de bon cœur. J’en profitais pour sortir une de mes blagues, cependant certain de faire un bide. Mais à l’instant où je la finissais, je provoquais l’hilarité générale. Les autres étaient en train de mourir de rire, l’un d’eux faillit même s’étouffer avec son vin. Ils mirent deux bonnes minutes à se remettre. Et ils m’en redemandèrent ! Je racontais mes blagues les unes après les autres, et la déception était à son comble quand j’annonçais que je n’en avais plus en tête. Après le repas, nous retournâmes tous travailler. Mais, alors que je travaillais, d’autres arrivaient, me demandant de leur raconter mes blagues. Mon chef de section vint aussi pour m’en demander. Mais le pire, c’est qu’il y avait certaines personnes que je ne connaissais même pas. Il y a même eu des femmes inconnues qui sont venues me draguer ! A la fin de la journée, j’étais résolu à apprendre d’autres blagues. Alors que je rentrais chez moi et me parquais, j’avais la bizarre impression que quelque chose n’allait pas. Mais pensant qu’il ne s’agissait que d’un détail sans incident, je l’oubliais rapidement. J’arrivais chez moi, un petit deux pièces qui avait l’avantage de ne me coûter que très peu. Il était meublé le plus simplement possible. La pièce principale, que j’utilisais pour manger, cuisiner et comme salon était toujours en désordre. La chambre était en désordre aussi et me servait pour dormir. L’espace cuisine comprenait une cuisinière à gaz, un micro-ondes et un frigo. L’espace salle à manger était constitué d’une table et d’une chaise, tandis que l’espace réservé au salon était simplement fait d’un divan un peu défoncé par endroits et d’une télévision. Ma chambre était aussi très simple, il y a avait un lit et deux piles d’habits : des habits sales et d’autres propres. La décoration était aussi simple que le studio était en désordre : une plant e verte en pot morte sur la table de la salle à manger et un papier peint ocre partout. En arrivant sur le pallier, j’entendis le téléphone sonner. J’entrais et me débarrassais rapidement de ma veste, puis décrochai. C’était le rigolo de midi qui me proposait une partie de billard. Machinalement, sans même réfléchir à ce que je faisais de ma soirée, je répondais par l’affirmative. Il me donna l’heure et le lieu, puis raccrocha. Idiot ! J’étais très mauvais au billard. Je savais qu’il s’attendrait à des blagues, aussi pris-je le livre avec moi quand j’allais au bar qu’il m’avait indiqué. Il pleuvait toujours quand je partais, j’y allais donc avec ma voiture. A nouveau, j’avais ce sentiment que quelque chose manquait, mais je n’arrivais pas à mettre le doigt dessus. Alors que j’entrais, une clochette retentit, et j’embrassai la salle du regard. Le bar dans lequel j’avais rendez-vous était d’apparence miteuse et était rempli de fumée. Je ne voyais pas grand-chose à l’intérieur. Le bar et les gens m’apparaissaient comme éthérés. En rentrant, j’avais sur ma droite le dit bar, sur ma gauche, des espèces de box dans lesquels se trouvaient des tables en aluminium entourées par deux bancs couverts d’un vynil vert qui était le plus souvent en lambeaux. Il y avait un grand miroir derrière le bar, donnant un aspect un peu « Far West » à l’ensemble. Je ne discernais aucune forme dans le reflet, rien que de la fumée. Dans le prolongement du couloir entre box et bar, je devinai la lumière d’une lampe de plafond qui devait éclairer une table de billard, aussi je m’y dirigeais. L’autre me salua d’une grande tape dans le dos quand j’arrivais enfin à sa hauteur. La table qu’il avait réservée était vieille et usée, et certains des morceaux du tissu vert qui recouvrait le marbre étaient en morceaux, comme déchirés par les accès de rage des perdants. Nous commençâmes la partie et je fus surpris de mes performances. « Cassant » le triangle des boules, je mettais rapidement une, deux, trois puis quatre boules d’affilée. Alors que nous jouions, il me demanda une autre blague. A la seconde où je finissais, il s’écroulait de rire sur le billard, agité de spasmes. Puis il porta les mains à sa gorge, comme si quelqu’un avait été en train de l’étrangler, mais mes yeux ne trouvaient que la fumée et le vide. C’est alors que, je ne sais pourquoi, je regardais dans le miroir, et il me sembla voir une silhouette qui n’était pas là. Une silhouette ressemblant étrangement à celle du vieil homme sale qui m’avait vendu le livre. Et pourtant, malgré toutes les formes indistinctes que je pouvais distinguer, celle de l’homme n’était visiblement pas distincte. Mais malgré tout, c’était lui qui étranglait mon compagnon d’un instant, qui s’écroula sur le sol et s’affaissa, vaincu. Je me baissais alors et prit son pouls. Je pressai mes doigts contre les veines de son poignet et regardait ma montre. Son pouls ne battait plus. Dans le fond, j’entendais un bruit de clochette, et je savais que ce n’était pas un coup de vent qui avait ouvert la porte. Je me relevais. Personne n’avait rien remarqué. Personne n’avait regardé. Tout le monde s’en fichait. Une nausée effrayante me prit, et je courus dehors. La ruelle était sombre, glaciale, et il pleuvait toujours. Alors que je vomissais, il me sembla que quelque chose m’épiait. Finissant mon affaire, j’allais vers ma voiture et allumais brusquement les phares. La ruelle resta sombre et obscure : mes phares avaient été détruits le matin même. Je m’en allais. À nouveau en rentrant, quelque chose clochait sans que je parvienne à mettre le doigt dessus. Quand je suis retourné travailler le lendemain, je remarquais à mon grand désarroi que ma ‘’boîte’’ était occupée. Et la décoration avait changé. Je demandais à l’employé ce qu’il faisait là. Il me répondit qu’il travaillait là depuis plus de trois ans. Où était parti le précédent employé ? Il était parti à la retraite à 65 ans. Je m’en allais, dépité. J’errais dans les couloirs de l’étage. Je me retrouvai, par hasard, devant le bureau du rigolo mort la veille, mais ce fut l’écriteau qui me surprit, retint mon attention. C’était MON nom qui était dessus. Je jetais un oeil par le panneau vitré. Toutes mes affaires, plus quelques-unes, s’y trouvaient. C’était comme si j’avais pris sa place. Je me procurai rapidement un journal et regardai la rubrique nécrologique. Aucune mention de l’autre n’y était faite. Il avait disparu de ce monde et j’avais pris sa place. Et maintenant, je ne sais pas quoi faire. Je vais commencer par boire un café. _________________ "Post lucem tenebrae!"

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|  | | Slize ~ Apprenti Shinigami ~


   Age : 18 Inscrit le : 01 Mar 2007 Messages : 311 Âme(s) soeur(s) : Donnez-moi une âme et après peut-être pourrai-je trouver sa soeur Camp : Les ombres sont mon seul refuge
| Sujet: Re: Sombres nouvelles Mer 23 Avr - 19:35 | |
| Non, c’est impossible. Et pourtant quelque part dans ma tête, une petite voix me nargue, me contredit. Je croise mon supérieur. Ce n’est plus mon supérieur. C’était mon supérieur. C’est moi le chef maintenant. Il ouvre la bouche pour me demander quelque chose mais je ne l’entends pas, je ne vois que ses lèvres qui s’agitent frénétiquement et sa langue s’activer pour communiquer. Ses paroles se répandent dans la pièce et s’arrêtent à mes oreilles. Je dois savoir. Je dois être sûr. Je l’arrête brusquement. Il est surpris mais n’en dit rien, et se tait. Enfin, les mots se sont arrêtés. Je fouille fébrilement la poche de ma veste et sens le rugueux contact rassurant du cuir sous mes doigts. Je tire le petit bouquin. L’autre ne me pose toujours pas de questions et se contente d’attendre que je finisse d’agir bizarrement. Comme à la roulette russe, je fais tourner le barillet de pages de mon arme et, au hasard, arme ma langue qui tire les mots avec frénésie sur ma cible. Il commence par rire franchement, à gorge déployée, heureux et joyeux de cette blague. Puis il continue, mais semble lutter. C’est bientôt une torture pour lui de rire. Je parcours le bureau et trouve un coupe-papier chromé. Dans son reflet, je peux voir un homme se faisant étrangler. J’assiste passivement à la scène, regardant froidement mourir cet homme. Ce n’est que maintenant que je me rends compte à quel point j’ai pu détester cet homme par le passé. Chacune de mes demandes refusées m’avaient été délivrées par lui. Il est agité de quelques spasmes supplémentaires, puis meurt enfin. Je regarde alors l’insignifiant livre entre mes mains. A la page que j’ai ouverte, les mots semblent fumer comme un canon qui a rempli son office. Non, pas un livre. Une arme. Un don. Non, un fardeau. Une véritable bénédiction. Non, plutôt une malédiction ! Le détail me frappe soudain. L’anagramme ! Timaud, c’est une anagramme de… maudit ! La pièce semble tourner autour de moi alors qu’un pan de réalité vient de se dérober sous mes pieds. Et puis la colère redonne au monde son sens. Un bouquin ne peut pas contrôler ma vie. Un livre ne peut remplacer mon âme ! Je suis toujours maître de moi-même. Je ferme l’importun et le range au chaud dans ma poche, puis sort du bureau. Je monte les étages de l’immeuble. Arrivé au bon, je me retrouve face à une secrétaire en train de se faire les ongles. Je lui explique rapidement la raison de ma présence, elle appuie sur un bouton. Une voix décharnée sort de l’interphone et la femme me fait signe de passer la porte qu’elle me pointe nonchalamment du doigt. La paroi se ferme sans bruit derrière moi. La salle dans laquelle siège « le grand chef » de l’entreprise est pour le moins impressionnante. Très longue, ouverte sur mon coté gauche pour permettre à tous d’admirer les nuages gris dans le ciel ou les toits gris en contrebas, avec au bout un bureau simple mais large, peu couvert de papiers. En avançant, je peux deviner à l’arrière un coffre-fort, maladroitement caché derrière une fausse plante qui a l’air de mourir. Assis confortablement dans une grande chaise de bureau, mon chef me fait signe de m’asseoir en face de lui, sur une chaise pour le moins moche. Je m’assied face à lui, et prend le temps de le détailler. Il a un peu plus de la quarantaine, un visage ovale qui semble impossible. Des cheveux rabattus sur le coté tentent vainement de cacher un début de calvitie sur le devant et le dessus du crâne. Ses sourcils noirs sont très nets au-dessus de grands yeux ronds. Une petite moustache noire couvre sa lèvre supérieure et ses joues trahissent une vie facile. Son regard se fait plus inquisiteur à mesure que je le fixe sans aucune discrétion. Je ne dis toujours rien. Il ne parle toujours pas. Mon inspection l’empêche de parler. Je lui propose alors une blague pour détendre l’atmosphère. Ignorant parfaitement l’explosion de colère protestant contre ma proposition, je tire tranquillement les blagues du Timaud de ma poche. Quelques postillons s’écrasent sur ma face et la petite moustache tremble en face de moi. D’un doigt patient, je tourne les pages et m’arrête sur des lignes qui me semblent aller. Son visage se tord en une mimique grotesque alors qu’il commence à rire. Je peux voir dans sa bouche sa langue qui s’agite frénétiquement comme il cherche à respirer plus d’air. Au fur et à mesure qu’il meurt, je le trouve de plus en plus laid. Un furoncle sur la surface de la terre que je viens de faire disparaître à jamais dans les méandres de l’oubli. Je le fais tomber de sa chaise et il touche le sol avec bruit. Je tire quelques tiroirs et trouve enfin ce que je cherchais : son carnet d’adresses. Le temps passe, je gravis rapidement les échelons, tuant les gens de mes blagues puis les remplaçant. La vie est simple, tout va bien. Mes conquêtes féminines se multiplient, doublent, triplent, quadruple, quintuplent ! Je vis dans un château, avec des armées de domestiques, des habits parfaits taillés par des tailleurs de renommée. Des amis, des amantes, qui vont et viennent. Tout le château est décoré dans un style à mi-chemin entre le Moyen-Âge et la Renaissance, avec des meubles anciens, des armures authentiques, des tapis au sol, des tapis au murs, des tapis sur les marches des escaliers. Et des tentures, et des oriflammes, attachés aux murs et tous rigoureusement authentiques. Les murs de pierre sont décorés, ou plutôt recouverts de panneaux de bois brun foncé et, de ce fait, le tout est décoré avec des teintes sombres. Les halls et les couloirs sont éclairés par des bougies accrochées aux murs par des chambranles ou au plafond avec des lustres, créant ainsi une atmosphère sombre, lugubre. Mais l’existence me paraît grise, terne. Mes amis meurent. Mes amantes meurent. C’est le bal de la mort, où les gens meurent de rire et de joie, de bonheur et de plaisir. La vie est trop bien pour être vécue. Je vois une femme. Elle est belle. Je vais l’aborder. Sa discussion est intéressante. Je flirte. Je l’aime. Dans une explosion de joie, je trouve un nouveau sens à ma vie : je veux l’épouser. Je lui propose mais elle rit. L’homme arrive alors, Elle étouffe et meurt. Il l’a tuée. Je veux le tuer. Que cela cesse. La nuit tombe, je vais l’attendre dans ma chambre. Je vais le faire venir avec une femme. J’arrive dans ma chambre, meublée elle aussi à l’ancienne, avec un lit à baldaquin, un matelas rouge, une couverture rouge, des draps rouges, des rideaux rouges. Des chandelles et un lustre éclairent la pièce d’une façon sinistre. Le feu dans la cheminée semble froid. Aux murs sont suspendues des tentures racontant des histoires de guerre, des histoires de mort. Un écu sur lequel se trouvent les armoiries que j’ai fait graver puis peindre : une épée noire dans un crâne blanc sur un fond rouge. Des rivières de pierreries, des rubis, d’autres rubis et encore des rubis. Au dehors, par la fenêtre, la lune rougeoie tel un calice rempli de sang, décoré de rubis, intense et ardente comme les flammes. Le tapis, rouge également, semble miroiter à l’instar d’une mer de sang étincelant. Le tuer. Je la fais rire. Elle rit. Je sens la présence de l’homme. Il arrive. Elle rit. Il l’étouffe. Le tuer. J’ai pris le couteau de la table de nuit. C’est, à la base, un couteau sacrificiel aztèque, décoré de rubis. La lame est rougie par le sang de ses victimes. Il a senti que j’ai le poignard. Je lui saute dessus. Elle se prend le coup de couteau. Le tuer. Le sol devient rouge. J’ai fermé la porte. Fermé les fenêtres. Il ne peut pas partir. Je ne peux plus m’enfuir ! Il pleut dehors, l’orage gronde, tonne. Zeus est en colère. Dies irae. L’ire des dieux. Fuir ! Je dois fuir ! N’importe où, car il me cherche. Et c’est à moi maintenant de rire… _________________ "Post lucem tenebrae!"

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